Nicolas Sarkozy, pasteur méthodiste

Sacré queutard, lui aussi, tout de même, hein ? Déjà grand-père, il va encore être papa. Mais si l’on écarte cette circonstance, que tous les socialistes s’accordent à considérer comme mineure – aujourd’hui plus encore qu’hier – il y a tout de même  une ressemblance avec ce bon grand-père. Oui, avec toute cette barbe, ça pourrait aussi être moi. Ou DSK. Quelque chose dans les paupières… Enfin non, précisément pas DSK. Mais imaginez Nicolas Sarkozy un peu plus âgé. S’il arrive à rester en place le temps de la photo, il aurait bien des airs de l’un des plus célèbres des pasteurs méthodistes, William Booth. Et puis, il fait un enfant à sa propre femme. Certes la troisième mais tout de même, c’est d’un classique.

La prédiction de Sarko l’an dernier n’en paraît donc que plus fondée, lorsqu’il déclarait à des députés UMP :

« A côté de lui, je passerai pour un pasteur méthodiste. Ma montre, à côté de la sienne, apparaîtra comme un vulgaire modèle »

On susurre qu’il aurait préféré affronter un DSK, plus facile à déstabiliser qu’un Hollande ou une Aubry. Alors, Sarko, dépité d’avoir perdu son paratonnerre, son sparring partner ? Possible. Mais pas si sûr. Car il peut encore servir et durablement modifier le cadre de la campagne prochaine.

Parce que la comparaison lui va bien au teint, lui que l’on dépeignait, que l’on dépeint encore, comme un excité, un type qui ne sait pas se tenir ni se contenir. A la place de l’excité, voilà que c’est un DSK que tous poussaient du col. Un DSK, pas vraiment l’archétype du gars qui se contrôle.

DSK en lui-même, c’est de l’histoire ancienne.

Il reste les Hollande, Fabius, Lang, Royal, Aubry, compagnons de trente ans qui n’ont évidemment pas pu ne pas voir. Il reste naturellement les Moscovici, Le Guen, et Cambadélis, dont on nous dit, un brin benoîtement, qu’ils sont « trois bons vivants, appréciant bonnes chères et jolies filles ». Ceux qui, en connaissance de cause, l’emmenaient vers la présidence.

Il reste toute la presse (ou presque) et mes compagnons de tweets, dont nombre de journalistes, si prompts à fondre sur Sarkozy – ou sur Eric Woerth, au nom de la vertu en politique – mais durablement frappés de surdité et de cécité au sujet de DSK.

Il faut lire Nicolas Beau, dans Le Monde, évoquer « l’omerta » et les interventions du camp DSK dans les médias. Lire Jean Quatremer, quand il évoque la pression de Ramzi Khimoun, conseiller en com’ de DSK, pour qu’il retire son billet de 2007. Se souvenir que le chapitre d’un livre de Tristane Banon évoquant sa « rencontre » avec DSK a été retiré par son éditrice. Lire Beau, encore, lorsqu’il écrit qu’aucun media n’a relayé la vidéo publiée par Agoravox dans laquelle Tristane Banon racontait son agression. Carlo Revelli, qui gère Agoravox, raconte également l' »omerta médiatique ». Nos vaillants journalistes, qui commentent à loisir le moindre appel de la présidence à un rédacteur en chef, n’en ont jamais dit mot. Voilà qui relativise bien des indignations.

Lire aussi Nicolas Demorand qui, dans son édito du 19 mai dernier, balance les dirigeants socialistes1 et lire Aimée Joubert et Marc Cohen qui lui conseillent en retour d’interroger Serge July et les dirigeants de Libé sur les raisons pour lesquelles ils étouffèrent l’affaire Banon2. Oui, voilà de quoi tempérer les indignations vertueuses.

Nul doute que Nicolas Sarkozy observe, gourmand, les dirigeants socialistes et toute cette presse qui n’a pas hésité à mettre en cause sa stabilité psychique, sa capacité à « endosser le costume de chef d’Etat », se débattre avec leur connaissance personnelle du rapport manifestement pathologique de Dominique Strauss-Kahn au sexe, consciencieusement mis sous le boisseau depuis des années.

Comme le souligne encore Jean Quatremer,

« Il ne s’agit pas ici de parler de coucheries entre adultes consentants mais de possibles délits! En 2007, M. Strauss-Kahn est accusé de tentative de viol. Et personne n’a enquêté. C’est affolant ! Cette année-là, lorsque j’écris qu’il frôle le harcèlement, j’avais évidemment assisté à des scènes et recueilli des témoignages. Ensuite, j’en ai reçu d’autres. Des dérapages au sein du Parti socialiste. Des étudiantes à Sciences-po qui savaient toutes qu’il ne fallait pas se retrouver seule dans une pièce avec DSK. »

Et Nicolas Sarkozy n’a pas fini de jouir de ses habits neufs de pasteur méthodiste : l’affaire DSK est une épine dans le pied dont le PS ne sera pas débarrassé de si tôt.

Le mieux pour le PS serait peut-être encore que DSK plaide coupable, et que cette affaire soit oubliée le plus vite possible, ce qui ne devrait pas arriver. Sauf surprise, DSK plaidera non coupable le 6 juin prochain. Un procès sera organisé, qui pourrait se tenir dans quelques mois, en pleine campagne présidentielle. Et s’enclenchera le système judiciaire américain. Comme si l’on ne suivait pas déjà assez de séries, on nous a ré-expliqué que le rôle de la défense sera notamment de détruire la réputation de la victime présumée3.

Imaginez le tableau : durant plusieurs jours, les JT s’ouvriront sur ce procès durant lequel un socialiste, ancien candidat implicite de son parti, s’appliquera à détruire l’honneur de celle qui est femme, immigrée, noire, pauvre,  femme de chambre, musulmane, pieuse, allant régulièrement « prier au rez-de-chaussée de la mosquée, dans la salle réservée aux femmes », réfugiée politique… et venant d’un pays particulièrement touché par la pratique du viol, systématisée par le pouvoir en place4. Avec DSK, le PS a tiré le gros lot.

Assurément, en regard, Nicolas Sarkozy passerait presque pour un pasteur méthodiste.

Ne soyons pas naïfs pour autant. D’autres indignations sont partisanes, et cette affaire ne provoquera ni une prise de conscience politique, ni un sursaut de neutralité journalistique. Ca valait le coup, toutefois, avant que la page se tourne, de faire ce noeud à nos mouchoirs. Pour ne pas, nous, être frappés d’amnésie.

Cette affaire amènera peut-être tout au plus la presse à une plus grande sévérité concernant la « vie privée ».

De Nicolas Sarkozy.

*


  1. « Comment ont-ils reçu les propos d’une des leurs, députée PS, avouant sa peur de se retrouver seule dans la même pièce que lui ? Et ceux de la fille d’une des leurs, faisant état à la télévision d’une tentative de viol présumée ? Sur cette dernière affaire, que savait exactement François Hollande, dont les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois disent, dans Sexus politicus(Albin Michel), qu’il avait à l’époque réconforté la jeune fille ? » []
  2. « on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu. Et avant d’aller, si j’ose dire, faire le ménage chez les autres, Demorand pourrait nettoyer les placards chez lui, à Libération pour voir s’il n’y traine pas quelques cadavres. En clair, par exemple, vérifier si Tristane Banon n’est pas allé raconter son toute son histoire à Libé juste après les faits et si les gens qui dirigeaient le journal à l’époque ne l’auraient pas jugée indigne d’intérêt. » []
  3. non, ne me dites pas que l’on dit « plaignante » : elle n’a pas porté plainte à ce jour []
  4. sources : JDDLe Figaro []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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93 commentaires

  • Ouahou…
    Qu’est ce qui vous permet, exactement, de parler de « leur connaissance personnelle du rapport manifestement pathologique de Dominique Strauss-Kahn au sexe » ? Le fait qu’il soit accusé ? Donc out la présomption d’innocence ? Ou le fait qu’une personne ressorte à l’occasion une agression qui se serait passé en 2002 et dont elle a reparlé en 2007 ? Parce que « En 2007, M. Strauss-Kahn est accusé de tentative de viol. Et personne n’a enquêté. » ? Mais s’il avait été réellement accusé, si elle avait porté plainte, peut être que la police et la justice auraient enquêté ?

    Elle a subit une tentative de viol, mais ne veut pas témoigner, non pas pour se protéger elle même (ce qui serait parfaitement compréhensible), mais pour protéger son agresseur de la justice américaine où la présomption d’innocence n’existerait pas ? (http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/05/20/tristane-banon-ne-temoignera-pas-contre-dsk-a-new-york_1525265_1522571.html ) C’est beau une victime d’agression sexuelle qui refuse d’agir pour faire condamner son agresseur mais le désigne comme tel dès qu’elle en a l’occasion. D’ailleurs à en croire Jean Quatremer quand il dit « Strauss-Kahn a-t-il déposé une plainte, parlé de diffamation? Non. », il semble que ne pas déposer plainte montre que c’est faux.

    Ou alors « Des étudiantes à Sciences-po qui savaient toutes qu’il ne fallait pas se retrouver seule dans une pièce avec DSK. » Moi pendant mes études, on savait tous qu’un de nos prof était alcoolique. En fait il est mort d’une tumeur au cerveau, qui causait tous ses symptômes. On savait tous qu’un autre sortait avec une élève. Alors qu’en fait elle avait inventé ça pour se faire mousser. C’est fou tout ce que tout le monde sait. Surtout quand en plus c’est de troisième main. Tout le monde sait que toutes les étudiantes savent qu’il ne faut pas…

    Enfin bon, je vous souhaite qu’on n’apprenne jamais que tout le monde savait que Sarko n’est pas tout rose non plus et n’est pas le seul. Ce serait dommage pour son image de pasteur.

    Quoi que…

  • Alex P. a écrit : :

    Qu’est ce qui vous permet, exactement, de parler de « leur connaissance personnelle du rapport manifestement pathologique de Dominique Strauss-Kahn au sexe » ?

    C’est la connaissance personnelle ou le caractère manifeste de son rapport au sexe qui vous chagrine ?

    En ce qui concerne la connaissance personnelle, il suffit de lire la presse depuis une semaine, et les nombreux témoignages de ceux qui ont assisté personnellement à un énième dérapage de Strauss-Kahn. Il suffit de lire mon billet, aussi, et ce que dit Demorand dans Libération, ce que dit Quatremer – pas vraiment UMP non plus. Pensez-vous que les dirigeants socialistes n’aient pas été témoins de la même chose que Quatremer ? Parce que DSK se lâcherait devant les journalistes, parce que c’est pas grave, ça ne se saura pas, mais pas devant les dirigeants socialistes ?

    De fait, il n’est même pas besoin de ce raisonnement. La presse regorge de ces témoignages, comme celui de Claude Bartolone, qui raconte avoir recommandé qu’on lui colle des gardes du corps, pour éviter qu’il ne fasse une connerie.

    Alex P. a écrit : :

    Mais s’il avait été réellement accusé, si elle avait porté plainte, peut être que la police et la justice auraient enquêté ?

    Quatremer parle de la presse. Depuis quand la presse attend une plainte ou une mise en examen pour faire son travail ?

    Pour le reste, vous illustrez à merveille le réflexe malsain et le piège dans lequel s’enferment les socialistes. Les voilà conduits à se placer dans la position des accusateurs des femmes agressées. Des mythomanes, évidemment. Manquez-vous d’empathie au point de ne pas pouvoir envisager simplement l’hypothèse qu’une jeune fille de 22 ans agressée sexuellement par un homme en qui elle a confiance puisse être un chouya déstabilisée ? Vous pourriez lire ce dont sa mère témoigne.

    Mon message, répété en boucle, est simple : ma fille n’a pas menti, comme le prétendent (ou le sous-entendent) l’entourage et les biographies de DSK. Si elle n’a pas porté plainte en 2002 à l’époque des faits, c’est parce que je l’en avais dissuadée. Si elle a commenté cinq ans plus tard sur un ton humoristique le comportement du personnage au cours d’une émission de Thierry Ardisson, c’est parce que, effectivement, elle s’était péniblement et partiellement reconstruite. Après plus de deux ans de très gros problèmes et de dépression, de suivi médical et psychologique.

    Mais vous pouvez en rester à cette vision primaire qu’une femme agressé sexuellement doit juste réajuster sa coiffure et procéder rationnellement. Ou vous renseigner sur le nombre de viols qui ne donnent pas lieu à des plaintes en France, notamment parce que la victime se sent humiliée, voire même responsable de ce qui lui est arrivé. Voire même craint, dans ce cas précis, face à un puissant, d’avoir en outre à faire face au rouleau compresseur médiatique et politique de ceux qui auront à coeur de la présenter soit comme une mythomane, soit comme une salope.

    Alex P. a écrit : :

    Enfin bon, je vous souhaite qu’on n’apprenne jamais que tout le monde savait que Sarko n’est pas tout rose non plus et n’est pas le seul. Ce serait dommage pour son image de pasteur.

    Il est dommage qu’il vous ait échappé que tout ceci est évidemment une question de perception. Lui-même dit qu’il « passera pour » un pasteur méthodiste. Evidemment qu’il n’est pas tout rose, évidemment que les vicissitudes sexuelles et financières ne sont pas l’apanage de la gauche. Il reste simplement le constat de l’image produite, et c’est l’objet du propos de Sarko, comme de mon billet.

    Outre le fait que la sévérité à l’encontre de Sarko tranche avec la complaisance à l’égard de DSK. Ce n’est pas une surprise. Mais c’est notable.

  • Je me permets juste de revenir sur le point « Mais vous pouvez en rester à cette vision primaire qu’une femme agressé sexuellement doit juste réajuster sa coiffure et procéder rationnellement. ». Je sais pertinemment que porter plainte pour une femme agressée sexuellement est un combat complexe, et que s’en remettre psychologiquement peut prendre des années, voir ne jamais arriver.

    En revanche, quand on parle de quelqu’un qui en parle à la télé, devant je ne sais combien de milliers ou de centaines de milliers de téléspectateurs, de quelqu’un qui en aurait parlé dans un livre si on ne l’avait pas forcé à supprimer le chapitre, il est plus difficile de justifier ça par une quelconque crainte de « passer pour quelque chose ». Et la justification de l’absence de présomption d’innocence… Ca fait un peu « je ne veux pas porter plainte, parce que ça voudrait dire que je l’accuse, ce qui est contraire à la présomption d’innocence ».

    Et pour finir, oui, tout le monde savait qu’il était dragueur et sans doute lourd. De là à dire que tout le monde savait que c’était un violeur, il faudrait peut être faire attention(1 parce qu’il n’est pas encore condamné pour viol, et 2 parce que c’est une généralisation un peu rapide de séducteur à violeur, qui sent à peut près aussi mauvais que séductrice à salope ou pute).

  • @ Alex P.:
    Alex P. a écrit : :

    Et pour finir, oui, tout le monde savait qu’il était dragueur et sans doute lourd. De là à dire que tout le monde savait que c’était un violeur, il faudrait peut être faire attention(1 parce qu’il n’est pas encore condamné pour viol, et 2 parce que c’est une généralisation un peu rapide de séducteur à violeur, qui sent à peut près aussi mauvais que séductrice à salope ou pute)

    Oui… mais l’assimilation « drague lourde » (terme pudique pour désigner ce qui, en réalité, est vraisemblablement susceptible de qualification pénale, puisque le harcèlement est une infraction) = « séducteur » me paraît tout aussi malsaine.
    Les comportements dont « tout le monde avait connaissance » tels qu’ils sont décrits (et colportés sous le manteau depuis des années) ne relèvent pas de la séduction même « lourde » mais du harcèlement. Et c’est déjà un scandale de couvrir ce type d’éléments pénalement sanctionnables.

  • @ Alex P. : je vous renvoie à ce qu’en dit sa propre mère.

    « Si elle a commenté cinq ans plus tard sur un ton humoristique le comportement du personnage au cours d’une émission de Thierry Ardisson, c’est parce que, effectivement, elle s’était péniblement et partiellement reconstruite. Après plus de deux ans de très gros problèmes et de dépression, de suivi médical et psychologique. »

    Qu’une personne agressée sexuellement s’efforce mettre un peu de distance avec les faits, ou décide de s’exprimer plusieurs années après, ça ne me choque pas spécialement. Ca me semble même être d’une rare prévisibilité.

    Alex P. a écrit : :

    Et pour finir, oui, tout le monde savait qu’il était dragueur et sans doute lourd. De là à dire que tout le monde savait que c’était un violeur, il faudrait peut être faire attention(1 parce qu’il n’est pas encore condamné pour viol, et 2 parce que c’est une généralisation un peu rapide de séducteur à violeur, qui sent à peut près aussi mauvais que séductrice à salope ou pute).

    Non, pas « violeur ». Quoique lorsque François Hollande et Laurent Fabius se font conter l’histoire de l’agression de Tristane Banon par sa mère, ils peuvent choisir de relativiser, de pousser un long soupir et d’assurer les proches de leur compassion, mais le fait est qu’une petite lumière devrait s’allumer, non ?

    Et quand une députée PS affirme elle-même avoir subi une drague si lourde qu’elle a peur de se retrouver seule dans une pièce avec DSK, ça fait deux petites lumières qui auraient dû clignoter.

    Et quand on rapporte le cas d’une journaliste qui a failli le claquer (avant de le reconnaître), parce que, dans la cohue journalistique, elle a subi un attouchement (ce qu’elle appelle une « main très intrusive ») et qu’elle lui a hurlé dessus, ça ne leur revient pas aux oreilles ? De même avec une hôtesse de l’air…

    etc. etc. etc.

    Non, pas forcément « violeur ». Et s’il n’y avait que ce cas, on pourrait aussi se dire que, désapprouvant néanmoins, ils se sont dit que ce n’était arrivé qu’une fois, qu’il était contrit et qu’ils ont trouvé confortable de se reposer sur l’absence de plainte de la jeune fille. Mais lorsque tant d’illustrations d’attitudes inconvenantes répétés leur sont rapportés, alors c’est bien le portrait d’un homme au comportement maladif qui est dressé.

  • Je me doute que tu es un peu dans le second degré, mais si Sarkozy peut se frotter les mains du « problème moral » qui se pose à la gauche, il ne devrait pas se réjouir trop vite. Pour l’instant, le problème, c’est aussi lui qui l’a, avec une impopularité record, une pratique du pouvoir détestée par une grande partie de nos concitoyens, et des tas de promesses non tenues, sans compter les revirement, les mensonges, et les petits arrangements entre amis.

    Bref, à l’heure du bilan, cela comptera. Et sans doute davantage que les errements de la gauche vis-à-vis de DSK. D’ailleurs, d’ici un mois ou deux, cette affaire sera règlée, non? Donc dans un an, ce sera de l’histoire ancienne. En revanche, le Fouquet’s, le yacht de Bolloré en guise de « retraite de réflexion », le casse toi pauvre con, le présidentialisme, la com’ à tout va, ça, je m’en souviendrai toujorus dans un an, compte sur moi là-dessus! Et puis aussi la gestion catastrophique de la délinquance. EN fait, la gestion au jour le jour d’un pays qui a besoin à la fois d’un cap mais de plus de douceur.

    Par ailleurs, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi sur la distinction victime présumée / plaignante. J’ai eu l’occasion de le développer dans un billet, mais même si la femme de chambre n’a pas porté plainte, elle est malgré tout plaignante, puisqu’elle dit avoir subi des choses. Le mot présumé accolé à un mot qui décrit une réalité forte (victime-violeur) me paraît d’une hypocrisie sans nom.

    DSK est accusé de viol, il n’est pas « violeur présumé ». Cette femme l’accuse, elle n’est pas « victime présumée ».

  • Et au fait. Sur l’affaire Tristane Banon, je ne veux pas avoir l’air de défendre DSK mais j’ai entendu plusieurs journalistes dire que l’affaire ne tenait pas debout, qu’ils avaient essayé d’enquêter mais qu’il n’y avait pas de recoupement possible. Donc si c’est juste pour tendre le micro qui accuse, comme l’a fait Agoravox, non, ce n’est pas possible.

    En tant que journaliste, je ne fais jamais ce genre de chose. J’attends qu’il y ait quelque chose de plus tangible, de plus consistant, ou alors, une plainte auprès de la police. Quand il n’y a pas de plainte, tu supposes qu’éventuellement, il n’y a pas de délit mais que la personne voulait se faire mousser.

  • J’ajoute enfin – dis donc, j’aurais pu tout mettre en un seul commentaire, ça aurait été plus pratique – que si beaucoup de femmes ne portent pas plainte quand elles subissent des agressions, il y en a aussi beaucoup qui portent plainte en ayant tout inventé. J’aimerais bien connaître la proportion exacte, j’ai essayé un jour d’enquêter là-dessus, toutes les portes se sont fermées devant moi. Pourtant, ce phénomène existe aussi, et existe en nombre.

    Je ne dis pas ça pour décrédibiliser Tristane Banon, mais pour expliquer le fait que quand c’est parole contre parole, un journaliste ne peut pas se permettre de se fier plus à la parole de l’un qu’à celle de l’autre en l’absence de tout autre élément objectif. EN tout cas, c’est ce que je pense de ce métier, c’est ce qu’on m’a appris et c’est ce que j’essaie de mettre en oeuvre tant bien que mal.

  • S’il est nécessaire d’expliquer que le propos de Nicolas Sarkozy lui-même est du second degré, que « passer pour » ne signifie pas « être », et que « à côté de lui » signifie bien que, dans l’absolu, ce n’est pas vraiment le cas, où va-t-on !

    Il est évident que Nicolas Sarkozy ne s’est pas transformé soudainement en petit ange, ni que les griefs passés aient subitement sauté, mais si on lit ce que j’écris plutôt que d’y trouver ce que l’on a peur de lire (Nicolas Sarkozy réhabilité), je pense que l’on doit pouvoir comprendre qu’il s’agit d’une image dont il bénéficie par projection, ou par ricochet.

    Pour ce qui est de ton enquête, je trouve un peu dommage de porter davantage son attention sur les femmes qui affabuleraient que sur les authentiques victimes qui se taisent. Peut-être l’angle que tu as choisi a-t-il, un peu, contribué, à ce qu’on te ferme la porte. Mais si ça t’intéresse, ce blog cite quelques sources.

    le chafouin a écrit : :

    D’ailleurs, d’ici un mois ou deux, cette affaire sera règlée, non ?

    Si tu connais mieux le système judiciaire américain que moi, oui. Mais il m’a semblé comprendre que, non, justement. Le procès peut se tenir dans plusieurs mois. Sans compter qu’un procès civil pourrait en outre se tenir par la suite.

    le chafouin a écrit : :

    J’ai eu l’occasion de le développer dans un billet, mais même si la femme de chambre n’a pas porté plainte, elle est malgré tout plaignante, puisqu’elle dit avoir subi des choses.

    Si l’on utilise le vocabulaire juridique, ou judiciaire, ce qui n’est pas complètement con dans le cadre d’un procès, une plaignante, c’est la personne qui a porté plainte. Une personne qui n’a pas porté plainte n’est pas plaignante.

    Bon, cela dit « victime présumée » n’est pas très correct. J’aurais peut-être dû écrire « victime supposée ».

    le chafouin a écrit : :

    Sur l’affaire Tristane Banon, je ne veux pas avoir l’air de défendre DSK mais j’ai entendu plusieurs journalistes dire que l’affaire ne tenait pas debout, qu’ils avaient essayé d’enquêter mais qu’il n’y avait pas de recoupement possible.

    Dans une affaire dans laquelle il s’agit d’un huis-clos, tu m’étonnes qu’il n’y a pas de « recoupement » possible. A moins de demander à DSK s’il confirme la version de Tristane Banon, et de constater que les versions ne se recoupent pas. Quand on y met de la mauvaise volonté…

    Et, si l’affaire Banon peut être fausse, j’ai tendance à penser que Tristane Banon a pris de bien grands risques en accusant un homme politique aussi importants de faits qui seraient inexacts. Et que sa mère en prend également beaucoup ces jours-ci.

    le chafouin a écrit : :

    En tant que journaliste, je ne fais jamais ce genre de chose. J’attends qu’il y ait quelque chose de plus tangible, de plus consistant, ou alors, une plainte auprès de la police. Quand il n’y a pas de plainte, tu supposes qu’éventuellement, il n’y a pas de délit mais que la personne voulait se faire mousser.

    Ah ben bravo.

    Ca témoigne d’un comportement différent dans le cadre des agressions sexuelles et dans celui des autres délits. A-t-on attendu qu’il y ait une plainte pour écrire des articles sur Woerth, pour ne reprendre que l’exemple le plus récent ? Aurait-il fallu le faire ?

    Par ailleurs, présumer que la victime veut se faire mousser, c’est pas très classe. Et c’est aussi méconnaître la réalité sociologique du viol et des agressions sexuelles, dont 75 à 90% (voir ici par exemple) ne donnent pas lieu à une plainte. Ca fait une proportion de mythos et maitresse-chanteuses incroyable dans ce pays. Il serait peut-être temps de changer de disposition d’esprit à l’égard des femmes qui ne portent pas plainte, non ?

  • Ce procès est une bénédiction pour la France: imaginons que les femmes avec lesquelles Dominique a été indélicat, ou violent, fassent remonter à la surface, malgré l’omerta que vous nous montrez, les actes passés d’un président Strauss-Kahn, c’est la fonction même du chef de l’État qui serait remise en cause, ainsi que la fonction de servir la vérité assumée par une presse libre qui serait définitivement souillée.
    D’ores et déjà, le sort de Madame Dialo, qui risque d’être sacrifiée sur l’autel de l’ hédonisme et de la raison d’État ou de parti, peut faire l’objet de nos pensées et ou de nos prières.

  • En tous cas s’il se confirme que DSK ne s’est pas limité aux copines intimes de sa fille et aux députées de son propre camp, il devrait bien s’en trouver quelques unes pour venir témoigner.

  • le chafouin a écrit : :

    Par ailleurs, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi sur la distinction victime présumée / plaignante. J’ai eu l’occasion de le développer dans un billet, mais même si la femme de chambre n’a pas porté plainte, elle est malgré tout plaignante, puisqu’elle dit avoir subi des choses. Le mot présumé accolé à un mot qui décrit une réalité forte (victime-violeur) me paraît d’une hypocrisie sans nom.
    DSK est accusé de viol, il n’est pas « violeur présumé ». Cette femme l’accuse, elle n’est pas « victime présumée ».

    Ne peut-on dire « victime supposée », comme on devrait parler de « suspect » et non de « coupable présumé » ou « agresseur/voleur/meurtrier présumé »?

    Certes, cela sous-entend que l’on lui donne raison, contrairement à « plaignante », ce qui est ennuyeux. Mais ce n’est pas inexact juridiquement : en l’absence de plainte, « plaignante » me gêne. Et au moins, l’on n’a pas l’aberration du « présumé » qui, si on présume l’accusatrice réellement victime, tend à faire peser sur celui qu’elle accuse une présomption de culpabilité. Ce n’est pas parfait mais, paraphrasant Churchill, j’aurais tendance à trouver que c’est la moins mauvaise de ces trois solutions.

    Ou bien se limiter à « son accusatrice », mais il y a une connotation nettement négative.

  • @Koz

     » Il serait peut-être temps de changer de disposition d’esprit à l’égard des femmes qui ne portent pas plainte, non ? »

    Désolé, mais quand tu enquêtes, tu ne peux pas te permettre de te dire que peut-être, après tout, le cas qui nous intéresse fait partie du chiffre de 90% que tu cites. Présumer que la victime veut éventuellement se faire mousser, ce n’est pas « pas classe », c’est tout simplement être prudent, l’être le plus possible. Et je ne suis pas redevable du comportement de Médiapart et d’autres médias dans l’affaire Woerth. Ceci dit, dans cette dernière affaire, il n’y a pas de huis clos. Il y a possibilité de recoupements malgré l’absence de plainte. Qu’est-ce qui serait pour toi de la bonne volonté dans l’affaire Banon? Citer Agoravox et s’en laver les mains? Relayer des accusations de ce genre est extrêmement problématique quand il n’y a pas de plainte qui vient en quelque sorte confirmer le « sérieux » de ces accusations.

    « Pour ce qui est de ton enquête, je trouve un peu dommage de porter davantage son attention sur les femmes qui affabuleraient que sur les authentiques victimes qui se taisent. »

    Qui parle de tous ces hommes qui se retrouvent accusés sans avoir quoi que ce soit à se reprocher? L’avantage, c’est qu’en France, on ne place pas en garde à vue sur la simple foi d’une accusation, s’il elle n’est pas un minimum étayée. Le sujet ne me paraît pas inintéressant. mais peut-être, en effet, qu’il aurait plus de portée dans le cadre d’un travail plus global sur le viol et ses conséquences. J’y travaille… L’un n’empêche pas l’autre, en fait.

    « Il est évident que Nicolas Sarkozy ne s’est pas transformé soudainement en petit ange, ni que les griefs passés aient subitement sauté, mais si on lit ce que j’écris plutôt que d’y trouver ce que l’on a peur de lire (Nicolas Sarkozy réhabilité), je pense que l’on doit pouvoir comprendre qu’il s’agit d’une image dont il bénéficie par projection, ou par ricochet »

    Je ne dis pas le contraire. Juste que Sarkozy a un passif immense et qu’on ne le juge pas uniquement que par comparaison avec le PS. Heureusement, d’ailleurs… Pour ma part, je retiens surtout que le PS est désormais mal placé pour situer le combat sur le terrain de la morale, voilà tout.

    « Si tu connais mieux le système judiciaire américain que moi, oui. Mais il m’a semblé comprendre que, non, justement. Le procès peut se tenir dans plusieurs mois. Sans compter qu’un procès civil pourrait en outre se tenir par la suite »

    Ok pardon, je me suis planté…

    « Une personne qui n’a pas porté plainte n’est pas plaignante »

    Si l’on s’en tient au strict vocabulaire de justice, sans doute. Mais la cour médiatique n’est pas un tribunal. Et somme toute, je trouve que ce terme est plus respectueux pour le suspect que « victime présumée » ou « supposée ».

  • Instruction uniquement à charge (c’est de saison) pour essayer de montrer que DSK était un violeur potentiel, que tous les journalistes et tous ses amis politiques le savaient, qu’ils n’ont rien dit, et qu’ils font aujourd’hui semblant d’être surpris. C’est une thèse assez facile à développer « après coup », en retenant uniquement les témoignages qui vont dans ce sens et en les déformant un peu au besoin (comme celui de Quatremer)… Mais qui, pour moi, ne tient pas (pour les raisons que j’ai déjà développées dans le billet précédent). D’où la sidération générale devant « l’incroyable ».

    De même, la tentative de récupération politique ne tient pas non plus. DSK est out (qu’il soit finalement déclaré coupable ou innocent), mais le(la) candidat(e) socialiste ne portera évidemment pas la responsabilité de cette affaire on ne peut plus « personnelle ». De même que Sarkozy n’en sera pas exonéré de ses propres faiblesses.

    Avec la sortie de route de DSK, Sarkozy a perdu son adversaire le plus dangereux selon les sondages, mais il a aussi perdu le miroir déformant qui aurait pu effectivement le faire passer pour un « pasteur méthodiste ». Face à Hollande ou à Aubry, cela ne marche plus.

    Personnellement, connaissant comme tout le monde les points faibles de DSK (le fric, le sexe et sa judéité, comme il les définissait lui-même) et prévoyant la « sale campagne » qu’il aurait dû affronter (et qui avait déjà commencé), j’ai depuis longtemps prévu de voter Hollande aux primaires. Paradoxalement, je considère que cette « explosion en vol » de DSK avant les primaires est finalement plutôt une bonne nouvelle pour la gauche (et en cela je suis assez d’accord avec Sarkozy, une fois n’est pas coutume).

  • Il faudrait expliquer en quoi je déforme les propos de Quatremer.

    Pour le reste, mon avis contraire est développé dans mon billet.

  • Ouais, enfin, dans les bruits de couloir que l’on rapporte sur Sarko, on dit que si lui aussi se déshabille facilement, si la fille ne veut pas, il se rhabille aussi sec, et se barre, n’ayant pas eu ce qu’il voulait. Ce qui fait une grosse différence avec DSK, qui n’a visiblement cure de l’avis de l’être humain qui lui fait face. C’est du bruit de couloir, hein, avec les précautions d’usage, mais enfin, c’est un tout petit peu significatif. Il n’y a pour le moment rien de grave qui n’ait été sorti sur lui. Autre que le « il s’enfile toutes les nanas dispos » ce qui est généralement le propre de tous les présidents en exercice.

    Sinon, pour le reste, je crois Banon très crédible, il ne faudrait quand même pas déconner. Après, que des femmes affabulent avec des accusations de viol, c’est parfaitement possible, bien qu’elles soient les dernières à le savoir, tout se mêlant confusément dans leur esprit. C’est le cas lorsque des femmes ayant fait l’objet d’attouchements ou de viols dans l’enfance, ont l’impression de revivre une scène similaire à l’occasion d’une cuite, l’inconscient pouvant refaire surface de manière violente. Elles peuvent donc accuser quelqu’un mais cette personne s’en tire généralement assez facilement, le témoignage manquant de cohérence. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas avec Banon, vu l’insistance manifeste qu’elle continue à afficher. Et puis, ce n’est clairement pas la seule à accuser, ce qui veut tout dire.

    @ Jeff:
    OK pour l’instruction à charge. Mais comme le dit Tipota, on met quoi dans l’instruction à décharge ? Que la femme de chambre n’est rien qu’une s… ?

    Plus largement, ce qui est intéressant, c’est qu’à dix minutes près, le décollage de l’avion, ça aurait tout changé. Ça laisse réfléchir.

  • Polydamas a écrit : :

    Autre que le « il s’enfile toutes les nanas dispos » ce qui est généralement le propre de tous les présidents en exercice.

    Effectivement. D’ailleurs, Chirac aussi était connu pour une fidélité relative, mais je n’ai jamais rentendu dire que les femmes se sentaient obligées de changer de salle quand elles étaient seules avec lui. Peut-être suis-je simplement mal renseignée mais dans ce cas… Si d’autres hommes politiques que DSK ont le même type de comportement, à un même degré j’entends (et je ne parle pas de l’affaire actuelle), eh bien, que le ménage se fasse.

  • Koz a écrit : :

    @ le chafouin : demain, Nicolas Sarkozy est accusé de viol sur un plateau télé, avec description complète des faits. Il se passe quoi ?

    Cela n’arrivera pas, je te le garantis. Impossible. Et si cela se fait, il y a tout de suite attaque en diffamation et en dénonciation calomnieuse. Et gros buzz médiatique, bien sûr. Mais si l’accusation n’est pas étayée, elle ne sera jamais relayée…

    Je sais que les médias sont globalement plutôt de gauche et anti-sarkozy, et qu’ils admettent pour lui ce qu’ils refusent pour d’autres. Mais cela ne doit pas être un argument perpétuel.

  • le chafouin a écrit : :

    Mais si l’accusation n’est pas étayée, elle ne sera jamais relayée…

    Et la marmotte ?

    Ce sera évidemment relayé – ce que l’on peut appeler également un « buzz médiatique » – avec toutes sortes de précaution et des conditionnels à tous les étages. Mais ça le sera. Bien sûr.

  • @Koz

    Alors admettons que cela soit le cas. Dont acte. Et alors? Une fois qui tu as constaté que les journalistes ont une déontologie à géométrie variable, a-t-on avancé sur la définition de ce qui devrait être une bonne déontologie? Je n’en démords pas : pour moi, utiliser le conditionnel ou le « il semble que » pour relayer une accusation, c’est caca. Je suis peut-être trop prudent, mais j’ai trop de respect pour les personnes et je sais trop bien quelles peuvent être les conséquences pour elles d’accusations hâtives pour ne pas considérer qu’il faut tout blinder avant de balancer.

    Et puis, le conditionnel, tout le monde le lit à l’indicatif. Donc…

  • Il ne m’avait pas semblé que l’objet de mon billet, et notre échange, était la définition de la bonne déontologie journalistique, mais précisément l’observation d’un traitement différent. Certes, on peut le prendre pour acquis. Mais c’est plus souvent l’argument de ceux qui préféreraient qu’on ne le relève pas. Le « oui et alors tout le monde le sait », comme si ce n’était pas une entorse grave à la déontologie journalistique.

    Par ailleurs, « faut-il / fallait-il en parler ? » est effectivement le débat de ces derniers jours. Quand on a un faisceau d’indices qui démontrent qu’une personne amenée à exercer les plus hautes fonctions – dont celle de directeur du FMI, qui a rang de chef d’Etat, ai-je appris – a une sexualité maladive, il ne me semble pas abject d’en parler. Ce qu’on lit ne relève pas simplement de trop fréquentes infidélités conjugales, mais d’un manque total de contrôle.

  • @ Koz

    Quand DSK est nommé au FMI, en 2007, Quatremer écrit : «Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. […] La France ne peut pas se permettre un nouveau scandale.»

    Il me semble qu’il n’est absolument pas question ici de tentative de viol. Et si l’on peut dire à juste titre, qu’il avait prévu (en quelque sorte) l’affaire avec sa collaboratrice hongroise, on ne peut pas dire qu’il avait prévu une tentative de viol. « Après coup », il est facile de réécrire l’histoire…

    De même, on joue beaucoup sur le mot de « harcèlement », qui peut effectivement être un délit (bien encadré par la loi) mais qui peut être aussi une attitude certes déplaisante, mais non délictueuse, s’il s’agit de mails ou de SMS insitants et répétés ou de gestes déplacés, comme cela semble avoir été le cas en l’espèce.

    De même, vous occultez soigneusement tous les témoignages de journalistes et de politiques (et ils sont largement plus nombreux que ceux qui affirment le contraire) qui disent qu’ils n’avaient absolument pas imaginé ce qui est supposé s’être passé ce mois-ci, et qui pensent avoir fait leur boulot en ne révélant pas des informations concernant la vie privée ou de simples rumeurs non vérifiées.

    Reste le cas Tristane Banon, qui est à mon avis la seule et unique question qui vaille dans ce débat. Dans la mesure où celle-ci n’avait pas porté plainte et avait donné sa version bien longtemps après les faits supposés, il était difficile aux journalistes d’en faire un article. Auraient-ils dû enquêté ? Peut-être mais de quels éléments disposaient-ils à part le témoignage de Tristane Banon ?

    Vous ne semblez pas réaliser que l’alternative à ce que vous dénoncez serait un grand déballage et un flot d’accusations foireuses qui viendraient pourrir un débat politique qui est déjà assez malsain comme cela. Les journalistes auraient-ils dû colporter la rumeur selon laquelle Sarkozy aurait frappé son ex-femme quand elle a voulu le quitter ? Je ne le pense pas. Auraient-ils dû détailler la (longue) liste des maîtresses de Sarko, que cette même ex-femme qualifie dans un livre de « sauteur » ? Je ne le pense pas non plus.

  • @ Polydamas:

    Bonjour,

    Vraisemblablement, les autorités aéroportuaires de JFK étaient informées de la venue des policiers new-yorkais : l’appareil d’Air France aurait donc, sans doute, du attendre au moins quelques minutes supplémentaires avant d’être autorisé à décoller.

  • Koz a écrit : :

    Par ailleurs, « faut-il / fallait-il en parler ? » est effectivement le débat de ces derniers jours. Quand on a un faisceau d’indices qui démontrent qu’une personne amenée à exercer les plus hautes fonctions – dont celle de directeur du FMI, qui a rang de chef d’Etat, ai-je appris – a une sexualité maladive, il ne me semble pas abject d’en parler. Ce qu’on lit ne relève pas simplement de trop fréquentes infidélités conjugales, mais d’un manque total de contrôle.

    Je vois une claire différence entre parler de l’affaire Banon seule – qui est en effet risqué pour un média, non pas pour les représailles émanant de DSK et de sa « firme », mais parce qu’on se met en position de relayer une accusation fausse – et évoquer la sexualité maladive de DSK. Sur ce dernier point, je suis d’accord avec toi – et Quatremer, entre autres – : oui, les médias auraient dû en parler, et dépasser ce simple cas pour enquêter en profondeur. La vie privée des politiques doit être respectée sauf lorsqu’elle a une incidence sur la vie publique. Ce qui est le cas ici. Imaginons ce qui se serait produit si DSK élu président avait été arrêté pour viol!

    Alors certes, n’était pas l’objet de ton billet, mais j’ai bien noté que tu parlais d’omerta médiatique sur le cas Banon. Il n’est pas rare qu’on réagisse à un fragment de billet, et c’était ici mon cas…

  • @ Jeff : vous ne me démontrez pas en quoi je déformerais les propos de Jean Quatremer et, dans la mesure où vous avez l’accusation facile, j’aurais aimé que vous vous y attachiez ou qu’à défaut, sans aller jusqu’à vous excuser, hein, vous reconnaissiez au moins votre erreur : où ai-je écrit que Jean Quatremer avait prévu une tentative de viol ?

    Je sais que ce n’est pas votre fort mais, une fois de temps en temps, vous pourriez vous y essayer.

    Jeff a écrit : :

    Les journalistes auraient-ils dû colporter la rumeur selon laquelle Sarkozy aurait frappé son ex-femme quand elle a voulu le quitter ?

    Colporter une rumeur, non, relayer une accusation précise, publique, et formulée devant témoins, c’est un peu différent.

    Jeff a écrit : :

    Auraient-ils dû détailler la (longue) liste des maîtresses de Sarko, que cette même ex-femme qualifie dans un livre de « sauteur » ?

    Vous, comme d’autres, avez un petit souci de gradation. Les infidélités, même répétées, c’est une chose. Le comportement rapporté de DSk (voir Aurélie Filipetti, la journaliste et la « main très intrusive », l’hôtesse de l’air et le « plus qu’une main aux fesses », les propos de Quatremer sur ce à quoi il a lui-même assisté, les témoignages reçus depuis….) en est une autre.

    Quant aux journalistes qui affirment n’avoir rien su, rien vu, rien bu, pour mieux se défendre de n’avoir pas jugé utile de l’évoquer, ça me paraît assez naturel.

    Mais vous avez sûrement raison, ça ne doit pas être du genre des journalistes de relayer des rumeurs sur la vie privée de Nicolas Sarkozy.

  • « Cette affaire amènera peut-être tout au plus la presse à une plus grande sévérité concernant la « vie privée ».

    De Nicolas Sarkozy »

    Si la presse doit absolument aller par là, j’espère que cela sera avec mesure. Ce qui me paraît plus décisif serait de savoir ce que l’exécutif savait, ou pas, des comportements débridés de DSK avant de le porter candidat pour la direction générale du FMI.

  • Soit. Je retire le mot « déformation » (je reconnais que le terme était impropre) et je le remplace par « choix sélectif des informations pour défendre une thèse ». Ce que je voulais dire (et vous l’aurez compris), c’est que les propos tenus avant par Quatremer ne correspondent pas à ce qu’on veut lui faire dire aujourd’hui.

    Pour le reste, je maintiens que personne n’avait prévu ce qui est supposé s’être passé dans cette chambre d’hôtel de New York, car c’est tout simplement incroyable, même s’agissant de quelqu’un qui avait un rapport compulsif au sexe. Si les faits sont finalement avérés, on n’a pas fini de tenter d’expliquer ce qui s’est passé dans la tête de DSK (pour l’heure, l’explication la plus convaincante me semble être celle d’un « acte manqué suicidaire »). De même, je maintiens que le procès que vous instruisez sur le silence des médias et des amis politiques de DSK ne tient pas la route. Sans parler du sous-entendu clairement partisan selon lequel toute la presse aurait sciemment protégé DSK alors qu’elle aurait enfoncé Sarko dans un cas analogue.

    PS : Puisque vous avez, vous aussi semble-t-il, l’accusation facile, et puisque vous m’accusez, si je comprends bien, de ne pas reconnaître mes erreurs, j’aimerais bien savoir sur quels faits concrets vous vous fondez pour affirmer cela. Et si vous ne trouvez pas un seul exemple (ce que je prévois), je serais à mon tour satisfait que vous retiriez cette accusation sans fondement.

  • La question est également intéressante de savoir sur quel budget sont payes les experts de euro rscg. Il semblerait qu’il assurent la com de dsk sur le budget de limage du FMI en Afrique que l’agence a « gagne » l’ an passe. J’attends aussi les journalistes sur ce point car le travail de euro rscg ça se paie…

  • Jeff a écrit : :

    Soit. Je retire le mot « déformation » (je reconnais que le terme était impropre) et je le remplace par « choix sélectif des informations pour défendre une thèse ». Ce que je voulais dire (et vous l’aurez compris), c’est que les propos tenus avant par Quatremer ne correspondent pas à ce qu’on veut lui faire dire aujourd’hui.

    Plus qu’impropre, faux. Pourtant, il n’est pas très difficile à maîtriser. Par ailleurs, non, je n’ai ps « compris » : qui est ce « on », qui voudrait faire une chose pareille et dont, soit dit en passant, on (mais un autre « on ») se moque, dans le cadre de ce billet ?

    Par ailleurs, navré, mais je ne passera pas en revue 6 ans d’archive de commentaires.

    Et, pour la bonne bouche, dans mon horrible « procès à charge », que ce n’est pas vous qui feriez ça :

    Aujourd’hui, tout le monde semble découvrir que Dominique Strauss-Kahn avait parfois, envers les femmes, des attitudes qui relevaient davantage du pénal, et que son besoin de séduction ne relevait pas seulement du caractère aphrodisiaque du pouvoir. Mais dès 2002, ses amis politiques, son entourage savaient le rapport problématique que DSK entretenait avec les femmes. D’ailleurs, Laurent Fabius et François Hollande, à tour de rôle, ont fait en sorte que cette jeune fille, dont ils connaissaient la mère, une élue socialiste, ne porte pas plainte pour tentative de viol et contribue à ce que tout se règle à l’amiable et sans bruit. Mais la presse aussi était au courant et n’a rien dit.

    Dominique Strauss-Kahn, selon-vous, bénéficiait d’une certaine complaisance médiatique ?

    Je le pense, oui. Ce n’est pas une appréciation subjective. De manière très factuelle, nous avons constaté, lorsque le livre est sorti, et alors que nous avons bénéficié d’une très grande couverture médiatique, des bonnes feuilles ayant été publiées, que les infos concernant Dominique Strauss-Kahn n’ont jamais fait l’objet d’une seule ligne dans les médias. Cela confinait à l’omerta. Il aura fallu attendre cinq ans pour qu’on découvre que l’on avait écrit des choses intéressantes sur le patron du FMI. Sans vouloir faire le procès en non-curiosité des journalistes, je pense que l’affaire DSK va changer la donne. Elle doit, en tout cas, nous interroger sur notre responsabilité de journalistes et sur la manière dont nous faisons notre travail. Le faire à moitié, s’en tenir aux éloges, c’est trahir notre métier.

  • @ Koz,

    Même si vous passiez en revue six ans de commentaires, vous ne trouveriez pas la trace de ce que vous avez avancé, à tort. Vous avez donc raison de vous épargner ce pensum.

    Pour le reste, je n’ai pas le temps, moi non plus, de copier-coller tous les témoignages et arguments qui vont contre votre thèse mais je suis sûr que vous les avez lus comme moi (et en provenance de tous les médias, de gauche comme de droite).

    J’attends de voir si vous aurez le même point de vue quand des journalistes, aiguillonnés par les reproches (faciles) qui leur sont faits aujourd’hui, iront fouiller dans la vie privée ou les comportements inappropriés d’hommes politiques de droite. Car cela (malheureusement) arrivera, on peut en être sûr aujourd’hui.

  • « Quand on a un faisceau d’indices qui démontrent qu’une personne amenée à exercer les plus hautes fonctions – dont celle de directeur du FMI, qui a rang de chef d’Etat, ai-je appris – a une sexualité maladive, il ne me semble pas abject d’en parler »

    Ne serait-ce pas aussi une erreur de M. Sarkozy d’avoir fait nommer M. DSK à la tete du FMI. Il avait probablement le même faisceau d’indices que tout le monde et a décidé de l’ignorer.
    Surtout en sachant que les Etats unis n’ont pas vraiment la loi la plus légère pour tout ce qui touche aux crimes sexuels.

    (la suite dévie du sujet initial)
    1- Je ne cherche pas à taper sur le Président à tout prix, mais il me semble que la France a le gouvernement « le plus monarchique « des démocraties occidentales. Aucun contre pouvoir n’est présent pour contrôler les nominations (Conseil d’Etat par exemple).
    Sans etre un grand fan des Etat unis, il me semble que le processus pour nommer un juge à la cour suprême est autrement plus sain (je crois, en m’avançant peut etre un peu, Majorité des 2/3 de l’assemblée, Enquête de 6 mois avant confirmation etc etc.)

    2- Merci pour votre blog M. Koz. Toujours un plaisir de vous lire sur le fond et dans la forme.

  • Jeff a écrit : :

    J’attends de voir si vous aurez le même point de vue quand des journalistes, aiguillonnés par les reproches (faciles) qui leur sont faits aujourd’hui, iront fouiller dans la vie privée ou les comportements inappropriés d’hommes politiques de droite. Car cela (malheureusement) arrivera, on peut en être sûr aujourd’hui.

    Est-ce qu’il est possible de faire la distinction entre fouiller dans la vie privée des hommes politiques, d’une part, et passer sous silence des comportements quasiment publics, d’autre part?!

    [NB : Pour moi, « serrer » tout ce qui bouge (pardonnez la trivialité de l’expression) dans un cadre professoral, associatif (PS) ou professionnel (FMI), qui plus est généralement devant témoins, ne relève plus de la vie privée, quand cela se traduit par des remarques et des gestes déplacés à répétition. Comment justifier votre « malheureusement »?]

    Je ne parle pas de tentative de viol – on dira ce que l’on veut de l’affaire Banon mais elle semble isolée et il n’y a pas eu de procès permettant de confronter les versions. Je me réfère au reste de ces comportements qui font aujourd’hui surface à l’occasion de l’affaire du Sofitel (sur laquelle je ne porte pas de jugement) et qui auraient dû être évoqués bien avant, dépassant largement le cercle de la « séduction » en « privé ».

    Ok, ces déballages tardifs sont gênants en ce sens qu’ils surgissent après l’ « affaire » comme si, dans l’éventualité de la culpabilité de DSK, les médias essayaient de se rattraper, lui faisant un procès médiatique plein d’amalgames puisque toutes ces révélations à un tel moment ne peuvent qu’accréditer la thèse de l’accusation alors même qu’il y a une différence entre les actes en question et une tentative de viol.

    Cependant, s’il y a eu réellement tentative de viol, alors il est heureux qu’on évoque le reste de ses comportements, même si c’est un peu tard. Garder le silence pourrait être coupable.

    Alors puisque, d’une part, ouvrir la boîte aux secrets maintenant est assez facile et constitue un lynchage médiatique, et d’autre part, il serait douteux de garder le silence plus longtemps, était-il vraiment raisonnable d’attendre qu’il se passe quelque chose de très grave pour révéler d’autres faits également assez graves?

  • @ Yorffeo : il semble que, en le nommant, il l’ait mis en garde (ce que je trouve surréaliste : « bon mais, hein, Dominique, tu tiens ta… »). Cela étant, en effet, le choix n’était pas forcément optimum. Mais, de toutes façons, je ne ferais pas non plus de Nicolas Sarkozy un témoin de moralité.

  • @ Lelfe,

    En l’absence de « pénal », tout l’enjeu du débat est là : qu’est-ce qui relève de la vie privée et qu’est-ce qui déborde sur la vie publique ? On peut effectivement soutenir toutes sortes de raisonnement, le plus caricatural étant « celui qui ment à sa femme mentira aussi aux électeurs ». Avec de multiples variantes comme par exemple « s’il est incapable de contrôler ses pulsions sexuelles, comment pourra-t-il gouverner le pays ? ». On peut imaginer le même type de raisonnement avec la consommation de drogues, etc.

    Aujourd’hui, pour tenter d’expliquer « l’incroyable », certains semblent remettre en cause les principes déontologiques de la presse française, qui ne sont pas les mêmes que ceux de la presse anglo-saxonne.
    Il y aura donc probablement un « après-DSK »… Et à mon avis, cela ne va pas être beau à voir.

  • On nous parlait « censure », il fallait lire « autocensure »
    Un des articles cités titre « Cocu », il faut comprendre « Faux culs ».

    Un petit acte de contrition, deux ou trois mea culpa au nom des autres et on pourra reprendre le travail habituel:
    Belles tirades visant haut, très très haut, défense de la liberté, de l’égalité ailleurs qu’en France et poubelles savamment triées pour aller dans le sens de l’opinion qui fait vendre.
    La même opinion qui voulait ne retenir qu’un complot pour éviter de se poser des questions sur l’approche française du traitement des viols et sur les relations entre les politiques et les medias.
    Bizarre, on n’a pas encore entendu le syndicat habituel brandir l’exemple que notre justice pourrait donner aux américains !

    La profondeur de ce remords soudain, on la jaugera dans les comptes rendu du procès dans quelques mois en pleine campagne électorale mais l’évolution des mentalités, elle, ne dépend que de nous et, plus encore du ras le bol des femmes de notre beau pays ou il y a un viol toutes les dix minutes et où les femmes violées seront toujours considérées avec le même sourire goguenard des français !

    Quand on mit de çi de là qu’il eut suffit que l’avion décollât avant la police pour que le problème fut réglé, on mesure l’ampleur du dédain.
    Qu’en sera t-il si DSK est jugé non coupable !

  • Bonsoir,

    le reste du monde reproche à la presse française d’avoir une connivence impardonnable avec les puissants. J’ai tendance à croire que le reste du monde a raison. Est ce le reste d’un esprit de cour déjà bien décrit dans « A tale of two cities » ? Ou peut-être tout simplement le fait que la plupart des medias sont publics ou appartiennent à des groupes qui sont aussi des fournisseurs de l’état? Ou encore les touts petis sérails (ENA…) dans lesquels sont regroupés beaucoup de responsables?

    Après, il y a aussi Jean-François Kahn, mais cela ne me rassure pas beaucoup plus.

    Heureusement, la presse étrangère est en vente libre.

  • Un peu de politique fiction.

    Imaginons que NS se soit opposé à la nomination au FMI de DSK, dont il n’a pas été le seul soutien, au prétexte qu’il avait la main trop leste. 🙂 !!

  • @ Jeff : partisan du complot russe, à ce que je vois. Potite fômme de ménage, toi aller dans chambllle gland dirrrecteur FMI. Vous avez raison d’y aller à pas comptés.

  • Je suis assez d’accord avec ce billet et je trouve que c’est assez factuel. A ce stade de l’affaire, c’est le bon moment d’en parler. On ne peut pas nier qu’il y avait des indices. L’épisode Tristane Banon étant le plus significatif. Les défenses de DSK du type : « je le connais depuis 30 ans et cela ne lui ressemble pas », ne tiennent pas la route.

    En ce qui concerne l’affaire elle-même, j’ai l’impression que beaucoup de personnes en France découvrent qu’une tentative de s’envoyer en l’air une femme de chambre dans un hôtel, contre sa volonté, est un crime grave. Je me demande si DSK lui-même le savait. Les Français découvrent aussi que les employés responsables d’un hôtel aux Etats Unis peuvent faire la part des choses et ne pas être influencés par le statut de VIP du client, prendre au sérieux quelque chose d’incroyable et appeler la police. On découvre aussi que la police newyorkaise peut réagir suffisamment vite et arrêter quelqu’un d’aussi important en un temps record. DSK est peut-être le premier étonné. Je ne vois pas cela arriver dans un hôtel à Paris et la police française agir de la même manière.

    Il y a quelques jours seulement, 57% des Français croyaient à la théorie du complot. J’ai l’impression, en écoutant les uns et les autres, que ce pourcentage a drôlement chuté.

    Que DSK plaide coupable ou non coupable, je crois que les socialistes auront du mal à accepter que la défense de DSK se fasse à coup de millions de dollars. Soyons patients, le spectacle n’a pas encore commencé.

  • Vous avez raison d’insister sur le fait que les seules conséquences pour NS relèvent de l’apparence. Bien entendu, cette affaire ne change rien à ce que NS a fait, ou fera. Et pourtant, au départ, c’est un événement réel, dont les conséquences pour les 2 personnes concernées, quoi qu’il se soit passé, sont et seront majeures.

    Le vrai est un moment du faux.

  • @ Koz

    Partisan de rien du tout, vous voyez mal (je ne crois pas avoir évoqué une seule fois la théorie du complot, ce que ne fait absolument pas non plus l’article cité). Je trouve cet article intéressant simplement parce qu’il nous rappelle les résultats et les circonstances de l’enquête sur l’affaire Piroska-Nagy (dont on a tendance à ne retenir aujourd’hui que la lettre finale de la dame), et montre que les choses ne sont pas aussi simples que certains voudraient nous le faire croire aujourd’hui…

  • niamreg a écrit : :

    Vous avez raison d’insister sur le fait que les seules conséquences pour NS relèvent de l’apparence. Bien entendu, cette affaire ne change rien à ce que NS a fait, ou fera.

    Et je vous remercie de l’avoir noté.

    J’ai parfois l’impression que certains lecteurs vivent par séquences isolées. Koz est un vilain ultra-sarkozyste; ah non Koz critique Sarkozy; Koz est un vilain ultra-sarkozyste. Pas étonnant, si c’est le cas et si c’est général, que les politiques fonctionnent aussi par séquences.

  • Très bon article qui énerve visiblement les habitués du tire-au-Sarko
    …et ceux qui avaient mis tous leurs espoirs en DSK.
    Aimée Joubert et Marc Cohen sont particulièrement les bien venus pour rappeler à ceux qui arrivent après la tempête avec de bons conseils, qu’ils pourraient faire preuve de plus de sobriété.

    Sur le viol, dans mon esprit les choses sont clairs: DSK reste présumé innocent.

    Nota: ce nest pas une année à cerise m’a dit ma voisine, mais après les derniers détails glauquissimes de l’Adn sur le col de chemise de la jeune femme, j’en vois une « belle » cerise sur le gâteau que les communiquants de DSK vont devoir avaller… Et ce ne sera pas la dernière.

  • « Nul doute que Nicolas Sarkozy observe, gourmand, les dirigeants socialistes et toute cette presse qui n’a pas hésité à mettre en cause sa stabilité psychique, sa capacité à « endosser le costume de chef d’Etat », se débattre avec leur connaissance personnelle du rapport manifestement pathologique de Dominique Strauss-Kahn au sexe, consciencieusement mis sous le boisseau depuis des années. »

    Certes. Il serait bien imprudent, cependant, d’abuser de cette gourmandise. Car je ne doute pas que sa connaissance personnelle des faiblesses de DSK était au moins aussi précise que celle de n’importe quel journaliste ou dirigeant socialiste.

    Aristote a écrit : :

    Imaginons que NS se soit opposé à la nomination au FMI de DSK, dont il n’a pas été le seul soutien, au prétexte qu’il avait la main trop leste.

    Il n’avait nul besoin de s’y opposer, il lui suffisait de ne rien faire. Il est à peu près impossible de décrocher ce poste sans le soutien du gouvernement de son pays d’origine, comme est en train de le découvrir M.Gordon Brown en ce moment. Il avait encore moins de justifier de son opposition: c’est au contraire son soutien à un membre éminent du PS qui était surpenant. Rappelons, d’ailleurs, que la nomination de DSK a été considérée à l’époque comme un grand succès diplomatique, doublé d’un habile coup politique pour Sarkozy.

    niamreg a écrit : :

    Vous avez raison d’insister sur le fait que les seules conséquences pour NS relèvent de l’apparence. Bien entendu, cette affaire ne change rien à ce que NS a fait, ou fera.

    +1.

  • Si le sujet n’était pas si grave, toutes ces contorsions seraient à mourir de rire.

    Au rythme où ça va, il faudra bientôt se rendre à l’évidence. Personne ne savait rien sauf Sarkozy.

  • C’est pourtant simple : tout le monde savait que DSK était très porté sur le sexe et frôlait souvent le harcèlement. Personne n’imaginait (si les faits sont finalement avérés) que c’était un violeur en puissance. Ce qui reste, même aujourd’hui, difficile à croire et encore plus à expliquer. D’où la tentation de certains de croire à la théorie du complot et la tentation d’autres de croire que s’ils ont été si surpris, c’est que les journalistes leur avaient sciemment caché les éléments qui permettaient de prévoir ce type d’événement.

  • Jeff a écrit : :

    Personne n’imaginait (si les faits sont finalement avérés) que c’était un violeur en puissance.

    Bah après l’article d’Agoravox sur l’émission d’Ardisson, il y a au moins des milliers de personnes qui se sont sérieusement posées la question. J’étais très étonné à l’époque que personne n’ait cherché par la suite à voir ce qu’il s’était vraiment passé, ne serait-ce que pour infirmer définitivement cette histoire. Je pensais d’ailleurs que ça aurait été tiré au clair d’ici l’automne.

    La question que je me pose désormais, au vu du débat « on le savait, mais on ne le disait pas ouvertement » : que fait-on maintenant des, hum, « bruits » insistants concernant d’autres personnalités politiques éminentes ? On écarte d’un revers de main en invoquant le caniveau ? On essaie de leur donner une réponse définitive en invoquant la transparence ? Je ne suis plus très sûr…

  • @ Koz

    « Frôler le harcèlement » : c’est l’expression employée par Jean Quatremer. C’est pourquoi j’ai choisi de la reprendre. Mais on peut effectivement discuter. Ensuite, il faut s’entendre sur terme « harcèlement ». Pour Daniel Schneiderman par exemple, « harceler », c’est envoyer des mails insistants et répétés… C’est incontestablement lourd, mais pas forcément un délit.

    Par ailleurs, sans avoir plus d’informations que tout le monde et constatant, comme tout le monde, les multiples zones d’ombre de cette affaire, je me permettrais ce petit conseil qui me paraît assez sage. Imaginons un instant que DSK ne soit finalement pas, malgré les apparences, jugé coupable de la tentative de viol dont il est accusé (cette hypothèse ne peut être totalement exclue à l’heure où nous parlons)… Que vaudront alors certains commentaires définitifs et généraux que l’on lit ici ou là ? Quelle image verront ceux qui les auront distillés quand ils se regarderont dans la glace ? Prenons exemple (une fois n’est pas coutume) sur la prudence de l’immense majorité des politiques (de droite comme de gauche), je crois qu’eux ont bien intégré cette dimension-là…

  • @ Xerbias,

    On ne cède pas à l’émotion (surtout avant le jugement), on ne change rien, on reste sur les principes déontologiques journalistiques actuels, séparant vie privée et vie publique, tant qu’il ne s’agit pas d’un délit. Sinon, notre vie politique, dont on aimerait plutôt qu’elle vole un peu plus haut qu’actuellement, va définitivement sombrer dans les affaires de caniveau.

    J’ajouterais une petite remarque. Supposant les faits avérés (c’est une possibilité), certains n’hésitent pas à dire, de bonne foi : « vous vous rendez compte qu’on a failli élire à la présidence de la République ce malade sexuel ? Et tout ça parce que les journalistes et ses amis politiques nous avaient sciemment caché la face sombre de ce triste personnage ». Pourtant, on pourra constater que DSK, s’il a clairement un problème avec le sexe, a été jugé comme un très bon ministre des finances et un très bon directeur du FMI. Il n’est pas idiot de penser qu’il aurait, malgré ses faiblesses, peut-être pu faire aussi un très bon président. (ce qui n’empêche pas que s’il est reconnu coupable des faits très graves dont il est accusé, il mérite d’être sévèrement sanctionné). D’où le fameux « Docteur Strauss et Mister Kahn ».

  • @ Jeff : ne vous inquiétez pas pour moi et mon image dans ma glace. J’ai connaissance de suffisamment d’éléments, publiés ou non d’ailleurs, pour assumer parfaitement. Gardez donc vos petits conseils pour le jour où une personnalité de droite sera inquiétée. Ca ne manquera pas de vous être utile.

  • @ Koz

    Petite précision : je ne vous visais pas personnellement. Mais je prends acte que vous avez « suffisamment d’éléments, publiés ou non » et que vous « assumez ». Personnellement, au-delà des rumeurs, j’attends les résultats des enquêtes et le jugement…

  • Jeff a écrit : :

    Imaginons un instant que DSK ne soit finalement pas, malgré les apparences, jugé coupable de la tentative de viol dont il est accusé (cette hypothèse ne peut être totalement exclue à l’heure où nous parlons)… Que vaudront alors certains commentaires définitifs et généraux que l’on lit ici ou là ? Quelle image verront ceux qui les auront distillés quand ils se regarderont dans la glace ? Prenons exemple (une fois n’est pas coutume) sur la prudence de l’immense majorité des politiques (de droite comme de gauche), je crois qu’eux ont bien intégré cette dimension-là…

    Tous ceux qui se sont réjouis comme moi que des comportements inadmissibles (selon moi, ok, j’ai compris votre position, ne nous répétons pas davantage) soient enfin révélés, même s’il est dommage qu’on ait attendu d’avoir affaire à une accusation de tentative de viol sur laquelle nous ne prenons pas position (précision importante), n’auront rien à se reprocher dans l’hypothèse d’une relaxe/d’un acquittement.

    Jeff a écrit : :

    Supposant les faits avérés (c’est une possibilité), certains n’hésitent pas à dire, de bonne foi : « vous vous rendez compte qu’on a failli élire à la présidence de la République ce malade sexuel ? Et tout ça parce que les journalistes et ses amis politiques nous avaient sciemment caché la face sombre de ce triste personnage ». Pourtant, on pourra constater que DSK, s’il a clairement un problème avec le sexe, a été jugé comme un très bon ministre des finances et un très bon directeur du FMI. Il n’est pas idiot de penser qu’il aurait, malgré ses faiblesses, peut-être pu faire aussi un très bon président. (ce qui n’empêche pas que s’il est reconnu coupable des faits très graves dont il est accusé, il mérite d’être sévèrement sanctionné).

    Je m’étais fait la même remarque : ne se tire-t-on pas une épine dans le pied pour une affaire qui n’a rien à voir avec ses compétences? Laquelle remarque me conduit tout de même à trouver anormal de passer outre des actes criminels qui seraient punis chez le premier type venu, au motif que le criminel aurait fait un sacré bon dirigeant (hypothèse de l’énoncé, je ne me prononce pas sur le cas particulier :)). Nous nous rejoignons sur ce point.

    Alors plutôt que de pleurer le gâchis de compétences, ne devrait-on pas dans un tel cas se désoler que la France/la politique n’ait pas mieux à nous offrir? Quelqu’un qui, outre des compétences élevées, offrirait le minimum vital d’intégrité / de moralité, à tout le moins dans ses rapports professionnels (je ne suis pas exigeante) ?

    Dans le même ordre d’idées, en cherchant un remplaçant à DSK, on semble n’avoir personne d’autre à présenter une ministre qui, quoiqu’apparemment reconnue comme compétente sur la scène internationale, est à deux doigts de se traîner une sacrée casserole judiciaire. Rien n’est prouvé encore contre cette dame mais enfin, ça fait un peu désordre. Soupir.

  • cette affaire d’un socialiste éminent accusé d’agression sexuelle sur une femme du peuple est pain bénit pour la droite et tous ceux qui rêvent de « se payer » la libération des mœurs des 1970’s,

    j’en reste pour ma part à une grande prudence sur les faits et leur interprétation.

    DSK n’est pas plus le PS que dupont de ligonnes l’église catholique.

  • Y a-t-il un mec dans la salle à qui Christine Lagarde a mis la main aux fesses ? Je demande à tout hasard, hein …

  • Sorry, mais je ne crois pas en cette forme de prudence autre qui est la volonté de ne jamais se tromper ou de n’être jamais pris en défaut. Il faut vivre après tout, et passer une partie de son temps et de son énergie à ne pas dire vraiment ce qu’on pense est une des contraintes du système médiatique mais empêche les hommes d’être ce qu’ils sont et de prendre efficacement leur place au sein de la société. Nous y perdons tous au final.

    A partir du moment où l’Internet n’est pas considéré comme un média centralisé, ou chacun peut s’adresser à chacun, comme autour d’un bar, je crois que les règles naturelles doivent être celles du zinc en non pas celle des plateaux télés.

    Après tout il arrive de se tromper, de connaître des échecs, et n’importe quel internaute adulte est capable de le comprendre.

    Maintenant sur l’affaire DSK,je crois qu’on demande beaucoup trop à la justice, dans la capacité de pouvoir tout trancher de manière correcte et de débusquer la vérité. Comme on demande souvent aujourd’hui à la loi et au droit de s’occuper de tout.

    Nous serons de toute manière déçus, qu’on ait raison ou tort sur l’avenir.

    Je crois que Koz a raison de faire remarquer que la force morale a changé de camp, cependant l’UMP a fait le choix « assez noble » de pas transformer le truc en affaire Woerth inversée. Contrairement à ce que dit francis plus haut, il y avait largement matière pour, tant les réflexes automatiques d’amitié et de soutien radical sans preuve ont été présent, tant il a été démontré que le silence courait dans les hautes sphères du PS, sur les attitudes lourdingues et répétées de DSK.

    Mais attention, je ne crois pas du tout que le peuple français fera évoluer son vote pour autant. Beaucoup de gens appréciaient DSK et avaient gobé le fantasme de l’intelligence supérieure qui allait tirer la France, l’Europe puis le Monde de la mouise. Il y a donc beaucoup de déçus qui vont rester déçu, se poser une petite couverture sur la tête en gardant leur explication complotiste pour eux et n’en démordront pas et transposeront leur vote sur le prochain candidat socialiste.
    Il y aura aussi , comme je vois en ce moment, beaucoup de personnes qui se lâchent autour du zinc et dans la rue, qui minimisent leur peine en minimisant la gravité des faits reprochés à l’ancien directeur du FMI, avec toutes pensées graveleuses dans la veine JFK que cela autorise dans un cercle où la parole est libre.

    Je crois que la hauteur des enjeux actuels politique n’est adressée par aucun candidat probable. Si Sarkozy continue la même rengaine resucée qu’il a produite hier matin au colloque du eG8, il n’a aucune chance de l’emporter. Mais le chemin est long, j’espère que le pasteur méthodiste a emprunté les bonnes sandales d’un franciscain. ^^

  • Tous les journalistes de la gauche bien pensante arpentent les studios depuis 10 jours pour dire à quel point il faut laisser tranquille DSK et ne pas colporter les rumeurs, forcément infondées puisque sans plainte….
    Ah s’ils avaient les mêmes pincettes pour les hommes politiques d’en face.
    Le summum de l’hypocrisie reviens à Claude Ascolovitch « nous journalistes sommes fautifs de faire des pronostics pour les primaires et d’opposer les uns aux autres, il faut laisser le temps au PS de se remettre! » et Nicolas Domenach, d’une mauvaise foi absolue, « non, on a pas à parler des rumeurs et du off », je ne résiste pas à vous mettre la 4eme de couv de son dernier ouvrage, bien qu’il ai eu largement le temps d’en faire sa pub dans tous les médias amis:

    « Sarkozy, encore ? Non : Sarkozy, enfin !L e « off », en langage journalistique, c’est tout ce qu’il est convenu de ne jamais dire, écrire, décrire ou révéler : quand les propos officiels cèdent la place aux secrets partagés ou aux confidences personnelles, il est entendu que le témoin doit poser le stylo, le magnétophone ou la caméra. Ce livre commence exactement là où les autres finissent : Nicolas Sarkozy ayant transgressé la loi de l’incarnation présidentielle, les auteurs se trouvent affranchis de la loi du silence. Ils renoncent à la connivence qu’ont tissée trente années de fréquentation pour nous livrer le spectacle vivant d’un homme tel qu’en lui-même : tel qu’on ne l’a jamais vu, jamais entendu, jamais imaginé. La violence des emportements comme la chaleur d’un geste ou d’un mot, les cicatrices intérieures comme les convictions d’une vie ou d’un moment, les doutes confessés comme les certitudes fanfaronnées, la rage comme la séduction : c’est un Sarkozy « brut de décoffrage » que nous offrent ici deux hommes qui connaissent tout de la cruauté du monde politique.Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, est également chroniqueur à l’Edition Spécial de Canal + et sur i>Télé. Maurice Szafran est le PDG de Marianne.Leurs livres écrits en commun, notamment De si bons amis, ont été des succès d’édition considérables et les ont imposés au premier rang des journalistes-écrivains politiques. « 

    …ça laisse songeur…qui aurait écrit cela en remplaçant Sarkozy par DSK?

  • @ oim:

    J’emprunterai les mots de Gatien :

    Gatien a écrit : :

    @Oim (« Gatien il n’y a nulle contradiction : ne penser qu’a ma pomme est juste la conclusion inevitable de l’enchainement logique des evenements et consequences qui m’ont amené la ou je suis arrivé ») :

    Ca n’explique pas en quoi le déterminisme pousse forcément à l’individualisme jouisseur (c’était ma question de départ). Tout au plus, vous constatez que des événement (lesquels?) vous ont conduit, vous, à jouir dans votre coin.

  • Bon, j’ai des gros soucis d’accès à ce site, je suis la seule?

    Bref, je vais tenter de poster le commentaire précédent à la bonne place ; si ces deux posts peuvent être supprimés, ce serait super :-S

  • Yogui a écrit : :

    Y a-t-il un mec dans la salle à qui Christine Lagarde a mis la main aux fesses ? Je demande à tout hasard, hein …

    Vosu avez raison, on n’est jamais trop prudent. La main au portefeuille des autres, ce n’est déjà pas si loin. :p

  • Hum…Bel article ! Le seul reproche que l’on puisse faire (Mais je pense que c’est de l’humour) est le fait qu’st relayé dans cet article l’idée que la gauche est touchée au plus haut point par cette affaire . Il me semble qu’en France , ce n’est pas « Un chef , un parti » . Ainsi , non , la gauche n’est pas un repaire de libidineux juste parce que quelques membres sont quelques peu pervers . On trouve des gens de ce type à gauche comme à droite , la droite n’a pas le privilège de la morale ! Avant j’étais outré par le fait que l’on puisse considérer Sarkozy et l’UMP comme « le mal » et le PS comme « Le bien » , mais il faudrait pas tomber dans l’excès inverse !

  • Je ne crois pas dire cela, dans l’article. Ce que je souhaitais davantage mettre en avant, c’est le décalage entre les condamnations véhémentes de Nicolas Sarkozy, condamnation du bling-bling, condamnation des interventions dans les medias, condamnation du comportement, et le silence radio sur le bling-bling, les interventions et le comportement de DSK, qu’ils voulaient même porter à la présidence de la République.

    Ca ne signifie pas que les gens de gauche soient des violeurs. Déjà qu’ils mangent les petits enfants, on ne peut pas tout leur imputer.

    Mais ça soulève quelque doute sur la crédibilité et la cohérence de leurs réactions.

  • TL dit plus haut: « Je crois que Koz a raison de faire remarquer que la force morale a changé de camp, cependant l’UMP a fait le choix « assez noble » de pas transformer le truc en affaire Woerth inversée »
    je suis en total désaccord: après un délai de stupeur, de sidération, la droite a profité largement de cette affaire soulignant que l’ histoire de DSK, son attitude supposée étaient une hypocrisie partagée par les élites de gauche qui font beaucoup de mal aux français. mais heureusement DSK a démissionné de son poste avant d’être inculpé, nettement plus réactif qu’un eric woerth…

    mais la rumeur, l’info qui n’en est pas, c’est un toujours des lecteurs…tiens par exemple on parle d détectives, de millions de dollars…en fait, personne n’en sait rien: personne n’a vu un détective mandaté par DSK, seuls les médias semblent enquêter, mais le dossier est trop beau pour s’interdire imagination et approximations……

  • @ francis:

    En ce qui concerne les détectives, c’est une évidence dans le système américain. C’est ce qui fait que l’on est si bien défendu… quand on en a les moyens. On n’en a pas interviewé? La belle affaire! Le propre d’un détective, c’est de ne pas se montrer, en théorie.

    Quant aux millions, certains ont déjà été déboursés pour la libération sous caution et la sécurisation/BigBrotherisation de l’appartement de DSK. Nulle supputation/rumeur dans tout cela.

    Enfin, sur la réactivité de DSK comparé à E. Woerth… Comment dire… il est difficile de piloter le FMI à partir des geôles américaines ou d’une résidence surveillée…

  • urv a écrit : :

    …ça laisse songeur…qui aurait écrit cela en remplaçant Sarkozy par DSK?

    Votre naïveté est désarmante 🙂

    Le « off » sur Sarkozy a été écrit et publié à un moment où tout le monde prévoyait NS battu par DSK. Le risque pris était donc minime, il fallait même devancer dare-dare ceux qui se préparaient à monnayer la curée.

    Le même livre sur DSK, perçu alors comme très probablement le prochain Président ? Pas si fou…

  • Koz a écrit : :

    Gardez donc vos petits conseils pour le jour où une personnalité de droite sera inquiétée. Ca ne manquera pas de vous être utile.

    Bien vu, Koz ! Puisque l’actualité me donne l’occasion de prouver ma bonne foi, mon esprit non partisan et ma cohérence, je m’y colle donc.
    Présomption d’innocence pour le ministre Georges Tron. Et même s’il devait être finalement déclaré coupable d’agression sexuelle et de viol (ce qui reste largement à prouver), je pense que cela ne sera pas de nature à entacher la moralité de son camp politique (ni a fortiori celle du pays tout entier), car il s’agit d’un comportement on ne peut plus individuel. De même, dans la mesure où aucune plainte de ce type n’aurait été déposée auparavant, les questions du type « les journalistes et ses amis politiques avaient-ils connaissance de son comportement avec les femmes ? Et si oui, pourquoi ont-ils caché la vérité aux Français ? » ne me sembleraient pas a priori pertinentes.

  • à Lelfe. l’imagination est au pouvoir dans la manière dont les médias inventent la défense de DSK. les millions font toujours rêver, et jalouser…

  • Si on compare les affaires Baudis et DSK, on DEVRAIT être trés prudent sur le cas du Sofitel… Sauf que, loin d’être une accusation isolée comme le premier, on apprend que le second est connu comme ayant un comportement déviant, rapporté par de nombreux témoins différents et ce depuis des années.

    La différence de traitement est évidente. Un comportement moutonnier ? Ou un péché d’apriori d’opinion, matiné de partialisme politique ainsi que d’un goût pour la sécurité du groupe ?

  • Hum… Que ce soit justifié ou non, les débats sur son logement ne sont-ils pas une confirmation de ce que j’écris ?

    Encore une fois, tout est question d’impression, de sentiment, d’impact dans l’opinion publique qui, généralement, se fout pas mal des explications que l’on peut développer ensuite.

    « À moins que l’affaire DSK n’agisse lentement dans l’opinion, au fil du feuilleton judiciaire, et touche tous les socialistes indistinctement. C’est la crainte de certains. C’est pourquoi les socialistes veulent à tout prix «déconnecter» les sujets. Mais la chronique du procès de Dominique Strauss-Kahn ne devrait pas leur laisser la possibilité d’oublier l’histoire. »

  • Koz a écrit : :

    Hum… Que ce soit justifié ou non, les débats sur son logement ne sont-ils pas une confirmation de ce que j’écris ?

    Certes. Qui plus est, la résidence surveillée de luxe (que je trouve pour ma part parfaitement compréhensible, vu que personne de veut de lui dans son voisinage) sera un sujet rapidement dépassé par la marée de détails peu ragoûtants qui vont être déballés petit à petit. Et si les vraies informations tardent à venir, on peut compter sur la presse pour entretenir la flamme avec des anecdotes et des rumeurs. (Bien entendu, on continuera quand même de se plaindre que les médias sont inféodés à la gauche). Le noeud au mouchoir me paraît superflu.

    Cela dit, j’espère tout de même qu’on ne va pas faire toute la campagne de 2012 là-dessus. Il y a un paquet de sujets qui attendent, et qui sont autrement plus lourds que la chute, méritée ou non, d’un représentant de nos élites dirigeantes.

    Jeff a écrit : :

    Présomption d’innocence pour le ministre Georges Tron. Et même s’il devait être finalement déclaré coupable d’agression sexuelle et de viol (ce qui reste largement à prouver), je pense que cela ne sera pas de nature à entacher la moralité de son camp politique (ni a fortiori celle du pays tout entier), car il s’agit d’un comportement on ne peut plus individuel.

    D’accord. Cela dit, 1) Georges Tron est un personnage de second plan relativement à DSK, 2) on est encore loin, dans son cas, d’une arrestation, 3) il n’y a pas, pour le moment, d’autres éléments mis au jour dans le passé de M.Tron qui iraient dans le sens de comportements douteux. Il est donc plus facile, ici, de maintenir la position prudente qui s’impose.

  • Jeff a écrit : :

    Présomption d’innocence pour le ministre Georges Tron.

    Pas de présomption d’innocence pour quelqu’un qui a avoué. Tron a reconnu avoir massé les pieds de ses collaboratrices dans la mairie. Ce n’est pas à ça que sont destinés les lieux publics. Ce n’est pas à ça que doivent servir les élus. Si Tron découvre aujourd’hui qu’il s’est fourvoyé dans ses orientations professionnelles, il n’est jamais trop tard pour se recycler dans la réflexologie plantaire.

    Gwynfrid a écrit : :

    (Bien entendu, on continuera quand même de se plaindre que les médias sont inféodés à la gauche)

    Alors que, franchement, une presse qui tape à la fois sur les gens de droite qui sont trop à droite et sur les gens de gauche qui ne sont pas assez à gauche fait bien la preuve de sa neutralité !

  • @ Lib:

    Il y a quand même une sacrée différence ente le massage de pieds inapproprié et ce dont est accusé ce brave Tron. L’argument me paraît un peu spécieux. 🙂

  • Je constate avec satisfaction que l’Elysée, par la voix de Nicolas Sarkozy lui-même, a amorcé un virage à 180° sur l’argument « l’affaire DSK entache gravement l’image de la France », qui dominait les premiers éléments de langage, répétés en boucle par les représentants de l’UMP après la révélation de l’affaire. Cette affirmation était en effet doublement débile. D’abord parce que l’on ne voyait pas pourquoi ni comment un comportement on ne peut plus personnel pouvait rejaillir sur l’image du pays. Ensuite parce qu’il était intenable et suicidaire pour les représentants du pays d’affirmer eux-mêmes que l’image de la France était entachée (on attend plutôt d’eux qu’ils disent justement le contraire : que l’image de la France n’est pas en cause, ce qu’a fait Sarkozy hier, dont acte).

    Par contre, le temps de l’exploitation politique semble venu avec un argument fondé sur la même logique que le précédent (donc qui ne tient pas plus la route) : « l’affaire DSK entache gravement l’image du PS ». Variante : « le PS a perdu la bataille de la morale ». Apparemment, pour l’instant, si l’on en croit les sondages, les Français ne tombent pas dans le panneau. Et je ne crois pas que cette argumentation soit promise à un grand avenir, même si le procès de DSK se déroule pendant la campagne. De toute façon, l’argument reste difficile à manier et peut générer un effet boomerang (si l’affaire DSK entache l’image du PS, alors l’affaire Tron entache l’image de l’UMP, etc.).

    On attend avec impatience le temps de la bataille d’idées et de projets… On attend avec impatience qu’on parle un peu économie et social, emploi et fiscalité, éducation et avenir des jeunes, endettement et services publics, solidarité et vivre ensemble, etc.

  • koz nous dit plus haut : « le rôle de la défense sera notamment de détruire la réputation de la victime présumée… les JT s’ouvriront sur ce procès durant lequel un socialiste, ancien candidat implicite de son parti, s’appliquera à détruire l’honneur de celle qui est femme, immigrée, etc… »

    je n’ai pour l’instant pas vu une seule tentative de ce type de la part de la défense mais plutôt un avocat de l’accusation qui cherche dans les médias des témoignages pour salir l’accusé…

    pour l’instant, la défense semble plus respectueuse des personnes que l’accusation…

    wait and see.

  • wait and see, we agree…

    mais j’ai trouvé l’inversion des rôles amusante…

    surtout lorsqu’on a vu le volume des articles sur « les détectives de DSK…ils vont la démolir…ils sont déjà en guinée » basés sur…riiieen !

    et si, en fin de course, comme le lui conseillait dans le figaro un juriste américain,
    DSK plaidait la maladie mentale qui l’ empêchait de maîtriser ses pulsions ?

  • @ francis:

    http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/09/01003-20110609ARTFIG00671-je-parierais-qu-il-y-aura-un-accord-avant-le-proces-dsk.php

    Autre américain, avocat, dans les colonnes du Figaro.

    « Autre exemple: dans les affaires de viol, la loi new-yorkaise interdit d’évoquer au tribunal la vie sexuelle de la plaignante. Eh bien, la défense pourra le faire dans la presse pour lui faire comprendre qu’elle est en mesure de détruire sa réputation. Il faut s’attendre à beaucoup de manœuvres de ce genre. L’objectif est de faire mûrir l’idée qu’un accord reposant sur le paiement d’une grosse somme d’argent est préférable à un procès. »

  • Hum, hum… Relisons aujourd’hui ce billet et ces commentaires… C’est assez instructif. Le sage conseil que je donnais ne méritait donc pas d’être balayé comme il l’a été. Manifestement, personne n’avait assez d’informations « publiées ou non publiées » pour porter toutes sortes de jugements définitifs sur DSK, sur ses amis, sur les journalistes, sur la victime présumée, sur la justice américaine, sur les moeurs françaises, etc.

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