Euthanasie, derniers mots

Oui, derniers mots, Mesdames, Messieurs les députés.

Cela fait 30 ans que la fin de vie est un sujet pour moi, 20 ans que j'écris, 5 ans que je suis mobilisé, 4 ans 1/2 que j’ai publié mon livre et 4 ans que je suis bénévole en soins palliatifs. 4 ans que chaque semaine, je suis auprès des patients en fin de vie.

Alors j’ai bien le droit de vous adresser encore ces dernières interpellations.


Photo de Sasha Freemindsur Unsplash

18 commentaires

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  • Merci d’exprimer avec tant de justesse les multiples « défauts » (c’est peu dire) de ce texte de loi qui laisse effectivement sans possibilité de se défendre les plus vulnérables. Ce texte introduit aussi l’impensable dans la vie de la société française.

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  • Bonjour ,
    je suis abonnée à votre lettre , votre texte m’interpelle dans le bon sens.
    Je ne maîtrise pas la langue anglaise n’ayant pas fait d’études. J’aurais souhaité pouvoir lire en français les propos de Jennyfer Hatch , afin de comprendre
    votre texte en totalité.
    En vous remerciant
    Françoise

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  • J’ai posé à une IA (Gemini) quelques questions qui aident bien à comprendre ce qui se joue :
    1) Que va répondre à ça un député favorable à l’euthanasie ?
    2) En quoi ces 5 arguments sont-ils fallacieux ?
    3) Quels sont les biais de ceux favorables aux soins palliatifs et contre l’euthanasie ?
    4) Est-ce que quelqu’un qui souffre est vraiment en état de liberté ?
    5) Mais quand le soulagement de la douleur n’est pas proposé, mais seulement l’euthanasie ?

    C’est assez intéressant de pouvoir lire un débat sans que les bords opposés se tapent dessus. Pour moi, c’est le gros apport de l’IA.

    Ce qui est marquant dans les réponses de l’IA, c’est à quel point le côté favorable aux soins palliatifs est présenté comme manquant de nuances.

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  • En Belgique, comme ailleurs sans doute, l’euthanasie était fréquemment pratiquée bien avant sa légalisation. Pendant mes études de médecine, on glissait rapidement, mais à plusieurs reprises, l’expression « cocktail lytique » dont on nous donnait la composition ; je pourrais la répéter sans peine alors que j’approche du quatrième âge.
    Une infirmière m’a confié que, pendant un de ses stages, une anicnne l’avait prise à part pour lui recommander, avec insistance, de ne placer que les perfusions qu’elle avait préparée elle-même. En effet, le subterfuge des anciens et des anciennes qui préparaient une perfusion léthale, était d’en confier le placement à une infirmière stagiaire ; faut-il décrire son désarroi lorsqu’elle apprenait qu’elle avait été utilisée pour abréger une vie ? Faut-il épiloguer sur les raisons qui poussaient ces anciennes et anciens à profiter ainsi de la candeur d’une future jeune consoeur.
    Autrefois euthanasie était le nom de la bonne mort. Aujourd’hui, c’est le nom d’une mort volée.
    Merci d’avoir si souvent et si patiemment fait appel au bon sens (« common sense ») dles lecteurs et lectrices que nous sommes.

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  • Merci M. Le Morhedec. Mais comment faire pour que les députés lisent ce texte ? et nous ? et moi ?
    Je me sens complétement démunie.(84 ans) Cette intention sera dans ma prière des complies ce soir. Merci encore pour votre ténacité courageuxe.
    Jacotte du Doubs.

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  • Oui Erwan, je suis tellement d’accord !!! Cette loi est faite par des bien portants qui ne réalisent pas la profondeur abyssale de leur erreur qui sera irréversible. Le changement de paradigme de toute la société française, va achever les services hospitaliers, déjà à terre!
    Les démissions dans les services de soins palliatifs vont pleuvoir, parce que les acteurs engagés n’accepteront pas de voir ce drame se jouer sous leurs yeux. Mesdames et Messieurs les députés, écoutez nous soignants, nous ne voulons pas de cette loi!!! La sollicitude et la fraternité que nous offrons en plus du soulagement dans nos prises en charges palliatives tiennent compte de toute l’ambivalence de nos patients, un Jjour ils veulent mourir de désespoir et le lendemain, soulagés ils veulent vivre, encore…La plainte de vouloir mourir, n’est souvent pas une demande de mort. Tout est très complexe lorsque vous rentrez dans une chambre d’hôpital, écoutez nous!
    Par contre, une seule chose est sure, l’état dit providence jadis, fera des économies évaluées à plus d’un milliard par an. Cela vous tente?
    Ne voit on pas la qualité d’une société à la place qu’elle fait aux plus vulnérables?
    Votez CONTRE ce projet de loi qui serait la plus permissive au monde et serait la honte de la France, pauvre France
    Dr Gautier

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  • Merci infiniment,
    Votre analyse nuancée est juste.
    Que la culture de mort puisse triompher dans le pays des droits de l’homme est un paradoxe épouvantable.
    «Pour moi donc, j’aime la vie! » (Montaigne)

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  • Merci à tous pour vos commentaires. Je vous avoue que l’énergie, et peut-être le moral, me manque pour répondre à chacun mais j’ai bien lu chacun de vos commentaires. Je suis affligé de voir comme nous n’avons jamais dépassé le niveau du slogan et du simplisme, en ignorant toue l’expérience des soins palliatifs. Sur un réseau, une interlocutrice m’alpaguait en me demandant si j’avais déjà connu la détresse d’un proche, qui devient bleu en s’asphyxiant, dont les yeux se révulsent à la recherche de l’oxygène. Non, en effet. On n’a pas toutes les expériences. Mais ce que je connais, c’est les soins palliatifs, chaque semaine, depuis plus de 4 ans. J’y ai croisé des personnes atteintes de pathologies pulmonaires, des personnes atteintes de cancer des ovaires, de la vessie, du rectum, de la gorge, du pancréas, de l’œsophage, des malades de SLA, des personnes atteintes de glioblastome et toutes autres sortes de saloperies possibles. Je ne vais pas prétendre que la situation soit idyllique ni que mon expérience (d’une demi-journée par semaine) soit exhaustive, mais je n’ai jamais croisé de personnes hurlant de douleurs, de personnes atteintes de détresse respiratoire, de gens qui s’asphyxient. Alors en effet, je comprends parfaitement l’horreur de la situation décrite, pour la personne et pour ses proches, j’entends parfaitement le traumatisme mais je n’en déduis pas qu’il faut hâter la mort de la personne. J’en déduis que cette personne a eu une prise en charge lamentable, pas au niveau de ce que notre pays est capable d’offrir, pas au niveau de ce dont je suis témoin. J’en déduis qu’au lieu d’offrir à tous la possibilité d’une fin de vie apaisée, nous offrons à tous la possibilité de provoquer leur mort. Mais jamais le débat n’est allé jusqu’à ce niveau de précision médicale, ce niveau d’information. Il a été écrasé par un rouleau-compresseur militant et médiatique. Nous sommes à quelques heures d’un vote qui ne fait guère de doutes. C’est un échec pour notre pays, médical et démocratique. C’est une honte et c’est une grande tristesse.

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    • Oui c’est une honte, pauvre France.
      J’identifie pour ma part 2 désaccords :
      – celui du principe du suicide assisté et de l’euthanasie
      – et la loi comme elle est actuellement pensée, sans collégialité, sans garde fou, sans précautions, sans délais raisonnables…
      Si la France veut sa loi, au moins faire les choses proprement… mais là il s’agit d’une determination abjecte où soignants ne nous sentons pas entendus. 22 départements qui n’ont pas d’unité de soins palliatifs… et on pense une loi en ces termes.
      87% des français sont favorables à quoi? Mourir dans la dignité ?
      Pauvre France !
      Je partage Erwan ta tristesse aujourd’hui

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  • Merci Nathalie pour ce partage, la société ne veut pas voir, entendre,les besoins,ce cris, des personnes en fin de vie ou situation de handicap, c’est tellement plus simple d’exclure, de ne pas apporter de solution lorsque l’image que cela nous renvoie est insupportable, vieillir mais ne pas déranger,ne pas trop coûter, pas de décision,pas de courage pour ces situations.

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