A trop faire bouger les lignes, Nicolas…

ligne jauneNicolas Sarkozy semble ne rien aimer tant que brouiller les repères, faire bouger les lignes. Cela le rendrait imprévisible, unique. Et, reconnaissons-le, cela peut-être réjouissant : lorsque, par antisarkozysme, certains en oublient leurs fondamentaux, les loups sortent du bois. Mais il vient un moment où bouger les lignes, brouiller les repères, cela finit par... bouger les lignes, et brouiller les repères. D'imprévisible, il deviendrait incohérent. Or l'électeur a besoin de visibilité.

Deux débats récents l'illustrent.

Taxer le malheur ? Comment peut-on, politiquement, proposer de fiscaliser les indemnités versées aux accidentés du travail ? Peu importe que, sur le fond, il puisse y avoir des raisons objectives de le faire. C'est bien Franck Louvrier qui répétait l'adage selon lequel ce n'est pas tant "la réalité qui compte, c'est sa perception". Cela avait déclenché les cris d'orfraie convenus de l'antisarkozysme et, pourtant, c'est exact. Or quelle image le pouvoir donne-t-il, avec une telle proposition ? Pour jeter une maigre pelletée de terre au fond du trou abyssal du déficit public, on s'en prend aux handicapés ? Avec, toujours, le boulet du bouclier fiscal1, après le travail dominical, après la retraite des mères - certes rattrapées sur le fil - n'a-t-on pas d'autres priorités ?  Bien sûr, je force le trait mais comprenez que l'idée m'étonne, de la part d'un animal politique.

Qu'on ne se méprenne pas. Je ne nierai pas le courage politique qu'il y a à prendre des mesures impopulaires. Mais encore faut-il que l'impopularité en vaille la chandelle. Je ne dis pas encore, non plus, que Nicolas Sarkozy soit vendu aux patrons : je n'oublie pas le rSa, et son extension aux jeunes, sous condition. A sujet, je me trouve surtout une ligne Fillon/Accoyer, allant de l'expression de "réserves" au regret d'une "connerie".

Implacable avec les anonymes, complaisant avec les puissants ? Quelle est la logique, où est la cohérence ? Comment peut-on comprendre cette soudaine mansuétude d'un pouvoir qui a instauré les peines-plancher, voté de nombreuses lois sur la sécurité,cette indulgence d'un président qui s'est toujours affirmé "du côté de la victime" ? Certes, il s'est bien gardé de prendre personnellement position sur cette affaire Polanski. Mais les déclarations conjointes des portes-parole de l'UMP que sont Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, venus en renfort de Frédéric Mitterrand et Bernard Kouchner, laissent peu de doute sur sa propre position. Alors quoi, lorsque le criminel est puissant, on néglige la victime ? Comprenez que je n'affirme pas que tel soit le cas, mais c'est à tout le moins l'image que donne inévitablement ce positionnement malheureux. Fort heureusement, une autre ligne s'est manifestée et Marc Laffineur, vice-président UMP de l'Assemblée Nationale a donné le ton d'une tentative de redressement de la barre par une droite plus... historique ?2

Alors que la gauche est unanimement muette sur cette affaire, craignant probablement trop de paraître moralement rigoriste3 ou de s'aliéner les artistes, il a fallu que ce soutien vienne du gouvernement ? Bien sûr, ce soutien n'est pas venu de n'importe qui, au gouvernement, mais on n'a tout de même pas élu Nicolas Sarkozy pour qu'il relance la vieille garde mitterrandienne, de Kouchner à Lang, en passant par le neveu ! Faut-il payer ce prix pour un hypothétique soutien des artistes ?

Dimanche a eu lieu une législative partielle, à Rambouillet. Dans la circonscription "tenue" par Christine Boutin durant 22 ans, son successeur n'a été élu qu'avec cinq maigres voix d'avance. Plus révélateur encore, seuls 26% des électeurs se sont déplacés. Il y a certes nécessairement des facteurs multiples à une si faible participation - le moindre n'étant pas qu'il s'agissait d'une législative anticipée - mais comment ne pas y voir une manifestation de mauvaise humeur des électeurs de droite ? Jean-Frédéric Poisson, le député élu, a expliqué sa courte élection par l'affaire Clearstream, la taxe carbone, l'ouverture à gauche, et Christine Boutin a complété par un point qu'il ne pouvait pas citer : le travail dominical.

L'ouverture, ce doit être l'alliance du meilleur de chaque camp. Pas la coalition du pire des deux.

*

Nicolas Sarkozy devrait se méfier. On néglige souvent l'électorat que l'on se croit attaché. Mais, si cette droite n'ira probablement pas voter socialiste, elle peut faire preuve d'une mauvaise volonté manifeste, comme à Rambouillet, et rester chez elle le jour de l'élection. Il se pourrait aussi qu'elle ne se montre pas insensible à une éventuelle proposition alternative à droite, le moment venu, ce qui lui compliquerait notablement la tâche.

Je serais toutefois gré de ceci à Nicolas Sarkozy : à faire ainsi bouger les lignes, jusqu'à l'étourdissement, à pratiquer ces ouvertures impromptues, à ne pas imprimer de direction, il nous incite, et c'est salutaire, à penser par nous-mêmes.

On en vient alors à ceci que je suis d'accord avec Birenbaum, Birenbaum qui me cite4 et moi qui cite Birenbaum. C'est ma façon à moi... de faire bouger les lignes.


  1. aussi injuste cela soit-il []
  2. Je n'ignore pas l'aspect caricatural de mon propos : la sévérité affichée de Nicolas Sarkozy à l'encontre de la délinquance et de la criminalité a aussi pour objet la protection des anonymes et notamment de ceux qui vivent dans les quartiers les plus exposés à la violence []
  3. tu parles, réprouver le viol de mineurs, c'est une sacrée décision à prendre []
  4. ce qui n'est pas pour rien dans mon accord []

63 comments

  • Je te rassure : tu ne forces absolument pas le trait. La confusion règne : les idées de gauche l’emportent au regard de la crise, mais c’est la droite qui règne et qui emprunte ses idées de ce côté. En général, c’est favorable aux extrêmes. Sur le blog de Riouffol, un paquet de ceux qui ont été tentés par le sarkozysme jurent leur grands dieux : ils ne feront pas deux fois la même erreur. Autre chose, j’ai regardé SR hier soir au Grand Journal… je l’ai trouvé pas trop mal, plutôt convaincante. Cette dame-là, qui ne suscite vraiment pas mon adhésion, a des tripes, de la pugnacité. Je comprends pourquoi elle est la cible à droite comme à gauche (ça ne suffit pas encore pour me décider à voter pour elle).

  • Sarkozy oublie qu’il n’avait pas un camp unifié en 2007 (P… deux ans seulement ?!). Il a ramassé aussi une quantité de TSS, des villepinistes désabusés, des cathos déçus par Bayrou. Tout ça ne tient pas.

    Qui trop embrasse mal étreint… (c’est un lieu commun mais c’est bien les lieux communs).

    A tout flouter comme cela, il s’attire les critiques de ceux qui sont plutôt de gauche (quel facho !) et de ceux qui sont plutôt de droite (finalement il fait une politique de gauche?!).

    La seule chose qui remonte le moral, c’est de se dire que l’on a échappé à Ségolène.

    Sur l’analyse des élections de ce dimanche à Rambouillet : d’accord sauf un bémol sur ce que disent l’une et les autres. La taxe carbonne n’a sans doute pas grand chose à voir (sinon pourquoi pousser même par son abstension, une verte?).

    Que penser maintenant de la tentative de refondation de l’UDF (qui a un petit air, sympa cependant, de reconstitution de ligue dissoute…) ? Que penser des points marqués par Hervé Mariton ? Ou encore de la renaissance de la démocratie chrétienne ?

    … et si on faisait de la politique ?

  • Bonjour,

    Koz, moins que ces lignes qui bougent, sur le cas de la taxe des indemnités d’arrêt de travail, je pense plutôt à un manque d’explications justificatives.

    Au début, je n’ai entendu que le message : ces indemnités sont déjà une réduction par rapport au salaire, il est totalement injuste de les réduire encore avec une taxe. J’ai donc pensé comme toi à une erreur surprenante de la part de Nicolas Sarkozy, qui a vraiment du métier dans la politique.

    Ce matin, l’invité de Jean-Michel Aphatie fut Eric Woerth (http://www.rtl.fr/fiche/5928713338/eric-woerth-la-priorite-pour-la-france-c-est-de-sortir-de-la-crise-video.html). Là, le discours a un peu changé, à savoir : 1) tous les revenus liés au travail sont taxés (salaire, indemnités chômage, indemnité d’arrêt maladie) sauf ceux pour arrêt de travail. Les indemnités de remplacement étant toutes inférieures au salaire. 2) Seules les indemnités durant l’arrêt seront (seraient !) taxées, celles liés à un éventuel handicap ne remplaçant un revenu du travail ne le seront pas.

    Une fois ces précisions connues, l’avis sur cette réforme peut bouger. Mettre au même niveau chômage, maladie ou accident du travail n’est plus réellement une injustice. Taxer les indemnités d’arrêt de travail et pas celles liées à un handicap le cas échéant n’est pas s’acharner sur les faibles.

    De nouveau donc, les lignes et les repères ne bougent finalement peut-être pas tant que les opposants ou commentateurs pourraient le laisser croire.

    Luc

  • Luc, je crains que tu évites ou ne comprennes pas, la force du message politique envoyé et l’erreur stratégique que cela représente, surtout dans le contexte indiqué par Koz (paquet fiscal, travail dominical, etc.). Quel est l’intérêt si ce n’est lutter contre les déficits ? Et là, en la matière, il y a certainement d’autres priorités (parce que ça rapporte des clopinettes en comparaison de ce que ça coûte politiquement parlant).

  • Les contradictions que vous relevez sur les deux dernières affaires ont été dénoncées depuis longtemps. Cette voix dissonante à l’époque s’amplifie et le pouvoir la confirme dans ses critiques un peu plus tous les jours. La préoccupation n’est même pas la rentabilité, mais le profit au mépris de l’humain, comme la direction de FT versant des dividendes royaux à ses actionnaires et pressurant son personnel pour – soit disant – se … désendetter. http://www.fortuneo.be/fr/fiche-valeur/025/FR0000133308/cours-france-telecom.html Les suicides s’accumulent pour une action au rendement de 8% par an et un dividende représentant 80% du bénéfice par action. 3 administrateurs de l’Etat (27% du capital) siègent au conseil d’administration et semblent ignorer que l’article 1° de la constitution proclame que la France est une République… sociale. http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#preambule Ces comportements ne sont pas chrétiens. Un catholique ne peut les admettre pour le mépris et l’indifférence qu’ils promeuvent. Il paraît même incroyable qu’une personnalité de gauche annonce la fin du matérialisme et appelle à le dépasser quand la droite s’obstine dans une voie ayant démontré toute l’erreur et le drame où elle conduit. http://plunkett.hautetfort.com/archive/2009/08/17/martine-aubry-veut-%C2%A0inventer-le-postmaterialisme%C2%A0-pas-mal-ma.html#more La mentalité actuelle au pouvoir conduit la France à l’ « UMP-&-prolétariat ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-prol%C3%A9tariat

  • @ Praxis:

    Entre rendre NS populaire et essayer de sauver la SS, je choisis sauver la SS :

    Des impôts ou cotisations agréables, ça n’existe pas. Cette imposition des indemnités d’AT aidera peut-être les Français à réaliser que la baisse de certains remboursements devient inéluctable.

    Comme d’habitude les médias n’ont retenu que l’élément sensible, d’autres mesures concernent les « riches » comme la CSG sur les plus-values au premier euro, alors qu’avant ils bénéficiaient d’une exonération plafonnée.

  • Le principe que tout revenu ne correspondant pas à l’indemnisation d’un préjudice doit être imposable et cotisable est certainement très sain…

    mais il souffre encore de nombreuses exceptions, parmi lesquelles on peut classer stocks options, gains aux jeux, niches fiscales, etc…et NS vient d’en créer un paquet avec le non taxation des heures sup…

    donc commencer par la fiscalisation des revenus de remplacement du travail paraît pour le moins maladroit, d’autant plus en cette période où on parle tant de souffrance et de stress au travail…

    c’est gentil d’aider la gauche à trouver du souffle!

  • Dans le genre incohérences il y en a de plus massives qui ne semblent pas choquer grand monde.

    Le gouvernement communique simultannément sur le fait qu’il fait des économies et sur le fait qu’il dépense plein d’argent dans le plan de relance.

    Le gouvernement subventionne l’automobile par la prime à la casse tout en instaurant une taxe carbone.

    Les 3 exemptions fiscales mentionnées par francis (stock options, jeu, niches fiscales) sont aussi fondamentalement incohérentes chez quelqu’un qui prétend réhabiliter la valeur travail.

  • Je crois qu’il y a un vrai choix de Nicolas Sarkozy, et que celui-ci est parfaitement cohérent. Il choisit d’agir beaucoup: La contrepartie, c’est que la communication n’est pas toujours parfaite (si on pouvait vendre toutes les gaffes de ministre, on aurait épongé le déficit), la cohérence pas assurée et l’exécution des différentes mesures laissent parfois, au moins au début, à désirer.

    Je comprend que cela puisse choquer un juriste (qui doit faire un travail exact, mais en contrepartie peut prendre beaucoup de temps et d’argent pour cela), mais dans les entreprises, ce genre de fonctionnement un peu brouillon, mais dynamique, est assez commun.

    Je pense que s’il y les lois un peu bancales sont corrigées par la suite, ce mode de fonctionnement peut être assez efficace. Je crois aussi que cela peut se « vendre » politiquement. Il sera sans doute assez facile d’expliquer la liste des chantiers engagés, et de comparer cela à un PS, qui en 5 ans, aura sans doute même été incapable de se réorganiser.

    Nicolas Sarkozy a aussi choisi un positionnement clairement centriste, et a à mon avis la stratégie d’apparaitre comme le seul candidat crédible en 2012. Cette stratégie, qui ressemble à celle du deuxième mandat de Mitterand, peut être efficace, même si les gens qui voteront pour lui en 2012 ne le feront pas avec enthousiasme.

  • @ Liberal:

    Les stocks options sont d’après ce que j’ai compris soumises aux cotisations sociales « salariés » : CSG, CRDS. Elles ne sont donc pas complètement exonérées.

    Ce qui pose question, ce sont les cotisations sociales « employeurs» et l’impôt sur le revenu des bénéficiaires.

    Dans la mesure où ces options deviennent à terme un revenu réel pour le salarié et qu’elles constituent donc la contrepartie d’un travail, il est en effet difficile d’expliquer pourquoi elles bénéficient d’un régime préférentiel (plus avantageux que celui des salaires).

  • NM a écrit:

    … et si on faisait de la politique ?

    +1

    francis a écrit:

    et NS vient d’en créer un paquet avec le non taxation des heures sup…

    +1 , si ce n’est que quand même, ça inciterait à travailler plus, donc à diminuer le coût de note travail…

    Liberal a écrit:

    Les 3 exemptions fiscales mentionnées par francis (stock options, jeu, niches fiscales) sont aussi fondamentalement incohérentes chez quelqu’un qui prétend réhabiliter la valeur travail.

    +1

    NM a écrit:

    La seule chose qui remonte le moral, c’est de se dire que l’on a échappé à Ségolène.

    +1, et c’est pas rien, non qu’elle n’ait que des idées fondamentalement mauvaises, mais elle voulait instituer l’euthanasie, et quand on voit où en sont les Pays Bas avec ça, ça fait peur! http://www.libertepolitique.com/respect-de-la-vie/5552-euthanasie-les-nations-unies-epinglent-les-pays-bas

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  • Juste une remarque du régional de l’étape que je suis, car je suis Rambolitain (et je le prouve: à part les Rambolitains, personne ne sait comment s’appellent les habitants de Rambouillet. ;-) ). Le score vraiment pas flambant de Poisson est totalement sidérant dans une circonscription si totalement acquise à la droite depuis des décennies, alors que Poisson n’est rien de moins que l’ancien maire de Rambouillet (en remplacement de Gérard Larcher quand il était ministre), et que son adversaire écolo était pratiquement inconnue de l’électeur lambda. Je pense qu’on peut aller jusqu’à parler… de boboïsation de l’électorat UMP (!), dont une partie se met apparemment à faire passer les soucis écologiques avant même son intérêt fiscal — et ça, c’est vraiment du jamais vu à Rambouillet, ville pourtant de plus en plus nettement embourgeoisée avec son patrimoine immobilier de plus en plus inabordable. C’est tout à fait sidérant, et si ce comportement de l’électorat UMP se note ailleurs que dans cette circonscription ultra-droitière, ce qui paraît crédible sinon même probable… eh bien il faut envisager la possibilité d’une marée verte aux prochaines régionales, avec des renforts dont on n’imaginait pas l’existence: des écolos tout à fait à droite. J’ai de la peine à le croire, mais la nature électorale a horreur du vide et l’électorat, même de droite, ne peut pas se résoudre indéfiniment à n’avoir pas d’alternative à une UMP hégémonique. Le PS ayant à mon avis son avenir derrière lui, les Verts ont vraiment une carte à jouer par les temps qui courent. Je doute qu’ils sachent la jouer (c’est un conglomérat très hétéroclite qui domine encore très mal la tambouille électorale bien terre-à-terre, à base de poignées de mains, de porte-à-porte et de démagogie crasse), mais ils l’ont quand même entre les mains… Et ça, c’est nouveau et intéressant!

  • Liberal a écrit:

    Les 3 exemptions fiscales mentionnées par francis (stock options, jeu, niches fiscales) sont aussi fondamentalement incohérentes chez quelqu’un qui prétend réhabiliter la valeur travail.

    Je rejoins ce consensus entre Liberal et Francis (qui est probablement sans précédent, surtout sur un sujet pareil). J’ajoute une 4e exemption, encore plus diamétralement opposée à la valeur travail que les 3 citées: celle qui a été accordée à l’héritage.

    Koz nous fait remarquer qu’avec la taxation des indemnités consécutives aux accidents du travail, le gouvernement paye un prix politique très élevé, pour un bénéfice fiscal très faible. C’est le pendant de la TVA à taux réduit offerte aux restaurateurs, mesure dont le bénéfice politique est modeste, pour un coût fiscal colossal. En résumé, une politique budgétaire qui sacrifie à la fois le beurre et l’argent du beurre.

    NM a écrit:

    La seule chose qui remonte le moral, c’est de se dire que l’on a échappé à Ségolène.

    J’ai longtemps pensé ça (bien que n’ayant pas voté pour Sarkozy, mais c’est une autre histoire). Mais je commence à avoir des doutes. Le seul truc pour lequel Sarkozy fait preuve d’un professionalisme à toute épreuve, c’est sa tactique de destruction de l’opposition (avec, reconnaissons-le, l’aide empressée de cette dernière). Pour le reste, ce n’est finalement pas tellement plus sérieux que ce que Mme Royal nous a montré depuis 2 ans.

  • Koz, c’est tout de même stupéfiant qu’un F. Lefebvre apporte son soutien aux réactions de F. Mitterrand et de B. Kouchner au sujet de l’arrestation R. Polansky pour réclamer 48 heures après une castration chimique pour les violeurs. Idem en ce qui concerne Dominique Paillé.

    Je ne perçois plus l’action de Nicolas Sarkozy comme une sorte d’aptitude et de capacité à faire bouger les lignes. Un exemple comme celui de la polémique Polanski m’apparaît comme un révélateur supplémentaire d’une navigation à vue dans la conduite des affaires du pays.

    Cette variabilité et les humeurs changeantes de NS sont le tribut payé à une politique qui n’est selon moi pensée qu’en fonction de l’instant, de l’événement et de la satisfaction ponctuelle des clientèlismes du moment.

  • @ Véronique:

    Vous avez hélas raison et la déception est grande par rapport aux annonces initiales. Comme disait Chirac, le modèle caché de NS, les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

  • francis a écrit:

    mais il souffre encore de nombreuses exceptions, parmi lesquelles on peut classer stocks options, gains aux jeux, niches fiscales, etc…et NS vient d’en créer un paquet avec le non taxation des heures sup…

    Je suis d’accord avec le diagnostic général d’incohérence fiscale, mais les exemples cités se discutent :

    Les gains sur stock options sont taxés comme les plus-values, ce qui n’a rien d’incohérent. En ce qui concerne les jeux, ils sont taxés à la source (prélèvement fiscal sur les sommes pariées par les joueurs). Les gains « ex post » ne sont pas des revenus et pour la communauté des parieurs (ou pour un parieur régulier), l’espérance mathématique de gain est négative ! Taxer les gains demanderait au minimum d’autoriser les parieurs à déduire toutes leurs mises de leurs revenus déclarés.

  • Gwynfrid a écrit:

    J’ajoute une 4e exemption, encore plus diamétralement opposée à la valeur travail que les 3 citées: celle qui a été accordée à l’héritage.

    Je ne comprends pas pourquoi ma mort devrait autoriser l’État à se saisir de mes biens, pour tout ou partie. Si en plus cela devient rentable, la tentation euthanasique devient irrésistible !

  • Koz a écrit :

    Nicolas Sarkozy devrait se méfier. On néglige souvent l’électorat que l’on se croit attaché. Mais, si cette droite n’ira probablement pas voter socialiste, elle peut faire preuve d’une mauvaise volonté manifeste, comme à Rambouillet, et rester chez elle le jour de l’élection. Il se pourrait aussi qu’elle ne se montre pas insensible à une éventuelle proposition alternative à droite, le moment venu, ce qui lui compliquerait notablement la tâche.

    De centre droit depuis des lustres, suffisamment âgée pour me rappeler avec précision la galère de mes jeunes années dans les années 81-85, je fais partie de ceux qui se sentent floués par la façon de gouverner « à gauche toute socialisante » de N Sarkosy. je n’ai pas voté à droite pour voir au gouvernement des personnes comme Evin, Lang (même si on ne lui donne qu’une mission à l’étranger)et Cie!

    Je n’étais pas contre une certaine ouverture dans la mesure où en France une partie non négligeable des électeurs a des idées de gauche – révolues dans de nombreux pays au monde.

    Néanmoins, dans quelques temps, il va falloir compter les ministres et autres hauts fonctionnaires de l’état de droite, en utilisant une loupe à fort grossissement.

    Je remarque également que lorsqu’il y a un sondage qui indique 80% des français « contre », une loi est aussitôt votée, à l’unanimité des députés de la majorité, contre le choix des 80% des français. Je sais le peu de fiabilité des sondages, mais tout de même, en les corrigeant même de façon importante, il est peu probable qu’on arrive, dans le cas cité en exemple, à 30% voire 20% de français « contre »!

    Je n’irai donc pas, comme le dit Koz, jusqu’à voter socialiste,encore que je me demande si les socialistes ne gouverneraient pas plus à droite que N Sarkosy et son gouvernement .

    Néanmoins, je me pose la question du choix en 2010 et 2012 : petit parti de droite (FN et MoDem exclus), abstention, vote nul, vote blanc?

    En attendant avec espoir (espoir qui s’effrite de jour en jour) l’arrivée d’un candidat qui soit une réelle alternative à droite.

    Comme Véronique, je ne perçois plus N Sarkosy comme ayant la capacité de faire bouger les lignes. je constate une régression, un recul, une chiraquisation de la gouvernance française, ou plutôt une mitterandisation , l’élève étant moins doué dans la manipulation que le maître, dans le cas présent!

    Les incohérences fiscales me semblent énormes et certes pas libérales ou de droite, avec un recours massif à l’assistanat pur et dur . J’ai de gros doutes sur la réussite du « RSA jeunes », même si M Hirsh semble convaincu.

    L’absence totale de logique dans le choix des dépenses est évidente(dépense massives pour un vaccin inutile contre la grippe A et taxation diverses ou réductions massives de remboursements sur les actes de radiologies et autres par exemple) …

    …Ainsi que celle des recettes .Il ne faut pas oublier que si « on » taxe » les plus values au premier euro, il faudra aider les petits retraités -ceux qui auront tenté d’économiser afin de ne pas dépendre de la société sachant que leur retraite serait insuffisante- qui n’auront plus les moyens de vivre décemment! (le mode actuel de plafonnement permettait justement de pallier à ce problème)

    Quant à la baisse de la TVA dans la restauration, nous pouvons nous rendre compte que c’est un « bide » colossal qui coûte à l’Etat (et l’Etat, c’est nous) sans retombées positives, ni sur le consommateur ni sur les salariés, ni sur les chômeurs. Certains restaurateurs de ma région osent afficher -en tout et pour tout- « café à 1 euro le lundi midi ». Questionnez leurs employés : hélas, les avancées sur les salaires et les embauches sont à peu près du même ordre de grandeur! Et le problème est que si cet état de situation était réservé à ma région, , bof, ce ne serait pas important, mais c’est plutôt généralisé! (voyageant beaucoup et par la force des choses, utilisant les « services » de cette catégorie de commerçants, je suis assez affirmative!)

    Les écologistes? Un nom pimpant qui n’a rien d’ »écolo », mais tout de la démagogie! Croire que l’homme puisse maîtriser la nature est du ressort de la discussion philosophique, voire métaphysique. ceci est une chose!

    Maintenant,faire croire que la France (l’un des pays les moins producteurs de CO2) d’une part soit copiée, d’autre part puisse changer quoique ce soit en baissant de 25% sa -déjà- faible production de CO2 est d’une utopie frisant l’incohérence! Taxer les énergies fossiles en incitant à se chauffer au bois, est également une incohérence biologique : besoin de davantage d’eau (et on en manque), sans compter que le bois brûlé non seulement produit beaucoup de CO2 et de particules favorisant ce fameux effet de serre! Quant à la redistribution à certains foyers fiscaux, c’est de la pure démagogie (on va en fait reverser cet impôt à ceux qui polluent le plus, il faut le faire!)

    Croire en l’éolien est – dans l’état actuel des avancées technologiques- de la pure sottise sur un plan économique (20% de rendement dans le meilleur des cas), croire dans le solaire -dans l’état actuel des avancées technologiques- est de la pure foutaise, tant la fabrication est polluante (et on commence à se demander comment va t on pouvoir se débarrasser du solaire arrivé à l’état de vieillissement irréversible)

    Et,sur fond de propositions démagogiques, ce parti très à gauche (je ne crois pas que Cohn Bendit ai viré sa cuti)attire des électeurs! Stupéfiant!

    Aristote a écrit:

    Je ne comprends pas pourquoi ma mort devrait autoriser l’État à se saisir de mes biens, pour tout ou partie. Si en plus cela devient rentable, la tentation euthanasique devient irrésistible !

    Entièrement d’accord avec vous. Mais que voulez vous! C’est l’idéologie française depuis 1789/1792. Une idéologie qui tient depuis si longtemps doit être solide! (d’autant que chacun de ces « bienfaiteurs des plus pauvres » pense qu’il va pouvoir protéger son « propre » héritage!)

    uchimizu a écrit:

    Nicolas Sarkozy a aussi choisi un positionnement clairement centriste, et a à mon avis la stratégie d’apparaitre comme le seul candidat crédible en 2012

    N Sarkosy centriste? je ne m’imaginais pas aussi à droite que cela, pour une ancienne UDF qui croyais, en votant UDF -c’était avant Bayrou – voter pour un parti de droite modérée, en cataloguant N Sarkosy à gauche!

    Quant à l’égoïsme des gens de droite, je demande à voir! Il me semble qu’on peut être de droite en étant chrétien et charitable. « La Gauche n’a pas le privilège du coeur » a dit quelqu’un de célèbre…

    Et -pour moi en tous cas- l’égalitarisme n’a aucun point commun avec l’égalité, comme l’assistanat n’a aucun point commun avec l’aide que chacun d’entre nous doit porter à ceux qui en ont besoin (la fraternité)

    Quant à la liberté… vaste débat! (le point de vue sur la liberté de tous les partis en présence – N Sarkosy y compris- me laisse songeuse)

  • @Aristote

    « Vous avez hélas raison et la déception est grande par rapport aux annonces initiales. »

    Je crois surtout que beaucoup d’électeurs n’ont retenu que ce qui leur plaisait dans les « annonces initiales ». En observant globalement ses discours et signaux pré-élections et son comportement du ministre de l’intérieur, on constatait déjà des gesticulations en tous sens, un attrait pour le coup médiatique sans lendemain, des tonnes de contradictions, et un amateurisme mal dissimulé sous un attrait démesuré pour le pouvoir.

  • @ Gatien

    « …on constatait déjà des gesticulations en tous sens, un attrait pour le coup médiatique sans lendemain, des tonnes de contradictions, et un amateurisme mal dissimulé sous un attrait démesuré pour le pouvoir. »

    Le souci au moment de la campagne c’est que tout cela était constaté également, et en pire, chez Ségolène Royal.

    Et puis ce ne sont pas telle et telle proposition qui ont motivé le choix de NS. Mais l’idée qu’il était le mieux préparé et le plus professionnel pour engager des réformes structurelles qui pour la plupart des électeurs (gauche-droite confondues) étaient des évidences.

    Ce que je crains c’est qu’en réalité si la candidature Royal a été une baudruche gonflée à bloc par les medias pour éclater très vite, eh bien la candidature Sarkozy, au fond, était sans doute du même tonneau.

    Ce qui frappe c’est la très grande insuffisance des F. Lefevbre, B. Hortefeux, E. Besson, N. Moreno, etc.

  • Devant ce déferlement de commentaires désabusés je suis bien obligée de sortir de mon silence … :-) Moi aussi je interroge souvent et essaie de comprendre.

    Il ne faut surtout pas oublier que la France est et a toujours été un chaudron prêt à déborder. Il me semble qu’une grande partie des mesures qui vous semblent trop à gauche ou incohérentes sont avant tout destinées à éviter que le chaudron explose. Les déçus devraient se remémorer ce qu’il advient lorsqu’un Juppé droit dans ses bottes ou un DDV flamboyant et obstiné se sont cassés les dents sur le chaudron …

    En ce qui me concerne je préfère que l’on zigzague pour esquiver mais en avançant globalement que d’aller droit dans le mur :-)même si certaines esquives me semblent mal choisies …

  • PS: et je rajoute que coté politique étrangère NS a fait des prouesses que je défie quiconque d’imaginer qu’une cruche aurait pu réussir…

  • @ margit

    Quel chaudron ?

    Vous savez au moment du CPE alors qu’on nous disait que la rue à feu et à sang, tous autour de moi soutenaient globalement ce projet. Alors que ce tous comptait des personnes dont le vote était le reflet de la gamme des clivages politiques (de l’extrême gauche à l’extrême droite).

    C’est peut-être un peu court comme exemple, mais cet épisode m’a marquée.

  • Et puis, margit, de là à faire dans le dogmatisme vert ou à faire soutenir et défendre publiquement par Lefebvre et Paillé interposés l’inconséquence d’un Frédéric Mitterrand, ou à faire voter Hadopi pour juste complaire aux intérêts particuliers artistes, ou encore à renier une loi – les tests ADN – qu’on s’est empressé de faire voter, tout cela pour éviter qu’un supposé chaudron explose, je n’y pas crois pas vraiment.

  • « Le souci au moment de la campagne c’est que tout cela était constaté également, et en pire, chez Ségolène Royal. »

    Bien sûr. Mon commentaire visait surtout l’aveuglement devant Sarkozy. Pour Royal, en effet, les jugements étaient plus lucides. Tout s’est passé comme si une partie des gens ayant constaté les déficiences de Royal se refusaient de voir celles de son opposant, par peur du vide sans doute.

    Je me souviens des postures outrées lorsque Marianne a sorti un article attaquant la psychologie de Sarkozy. D’une part, ce n’était pas pire que ce qu’on lisait sur Royal. D’autre part en le relisant aujourd’hui, la plupart de ceux qui hurlaient au scandale trouveraient que c’était assez bien vu.

    « Et puis ce ne sont pas telle et telle proposition qui ont motivé le choix de NS. Mais l’idée qu’il était le mieux préparé et le plus professionnel pour engager des réformes structurelles qui pour la plupart des électeurs (gauche-droite confondues) étaient des évidences. »

    Tout à fait. Préparé, professionel, capable de faire « bouger les choses », et de faire les réformes que tout le monde attends. C’est à dire : quelqu’un qui dispense de réfléchir et de se rendre compte que « les réformes que tout le monde attend » n’existent que dans l’imagination des uns et des autres, en autant de versions que d’électeurs.

    @Margit

    « PS: et je rajoute que coté politique étrangère NS a fait des prouesses que je défie quiconque d’imaginer qu’une cruche aurait pu réussir… »

    J’arrive très bien à imaginer une cruche revenant de Georgie en bombant le torse et en estimant qu’elle a repoussé les chars russes tandis que les chars en questions sont installés pour longtemps. Je l’imagine aussi très bien vouer aux gémonies les patrons voyous ou les traders et lancer des grands raoûts internationaux ou l’on se paie de mots et d’où, là encore, on revient en bombant le torse en déclarant la mort des paradis fiscaux. J’imagine encore très bien la cruche courir après Obama pour avoir une photo dédicacée et se donner un air important.

    J’ai gagné le défi?

  • villepiniste le dernier com? car NS vient de dire mardi qu’il ne soutenait pas, à l’époque, le CPE…

    cela étant, les français(les sondages) étaient aussi en majorité contre le CPE…l’idée d’une période d’essai de 2 ans avec révocation « ad nutum » était d’autant plus inacceptable que tout employeur vous dira qu’il n’a pas besoin de 24, 12 6, 3 mois pour juger une nouvelle recrue: un mois suffit en général, les études psy montrant que le délai réel est, de fait, beaucoup plus court…

    sans compter l’idée géniale de traiter les jeunes actifs moins bien que leurs aînés…

  • Gwynfrid a écrit:

    J’ajoute une 4e exemption, encore plus diamétralement opposée à la valeur travail que les 3 citées: celle qui a été accordée à l’héritage.

    Je suis partagé sur ce sujet. D’une part l’héritage n’a clairement pas été « mérité » par l’héritier, mais de l’autre coté, le donateur lègue a priori le fruit de son travail lequel a déjà acquitté l’impôt. Voir Aristote(22). Une idée qui permettrait à la fois d’éviter de trop gaver l’héritier sans trop spolier le donateur serait de fortement « taxer » l’héritage mais de permettre au donateur d’attribuer cet impôt aux associations d’utilité publique de son choix.

    Gwynfrid a écrit:

    C’est le pendant de la TVA à taux réduit offerte aux restaurateurs, mesure dont le bénéfice politique est modeste, pour un coût fiscal colossal.

    C’est très français de raisonner comme ça Gwynfrid. Vous ne tenez compte que du bénéfice ou de la perte pour le trésor public, et absolument pas du bénéfice ou de la perte pour la société. L’impôt n’est pas indolore et ses effets négatifs ne sont pas que politiques. Voir mon dernier billet sur le poids des prélèvements obligatoires sur les entreprises. La question vraiment importante est de savoir si la société dans son ensemble est mieux ou moins bien lotie si elle donne 1 milliard à l’Etat (qui le réinjectera dans la société) ou si elle le garde et l’utilise à son gré. Le coût ou bénéfice politique est totalement secondaire. En plus ce n’est pas la même poche. Utiliser les ressources de l’Etat pour un bénéfice politique s’assimile, au moins dans l’esprit, à un abus de biens sociaux. Mais ça c’est un problème beaucoup plus général et endémique du fonctionnement politique en France.

    Aristote a écrit:

    Les gains sur stock options sont taxés comme les plus-values, ce qui n’a rien d’incohérent.

    Vous avez raison, mais la vraie question est : pourquoi taxe-t-on beaucoup moins les revenus du capital que ceux du travail? Je suis a priori contre taxer le capital lui-même (ISF, taxe foncière, droits de succession…) qui est l’accumulation de revenus ayant eux-mêmes acquitté l’impôt. Mais pourquoi ne pas taxer les revenus du capital?

    Aristote a écrit:

    Les gains « ex post » ne sont pas des revenus et pour la communauté des parieurs (ou pour un parieur régulier), l’espérance mathématique de gain est négative !

    Le taux de redistribution est très variable selon les jeux, allant de 98% pour les machines à sous à 50% pour le loto. Taxer les gros lots au loto ne changerait sans doute pas drastiquement l’espérance de gain et ferait cesser une vraie incohérence. Celle qui consiste à subventionner quelqu’un qui n’a strictement rien fait d’autre que de prendre une décision économique stupide.

  • @ francis

    Je ne suis ni villepiniste, ni sarkoziste, ni rien de tout cela.

    Mon évocation du CPE est en réaction au post de margit évoquant le risque du chaudron prêt à exploser, menace qui semble justifier à ses yeux les sinuosités et les versalités présidentielles.

    Je redis. Au moment du CPE la très grande majorité autour de moi, très contrastée politiquement, soutenait ce projet, du moins dans son esprit.

    Je considère que le retrait du CPE a été une grande erreur. Quand bien des dispositions de ce projet devaient être retravaillées, le CPE valait mille fois mieux que « les emplois jeunes » socialistes.

  • Gatien a écrit:

    J’ai gagné le défi?

    Si le défi consiste à caricaturer en déformant les faits suffisament pour les faire correspondre à votre point de vue, oui c’est clair, c’est gagné. C’est bien. Ca a du vous soulager de quelque chose. Mais bon, quant à l’utilité de la chose, je ne sais pas…

  • @ Gatien

     » Préparé, professionel, capable de faire « bouger les choses », et de faire les réformes que tout le monde attends. C’est à dire : quelqu’un qui dispense de réfléchir et de se rendre compte que « les réformes que tout le monde attend » n’existent que dans l’imagination des uns et des autres, en autant de versions que d’électeurs. »

    Je ne pense pas.

    Le souvenir que j’ai de la campagne présidentielle était le constat généralisé de l’impuissance de la puissance publique dans tous les domaines qui touchent de très près à notre quotidien : l’emploi, l’insécurité, l’Education, etc., la perdition de l’idée de l’intérêt général au profit d’intérêts sectoriels. L’idée d’une surprotection des uns et d’une plus en plus grande vulnérabilité des autres.

    Mais bon, c’était il y a une éternité…

  • @véronique : la très grande majorité de votre entourage soutenait le CPE …nous ne devons pas vivre dans le même monde…

    le mien ressemble plus à celui des français, qui étaient majoritairement contre 1) la période d’essai des 2 ans, 2) les droits réduits pour les jeunes…

    vous aviez,dans votre entourage, des 18-25 ans qui étaient pour le CPE? ou contre les emploi-jeunes version 1997? Merci de me les présenter!

    enfin, le CPE est out, ce sont aujourd’hui les revenus de remplacement des accidents du travail qui sont dans le collimateur….

  • @Véronique

    « Le souvenir que j’ai de la campagne présidentielle était le constat généralisé de l’impuissance de la puissance publique dans tous les domaines qui touchent de très près à notre quotidien : l’emploi, l’insécurité, l’Education, etc., la perdition de l’idée de l’intérêt général au profit d’intérêts sectoriels. »

    Vous soulignez très exactement ce que j’évoquais. Demandez à un vrai libéral ce dont il se souvient. Il ne vous parlera probablement pas d’impuissance publique, mais plutôt d’un excès de fonction publique et de l’espoir d’un état plus « light »…

    Moi, j’avais retenu la promesse de rupture avec la francafrique, et puis j’ai vu débouler Bolloré, Bongo, Robert Bourgui…

    @Eponymus

    Expliquez moi donc ce que j’ai déformé.

  • <

    blockquote>Koz a écrit : Nicolas Sarkozy a à mon avis un positionnement centriste pour la France. Il a pris des mesures plutôt à gauche économiquement (par exemple le RSA étendu à certains jeunes), mais aussi des mesures à droite économiquement (travail le dimanche, suppression de la taxe professionnelle, taxe écologique qui est comme la TVA un « impôt de droite » car non progressif). Au final, je pense qu’il est vraiment centriste pour la France.

    Après, nous sommes d’accord que les idées de la gauche américaine ou japonaise seraient en France classées comme ultra-libérales ou même d’extrême droite.

    Nicolas Sarkozy a aussi choisi un positionnement clairement centriste, et a à mon avis la stratégie d’apparaitre comme le seul candidat crédible en 2012 N Sarkosy centriste? je ne m’imaginais pas aussi à droite que cela, pour une ancienne UDF qui croyais, en votant UDF -c’était avant Bayrou – voter pour un parti de droite modérée, en cataloguant N Sarkosy à gauche!
  • @ Véronique « Et puis, margit, de là à faire dans le dogmatisme vert « 

    Il ne s’agit pas de dogmatisme vert, mais à développer cyniquement une nouvelle branche de l’économie exportable dans le monde entier et en avance sur ceux qui courent encore après une économie construite sur l’industrie, le pétrole, le charbon et les bas couts de main d’œuvre…

  • margit a écrit:

    Il ne s’agit pas de dogmatisme vert, mais à développer cyniquement une nouvelle branche de l’économie exportable dans le monde entier et en avance sur ceux qui courent encore après une économie construite sur l’industrie, le pétrole, le charbon et les bas couts de main d’œuvre…

    Exactly…

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  • @ margit

    Au sujet de la taxe carbonne. S’il y a des économistes dans les parages.

    Est-ce possible de me décomposer le prix d’un litre d’essence ou de gaz oil en faisant apparaître le montant des taxes déjà prévelées par l’Etat, et de m’exposer l’emploi et l’usage par l’Etat de cette ressource financière existante et déjà considérable ?

  • Tara a écrit:

    voyageant beaucoup et par la force des choses, utilisant les « services » de cette catégorie de commerçants

    Cela se voit un peu dans certains de vos propos de café de commerce, je suis désolé de le dire, même si j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre long commentaire.

  • @véronique: le litre de carburant actuel comprend la TIPP dont le produit est à peu près équivalent, pour les voitues particulières au coût de l’entretien des routes, et la TVA qui concourt aux autres dépenses de l’état….

  • Polydamas a écrit:

    Cool, tu finis par ouvrir les yeux… :p

    Et voter FN pour me mettre en accord avec mes convictions catholiques ?

    NM a écrit:

    Que penser maintenant de la tentative de refondation de l’UDF (qui a un petit air, sympa cependant, de reconstitution de ligue dissoute…) ? Que penser des points marqués par Hervé Mariton ? Ou encore de la renaissance de la démocratie chrétienne ?

    Il est vrai que, par contraste, ces initiatives ne paraissent pas promises au succès, mais elles ont le mérite d’avoir une colonne vertébrale.

    @ Luc: je ne crois pas que les explications d’Eric Xoerth, que j’aime bien, suffisent à dissiper l’impression d’un curieux sens des priorités. Pourquoi n’a-t-on pas fait preuve de la même rigueur sur les niches fiscales (il ne s’agit pas de toutes les supprimer, mais il y a un sérieux ménage à faire) ? On pourrait se permettre cette réforme sur les indemnités versées aux accidentés du travail si, dans le même temps, on était aussi stricts à cet égard.

    Gwynfrid a écrit:

    Koz nous fait remarquer qu’avec la taxation des indemnités consécutives aux accidents du travail, le gouvernement paye un prix politique très élevé, pour un bénéfice fiscal très faible

    Et pour arranger le tout, il semble que cette réforme ne se fera pas dans le budget 2010, ce qui suppose que le prix politique payé soit très élevé, et le bénéficie fiscal, nul.

    Véronique a écrit:

    Je considère que le retrait du CPE a été une grande erreur.

    Le CPE était défendable. Mais il aurait fallu pour le maintenir faire preuve, là aussi, d’un autre sens politique. Villepin voulait sa confrontation sociale dont il sortirait vainqueur et auréolé de son esprit de résistance.

  • Pepito a écrit:

    Cela se voit un peu dans certains de vos propos de café de commerce, je suis désolé de le dire,

    Dois je me réjouir que certains de mes propos ne soient pas des propos de café de commerce ;-) ? (puisque certains seulement le sont…)

    Je sens comme une petite pointe, comment dire,…discriminative (sic) (?) vis à vis de ceux qui, comme moi, descendent, non pas au café mais à l’hôtel du commerce…

    « Ben quéqu’ vouvoulé qu’j'vous dise, tout le monde y sort pas de léna, même que Sarko, y paraît qui la pas fé léna… » « eh pis l’Hulot, keskila don comme diploume c’thoume pour nous donner des l’çons su’l'compost? Qu’mon p’pé y en savait pu qu’lui su la cultur, vin diou, j’vous l’dit, moué! « 

    (j’écris en phonétique « pasque » j’entends, mais « j’chai pas l’écrire » :-) )

    Blague mise à part(en fait j’entends surtout des discussions sur les derniers matchs de foot…), il est vrai que ma façon de voir la politique n’est pas celle de Sciences Po ou de l’ENA, ni même celle des économistes. Elle est sans aucun doute plus proche de celle de Mme Tout le monde. Mais le problème est qu’il y a beaucoup plus d’électeurs de mon genre: il serait bon pour nos politiques de s’en souvenir!

    Ma diatribe sur l’écologie, je peux vous l’argumenter si vous voulez (et pas genre café du commerce, mais plutôt genre « conférence internationale sur le réchauffement climatique » où M Latif, du GIEC, prévoit, par exemple, qu’ un refroidissement climatique naturel pendant les prochaines années, surpasserait le réchauffement anthropique. Ce refroidissement résulterait des variations cycliques des courants océaniques et des températures de l’Atlantique Nord qui sont connues sous le nom de NAO (Oscillation Nord Atlantique)). Mais ce n’est pas le lieu sous ce billet.

    –> sur les éoliennes :

    L’énergie éolienne ne peut-être qu’une énergie d’appoint. Elle tourne uniquement si il y a du vent. En cas de manque de vent ou d’un vent trop faible, nous sommes obligés de faire appel à de l’électricité issue de centrale thermique (charbon, fioul ou gaz).Les éoliennes ont un rendement qui varient entre 20% et 30% (Le rendement d’une éolienne est le rapport entre la puissance totale produite par une éolienne sur un an et ce qu’elle aurait produit si les conditions météorologiques avaient été optimum)…

    http://fr.ekopedia.org/%C3%89nergie_%C3%A9olienne

    Quant au solaire photovoltaïque, la fabrication est faite par  » encapsulation par feuilletage de film polymérisé à chaud d’acétate de vinyle (EVA). » L’acétate de vinyle (CH3COO – CH = CH2) est préparé, en règle générale, en phase vapeur, en faisant réagir un grand excès d’acétylène sur de l’acide acétique (200 °C) en présence de catalyseurs au zinc et au cadmium (voir Wikipédia) Ce qui est loin d’être non polluant, aussi bien en amont qu’en aval de l’utilisation.C’est vrai, mes cours de chimie sont un peu loin et je n’argumenterai pas davantage. http://www.cipcsp.com/tutorial/panneau-solaire.html

    Enfin mes commentaires sur les incohérences économiques dans le domaine de la santé, proviennent de ce que je vis quasi quotidiennement sur le plan professionnel. Il est vrai que mes collègues et moi mangeons souvent au bistrot du coin (avec un café abaissé à un euro contre 1,10 euro auparavant…seulement le lundi midi, seule baisse généreusement accordée grâce à la TVA ramenée à 5,5%). Et ce bistrot ne s’appelle pas le Café du Commerce, mais le Café de Paris. Ceci explique cela, sans aucun doute ;-)

    Ceci dit bon week end et sans rancune, j’espère, ni d’un côté, ni de l’autre.

  • Liberal a écrit:

    Taxer les gros lots au loto ne changerait sans doute pas drastiquement l’espérance de gain et ferait cesser une vraie incohérence. Celle qui consiste à subventionner quelqu’un qui n’a strictement rien fait d’autre que de prendre une décision économique stupide.

    Vous êtes un drôle de libéral ! La bonne analyse de l’achat d’un billet de loto, c’est l’achat de quelques minutes de frisson à l’idée que l’on pourrait gagner. Certains préfèrent cela à payer un billet de cinéma pour aller voir un film d’action.

    Personnellement je n’ai du goût ni pour l’un, ni pour l’autre, mais je ne vois aucune raison de surtaxer les premiers, sinon que c’est plus facile, ce qui est, je vous l’accorde, une bonne raison !

  • Aristote a écrit:

    Je ne comprends pas pourquoi ma mort devrait autoriser l’État à se saisir de mes biens, pour tout ou partie.

    « Rien en ce monde ne peut être tenu pour certain, si ce n’est la mort et les impôts » (Benjamin Franklin – merci à quotationspage.com). Mais, je vous rassure sur un point: une fois mort, vous ne posséderez plus aucun bien quel qu’il soit, et serez donc exempt de l’impôt. Je suis sûr que cette perspective vous enchante ;-)

    Liberal a écrit:

    C’est très français de raisonner comme ça Gwynfrid.

    Pas du tout. Très française, au contraire, est la décision de baisser la TVA pour la restauration. La culture française fait de l’État le successeur naturel du souverain absolu : un pouvoir qui distribue ses bienfaits, par exemple en exemptant d’impôt tout individu ou groupe qui lui paraît suffisamment méritant – ou influent.

    (Je vous accorde cependant que ma remarque sur le coût/bénéfice politique était vue par le petit bout de la lorgnette. Je me suis juste amusé à faire un parallèle plutôt anecdotique entre les deux décisions.)

    Liberal a écrit:

    Vous ne tenez compte que du bénéfice ou de la perte pour le trésor public, et absolument pas du bénéfice ou de la perte pour la société.

    Ça, c’est une vision plutôt américaine: l’État est perçu comme un parasite, et l’impôt comme intrinsèquement dommageable à la société.

    Pour ma part je ne vois en l’État ni un ange ni un démon. C’est juste l’organisation au travers de laquelle nous décidons d’agir collectivement plutôt qu’individuellement. Son argent, comme le dit Uchimizu, c’est le nôtre: la question qui devrait nous préoccuper le plus est de savoir s’il est dépensé efficacement, s’il ne vaudrait pas mieux le faire individuellement, et sinon, quelle est la solution collective la moins chère pour un objectif donné. Français, nous ne nous en soucions guère, tout occupés que nous sommes à exiger chacun notre petite niche fiscale, ou l’abolition de celles des autres (seulement celles des autres, bien entendu).

    Liberal a écrit:

    La question vraiment importante est de savoir si la société dans son ensemble est mieux ou moins bien lotie si elle donne 1 milliard à l’Etat (qui le réinjectera dans la société) ou si elle le garde et l’utilise à son gré.

    Vous en savez plus que moi en économie, et je trouve donc étonnant que vous vous contentiez d’une description aussi simpliste. La question que vous posez est valide en général, mais dans le cas qui nous occupe, le milliard en question, ou, plus exactement, les 2,5 milliards, n’ont été ôtés que des recettes de l’État. Les dépenses sont inchangées, ce qui signifie que l’Éat a dû prélever les sous de la société d’une autre façon – l’emprunt, naturellement. Autrement dit, des impôts futurs. En baissant la TVA sur la restauration, l’État n’a pas rendu d’argent à la société: il l’a pris dans les poches de tous, pour le mettre dans celles de quelques-uns.

    Tant qu’à prélever des impôts, il me semble qu’un Liberal conséquent devrait souhaiter le faire de façon à introduire le moins possible de distortions dans l’économie. Lorsqu’on taxe une activité, on décourage cette activité. En France, on taxe beaucoup le travail, et votre dernier billet affirme, de façon convaincante, qu’ainsi on encourage le chômage.

    Symétriquement, si on baisse les taxes pesant sur une activité, on l’encourage. Expliquez-moi, voulez-vous, quel bénéfice la société trouve à encourager les repas au restaurant ? Plutôt que les repas pris à la maison ? Plutôt que toute autre activité de loisir ? Plutôt que toute autre activité exigeant beaucoup de main d’oeuvre ?

    Liberal a écrit:

    Taxer les gros lots au loto ne changerait sans doute pas drastiquement l’espérance de gain et ferait cesser une vraie incohérence. Celle qui consiste à subventionner quelqu’un qui n’a strictement rien fait d’autre que de prendre une décision économique stupide.

    Mais taxer les gros lots découragerait le jeu. Activité certes pas très maligne, mais pas vraiment plus néfaste qu’une autre. J’ai tendance à voir le loto comme un impôt volontaire. Il n’est sans doute pas nécessaire d’y ajouter davantage de prélèvements. Cela risquerait de se solder par moins de recettes pour l’État au bout du compte. Et moins de recettes, en France, ça veut dire qu’il va bientôt falloir créer de nouveaux impôts…

  • « Le loto est l’impôt des cons » … Coluche.

    Les joueurs de loto sont déjà imposés, certes, pas au niveau de leur gain, mais chaque joueur paie déjà volontairement sa dime à l’état.

  • Gwynfrid a écrit:

    J’ai tendance à voir le loto comme un impôt volontaire.

    C’est Talleyrand je crois qui appelait la Loterie : « l’impôt des idiots ».

  • @ François

    J’ai lu que la « TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers ) rapporte environ 25 milliards d’euros par an aux finances publiques  » (wikipédia).

    N’est-ce pas possible d’affecter une part de ces 25 milliards au résultat « espéré » par le gouvernement avec la taxe carbonne ?

    Autrement dit, pourquoi instituer une taxe supplémentaire alors que l’Etat prélève déjà une taxe sur les produits polluants ?

    Mes questions apparaissent sans doute trop simples mais elles rejoingnent la position de Gwynfrid post 50:

    « Pour ma part je ne vois en l’État ni un ange ni un démon. C’est juste l’organisation au travers de laquelle nous décidons d’agir collectivement plutôt qu’individuellement. Son argent, comme le dit Uchimizu, c’est le nôtre: la question qui devrait nous préoccuper le plus est de savoir s’il est dépensé efficacement, s’il ne vaudrait pas mieux le faire individuellement, et sinon, quelle est la solution collective la moins chère pour un objectif donné. »

  • « Autrement dit, pourquoi instituer une taxe supplémentaire alors que l’Etat prélève déjà une taxe sur les produits polluants ? »

    Ce serait peut-être plus clair si l’on parlait de « loi carbone » plutôt que « taxe carbone », car si l’on croit les annonces, cette loi ne fera pas entrer un euro dans les caisses de l’état, la partie « taxe » étant compensée par la partie « chèque vert » (reste à savoir si cet équilibre va être maintenu longtemps vu les déficits creusés par ce gouvernement).

    Je trouve ce mécanisme pas idiot. Sarkozy a bien fait de piquer cette idée aux verts.

  • Alexis Brézet a déjà (bien) exprimé dans le FigMag cette espèce de vague à l’ âme qu’ éprouvent certains électeurs de Sarkozy:

    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/09/19/01006-20090919ARTFIG00204–l-ecume-des-joutes-.php

    Je vois que pas mal ici parlent à nouveau de la taxe carbone. Elle me fait râler comme étant une abdication devant le terrorisme intellectuel des réchauffistes. Allez voir là un peu :

    http://www.pensee-unique.fr/index.html

  • Gwynfrid a écrit:

    Ça, c’est une vision plutôt américaine: l’État est perçu comme un parasite, et l’impôt comme intrinsèquement dommageable à la société.

    Vous êtes gonflé Gwynfrid. C’est moi qui vous dis que dans l’impôt il y a du moins (la ponction sur la société) et du plus (l’utilisation de l’impôt au profit de la société) en réponse à votre commentaire qui ne tenait compte que du plus et vous me reprochez maintenant de ne voir que le moins.

    Gwynfrid a écrit:

    Les dépenses sont inchangées, ce qui signifie que l’Éat a dû prélever les sous de la société d’une autre façon – l’emprunt, naturellement. Autrement dit, des impôts futurs.

    Tant qu’on continuera de voir les dépenses comme une contrainte exogène, sur laquelle on n’a pas de prise, on ne s’en sortira pas. L’emprunt sera sans doute en grande partie remboursé par une baisse des dépenses futures autant que par une hausse des impôts futurs.

    Gwynfrid a écrit:

    En baissant la TVA sur la restauration, l’État n’a pas rendu d’argent à la société: il l’a pris dans les poches de tous, pour le mettre dans celles de quelques-uns.

    Vous avez raison. Dans chaque impôt, dans chaque dépense publique, il y a du plus et du moins. Et généralement ce ne sont pas les mêmes personnes.

    Gwynfrid a écrit:

    Tant qu’à prélever des impôts, il me semble qu’un Liberal conséquent devrait souhaiter le faire de façon à introduire le moins possible de distortions dans l’économie.

    Bien d’accord avec vous. Je ne suis pas un fan de la baisse de la TVA sur la restauration, je souhaitais seulement souligner que cette mesure n’a rien de spécifiquement sinistre par rapport à toutes les mesures catégorielles. Par exemple, tout le monde et sa mère semble être horrifié par Hadopi qui est une usine à gaz construite au bénéfice des méchants majors; mais personne à ma connaissance ne conteste le taux de TVA préférentiel dont bénéficient ces mêmes majors. Pourquoi faut-il subventionner Orelsan, Titeuf et Yamakazi?

    Gwynfrid a écrit:

    Expliquez-moi, voulez-vous, quel bénéfice la société trouve à encourager les repas au restaurant ? Plutôt que les repas pris à la maison ? Plutôt que toute autre activité de loisir ? Plutôt que toute autre activité exigeant beaucoup de main d’oeuvre ?

    Quitte à subventionner un secteur, celui-là ne me semble pas mal choisi. Forte création d’emploi, faibles investissements, faibles barrières à l’entrée, faible concentration. Il n’y a pas beaucoup de secteurs qui permettent à n’importe qui de se mettre à son compte, sans prérequis de dipôme ou de compétences fortes.

  • « Quitte à subventionner un secteur, celui-là ne me semble pas mal choisi. Forte création d’emploi, faibles investissements, faibles barrières à l’entrée, faible concentration. Il n’y a pas beaucoup de secteurs qui permettent à n’importe qui de se mettre à son compte, sans prérequis de diplôme ou de compétences fortes. »

    Sans parler du fait que la restauration fait partie de nos domaines d’excellence de renommée mondiale et que le tourisme est un de nos secteurs le plus porteur …

  • @ Erick:

    Erick, allez voir en Afrique de l’Est si le réchauffisme est une abstraction.

    Des troupeaux décimés, 20 millions de personnes affamées, le programme alimentaire mondial complètement dépassé…

  • @ margit:

    Qu’un Etat en déficit chronique, incapable de réduire ses dépenses globales baisse ses impôts révèle une certaine inconsistance.

    Combien d’emplois gagnés ou sauvés grâce la baisse de TVA dans la restauration ?

    Prenons l’hypothèse de 10 000 emplois :

    Cela nous met le coût d’un emploi sauvé à … 200 000 euros !

  • « la partie « taxe » étant compensée par la partie « chèque vert » (reste à savoir si cet équilibre va être maintenu longtemps vu les déficits creusés par ce gouvernement). »

    Bon… mon enthousiasme a été vite douché, et mon commentaire invalidé par Voerth.

    La taxe carbone, puisque c’en est une en définitive, sera utilisée pour compenser la supression de la taxe professionelle.

    Je retire du même coup mes félicitations à Sarkozy. Pour une fois que je concédais un compliment…

  • Liberal a écrit:

    Vous êtes gonflé Gwynfrid. C’est moi qui vous dis que dans l’impôt il y a du moins (la ponction sur la société) et du plus (l’utilisation de l’impôt au profit de la société) en réponse à votre commentaire qui ne tenait compte que du plus et vous me reprochez maintenant de ne voir que le moins.

    Bon, admettons que votre vision de la question soit équilibrée entre le plus et le moins. En relisant vos remarques (com no. 32), je me dis qu’il y avait de quoi s’y tromper, quand même.

    Liberal a écrit:

    Tant qu’on continuera de voir les dépenses comme une contrainte exogène, sur laquelle on n’a pas de prise, on ne s’en sortira pas.

    +1. C’est pourquoi il est abusif de prétendre réduire le poids de l’État sous prétexte qu’on a baissé un impôt, sans avoir mis en face une diminution de dépenses.

    Liberal a écrit:

    Je ne suis pas un fan de la baisse de la TVA sur la restauration, je souhaitais seulement souligner que cette mesure n’a rien de spécifiquement sinistre par rapport à toutes les mesures catégorielles.

    Ah. Alors votre défense de cette mesure, c’est qu’elle n’est pas pire que les autres mesures anti-libérales déjà existantes ?

    Et d’ailleurs, elle a bien quelque chose de spécifiquement néfaste : elle est nouvelle. Elle rajoute une niche fiscale, une distortion économique supplémentaire, un tuyau de plus à l’usine à gaz. Et cela rendra encore plus difficile toute réforme que pourrait tenter ultérieurement un gouvernement un peu plus responsable, sur le plan fiscal, que l’actuel.

    Liberal a écrit:

    Il n’y a pas beaucoup de secteurs qui permettent à n’importe qui de se mettre à son compte, sans prérequis de dipôme ou de compétences fortes.

    Hum. Je me demande si les premiers intéressés seraient d’accord avec votre description…

    margit a écrit:

    Sans parler du fait que la restauration fait partie de nos domaines d’excellence de renommée mondiale et que le tourisme est un de nos secteurs le plus porteur …

    Vous êtes en plein dans le mille: si ce secteur est tellement excellent, il n’a que faire de subventions !

  • @hervé

    Plusieurs remarques :

    1- la famine de l’Afrique de l’est est due à la sécheresse. Même s’il fait chaud en Afrique de l’est, il ne faut pas confondre sécheresse et réchauffement.

    2- si vous aviez pris la peine de consulter le lien donné par Erick, vous auriez constaté :

    –> que ce qui domine chez les sceptiques n’est pas tant le réchauffement évident de ces dernières années que la cause dudit réchauffement.

    –> que ces scientifiques (tous aussi nombreux que ceux du GIEC) ont pu démontrer que le « réchauffement » n’était d’une part pas aussi important que prévu, mais qu’il n’était vraisemblablement pas du au CO2

    –> que ces scientifiques (et maintenant même certains appartenant au GIEC, ce qui est une avancée non négligeable), se basant sur des courbes scientifiques sophistiquées voient – objectivement- que la courbe de température amorce une baisse après une stabilisation, et qu’il est vraisemblable que nous entrions dans une phase de baisse généralisée de la température du globe

    –> qu’il s’avère que la couche de glace des pôles semble (d’après les mesures) augmenter considérablement d’épaisseur – bien sur en hiver de l’hémisphère considéré. (même aux pôles, la température augmente pendant leur été. Qui l’eût cru?)

    –> qu’en conséquence, les températures devraient revenir à l’état que nous connaissions à notre génération , ou tout au plus environ 0,3°C supplémentaire, ce qui est loin des 3 voire 6°C annoncés à grands renforts de publicité

    –> enfin, qu’en conséquence, l’Homme n’est pas maître de la nature, ce qui, somme toute est fortement réjouissant, même si un jour, la Terre verra sa température augmenter, comme cela a déjà été le cas, puis fortement diminuer, comme cela a été également le cas, au détriment des conditions favorables à la vie sur terre de l’homme.

    Ceci n’empêche certes pas d’avoir des gestes responsables envers la nature et d’éviter de polluer. Mais la taxe carbone (surtout totalement reversée, qui plus est aux plus pollueurs – agriculteurs, transporteurs routiers, utilisateurs de véhicules personnels pour aller travailler…- )est du pur populisme et certainement pas une mesure écologique.

    Écologiste sans aucun doute. Mais il faudrait cesser de confondre politique et écologie. Ce serait profitable pour tous et éviterait des mesures fiscales qui sont instaurées uniquement pour des raisons électoralistes.

    Et il serait souhaitable que nous lisions les différentes théories scientifiques proposées et non pas uniquement celles qui nous conviennent. Cela permettrait peut être de diminuer l’influence des différents lobbies de toutes sortes.

    Il est indéniable que sur un plan économique, la création de ces nouvelles énergies -pas franchement moins polluantes que les autres si on analyse scientifiquement leur mode de fonctionnement ou leur fabrication- devrait créer des emplois, donc avoir un impact sur les salaires, la consommation et donc la croissance.

    Permettez moi, cependant, de douter de l’impact uniquement humain sur le dérèglement climatique. (là encore, il ne faudrait pas confondre dérèglement climatique et réchauffement)

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