A propos
1 juin 2005 Commentaires fermés sur A proposCi-dessous, le texte initial, par lequel j’expliquais ma démarche, le 1er juin 2005 (initialement sur koztoujours.free.fr). * * * J’ouvre
Il lève les yeux vers le ciel mais ce n’est pas pour rendre grâce, ni prier : « Mort et destruction depuis le ciel. Toute la journée. » Quel pays démocratique, à quel moment, s’est jamais enorgueilli publiquement de répandre « la mort » ?
Par charité, nous y verrons un lapsus, qui révèle les non-dits du texte. Car il sera demain, en droit français, deux fois plus grave de tenter de dissuader quelqu’un de mourir que de l’inciter à le faire. Et cette inversion en dit un peu trop long sur le basculement de notre société.
Quentin Deranque, 23 ans, est mort pour rien. Comme Clément Méric avant lui, il rejoint la liste tragique de ces jeunes happés par une violence qui ne dit plus rien du courage ni de l’idéal. Que reste-t-il quand l’idéologie dévore la décence et que la mort d’un garçon devient butin de communication ? Avant la politique, c’est un frère qu’on a perdu — et il faudrait bien finir par répondre à cette la question originelle : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »
Au fil du débat parlementaire sur la fin de vie, une vérité crue se dessine : la France n’est plus capable de garantir un droit opposable aux soins, mais elle s’apprête à en créer un… à la mort. Tandis que les promesses d’unités de soins palliatifs s’évanouissent, l’euthanasie, elle, se dote d’un recours juridictionnel. Ironie tragique d’un État qui abandonne les vivants, mais sait encore administrer la mort au nom du progrès social.
« Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine », écrit pour sa part Victor Hugo (Lorsque l’enfant paraît). Pour moi, je n’ai jamais imaginé écrire sur l’enfance, à tout le moins l’enfance ordinaire, sans agression ni déportation, ni même à m’engager. A quoi bon ? Je n’ai d’Hugo que la barbe et tout le monde aime les enfants, non ? Ils n’ont pas besoin de défense. Et pourtant.
Lisez « Génération anxieuse » de Jonathan Haidt : les smartphones dégradent la santé mentale des jeunes (dépression chez les filles, délinquance chez les garçons). La proposition de loi imposant la vérification d’âge sur les réseaux sociaux (déjà limitée à 13 ans) est freinée par des arguments techniques peu convaincantes. Quant à l’éducation parentale, elle prime certes, mais la loi doit suppléer ses failles face à la force déployée par tech addictive.
"Nous ne sommes pas censés être des anges, mais des saints" (P. Rémy Bergeret)
"N'aie pas peur que ta vie touche à sa fin, crains plutôt qu'elle n'ait jamais commencé." (Cardinal Newman)
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