J’ai voté nul (et je ne veux pas que ça se reproduise)

Cette affichette, dans l’isoloir, n’avait jamais retenu mon attention. Hier, je l’ai lue avec l’application du débutant. Comment fait-on pour voter blanc ? C’est que le vote blanc n’est pas dans mes convictions. Règle n°1 : je vote. Règle n°2 : au deuxième tour, je départage. J’étais d’ailleurs de ceux qui sont opposés à la comptabilisation du vote blanc.

Aujourd’hui, j’ai respecté la règle n°1. En ayant une bonne idée de ce que j’allais y faire, j’ai fait le détour par le bureau de vote, et je suis dans l’isoloir avec mes deux bulletins. Chez moi, un divers droite sans grande ampleur contre un UMP. Bref, je suis derrière mon rideau, et je lis l’affichette. Alors, on fait comment ? Je rends une enveloppe vide ? Je barre un nom ? Je n’ai pas pensé au stylo et puis, barrer un nom… En fin de compte, je reprends les bulletins dans la poubelle, et je mets les deux. Je ne suis jamais resté aussi longtemps dans un isoloir.

Mon vote est nul. J’ai fait sciemment la démarche d’exprimer une opinion qui ne sera pas prise en compte. Mon vote est nul, comme l’a été cette campagne, nulle comme l’orientation que prennent l’exécutif et l’UMP. Nul comme l’état de la droite.

Je lisais avant de voter que Nicolas Sarkozy n’attachait aucune importance à ce scrutin. « En 2012, les gens raisonnables iront voter », aurait-il déclaré. C’est possible. J’irai voter, c’est vrai. Mais qui sait si je n’opposerai pas le même vote aux candidats que l’on me proposera ? Je ne me suis jamais abstenu depuis dix-sept ans que je suis en âge de voter. Je n’ai même jamais raté un premier tour. Aujourd’hui, je ne conçois aucune fierté de mon vote, je n’en conçois que de l’amertume. Ce vote est un crève-coeur, une transgression de dépit. Pas une transgression des valeurs des autres, non, une transgression des miennes. Certes, il a raison : il y a encore moins de chances que je m’abstienne aux présidentielles qu’à ces cantonales à l’enjeu très limité. Mais j’ai horreur qu’on joue de mon propre sens des responsabilités.

Ce soir, dans mon département des Hauts-de-Seine, j’aurais voulu être électeur de Neuilly-sur-Seine ou de Levallois-Perret. Contribuer au score pharaonique et pourtant tellement démocratique de Jean-Christophe Fromantin. Contribuer au score d’Arnaud de Courson contre Isabelle Balkany. Pour une autre politique, un autre rapport à la politique, et pour une autre droite.

Mais assez geint : quel doit être l’avenir ? L’UMP a vécu. Elle était réunie autour d’un projet aussi électoraliste qu’inconsistant : une union pour une majorité. Elle n’est jamais parvenue, même symboliquement, à le dépasser. Aujourd’hui, l’UMP est un étouffoir pour toute une partie de la droite. Il y a près d’un an, on pouvait s’estimer à la croisée des chemins : soit reconquérir un centre, soit virer un peu plus encore à droite. Nicolas Sarkozy a choisi sa route. Il serait ravi des polémiques lancées par Claude Guéant ces derniers jours, nous dit-on. Ce matin, Jean-François Copé prétend avoir « entendu le message » et reste englué dans la laïcité. Et quand Nicolas Sarkozy « met en garde ceux qui voudraient mettre en cause l’unité de l’UMP », il devrait s’appliquer cet avertissement le premier. Aujourd’hui, nul ne nous oblige à suivre Sarkozy, Guéant et Copé. Nul ne nous oblige à taire nos valeurs, à forcer nos principes, pour accepter ce que l’on refusait hier.

Nicolas Sarkozy est convaincu que la société s’est droitisée. Pourtant, dans mon entourage, très majoritairement à droite, je n’ai jamais connu autant d’abstentionnistes, autant de votes blancs, autant d’indécision, de mécontentement et de malaise. L’étiquette UMP est devenue un handicap et la disgrâce un avantage.

Les partis de centre-droit, les partis de droite sociale, doivent quitter l’UMP. L’argument selon lequel il vaudrait mieux être à l’intérieur du parti pour y faire entendre une voix différente, pour peser sur les décisions, ne tient plus. Quel bilan les représentants de cette droite peuvent-ils tirer aujourd’hui de leur participation à l’UMP ? En quoi ont-ils pesé ? Ont-ils infléchi le positionnement du président, celui de l’UMP ? S’ils s’interrogent sur leur visibilité demain, hors de l’UMP, s’ils craignent que leur voix soit étranglée, qu’ils considèrent simplement la situation actuelle : aujourd’hui, leur voix est étouffée, mais en interne, elle n’a même pas une chance d’être entendue dans le pays. Pire encore : les voilà contraints de porter les couleurs d’une politique avec laquelle ils sont en désaccord.

Nicolas Sarkozy n’accorde aucune importance aux scrutins locaux, sacrifiés à l’enjeu présidentiel. Ce faisant, il est également en train de sacrifier le tissu de représentation de la famille centre-droit. Et, en 2012, après les présidentielles et les législatives, la question qui se posera pourra aussi être tout simplement celle des conditions de la survie.

Une clarification est donc nécessaire, et urgente. Se fera-t-elle au préjudice de la victoire dans les urnes ? Si, à terme, l’UMP ainsi délestée s’alliait avec le Front National, composant un bloc de droite dure fort et militant, cette droite pourrait être prise en étau. Et l’on sait de surcroît que la pondération  du discours n’est pas la meilleure stratégie médiatique. Peut-être… Mais il serait grand temps de retrouver l’honneur de la politique, qui ne se fait pas pour une union électorale mais pour l’affirmation de convictions, qui ne se fait pas en sondant l’électorat pour se précipiter sur son chemin présumé mais en incarnant une voie et, osons-le, une doctrine. On fait de la politique parce que l’on a un message à porter et non des postes à occuper.

S’il fallait convaincre encore les réticents, on trouvera des voix dans ce réservoir de mécontentement, chez ces électeurs abstentionnistes, chez ceux qui, en votant, n’ont fait que « leur devoir » là où ils brûlent de s’enthousiasmer. Et pour ne citer que quelques exemples, à Neuilly, à Levallois, à Rueil-Malmaison, ou encore à Versailles (avec Olivier de la Faire, PCD) ainsi qu’à Lyon, au Chesnay et à Saint-Germain-en-Laye, opposés à un candidat UMP, ce sont les candidats Divers Droite qui l’ont emporté.

André Rossinot, pour le parti radical, a donné un mois à l’UMP pour se réformer, pour « faire vivre en son sein la diversité ». Il est des ultimatums qui ne visent qu’à clarifier les responsabilités d’une issue inévitable. Celui-ci en est un. Ou doit l’être.

Un autre parti associé s’interroge depuis longtemps, se voyant comme « un caillou dans la chaussure du président », c’est le Parti Chrétien-Démocrate. Comme il l’indique, « les électeurs cherchent une droite cohérente et porteuse de valeurs ». Samedi, lors de son Conseil National, il se dit avec insistance que le PCD pourrait officialiser une première prise de distance avec l’UMP.

Cette démarche doit aller à son terme.

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

92 comments

  • Plus de 10% de bulletins nuls dans mon bureau de vote (ce qui a retardé d’une heure la proclamation des résultat… avis aux électeurs, dès que nous avons un cas de nullité, cela retarde beaucoup le dépouillement; préférer l’envelope vide à la limite, cela va plus vite :-) ). Du jamais vu… Couplé à un taux d’abstention record (65% dans mon bureau), il est évident que ce scrutin a cristallisé un profond malaise civique. Je ne reviendrai pas sur les raisons de ce malaise que vous avez parfaitement définis dans votre article. Un enjeux peu clair, des candidats peu convaincants… ajouté à cela, un « système » particulier dans le 92 dont les électeurs souhaitent se débarasser.

    Sur le plan plus politique, vous avez raison. Mais cette prise de conscience est bien tardive… Sans vouloir en rajouter une couche, l’ineptie d’un parti unique à droite est dénoncée depuis 2002 par Bayrou. Il faut être lucide: il existe plusieurs familles de pensées à droite et au centre, comme il en existe aussi plusieurs à gauche. Vouloir les forcer dans un moule unique n’a pas de sens et est cvontre-productif: privé de la possibilité de voter au premier tour pour leur sensibilité politique dans un système binaire, les électeurs désertent le bureau de vote. La démocratie a besoin de la confrontation des idées, des visions, des projets. Et chaque famille de pensée doit être représentée dans les instances élues, même si le système doit être adapté pour permettre une certaine stabilité. A ce titre, la réforme du système électoral par l’UMP, vers un système de scrutin majoritaire excluant les candidats n’ayant pas réunis 12,5% des inscrits, est inique et anti-démocratique, et se retourne contre ses auteurs.

    Jacques Chirac a fait l’erreur en 2002 de gouverner avec sa seule UMP alors qu’il n’avait reçu que 20% des suffrages au premier tour et que son élection au second était un vote par défaut et non d’adhésion. 2007 a été un grand moment de démocratie et de débats, une participation record. Et Nicolas Sarkozy a canibalisé le pouvoir pour son clan, étouffé les sensibilités sociales et centristes qui avaient voté pour lui au second tour alors que Bayrou avait eu 18,5 % des suffrages au premier tour… On ne peut pas ignorer la moitié de son électorat de second tour en faisant comme si ils étaient tous vos supporters enthousiastes…

    Quelques soient les (nombreux) défauts de Bayrou, il a raison de souligner que le rôle d’un chef de l’Etat n’est pas de gouverner au seul profit de son premier cercle, et que, surtout en cas de crise, il faut réussir des consensus larges sur les politiques qui engagent la nation, que les efforts doivent être répartis de façon juste quand on en demande aux Français.

    Il est donc indispensable que les familles politques démocrates, chrétiennes sociales, modérées, se rassemblent de nouveau pour proposer un choix politique différent du conservatisme sécuritaire de l’UMP-RPR. Et qu’ensuite, des accords de gouvernements soient réalisés non pas sur une seule pbase de distributions de postes et strapontins, mais sur le fond, sur un projet de consensus commun large, majoritaire. Faute de quoi, ce sont les partis extrémistes qui l’emporteront, puisque le vote traditionnel n’aura plus de sens.

  • Bayrou n’existe que pour être président de la république. il n’a pas de convictions autre que son ambition. La différence avec Sarkozy est que ce dernier a réussi à se faire élire. Qu’il existe différentes sensibilités à droite et au centre je suis d’accord. Ensuite qu’elles s’expriment individuellement ou au sein d’une « majorité cela dépend de ce que l’on veut. Un grand parti capable de laisser s’exprimer différentes tendances tout en conservant une certaine cohérence n’est pas anti démocratique. On retrouve cela dans d’autres système politiques comme la Grande-Bretagne ou les États-Unis. On peut encore citer le couple CDU-CSU en Allemagne. Je ne suis pas sur que revenir à un trop grand émiétage politique soit forcément la bonne solution.

    Sur le vote nul ou blanc je ferai la distinction. Je suis pour la reconnaissance du vote blanc comme vote à part. On devrait avoir le choix de pouvoir exprimer le fait que aucune des offres politiques ne nous satisfassent pleinement en mettant un bulletin blanc dans l’urne. Ce vote serait différencier du vote nul (pas de bulletin, plusieurs bulletins ou bulletin modifié). Il faudrait que le vote blanc soit mit dans le décompte (Blanc tant de %, UMP tant de % et PS tant de %).

  • Je n’ai pas suivi Bayrou en 2002 parce que cela ne correspondait à ma sensibilité du moment et que, comme le dit un peu Condé, je n’ai perçu dans son refus de l’UMP que la seule volonté de conserver sa propre écurie présidentielle.

    Son comportement, ses choix, sa façon de gérer le Modem n’ont pas vraiment tendance à me détromper là-dessus. En revanche, il n’avait pas forcément tort sur l’organisation de la droite.

    Aujourd’hui, je trouve vains les discours sur l’UMP qui doit « marcher sur ses deux jambes », comme le disait encore hier Gérard Larcher. D’une part, parce qu’on les entend depuis bien longtemps sans qu’ils ne se traduisent d’une quelconque manière dans les faits : la droite sociale / libérale / chrétienne / personnaliste / humaniste fait figure de caution morale (version, on n’est pas tous des enfoirés) tandis que l’on n’entend que ceux qui agitent les débats électoralistes et notamment la « droite populaire ». D’autre part, et c’est évidemment lié, parce que je ne suis pas certain que les deux jambes aillent dans le même sens, ce qui rend la démarché mal assurée.

    En ce qui concerne le vote blanc, j’étais encore contre sa comptabilisation samedi dernier – notez quel effort supplémentaire cela a été de le faire. J’ai un peu de mal avec un vote qui signifie un non-choix. Je l’ai fait, sans vouloir nécessairement que ça se « généralise ». Mais, à la réflexion, non seulement il me semble que la démarche d’une personne qui prend sur son dimanche pour aller exprimer cette opinion peut mériter d’être entendue, mais il me semble que cela pourrait aussi faire baisser le vote protestataire. Aujourd’hui, la perspective que ce vote soit compté pour rien incite peut-être certains à choisir des votes qui feront davantage trembler le landerneau.

  • @ Condé: Je ne partage pas votre avis sur la capacité des grands partis à faire vivre des sensibilités différentes. Le majoritaire au sein du parti écrase le reste, ou c’est la pagaille, comme au PS en France. Cela tiraille dûr en Allemagne dans le couple CDU-CSU, et le système anglais est imposé par le système électoral, et ce n’est pas très sain (cela a d’ailleurs été la raison de la montée des LibDem jusqu’à leur participation délétère au gouvernement). Les autres pays européens ont un évantail de partis assez large qui représente les différentes sensibilités politiques des électeurs. Aux US, le taux de participation est de 30% ! un peu de multipartisme ne leur ferait pas de mal !

    Quant à Bayrou, c’est anecdotique dans le contexte de cet article, et je n »ai pris cet exemple que pour illustrer mon propos. Tous les leaders politiques ont une ambition pour le pouvoir, Bayrou ni plus ni moins qu’un autre. Je ne partage pas votre jugement sur le fond de sa personnalité, pour le connaitre un peu personnellement, mais ce n’est pas le sujet.

  • Je vote depuis moins longtemps que ça, et il ne faut jamais dire jamais, mais je me définis tout de même comme un intégriste de la non-abstention. Ou du vote blanc, que je tiens comme quasi-identique, malgré les finasseries. Après tout, lors d’une élection, on ne me demande pas mon avis, ni d’envoyer un message, mais d’exercer le pouvoir démocratique et ma responsabilité civique, et donc refuser de l’exercer, d’une manière ou d’une autre… est irresponsable, sauf si l’on a de sérieuses raisons de penser qu’il faut faire péter « le système ».

    Bon ensuite, le malaise politique actuel est réel. Les révolutionnaires de 1789 n’avait peut être pas non plus les cantonales en tête en risquant leur vie pour le droit de vote. Et si faire « péter le système » ça veut dire dans ce cas précis flinguer un échelon du mille-feuille territorial français, je serais presque pour… Donc plutôt que de vous engueuler tous, je vais vous proposer une alternative originale à l’abstention qui j’en suis sûr, vous convaincra.

    Votez aléatoire!

    Heu, ne votez pas complètement aléatoire non plus, pour le coup c’est con, autant s’abstenir. Mais l’idée est de vous convaincre que vous n’êtes jamais si indécis que ça, non plus. A un premier tour, vous avez toujours une vague idée de pour qui vous ne pourriez pas voter. Pourquoi ne pas valider ce qui est déjà un choix par un tirage au sort ? Vous pouvez tirer un bulletin au hasard ce qui favorisera les petits partis, ou pondérer votre choix en fonction du poids des partis ou des critères que vous voulez. En fait, le vote aléatoire vous permet une variété de combinaisons infiniment plus variée que le simple et ennuyeux choix d’un bulletin.

    Pour 2012, je peux vous proposer un petit package « je punis Sarkozy sans non plus pousser mémé dans les orties », avec du PS-Vert-Modem-Droite alternative dedans, par exemple. Un petit truc, si vous n’avez pas de générateur aléatoire sous la main, une montre avec trotteuse fait très bien l’affaire: le chiffre des secondes vous donne un nombre au hasard entre 1 et 60.

    Pour un second tour, c’est plus pénible, je vous l’accorde. Mais vous n’êtes pas complètement démunis non plus. Vous pouvez faire une liste points positifs (+1), points négatifs( +1 à l’adversaire), vous faites une moyenne pondérée, et pof! Tirage au sort. Ensuite, si c’est les cantonales, que vous ne connaissez les deux candidats ni d’Eve ni d’Adam, que c’est un Divers Droite contre un Droite Divers… Pfff. Mettez-y un peu du votre, aussi! ne me dites pas qu’il n’y en pas un qui est plus moche que l’autre, par exemple.

    Bon je vous l’avoue, je ne l’ai encore jamais mis en pratique. Mais je trouve que c’est un bon exercice que de considérer qu’il s’agit de mon alternative si je ne réussis pas à me décider. Ca relativise les interrogations que je peux avoir quant à la vanité de mes choix. Et puis j’imagine que si quelqu’un essayait vraiment la technique, elle se transformerait en piège contre lui. le tirage effectué, soit il se retrouve finalement pas si mécontent de son « choix », et alors c’était bien la peine de nous emmerder, soit il se dit « mais comment je peux bien voter pour ce (…) ». Ben c’est bien pour ça qu’il ne faut pas s’abstenir, hé, patate.

  • Le problème est que soit l’on a une organisation unique et alors il y a un risque d’écrasement et de tiraillement qi les différentes sensibilités n’arrivent pas à s’exprimer; soit il y a une multitude de partis et alors le risque d’émiettement va rendre difficile l’exercice du pouvoir par un incessant jeu de négociations/concessions/discussions qui ne sont pas en soi nuisibles à la démocratie mais risque de tendre vers un certains immobilisme.

    En Allemagne cela tiraille entre CDU et CSU mais ils ne vont pas rompre. En Grande-Bretagne le système de vote à rendu possible un bipartisme quasi exclusif mais il ne faut pas voir les partis comme monolithique. Un des soucis des leaders est de devoir composer avec les tendances des majorités (une aile droite très anti européenne chez les Tories; une aile gauche proche du PS français au Labour). Aux États Unis c’est pareil, l’indiscipline de vote et la diversité des origines font que entre un élu républicain du Texas et un élu républicain de la Californie vous avez autant de différence qu’entre Sarko et DSK.

    Quant aux leaders politiques et leur envi du pouvoir: évidement. On ne fait pas de politique si l’on a pas envi du pouvoir. Toutefois on peut faire de la politique en ayant une vision, un projet (De Gaulle par exemple) que l’on pourra mettre en oeuvre une fois au pouvoir. Aujourd’hui j’ai du mal à voire qui aurait un véritable projet crédible….

  • Ne pas comptabiliser les votes blancs c’est comme traiter les électeurs FN de « gros cons » : c’est facile et cela permet à notre petite élite de ne pas se remettre en question.

  • Dans mon canton, la manière dont l’UMP a manifesté son soutien à ses candidats a davantage été un poids qu’un soutien. Manque d’indépendance du candidat par rapport au maire dans une passe difficile, dénigrement du sortant , tout cela s’est violemment retourné contre l’UMP au second tour. Pas un cas isolé dans le 92.

    Il y a un espace qui va s’ouvrir au niveau national, pour un candidat qui adopterait un positionnement humaniste centre-droit, qui saurait rassembler ceux que la droitisation instrumentalisée de l’UMP fâche, le Nouveau Centre, les divers droite, le Modem, quelques socialistes, avec une touche Verte, une fibre sociale affirmée, crédible sur les questions financières, et qui sait parler aux gens sur un ton direct mais apaisé, sans les dresser les uns contre les autres. Vous voyez à qui je pense ? JLB. A l’entendre ce matin à la radio, l’idée fait son chemin.

  • @ Vivien: je l’ai fait, aussi, parce que le risque était limité dans ma ville. Sur un deuxième tour avec un véritable enjeu, je ne pense pas que j’aurais voté blanc. Mais dans notre cas, sachant les leçons nationales qui sont tirées (même si c’est inapproprié) de ce scrutin, je n’ai pas vu la raison de me priver de cet avertissement. Et, comme le souligne Voltaire, dans notre département, territoire de Balkany ou de Ceccaldi-Raynaud, territoire également de Jean Sarkozy, il m’apparaissait encore plus nécessaire d’adresser cet avertissement.

    Enfin, non, je n’assimilerai pas le vote blanc/nul à l’abstention. Certains abstentionnistes s’abstiennent parce que l’offre politique ne les intéressent pas, d’autres parce qu’ils ne voient pas l’intérêt de voter blanc, d’autres enfin parce qu’ils se foutent de leur droit de vote. Difficile de faire la distinction entre ces possibilités. En revanche, avec le vote blanc, on peut au moins rayer la dernière hypothèse.

    PIC a écrit : :

    Il y a un espace qui va s’ouvrir au niveau national, pour un candidat qui adopterait un positionnement humaniste centre-droit, qui saurait rassembler ceux que la droitisation instrumentalisée de l’UMP fâche, le Nouveau Centre, les divers droite, le Modem, quelques socialistes, avec une touche Verte, une fibre sociale affirmée, crédible sur les questions financières, et qui sait parler aux gens sur un ton direct mais apaisé, sans les dresser les uns contre les autres. Vous voyez à qui je pense ? JLB. A l’entendre ce matin à la radio, l’idée fait son chemin.

    Jusqu’à maintenant, il ne m’a pas vraiment convaincu. Je vais l’écouter avec plus d’attention, c’est certain.

  • Je comprends bien la nuance entre vote blanc et abstention. Mais il s’agit d’une nuance de message porté par le votant, et non, le vote n’est pas un instrument de communication mais d’exercice du pouvoir. Cette idée est au coeur de mon intransigeance: on ne peut pas laisser s’installer l’idée que le vote peut être autre chose que la désignation des porteurs du pouvoir, sans risquer de dénaturer la démocratie.

    Ensuite, j’ai bien conscience que l’on est en plein dans la théorie, là. Le cas du 92 m’interpelle evidemment, avec cette sociologie qui par endroit transforme notre démocratie en régime de parti unique, avec tous les problèmes que cela représente. Donc le vote blanc comme protestation somme toute bénigne contre cet état de fait, je suis d’accord, ça se discute.

    Je suis aussi sensible à cet argument du vote extrême comme « vote blanc déguisé ». Ma grande peur est qu’à terme, si le vote blanc est légitimé, le peuple en vienne à ne plus exercer son pouvoir démocratique, par une lassitude que j’assimile à un caprice de riche. Mais force est de constater que ce vote n’est pas plus exercé dans le cas d’un transfert vers le vote extrême. Alors oui, peut être que le containment du vote blanc aussi à merdé, et je vais peut être devoir mettre de l’eau dans mon vin sur ce point de vue…

  • Je suis tout de même très content de la défaite d’Isabelle Balkany.

    Koz a écrit : :

    On fait de la politique parce que l’on a un message à porter et non des postes à occuper.

    J’aurais plutôt dit qu’on fait de la politique parce que l’on a des idées que l’on veut appliquer.

  • @ Vivien: le vote blanc permet sans voter extrême on ne pas voter marquer le fait que aucun des partis/candidats/programmes ne correspond à ce que l’on souhaite pour exercer le pouvoir. Bien entendu il faut être conscient qu’il n’y aura jamais ce que l’on souhaite à 100% mais quand rien dans l’offre politique n’est suffisamment satisfaisant alors il faut indiquer aux responsables politiques qu’ils doivent changer. Le problème actuel avec la non reconnaissance du vote blanc est que le PS se gargarise de ses scores alors que le vote de Dimanche à tout monter sauf une adhésion au programme (s’il existe) de l’opposition. Si cela avait été le cas l’abstention aurait été entre 20/30% (c’est beaucoup mais dans la moyenne de ce type d’élection) et non 55%. Si on additionne abstention + vote blanc/nul, on doit avoir moins de 30% de l’électorat qui s’est prononcé pour quelque chose. Bref difficile d’être enthousiaste. Je propose que l’on donne les vrai score en y incluant le vote blanc. Le PS sera à 20% et l’UMP à 10%… (estimation personnelle car on ne comptabilise ni les blancs ni les nuls)

  • @Panouf : je vais peut-être dire une bétise, mais il me semble que le PCD n’a plus aucun élu à l’assemblée nationale, depuis la fin du mandat de Jean-Frédéric Poisson en 2010. Ca explique que vous ne voyiez aucun député du PCD lors de ce vote.

  • xerbias a écrit : :

    J’aurais plutôt dit qu’on fait de la politique parce que l’on a des idées que l’on veut appliquer.

    On peut le dire également. Mais je ne suis pas certain que cela dépasse la nuance.

    panouf a écrit : :

    @Koz: personnellement j’ai été déçu par le PCD: ses membres n’ont, selon le SB, même pas été là lors du vote des lois de bioéthique… Info à revérifier tout de même… En fait j’ai trouvé, la liste et ici, et les députés PCD n’y apparaissent effectivement pas… http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0696.asp

    Ah mon Dieu, mon Dieu, dans quels tourments tu me plonges là ! Horreur et damnation ! Effroi et affliction ! Mais enfin, mon bon panouf, tu sais bien qu’il n’y a rien de catholique hormis le Front National et Bruno Mégret, pour le Salon Beige. Alors, de grâce, ne prend donc même pas la peine de me soumettre leur appréciation, dont je me tamponne grave grave grave.

    En ce qui concerne la liste des députés PCD qui n’auraient pas voté la loi bioéthique, mais enfin, mais en voilà un lièvre !

    Allez, je t’aide : il n’y a plus de député PCD. Jean-Frédéric Poisson a été battu lors de la législative partielle de juillet 2010. J’ai dans l’idée que ce doit être la raison pour laquelle il n’y a pas de députés parmi les votants de cette loi.

    Sinon, la prochaine fois que tu iras faire un tour au Salon Beige, chez ces gens si collets montés, si à cheval sur les points-non-négociables, si prompts aux leçons de morale privée etc., n’oublie pas de leur dire que leur Marine, elle est divorcée deux fois (c’est une fois de plus que papa), qu’elle vit dans le péché aujourd’hui et qu’elle a pris soin d’écarter toute présence « catholique » au sein du FN (ce qui n’est pas complètement pour me déplaire : moins il y a de monde prétendument catholique en son sein, mieux je me porte).

  • @Koz : n’enterrez pas trop vite les députés PCD : Dino Cinieri est encore à l’assemblée nationale il me semble…et n’a pas changé d’étiquette, si?

    Sinon, je me permets une remarque: il y a les commentaires d’un site que vous n’appréciez pas, je le comprends. Et il y a l’info « brute » relayé par un site, et celle ci mérite parfois que l’on y prete attention.

    Le bilan sur les votes des députés sur les « points non négociables » me parait intéressant.

  • J’avoue être très vivement interpelé par la nuance par Vivien sur le vote en tant qu’expression d’une opinion, et le vote en tant qu’exercice du pouvoir. Je n’en suis pas à mon premier vote blanc, soucieux que je suis de ne pas donner mon vote à un candidat ou un parti qui s’oppose à des convictions qui sont pour moi non négociables (et je ne vois que ça, en l’état actuel des choses, d’où le fait que je sois nettement favorable à la comptabilisation du vote blanc – distinct des erreurs de procédure ou de l’abstention), mais cette nuance me questionne.

    Vous avez raison, théoriquement, le principe de l’élection est de donner aux électeurs un mode d’exercice du pouvoir. Pour moi cela a toujours été confondu avec le fait d’exprimer mon adhésion à un programme et à un candidat pour l’appliquer, ou en l’absence d’adhésion possible, d’exprimer ma non adhésion. Je n’arrive toujours pas à avoir une bonne intelligence de cette nuance et ce qu’elle suppose, mais le fait que vous la fassiez m’oblige à me pencher dessus. Si vous pouviez m’aider à désembrumer tout ça, ce serait super gentil.

    @Exilé :

    Le bilan sur les votes des députés sur les « points non négociables » me parait intéressant.

    Ce serait intéressant si le SB ne faisait pas une sélection sur les points négociables qui les intéressent. Ils ont une fâcheuse tendance à oublier toujours le même : celui qui concerne la justice sociale. M’est avis que ça les arrange bien des fois. Vérifiez vous-même, ce point est explicité dans l’énumération de la note doctrinale de la congrégation pour la doctrine de la foi sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique (estampillée Joseph Ratzinger).

  • Oui, après vérification, il reste bien encore deux députés membres du PCD à l’assemblée nationale : Jean-François Chossy et Dino Cinieri. Et en effet, il n’étaient pas présents au moment du vote. Aux temps pour moi.

  • @ Exilé: ah tiens, vous avez raison. Et j’imagine que je dois faire amende honorable. Toutefois, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas ce qu’on fait de plus apparent : lui-même ne le mentionne pas sur son site, et le PCD ne le mentionne pas davantage sur le sien… Pareil pour Jean-François Chossy. Je dois donc présenter mes excuses à Panouf pour m’être emporté à tort, même si j’ai tendance à penser qu’il s’agit un peu là de députés dormants. Il n’y a en effet aucune ambiguïté quant aux positions du PCD en matière de bioéthique.

    En ce qui concerne l’info brute, oui elle peut avoir son intérêt. Malheureusement, on ne peut pas dire que le Salon Beige s’abstienne de commentaires, et j’ai horreur de trouver un billet sur Jean-Paul II entre deux actus de Bruno Mégret.

    ***

    Sinon, vous trouverez ici une lettre ouverte de Jean-Christophe Fromantin, assez en colère contre les petites manoeuvres et manips élyséennes pour recaser Devedjian à la présidence du Conseil Général, sans même qu’un échange sur les projets ait pu avoir lieu.

    On colle une phrase fourre-tout sur le message des électeurs qui impose de travailler en union, et de faire taire les divisions, et on repart comme avant, avec de surcroît un Jean Sarkozy qui va entrer dans l’exécutif du conseil général. Et on voudrait que je regrette mon vote blanc ?

  • Je suis né en 1953. Je suis instit de campagne à la retraite, fils d’instituteurs de campagne. J’ai toujours vécu et je vis toujours parmi des hommes et des femmes qui votent majoritairement à gauche. Jusqu’à Lionnel Jospin j’ai toujours voté à gauche. PC, PS, Parti Radical, Vert, en fonction du candidat le mieux placé. Sous des gouvernements de gauche j’ai vu mes conditions de travail se dégrader, j’ai vu se dégrader les conditions de vie de parents d’élèves, de « mes » élèves. J’avais averti ceux et celles que je connaissais au PC, au PS, chez les verts et les radicaux que ne je voterai pas Lionnel Jospin. Je n’ai pas voté Chirac non plus dans la foulée. J’ai voté blanc. Une feuille format A4 pliée en quatre. Je n’ai pas voté Sarkozy. J’ai voté Bayrou puis Ségolène Royal. Aujourd’hui et sauf imprévu « historique » je n’ai pas l’intention de vote Marine Le Pen, ni Sarkozy, ni Villepin, ni Borloo, ni Strauss Khan, ni Aubry, ni Mélanchon. Peut-être que je voterai Eva Joly, peut-être Bayrou. On verrra. Après Tchnernobyl ma compagne a fait un cancer de la tyroïde. Avec ce qui se passe au Japon j’aimerais que dans les mois à venir mes enfants ou petits enfants ne fassent pas de cancer. Sur le plan personnel j’aimerais aussi que les impôts locaux arrêtent d’augmenter, ainsi que l’eau, le gaz, l’électricité, la gazole, le fuel, la nourriture. A tout le monde je souhaite un emploi, un emploi qui permet à tout le monde de vivre dignement. C’est probablement à partir de ça que je ferai mon choix le moment venu.

  • @Pneumatis

    Je suis ravi de vous avoir interpellé, d’autant plus que je vous trouve vous-même souvent « interpellant ». Promis, je prends un moment pour discuter avec vous. Mais ce devra être demain. A bientôt.

  • Je suis personnellement pour la reconnaissance du vote blanc. Cela fait moins de cinq ans que je suis une électrice et j’ai plus voté blanc lors d’un scrutin que pour un candidats.

    J’ai bien appris mes leçons d’éducation civique au cours desquels on m’a inculqué l’idée d’accomplir mon devoir civique. Dans la mesure du possible, je vote pour respecter le combat de ces hommes et de ces femmes qui ont lutté pour nous donner ce droit. Cependant, quand un candidat ne me plait pas, quand aucun d’eux ne respecte les valeurs en lesquelles je crois, je n’ai pas d’autre choix que de voter blanc. Pour montrer que les politiques que l’on me propose ne sont pas celles que je veux pour la France. Je déteste quand les votes blancs ne sont pas reconnu : ces hommes et ces femmes ont fait l’effort de se déplacer à leur bureau de vote pour accomplir leur devoir civique : cela montre qu’ils s’intéressent au monde qui les entoure, à l’avenir de leur pays. Seulement, celui que les politiciens nous proposent n’est pas celui que nous désirons.

    C’était mon apologie pour la reconnaissance du vote blanc !

  • Je désespérais d’entendre ou de lire un commentaire qui soit autre choses que « on a gagné », « même pas perdu », « bouh le FN », « au s’cours la république est en danger »,… A force d’imaginer que les Français sont trop bêtes pour comprendre les enjeux, trop bornés pour saisir des nuances, trop égoïstes pour avoir le sens du bien commun, trop stupides pour choisir tout seuls, on a ce résultat ! J’étais ravie d’habiter dans un canton non renouvelable. Alors merci pour l’article, et merci aux commentateurs que j’ai lus attentivement. Seule bouffée d’oxygène pour moi, cet entretien avec Alain Mergier, sociologue que je ne connaissais pas, dans La Croix du 28 mars (page10, rubrique France) : « Le vote FN donne une valeur politique à ce que les gens vivent ». Malheureusement accessible aux seuls abonnés sur le site. C’est la première fois que je lis quelque chose qui ressemble davantage à une analyse qu’à un seul jugement de valeur…

  • @Vivien : merci beaucoup. En l’état, tenant compte de votre nuance, je suis en train de me dire que je confonds sans doute élection et référendum, autrement dit :

    • élection : vote pour une délégation de mon pouvoir à une personne

    • référendum : vote pour indiquer mon adhésion à un projet

    Nous parlons ici d’élection, et non de référendum. Et pour cause, c’est bien l’élection qui fait une république, je crois.

    Le problème que je vois, en l’état, c’est que ma confusion personnelle est aussi au coeur de l’institution elle-même, puisque les candidats à une élection nous présentent des projets auxquels ils nous proposent d’adhérer, plutôt ou au moins autant qu’un CV. Et surtout, il n’est pas prévu formellement de référendum systématique même sur une ou deux grandes lignes de gouvernement, à l’issu desquels des élus seraient tenus de souscrire aux conclusions qu’ils imposent. En l’état, je ne vois donc aucun pouvoir au peuple, aucune « démocratie » dans ce système sinon à entrer comme je l’ai fait, en aveugle, dans cette confusion et voter lors des élections comme on voterait lors d’un référendum populaire : pour des projets (ou contre).

    De ce que j’ai compris des principes républicains, c’est bien dans l’essence de l’institution de considérer que le peuple à le pouvoir, mais uniquement de choisir, via des élections, à qui il délègue le gouvernement de son pays. Pas de participer à ce gouvernement… ça se tient, dans un certain sens, mais le fait que les plus hauts délégués au pouvoir soit éjectable en fin de mandat, ça évite les dictatures, mais ça ne fait pas une démocratie. C’est juste la définition d’une république. Pour que ça devienne une démocratie, arrêtez-moi si je dis une bétise, cela suppose encore que le délégué du peuple dans le gouvernement du pays représente aussi, d’une manière ou d’une autre (du référendum populaire au doigt mouillé) les aspirations du peuple en question.

    C’est bien ce qu’on bricole actuellement avec des candidats qui sont aussi des projets (quand ils en ont, en tout cas) ou susceptible d’en être. Mais dans ce cas, cela justifie que l’électeur ne vote pas simplement sur un CV, mais aussi en fonction de son adhésion au projet réel ou supposé du candidat. Donc qu’il exprime, ce faisant, une opinion. Et cette opinion peut alors devenir, le cas échéant, une opposition aux propositions faites, et donc un vote « blanc ». Bref, un refus non pas de voter, mais d’adhérer. En somme le vote blanc comme le vote d’adhésion sont des expressions démocratiques, tandis que le vote d’élection est strictement républicain. Les deux ne s’opposent pas, mais on peut largement comprendre (surtout dans le contexte actuel des révolutions arabes) que le peuple trouve les moyens, même en bricolant, d’une expression démocratique qui serait sans cela inexistante.

    D’avance pardonnez-moi si je dis des grosses bêtises, à l’école je dormais au fond de la classe pendant les cours d’instruction civique. C’est pourquoi Vivien, j’attends avec impatience votre contribution, parce que j’avoue que mon discernement sur ces questions est loin d’être fait. Et d’ailleurs je vous remercie déjà de m’avoir poussé à réfléchir un peu plus à la question.

  • @Pneumatis

    Je ne sais si le salon beige fait une sélection, mais j’avais personnellement en tete 3 points non négociables, issus du discours de Benoit XVI que vous pouvez lire ici http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/march/documents/hf_ben-xvi_spe_20060330_eu-parliamentarians_fr.html

    ce qui donne

    la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle

    la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable;

    >

    la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.

    La note doctrinale que vous évoquez (merci de la référence :) )est certes plus complète…mais aussi plus complexe dans l’évaluation postérieure des actions politiques. http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20021124_politica_fr.html

    A sa lecture, je comprends que les points non négociables sont

    la protection de la vie etc…

    la protection et la promotion de la famille avec la liberté de l’éducation

    la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage (drogue et prostitution)

    le droit à la liberté religieuse

    une économie au service de la personne et du bien commun

    la paix comme oeuvre de justice et de charité

    J’avoue que faire le « point politique » sur les deux derniers points n’est pas aisé :)

  • Je pense que nous tomberons en revanche assez vite d’accord pour dire que les « points non négociables » ne sont aucunement le sujet de ce billet, et que l’on évitera par conséquent de s’engager dans des chemins de traverse qui mériteraient des billets à eux tous seuls.

  • « On fait de la politique parce que l’on a un message à porter et non des postes à occuper. »

    Houlà, si j’en suis convaincu, si t’en est convaincu, pas sur que les gens qui se font élire pensent de la même façon que toi.

    En voyant les polémiques de l’UMP qui implose en interne, j’ai l’impression de voir des alcooliques qui ont enfin le « moment de lucidité » : « Mais on est pas en train de faire une énorme connerie, en allant toujours plus à droite ? » Bon, visiblement, Sarkozy est persuadé que c’est la meilleure stratégie. Aujourd’hui j’ai entendu, le concernant, la remarque « politiquement autiste » et je pense que c’est ça : guidé par un fana de l’extreme droite comme Buisson et par un béotien comme Guéant, il est persuadé de faire refonctionner le coup de 2007.

    Enfin bon, c’est mon regard d’électeur de gauche. Mais ça me rassure quand même, parce depuis une semaine de cantonale, à force d’entendre des remarques toutes plus réacs les unes que les autres, j’avais l’impression que la plupart des électeurs de droite avaient virés fachos.

  • Billet très intéressant et commentaires de haute tenue. C’est plutôt rare de nos jours et mérite d’être souligné ! Bien cordialement à vous toutes et à vous tous.

    jf.

  • Ah et pour ceux qui iraient penser que j’ai eu tort de donner une signification nationale à un scrutin local, voici ce qu’écrivent Jean Sarkozy et Patrick Devedjian après s’être réconciliés sous les ailes de Pôpa :

    « Nous sommes à la veille d’échéances politiques décisives pour l’avenir de notre pays. Il est indispensable que les Hauts-de-Seine soient un pilier exemplaire de la politique du gouvernement et de l’action du président de la République »

    On se fout d’ailleurs bien de notre gueule puisqu’il est évident que, si les Hauts-de-Seine ne l’ont pas été jusque-là, ils ne vont pas le devenir en un an. Quant à l’exemplarité des Hauts-de-Seine, il vaut mieux ne pas trop s’étendre là-dessus.

    Mad-Dog a écrit : :

    Houlà, si j’en suis convaincu, si t’en est convaincu, pas sur que les gens qui se font élire pensent de la même façon que toi.

    Non, pas sûr du tout, en effet. Mais il m’arrive souvent de penser que, si nous abandonnons les premiers cette exigence, il n’y a aucune raison que les (des) élus imaginent qu’ils y soient tenus. Alors, je la maintiens, et j’essaie de me concentrer sur ceux qui semblent s’y conformer. En sachant très bien que plus on attend, plus on attend de chances d’être déçus.

    pomdapi a écrit : :

    Seule bouffée d’oxygène pour moi, cet entretien avec Alain Mergier, sociologue que je ne connaissais pas, dans La Croix du 28 mars (page10, rubrique France) : « Le vote FN donne une valeur politique à ce que les gens vivent ». Malheureusement accessible aux seuls abonnés sur le site. C’est la première fois que je lis quelque chose qui ressemble davantage à une analyse qu’à un seul jugement de valeur…

    Je partage votre appréciation. Cette analyse est vraiment intéressante, et je la relirais.

    En revanche, je crois bien qu’elle est accessible aux non-abonnés.

  • effectivement, analyse très intéressante, éloignée de l’analyse que fait l’UMP du vote FN, ou en tout cas de ce qu’elle en exprime.@ pomdapi:

  • @ pomdapi:

    D’accord avec cette analyse, le vote FN est la conséquence de l’aggravation de la fracture sociale.

    La crise a des effets très différenciés. Les classes dirigeantes parisiennes des beaux quartiers n’en sont guère affectées, au contraire leur patrimoine foncier se valorise.

    A l’inverse, les classes moyennes inférieures des banlieues et de province se paupérisent, le chômage les affecte gravement alors que les prix à la consommation augmentent et que la tension sociale et l’insécurité s’accroissent.

    Les seuls partis qui donnent l’impression de prendre conscience de ces phénomènes sont les partis extrêmes. Leur programme apporte à l’électeur l’illusion de jours meilleurs tout comme le tirage du loto qui n’a jamais aussi bien marché.

  • Ce qui se passe dans les Hauts de Seine démontre à l’évidence que nombre de politiques aujourd’hui jouent devant leur miroir et ne passent par la case vote que contraints et forcés. Ces guignols vire voltant sur la scène dans le brou ha ha de leur marais n’entendent même plus les sifflets que soulèvent leurs arrangements de piètre envergure.

    C’est cela le vote blanc, le cri scandalisé des spectateurs qui ont payé pour un autre spectacle. L’abstention ce sont les huées d’un public qui ne va plus au cirque car il ne rit plus des facéties du clown et ne veut plus acheter de billet pour le spectacle.

    Le cas des hauts de Seine montre qu’une grande partie de l’électorat de droite règle son compte au camp Sarkozy, repousse l’idée de la restauration Sarkozienne par progéniture interposée.

    La droite est entrée en phase de fission accélérée, l’extrême droite en sort déjà reconstituée, la droite « sociale » se cherche, se reconnait peut être dans un Fillon encore bien palot.

    L’homme volant sera bientôt sur la scène, il entrera dans le canon en saluant le public sans réaliser qu’il n’y a plus de public………….en tout cas pour ce cirque là.

  • PIC a écrit : :

    Il y a un espace qui va s’ouvrir au niveau national, pour un candidat qui adopterait un positionnement humaniste centre-droit, qui saurait rassembler ceux que la droitisation instrumentalisée de l’UMP fâche, le Nouveau Centre, les divers droite, le Modem, quelques socialistes, avec une touche Verte, une fibre sociale affirmée, crédible sur les questions financières, et qui sait parler aux gens sur un ton direct mais apaisé, sans les dresser les uns contre les autres. Vous voyez à qui je pense ? JLB. A l’entendre ce matin à la radio, l’idée fait son chemin.

    Très honnêtement, avant de tomber sur les initiales JLB (pourquoi pas ?), je m’attendais plutôt à DSK (le « quelques socialistes » aurait dû me guider vers la bonne réponse mais j’ai cru qu’il s’agissait de dire que beaucoup de socialistes ne suivraient pas DSK).

    Sinon, sur le vote blanc, je ne le considère pas comme une abstention. Mais après avoir été tenté (en cédant une fois à la tentation), j’y ai définitivement renoncé. Pourquoi ? Parce que si je veux peser (modestement) sur l’élection, je dois choisir, même si le choix ne m’enchante pas. Sinon cela revient à laisser choisir les autres.

    J’irai même plus loin : depuis trente ans, il y a deux partis de gouvernement (pas trois) qui ont une chance réelle d’accéder au pouvoir : l’UMP (ex-RPR) et le PS. Et depuis dix ans au moins, on sait que le FN peut s’inviter au second tour, sans aucune chance d’être élu au niveau national, mais avec la capacité d’éliminer celui que j’aurais choisi au second tour (éventuellement par défaut) et de m’obliger à voter pour quelqu’un que je ne veux pas du tout voir accéder (ou rester) au pouvoir. Je vote donc utile dès le premier tour, en renonçant à exprimer éventuellement une sensibilité plus personnelle au premier tour. J’essaie d’être pragmatique.

    Sur le débat interne à la droite, je trouve la ligne Buisson – Sarkozy – Copé – Guéant complètement suicidaire pour la droite (comme une volonté de disparaître, et l’héritage gaulliste avec). Mais comme cela semble être la seule martingale de Sarkozy (refaire le coup de 2007), tant pis pour lui. Alors oui, s’il continue à s’enfermer dans le délire « droite populaire », que la droite sociale et humaniste de l’UMP se montre et sorte des rangs si elle existe ! A l’heure qu’il est, où les sondages donnent Sarkozy rejeté dès le premier tour, il n’y a plus grand-chose à perdre… Bayrou ira, c’est sûr. Borloo, on verra…

  • Ouf ! J’ai cru l’espace d’un instant que vous vous étiez trouvé face à un cas de conscience cornélien du genre : « je vote communiste ou je vote FN ? » Fort heureusement le drame se passait dans les Hauts de Seine, entre gens de bonne compagnie, loin de la masse de ceux qui ont cru à la gauche (ou à la droite) pour les sortir de la m…e dans laquelle ils sont plongés au quotidien.

    Il y a 30 ans je votais pour la 1ère fois et manque de pot ce fut Mitterrand qui est sorti du chapeau. A l’époque je croyais au politique, enfin à la manière républicaine. J’étais un jeune gaulliste, pas chiraquien, gaulliste. La droite à l’époque j’y croyais pour avoir été élevé par un père, fidèle du Général. Et puis lentement mais sûrement j’ai vu la droite partir en capilotade, devenir l’ombre d’elle même. Au point qu’aujourd’hui je ne vois plus vraiment où se trouve vraiment la différence entre l’UMP et les autres composantes de la « droite » actuelle et un PS qui malgré un discours qui se veut de gauche use de plus en plus dans ses fiefs des méthodes libérales : recours aux contractuels de droit privé, abandon pur et simple de certaines tâche au profit du privé, évaluations individuelles et maigres augmentations sauf pour les cadres des catégories A et B qui se voient allouer de substantielles primes, etc. On régularise autant, voire plus, d’étrangers aujourd’hui qu’à l’époque Jospin. Etc.

    Aussi loin que je puisse me souvenir j’ai toujours été un réac, sans le savoir au début, puis en conscience vers la vingtaine. J’approche la cinquantaine et cela va faire bientôt 10 ans que je ne vote plus. Je ne crois plus au cirque. J’ai été proche de la fédé RPR à un moment, ce qui m’a permis de voir un peu (trop ?) de l’envers du décor. J’ai vu des jeunes mettre leurs idéaux de côté pour un poste, pour la gamelle. J’ai connu certains types qui sont allés à gauche parce que c’était alors là qu’on trouvait les plans de carrière les plus prometteurs. J’ai connu le Chirac gaulliste, puis plus ou moins libéral, anti-européen puis fervent européiste, etc. ad nauseam. A un moment donné j’ai eu un frémissement lorsqu’un certain Nicolas est arrivé au ministère de l’Intérieur, j’étais prêt à croire à un discours qui osait s’affranchir du planplan habituel, qui appelait un chat, un chat et une racaille, une racaille. Puis je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait QUE le discours et rien derrière.

    Il y a bien longtemps que je ne crois plus à la droite. Je ne pense pas pour autant que le FN puisse faire mieux si d’aventure il arrivait aux commandes. Je suis résigné et lorsque je discute avec des collègues, des amis, des gens de rencontre, que j’écoute parfois les conversations, je m’aperçois que je suis de moins en moins seul. Alors je me contente de faire mon métier, de secourir les gens, de courser la racaille, d’aider des gamins à ne pas se déscolariser et faire de mauvaises rencontres qui plomberaient leur vie, mais je ne crois plus à la politique, je ne crois plus en la république et à ses soi-disant valeurs. J’attends le moment. Soit la France finira par ne plus être la France – et c’est en bonne voie depuis pas mal de temps – soit ça tournera vinaigre. Et franchement si ça devait arriver je ne sais pas de quel côté je serais.

    Je sais, on est loin des petits calculs politiciens sur le mode : « et si untel s’allie avec untel« , « et si le FN n’était plus diabolisé« , où l’on joue à se faire peur. C’est juste un coup de blues et de gueule d’un type parmi tant d’autres qui en a assez de voir des gus qui viennent causer dans le poste avec leurs costards sur mesure pour dire à des millions de besogneux que l’abstention c’est pas bien, que voter FN c’est le mal et que ça ne résout rien. Comme s’ils se souciaient des cohortes de sans grades, comme si ces gens pouvaient compter pour eux.

  • @ Koz: Je me satisfais tout en mesurant ton désarroi, de la compréhension que le vote blanc pourrait avoir dans une démocratie renouvelé. Il est peut être encore tôt pour discuter des conséquences que l’on veut mettre derrière. Il est juste important de réaliser que cela reste une expression parmi d’autres. Ce que je vais me dépêcher de préciser à @vivien…

  • @ Condé: oui mais si on compte ainsi il y a de quoi prendre des anti dépresseurs. Je crois que le taux d’abstention est suffisamment impressionnant comme cela. Une fois la campagne terminé, la question de légitimité ne se pose plus. L’élection passée, d’une certaine manière si l’électeur n’était pas au rendez-vous c’est son problème. l’abstention depuis le temps, des électeurs savent que cela ne fait rien bouger, par contre les votes extrêmes scandalisent. Et maintenant que Mar1ne se recentre, la question se posent de la persistance de cet effet là, par contre.

  • Vote blanc, abstention , qui s’en soucie ? Ces messieurs cherchent à racoler les électeurs avec des discours auxquels plus personne ne croit. Les politiques n’ont plus de pouvoir sauf de faire des « débats » qui ne règleront jamais rien et dont personne ne tiendra compte. Pour moi, du haut de mes presque 50 ans, n’ayant jamais voté blanc ni ne m’étant jamais abstenue, je n’ai plus la moindre confiance dans les politiques. Le courage n’existe plus. Nous sommes englués dans une Europe malade et nous crèverons avec elle.

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  • Il m’est arrivé une fois de voter blanc, et c’était pour une élection pas mal plus importante qu’une cantonale. De même que Voltaire, je recommande l’enveloppe vide, c’est moins prise de tête.

    Mais ça ne change pas grand-chose à la frustration qui découle de ce vote. Le non-choix, ce n’est vraiment pas passionnant. Incontestablement, la différence avec l’abstention est mince: on ressort de là en se disant, bon, au moins moi je me suis déplacé. Un acte de présence, quoi.

    Le décomptage officiel du vote blanc ? J’y suis favorable par principe, mais je reconnais que cela ne changerait pas grand-chose. À moins d’avoir une règle permettant d’annuler l’élection et de disqualifier tous les candidats pour la prochaine si les blancs se révèlent majoritaires, mais même cette menace resterait très théorique.

    @ Pneumatis: dans l’attente de la contribution de notre excellent camarade Vivien, permettez-moi de tenter une réponse.

    Vivien a écrit : :

    le vote n’est pas un instrument de communication mais d’exercice du pouvoir. Cette idée est au coeur de mon intransigeance: on ne peut pas laisser s’installer l’idée que le vote peut être autre chose que la désignation des porteurs du pouvoir, sans risquer de dénaturer la démocratie.

    +1. Le vote n’est pas un sondage d’opinion géant. C’est une décision relative au pouvoir. Pour le référendum, on décide sur un point particulier. Pour l’élection, on décide quelles personnes vont recevoir délégation de notre part.

    Dans ce contexte, le vote blanc, comme l’abstention, revient à abandonner la responsabilité de la décision aux autres électeurs; soit parce qu’on s’en fout, soit parce qu’on ne parvient pas à décider soi-même. Par le passé, j’ai motivé mon propre vote blanc en disant que les deux candidats du second tour m’étaient tous les deux également inacceptables. Mais c’est une erreur: nous n’avons pas d’autre choix que de faire partie de la société où nous vivons, sauf à choisir l’exil sur une île déserte. Par conséquent, si l’on me propose deux candidats, je ne peux que choisir l’un ou l’autre, ou laisser le choix se faire sans moi.

    Ceci signifie que le vote blanc n’est envisageable que si les deux choix sont également acceptables à mes yeux. Sinon il me faut voter pour le plus acceptable, autrement dit le moins inacceptable des deux.

    Dit autrement: le vote blanc (et c’est la même chose pour l’abstention), c’est une demi-voix pour chaque côté. Donc vous acceptez implicitement les deux. Vous pouvez vous dire que c’est une demi-voix contre chaque côté, mais comme les votes blancs ne sont pas décomptés, et même s’ils l’étaient, cette posture ne change rien à la décision prise – que vous êtes contraint, par la loi, d’accepter.

    C’est souvent très désagréable, sachant que tous les candidats ont en général des aspects inacceptables (voir par exemple la notion de « points non négociables »). Mais c’est comme ça que le système marche. À ceux à qui il ne convient pas, il ne reste que l’émigration, la révolution, ou la vie dans un monde virtuel. On peut aussi bien sûr créer son propre parti et participer ainsi au système. Mais la question de l’acceptation se repose dès que ledit parti n’accède pas au second tour.

    @ Pneumatis: Je ne souscris pas, sur ce point, à votre distinction entre république et démocratie. Le fonctionnement que je décris ici est celui de la démocratie en tous temps et sous toutes les latitudes. Il n’est pas, bien sûr, parfait, et certaines façons de le mettre en oeuvre (la votation à la suisse par exemple) sont intrinsèquement plus démocratiques que d’autres, sans pour autant garantir qu’on aille tellement mieux vers le bien commun.

  • Harald a écrit : :

    Alors je me contente de faire mon métier, de secourir les gens, de courser la racaille, d’aider des gamins à ne pas se déscolariser et faire de mauvaises rencontres qui plomberaient leur vie, mais je ne crois plus à la politique, je ne crois plus en la république et à ses soi-disant valeurs.

    Vous êtes sur la bonne voie.

    La première étape, c’est de ne plus rien attendre de « l’Etat ». La deuxième, c’est de faire soi-même les trucs essentiels qu’on avait pris l’habitude de lui déléguer (secourir les gens, aider les gamins…). L’ultime étape c’est de réaliser que ça marche mieux quand les gens le font eux-mêmes.

  • @Pneumatis (et Gwynfrid)

    Déjà, vous me faites rougir: je ne suis pas spécialiste en philosophie politique, je vous livre juste quelques réflexions personnelles sur le sujet.

    Ensuite, la distinction que dresse Pneumatis me parait être la classique différence démocratie directe/démocratie représentative. Comme le relève Gwynfrid, aucune démocratie n’est purement directe à l’échelle d’une organisation complexe comme un Etat. Si vous voulez un exemple d’utopie de démocratie directe généralisée se plantant dans les grandes largeurs avant d’aboutir à un système parfaitement non démocratique, vous pouvez vous intéresser à l’histoire de la Révolution russe de 17, c’est très intéressant. La démocratie française pourrait cependant être plus directe, par un usage plus important du référendum, par exemple: c’est une affaire de culture politique.

    De toute façon, j’ai l’impression que ça ne règlerait en rien votre problème, Pneumatis. Si un point est pour vous non négociable, il vaut mieux que la position de la personne pour qui vous votez soit claire à ce sujet. Vous n’allez pas lui donner une prime électorale pour vous « surprendre » sur un point que vous avez à cœur? Et à l’inverse, si un point est vraiment « non négociable », en quoi un référendum change-t-il quoi que ce soit à la donne?

    Pour comprendre le sens du mandat que vous accordez à un élu, je trouve que l’analogie la plus pertinente est celle du contrat. Mettons que vous vouliez trouver un prestataire pour faire le ménage chez vous ou dans votre entreprise. Il vous faut sélectionner un prestataire et signer un contrat avec lui. Ce contrat comporte une part écrite et légale (La Constitution et les lois organiques pour l’élection, le contrat signé avec le prestataire dans l’autre cas), mais aussi une partie orale non formalisée par écrit, qui dans le cas du mandat électoral est très importante, c’est le fameux programme. Il y a aussi une part de non-dit, culturelle, sur ce que vous attendez de la part d’une entreprise de nettoyage ou d’un président (le prestataire doit être poli, le président doit « faire » président).

    Lors d’une élection, comme pour un contrat, votre arme principale en cas de mécontentement est la non-reconduction du contrat. Vous espérez qu’une concurrence saine vous permette d’avoir le choix entre un nombre raisonnable de prestataires. Si aucun des prestataires ne vous satisfait, déléguer le choix à Jean-Louis et Justine ne règlera en rien votre problème, surtout si vous savez que Jean-Louis est un ahuri. Et si Justine et Jean-Louis se défaussent à leur tour, et que vos chiottes sont sales, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même.

    Enfin, et surtout, par rapport à votre difficulté, le fait de signer ce contrat ou de valider ce mandat n’a pas valeur d’adhésion. Il est même normal que vous n’ayez pas eut gain de cause sur tous vos points, surtout dans une négociation à 40 millions de parties. Tout juste a-t-il valeur de consentement à ce qu’il soit appliqué. C’est le principe même du second tour d’une élection. Personne ne vous demande d’adhérer en 2 semaines à un programme que vous avez initialement rejeté. Les politiques vont bien sûr tout faire pour vendre votre consentement comme une adhésion, mais c’est un petit jeu qui ne trompe personne et qui ne doit pas vous retenir.

    En fait le coeur même du problème est cette notion de points non négociables. Ils existent en démocratie, les définir est le rôle de déclarations universelles comme les Droits de l’Homme par exemple. Mais le problème est que la démocratie, c’est la négociation. Si vos points non négociables en viennent à recouvrir l’ensemble du champs de l’offre politique, la démocratie n’a plus qu’à plier boutique. Et il convient de bien penser par quoi on souhaite la remplacer.

    Ainsi, et c’est peut être horrible à dire, mais le respect à la vie dès sa création que je partage avec vous malgré certaines nuances, est pour moi un point négociable. Plus ou moins consciemment, je le relègue même derrière d’autres priorités, comme mon opposition à la peine de mort par exemple, ce qui m’a toujours prémuni de m’intéresser de trop près aux partis anti-avortement.

    Le problème que j’ai avec votre positionnement, Pneumatis, est qu’il me donne l’impression d’essayer de jouer sur deux tableaux qui me paraissent contradictoire. Je comprends le désir chrétien de vouloir préserver « sa pureté », et d’essayer d’appliquer à la lettre cet enseignement d’être « dans le monde mais pas du monde ». Qu’un moine derrière sa clôture ne souhaite pas voter, je l’accepte tout à fait. Si tout le monde devient « moine », par contre, la démocratie a un sérieux problème, et même la société en général.

    Maintenant le problème est que vous n’avez pas renoncé à être un acteur sur le plan politique. Et à partir de cet instant, vous ne pouvez faire autrement que négocier, et sur tout, que ce soit dans un cadre démocratique ou non. Et à l’acteur politique ne revient pas que la décision, mais la responsabilité de la décision comme des moyens pour y parvenir. Si vous obteniez gain de cause sur la question de l’avortement, par exemple, il vous resterait encore à assumer les moyens (probablement peu démocratiques) pour obtenir ce résultat, les conséquences de l’imposition de votre décision à une majorité non consentante, et à trouver le moyen de le faire dans un cadre qui soit évangélique…

  • @ Vivien : «  Sinon il me faut voter pour le plus acceptable, autrement dit le moins inacceptable des deux.« 

    En clair la démocratie ça se limite à devoir choisir entre la peste et le choléra. Super ! Votre position : « Pour l’élection, on décide quelles personnes vont recevoir délégation de notre part. » n’est que théorique. Effectivement, sur le papier c’est le principe de la démocratie représentative, les gens que nous désignons sont censés avoir été choisis pour mettre en oeuvre un programme qui nous agrée. Le problème, c’est qu’invariablement, une fois le scrutin passé, ces messieurs n’honorent pas vraiment leurs engagements, que ce soit au plan local (encore que là il faut nuancer, il y a des élus locaux honnêtes) comme au national.

    Quant aux points non négociables (protection de la vie, protection et promotion de la famille, etc.), je ne cesse de m’étonner qu’il puisse y avoir encore des catholiques pour croire que l’on puisse concilier les principes de la république française avec la doctrine chrétienne, « baptiser » la république.

    @ Lib : Ce n’est pas de l’Etat que je n’attends rien, c’est de la république.

  • Juste en passant : j’ai l’impression (à cause d’une phrase de votre texte) que vous n’êtes pas au courant que l’UMP n’est plus l’Union pour la Majorité Présidentielle qu’elle fut de mai 2002 à son congrès fondateur du 17 novembre 2002 mais, depuis ce congrès, l’Union pour un Mouvement Populaire.

    Le fait de ne pas être au courant serait d’ailleurs tout à fait excusable puisque :

    1) le nom complet de l’UMP a dû être utilisé pour la dernière fois par les journalistes ou les hommes politiques le 18 novembre 2002

    2) ce nom est nul, visant simplement à mettre 3 mots à la suite qui aient les mêmes initiales que Union pour la Majorité Présidentielle. Il s’inscrit dans la grande tradition des partis de droite français au nom vague refusant toute orientation idéologique claire (au contraire des partis de droite étrangers, ouvertement conservateurs ou démocrates-chrétiens) mais est encore pire que les RPF, UDR et RPR qui faisaient référence au Peuple français et à la Vème République, non à un incompréhensible « Mouvement Populaire » qui, apparemment, n’existe pas encore (Union « pour » pas « du ») mais que l’on essaye de créer, par notre Union

  • Dîtes, vous pensez vraiment que je me suis abstenu d’observer la politique pendant les six dernières années ? Lorsque j’écris :

    L’UMP a vécu. Elle était réunie autour d’un projet aussi électoraliste qu’inconsistant : une union pour une majorité. Elle n’est jamais parvenue, même symboliquement, à le dépasser.

    J’écris bien « était« . Et l’absence de dépassement porte sur justement sur le changement de nom, qui n’est pas venu donner plus de consistance au parti.

  • Harald a écrit : :

    Ce n’est pas de l’Etat que je n’attends rien, c’est de la république.

    Votre position est logique, votre abstention aussi. Vous nous déléguez ainsi l’ensemble des décisions (« nous » signifie ici le reste de l’électorat pris dans son ensemble). C’est bien volontiers que j’accepte la responsabilité que vous nous confiez ainsi, d’autant plus que, comme je l’expliquais plus haut, je n’ai pas le choix.

    Harald a écrit : :

    je ne cesse de m’étonner qu’il puisse y avoir encore des catholiques pour croire que l’on puisse concilier les principes de la république française avec la doctrine chrétienne

    « La pire de toutes les formes de gouvernement, à l’exception de tout ce qu’on a pu essayer d’autre ». On a pas encore trouvé plus efficace, comme description, que celle du bon vieux Winston.

  • @Harald

    Vous citez Gwynfrid, mais j’adhère totalement aux points qui vous posent problème.

    Sinon, un scoop, moi non plus je ne pense pas que votre démarche soit très évangélique. Se balader avec un pseudo à consonance germanique, une photo de profil avec un casque à cornes, et appeler à renverser la République en laissant planer comme une incertitude sur le régime de remplacement et les moyens d’y parvenir…

  • @ >Vivien : Mon pseudo et l’avatar qui va avec n’est rien d’autre qu’un clin d’oeil à mes très lointaines origines norroises qui me viennent du côté maternel. L’autre côté étant arverne pur jus. Y déceler une hypothétique inclination vers l’ordre noir aryen me semble quelque peu ridicule, mais tellement dans l’air du temps qui veut qu’on se lance à la chasse au fascisme, chasse d’autant plus facile qu’il n’existe pas – tout au moins pour ceux que le sens des mots intéresse. C’est ce genre de réaction qui ne me fais pas regretter d’avoir fait le choix de ce pseudo et de cet avatar.

    Quant au régime de remplacement, je ne fais pas mystère de mes convictions légitimistes. Pour ce qui est du moyen pour y parvenir, à part expliquer, chercher à convaincre, je laisse les politiciens républicains à leurs oeuvres. Leur mépris de l’électorat, surtout lorsqu’il est populaire, allié à leur obstination à ne pas appliquer le programme pour lequel ils ont été élus, est bien plus efficace que tout ce que je pourrais tenter à mon humble niveau.

  • @ Pneumatis:

    J’ai pas été vérifié ça!!! Merci!!

    @ Koz:

    C’est aussi parce que ça me paraissait TRES gros que j’ai cité la source; merci de m’avoir corrigé, j’ai eu l’air d’un con, mais au moins je ne le suis pas resté!! ^^ En fait j’avais bien été voir sur la liste… et oui apparemment je me plantais pas; n’empèche que je me demande comment ça se fait que des députés dormants ne viennent même pas à ce débat là… ça me laisse mal à l’aise: Pour le SB, c(‘est vrai, ils sélectionne un l’info, mais des fois il y a des trucs intéressants dedans; il faut le savoir, et la remarque sur la justice sociale est très juste

    @Vivien: j’aime votre analogie du contrat. Je dirais même que c’est pour ça que je vote FN pour le moment: à mes yeux, la société française est finalement pas si mal, sauf sur un point: l’avortement, car je considère que tout être vivant appartenant à l’espèce humaine EST un homme et que tout autre définition ou fausse nuance a pour but de noyer le poisson; et de cette conviction nait logiquement la conclusion qu’un chirurgien qui fait un avortement commet un meurtre (je le formule comme cela, parce que sinon je risque de blesser avec la formulation un avortement est un meurtre, qui est pris comme une attaque par celles qui avortés, et ce d’autant plus qu’elles avaient moins le choix).

    Mais après, étant donné que je me fais arnaquer en série par les prestataires de service, dont je sais qu’ils attendent pour agir que la majorité soit d’accord avec eux, et que sinon ils promettront et point barre, je ne peux pas me satisfaire de voter, que ce soit UMP, FN ou autre; il me faut agir, et savoir comment faire; je vote FN aujourd’hui parce que je pense qu’il permettra des avancées réelles et nécéssaires, mais je sais aussi qu’il y a un risque, que j’assume, de voir passer d’autres politiques qui me déplairaient, et dans ce cas je m’y opposerait, mais de toute façon si on ne fait rien on n’aura rien au final!!

    Et je pense que le gros problème des pro-vies aujourd’hui n’est ni leur faible nombre, parce qu’en nombre de personnes intéréssées par la question on est beaucoup plus nombreux que ceux d’en face, ni le manque d’argent parce que ça se trouve, ni le manque d’organisation qui ne va pas si mal même si chacun fait ses affaires dans son coin, ni l’union des personnes de pouvoirs (politiques, gens du show-biz, journalistes autres) contre nous, parce que cette union volera en éclat dès que l’un d’eux en aura envie ou intérèt (ce qui revient aux même, les médias veulent de l’audimat, pas défendre des convictions, à part si c’est vendeur), ni l’inaccessibilité des médias à nos thèses, ni le manque de professionalisme, parce que les experts ne sont la panacée et que ça se compense avec la débrouillardise, mais bel et bien un énorme complexe d’infériorité qui fait que nous partons systématiquement battus d’avance au point de ne même pas réfléchir à comment gagner… Et ça génère un certain immobilisme, alors qu’on dispose d’une vraie force de frappe, et que si on proposait aux participants de la Marche des informations pour savoir où s’engager et comment faire, ça marcherait!!

    Pour en revenir à la politique, il me semble nécéssaire, si l’on est pas d’accord avec un vote, de voter blanc, mais surtout de se donner d’autres moyens d’atteindre ses objectifs que d’attendre des politiques qu’ils fassent ce qu’on veut; et aussi, si on est une démocratie, le peuple est souverain, et dans ce cas il a droit de dire merde, ce qui est différent du jean-foutisme, sauf que s’il se contente de dire merde, ça va pas faire avancer le schmilblik… A lui de voir s’il se bouge ou pas; je crois qu’aux states, il a décidé de se bouger avec le Tea Party, en France pas grand chose encore…

  • Je réponds à l’article sans avoir lu les commentaires.

    Ce qui m’interpelle : vous déclarez vous être toujours opposé à la comptabilisation du vote blanc.

    Personnellement, je l’ai inauguré il y a bien longtemps et dans des élections d’un certain enjeu (ou d’un enjeu certain) lorsque le deuxième tour ne me convenait pas : lorsqu’on ne me propose que Charybde et Scylla, je choisis de dire zut aux deux afin de les renvoyer à leur propre (et mutuelle) médiocrité.

    Cela me paraît un geste tout aussi citoyen que celui de choisir. C’est exprimer un vote. Et c’est surtout très différent d’un vote nul classique, lequel n’est pas aisé à décrypter car aux raisons multiples.

    C’est pourquoi j’ai découpé un petit carré blanc lorsque j’ai dû me résoudre à de telles extrémités. Et j’aimerais que ce petit découpage sorte du lot des « nuls », pour transmettre le message qu’il est censé porter.

    PS : Tout de même aux cantonales, personnellement, je prends davantge encore en compte le programme de chacun : il s’agit d’élections locales ; j’ai donc paradoxalement plus de mal à voter blanc puisqu’il y en a forcément un dont les positions locales me conviennent davantage que celles de l’autre. L’enjeu n’est pas aussi idéologique qu’aux législatives ou aux présidentielles.

  • Ah si, j’ai vite vu un commentaire : je suis d’accord avec je ne sais plus lequel (oui, j’ai la flemme) lorsqu’il dit que ça n’a rien à voir avec l’abstention.

    L’abstention ne délivre de message que parce que tout le monde en plaque un dessus. Forcément, c’est la majorité silencieuse, alors tout le monde cherche à additionner ces « non-voix » à ses propres voix pour les récupérer. En réalité, souvent, l’abstention, c’est le non-message, voire la simple flemme ou le « tout pourris ».

    Le vote blanc, c’est le : je crois un minimum – ou un max – à la politique, j’ai (généralement) voté au premier tour, je me déplace (et je me prends plus la tête que ceux qui votent pour l’un ou l’autre, puisque je découpe un papier) et je vous dis ce que j’ai à vous dire, c’est-à-dire : aucun de vous deux, bande de nazes, ne me paraît crédible. Je ne peux me résoudre à aucun de vous.

    Le premier tour, c’est : « qui me ressemble et porte le plus mes idées? » Le second tour, c’est : « qui ne veux-je pas voir passer? » Quand on ne veut ni l’un ni l’autre, on n’est pas forcément un branquignole, mais on se lave les mains du choix déplorables que notre classe poltique et nos concitoyens nous proposent. Et on proteste.

  • Je ne voulais pas vous vexer. Comme je l’ai écrit, je pense qu’il est tout à fait possible de suivre la vie politique et de ne pas savoir à quoi correspond le sigle du parti de droite actuel

  • Bonsoir,

    @Vivien et @Gwynfrid : j’ai l’impression que nous avons quelques soucis de définition, en fait. Moi qui ne suis pas très cultivé sur ces questions, j’y suis allé à la méthode très scolaire de reprendre les concepts académiques. Le fait d’élire des gouvernants n’est pas le propre de la démocratie en premier lieu (même si cela en est généralement un des aspects), mais bien de la république (par opposition à la monarchie, par exemple, qui peut toutefois être aussi une démocratie). Le propre de la république étant que le pouvoir se transmet par le « public » (et non par l’hérédité par exemple). Le propre de la démocratie, c’est précisément que la « ligne gouvernementale » puisse être le fait du peuple.

    En France nous sommes dans une république démocratique, et il faut donc regarder ce qui dans nos institutions permet de qualifier notre système politique de la sorte :

    • Nous sommes en république parce que nous pouvons déléguer notre pouvoir, selon la manière dont vous le présentez tous les deux, à des gouvernants (sur le modèle analogique du contrat, je suis tout à fait d’accord). Mais cela, ça ne décrit pas une institution démocratique, ça décrit une institution républicaine.

    • Et nous sommes dans une démocratie, dite représentative pour la France (je n’ai jamais dit que pour qu’il y ait démocratie il fallait qu’elle soit forcément directe ou participative), parce que lorsque nous déléguons les pouvoirs à des personnes en votant pour elles, nous le faisons sur la base d’un programme auquel notre vote nous permet de souscrire.

    Je ne crois pas inventer ces définitions. Plus exactement, ce qui fait de la Vème république française une démocratie est la définition de son principe à l’article 2 de la constitution : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Sans ce principe, la république française serait toujours une république, mais vraisemblablement plus une démocratie. Il reste que ce principe du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple se fait en France sur le mode dit « représentatif », ce qui suppose, par définition, que les gouvernants « représentent » le peuple dans ses orientations gouvernementales.

    En bref, ce que je disais plus haut, c’est que si vous occultez volontairement ce principe d’adhésion à un programme politique au moment des élections, vous supprimez du même coup ce qui fait que notre institution est démocratique, pour finalement n’en conserver que l’aspect républicain (le pouvoir délégué aux élus). Il y a donc bien, dans nos suffrages actuels, en France, pour que le principe démocratique de notre république soit effectif, une double dimension à la fois d’élection ET de référendum.

    J’ose un petit et timide : CQFD.

  • Je voulais juste préciser, pour appuyer mon propos avec une source qui fait un peu plus autorité que mes pauvres démonstrations à deux euros, sur le fait que le modèle de la stricte délégation de pouvoir (république pure) ne suffira jamais à satisfaire aux exigences de la démocratie : dans le compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, au paragraphe 190 :

    La participation à la vie communautaire n’est pas seulement une des plus grandes aspirations du citoyen, appelé à exercer librement et de façon responsable son rôle civique avec et pour les autres, mais c’est aussi un des piliers de toutes les institutions démocratiques, ainsi qu’une des meilleures garanties de durée de la démocratie. De fait, le gouvernement démocratique est défini à partir de l’attribution, par le peuple, de pouvoirs et de fonctions, qui sont exercés en son nom, pour son compte et en sa faveur; il est donc évident que toute démocratie doit être participative. Cela comporte que les sujets de la communauté civile, à tous ses niveaux, soient informés, écoutés et impliqués dans l’exercice des fonctions qu’elle remplit.

    -> Toute démocratie doit être participative Cela comporte que les sujets de la communauté civile, à tous ses niveaux, soient [...] écoutés…

    Une démocratie dans laquelle le peuple n’est pas autorisé à participer, d’une manière ou d’une autre, aux lignes directrices du gouvernement, n’est pas une démocratie. On ne peut donc dire ici que le vote ne saurait en aucun cas revêtir un mode d’expression populaire, de communication, de message, comme le prétend Vivien, et continuer de présenter cela comme une démocratie.

    On peut ajouter à cela, mais on s’écarte un peu du débat sur la nature du vote, et en particulier du vote blanc, que d’après Jean-Paul II, dans Centesimus Annus :

    Une démocratie authentique n’est possible que dans un Etat de droit et sur la base d’une conception correcte de la personne humaine.

    Conception correcte de la personne humaine… No comment. Si, un quand même : c’est pas bien barré chez nous, question démocratie.

  • Hop, j’oubliais : tout ça pour dire que pour que démocratie il y ait vraiment, on ne peut plus se contenter d’écouter seulement les votes standards (adhésions), mais on doit aussi écouter les votes blancs (non-adhésions). Ils ne sont plus suffisamment marginaux pour qu’on se permette de ne pas les représenter, ils sont également porteur d’un message comme le dit Koz, et ne pas écouter ce message qui serait probablement majoritaire aujourd’hui pose un gros problème de démocratie.

  • Si vous voulez être sûr de voter pour quelqu’un dont les idées vous conviennent, je ne vois qu’un moyen: présentez-vous aux élections! Koz président !

  • Si je me rappelle bien, la démocratie c’est le gouvernement du peuple, la sempiternelle scie du « pour et par le peuple » éternellement ressassée. Comme quand les européistes nous l’ont mise profond avec le traité de Lisbonne, par exemple. J’ai bon ?

    Quant à la république, elle aime tellement LA liberté (au lieu des libertés) qu’elle s’est ingéniée à démolir toutes les anciennes solidarités, tout ce qui pouvait faire barrage entre l’individu et le pouvoir pour au final le laisser seul, démuni face à la puissance publique.

    Enfin et pour finir, la fameuse DDH n’a jamais été rien d’autre qu’un chiffon avec lequel les gouvernements se torchent et ne le sortent que lorsqu’il peut servir leurs intérêts et draper leurs actions d’un peu de dignité. Qui peu croire sérieusement ne serait-ce qu’un instant qu’un Sarkozy (ou Obama, Cameron, etc. au choix, selon ses penchants) puisse se préoccuper sincèrement du devenir de tribus bédouines au fin fond du Fezzan ou de la Cyrénaïque ?

  • Perso, ça m’arrive de voter blanc depuis des lustres, les raisons en sont bien évoquées par LElfe.

    A la réflexion, je me demande d’ailleurs si ce vote blanc au second tour d’une élection locale (où je regarde plus un programme qu’un parti et où il y a une multitude de candidats au premier tour) n’est pas l’illustration du paradoxe de Condorcet :-)

    Il n’existe pas de règles de choix social cohérente avec les préférences individuelles non? (pas de procédures de vote réalistes non manipulables d’après Wilson )

  • @Harald

    Bon, je vous prie d’accepter mes excuses. Je me suis énervé et j’ai réagi un peu vivement.

    Pour être précis, je ne pensais pas vraiment que vous étiez nazi. Je croyais juste que vous faisiez partie de ceux qui, à l’extrême-droite, manipulent des symboles pas marrants parce que faire peur aux enfants fait partie de leur positionement politique. Si après vous me dites que c’est un malentendu…

    « C’est ce genre de réaction qui ne me fais pas regretter d’avoir fait le choix de ce pseudo et de cet avatar. »

    Aucune attirance pour la provoc’ de mauvais goût, vraiment ? Bon, comme c’est moi qui me suis énervé en premier, mettez celle-là sur ma note, allez :-).

    Sinon, pour vos convictions légitimistes, j’aurais tendance à dire qu’elles ne répondent pas vraiment à la question. Le dernier régime légitimiste est mort il y a 180 ans, et même si vous le vouliez vous ne pourriez pas le remettre en place en l’état. Au delà du retour du roi, donc, la question est de savoir comment vous comptez qu’il gouverne. En particulier, l’équilibre entre démocratie (oui, toujours elle) et autoritarisme. Peut être existe-t-il un consensus précis dans le mouvement légitimiste à ce sujet: mais les quelques fois ou j’ai eu affaire à des communications légitimistes elles étaient pour le moins floues.

    Enfin, mon problème est que cette intransigeance sur le royalisme vous exclut de fait du débat politique, comme vous le soulignez vous même. Comme le disait Gwynfrid, cela revient à « nous », les votants, laisser décider de tout à votre place. A vous de voir si à un moment certaines idées que vous souhaitez défendre ne vous demande pas de transiger avec ce principe.

    @Panouf, Pneumatis

    Je reviens.

  • @ Pneumatis: Je n’envisageais pas de me lancer dans une discussion théorique sur la distinction entre république et démocratie. Vos définitions me paraissent correctes, et d’ailleurs je ne prétends pas en savoir plus que vous sur le sujet.

    Vous en tirez les conclusions que vous voulez sur la nature démocratique ou pas de notre régime actuel. Honnêtement, je n’ai pas trop envie de vous suivre sur ce terrain, qui me paraît par trop théorique. La république est un object concret, défini par les textes. La démocratie est un idéal abstrait, qui n’est jamais complètement atteint, encore moins aux yeux des puristes comme vous. On peut légitimement voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide – ou encore, comme Harald, complètement vide. C’est juste une question de perspective.

    Pneumatis a écrit : :

    Une démocratie dans laquelle le peuple n’est pas autorisé à participer, d’une manière ou d’une autre, aux lignes directrices du gouvernement, n’est pas une démocratie. On ne peut donc dire ici que le vote ne saurait en aucun cas revêtir un mode d’expression populaire, de communication, de message, comme le prétend Vivien, et continuer de présenter cela comme une démocratie.

    Bon, d’abord, nous participons de plein d’autres manières. Comme presque tous les Français, vous avez sûrement participé un jour à une manifestation, par exemple. Nous commentons sur ce blog et ailleurs. Etc.

    Ensuite, certes, le vote contient aussi un message. Il est pris comme tel par les politiciens et les médias. Mais c’est une façon très grossière et imparfaite de communiquer. Il n’est que de voir les partis se disputer, le soir le l’élection, sur l’interprétation du message des électeurs (vous avez remarqué qu’on s’empresse de faire des sondages pour essayer de clarifier le message ?).

    Non seulement le message est flou, mais il est surtout secondaire, par rapport au fond de la question: le vote est d’abord et avant tout un choix. Je pense donc que si, lors de votre vote, vous décidiez de faire passer un message sans vous préoccuper plus que ça de la décision collective à prendre, vous commettriez un contresens.

    Pneumatis a écrit : :

    Il y a donc bien, dans nos suffrages actuels, en France, pour que le principe démocratique de notre république soit effectif, une double dimension à la fois d’élection ET de référendum.

    Ce n’est pas complètement faux, mais il faut bien voir que seule la dimension d’élection fait foi. La dimension de référendum, l’adhésion à un programme, relève uniquement de la confiance que vous placez dans les personnes que vous élisez. Leur mandat n’est pas impératif et ne saurait l’être. Il n’a pas la valeur d’un vrai référendum. Tout le monde, d’ailleurs, le perçoit bel et bien ainsi: d’où, par exemple, le ressentiment persistant des personnes qui ont voté non au référendum de 2005. Si l’élection de 2007 avait eu valeur de référendum à leurs yeux, il n’y aurait plus de problème, car l’adoption d’un traité révisé faisait bel et bien partie du programme du président élu.

  • Quelques remarques concernant ce billet :

    Je ne comprends pas les gens qui votent en fonction de la situation nationale lors d’un scrutin local (les cantonales concernent tout de même certains aspects non négligeables comme le volet médico-social, les collèges et la voirie). Je trouve le vote nul de Koz assez nul et pas très original. Dans son canton, les votes blancs et nuls ont augmenté entre le premier et deuxième tours de 199 à 1263, soit 535% (qui a dit que les votes nuls et blancs n’étaient pas comptabilisés ?).

    Koz ne nous dit pas comment il a voté au premier tour. Comme je ne crois pas qu’il a voté FN, PC ou PRG, soit il a voté pour un candidat qui était présent au deuxième tour (Caron DVD ou Gabriel UMP), soit PS ou Ecolo.

    Au deuxième tour, toujours dans le canton de Koz, un peu plus de 20 % des votants du premier tour sont allés, selon l’expression consacrée, à la pêche.

    Partant de l’hypothèse que ceux qui ont voté DVD et UMP au premier tour, l’on fait au deuxième tour (sauf évidemment Koz, puisqu’on sait qu’il a voté nul au deuxième tour), un maximum de 40% des votes FN ont pu aller à l’UMP et un minimum de 60% des votes FN sont allés pour le vote nul, ou pour l’abstention (éventuellement un petit pourcentage pour DVD).

    Si l’on regarde les résultats, l’hypothèse que les votes Ecolo et PS du premier tour se sont reportés à 80% sur DVD, tient la route. On peut aussi estimer que 80% du vote PC et PRG s’est abstenu ou voté nul au deuxième tour.

    Conclusion : Koz a voté au deuxième tour comme la majorité des électeurs du FN, du PC et du PRG. C’est franchement nul ;-) .

  • Il n’y a pas que le vote qui permet d’exercer la démocratie (style : je vote untel, après il se débrouille).C’est un préalable, mais si la personne sortie des urnes ne nous plait pas, elle reste quand même un interlocuteur auprès de qui on peut s’exprimer.

    Je crois qu’il relève de notre responsabilité, dès qu’un projet de Loi concernant un domaine nous touche un peu (que ce soit parce que l’on estime qu’on y a des compétences, ou pour des raisons plus philosophiques…) de nous rapprocher de nos élus pour dire un peu ce que l’on en pense.

    Les attachés parlementaires sont des gens souvent fort sympathiques, qui tiennent des permanences, au pire il y a internet, beaucoup d’élus ont des espaces d’expression sur le web….

    Panouf a raison : il ne faut pas partir battu d’avance!

  • Tu fais bien de rajouter un smiley pour éviter que je ne t’étripe. Maintenant, comme je l’ai dit plus haut, j’ai agi à l’image de nos représentants, en donnant une signification nationale à un vote local, dans le cadre d’un département symbolique. Compte tenu de l’enjeu modéré du scrutin (un ex-UMP contre un UMP), la rébellion était à bon compte, mais je n’entendais pas mettre un bulletin UMP dans l’urne.

    Je constate que je ne me suis pas trompé puisque, dès lundi, l’Elysée réunissait Devedjian et Jean Sarkozy pour désigner le président du département et offrir une vice- présidence au fiston, ce que je trouve lamentable.

    Les voilà qui pouvaient déclarer :

    « Nous sommes à la veille d’échéances politiques décisives pour l’avenir de notre pays. Il est indispensable que les Hauts-de-Seine soient un pilier exemplaire de la politique du gouvernement et de l’action du président de la République »

    Bref, les Hauts-de-Seine sont éminemment symboliques et, plus encore, ils devront être l’exemple même de la politique nationale. Alors, qui qu’a juste ?

    @ jean316: ça va, je ne suis pas vexé mais sur certains sujets, tout de même, il vaut mieux partir du principe que je suis au courant. J’écris régulièrement sur la politique depuis six ans, il peut donc sembler assez probable que je connaisse la signification du sigle du parti majoritaire.

    De même que NPA, c’est Nulle Part Ailleurs.

  • Point taken concernant Jean Sarkosy. Mais entre un certain glaive de l’Islam et un glaive de l’UMP, il y a une différence, non ?

  • @ Pepito : En fait Koz a voté blanc uniquement pour avoir un bon pitch pour son billet sur Atlantico, c’est là que l’on voit sa conscience professionnelle ;-) ;-) (avec deux smileys, Koz, ça le fait ?)

  • @ Pepito: hein ?

    @ Yogui: à vrai dire, tu as tort, oui, mais pas totalement. Le fait de pouvoir le dire ensuite n’était pas indifférent. Moins le sentiment de faire un acte dénué de sens perdu dans mon coin.

  • @Pneumatis

    Bon Gwynfrid vous a déjà bien répondu. La distinction République-démocratie n’est pas ce qui nous intéresse, comme le dit Gwynfrid il s’agit d’objets de nature différente, une organisation pratique de la vie politique et une notion théorique.

    La vraie distinction continue de se faire entre démocratie directe et représentative. Je pense toujours que votre problème est avec la démocratie représentative et la notion de mandat. En fait, vous essayez de faire de l’élection une forme de démocratie directe, une sorte de référendum sur un programme, ce qu’elle n’est pas. Il s’agit bien de désigner une persone pour un poste qu’il faut de toute façon pourvoir, sauf à se transformer en Belgique bis, le programme n’étant là qu’à titre plus ou moins indicatif pour vous aider à orienter votre choix. Que pensez vous de la nuance entre adhésion et consentement que j’essayais d’esquisser dans mon commentaire précédent?

    Ce ne serait pas très démocratique si l’action politique des citoyens se limitait au vote, mais ce n’est pas le cas, comme le dit justement Exilé. C’est pourquoi on ne peut pas parler de démocratie sans liberté d’expression ou de se rassembler… C’est pour cela que la vocation du vote blanc à « exprimer » ou « protester » ne me parait pas légitime: il y a d’autres canaux pour ça. Et Dieu sait si notre monde politique me parait déjà saturé de communication, de messages passés dans tous les sens. Il y en a suffisament pour noyer le principe même de vote, si l’on n’y prend pas garde.

    @Panouf

    Je pense que nous nous sommes compris sur le sens du vote.

    Pour ce qui est de votre choix politique, que je ne peux pas approuver, vous devez connaitre le proverbe anglais: « Si l’on veut déjeuner avec le Diable, mieux vaut avoir une longue cuiller ». Mais bon, que dire, vous savez que vous déjeunez avec le Diable, ou vous en êtes en partie conscient. En même temps, c’est logique, vos conceptions radicales sur l’avortement appelent des prises de position radicales…

    Il n’y a qu’une chose que je pourrais dire de plus pour tenter de vous décourager. Le FN est un parti populiste ce qui veut dire que plus encore que tout autre, il vous raconte des salades. Le FN tiendrait une partie de son programme, c’est certain, mais sans doute sur les points les plus emblématiques: Sécurité, Immigration. Surtout avec Marine le Pen, je ne suis pas du tout certain que la lutte contre l’avortement soit encore emblématique ou prioritaire. Ma conviction intime est même qu’en cas de victoire FN, vous (les pro-lifes) serez sacrifiés en guise d’appeasment pour faire passer la pilule des points « qui vous déplaisent ». Pas sûr du tout que vous arriviez à table avec une cuiller assez longue, donc.

  • Je suis de gauche, mais je partage votre analyse sur le cas Sarkozy. Sarkozy a creusé la tombe de l’UMP dès l’instant où, influencé par le trio Buisson / Guaino / Zemmour, il s’est mis en tête de siphonner le FN en 2007. En tuant politiquement Jean-Marie Le Pen au premier tour (31,18% pour NS, 10,44% pour JMLP, le tout avec seulement 16,23% d’abstentions), il créait les conditions de sa prochaine mort politique.

    Comme tout le monde le sait ici, l’UMP avait été créée pour regrouper toutes les tendances de la droite ou presque : les démocrates-chrétiens, les libéraux, les gaullistes, les conservateurs classiques… Les nationaux-populistes, eux, demeuraient presque tous au FN et au MNR. Dès le moment où l’UMP reprend (par conviction ou par électoralisme) au mot près les éléments de langage du FN sur l’immigration et la sécurité, elle se transforme en filiale de fait du FN, et est prête pour l’absorption partielle ou totale par la famille Le Pen. Et quand je parle d’absorption, je ne parle pas que des électeurs, je parle aussi des cadres. Honnêtement, qui sur ce blog voit la différence entre Estrosi et son prédécesseur à la mairie de Nice, l’ex et actuel FN Jacques Peyrat ? Des UMP comme Vanneste, Lionnel Luca ou Xavier Lemoine (le maire de Montfermeil) sont-ils si différents de Gollnisch ? Sans oublier le fait qu’en 2007, avant d’être élu, Sarkozy était populaire, et Le Pen père en fin de carrière. Aujourd’hui, Marine Le Pen est beaucoup plus populaire que lui, y compris (surtout ?) à droite !

    Si Sarkozy perd en 2012, que ce soit face à la gauche ou face au FN (à mon avis, il n’y aura pas de remake du front républicain de 2002, tant Sarko est détesté à gauche), il l’aura bien mérité. Point barre ! Et la seule chose qui empêchera l’implosion immédiate de l’UMP, c’est le besoin pour ses élus de conserver une machine électorale puissante, qui distribuera les investitures et les sous pour financer les campagnes, les micro-partis complétant les frais annexes. Si l’UMP éclate aussitôt après la défaite de Sarkozy, les courants issus de l’ex UDF (libéraux, démocrates-chrétiens) reprendront leur liberté, tout comme ceux qui se réclament encore du gaullisme. Le reste fera alliance avec le FN ou fusionnera avec lui dans un nouveau parti…

  • La refus orgueilleux de Bayrou de se joindre à l’UMP était à l’évidence animé de stratégies toutes personnelles, qui ont semblé atteindre leur aboutissement lors du premier tour de la présidentielle. On a vu ensuite combien cette démarche était illisible, brouillonne et finalement inconséquente. Le Centre a oublié qu’en France son centre de gravité penchait plutôt à droite.

    Néanmoins, la position de Bayrou de l’époque présentait une force prémonitoire, qui révèle aujourd’hui son entière pertinence: « si nous pensons tous la même chose, cela signifie que nous ne pensons plus rien ». Au départ, l’UMP se voulait un colloque permanent, un lieu de fermentation d’idées, une identité politique forte, à l’image des grands partis américains. Au final, ce mouvement sera réduit à une caisse enregistreuse et à un fan club, ayant vocation à faire la claque au profit du champion portant les couleurs du parti. Cette évolution a produit un rétrécissement de l’horizon de la droite, finalement très préjudiciable au moment où le commandeur semble proche de la déroute.

    On en aurait presque la nostalgie du temps d’avant, lorsque RPR-UDF-DL et autres offraient un paysage contrasté dans lequel chaque sensibilité trouvait un écho.

  • @ Switz: Ce n’est pas tant aux partis américains que l’UMP aurait dû ressembler, qu’à des partis de droite de l’Europe latine comme le Parti Populaire (PP) en Espagne. Ce n’est pas un hasard si on a vu José Maria Aznar et pas George W. Bush au premier congrès de l’UMP. Le PP regroupe des démocrates chrétiens, des libéraux, des conservateurs classiques, les nostalgiques de Franco… Malgré ces courants divers, il y a une cohérence idéologique, on n’est pas dans le parti de fanboys qui font la claque dans les meetings qu’est devenu l’UMP après sa conquête par Sarkozy. Il n’y a pas en Espagne d’équivalent du FN, pour la simple raison que le PP regroupe toute la droite espagnole, du centre-droit à l’extrême-droite. Aux dernières législatives en 2008, le PP a fait 39,94% des voix, contre 0,08% pour l’extrême-droite, la gauche et les partis régionaux se partageant le reste. Seulement 26% des électeurs se sont abstenus. Quand l’UMP a frôlé les 40% aux législatives de 2007, c’était avec une abstention de 41%… L’UMP aurait réussi et aurait eu un sens si le FN et l’UDF version Bayrou avaient été réduits chacun à 1% des voix. Maintenant que le FN mariniste est parti pour faire 20%, il vaut mieux que chacune des tendances de l’UMP reprenne sa liberté…

  • @ Pullo

    A mon avis, si le second tour de 2012 est un duel FN/PS, en effet, il n’y aura pas d’appel au front républicain de la part des ténors de la droite ! Ce qui s’est passé entre les deux tours des cantonales faisait bien figure de répétition générale !

    jf.

  • @ Jacques: Je suis du même avis. En 2002, en votant Chirac, je savais que les dirigeants des partis de droite n’oseraient pas ouvertement appeller au front républicain si cétait Chirac qui avait été éliminé. En 2012, après 5 ans de sarkozysme, j’ai encore moins de doute. En dehors de quelques centristes, il n’y aura pas à droite d’appel à soutenir le PS en cas de duel avec le FN.

  • Etre opposé aux idées du FN, je comprends, c’est clair. Etre partisan d’un « front républicain », je n’aime pas. Je n’aime pas l’expression car elle n’est pas franche du collier.

    Point n’est besoin de prêter au FN des velléités antirépublicaines pour combattre son programme. En politique, le respect de l’électeur devrait obliger les partis à expliquer clairement leurs idées car dans le flou, l’électeur s’abstient ou vote blanc.

  • Bonjour,

    la droite française actuelle a certainement des problèmes. Le comportement de N Sarkozy ne l’aide pas toujours, et le secrétaire général de l’UMP a fait je pense quelques erreurs. Il me semble qu’il y a sans doute un besoin de renouvellement des générations. Ce renouvellement des générations me semble normal après 10 ans au pouvoir, et se fera certainement après les prochaines élections perdues par l’UMP.

    Par contre, je ne sais pas si les choses iraient mieux avec un bipartisme à droite, qui est sans doute le maximum que l’on peut admettre pour avoir une chance d’être au second tour. Le RPR et l’UDF de leur époque ont aussi eu leurs problèmes. Et même deux partis à droite ne réussiraient pas à rassembler les différentes tendances, des radicaux (centristes laïcs) aux chrétiens démocrates (centristes conservateurs sur les moeurs) en passant par les libéraux de culture anglosaxonne, les gaullistes dont il existe deux ou trois tendances se détestant entre elles, et les partisans du capitalisme à la française.

    De plus, j’ai quand même l’impression que si la communication n’est pas toujours bonne, quand nous regarderons la liste de ce que le gouvernement de N Sarkozy a fait en 5 ans, ce sera assez impressionant: réforme des universités, des retraites, précédent d’un gouvernement qui ne cède pas devant les grèvistes, de beaux succès de politique étrangère…

  • @ Vivien : Vous présentez la démocratie comme incontournable, et c’est à mon sens là le problème de la société moderne. Comme si demander l’avis de gens incompétents pouvait être un bien. Les monarchistes ne sont pas opposés au vote, après tout durant l’ancien régime on votait au niveau local, c’est à dire au niveau de compétence des administrés. Mais demander à un cantonnier de se prononcer sur ce qui sera le programme économique et social pour les 5 ans à venir, j’avoue ne pas saisir le sens de cette démarche. Partant de là, est-ce si étonnant de voir les politiciens ne pas respecter leurs engagements ? Après tout il ne s’agit que de séduire les électeurs par de belles paroles, une belle image. Je ne sais plus qui de Pasqua ou de Chirac disait : « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient« . Tout est dit.

    Je vous engage à (re ?)lire l’opuscule de Simone Weil : « Suppression générale des partis politiques« . C’est plutôt clair : - « Dans ce que nous nommons de ce nom [la démocratie], jamais le peuple n’a l’occasion ni le moyen d’exprimer un avis sur aucun des problèmes de la vie publique (…) Des solutions ne sont pas faciles à concevoir. Mais il est évident, après examen attentif, que toute solution impliquerait d’abord la suppression des partis politiques. » - « Si l’on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux. (…) La suppression des partis serait du bien presque pur. » - « Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient de commencer par en discerner les caractères essentiels. On peut en énumérer trois : * Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. * Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. * La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S’il ne l’est pas en fait, c’est seulement parce que ceux qui l’entourent ne le sont pas moins que lui.« 

  • Ci tous les votes blanc se réunissez dans un parti politique il ne ce mettrais pas d’accord en eux, le vote blanc et un vote extrême ! Le vote blanc et le vote de ceux qui croient détenir une vérité qui échappe aux autres. Le vote blanc mais pas innocent !

  • @Gwynfrid et Vivien : pour le coup c’est moi qui manque de temps, et qui plus est je ne suis pas certain que le proprio des lieux voit d’un très bon oeil qu’on lui génère une encyclopédie amateur de la démocratie sous son billet. Ceci dit, pour vous rassurer, non je ne déplace pas le débat sur une dialectique république/démocratie, mais j’essayais simplement de montrer, au regard de certaines définitions, que le fait de voter pour une stricte délégation de pouvoir sans adhésion à un programme ou un projet, ne qualifie pas un processus démocratique en tant que tel. Et ceci dans le sens où il concerne un pouvoir non participatif (délégué). Je rappelle à ce titre le passage du compendium de la DSE que je vous citais :

    il est donc évident que toute démocratie doit être participative. Cela comporte que les sujets de la communauté civile, à tous ses niveaux, soient informés, écoutés et impliqués dans l’exercice des fonctions qu’elle remplit.

    Tout ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres éléments constitutifs de la démocratie qui existent dans notre pays, comme la liberté d’expression, la liberté de la presse, etc… Je suis d’accord qu’il y a d’autres moyens d’expression, mais ils ne sont vraisemblablement pas directement relié institutionnellement à l’exercice du pouvoir. Exception faite pour les pétitions qui peuvent alors faire l’objet d’un débat parlementaire si elles recueillent suffisamment de signature.

    Ce que je veux dire, et ce avec quoi Gwynfrid semble d’accord, c’est que les élections ne prennent leur part au principe de démocratie que si elles permettent aux électeurs d’adhérer à un projet, et non pas seulement à une personne. Si vous refuser de considérer cette dimension de l’élection, vous retrancher un élément important du principe de démocratie reconnu par notre constitution. Vous pouvez toujours parler de démocratie représentative, mais ça n’a rien à voir avec ça : pour être représentative, la démocratie doit, à un moment ou un autre de l’exercice du pouvoir, être participative. Sinon son caractère représentatif ne restera qu’une prétention.

    Il y a bien entendu une différence entre démocratie directe et démocratie représentative, mais cette différence n’est pas celle que vous faite. Ce que vous décrivez comme opposition vous, c’est entre démocratie et absence de démocratie. Et comme ce dernier terme de l’équation n’est pas non plus un néant pur, c’est pourquoi j’ai pris la peine de préciser ce que décrivait votre définition : non pas un processus démocratique, mais purement républicain, sans lien aucun avec les principes de la démocratie. Même si vous la dite représentative, la démocratie doit nécessairement impliquer la participation des citoyens à un des stades au moins du gouvernement.

    Mais je constate que vous êtes d’accord, finalement, puisque vous reconnaissez : « le programme n’étant là qu’à titre plus ou moins indicatif pour vous aider à orienter votre choix ». Mais c’est ce qui confère précisément à l’élection son caractère démocratique. Reste que la relation institutionnelle de cette modalité électorale à l’exercice du pouvoir est tout aussi vaporeuse que les manifestations ou l’expression publique en général : rien n’oblige formellement un candidat à tenir ses promesses. Et Gwynfrid souligne aussi le caractère « flou » du message électoral. Mais tout flou qu’il est, il n’en reste pas moins un moyen de participation au pouvoir institutionnalisé (notamment via les professions de foi électorales), comme peu l’être par ailleurs la liberté de la presse, mais ici un moyen d’expression directement impliqué dans l’exercice du pouvoir.

    Et pour Gwynfrid qui me dit que le vote est avant tout un choix, je suis d’accord. Ce n’est pas ce qui nous oppose dans cet échange, mais plutôt ce sur quoi porte ce choix. Je dis que ce choix porte autant sur un projet que sur son mandataire. Et j’ajoute que c’est justement parce que c’est un choix, qu’il doit se faire en conscience, puisqu’il porte avec lui mon adhésion à la proposition que j’ai choisie. Ça me parait du bon sens, non ?

    Bref, jusqu’ici il n’est pas question de vote blanc ou pas, dans mon raisonnement. Il est juste question d’identifier la fonction réelle d’une élection en France, et donc de préciser suivant quelle condition elle satisfait aux conditions de la démocratie. Oui vous pouvez lui soustraire cette condition et il restera pourtant toujours d’autres éléments constitutifs d’une démocratie, mais vous lui en retirerez tout de même un des éléments majeurs.

    Reste la question du vote de « protestation » ou du vote blanc. Je suis totalement d’accord avec vous sur le fait qu’en l’état actuel de l’institution, il équivaut à un non-choix. C’est pourquoi la comptabilisation du vote blanc est nécessaire, pour que le vote blanc puisse devenir un choix, avec, dans le cas d’une majorité de vote blancs, la nécessité d’une reformulation des candidatures, et d’une ouverture du scrutin à de nouvelles candidatures, ou au désistement de candidats en cours. En bref, une nouvelle élection.

    Je crois aussi que le découpage des sièges par cantons était une ânerie, puisque la représentativité territoriale à ce niveau n’a justement plus aucun sens. C’est encore plus dénué de sens pour les législatives. Ca avait du sens quand l’élu local était justement le délégué de sa circonscription pour la représenté au niveau des instances de l’état. Aujourd’hui ce que l’élu représente concrètement ce sont les partisans d’un programme politique (c’est bien là tout le coeur de notre débat), et la représentativité au niveau des sièges devrait donc se faire suivant ce mode-là : à la proportionnelle, comme on dit. C’est ce qui se fait d’ailleurs avec les élections régionales et le principe des listes, mais avec certaines limitations arbitraires quant au pourcentage requis pour prétendre à un siège qui laissent encore une marge de progrès dans l’évolution des modes de scrutin vers plus de cohérence. Reste qu’à l’heure actuelle le mode de scrutin pour les élections régionales est sans doute le plus cohérent, puisqu’il permet justement de représenter un peuple (ici circonscrit à la région, et à son administration) dans la diversité de ses orientations politiques.

    Après la disparition des départements, il restera à appliquer ce mode de scrutin aux législatives, en proposant une élection nationale dans laquelle les candidatures seront en fait des listes nationales (peut-être suivant des fractions représentatives de la population, dans des élections séparées, si le nombre de sièges à pourvoir est toujours aussi élevé qu’aujourd’hui à l’assemblée, par exemple suivant des corporation de métiers, ou des tranches d’âge, … je dis ça totalement au hasard, hein, mais c’est pour donner l’idée d’un mode de représentation différent de la représentation territoriale qui n’a pratiquement aucun sens au niveau de l’assemblée), et le nombre de sièges obtenus à l’assemblée par chaque liste sera proportionnel au nombre de voix obtenues. Comme pour les régionales.

    Bon désolé, je ne pensais pas poindre un nouveau pavé, j’étais juste venu dire que je manquais de temps, et il se trouve que finalement je l’ai pris. Désolé, Koz aussi, pour ces messages à rallonge. Promis, demain j’arrête.

  • Bon erratum, je viens de m’apercevoir que je dis une bétise quand je dis, à Vivien :

    Il y a bien entendu une différence entre démocratie directe et démocratie représentative, mais cette différence n’est pas celle que vous faite. [...] ce que décrivait votre définition (de la démocratie représentative) : non pas un processus démocratique, mais purement républicain, sans lien aucun avec les principes de la démocratie.

    En effet, on trouve dans le Compendium de la DSE, §408 :

    Dans le système démocratique, l’autorité politique est responsable face au peuple. Les organismes représentatifs doivent être soumis à un contrôle effectif par le corps social. Ce contrôle est possible avant tout grâce à des élections libres, qui permettent de choisir et de remplacer les représentants. L’obligation, pour les élus, de rendre compte de leur action, et qui est garantie par le respect des échéances électorales, est un élément constitutif de la représentation démocratique.

    Bon voilà, non seulement je ponds des pavés, mais en plus c’est pour dire des conneries.

    Ceci dit, quelques paragraphes plus loin, sont décrits « Instruments de participation politique » qui DOIVENT permettre aux citoyens de participer à la formation des choix politiques. Les deux instruments qui sont évoqués sont les partis politiques, qui doivent donc nécessairement être représentés ensuite au niveau des instances du pouvoir, et le référendum. Cet élément est également constitutif de la démocratie.

  • @Harald

    Je ne connaissais pas le texte de Simone Weil, donc merci de nous l’avoir fait partager. En fait, j’ai même cru naivement un moment que vous citiez Simone Veil, ce qui de votre part m’aurait… surpris.

    Texte très intéressant donc, mais à remettre dans son contexte si vous le permettez. En faisant une petite recherche, je suis tombé là-dessus:

    http://www.vote-blanc.org/articles.php?lng=fr&pg=118

    Donc, si je résume, le texte que vous citez a été écrit juste après la défaite de 40, où un certain pessimisme vis à vis de démocratie parlementaire se comprenait bien. Il établit un distinguo que vous omettez entre partis « anglo-saxons » prétendument intransposables sur le continent, et partis « continentaux » issus d’une culture politique différente. Sa distinction se comprend à une époque où il n’existe plus une seule démocratie en Europe Continentale, un peu moins aujourd’hui. L’auteure est morte en 43 et n’a donc malheureusement pas pu voir ni la chute de l’Axe, ni les 65 ans de paix et de démocratie qui s’en sont suivis en Europe Occidentale. Ni, pour le cas particulier de la France, l’évolution des institutions qui aboutit à la diminution relative du poids des partis sur la vie politique.

    Pour résumer, utiliser un texte ecrit à l’époque où partis communistes, nazis ou fascistes se partageaient l’Europe, pour en conclure à une « aspiration totalitaire » de partis modernes comme le PS ou l’UMP, ça me parait tordre un peu trop le cou au contexte historique.

  • Harald a écrit : :

    Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient de commencer par en discerner les caractères essentiels. On peut en énumérer trois : * Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. * Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. * La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S’il ne l’est pas en fait, c’est seulement parce que ceux qui l’entourent ne le sont pas moins que lui.

    Intéressante analyse, mais je ne sais sur quelle pente vous vous engagez avec cet argumentaire. Ainsi, un non-croyant attribuera très exactement ces mêmes caractéristiques aux différentes Eglises et religions. Faut-il les supprimer ? Comment distinguer une idéologie politique d’une idéologie religieuse ?

  • @ Vivien : Remettre dans le contexte, c’est une manière d’évacuer le problème. Par exemple, vous ne voyez pas l’actualité de l’affirmation de Weil : « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective« . Pourtant de débats minables en débats minables, il me semble que le parti au pouvoir ne fait que ça. Suivi d’ailleurs par ceux d’opposition qui font monter la sauce à grands coups d’émotion et d’indignation. Alors que de Gaulle avait clairement formalisé ce qu’est l’identité nationale et comment la laïcité doit être vécue.

    Autre point : « Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres« . Là encore pour ce qui concerne l’UMP, il ne peut y avoir de discussion possible. Ce n’est qu’un avatar du RPR : culte du chef, une seule tête de visible, etc. Mais prenons le PS, ses membres ne sont-ils pas gênés aux entournures lorsqu’on évoque la sécurité, l’immigration ? Ils jurent leurs grands dieux qu’ils sont sur la ligne du parti, pourtant dans je ne sais plus quel numéro de leur journal interne un sondage montrait clairement que les positions individuelles exprimées dans le secret d’une conversation anonyme rejoignait celles de la droite dure. J’ai expérimenté ce genre de schizophrénie avec un syndicaliste CGT qui était d’accord avec moi sur le sujet de l’assurance maladie privée au lieu de la sécu, mais il m’a néanmoins affirmé que cela resterait off car ce n’est pas compatible avec la ligne officielle.

    Quant au totalitarisme potentiel des partis, si vous croyez sincèrement que l’UMP n’aimerait pas tordre le cou des autres partis comme il a réussi à liquéfier l’UDF, ce qui vaut également pour le PS qui a littéralement rongé le PCF (ce dont je ne me plains aucunement d’ailleurs, je trouve même que le cadavre bouge encore trop), c’est que vous avez gardé une certaine naïveté ( ce n’est pas dit péjorativement).

    @ Yogui : Parler d’idéologie religieuse montre que vous n’avez pas vraiement compris ce qu’est une religion. Encore que pour l’islam il faille faire une exception.

  • Harald a écrit : :

    Mais demander à un cantonnier de se prononcer sur ce qui sera le programme économique et social pour les 5 ans à venir, j’avoue ne pas saisir le sens de cette démarche.

    Bonjour,

    il y a à mon avis deux raisons pour cela: la première, c’est qu’en votant, le cantonnier se dira que la politique conduite est aussi de sa responsabilité, puisqu’il a voté. De plus, il n’existe pas à mon avis de système plus efficace pour faire partir une équipe essoufflée ou décadente que le suffrage universel.

  • Pneumatis a écrit : :

    il est donc évident que toute démocratie doit être participative. Cela comporte que les sujets de la communauté civile, à tous ses niveaux, soient informés, écoutés et impliqués dans l’exercice des fonctions qu’elle remplit.

    Je ne suis pas vraiment d’accord. Si deja les citoyens sortent les sortants de temps en temps, et se prononcent sur quelques sujets cles (par exemple sur l’Europe ces vingt dernieres annees), c’est une amelioration enorme par rapport aux regimes totalitaires. Allez voir a quoi ressemble une fin de regne de 10 ans, ou une transition de pouvoir par guerre civile, ce n’est pas tres reluisant.

    Je crois qu’il n’est pas necessaire de demander, ou d’esperer, que les gens se passionent sur la comptabilite des collectivites locales apres avoir deja travaille pendant 8 heures, fait 2 heures de RER, et avoir fait prendre le bain aux enfants.

  • Eh au moins sur la question des principes démocratiques que j’évoquais plus haut, je sais maintenant que je suis en phase avec Christine Boutin. cf. son discours de clôture du conseil national du PCD : elle y évoque notamment quelques « pistes » du projet du PCD :

    Redonner ses lettres de noblesse au politique par un septennat non renouvelable et l’instauration d’une part de proportionnelle pour les législatives. [...] Faire participer la société civile par un appel au referendum pour trancher sur les questions de société.

    Bon d’accord, je n’avais pas parlé du septennat. Mais pour le reste, hein ! Bon d’accord, mon post ne sert à rien, si ce n’est à signifier que je suis plutôt content d’être d’accord avec elle ;)

  • Pneumatis, je vois que vous avez répondu vous-même à votre pavé. Je dois avouer que j’avais pour ma part du mal à en distinguer la ligne directrice; je vous remercie donc d’avoir ainsi devancé ma réponse :-)

    En ce qui concerne le PCD de Mme Boutin, j’apprends sans surprise que ce parti envisage de prendre un peu d’autonomie vis-à-vis de l’UMP. Il le fait, bien sûr, avec une prudence de Sioux: autonome… mais associé quand même. Le problème de la position de Mme Boutin a toujours été de savoir comment faire entendre une voix différente, sans pour autant quitter le camp de la majorité. Ce problème structurel ne se résoudra pas simplement avec une candidature pour 2012. Il en est de même pour tous les partis et organisations diverses qui composent la droite « pas trop de droite ».

    Même si l’UMP explose effectivement – et ce n’est pas encore acquis – la recomposition sera difficile. L’obstacle le plus sérieux est la crainte, pour tous ceux qui voudraient s’écarter de Sarkozy, de se voir balayés aux législatives l’année prochaine. On a déjà vu ressurgir dans le Figaro l’expression « la droite la plus bête du monde »: le classique code d’alarme qui signale un rappel à l’union. C’est également ainsi que je lis cette phrase du communiqué Devedjian – Sarkozy, qui a tant fâché notre hôte:

    Nous sommes à la veille d’échéances politiques décisives pour l’avenir de notre pays. Il est indispensable que les Hauts-de-Seine soient un pilier exemplaire de la politique du gouvernement et de l’action du président de la République

    Il est bien évident que le 92 n’est pas un laboratoire spécialement exemplaire de la politique du gouvernement. Ce langage signifie plutôt que l’union de l’UMP dans les Hauts-de-Seine après la défaite des cantonales doit être exemplaire pour l’union de l’UMP dans le reste du pays, avec pour motivation: si vous voulez sauver vos sièges, rassemblement de tout le monde derrière le chef. Devedjian, qui vient de miraculeusement sauver sa tête, l’a très bien compris, et son ralliement express au camp qui a essayé de l’éjecter est un exemple quasi parfait de pragmatisme politique. Évidemment, pour moi qui souhaite voter pour des gens qui incarnent des idées (quelle drôle d’idée…), ça ne donne pas trop envie.

    J’en conclus que pour sa propre santé, la droite a maintenant besoin d’une cure d’opposition de cinq ans.

  • Gwynfrid a écrit : :

    J’en conclus que pour sa propre santé, la droite a maintenant besoin d’une cure d’opposition de cinq ans.

    Disons 20 ans plutôt. 10 ne semblent pas avoir été suffisants pour la gauche :|

  • @Harald

    Remettre dans son contexte, ça permet juste de savoir de quoi on parle. J’imagine que vous voyez tout seul la différence qu’il peut y avoir entre le parti nazi ou le parti communiste soviétique d’une part, et l’UMP ou le PS d’autre part, tant en matière de « fabrication de passion collective », que de « pression sur la pensée ». Je sais bien que Mme Weil ne se prononce pas sur l’intensité du phénomène, mais dans ce cas, toute organisation humaine peut se définir comme instrument de fabrication de passion collective, ou de pression sur la pensée, de l’amicale bouliste de votre commune à l’Eglise Catholique (pour faire plaisir à Yogui).

    Ensuite mon commentaire visait aussi à introduire une distinction établie par Mme Weil elle-même (d’après la fiche de lecture que je citais), entre partis anglo-saxons dont « l’esprit sportif » permettrait le fonctionnement des institutions, et partis continentaux à vocation totalitaire. Ma thèse: l’histoire des 65 dernières années en Europe occidentale a largement donnée tort à Mme Weil sur ce point, en donnant une foultitude d’exemples de systèmes faisant fonctionner sur le Continent, des ensembles de partis jouant à l’anglo-saxonne, selon les règles. Phagociter l’UDF et le RPF pour avoir la plus belle écurie du plateau, et battre le PS, c’est une chose. Vouloir exterminer le PS pour créer une société de parti unique, une autre, malgré les escarmouches liées à « l’ouverture ».

    D’ailleurs, il faudrait savoir: le défaut de l’UMP (par exemple), c’est d’avoir « une vocation totalitaire », et de vouloir coller une idéologie à toute une société, ou au contraire est-ce un parti qui n’a pas d’idées, et segmente l’électorat en cibles marketing pour draguer suffisament large pour faire 50%? Pour moi, clairement, c’est plutôt le 2ème problème, d’ailleurs c’est même dans le nom d’origine: sa vocation est « majoritaire ».

    Bon, en tout cas, vous m’avez donné envie de lire Simone Weil, et c’est toujours ça de pris ;-).

  • Harald a écrit : :

    Parler d’idéologie religieuse montre que vous n’avez pas vraiement compris ce qu’est une religion.

    Hélas je ne suis pas le seul ! Des bouquins entiers ont été écrits sous ce titre, et cette variété d’idéologies est mentionnée par les dictionnaires … mais retirons le terme s’il vous déplaît : la question reste entière. Dois-je développer le volet « machine à exacerber les passions collectives », ou la « pression sur la pensée », voire la vocation intrinsèquement hégémonique des croyances religieuses ?

    Je retiens simplement que vos critères paraissent bien trop vagues ou mal calibrés si vous ne souhaitez pas emporter du même mouvement les partis politiques et les religions.

  • Lib a écrit : :

    Disons 20 ans plutôt. 10 ne semblent pas avoir été suffisants pour la gauche

    Pour la gauche, je suis, malheureusement, tout à fait d’accord. Pour la droite, je te trouve un peu pessimiste quand même. Historiquement, elle s’est montrée capable de se remettre sur pieds plus rapidement que la gauche.

  • Je me permets d’ajouter ma réflexion (peut-être pas très originale) sur la question de la comptabilisation du vote blanc.

    Comme d’autres commentateurs l’ont dit, il convient de bien distinguer le vite blanc du vote nul : le vote nul, ça peut être une erreur de procédure (deux bulletins différents dans une même enveloppe, une enveloppe vide), ou une transgression volontaire de la forme du vote (bulletin déchiré ou coupé, ajouts scripturaires ou ratures sur le bulletin, non-respect de l’anonymat sur le bulletin) ; c’est donc toujours un vote qui, volontairement ou pas (ce point n’a pas d’importance au regard des personnes chargées du dépouillement) ne respecte pas les règles du scrutin. Un tel vote, pour garantir le respect du juste fonctionnement du scrutin, ne peut être compté dans les voix exprimées, c’est un vote qui compte pour zéro. Vote nul.

    Le vote blanc est distingué du vote nul par le code électoral, parce qu’il respecte les règles électorales : une enveloppe, une bulletin, une voix. Mais une voix pour personne : vote blanc. Dans les deux cas, ce sont des voix exprimées ; toutefois, le vote qualifié de « nul » ne peut, en raison même de sa ‘nullité’ formelle, c’est-à-dire de sa non-conformité avec la règle du scrutin, ne doit pas être compté finalement parmi les voix exprimées : le citoyen a accompli son devoir, mais le non-respect des règles (même s’il ne s’agit que d’une erreur) ne permet pas de savoir ce que l’électeur voulait exprimer, ou bien exprimer quelque chose qui n’est pas recevable dans le cadre de l’élection (c’est le cas des ratures de certains noms dans le cas d’un scrutin de liste : l’électeur est censé voter pour une liste dans son ensemble). En conséquence, personne n’ayant le droit d’interpréter le vote de l’électeur, cette voix est classée dans les voix non-exprimées, il faut entendre par là : non recevables.

    Bien-sûr, le problème est fort différent pour un bulletin blanc, dont la définition est bien précise dans le code électoral : l’enveloppe contient un papier blanc, sans aucune mention. C’est donc bien un vote exprimé, reconnu par le code électoral, mais qui ne s’exprime en faveur de personne. Le citoyen a donc tout à fait accompli son devoir électoral (ce n’est PAS une abstention, l’électeur est venu au bureau de vote, a voté, et a même pris la peine de respecter les règles du scrutin !), mais a jugé qu’aucun candidat ne méritait sa voix.

    Malheureusement, à l’heure actuelle, les bulletins blancs sont traités au même titre que les bulletins nuls ! Au point qu’on est en droit de se demander pourquoi il y a deux catégories distinctes, d’ailleurs ! Or la distinction a du sens, il faudrait qu’elle soit respectée : on parle souvent de l’abstention comme « le troisième parti » (pour un second tour), or cela est formellement faux : personne ne vote pour l’abstention ! En revanche, il y a des citoyens qui votent ‘blanc’, volontairement, en respectant les règles électorales ; et on ne comptabilise par leurs voix dans la proportion des votes ?!

    J’ai lu dans les commentaires que certains se disent « Mais qu’est-ce que ça changerait ? ». C’est assez simple : si le vote blanc était comptabilisé à l’égal des candidats, les candidats et les partis seraient contraints d’en tenir bien plus sérieusement compte. Alors, le pourcentage de votes blancs exprimés serait un désaveu des différents candidats.

    D’autre part, pour parler un peu de politique concrète, et pas seulement de théorie (oouuiiii, même un philosophe peut mettre les mains dans le cambouis de la ‘politique concrète’ ! ^^), si le vote blanc est compté dans la proportion des votes exprimés, certains candidats qui courent après les 5% de voix pour toucher les indemnités de campagne devront se soucier un peu plus sérieusement du taux de votes blancs, car son augmentation serait synonyme de diminution de leurs pourcentages de voix. De même pour toutes les élections où un seuil de pourcentage ou de voix est nécessaire pour continuer la course… Et même, prenons un cas extrême (oui, d’accord, je repars dans du théorique… ^^) : si le vote blanc obtenais le meilleur score à une élection ?! (Que ce soit à un premier ou à un second tour, d’ailleurs) Est-ce que cela ne signifierait pas que les électeurs ont voté en majorité pour aucun des candidats en lice ? Auquel cas le respect de la volonté des électeurs serait que les candidats ainsi désavouée se retirent et qu’une nouvelle élection soit mise en place.

    Compliqué ? Certes, en tous cas un peu plus que ce qui fonctionne actuellement. Mais dans une telle perspective, il me semble clair que les candidats auront tout intérêt, même politiquement, à respecter la volonté des Français et à proposer des candidatures réellement engagées, à se distinguer des autres, et à aller chercher les électeurs là où ils ne se sentent pas représenter, pour faire passer des voix du vote ‘blanc’ au vote ‘pour bibi’. (Ainsi, les fameux ‘points non-négociables : le candidat qui se rendrait compte qu’il y a là un réservoir de voix inexploité pourrait faire preuve d’intelligence politique en intégrant cela dans son programme).

    Cela nous éviterait des sorties triomphantes de certaines ‘majorités’ qui, avec quelques 52% de voix exprimées à l’heure actuelle, devraient faire face à une plus juste proportion des votes des électeurs : 20% de votes blancs, 38% pour le candidat A et 42% pour le candidat B, ça fait pas une belle majorité, et ça devrait rendre un peu humble. [les chiffres donnés ici ne représentent aucune réalité, c'est juste pour donner une illustration].

    Vous comprendrez aussi que je sois pour une invalidation des élections en cas de taux d’abstention dépassant un certain chiffre : il me semble en effet qu’un candidat élu avec un nombre de voix représentant, mettons, moins du dixième de nombre d’inscrits sur les listes électorales, ne peut en aucun cas se prévaloir du soutien d’une quelconque « majorité » et n’est donc pas, même ‘en droit’, désigné par la volonté du peuple pour gouverner ou représenter les citoyens. J’aimerai bien, au moins, que nos élus affichent honnêtement, à côté de leurs scores en proportion des voix exprimées, l’équivalent en proportion du nombre d’électeurs, parce que là aussi : « M. Truc a été élu avec 53% des voix exprimées, qui représentent environ 13% des électeurs », ça remet sérieusement les choses à leur place, je trouve. Sans qu’il soit pour autant question de disqualifier la légitimité politique de ce M. Truc : une fois élu, il représente de toutes façons 100% des citoyens.

    (Désolé d’avoir été un peu long, merci à ceux qui ont pris la peine de me lire intégralement)

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