Dire du bien

Le texte prévoyant la possibilité de bénir des couples de personnes homosexuelles interpelle les Églises locales, suscitant parfois le rejet du propos voire la cabale contre son signataire. Prenons ceci pour acquis : ni l’air du temps, ni les fautes commises par ses membres ne doivent imposer à l’Église catholique son message. Elle doit assumer d’être « signe de contradiction » dans la société, au prix de la relégation, de la persécution parfois. Soit dit en passant, puisque certains invoquent le cas de l’Afrique pour souligner le caractère inopportun de Fiducia supplicans, on serait tenté de leur suggérer ceci : inviter les évêques africains à avoir le courage, au nom de l’Évangile et du catéchisme, d’être précisément signes de contradiction en dénonçant les lois qui condamnent des personnes à la prison en raison de leur homosexualité. Si cette proposition trouble ces évêques, est-ce véritablement au nom de l’Évangile qu’ils se prononcent ?

On en conviendra également : les fautes commises par l’Église, dont trop de membres ont perpétré ou couvert des crimes sexuels, ne peuvent cependant pas la réduire au silence. Nos propres fautes ne nous empêchent pas de discerner ce bien que nous ne faisons pas, comme l’écrivait saint Paul. Il en va en partie de même à titre institutionnel. Mais Fiducia supplicans n’intervient pas en n’importe quelle matière.

Il serait naïf ou inconséquent d’imaginer que l’Église puisse se prononcer encore en matière de morale sexuelle sans prendre en compte le contexte dans lequel s’intègre sa parole. Lorsque l’on a laissé des prédateurs sexuels, prêtres, évêques ou cardinaux, consacrer publiquement le corps du Christ sur l’autel, on ne doit pas s’étonner que la pusillanimité avec laquelle on accueille l’amour sincère de deux personnes puisse susciter l’incompréhension voire la colère. Ils existent, ces couples homosexuels fidèles, forts dans les épreuves, et l’on s’étonnerait que Dieu ne dise pas du bien de l’amour et du secours qu’ils se portent. Avouons aussi une franche irritation devant l’indignation à géométrie variable de certains clercs et fidèles, bien silencieux hier lorsqu’il s’est agi de lutter contre les crimes sexuels dans l’Église mais aujourd’hui activement mobilisés contre la perspective de simples bénédictions, en dehors du mariage.

Osons le dire aussi : l’intransigeance renforcée de certains dont, pour faire court, on connaît le goût exacerbé des dentelles a cessé de faire sourire. La grande sensibilité de la question homosexuelle dans l’Église n’est pas que le reflet de son omniprésence dans la société occidentale actuelle : elle est aussi la marque d’une question mal gérée en son sein, qui en interdit encore une approche saine et sereine.

Peut-être une humilité renouvelée permettrait-elle d’accepter sans défaillir la possibilité point trop ambitieuse de bénir ensemble des personnes qui font montre d’un amour sincère entre elles et pour Dieu ?

Billets à peu près similaires

18 commentaires

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • L’argument de l’amour est biaisé. On l’utilise aussi pour justifier le pire: IVG et euthanasie par exemple. S il est bon de bénir une personne quelque soit sa vie, il est important de ne pas tomber dans le piège de bénir le couple. A moins de renier 2000 ans de sagesse chrétienne et 5000 ans d enseignement de la Bible qui sépare bien celui qui commet un acte contre nature de son acte. Le premier peut être béni abondamment mais l acte non. C est pourquoi la notion bénir le couple crée polémique. À juste titre. Ça n a rien à voir avec l amour que peut vivre ce couple. J avoue, Koz, être surprise par votre lettre. Je vous lis souvent et je ne comprends pas ce parti pris ici. L amour n est pas l enjeu et ne peut pas être le prétexte.

    Répondre
    • Je crois que l’Eglise se grandirait à regarder ce qui est beau et à laisser le cul où il est. Il n’est pas demandé de bénir l’acte sexuel. Pour ce qui est des 2000 ans de sagesse chrétienne et 5000 ans d’enseignement de la Bible, je vous renvoie, plus bas, à ma réponse à Benoît Snyers.

      Je pourrais d’ailleurs vous faire également part de la même surprise : vous me lisez souvent mais rien, jamais, ne vous a fait réagir avant ce jour. Vous n’êtes pas la seule. Sur Facebook aussi, des personnes qui n’ont jamais rien eu à dire sur rien se mobilisent soudainement sur ce sujet. A quoi tient que l’homosexualité ait pu prendre une place si centrale chez les catholiques ?

      Répondre
  • Bonjour Koz,
    je suis votre blog depuis des années et sa lecture me renseigne souvent, me questionne, m’interpelle et me réconforte même parfois. Pourtant, et je pense que c’est la première fois, je ne suis pas du tout d’accord avec vous aujourd’hui.

    La bénédiction des couples homosexuels s’inscrit sans ambiguïté aucune en contradiction avec la Parole, dans laquelle l’homosexualité est dénoncée et condamnée sans équivoque. On serait bien en peine de jouer sur le mots, interpréter les textes originaux de 36 manières pour leur faire dire ce qu’ils ne disent pas, on n’y arriverait pas. L’Ancien et le Nouveau Testaments sont on ne peut plus clairs sur le sujet.

    « Condamne le péché mais aime le pécheur ».
    Or il est bien question ici de bénir les couples homosexuels. Si encore il s’agissait de bénir des personnes homosexuelles, aucun chrétien honnête n’y trouverait à redire. Mais ici il s’agit de bénir les couples et leurs unions. Un peu comme si un voleur venait faire bénir l’objet de son larcin…
    Comment peut-on écrire : « Ils existent, ces couples homosexuels fidèles, forts dans les épreuves, et l’on s’étonnerait que Dieu ne dise pas du bien de l’amour et du secours qu’ils se portent » ?
    La Parole de Dieu ne dit AUCUN bien des relations homosexuelles. Au contraire :
    – Lv 18, 22 : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination »
    – Lv 20, 13 : « Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, tous deux commettent une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombera sur eux. »
    – 1 Tm 1, 10 : « La loi n’a pas été instituée pour le juste mais pour… les impudiques, les homosexuels, les trafiquants d’hommes, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine. »
    – Rm 1, 18 ; 26-27 : « La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui, par leur injustice, font obstacle à la vérité. […] C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions déshonorantes. Chez eux, les femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature. De même, les hommes ont abandonné les rapports naturels avec les femmes pour brûler de désir les uns pour les autres ; les hommes font avec les hommes des choses infâmes, et ils reçoivent en retour dans leur propre personne le salaire dû à leur égarement. »
    (ce sont ici les citations de l’Évangile uniquement, si je devais reprendre les enseignements des Pères et de Saints, je n’en finirais pas)
    Que Dieu dise du bien du secours que l’on se porte et d’un saint amour fraternel, je n’en doute pas. Mais à l’éclairage de la Parole, je ne vois pas comment on pourrait penser cela des « amours homosexuels ».

    J’ai relu votre texte plusieurs fois et je n’arrive pas à me décider sur le message que vous voulez finalement faire passer. Écrivez-vous que l’Église n’est pas parfaite, mais que cela ne doit pas l’empêcher d’être fidèle à son message, à l’Évangile, et qu’elle doit continuer à se positionner (« au prix de la relégation, de la persécution parfois ») ? Ou bien devrait-elle dans ce cas particulier faire profil bas parce qu’elle n’a pas assez défendu les injustices que les homosexuels vivent en Afrique ? Écrivez-vous que les nombreuses et énormes « fautes commises par l’Église, dont trop de membres ont perpétré ou couvert des crimes sexuels, ne peuvent cependant pas la réduire au silence » ? Ou bien que « lorsque l’on a laissé des prédateurs sexuels, prêtres, évêques ou cardinaux, consacrer publiquement le corps du Christ sur l’autel, on ne doit pas s’étonner que la pusillanimité avec laquelle on accueille l’amour sincère de deux personnes puisse susciter l’incompréhension voire la colère », tout en avouant « une franche irritation devant l’indignation à géométrie variable de certains clercs et fidèles, bien silencieux hier lorsqu’il s’est agi de lutter contre les crimes sexuels dans l’Église mais aujourd’hui activement mobilisés contre la perspective de simples bénédictions, en dehors du mariage » ?
    En sommes, est-ce que l’Église et ses membres gardent le droit de se positionner et de faire savoir leur opinion basée sur l’Évangile, malgré leurs nombreuses fautes et leurs nombreux défauts ? Ou bien ont-ils perdu ce droit à cause de leur manque de réaction dans d’autres circonstances, et leurs manquements funestes qu’on connaît trop bien ? Cela n’est pas clair.

    Vraiment je ne comprends pas. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, je ne pense pas que les réactions assez vives qu’a suscitées ce texte sont dues au sujet traité et à une certaine homophobie sous-jacente. Je pense que ce qui provoque l’indignation, l’incompréhension et l’opposition, c’est que ce texte s’inscrit aussi clairement en opposition avec la position traditionnelle de l’Église sur le sujet, basée sur la Parole. Je suis catholique mais je suis d’abord chrétien. Et si quelqu’un publie « noir » quand les Écritures disent « blanc », je serai en opposition avec lui, fût-il Pape.

    Enfin je remarque ici (https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html) que :
    – « en ce qui concerne les bénédictions, l’Église a le droit et le devoir d’éviter tout type de rite qui pourrait contredire cette conviction ou prêter à confusion. Tel est également le sens du Responsum de l’ancienne Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lorsqu’il affirme que l’Église n’a pas le pouvoir de donner des bénédictions aux unions entre personnes du même sexe. »
    – « D’un point de vue strictement liturgique, la bénédiction exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les enseignements de l’Église. »
    – « Les bénédictions peuvent être considérées comme l’un des sacramentaux les plus répandus et en constante évolution. Elles conduisent en effet à saisir la présence de Dieu dans tous les événements de la vie et nous rappellent que, même dans l’usage des choses créées, l’être humain est invité à chercher Dieu, à l’aimer et à le servir fidèlement »
    – « il est nécessaire que ce qui est béni puisse correspondre aux desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. C’est pourquoi, étant donné que l’Église a toujours considéré comme moralement licites uniquement les relations sexuelles vécues dans le cadre du mariage, elle n’a pas le pouvoir de conférer sa bénédiction liturgique lorsque celle-ci peut, d’une certaine manière, offrir une forme de légitimité morale à une union qui se présente comme un mariage ou à une pratique sexuelle non matrimoniale. La substance de cette prise de position a été réitérée par le Saint-Père dans ses Respuestas aux Dubia de deux Cardinaux. »
    – « Il faut aussi éviter le risque de réduire le sens des bénédictions à ce seul point de vue, car cela nous conduirait à exiger pour une simple bénédiction les mêmes conditions morales que celles qui sont exigées pour la réception des sacrements. Ce risque exige que nous élargissions encore cette perspective. En effet, le danger existe qu’un geste pastoral, si aimé et si répandu, soit soumis à trop de conditions morales préalables qui, sous prétexte de contrôle, pourraient obscurcir la force inconditionnelle de l’amour de Dieu sur lequel se fonde le geste de la bénédiction. »

    Je m’arrête ici tant les exemples soutenant mes propos (alors que cette page vise à défendre la position du Pape) sont nombreux.
    Et quand je lis : « (…) le Pape François nous a invités à contempler, avec une attitude de foi et de miséricorde paternelle, le fait que « lorsqu’on demande une bénédiction, il s’agit d’une demande d’aide adressée à Dieu, d’une prière pour pouvoir vivre mieux, d’une confiance en un Père qui peut nous aider à vivre mieux »[12]. Cette demande doit être valorisée, accompagnée et accueillie avec gratitude. Les personnes qui viennent spontanément demander une bénédiction manifestent par cette demande leur ouverture sincère à la transcendance, la confiance de leur cœur qui ne s’appuie pas uniquement sur leurs propres forces, leur besoin de Dieu et leur désir de sortir de l’étroitesse de ce monde refermé sur lui-même. »
    Je ne puis qu’être d’accord, mais cela rejoint ce que j’écrivais plus haut. Tout un chacun, je pense, peut demander, dans l’optique expliquée ici, à être béni. Béni afin d’adresser une « demande d’aide à Dieu, d’une prière pour pouvoir vivre mieux, d’une confiance en un Père qui peut nous aider à vivre mieux ». Mais s’il s’agit de demander à ce que soit bénie l’union transgressive, la faute, l’objet même de ce pourquoi on devrait demander de l’aide, alors rien ne va plus et tout est inversé.

    Encore ici (désolé je ne m’arrête pas mais les exemples sont tellement nombreux…) : « il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui-même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint »
    Mais que dire de ces personnes qui, plutôt que de venir seules demander une bénédiction en « se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide » et qui « ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut », viennent en couple faire bénir leur union ? Est-ce cette union qu’ils demandent à faire bénir, qu’ils reconnaissent comme « bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations » ?
    Je pense que c’est une erreur, c’est un encouragement à persévérer dans la faute, et c’est un très mauvais signal à envoyer au monde et aux chrétiens. C’est excessivement dangereux car c’est un principe qui pourrait s’étendre à d’autres formes de désobéissances. Si celle-ci peut-être bénie, pourquoi pas les autres ?

    Répondre
    • D’une certaine manière, vous illustrez mon propos. Vous lisez, donc, mon blog depuis des années. Mais rien, jamais, durant toutes ces années, ne vous a fait réagir. Sauf, si c’est vous aussi (il peut y avoir plusieurs Snyers), les logiciels libres il y a 7 ans. L’homosexualité et les logiciels libres. Je ne peux pas m’empêcher de penser que cette hyper-réactivité sur ce sujet mérite d’être interrogée.

      Ensuite, permettez-moi de vous poser une question intime : mangez-vous des crustacés ?

      Parce que c’est une abomination.

      Si.

      Vous aurez en abomination tout ce qui n’a pas nageoires et écailles, dans les mers et dans les rivières, parmi tous les animaux qui se meuvent dans les eaux et parmi tous les êtres vivants qui s’y trouvent. Ils seront pour vous une abomination

      Et ce n’est qu’une occurrence parmi une centaine d’invocations de l' »abomination » dans la Bible. Or il semble que l’on ait accepté d’interpréter le texte et de ne pas en avoir une lecture fondamentaliste concernant les huîtres. Peut-être « abomination » n’est-il pas à prendre comme vous le pensez ? Peut-être le chrétien que vous revendiquez être (notez que c’est toujours audacieux, mais soit) devrait se garder d’une lecture fondamentaliste de la Bible ? Il est étonnant de voir tout ce que l’on accepte d’interpréter et de travailler dans le contexte des textes et ce que l’on estime de devoir de toute éternité prendre au pied de la lettre.

      Paul, c’est bien, aussi. Et je connais toute la prudence qu’il y a avant d’interpréter les écrits de Paul comme de la misogynie. Il y a une culture ambiante.

      Il n’en est pas moins écrit : « Que les femmes gardent le silence dans les assemblées, car elles n’ont pas la permission de parler ; mais qu’elles restent dans la soumission, comme le dit la Loi. » (1 Co 14, 34)

      Il semble que l’on se soit permis d’interpréter et de ne pas coller au mot près aux textes de Paul. Apparemment, sur certains, c’est inenvisageable.

      Soit dit en passant, il y a un trou béant dans vos citations. Les Evangiles. Quelqu’un n’a jamais dit un mot du sujet, c’est Jésus. On peut penser que c’est un oubli de sa part. L’étourdi.

      Je ne dis certes pas que Dieu dise du bien des actes homosexuels dans la Bible. Mais je dis que si vraiment vous voulez vous exprimer à la lumière de la Parole, il y a bien des choses qu’il faudrait creuser davantage qu’en adoptant une lecture littérale. Je dis aussi que l’on ne demande pas de bénir les actes et que le cul ne devrait pas être la préoccupation première de l’Eglise. Et je dis que bénir ce qui est beau dans une relation sans bénir une union devrait être à notre portée.

      Répondre
      • A raison d’une réaction tous les 7 ans, on peut difficilement parler d’hyper-réactivité 😉
        Il est très rare que je réagisse sur le web, peu importe la plateforme. Simplement ici j’ai été interpellé et un peu surpris. J’avais envie de réagir.
        Il est donc vrai que je n’ai pas réagi au sujet de l’euthanasie, très peu sur l’avortement, encore moins concernant les prêtres pédophiles.
        Ce sont des sujets aussi sensibles que celui-ci. Mais la différence tient au fait que sur ces sujets-là, la position de l’Église est claire et sans paradoxe. On peut s’indigner, être scandalisé, en colère, attristé,… et le faire savoir si l’on veut.
        Comme je l’ai souligné dans mon post, ce qui me fait réagir c’est moins le sujet (l’homosexualité) que le fait que l’Église s’inscrit ici en porte-à-faux avec les Écritures et sa propre tradition. Le lien que j’avais mis dans mon post est édifiant. Tout et son contraire y sont dit. On établit très clairement qu’il est impensable de bénir une union homosexuelles, et on le prouve, pour ensuite dire plus loin que finalement ce serait tout de même une bonne chose.

        J’ai horreur des crustacés et je n’en mange pas. Par contre je mange du porc.
        Mais je pense que ces lois de l’ancienne alliance ont été sublimées par l’enseignement du Christ. Et pour reprendre votre exemple, Jésus n’a-t-il pas dit : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur. »
        Effectivement l’Ancien Testament est rempli de règles et de lois que nous n’observons plus. Il y a des raisons à cela et je ne pense pas que c’est un hasard si les chrétiens mangent depuis longtemps du porc, du lièvre ou des crustacés, mais que la position concernant l’homosexualité est restée inchangée (comme tant d’autres).
        D’ailleurs si je suis votre raisonnement, où s’arrête-t’il ? Que peut-on légitimer d’autre qui nous est défendu dans le Nouveau Testament sous prétexte qu’on mange des huîtres ? Je trouve que tout cela a une tendance dangereusement relativiste.

        Jésus ne s’est pas prononcé sur l’homosexualité (et n’a donc pas remis en cause l’ancienne loi). Saint Paul a abordé le sujet mais n’a rien légitimé, au contraire.

        Je suis d’accord avec vous quand vous dites « Je ne dis certes pas que Dieu dise du bien des actes homosexuels dans la Bible. Mais je dis que si vraiment vous voulez vous exprimer à la lumière de la Parole, il y a bien des choses qu’il faudrait creuser davantage qu’en adoptant une lecture littérale. »
        Bien d’autres sujets mériteraient d’être approfondis mais il se trouve qu’aujourd’hui c’est celui-ci.

        « Je dis aussi que l’on ne demande pas de bénir les actes et que le cul ne devrait pas être la préoccupation première de l’Église. Et je dis que bénir ce qui est beau dans une relation sans bénir une union devrait être à notre portée. »
        En tant que chrétien, je parle rarement de « cul ». Je n’aime pas ce mot.
        Je ne pense que que la vie sexuelle soit le préoccupation première de l’Église. C’est ce dont on parle le plus dans les médias probablement. Et puis il ne faut pas oublier que nous avons vécu (et vivons toujours) une révolution sexuelle majeure. Il est normal que l’Église se positionne.

        Répondre
        • Pensez-vous vraiment qu’un texte de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi puisse publier un texte qui dise « tout et son contraire » ? Si vous l’estimez intrinsèquement contradictoire, il faut peut-être envisager que vous n’en ayez pas perçu la logique, plutôt qu’il en soit dépourvu.

          Disposant d’un temps (et d’une envie) limité, je me permets aussi de vous renvoyer (délibérément) la note de l’Emmanuel sur le sujet, peu connue pour son progressisme et son relativisme échevelés.

          https://emmanuel.info/note-declaration-fiducia-supplicans/

          Répondre
          • Ayant relu le texte de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, je me suis rendu compte que j’ai été un peu vite pour le juger et que sa logique m’a effectivement échappé, au moins sous certains aspects. Notamment cette différence essentielle entre « bénédiction liturgique » et « bénédiction spontanée ». L’article de l’Emmanuel confirme que je me suis emmêlé les pinceaux. Ce texte n’est donc pas contradictoire et ne dit pas tout et son contraire. Mea culpa.
            Mais pour faire court et ne pas ennuyer les honnêtes gens (vous me direz que pour ça c’est trop tard; ce n’est pas grave, j’insiste), je maintiens qu’il y a une différence entre bénir une ou plusieurs personnes homosexuelles, et le texte montre comme cette bénédiction est bonne et belle; et bénir leur couple et leur union. Et ce point-là n’est pas clair pour moi. Tel qu’il est présenté, il laisse entendre qu’il s’agit de la seconde approche. Je pense que bien des débats houleux auraient été évités s’il avait été question de bénir des « personnes homosexuelles » et non des « couples de personnes homosexuels ». C’est peut-être jouer sur les mots, mais ici les mots sont importants car cela ne veut pas du tout dire la même chose.

            Sur ce, j’en profite pour vous remercier pour votre travail et pour vos articles que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt 🙂 et je ne vous ennuie plus ^^

  • Pourquoi bénir le couple irrégulier alors que l’on bénit déjà les individus ? La couverture des abus sexuels n’a rien à voir ou alors depuis que certains membres de l’Église ont couvert les abus sexuels alors elle n’est plus ne mesure de ne rien dire sur n’importe quel sujet.

    Répondre
    • Je ne crois pas que l’on puisse disjoindre si facilement la couverture des abus sexuels et les moeurs au sein de l’Eglise. Et je précise : non pas au regard d’une continuité entre homosexualité et abus, mais en raison de la culture du placard, de la capacité des uns à tenir les autres en raison de leurs moeurs respectives. Et aussi tout simplement parce qu’il est compliqué de tenir une autorité en matière de morale sexuelle quand on a fermé les yeux sur des crimes sexuels.

      Répondre
  • Merci Koz d’avoir abordé ce nouveau sujet délicat de notre époque et aussi de m’avoir fait connaitre cette note de l’Emmanuel, qui est claire, posée et qui a le vrai mérite d’expliquer, tout en élevant le débat…Pour ma part, je crois surtout que l’Eglise (comme moi d’ailleurs) a péché (et pèche encore) par manque de cohérence, un manque que vous avez déjà souligné pour nos démocraties dans le précédent post. Ainsi, vouloir annoncer l’Evangile sans la Miséricorde, cela ne serait pas très cohérent…
    Si j’abonde donc avec le Pape (et beaucoup de chrétiens, fort heureusement) dans la nécessité d’annoncer l’amour de Dieu à tous et en toutes circonstances, je reste néanmoins un peu réservé sur la méthode et le moment choisi en ce qui concerne Fiducia Supplicans. Mais il faut espérer que l’Esprit soit à l’oeuvre aujourd’hui encore, y compris dans ce texte…et que le dialogue fraternel reste le ciment de ceux qui veulent suivre le Christ.

    Répondre
  • Bonjour, vous si policé dans vos blogs, j’ai remarqué que vous l’êtes bien moins dans vos réponses, c’est décevant. Il faut choisir: être toujours policé ou toujours exaspéré et grossier. La cohérence, ça donne plus de force aux arguments.

    Répondre
    • Mazette. Ne vous aventurez pas dans le vaste monde, alors. Si je suis grossier et exaspéré dans ces réponses, vous allez au-devant de douloureuses déconvenues.

      Bref, je vais continuer d’être comme je suis et de laisser ceux que ça insupporte libres de ne pas me lire. Ou alors, je vais faire le choix de la cohérence pour donner de la force à mes arguments, comme vous m’y invitez : être toujours exaspéré et grossier.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.