Souvenez-vous de la "liberté de blâmer", Monsieur Mougeotte…

Le-FigaroEtienne Mougeotte est épatant ! D’un édito fébrile, il parvient à brouiller le message délivré par Nicolas Sarkozy dans ses propres colonnes.

Croyant le servir, il ravive la polémique et rajoute la colère au scandale. A-t-il seulement compris, Monsieur Mougeotte, que les trois plus importantes polémiques de ces derniers jours – Polanski, Mitterrand, et Jean Sarkozy – tiennent à un sentiment de déconnexion des élites vis-à-vis du peuple ? Le dirigeant pluri-décennal de TF1 est-il seulement en état, en position de le comprendre ?

Il démontre le contraire dans un éditorial dont il faut bien dire qu’il se distingue surtout par son affligeante bêtise, sa pauvreté d’analyse et de style, et son incroyable maladresse stratégique.

Peut-on faire plus paternaliste que ce titre : « la fin de la récré » ? Peut-on montrer plus de mépris pour les français qu’en se gaussant de ce qui les fait réagir ? C’est fini les enfants, « il est temps de passer aux choses sérieuses » ?! Il ne s’est rien passé ? Tout ceci n’est que l' »écume des jours » ? A-t-il seulement imaginé que cette posture n’était certainement pas la plus habile de sa part, lui qui fait incontestablement partie de ce que les français peuvent percevoir comme une caste politico-artistico-médiatique ? Et s’est-il seulement avisé que le directeur de la rédaction qu’il est a un choix : concentrer son journal sur les seuls « vrais problèmes du moment » ?

Et Dieu, que le propos est laborieux. « Le président de la République s’efforce (…) de siffler la fin de la récréation« . Il s’y efforce, ou il y parvient ? Si le président a de l’autorité, il la siffle, la fin de la récré, il ne « s’efforce » pas de le faire.

L’incroyable maladresse se découvre dès les premières lignes.

« Pendant que Vladimir Poutine négocie pour 100 milliards de dollars de contrat avec la Chine. Pendant que Barack Obama mêle de front une réforme historique du système de santé américain et la redéfinition du rôle de l’Amérique dans le monde. Pendant que Lula conjugue le développement accéléré du Brésil et l’entrée de son pays dans le concert des nations (…) nos sympathiques compatriotes se délectent d’un petit jeu de massacre aux cibles tournantes. »

Pendant que Vladimir Poutine, Barack Obama et Lula s’occupent de l’avenir du monde, notre président à nous s’occupe de l’avenir de son fils. Est-ce cela qu’il veut s’entendre répondre ? Parce qu’avec une telle maladresse, c’est sur un plateau qu’il les sert, les répliques, Monsieur Mougeotte. Comprenez-moi bien – car j’en vois s’agiter, là-bas, au fond – je ne dis pas que tel est le cas, et je ne voudrais pas être un citoyen russe : c’est la maladresse du propos qui m’afflige.

La suite fait preuve d’une connivence et d’une pauvreté d’analyse stupéfiantes. « Il est bien normal que l’opposition, sans projet, sans programme, sans leader, fasse ses choux gras de chaque couac de l’exécutif » : Etienne Mougeotte a-t-il bien réalisé qu’il écrit dans les colonnes de l’un des plus grands quotidiens français ou s’est-il cru soudain sur l’estrade d’un quelconque meeting ? « Encore que si le Parti socialiste veut espérer reconquérir l’Élysée… » Encore que ? On espèrerait une autre langue lorsque le directeur de la rédaction de l’auguste Figaro prend la plume.

Après avoir rappelé les « fondamentaux du sarkozysme » en omettant, l’étourdi, la république irréprochable, voilà pour finir qu’il se montre menaçant à l’encontre des ministres et des parlementaires !

« À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas. Quant à la majorité parlementaire, députés et sénateurs confondus, on lui recommande la lecture de l’interview du président. »

Ces propos sont simplement scandaleux. La tête lui a-t-elle tourné depuis qu’il a cessé de se consacrer à Secret Story ? De quel droit et en quelle qualité Monsieur Mougeotte se permet-il de proférer de tels conseils ? Il faudrait rappeler à Etienne Mougeotte que ministres1 et parlementaires ont, eux, la légitimité de l’élection.

figEtienne Mougeotte réussit là la performance rare de montrer sa totale incompréhension des français et de sabrer le positionnement de son journal. Il y a quelques jours seulement, Le Figaro lançait cette campagne en vantant son grand équilibre pour élargir son audience. Voilà qui confirmait l’idée que Le Figaro s’est doté d’un manager apte à doper ses ventes, au détriment de sa ligne éditoriale.

En publiant un tel éditorial, en le rabaissant au niveau d’un écho complaisant de la parole présidentielle, Etienne Mougeotte donne une image malheureusement servile du Figaro. Le Figaro affirmait que « sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur« . L’aurez-vous remarqué ? Sur la Une de ce jour,  la tête du président occulte la citation.


  1. sauf certains… []

102 comments

  • « De quel droit et en quelle qualité Monsieur Mougeotte se permet-il de proférer de tels conseils ? »

    En qualité de prôche de Sarkozy très probablement, ce qui n’est pas la moindre des positions.

  • Vous savez que c’est un sentiment terrible que d’offrir une tribune à l’antisarkozysme ? :lol:

    En revanche, je ne suis pas aussi certain qu’il se soit « fait aidé » par Mougeotte. Sur ce coup, Mougeotte le torpille plutôt et affaiblit son interview. Et j’imagine, mais je peux me tromper, que si l’Elysée (ou qui que ce soit, à vrai dire) avait relu cet edito, il ne serait pas paru comme ça.

  • D’accord à 100%, rien à ajouter (je vous trouverais presque un brin sévère). Question incongrue : Etienne Mougeotte a-t-il lui-même écrit cet édito ou s’est-il contenter de demander à son assistante de taper le fax reçu directement de l’Elysée ? C’est à se poser la question (surtout quand il lance un avertissement à certains ministres… Rama Yade ne doit pas se sentir visée, autant dire que malgré son rétro-pédalage d’aujourd’hui, son éviction du gouvernement est actée). Mais peut-être, après tout, Etienne Mougeotte essaie-t-il simplement de se mettre à la place du chef, de devancer sa pensée pour lui plaire. On ne saurait, au fond, le lui reprocher, dans un système de cour où, semble-t-il, les plus lèche-bottes seront aussi les plus récompensés.

  • Une fois encore, si l’Elysée avait été derrière cet édito, je suis persuadé qu’il aurait été plus habile – ou moins malhabile. Et puis, il faudrait retrouver d’autres editos d’Etienne Mougeotte : on y reconnaîtra son style.

    En ce qui concerne le système de cour, ce n’est (malheureusement) que la poursuite d’usages ancestraux, qui ne cessent que lors des fins de règne.

  • Koz a écrit:

    Vous savez que c’est un sentiment terrible que d’offrir une tribune à l’antisarkozysme ?

    <

    p>Je ne sais pas ce que c’est l’antisarkozysme. La critique constructive, ça me parle déjà plus.

    Koz a écrit:

    En revanche, je ne suis pas aussi certain qu’il se soit « fait aidé » par Mougeotte.

    Pourquoi cette faute d’orthographe volontaire ? je me suis relu, je n’en ai pas fait…

    Jeff a écrit:

    Rama Yade ne doit pas se sentir visée, autant dire que malgré son rétro-pédalage d’aujourd’hui, son éviction du gouvernement est actée

    Ça, ça me fait mal au cœur. Rama, au moins, n’a pas toujours l’air de calculer, elle parle de temps en temps avec ses tripes plus qu’avec sa tête (c’est pas péjoratif). Sur Dimanche + il fallait voir sa surprise quand Bachelot se ramène à la Sorbonne pour jouer la chef, sans avoir prévenu sa secrétaire d’État. Elle n’en revient pas : « m’enfin, il faut prévenir, c’est la moindre des choses, ça n’aurait posé aucun problème en plus… » Et, derrière elle, un homme lui enjoint de se taire (!?). Elle se retourne, agacée : « mais que voulez-vous ? »

    Quelques notes discordantes, quand la partition est mauvaise, ça repose les oreilles parfois…

  • Jeff a écrit:

    Etienne Mougeotte essaie-t-il simplement de se mettre à la place du chef, de devancer sa pensée pour lui plaire.

    J’ai une interprétation plus cynique encore, s’il est possible: Etienne Mougeotte fait partie du groupe de journalistes qui ont posé ces questions au président; on peut donc supposer que l’édito n’est autre que la version off de l’entrevue publiée. L’incroyable phrase « À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas » pourrait très bien faire partie du verbatim. Le ton et le vocabulaire sont du Sarkozy pur jus.

    Je fais un procès d’intention ? Peut-être. On ne prête qu’aux riches.

  • Koz a écrit:

    Une fois encore, si l’Elysée avait été derrière cet édito, je suis persuadé qu’il aurait été plus habile – ou moins malhabile. Et puis, il faudrait retrouver d’autres editos d’Etienne Mougeotte : on y reconnaîtra son style.

    Justement, le style me fait penser à du Sarkozy. C’est vrai qu’il est d’habitude plus habile – à l’écrit. Par contre, à l’oral, il y a eu plusieurs cas, restés célèbres, où il s’est lâché.

    Disons que les deux interprétations sont possibles.

  • Il faut rassurer Etienne Mougeotte quant au malaise de certains ministres et de la majorité parlementaire. Rama Yade a fait amende honorable, ce que par ailleurs elle n’avait pas à faire, puisqu’elle parlait des auvergnats.

  • J’approuve et au risque de répéter mal ce qui a été bien dit, je rajoute ma perception

    Après force accumulation d’aveuglements, de sourdes oreilles, de soutiens inconsidérés, de double langage, Monsieur Mougeotte en rajoute pour ruiner encore plus l’image de soi-disant élites, et des politiques. Certains engagements politiques deviennent douteux à cause de connivences clairement manifestées. Et c’est grave. Cela me gêne plus pour les politiques, qui en plus se taisent, que pour les autres.

    Il ne comprend pas que les réactions vont au-delà des habituels clivages politiques en accusant l’opposition. Mais il envoie tous les Français au piquet, y compris ses lecteurs, sans même essayer de comprendre ou d’analyser.

    Pourtant de très nombreux arguments ont été avancés. Je perçois sa réaction simplement comme une réaction de caste. Il défend une cause quel qu’en soit le prix, sans essayer de chercher en vérité et dans l’honneur.

    Quels sont ceux qui vont payer ? Il est difficile de dire le coût pour les Français de ces polémiques « inutiles » qui auraient pu être évitées. Par contre les élus sans courage risquent de s’en souvenir quand ils perdront leurs sièges. J’imagine mal aujourd’hui un succès de la majorité pour les régionales en Ile de France.

  • Gwinfrid a écrit :

    « Etienne Mougeotte fait partie du groupe de journalistes qui ont posé ces questions au président; on peut donc supposer que l’édito n’est autre que la version off de l’entrevue publiée. »

    C’est exactement ce que j’avais en tête en écrivant mon premier commentaire. Non seulement Mougeotte tient son édito de l’intéressé lui-même (qu’il soit l’un des interviewers ou qu’il ait déjeuné avec Sarkozy juste après), mais il sait de plus qu’en tant qu’invité du Fouquets, il ne joue pas dans la même court que les ministres ou simples députés.

    @Koz

    « En revanche, je ne suis pas aussi certain qu’il se soit « fait aidé » par Mougeotte. Sur ce coup, Mougeotte le torpille plutôt et affaiblit son interview. Et j’imagine, mais je peux me tromper, que si l’Elysée (ou qui que ce soit, à vrai dire) avait relu cet edito, il ne serait pas paru comme ça. »

    D’accord avec vous pour admettre la spontanéité de la démarche. Cependant, je comprends mal en quoi Mougeotte torpillerait le président. Si ce genre d’édito torpillait Sarkozy, Alexis Brezet l’aurait déjà maintes fois envoyé par le fond.

    C’est ce qui m’a un peu étonné dans votre billet : quoi de neuf dans cet édito? A part le fait que vous êtes du mauvais côté du sifflet, rien.

    D’où le piquant de votre plainte : « c’est un sentiment terrible que d’offrir une tribune à l’antisarkozysme ».

    C’est celui qui le dit qui l’est! ;-)

  • Dire que Raymond Aron écrivait dans ce journal. Télé de maçon, télé de cons Journal de Dassault, journal de cons

    (rime pauvre conformément à l’analyse de Mougeotte)

  • Une fois encore, si l’Elysée avait été derrière cet édito, je suis persuadé qu’il aurait été plus habile – ou moins malhabile.

    Vous voulez dire aussi habile que lorsqu’il vante les vertus de la méritocratie et du travail, ainsi que la fin des privilèges de naissance le jour même où le scandale de l’EPAD a éclaté ?

    S’il y a un truc caractéristique de Sarkozy, c’est bien son aveuglement face aux problèmes dès que cela le concerne, lui ou sa famille. J’ai le sentiment qu’il se voit constamment comme un pauvre gars aux origines modestes perpétuellement embêté par les plus puissants.

  • « notre président à nous s’occuper de l’avenir de son fils »

    L’erreur est voulue koz?

    Sinon je ne me donnearis meme pas la peine de lire cet éditorial de merde.

  • Gwynfrid, il suffit de reprendre les editos de Mougeotte, c’est à pleurer de servilité et de platitude.

    Par exemple, « De l’audace » :

    Rien ne sera plus comme avant.

    En une seule phrase, le président de la République a pris date à Versailles.

    Il a dessiné avec une indéniable hauteur de vue le monde nouveau qui sortira d’un tsunami économique, écologique et social aussi barbare qu’inédit.

    On croirait un pastiche !

    @ Gatien: je sais ce que certains ont contre Alexis Brézet, mais le style est bien différent, même si les idées vous déplaisent. Il faut savoir faire la part des choses.

  • Gwynfrid a écrit:

    J’ai une interprétation plus cynique encore, s’il est possible: Etienne Mougeotte fait partie du groupe de journalistes qui ont posé ces questions au président; on peut donc supposer que l’édito n’est autre que la version off de l’entrevue publiée. L’incroyable phrase « À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas » pourrait très bien faire partie du verbatim. Le ton et le vocabulaire sont du Sarkozy pur jus.

    C’est possible en effet, et ça confirmerait l’épaisseur de la bulle dans laquelle se trouve coincée la Sarkozie. Totalement hors sol, convaincue de son bon droit, determinée a maintenir un cap quitte a creuser le mur avec… les dents.

    J’ai une autre hypothèse, un peu farfelue, j’en conviens: Mougeotte s’offre en victime expiatoire dans l’espoir (un peu fou) de racheter les fautes de son Clan. Agitant tous les chiffons rouges pour attirer a lui les attaques les plus rudes, et soulager ainsi d’autres mires plus stratégiques.

    En fait, c’est l’une ou l’autre de ces hypothèses (la votre est nettement plus crédible), car je ne peux pas croire que ce quotidien puisse avoir pour directeur un type a la tête si mal faite.

    Tom Roud a écrit:

    J’ai le sentiment qu’il se voit constamment comme un pauvre gars aux origines modestes perpétuellement embêté par les plus puissants.

    Un autre angle, plus psychologique, mais néanmoins interessant

  • J’en oublie l’essentiel : Koz, merci pour cette note impeccable (plus soucieuse d’une république irréprochable que signe d’une entrée dans le vaste bal de l’anti-Sarkozysme) et pour cette conclusion brillante: « Le Figaro affirmait que « sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ». L’aurez-vous remarqué ? Sur la Une de ce jour, la tête du président occulte la citation. » Lumineux.

  • Laissez-moi vous dire, tout de même, que vous psychotez doucement. Les explications simples sont souvent les meilleures : Mougeotte est un courtisan empressé sans envergure. Et non, je ne gobe pas l’idée que cela vienne directement de l’Elysée : contrairement à ce que certains veulent croire, ils ne sont pas bêtes (remporter la présidentielle, c’est tt de même déjà le signe d’une certaine habileté), et ils n’auraient pas envoyé un tel tract. On ne peut pas à la fois souligner que les lecteurs du figaro.fr ne s’y sont pas trompés et affirmer que ça vient de l’Elysée.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Lumineux.

    C’est tout moi, ça.

  • Koz a écrit:

    Mougeotte est un courtisan empressé sans envergure.

    et un clan si habile se contenterait d’un premier courtisan avec si peu envergure?

    Je t’assure, l’hypothèse de la bulle tient.

    Koz a écrit:

    C’est tout moi, ça.

    Je me doutais que ça ne te laisserait pas insensible.

  • Koz a écrit:

    Gwynfrid, il suffit de reprendre les editos de Mougeotte, c’est à pleurer de servilité et de platitude.

    Je m’incline, après avoir jeté un oeil rapide sur quelques exemples. Impressionnant. Je ne lis pas assez souvent le Figaro, j’imagine: j’ignorais qu’on puisse arriver à un tel niveau. J’ai trouvé cette fin de phrase (novembre 2007):

    il n’y a qu’une chose à dire au chef de l’Etat : « Continuez à tenir bon, Monsieur le Président, vous ne réformerez pas la France autrement !»

    On ne faisait pas mieux sous Louis XIV, j’en suis sûr.

    zeyesnidzeno a écrit:

    J’en oublie l’essentiel : Koz, merci pour cette note impeccable (plus soucieuse d’une république irréprochable que signe d’une entrée dans le vaste bal de l’anti-Sarkozysme) et pour cette conclusion brillante: « Le Figaro affirmait que « sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ». L’aurez-vous remarqué ? Sur la Une de ce jour, la tête du président occulte la citation. » Lumineux.

    Quitte à faire mon Mougeotte, à mon tour: +1.

  • Gloire éternelle au vailant président Sarkozy notre dirigeant bien-aimé. Longue vie au prince Jean lumière de Neuilly phare des Hauts-de-Seine. Vive Carlita reine de la chanson et de la culture.

  • Mais enfin merde, zeyes, puisque je te dis que c’est pas ça, tu vas arrêter, oui ?!

    Bon : ils ne se « contentent de rien« . Mougeotte est directeur de la rédaction, il se réserve les grands moments. Après, l’homme est plus businessman et vendeur de divertissement qu’intellectuel et voila, ça donne ça. On ne peut pas tout raccrocher à l’Elysée, même pour vous faire plaisir.

  • Gwynfrid a écrit:

    Je fais un procès d’intention ? Peut-être. On ne prête qu’aux riches.

    Il y en a qui ont bâti des théories de la conspiration pour moins que ça….

  • zeyesnidzeno a écrit:

    C’est possible en effet, et ça confirmerait l’épaisseur de la bulle dans laquelle se trouve coincée la Sarkozie. Totalement hors sol, convaincue de son bon droit, determinée a maintenir un cap quitte a creuser le mur

    C’est beau comme du Ayrault… c’est toi qui écrit ses discours ou c’est lui qui t’inspire ce genre de remarque, parce que c’est presque du mot pour mot ? Il y a vraiment une culture du mot d’ordre dans certains cercles.

  • Ces trois dernières semaines portent la nausée à son comble. Je dois me rendre en Espagne : je dirai que je suis Belge.

  • @ Koz: J’suis plutôt d’acc.

    Au passage « mêler de front » me semble un bonheur de plume ou de coquille bien venu.

    En revanche se gausser de « encore que » quand on écrit « fait aidé », bof…

  • « En ce qui concerne le système de cour, ce n’est (malheureusement) que la poursuite d’usages ancestraux, qui ne cessent que lors des fins de règne », écrivez-vous, Koz. Vous avez raison, et je ne serai pas le dernier à dire que ce phénomène de cour, sous une autre forme, existait aussi sous François Mitterrand, et je le déplore. Mais est-il souhaitable que cela perdure (sans doute en pire) ? Autrement dit, la faute d’aujourd’hui est-elle absoute si d’autres l’ont déjà commise par le passé ? Evidemment, non (il suffit de penser à un crime pour vérifier que l’assertion ne tient pas).

    La même excuse va sans doute servir de principale ligne de défense sur le prochain scandale de la Sarkozye (et oui, il y en a encore un autre qui se profile), celui des sondages de l’Elysée.

    Citoyens de droite et de gauche, mettons-nous d’accord une bonne fois pour toutes : n’excusons pas les fautes des dirigeants d’aujourd’hui par celles des dirigeants d’hier, quel que soit leur camp. Car si jamais Sarkozy n’était pas réélu en 2012 et qu’un candidat socialiste (on ne voit pas très bien lequel actuellement) accédait à la présidence, il pourrait faire nommer son fils à la tête du Grand Paris en arguant qu’il ne fait que perpétuer une longue tradition française. Et on n’en sortira jamais…

  • Eponymus a écrit:

    C’est beau comme du Ayrault… c’est toi qui écrit ses discours ou c’est lui qui t’inspire ce genre de remarque, parce que c’est presque du mot pour mot ? Il y a vraiment une culture du mot d’ordre dans certains cercles.

    Tu sais Epo, il y a vraiment des moyens beaucoup plus simples d’attirer l’attention ou d’engager la conversation.

    Bon, la thèse de la bulle, reprise en cœur par tous les ténors du PS, de l’opposition en fait, les éditorialistes, les commentateurs en tout genre : Sarkozy tente tout, ose tout car il est convaincu d’avoir raison contre tout le monde.

    Ne nous focalisons pas sur l’edito Mougeotte, et tachons de comprendre comment Sarkozy lui-même voit les choses. C’est simple, et sur la vaste majorité des sujets, il persiste et signe. Il concède bien qq erreur, faites par d’autres d’ailleurs (dans le Figaro notamment celles de Mitterrand/Polanski et de Hirsch) mais ne lâche pas grand-chose sur le reste. Jean Sarkozy ? Le père persiste à présenter sa candidature arrangée comme un acte concret vers le rajeunissement des élites politiques. Les multi récidivistes ? Bien que l’opinion soit de plus en plus sceptique, il continue de préférer les annonces tonitruantes aux véritables politiques de prévention. Le bouclier fiscal ? Un outil de justice fiscal et social (alors que de nouvelles taxes ou formes nouvelles d’imposition, qui elles concernent une majorité de français, tombent tous les 2 mois). Les expulsions à Calais ? Tout au plus un problème constitutionnel à régler. L’ « ouverture » ? Une idée d’avenir. Une UMP élargie du centre au MPF, compliquée par l’« ouverture » a des ministres de « gauche » et l’effet Carla, ça donne cette ligne « mi bling-bling mi-bobo » (expression emprunté a Joffrin, autre membre d’un certain cercle) qui prend l’eau de toute part. Les conditions de renflouement des banques ? Un sujet dépassé. Bonus des traders ? Tout est réglé, grâce a la France. Clearstream ? La vérité éclate !! La France résiste mieux à la crise que d’autres ? C’est a sa politique qu’on le doit, rien a voir avec le modèle social qu’il a tant décrié.

    Alors Mouchotte un courtisan un peu court et trop zélé ? ou un autre porte parole d’un clan coincé dans la bulle de sa suffisance et de ses propres intérêts?

  • Sur les sondages, la parade est déjà toute trouvée Jeff, j’ai écouté le Grand Journal ce soir et il y avait je-sais-plus-qui du Figaro magasine. Il disait que la pratique était courante mais que, pour une fois, ça se faisait dans la transparence… et c’est d’ailleurs pour ça qu’on se rend compte des irrégularités de ladite pratique…

    Sur l’affaire du neuneu qui vend du temps de cerveau disponible, je suis d’accord avec Koz : c’est un partisan, un courtisan, qui a la grâce de l’éléphanteau aux premières heures du jour. Un gros con quoi dit plus simplement. Comme le révèle le lien que j’ai posté plus haut, même les électeurs de NS ne sont pas dupes et repoussent cet abominable léchage de burnes en bloc.

  • « À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas.

    Soit cette phrase est le verbatim de ce qu’a dit NS, et Mougeotte est son porte-coton.

    Soit elle est de lui, et on croit voir un petit chien qui aboie à l’abri d’un grand.

    Dans tous les cas, c’est défendre son patron avec le pavé de l’ours.

    Si NS a de la lucidité (et là, on doute) il gémit dans son Elysée : avec des amis comme moi, mon Moumou, je n’ai pas besoin d’ennemi. Autre ami/e qui le plombe : Madame Sarkozy III, qui lui aurait conseillé le fan de boxe thaïlandaise. Pas étonnant, si elle pense comme elle chante. Des petits tordus en sont à croire que Miss Eau tiède est une taupe envoyée par la gauche ;-)

  • S’il veut se sortir de sa mauvaise passe, c’est sûr, ce n’est pas sur Etienne Mougeotte que doit compter Nicolas Sarkozy (je rappelle que ce vénérable monsieur a quand même 69 ans, alors ne soyez pas trop sévère avec lui). Mais la question qui me taraude justement, me tarabuste et ne me lâche pas (et je sais que vous la partagez, Koz) est la suivante : n’y a-t-il donc personne autour de notre président qui pourrait lui expliquer et le convaincre que le parachutage de son fils à la tête de l’Epad est une faute majeure qui ne peut que révolter les Français et causer par la suite d’énormes dégâts électoraux ?

    Pour ce rôle, on exclut d’emblée les courtisans les plus serviles, les Bertrand, les Besson, les Lefebvre, les Hortefeux, les Estrosi, etc. Mais un Fillon, un Guaino, un Guéant, quelqu’un qui aurait une certaine épaisseur et une certaine idée de l’Etat, ne pourrait-il pas jouer ce rôle ?

    Est-il impossible de trouver quelqu’un dans son entourage qui aurait la sagesse, l’expérience et le courage (puisqu’apparemment il en faut) de le faire ? Est-il impossible de parler franchement au président sous peine de tomber immédiatement en disgrâce ? Ou tout simplement parce qu’il est incapable d’écouter ? Pour moi, c’est vraiment un mystère vertigineux… Et je trouve que ça fait peur.

  • Depuis le remplacement de Nicolas Beytout par Etienne Mougeotte je trouve que le Figaro a beaucoup perdu en qualité.

    En ce qui concerne ses analyses et ses éditoriaux, je les trouve si affligeants et creux que je ne les lis plus.

  • Yes sir. Et puis cette interview, my god… Cette question complaisante sur l’âge de Jean Sarkozy ! L’âge ! Tellement facile de s’engouffrer sur l’âge et de ne pas parler d’un simple problème de compétences. L’âge et le nom, du pain béni. Le niveau, la légitimité et le placement d’un pion dans la tirelire ? Non non.

    Quelle farce.

  • Que dire sous ce billet sans être taxée de faire des commentaires de bistrot?

    • Sur Polanski : je ne pense pas, au contraire de M Mougeotte que ce soit de la bagatelle…
    • Sur M Mitterand, je ne sais pas. Sans doute aurait il fallu éviter de le nommer Ministre (comme il aurait fallu éviter Besson et autres ringards de la gauche plurielle -genre Rocard comme Conseiller)
    • Sur J Sarkosy, je ne sais pas non plus. je ne connais pas ce jeune homme. Certes il n’est qu’en deuxième année de droit à 23 ans, à un âge où nombre sont déjà avocats. Néanmoins, il me semble difficile de faire plusieurs chose à la fois et la politique est un métier à temps plein. Peut être est il un bon politique? je n’habite pas Neuilly, donc suis incapable de juger. Néanmoins, je trouve que la discrimination par l’âge est absurde. Seule les compétences devraient compter. Et je me pose la question de savoir ce qu’auraient fait la presse et tous les médias si les fils de Ségolène, de Martine ou de François avaient brigué cette place (qu’il n’a pas encore et qu’il n’aura pas grâce à qui?… « grâce » à son nom, donc à son papa!). Tout le monde se serait exclamé devant tant de précocité et de talents enfin découverts! Je me garderai donc bien d’émettre une théorie sur de simples commentaires de presse.

    Sur l’éditoirial de M Mougeotte : Oui, je l’ai lu. Oui, j’ai été choquée de constater que nous étions pris pour des gamins, notamment nous, les électeurs de M Sarkosy, comme si nous devions nous reprendre et rentrer dans les rangs, genre « que pas un seul cheveu ne dépasse ». Il semble évident que ce genre de truc devrait desservir M Sarkosy et son parti, à un moment où ils n’en ont pas vraiment besoin. Cependant, le Figaro continue ce matin avec « La majorité, qui reconnaît le trouble de ses électeurs, est invitée à resserrer les rangs. » http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/17/01002-20091017ARTFIG00243-l-ump-espere-tourner-au-plus-vite-la-page-des-polemiques-.php

    Je le prends, sans doute suis je de mauvaise foi, comme un « la récré est finie, vous êtes priés de vous reprendre et de suivre en file droite, les désidératas du gouvernement » Or, c’est le genre de choses qui m’insupporte! Il me paraît impossible de suivre une politique quelle qu’elle soit au prétexte qu’elle serait de droite ou de gauche ou avec une étiquette de couleur verte! Le dogmatisme de gauche m’a toujours choquée, le dogmatisme de droite me déçoit.

    M Mougeotte écrit : « À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas. » Eh bien, c’est ce qu’ils devraient faire s’ils avaient un peu de courage! On verrait ceux qui restent. cela éclaircirait le paysage. Et dans ceux qui auraient la volonté de partir, peut être, enfin, verrions nous celui qui pourrait être un chef de file valable, plutôt que de voir ces « serviteurs serviles » (pléonasme)qui n’ont de cesse de récuser leurs paroles pour peu qu’elles ne soient pas dans la lignée des dires acceptables.

  • Ils sont magiciens au figaro : des plus de 150 commentaires d’hier n’en reste que 80 ce matin. Un peu comme sur le site de TF1 durant l’affairre Bourreau-Gugghenheim.

  • Je suis surpris que personne ne relève la division entre le gouvernement et les élus locaux, représentés au Sénat, et défendus ces derniers jours par quelques sorties du genre Raffarin ou Larcher (excusez du peu).

    Pour l’ancien Premier Ministre, il est difficile d’accepter, encore plus que le second, la réforme des collectivités qui vise à re-centraliser, alors qu’il est auteur de la seconde loi de décentralisation, et que, sur le terrain, celle-ci se révèle d’une efficacité économique et politique remarquable bien qu’encore inachevée.

    Ces deux là, ajoutons leur Juppé, ont plutôt l’habitude d’être droit dans leurs bottes, il était très malhabile de la part de Mougeotte d’oser sous-entendre qu’ils dussent relire l’interview présidentielle. Bien au contraire, le Président devrait se concerter avec quelques uns de ses expérimentés soutiens.

  • Koz,

    il est vrai que le ton me rappelle les meilleurs éditos de la presse officielle du Second Empire.

    Cela ne veut toutefois pas dire que l’opposition ait raison (comme au temps du second-empire d’ailleurs, je rend grâce tous les jours que quelqu’un comme Victor Hugo, qui nous a déjà ennuyé par sa littérature envahissante, n’ait jamais été affligé la politique de son égo démesuré).

    Koz, je te propose de développer dans ton prochain édito le concept de « média indépendant », une étrange idée anglo-saxonne qui est rare chez nous.

  • La direction du Figaro (je suppose) ferme d’abord les commentaires, ensuite les rouvre, après en avoir jarté un gros paquet.

    Sauf si ces commentaires étaient orduriers (mais je vois mal le lecteur lambda du Fig s’adonner à ça), cette censure interroge. S’agit-il de la pleutrerie d’un sous-fifre voulant bâtir en vitesse un village Potemkine devant les yeux fragiles de Mou-de-la-jugeotte, est-ce un réflexe autiste des chefs ? En tout cas, on n’a jamais guéri un malade en cassant le thermomètre.

    Cela témoigne, au minimum, d’un solide mépris des gens qui paient pour les lire. Un peu comme ces élus qui méprisent leurs électeurs (non, yapas que Septimator, alias Georges Frèche). Ces lecteurs cesseront-ils de payer, le seul moyen d’amener Étienne à résipiscence (ou ses patrons à le virer ?). Pas sûr, ils trouvent ailleurs dans ce journal bien fait du temps de Beytout (demandez à Eric Dupin) de quoi les satisfaire.

    Donc, Mougeotte va pouvoir continuer à lancer des pavés (de l’ours) sur NS…

    http://tinyurl.com/67j7vy

  • Koz, billet évoqué sur le site d’arrêt sur images dans les « Vite dit »…c’est ce que l’on appelle de l’influence !

  • Je ne comprends pas bien cette électorat soit disant de droite, lecteur du figaro qui proteste avec véhémence. Le programme de Sarkozy était pour clair, avec la loi TEPA notamment, qui remonte le seuil d’imposition sur les successions, il entend favoriser les gens bien nés. Il est tout à fait agréable d’hériter de papa, d’une grosse somme d’argent, des titres en tout genre, du fric, du flouse, de l’oseille, des postes, de l’immo, de l’or, du blé … c’est trop bon, trop jouissif. Et donc, le petit Sarko hérite aussi de sa rente de situation, c’est tout à fait dans la lignée de ce qu’a souhaité 53% de la population française. Alors, on se remet à travailler plus les gens. Là encore Mougeotte a bien raison. Il est temps de refaire de la croissance …

  • J’ai reçu en mars 2009 un courrier de Figaro me proposant de m’abonner. Vous trouverez ci-dessous la réponse que j’ai rédigée à l’intention de son directeur général :

    Paris, le 13 mars 2009

    Monsieur Francis Morel Directeur général Le Figaro 14, boulevard Haussmann 75009 Paris

    Monsieur,

    J’ai reçu ce jour une offre d’abonnement au Figaro, signée par vous-même. Je regrette de décliner cette offre.

    Fils et petit-fils d’abonné du Figaro, mon mariage et la naissance de mes quatre enfants ont été annoncés dans le Carnet du jour. J’ai longtemps acheté le journal en kiosque.

    Mais je suis scandalisé par l’évolution du titre depuis le départ de Monsieur Nicolas Beytout, qui avait beaucoup travaillé à enrichir le contenu du journal.

    Libéral modéré, j’ai voté pour Monsieur Sarkozy à la présidentielle. Je n’accepte cependant pas le choix fait par le Figaro de devenir le porte-parole sans recul critique de la politique décidée à l’Élysée. Cet alignement enlève tout intérêt à sa lecture. Et ce n’est pas la contribution de Madame Chazal au Figaro Magazine qui fait monter le niveau !

    J’ai cessé d’acheter votre journal, dont je crains fort que l’avenir soit celui de Jours de France. Vous comprendrez donc ma décision de décliner votre offre.

    Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

  • Je ne suis pas sur que la decentralisation soit forcement une bonne chose. Certes, cela permet d’etre plus reactif localement, mais c’est aussi toutes choses egales par ailleurs plus inefficace(il y a sans doute des gens inventant la meme chose en meme temps dans 90 departements). J’ai aussi l’impression que la gestion est plus amateur au niveau local (voir megalomaniaque dans certaines regions), alors que l’etat dispose d’un corps de hauts fonctionnaires professionnels et competents.

    Dans les entreprises, il y a des modes tous les 10 ou 20 ans pour centraliser ou decentraliser. Cela permet sans doute de garder le bon equilibre. Je ne serais pas surpris que la politique connaisse aussi ces mouvements de va et viens.

    Elu Local a écrit:

    Pour l’ancien Premier Ministre, il est difficile d’accepter, encore plus que le second, la réforme des collectivités qui vise à re-centraliser, alors qu’il est auteur de la seconde loi de décentralisation, et que, sur le terrain, celle-ci se révèle d’une efficacité économique et politique remarquable bien qu’encore inachevée.
  • Tara a écrit:

    Sur J Sarkosy, je ne sais pas non plus. je ne connais pas ce jeune homme. Certes il n’est qu’en deuxième année de droit à 23 ans, à un âge où nombre sont déjà avocats. Néanmoins, il me semble difficile de faire plusieurs chose à la fois et la politique est un métier à temps plein. Peut être est il un bon politique? je n’habite pas Neuilly, donc suis incapable de juger. Néanmoins, je trouve que la discrimination par l’âge est absurde. Seule les compétences devraient compter. Et je me pose la question de savoir ce qu’auraient fait la presse et tous les médias si les fils de Ségolène, de Martine ou de François avaient brigué cette place (qu’il n’a pas encore et qu’il n’aura pas grâce à qui?… « grâce » à son nom, donc à son papa!). Tout le monde se serait exclamé devant tant de précocité et de talents enfin découverts! Je me garderai donc bien d’émettre une théorie sur de simples commentaires de presse.

    Que J. Sarkozy, bien jeune et incompétent, soit « candidat » à la présidence de l’Epad, c’est éventuellement ridicule, mais pas très grave.

    En revanche, que le président convoque des élus de droite pour le faire passer et que le gouvernement donne des ordres à ses hauts fonctionnaires pour le faire élire, c’est une faute politique à l’heure où l’on vente travail et mérite et de surcroît fait bien rire dans tous les pays.

    NB. Si J.S. est élu en décembre, ce sera grâce aux voix des représentants de l’Etat (9 sur 18) agissant sur instruction des ministres, et non pas uniquement avec celles des élus de droite (4 voix sur 18 dont la sienne) ni bien sûr des hommes politiques de gauche (4 voix sur 18) au sein du CA de l’Epad. Ah, j’oubliais, il aura peut-être aussi la voix du représentant de la CCI. Mais cela ne peut suffire vu les règles de décompte des voix au sein du CA : il faut les voix des représentatnts de l’Etat… Cela ressemeble furieusement à une nomination par l’exécutif.

  • Le Figaro est symptomatique des difficultés actuelles de la droite. Un problème de positionnement.

    A la lecture de l’édito d’Etienne Mougeotte, à la lecture de l’interview de Nicolas Sarkozy dans ce même Figaro, à la lecture de l’intervew de Jean-François Copé dans le Monde, on se demande toujours ce que signifie être de droite.

    Le positionnement politique de demain sera un positionnement de valeurs. Quelles valeurs voulons-nous suivre? La différence historique entre le socialisme et le capitalisme se ternit au centre. La différence sarkozyste entre l’équité et l’égalité n’est plus qu’un jeu de mot. La vraie différence est peut-être maintenant sur la vocation de l’homme. Une séparation entre un « conservateur » qui se place sous le regard de la Vérité (cf Benoît XVI) et un « progressiste » qui se crée de nouvelles vérités.

  • Je suis globalement en accord avec votre analyse concernant cet éditorial, maladroit, ne serait-ce que par sa forme « fébrile ». Cela dit, je souhaiterais temporiser un peu ce jugement.

    Avant tout, il convient de rappeler que cet édito a été publié dans les pages « Débats et Opinions » qui sont des analyses la plupart du temps subjectives. Ainsi, que Mougeotte exprime un avis personnel dans ces pages ne me choque pas plus que quand Rioufol, Schiffres ou même des personnalités politiques donnent leur avis au même endroit. Pourquoi certains s’autoriseraient dans cette page une subjectivité que l’on interdirait aux autres ? Est-ce que nous aurions eu le même jugement négatif si Mougeotte descendait Sarkozy en flèche ? Sans compter que de nombreux journaux, comme Libération ou même Le Monde ne se privent pas d’être plus ou moins subjectifs du début à la fin. (Qui ne se rappelle que Le Monde a appelé à voter Ségolène Royal ?)

    Ensuite, vous vous basez sur l’éditorial de Mougeotte pour « blâmer » tout le journal, et remettre en cause son objectivité. Sauf que sur la même page, du même journal se trouve un autre article, plus long, le « Bloc Notes » de Rioufol. Or Rioufol, presque à son habitude, se montre très critique envers la politique Sarkozyste et très sévère vis-à-vis des polémiques actuelles. Ainsi, les deux analyses exposent deux points de vue assez différents finalement. L’équilibre est respecté. Et même si Rioufol n’est pas de Gauche, il y a toujours « autant de pages de droite que de gauche », traduisez, autant d’articles favorable que défavorables. Si on ne reproche rien à l’acerbe Rioufol (qui est souvent loin d’avoir tort), soyons un tout petit peu plus indulgents envers Mougeotte. Si Rioufol s’octroie la liberté de blâmer, permettons à Mougeotte l’éloge flatteur.

    Enfin le « on » de « on ne les retiendra pas » ne doit pas être vu comme un « nous » mais dans son sens le plus basique qui est celui de pronom impersonnel. Cela signifie « ils ne seront pas retenus » ou encore « personne ne les retiendra ». Personnellement, ce « on », bien que peut-être ambigu, ne m’a absolument pas choqué.

    Cela dit, merci pour cet article très intéressant, et pour votre blog à son image. Vous voyez souvent juste.

  • En fin de compte, ce sont bien mes parents qui avaient raison : les socialistes n’ont aucun savoir-vivre ! Tu leur donnes le petit doigt, ils essaient de t’arracher le bras. Tu files une bouffe à Mougeotte, ils exigent une beigne à Sarko. Critiquer l’edito ne suffit pas, ils essaient encore de gagner du terrain : le vrai responsable, ce n’est pas Mougeotte, c’est Sarkozy ! Il faut à toute force contourner Mougeotte pour atteindre Sarkozy. Et voilà que l’on réduirait un homme d’âge mûr, ancien dirigeant de la première chaîne commerciale du pays au simple rôle de télégraphiste. Comme s’il était incapable d’initiative (malheureuse).

    Citoyens de droite et de gauche, refusez le despotisme qui s’installe ! Et l’on nous ressort le bouclier fiscal qui, il est vrai, s’inscrit bien dans cette séquence et restera comme une monumentale faute originelle de communication du quinquennat, mais dont on sait sur ce blog qu’il ne se résume pas à la caricature « cadeau aux riches » auquel on le réduit.

    Eh bien mes cocos (façon de parler), ça ne marchera pas avec moi ! Non, non, non. Il faut savoir se contenter de ce que l’on a, un peu. Apprenez donc à vous contenter de ce que vous avez, nom d’un chien, au lieu de réclamer tout le temps. Et puis, vous ne me ferez pas passer l’absence des socialistes aux responsabilités pour de la vertu. Oh que non.

    Et Jeff de nous surjouer un peu la chose :

    Citoyens de droite et de gauche, mettons-nous d’accord une bonne fois pour toutes : n’excusons pas les fautes des dirigeants d’aujourd’hui par celles des dirigeants d’hier, quel que soit leur camp.

    Ou encore

    Est-il impossible de trouver quelqu’un dans son entourage qui aurait la sagesse, l’expérience et le courage (puisqu’apparemment il en faut) de le faire ? Est-il impossible de parler franchement au président sous peine de tomber immédiatement en disgrâce ? Ou tout simplement parce qu’il est incapable d’écouter ? Pour moi, c’est vraiment un mystère vertigineux… Et je trouve que ça fait peur.

    Mais il ne s’agit pas d’excuser les fautes d’aujourd’hui par celles d’hier. Le rappel des fautes des autres venait simplement en réponse à ceux qui nous dépeignent la ruine de la démocratie et l’installation rampante du despotisme.

    Quant à « avoir peur« . Cela fait deux ans que l’on nous ressort le coup de la peur. Eh bien, Jeff, si vous avez peur, ouvrez des livres d’Histoire, relisez les auteurs classiques, ça vous renseignera sur la triste normalité de ce genre de choses. Oui, ce phénomène de cour est tristement classique. Pas aussi vieux que la Vème République, mais présent depuis que le monde est monde dans l’entourage de chaque chef, qu’il soit Empereur, Président de la République, ou chef de service. Oui, nous rêvons tous de celui qui aura la hauteur de vue pour s’extraire de ce fonctionnement, le sens de l’écoute nécessaire pour entendre le peuple, et l’intégrité souhaitée pour refuser ces pratiques. Au passage, notons que, si Fillon partageait cette façon de voir, il n’aurait pas essayé de faire passer un décret pour reporter la limite d’âge à l’Epad et permettre ainsi à Devedjian de rester en place.

    Mais il y a de la marge entre désapprouver ce comportement, voire ce pouvoir et clamer la fin du monde libre. Eric Zemmour est encore obligé de reprendre Nicolas Domenach sur l’emploi du mot « despotisme »… Oui, c’est moche, c’est petit et c’est décevant. Et, oui, quand on relit la phrase que Nicolas Sarkozy n’a pas eu peur de prononcer, dans son discours sur le lycée (« Cela voulait dire que désormais que ce qui compte en France pour réussir ce n’est plus d’être “bien né” ; pour réussir, c’est travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur« ), ça laisse pantois, mais rassurez-vous, nous sommes en démocratie, et cela fait des dégâts dans l’opinion, opinion qui, demain, formera les électeurs.

    Maintenant, il est certain qu’il faudrait que ceux qui sont dans l’opposition travaillent leur alternative, pour présenter quelqu’un de crédible. Pour le moment, soit dit en passant, en matière d’usages républicains, l’alternative qu’on nous présente, c’est celle des « bourreurs d’urnes » et de la fraude électorale dès le stade des consultations internes. Et comme Jeff nous a expliqué que les fautes des uns ne doivent pas excuser celles des autres…

    Henry cow a écrit:

    je partage l’opinion de l’auteur de ce billet, j’ai honte de ce gouvernement, pourtant je suis de droite!

    Permettez-moi de préciser que je n’ai pas honte d’un gouvernement que je n’ai pas nommé, que je désapprouve surtout des pratiques, et le comportement de certains.

    -

    Et merci Poly.

  • Tu as en grande partie raison. Il faudrait, à mon avis, revenir sur l’hyperprésidence : législatives puis présidentielles et un long désert pendant 5 ans. Un désert sans aucun contre-pouvoir. Au moins, la présidentielle de NS nous aura montré que ce système est pervers et qu’il ne faut en aucun cas le maintenir.

    Pour ce qui est de la démocratie représentative, j’ai l’impression qu’elle n’est pas suffisante elle aussi, pas satisfaisante et, après avoir rétabli des contre-pouvoirs efficaces (Justice, Parlement), un peu de participation ne nous ferait pas de mal.

    Par contre, je me souviens très bien de mes deux critiques du sarkozysme, celles qui m’ont empêché de voter pour lui : une politique économique et sociale injuste, inégalitaire, représentée en grande partie par la politique fiscale et son « paquet » (qui est bien plus qu’une faute de communication : 20 taxes créées depuis 2007 qui atteignent tout le monde pour ne pas toucher à cette aberration fiscale, c’est de l’injustice pure et simple) et la menace que sa personnalité pouvait représenter pour la pratique des institutions.

    Pour l’heure, au bout de deux ans, ces deux écueils n’ont pas été évités, bien au contraire.

  • Je n’aime pas participer à l’agitation du microcosme et aux aboiements de la meute.

    Mougeotte à raison, la polémique sur JS est totalement dérisoire par rapport à la crise mondiale et aux difficultés économiques de notre pays.

    Il faut toujours d’abord se demander quel intérêt il y a ou pas pour la France d’avoir un « Sarkozy » comme « chargé de relations publiques » auprès des grandes entreprises internationales qui se côtoient à la Défense. http://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_publiques Et là j’imagine que beaucoup de grands décideurs pourraient se sentir flattées et penseraient avoir l’oreille du père, président, à travers JS. Serait-ce une bonne chose pour la France? Oui, sans aucun doute, à condition que JS soit bon en relations publiques. Ce que je lis un peu partout me semble aller dans le sens de le confirmer. Pour les compétences techniques il y a des équipes de spécialistes. L’EPAD n’est pas une PME dirigé par un seul homme que je sache.

    Quant au Figaro il est l’un des très rares organes de presse à défendre mon camp dans un océan de pensée unique et d’hystérie anti-droite, anti-UMP, anti-Sarkozy. Je n’irai donc pas couper les cheveux en quatre pour lui chercher noise :-) cela ne vaut même pas le temps de frappe sur les touches.

  • L’éditorial d’Etienne Mougeotte vous a semblé maladroit, je ne l’ai pas lu…. votre critique est peut-être aussi un peu trop passionnée avec des mots très blessants…Si Jean S. doit faire ses preuves, Etienne Mougeotte lui…. » Ne juge pas si tu ne veux pas être jugé  » me disait-on, il y a une heure à peine !

  • Koz a écrit:

    En fin de compte, ce sont bien mes parents qui avaient raison : les socialistes n’ont aucun savoir-vivre ! Tu leur donnes le petit doigt, ils essaient de t’arracher le bras. Tu files une bouffe à Mougeotte, ils exigent une beigne à Sarko. Critiquer l’edito ne suffit pas, ils essaient encore de gagner du terrain : le vrai responsable, ce n’est pas Mougeotte, c’est Sarkozy !

    (vite fait parce que moi aussi j’ai des obligations dominicales, hein) Je m’attendais a ce juste retour de bâton. Quand la droite est déstabilisée, quand elle crie, la gauche serait bien avisée de laisser faire et de ne pas charger outre mesure une barque déjà bien pleine. Non pas qu’elle n’approuve pas, mais dans le but strictement politicien de ne pas créer artificiellement un mouvement-retour de soutien à Sarkozy, dans le cas ou celui ci serait considéré par son électorat naturel comme cible d’attaques disproportionnées. Ce n’est pas vraiment un déficit de savoir vivre, plutôt une maladresse tactique. A ce propos, ne trouves tu pas Royal étonnamment discrète depuis dimanche… malgré le boulevard qui s’est ouvert, elle étrille Boussereau, et évite soigneusement d’attaquer Sarkozy.

    Mais bon, nous sommes ici entre citoyens de bonne volonté, hein, loin des enjeux politiciens, et je continue de croire que l’édito de Mougeotte n’est pas un épiphénomène malheureux, mais un symptôme de plus de la rigidité et de l’autisme du Sarkozysme. :p

  • margit a écrit:

    Et là j’imagine que beaucoup de grands décideurs pourraient se sentir flattées et penseraient avoir l’oreille du père, président, à travers JS.

    Et ils auraient raison de le penser. Il n’y a personne pour croire que JS prendrait les décisions lui-même. Eponymus nous a expliqué, d’ailleurs, que le poste n’était pas opérationnel.

    Votre argument pro-JS est donc juste. Par contre, il souligne cruellement la nature réelle d’un système népotiste et courtisan: renvois d’ascenseur et protection d’intérêts particuliers à tous les étages, en commençant par le haut. Sarkozy n’a rien inventé, mais il fait ça de façon moins discrète et donc plus exemplaire que ses prédécesseurs.

    Koz a écrit:

    Mais il y a de la marge entre désapprouver ce comportement, voire ce pouvoir et clamer la fin du monde libre.

    +1. Cette affaire n’est pas bonne pour le moral (pas seulement celui des militants UMP) mais ce n’est pas non plus la République en danger. Au bout du compte c’est quand même Sarkozy qui va y perdre le plus de plumes.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Quand la droite est déstabilisée, quand elle crie, la gauche serait bien avisée de laisser faire et de ne pas charger outre mesure une barque déjà bien pleine.

    Il serait aussi de bon ton d’en profiter pour rebondir en faisant des propositions positives. Dans le cas présent, on pourrait parler du futur de la Défense, de la répartition des centres d’affaires autour de Paris, du trajet domicile-travail, du RER A, et même du projet de Grand Paris, par exemple. Tous sujets beaucoup plus intéressants que le mode de nomination du président de l’EPAD. Cela permettrait à la gauche de prendre un peu de hauteur. Ce serait bienvenu, car ce qu’on a entendu de sa part jusqu’ici, c’est un peu le service minimum (je classe les envolées de Montebourg dans le service minimum: je suis sûr qu’il pourrait faire ça même dans son sommeil). Résultat, certains électeurs de droite vont trouver dans cette affaire une raison de s’abstenir, mais ceux de gauche n’ont rien entendu qui leur donne envie de revenir aux urnes.

  • « Par contre, il souligne cruellement la nature réelle d’un système népotiste et courtisan: renvois d’ascenseur et protection d’intérêts particuliers à tous les étages, en commençant par le haut. »

    Gwynfrid, excusez moi, mais vous vivez sur quelle planète? Que savez-vous sur ce qui se passe dans tous les conseils d’administration? Cela s’appelle « relations » et c’est un métier sérieux dans toutes les strates des affaires dans le monde entier. Il faut vraiment rien connaître du fonctionnement du monde des affaires pour être aussi idéaliste. Relations publiques et marketing sont les mamelles de l’économie moderne. Comment croyez-vous qu’un grand groupe ou une grande entreprise décide de s’installer à la Défense? Souvent ce n’est qu’une question de prestige, de relationnel, de « feeling », avec les décideurs locaux.

    Si le nom « Sarkozy » apporte le prestige et que l’habilité d’un jeune chargé des relations publiques peuvent faire pencher la balance en faveur de la Défense plutôt que pour Singapour ou Genève, alors je n’y vois absolument rien à redire. Il ne s’agit pas d’un enrichissement personnel de la famille Sarkozy, de renvoi d’ascenseur personnel, mais d’un boulot sérieux pour promouvoir notre principal centre d’affaires.

  • Personnellement, je n’ai jamais employé le mot « despotisme ». Ni d’ailleurs le mot « népotisme » (même si ce dernier s’applique à l’évidence dans le cas qui nous occupe). Je n’ai pas non plus l’impression de « surjouer » en dénonçant cette « élection-nomination » comme une négation de la méritocratie républicaine et, comme vous le dites vous-même, des propres propos du chef de l’Etat (dans lesquels vous voyez une maladresse ou de l’improvisation et dans lesquels je vois plutôt une provocation cynique).

    Je suis d’accord avec vous pour dire que les phénomènes de cour sont vieux comme le monde mais vous êtes d’accord avec moi pour souhaiter qu’ils cessent un jour. Malheureusement, ce ne sera pas avec ce président, qui semble considérer la servilité comme la première des compétences.

    Et je redis mon incompréhension profonde, au-delà de tout esprit partisan, devant le fait qu’il n’existe personne dans le premier cercle du président qui soit capable de lui expliquer que là, il va trop loin. Et je me permets de penser que vous avez au fond la même interrogation.

    Ceci dit, je comprends que votre position est un peu inconfortable. Et si je dois servir d’épouvantail socialiste mangeur de bras et d’antisarkozyste primaire de service pour vous éviter de vous fâcher avec vos amis, soit (même si je ne me reconnais absolument pas dans cette caricature).

    Sur ce, bon courage et bon anniversaire (c’est sincère, autant que mon indignation profonde dans cette affaire, je pense notamment à mon fils qui bosse dur pour tenter de se faire une place dans cette société, a cinq ans de moins que Jean Sarkozy et déjà un meilleur niveau d’études, mais absolument aucune chance de se retrouver un jour à la tête de l’Epad).

  • A mon avis, tant qu’il y aura des hommes, et des postes de responsabilité, il y aura des cours. Je ne suis pas forcément sûr que cela soit totalement inutile: les hommes « aux affaires » se font critiquer en permanence (quoi que l’on décide, cela fera forcément des mécontents), avoir quelques amis bienveillants peut aider à tenir le coup.

    Jeff a écrit:

    Je suis d’accord avec vous pour dire que les phénomènes de cour sont vieux comme le monde mais vous êtes d’accord avec moi pour souhaiter qu’ils cessent un jour. Malheureusement, ce ne sera pas avec ce président, qui semble considérer la servilité comme la première des compétences.
  • margit a écrit:

    Et là j’imagine que beaucoup de grands décideurs pourraient se sentir flattées et penseraient avoir l’oreille du père, président, à travers JS.

    Vous devriez demander à faire un stage au Fogaro, vous avez d’assez bons arguments pour défendre Sarko. Evoquer le fait d’avoir l’oreille du père ) travers le fils, c’est assez convaincant. Malheureusement, cet argument évoque un peu les noms de Bongo, de Moubarak et de Khadafi, de sorte que je vous invite à ne pas le réutiliser trop souvent. Il y en a surement d’autres, meilleurs, à utiliser.

    Jeff a écrit:

    Et je redis mon incompréhension profonde, au-delà de tout esprit partisan, devant le fait qu’il n’existe personne dans le premier cercle du président qui soit capable de lui expliquer que là, il va trop loin. Et je me permets de penser que vous avez au fond la même interrogation.

    Il y a peut-être, de mon côté, un procès d’intention mais je crois déceler un façon de blâmer de la façon la plus large possible. Or, si je pense que certains dans son entourage le confortent absolument, je note et je vous l’ai déjà fait observer sans que vous sembliez vouloir le noter que François Fillon a tenté de reporter la limite d’âge pour la présidence de l’EPAD dans l’intention de prolonger le mandat de Devedjian. Il ne me semble pas y avoir de façon plus claire de faire valoir son désaccord.

  • « je note et je vous l’ai déjà fait observer sans que vous sembliez vouloir le noter que François Fillon a tenté de reporter la limite d’âge pour la présidence de l’EPAD dans l’intention de prolonger le mandat de Devedjian. Il ne me semble pas y avoir de façon plus claire de faire valoir son désaccord. »

    C’est vrai. Voir cependant ce que l’Élysée fait de ce genre de désaccord.

    Des papillotes.

  • Exact PMB, et Fillon a ensuite participé à la tentative grotesque de défense de l’indéfendable, avec les mêmes arguments risibles que les autres. Les deux seuls exemples de réticences exprimées en public sont à ma connaissance celles de Pierre Cardo, député des Yvelines, et de Rama Yade, celle-ci ayant dû ensuite avaler son chapeau. Mais qui a osé parler directement et clairement au président en privé ? Qui a pu le convaincre ? Apparemment personne. Ma question reste donc entière. Et je maintiens qu’elle est inquiétante sur la pratique du pouvoir actuel. Car que penser d’un chef qui n’a personne autour de lui capable de lui parler franchement ou qui reste sourd à toute critique ?

  • Jeff a écrit:

    Mais qui a osé parler directement et clairement au président en privé ?

    Jeff êtes-vous caché dans la salle d’eau de Nicolas Sarkozy ? A moins que quelqu’un ici le soit, je crains qu’effectivement personne ne puisse vous fournir un scenario certain sur ce qui s’est passé « en privé« . So, ne m’en voulez pas, si je crois que vous insistez lourdement en jouant inutilement le naïf sur la pratique du pouvoir.

    Au fait, vous souteniez Ségolène Royal. Lisez donc ceci. Oh, rassurez-vous, je ne dis pas que la nullité de l’une excuse les erreurs de l’autre. Mais inutile de jouer l’étonné et l’effrayé devant un comportement par trop banal en politique.

  • Koz : c’est bien le drame aussi de la situation actuelle. Je ne pense pas que vous devriez vous réjouir d’avoir une opposition aussi lamentable. Même si, d’un autre côté, une opposition dans le système hyperprésidentiel actuel ne sert à rien (décidément je reviens sur ce sujet qui ne fait réagir personne et qui est pourtant essentiel).

  • Où avez-vous une expression de réjouissance ? C’est un constat – partagé par tous – et le signe que le complexe de la tour d’ivoire atteint même ceux qui ne sont pas au pouvoir, ce qui devrait être paradoxal. Je me suis même laissé dire qu’il y a des employés qui n’osent pas dire à leur patron qu’il va dans le mur, et des employés qui le disent et que leur patron n’écoute pas. Je ne dis pas qu’un défaut se transforme en qualité parce qu’il est largement partagé mais que le coup du « c’est terrible ce qui nous arrive avec Sarkozy et [roulements de tambour] ça fait peur !« , c’est une aimable farce.

  • Oui, je comprends bien. Si je résume : on peut critiquer la pratique du pouvoir, et constater qu’il en a toujours été ainsi dans la Vème République (je ne pousserai pas jusqu’à la peur du patron, mais disons que les plus ouverts acceptent les critiques et comprennent qu’à plusieurs on devient plus intelligents). Ce qui suffit à poser le constat suivant : nous avons besoin de contre-pouvoirs efficaces en France (Parlement, Justice, Média, Opinion publique).

    Par contre, là où je suis beaucoup plus virulent – et c’est en train de revenir d’actualité – c’est sur la politique économique et sociale, et sur la politique fiscale du gouvernement. Depuis le paquet fiscal et la crise, les comptes publics ne cessent de se dégrader. Sans avoir l’air d’y toucher, 20 taxes nouvelles ont été créées qui sont supportées par l’ensemble des citoyens français. Je trouve qu’il y a quelque chose d’extrêmement choquant à, d’un côté signer des chèques de plus de 300.00 € (évidemment je prends le haut du panier) et, de l’autre côté à ponctionner tout le monde au même niveau.

    Et ce qui est aussi inquiétant dans l’état actuel des choses, c’est que l’inversion du calendrier voulu par Jospin renforce l’hyperprésidentialisation du régime et que tous les pouvoirs sont concentrés pendant une période assez longue.

    Je crois que j’ai quelques idées donc sur les réformes à mettre en cours le plus rapidement possible, dès 2012 disons.

  • Au vu de ce qu’il a fait de TF1,machine à distraire et décerveler,

    à liquider tout ce qui nous fait nous élever

    pour mieux nous abrutir de publicité,

    je n’attendais rien de bon de M.Mougeotte…

    Ainsi, je ne suis pas déçu, mais conforté!

  • Praxis a écrit:

    Oui, je comprends bien. Si je résume : on peut critiquer la pratique du pouvoir, et constater qu’il en a toujours été ainsi dans la Vème République (je ne pousserai pas jusqu’à la peur du patron, mais disons que les plus ouverts acceptent les critiques et comprennent qu’à plusieurs on devient plus intelligents). Ce qui suffit à poser le constat suivant : nous avons besoin de contre-pouvoirs efficaces en France (Parlement, Justice, Média, Opinion publique).

    C’est effectivement un débat que l’on peut avoir, tout en relevant que la réforme constitutionnelle a été à mon sens assez équilibrée. Ce que je ne gobe pas, c’est l’invocation de la « peur« , parce qu’il se passerait quelque chose de propre à Sarkozy et de terriblement inquiétant… et qui pourrait d’ailleurs, tiens, si on y pensait un peu, nous rappeer, au pif, les heures sombres de notre Histoire.

  • doit on revenir sur la réforme constitutionnelle, qui a été, effectivement, à mon sens, assez déséquilibrée, comme le montre la pratique parlementaire quotidienne, cf. le blog d’autheuil, pas vraiment suspect de complicité pour le PS, ou l’absence de décret permettant la mise en place du référendum d’initiative populaire et parlementaire…

    les contre-pouvoirs sont peu nombreux et oui, ils peuvent avoir peur, dans la presse en particulier, qui dépend largement de ses bonne relations avec l’Etat…

  • « Ce que je ne gobe pas, c’est l’invocation de la « peur« , parce qu’il se passerait quelque chose de propre à Sarkozy et de terriblement inquiétant… et qui pourrait d’ailleurs, tiens, si on y pensait un peu, nous rappeer, au pif, les heures sombres de notre Histoire. »

    Sans revenir sur les heures les plus sombres, peut-on tout de même estimer que l’affairisme UMP semble se porter au mieux (dans les Hauts-de-Seine et ailleurs… jusqu’en Afrique), tandis que le rapport de force politiques/juges évolue en défaveur des seconds et que les affaires sensibles sont entérerrés? Que tout çà ne va pas dans le sens de la démocratie et de la justice, et que le Berlusconisme n’est pas très loin (nymphettes en moins)?

  • Tous les jours je vais sur l’édito maudit… pour voir que le nombre de commentaires baisse à chaque fois ! Si les messages supprimés étaient contraires à la loi et à la netéthique, d’accord. Si ce sont ceux du genre de celui-ci, semble-t-il d’un fidèle, ça craint !

    //La porte est grande ouverte…

    19/10/2009 à 11:19

    … pour quitter le lectorat du Figaro également, Merci EM de me tenir la porte.//

    (Je vais en garder une copie pour voir s’il survit à la journée !)

  • @ Koz,

    Je note que vous considérez que tous les pouvoirs et tous les chefs sont autistes par nature, et celui-là pas plus qu’un autre. Et que ceux qui espèrent autre chose ne sont que des naïfs ou des faux naïfs. Aucune raison d’avoir peur donc. Restons couchés, dormons tranquilles, faisons confiance au chef, il décidera pour nous, seul. Désolé mais personnellement, j’ai encore du mal à me résigner face à cette parodie de démocratie républicaine, mais je vais me soigner.

    Je vous ferai quand même remarquer que le parachutage par un président de son fils de 23 ans (qui redouble sa 2e année de droit après avoir redoublé sa 1ère année) à la tête d’un établissement public de l’importance de l’Epad est quand même un fait sans précédent en France. Sans reparler des justifications unanimes des courtisans qui prennent vraiment les Français pour des imbéciles…

    Par ailleurs si vous voulez me faire dire que le PS est nul, inaudible, sans leader, sans programme alternatif crédible, et que c’est dramatique qu’il n’y ait pas d’opposition digne de ce nom en France, je le dis, avec la plus extrême sévérité. Quant à Ségolène Royal (pour laquelle j’ai effectivement voté en 2007), il semble en effet qu’elle se « grille » chaque jour un peu plus. Mais de la même façon que vous ne regrettez pas d’avoir voté Sarkozy parce que vous êtes de droite et qu’il y avait Royal en face, je ne regrette pas d’avoir voté Royal, parce que ma sensibilité me pousse à gauche et qu’il y avait Sarkozy en face.

    Et tout porte à croire pour l’instant qu’une majorité de Français réélira Sarkozy pour un deuxième mandat, d’autant qu’on peut lui faire confiance pour manipuler l’opinion avec brio. Mais ne peut-on espérer mieux pour notre pays ? Que dis-je ? Non, bien sûr que non. Décidément, vous avez raison, je reste un grand naïf.

  • En ce qui concerne la pratqie du pouvoir, j’ai conscience de ne rien en connaitre, mais j’ai le sentiment que si les pratiques de cour sont universelles, la crainte du patron est souvent mauvaise conseillère. Et quand le patron multiplie les rappels à l’ordre et les sanctions de prefets, hauts fonctionnaires et membres du gouvernement (motivations de certains départs lors du dernier remaniement)alors, oui, il y a risque pour les institutions. Sans aller jusqu’au heures les plus sombres, sans penser que NS puisse devenir un despote (même éclairé) après avoir été un népote, de quoi avons nous peur ? qu’il s’éloigne tellement de la réalité qu’il finisse par prendre de très mauvaises décisions ? Que ses proches distillent la crainte qu’ils ont envers leur chef vers leurs équipes, les paralysant du même coup ? (je l’ai vécu en entreprise, où la terreur que le patron inspirait à ses directeurs avait fini par s’amplifier en descendant, empechant toute prise de décision, toute critique) Ou bien une atteinte aux libertés individuelles ou encore une dérive malhonnète de la pratique du pouvoir, notre président se finissant par se sentir au dessus des lois, légitimé par le travail acharné qu’il fournit, lui, pour nous sortir de la crise, pendant que nous dillapidons ses efforts en perdant notre temps inutilement sur des blogs à le critiquer de façon stérile à travers son fils ?

    Koz nous dit que cela n’est pas si grave, ces pratiques ont déjà existé, et elles n’ont pas fondamentalement mis à mal notre démocratie. (remarque : c’est peut-être ce que doivent se dire les gens apres la 4ème tempète qui n’a pas fait tomber l’arbre, et avant la 5ème qui le fait tomber sur la maison)

  • margit a écrit:

    Il faut vraiment rien connaître du fonctionnement du monde des affaires pour être aussi idéaliste. Relations publiques et marketing sont les mamelles de l’économie moderne. Comment croyez-vous qu’un grand groupe ou une grande entreprise décide de s’installer à la Défense? Souvent ce n’est qu’une question de prestige, de relationnel, de « feeling », avec les décideurs locaux.

    C’est intéressant, ce mot, « souvent ». Vous avez sans doute une longue expérience des comités de direction des grandes entreprises internationales, pour nous apprendre que les décisions se prennent au feeling et au prestige, et pas du tout de fonction des intérêts économiques de l’entreprise. Quand on espère avoir l’oreille du père au travers de celle du fils, c’est uniquement pour le plaisir d’un bon relationnel avec le président de la République parce que c’est un gars sympa. Pas du tout parce qu’on en attend des décisions favorables au business de la boutique. Bon sang, mais c’est bien sûr !

    margit a écrit:

    Gwynfrid, excusez moi, mais vous vivez sur quelle planète? Que savez-vous sur ce qui se passe dans tous les conseils d’administration?

    Me faire taxer d’irréalisme avec des arguments comme les vôtres est un plaisir gourmand.

    Jeff a écrit:

    @ Koz, Je note que vous considérez que tous les pouvoirs et tous les chefs sont autistes par nature, et celui-là pas plus qu’un autre. Et que ceux qui espèrent autre chose ne sont que des naïfs ou des faux naïfs. Aucune raison d’avoir peur donc. Restons couchés, dormons tranquilles, faisons confiance au chef, il décidera pour nous, seul.

    Koz se défend très bien tout seul, mais je ne peux m’empêcher de vous faire remarquer que vous faites beaucoup dans la technique de l’homme de paille.

    Jeff a écrit:

    Je vous ferai quand même remarquer que le parachutage par un président de son fils de 23 ans (qui redouble sa 2e année de droit après avoir redoublé sa 1ère année) à la tête d’un établissement public de l’importance de l’Epad est quand même un fait sans précédent en France.

    Il y a ce précédent-ci, qui s’est révélé, au bout du compte, nettement plus grave.

  • « Il y a ce précédent-ci, qui s’est révélé, au bout du compte, nettement plus grave. »

    « Beaucoup plus grave », ça reste à voir… dans quelques années.

    Dans la mesure où les Hauts de Seine sont le haut lieu des trafics (d’armes entre autres) et réseaux divers, dans la mesure où Devedjan qui voulait nettoyer les écuries d’Augias n’a rien nettoyé du tout, les chemins pris par le fils Mitterand et le fils Sarkozy sont peut-être moins éloignés que ce qui parraît au premier abord.

  • @ Jeff et d’autres : ce qui nous affaiblit dans nos argumentaires c’est qu’on est beaucoup dans la réaction pour chaque nouvelle polémique en oubliant de mettre les événements en perspective et présenter ce qu’on attend d’une alternance, ou d’un autre projet, programme, etc. C’est pourquoi l’argument de la peur, même si je le comprends, est inaudible.

    Je crois qu’il y a vraiment deux questions sur lesquelles se focaliser, l’une qui dépasse la question du sarkozysme (la pratique du pouvoir : dans ce que dit Koz, NS n’est pas plus excusable que les autres mais pas vraiment différent : pourquoi ferait-il plus peur ?), et l’autre qui lui est vraiment consubstantielle : son programme économique et social et la question fondamentale du paquet fiscal en période de crise et d’aggravation des déficits. Il y a là une injustice et un dogme flagrants.

    A partir de ces deux points, je crois qu’on peut proposer à la fois une critique du sarkozysme et une ébauche de programme, en tout cas des propositions claires, précises, objectives, qui demandent qu’on se batte sur le terrain de la raison et des idées, pas sur celui de l’émotion que le pouvoir UMP en place parvient toujours à retourner à son avantage.

    (Je crois que je commence à radoter.)

  • @ Gwinfryd,

    Oui, Koz est assez grand pour se défendre tout seul. Mais en l’occurence, je ne l’attaque pas, donc il n’a aucune raison de se défendre. Il me semble que nous débattons simplement sur ce point précis : la pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy a-t-elle quelque chose de spécifique, de nature à inquiéter, ou est-elle simplement classique, tristement banale, à l’image de celle de ses prédécesseurs ?

    Dans plusieurs commentaires Koz a notamment écrit ceci :

    « Ouvrez des livres d’Histoire, relisez les auteurs classiques, ça vous renseignera sur la triste normalité de ce genre de choses. Oui, ce phénomène de cour est tristement classique. Pas aussi vieux que la Vème République, mais présent depuis que le monde est monde dans l’entourage de chaque chef, qu’il soit Empereur, Président de la République, ou chef de service ». « Inutile de jouer l’étonné et l’effrayé devant un comportement par trop banal en politique ». « Le complexe de la tour d’ivoire atteint même ceux qui ne sont pas au pouvoir. Je me suis même laissé dire qu’il y a des employés qui n’osent pas dire à leur patron qu’il va dans le mur, et des employés qui le disent et que leur patron n’écoute pas. Je ne dis pas qu’un défaut se transforme en qualité parce qu’il est largement partagé mais que le coup du « c’est terrible ce qui nous arrive avec Sarkozy et [roulements de tambour] ça fait peur ! » , c’est une aimable farce ». « Ce que je ne gobe pas, c’est l’invocation de la « peur », parce qu’il se passerait quelque chose de propre à Sarkozy et de terriblement inquiétant… ».

    Pour tenter de résumer sa pensée, j’écris ceci : « Je note que vous considérez que tous les pouvoirs et tous les chefs sont autistes par nature, et celui-là pas plus qu’un autre ». J’ai faux ? J’utilise la technique de l’homme de paille ? Non je ne crois pas.

    Ensuite, on peut discuter. Pour préciser ma pensée, j’ai l’impression qu’un Chirac, par exemple, avait des gens autour de lui (des grognards du RPR), capables de lui dire franchement en face : « Jacques, tu fais une connerie » (ce qui ne l’a pas empêché d’en faire, soit dit en passant) ou « Jacques, là, tu vas trop loin ». J’ai l’impression qu’autour de Sarkozy, il n’y a personne qui peut s’autoriser ce genre de critique. C’est plutôt le bal des lèche-bottes ou « carpette land ». Tout le monde le petit doigt sur la couture du pantalon et on répète en choeur le même refrain (même s’il nous ridiculise et même si c’est pour justifier un acte hautement personnel, voire familial). Aucune voix indépendante, aucune tête qui dépasse, aucun rival de poids dans son entourage (Fillon est rabaissé au rôle de simple collaborateur, Juppé est en exil à Bordeaux, Seguin se morfond à la Cour des comptes et Villepin attend un croc de boucher pour se poser). Et quand on nous annonce Bertrand ou Besson comme futur premier ministre, on se dit que c’est vraiment la promotion par la lèche. Et je trouve cela inquiétant parce que pour moi, un bon chef sait d’abord s’entourer et sait écouter avant de décider. Voilà, je n’en dis pas plus (je n’ai jamais utilisé le mot despote ni évoqué les heures les plus sombres de notre histoire), si ce n’est que je suis vraiment révolté par cette affaire qui n’est pas une « polémique » de plus, mais un manquement grave à l’éthique républicaine et un sérieux coup de canif dans le contrat social. Un véritable crachat sur les valeurs « travail » et « mérite » (dont il avait pourtant fait des éléments forts de sa campagne et qu’il continue à brandir de manière éhontée dans ses discours).

  • En tout cas, les électeurs de David Douillet doivent être heureux d’avoir justifié la nomination (je pèse mes mots) de JS à l’EPAD ! Ils croyaient voter pour un homme, voire un parti, et voila qu’on nous dit que cette éléction montre leur adhésion au projet du président : nommer son fils à l’EPAD.

    Remarque : c’est vrai que si D. Douillet n’avait pas été élu, là ça aurait été une claque !

  • Pinaise Jeff, tu lis ce que j’écris ou what the fuck ?

    Praxis a écrit:

    NS n’est pas plus excusable que les autres mais pas vraiment différent : pourquoi ferait-il plus peur ?

    Je ne prendrai qu’un exemple : la pratique du pouvoir par Mitterrand. Qui lui parlait de ses erreurs ? Le rainbow warrior par exemple ? les écoutes téléphoniques ?

    Tu vois, cet argument ne peut faire mouche. Tout au plus peut-on rappeler que NS s’est fait élire sur le thème de la rupture et de la république irréprochable et qu’il s’est bien foutu de la gueule de ses électeurs.

    Conclusion : ce qui est à mettre en cause ce sont nos institutions, la manière dont elles fonctionnent et la faiblesse des contre-pouvoirs en Vè République (normal, c’est un général qui l’a écrite la constitution).

    Allo ? allo ? y a quelqu’un ?

  • Praxis écrit : « Tout au plus peut-on rappeler que NS s’est fait élire sur le thème de la rupture et de la république irréprochable et qu’il s’est bien foutu de la gueule de ses électeurs. »

    La liste des élus qui ne font pas ce qu’ils ont promis et même le contraire est aussi longue que la Grande Muraille. Donc, pour Nicolas 1er qui se targue de ne rien faire comme les autres, c’est raté.

    Le Figaro a fermé les commenatires sur l’édito pravdesque de Moumou. Un fidèle du Figaro peut-il me dire si cette fermeture vient du laps de temps donné pour commenter. Si ce n’est pas le cas, si c’est casser le thermomêtre pour ignorer la maladie, c’est malin. Plus tu appuies sur un ressort plus il rebondit : il paraît que les frustrés se répandent en belles métastases furieuses dans les commentaires des autres articles.

  • Bof, moi, cet édito, je le trouve à l’image de notre président et de son « entourage ». Souvenez-vous de celui qui voulait faire une « retraite » pour habiter la fonction de Président pour se retrouver finalement à faire du bateau chez les « miyardaires » alors que Paris Match lui rabotait les bourrelets (« y’a pas de problème madame vu qu’ça vous coûte pas d’sous »…). Souvenez de l’affaire Guy Moquet (dont la lettre a été lue au XV de France avant un match, on rêve tellement c’est absurde. Souvenez-vous de son projet d’inscrire la cuisine française au patrimoine de l’humanité (argh, quelle bêtise, quelle vanité). Toutes ces idées farfelues et absurdes ont toujours été applaudies à deux mains (ou 2 pieds quand on voit les talents d’écriture de certains) par la presse de droite. Quand comprendrez-vous que Sarko est un populiste de la pire espèce et que ses soutiens le sont aussi? Des ennemis de l’intelligence et de la raison, palsambleu!

  • Gatien a écrit:

    « Beaucoup plus grave », ça reste à voir… dans quelques années. Dans la mesure où les Hauts de Seine sont le haut lieu des trafics (d’armes entre autres) et réseaux divers, dans la mesure où Devedjan qui voulait nettoyer les écuries d’Augias n’a rien nettoyé du tout, les chemins pris par le fils Mitterand et le fils Sarkozy sont peut-être moins éloignés que ce qui parraît au premier abord.

    Voilà un argument qui pousse l’esprit partisan vers des territoires jusqu’ici inexplorés. Si vous en arrivez à juger des délits qui n’ont pas encore eu lieu, je ne peux rien pour vous.

    Praxis a écrit:

    ce qui nous affaiblit dans nos argumentaires c’est qu’on est beaucoup dans la réaction pour chaque nouvelle polémique en oubliant de mettre les événements en perspective et présenter ce qu’on attend d’une alternance, ou d’un autre projet, programme, etc.

    Tout juste. Tenez, il aura fallu attendre plus d’une semaine de polémique, mais voilà enfin quelqu’un qui parle de l’aménagement de la Défense. Je ne dis pas qu’il a totalement raison sur le fond (je ne connais pas suffisamment le sujet local), mais au moins il joue sérieusement son rôle d’opposant et apporte des critiques pertinentes et convaincantes.

  • Il me semble que les propositions suivantes ne sont pas contradictoires :

    1) Même s’il ne fait pas que des conneries, NS vient récemment d’en aligner une belle série,

    2) Il n’est pas pire que ses prédécesseurs ou que ceux qui aspirent à lui succéder, non il n’est pas un danger pour la République, etc.

    3) Personne ne peut vraiment dire s’il est en train ou non de compromettre ses chances de réélection, mais de là à dire que tout va bien…

    Pour ce qui est de l’éditorial, le problème ne se limite pas à Mougeotte. Les titres du Figaro sont des copiés-collés de la Pravda ou de l’Étoile Rouge de la grande époque !

  • @Gwinfrid

    Ca devient un concours de mauvaise fois cette discussion?! Vous écrivez :

    « Si vous en arrivez à juger des délits qui n’ont pas encore eu lieu »

    Or, précisément, mon propos est que :

    « « Beaucoup plus grave », ça reste à voir… dans quelques années. »

    Contrairement à vous, donc, qui affirmez que les délits pas encore commis par JS seront moins graves que ceux commis par JCM, j’affirme qu’on ne peut préjuger de rien.

    « Il y a ce précédent-ci, qui s’est révélé, au bout du compte, nettement plus grave. »

    Pour JS, le bout du compte n’y est pas.

  • @ Gatien:

    Bon, je vais arrêter de lire, dans ce que vous avez écrit, autre chose que ce que vous vouliez dire, et vous allez en faire autant à mon égard, d’accord ?

    L’expression « au bout du compte » ne peut s’appliquer qu’à JC.Mitterrand (et encore… l’affaire n’est toujours pas définitivement jugée). J’aurais donc dû employer d’autres termes. Je voulais indiquer qu’au vu des informations disponibles aujourd’hui, le cas JC.Mitterrand est plus grave que le cas J.Sarkozy. Ceci n’est valable qu’à l’instant où nous parlons, et ne préjuge pas de ce qui peut se passer plus tard. Bref, et contrairement à ce que j’avais cru comprendre… nous sommes apparemment d’accord.

  • @ Praxis,

    J’entends bien ce que vous dites mais j’avoue que j’en ai un peu marre des justifications systématiques du type « ce n’est pas plus grave que ce qu’avait fait Mitterrand en son temps », qui permet de tout relativiser. Je trouve que ce type d’explication ne vaut pas grand-chose en fait et surtout ne fait pas avancer les choses. Car l’on trouvera toujours un exemple dans le passé de turpitude aussi grande que celle dont on parle actuellement. Est-ce une raison pour ranger une fois pour toutes notre capacité d’indignation au vestiaire ? Non, mille fois non !

    Et si un président fait empoisonner un jour l’un de ses opposants, on dira « ce n’est pas bien, c’est sûr, c’est inconvenant, c’est une maladresse, mais c’est assez classique en fait, souvenez-vous de Catherine de Medicis… » ?

  • C’est là où, à mon avis, vous ne suivez pas complètement l’argumentaire. Koz le dit quelque part : il ne fait pas pire mais pas mieux que ses précédents, ce qui suffit déjà à être condamnable. Maintenant, sortir l’argument de la peur ne peut pas fonctionner : pourquoi NS ferait-il plus peur qu’un autre avant lui (existe-t-il encore des assassinats politiques ? plus tellement par exemple, on peut même démontrer qu’il y a un léger mieux par rapport au passé) ? Tentez juste de répondre à cette question et vous verrez que cela débouche sur une aporie.

    Il faut plutôt que dénoncer la peur pointer ce qui dysfonctionne dans un système. Changer de système revient à changer la pratique du pouvoir et éviter qu’on assiste encore pendant des décennies à l’autocratie, le népotisme, la corruption, etc. D’où mon développement sur le développement des institutions et des contre-pouvoirs. Une fois mis en place ces cadenas démocratiques, il sera difficile de revenir en arrière.

  • zeyesnidzeno a écrit:

    Tu sais Epo, il y a vraiment des moyens beaucoup plus simples d’attirer l’attention ou d’engager la conversation.

    C’est tout moi ça… je rentre dans le lard de Zeyes, à pieds joints et sans ménagement (ce qui est à la fois risqué et délicat parce qu’elle se défend bien la bougre) et j’ai des journées trop chargées pour pouvoir lui répondre. Mes plus plates excuses nidzeno.

  • @Koz Il y a peur et peur… Déplaire est devenu plus risqué quand on occupe certaines places (journalistes, politiques, préfets…). Il ne faut pas l’exagérer avec des comparaisons excessives, mais il est un peu facile de le nier en bloc.

  • « Le rappel des fautes des autres venait simplement en réponse à ceux qui nous dépeignent la ruine de la démocratie et l’installation rampante du despotisme. Quant à « avoir peur« . Cela fait deux ans que l’on nous ressort le coup de la peur. Eh bien, Jeff, si vous avez peur, ouvrez des livres d’Histoire, relisez les auteurs classiques, ça vous renseignera sur la triste normalité de ce genre de choses. »

    D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi il faudrait avoir peur du despotisme. Ouvrez les livres d’histoire et vous verrez qu’il n’a rien d’original. Il y a eu nombre de despotes en France, et il y en a beaucoup à travers le monde. Alors, pourquoi s’affoler?

    On se demande parfois si c’est l’observation des faits qui conduit à la conclusion de normalité, ou si c’est l’hypothèse de normalité qui oriente l’interprétation des faits.

    En militant un peu contre la corruption, tracts à la main en pleine rue, j’avais eu l’occasion d’identifier trois piliers du déni ordinaire :

    1. Ca ne peut pas être si grave que çà, car si c’était grave ça se saurait. Donc, je ne veux rien savoir.

    2. Les « autres » (autres états, autres partis politiques, autres époques…) font (probablement) la même chose.

    3. On n’y peut rien (et conséquence directe : comme on n’y peut rien, on continue de voter pour les mêmes en pensant à autre chose).

    Je vois ces même raisonnements à l’oeuvre dans certains commentaires. Sur ce principe, des corrompus notoires sont réélus ad nauseum.

    @Koz, vos remarques sur la « peur » et « la république en danger » tournent à vide. Peur de quoi? Quels sont précisément les dangers qui, selon vous, n’existent pas?

    @Praxis Vous avez une étrange façon de reproduire l’argumentaire gouvernemental. Il ne faudrait pas refuser l’inacceptable tant que l’on ne propose pas un programme de gouvernement alternatif?

  • Vous en avez de bonnes, Gatien :lol: Vous aurez remarqué que ce n’est pas moi qui la brandit, la peur. Alors, plutôt que de me demander de prouver que des dangers que je ne vois pas n’existent pas, il me semblerait plus pertinent d’espérer que ceux qui l’invoquent la démontrent !

  • Gatien a écrit:

    Vous avez une étrange façon de reproduire l’argumentaire gouvernemental. Il ne faudrait pas refuser l’inacceptable tant que l’on ne propose pas un programme de gouvernement alternatif ?

    ??????????????????????????

    C’est la meilleure celle-là ! Quand on est myope et qu’on veut lire on n’oublie pas ses lunettes Gatien, merci.

  • @Praxis

    Je pensais à çà :

    « on est beaucoup dans la réaction pour chaque nouvelle polémique en oubliant de mettre les événements en perspective et présenter ce qu’on attend d’une alternance, ou d’un autre projet, programme, etc. C’est pourquoi l’argument de la peur, même si je le comprends, est inaudible. »

    Il me semble que vous vous placez dans la position d’un militant de l’opposition et que vous intériorisez en même temps le lancinant couplet de l’UMP « le PS ne propose rien, le PS ne propose rien, le PS… ».

    Mais peut-être qu’à mon tour j’extrapole trop.

    Il me semble en tous cas souhaitable (indépendamment de Sarkozy, je parle là en général) que les citoyens puissent être mobilisés autour de certains principes, et donc s’opposer fermement s’il le faut, en dehors de tout contexte d’alternance politique et toute position partisane.

    Personnelement, donc, je n’ai aucun scrupule à dénoncer Sarkozy sans proposer le moins du monde un programme de gouvernement alternatif. A moins de considérer que la transparence, la justice, et quelques principes constitutionels suffisent à faire un programme…

    Et je m’en vais lire la recette des quiches. ;-)

  • Me faire traiter de militant de l’opposition doit bien faire marrer Koz, Libéral, Tara, Margit, Eponymus et tous ceux avec qui je me frite depuis que je lis ce blog. Je crois que c’est même la pire insulte que j’ai eu à essuyer (pire encore que « Mao de 68″ !).

    Ce que je veux dire est simple : si un candidat se pointe et fait simplement de l’antisarkozysme (le fameux TSS qui rend plus fort), c’est l’échec assuré. Je préfère dénoncer quelque chose de plus global. Sur la critique du sarkozysme, j’ai déjà dit ce que j’avais à dire sur cette note : mépris ou instrumentalisation des institutions et politique économique et sociale inégalitaire.

    Maintenant je pense qu’en l’état de nos institutions, tout le monde fera la même chose (et ça me désole). Le prochain opposant qui arrive avec cette critique devra aussi aligner ses propositions pour une réforme des institutions et un renforcement des contre-pouvoirs qui feront barrage à une instrumentalisation du pouvoir à des fins de clan, de personne, d’égo ou que sais-je encore.

  • Pingback: Zapping 9 : CV, IVG, NKM … et Jean Sarkozy « Media, High-Tech, Sport… Mon chien et moi!

  • Et alors, maintenant que le Fils à reussi l’exploit de rentrer en politique, en ayant entendu l’Esprit Saint (qui cette fois ne s’est pas exprimé via le gouvernment, mais via la presse et internet, haut et fort) a pu convaincre le Père (à moins que ce ne soit le conraire) qu’il avait plus à gagner en renonçant qu’en y allant, que va dire M. Mougeotte ?

    En tout cas, ce qu’ils on fait, les Sarkozy, est très fort, et je pense que Jean à reussi son entrée dans la vie publique à 23 ans, non pas aux noces de Cana mais au conseil de l’EPAD : il a transformé une tentative scandaleuse de favoritisme en glorieuse maturité de celui qui sait écouter et apprendre.

    Il s’est sauvé.

    (même si je crois que cette casserole, s’il vait été au bout, ne l’aurait pas empéché de faire carrière, l’histoire récente de notre démocratie est pleine des ces come backs, de Juppé aux Balkany, en passant par Tapie et DSK … )

  • C’est d’autant plus fort que sur un strict plan statutaire, JS a plus de pouvoir effectif en tant qu’administrateur qu’à la présidence de l’EPAD. Voilà où mène l’anti-jeansarkosisme primaire.

  • Hélas Koz, vous êtes anachroniques.

    Dans de ce moyen-âge médiatique qui est à le nôtre, seul compte l’impact (« matraquage) » médiatique compté en Unité de Bruit Médiatique (UBM).

    Le reste ( gauche-droite, Faits – opionions, Obama-Poutine, France d’en haut-France d’en bas) = Peanuts.

  • Voilà deux positions qui ne contredisent absolument pas mon analyse, bien au contraire.

    Sur la pratique du pouvoir et des institutions : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/28/dominique-de-villepin-veut-conjurer-le-mal-francais_1259640_823448.html

    Sur la politique économique et fiscale : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/19/01002-20091019ARTFIG00265-la-fiscalite-au-c339ur-de-la-strategie-hollande-.php

    Les futurs opposants à NS ont plus à proposer qu’une opposition bêtement TSS, qui se retourne à chaque fois contre ses instigateurs. La fin de la récré se serait plutôt aux français de la signifier à un gouvernement très loin de faire la preuve de son efficacité…

  • @ Praxis:

    Quand je vois le pantin Villepin s’agiter, je trouve bien mineurs les défauts de notre NS.

    A droite, vraiment, il n’y que lui mais attention à l’essoufflement qui le guette, à faire la course en tête il risque l’épuisement !

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