Notre avant-guerre

C’est une femme dans la quarantaine, rencontrée dans une chambre d’hôpital. Elle est ukrainienne, évacuée d’un hôpital de Kyiv aux premiers jours de l’agression russe. Son mari a été tué il y a un an à peine, à Bakhmout. Sur les photos qu’elle accepte de me montrer, apparaît un homme jeune, souriant, en treillis, armé. Remontant le temps, lui encore, toujours en treillis mais entouré d’enfants dans une classe. Avant d’être enseveli dans le Verdun ukrainien, il était professeur de musique et enseignait la bandoura. Lui de nouveau, en vidéo, cheveux plus longs, chantant l’hymne ukrainien, Chtche ne vmerla Ukraini. Et plus loin, plus tôt, tous les deux, jeune couple enlacé voyageant en Europe de l’Est. Quittant sa chambre, pensant à elle, je répète cette phrase : « son mari est mort à la guerre ». Phrase consacrée, venue d’autres temps, d’autres lieux, pour ressurgir dans mon quotidien.

En Grande-Bretagne, le général Patrick Sanders, chef d’état-major, a décrit la génération actuelle comme la génération d’« avant-guerre ». Ses homologues suédois et norvégiens, le ministre de la Défense allemand, l’amiral néerlandais Rob Bauer, président du comité militaire de l’Otan, ont émis de mêmes alertes. La simultanéité de ces interventions appelle délibérément à un sursaut des opinions publiques. Car c’est une éventualité que nous ne pouvons pas écarter : nous sommes peut-être bien aujourd’hui cette génération d’avant-guerre.

Avec un sens aigu des priorités nationales, de tous les réarmements énumérés par Emmanuel Macron dans sa conférence de presse, les réarmements militaires et civiques sont ceux dont nous avons le moins débattu. Il faut dire que le terme ne se prêtait pourtant pas aux litanies et autres florilèges rhétoriques, au risque de dévaluer les vraies menaces. Face à cette menace, il ne doit y avoir ni déni ni panique (ni collaboration) mais une préparation résolue des armées et des opinions publiques. La guerre est une possibilité et la meilleure manière de l’éviter reste encore de l’anticiper. D’aucuns, pour se rassurer, s’emploieront à minimiser le risque. Il leur faut lire la tribune de l’historienne Françoise Thom, parue dans La Croix le 15 janvier dernier, qui décrit de façon très convaincante la longue marche hostile de Vladimir Poutine contre l’Occident, maître absolu d’une Russie « pétrie de ressentiment » et « qui ne sait plus que produire des armes ». On se souviendra aussi, pour mieux saisir la nature du régime, de la tribune d’Yves Hamant, professeur émérite de civilisation russe et soviétique, parue dans Le Monde le 21 mars 2022. Il y détaillait le recours constant de Poutine à un registre de vocabulaire russe, le mat, violent argot des malfrats et l’invocation par Sergueï Lavrov du terme de poniatiya, initialement réservé au code des caïds du milieu carcéral. La guerre vient de loin, et nous avons encore le temps de l’éviter. Si vis pacem…

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21 commentaires

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  • Un bon article bien charpenté.
    Il faut effectivement se préparer au pire, qui peut venir d’ailleurs que de la Russie de Poutine,
    En cas de conflit généralisé la France ne peut être qu’un allié important, mais mineur, des Etats-Unis , si elle poursuit ses efforts de réarmement, sans céder à la tentation du perfectionnisme á tout prix, ni à celle d’une rusticité inefficace.

    En tout cas il est important de conserver l’OTAN,, en ce qu’elle est source de méthodes communes et d’interopérabilité matérielle, malgré tous ses défauts, et rend les européens capable d’opérer ensemble presque sans préavis, éventuellement et momentanément sans le grand allié américain, pour peu qu’existe une volonté politique. Ceci est vrai au moins pour les forces navales.

    Merci encore.

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  • C’est un bon sujet de reflexion : comment la France peut-elle envisager un engagement contre une puissance de l’Indo-Pacifique , par exemple autour de nos Outre-mer ? S’est si loin ! Nous sommes si peu nombreux… (et si vieux) ! Et pourtant, notre souveraineté serait directement en jeu.

    Bien sûr, il y a l’Europe : c’est une grande puissance diplomatique et économique. Mais, hormis la France, c’est un nain militaire. En cela, l’Europe contribue activement à ne pas prévenir aujourd’hui la guerre de demain !

    Il y a aussi nos alliés, principalement les Etats-Unis ; mais au rythme où s’arme l’Asie, combien de temps pourront-ils empêcher le franchissement de la ligne rouge ? Les alliés sont-ils prêts, pour la liberté de Taïwan, à faire autre chose que des sanctions économiques (dont nous serions les premiers pénalisés)…

    Les leçons du COVID, et même de l’Ukraine, sont déjà loin…

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    • Avant même de songer à l’Indo-Pacifique, songeons à l’Europe. La guerre est déjà sur le continent, cantonnée aujourd’hui à la partie ukrainienne, mais le régime poutinien est de ceux qui ne se maintiennent que par la poursuite de l’affrontement. Avons-nous seulement les moyens de nous défendre ? C’est la question véritable.

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      • Pour rappel le régime poutinien se maintenait depuis 22 ans avant la guerre en Ukraine. La guerre en Ukraine est plutôt un risque de déstabilisation pour Poutine car aucune opinion publique ne se satisfait de la guerre quand ses propres enfants y meurent.

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        • Il n’y a aucun « rappel », en la matière. Votre propos ne s’appuie sur rien, et manifestement pas sur une connaissance du régime de Poutine. Pas plus que sur la manière dont des régimes de cet ordre se maintiennent. Sans compter que Poutine a cru qu’il allait s’emparer de l’Ukraine en 1 semaine et que l’Occident s’écraserait, comme pour la Crimée, comme pour le Donbass, comme pour la Géorgie (autant pour l’OTAN premier agresseur, au passage). Manifestement, il ne l’a pas vu venir, le risque de déstabilisation.

          In fine, si vous ne voulez pas lire Françoise Thom (dont j’ai tendance à penser que les analyses s’appuient sur une connaissance un peu plus fine de la Russie), lisez Poutine.

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          • Dire que la guerre n’a commencé qu’avec l’Ukraine, c’est n’avoir aucune idée de l’histoire contemporaine : Tchétchénie (1999-2009), Géorgie (2008), Syrie (à partir de 2015)… et sans compter l’ensemble de la répression plus ou moins militarisée en Russie même.

  • Décidément, ça ne vous lâche pas cette obsession de la guerre…A l’unisson avec les média de nos contrées (et les officiers de l’OTAN que vous citez d’ailleurs). Quelle tristesse et quelle désolation – à l’image de la situation de ce couple ukrainien que vous décrivez.
    En effet, comment peut-on raisonnablement croire qu’une guerre peut s’envisager entre des blocs/puissances nucléaires ? Comment ne pas voir que toutes les tribunes de presse que vous citez, tout comme le vocabulaire employé par notre cher président, ne sont qu’appels aux armes plus ou moins déguisés ? Franchement désolant.
    J’aurai aimé qu’au moins vous appeliez à un débat à l’Assemblée Nationale,si toutefois cette représentation dont on arrive bien à se passer à coup de 49.3 et de conseil constitutionnel a encore un sens…. Qui se fera l’apôtre de la paix dans ce monde devenu fou ?

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    • Ce qui, vous, ne vous lâche pas, c’est votre aveuglement (sans compter qu’appeler à un débat à l’AN, dans une chronique, serait d’un ridicule achevé). Renseignez-vous un peu sur le régime auquel nous faisons face. Si cela a une chance de vous ouvrir les yeux sur les chances d’obtenir la paix face à un régime dont la guerre est la raison d’être – et d’y faire face avec des pays largement démilitarisés en comparaison de notre ennemi… Au moins on ne peut vous reprocher de ne pas vous situer dans une longue tradition française de complaisance et de naïveté.

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      • Des cousins vivant à Moscou ne voient pas la Russie comme notre ennemi. Des neveux officiers que l’on prépare à une guerre de haute intensité ne la souhaitent pas non plus. D’ailleurs je ne savais pas que la Russie était notre ennemi et que nous lui faisions la guerre…d’où l’importance d’un débat, surtout quand on flirte avec la co-belligérance. Et il n’est pas ridicule qu’un chroniqueur (d’un journal intitulé « La Vie » de surcroit !) en appelle à un débat national nécessaire, avant même d’appeler aux armes. Je respecte vos opinions, et c’est pourquoi je vous lis et vous commente de temps à autre, cela ne semble pas votre cas quand vous me traitez d’ « aveugle, complaisant et naif ». Ne manque plus que le qualificatif de collabo, et on aura atteint le point godwin.
        Bref, là où nos opinions divergent le plus, finalement, c’est sur la place qu’il faut donner au dialogue, jusque dans les désaccords et y compris avec des pays puissants et belliqueux, tels que la Russie peut l’être dans son aventure ukrainienne, ou tels que les US dans leur soutien à des guerres sans fin.

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        • « Des cousins vivant à Moscou ne voient pas la Russie comme notre ennemi. »

          Eh bien… sans blagues, dirais-je.

          Quant à respecter mes opinions, ce n’est pas exactement ce que je lis quand vous écrivez : « décidément, ça ne vous lâche pas »… « cette obsession de la guerre ». Si c’est votre conception du respect, je comprends nos divergences. Quant à « appeler aux armes », soyons sérieux un instant. Se donner les moyens de faire face à une agression potentielle, ce n’est pas appeler aux armes. Là aussi, vous avez d’étranges manières de raisonner.

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          • Merci de cette réponse. S’il s’agit de se donner les moyens de se défendre, que proposez-vous donc ?
            La doctrine de dissuasion (à laquelle mon propre père a participé de près) n’est-elle pas le summum de ce que l’on puisse envisager dans un tel contexte ? Qui peut croire qu’un pays aussi grand que la Russie et avec la démographie qui est la sienne irait se risquer plus à l’Ouest en mode conventionnel ?…ou se risquer à un conflit nucléaire dont chacun sait qu’il ne serait que le début de la fin – et auquel cas toute armée conventionnelle, quel que soit son armement, ne sera plus d’une grande utilité- ?
            Pour ma part, je reste convaincu qu’il faut négocier au plus vite un arrêt des hostilités : tous, ukrainiens exsangues, européens/américains démotivés et agresseur russe affaibli compris, y ont intérêt. Cela ne règlerait pas forcément le problème posé par l’invasion territoriale ni les abus du régime russe actuel, mais cela économiserait des vies, sans aucun doute.
            Et que l’expression de cette opinion ne m’assimile pas à un poutiniste : je ne me méfie de toutes les sortes de « istes », y compris quand ils sont de chez nous, mis à part l’étiquette « pacifiste » que je revendique volontiers.
            Préparer la paix, c’est certainement tendre la main à l’autre – quand bien même l’exercice est difficile.

          • @ Cube : Pour l’histoire, je ne sais pas comment fonctionnent vos neveux, et où ils étudient pour devenir officiers, mais un cousin (marié à une russe, dans une famille russophile et russophone), officier de l’armée française, me disait (fin 2021) qu’environ un tiers des échanges de l’armée portait sur les agissements russes en tant que puissance hostile. Cf. l’Afrique subsaharienne, par exemple.

            Par ailleurs, il faut arrêter avec le mot de cobelligérance, qui avait été utilisé en 1939 pour se partager la Pologne par les joyeux lurons allemands et soviétiques. Si vous pensez qu’on est dans ce contexte, ouvrez les yeux.

    • Je réponds à votre dernier commentaire. Deux observations :

      1) Le pacifisme est intéressant, mais il est à manier à bon escient. Le pacifisme béat des années 30 ne me fait pas envie. Et je crains que vous ne raisonniez de façon bien théorique, sans prendre en compte sérieusement le régime auquel nous sommes opposés. Le régime de Vladimir Poutine est un régime issu à la fois du soviétisme et du monde carcéral. Face à un caïd, toute marque de faiblesse est une invitation à la violence. Vous aurez noté, par exemple, les déclarations de Poutine à Tucker Carlson : pour lui, la Pologne est responsable de la 2GM pour ne pas avoir laissé d’autre choix à l’Allemagne nazie que de l’envahir, alors qu’il était évident qu’elle l’emporterait. Si l’on suit sa logique, Hitler, c’est lui. C’est un peu le genre d’homme auquel vous préconisez de « tendre la main ».

      Un autre commentateur me qualifiait de « va-t’en-guerre ». Si c’est va-t’en-guerre que de vouloir s’asseoir dans le concert des Nations avec les moyens de se faire entendre et d’éviter l’affrontement, alors nous sommes dans une drôle d’inversion du raisonnement.

      Ceci est d’ailleurs assez peu en accord avec votre deuxième point, sur la dissuasion nucléaire. Nous aurions dû, dans ce cas, nous abstenir de nous armer.

      2) La dissuasion nucléaire, précisément… Elle dissuade d’utiliser… l’arme nucléaire. Elle ne dissuade pas d’engager un conflit conventionnel. En témoigne précisément la guerre en Ukraine. Si Poutine a été dissuadé d’employer une bombe nucléaire, même tactique, il ne semble pas qu’il ait été dissuadé d’agir autrement. Bien sûr, parce que l’Ukraine n’était pas membre de l’OTAN. Néanmoins, si la Russie attaquait l’un de ses membres, la question serait similaire. La Russie serait vraisemblablement dissuadée d’utiliser l’arme nucléaire, pas d’attaquer.

      Et, soit dit en passant, Poutine dispose d’un avantage sur nous en termes de dissuasion. Avec lui, personne n’est prêt à mettre sa main au feu qu’il n’utilisera jamais l’arme nucléaire. Si Emmanuel Macron menace de vitrifier Moscou, je doute qu’on le croie de la même manière.

      Alors, du pacifisme des années 30 à l’abri derrière la ligne Maginot, je ne crois pas que vos positions soient de nature à protéger la France, et préserver la paix.

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  • Même si je pense que l’OTAN est le véritable fauteur de guerre en Ukraine, je suis d’accord qu’il faut se préparer à une guerre possible, qu’elle soit contre la Russie ou contre un autre et qu’il faut donc prendre les mesures adéquates. En revanche, il ne faut pas se tromper d’ennemi ni défendre les intérêts belliqueux qui ne sont pas les nôtres.

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    • Je ne suis plus surpris, seulement très attristé de constater comme la propagande russe, via ses petits relais en France, a pu retourner la tête d’autant de Français. « L’OTAN, véritable fauteur de guerre en Ukraine »… A vous aussi, je conseillerais la lecture de Françoise Thom, entre autres.

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      • Monsieur Koz, on peut retourner vos arguments contre les vôtres. Pourquoi serais je plus sujet à la propagande Russe que vous ne le seriez de la propagande Otanienne/américaine ? Ce n’est pas un argument. Souffrez que l’on puisse être d’une autre opinion que la vôtre pour des raisons aussi valables que les vôtres. Je ne nie pas que Poutine n’aime pas l’occident. Souffrez également qu’on puisse ne pas nous aimer. Je dis juste que l’OTAN et l’Union Européenne comme relais de sa politique étrangère a causé la guerre en Ukraine. C’est tout. En quoi ai-je tort ? Si vous courtisez la femme de votre voisin et que celui-ci vous met son poing dans la figure, pouvez vous vous plaindre du coup ? Merci pour les conseils de lecture.

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        • Ne vous inquiétez pas pour moi. Pour souffrir, je souffre, de lire ce genre de choses.

          Je ne vous convaincrai pas. Mais lire des énormités telles que le fait que l’OTAN serait « le premier agresseur » ne peut que relever de la propagande russe. AU mieux, les Russes reprochent à l’OTAN d’avoir voulu s’étendre à l’Est. La réalité concrète est que la Russie a déclenché l’agression. Nier cette réalité factuelle, c’est déjà perdre pied avec la réalité.

          Quant au fait de considérer que l’alliance dont notre pays fait partie serait premier agresseur face à la Russie, contre l’évidence même, cela relève d’une disposition d’esprit qui ne relève plus de l' »avis » aujourd’hui et qui devrait vous interpeller spontanément. Que l’on ne prenne pas nécessairement le parti de son pays, cela peut se concevoir. Trop de patriotisme peut aveugler. Mais que l’on prenne le parti du camp d’en face – quand celui-ci, de surcroît, a les caractéristiques du régime de Poutine – sans que cela suscite une réaction instinctive, cela relève de la haine de soi, pour ne pas dire de la trahison.

          Et quand on sait que vous votez Le Pen, que voulez-vous que je vous dise. Bien sûr que vous êtes perméable à la propagande poutinienne.

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          • @ Verger : je crois qu’on peut en revenir au débat sur le début de la Première Guerre mondiale entre Français et Allemands : rappelez -moi, qui a envahi la Belgique ?

            Et là… qui a envahi l’Ukraine ?

  • Cher Erwann, si vous me permettez de vous appeler ainsi, merci pour votre lucidité calme, loin des vociférations des réseaux sociaux et des médias qui s’en sont rendus dépendants. Je crois comme vous que la guerre rôde et va nous prendre à la gorge ici ou là, très vite ou un peu plus tard, mais bientôt. La Russie de Poutine est une machine de guerre, comme on l’a vu depuis la Tchétchénie. Elle ne sait faire ni produire autre chose.
    Quelques mots encore pour vous remercier de votre tribune dans Le Figaro ce vendredi. Un chrétien se sent souvent bien seul. Ce que vous faites rassure et encourage.

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    • Merci une fois encore pour votre soutien, Patrick (je vous autorise donc à m’appeler Erwan 😉 ). Je vois que nous sommes de nouveau en accord sur ces deux sujets et cela m’encourage également. Il m’arrive aussi de me sentir bien seul mais la réaction autour de la tribune que vous évoquez m’a un peu rassuré. Il fallait, peut-être, un point de ralliement pour pouvoir exprimer son indignation.

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  • Pour information, il y a l’un ou l’autre commentaire que je refuse de publier ici. La France a encore identifié des réseaux de désinformation russe ces derniers jours et, sans prétendre que les commentateurs concernés en fassent partie, ce qu’ils relaient y participe, voire en est directement issu. Pour ma part, je ne souhaite en aucun cas en être un relais indirect par mon blog, pas plus que de perdre de mon temps à répondre à des allégations aussi fantaisistes que graves. Il y a bien d’autres espaces pour que cette propagande s’épanouisse. Ce ne sera pas le cas chez moi

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