Mon opinion en liberté conditionnelle

Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre

George Orwell, La ferme aux animaux, 1945

Il y a seulement cinq jours, confortablement planté en un transat estival, j’en suis venu à aborder le sujet de l’avortement avec l’une de mes nièces soucieuse de confronter son éducation à ses questions. Je lui disais que, de fait, mon problème avec l’avortement n’était pas tant sa légalisation, dont je pouvais comprendre certains enjeux de santé publique, que l’acte en lui-même, son institution en totem de la République et son approche dogmatique par une part notable et puissante du personnel politique. Je lui disais mon incompréhension devant notre incapacité à nous fixer au moins pour objectif d’en réduire drastiquement le nombre, et lui répétais ce que j’écrivais déjà ici il y a six ans : mon incrédulité devant l’obsession dont il fait l’objet. Car ces dernières années, outre sa promotion publique par voie d’affichage, les pouvoirs publics ont supprimé toute information sur les alternatives possibles à l’avortement, supprimé l’invocation de la notion déjà relative de détresse, supprimé le délai de réflexion (au prétexte que cela infantiliserait les femmes, alors même que la question ne semble pas se poser pour des actes plus ordinaires voire quotidiens), et restreint sur l’expression public en ligne sur le sujet… Combien d’autres thèmes bénéficient d’une telle attention du législateur ?

Mais ai-je seulement le droit aujourd’hui de penser cela et de l’exprimer ? Car le partage sur Facebook d’un commentaire circonstancié (ci-dessous) a provoqué l’intervention directe de Libération et Facebook ainsi qu’une menace explicite sur mon expression.

L’origine du débat : l’inscription dans la loi de la notion de « détresse psychosociale » comme critère d’ouverture à l’avortement.

Le point de départ est en effet le vote, par l’Assemblée Nationale, d’un amendement socialiste visant à inscrire à l’article L2213-1 du Code de la Santé Publique le critère de la détresse pyschosociale de la femme enceinte.

Il faut rappeler que l’Interruption Médicale de Grossesse (IMG) n’est soumise à aucun délai. L’avortement peut ainsi, en théorie, intervenir jusqu’au terme de la grossesse. Il n’y a ainsi par exemple aucune limite à la pratique d’un avortement sur un enfant porteur d’une trisomie, qui pourra intervenir aux sixième, huitième ou neuvième mois.

Mais ici, il ne s’agit même plus d’un avortement suscité par une affection quelconque de l’enfant à naître. Il pourra s’agir d’un enfant dépourvu de toute affection et dont le développement a suivi un cours normal. Bien que l’enfant soit en pleine santé, il pourra être supprimé dans le sein de sa mère sans aucune limite de durée.

Et c’est ce qui nous a émus, Jean-Pierre Denis et moi, en des termes dont la suite me ferait presque regretter la mesure. Les conditionnels et précautions de langage n’y auront rien fait : le statut est publiquement marqué comme une « information partiellement fausse« , « vérifiée par des medias de vérification indépendants« .

Car Libération a consacré un article aux protestations dans sa rubrique CheckNews, dont il ressort qu’il n’y aurait pas lieu de s’émouvoir, la pratique étant d’ores et déjà possible, quoique rare et strictement encadrée. Et pourtant, l’information de Libé est… partiellement fausse. Pour au moins trois raisons.

1. Libé prend soin d’introduire son propos en imputant la réaction au « mouvement ultraconservateur Alliance Vita » , à Valeurs Actuelles et à « L’Incorrect (qui défend l’union des droites)« . En somme, selon les critères de Libé, à l’extrême-droite. Le procédé est usuel, qui veut discréditer d’avance la position avancée. Pourtant, l’émotion est bien plus large et c’est le statut de Jean-Pierre Denis qui est marqué du sceau de l’infamie, lui, l’ancien directeur de La Vie, journaliste connu et respecté, l’une des voix du catholicisme social aujourd’hui, qu’à défaut de classer politiquement, on aurait du mal à dire de droite. Par voie de conséquence, c’est mon groupe qui écope d’un avertissement, quand bien même je ne suis pas spécialement en odeur de sainteté dans les publications susmentionnées. Mais évoquer l’ampleur véritable de l’émotion n’aurait pas suscité la même réaction du lecteur, il fallait en restreindre la portée. Au risque d’être partiellement faux;

2. Libé nous explique ensuite qu’inscrire un critère dans la loi est indifférent. Le juriste que je suis s’étonne. Le législateur est peut-être bavard mais introduire un nouveau critère dans la loi n’est évidemment pas dépourvu de conséquences. On pourrait d’ailleurs commencer par s’étonner de découvrir que des avortements sans délais ont pu être pratiqués pour un tel motif sans fondement législatif clair, signe que la pratique établit aussi ses propres critères.

En l’occurrence, il est évident qu’il y avait des divergences dans l’appréciation de la prise en compte de la « détresse pyschociale« . L’existence de ces divergences mérite considération. Or, l’intégration de ce critère dans la loi conduit à les faire taire et à mettre un terme à la latitude dont pouvaient disposer les médecins. En outre, parce que ce critère figure dans la loi, il deviendra possible d’exiger la réalisation d’un tel avortement comme un droit. Inversement, qui viendra jamais remettre en question l’appréciation de ce critère ? Qui viendra jamais contester que la situation psychosociale d’une femme justifie que l’on avorte d’un enfant parfaitement sain ? Prétendre que l’inscription de ce critère dans la loi est sans incidence est partiellement faux.

3. Libé explique encore longuement que le critère serait restrictif, qu’il serait rarement utilisé et réservé à des cas graves. De fait, ce critère est censé avoir un sens défini en psychiatrie et le texte du Code de la Santé Publique exige la présence d’un « péril grave« . Mais lorsque Jean-Pierre Denis s’alarme d’une possible « voie parallèle pour rendre légale des IVG hors délai« , il est même encore en-dessous de la vérité. Il ne s’agit pas de le craindre pour l’avenir : la dérive est déjà présente dans les faits, avalisée et tamponnée en haut lieu !

Ces dernières semaines, en raison de l’épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé, Olivier Véran a en effet diffusé un courrier permettant de recourir à l’avortement en-dehors des délais légaux, ce que France Info présentait comme « une façon discrète(!) d’offrir un peu de souplesse pour « s’assurer que toutes les femmes puissent trouver une solution d’accès à l’IVG durant cette période » de confinement« .

Ceci se retrouve d’ailleurs dans une Recommandation officielle du Ministère de la Santé. Nous sommes bien loin ici des cas de viol ou d’inceste mentionnés dans l’article de Libération et ce seul exemple suffit à souligner la plasticité politique du critère de « détresse psychosociale ». Il faut ainsi comprendre que, ces dernières semaines et encore ces jours-ci, on procède à l’avortement d’enfants à naître (selon la terminologie même de la loi et de l’amendement) parfaitement sains, au nom d’un prétendu « péril grave » résultant de l’impossibilité de recourir à l’avortement pendant le confinement. Affirmer que ce critère serait restrictif et d’application rare est, au minimum, partiellement faux.

Au vu de ce qui précède, où est donc l' »information partiellement fausse » ? Dans le statut de Jean-Pierre Denis, que j’ai repris, ou dans l’article de Libé ? Y-a-t-il une raison quelconque pour faire prévaloir une approche sur l’autre ?

Ajoutez à cela que cet amendement n’a jamais été discuté durant les trois ans qu’a duré le processus de révision de la loi bioéthique, ni devant le Comité Consultatif National d’Ethique, ni durant les Etats Généraux de la Bioéthique, ni devant l’Assemblée Nationale ou le Sénat en première lecture et qu’il a surgi en plein été, de nuit, pour être voté par les quelques rares députés encore en séance ! Alors, vraiment, ceux qui s’en émeuvent méritent-ils d’être marqués du sceau des propagateurs de fakenews ?

Les enjeux et conséquences : une menace explicite sur ma/la liberté d’expression.

A ce stade, s’il est évidemment loisible à Libération de mener son propre travail et d’exprimer sa propre approche du sujet, il est déjà permis de s’interroger sur le principe même et la légitimité de l’intervention directe de Libération et de Facebook dans un espace personnel d’expression pour lui imposer une contradiction. Imaginerait-on l’inverse ?

Ce serait vrai pour n’importe qui. Mais Jean-Pierre Denis n’est pas n’importe qui. Il est journaliste depuis plus de 25 ans, il a été directeur de la rédaction de La Vie jusqu’à ces derniers jours, il est un professionnel scrupuleux, reconnu par ses pairs, ayant porté haut les valeurs du débat contradictoire. Comment en arrive-t-on à ce qu’un autre journaliste, quel qu’il soit, se voit attribuer une prééminence quelconque dans l’analyse ? Qui donc a pu juger que l’analyse de Pauline Moullot devrait prévaloir sur celle de Jean-Pierre Denis ?

Qui a spécifiquement signalé son statut, qui ne faisait pourtant qu’accompagner le texte de l’amendement (qui se retrouve d’ailleurs, ironiquement, être le contenu marqué comme « partiellement faux« ) avec trois lignes de commentaires ? Qui a choisi de traiter un journaliste reconnu comme un vulgaire petit propagandiste ?

Qui sont, d’ailleurs, ces « medias de vérification indépendants » ? Dans un article du 6 février 2017, Le Monde en donnait la liste : l’Agence France-Presse (AFP), BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, L’ExpressLibération et 20 Minutes. A l’exception de BFM TV, qui brille d’ailleurs par son inactivité sur ce sujet, cette liste traduit une singulière homogénéité de tendance. Il n’y a guère de chances de trouver, parmi eux, un volontaire pour mettre en doute la pertinence de l’amendement discuté. S’il arrive à certains (dont, reconnaissons-le, Checknews, de Libé) de s’écarter de la ligne idéologique de leur media / milieu, on comprend que la vérification des informations sera nécessairement à sens unique.

Au passage, on lit dans cet article qu’il faudra que deux medias établissent que le contenu discuté est faux pour qu’il soit ainsi marqué. C’était faire preuve du minimum de prudence requis. Visiblement, le critère a vécu et il suffit de l’opinion d’un seul d’entre eux .

Qui, en outre, choisit les sujets ? Qui choisit d’inclure l’IVG dans les sujets si spécifiques qu’il mérite une telle approche ? Dans l’information, le choix d’un sujet n’est évidemment pas anodin. On imagine bien que nos medias de vérification indépendant n’entreprennent pas de redresser tout ce qui, sur Internet, pourrait s’avérer partiellement faux. On peut d’ailleurs s’interroger sur le glissement qui consiste à traiter tout d’abord des informations fausses à celles qui sont partiellement fausses.

Si je n’arrive qu’en deuxième ligne, et au risque de manquer à l’humilité, j’aimerais pour ma part que tout le monde sur les réseaux sociaux fasse preuve de la même prudence dans l’expression et du même scrupule dans la vérification des informations qu’il diffuse, notamment sur Facebook. Et, si je lui accorde volontiers tout le respect qu’il mérite par principe, je ne reconnais à Libé et à sa journaliste aucune prééminence sur moi dans l’analyse – notamment à ce sujet.

Or, les conséquences de cette intervention à mon égard sont claires. La menace n’est pas théorique, elle est circonstanciée : pour avoir partagé ce statut, je reçois un avertissement comminatoire de Facebook. Mon groupe contiendrait de fausses informations. Si je devais recommencer, des mesures de rétorsion seraient prises pour en restreindre la visibilité. Je n’ai aucune possibilité de discussion ou de contestation, je ne peux que supprimer le contenu incriminé ou faire face à ces mesures.

J’ai opté pour la seconde possibilité : faire face aux conséquences, car je ne supprimerai évidemment pas ce contenu. Mais que cela signifie-t-il ? Cela signifie que si je persiste à avoir une opinion différente de l’opinion communément admise par la majorité des medias, Facebook s’assurera que l’on ne puisse plus me lire. Or, sur le sujet de l’IVG, il est hautement probable que je persiste éhontément à ne pas avoir la même opinion que Libération. En pratique, soit je renonce à le dire, soit je prends le risque que l’ensemble de mes publications soient rendues invisibles sur Facebook avant, vraisemblablement, d’autres sanctions. On ne m’interdit pas encore d’avoir mon opinion, on me suggère de la taire et, à défaut, on la rend invisible.

Or, comme le reconnaissent toutes les juridictions, il n’existe pas de liberté d’opinion sans la liberté d’expression qui l’accompagne.

Certains penseront peut-être qu’il ne s’agit que de Facebook. Il serait stupide de négliger le poids de Facebook sur Internet (la mise en place de ces outils de vérification en témoigne) et plus encore de déléguer à quiconque le droit de décider des opinions acceptables. Il restera certes ce blog, sur lequel je reste libre de m’expliquer sans intervention (sous réserve de ne pas le diffuser), mais pour combien de temps ? Combien de temps avant que WordPress ou mon hébergeur mettent en place un outil similaire ?

Nous n’avons plus en France de Ministère de l’Information. Faut-il donc que nous en déléguions le contrôle à des organes privés ? A supposer que ces outils perdurent, nous devons, a minima, exiger la possibilité d’un recours auprès de Facebook devant une instance impartiale, et un pluralisme des medias de vérification.

Dans l’immédiat, je me contenterai de redire à Jean-Pierre Denis toute mon affection et mon estime et, pour ma part, ma ferme intention de continuer à dire, par tous moyens, ce que je pense, quoi qu’ils en pensent !

Auteur

Père, époux, fidèle à divers titres, je suis aussi... avocat, auteur (Ca ira mieux demain, 2015; Identitaire - Le mauvais génie du christianisme 2017), et chroniqueur à La Vie.

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50 commentaires

  • C’est marrant que vous publiez ce texte parce que vous ne publiez pas mes commentaires. Menace explicite sur ma/la liberté d’expression ? c’est dommage, c’est intéressant de discuter, même avec (surtout avec ?) ceux avec qui on n’est pas d’accord.
    Ceci dit je suis d’accord avec ce que vous dites dans ce texte.

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    • Plus exactement : je n’ai pas une équipe de modérateurs derrière moi, contrairement à Facebook. Je vois passer vos commentaires entre deux randos, ils me semblent nécessiter relecture, c’est tout.

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  • bonjour monsieur et merci.
    il m’est arrivé d’être ds un groupe de réflexion & prière avec des « cathos de gauche » (anciens des joc). l’une de ces personnes, devant mes idées (idées, pas opinions: ma façon d’être, mes craintes, mes joies, mes goûts, et parfois -rarement – l’expression d’une crainte, d’un questionnement, par exemple à l’époque des « abc de l’égalité »…) de droite, a refusé de me regarder ds les yeux durant une année entière.
    Elle haïssait tout ce qui pouvait avoir un vague fumet de « catho de droite », sans que je sache d’ailleurs pourquoi, et sans que je voie comment je pourrais changer pr lui plaire tout ce que j’étais…
    je ne comprenais pas comment on pouvait se dire tolérant et si mal tolérer les gens qui ont 1 opinion différente.
    cela me semblait bien peu chrétien.

    alors maintenant en vous lisant, je me dis qu’il serait peut-être enfin temps d’arrêter de nous regarder les uns les autres avec mépris et arrogance, jugeant les uns « versaillais » les autres « racistes » les autres « tradis » les autres « chacha » les autres « de droite » (ouh!)… et pendant ce temps, nous laissons le Christ déserter nos sociétés. Nous laissons advenir le temps des robots et de la privation de liberté contre lesquels Bernanos nous avait avertis.

    Nos bons évêques font les gentils. Ils n’ont rien dit en 1975. Tout juste un peu condamné les différentes lois « sociétales », en n’oubliant pas de critiquer les manifestants – ah, Bernanos les évoquait aussi ces évêques et prélats embourgeoisés et si à l’aise dans le monde (voir L’imposture).

    Mais nous, nous continuons à nous méfier de tel ou tel parce qu’il va à telle ou telle messe!!!!!! Les cris d’enfants qu’on va tuer, sont couverts par le bruits de nos querelles!!!!

    Mais nom de nom! Si Jeanne venait demain sur son coursier… et nous disait, j’aime ces personnes certes mais Dieu ne veut pas qu’elles soient en France et j’ai reçu ordre de les en faire sortir? Si par exemple , imaginons, elle nous disait: ces personnes qui prennent des décisions, certes elles sont aimées de Dieu, mais toi chretien tu dois tout faire, tout, pour que la culture de mort arrête de prévaloir. Je pars en chevauchée, veux-tu me suivre?

    qui la suivrait?

    Ne serait-il pas temps de nous unir pour contempler ensemble cette bannière Jésus Marie, et au lieu d’avoir si peur de notre voisin, avoir confiance en lui et en moi, pour le royaume de Dieu qui est la paix, l’amour des plus petits, la liberté, et oui, parfois le combat contre ces forces du Mal que nous préférerions tant oublier.

    Un enfant crie d’angoisse, qui se croyait protégé dans ce temple qu’est sa mère.
    Un homme a perdu son travail et mendie: il a été viré de sa boîte pour ses opinions (il pense des choses…. classées à droite).
    Que vais-je faire?
    Changer de chemin?
    Car tout ça ce sont des opinions…. ah non, pas des opinions, des délits! des délits! et la loi c’est la loi!!
    ?

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    • Sur l’opportunité de savoir nous parler entre chrétiens, quand bien même nous serions d’une sensibilité différente, c’est en effet une saine préoccupation. Après, nous ne pouvons pas nier que nous ayons aussi des divergences politiques, ce qui n’est pas malvenu (l’Evangile n’est pas à droite ou à gauche). Et ces divergences, selon la façon dont elles sont exprimées, permettent ou ne permettent pas le dialogue.

      Après, je ne suis pas certain que si « Jeanne » revenait et nous demandait de chevaucher pour bouter des Français hors de France parce que nous sommes en désaccord frontal avec leurs idées, il soit totalement indiqué de le faire – ni probable qu’elle le fasse.

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  • Erwan, il ne peut y avoir de liberté d’expression à plusieurs vitesses. L’avortement est devenu un sujet tabou sur lequel il est impossible de dire quoique ce soit de différent de la doxa que nous connaissons. Se battre pour avoir le droit de s’exprimer est une impérieuse nécessité

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    • Oui, merci Olivier. C’est assez frappant de devoir le faire, de le faire même lorsque l’on a une expression mesurée. Cela résonne avec notre autre discussion sur la façon pour l’Eglise d’être audible… Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls acteurs de la question et la réaction de nos adversaires (je crois qu’à ce stade, ils le sont) nous oblige aussi à monter au créneau quand nous voudrions pourtant pouvoir nous exprimer autrement.

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  • Le problème avec cet amendement, outre le fait qu’il n’a pas été discuté mais passé en catimini à la fin de la discussion du projet de loi bioéthique, qu’une IMG, comme une IVG, c’est éliminer un fœtus, c’est que la responsabilité incombe au médecin du juger si l’état «de détresse psychosociale » de la femme justifie d’éliminer un enfant viable.
    Peut-on imaginer que du coup, si la femme se sent mieux et réalise qu’on a tué son enfant en elle, elle se retourne contre le médecin qui a pris cette décision ?

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  • Soyez assuré de mon soutien. L’instauration d’une police de la pensée auto proclamée est inadmissible. D’autre part je partage votre point de vue sur l’avortement : on peut comprendre que la loi l’autorise mais on doit tout faire pour en réduire le nombre, sans juger les personnes.
    Bien amicalement.

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    • Oui. Si l’on part du fait que les avortements ont toujours existé et existeront toujours, la question est de savoir si l’on veut courir le risque de perdre et l’enfant et la mère. Ce qui est rageant, dans ce débat, c’est que l’on part de ce qui était un moindre mal pour évoluer vers une valeur cardinale de la République (en exagérant à peine). Cela donne du grain à moudre à ceux qui refusent tout compromis, de façon compréhensible, et rend impossible un débat intelligent.

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  • La tournure idéologique que prend la chasse aux fausses informations chez Facebook et Twitter est très inquiétante pour la liberté d’expression. Vous décrivez très bien le chantage vicieux pour qui tente de résister : « si vous voulez continuer à exister dans le débat public, ne publiez que des informations validées par les médias officiels ». Ça fait froid dans le dos.
    J’espère qu’une plate-forme alternative ne filtrant pas les contenus verra le jour prochainement !

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    • Voilà. Ce n’est pas une interdiction d’exprimer cette opinion, c’est un effacement de l’espace public. Le tout mélangeant allègrement ce qui constitue des comportement légalement répréhensibles (insultes, harcèlement, incitation à la haine, négationnisme) et ce qui relève de l’opinion.

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  • Comme je l’ai dis sur Facebook même si je n’y suis présente que de loin pour suivre mes contacts, la maman d’enfant porteur de handicap que je suis , est abattue par cette pseudo loi mais pire encore par la mentalité de tous ceux qui la soutiennent et crient au scandale quand nous on réclame le respect de nos humanités. et celà va bien au delà de ma foi à dire vrai.

    Il y a qq années maintenant je me souviens avoir lu avidement, un billet de toi sur la loi qui passait à l’époque sur la fin de vie, sur l’avenir des soins palliatifs et la fragile frontière de notre humanité, je me souviens avoir apprécié de me sentir rejointe en temps que professionnelle dans ce côté humain que je défends pour la petite enfance, le handicap,nos anciens,nos malades… déjà a cette époque on me disait  » oui mais toi tu es catho c’est normal que tu sois rétro,que tu veuilles pas que la société avance » et à l’époque lire des billets comme les tiens, ceux d’Edmond et de tous les autres qui se reconnaîtront peut-être m’avait énormément aidé à réfléchir, à assumer mes prises de position parfois houleuses au travail.

    Aujourd’hui, c’est ma fibre de maman qui te remercie pour ces prises de paroles courageuses puissent elles durer encore longtemps. J’ai suivi le peu de débats à l’Assemblée nationale sur ce sujet et je remercie le petit nombre de courageux qui se sont positionnés peut importe leurs partis politiques d’ailleurs. Mais de voir tout cela balayé par des personnes comme Macron qui parle de dialogue équilibré et serein alors que pour le peu que j’ai suivi, cela n’avait rien d’équilibré ni même de serein.

    Cette société me donne envie de vomir et j’ai cette phrase qui me résonne aux oreilles
    « Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre nous c’est à moi que vous l’aurez fait »

    Puis je en mon âme et conscience continuer de me taire, continuer de croire en l’espèce humaine qd on voit les lignes rouges que l’on franchi et que l’on pietine si allègrement la liberté d’expression de chacun et particulièrement de ceux qui ont une influence quelle qu’elle soit.
    Ce qui est sûr, c’est que moi je ne peux pas fermer les yeux et imaginer mes enfants grandir dans cette société qui se profile, alors oui je serai catho , rétro, tradi tout ce que vous voulez mais je serai toujours pour la Vie, pour enseigner à mes enfants le respect,le dialogue et la charité envers tout être humain. Nous sommes voué à l’imperfection donc voué à mourir si on reste sur cette route de tri qui s’annonce.

    Je n’ai que mes prières pour vous soutenir, pour vous redire à quel point je vous soutiens toi koz ainsi que les journalistes comme Mr Denis qui ont de vrais valeurs un un sens profond de la vérité au delà de la bien pensence de certains. Il y a parfois des vérités douloureuses à dire mais le moins que l’on puisse faire par respect de notre prochain c’est assumer et tenir bon car si des gars comme vous lâchez , qui pourrait bien nous informer nous?

    Merci koz d’avoir toujours tenu, malgré les conflits, malgré les reproches, malgré les coups de colère, puisse Dieu te permettre de faire longtemps encore ce devoir d’information vrai et légitime.

    Une fidèle lectrice depuis plus de 10ans un poil inactive ces dernières années 😉

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    • Merci Marion. C’est bien difficile parfois, en effet, de ne pas être emporté par le découragement et l’amertume face à l’évolution de notre société. Comme je le lisais récemment dans cet article de Mgr de Moulins Beaufort, nous avons à accepter d’être le « petit reste ».

      De ces indications trop brèves, je tire que nous sommes entrés dans une ère où les catholiques doivent accepter d’être un «petit reste». En fait, ils le sont toujours, même lorsqu’ils sont majoritaires, car c’est toujours comme «petit reste» choisi, purifié, émondé, que l’on a part à la vie du Christ, le Messie d’Israël. Comprendre cela nous permet de vivre dans la liberté et d’oser annoncer à tous qu’ils sont appelés à la vie éternelle en Dieu. Nous sommes des «élus», choisis par grâce dans l’humanité pécheresse, non pas pour être des privilégiés qui veillent à préserver leurs avantages, mais pour contribuer au salut de
      tous. Nous pouvons nous réjouir que quelques-uns ou beaucoup viennent à nous pour profiter de ce que nous pouvons leur apporter sans forcément aller jusqu’au bout de la rencontre du Christ. Ainsi s’exerce notre sacerdoce : ceux qui ont aujourd’hui la grâce de la foi sont choisis pour être associés à l’œuvre du Christ pour «la gloire de Dieu et le salut du monde», comme nous le demandons dans la troisième prière eucharistique du missel romain

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      • « Le petit reste », voilà une forte expression, et je vois mal comment ça va s’arranger. Je crains que pour Libé et d’autres, le vocabulaire, l’argumentaire, les fondements de la parole chrétienne deviennent de plus en plus incompréhensibles et radicalement « étrangers », au sens ethnographique du terme.

        L’article de Mgr de Moulins Beaufort est à ce titre significatif : l’appel à la vie éternelle en Dieu, les «élus» choisis par grâce dans l’humanité pécheresse, etc … ces concepts deviennent, pour une part croissante de la population, aussi exotiques, incompréhensibles et abracadabrants que des croyances polynésiennes. Difficile dans ce contexte d’être entendus, ou même d’être considérés comme des interlocuteurs légitimes.

        Cela ne justifie en rien les a-prioris et la censure que vous mentionnez, mais cela l’explique en partie je le crains.

  • « Combien de temps avant que WordPress ou mon hébergeur mettent en place un outil similaire ? »

    J’allais dire pour te taquiner qu’avec SPIP, la question ne se poserait pas. Mais malheureusement, des faits récents me conduisent à craindre la même chose…

    En tout cas, tu garderas certainement plus le contrôle avec WP qu’avec FB !

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  • Je suis effarée par tant de propagande « pro mort » et par tant de censure dans LE pays de la liberté d’expression! On musèle quand on craint le débat, pourtant si nécessaire! Triste monde . Vous êtes courageux, bravo!

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  • Meme si je ne partage pas l’opinion de JP Denis sur cet amendement relatif à l’IMG de la loi bioéthique , je me battrai pour qu’il puisse librement exprimer son opinion .La censure de « Libération  » sur son post est une atteinte grave à notre commune liberté d’expression .

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  • Vous avez mon soutien le plus total ! Il est hors de question que s’installe en France une police de la pensée. Cela dit je crains que votre (notre) combat ne fasse que commencer. Mais haut les cœurs ! Il ne faut rien lâcher.

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  • Bonjour Koz
    Je vous connais un peu, étant abonnée à La Vie. Je partage tout à fait votre opinion sur l IVG et me suis souvent étonnée de la mauvaise foi des médias attachés à une véritable désinformation sur le sujet ! On sait par exemple parfaitement que cet acte engendre des dépressions chez les femmes qui y recourent et on persiste à l encourager. Ma question est donc la suivante % que pouvons nous faire pour exprimer notre opposition à l amendement infanticide aujourd’hui ? Merci de votre réponse, si vous avez le temps. Sinon je comprends bien que vous ayez autre chose à faire, mais tout de même…

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    • Bonsoir,

      Il est un peu tard et je ne suis pas certain d’avoir toutes les idées. Mais alerter le sénateur de son coin (puisque le texte passe en deuxième lecture au Sénat) me semble un bon début.

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  • Antoine Pasquier, rédacteur en chef de Famille Chrétienne, a apporté un éclairage factuel complémentaire, très utile. https://www.facebook.com/antoine.pasquier.524/posts/2927350747492234

    L’AMENDEMENT SUR L’IMG, BRÈCHE POUR ALLONGER LE DÉLAI D’IVG
    L’amendement sur l’IMG pour détresse psychosociale, adopté dans le cadre de la loi de bioéthique, ne vient pas de nulle part. Son idée court depuis plusieurs semaines, et son objectif est bel et bien d’ouvrir une brèche pour obtenir un élargissement du délai légal de l’IVG. Explications. http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/3181/AN/524
    1. Mars dernier. En raison du confinement, le Planning familial s’inquiète du grand nombre d’avortements ne pouvant être pratiqués en France. Il a demandé au gouvernement la possibilité d’allonger le délai légal de deux semaines. Ce dernier s’y oppose, ne voulant pas ouvrir un débat brûlant en pleine crise sanitaire. https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial-de-lisere-38/avortement/cp-faciliter-le-parcours-divg-pendant-le-confinement
    2. Toutefois, le 23 avril, en réponse à un courrier adressé par plusieurs parlementaires, le ministre de la santé Olivier Véran annonce dans une lettre qu’en cas de recours tardif à l’avortement, il serait désormais possible d’utiliser la notion de « détresse psychosociale » de l’interruption médicale de grossesse (IMG) pour avoir recours à une IVG par aspiration. https://www.marieclaire.fr/avortement-ivg-detresse-psychosociale-covid-19,1346900.asp
    3. Cette possibilité est confirmée par la sénatrice Laurence Rossignol, l’une des parlementaires destinataires du courrier, en séance publique le 4 mai 2020 au Palais du Luxembourg. http://www.senat.fr/cra/s20200504/s20200504_2.html
    4. Cela ne suffit pas. Pour permettre de faciliter le recours à des IVG hors-délais pendant l’état d’urgence sanitaire, Laurence Rossignol dépose le 4 mai un amendement visant notamment à alléger la procédure de l’IMG psychosociale. https://www.senat.fr/amendements/2019-2020/417/Amdt_171.html
    5. L’amendement ayant été jugé irrecevable, il est demandé aux collègues de l’Assemblée nationale de prendre le relais. https://twitter.com/laurossignol/status/1257585176948936705?s=20
    6. Le 6 mai, le Planning familial écrit à Olivier Véran pour lui demander une nouvelle fois d’élargir les délais d’accès à l’IVG et de simplifier la procédure de recours à l’IMG, alternative à l’IVG dans certains cas. La crise sanitaire est toujours le prétexte, mais il ne s’agit plus ici de mesures temporaires comme cela était le cas de l’amendement de Laurence Rossignol. https://twitter.com/leplanning/status/1258423568066646018?s=20
    7. Le gouvernement continuant de refuser l’allongement du délai d’IVG, la Délégation aux droits des femmes organise le 28 mai une table ronde relative aux « droits sexuels et reproductifs » en période d’état d’urgence sanitaire, organisée dans le cadre des travaux de la mission d’information sur l’accès à l’IVG. Objectif : obtenir cet allongement du délai par tous les moyens. http://videos.assemblee-nationale.fr/video.9108446_5ecfc420000b4.delegation-aux-droits-des-femmes–droits-sexuels-et-reproductifs-en-periode-d-etat-d-urgence-sanita-28-mai-2020
    8. Lors de cette table-ronde, le Dr Gadha Hatem-Gantzer, médecin-chef à la Maison des Femmes déclare (1’51’’54) : « je crois qu’il y a un vote ce soir au Sénat sur l’allongement et peut-être un peu sur l’IMG. Ça nous aiderait bcp que déjà, autour du covid, les choses soient facilitées. Ça nous laissera le temps ensuite de faire un groupe de travail plus technique sur comment faire mieux. Déjà avoir cette petite souplesse, ça nous réconforterait beaucoup sur le terrain, on se dirait : « allez, on peut y aller, on a le droit »
    9. Message entendue par Marie-Noël Battistel, vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes présente à cette table-ronde. Depuis plusieurs semaines d’ailleurs, la députée de l’Isère milite pour l’allongement du délai d’IVG. https://twitter.com/BattistelMarie/status/1267811168103456768?s=20
    10. C’est elle qui signera le 3 juillet cet amendement si décrié et discuté depuis. http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/3181/AN/524
    11. Et si cela ne suffisait pas, Marie-Pierre Rixain, présidente de la Délégation aux droits des femmes, prend le pas de sa vice-présidente en rédigeant un amendement similaire, lui aussi adopté. http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/3181/AN/591
    12. Affirmer que cet amendement a pour but de « clarifier le droit », comme l’affirme Libé, est un argument fallacieux, qui cache une intention moins louable : jouer du coude pour forcer le gouvernement à allonger le délai légal. Faute d’assouplir les règles de l’IVG, on édulcore celles de l’IMG. https://www.liberation.fr/checknews/2020/08/04/projet-de-loi-bioethique-les-deputes-ont-ils-autorise-l-avortement-pour-detresse-psychosociale_1795927
    13. Les militants de l’avortement ne font jamais voté un texte sur l’IVG par pur formalisme. Il y a toujours un objectif derrière : faire tomber les barrières les unes après les autres.

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  • Bonsoir,
    Les mots me manquent pour vous dire combien je suis atterrée. C’est complètement fou.
    Avez-vous envoyé une contestation à Facebook ? Avez-vous écrit à Libération ?
    Un droit de réponse dans la presse, c’est normal, non ?
    Tenez nous au courant svp
    Et bon courage !

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    • Jean-Pierre Denis a eu un retour, sur Twitter. Facebook a fait sauter son avertissement et Libé s’est excusé, mais de façon semi-privée, dans des réponses sur Twitter. Néanmoins, l’article de Libé reste suggéré sous le statut, pour apporter une contradiction. Sur le principe, je ne suis pas contre. Mais, en pratique, on constate que c’est à sens unique. Ce seront toujours les mêmes qui écoperont d’une contradiction imposée.

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  • L’IVG est bien devenu un totem de la République. Mais pourquoi donc ?

    Une hypothèse : en France, une femme sur trois a eu un avortement. Dans les milieux politiques et médiatiques, c’est probablement nettement plus, sans doute une majorité. Et bien sûr, quand une femme avorte, un homme est presque toujours impliqué. Quoi qu’ils en disent, ces hommes et ces femmes vivent rarement bien avec cette expérience. Et pour faire taire la petite voix qui les trouble, ils pratiquent la fuite en avant, passant loi après loi pour banaliser l’acte d’avorter, récuser toute réflexion préalable qui par là même pointerait le caractère grave de la décision.

    La prochaine cible sera l’objection de conscience des médecins. Son existence même implique qu’il y a une question de conscience morale en jeu. C’est inacceptable pour ceux qui ont fait passer l’amendement « détresse ».

    Répondre
    • Je crois en que tu as raison. Notre insistance à ne pas voir dans l’avortement l’acte ordinaire que des gens comme le Planning Familial décrit est vécu comme une mise en cause intime. La rhétorique de certains, qui parlent de meurtre, n’aide pas nécessairement non plus. Je m’étais dit, d’ailleurs, qu’il fallait prendre soin de parler de ce sujet comme si nous parlions à une personne blessée – compte tenu de la même stat. Mais, de fait, il est impossible à certaines personnes de nous entendre. Cela déclenche en elle une réaction viscérale.

      Répondre
      • Oui, nous sommes entourés de personnes blessées et nous devons veiller à ce que notre langage n’ajoute pas à leurs blessures. Sans pourtant renoncer à nous exprimer, ce que tu fais d’ailleurs très bien.

  • Merci Erwan pour ce texte essentiel. Il faut que tout le monde ait conscience de cette dérive sectaire imposée par Liberation dt Facebook. C’est d’autant plus invraisemblable que ni toi ni Jean-Pierre Denis ne passez pour de dangereux réactionnaires ! La liberté de pensée et d’expression est gravement menacée, tu as tout notre soutien.

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  • Je partage totalement clé fond de cette tribune et je vous félicite pour sa forme et sa tonalité. J’ai réagi à ce amendement sur tweeter sous le pseudo de Bruno Boy ( oui … j’ai encore des fonctions officielles ..) en émettant les mêmes questions et arguments , sous une forme assez lapidaire et un peu courroucée .
    Merci
    Bien cordialement
    JMB

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  • Bonjour Erwan.
    Je rejoint pleinement tout ce que tu exprimes sur Kolkoz.
    Quelque soit la raison de pratiquer un IMG, il est vraiment important de prendre conscience que c’est un acte d’interrompre un processus de vie, un meurtre, ok tu lui envoie pas une balle dans la tête, comme dans les films à la télé… mais même medicalement ou chirurgicalement cela reste un meurtre,
    En d’autre termes et pour aller plus vite le verbe approprier est TUER.
    Tuer c’est enlever, interrompre, blesser vouloir le mal de l’autre…
    Et dans cet acte on emporte avec eux medecins, anesthesistes, infirmières etc…
    Que fait- on vraiment de la mère, des parents etc…qui souffrent réellement et surtout que faisons nous de tous ces enfants??? En bonne santé ou pas…
    Quels accompagnement propose-t-on à ces parents…
    Je regrette que toutes ces lois qui se mettent en placent ne sont que pour faire le mal et qui laisse des conséquences dramatiques conscientes ou non sur la/ les personnes qui agissent de cette façon..
    Et surtout interrompre, oter la vie a quelqu’un que se soit une gamete, un embryon, un foetus, etc
    Interrompre= arrêter=Oter=TUER

    Pardon pour mon manque de phrases et pardon si je blesse quelqu’un par mes propos, Je n’ai que mon coeur pour écrire.

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  • Je pense que si cet amendement conduit vos lecteurs et au delà d’eux leurs amis et connaissance, à s’informer sur ce qu’est l’IMG, aux détails de sa mise en œuvre, qu’à l’évidence on flirte avec l’infanticide, d’où une procédure différente de l’IVG, tout n’aura pas été négatif dans cet amendement.

    J’ajoute que la procédure de l’IMG, interruption médicale de grossesse, est une procédure médicale, adaptable à la maladie psychiatrique, mais guère au delà, est-ce cela que visent les députés?

    Pour en venir à la censure, j’ai connu le temps où l’Etat contrôlait ouvertement les médias et l’ORTF, l’information arrivait à passer et la pensée était plus libre, car le censeur était bien connu. Les rebelles étaient des héros reconnus. La machine actuelle par la disqualification est plus performante dans l’étouffement des voies déviantes. Cela fait penser à Babel la totalitaire, ce lieu où l’unité prime et où les voix discordantes sont étouffées.

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  • Bonjour. Je ne partage pas votre opinion sur l’amendement ni sur l’IMG en general (peu importe ici) mais je suis furieux de cette censure. Je trouve votre texte remarquable pour comprendre les ressorts du contrôle de l’information qui se met en place.

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  • Bonjour,

    C’est la première fois que je poste un message sur ce blog.
    En tant que catholique, je ne comprends pas comment vous pouvez écrire que la légalisation de l’avortement n’est pas en soi ce qui vous pose problème et que le terme de meurtre est excessif. Voici ce qu’écrivait le pape Pie XI dans son encyclique « Casti Connubii » de 1930 :
    Quant à « l’indication médicale ou thérapeutique », pour employer leur langage, nous avons déjà dit, Vénérables Frères, combien. nous ressentons de pitié pour la mère que l’accomplissement du devoir naturel expose à de graves périls pour sa, santé, voire pour sa vie même : mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d’un innocent ? Car c’est de cela qu’il s’agit ici. Que la mort soit donnée à la mère, ou qu’elle soit donnée à l’enfant, on va contre le précepte de Dieu et contre la voix de la nature : « Tu ne tueras pas ! ». La vie de l’un et de l’autre est chose pareillement sacrée ; personne, pas même les pouvoirs publics, ne pourra jamais avoir le droit d’y attenter.

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    • Bonjour,

      Je ne publie que votre premier commentaire mais, comme dit plus haut, je n’ai pas une équipe de modérateurs derrière moi et je suis… en vacances. Ce blog est un espace modéré a priori. Ca ralentit la publication mais ça évite que cela devienne le bazar.

      Sur votre point, je doute que l’enjeu de ce débat soit de nous diviser et de me demander des comptes sur mon propos en tant que catholique. Je crois aussi que vous tirez de grandes conséquences d’une courte formulation. Mais soit. Je pars du fait que l’avortement existe, qu’il soit légal ou illégal. Qu’il est un mal, qu’il soit légal ou illégal. Je ne vais, en revanche, pas refaire ici tout un débat sur l’avortement.

      Je considère également que les mots ont une portée propre et, comme juriste et chrétien, l’intentionnalité d’un acte ne m’est pas indifférente. Je ne suis pas convaincu par cette qualification de meurtre, et je suis en revanche convaincu du fait que qualifier les femmes qui avortent de meurtrières dans la société actuelle ne peut que nuire au seul objectif que nous pouvons imaginer atteindre aujourd’hui : en restreindre le nombre.

      Enfin, sur votre interpellation « en tant que catholique », eh bien, en tant que tel, je lis l’enseignement des papes, je le prends sérieusement en considération, je m’y confronte et, in fine, conformément à la stricte théologie catholique, à l’enseignement du concile Vatican II, précédé notamment de celui du cardinal John Henry Newman, béatifié par Benoît XVI, canonisé par François, je me prononce en conscience.

      « La conscience est une loi de notre esprit, mais qui dépasse notre esprit, qui nous fait des injonctions, qui signifie responsabilité et devoir, crainte et espérance. Elle est la messagère de Celui qui, dans le monde de la nature comme dans celui de la grâce, nous parle à travers le voile, nous instruit et nous gouverne. La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ. »

      Lettre au Duc de Norfolk (1875)

      Bref, même une encyclique ne clôt pas définitivement le sujet et ne m’impose pas une position ni un vocabulaire. Ajoutons pour finir que la position sur l’avortement n’est pas un article de foi. Quand bien même je suis opposé à l’acte.

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      • Merci de m’avoir publiée. Je pensais que les messages étaient modérés après leur publication, et non pas avant, d’où ma perplexité.

        Que l’avortement existait déjà avant la loi Veil, nous sommes bien d’accord. Le problème, c’est que pour la majorité des gens, ce qui est légal tend à devenir moral, ou du moins pas immoral. Légaliser cet acte, c’était donc déjà en soi faire céder une grande barrière morale. Ce qui me dérange également, avec cette idée selon laquelle ce n’est pas la légalisation le problème, mais le taux élevé d’avortements, c’est que cela revient – consciemment ou non – à donner raison aux partisans de l’avortement sur le caractère courant des avortements clandestins avant la légalisation. Littéralement tous les pro-avortements ont basé leur argumentation là-dessus : à savoir que légaliser cet acte n’avait pas pour but de le rendre plus courant, mais seulement de faire diminuer le nombre de femmes mortes suite à des avortements clandestins. Aux USA, on parlait de rendre l’avortement « legal, rare, and safe ». Pourtant, un homme comme Bernard Nathanson, après avoir changé de point de vue sur l’avortement, a avoué que les militants en faveur de la légalisation de l’avortement avaient faussé les chiffres pour faire pencher l’opinion publique… C’est une constante : là où l’avortement a été légalisé, il est devenu beaucoup plus courant. C’est pourquoi, en tant que catholique, je peine à comprendre votre position. Pour moi, vouloir conserver le droit à l’avortement tout en espérant que peu l’utilisent, c’est un peu comme ne pas vouloir punir le vol et le meurtre, tout en espérant vivre dans une société où ces crimes ne seront pas commis. Cela n’a pas de sens.
        Quant à l’intentionnalité de l’acte, il est utile pour juger un coupable, mais ne change rien à la fin tragique de l’enfant éliminé dans le sein de sa mère. Je veux certes bien croire que si à l’époque de Pie XI, aucune femme ne pouvait ignorer qu’en avortant, elle tuait son enfant, cela est peut-être moins évident aujourd’hui. Certes. Mais quoi qu’il en soit, si la conscience morale de toute une société s’est amoindrie sur ce sujet, c’est bien parce que l’avortement a été légalisé, et que par là il est devenu courant. Or, on a toujours moins l’impression de commettre un délit ou un crime lorsque beaucoup de gens le commettent également autour de nous que lorsqu’il est rare, désapprouvé et condamné par la loi.

        Bien à vous.

      • Je ne nie pas que les diverses interactions rendent la question très complexe. Toutes les dérives actuelles de l’avortement donnent raison à tous ceux qui refusent le « moindre mal » et le compromis.

        De même, je conçois tout à fait ce que vous dîtes sur la confusion entre le légal et le moral. Mais, précisément, puisque nous sommes d’accord pour affirmer que tout ce qui est légal n’est pas moral, faut-il maintenant aligner notre position sur une conception que nous savons erronée ?

        En ce qui concerne l’intentionnalité, oui, elle n’est un sujet que pour l’auteur de l’acte, toujours. Mais c’est ainsi. Et ça l’est aussi en théologie catholique. Saint Thomas d’Aquin prend notamment l’exemple d’un fou qui répand au sol les hosties consacrées, délibérément : il n’a pas commis de profanation. Et il en est ainsi pour l’ensemble des péchés (me semble-t-il) : il faut qu’il y ait une conscience du péché.

        Cela influe sur la qualification. Et à mon sens, la qualification de meurtre devrait être réservée à l’acte commis contre une personne née, ou à un stade que je ne saurais déterminer mais qui me paraît évident quand l’enfant est viable. Cela ne veut pas dire que l’acte ne me révulse pas, que je n’y suis pas opposé. Cela veut seulement dire que je ne pense pas utile d’employer une telle qualification. Je ne suis pas convaincu non plus que cela soit bienvenu pour nous y opposer.

        Dernière chose : je ne « veux » pas conserver le droit à l’avortement. Je ne fais que constater. Je vis dans une société dont je dois, pour une part, prendre acte (pas toujours bien sûr). L’abrogation de la loi n’est pas une éventualité. Il dispose d’un soutien écrasant dans l’opinion publique. Et, très pragmatiquement, à ce jour, les mobilisations pour l’abrogation de la loi Veil n’ont qu’un effet pratique : faciliter l’adoption de textes élargissant les possibilités de recours à l’avortement.

  • Bonjour Koz,
    pour FB je ne saurais dire, mais au niveau des journaux français il existe un précédent et une condamnation, et donc (possiblement) une jurisprudence. Renseigne-toi sur l’affaire juridique ayant opposé un autre blog (Les crises de Olivier Berruyer) et le journal le Monde (en l’occurence son système intitulé les Décodeurs qui avait indexé son site dans la catégorie complotiste).
    Il a obtenu gain de cause et réparation.
    Merci pour ton blog.
    Olivier

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  • Très sincèrement, je ne comprends pas comment vous pouvez utiliser Facebook.
    Je vous encourage très fortement à lire l’ouvrage de Christopher Wylie : « Mindfuck ».
    Pour ma part je me contrefous de suivre « ma tribue » ou de chercher à convaincre le plus de monde au travers de tels outils. Et pour avoir été confronté en tant que juriste à certaines compagnies des GAFAM, je peux vous confirmer que pour ces entreprises, la fin justifie les moyens. Ce sont des entreprises effrayantes auxquelles il convient de donner le moins de données possibles (et le moins d’argent possible aussi !)
    Et à toutes fins, je me permets de rappeler que la CJUE a invalidé le Privacy Shield récemment. Le Safe Harbour fut également invalidé. Mais quand est ce que les gens vont comprendre qu’il y a là un vrai problème ? Mais non, avec le « je n’ai rien à cacher » et « de toutes les façon, ils ont déjà tout ou presque tout », tout le monde baisse les bras et continue à utiliser tous ces services parce que c’est « cool » (ca vient de la Silicon Valley et de Californie) et que « ca juste marche ».

    Ce sont ces outils qui petit à petit nous font glisser dans un totalitarisme qui ne porte pas son nom, la vaseline pour rendre cela bien indolore étant de faire croire que la vie privée n’existe pas.
    En tous cas bon courage pour votre statut Facebook.

    Et pour conclure mon extension µBlock bloque pas moins de 5 trackers sur votre blog. Là aussi, les pratiques sont à changer. Cela demande des efforts supplémentaires. Mais ils sont au bout du bout salutaires.

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    • C’est, très sincèrement, un tout autre débat. Mais, comme vous le dites plus ou moins, vous vous fichez d’intervenir dans le débat public par la voie numérique. Soit. D’autres, non. Pour Jean-Pierre Denis, c’est une simple question professionnelle. Pour ma part, c’est assez simple, ne pas être sur les réseaux sociaux, ce serait écrire sans vouloir être lu. Comme écrire un livre et le garder dans un tiroir. Les statistiques d’accès au blog sont suffisamment instructives.

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      • « écrire sans vouloir être lu » voilà aussi un point important qui « me parle ». L’idéal pour moi effectivement c’est d’écrire pour être lu. Ecrire pour faire du lien et du bien ça me motive aussi beaucoup. Etre lu devient alors « un bonus ».

  • Bonjour Koz,
    Je suis assez choquée comme beaucoup par ce que vous racontez, mais en fait pas étonnée… Mais il est frappant que ce que Libé qualifie « d’information partiellement fausse » n’est pas une information mais une opinion (« il est à craindre… » est-ce faux que JP Denis craint telle possibilité ?). A moins que ce ne soit les conditions du vote (de nuit, sans débat) qui soient contestées ? Il s’agit clairement d’une atteinte à la liberté d’expression et d’opinion.
    L’IMG est en plus particulièrement violente, car dans les derniers mois de grossesse, il ne s’agit pas seulement d’enfants « viables » mais il peut s’agir d’enfants VIVANTS, que l’on doit tuer in utero avant de les avorter (c’est une sage-femme qui me l’a rapporté). Les tuer après accouchement serait insoutenable, le ventre de la mère permet de cacher l’acte. Mais ne vous avisez pas de raconter cela sur Facebook, ce serait sûrement « partiellement faux »!

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  • Je prends conbaissance de cette lamentable histoire et j’avoue être sidéré : il existe donc une “police de la pensée” sournoise, invisible mais bien présente.
    Notre défi est de résister sans rejoindre le camp des complotistes !

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  • Bonsoir

    uniquement sur le thème de la ‘liberté d’expression’: il y a me semble-t-il 2 conceptions de la liberté d’expression quand on y croit:
    – la conception consistant à dire qu’il faut défendre la liberté de tout le monde même et surtout quand on trouve parfaitement répugnante les idées exprimées (Chomsky)
    – la conception consistant à dire ‘je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me batterai pour que vous ayez le droit de le dire’ (position dite Voltairienne, probablement incorrectement). Cette position considère qu’une position doit être défendable pour qu’on se ‘batte’ pour elle. Ne pas être d’accord est en effet assez doux, cela suppose qu’on considère une opinion, qu’on la comprend mais qu’on la rejette comme incorrecte d’un point de vue rationnel.

    Quelle est votre conception à vous ? est ce que vous avez déjà défendu énergiquement par exemple:
    – le droit des racistes à exprimer leurs idées ?
    – le droit des rappeurs poursuivis par la justice pour outrage à la police ?
    Je ne sais pas trop si une de ces positions vous apparait révoltante, je prend juste des choses qui peuvent éventuellement choquer un chrétien conservateur. Je peux me tromper bien entendu et en fait les racistes et les rappeurs ne vous choquent pas, c’est juste un exemple. Si ce sont les transhumanistes qui vous choquent, ou les fans de Poutine, ou les scientologues, n’importe quoi de bien pourri, est ce que vous êtes prêt à choquer tout vos amis en défendant leur liberté d’expression ?
    Et si non, si votre liberté d’expression est ‘voltairienne’ (sourire), et que vous récusez la conception de Chomsky, de quel droit pouvez vous vous plaindre qu’ils soient venus pour vous ?

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    • Ce que « Voltaire » dit n’est pas qu’une position doit être défendable pour qu’on se batte pour elle. Cette position affirme même que l’on se battra pour une opinion qu’on ne partage pas.

      Pour ma part, dans les questions que vous posez, les choses sont assez simples : la liberté d’expression s’exerce dans les limites fixées par la loi. Le racisme n’est pas une opinion. L’outrage aux forces de l’ordre non plus. Tout comme l’injure, la diffamation etc.

      Les choses sont plus complexes quand les éléments sont mensongers. Certains ont parfaitement perçu le potentiel d’influence des réseaux sociaux et la facilité à y répandre, délibérément, une propagande mensongère pour les besoins de leurs conceptions politiques. Les exemples sont aujourd’hui légions de publications dont les auteurs ne peuvent pas douter de leur caractère mensonger, ni des ingérences étrangères dans les processus électoraux.

      Je ne suis pas choqué que l’on puisse y apporter une réponse. La confusion dans ce cas vient de ce que, de surcroît, la réponse apportée à un statut exact est elle-même erronée et ce, sur un sujet qui devrait être en libre discussion – ce qui n’est, notamment, pas le cas du racisme.

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      • Effectivement la liberté d’expression est limitée par la Loi, mais ne doit en aucun ca l’être par le politiquement correct. cf Libération (qui devrait changer de titre : « propagande gauchiste » serait mieux adapté au contenu!

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