Cas de conscience et question de principe.

Point de mire et ligne de crête (vallée de la Tarentaise).

Le chemin de croix est fini. La catastrophe, insoupçonnable il y a six mois, annoncée depuis deux mois, s’est produite. Je laisse à d’autres le soin de dresser les bilans, compter les responsabilités, écluser la rancœur. Il ne serait pas superflu de s’interroger sur les ajustements nécessaires, la défaite ne s’expliquant pas seulement par les affaires, mais la seule question qui vaille à l’instant est celle des échéances à venir.

Pour qui voter, quand celui qui s’approchait le plus de vos convictions sans lui-même y être totalement fidèle a été éliminé ? Quand il ne reste plus que les choix que vous aviez écartés, que les candidats que vous jugiez impropres à occuper la fonction suprême ? A ma grande surprise, les réactions reçues sur les réseaux sociaux – en les supposant de bonne foi – témoignent du fait qu’il n’est pas évident pour tous que le choix du second tour, dans une telle configuration, ne peut pas être un choix d’adhésion. On ne choisit alors qu’entre le mauvais et le pire. « Au premier tour, on choisit. Au second, on élimine » (au troisième, on rectifie).

Je n’ai pas tardé à énoncer mon choix, et le tombereau d’insultes voire de menaces reçu a échoué à me convaincre que je faisais fausse route dans mon choix et dans mes analyses.

Inutile de tergiverser : je ne reconnais comme seul dilemme recevable que celui qui balance entre le vote Macron et le vote blanc. Il est en revanche inconcevable pour moi de voter Le Pen.

De fait, je ne crois pas à la modération du Front National, au contraire. Lorsque Louis Aliot affirme sur le plateau de France 2 qu’il n’est pas d’extrême-droite et qu’il ne connaît pas de personnes d’extrême-droite au Front National, il ment. Évidemment. L’un des plus proches amis de sa compagne, Frédéric Chatillon, n’a rien renié de ses convictions gudardes. Un autre proche de Marine Le Pen et ancien du GUD, Axel Loustau, filmé casque sur la tête et barre à la main à la fin d’une Manif Pour Tous, provoquant les forces de l’ordre, frappant des organisateurs de la Manif, aujourd’hui conseiller régional d’Île-de-France, n’est pas simplement « de droite ».

La « dédiabolisation » du Front National n’est qu’un ripolinage. Certains, bien sûr, s’y laissent prendre de bonne foi et j’ai même quelques amis électeurs du FN qui n’en partagent aucunement les outrances. Le terme même de « dédiabolisation » est un travail d’artiste de la part du FN. Car non, décrire la réalité du Front National n’est pas le « diaboliser », mais ils sont parvenus à ce que ce néologisme militant soit largement repris, comme une situation de fait. Pourtant, il n’y a pas un scrutin qui passe sans son cortège de retrait d’investiture et d’exclusion du parti, démontrant non seulement que c’est un puits sans fond, mais que le FN sanctionne moins les opinions professées que leur malencontreuse publicité. Car nul ne me fera croire que les auteurs de ce type de propos se montrent plus mesurés en privé.

Le Front National ne se modère pas, bien au contraire il se durcit. Quand Marine Le Pen exclut son père, elle intègre Philippe Vardon. Les convictions sont les mêmes, peut-être même plus dures encore, mais plus habilement avancées. Marine Le Pen dénonçait il y a seulement trois ans l’approche ethniciste de Philippe Vardon (en vidéo ici) : aujourd’hui, il a intégré l’organigramme de campagne et infléchi la campagne de Marine Le Pen. Génération Identitaire est parfois décrit par des cadres du FN eux-mêmes comme le vrai mouvement de jeunesse du FN1. De nombreux cadres identitaires œuvrent désormais au plus près des responsables FN, dont Marion Maréchal Le Pen, qui cultive cette proximité. Leur défense de l’ethnie, bref leur racisme, et l’épisode négationniste de Benoît Lœuillet démontrent assez qu’ils portent les convictions traditionnelles de l’extrême-droite. Les Identitaires ont seulement l’habileté, l’intelligence, de se respectabiliser et d’adopter notamment, délibérément, des codes vestimentaires qui les éloignent des bombers et crânes rasés des anciens skinheads. Les cheveux sont plus longs, les idées sont les mêmes.’

Le refus de se cantonner à une dénonciation morale du Front National ne doit pas conduire à une autocensure sur sa réalité profonde. L’époque des pin’s et des badges est certes révolue2 mais cela ne doit pas conduire, par un effet de balancier mal maîtrisé, à se taire. Le Front National reste un parti qui charrie la haine de l’autre, au premier rang duquel l’étranger, et la violence. Il ne saurait à mon sens y avoir de complicité même passive avec ces idées, pour un catholique.

Quant au programme, entre la sortie de l’euro – dont le danger est souligné même par les économistes critiques de l’euro dont le FN se prévaut – et le fantasme autarcique, il n’est pas moins générateur de chaos et de déclin pour le pays. Peut-on troquer cette réalité contre des promesses bioéthiques ? Parce que les enjeux bioéthiques sont préoccupants, parce que je suis catholique et certains de mes interlocuteurs également, on me présente des comparatifs censés démontrer la nécessité pour un catholique de voter Le Pen. L’hypothèse doit être prise un instant au sérieux. Car même les « points non-négociables » avancés par certains n’imposent pas un tel choix. Benoît XVI n’a jamais conçu sa note doctrinale de 2002 et son discours de 2006 comme une grille de vote. Ces points, dont la protection de la vie, sont certes essentiels mais ils sont mentionnés « parmi d’autres ». D’ailleurs, si l’on prenait vraiment l’ensemble des points évoqués pour « non négociables », ils interdiraient quelque vote que ce soit. L’Église respecte la conscience personnelle, éclairée, comme ultime lieu de décision. Si ce qui précède vous paraît obscur, dites-vous seulement que la seule idée que l’application de l’Évangile commanderait impérativement de voter Front National débusque le bug dans le raisonnement.

Au demeurant, les questions bioéthiques et sociétales ne sont pas davantage une priorité pour Marine Le Pen : il serait aberrant d’en faire un élément déterminant du vote3.

Face à cela, nombre de ceux qui m’invectivent sur les réseaux m’opposent, comme un mantra, le soutien d’Emmanuel Macron à la GPA. Quitte à oser le sacrilège, je me permets de penser que l’avenir de la France ne repose pas sur ce seul sujet. Surtout, si son entourage n’est pas clair, il a en revanche été répondu sans ambiguïté par son équipe : « Emmanuel Macron est foncièrement opposé à la GPA. Elle ne sera jamais légalisée au cours de son quinquennat », comme lui-même l’avait déjà dit.

Pour l’ensemble de ces raisons, il m’est évidemment impossible d’envisager d’apporter ma voix à Marine Le Pen. Ceci implique-t-il de voter pour Emmanuel Macron ? Certes non, pas automatiquement. J’entends les arguments de ceux qui préfèrent s’abstenir ou voter blanc. Je comprends l’amertume et même la colère de ceux qui estiment avoir été insultés, traités comme repoussoirs pendant la campagne, et la volonté dès lors d’envoyer p…aître tout ce beau monde. Je comprends particulièrement ceux qui pointent la difficulté de battre Emmanuel Macron aux législatives, après avoir appelé à voter pour lui à la présidentielle. Pour ce qui me concerne, il ne s’agit pas d’un appel – que je n’ai d’ailleurs pas qualité à formuler – mais de l’expression de ma position personnelle. Mais je ne conçois pas de neutralité possible face à Marine Le Pen.

Le fait est que je ne soutiens pas non plus Emmanuel Macron. Je lui reconnais un dynamisme affiché, une volonté de rassembler, de redonner confiance à un pays qui ne manque pas d’atouts. Mais je ne crois pas à son programme économique, pas plus que je ne sacrifie au primat de l’économie qui l’anime. Nous n’avons pas les mêmes conceptions sur les questions bioéthiques ou sociétales et si, contrairement à son intention affirmée de s’abstenir, il devait agir, je crains que ce soit contre mes convictions. Son discours de premier tour a été un moment d’effarement complet devant la vacuité et l’immaturité conjuguées du propos. M’est venue l’idée qu’il était plus facile de combler le vide que de vider l’excès. Je ne souhaite donc pas qu’il dispose d’une majorité parlementaire, et j’espère que tous ceux qui ont été frustrés par une victoire volée sauront se mobiliser en ce sens.

Certains avancent encore qu’il serait préférable d’élire une Le Pen incapable d’appliquer son programme faute de majorité qu’un Macron en mesure d’appliquer le sien. Je ne le pense pas. Je refuse que Marine Le Pen représente la France, en France et à l’international. Je refuse que la France soit représentée par l’ex-présidente d’un parti fascisant4. Question de principes.

Si les principes ne suffisent pas, que l’on n’oublie pas qu’elle disposerait encore de prérogatives dans le cadre traditionnel du « domaine réservé » du président de la République, et qu’elle a d’ores et déjà annoncé son intention de diriger par référendum, peut-être moins par volonté démocratique que par nécessité de passer par-dessus la tête des parlementaires. Et il faudra bien qu’elle le fasse, ne serait-ce que pour exister. Je refuse d’enchaîner les référendums populistes sur la sortie de l’euro, la sortie de l’Union Européenne, l’inscription de la « préférence nationale » (que l’on peut tout aussi bien appeler discrimination selon l’origine) dans la Constitution, ou tout autre sujet qu’il lui plairait d’agiter.

Pour les plus réticents, faut-il penser qu’un vote blanc suffira à empêcher l’élection de Marine Le Pen ? On aurait tort de croire impossible l’improbable. D’autres scrutins, dans d’autres pays, ont suffi à démontrer que les temps ne sont pas à de telles certitudes. En outre, les éventuels reports de voix mélenchonistes, le dégagisme généralisé, les intentions d’abstention ou de vote blanc ne permettent pas d’exclure avec certitude sa victoire (d’après certains calculs, avec seulement 20 % de différence de mobilisation, Marine Le Pen pourrait être élue). Dans une telle configuration, voter blanc ne suffit pas, il est nécessaire de voter pour son adversaire.

Et souvenons-nous,

Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donnés, mais un esprit de force, de pondération et d’amourDeuxième lettre de Saint Paul à Timothée

  1. Et l’on se souvient de ce reportage sur C8 dans lequel le propre patron du FNJ Niçois balance, à propos du FNJ lui-même : « c’est bidon, c’est tous des tapettes. Quand il y aura la révolution, il y aura plus personne. Direction chez les vrais », avant d’aller à une fête identitaire au bar lyonnais La Traboule []
  2. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut apporter des solutions aux questions soulevées par ses électeurs – que ce soit l’insécurité, l’angoisse face à l’immigration, le sentiment d’abandon dans les quartiers ou dans les zones rurales []
  3. Ces partisans du vote Le Pen oublient un peu vite qu’elle a préféré répondre par une pirouette à la mobilisation contre la loi Taubira – en considérant qu’il s’agissait d’une « diversion » pour éloigner les Français des vrais problèmes – ou que Marion Maréchal Le Pen elle-même était absente lors du vote sur la résolution reconnaissant l’avortement comme un « droit fondamental » et a délégué à Gilbert Collard le soin… de s’abstenir pour elle []
  4. Que ceux qui sursautent constatent seulement que l’entrée en force des Identitaires milite clairement en ce sens. []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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144 commentaires

  • Merci.
    Ça fait deux jours qu’avec mon mari, on a porté ce choix par défaut. Et supporté les « jamais Macron », « Le Pen, elle est chrétienne ».
    On ne m’enlèvera pas de la tête que les gestes valent plus que les mots, et Me Le Pen n’a pas brillé au cours de ses mandats européens pour renverser la tendance de la bureaucratie de l’UE.
    Choix du moins pire, mais au moins, je dormirai sur mes deux oreilles.

  • Merci pour cette réflexion très fouillée et parfaitement argumentée. Je vais partager autour de moi car beaucoup (trop !) sont dans le « laissons faire et on verra bien » !…

    Juste une réflexion : je ne comprends pas bien le sens de cette phrase « :Quitte à oser le sacrilège, je me permets de penser que l’avenir de la France devait porter sur ce seul sujet ».

  • Blanc, c’est la seule chose que je sois capable de faire, en conscience, et avec une immense douleur.
    Je crois que cette douleur est partagée, pour mille diverses raisons, par des millions de Français. Et ça, ça ne s’oubliera pas.

    Puissions-nous en faire sortir un peu de bien…

    Marie

  • MLP est sur le plan sociétal dans le même camp que Macron. Elle le dit moins fort parce qu’elle ne veut pas se fâcher avec l’électorat FN sensible au discours de Marion, mais voter pour elle au prétexte qu’elle défendrait des valeurs « catholiques » me paraît le comble du non-sens.

    Je compte voter Macron car l’échec de MLP est aujourd’hui moins évident que beaucoup semblent le penser. Je réviserai ma position pour un vote blanc s’il apparaît dans les derniers jours que la victoire de Macron est assurée.

  • Merci pour ce billet. Voter Le Pen est tout aussi inconcevable pour moi. J’espère que les législatives nous permettront de contrer le programme de Macron sur certains sujets et orientations. En votant pour lui malgré mon choix pour Fillon au 1er tour, j’ai l’impression désagréable de « me salir les mains  » pour que d’autres, pas très courageux, puissent voter blanc. Espérons que cela suffise à éviter ce que j’estime être une catastrophe pour la France: avoir Mme Le Pen comme présidente.

  • Je ne fais pas partie de ceux qui pratiquent le Koz-bashing, mais sur ce coup-ci, j’avoue que vous m’énervez. Vous commencez votre billet en disant que vous entendez les arguments de ceux qui s’apprêtent à voter blanc et vous concluez en les culpabilisant de faire par leur mauvais choix le potentiel lit de l’extrême-droite. Votre discours, quand bien même il se conclut sur une lettre de Saint-Paul, n’est que celui de l’auto-proclamé camp du Bien, rebaptisé pour l’occasion « front républicain ». Etant dans le camp de ceux qui vont voter blanc le 7 mai sans aucun état d’âme, car je ne choisis pas entre la peste et le choléra (surtout pas quand ce dernier a qualifié ma famille entière de criminels contre l’humanité), je trouve un peu outrancier qu’un catho de base, même pas mon confesseur, sous-entende que je suis une vilaine fille au regard de l’Evangile. Il y a peut être dans mon propos un peu de « Après moi le déluge », je l’assume. Et par-dessus tout, je déteste qu’on me dise ce que je dois faire.

  • Je vis en Angleterre brexiteuse. Je fais partie des 3 millions d’europeens qui se croyaient intégrés et se sont réveillés le 24 juin en étant devenus dans la nuit, par un vote où beaucoup n’ont pas compris les enjeux, des citoyens de seconde catégorie. Pire, pour reprendre les mots du gouvernements, des pions, un capital de négociation.
    Parce que des électeurs ont préféré s’abstenir ou voter nul plutôt que de supporter une mesure personnifiée par un premier ministre avec qui ils n’étaient pas en accord total, le pays traverse une des pires crises de son histoire depuis la seconde guerre mondiale. On a dépasse le cadre pour ou contre l’Europe, ce n’est malheureusement plus la question. C’est aujourd’hui l’avenir politique, économique et culturel britannique qui se joue, et ça n’a rien avoir avec l’Union européenne.
    Tout ça pour dire que devant la delinquessence britannique, le choix du moins pire ne me pose plus aucun problème.

  •  »dites-vous seulement que la seule idée que l’application de l’Évangile commanderait de voter Front National débusque le bug dans le raisonnement. » … On pourrait remplacer  »Front National » par  »Macron ».
    Ça marche aussi : » dites-vous seulement que la seule idée que l’application de l’Évangile commanderait de voter Macron débusque le bug dans le raisonnement. »

  • On ne va pas refaire le match, mais pour cette élection, combien voter utile dès le premier tour eût été… utile justement.

    Quel dilemme de ne constater que de mauvaises options, quel que soit le côté où l’on se tourne : Lepen ça craint, Macron ça craint, blanc ça craint… on pourra bien sûr hiérarchiser les différents niveaux de « craintitude » (pardon, ma France débloque… ou bien est-ce mon français ?) mais dans les trois cas, ce n’est pas satisfaisant…

    Un seul chose de sûre : si au FN les cheveux sont plus longs, les idées sont toujours aussi courtes. Mais je ne peux me résoudre à donner ma voix (donc quelque part, ma caution, un peu, quand même) au candidat fabriqué de toute pièces par les médias, et qui ne trouve rien de mieux à faire que de fêter déjà sa victoire, sans voir le problème d’une extrême droite au second tour et qui le talonne….
    Et s’il est élu, quel boulevard n’ouvrira t-il pas dans 5 ans à l’extrême droite et l’extrême gauche ?

    Bref… ça craint.

    Par défaut, faute de mieux, le vote blanc me semble être l’option la moins inconfortable pour ma conscience.
    (et voir la reddition sans négociations des politiques de tout bord confondus à Macron ne donne vraiment pas envie de se mobiliser pour eux aux législatives…)

  • Cardabelle a écrit :

    Juste une réflexion : je ne comprends pas bien le sens de cette phrase « :Quitte à oser le sacrilège, je me permets de penser que l’avenir de la France devait porter sur ce seul sujet ».

    Moi non plus, merci de me l’avoir signalé. 😉

    Aristote a écrit :

    MLP est sur le plan sociétal dans le même camp que Macron. Elle le dit moins fort parce qu’elle ne veut pas se fâcher avec l’électorat FN sensible au discours de Marion, mais voter pour elle au prétexte qu’elle défendrait des valeurs « catholiques » me paraît le comble du non-sens.

    Nous sommes d’accord. Ses positions sociétales relèvent pour moi de l' »attrape-catho ».

    Natalie a écrit :

    Je ne fais pas partie de ceux qui pratiquent le Koz-bashing

    Merci pour ce préambule délicat.

    Natalie a écrit :

    Et par-dessus tout, je déteste qu’on me dise ce que je dois faire.

    Je ne vous dis pas ce que vous devez faire, je vous dis ce que je vais faire, et pourquoi.

    Certes, comme beaucoup, j’ai tendance à penser que mon choix n’est pas le plus mauvais, sinon j’en changerais. Navré d’avoir argumenté, c’est une vieille habitude. Et si cette argumentation vous met mal à l’aise, je ne suis pas certain que ce soit à moi qu’il faille l’attribuer.

    Maintenant, oui, si je refuse en bloc les arguments de ceux qui pensent qu’un vote catholique est un vote Le Pen, je comprends les arguments de ceux qui entendent voter blanc, mais ils ne me convainquent pas assez.

    Isard Franc a écrit :

    En votant pour lui malgré mon choix pour Fillon au 1er tour, j’ai l’impression désagréable de « me salir les mains » pour que d’autres, pas très courageux, puissent voter blanc.

    Ce n’est pas faux, en effet : ils ne peuvent se le permettre que parce qu’ils comptent sur les autres pour ne pas le faire.

    Sybille a écrit :

    On pourrait remplacer »Front National » par »Macron ». Ça marche aussi : » dites-vous seulement que la seule idée que l’application de l’Évangile commanderait de voter Macron débusque le bug dans le raisonnement. »

    Dans une certaine mesure, oui. L’application de l’Evangile ne commande aucun vote, jamais. Mais on n’est pas encore venu me soutenir que des points non-négociables ne laisserait pas d’autres choix aux catholiques que de voter Macron, contrairement à Le Pen.

  • « on ne choisit alors qu’entre le mauvais et le pire » ou encore « peste et choléra ». A mon sens il ne faut pas exagérer. On n’aurait pu avoir Melenchon contre Macron, on en est pas passé si loin. En ce qui me concerne, Filloniste et certain de la victoire de Macron, je voterai MLP car je refuse de faire croire à Flam-bis qu’il remporte l’adhésion de la majorité. Jeu risqué peut-être, mais essentiel à mes yeux après le comportement humiliant du gouvernement actuel ces 5 dernières années.

  • Il me semble extrêmement important, non seulement que Mme Le Pen soit battue, mais qu’elle le soit par le score le plus large possible: c’est exactement le même raisonnement que j’ai fait en 2002, alors que je pensais pourtant Jacques Chirac indigne de la fonction.

    Quant à ceux qui refusent de choisir… Je m’avoue surpris par la position de Sens Commun. De la part de responsables politiques, le refus de choisir, c’est le refus des responsabilités. Ici, la responsabilité consiste à défendre la France et la démocratie contre toutes les tentations liberticides, identitaires et violentes dont Koz a dressé le tableau ci-dessus. Ce n’est pas une question très compliquée, malgré toutes les tentatives de Mme Le Pen pour essayer de déguiser la nature réelle de son parti.

    Au plan individuel, nombreux sont ceux, bien sûr, auquel ce choix donne mal au coeur. Je les comprends et je sympathise. Je leur suggère de se souvenir de l’état d’esprit des électeurs de gauche le 5 mai 2002: il était très proche du leur aujourd’hui. L’expression de l’époque était « je vote en me bouchant le nez ». C’est horriblement déplaisant, mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Je leur souhaite bon courage.

    @ Sybille: Sauf que rigoureusement personne ne fait ce raisonnement dans le cas de M.Macron. Il n’y a donc pas lieu de le réfuter.

    @ Pomdepin:
    Merci pour ce témoignage. Se laver les mains du vote, c’est aussi se laver les mains des conséquences immédiates, directes sur de nombreuses vies.

  • Merci merci! Quel soulagement de lire cela. Bon courage pour les tombereaux d’insultes que vous recevez certainement par des gens très fins 🙂
    Bonne continuation
    Marie la fragette

  • @Koz, vous êtes un homme courageux, et je comprends tout ce que vous écrivez. Si cette élection à venir pose beaucoup de problèmes à la droite elle en pose beaucoup aussi à la gauche.

  • Effectivement, je suis d’accord avec votre réflexion mais il me semble que voter pour Macron serait d’une certaine façon cautionner la campagne de dénigrement médiatique menée contre François Fillon qui est à mon sens extrêmement grave car relevant de la manipulation de l’opinion.
    Même si je me sens évidemment plus proche du « programme » de Macron que des dérives de Le Pen, il me paraît inconcevable de valider par mon vote de telles méthodes.
    Je n’ai pas décidé aujourd’hui ce que je ferai (un joli dessin dans l’enveloppe ? un WE prolongé ?…) mais au nom de ma conception de la démocratie, je ne peux pas voter Macron…

  • Bon, cette fois, je ne suis pas d’accord avec Koz. En ce qui me concerne, je n’arrive pas à voter pour quelqu’un à la Présidentielle si 1)je n’adhère pas à son programme et 2) je ne lui fais pas confiance pour incarner la France. Je considère que c’est tordre l’esprit de la démocratie d’être amené à voter par calcul et non par conviction. Elire M. Macron va nous conduire à mon avis à 5 ans de plus d’immobilisme et de renoncements sociétaux. Si Mme Le Pen n’est pas élue cette année elle le sera presque à sûr après un quinquennat Macron. Je n’accepte pas non plus la culpabilisation du vote blanc. Voter blanc veut simplement dire que l’on rejette les candidats proposés, ce n’est pas un manque de courage. Voter par défaut en est peut-être un en revanche… Evidemment, j’écris tout cela sans animosité et je soutiens Koz qui exprime son opinion malgré les insultes.

  • Merci pour ce billet, qui a le mérite de la clarté. Juste un bémol : quand vous dîtes « Mais je ne crois pas à son programme économique (…) », il me semble que celui-ci est somme toute assez proche de celui proposé par Fillon (ou le moins éloigné).

  • C’est à Macron de vous persuader de voter pour lui et pas à vous de forcer votre conscience. S’il est incapable de comprendre la déception de tous les perdants, incapable d’expliquer son programme en sortant de son jargon d’économiste, incapable de respecter la forme politique française (il y a deux tours à une élection présidentielle), incapable de rassurer, incapable de rassembler, pourquoi voter pour un incapable ?
    Vous voterez blanc et ce sera déjà gentil à vous de ne pas vous être abstenu.

  • @ Yann: pour ce soir et pour les jours à venir je vais m’en tenir à ce que vous venez d’écrire. Et je vais me donner un peu de temps pour prendre une décision.

  • @ Yann: En effet. S’il continue à se conduire comme il l’a fait depuis ce fameux soir du premier tour, c’est encore moins gagné pour les indécis.

  • Bonjour,

    d’abord un remerciement, au-delà de ce seul billet, pour la voix laïque (au vrai sens du mot) catholique que vous faites entendre depuis quelques mois sur les sujets identitaires, une voix que je suis loin d’approuver en permanence (en fait, que je désapprouve à peu près tout le temps) mais qui a le mérite d’être une voix vraiment catholique et une voix vraiment personnelle dans un pays qui manque cruellement de l’une comme de l’autre. Surtout, vous avez le mérite d’avoir participé à un vrai débat dans la « cathosphère » et si j’ai trouvé à redire à chacun de vos billets, de vos interventions orales, de vos livres, votre sincérité et votre bienveillance vous ont toujours fait honneur, contrairement à nombres de vos opposants.

    Sur ces flagorneries, deux questions :

    -une précise sur l’élection que nous sommes en train de vivre. J’ai bien lu votre joli billet. Je pense que vous êtes criminellement naïf sur les rapports de Macron à la PMA et la GPA. Outre ces sujets bioéthiques, en ce qui me concerne, cet homme incarne tout ce qu’il y a de détestable dans la civilisation occidentale aujourd’hui, le matérialisme le plus crasse. Je suis néanmoins plus que dégoûté par le rapport du FN aux migrants, et par ailleurs, j’estime qu’en une heure aussi grave, le vote blanc est effectivement une lâcheté. Je suis pas dans la merde pour choisir, n’est-ce pas ?
    Ces deux derniers jours, un argument m’a travaillé l’esprit ; vous le considérerez peut-être comme la voix du diable, je vous le livre quand même : c’est qu’il sera plus facile de résister à Le Pen qu’à Macron. Si Macron est élu, tous les rats de l’UMPS monteront dans son navire pour lui former une belle majorité à l’assemblée, et dans l’opinion publique, le grand parti des cochons et des moutons le soutiendra. Si Le Pen est élue, elle rencontrera beaucoup plus de résistances à l’assemblée comme dans l’opinion populaire. Bref, entre la peste et le choléra, est-ce qu’il ne faut pas choisir la maladie contre laquelle nous avons le plus d’anticorps ?

    -et une question plus large sur votre vocation d’allumeur de débats. Cela fait nombre d’années maintenant qu’un monsieur certes doté d’un certain talent se voit couvert de louanges et d’honneurs divers dans le catholicisme français et européen, un monsieur dont j’estime que même dans ses heures les plus brillantes, il n’aurait jamais dû bénéficier d’un tel unanimisme et qui aujourd’hui ne représente pour moi que le premier tailleur de prêt-à-penser catholique ; ce monsieur c’est M. Fabrice Hadjadj. Je n’attends pas de vous que vous partagiez mon constat sur son travail ; mais dans les questions identitaires sur lesquelles vous vous êtes engagé, il est clair qu’il y a de graves différents entre lui et vous. Je suis mesquin, mais vous pourriez le dire, s’il vous plaît ? Cela fait des années que je crève de n’entendre aucun autre catholique que moi dire « Là, Hadjadj balance quand même de la merde… »

    Cordialement,
    Matthieu P.

  • Bravo pour votre analyse courageuse dont je partage à 100%. Je voterai Macron par défaut car on ne joue pas avec le feu de l’extrémisme.

  • Affirmer, ainsi que vous le faites, qu’il « ne saurait y avoir de complicité, même passive, avec les idées du FN, pour un catholique » est assez peu charitable envers les nombreux catholiques qui se sont décidés à marquer leur complicité dans l’isoloir. Nul doute qu’ils n’avaient pas l’impression d’agir en mauvais catholiques, ce faisant, du moins pas avant que vous ne les fassiez profiter de vos éclairantes lumières.

    Pour un catholique sincère donc, si j’ai bien entendu, il y aurait assurément moins de distance de lui à Macron que de lui à Le Pen. Au point qu’il peut bien, à la limite, et sans gaité de cœur , envisager de pactiser avec l’un, mais que tout salut à l’autre -de loin et même par brouillard – devrait être considéré comme un faux pas impardonnable. Soit, alors…

    Une sentence aussi précise et catégorique ne se fonde manifestement sur aucun examen détaillé des propositions programmatiques en présence, mais plutôt – à ce qu’il semble- sur une position de principe : Macron, quoi qu’on pense de lui, ne s’opposerait pas frontalement aux valeurs de la charité chrétienne… tandis que pour Le Pen, l’affaire est entendue. Elle couve de son aile maligne, un programme inspiré par la haine, le repli identitaire, le rejet de l’autre, le refus de l’étranger. Toutes choses à quoi la Charité aux bras ouverts, amène et accueillante, ne saurait se mêler sans se corrompre.

    Sincèrement, cher Koz, je me demande si l’idée que vous vous faites de la charité chrétienne n’est pas faussée par vos bonnes manières. N’auriez-vous pas pris la mauvaise habitude d’assimiler la charité chrétienne à ces délicatesses de gens bien éduqués ? Je concède volontiers que Monsieur Macron est plus poli que Madame Le Pen et certainement plus accueillant aux étrangers. La charité ne coûte pas grand chose à ceux qui promettent généreusement et laissent aux autres le soin de donner.

    Si on ne se paie pas de mots, celui qui est en position d’exercer vraiment la charité et d’accueillir vraiment l’étranger -non pas virtuellement -mais réellement, dans ses bras et dans sa vie, dans son quotidien et à l’école auprès de ses enfants, c’est ce petit blanc grossier qui nourrit vraiment les rangs du FN. Mieux que beaucoup d’autres, il sait vraiment ce qu’est la charité, la vraie charité qu’il faut payer de sa tranquillité. A tout prendre, et du point de vue même de la charité, je trouve plus estimable le raciste dont le voisin est un noir que l’anti-raciste qui ne connaît que des blancs.

    Quand Madame Lepen rappelle que l’on ne peut accueillir quelqu’un si on ne dispose pas d’abord d’un véritable chez soi, un chez soi où il ferait bon vivre parce que ses habitants y auraient des habitudes communes et des valeurs historiquement sédimentées, je ne trouve pas qu’elle manque le moins du monde à la charité chrétienne. Je ne vois rien de « nauséabond » dans ce rappel de bon sens,. Si la charité prescrit que la maison commune doit rester accueillante aux étrangers, elle n’a jamais engagé personne à considérer que l’étranger est un indigène et l’indigène un étranger. Libre à vous de considérer que cela fleure bon la haine de l’autre et la xénophobie.

    Mais les catholiques sont d’ordinaire moins dupes, lorsque des hommes qui se revendiquent très loin de toute valeur chrétienne prétendent leur donner des leçons des charité. Et pour cause; en ce domaine, ils sont supposés être un peu experts….

  • Je constate qu’en dehors de Gwynfrid personne parmi tous ses très bons cathos poussant des cris de vierge effarouchée à l’idée de voter pour Macron personne ne se souvient qu’en 2002 lorsque Le Pen père était en passe de gagner les présidentielles d’alors une très grosse ^partie es gens de gauche ont voté pour Chirac à la grande satisfaction des gens de droite.
    Décidément les Français ont la mémoire courte

  • Ces positions sont compréhensibles, leur argumentation est audible.
    Sur la base de constats et de convictions proches, je fais pourtant des choix différents (merveilleuse diversité de l’humanité).
    Comme je l’ai indiqué sous le billet précédent, non, la vision du monde et de l’homme (et de la France, car le sujet est tout de même politique et concerne le choix du chef de l’État français) d’EM ne me permettent pas de cautionner, même un petit peu, même « contre l’autre », cette voie. Même contre JLM (alternative fort heureusement très peu probable de second tour) j’aurais eu beaucoup de mal à voter pour lui. Bref, monsieur Macron n’aura pas ma voix.
    Toujours présent aux urnes depuis que j’en ai le droit, j’y suis toujours allé et compte bien continuer jusqu’à la tombe si un empêchement imprévisible ne survient pas. En revanche je n’avais encore jamais voté blanc. Je suppose qu’il faut donc une première fois. Et placer mon espoir dans la suite, les législatives, l’action civile, et tenter d’y participer un peu plus, un peu mieux.

    Isard Franc a écrit :

    En votant pour lui malgré mon choix pour Fillon au 1er tour, j’ai l’impression désagréable de « me salir les mains » pour que d’autres, pas très courageux, puissent voter blanc.

    Je comprends bien la réponse que fait koz à cela. Toutefois, je n’ai pas l’impression d’être un lâche parce que je laisse à d’autres le soin d’éviter ce que je ne veux pas. Je n’arrive pas à me convaincre qu’une Le Pen privée de pouvoir (l’absence de majorité parlementaire, le contre-pouvoir juridique – légitime celui-là pas les instructions à charge sur commande contre FF mais celui qui de façon similaire bride Trump aux EU – le contre-pouvoir médiatique – qui a prouvé sa puissance de feu – et même, hélas, la rue, y veilleront) serait vraiment pire qu’un Macron qui en aurait.

    Je peux me tromper bien sûr. Mais nous verrons bien – ou le plus vraisemblablement nous ne verrons pas. Ce que nous verrons c’est ce que fait EM, qui sera peut-être un peu moins puissant si précisément il n’a pas ma voix. D’où mon choix. Qui peut être une erreur. Ce serait si simple d’être toujours sûr d’avoir raison et de bien faire.

  • et que pensez -vous de cet argument:
    la politique de Macron une fois président fera automatiquement grimper le vote FN (clivages, chomage, insécurité de l’emploi…), qui accèderait au pouvoir en 2022.

     » Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes  » – Bossuet

    Blanc ici si la colère descend… pour ne pas participer à ce carnage.
    J’ajoute que je mesure le risque LE pen (le refrain est connu), et absolument pas le risque Macron: finalement que sais-t’on de lui?

    Voila. et je m’engage à m’engager dans la société civile pour « faire bouger les lignes », the frontier, parce qu’il n’y a plus que ca qui soit à notre portée. La France, c’est d’abord tous les français qui la composent.

  • Merci Koz. Vos arguments sont courageux et convaincants. J’ai voté Fillion mais je voterai Macron. J’ai (un tout petit peu) hésité à voter blanc, me laissant prendre à la « dédiabolisation » de Marine Le Pen, et pensant que, sur les questions sociétales graves, elle était plus proche de mes convictions, mais vous m’avez apporté un autre éclairage. Mais je suis centriste de droite depuis toujours et je me suis dit que Macron allait, peut-être, permettre cette ouverture au centre que la droite traditionnelle n’a jamais permise. Il ne faut pas oublier que, pour faire barrage à Giscard d’Estaing, le parti de droite de l’époque (RPR ? ou ?) a fait élire Mitterrand. De mes propres oreilles, j’ai entendu les militants de ce parti, au soir du 1er tour, dire : »dans 15 jours nous serons à la pêche » et Mitterrand est passé !! Mais j’espérais beaucoup en François Fillion qui ne me paraissait pas aussi fermé aux gens du centre. Alors….. gardons espoir. Le Seigneur est quand même là. Nous sommes beaucoup, j’en suis sûre, à avoir beaucoup prié. Continuons et militons chacun à notre façon et à notre place.

  • Merci pour ce billet, ça fait du bien !!!

    Je ne comprends pas l’argument « il est difficile d’appeler à voter Macron puis de souhaiter le battre aux législatives ». Ca me semble au contraire le plus simple : la République exige de voter Macron, la France exige de la battre ensuite aux législatives, si possible largement, pour que le Parlement, retrouvant au passage son pouvoir, dirige la France. C’est un discours qui me semble le plus logique, et aussi le plus vrai. Fillon était un bon candidat sur le plan des idées (il se trouve que je ne les partage pas, mais il n’empêche qu’il était un bon candidat de droite), l’Assemblée sortante est socialiste, Macron n’aura pas de candidats assez implantés localement pour gagner, je ne vois pas pourquoi LR hésite à jouer Macron président puis cohabitation entre lui et eux.

    D’autant plus que si Le Pen passe se sera pire, ne croyez pas que Mme Le Pen soit prête à composer avec LR, pour elle le « système UMPS » et autres Sarkhollande, c’est exactement pareil. Sauf qu’elle n’hésitera pas à y aller en mode autocratique.

    Bref, pour ma part j’ai voté à gauche (je remercie Macron de m’avoir permis de le faire) et je ferai partie de ceux qui chercheront à imposer à Macron une cohabitation avec la gauche (et j’attends de voir ce qui se passe au PS, parce que si les Valls et consorts reviennent, ils n’auront pas ma voix). Mais si la gauche perd, ce qui est probable, j’espère bien que Macron sera face à une droite de gouvernement, républicaine, unie, avec des leaders solides (mais renouvelés parce que dans tous les partis ce besoin est là et explique aussi le phénomène Macron) et sans complaisance avec lui.

    Ah, et entre le Pen et Fillon, s’il avait fallu choisir (ce que j’étais prête à croire dimanche), c’était Fillon, sans la moindre hésitation. Il y a quand même un moment où on peut se souvenir que la France déjà été gouvernée par le PS, par l’UMP, par l’UDF, ils portent des idées sur lesquelles on s’opposait déjà dans la Grèce antique (l’Individu et le groupe, l’Etat et le privé, sécurité/liberté…) et qui structurent notre démocratie pacifiée. Le FN est anti-républicain, fasciste, autoritariste, c’est quand même autre chose. On parle d’idées politiques opposées là, pas de guerre, de vie ou de mort. La France est tout de même plus forte que 5 ans de macronisme cohabitant avec les Républicains, on se sous-estime, là.

    En revanche j’admets que Macron, c’est sans doute repousser l’échéance. Dans 5 ans le FN va passer, et il aura un plus grand nombre de députés. Alors dans 5 ans Trump sera parti, mais Merkel aussi sera partie et l’Allemagne est en proie à l’extrême droite. Je sais que parmi mes amis certains en sont là : passons par cette épreuve le plus vite possible pour libérer enfin la vie politique française, otage depuis 15 ans du FN qui a paralysé la vie démocratique avec la complaisance de tous les autres partis, trop heureux de prôner le « vote utile » et de se cacher derrière « vous faites le jeu du FN ». Ca ne change rien à mon vote, qui est un vote de conviction (anti-fasciste), mais je sais que certains font ce genre de « calcul »…

  • Léa a écrit :

    la République exige de voter Macron, la France exige de la battre ensuite aux législatives, si possible largement, pour que le Parlement, retrouvant au passage son pouvoir, dirige la France.

    Merci Léa, c’est très intéressant ce que vous dites ; parce que ça met les choses en balance… En défendant une priorité. Vous rendez-vous compte qu’il est très facile de simplement retourner votre proposition juste en mettant la France devant la République (ce que beaucoup font et que je fais pour ma part d’ailleurs, la république n’est qu’une modalité d’organisation du pouvoir politique, qui me paraît la moins mauvaise actuellement mais qui ne me semble en rien intrinsèquement porteuse de « valeurs » supérieures ni d’une profondeur historique remarquable). Donc contre Macron pour la France et ensuite faire battre aux législatives le FN pour que la république poursuive son oeuvre, dans le sens d’un progrès autant que possible..

    Non que vous me convainquiez d’aller jusqu’à voter MLP, entendons nous. Mais l’argument ne me paraît recevable que pour quelqu’un qui a déjà fait le même choix avant de l’entendre.

  • Je suis adhérent à Sens Commun et je ne partage pas tout à fait votre point de vue.

    Le FN, pour connaître personnellement certains de ses cadres de par mon travail, n’est pas la caricature que vous en faites. Beaucoup sont justement des catholiques sincères et aux convictions fortes sur les sujets dits « sociétaux », même si leur rejet épidermique et absolu de l’immigration est effectivement très peu évangélique. Sa démagogie sans bornes, son programme économique marxisant, son ambition isolationniste et son rejet de l’idéal européen, quels que soient par ailleurs les nombreux défauts de l’Union européenne devenue un monstre technocratique, sont aux antipodes de mes convictions démocrates chrétiennes.

    Que propose son adversaire ? Le multiculturalisme comme seul point de salut. Une vision de la France réduite à un vague espace géographique sans frontières, dont la culture n’existerait pas et dont l’Histoire serait uniquement jalonnée d’épisodes honteux et de crimes contre l’humanité. Sans pour autant verser dans un rejet compulsif de l’autre et de l’étranger, la volonté d’Emmanuel Macron de promouvoir une immigration toujours plus massive, et tous les problèmes qu’elle charrie, comme recours à la baisse de la natalité, représente une menace existentielle pour notre pays. Il fait courir le risque que dans notre société, les équilibres démographiques et sociologiques soient bouleversés, empêchant ainsi les chrétiens de témoigner de leur foi et de la transmettre, pris en étau entre une islamisation grandissante et un progressisme débridé.

    Certes, je rejoins tout à fait votre rappel au sujet de l’absence de convictions fortes sur les sujets sociaux chez Marine Le Pen. Son laïcisme agressif ne fait aucun doute, mais la candidate du FN reste malgré tout consciente que certains fondamentaux (je pense aux points non négociables définis par Benoît XVI) doivent être préservés. Le soutien d’Emmanuel Macron à la PMA, ses ambiguïtés sur la GPA et sur l’euthanasie, son soutien sans ambages à la théorie du genre sont en violation flagrante avec l’enseignement de l’Eglise et sont des choix impossibles pour un chrétien.

    En conclusion, je ne vois pas d’autre possibilité que de voter blanc. Je ne choisirai ni entre la peste, ni entre le choléra.

  • L’échange ci-dessus entre Léa et Humpty-Dumpty est très intéressant, mais il fait l’impasse sur une prémisse implicite: vous partez tous les deux de l’hypothèse d’une cohabitation, comme si elle était évidente. Or, nous n’avons, sous la Ve, aucun exemple de législatives, suivant immédiatement une présidentielle, qui ne donnent pas une majorité pour le président fraîchement élu. La revanche lors d’un troisième tour législatif était le pari fait par la droite (celle de Jacques Chirac, notamment) qui voulait se débarrasser de Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Le résultat a été une écrasante victoire socialiste (dite « vague rose ») un mois plus tard. C’est donc une spéculation osée.

    Bien sûr, rien ne garantit que l’histoire se répète. Cependant, je crois qu’il faut tenir compte de la possibilité d’une victoire de M.Macron, puis de ses partisans en juin (avec des ralliements) d’une part, et d’autre part il faut aussi envisager la possibilité d’une victoire de Mme Le Pen suivie d’une majorité à l’Assemblée pour le FN (avec des ralliements, pas les mêmes). Le choix est aussi à faire avec ces deux perspectives en tête. Vu sous cet angle, je ne vois pas tellement de distinction entre la défense de la France et celle de la République. C’est à ceux qui hésitent de voir lequel de ces deux futurs possibles est le moins inacceptable.

  • Salut Koz, j’étais venu t’écouter il y a quelques années au relais St Maximilien Kolbe à Rueil_sur-Seine. Je te lis avec beaucoup de plaisir. Je te félicite de prendre tes responsabilités. Pour ma part je ne voterai pas pour le candidat d’un courant qui nous a imposé la parodie de mariage pour les personnes homosexuelles et rêve de faire naître des enfants sans père. Il y a un moment où il faut enfin dire non, même si les conséquences sont redoutables. Et puis voter Chirac en 2002 avait déjà été suffisamment pénible :-). Continue à nous écrire de beaux textes !

  • humpty-dumpty a écrit :

    Merci Léa, c’est très intéressant ce que vous dites ; parce que ça met les choses en balance… En défendant une priorité. Vous rendez-vous compte qu’il est très facile de simplement retourner votre proposition juste en mettant la France devant la République (ce que beaucoup font et que je fais pour ma part d’ailleurs, la république n’est qu’une modalité d’organisation du pouvoir politique, qui me paraît la moins mauvaise actuellement mais qui ne me semble en rien intrinsèquement porteuse de « valeurs » supérieures ni d’une profondeur historique remarquable). Donc contre Macron pour la France et ensuite faire battre aux législatives le FN pour que la république poursuive son oeuvre, dans le sens d’un progrès autant que possible..

    Merci pour cette réaction. A vrai dire mettre la France avant la République ne m’effleure même pas. Par ce que ce n’est pas la question. Evidemment parce que pour moi la France EST une République et que cela la définit, mon slogan est plus binaire que mon rapport à la France, mais aussi parce que ce n’est pas le sujet. Si un jour on doit changer, que ce soit par vote sur la Constitution, pas parce qu’un parti anti-républicain a pris le pouvoir et nous confisque notre République dans la pratique, sans nous demander notre avis sur les institutions. Du reste, je parle du discours du parti Les Républicains (dont le nom laisse peu de doute) qui semble paralysé par les législatives alors que ça n’est pas un obstacle (sauf s’ils prévoient des alliances locales avec des EnMarcheurs?) . Que personnellement, d’autres aient un autre choix, pourquoi pas.

    Le FN est non seulement anti-républicain, mais anti-démocratique. Il tente de le dissimuler mais c’est tout de même un parti autoritariste, complaisant avec les dictatures (un point qu’il partage avec l’extrême-gauche), antisémite, homophobe, raciste. MLP n’est pas tout cela bien sûr, mais son parti, si. Puis-je dire alors « la démocratie exige que l’on vote Macron, la France exigera qu’on le mette en cohabitation? »

  • Feld a écrit :

    Une autre vision des choses, de quelqu’un qui, objectivement, n’est ni un facho ni un inconséquent

    http://roland.hureaux.over-blog.com/2017/04/le-deuxieme-tour-de-la-presidentielle-reste-tres-ouvert.html

    Je n’ai pas ses subtilités de calculs, mais la simple observation de mes contacts FB penche dans la même direction. L’abstention des Mélanchonistes est énorme, celle des Fillonistes aussi. Ca fait peu de marge à Macron….

    Un autre ami vivant aux US a fait le parallèle avec Trump/Clinton. Je n’y avais pas pensé, mais c’est frappant. La seule limite est que Trump a été élu par le Parti Républicain, qui est tout de même un parti de gouvernement.

    MLP c’est le FN, et le FN c’est son père, Phillippot, les groupuscules violents, etc. Elle a fait le ménage en surface mais socialement ça reste un geste transgressif de voter pour elle. Voter pour un candidat Républicain aux US, c’est quand même … normal.

  • Gwynfrid a écrit :

    L’échange ci-dessus entre Léa et Humpty-Dumpty est très intéressant, mais il fait l’impasse sur une prémisse implicite: vous partez tous les deux de l’hypothèse d’une cohabitation, comme si elle était évidente.
    Bien sûr, rien ne garantit que l’histoire se répète. Cependant, je crois qu’il faut tenir compte de la possibilité d’une victoire de M.Macron, puis de ses partisans en juin (avec des ralliements) d’une part, et d’autre part il faut aussi envisager la possibilité d’une victoire de Mme Le Pen suivie d’une majorité à l’Assemblée pour le FN (avec des ralliements, pas les mêmes). Le choix est aussi à faire avec ces deux perspectives en tête. Vu sous cet angle, je ne vois pas tellement de distinction entre la défense de la France et celle de la République. C’est à ceux qui hésitent de voir lequel de ces deux futurs possibles est le moins inacceptable.

    Certes c’est le présupposé que j’ai parce que jamais dans la Ve République les 2 candidats du 2e tour arrivaient avec une implantation locale faible. Macron peine à trouver ses Marcheurs et beaucoup seront battus par les sortants, mieux connus, ou par l’opposant. Le Pen aura bien sûr ses candidats et risque d’avoir des voix grâce aux triangulaires, mais je me dis que quand même, la droite qui a perdu à cause d’un candidat grillé -pas sur son programme, va gagner les législatives. Le PS est coulé, Hollande est impopulaire comme jamais après 5 ans de majorité PS -et de gouvernement avec Macron, si Les Républicains n’y arrivent pas, et n’y arrivent pas sans le FN…. Ils ont l’occasion de faire localement ce que Fillon a loupé : gagner seuls, sur leurs idées, sur une alternance démocratique normale. Mais bon ils ont l’air un peu tétanisés, là.

    La plus grande vague de dégagisme et de désir de changement de la France depuis longtemps, entamée par des primaires « grand ménage », qui finit avec l’héritier de Hollande cohabitant avec une AN pleine de Républicains historiques, c’est …… ironique et assez triste, notre démocratie est bien malade. Une des raisons qui me font penser que MLP peut vraiment gagner, en fait.

  • Gwynfrid a écrit :

    Quant à ceux qui refusent de choisir… Je m’avoue surpris par la position de Sens Commun. De la part de responsables politiques, le refus de choisir, c’est le refus des responsabilités. Ici, la responsabilité consiste à défendre la France et la démocratie contre toutes les tentations liberticides, identitaires et violentes dont Koz a dressé le tableau ci-dessus.

    Oui.

    La responsabilité consiste également à défendre la France et la démocratie contre toutes les tentations dont Koz a dressé le tableau dans nombre de ses billets depuis l’élection de 2012.

    PMA / GPA : Macron s’engage à légaliser la PMA pour les couples de femmes.

    Travail le dimanche : la loi El Khomri soutenue par Macron l’étend de manière spectaculaire.

    Euthanasie -pas de position de Macron sur ce sujet, citons donc son mentor :
    « Dès qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. »
    Jacques Attali – « L’avenir de la vie » – 1981

    Rien de ce qui s’est passé depuis 2012 ne permet d’affirmer qu’il ait changé d’avis.

    Macron souhaite qu’Hollande joue un rôle dans son gouvernement.
    Moi pas. Je n’ai pas oublié les Veilleurs molestés par la police, ni les centaines de personnes gardées à vue sans motif rue de l’Evangile, durant les manifs pour tous.

    Un homme qui a qualifié la colonisation française de « crime contre l’humanité » lors d’une interview en Algérie est-il désireux de rassembler ?

    Le dilemme est là: la stratégie de Hollande/Macron consistait justement à placer les électeurs devant un repoussoir, pour gagner par défaut au 2e tour.

    Personnellement, je ne peux pas voter Macron.
    Son programme, sa grande proximité avec Hollande, et les différentes affaires qui l’entourent, aussi graves que celles qui ont plombé la candidature de Fillon, m’en empêchent.

    Et je n’ai aucune envie de lui apporter une dynamique en vue des élections législatives.

    En revanche, je continue à prier le chapelet pour la France.

  • Léa a écrit :

    Certes c’est le présupposé que j’ai parce que jamais dans la Ve République les 2 candidats du 2e tour arrivaient avec une implantation locale faible. Macron peine à trouver ses Marcheurs et beaucoup seront battus par les sortants, mieux connus, ou par l’opposant. Le Pen aura bien sûr ses candidats et risque d’avoir des voix grâce aux triangulaires, mais je me dis que quand même, la droite qui a perdu à cause d’un candidat grillé -pas sur son programme, va gagner les législatives.

    Et pourtant… le dégagisme que vous mentionnez plus loin sera toujours aussi prégnant. Il pourrait coûter leurs sièges à bien des ténors. Il n’est pas du tout certain qu’être sortant, même d’opposition, soit un avantage en ce moment. D’autre part, un des problèmes tordus de cette campagne est que les programmes n’ont pas été suffisamment débattus, à cause des affaires. On ne peut donc pas être sûr que celui de M.Fillon ait suscité tant d’adhésion que ça. Sa popularité sera vraiment testée aux législatives pour la première fois, peut-être bien après quelques retouches d’ailleurs.

    Il y aura certainement de nombreuses triangulaires, avec la dispersion des voix entre pas moins de 5 groupes politiques d’envergure, comme on l’a vu dimanche. La situation est donc très incertaine et je me garderai de pronostiquer ou d’exclure la victoire de l’un ou l’autre camp.

  • Je te rejoins sur le fait de faire barrage au FN quoique personnellement je vote Macron.
    Par contre, je m’interroge beaucoup sur la valeur du vote blanc et du vote nul dans la mesure où le président est élu à la majorité des suffrages exprimés. Or ni blanc (qui restent comptabilisés), ni nuls ne sont considérés comme exprimés. Il faudrait effectivement peut-être revoir le droit électoral à ce sujet d’ailleurs. Bref, j’ai peur qu’en pensant faire bien ou en tous les cas, faire « moindre mal » à leur conscience, les votes blancs ou nuls finissent d’élargir l’autoroute qui peut conduire Marine à l’Elysée.

  • Bonjour,

    Il me semble que ce second tour est le parfait révélateur des conditions dans lesquelles la communauté « catholique politique » française souhaite s’intégrer au reste du pays (Le vocable « catholique politique » est peut-être malheureux, mais je désigne ainsi les gens qui sont beaucoup allés à la manif pour tous ou pensent que la GPA est un sujet politique significatif. Tous les catholiques pratiquants que je connais ne sont pas dans ce cas).

    Emmanuel Macron avec ses défauts (il en a, effectivement, son discours de dimanche soir n’était pas fabuleux) et ses qualités (je pense qu’il en a aussi), représente assez le consensus et le centre politique en France. Il est de plus accompagné ou soutenu de certains de meilleurs hommes politiques du moment: Gérard Collomb est un excellent maire de Lyon, JY Le Drian est, par un large consensus, le meilleur ministre de la Défense depuis longtemps. Je pense qu’il offre la possibilité d’une intéressante recomposition politique en renouvelant, au centre gauche et au centre droit, un appareil politique un peu usé.

    Il ne me semble pas qu’Emmanuel Macron, ni d’ailleurs que le centre politique, fasse quoi que ce soit de menaçant envers la communauté catholique. l’état subventionnera toujours l’école catholique, il est sans doute moins bêtement laïc que certains autres hommes politiques, il aura probablement un certain humanisme, que n’ont pas d’autres, sur les sujets de politique internationale, et il est probable qu’il gardera la fiscalité extrêmement favorable aux familles nombreuses aisées en France. Honnêtement, ce n’est pas une mauvaise situation pour vous, et il faut espérer un incroyable alignement des planètes, probablement anti-démocratique, pour que les valeurs « catholiques politiques » supportées par une petite minorité soient plus inscrites dans les lois que cela.

    Pour terminer, il serait intéressant de réfléchir à quelle part de la défaite de François Fillon est dû aux affaires, quelle part à un vote tactique, quelle part à un programme libéral dur, que personnellement je supporte plutôt, mais que beaucoup rejettent ou pensent irréalistes en France, et quelle part est dû à son image de catholique traditionnel qui suscite l’incompréhension de la majorité, et l’hostilité de certains. Pour moi, le vote Macron dès le premier tout était tactique, mais en discutant autour de moi, j’entends un peu toutes les raisons.

  • Désolé, mais si tout un milieu bien pensant n’avait pas abdiqué le patriotisme devant l’utopie européenn et le libre-échange mondial, il y aurait eu une autre voie. Mais on s’est contenté de marginalisé les patriotes non « populiste » (au fait, que veut dire critiquer le populiste dans une démocratie?) qu’étaient Dupont-Aignan et Asselineau, amalgamés au FN car ils critiquent, ou plutôt blasphèment cette arnaque qu’est l’Euro, montage bâtard. etc

  • Le choix des cathos de gauche qui ne s’assument pas. Complètement délirant! Quand on vote Macron, on vote pour les gens qui le soutiennent et qui formeront son gouvernement (physiquement ou par leurs idées): Attali, Bergé, Gattaz, Bern, Bayrou, Hollande, Drahi, Arnault, Niel… Sinon côté FN on aura: Collard, Marion, Bay, Phillipot, Alliot, Rachline, Villiers, Boutin… Y a pas photos! À ces élections on élit une personne qui choisira un gouvernement. Lequel préférez vous?

  • En vous lisant, je me dis que c’est bien là une question d’anciens riches, nouveaux pauvres.

    Je n’ai pas pu, faute de quelques mois d’âge, voter en 2002 et j’aurais sans doute été embêté. Mais en 2007 et en 2012, comme TRES souvent lors de législatives, municipales, régionales, etc., je me suis retrouvé à voter pour – au premier comme au deuxième tour – des personnes qui me déplaisaient. Sarkozy ou Hollande ? Double mauvais choix…
    Et, en mon âme et conscience, j’ai voté. Pour celui que je pensais être le meilleur.

    Et voilà, j’en lis parmi vous, qui parce qu’ils ont perdu, ce à quoi ils ne sont manifestement pas habitués, réagissent en boudant comme des gamins, tentés par le fait – ou le faisant – de taper du pied, de casser le plateau de jeu, de pleurer dans leur chambre.

    La démocratie fonctionne déjà mal, mais si vous en refusez les règles, vous ne faites qu’aggraver la situation. Honte à vous.

  • Gwynfrid a écrit :

    Il me semble extrêmement important, non seulement que Mme Le Pen soit battue, mais qu’elle le soit par le score le plus large possible

    D’accord sur le début, moins sur la fin. je souhaite que le nombre de voix recueillies par MLP augmente aussi peu que possible, mais que Macron gagne de peu, car je ne veux pas que Macron ait de la « traction » aux législatives.

    Je suis responsable et je ne prendrai pas le risque d’un vote blanc si le résultat final est douteux. Mais non, je ne veux pas d’un plébiscite pour Macron.

  • Faut-il vendre son âme à la dictature du relativisme dans l’espoir d’un plat de lentille ou à celle seulement en apparence plus musclée de fortifications incertaines dans l’espoir d’une fausse tranquillité ?
    Voter blanc n’est pas se comporter en Ponce-Pilate mais dire avec fermeté : Non possumus , aux « élites » qui prétendent nous représenter et espérer qu’il ne soit pas trop tard pour une réflexion plus approfondie avant la survenue plus ou moins rapide de troubles dans les deux cas.

  • Donc, vous allez voter pour quelqu’un qui veut faire de la PMA un droit pour toutes les femmes, seules ou en couples, qui permettra la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger (ce qui encouragera la pratique), qui pense qu’il n’y a pas une famille (papa/maman/enfants), mais plusieurs familles, qui ne croit pas au mariage, qui déclare : « Je suis le Maître des horloges », c’est-à-dire, franc-maçon ou qui déclare encore : »il n’y a pas de culture française ». Affligeant en tant que catholique, de donner sa voix à un homme qui piétine autant la famille et notre pays. Voter Macron est incompatible avec ma vision de la famille et de la France. Ni FN, ni Macron !

  • merci pour ce billet une fois de plus bien écrit et bien argumenté, et pour la qualité des débats qui suivent. Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas vraiment convaincu…

    D’abord parce que je n’aime pas trop les injonctions à me transformer en castor pour construire un barrage…
    Ensuite, parce que je n’aime pas trop les discours sur le thème « en tant que catholique, tu ne peux voter untel ou unetelle ». Le message des évêques nous invite au discernement et nous donne des clés de lecture. On peut y trouver des raisons pour voter pour, ou voter contre, n’importe quel candidat. Un catholique peut trouver dans l’Évangile et la doctrine sociale de l’Eglise des raisons pour voter Mélenchon, Hamon, Macron, Fillon et Le Pen (pour ne citer que les principaux). Et y trouver aussi des raisons pour exclure de voter pour ces candidats. Et chacun selon sa conscience, ses propre points non négociables se prononce.

    Pour ma part, c’est un véritable cas de conscience et j’assume une contradiction.
    Je ne veux surtout pas de Marine Le Pen au pouvoir (pour les raisons bien exposées par Koz). et pour autant, je n’exclut pas voter MLP et ne veux pas voter Macron.
    Je ne veux pas voter Macron car je ne veux pas de la civilisation du marché roi qu’il incarne. Et je n’exclut pas de voter MLP pour choquer le bobo et la bien bien-bien-pensance ambiante, comme le punk choquait le bourgeois auparavant. « Je ne dis pas que c’est pas injuste, je dit juste que ça soulage » disait l’ami Théo dans les Tontons flingueurs…

    Une fois n’est pas coutume, je vais observer les sondages. s’il y a un véritable risque d’accession de MLP au pouvoir, je prendrais mes responsabilités pour ne pas me sentir responsable de désastre. Sinon, ça sera l’abstention , le vote blanc ou le vote punk…

  • Pas de critiques à faire sur le fond de l’article, dans la mesure ou votre point de vue se défend, vos arguments sont cohérents avec ce que vous avez pu écrire par le passé. Il me semble néanmoins que chacun doit pour l’heure faire un choix « en conscience ». Les catholiques ont toujours montré la diversité des votes qui se cachent derrière des compréhensions différentes de l’evangile et des PNN, des intérêts variables pour les différentes thématiques,…

    Néanmoins un point à souligner : la théorie dite de l’abstention différentielle présentée depuis quelques semaines par S. Galam, est très critiquée dans les milieux de la science politique universitaire, et fait sourire (où souffler, ça dépend…) les politistes spécialistes du Front National et du vote. Vous parlez de « seulement 20% d’abstention en plus », ce qui est un non-sens total au vue des niveaux d’abstention aux élections, et en particulier à la présidentielle… « Seulement » et « +20% », c’est tout bonnement antinomique ! D’ailleurs Galam prédisait un second tour Fillon/Le Pen en se basant sur l’abstention différentielle 🙂 – humhum.

  • Nous allons vers un grand renouvellement de nos députés . Il est très aventureux de penser que la droite va gagner les législatives grâce à l’implantation de ses candidats plus connus que les candidats d’En Marche ou du F.N.. Une considération est à prendre en compte : la loi sur le non cumul va conduire beaucoup de caciques à choisir leurs mandats locaux, un choix amplifié par la volonté de  » se sortir » de l’ambiguïté de la situation actuelle. A leur place, Les Républicains devront présenter de nouveaux candidats qui risquent de n’être pas plus connus que ceux de Macron ou de Le Pen qui, eux, auront l’avantage d’être portés par le souffle de la victoire de leur leader.

  • L’issue de ce scrutin va probablement se jouer dans l’opposition entre 2 forces répulsives contraires :

    – l’aversion pour l’extrême-droite en général et le FN en particulier, d’une part ; avec le réel danger que représente son accession au pouvoir

    – d’autre part, le rejet de la mondialisation financière soutenue par les instances européennes actuelles.

    Si la seconde force de répulsion l’emporte largement sur la première MLP pourrait être élue le 7 mai.

  • Merci cher Koz, pour cette réflexion. Je vous suis à 100% au sujet de la prétendue dédiabolisation du FN. En revanche, êtes-vous bien sûr que Macron est moins dangereux que Le Pen? Vous semblez croire que sa vacuité est due à sa jeunesse et à son manque d’expérience et que l’homme pourrait évoluer positivement. « Son discours de premier tour a été un moment d’effarement complet devant la vacuité et l’immaturité conjuguées du propos. M’est venue l’idée qu’il était plus facile de combler le vide que de vider l’excès », écrivez-vous. C’est un pari dangereux, car, comme Le Pen, « [il] disposerait encore de prérogatives dans le cadre traditionnel du « domaine réservé » du président de la République », même s’il perdait les législatives (alors qu’il peut les gagner…).
    Il me semble que cet homme est trop intelligent pour ne pas savoir ce qu’il ferait s’il gagnait les élections. Sa vacuité n’est sans doute qu’une façade. Je crains qu’elle annonce un double vide: celui de ses valeurs et celui qu’il pourrait vouloir entreprendre de creuser: la destruction de bien des repères de la société, repères qu’il semble abhorrer. En ce sens, voter pour lui me paraît aussi dangereux que de voter pour madame Le Pen.
    Je rejoins donc l’avis de Mr Poisson qui me paraît plus réaliste… Qu’en pensez-vous ?

  • Pour l’adhérent du PCD que je suis, la question qui se pose est: suis-je prêt a voter pour n’importe qui pour « faire barrage »?… voter Fillon pour « faire barrage » a Juppé, pourquoi pas. Voter le même pour « faire barrage » a Macron, Mélenchon et Le Pen ne m’a pas vraiment posé de problème non plus. Mais une fois que mon barrage a été submergé, comme dimanche soir, quel sens pour moi de prendre l’un des deux restant pour faire barrage a l’autre ?
    Je ne veux ni de l’un, ni de l’autre. Je leur suis opposé. Pourquoi en choisir un dans ce cas ? Auriez-vous été prêt a choisir entre Mélenchon et Le Pen ? Entre Poutou et Le Pen, ou Arthaud et Le Pen ? Ou se situe votre limite ?
    C’est bien de limite que nous parlent les principes non négociables. Il y a réellement un point a ne pas franchir dans la politique du « moins pire des deux ».
    Au soir du deuxième tour, lorsque le ministère (ou secrétariat d’état) en charge de la famille sera en balance entre supporter d’Attali et de Pierre Berger, de quoi aurai-je l’air avec mon vote barrage?

  • Merci pour vos commentaires. Vous comprendrez qu’au vu de leur nombre et de leur fréquence (certains arrivent pendant que j’écris cette réponse), il m’est impossible de répondre à tous. Je comprends les réticences de chacun, je comprends ceux qui veulent voter blanc. La tentation est grande. Ne croyez pas que j’écrive joyeusement ce que j’écris. Cela me coûte. J’y perds des amis, j’y gagne des ennemis, j’y laisse aussi des plumes professionnellement. Je fais ce et, de vous à moi, il serait plus confortable dans mon/notre petit milieu, de ne pas prendre position, voire d’assumer un vote blanc. Je fais ce que mon sens des responsabilités me demande de faire, en conscience.

    Certains me reprochent d’être trop catégorique dans ma position. Il me semble que, quand on l’ouvre, ce n’est pas pour dire : « je ne sais pas ». Ce n’est pas pour écrire des tartines nombrilistes exposant mes états-d’âme et mes incertitudes. Certains me donnent le sentiment, parfois, d’attendre que j’écrive : « c’est ma position, mais je réserve la possibilité qu’elle soit erronée ». N’attendez pas cela de moi : si j’écris, c’est que je pense ma position juste. Et si je la pensais erronée, j’en changerais. Certains voudraient, tout simplement parce que ce ne sont pas leurs convictions, que je sois moins sûr des miennes. Par ailleurs, je crois mes lecteurs suffisamment adultes pour pouvoir lire l’expression d’une conviction personnelle et en tirer leurs propres conclusions. Je ne peux pas assortir chaque paragraphe de mes propos de réserves pour ménager la susceptibilité du lecteur et m’assurer qu’il ne se sente pas trop influencé par mes convictions. Chacun pourrait d’ailleurs, avant de l’attendre de moi, se demander aussi si, vraiment, c’est sa pratique personnelle.

    Sur le fond, il est inutile d’essayer de me convaincre qu’Emmanuel Macron n’est pas mon candidat, et que j’ai des divergences fortes avec lui. Comme je l’ai écrit, mon souhait le plus fort est que les législatives offrent l’occasion de redresser fermement cette situation.

    Je sais ce qu’il y a à lui reprocher sur les questions sociétales, sur son libéralisme, sur son relativisme éthique ou son absence de colonne vertébrale. J’ai vu ce qu’il avait écrit au sujet de la PMA (bien qu’il ait déclaré ailleurs qu’il ne considère pas prioritaire de s’occuper de cela), sur lequel je resterai opposé. Je ne suis pas d’accord sur ce que l’on écrit concernant la GPA : comme je l’ai écrit dans mon billet, il a déclaré à plusieurs reprises s’y opposer. En outre, en reconnaissant les enfants nés de GPA à l’étranger, il n’inaugure rien, il ne fait que prolonger la situation actuelle. Et j’aurais d’autres reproches à lui faire, que ce soit au titre de sa consistance voire de sa compétence. Ce n’est pas un vote de conviction, d’adhésion, d’approbation, c’est un arbitrage imposé par une situation que j’ai voulu éviter par mon vote de premier tour.

    Ce n’est pas un vote d’approbation. Certains me disent que je ne pourrai pas contester ses positions à l’avenir. J’ai bien conscience que je me réserve des années à entendre : « oui mais vous avez appelé à voter Macron ». Or, d’une part, je répète que je n’appelle pas à voter Macron, je dis ce que je vais faire, à titre personnel. J’ai bien conscience que la nuance est faible, mais elle existe. En outre et à l’inverse, parce qu’il aura été élu face à Le Pen par des personnes contraintes de s’y résigner, pour ce que ça vaudra, je me permettrai de rappeler qu’il ne pourra pas se prévaloir d’avoir reçu un mandat de faire ce qu’il veut.

    Je ne vais voter pour lui que parce que je ne peux pas concevoir Le Pen à l’Elysée. Soit dit en passant, il n’est pas inutile d’être conscient du fait qu’à gauche non plus, ce n’est pas l’enthousiasme, qui constate au vu des premiers jours que « cela confirme bien que Macron n’a pas l’intention de devenir un candidat de gauche ».

    Quand je qualifie le parti de « fascisant », ce n’est pas pour donner dans l’anathème, comme le pratiquent certains depuis des années. Sous la façade présentable (selon le point de vue sous lequel on se place) de Philippot, ce qui prend le pouvoir au sein du Front National, c’est le mouvement identitaire – notamment porté par Marion Maréchal Le Pen. Ce mouvement prône des idées et des méthodes qu’en sciences politiques il est tout à fait possible de rattacher au fascisme. Je ne pourrai pas, alors que j’ai toujours pris mes responsabilités (y compris lorsque, pendant la Manif Pour Tous, cela m’a très concrètement fait perdre des clients, quand nombre d’entre vous n’étaient pas mécontents de me trouver là), me résigner à laisser penser qu’il y ait une complaisance catholique avec ces thèses. Or, parmi ceux qui s’expriment en ce moment, je ne peux pas dire que la clarté prédomine.

    Par ailleurs, en écrivant que j’avais des amis électeurs engagés du FN, j’entendais souligner délibérément que je n’incrimine nullement les électeurs, et que j’ai bien conscience que certains d’entre eux ne cultivent pas la haine et la violence qui se répandent dans ce parti. Je pense en particulier à un ami dont j’ai découvert le vote après plusieurs années passées en Equipe Notre Dame ensemble, et que j’ai toujours trouvé pondéré. Je trouve en revanche bien dommage qu’ils apportent une respectabilité à ceux qui dominent le parti, à ce qui domine dans le parti. Je comprends évidemment l’attachement à la patrie, à la famille, à la culture française, qui sont aussi les miens, mais je trouve inutile et nuisible de les tremper dans une démarche commune avec ces gens-là.

    Au-delà de toutes les positions évoquées dans mon billet, au-delà de la présence au FN d’élus qui professent des idées racistes voire négationnistes, et d’autres qui s’en accommodent faute de les professer directement, il se trouve aussi Macron donne à tout le moins quelques gages d’une volonté de rassembler quand on ne peut attendre que division et affrontement avec Le Pen. Je ne fais certes pas une grande confiance à Macron, bien évidemment. Je ne fais par principe guère confiance aux politiques, dont j’attends les actes faute de pouvoir me fier aux paroles. Mais je n’ai en revanche guère de doute sur ce qu’il adviendra avec Le Pen.

    Le chaos n’est pas une option, et l’option de le choisir aujourd’hui parce qu’il vaudrait mieux l’avoir tout de suite que dans 5 ans, comme le soutiennent certains, me paraît un calcul plus qu’hasardeux.

    J’ai la conviction que la conception du bien commun chère aux catholiques implique de prendre en compte un ensemble large de critères, dont la possibilité même de permettre aux gens de vivre dans une certaine sérénité dans ce pays. Je pense aussi que, catholiques, nous devons véritablement prendre garde à ne pas nous enfermer dans de petits milieux qui nous déconnectent du pays. Or notre amenuisement numérique nous conduit aussi à cela. Il ne s’agit évidemment pas d’adopter les positions du monde, mais d’être en mesure de continuer à lui parler, pour avoir une chance d’aider à grandir ce qu’il reste de bien en lui. C’est ce que je comprends de notre vocation de catholique. Nous ne pouvons pas avoir pour vocation de fustiger en permanence les erreurs du monde, nous devons travailler dans un monde complexe (comme il l’a toujours été et le sera toujours), fait de bon grain et d’ivraie, en essayant d’aider ce bon grain à pousser.

  • « . Ce mouvement prône des idées et des méthodes qu’en sciences politiques il est tout à fait possible de rattacher au fascisme. »

    Ce point est essentiel.

    En dépit des autres objections que vous pouvez avoir vis-à-vis du Front National, et de vos réserves, que je partage pour la plupart, sur le caractère excessivement nationaliste et identitaire de ce parti notamment, je ne vois justement pas franchement en quoi vous vous différenciez de l’anathème facile que certains pratiquent.

    Populiste, démagogue, nationaliste oui, le FN l’est assurément, et emprunte aux éléments du fascisme, mais c’est tout de même très léger et ça ne suffit pas pour le caractériser comme étant une émanation. En revanche, je ne vois nulle part en quoi ce parti promeut une idéologie d’Etat, l’établissement d’un parti unique, un culte de la personnalité (sur ce dernier point, Macron me paraît presque plus inquiétant) ou des restrictions des libertés publiques fondamentales (le FN s’est notamment opposé à la loi renseignement de 2015).

    Je serais curieux de connaître vos arguments et les raisons qui vous poussent à le qualifier comme tel. Pour ma part, ce chantage au fascisme me paraît extrêmement vain et même contreproductif, car il ne repose sur rien de bien factuel, alors qu’il y a pourtant des dizaines d’arguments bien plus valables et pertinents à opposer à ce que propose le Front National et même à ce qu’il représente.

    Merci.

    Eric.

  • Armand017 a écrit :

    En vous lisant, je me dis que c’est bien là une question d’anciens riches, nouveaux pauvres.
    Je n’ai pas pu, faute de quelques mois d’âge, voter en 2002 et j’aurais sans doute été embêté. Mais en 2007 et en 2012, comme TRES souvent lors de législatives, municipales, régionales, etc., je me suis retrouvé à voter pour – au premier comme au deuxième tour – des personnes qui me déplaisaient. Sarkozy ou Hollande ? Double mauvais choix…
    Et, en mon âme et conscience, j’ai voté. Pour celui que je pensais être le meilleur.

    Merci pour ce rappel salutaire. Il y a tout de même une nuance, en 2007 j’ai voté blanc, parce qu’aucun des deux ne me convenait. Mais d’un autre côté, aucun des deux ne provoquait un rejet radical, ils étaient tous deux des candidats respectables, acceptables, sans la moindre réserve, on n’est juste pas d’accord. Je n’ai pas été déçue d’avoir Sarkozy, je l’ai pris sans broncher, c’est le jeu de la démocratie, j’aurais fait pareil avec Royal. En 2012 on a beaucoup voté « contre » au 2e tour mais Hollande ne suscitait pas le même rejet que Le Pen ou même Macron aujourd’hui, c’était sans enthousiasme et sans espérances sur l’issue, mais pas non plus en se bouchant le nez. Ici il y a une dramatisation liée d’une part à cette situation inédite de « nouveaux pauvres » , mais aussi à la présence du FN qui fait du vote blanc quelque chose de très discuté.

  • Macron a dit à peu près tout et son contraire. Presque tout ce que dit Le Pen heurte mes convictions ou ma raison. Le choix est vite fait. Avec Macron il y a une incertitude, avec Le Pen la certitude de la chute. Je voterai Macron. Sans hésiter. Sans me boucher le nez.

    @ Eric Megalis:
    J’ai beaucoup apprécié vos commentaires, même si ma conclusion est différente. Je pense que l’argument « F comme fasciste N comme nazi » est devenu totalement inopérant. Particulièrement pour les jeunes (moins de 30-35 ans) qui ont toujours connu le FN.

    Pour quiconque a des yeux pour voir, les violences politiques depuis 25 ans viennent essentiellement de l’extrême gauche (NDDL, Sivens, séquestrations de patrons, manifs anti-El Khomry…) Pour quiconque a des yeux pour voir, les lois sécuritaires les plus liberticides ont été votées sous François Hollande et effectivement, le FN a été un des rares partis (avec EELV et quelques communistes, ça me coûte de le dire) à les combattre. Je ne me fais pas d’illusion sur la pureté des intentions de Le Pen. Je pense que, moins naïve que LR, elle a soupçonné que le pouvoir utiliserait ses nouveaux jouets contre l’opposition.

    Aujourd’hui le FN est un parti socialiste démago très classique. Et comme tout parti socialiste démago, son message consiste à blâmer tous les problèmes sur les autres et à promettre, si on lui donne le pouvoir, de taper sur ces autres. La seule différence avec les autres partis socialistes démago est que chez le FN, l’altérité se définit surtout sur un axe ethnique/nationaliste alors que chez les autres, elle se définit surtout sur un axe richesse/statut social. Fine nuance ainsi qu’en témoigne la porosité entre le FN et le FdG.

    Le vote extrémiste a représenté environ 50% au premier tour, prétendre que les 21% du FN sont particulièrement extrémistes n’est pas crédible et ne fait que donner crédit à sa posture victimaire.

    Gwynfrid a écrit :

    Je leur suggère de se souvenir de l’état d’esprit des électeurs de gauche le 5 mai 2002: il était très proche du leur aujourd’hui.

    Non, il y a deux différences très importantes.

    La première est que Jospin a perdu tout seul en 2002. Fillon s’est pris un tel barrage d’artillerie juridico-médiatique depuis janvier que beaucoup de ses électeurs (dont je fais partie) ont le sentiment qu’on leur a « volé le match ». Que l’arbitre a expulsé un joueur sans raison, a laissé passer un hors-jeu flagrant et offert à l’adversaire un penalty imaginaire dans les arrêts de jeu.

    Que nous ayons raison ou tort, le fait est que beaucoup d’entre nous, dans les 5 étapes du deuil, en sont encore à la colère alors que les socialistes en 2002 pouvaient tout de suite passer à la déprime, dernière étape avant l’acceptation.

    La deuxième est bien sûr (si on accepte la représentation des partis sur un axe droite-gauche) que les électeurs LR doivent trancher entre un candidat à leur droite et un autre à leur gauche; alors que le PS de 2002 devait se déterminer entre 2 candidats à leur droite, l’un plus éloigné d’eux que l’autre. Pour prendre une métaphore géographique, il est plus facile pour un brestois de voir que Paris est plus proche que Strasbourg que pour un parisien de savoir laquelle de Brest ou Strasbourg est la plus proche. Pour en revenir à la politique, je suis curieux de savoir ce qu’auraient fait les électeurs de Macron en cas de 2e tour Fillon-Mélenchon. Si j’en crois des discussions avec quelques amis ou la une de Libé de samedi dernier, il y a lieu d’être très inquiet sur la fibre républicaine de beaucoup de socialistes/enmarchistes.

    Mon message aux électeurs LR ayant du mal à voter Macron. Dites-vous que voter Le Pen, c’est voter Mélenchon. Le FN nous y aide avec ses tracts de 2e tour.

  • Eric Megalis a écrit :

    Je serais curieux de connaître vos arguments et les raisons qui vous poussent à le qualifier comme tel. Pour ma part, ce chantage au fascisme me paraît extrêmement vain et même contreproductif, car il ne repose sur rien de bien factuel, alors qu’il y a pourtant des dizaines d’arguments bien plus valables et pertinents à opposer à ce que propose le Front National et même à ce qu’il représente.

    Je suis d’accord avec vous sur l’existence d’arguments politiques variés pour combattre le FN, notamment en matière économique et de politique extérieure. Cependant, ces arguments ne suffisent pas, car il est possible à diverses idéologies de les repousser. Pour simplifier, on pourrait dire qu’en ne s’appuyant que sur ces questions, un électeur de J.LMélenchon pourrait choisir le vote Le Pen: une fraction d’entre eux vont le faire, d’ailleurs.

    Il est donc nécessaire de juger le FN aussi et surtout sur le plan des libertés fondamentales. Koz, dans son billet, a dressé un bon tableau des personnalités inquiétantes qui peuplent ce parti. Fondamentalement, tant qu’il n’aura pas renié ses racines les plus profondes (à savoir le régime de Vichy et l’OAS) ce parti restera ancré dans une philosophie nativiste, ethniciste et liberticide.

    Pour s’en convaincre, on peut parler des cadres du parti, pour cela je vous renvoie au billet lui-même. On peut aussi lire le programme de Marine Le Pen. On y trouve ceci:

    — Fin du regroupement familial. Ceci est incompatible avec la liberté de vivre en famille, et notamment, celle de choisir un conjoint étranger.

    — Interdiction de la double nationalité non-européenne: une attaque directe contre la liberté des Français de l’étranger (dont je fais partie, pour être clair) de conduire leur vie comme ils l’entendent, notamment pour ceux d’entre eux qui sont nés hors de France et ont par conséquent la nationalité du pays d’accueil. Voir le commentaire de Pomdepin, ci-dessus, pour les aspects concrets d’un changement de législation touchant les personnes installées hors de leur pays d’origine.

    — Restriction du droit d’asile, qui ne serait plus examiné que dans les ambassades ou consulats français – ce qui revient en pratique à ne plus accueillir de réfugiés politiques.

    — Expulsion des étrangers qui font l’objet d’une fiche « S ». Ceci est en contradiction évidente avec le principe qui fait qu’on ne peut être condamné sans jugement: il suffira désormais d’un rapport de police pour vous faire exiler.

    — Placer en détention préventive tout Français lié à une organisation étrangère hostile à la France: il s’agit emprisonnement sans jugement, avec toutes les possibilités d’arbitraire imaginables, en fonction de ce qu’on entend par « lié à une organisation étrangère ».

    — Taxe sur l’embauche de salariés étrangers: Contraire au principe d’égalité de tous devant la loi.

    — Réserver les allocations familiales aux Français: Idem. Noter qu’il n’est pas question d’exonérer les étrangers ou leurs employeurs de leurs cotisations sociales, au contraire.

    — Réserver prioritairement aux Français les logements sociaux: idem.

    — « Établir la laïcité partout » y compris dans l’espace public et sur les lieux de travail: Il s’agit bien sûr d’interdire partout les signes religieux visibles. La violation de la liberté de religion est ici évidente. Soit dit en passant, ceux des chrétiens qui croient que seuls l’islam se verrait ainsi confiné à l’intérieur des lieux privés sont bien naïfs. Toucher à la liberté des uns, c’est toucher à la liberté de tous, et les laïcistes militants ne tarderaient pas à le faire bien comprendre…

    Et encore tout cela n’est qu’une version aseptisée des idées du Front National, que Marine Le Pen a cherché ici à montrer sous un jour présentable, suivant sa tactique mensongère de « dédiabolisation ». Serait-elle au pouvoir que la surenchère ne tarderait pas à ramener à la surface les idées bien plus extrêmes encore qu’on pouvait trouver dans les programmes du FN des années précédentes (contrôle idéologique des juges et des enseignants, système de Sécurité Sociale séparé pour les étrangers, et j’en passe). Je ne crois pas une seconde que l’ADN de ce parti a changé: rien n’a été renié, on a juste couvert d’un voile pudique les aspects les plus inacceptables.

  • Je suis d’accord avec le billet.

    Sur la GPA cependant, je ne sais pas si l’argument consistant à dire qu’E. Macron est contre sa légalisation est très fort. Ce n’est vraisemblablement pas par une loi que la GPA sera importée en France, mais par la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Macron peut donc être contre sa légalisation en sachant qu’il n’aura jamais à prendre l’initiative.

  • Merci pour votre article mais je dois dire que j’aurais aimé avoir une recherche aussi précise sur l’entourage de Macron que sur celui de Le Pen.

    Qualifier le programme sociétal de Le Pen « d’attrape Catho » me semble exagéré et non avenu surtout quand Fillon regrette sa fin de campagne avec Sens Commun (http://lelab.europe1.fr/defait-au-premier-tour-de-la-presidentielle-francois-fillon-regrette-la-derniere-sequence-de-sa-campagne-autour-de-sens-commun-3311840) et que la majorité des tenors « Républicains » appelle à son exclusion, en termes d’attrape nigaud on atteint le sommet de l’échelle.

    Enfin, je vois mal comment les Républicains vont réussir à développer un projet pour les législatives quand la majorité d’entre eux ont déjà proposé de gouverner avec Macron.

    Bien à vous.

  • Ca fait du bien, Koz, de lire ces quelques rappels à la réalité dans votre billet, écrits calmement mais clairement. On a tellement entendu dire que dénoncer l’extrêmisme du FN n’était pas suffisant que beaucoup n’osent plus énoncer cette simple vérité, pourtant incontournable, de peur d’être assimilé à des droit-del’hommmiste soumis à la bien-pensance(TM).

    Je suis assez sidéré par le fait que le PCD, des publications comme Causeur.fr, ou encore Sens Commun – en fait probablement les même qui ont réussi à faire élire FF à la primaire – sont en train de faire campagne soit ouvertement pour le FN soit contre Macron en expliquant qu’il est dangereux.
    Je prends date.

    En ajoutant tous ceux qui font des calculs fumeux sur la base d’une foi illusoire dans les sondages (ex. raisonnement mentionné ci-dessus, selon lequel on peut voter FN ou blanc si les sondages annoncent un score Macron élevé; en soi adopter ce raisonnement rend le sondage initial caduque, c’est le meilleurs moyen d’avoir un résultat contraire à ce que l’on espère) on réalise que le FN peut très bien prendre le pouvoir dans dix jours.

    Juppé parlais de « base radicalisée », on contemple mieux maintenant l’étendue du désastre. Si je me souciais de la visibilité politique des catholiques je me ferais beaucoup de soucis. Une bande d’extrêmistes Dieudonisés est en train de se faire appeler « catholique ». Koz est pour eux un catholique de gauche (lu pour de vrai). Tandis que les catholiques de gauche sont inexistant médiatiquement. Ils ont peut-être à faire des choses plus importantes que de l’agit-prop. Le résultat prévisible est une image désastreuse des catholiques donnée par quelques un. Si MLP et élu certain retiendront que c’est grâce aux catholiques…

    Il reste quelques jours pour nous éviter la vague brune.

  • C’est assez enthousiasmant ce qu’a fait Macron chez Whirlpool aujourd’hui.

    Au lieu de faire le politicard de base, se montrer devant les caméras et faire des promesses intenables (ou tenables comme Hollande chez Alstom, mais c’est encore pire). Il a refusé de sombrer dans la démagogie, a dialogué avec les salariés et a transformé l’hostilité en convivialité.

    Encourageant.

  • Peux pas m’empêcher de me dire que ça illustre en creux les dégâts que causent nos media sur la démocratie. Parce que ce genre de rencontres se jouent sur le fil du rasoir. Avec 6 mois de Macron-bashing préalable, ça ne se serait probablement pas passé pareil.

  • Un proche, socialiste modéré, pour lequel nous avons une très grande affection a travaillé pendant de nombreuses années au côté de Jean Pisani Ferry, le conseiller économique le plus proche de Macron. Ils ont « brainstormés » sur le problème de la réinsertion des exclus et du chômage et les résultats de leurs réflexions a abouti à un projet basé sur le principe de subsidiarité, dans la droite ligne de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Il forme la colonne vertébrale du programme Macron qui est du reste passionnant à étudier pour quelqu’un qui s’intéresse au management dit « libéré »basé sur les responsabilités partagées et le bonheur au travail, et tout à fait unique. Nous avons déjeuné dimanche dernier avec notre ami et l’idée que le programme économique de Macron soit au service des puissances d’argent le fait rire aux larmes. Macron pourrait gagner 15M€ par an minimum s’il était resté banquier d’affaires car les propositions ne lui manquaient pas.

  • Allez, j’y vais de mon commentaire, en annonçant tout de suite que je m’abstiendrai de voter (ce qui se voit plus que le vote blanc), pourquoi ? D’abord parce que je n’en peux plus de ces appels à voter « Tout sauf Marine Le Pen » : je pense que ce ne peut être une façon durable d’inscrire son vote et pourtant, ça dure depuis 2002 ; celui qui récolte le vote ne l’est donc que par défaut et je trouve cela très malsain : je préfère qu’il sache que je me suis abstenue. A ce propos, précision sur un commentaire précédent : les gens de gauche qui ont voté pour Chirac en 2002 ont eu du mal à voter à droite, ce que je comprends fort bien, peut-être moins de mal à voter pour la personne même (un Chirac quasi « innocent ») que pour ce que représente maintenant Macron ; il me semble que la politique et les clivages se sont durcis et les candidats qui les représentent aussi, rendant le vote plus engagé.
    Ensuite, je reste persuadée que Hollande est celui qui se réjouit le plus de ce duel : il n’a cessé de faire monter le FN durant cinq ans, par les mesures prises pendant son quinquennat, dans l’espoir d’être opposé à Marine Le Pen dans un second tour et c’est ce qui se passe, via Macron, au vu de l’impopularité extrème de Hollande qui l’a empêché de se présenter ; je refuse de répondre présente à ce piège bien mené. Et je n’écarte pas l’idée que tout cela ait été complété par un affaiblissement total de François Fillon, donc par un empêchement à une élection vraiment démocratique au premier tour.
    Enfin, Macron représente pour moi le bling bling de gauche, le boboïsme, une bienveillance généreuse à laquelle je ne crois pas, un flou total, un ballon gonflé à l’hélium derrière je ne sais pas ce qui se dissimule ; à ce propos, s’il affirme être contre la GPA et qu’en même temps, il donne l’identité française à des enfants conçus GPA à l’étranger, je pense qu’il ne pourra en rester là : ce sera vite dénoncé comme injuste car les « riches » pourront aller à l’étranger, sans conséquences sur l’identité du « produit conçu », tandis que les « pauvres » ne pourront pas. Quel est le poids exercé (réel concrètement puisque représentant du Monde) par Pierre Bergé, qui dit que la GPA se fera ? Et quant à « sa capacité de rassembler », quand on voit que ça va de Bergé à Estrosi et de tous les LR qui viennent à la soupe, non merci pour ces « valeurs rassemblées ».

    Je crois qu’on ne peut pas convaincre ; on peut juste entendre la conviction de chacun et l’impossibilité de chacun à voter ceci ou cela. Je sais que je prends le risque de participer à une présidente FN ; comme d’autres ici, je crois que la Chambre sera alors tout à fait et nettement opposée à elle, par réaction évidemment.

    Nous ne sommes pas dans le choix positif, nous sommes dans l’expression, amputée, de ce que nous rejetons.

  • @Lib écrit,
     » Jospin a perdu tout seul en 2002. Fillon s’est pris un tel barrage d’artillerie juridico-médiatique »

    Encore un petit effort pour se mettre à la place d’un électeur de Jospin en 2002 😉
    Les média se sont livré à un matraquage inédit sur le thème de l’insécurité, faisant écho à la campagne RPR qui dénonçait une explosion de la délinquance à cause de Jospin. On n’a parlé de rien d’autre que d’insécurité. Quelques jours avant le premier tour des faits divers tournaient en boucle sur toutes les chaînes au lieu de parler du fond. Pas de barrage juridique, mais le rôle des médias a pu être considéré comme énorme.

  • Lib a écrit :

    La première est que Jospin a perdu tout seul en 2002. Fillon s’est pris un tel barrage d’artillerie juridico-médiatique depuis janvier que beaucoup de ses électeurs (dont je fais partie) ont le sentiment qu’on leur a « volé le match ». Que l’arbitre a expulsé un joueur sans raison, a laissé passer un hors-jeu flagrant et offert à l’adversaire un penalty imaginaire dans les arrêts de jeu.

    Là, vois-tu, je dirais que tu n’en es pas encore arrivé au stade de la colère: tu en es toujours au déni. Ça se voit dans le fait que tu refais le match.

    Je ne sais pas si ça va t’aider à passer au stade suivant, mais bon, allons-y, refaisons le match: OK, Lionel Jospin a largement perdu tout seul en 2002. Pas mal aidé par le feuilleton des faits divers sur TF1, tout de même (prouvant que les médias ne sont pas automatiquement de gauche… attention au biais de confirmation). Mais bon, il n’a pas su s’en dépêtrer, c’est lui qui est responsable de son échec.

    Symétriquement, F.Fillon a perdu largement de son propre fait. D’abord avec un positionnement économique trop à droite (revendiquer Thatcher, franchement… même si ses arguments avaient du vrai sur le fond, ils étaient hallucinants de maladresse). Ensuite, bon, les costumes, ne revenons pas dessus, mais c’est quand même se tirer une splendide balle dans le pied. Après, promettre son retrait en cas de mise en examen était bien naïf. Ensuite, parler d' »assassinat judiciaire »… c’est là qu’il a définitivement fait une croix sur l’élargissement de son électorat au-delà d’une base très restreinte (20% au premier tour, pour le candidat unique de la droite, c’est très faible, tout juste le coeur de cible… bref, l’étiage de Chirac). Pour finir, mettre en avant Sens Commun comme il l’a fait, là aussi c’était un repli vers son petit donjon. Lui-même a fini par s’en rendre compte, d’ailleurs (cité par Pierre-Alain, plus haut). Il est toujours plus facile d’être lucide après la défaite.

    La deuxième est bien sûr (si on accepte la représentation des partis sur un axe droite-gauche) que les électeurs LR doivent trancher entre un candidat à leur droite et un autre à leur gauche; alors que le PS de 2002 devait se déterminer entre 2 candidats à leur droite, l’un plus éloigné d’eux que l’autre. Pour prendre une métaphore géographique, il est plus facile pour un brestois de voir que Paris est plus proche que Strasbourg que pour un parisien de savoir laquelle de Brest ou Strasbourg est la plus proche.

    Je suis, par contre, d’accord sur ce deuxième point.

    Pour en revenir à la politique, je suis curieux de savoir ce qu’auraient fait les électeurs de Macron en cas de 2e tour Fillon-Mélenchon. Si j’en crois des discussions avec quelques amis ou la une de Libé de samedi dernier, il y a lieu d’être très inquiet sur la fibre républicaine de beaucoup de socialistes/enmarchistes.

    Voir ci-dessus. La position « droite dure » de F.Fillon aurait rendu les choses très difficiles. Pour ma part j’aurais choisi sans mal le vote Fillon dans ce cas, mais les sondages d’avant le premier tour lui étaient plutôt défavorables dans cette configuration.

  • Lib a écrit :

    La deuxième est bien sûr (si on accepte la représentation des partis sur un axe droite-gauche) que les électeurs LR doivent trancher entre un candidat à leur droite et un autre à leur gauche; alors que le PS de 2002 devait se déterminer entre 2 candidats à leur droite, l’un plus éloigné d’eux que l’autre. Pour prendre une métaphore géographique, il est plus facile pour un brestois de voir que Paris est plus proche que Strasbourg que pour un parisien de savoir laquelle de Brest ou Strasbourg est la plus proche. Pour en revenir à la politique, je suis curieux de savoir ce qu’auraient fait les électeurs de Macron en cas de 2e tour Fillon-Mélenchon.

    J’ai aussi beaucoup apprécié votre commentaire. Votre question Fillon-Mélenchon est intéressante. Les nombreux macronistes autour de moi sont des cathos tendance Bayrou, des cadres moyens qui ne s’étaient jamais engagés et ont « accroché » au principe du mouvement issu de la société civile… Bref des gens de droite soft, beaucoup ont du voter Juppé à la primaire de la doite. Votre approche géographique dirait qu’ils on Fillon à droite, Hamon à gauche et Mélenchon beaucoup trop loin à gauche.
    Certes Macron partage avec Mélenchon (et le Pen) le côté leader charismatique qui personnalise à fond son parcours (on pourra aussi approfondir cette question maintenant ancienne), mais rien n’est plus éloigné des gentils macronistes autour de moi que l’anti-européanisme de Mélanchon, que son côté violent, sa rhétorique de lutte des classes. Même voter PS c’est trop leur demander (sauf contre le Pen). Ceux qui sont cathos ont aussi adhéré au côté « je parle gentiment à tout le monde, on n’est pas toujours d’accord mais on va construire ensemble quelque chose, soyons positifs et engagés, etc. » de Macron. Faire de la France une chance pour tous, c’est le slogan Macron et il est très efficace pour eux.

    Les français aspirent à l’unité. Ils ont choisi les deux candidats qui leur ont proposé cette unité : unis sur le dos des boucs émissaires et autour d’une identité de groupe homogène d’un côté, unis par l’esprit de dialogue et le rêve (ou l’utopie) d’une harmonie sociale entre individus autonomes de l’autre.

    71 commentaires réfléchis, opposés et argumentés mais calmes (comme souvent), merci et bravo Mr Koz (et merci aussi aux compagnons de discussion). Comme vous devez en prendre aussi un peu plein la gu…. en ce moment, je lance ma petite fleur

  • Beaucoup d’arguties dans les commentaires, du type « je ne veux pas que Macron gagne avec trop d’avance », « je ne veux pas cautionner les méthodes contre Fillon », etc.
    Tout ceci n’a aucune place dans un 2ème tour de présidentielles.
    A l’arrivée, l’un des deux est élu, point. Le score ne change rien, ni à la conclusion, ni à la suite, ni à ses pouvoirs.
    Si l’on pense l’un des deux « moins pire », on doit voter pour, même si c’est avec répulsion, car voter blanc c’est accepter n’importe quel résultat et laisser faire « le boulot » par son voisin.

  • Mon vote blanc risque de se transformer en abstention parce que je constate en vieillissant à quel point le deuxième tour de la présidentielle nous contraint pendant deux semaines à nous dresser en deux camps souvent fictifs. La France de 2017 est d’une diversité idéologique quasi absolue mais l’élection présidentielle au suffrage universel a été conçue pour entretenir une fiction de chef incarnant le peuple et sa volonté. Voter pour éliminer et non pour choisir me semble bien peu chrétien, et en ce sens j’ai toujours eu un problème avec toutes les élections à deux tours. Certes , le régime parlementaire impose des coalitions. Mais après ce premier tour, les coalitions ne seront pas facilement légitimes puisque les partis susceptibles de se coaliser sont minoritaires (si on intègre l’abstention).

    On pourrait envisager, pour éviter qu’un président et un électeur croient que le vainqueur incarne la majorité de la population, supprimer le deuxième tour mais le précédent chilien n’incite pas à l’optimisme. Quelle légitimité donner à un chef élu avec un quart des voix? Il y faudrait un fair play dont bien peu d’entre nous sommes capables.

    C’est pourquoi je ne crois pas exact un postulat de koz, à savoir que les législatives reverront les enjeux majeurs réapparaître et qu’écarter une majorité macronienne serait possible alors. Une fois élu, le président se croit investi par plus de 50% de la population et, plus important, la majorité de la population croit que c’est vrai. C’est pourquoi la majorité de la population a toujours investi le nouveau chef d’une majorité, et plus encore a voté en faveur du quinquennat qui rend cette règle inévitable.

    Le distinguo entre voter pour rejeter l’autre et voter ensuite sur les programmes est tout théorique. Dans la pratique, nous acceptons très largement le principe que l’élu de la Nation l’emporte sur les élus du Parlement dès lors qu’ils sont élus quasi simultanément. Si Macron est élu, il aura une confortable majorité et Marine le Pen aussi, la force vient au vainqueur et les ralliements aussi. Un très large éventail d’aspirants à la députation suivront sans problème le président élu. La seule différence serait que l’élection de Marine le Pen verrait une partie (certes quelques pourcentages mais il n’en faut pas plus) de ses adversaires tenter de mettre le pays à feu et à sang en bloquant tout par la force y compris les élections parce qu’ils croiraient la République menacée.

    Je devrais voter blanc puisque aucun des candidats ne me semble une menace pour la démocratie (on trouve toujours des militants tenant des propos effrayants envers l’adversaire ou la démocratie, les exemples de koz pour le FN à propos des identitaires ne me convainquent pas de trancher; les seuls propos métaphoriques invoquant l’adn ou la génétique chez l’un ou l’autre pour expliquer un comportement, une prise de position, ou un point programmatique de tel ou tel laissent songeur sur les racines démocrates de leurs auteurs ou des chroniqueurs, et on les trouve partout).

    Aucun non plus ne me semble défendre autre chose qu’un égoïsme fondamental, l’un national l’autre individualiste.

    Mais en fait si je suis cohérent, c’est bien la notion même de suffrage au deuxième tour que je refuse, mieux vaudrait alors m’abstenir, mais c’est pas civique…Que faire?

  • Koz,

    Votre post est argumenté et étayé, indéniablement.
    Cependant, la charge que vous sonnez contre le FN, ses membres et représentants, on peut procéder à la même du côté de chez En marche: l’idéologie des Bergé, Soros, et autre Attali vaut largement la xénophobie et le racisme que vous dénoncez au FN chez certains. Sachez (mais vous le savez) qu’il y a au FN qui ne sont ni xénophobes, ni raciste et même cathos. C’est dommage, ce n’est pas forcément eux qu’on entend le plus.
    Vous indiquez que vous voterez à titre personnel pour EM sans en partager, ni les convictions, ni le programme, car vous ne concevez pas MLP à l’Elysée. Acceptez que certains puissent agir de même avec un vote MLP car ils ne conçoivent pas EM à l’Elysée.
    Vous allez voter EM le 7 mai et le combattre dès le 8 ou le 9, avouez que – même après exposition de vos arguments- ça semble un léger brin incohérent.
    Vous me rétorquerez encore que vous n’adhérez ni de près, ni de loin aux idées et programmes d’EM mais que c’est le seul moyen pour éviter à la France d’être représentée par « l’ex-présidente d’un parti fascisant »
    Pour ma part, je refuse que la France soit représentée par un personnage qui nie jusqu’à sa culture et ses racines, allant jusqu’à parler de crimes contre l’humanité, pour ses apports à ses anciennes colonies.
    Question de principe.
    Bien à vous.

  • Gwynfrid a écrit :

    Là, vois-tu, je dirais que tu n’en es pas encore arrivé au stade de la colère: tu en es toujours au déni. Ça se voit dans le fait que tu refais le match.

    Je n’ai aucune intention de refaire le match ni d’essayer de te convaincre, puisque c’est apparemment nécessaire, que quelques reportages engagés ne se comparent pas à une « character assassination » permanente, incessante, sur tous les media pendant 3 mois. par exemple, je n’ai pas mentionné les « enquêtes » absurdement à charge contre le turbolibéralisme d’Elice Lucet. Ce genre de dérive partisane est « business as usual » et j’espère bien l’avoir oublié dans 15 ans.

    Ce que je te dis c’est que beaucoup d’électeurs de Fillon (dont je fais partie) en veulent terriblement à Hollande pour le mal qu’il a fait à la France et à la « common decency ». Ca rend plus difficile de voter pour le candidat qu’il soutient et dont Ségolène Royal dit que « notre candidat est arrivé en première place ».

    Maintenant, je suis un grand garçon, je sais prendre ma paume. Ca me met dans un état d’esprit d’aller chercher les opportunités intéressantes dans la nouvelle configuration, et j’en trouve ainsi qu’en témoignent mes derniers commentaires.

    Pour finir, le thème de ce billet est le vote de 2e tour pour les électeurs de Fillon. Je pense que leur dire : « vous êtes des connards, vous avez soutenu un tocard et obéissez-nous sinon vous êtes des nazis » est moins convaincant que d’essayer de leur montrer les attraits d’une présidence Macron et que Le Pen ressemble à ce qu’ils détestent plutôt qu’à ce que tu détestes.

    Mais qu’est ce que j’en sais? J’ai voté pour un loser.

    Gatien a écrit :

    Les média se sont livré à un matraquage inédit sur le thème de l’insécurité, faisant écho à la campagne RPR qui dénonçait une explosion de la délinquance à cause de Jospin.

    Pour un privilégié, l’égalité ressemble à une injustice.

  • Al lire certains ,et ils sont nombreux,hélas, on se dit :heureusement que nous sommes entre cathos car si on ne l’était pas…mais à la réflexion qu’est-ce que çà changerait? Pas grand chose je le crains…

  • Il suffit de relire l’interview de Macron dans Têtu en février pour connaître ses positions sur les questions éthiques. Le mariage gay était nécessaire, la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules est nécessaire, la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger (ce qu’il qualifie de « projet d’amour ») est nécessaire. Et il faudrait valider tout cela parce que c’est bon, il n’autorise pas la GPA en France? La seule différence est qu’il la réservera donc aux riches. Au cours d’une autre interview, sur l’IVG : il faut rouvrir les Plannings familiaux dans les zones rurales et périurbaines. Chouette programme, vraiment.

    Comme beaucoup d’autres cathos, je ne peux pas trancher pour cette élection. Je ne peux pas choisir Marine à cause, en particulier, de sa position sur les migrants. Je ne peux pas voter pour Macron, qui est à l’opposé de tout ce que je crois, même si économiquement il me permettrait sans doute de m’enrichir un peu.

    « Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. »
    Hannah Arendt

  • Lib a écrit :

    C’est assez enthousiasmant ce qu’a fait Macron chez Whirlpool aujourd’hui.

    Au lieu de faire le politicard de base, se montrer devant les caméras et faire des promesses intenables (ou tenables comme Hollande chez Alstom, mais c’est encore pire). Il a refusé de sombrer dans la démagogie, a dialogué avec les salariés et a transformé l’hostilité en convivialité.

    Encourageant.

    C’était courageux et il a tenu le coup, dans une atmosphère très hostile. Pas mal. Il n’empêche, je crois qu’il a perdu des plumes dans l’affaire. Ceci illustre la facilité de la position démagogique qui consiste à se prétendre « proche des gens » en leur disant tout ce qu’ils ont envie d’entendre, par rapport à celui qui prend une position responsable, raisonnée et réaliste: quand la réalité est une mauvaise nouvelle, il est bien tentant de croire aux mensonges.

  • Moui, pour moi ce sera l’abstention.
    Ce n’est pas très difficile de voter Macron avec moult états d’âme sophistiqués (déception amertume vigilance tout le tsoin-tsoin romanesque de rigueur) quand la vie vous sourit et que le travail c’est la santé. Travailler avec des types qui ne savent pas se servir d’une souris, qui sentent l’alcool à 8h du matin, qui ne savent pas écrire, qui se battent depuis deux ans pour une alloc handicapé (et qui ne l’auront pas), qu’on pousse à faire des heures supp’ (on peut refuser en théorie dans le monde merveilleux des « libéraux », dans la réalité c’est beaucoup plus compliqué)… Avoir des proches qui engagent un combat perdu d’avance contre la grande distribution, qui voient autour d’eux les collègues tomber comme des mouches (10 « arrêts maladie » pour 40 employés sur un site, ces fainéants…). Le coup des « formations » promises aux quinquagénaires employés de Whirpool ça me met en rage, parce que c’est exactement ce que je suis en train de voir sur un autre « plan social » : des gens sont « formés » = on sélectionne la crème de la crème durant ces formations, pour virer la moitié des effectifs et garder les éléments les plus aptes pour les « rendre polyvalents » (= les faire travailler comme 4). J’ai beau tourner le programme micron dans tous les sens, je ne vois pas bien comment la vie de ces gens et la mienne vont s’améliorer durant le prochain quinquennat. Donc non, voter Macron ne va pas améliorer ma vie quotidienne et professionnelle, ni celle de ma famille, ni celle de ceux avec qui je travaille, bien au contraire. Un peu de réduction de cotisation salariale par-là, de baisse d’impôt par-ci, plein de petits trucs raisonnables dans tous les sens et pour tout le monde, saupoudrés de bidules numériques un peu partout ; en gros on a repris le modèle des programmes des winners des années précédentes qu’on a vaguement actualisé et étiqueté « renouveau ».
    Pourquoi me déplacer ? Pour éviter Le Pen ? Je suis un peu fatigué de cajoler mon narcissisme à coups de frissons antifascistes tous les six mois. Je vois bien que Macron lui-même n’en a pas grand chose à faire, des 7,7 millions d’électeurs FN, qui n’en finiront pas d’être plus nombreux. Si le FN est un parti antirépublicain et fascisant, très bien, qu’on en prenne acte et qu’on l’interdise. Après tout, Macron le promet dans son programme, « l’interdiction de toute association qui menace la République » ! Qu’il le fasse, bon sang, qu’on n’en parle plus… Sinon, c’est du théâtre. Et je serais pour ! ce serait priver enfin la politique française de son jouet préféré. Peut-être qu’on n’arrêterait de tourner autour du pot pétainiste pour enfin s’attaquer aux souffrances présentes, bien réelles et si peu télégéniques, que Le Pen comme Macron aggraveront sans aucun doute.

  • Quand je relis l’adresse de nos évêques en octobre 2016 (http://www.eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/elections-2017/428276-monde-change-retrouver-sens-politique-introduction/), je n’hésite pas :
    • devoir d’accueil des étrangers , dans la ligne de Mt25, 35 (« le christianisme peut partager son expérience doublement millénaire et sans cesse renouvelée d’accueil et d’intégration de populations et de cultures différentes »), rappelé encore par les évêques au lendemain du 1er tour,
    • nécessité d’un vrai projet européen (« une nation ne peut répondre seule à ses défis, et un projet européen repensé peut et doit précisément permettre le respect et l’expression des identités nationales et régionales »)
    • respect de la liberté religieuse (« …[expulser] le religieux de la sphère publique vers le seul domaine privé où il devrait rester caché. Cette conception est néfaste pour la société. Elle ne respecte pas les personnes et engendre des frustrations qui vont conforter le communautarisme. ») ; en voulant « étendre la laïcité à l’ensemble de l’espace public » (son engagement 95), MLP va exactement là où il ne faut pas, au mépris aussi de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (art.18) mais on sait que l’extrême-droite se moque du « droit-de-l’hommisme ».
    Alors, quand je vois comme il est facile pour des populistes de dévoyer la démocratie (Hongrie, Pologne, Turquie, Russie,…), je me félicite du rappel de Koz sur les larges prérogatives du président français, je ne m’en lave pas les mains et je n’hésite pas : je vote Macron car, même s’il y a la PMA, le choix n’est pas entre la peste et le choléra mais entre la peste et la grippe.

  • 100% en phase avec Koz et merci de nous éclairer avec pédagogie.
    1 vote blanc ou nul = 1 chance de plus pour mlp
    Pour les sujets bioethiques, familiaux….qui me sont chers en tant que chrétien, je ne pense pas que le combat soit au niveau des urnes mais avant. Je me souviens d’une soirée télé avec l’abbé Pierre qui expliquait cela: changeaons les mentalités et les politiques suivront. Si vous avez la grande majorité de la population qui est pour l’Ivg, ce n’est pas en votant pour un candidat contre que vous risquez de changez quoi que ce soit, mais plutôt en etant le sel de la terre. En effet en permettant a vos proches et aux proches de vos proches de ralier vvotre sagesse que lespolitiques suivront la majorité. Le mauvais côté de la démocratie est que les politiques suivent plus qu’ils dirigent nos pensées.

  • @ Henri Deul:
    Je partage votre sentiment sur la manière dont s’est déroulée la campagne, et notamment l’intrusion de la justice. Voter Macron oblige d’une certaine manière à cautionner cette grave anomalie.
    Malgré cela, je ne peux me résoudre à l’abstention quand un extrêmisme est l’autre terme de l’alternative. Comme disait Leibniz,de même qu’un moindre bien est un certain mal, de même un moindre mal est un certain bien .

  • DomP2 a écrit :

    je vote Macron car, même s’il y a la PMA, le choix n’est pas entre la peste et le choléra mais entre la peste et la grippe.

    Vous voulez dire la grippe espagnole ?

    PMA : sûr

    Avec, en droite ligne du quinquennat qui s’achève, presque certainement de très graves régressions dans de nombreux autres domaines concernant rien de moins que la vie humaine et la santé publique (euthanasie, permissivité accrue à l’égard de la drogue (salles de shoot), pornographie, GPA…)

    accompagnées des programmes scolaires et des atteintes à la liberté d’expression qui vont bien -du type délit d’entrave aux sites internet défendant la vie, obligation aux sages-femmes de pratiquer l’avortement, composition arbitraire du comité consultatif national d’éthique, etc.

    Le tout administré avec le mépris, les accusations et les mensonges de ces sadducéens -voire des intimidations physiques que nous connaissons bien, au moins depuis les manifs pour tous.
    Tout cela au service du transhumanisme, pour un « meilleur des mondes ».

    Non, vraiment, ceux qui construisent un monde empreint des « structures de péché » tant dénoncées par Jean-Paul II ne méritent pas notre vote. Rien ne le contraint, rien ne le force.

    Le Pr Jérôme Lejeune le rappelait avec insistance, tant cela lui paraissait une évidence : « La qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres ».

    Koz, les combats que vous évoquez en premier chef dans votre billet sont justes. Ils sont également partagés par de nombreux autres, avec des moyens financiers et médiatiques importants.

    Ce qui est, hélas, beaucoup moins vrai de la défense de la vie humaine.

    Jn 8: 44 :  » Le démon, dès le commencement, a voulu la mort de l’homme. »

  • Macron a déclaré, en Algérie, que la France était coupable de crimes contre l’humanité
    Il a également dit que la culture française n’existait pas

    Rien que ces deux fautes le rendent impropre aux fonctions de président de la République française.

    Ajoutez ce qui est écrit par Marie B. 27 avril 2017 – 14 h 19 min

    Derrière la figure de jeune premier et le programme d’un flou artistique soigneusement entretenu, se cache un projet, celui de ses soutiens :

    Ce projet, c’est dissoudre la France dans un gloubi-boulga informe, soumis aux banques, aux requins de la finance et aux multinationales, habités par des consommateurs / producteurs (s’il ne coûtent pas trop cher) interchangeables, sans racines, sans identité, bref, sans rien qui puisse nuire au marché intégral.
    Et vous verrez que les jeunes cadres bobos, qui sont bouche bée d’admiration devant Macron et son sourire Ultra Brite, vont déchanter quand ils seront remplacés par des Indiens ou des Pakistanais parce qu’ils coûteront 3 ou 4 fois moins cher pour le même job.

    Donc pour moi, ce sera MLP, sans hésitations ni remords

    Je me permets de recommander la lecture de Hervé Juvin :
    « La grande séparation » (style assez rébarbatif, hélas)
    « Le Mur de l’Ouest n’est pas tombé » (mieux écrit)

  • @ Matt:

    Quand bien même, la grippe espagnole n’a tué qu’environ 20 millions de personnes en Europe (sur 450 millions) contre 20 à 30 millions pour la seule peste noire (du XIVème siècle) (sur 60 millions).

    Ce qui prouve qu’il faut faire attention avec ses remarques acerbes, même si les Croates aussi ont leurs torts (AHAHAHA)

    Bon, une fois de plus, c’est avortement et GPA vs accueil de/ouverture à l’autre, et on n’en sort pas. Je comprends, sans nécessairement partager, un choix d’adhésion pour l’un ou l’autre. Je suis par contre profondément dégoûté par les choix « je vote pour choquer le bourgeois », ce qui ne marche pas si on ne Whatsapp pas le bulletin, « je vote blanc parce que je m’en fous mais j’irai manifester après », comme un lycéen décérébré, voire « je vote pour Le Pen pour qu’elle soit au pouvoir, montrer qu’elle est malfaisante, et que Mélenchon soit élu en 2022 », ce que je vous jure que j’ai lu.

    La démocratie est manifestement malade, peut-être faut-il qu’elle meure, mais je laisse à d’autres de la tuer avant de se mettre à pleurer en disant, comme ces brexiters : « j’ai voté la sortie car je ne voulais pas que le bremain l’emporte de trop » (bien joué !) ou « j’aimais pas la gueule de Cameron » pour dire après « ah merde ».

  • Tout d’abord, Je voudrais remercier Koz et tous ceux qui écrivent dans ce blog que je lis pour la première fois grâce à mes enfants. Des réflexions posées, argumentées et constructives sur cette question qui a de quoi empêcher de dormir. Comment avons-nous pu tomber si bas ?

    Il m’apparait qu’il y a point commun évident dans tous nos commentaires. Comment éviter Mme Le Pen dont le programme pose de réelles questions d’un point de vue catholique sans pour autant cautionner Mr Macron dont le programme soulève au minimum autant de questions. Il y a trois possibilités pour cela (voter Macron, Blanc/nul/abstention ou voter Le Pen). Koz suggère que le vote Le Pen pourrait être en effet le plus risqué. Ses arguments sont parfaitement recevables voire convaincants. Il apparait tout de même que voter Macron représente également un risque non négligeable si on se place d’un point de vue catholique et plus généralement Chrétien (libertarisme sociétal avéré, politique économique floue et/ou changeante, angélisme/naïveté/inexpérience sur les questions géopolitiques).

    Au final, il me semble que le marketing médiatique est tel en faveur de Macron (et le marketing ça marche, difficile à mesurer mais terriblement efficace pour orienter les choix) que je ne vois absolument pas comment Mme Le Pen pourrait gagner. Donc, oui je vais choisir la solution la plus risquée de façon qu’au 2ème tour puis aux législatives il puisse n’y avoir aucune ambiguïté sur la nature de l’élection de Mr Macron. Une élection par défaut qui lui permettra de s’asseoir à l’Elysée pour satisfaire son ego et certainement pas pour mettre en œuvre ni son programme actuel ni de continuer avec les méthodes qui auront largement (pas uniquement) contribué à ce désastreux 1er tour.

    Sur la question des méthodes, Il me semble qu’il ne faut absolument pas sous-estimer la malignité (la présence du Malin) dans « l’œuvre » de Mr Hollande et de son successeur putatif. J’ai souvent dit que Mr Hollande n’était pas intelligent. Je persiste, il n’a absolument pas l’intelligence nécessaire à la conduite d’un peuple de 65 millions d’habitants. En revanche, il est d’un très haut niveau de perversité en ce qui concerne les coups tordus. De mon point de vue, il est impossible de banaliser ce comportement destructeur en cautionnant, par un vote, Mr Macron son fils spirituel. Ce niveau de perversité et de manipulation est tel qu’il n’a strictement rien à envier au risque que pourrait représenter certains amis de Mme Le Pen.

  • Bonjour à tous,

    Une fois encore, je regrette de ne pas être en mesure de vous répondre davantage, d’autant que vos commentaires sont comme toujours, ou souvent, construits et que j’apprécie de les lire. Je suis en ce moment assez sollicité et j’ai du boulot, aussi. Je ne peux pas tout faire.

    Je me permets de vous laisser ici une tribune que La Croix m’a demandée.

    En complément, mise à jour, on notera que le président par intérim a été contraint de renoncer en raison de ses propos négationnistes. Et l’on ne me fera pas croire qu’en privé, il ne dit pas exactement la même chose, ni que les cadres du FN l’ignoraient, ni que c’est un gars isolé : c’est une figure historique du FN depuis 40 ans.

    On peut refuser de s’associer à cela comme simple citoyen. A fortiori comme catholique.

    Autre chose : sauf erreur de ma part, on ne me fait pas baisser le score de celui dont on ne veut pas en s’abstenant ou en votant blanc. Le résultat est exprimé en suffrages exprimés. Le changement est que désormais, on décompte les votes blancs, qui sont dénombrés séparément des nuls. Mais le vote blanc n’étant pas un « suffrage exprimé », il n’a aucune incidence sur le score final.

  • @ Escudier:

    à Leibnitz, on peut opposer Hannah Arendt dans « responsabilité et jugement » (lecture d’actualité)
    « Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. »

    Elle disait aussi « c’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal… »

  • @ exilé : ne pensez-vous pas légèrement abusif de considérer que le propos d’Hannah Arendt s’appliquait à l’isoloir ? Si vous vous abstenez, vous acceptez l’idée que c’est un autre qui choisira le plus grand mal, à votre place. Et si vous allez par là, ne votez plus jamais. Tous les choix sont le « moindre mal ».

    [Note technique : je viens de recevoir un mail pour un commentaire en attente de modération qui n’apparaît pas dans l’interface d’administration. Désolé pour le commentateur, d’autant que j’étais tout à fait ok]

  • Bonjour, je lis rarement vos billets étant plutôt lectrice du Salon beige 😉
    Merci, cela m’a donné à penser.
    Quant à moi, je vous avoue que j’ai toujours été élevée dans le respect de toutes les opinions, et qu’il y a deux occasions où j’ai compris que ce n’était pas le cas de tout le monde: d’abord en 2002, où j’avais dû voter Boutin ou qq marginal de ce type (encore cette fois j’ai voté Poisson aux primaires, toujours pour les petits), et où une amie m’avait envoyé des photos d’elle manifestant « contre le fascisme »: jamais vu une telle haine dans le regard, qu’en voyant les photos de ces gens. Moi qui croyais à la démocratie, au respect des voix, du vote, moi qui aimais le peuple, je me suis rendu compte que pour certains, toutes les voix ne se valaient pas.

    La deuxième occasion, ça a été dans un groupe de réflexion, où je disais parfois mon désarroi devant les évolutions de la société: je déplorais que mes élèves ne connaissent pas les bases de l’histoire de leur pays, je trouvais le massacre des chrétiens d’orient terrifiant, je pensais qu’il fallait apprendre la grammaire et l’orthographe en primaire comme autrefois. Rien de bien méchant. Il y avait là des « cathos de gauche » qui disaient en plein groupe de prière que d’après eux tout le monde était respectable, oui oui, car Dieu aime tout le monde pas vrai? Enfin… saud les 30% des gens qui votent FN. Eux, c’était les enfers direct.

    Moi qui ai toujours voulu être du côté des petits, des pauvres, j’ai vu que dans ma région, les petits, les pauvres, votent FN. Ce sont des familles de la campagne, qui n’ont pas un sou, dont leur propre pays ne transmet plus ni l’histoire ni la littérature à leurs enfants. Ces gens simples sont désemparés. Ils voient les amis de leurs enfants se convertir à l’islam et se demandent ce que fait l’Eglise, ils viennent le dire en groupe de préparation au baptême. Quand on a vu ça, on n’en a un peu rien à faire de savoir si, en 68, untel militait ici ou là: je pense que la majeure partie des PS ou LR de 70 ans ont eux aussi milité dans des groupes extrêmes, de droite ou de gauche. Les grandes postures morales devant un soi-disant fascisme (que faire de la citation de Jospin disant que l’antifascisme n’était que du théâtre?) ne tiennent pas devant le désarroi social et culturel des gens, des familles.

    Mère Teresa disait qu’il fallait d’abord soulager la pauvreté avant d’annoncer Dieu. Ici pour moi c’est pareil: vous voulez éviter ce que vous appelez le fascisme? Alors battez-vous pour une société qui défend les faibles au lieu de les éliminer, qui promeut la vie et non la mort, qui ne favorise pas la GPA (ah, Macron aurait dit qu’il n’était pas pour? Que dire alors du soutien de Pierre Bergé?), qui ne favorise pas le divorce mais au contraire favorise les familles stables (quand on est dans une grande détresse, on se rend compte de l’importance des familles unies). Or, désolée, mais c’est bien à cause du quinquennat précédent (que veut suivre M.Macron) qu’on en est arrivés à ce degré de pauvreté, non seulement financière mais aussi spirituelle, culturelle. Et encore ne sont-ce pas seulement des miséreux qui votent FN mais aussi des intellectuels, des personnes de grande qualité, pour qui le choix… inverse du vôtre ne se pose même pas. Et ces gens sont très très loin d’être des fascistes….

    Bref, à mon sens vous vous trompez d’époque, évidemment j’espère ne pas me tromper… mais enfin chacun son avis comme vous dites. Je pense le gouvernement qui vient de s’achever tellement totalitaire, autarcique, méprisant, que je ne vois pas ce qu’on peut faire de pire. Interdire de parler en mal de l’avortement sous peine d’amende… il fallait le faire. Je ne vais donc pas donner ma voix au poulain du monsieur qui déconstruisit encore un peu ce qui nous restait de sens moral.

    Le vote des pauvres étant le vote FN, il est donc possible que je vote avec eux. Tant de choses nous échappent que je pense très présomptueux de dire: ceci se passera ou: nous pourrons influer sur ceci. La seule manière dont nous pouvons influer sur quoi que ce soit (à part en ayant des talents de rédacteur comme vous) c’est en éduquant ses enfants. Avec un vote Macron il y a autant de risques de voir M.Bergé ou Niel avoir encore plus d’influence, qu’avec un vote Le Pen voir M.Vardon avoir encore plus d’influence. Pour moi c’est un risque, identique de part et d’autre (avec probablement moins de moyens pour M.Vardon). Croire qu’on court un risque d’ordre fasciste ou raciste (qu’imaginez-vous? des chasses aux noirs?) me semble de l’ordre du fantasme. Le fascisme de toute façon n’arrive pas parce que soudain tout le monde déteste les juifs ou les noirs ou je ne sais quoi, mais il prospère sur la misère et sur le manque de culture ou d’intelligence. C’est bien pourquoi je pense qu’il faut réenseigner la grammaire, l’orthographe, les lettres et l’histoire, et aussi avoir une politique préférentielle pour les pauvres; mais quand je dis cela on me taxe de fascisme, n’est-ce pas drôle?

    En tout cas, je vote déclassé: pas Macron. Pas la banque. Blanc, ou FN. Je verrai combien de billets du genre du votre je lirai, avec les commentaires intéressants des uns et des autres… Merci de contribuer à notre discernement.

  • Je ne comprends sincèrement pas et je suis même atterrée – je le dis de façon respectueuse, ne vous méprenez pas – par le choix de vote blanc de certains des commentateurs de ce billet, au motif qu’ils placent les sujets dits sociétaux au cœur de leur vote et que les positions de Macron sont (ou seraient, je pense – mais pour le coup c’est très subjectif – qu’il y a une grosse part de fantasme) contraires à celles qu’ils défendent. Cela reviendrait à ce qu’à part François Fillon ils ne puissent voter pour personne d’autre, c’est ça ?

    Les propositions de Marine Le Pen en ce qui concerne ces questions sociétales sont INEXISTANTES (je viens de re-parcourir ses 144 propositions et, sauf erreur de ma part, pas 1 d’entre elles ne traite des sujets de la famille, de la bioéthique, PMA, fin de vie, etc). Et on comprend pourquoi, les courants au sein de son parti étant pour le moins opposés, et c’est un euphémisme, entre Marion Maréchal Le Pen et Florian Philippot pour ne citer qu’eux.

    Ce n’est donc pas un critère de choix entre eux. Egalité.

    Mais le reste ????! La fonction présidentielle ne se limite pas à ces questions !
    Quid du rôle de la France sur la plan international ? Quid des projets économiques ? Quid de l’Europe ? Quid des questions environnementales ?
    Sans même aller sur le terrain de la vraie nature du parti, sur lequel Koz insiste très bien, je ne pense pas qu’on puisse considérer que le choix de l’un ou l’autre soit neutre pour la France, pour l’avenir de notre pays, pour celui de nos enfants !!
    Je vous invite respectueusement à relire, en toute bonne foi et sans esprit partisan (même si on en a tous ;-)), le programme d’Emmanuel Macron et son projet (détaillé sur son site), et à vérifier à la source ce que vous entendez.
    En tant qu’électeurs nous avons une responsabilité et je ne pense pas qu’en toute responsabilité nous puissions nous abriter derrière une partie du programme d’un candidat pour rejeter tout en bloc et considérer qu’aucun choix entre les deux candidats ne peut être fait.

  • Marie B. a écrit :

    « Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. » Hannah Arendt

    Cet argument oublie un peu vite la possibilité de faire le mal par omission. Ne pas voter ou voter blanc ou nul, c’est ne pas choisir entre l’un ou l’autre mal… mais c’est aussi un choix, un choix de confort: celui de s’en laver les mains, tel Ponce Pilate. En démocratie, la responsabilité est partagée entre tous les électeurs, mais elle n’en est pas moins réelle: chacun, à notre niveau, nous prenons la décision qui définit le pays pour les 5 prochaines années. Sous prétexte de ne pas choisir un mal ou l’autre, vous pouvez laisser les autres choisir le mal à votre place, mais cela n’enlève rien à votre responsabilité.

    En observant les réactions des uns et des autres, notamment celles des électeurs de gauche et dans une mesure moins importante celles des électeurs catholiques, on voit bien la différence avec 2002. En quinze ans, la dédiabolisation a fait son chemin, ce qui est une autre façon de dire que la dissimulation a gagné du terrain. Plus important encore, la division du pays s’est aggravée; les clivages entre pro- et anti-européens, et les inégalités des revenus et aussi celles des chances, le fossé entre les gagnants et les perdants de la mondialisation se sont creusés. Il devient alors de plus en plus difficile d’accepter les pénibles compromis de second tour. C’est pour cela qu’on voit un Mélenchon refuser le choix clair qui était pourtant le sien en 2002, où il avait voté pour un homme bien plus compromis personnellement et bien plus à droite que ne l’est Emmanuel Macron aujourd’hui.

    Le victoire d’Emmanuel Macron reste la plus probable, mais elle n’est pas certaine, et elle se fera par un score beaucoup plus serré que celle de Jacques Chirac. Elle laissera derrière elle un pays non seulement divisé mais aussi déprimé. À moins d’une performance miraculeuse du nouveau président pendant son quinquennat, le risque est grand de voir le FN encore plus fort en 2022.

    Cela dit, je comprends, même si je les rejette, les arguments de ceux qui disent ne pas pouvoir ou vouloir choisir, et même ceux des électeurs de Le Pen qui disent n’avoir rien à perdre (l’argument massue de Trump…) Je juge seulement avec sévérité ceux qui disent « voter Macron, c’est voter Le Pen dans 5 ans ». L’erreur de logique est par trop manifeste: tant qu’à faire, soyez gentils, laissez-nous encore 5 ans de démocratie à peu près intacte.

  • Merci pour ce billet très clair et sans ambiguité. Je voterai mois aussi Macron, sans adhérer en quoi que ce soit à son projet, mais par opposition totale au courant idéologique que Le Pen représente.

  • Merci à tous. C’est très constructif très argumenté… Et caaaaalme!

    Si le président part en vrille il peut à présent être destitué par les députés, non?

  • @ Armand017:

    J’avoue avoir pensé davantage à la gravité de la grippe espagnole pour qui en est atteint qu’aux statistiques auxquelles vous faites référence…

    Wikipedia indique que « la grippe de 1918, aussi connue sous le nom de « grippe espagnole », a fait 50 millions de morts selon l’Institut Pasteur, et jusqu’à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la peste noire. »

    Cécile a écrit :

    Je ne comprends sincèrement pas et je suis même atterrée – je le dis de façon respectueuse, ne vous méprenez pas – par le choix de vote blanc de certains des commentateurs de ce billet, au motif qu’ils placent les sujets dits sociétaux au cœur de leur vote et que les positions de Macron sont (ou seraient, je pense – mais pour le coup c’est très subjectif – qu’il y a une grosse part de fantasme) contraires à celles qu’ils défendent. Cela reviendrait à ce qu’à part François Fillon ils ne puissent voter pour personne d’autre, c’est ça ?

    Qualifier de « fantasme » les faits/événements/citations auxquels nous faisons référence n’est nullement respectueux, bien au contraire.

    Les propositions de Marine Le Pen en ce qui concerne ces questions sociétales sont inexistantes, écrivez-vous.

    Mais il n’échappe à personne que celles de Macron et de ses principaux soutiens, Attali et Hollande, ne le sont pas, elles.

    Libre à vous de les minimiser, de leur accorder une moindre priorité par rapport « au reste », ou de penser comme Koz que « ces points, dont la protection de la vie, sont certes essentiels mais ils sont mentionnés « parmi d’autres » » -personnellement, je penche plus vers leur côté essentiel que « parmi d’autres ».

    Si ces questions fondamentales ne sont pas tranchées avec bienveillance et détermination en faveur de la vie, quel « reste » peut-on bien proposer / attendre ?

    Certains parlent d’accueil de / l’ouverture à l’autre, mais en témoignent-ils dans leurs lois mortifères (avortement, euthanasie, salles de shoot etc.) et leur mépris des plus faibles ?
    Encore hier: les licenciements à Whirlpool, une « anedocte » dans la mondialisation de l’économie selon Attali.

    Des tentations liberticides et violentes, n’y en a-t-il pas chez ceux qui légifèrent pour faire taire les sites promouvant l’alternative à l’avortement sur internet ? pour contraindre les sages-femmes et les étudiants en médecine à pratiquer des avortements ?
    Qui emploient la violence pour disperser les Veilleurs ou font garder à vue toute personne portant un maillot avec quatre petits bonhommes roses dessus ?

    Pour de nombreux contributeurs de ce forum, oui, c’est essentiel: soyez assurée que nous songeons autant que vous à l’avenir de notre pays et à celui de nos enfants lorsque nous refusons de voter pour l’un ou l’autre promoteur de la culture de mort, contre laquelle la Sainte Vierge nous mettait encore en garde à Fatima.

    Notre Dame nous demande de prier et de faire pénitence, avec confiance.

    Macron et Le Pen ont davantage besoin de nos prières que de notre vote.

    « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donnés, mais un esprit de force, de pondération et d’amour. »

    Deuxième lettre de Saint Paul à Timothée

  • Hollande aura bien malgré lui ( quoique ? ) brisé le train-train de l’alternance Droite-Gauche simplificatrice. Dès lors que l’offre politique s’élargit, nous devrons, comme dans beaucoup d’autres pays européens , accepter une vie politique faite de compromis, d’additions, plutôt que d’oppositions. La volonté de faire avancer un pays, la contrainte renforcée du résultat pourrait prendre le pas sur l’avancement à but électoral et sur le confort idéologique. Ce changement de fond se répercute aujourd’hui sur l’électeur qui est contraint à effectuer au second tour un choix réducteur sans logique réelle . Le plateau du second tour est, de fait logiquement inacceptable, induit ces dilemmes impossibles et polluera le futur. Le systeme d’élection présidentielle à deux tours taillé pour le bi-partisme se révèle inadapté à cette situation nouvelle si elle devait se pérenniser.

  • loupiot a écrit :

    il peut à présent être destitué par les députés, non?

    Au contraire, le Président peut dissoudre l’Assemblée nationale. La destitution est quasiment impossible :
    « Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. »
    (article 68 de la Constitution)
    Il faut notamment une majorité des 2/3 :bon courage

  • Gwynfrid a écrit :

    « voter Macron, c’est voter Le Pen dans 5 ans ». L’erreur de logique est par trop manifeste: tant qu’à faire, soyez gentils, laissez-nous encore 5 ans de démocratie à peu près intacte.

    Jouons l’advocatus diaboli, je vois (au moins ? Je laisse les vrais convaincus en chercher d’autres !) deux réponses à cela :
    – 1. On peut tabler sur le fait que MLP présidente aujourd’hui c’est « de papier » sans majorité parlementaire, donc limitée, alors qu’après 5 ans de Hollande-bis le rejet sera tel qu’elle pourra passer avec en plus une belle troupe à l’AN ;
    – 2. « Laissez nous encore 5 ans de démocratie » : avec le rejet de Hollande, que les manipulations du systèmes conduisent à mettre son miniclone à sa place conduit à émettre de sérieux doutes sur cette démocratie. La démocratie conduit à permettre de virer une clique qu’on a jugée incompétente. Pas de permettre à cette clique d’utiliser les moyens de l’Etat pour rester quand même quitte à se déguiser un peu.

    Bref, à titre personnel, je ne peux cautionner cela et il faut vraiment un rejet personnel (notamment pour toutes les raisons soulignées à très juste titre par Koz) très fort pour que je m’en tienne au vote blanc.

  • Henri a écrit :

    je ne vois absolument pas comment Mme Le Pen pourrait gagner

    Bonjour à tous,

    c’est un sujet extrêmement intéressant. Avec des sondages qui indiquent 60 à 40%, je ne sais pas si la victoire d’Emmanuel Macron est absolument garantie. Déjà, ce score de 40% indique qu’une (grande) partie de la droite dure et de l’extrême gauche votera pour Marine Le Pen, et cette fraction peut encore changer.

    Si l’on rajoute un vote au milieu d’un pont, avec les gens aisés, naturellement dans le camp Macron plutôt que Le Pen, qui seront peut-être partis en grand week-end, je suis assez inquiet.

    La goutte d’eau pourrait être un soupçon de machiavélisme avec tous ceux qui ne supportent pas Le Pen mais n’auraient pas leur place dans le nouvel ordre politique autour d’Emmanuel Macron : j’imagine qu’une majorité des militants socialistes pourraient voter contre Emmanuel Macron car en cas de victoire d’Emmanuel Macron, le parti socialiste n’existe plus, alors qu’en cas de défaite, c’est très différent.

  • humpty-dumpty a écrit :

    qu’après 5 ans de Hollande-bis le rejet sera tel qu’elle pourra passer avec en plus une belle troupe à l’AN

    Bonjour,

    si on regarde autour de nous, notamment en Europe, ce n’est pas une fatalité qu’un gouvernement échoue et renforce les extrêmes.

    Je ne suis pas du tout sûr qu’Emmanuel Macron réussisse s’il est élu, mais à mon avis, il y a signaux allant dans le bon sens. D’abord, Emmanuel Macron n’est pas François Hollande et son amour de la synthèse, et il n’aura pas à gouverner avec les frondeurs socialistes, qui sont à mon avis parmi les gens les plus nuisibles à une bonne politique économique.

    Ensuite, je pense qu’Emmanuel Macron comprend bien les enjeux économiques modernes, et mélanger cette intelligence avec une approche se voulant rassembleuse et consensuelle est peut-être la martingale magique que l’on attend depuis 40 ans. Surtout si cela se couple avec une réorganisation politique qui construit un bloc centriste cohérent autour du consensus qui rassemble déjà de fait la droite du parti socialiste, la gauche de l’UMP et tout ce qu’il y a entre les deux: les convictions européennes, le soutien à l’économie de marché, et une protection sociale de qualité.

  • humpty-dumpty a écrit :

    On peut tabler sur le fait que MLP présidente aujourd’hui c’est « de papier » sans majorité parlementaire, donc limitée,

    Tiens, c’est le pari qu’avait fait Jacques Chirac en 1981.

  • Après 100 commentaires et 70 commentateurs différents on peut faire le bilan suivant sur les 68 intentions de vote déclarées ou implicites (il y a sans doute à l’heure où j’écris ceci beaucoup en modération que je ne peux pas prendre en compte):
    Macron 49%, Blanc 17,5%, Abstention 5,5%, Nul 1,5%, Le Pen 26,5%.
    Il y a tout de même une marge d’erreur de ma part dans l’interprétation de certains commentaires qui ne sont pas très clairs. Heureusement ce n’est pas un vrai sondage. Pour ma part je voterais Macron.

  • Comme beaucoup d’électeurs, je fais partie des castors du 1er tour.

    Mon candidat n’était pas follichon, son programme n’était pas ce que je préfèrais, et sa personnalité avait en certains points quelque chose de repoussant. Et pourtant, j’y suis allé, voter pour lui, avec ma pince à linge, dès le premier tour … pour faire barrage au FN.

    Il y a eu des castors de droite, qui y sont allé malgré Pénélope et les costumes, il y a eu des castors de gauche, qui y sont allés, malgré Chavez et Poutine. Avec une pince à linge sur le nez, des gants aux mains et un imperméable pour se protéger des crachats d’une caste médiatique dézinguant les électeurs que nous étions et qui votaient pour des candidats qui n’étaient pour nous que des candidats par défaut.

    On entend maintenant notre futur-ex-président nous dire « quand il y a le danger FN, on ne réféchit pas, on prend le bulletin anti-FN ». Mais c’est ce que nous avons fait, nous, et dès le premier tour ! Et avec quel soutien de la part des doneurs de leçons d’aujourd’hui ? Cela s’est joué à 1.2% pour Fillon, à 1.8% pour Méluche, un petit rien-du-tout qui aurait pu sortir Le Pen du deuxième tour. Tout cela ayant été empêché par les diatribes assénées jour après jour à ces deux candidats et à leurs électeurs, y compris leurs électeurs-castors !

    Le cas Mélenchon est à ce titre assez éloquent. Qu’il était brillant et sympatique, le Méluche, quand ses 12% congélait Benoît Hamon autour des 13% et faisait du vote Macron le seul vote utile à gauche ! Il aura suffi qu’il s’envole dans les sondages pour qu’il redevienne aux yeux des médias un sale populiste infréquentable, alors même qu’il devenait un rempart crédible à Le Pen.

    Quand on a vécu ce premier tour dans ces conditions, difficile de nous faire le coup du barrage à l’extrême droite au second ! Surtout en faveur d’un candidat qu’on ne connaît pas. Si Macron était un peu respectueux des gens et voulait vraiment qu’on fasse barrage, il pourrait donner quelques gages symboliques aux castors du premier tour. Promettre aux électeurs de Mélenchon un référendum constitutionnel pour inclure quelques propositions de la France Insoumise (référendum d’initiative populaire, référendum révocatoire …). S’engager auprès des électeurs de droite de ne faire passer des réformes sociétales (type PMA, GPA, euthanasie) qu’après référendum et pas par le parlement. Ce qui aurait au moins l’avantage de nous inciter un peu plus à voter pour lui (sans faire fuir pour autant les progressistes qui peuvent espérer l’emporter dans les référendums sociétaux). Mais non, rien …

    Alors oui, bien sûr, Le Pen nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, comme on dit. A tort ou à raison, peu importe. Mais Macron, lui, ne préfigure-t-il pas les heures les plus sombres de notre avenir, un totalitarisme technocratique qui juge le peuple pas assez apte à se gouverner et devant plier devant tous les bien-pensants ? Lui qui n’a réuni que 24% des suffrages malgré le soutien implicite ou explicite de quasiment tout le PS, d’une partie collossale de LR qui fait plus campagne pour lui en une semaine que pour Fillon pendant 6 mois, de l’UDI, du MODEM, des médias, du monde économique, et des appels au « vote utile » ?

    Bref, ayant fait mon devoir de castor au 1er tour, au deuxième je risque bien de passer mon tour …

  • Je reviens sur l’argumentaire concernant la dissociation dont disposerait l’électeur, à savoir qu’on ne voterait pour l’un que pour empêcher l’autre, et que ce ne se serait pas un quitus à son programme, la lutte contre son programme pouvant se faire par la suite. J’ai déjà expliqué pourquoi je ne pense pas cela vraisemblable aux législatives. Mais par ailleurs, l’aspect démocratique m’échappe : lorsque l’on choisit quelqu’un c’est oui ou c’est non, ce n’est pas oui si tu ne fais pas ci ou si tu fais ça. Je ne suis pas du tout d’accord avec la doctrine Mélenchon sur ce point, à savoir que l’électeur aurait un droit de regard sur l’élu durant son mandat. Comment veut-on d’ailleurs que l’élu – en l’occurrence Macron – puisse une minute gouverner en fonction des avis de l’un ou l’autre de ses électeurs? Nos voix ne nous appartiennent pas une fois qu’elles sont données. La seule solution en cas de doute pour un élu c’est le recours au referendum mais nous savons qu’il est souvent difficile de se cantonner à la réponse à la question posée.

    Pour ma part je continue à me prononcer uniquement sur la personnalité du candidat ou de la candidate, et ensuite -ce devrait en effet n’être le cas qu’aux législatives mais la société française ne le souhaite apparemment pas- son programme. Mais je me refuse à tout vote conditionnel qui me semble parfaitement chimérique. en tant qu’élu je n’accepterais jamais ce genre de chantage affectif « je vote pour toi si tu me donnes un signe ».

    N’exagérons pas d’ailleurs l’importance de nos choix : lorsque Gwynfrid afffirme : « nous prenons la décision qui définit le pays pour les cinq prochaines années » et use de la référence à Pilate, la dramatisation me fascine. Mon choix n’est pas une question de vie ou de mort, et l’histoire politique des démocraties au cours du dernier demi-siècle montre que dans la société mondialisée, quel que soit l’élu suprême, des forces de rappel considérables limitent l’exercice du pouvoir. Je n’ignore pas l’art 16 mais je n’imagine pas une seconde que quel qu’il (ou elle) soit, un chef de l’État en 2017 l’utiliserait uniquement dans un esprit partisan pour empêcher l’expression de ses adversaires ou accomplir son programme sans présence du Parlement. Et on voit le bilan complètement squelettique de Trump en 100 jours…Je craindrais beaucoup plus, en cas d’accession de Marine le Pen au pouvoir, non pas ses propres excès de pouvoir mais la guerre civile dans laquelle tenteraient, pour notre supposée protection, de nous jeter les plus angoissés de ses adversaires. Les forces s’opposant à l’exercice du pouvoir sont considérables.

    Ces forces de rappel expliquent d’ailleurs le paradoxe du renforcement de l’affaissement de la crédibilité des politiques avec le maintien d’une participation plutôt flatteuse : l’électeur attend souvent -ou redoute- l’exercice de la toute puissance du président élu. Pour le moment, c’est plutôt la maigreur de l’action présidentielle qui suscite le désarroi du corps électoral. De sorte que le prochain président ne va pas faire ce qu’il veut pas plus que le sortant. De ce point de vue aussi les années trente sont très loin de nous. C’est dans ce contexte aussi que je comprends les hésitations des évêques, à commencer par celui de Rome, pour prendre parti.

    Mon choix du 7 mai m’enquiquine pour ma conscience personnelle (qu’est-ce que bien choisir?) mais pas pour le destin de mon pays, la société civile a un pouvoir d’empêchement ou d’emballement qui est largement sous-estimé. Les associations, la presse, les juges notamment.

  • Je lis ce soir dans mes spams les consignes de vote de « L’Avenir pour tous » intitulées « votez ce que vous voulez mais pas Macron ». J’en suis atterrée. Catholiques de droite, avons nous perdu à ce point notre sens des priorités chrétiennes ?
    Faut il voter pour l’intolérance, la préférence nationale, le repli sur soi, la défiance de l’autre pour éviter une putative possibilité pour les lesbiennes d’être inséminées avec nos impôts ?
    Sérieusement c’est donc cela l’Hydre qui menace la France ? C’est donc pour cela que le Christ est mort en Croix ?
    L’avortement, la PMA, le mariage pour tous sont passés sans que cela ne nous empêche de vivre notre foi en conscience. Mais peut on vivre en conscience sa foi de catholique dans une société dont on aurait aidé à élire à la tête une personnalité comme Marine Le Pen ? Je ne suis pas une Macroniste enthousiaste, comme beaucoup j’ai voté Fillon au premier tour. Mais j’ai soigneusement lu son programme et le trouve aussi pragmatique que bienveillant. Je ne suis pas une économiste distinguée hein, le candidat des banques je ne le vois pas venir, mais je ne suis pas sûre que le programme économique du FN soit porteur d’un avenir radieux…
    Je ne comprends pas la prudence de l’Eglise catholique. Je ne comprends pas ce message de l’Avenir pour tous. Qui voulez vous convertir au Christ avec ces angoisses de petit bourgeois en Loden (dont je suis, ne vous méprenez pas) plus soucieux du bien-être des enfants de couple homosexuels (qui vont très bien en fait, une abondante littérature pédo-psychiatrique le démontre -mais ne changeons pas le sujet-) mais pas de l’étranger qui réside chez nous ?
    Voter blanc c’est prendre un risque, et je le crois réel, que Marine Le Pen soit élue présidente. Marine Le Pen défenseur de la foi catholique ? Mais elle s’en tamponne la bonne Marine. Comme de ses deux premiers mariages… J’espère juste que Macron n’aura pas le courage d’affronter une autre Manif pour Tous et attendra un éventuel second quinquennat.

  • Je n’ai aucune sympathie pour MLP. Mais la réduction « ad hitlerum » du problème politique qui nous est posé est contre productive parce qu’elle n’est pas crédible et saisit mal le problème.

    MLP n’a pas écrit Mein Kampf. Elle ne nie pas l’humanité des immigrants, ne propose pas de les exterminer, elle souhaite juste qu’ils restent chez eux. Les moyens qu’elle propose pour ce faire sont eux très discutables. Le FN ne dispose pas des SA. Si MLP arrivait au pouvoir, elle aurait contre elle tout le système, dont la magistrature, les médias, les universités,etc., que les nazis avaient gagné à leur cause avant 1933. En deux mois, Hitler a détruit le fonctionnement de la démocratie de Weimar et a imposé une dictature. Comment MLP le ferait-elle en France ? L’imbrication de la France dans l’Europe n’a rien à voir avec la relative autonomie de l’Allemagne en 1933.

    Désolé, mais cela ne fonctionne pas. et c’est donc contre-productif. La bonne comparaison pour MLP, ce n’est pas Hitler, c’est Trump.

    Je suis donc très perplexe.

    Je n’ai pas la moindre sympathie pour celle qui a tué son père et guère plus pour celui qui a épousé sa mère. Que dirait Freud !

    MLP n’est pas Hitler, c’est plutôt Trump et Macron me fait un peu penser à Hilary Clinton. Il est plus jeune, plus sexy (Justin Trudeau !), mais c’est le candidat du système, l’insider. Encensé par les médias, il suscite aussi des réactions viscérales de rejet, comme Hilary.

    Si on peut éviter MLP, je vote pour Macron. Mais la question qui me tracasse est la suivante : si Macron 2017 rend à peu près inéluctable MLP 2022, je préfère MLP 2017. De toute façon le Président 2017 sera très mal élu, sa légitimité contestée dès le premier jour, sa majorité au Parlement moins qu’évidente, etc. Dégonfler la baudruche FN en 2017 serait moins dommageable que le faire en 2022.

    Mais l’équation Macron 2017 = MLP 2022 n’est pas évidente non plus. Reste qu’il faut penser à la suite…Je suis preneur de lumières sur la probabilité que cette équation soit ou non vérifiée.

  • @ Aristote: Je ne sais pas si ça peut vous aider et si ça vous intéressera mais en ce moment il y a un petit dessin fait par une femme que je ne connais pas qui circule sur internet. Des moutons sont allongés dans un pré. Ils devisent paisiblement. Au loin près d’un arbre il y a un loup. L’un d’entre eux dit  » Je vais voter pour le loup; ça fera réfléchir le berger ». J’ai bien aimé ce dessin. Il y a aussi une phrase qui circule sur internet, la voici: « L’autre n’est pas un salaud, un veau, un con, même s’il ne vote pas comme moi. Qu’est ce qui ne va pas en France au niveau politique en ce moment? Moi et vous. » J’y sens une référence à soeur Teresa. 🙂

  • Ce que la vote est complexe chez certains… Dans une démocratie saine, chacun vote pour le candidat de son choix, on ne vote pas avec des calculs aussi compliqués. L’équation, dans une démocratie en bonne santé, est simple : le candidat vous plaît, votez pour lui ; il ne vous plaît pas, ne votez pas pour lui ; choisissez celui qui vous déplaît le moins ou n’en choisissez aucun si aucun ne vous plait. Quand on voit certains voter « de travers » en pensant produire par ricochet le battement d’aile de papillon qui permettra au bœuf d’être aussi grosse que la tortue lors des législatives (ou vice-versa), on croit rêver. L’offre est minable, aucunement à la hauteur des enjeux, et les deux scénarios vont très probablement et sur des plans différents empirer la situation : le vote n’ayant plus aucune puissance de représentation, on ne cesse de le charger artificiellement d’une composante stratégique qu’il n’a jamais eu.

  • Voilà maintenant M Macron qui nous dit en meeting à Paris que notre vote engage non pas les cinq prochaines années mais les prochaines décennies. Où s’arrêtera la dramatisation des enjeux? Veut-on vraiment connaître une ambiance révolutionnaire style la liberté ou la mort? La France n’a t-elle pas appris à se méfier de sa propension aux guerres intérieures? Le 7 mai il ne s’agit que de choisir entre deux candidats à la présidence de la République, pas de la vie ou de la mort du pays. Même chose pour Marine le Pen qui évoque la sauce avec laquelle Macron voudrait manger les Français (comme si l’adversaire n’était pas français justement).

    Cette ambiance de stade de foot devient pénible. Même avec l’âge je ne m’y fais pas.

  • @ Briouze:

    Parce que sa « loi travail » de l’an dernier vous semble dans la droite ligne de la Doctrine Sociale de l’Eglise ?

    Par ailleurs, le fait que Macron puisse gagner 15 M€ par an s’il était resté banquier d’affaires empêcherait-il vraiment son programme économique d’être au service des puissances de l’argent ?

    As06 a écrit :

    Pour les sujets bioethiques, familiaux….qui me sont chers en tant que chrétien, je ne pense pas que le combat soit au niveau des urnes mais avant. Je me souviens d’une soirée télé avec l’abbé Pierre qui expliquait cela: changeons les mentalités et les politiques suivront. Si vous avez la grande majorité de la population qui est pour l’Ivg, ce n’est pas en votant pour un candidat contre que vous risquez de changez quoi que ce soit, mais plutôt en etant le sel de la terre. En effet en permettant a vos proches et aux proches de vos proches de rallier votre sagesse que les politiques suivront la majorité. Le mauvais côté de la démocratie est que les politiques suivent plus qu’ils dirigent nos pensées.

    Mais les politiques, entre autres ceux qui gouvernent depuis 2012, ont bien oeuvré pour diriger nos pensées -Taubira et son « changement de civilisation » du mariage gay, le « droit fondamental à l’avortement », Vallaud-Belkacem et la théorie du genre à l’école etc.

    Etre le sel de la terre, oui, c’est par notre action quotidienne, mais c’est également empêcher la venue au pouvoir ces idéologies contraires à l’Evangile : l’un n’exclut pas l’autre, d’où les prises de position sur ce forum, et d’autres, à l’occasion des élections.

  • humpty-dumpty a écrit :

    1. On peut tabler sur le fait que MLP présidente aujourd’hui c’est « de papier » sans majorité parlementaire, donc limitée, alors qu’après 5 ans de Hollande-bis le rejet sera tel qu’elle pourra passer avec en plus une belle troupe à l’AN

    L’idée qu’on pourra « se rattraper au 3e tour » relève de l’expérimentation hasardeuse. Vu d’aujourd’hui, il est très improbable que Mme Le Pen gagne ce dimanche. Il est aussi très improbable qu’elle l’emporte aux législatives. Si cependant elle devenait Présidente, cela voudrait dire que les pronostics sont bons pour la poubelle, y compris bien sûr ceux des législatives. Elle est arrivée en tête dans 216 circonscriptions: si elle bat M.Macron, alors rien ne permet d’affirmer qu’une majorité, avec le renfort d’une partie des Républicains, est hors de portée.

    2. « Laissez nous encore 5 ans de démocratie » : avec le rejet de Hollande, que les manipulations du systèmes conduisent à mettre son miniclone à sa place conduit à émettre de sérieux doutes sur cette démocratie.

    Évidemment, si vous partez du principe que la démocratie est déjà mourante… Mais même alors, ce n’est pas une raison pour lui donner encore plus de coups de canif.

    Aristote a écrit :

    Je n’ai aucune sympathie pour MLP. Mais la réduction « ad hitlerum » du problème politique qui nous est posé est contre productive parce qu’elle n’est pas crédible et saisit mal le problème.

    Ceux qui parlent de Hitler exagèrent, en effet. Sur ce blog, par contre, cela ne se fait guère: sous ce fil, votre post est le premier à citer ce nom.

    La bonne comparaison pour MLP, ce n’est pas Hitler, c’est Trump.

    Tout à fait d’accord sur ce point. Et Trump fait des dégâts à la démocratie américaine. De ce point de vue, Mme Le Pen est une version allégée du trumpisme, donc moins grave. Mais cette comparaison revient à placer très haut la barre de l’inacceptable. Par ailleurs, le système institutionnel français, conçu dans une période où on avait d’urgence besoin d’un homme fort, est beaucoup moins résilient que le système US avec ses checks and balances très puissants.

    Si on peut éviter MLP, je vote pour Macron. Mais la question qui me tracasse est la suivante : si Macron 2017 rend à peu près inéluctable MLP 2022, je préfère MLP 2017. De toute façon le Président 2017 sera très mal élu, sa légitimité contestée dès le premier jour, sa majorité au Parlement moins qu’évidente, etc. Dégonfler la baudruche FN en 2017 serait moins dommageable que le faire en 2022.

    Si vous pensez que son élection dégonflerait la baudruche, je crains que vous ne vous fassiez des illusions. En tout cas, pas tout de suite. La baudruche Trump est toujours bien joufflue pour le moment. Quant aux spéculations sur une absence de majorité, voir plus haut.

  • @ Gwynfrid:

    J’ai tendance à penser que MLP encore plus forte en 2022 n’est pas assez certain pour justifier MLP en 2017. Mais la question est pertinente, il ne suffit pas de dire que MLP est inacceptable et de ne pas se soucier de la suite.

  • D’accord avec Gwynfrid sauf sur un point : Le Pen n’est pas une version allégée du Trumpisme. Son arrivée au pouvoir en France ne serait pas moins grave que celle de Trump aux Etats-Unis, bien au contraire : toutes proportions gardées, le président a beaucoup plus de pouvoir en France (5ème république oblige) qu’aux Etats-Unis, où les contre-pouvoirs limitent un peu les dégâts depuis 100 jours. De plus l’élection de Le Pen abîmerait pour longtemps l’image de notre pays, et appellerait l’accession au pouvoir de beaucoup de partis nationalistes en Europe, avec Poutine pour mentor et des conséquences dévastatrices.

  • @ Eric Megalis:

    Vous êtes bien naïf, ce ne sont pas les adhérents ,ou sympathisants qui font le programme de ce parti d’extrême droite, mais Mme Le Pen et le bureau politique . D’ailleurs elle le répète à qui veut l’entendre  »C’est moi qui commande »
    Mme Le Pen est démagogue et maîtrise la séduction. Sa propagande est orientée vers les masses et à ce titre, elle s’emploie à se mettre au niveau de celle-ci, précisément au niveau des moins intelligents des membres des masses. Elle s’adresse non à l’intelligence, mais aux émotions, clairement subjective, la propagande n’a rien à voir avec la vérité et ne doit « présenter que les aspects de la vérité qui vont dans le sens de son opinion », surtout que « les capacités de compréhension des masses sont très limités et que leur entendement est faible ».
    Elle fait des voltes face, parce qu’elle sait que ses adeptes sont ne lui en tiennent pas rigueur. Après avoir construit son programme autour de l’islam dehors on est chez nous, le 11 septembre 2016 elle déclare que l’islam est compatible avec la République (Cette date na pas été choisie au hasard)
    Réaction de M. Philippe de Villiers «Quand je l’ai vu dire ça sur TF1, je me suis dit bon ben voilà, les choses ne changeront pas».
    http://www.valeursactuelles.com/…/pour-de-villiers-lislam-est-incompatible-avec-la-republi...
    Le 14 octobre 2016 Philippe de Villiers sur le même sujet, estime que l’islam est incompatible avec la République, la charia est incompatible avec notre civilisation »
    En l’espace de quatre mois, Philippe de Villiers a totalement changé d’avis au sujet de Marine Le Pen. Elle qui, selon lui, n’était pas capable de « changer les choses » a désormais la main suffisamment solide pour « prendre des décisions douloureuses ». Lui, chrétien fervent, opposant farouche à l’avortement, il a oublié la position de Mme Le Pen sur l’avortement curieux non ?
    Constatant qu’un fort pourcentage de français ne veulent pas sortir de l’euro, ni de l’Europe elle fait du rétro pédalage dans la semoule.
    ‘’Marine Le Pen affirme en outre au quotidien n’avoir «jamais dit que la France» sortira de l’euro. Difficile à suivre.’’ Elle peut renier aujourd’hui ce qu’elle a dit hier de toute façon, qui retient ce qu’elle dit, les marinâtres sont anesthésiés.
    Ce qu’on peut retenir finalement c’est que le pseudo-programme du FN est très, très élastique.
    Quand elle présente le FN comme « le premier parti ouvrier de France », ses dirigeants eux roulent plutôt sur l’or. Car, si Marine Le Pen s’est découvert une fibre sociale sur le tard, elle aime le luxe.
    Le FN non merci,
    Pour moi voter E. Macron n’est pas un choix de coeur, mais un choix de raison.
    Notre pays mérite mieux que d’être gouverné par des apprentis sorciers.

  • As06 a écrit :

    00% en phase avec Koz et merci de nous éclairer avec pédagogie. 1 vote blanc ou nul = 1 chance de plus pour mlp Pour les sujets bioethiques, familiaux….qui me sont chers en tant que chrétien, je ne pense pas que le combat soit au niveau des urnes mais avant. Je me souviens d’une soirée télé avec l’abbé Pierre qui expliquait cela: changeaons les mentalités et les politiques suivront. Si vous avez la grande majorité de la population qui est pour l’Ivg, ce n’est pas en votant pour un candidat contre que vous risquez de changez quoi que ce soit, mais plutôt en etant le sel de la terre. En effet en permettant a vos proches et aux proches de vos proches de ralier vvotre sagesse que les politiques suivront la majorité. Le mauvais côté de la démocratie est que les politiques suivent plus qu’ils dirigent nos pensées.

    Une fois encore, je ne suis pas en mesure de répondre à tous, mais je voulais revenir sur votre/ce commentaire que je partage tout à fait, dans toutes ses dimensions. Ces jours-ci, de nombreux catholiques semblent croire qu’un candidat quelconque aurait porté leurs valeurs et sujets de préoccupation, ou qu’une majorité de droite nous y aiderait vraiment. Certes, on y trouve une proportion plus significative d’élus qui en sont proches, mais combien en comptons-nous qui n’ont aucune intention de s’emm… avec nos sujets. Comme vous, je suis convaincu que les politiques passent le plus clair de leur temps à humer l’esprit du moment pour s’efforcer d’y être fidèles et d’en recueillir les fruits. Reste à pouvoir influencer cet esprit du moment. Mais c’est effectivement par un travail de longue haleine et non par un vote ponctuel que l’on peut y parvenir.

    A cet égard, je me désole de voir des personnes qui ne sont pas d’extrême-droite envisager d’apporter leurs suffrages à Marine Le Pen en ne considérant qu’un spectre minime de ses convictions à l’exclusion du reste – sur lequel ils choisissent de fermer les yeux, parce qu’ils n’en souffriront pas personnellement, eux qui ne sont pas étrangers, ni noirs etc. Non seulement je ne lui fais aucun crédit à cet égard (elle a largué l’abrogation de l’avortement qu’elle mettait en avant, quand elle a vu le pouvoir s’approcher, et elle a considéré que les Manifs ne méritaient pas le déplacement : c’est bien le signe que ces sujets ne sont que des attrape-cathos pour elle), mais ces gens vont finir par discréditer totalement ces débats en les trempant dans l’extrémisme.

    @ Josselin : mes hommages, chère Josselin 😉

    Pour ma part, les mails de Frigide Barjot n’arrivent même plus dans ma boîte à spams. Ses consignes vont jusqu’à inciter à voter Le Pen (c’est 1 voix de moins pour Macron, dit-elle, quand 1 vote blanc n’est qu’1/2 voix en moins). Je me souviens pour ma part monté au créneau quand elle insultait tous les manifestants, affirmant que ce n’était plus que fachos et homophobes. Et aujourd’hui, elle appelle à voter Le Pen ? Tout ceci n’est qu’aventure personnelle, Frigide Barjot s’efforçant ainsi de rétablir son assise sur un petit milieu catho.

    Et si je n’irais pas toujours aussi loin que toi sur la conviction que ces enfants vont bien (je connais aussi des spécialistes qui en sont bien moins convaincus – mais je comprends l’esprit de ton propos), je suis également d’accord avec toi, et à peu près aussi révolté que toi lorsque tu écris :

    Qui voulez vous convertir au Christ avec ces angoisses de petit bourgeois en Loden (dont je suis, ne vous méprenez pas) plus soucieux du bien-être des enfants de couple homosexuels (qui vont très bien en fait, une abondante littérature pédo-psychiatrique le démontre -mais ne changeons pas le sujet-) mais pas de l’étranger qui réside chez nous ?

    Je suis tout de même un peu moins Loden que toi, à l’origine, mais pas loin. Et je suis à peu près aussi agacé que toi. Notre souci du monde doit prendre un peu d’ampleur.

  • Colibri a écrit :

    @ Aristote: Je ne sais pas si ça peut vous aider et si ça vous intéressera mais en ce moment il y a un petit dessin fait par une femme que je ne connais pas qui circule sur internet. Des moutons sont allongés dans un pré. Ils devisent paisiblement. Au loin près d’un arbre il y a un loup. L’un d’entre eux dit  » Je vais voter pour le loup; ça fera réfléchir le berger ». J’ai bien aimé ce dessin. Il y a aussi une phrase qui circule sur internet, la voici: « L’autre n’est pas un salaud, un veau, un con, même s’il ne vote pas comme moi. Qu’est ce qui ne va pas en France au niveau politique en ce moment? Moi et vous. » J’y sens une référence à soeur Teresa.

    La phrase que vous citez est pour moi très belle en ce sens qu’elle dénonce le fond terrifiant pour moi de la caricature du loup. Non pas seulement que chacun voit le loup à sa porte, les quelques négationnistes du FN, les quelques anars d’extrême gauche assassins pas en mots mais de facto, les quelques marchands du corps présents auprès de Macron. Non pas seulement que quelques- uns ne sauraient caractériser le tout.

    Mais parce que faire de l’autre un loup parmi les moutons est parfaitement raciste : nous sommes tous des moutons la démocratie n’a pas de bergers, elle choisit l’un des moutons, Le Pen ou Macron ici. Toute l’atrocité des années trente, c’est que ce sont des hommes et pas des loups qui ont exécuté froidement des hommes et pas des moutons qui ont été abattus par des loups. Pour la même raison j’ai peu goûté la BD Maus mettant en scène des souris juives et des chats nazis. Je peux comprendre mais je n’approuve pas ce genre de pédagogie qui renforce précisément une manière de voir l’humanité qu’elle croit combattre.

    Marine le Pen est une adversaire, c’est une femme parmi d’autres femmes, elles n’est pas un prédateur. Ces caricatures nous obligent à raisonner en faisant de l’autre un animal. Je préfère en revanche ce qu’a fait Macron hier soir dans son meeting, et ce n’est pas la première fois : à tout comportement animal de la foule de supporters qui beugle et siffle, il dit systématiquement « ne la sifflez pas, combattez-la ». C’est la voie de la raison, on ne convaincra personne en sifflant.

    Il est clair que c’est de tous les arguments qui m’empêchent de voter pour Le Pen le plus prégnant pour moi en ce moment : dans les meetings de Mme Le Pen, on siffle, dans ceux de M Macron, on est courtoisement mais fermement repris par le candidat lui-même.

  • Fatigant cette avalanche d’articles, de tweets, de dessins sur Le Pen = Hitler.

    Il y a une citation de Muray qui dit en gros « ils détestent Le Pen mais adorent l’état dans lequel Le Pen les met ».

    Ce week-end, un homme a été brûlé vif à Paris. Et les milices qui en sont responsables (i) n’ont rien à voir avec Le Pen, (ii) n’ont pas fait l’objet d’édito larmoyant sur le ventre immonde de la bête féconde.

    C’est complètement con et contre-productif ; ça fait 35 ans que ça dure et ça a amené Le Pen à 40%.

    Il serait bon que Macron abrège sa glorieuse campagne contre le mal de 1944 et pense 5 mn à convaincre les gens que son projet est bon pour la France. Accessoirement, s’il pouvait dire 2 mots sur la façon dont il compte combattre le mal de 2017 (en commençant par désigner les méchants, puisque apparemment il sait faire), ça serait sympa.

  • bruno lefebvre a écrit :

    Le 7 mai il ne s’agit que de choisir entre deux candidats à la présidence de la République, pas de la vie ou de la mort du pays.

    2002 était un accident, et la seule question du second tour était à propos de l’ampleur du score. 2017 est un vrai choix, le plus tranché qui s’est présenté aux Français au moins depuis 1981. L’enjeu ne va pas jusqu’à la vie ou la mort du pays. Mais il représente la possibilité d’un changement de direction fondamental. Je vous renvoie à l’examen du programme de Mme Le Pen que j’ai fait dans l’un de mes (trop?) nombreux commentaires. Ce changement est-il irréversible? Sans doute pas – je ne prétends pas prédire l’avenir. Mais ce serait une erreur que d’en relativiser l’importance. Soit dit en passant, j’observe la presse étrangère, et elle n’a jamais accordé à une élection française une attention comparable à ce qu’on voit aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien.

  • Lib a écrit :

    Il serait bon que Macron abrège sa glorieuse campagne contre le mal de 1944

    Vu d’où il vient et qui sont ses soutiens, il ne faut pas rêver.

  • @ bruno lefebvre:
    Merci de votre commentaire. Je n’avais pas du tout pensé à l’interprétation que vous faites du dessin dont je parle dans mon commentaire. J’en ai été resté à une grille de lecture au premier degré. Je vais réfléchir à ce que vous avez écrit. Pour ce qui est de la fin de votre commentaire je pense effectivement qu’il ne faut jamais avoir du mépris pour un adversaire. Au judo c’est prendre le risque de se faire battre à plate couture.

  • Gwynfrid a écrit :

    bruno lefebvre a écrit :

    Le 7 mai il ne s’agit que de choisir entre deux candidats à la présidence de la République, pas de la vie ou de la mort du pays.
    2002 était un accident, et la seule question du second tour était à propos de l’ampleur du score. 2017 est un vrai choix, le plus tranché qui s’est présenté aux Français au moins depuis 1981. L’enjeu ne va pas jusqu’à la vie ou la mort du pays. Mais il représente la possibilité d’un changement de direction fondamental. Je vous renvoie à l’examen du programme de Mme Le Pen que j’ai fait dans l’un de mes (trop?) nombreux commentaires. Ce changement est-il irréversible? Sans doute pas – je ne prétends pas prédire l’avenir. Mais ce serait une erreur que d’en relativiser l’importance. Soit dit en passant, j’observe la presse étrangère, et elle n’a jamais accordé à une élection française une attention comparable à ce qu’on voit aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien.

    Dans la mesure où vous admettez qu’il ne s’agit plus de vie ou de mort du pays, la métaphore de Pilate tombe d’elle-même et vous m’en voyez ravi.

    Quant à l’examen attentif des programmes, je vais vous sembler bien dangereusement blasé, mais depuis 1981, j’ai appris à ne pas m’affoler des points programmatiques précis de tel ou tel, et Marine le Pen n’échappe pas à la règle qui veut que les programmes en France n’engagent que ceux qui y croient et ne sont en rien des mandats de législature contraignants comme on peut le voir dans les vrais régimes parlementaires. Non que les politiques soient une engeance, je crois qu’ils sont sincères dans ce qu’ils écrivent. Mais cela ne suffit pas, si les corps intermédiaires, si la bureaucratie (et en France elle compte), si les contraintes du réel enfin se rappellent au politique, celui-ci ne va pas très loin.

    Bref si j’admets qu’il y a bien deux orientations différentes, si je reconnais qu’elles portent entre autres sur le rapport à l’Europe (ce qui explique l’intérêt de la presse étrangère plus que l’aspect plus ou moins dramatique de l’élection), je suis très loin de penser qu’il m’est impossible de ne pas être d’accord avec ces deux orientations, de voter blanc et de ne pas avoir le sentiment de me laver les mains pour autant, mais d’exercer ma liberté de ne soutenir aucun de ces candidats auxquels je reconnais une qualité commune cependant, et cela nous changera de F Hollande, un courage politique réel. En quoi mon vote blanc est aussi un optimisme : je laisse bien volontiers le vainqueur (Macron) me démontrer au pouvoir que j’aurai eu tort de ne pas être de ses électeurs.

  • Merci pour ce billet.
    Je me permet toutefois de vous contredire quand vous écrivez: « La catastrophe, insoupçonnable il y a six mois, annoncée depuis deux mois, s’est produite. »
    La catastrophe ce n’est pas que F Fillon,ne soit pas au second tour, ce n’est pas qu’E Macron soit qualifier. La catastrophe c’est que M Le Pen soit au second tour, ce qui était annoncé par les sondages depuis plus de 6 mois.
    Tout comme en 2002, la catastrophe n’était l’élimination de L Jospin mais la qualification de JM Le Pen.
    Ce n’est qu’une nuance me direz-vous? Non, car si l’on considère que la catastrophe c’est l’absence du candidat que l’on soutenait, on banalise le FN.
    Revenons en arrière, en 1974, J Chaban Delmas, considéré comme favori ne s’est pas qualifié au second tour, était-ce une catastrophe? Non, c’était juste un échec de l’UDR.
    Si nous électeurs, ne voyons la catastrophe que dans l’échec du candidat pour lequel nous avons voté, nous n’arriverons jamais à parvenir à la fraternité, fraternité qui est à la fois au cœur de notre foi de chrétien et un des fondements de notre république.

  • Josselin a écrit :

    Catholiques de droite, avons nous perdu à ce point notre sens des priorités chrétiennes ? […] L’avortement, la PMA, le mariage pour tous sont passés sans que cela ne nous empêche de vivre notre foi en conscience.

    Vous, non.

    Saint Jean-Baptiste, si. Emprisonné puis assassiné pour avoir dénoncé l’adultère du roi.

    Lorsque Jésus accusait une « génération mauvaise et adultère », cette expression n’était pas neutre.

    Et il y a dans l’avortement, la PMA et la GPA bien plus que dans l’adultère.

    Josselin a écrit :

    J’ai soigneusement lu son programme et le trouve aussi pragmatique que bienveillantMais j’ai soigneusement lu son programme et le trouve aussi pragmatique que bienveillant.

    Moi non.
    Ni la loi El Khomri qu’il a portée, ni la PMA, ni les autres projets libertaires qu’il va promouvoir.
    Pour cette raison, je ne peux pas voter pour lui.

    Comme un contributeur l’écrivait plus haut, Non possumus.

    Koz, et vous avez raison sur Le Pen. Oui, elle divise.

    Mais écrire que Macron rassemble n’est absolument pas vrai. Encore une fois, ses propos sur les « ouvrières illettrées », sur le « crime contre l’humanité » durant la colonisation de l’Algérie, la PMA et la loi El Khomri divisent également profondément.

    Josselin a écrit :

    J’espère juste que Macron n’aura pas le courage d’affronter une autre Manif pour Tous et attendra un éventuel second quinquennat.

    Il introduira la PMA parmi ses premières mesures, comme un lien proposé plus haut l’indique: il ne perdra pas le temps qu’a perdu Hollande en 2012.

    Lui président, je crains très fort que nous ne devions retourner dans la rue cet automne.
    Avec les gardes à vue et les violences policières qui émaillèrent les manifs de 2013, voire pire.

  • MLP elle-même n’y croit pas, elle l’a montré lors du débat d’hier soir où elle a délibérément choisi de rester dans une posture d’opposante.

    Elle n’a en tête que les législatives.

    C’est bien là que cela se jouera.

  • Débat lamentable. La vision de la France de Mme LP ressemble plus à la Corée du Nord qu’à autre chose. Fermeture des frontières, taxes sur les importations, retour au franc français, sortie de l’Europe, augmentation des salaires et des pensions payés avec une monnaie de singe dévaluée, explosion de la dette, hyperinflation et j’en passe. Avec la sortie de l’Europe et le désastre économique que cela implique, les Français, ruinés, ne pourront même pas partir ailleurs car il leur sera très difficile d’obtenir un permis de travail dans un autre pays (réciprocité au refus de la libre circulation des personnes oblige). Elle veut mettre tous les personnes fichés S dehors, mais les Français fichés S qui n’ont pas d’autre nationalité vont aller dehors où ? Il faudra les mettre en prison. Il faudra construire des Guantanamo à la française, en France ? dans les TOM ? La personne fiché S est une personne qui fait l’objet d’une investigation/surveillance, elle n’est pas forcément une personne radicalisée pouvant passer à un acte terroriste.

    Madame LP fait penser à une dictature où les gens qu’elle n’aime pas pour n’importe qu’elle raison que ce soit (en plus d’origine et race) vont être ses victimes, il suffira de les ficher S pour les mettre dehors ou en prison. Elle est contre les doubles nationalités et peu importe lesquelles. Comme elle ne peut pas enlever à ces personnes la nationalité d’un autre Etat elle va leur déposséder de la nationalité française. Bonjour la préférence nationale ! Je ne sais pas comment on peut voter pour elle et les candidats du FN.

  • Aristote a écrit :

    <

    blockquote

    Elle n’a en tête que les législatives.

    C’est bien là que cela se jouera.

    Comme quoi elle a le même point de vue que notre hôte (c’est bien le seul cas!). Et elle fait sans doute la même erreur. La majorité des électeurs ne souhaite pas le désordre parlementaire. On va droit vers trois blocs, dont le central aura la majorité absolue par aimantation due à la victoire présidentielle. La prestation de Marine le Pen ne la met pas en bonne posture face à un François Baroin qui passe pour la douceur même (c’est exagéré). Pire elle renforce la crédibilité du programme de Macron.

  • Débat révélateur et d’abord des illusions de tous ceux qui l’ont détesté. Macron a bien résumé la chose le lendemain, il s’est senti sali. Le petit gars des beaux quartiers est allé se bagarrer avec la fille de mauvaise réputation derrière la palissade, on l’en défiait, le bruit courait qu’il allait se carapater ! il a cogné, il a aimé cogner mais voilà que rentré chez lui, il se fait tancer par son entourage. L’entourage a vite fait d’excuser le petit gars, tout vient de l’autre ! clame-t-on et le petit gars, rajustant sa cravate, avoue qu’il s’est sali, un peu. Qu’il a aimé se coltiner à la vilaine fille, il faut le taire.

    La déception de l’entourage, ses clameurs d’indignation ne font pas illusion. Qui est dupe ? Il suffit de reprendre le début du débat (tout le reste est à l’avenant). La fille frappe : candidat de la mondialisation sauvage, vraie nature de monsieur Macron, médisance, rictus, froideur. Le petit gars l’attend de pied ferme : pas la candidate de l’esprit de finesse, je ne m’attendais pas à autre chose, je ne vais pas vous dire que vous êtes la véritable héritière non seulement d’un nom, d’un parti de l’extrême droite française, je ne vais pas vous dire que vous revendiquez cet héritage, logorrhée, esprit de défaite.

    Le ton est donné, chaque coup sera rendu dans une parfaite symétrie. Malaise des spectateurs donc, malaise quand certains observateurs plus lucides renvoient les deux candidats dos à dos. Et c’est l’autre illusion : ils nous salissent tous les deux, nous les Français qui sommes les parangons du débat démocratique. Des coups bas, des insultes, des vociférations ? Jamais ! La haine, l’arrogance, la mauvaise foi, le désir de faire taire l’autre par tous les moyens ? Jamais, jamais ! C’est l’autre qui attaque, l’autre qui est de mauvaise foi ! Nous serions des chiens hargneux jetés à la gueule de l’autre comme l’ont été Le Pen et Macron ? Taisez-vous donc, nous n’avons rien à voir avec ce triste spectacle, ils sont brutaux, violents, sales mais nous, non.

    Imaginons un débat Le Pen/Fillon (pour son caractère réservé mais Mélenchon convient aussi). Gardons le premier coup, écoutons la riposte. Va-t-il frapper ad hominem ? On peut penser que non, on peut penser que le débat aurait été plus relevé car il faut être deux pour faire un bel échange. Seulement on n’en est plus à l’heure des débats polis et des poignées de main pour conclure. Les deux camps sont irréconciliables, ceux qui ne veulent pas d’un affrontement sans nuances sont fermement priés de prendre parti. Fin des illusions et c’est tant mieux.

  • La comparaison avec Trump n’est pas très pertinente. Certain ont déjà remarqué que le président US avait moins de pouvoir que le notre. Mais surtout Trump n’est pas à la tête (ni héritier) d’un parti d’extrême droite. C’est un homme d’affaires, qui vit entouré de milliardaires libéraux qui n’ont aucun intérêt dans un régime autoritaire et/ou trop farfelu. Pour illustrer des dérives autoritaires, il est plus pertinent d’évoquer par exemple la Russie, le Venezuela, la Turquie…

    @Bruno Lefebvre
    Votre position repose il me semble sur l’hypothèse implicite que MLP appliquerait une espèce de nationalisme paternaliste, qui irait jusqu’à une catastrophe économique et politique mais pas au delà. Le risque d’un usage excessif du pouvoir et d’une dérive autoritaire étant négligeable. Cette hypothèse me parait très hardie s’agissant de l’extrême droite.
    Contrairement à Trump, dont les promesses comme la présidence se résume au simplisme, on peut raisonnablement soupçonner que le programme du FN (tellement artificiel et indéfendable qu’il n’a pas été défendu) n’est que la facade d’un parti qui avance masqué, et dont l’idéologie est bien plus solide que celle du président US. On ne peut pas être absolument certain que MLP vise une dérive autoritaire, il n’y a que des indices. Mais, inversement, exclure cette possibilité d’emblée nécessite de lui faire une confiance difficilement explicable.

  • Colibri a écrit :

    @ bruno lefebvre: Merci de votre commentaire. Je n’avais pas du tout pensé à l’interprétation que vous faites du dessin dont je parle dans mon commentaire. J’en ai été resté à une grille de lecture au premier degré. Je vais réfléchir à ce que vous avez écrit. Pour ce qui est de la fin de votre commentaire je pense effectivement qu’il ne faut jamais avoir du mépris pour un adversaire. Au judo c’est prendre le risque de se faire battre à plate couture.

    Je vous remercie à mon tour de ne pas avoir pris la mouche (sic) car mon ton était, à relecture, un peu lapidaire. Il est vrai que, comme catholique, je devrais mettre un peu d’eau dans mon vin
    et accepter davantage le recours à des métaphores puisqu’aujourd’hui encore celle du berger était dans l’Évangile du jour. Disons que nous aurons ce soir un berger, mais qu’il aura fort à faire avec le troupeau! pas besoin de loup pour y mettre une drôle d’ambiance dans les prochaines semaines…

  • Bonjour,

    le second tour est terminé avec plutôt un bon score pour Emmanuel Macron. Il est déjà écrit que le parti socialiste a disparu. Reste à savoir comment la droite parlementaire va se placer dans cette nouvelle configuration.

    D’un côté, la droite peut penser qu’elle s’est fait voler la victoire avec les affaires. D’un autre, sur tous les sujets qui comptent, le programme d’Emmanuel Macron n’est pas très différent dans les faits du programme que défend la majorité de la droite parlementaire.

    je vois trois scénarios.

    Le premier, c’est l’éclatement des républicains entre une petite frange de droite dure (les catholiques politiques, la droite dure du sud…) et le reste des républicains (Alain Juppé & co) dans la majorité d’Emmanuel Macron. Cette majorité serait plus cohérente que les républicains actuels.

    Le second, c’est que les républicains restent unis, fassent un mauvais score aux législatives, et se fanent progressivement, comme s’est fanée la démocratie chrétienne de la quatrième république à l’arrivée des gaullistes en 1958.

    Le troisième, c’est une victoire des républicains. Pour moi, c’est le scénario le plus improbable car, à part la minorité de droite dure (qui d’ailleurs est mal représentée chez les républicains), le vote pour ‘en marche’ aura le vent dans le dos pour tous ceux qui s’inquiètent surtout de la modernisation de l’économie, et qui forment un gros socle de la droite.

  • Pepito a écrit :

    Macron 49%, Blanc 17,5%, Abstention 5,5%, Nul 1,5%, Le Pen 26,5%

    Finalement mon sondage des commentateurs de ce blog n’était pas si mal que ça puisqu’en enlevant les blancs, abstentions et nuls, on obtient Macron 65% et MLP 35% 🙂

  • @ bruno lefebvre:
    Et de mon côté la prochaine fois je reformulerai ce que je ressens d’une manière qui prête moins à la critique et qui sera plus réfléchi. Parfois je suis très primaire dans mes réactions.

  • Hollande avait hissé le FN à plus de 40%, Macron l’a déjà réduit à 34%. Bon début.

    Les premiers discours de Macron, respectueux envers son adversaire et ses électeurs, marquent une rupture forte avec François Hollande.

    Ce quinquennat effroyable s’achève enfin. Il est permis d’être prudemment optimiste.

  • @ Lib:

    Puisque Macron est élu, autant souhaiter qu’il réussisse à faire bouger les choses.

    Parmi ses atouts, d’être arrivé sans vraies dettes politiques.

    L’envers de la médaille, c’est un parcours qui peut l’avoir rendu peu sensible aux problèmes de ceux qui ont du mal.

    Il fait pas mal de com, mais il y a sans doute plus que de la com.

    Pour l’anecdote, une de mes filles a eu Madame Macron comme prof de français en 4ème. Elle en garde un bon souvenir.

  • Lib a écrit :

    Hollande avait hissé le FN à plus de 40%, Macron l’a déjà réduit à 34%. Bon début.

    C’est vrai, mais ça reste à confirmer au second tour des législatives. Entre les deux tours, M.Macron a fait preuve de sa consistance dans les deux moments déterminants: chez Whirlpool et lors du débat, et cela explique l’écart au final; cependant, dans le cas du débat, la victoire lui a été servie sur un plateau par Mme Le Pen quand elle n’a même pas essayé d’apparaître comme une présidente plausible.

    Les premiers discours de Macron, respectueux envers son adversaire et ses électeurs, marquent une rupture forte avec François Hollande.

    +1. Il a admis que son élection comportait une part importante de rejet des autres candidats, alors que François Hollande, en 2012, avait fait semblant de ne pas voir cela.

    @ Uchimizu:
    De vos trois scénarios, le premier me semble de loin le plus crédible. L’unité de la droite n’est qu’une façade de plus en plus lézardée. Le parti LR n’est pas encore entré dans la phase d’agonie que connaît le PS, mais il est sur la même trajectoire, accélérée par le phénomène Macron. Je vois, à droite comme à gauche, la même scission en trois parties inégales: la première, la plus petite, avec ceux qui veulent rejoindre le président élu tout de suite; la seconde qui se place dans une opposition irréductible; et la troisième, ouverte à une forme d’alliance, mais prenant une position d’attente en renvoyant la décision après les législatives en espérant conserver une position de négociation relativement forte.

    L’élection qui suit fournira l’arbitrage entre ces options. Elle extrêmement incertaine, avec pas moins de cinq forces en présence, dont quatre sont plus ou moins en crise. Le mouvement de M.Macron a un léger avantage au départ, mais cela fera-t-il une majorité? Je ne hasarderai pas de pronostic.

  • Bonjour,

    Merci, merci, merci à tous pour le ton et l’argumentation !
    Quel plaisir à lire !
    (Bon, en même temps, je passe trop de temps à tout lire, à chaque fois que je viens ici : c’est malin !)

    Et un merci particulier à Lib dont j’aime toujours les commentaires !
    😉

    a+
    Bigben

    PS : Et bravo aussi à Pepito pour son sondage : extra !

  • Bigben a écrit :

    Et un merci particulier à Lib dont j’aime toujours les commentaires !

    Monsieur a du goût 🙂

    Merci du compliment, ça fait plaisir.

  • Gatien a écrit :

    @Bruno Lefebvre Votre position repose il me semble sur l’hypothèse implicite que MLP appliquerait une espèce de nationalisme paternaliste, qui irait jusqu’à une catastrophe économique et politique mais pas au delà. Le risque d’un usage excessif du pouvoir et d’une dérive autoritaire étant négligeable. Cette hypothèse me parait très hardie s’agissant de l’extrême droite. Contrairement à Trump, dont les promesses comme la présidence se résume au simplisme, on peut raisonnablement soupçonner que le programme du FN (tellement artificiel et indéfendable qu’il n’a pas été défendu) n’est que la facade d’un parti qui avance masqué, et dont l’idéologie est bien plus solide que celle du président US. On ne peut pas être absolument certain que MLP vise une dérive autoritaire, il n’y a que des indices. Mais, inversement, exclure cette possibilité d’emblée nécessite de lui faire une confiance difficilement explicable.

    Bonjour gatien, vous avez raison, mon présupposé est que l’extrémisme en France est marginal. Il ne suffit pas en effet de professer des idées identitaires ou banquierophobes, encore faut-il, pour toute comparaison valable avec l’extrémisme vrai, celui de droite et de gauche des années 30 en Europe ou de l’extrême gauche des années 70 toujours en Europe, qu’il y ait violation assumée, revendiquée de l’interdit de la violence physique.

    Aucun journal en France n’appelle à l’exercice de la violence physique; c’était quotidien dans les années 20 en Italie et en Allemagne. Aucun parti officiel et même aucun leader en France n’appelle à la violence de rue, au pire arrive-t-il à gauche que l’on hésite à la condamner ou qu’on le fasse mollement. Depuis le début du siècle, la pseudo extrême droite n’en commet quasi pas. La violence de rue à Weimar n’a jamais cessé durant toute la période pré-nazie. Elle était assumée et revendiquée par des partis qui disposaient de leur milice.

    Les quelques extrémistes français depuis 20 ans sont uniquement certains des antifafs situés en effet à l’extrême gauche et qui tentent régulièrement d’assassiner des policiers. On ne peut exclure que certains d’entre eux finissent comme les brigades rouges ou action directe.
    Plus surprenant, en dépit des actes impliquant des terroristes se revendiquant de l’islam, en dépit des paroles et des écrits quotidiens caractérisant avec vigueur comme racistes les mouvements identitaires, il ne s’est trouvé, et c’est un miracle, aucun de ces militants pour tenter des représailles physiques quelles que soient leur forme. L’explosion des actes islamophobes se caractérise d’abord par des invectives, ainsi que des attaques contre les mosquées en tant que bâtiment. C’est déjà trop, c’est à réprimer avec la dernière des énergies, mais c’est autre chose que des assassinats programmés comme celui de Matteotti ou d’Erzberger (qui étaient des politiques pacifiques), et les tortures opérées par les SA et les squadristes, ou encore les incendies contre les monastères en Espagne pré-franquistes. Des actes qui encore une fois, ont commencé bien avant la prise du pouvoir. Le seul acte véritablement comparable en sauvagerie aux années 20 a été la torture à mort d’Ilan Halimi par antisémitisme, mais c’était en dehors de tout combat politique. Or la caractéristique des extrêmes est précisément d’agir avec violence, dès le stade embryonnaire, pour prendre le pouvoir, pas d’attendre poliment de gagner les élections. En cela ni Mélenchon ni Le Pen ne vont pour moi avec la définition minimale de ce qu’est un parti extrémiste. Les partis extrémistes ne peuvent de toute façon plus, de par nos lois, exister juridiquement.

    Je comprends que nous soyons collectivement choqués par ces années-là, je comprends moins que nous ne voyons pas justement à quel point les tensions, les conflits actuels, se présentent différemment. Il est possible que les questions identitaires débouchent sur de la violence revendiquée comme telle, comme la façon de trancher. Mais ce n’est nullement le cas aujourd’hui. On peut reprocher tout ce qu’on veut à la presse excepté de souffler sur les braises des mouvement très à droite ou très à gauche. Nous n’avons pas de « sturmer » ou de « gringoire » en France. Nous n’avons comme réels extrémistes au quotidien, que des antifafs, dont, et c’est dérisoire, le combat contre l’extrême droite est censé être l’essentiel des occupations. C’est à ceux-là, qui pratiquent la violence physique et non les battements d’estrade ou les propos de bistrot, qu’il conviendrait de réserver le qualificatif d’extrêmes. mais que Le Pen ou Mélenchon se préparent masqués à devenir des duce, non je ne le crois pas, cela fait trop de décennnies qu’on les voit à la poursuite d’une majorité par les urnes seule.

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