Contre le fanatisme, la Sorbonne. Toute la Sorbonne.

De Conflans-Sainte-Honorine, j’ai l’image apaisée d’un petit port fluvial en contrebas de la route, de la capitale de la batellerie. Conflans-Sainte-Honorine, c’est une première étape vers le grand air. Il aura fallu l’assassinat de Samuel Paty pour que se dissipe dans le sang l’illusion que la gangrène islamiste qui frappe des villes voisines ne la touchait pas également. Là aussi, donc. Si proche. Mais est-ce surprenant : des individus radicalisés n’ont-ils pas été arrêtés dans une cité à moins d’un kilomètre de chez moi ? Le choc, donc, comme tout le monde et peut-être un peu plus encore par ma proximité avec le corps enseignant.

Et l’interrogation : comment nous en sortirons-nous ?


Par-delà la réponse sécuritaire, et au-delà des caricatures…

Il faudra une réponse sécuritaire, dont je doute qu’elle passe par l’écriture de nouveaux textes de loi. Ils ne sont souvent qu’autant d’effets d’affichage exonérant nos pouvoirs politiques d’une action concrète. Mais il faudra qu’elle intervienne.

Emmanuel Macron n’a pas tort de le dire, et il n’est pas le seul : si ce n’est pas l’Etat qui agit, un jour ce seront les milices. C’est à l’évidence une hypothèse qui doit être prise au sérieux, et les responsables de nos services de renseignement l’ont déjà très concrètement évoquée. On apprend aussi avec une surprise certaine, en même temps que sa dissolution, qu’un collectif pouvait encore se nommer Cheikh Yassine dans notre pays. Pour autant, la dissolution d’une association n’a jamais éradiqué sa pensée.

Il faut à l’évidence traiter avec constance et intransigeance les fanatiques islamistes comme les ennemis de notre pays qu’ils sont, et frapper comme nous l’aurions fait au cours de n’importe quelle guerre pour n’importe quel ennemi sur notre sol.

Mais si la réponse sécuritaire est indispensable, elle est aussi insuffisante. Si l’on me permet de poursuivre la comparaison avec la guerre : il en est un peu de même ici et avec les victoires militaires quand elles ne s’accompagnent pas de victoires politiques.

Or, au risque de prendre à rebours un mouvement qui semble unanime (à tout le moins lorsque l’on observe la presse et qu’on lit les réactions de journalistes, militants, intellectuels sur les réseaux) et d’assumer les assauts convergents des uns et des autres, je ne suis pas convaincu par l’approche frontale très majoritaire. Elle bénéficie de la rencontre de ceux qui voudraient éradiquer l’islam et de ceux qui voudraient éliminer les religions, en même temps que de ceux qui voudraient que l’islam ne soit pas l’islam, et c’est peut-être cette convergence de talents ce qui justifie la réserve.

Cette logique de confrontation, implicite mais à l’œuvre, me paraît vouée à l’échec et à l’affrontement. A supposer encore que cela soit souhaitable, non, je ne pense pas que l’on puisse ambitionner sérieusement d’extirper la religion de l’âme humaine ou l’islam du cœur des musulmans. Refuser par principe de penser, pour les besoins du raisonnement, comme son interlocuteur ne peut que nous empêcher de trouver la racine du problème (étant entendu que l’interlocuteur, ici, n’est pas le fanatique). Là aussi, l’empathie est indispensable.

Alors, disons-le clairement : la republication effrénée des caricatures de Charlie Hebdo me paraît une réponse bien courte et bien fausse. C’est un cri de liberté légitime après une telle attaque contre les valeurs qui nous sont chères, dont la liberté d’expression, qui comprend celle de critiquer toutes les religions. Mais n’avons-nous vraiment à notre portée, dans tout ce que la civilisation occidentale a pu susciter, après tant de siècles de production artistique, théologique, philosophique que l’image de Mahomet à genoux, l’anus en étoile et les couilles à l’air, pour répondre ?

Je m’explique, parce que non, cela ne signifie pas qu’il serait, pour moi, interdit de dessiner des caricatures sur l’islam et Mahomet (la preuve ci-contre). Pas plus que, bien évidemment, mon propos serait de ménager les fanatiques.

Mais les caricatures de Charlie Hebdo sont en passe d’être républicainement sacralisées. Charlie et ses caricatures sont de facto panthéonisés et leur acceptation est perçue comme un préalable pour vivre dans notre Cité. Ceux qui ne sont pas Charlie sont les nouveaux blasphémateurs. Or, je crois que l’élévation de ces caricatures au rang de totems républicains a, pour nombre de musulmans aujourd’hui, pour effet de rendre l’approbation même de ces caricatures comme une condition d’adhésion à la République. Quand on s’offusque de la réticence de musulmans à endosser le Je suis Charlie, peut-être pouvons-nous comprendre que pour beaucoup il ne s’agit pas seulement de dire par là Je suis Français et approuve liberté d’expression, mais j’approuve ces caricatures ?

Or, je pense que c’est une approbation impossible.[1] On demande aux musulmans de considérer comme bonnes – au sens du Bien – des représentations obscènes de Mahomet (même si elles ne le sont pas toutes). Quand bien même ils tairont leurs réticences, le conflit de loyauté ne s’éteindra pas et la tentation séparatiste ne s’effacera pas. Cela n’implique pas qu’un musulman « ordinaire » approuve alors la violence, mais je crains fort que cela n’entretienne bien souvent la fracture latente déjà à l’œuvre. Plus encore, je crains que nous ne rendions plus attirantes les positions radicales.

Je lisais sur Twitter que « la question n’est pas de savoir ce que l’on pense des caricatures. » Je suis loin d’en être certain. Je pense que, plutôt que de les sanctuariser, il faut assumer parfois de dire que ces caricatures ne sont pas la fine fleur de la République, qu’elles sont choquantes, souvent ordurières, souvent scabreuses… ce qui ne suffit pas à leur interdire d’exister. [2]

… Toute la Sorbonne, dont la théologie.

Aussi, plutôt que de se satisfaire du soulagement passager que procure la republication compulsive des caricatures, passons à l’étape ultérieure. Convoquons ce que la civilisation occidentale a produit de plus beau, de plus grand, de plus glorieux, en philosophie comme en théologie !

L’hommage national à Samuel Paty est rendu à la Sorbonne et nombreux sont ceux qui saluent ici la France des Lumières. N’oublions pas que si la Sorbonne est le symbole par excellence de l’intelligence française, elle fut aux commencements une faculté de théologie ! La Sorbonne, à laquelle il sera aussi rendu hommage, tient son nom de Robert de Sorbon, prêtre et théologien, dont le souci fut notamment de permettre l’accès au savoir des élèves pauvres. Et il en faudrait peu pour penser que ceux-ci, aujourd’hui, sont les premiers candidats à la radicalisation.

Je ne peux ici que me référer au livre d’Adrien Candiard, islamologue dominicain, Fanatisme – Quand la religion est malade, et à son hypothèse, à laquelle je souscris. Nous ne pouvons pas continuer d’agir comme ces fameux trois singes qui croient que ce qu’ils n’écoutent pas, ne voient pas, ne disent pas, n’existe pas. Nous ne pouvons pas continuer à discréditer l’approche théologique de la religion. Nous ne pouvons pas imaginer répondre au fanatisme si nous disqualifions d’emblée l’univers mental d’un croyant.[3]

Le propos d’Adrien Candiard est notamment abordé dans les entretiens qu’il a donnés au Monde ou à La Croix[4]. Il faut s’y reporter, ainsi qu’à son essai qui débute sur le cas effroyable d’un épicier pakistanais de quarante ans installé à Glasgow, assassiné en 2016 pour avoir posté sur son compte Facebook ce message : « Joyeuses Pâques à mes chers concitoyens chrétiens ! » Ainsi débute son questionnement, face à une réaction a priori inaccessible à la raison.

Sa volonté est ainsi de répondre par la théologie à un errement théologique. Car, comme il l’exprime en introduction, et sans exclure les approches sociologiques ou psychologiques, « c’est précisément cette exclusion de la théologie, c’est-à-dire d’un discours raisonné et critique sur la foi et sur Dieu, qui favorise le fanatisme. Elle seule peut prendre au sérieux ce que le fanatique dit de ses propres motivations, sans réduire ce discours au symptôme délirant d’une autre cause plus profonde. »

Et son hypothèse est que le fanatisme ne relève pas avant tout, comme on le soutient ordinairement, d’un excès de religion mais d’une absence de Dieu. Il conduit à constituer des idoles qui ne sont pas étrangères à Dieu, mais qui ne sont pas Dieu, telles que les commandements ou, pour prendre un exemple dans le christianisme, la liturgie voire… son identité. Il faut ici citer son propos dans La Croix, tant il me semble bien davantage de nature à éclairer un croyant tenté par la violence, que quelque caricature que ce soit : « Tuer quelqu’un pour ses opinions est à l’évidence un comportement fanatique. Et puis, prétendre « venger Dieu » est une manière de le réduire à bien peu de chose. Elle relève d’une vision de Dieu tellement étriquée qu’elle n’a rien à voir avec Dieu et beaucoup plus avec une identité offensée dès lors que l’on « offense l’islam ». Cela revient à remplacer Dieu par soi-même en sacralisant sa propre identité, en absolutisant sa propre susceptibilité. »[5]

Contre toutes les apparences et les certitudes acquises, on pourrait presque trouver un point commun, pour des raisons opposées, entre la France républicaine et le fanatisme musulman : son rejet de la théologie. Rejet de principe dans les deux cas, pour l’un pour son incompatibilité supposée avec « Les Lumières » et pour l’autre, parce que l’on ne pourrait rien dire de Dieu.

La crise que traverse aujourd’hui l’islam sunnite, dont le terrorisme n’est qu’un des aspects les plus visibles, tient très largement au succès de plus en plus large, et rarement conscient, de cette théologie du refus de la théologie, cette théologie qui pense l’inutilité de la théologie. Cette théologie dont Dieu est absent, sauf sous la forme de commandements.

Adrien Candiard, Du fanatisme – Quand la religion est malade, Editions du Cerf, p. 38.

Notre pays a changé et nous le devons aussi. La société française doit comprendre que la laïcité n’est pas l’athéisme, qu’il ne suffit pas d’exclure la religion de son horizon intellectuel pour que les croyants cessent d’exister. Si l’ennemi est bien le fanatisme, et non le musulman ou le croyant, alors nous devons dépasser les slogans et les caricatures, répondre avec les merveilles que la civilisation occidentale a su produire, et oser réinvestir ce champ méprisé qu’est la théologie. Qu’importe si ça chatouille, c’est indispensable.

  1. On peut me rétorquer que l’on attend bien des catholiques qu’ils acceptent les caricatures fréquemment ordurières publiées par Charlie Hebdo mais la situation me paraît différente : quels que soient nos malaises actuels, les chrétiens ne peuvent entretenir aucun doute quant à leur place sur la terre de France. []
  2. Ceux qui verraient dans mon approche une simple solidarité de religieux pourront peut-être lire, ici et puis là aussi, ce que j’écrivais à ceux qui voulaient en 2011 que nous allions à l’affrontement, « l’honneur du Christ nous y obligeant », face aux pièces Sur le concept du visage du Seigneur et Golgota Picnic ou au Piss Christ []
  3. J’invite aussi mes lecteurs à lire ce que disait à cet égard Noémie Issan-Benchimol sur Twitter, juive, et diplômée en Philosophie et Etudes Hébraïques de l’Ecole Normale Supérieure et notamment ceci : « Ce qui est poursuivi, chassé, ou même disqualifié publiquement par l’autorité de l’Etat devient de facto au niveau du vécu résistance. Ca peut même être vécu religieusement comme une épreuve, la joie d’y résister est alors encore plus grande. » []
  4. et vous me permettrez de relever ici une phrase de sa part, qui vient chez moi comme un écho à mon refus de considérer ma propre foi sous une approche identitaire : « C’est en tant qu’elle est opinion qu’une croyance religieuse peut-être discutable, qu’elle touche à l’universel. Notre approche héritée des Lumières, en cherchant à éviter des discussions dangereuses sur les questions religieuses, a rejeté la religion sur la seule identité, qui elle est indiscutable, et se trouve parfois sacralisée, posée commun un absolu. » []
  5. Voir note 2, sur « l’honneur du Christ », d’ailleurs. []

Auteur

Père, époux, fidèle à divers titres, je suis aussi... avocat, auteur (Ca ira mieux demain, 2015; Identitaire - Le mauvais génie du christianisme 2017), et chroniqueur à La Vie.

26 commentaires

  • Tu dis : « chaud patate ». C’est bien cela qui est inquiétant. Car tout ce que tu dis et ce que dit Candiard est juste.

    Un pays où de tels propos soulèveront probablement des réactions indignées est un pays bien malade.

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    • C’est pour l’instant encore assez calme. Peut-être la longueur du billet est-elle dissuasive et les éventuels contempteurs n’ont-ils pas lu ce qu’ils devraient… contempter.

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  • Churchill disait : « in war: resolution, in defeat: defiance, in victory: magnanimity, in peace: goodwill ».

    Si nous sommes en guerre, le temps est à la résolution. La magnanimité viendra quand nous aurons gagné, et nous en sommes loin.

    Je te rejoins pour penser que la solution ne nécessite pas par la disparition de la religion ni même de l’islam. Je connais suffisament de musulmans paisibles pour savoir que l’islam n’est pas incompatible avec la paix.

    En revanche, il me paraît évident qu’il y a un cancer au sein de l’islam et qu’une trop grande proportion des musulmans en sont atteints. Il va falloir qu’on définisse précisément ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. On ne sera pas aidés par les gauchistes pour qui les actes ne comptent pas, seuls comptent les statuts. Il faudra se libérer de leur influence culturelle, il y a du boulot.

    Je te rejoins aussi en partie sur les caricatures. Leur publication par les autorités est selon moi une erreur. Contrairement à toi, je ne pense pas qu’on demande aux musulmans de trouver ces caricatures bonnes. On leur demande de trouver bon le fait qu’on ait le droit de les dessiner et les publier. Tout comme nous trouvons bon le fait d’avoir le droit de réaliser « Piss Christ ». Publier ces caricatures sur le mur d’une mairie, c’est comme exposer « Piss Christ » dans un lieu subventionné. C’est non seulement demander la tolérance mais exiger l’adhésion. Ca ne marchera pas.

    Bien sûr il faut noter que personne n’a été décapité à cause de « Piss Christ ». Il y a un problème spécifique avec l’islam, avec une partie significative des musulmans. On ne le traitera pas en se planquant derrière la laïcité. Tout ce qu’on fait au nom de la laïcité retombe sur la gueule des juifs et des chrétiens, à cause des gauchistes pre-cités.

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    • Il faut distinguer les audiences. Comme toi, je ne trouve pas de place à la magnanimité à l’égard des fanatiques, et je pense même que nous devons être en lutte contre le salafisme quand bien même il s’agirait de sa frange quiétiste. En revanche, comme tu le dis aussi, je connais assez de musulmans paisibles pour penser que l’islam n’est pas incompatible avec la paix. Contrairement à ce que certains me rabâchent, je ne crois pas qu’un musulman non violent ne se conforme pas réellement à l’islam. Je pense même particulièrement dangereux de le prétendre, puisque cela revient en somme à considérer qu’il n’y a qu’un islam possible, celui des islamistes.

      Après, sur la publication des caricatures, je pense que c’est beaucoup demander que d’escompter d’une « foule » – de surcroît proportionnellement souvent moins instruite (tant pis si on me reproche de dire cela) – qu’elle opère la distinction entre le fait d’approuver le droit de dessiner des orduriers de Mahomet et celui trouver juste ces dessins. Je crois que, pour beaucoup, ces dessins les révulsent trop pour les autoriser à faire cette distinction. Et d’un certain côté, je crois aussi qu’on leur demande d’approuver le droit de les insulter. Car si la caricature que j’ai reproduite me semble intéressante, distinguer la limite entre d’autres caricatures et l’injure demande une bonne volonté juridique certaine.

      Alors, soit, certains abandonneront l’idée de dire que ces caricatures les blessent, et qu’ils trouvent injustes qu’on les publie. Ils ne le diront pas, mais ils le penseront toujours.

      Bref, il me semble utile de prendre en compte la perception du débat par les musulmans de bonne volonté (j’entends par là qu’évidemment, je me moque de ce qu’en pensent les fanatisés).

      En ce qui concerne ta dernière remarque, j’en suis bien d’accord et on le voit ces jours-ci : pour évoquer le seul vrai problème qui se pose, nombre de medias se croient obligés d’élargir aux chrétiens, évangéliques en premier lieu, catholiques ensuite. En revanche, je ne suis pas certain d’apercevoir la solution. Notre système de droit ne nous autorise pas à traiter différemment les religions (sauf à la marge, quand le Conseil d’Etat prend en compte les traditions établies). Il me semble pourtant que nous devrions pouvoir différencier la réponse. Peut-être y-a-t-il une piste dans le fait de traiter les comportements, et non leur inspiration ?

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      • Peut-être y-a-t-il une piste dans le fait de traiter les comportements, et non leur inspiration ?
        Il me semble bien. Revenir aux bases de l’état de droit. Juger les actes et non les statuts. La justice aveugle qui refuse de distinguer les couleurs de peau, les religions, les métiers, les classes sociales. Ce qui n’interdit pas bien sûr d’individualiser la peine, de tenir compte des circonstances spécifiques.

        Mais ce bel idéal est en opposition frontale avec l’agenda des gauchistes pour lesquels l’individu n’existe pas, seul compte la catégorie. Le pauvre, le noir, le musulman sont ontologiquement victimes et à ce titre bénéficient de circonstances atténuantes sans fin. Combien de fois a-t-on entendu « s’il font ça c’est que la société les rejette » jusqu’à « faut-il qu’ils soient désespérés pour en être réduits à agir de la sorte! »

        L’inversion accusatoire est totale. Ils refusent d’envisager que si la société rejette une personne c’est précisément à cause de son comportement, des millions de personnes appartiennent d’ailleurs à la même catégorie et ne sont pas rejetés.

        Le simple fait de critiquer ou juger un membre de la catégorie est la preuve d’une discrimination. On l’a vu avec la clash récent de Bruckner et Diallo. Le fait qu’il attaque une femme, noire, musulmane est pour ces gens la preuve de sa misogynie, son racisme et son islamophobie. Aucun argument n’est nécessaire.

        Ces gens refuseront toujours de juger de la même façon un catholique et un musulman pour les mêmes actes. Ils ont un contrôle écrasant sur les media, l’éducation, le monde académique. On l’a vu avec le grotesque tweet (effacé depuis) de France Culture qui illustre une interrogation sur la resurgence du blasphème par une photo des années 80 représentant une poignée de manifestants catholiques protestant contre les insultes au Christ.

        Oui, je suis convaincu que la solution passe par un retour aux lumières. Mais pour cela il faudra vaincre les obscurantistes.

    • Vraiment en accord avec l’entièreté de ce billet, merci beaucoup.
      Ces caricatures ciblent un public adulte, elles doivent pouvoir exister, et on n’est pas obligé d’imposer leur obscénité à des enfants sous prétexte de leur parler de la liberté d’expression. Il doit y avoir d’autres moyen de capter leur attention et de former leur esprit. Une caricature n’est pas républicaine en soi, encore moins sa lecture, c’est juste le droit de la produire qui est républicain.

      Je rebondis sur le thème plus large de la laïcité, évoqué à la fin du commentaire de Lib et de celui de Koz, même si cela écarte un peu du strict sujet du billet. Ce point me tracasse beaucoup.
      (Lib) « … Il y a un problème spécifique avec l’islam, avec une partie significative des musulmans. On ne le traitera pas en se planquant derrière la laïcité. Tout ce qu’on fait au nom de la laïcité retombe sur la gueule des juifs et des chrétiens, à cause des gauchistes pre-cités. »
      (Koz) « … pour évoquer le seul vrai problème qui se pose, nombre de medias se croient obligés d’élargir aux chrétiens, évangéliques en premier lieu, catholiques ensuite. En revanche, je ne suis pas certain d’apercevoir la solution. Notre système de droit ne nous autorise pas à traiter différemment les religions »
      Justement, concernant les réponses possibles aux problèmes civiques posés par l’Islam, il me semble qu’un billet publié sur ce blog, à l’époque des querelles sur le burkini, avait proposé une voie astucieuse : Koz proposait de ne pas penser les choses en terme de laïcité, mais en terme d’ordre public. En gros, tant que le burkini n’est pas vécu comme un acte provocateur et tant qu’il ne cause pas de bagarres sur la plage, on se permettra de l’ignorer, chacun s’habille comme il veut. (Corrigez-moi si j’ai mal mémorisé le propos du dit billet).
      Sur la question du voile, pourquoi ne pas faire semblant d’ignorer qu’il s’agit d’un vêtement religieux, en théorie l’état laïc s’en fiche, et en revanche soyons intraitable avec toutes les sortes de « provoque » amenant des soucis d’ordre public. Est-ce que cela pourrait répondre à toutes les situations ? Est-ce que ce concept juridique couvrirait un large spectre des situations problématiques ? Je ne sais pas, je ne suis pas juriste. Mais à l’époque du dit billet cela m’avait paru astucieux.
      Si je prends l’exemple récent de la représentante de l’Unef qui s’est présentée voilée à l’assemblée nationale, il est clair en théorie que son voile n’est pas plus à bannir que la calotte ou la croix d’un évêque invité dans le même lieu. Mais au fond, l’Unef n’avait-il pas déjà posé suffisamment de problèmes d’ordre public à Tolbiac, avec les millions de dégâts qui avaient résulté de leurs outrances, pour que cette association, cette personne, soit tout simplement persona non grata dans le cadre d’une consultation à l’assemblée ? On consulte un citoyen, pas un hors la loi.
      Dans le cas du fameux séparatisme de Macron, qui tire prétexte des écoles coraniques pour serrer la vis à toutes les écoles hors contrat et à tout enseignement en famille, il me semble que des inspections régulières (ces inspections sont courantes dans les écoles hors contrat) devraient pouvoir détecter facilement les contenus d’enseignement problématiques par rapport aux droits et devoirs du citoyen, et ainsi cibler les interdictions et dissolutions en fonction de la compatibilité de ces enseignements avec nos lois, sans avoir besoin d’impliquer aucune référence à la laïcité. L’enseignement de la charria n’est-il pas une question de droit avant même d’être une question religieuse ?
      Lorsqu’on prend des mesures contre la mosquée de Pantin, c’est bien à cause des discours haineux et violents des imams dont les exhortations représentent un risque pour l’ordre public et la sécurité, ce n’est pas du fait qu’ils sont de nature religieuse ni parce qu’ils contreviennent à la laïcité. Il y a je crois une exigence du droit qui interdit un propos politique dans un lieu de culte, et là en effet c’est en rapport avec la laïcité. Mais nous n’avons pas besoin la laïcité pour bannir la violence.
      Une jeune fille tondue parce qu’elle fréquente un gars hors de la communauté musulmane, eh bien ignorons que la motivation de la famille est d’ordre religieux, et appliquons simplement le droit sur la maltraitance ou tout autre concept du droit adapté à la situation.
      Un autre épisode concernant le port du voile avait été débattu au fil des commentaires de ce blog : il s’agissait de la querelle de la crèche de Chanteloup-les-Vignes il y a quelques années. Sur ce point, je crois me rappeler que Lib avait évoqué le droit que l’on reconnaît à un employeur de définir la charte de son entreprise et ses critères d’embauche. (J’espère avoir bien mémorisé le propos). Une compagnie aérienne n’embaucherait pas comme hôtesse de l’air une personne de 110 kg, pareil pour une serveuse dans un restaurant étoilé, c’est triste mais c’est communément admis, sans doute au titre de l’image de marque. La direction d’une crèche ne peut-elle pas décider, au titre de son projet pédagogique, qu’au sein de cette crèche les enfants doivent pouvoir voir le visage et la tête des éducatrices et du personnel ? La crèche voisine peut parfaitement décider l’inverse si son projet pédagogique se définit autrement. En quoi serait-ce une question de laïcité ?
      Dans le même registre des règlements et critères internes, une piscine peut édicter un règlement motivé par l’hygiène concernant le vêtement de baignade. Rien à voir avec la laïcité.
      Dans ces deux derniers exemples, on ne bannit pas le vêtement religieux a priori, mais on laisse les acteurs s’entendre entre eux, selon les circonstances et selon leurs motivations privées, sur d’autres critères que celui de la religion. Ignorer les choix de vêtements dans la rue avec une indifférence totale, tout en laissant les lieux privés définir leurs propres exigences motivées. Les radicaux islamistes ne pourraient plus prétendre que le vêtement est ostracisé a priori (ce qui les induit à se servir du vêtement comme marqueur et comme provocation), et surtout on esquiverait le chantage qui consiste à mettre en balance les traditions religieuses de la terre d’accueil.
      J’espère que les personnes compétentes dans ce pays pourront nous éviter le piège de la laïcité.

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  • merci.

    Je ressens aussi confusément, dans l’absence de theologie, le refus de comprendre l’islamiste là où il est. La force des AA, c’est de prendre en compte l’alcoolisme comme une réalité . Le (juste) combat de la République contre les fanatismes me semble limité par son incapacité à intégrer le fanatisme comme une réalité de l’identité profonde de certains. Je ne vois pas de « victoire » possible sans empathie pour ses ennemis, en niant leur humanité.

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    • Oui. Je crains qu’une part non négligeable de la société française ne s’aveugle volontairement par son rejet de la religion, de toute religion. C’est une fois encore une mauvaise compréhension de la laïcité, qui ne suppose pas d’occulter les religions. Ce faisant, nous nous interdisons de comprendre, et de traiter le problème.

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  • 100% d’accord !
    Je n’en peux plus de ces caricatures, vulgaires et obscènes, quel que soit le sujet.
    La perspective qu’elles soient à nouveau publiées et diffusées dans les établissements scolaires me sidère.
    La liberté d’expression peut être traitée de bien d’autres manières que ces outils grossiers.
    Et il ne faut pas oublier que loin de la France, des amalgames sont faits et des chrétiens peuvent payer de leur vie des publications inconséquentes…

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  • Merci de votre réflexion qui apporte enfin une ouverture par rapport à l’unanimité entendue sur les médias…. j’ai en effet du mal à glorifier de tels dessins, appropriés dans un journal satirique mais complètement déplacés sur tant d’autres supports…

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  • J’ai reçu le lien suivant:

    http://plunkett.hautetfort.com/archive/2020/10/17/apres-l-atrocite-de-conflans-quelques-suggestions-6270564.html?fbclid=IwAR3UAVeO10XMcTPbGf-5pxrieUqt8t54JNnt-ONqidoDKT6Qwpz-5kpR_E8

    Je l’ai montré à quelques personnes autour de moi et les réactions ont été binaires: pas de réactions, silence ou alors condamnation sans détour de qu’a écrit Plunkett avant même d’avoir fini la lecture de son article.

    Pourrons-nous débattre de ce qu’il faut faire pas faire dire pas dire dessiner pas dessiner?

    Allons-nous parvenir à ne pas nous ex yougoslaviser ? libaniser?

    Allons nous recommencer une nouvelle forme de guerre d’Algérie?

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  • Je suis solidaire avec les Français dans ce drame et j’espère qu’ils puissent avancer pour trouver des solutions. Ma femme me demandait à quoi cela avait servit de provoquer les musulmans en ressortant les caricatures. Je lui ai dit que cela nous avait permis de savoir avec certitude ce qui se passe dans notre société quand on fait ce genre de choses, seulement que le prix à payer pour cette information avait été beaucoup trop élevé. Il vaut mieux s’écraser et fermer sa gueule. Ma femme n’a pas aimé cette réponse car elle est pour une politique de compromis et de tolérance, mais en même temps elle refuse qu’on lui impose une culture qui n’est pas la sienne.

    Hier j’ai fait l’objet d’un sondage téléphonique de Gallup Polls sur des thèmes de société. Le genre de questions : est-ce que la qualité de vie pour vous se dégrade, reste la même ou augmente ? est-ce que dans votre pays les homosexuels sont discriminés ? est-ce que les immigrants sont discriminés ? est-ce que vous faites confiance aux médecins ? à la science ? Est-ce que votre revenu a diminué, est le même ou a augmenté à cause du Covid-19 ? A un moment donné ils vous posent un certain nombre de questions avec le format suivant : Vous gagnez 1000 euros, mais vous devez les répartir entre deux personnes qui ont le même revenu (vous ne pouvais rien garder pour vous). Ils vous proposent plusieurs cas entre deux personnes ; une dont vous savez ses caractéristiques et une autre dont vous ne savez rien du tout. Combien donneriez vous à la première personne qui est de même origine ethnique que vous et à l’autre dont vous ne savez rien sur son origine. Une qui habite dans votre pays et une autre dans un autre pays sans savoir lequel. Et ainsi de suite. A ce stade vous vous dites qu’il serait mieux de raccrocher, mais vous pensez que le jeune homme au bout du téléphone doit aussi gagner sa vie, donc vous répondez. Je n’ai pas d’autre choix que de répondre que 500 pour l’un et 500 pour l’autre à tous les cas de figure. Sauf que quand il me demande ce que je ferais si la première personne était de la même religion que moi et l’autre de religion inconnue. Je lui ai dit que je donnerais 900 à celui qui est de ma religion. Je suis un horrible discriminateur !

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    • Intéressante anecdote. Les mecs nous forcent à raisonner en catégories. Personne ne prend de décision pareille à l’aveugle en connaissant uniquement la catégorie à laquelle appartiennent les gens. Dans la vraie vie on décide en fonction des qualités humaines et des actions des gens.

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  • Merci !

    Pour beaucoup ce discours restera inaudible tant que le bruit de fond les empêchera de réfléchir.

    Conséquence de cette absence de Dieu dans la laïcité comme dans le fanatisme religieux : le relativisme intellectuel qui mène au dialogue de sourds ou à l’impossibilité de dialoguer.

    Pas de lumières (majuscule?) sans source.

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  • Je partage tout à fait votre réserve sur les caricatures dans le sens où elle sont moches et vulgaires et qu’il est bien dommage de les ériger en emblème de notre civilisation alors qu’elle n’en sont qu’un sous-produit, qui devrait être jugées pour ce qu’elles sont, des choses pas très intéressantes. Or si elle sont notre emblème, comme vous le dites justement, les musulmans n’y adhèreront jamais car insulter le prophète ne peut pas être leur horizon et c’est bien compréhensible. Je n’ai pas de sympathie pour l’Islam mais personnellement je suis choqué que ce professeur ait montré ces caricatures en classe après avoir proposé à certains élèves de sortir. Il n’est pas normal que des élèves aient à sortir d’une salle de classe et/ou il n’est pas normal de montrer quelque chose de choquant dans une classe. Les caricatures de Mahomet sont choquantes (tout comme étaient choquantes les caricatures de Pénélope Fillon, dans un contexte complètement différent mais cela montre bien que ce type de caricatures est choquant par nature), elles n’ont pas leur place à l’école. Leur place est dans ces journaux satiriques et elles doivent y rester. Il y a bien d’autres façon de parler de la liberté d’expression. Alors bien sûr il en est mort donc ce débat est maintenant dérisoire.

    En effet le fanatisme est probablement dû à un refus de théologie mais cela peut il être autrement avec l’Islam ? Le catholicisme a 2000 ans de tradition, encadrée par les papes qui se sont succédés mais l’Islam n’a pas cela. Chacun peut faire son exégèse dans son coin mais il n’y a pas de raison qu’elle soit acceptée par les autres. C’est une religion littéraliste et il n’y a pas de raison qu’il en soit différemment. Le Coran est incréé, il n’y a pas de débat et personne pour l’encadrer s’il y en avait un.

    Et puis vous dites la religion n’est pas identitaire. En effet chez nous elle ne l’est pas. Je me sens plus proche d’un français protestant ou agnostique (et d’ailleurs le plus souvent j’ignore qu’il est protestant ou agnostique) que d’un polonais catholique ou même qu’un belge catholique. Mais en orient, c’est différent. La religion fait l’identité. Là-bas les états-nation (multi ethniques comme la France ou le royaume uni) n’existent pas ou existent faussement. Ce sont des constructions occidentales. Le brassage des populations a été aussi important que chez nous en Europe donc les gens bien souvent ne se reconnaissent plus par des origines ethniques mais par la religion. L’islam est resté une religion orientale, tout comme le judaïsme mais les deux n’ont pas le même rapport au « vivre ensemble ».

    et puis je lis dans les commentaires : il y a des musulmans paisibles donc il y a un islam paisible. bien sûr il y a tout les degrés dans tout. le musulman est un homme donc il peut être paisible, gentil, poli mais aussi orgueuilleux, méchant, hyprocrite… comme sont tous les hommes. Par contre l’islam est l’islam, il y a des textes plus ou moins clairs selon les sujets. ceux qui ont inspiré l’auteur des faits de Conflans sont clairs.

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  • Je partage tout à fait cette analyse juste et mesurée qui, si elle est lue complètement ne laisse aucune place à l’ambiguïté. C’est bien de s’être appuyé sur le Père Adrien Candiard, ce jeune dominicain du Caire que tous les chrétiens devraient lire, mais pas seulement pour ses livres qui traitent de l’Islam. « A PHILEMON – Réflexions sur la liberté chrétienne » est à conseiller pour nous aider à aller à l’essentiel !

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  • Une autre tribune excellente et très juste :
    Terrorisme islamique : l’impasse du droit au blasphème
    Guillaume de Prémare
    La guerre contre le terrorisme islamique se heurte à une impasse, si elle se mène au nom d’une sacralisation laïque du droit au blasphème. La fermeté dans la sécurité doit s’accompagner d’une bataille culturelle positive.
    https://fr.aleteia.org/2020/10/23/terrorisme-islamique-limpasse-du-droit-au-blaspheme/

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  • Bonjour Koz,

    D’accord avec toi : certaines de ces carricatures sont d’un mauvais goût indéfendable, et je ne sais pas si elles sont toutes appropriées à montrer à l’école, même à des adolescents qui en ont vu d’autres sur internet.

    Mais je pense que la liberté de débattre et de choquer en général doit être défendue, et on peut choquer très vite une personne qui a une conviction forte de détenir la vérité, que ce soit en politique ou en matière religieuse. Il y a peut-être 150 ans, un livre d’un scientifique contestant l’historicité du personnage de Jésus (théorie qui je crois tiens la route) aurait très probablement été interdit.

    La tendance à ne choquer personne ne concerne d’ailleurs pas que les religions, mais aux Etats-Unis, il y a aussi un politiquement correct qui en vient à ne pas pouvoir dire que les obèses sont des malades, devraient marcher plus et arrêter de boire du soda.

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  • Allons bon! Voilà que maintenant vous acceptez de publier un message estimant que la thèse contestant l’historicité de Jésus tiendrait la route (!!!)
    fFichtre!!! Vous avez beaucoup évolué

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  • Bonjour,
    Très beau texte . J’adhère totalement à cette position qui me semble être un juste équilibre pour un chrétien . Non , la projection des caricatures sur les façades des monuments, telle que l’a organisée la région OCCITANIE n’est pas une réponse totalement appropriée, même si elle est compréhensible ( je note cependant que le choix des dessins était correctement fait ) .
    Mais je crains que votre position balancée et argumentée soit difficilement audible au delà d’un cercle restreint d’initiés.
    Oui , il faut défendre le droit à la caricature y compris pour sa propre religion .
    Non , on ne doit pas blesser les personnes qui ont des convictions .
    L’appel à la théologie est juste , mais les religions s’appuient quelquefois ( souvent ? ) sur des sentiments , sur un besoin «  d’être au chaud » dans un groupe , dans une tradition , dans un modèle social statique.
    L’église catholique qui est en train de se retrancher ( se barricader ..) derrière un quarteron de prêtres défenseurs d’un ordre social passé doit regarder en face cette question . ( je notais, il y’a quelques jours , la disproportion du nombre de prêtres issus de l’ancienne noblesse … si vous ajoutez quelques arrondissements parisiens … ) . L’église ne peut pas se limiter aux versaillais , à la noblesse vendéenne … et à … quelques bretons ou lozériens pour ce qui me concerne .
    Francois fait souffler un vent nouveau mais le clergé est celui de jean paul II … et il n’a pas fait le deuil de françois Fillon …
    fraternellement
    Jean-Marie Brugeron

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    • Ce n’est quand même pas la faute de l’ancienne noblesse si elle fournit un nombre disproportionné de prêtres. Que peut-elle faire ? Décourager les vocations en son sein ?

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      • Constat que je partage. Je ne reproche évidemment pas à ceux qui sont là de l’être. Mais je vois moi-même (notamment par les demandes d’adhésion à mon groupe) comme nous sommes rétrécis sur un petit noyau. Et je ne suis pas sûr que nos débats internes nous aident à en sortir.

  • « On demande aux musulmans de considérer comme bonnes – au sens du Bien – des représentations obscènes de Mahomet (même si elles ne le sont pas toutes). »
    Cela ne me paraît pas juste. Ce n’est pas le Bien qui est visé.
    Le blasphème rappelle que certaines croyances, sacrées pour les uns, ne sont qu’illusion pour les autres. Et que ces croyances n’ont pas à être imposées.
    Bien sûr, ce mode d’expression est frontal, sans nuances ; il heurte, il peut blesser. Mais il rappelle que nous devons trouver des manières de vivre ensemble malgré des divergences de croyances importantes, que ce qui est sacré pour les uns ne l’est pas pour d’autres. C’est comme une sirène criarde qui sert de révélateur lorsque des croyances dérapent monstrueusement dans un absolutisme meurtrier. C’est pourquoi « je suis Charlie ».
    C’est la grandeur de la laïcité républicaine, qui ne doit pas être confondue non plus avec la promotion de l’athéïsme comme religion d’Etat.
    Lorsque Jésus a été condamné à mort, lui aussi fut accusé de blasphème par les autorités religieuses de son temps. Les Evangiles le rapportent explicitement.
    Supporter le blasphème comme un rappel nécessaire de la liberté de conscience (rappelons-nous les hérétiques condamnés à mort dans notre histoire de France, par exemple le dernier en date le plus connu, le Chevalier de la Barre). Pas toujours facile. D’autant qu’il ne doit pas être confondu avec la promotion de l’athéisme.

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