Le pape a dit que l’acte d’amour…

migrantTous les prêtres n’ont pas le sens de la concision. Ça ne vient pas forcément avec l’ordination. C’est comme la foi, d’ailleurs : ça ne vient pas toujours avec le baptême. Je déjeunais avec un prêtre. Lui, boudin noir, ça va avec son habit. Moi, salade aux gésiers, passons. Entre le boudin et le café, il me soumettait, le prêtre, au demeurant breton et auteur, son analyse de l’appel du pape. Bien que j’eusse préféré la concevoir moi-même, je ne peux pas la celer plus longtemps et je me dois de la livrer derechef, face aux interrogations et interpellations que je lis ou reçois.

Il perçoit trois dimensions dans cet appel.1

1. La charité, première et suffisante. Face à un homme qui souffre, qui a besoin de secours, on ne se pose pas de questions : on aide. C’est l’élan spontané du cœur, l’élan de l’humanité.

C’est, indirectement, Romains 12, 15 : « soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent« . C’est, évidemment, très directement, Matthieu 25, 35 : « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli »2. C’est encore Luc 10, 29-37, le Bon Samaritain : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même»« . Avec cette subtilité supplémentaire que Jésus choisit un non-juif pour  illustrer sa parabole.

2. Le message aux pays musulmans. Nous sommes dans un temps de globalisation, d’échange, et ce temps apporte avec lui la confrontation et l’angoisse. Dans les pays occidentaux comme dans les pays musulmans, chacun craint de perdre son identité. Des rhétoriques réciproques s’emballent : pour les musulmans, les Occidentaux sont en croisade, et pour les Occidentaux, les musulmans sont en djihad. On peut choisir de s’armer et de préparer un affrontement que l’on considère inéluctable. On peut le susciter : c’est d’ailleurs ce que l’on peut soupçonner de la stratégie de Daech, qui chercherait un « choc civilisationnel » pour faciliter l’émigration dans les pays arabes (contrairement à ce que certains prétendent, Daech n’a pas pour stratégie de susciter une submersion de l’Europe).

On peut aussi, comme le Christ y invite, songer à rompre l’engrenage.  Il est remarquable de constater comme Il nous incite à dépasser les réactions binaires. C’est le cas quand Il enjoint de tendre l’autre joue : donner l’occasion de rompre l’enchaînement de la violence. C’est le cas aussi dans l’évangile de la femme adultère : face aux alternatives simplistes qu’on Lui propose/oppose, Il avance une troisième voie.3.

Or, les opinions des pays musulmans pourront-elles continuer à invoquer une guerre de religions, quand c’est le chef de l’Eglise catholique qui demande expressément à ses fidèles d’accueillir les leurs ? Et quand, de surcroît, les pays musulmans du Golfe, eux, gardent leurs portes fermées ? Bien sûr, des cœurs et des esprits resteront fermés. C’est ainsi ici aussi. D’autres, de meilleure volonté, pourront y être sensibles.

3. Le message aux réfugiés musulmans. Ces réfugiés viendront. Parce que la situation de leurs pays les y contraint. Sans négliger l’importance de ne pas les déraciner totalement, il est utile, pour intégrer véritablement, de les répartir autant que possible sur le territoire plutôt que les concentrer, comme on l’a fait trop souvent. Le maillage des paroisses est bienvenu à cet égard.

Mais surtout, que pourront penser plus tard, parmi eux, les réfugiés musulmans accueillis par des chrétiens, qu’ils restent ou s’en retournent d’ailleurs ? Quelle impression garderont-ils de ces chrétiens qui les accueillent… ou les rejettent ?

Combien d’enfants juifs gardent en mémoire les familles qui les ont recueillis pendant la guerre ? Ces familles ne les ont pas recueillis pour contribuer à une meilleure compréhension ultérieure mais on ne peut pas se plaindre que cette charité spontanée, et risquée, ait pu porter ce fruit. En terme de fruit, d’ailleurs, si, cerise sur le gâteau, cela leur permet aussi de connaître le christianisme…

Reprenons, pour dissiper tout doute : la charité est première et suffisante. On ne doit rien en attendre de plus, on ne doit pas la négocier, on ne doit pas la conditionner. Benoît XVI l’a développé de façon limpide et définitive dans son encyclique Deus Caritas Est (pt 31)4. Mais parce que certains sont troublés, s’interrogent légitimement, que d’autres le font plus péremptoirement (tel cet évêque hongrois, soudaine coqueluche d’un certain milieu) jusqu’à croire naïf ce pape un peu rusé, il n’est pas inutile de songer aux fruits de cette charité.

Cette approche n’ignore pas les risques : la charité court le risque de l’ingratitude, la confiance celui d’être déçue. On les choisit en conscience, et en connaissance de cause. Mais elles sont le moteur de la paix. « Il faut du courage pour dire oui à la rencontre et non à l’affrontement (…) Il faut du courage, une grande force d’âme » (cf ici) car, précisément, on en connaît les risques5. C’est aussi cela l’espérance, et l’ouverture à la vie.


  1. NB : Pour ne pas l’impliquer plus que de raison, je précise que je m’appuie sur cette distinction, mais que le Père Nadler ne souscrit pas nécessairement aux détails de mes développements. []
  2. Soit dit en passant, dans la mesure où le Christ n’a pas précisé que l’amour devait se borner aux frontières d’Israël, le Christ ne préconisait donc pas de trier selon la religion, puisque l’étranger avait toutes les chances de ne pas être juif []
  3. Et c’est assez franciscain aussi : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour. » []
  4. la charité est « la réponse à (…) ce qui constitue la nécessité immédiate », « L’activité caritative chrétienne doit être indépendante de partis et d’idéologies », « la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme » []
  5. Ils sont suffisamment détaillés sur certains sites, qui les diffusent ad nauseam, pour que je m’épargne de le faire à mon tour, et que vous me fassiez confiance pour en être informé : risque du nombre, de l’identité, du terrorisme, d’oublier ceux qui restent sur place, d’oublier les chrétiens, qui n’ont pas d’autre refuge… []

Auteur

Monoépoux, multipère, et fidèle à plusieurs titres. Également avocat (associé fondateur BeLeM Avocats) et auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015, éd. du Cerf)

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36 comments

  • Enormité que ces clercs professent: « Quelle impression garderont-ils de ces chrétiens qui les accueillent… ou les rejettent ? Combien d’enfants juifs gardent en mémoire les familles qui les ont recueillis pendant la guerre ? » Voilà bien l’illusion ! Ils oublieront les bienfaits très facilement, ils ne garderont que la haine. Ainsi de cette jeune fille violée par ceux qu’elle hébergeait. Ainsi de ces milliers de meurtriers qui n’expriment aucun regret dans le box des accusés parce que la victime n’était pas musulmane… Quant aux Juifs, justement, que n’ont-ils pas abominé la France de toutes sortes d’accusations, alors qu’elle les sauvait ? « Combien d’enfants juifs gardent en mémoire les familles qui les ont recueillis pendant la guerre ? » Je vais vous répondre: pas un sur cinquante ! Le maréchal le premier eût dû être loué: ils l’ont honni. Les Français en général sont dits antisémites cent fois par jour. Voilà les remerciements. Or, les Juifs de France sont ceux qui ont le plus été sauvés. D’ailleurs sauvés de la déportation seule et non du massacre, car ces bons Juifs n’ont pas hésité non plus à inventer contre l’Allemagne le mythe de la Shoah. Ou l’on voit que le sémite n’a aucun scrupule à cracher sur les faits.

    Voilà bien propos de clercs chrétiens, aveugles et sots, coupables de complicité dans l’assassinat d’une civilisation !

  • Alix a écrit :

    Un simple mot : merci !

    Simple, mais apprécié.

    @ Nathalie Fersen : un petit bijou, que votre commentaire. Que l’on ait occulté le fait que la France ait, comparativement, mieux traité les Juifs que d’autres pays, j’en suis d’accord, et Simone Veil avec moi.

    Mais quand je lis dans le même paragraphe que les clercs sont sots, professent des énormités et que l’on n’a pas assez loué le Maréchal pour le traitement des juifs, que voulez-vous, je souris…

    Je souris moins à vos propos négationnistes et antisémites, parfaitement odieux en eux-mêmes, et qui soulignent d’où viennent – parfois, tout du moins – les grandes leçons données à l’Eglise.

  • Merci, en dépit des peurs (nombreuses), des fantasmes (moins nombreux, heureusement, encore que…).

    Heureusement que des clercs (ou pas) chrétiens, aveugle et sots, se manifestent. Merci d’en être Koz, et de rappeler que une civilisation risque plus de mourir en travestissant ou niant son identité, qu’en acceptant de recueillir des victimes, quelles que soient leur confession !

  • j’aimerais juste en « echo » à ce qu’écrit Nathalie rappeler les propos du grand rabbin sur l’invitation à ne pas choisir d’agir à partir de nos peurs….les actes cités sont sans doute vrais, la généralisation est toujours une insulte faite à la réalité; il y en a qui commettent ces actes, d’autres qui ne le feront jamais…

  • Je me risque à un commentaire. Ils ne fuient pas vers La Mecque mais vers chez nous, c’est plutôt bon signe non? Des terroristes se cachent parmi eux? Peut-être mais peut-être aussi de futurs résistants à qui nous permettons de survivre et de reprendre le combat une fois leurs proches à l’abri.

  • @ Alix:

    Je dirai moi aussi merci pour ce billet; il est bon, en effet, mais il présente une grosse lacune.

    S’il se bornait à l’aspect purement chrétien (personnel ou communautaire ) de cet accueil des immigrés, alors bravo ,oui il nous faut à l’instar du pape François imiter le Christ et accueillir le réfugié comme un frère, car c’est un autre Christ, et ce devoir de toute façon, est inévitable pour tout chrétien; Mais il y a un second élément abordé de façon impropre, c’est l’aspect politique: je croyais de prime abord que ce second aspect n’était pas abordé, et en fait si, dans le §.2: le message aux pays musulmans, et là, c’est inévitablement politique; sans faire partie du FN , mais au risque même d’ être qualifié – à tort- de  » nauséeux « , là il faudrait dire et montrer à l’E.I. , que notre pays et les autres pays européens vont se défendre militairement et par tous les moyens disponibles, sur place contre vous ( et pas seulement le Danemark). Notre raison principale est de nous défendre contre la gangrène et pas de vouloir faire la police dans le monde entier;, car cette guerre atroce des égorgeurs s’exporte aussi chez nous, il met en péril à la fois la présence des chrétiens au Moyen-Orient et il met en péril notre paix civile, en France et notre civilisation. Contre des assassins, il n’est pas suffisant de monter l’exemple de la sainteté mais il faut les mettre hors d’état de nuire. Mgr Gollnisch et Mgr Sako disent ( et le Père BOULAD aussi au Caire) depuis des mois que l’action ( voire l’inaction ) occidentale est coupable par omission. Pour cette raison cet article deM° KOZ est foncièrement insuffisant. Si on ne fait pas cela les immigrés vont affluer de plus belle et aucune question ne sera réglée.

  • C’est pas Daech le problème, mais la stratégie de l’Arabie Saoudite de mettre des musulmans partout dans le monde, de répandre l’islam. Daech y viendra peut-être, mais une fois que Bachar sera vaincu et l’Etat Islamique consolidé.

    Ce qui est intéressant et démontre que les saoudiens sont pour le moins ambigus, c’est que les saoudiens refusent d’accepter les réfugiés, mais qu’ils sont prêts à FINANCER LES MOSQUEES en Allemagne ! Source : http://www.faz.net/aktuell/politik/fluechtlingskrise/die-golfstaaten-schotten-sich-gegenueber-fluechtlingen-ab-13789932.html

    Quant à tenir compte de la réaction des réfugiés (qui ne nous aimeraient pas si on refusait), c’est renverser tous les raisonnements rationnels possibles. On ne se décide jamais en fonction d’un chantage affectif (Attention, si tu ne m’accueilles pas, on va devenir méchant !) et avant même de réfléchir à ce qu’ils pourraient faire, il faudrait peut-être écouter ce que les Français ont à dire. Mais bon, comme d’hab, agissons d’abord, on réfléchira après, n’est-ce pas ?

  • Merci Koz.

    Il en faudra plus pour convertir les catholiques qui se tournent vers la xénophobie ordinaire ou la préférence (l’égoïsme ?) national(e). Mais cette affirmation, voire cette clarification qui, au demeurant, ne devrait même pas en être une tant l’Evangile est sans équivoque, ne peut pas faire de mal.

    Et effectivement le message au monde est loin d’être anodin.

    Merci aussi à votre interlocuteur, évidemment.

  • @ Audemard : pensez-vous sérieusement que j’attende quoi que ce soit de Daech ? Que j’imagine que notre bon accueil aux réfugiés influe un tant soit peu sur la perception de gens qui égorgent des chrétiens ?

    Polydamas a écrit :

    Quant à tenir compte de la réaction des réfugiés (qui ne nous aimeraient pas si on refusait), c’est renverser tous les raisonnements rationnels possibles. On ne se décide jamais en fonction d’un chantage affectif (Attention, si tu ne m’accueilles pas, on va devenir méchant !)

    C’est assez joli, ça, comme figure rhétorique. Il faudrait que je demande à en connaître le nom. Parce que outre l’affirmation catégorique et gratuite (« renverser tous les raisonnements rationnels possibles ». Ah ?), en matière de renversement, ce paragraphe se pose là. Mais il est plus révélateur de ce que tu ressens que d’une quelconque réalité. Qui parle de « chantage affectif » sinon toi ? Tu te sens menacé et tu raisonnes en fonction de cela. N’imagine pas trop facilement que cela soit de la lucidité.

    @ jfsadys : cyniquement, oui c’est bon signe. Encore faudra-t-il le gérer convenablement et savoir rester chrétiens (pour ceux qui le sont certes), y compris parmi les baptisés.

    Après, oui, il y a un risque d’infiltration par des djihadistes – avec ou sans projet d’attentats. Mais je ne suis pas certain que cela change beaucoup la donne. Alors, le faire payer aux authentiques réfugiés… Enfin, j’ai bien compris que nous sommes d’accord.

    P.V. a écrit :

    Merci d’en être Koz, et de rappeler que une civilisation risque plus de mourir en travestissant ou niant son identité, qu’en acceptant de recueillir des victimes, quelles que soient leur confession !

    On en finirait par défendre un « occident chrétien » vidé de son christianisme.

  • « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité ». Merci aussi à vous de rester sur ce front-là. Bien sûr tous ou beaucoup diront que les pieuses intentions ne suffisent pas ; mais on a encore tellement à convertir de nos esprits et de nos coeurs q’un billet comme le votre, nous (en tous cas, me) fait du bien. 🙂

  • @ Koz: Oui je suis d’accord avec ce que vous avez écrit et je me suis permis de faire suivre votre blogon sur Facebook et je vais le faire suivre aux personnes dont j’ai l’adresse mail. Et j’ajouterai une autre dimension à votre texte et aux déclarations du pape, c’est un encouragement et un soutien moral pour toutes les personnes qui dans notre pays aident des personnes en difficultés sans le dire et sans le faire savoir depuis des années et des années, une reconnaissance du bien fondé de leurs actions.

  • Oui, Koz, la Charité est nécessaire et suffisante pour guider nos actions … Mais l’exercer sur les seuls symptômes (les réfugiès) sans vouloir apporter un remède à la maladie (les guerres en Syrie et en Libye, que j’hésite à qualifer de civiles), quand bien même il faudrait admettre s’être trompé par le passé, c’est se condamner à remplir de notre Charité un tonneau des Danaïdes. Que notre charité locale prodiguée ici, quelqu’insuffisante qu’elle soit, ne soit pas un alibi pour ne pas apporter de vrai remède au mal.

  • Pourquoi cette réserve ? Quelque chose vous ferait penser que le pape, le père Nadler ou moi-même, nous désintéresserions des causes de cet afflux de migrants ? Ce serait rudement sot de notre part, non ? Et vous êtes d’accord pour dire que nous ne le sommes pas, rudement sots, n’est-ce pas ?

    Par ailleurs, il s’agit de faire ce qui est à notre portée. En ce qui me concerne moi et le Père Nadler en particulier, il n’est pas de notre portée d’agir sur la guerre en Syrie ou en Irak. Il est en revanche de notre ressort d’aider un réfugié. Soucions-nous de ce que nous pouvons faire. Si j’étais taquin, je dirais qu’il ne faudrait pas notre incapacité à résoudre le conflit en Syrie nous serve d’alibi à manquer de charité ici.

    Bref, je ne vois pas ce qui amène à opposer les deux, à vouloir imaginer que la charité pourrait être un alibi.

    Au demeurant, elle est nécessaire et suffisante par rapport aux deux autres points du billet. Je pense que ça se comprend assez bien.

  • Merci pour ce billet. J’ai dernièrement très souvent honte en lisant les commentaires dans les différents forums (quotidiens ou catholiques) de voir les prétextes qui sont opposés pour ne pas répondre à un état d’urgence concernant les réfugiés. Certes il ne faut pas se contenter de l’urgence, certes il y a des décisions politiques sans doute difficiles à prendre etc etc… Mais ma conscience ne me laisse pas en paix… Matériellement, je ne peux pas faire grand chose, c’est trop petit chez nous pour accueillir une famille, ou même un réfugié, on peut donner de l’argent, des habits etc… mais j’ai l’impression que cela n’est pas suffisant, car notre société est fermée, a peur (sans doute en partie à cause des raisons que vous évoquiez dans un billet précédent).

    Cet été, la paroisse de mes parents d’a décidé d’accueillir une ou deux familles chrétiennes de Syrie ou d’Irak. Des pré-fabriqués ont même été construits pour cette occasion. Je me disais que c’était une très bonne initiative, et que toutes les paroisses devraient faire de même, c’est une réponse aux appels de l’Evangile et concrêtement, une chance pour ces familles de pouvoir plus facilement s’intégrer au sein d’une communauté (même si l’accueil bien entendu peut concerner des personnes non chrétiennes). Avec l’appel du Pape, avec le relai des évêques, je sentais que nous allions enfin pour agir…

    Oui, mais… voilà que j’apprends aujourd’hui (précision importante : je n’habite pas en France, mais les réactions dans mon pays d’adoption sont à peu près identiques : c’est la crise, on ne peut pas accueillir tout le monde, on va être envahis, on va perdre nos valeurs, il ne faut accueillir que les plus éduqués/intéressants pour le pays etc…) qu’une paroisse d’ici a accueilli une famille Syrienne cet été, lui garantissant le logement, l’école pour les enfants, de bonnes conditions matérielles et même du travail… Et cette famille, au bout de quelques semaines s’est littéralement enfuie dans la nuit de dimanche à lundi, sans un remerciement, pour l’Allemagne, sans doute la destination qu’elle avait choisie dès le départ. Alors c’est sûr, notre aide doit être désintéressée, on ne doit pas attendre de reconnaissance, et cela ne doit pas nous empêcher d’agir… Néanmoins,cette paroisse ne renouvellera pas l’expérience, les paroissiens sont remontés, et ce bel élan de solidarité est retombé… Alors que faire face à ça ? Comment persévérer, que répondre à ceux qui opposent tous les arguments habituels pour ne rien faire quand ce genre d’initiatives tombe à l’eau ?

  • Merci, Koz, pour ce post courageux. Vous lire remet les idées en place et fait du bien à l’âme. Cela motive à faire ce que l’on peut, même si c’est modeste, même si cela semble dérisoire. Toujours, la charité doit primer, même s’il faut pour cela être traité d’aveugle, de sot, et même (il faut le faire!!) de coupable de complicité!

  • @ Slonko : le cardinal Sarah, dans son livre d’entretiens Dieu ou rien, rapporte un cas pratique où sa générosité a été trompée, et il explique qu’il préfère être trompé qu’avoir manqué à la charité.

    Il est inévitable que la générosité soit trompée. Pas systématiquement bien sûr, mais elle ne peut pas manquer de l’être un jour. L’égoïsme, la défiance sont (au moins à première vue) des pratiques sans risque. Que ces paroissiens n’accueillent plus personne : c’est la seule façon pour eux d’être certains de ne plus être trompés. Mais ils passent probablement aussi à côté de la possibilité de venir en aide à des personnes vraiment nécessiteuses, de révolutionner leurs vies (à tous).

    Bref, l’attitude de cette famille est déplorable, égoïste, mais ce n’est pas une raison pour ne plus être généreux soi-même. C’est un engrenage trop connu. Et puis, on n’accueille pas que des saints.

    Joëlle a écrit :

    Vous lire remet les idées en place et fait du bien à l’âme

    Je crois que nous en avons tous besoin, compte tenu de ce que nous lisons par ailleurs. Besoin aussi de savoir que nous ne sommes pas seuls, quand d’autres parlent tellement plus fort.

  • une toute petite remarque – qui ne change rien à votre propos – au sujet de cette phrase :

    C’est comme la foi, d’ailleurs : ça ne vient pas toujours avec le baptême

    . si, si la foi vient toujours avec le baptême : si le baptême est donné validement, (ce qui inclus le désir de le recevoir, soit directement, soit médiatisé par les parents), la vertu théologale de Foi est toujours donnée. [que demandez vous à l’Eglise : la Foi, dit une des formules possibles du rituel de baptême] Ce qui n’implique pas que cette vertu soit systématiquement mise en oeuvre…

    petite parabole : le baptême donne la foi à un homme comme un port USB donne la capacité à un ordinateur de se connecter au serveur central… Les données passent (donc l’Esprit Saint). Et la confirmation est comme le passage à l’USB2… Mais je peux décider de ne pas brancher la prise, de laisser le port USB rouiller, etc. Et alors on aura l’impression qu’il n’y a pas de Foi… elle est pourtant encore là car Dieu ne retire pas ses dons, même si elle est « désaffectée »

    amitiés

  • @ Koz: Rien ne me laisse penser que le pape ou le père Nadier se désinteressent des causes. Au contraire, le pape François a dit il y a déjà un an à peu près que la guerre contre le pseudo-califat serait une guerre juste. Mais je ne vais pas reprocher au pape de n’avoir pas dépéché la Garde Suisse ou les défunts zouaves pontificaux. C’est plus du coté de César que de l’Eglise que j’ai un problème. Et je ne vous suppose pas sot puisque je lis avec intérêt vos billets et m’invite à en discuter le contenu assez régulièrement … Mon problème de César, je ne peux pas plus que vous le résoudre tout seul, mais la moindre des choses que je puisse faire, c’est de l’analyser et d’alerter sur ce qui me semble important – à l’aune de ma comprenette limitée et de l’audience que l’on me prête. Alors oui, je pense que nous devons : – exiger de l’Arabie Séoudite et du Qatar qu’ils cessent tout financement au terrorisme ; – exiger de notre prétendu allié (la Turquie) qu’il cesse de régler ses comptes avec les kurdes et de soutenir le pseudo-califat en permettant aux flux de pétroles, de combattants et d’armes de passer une frontière à la porosité discutable ; – admettre que du fait de la population chiite présente au moyen-orient, l’Iran ne peut pas être exclu de la solution ; – admettre que la Russie est incoutournable, et, parce qu’elle l’est, le dictateur Assad l’est sans doute aussi ; D’autres facteurs qui relèvent de nous doivent aussi nous interpeller : – notre appétance au pétrole – notre soumission au consumérisme – la démission d’un politique face aux marchés financiers et aux grandes entreprises qui laissent le concept de bien commun sans défenseur – la manipulation permanente de l’opinion que ce soit avec des mensonges ou en abusant du pathos – etc … (j’ai un train à prendre pour la Bretagne, je sais c’est cavalier de briser là) Parce que « Tout est lié » je crois que nous devons nous astreindre à crier … dans le désert ? Qu’importe ! Crions où nous sommes, jusqu’à ce que nous n’ayons plus de souffle … sans oublier la charité pour ceux qui sont à nos portes …

  • Bonjour Koz,

    « Daech n’a pas pour stratégie de susciter une submersion de l’Europe » selon David Thomson. L´avis d´un journaliste est-il suffisant pour que cela devienne une certitude ? Voilà, un autre article qui dit le contraire http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/libye-daech-menace-d-envoyer-500-000-migrants-vers-l-europe_1653210.html Par ailleurs, je suis assez étonné que le post ne considère la question migratoire que par le biais de ce flux de personnes venant de Syrie/Irak. Quid des naturalisations des clandestins ? Quid des titres de séjour ? http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=TITSEJ

    Est-ce que la charité va fournir du travail à tout ce monde ?

    Bon courage

  • Puisque tu as du mal à comprendre :

    « Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des faiblesses ou de la sensibilité de quelqu’un pour parvenir à des fins personnelles. »

    Ici, tes « fins personnelles » sont l’accueil des réfugiés et la « sensibilité », l’idée, complétement hypothétique, que les réfugiés pourraient devenir hostiles aux français.

    C’est un renversement de raisonnement, en ce que le sujet de l’acte, les Français, ici, ne sont pas, ou à peine, considérés, et que ton raisonnement ne tient pas compte de leur vision. Enfin, partir du principe que la réaction pourrait être mal perçue, c’est se lier les mains avant même que la réflexion ne commence. Bref, c’est une manipulation.

    Quant aux causes, tu ferais bien de te rappeler que tu as soutenu les frappes en Libye, qui ont déclenché une bonne part du bazar existant en Afrique. Merci les mecs.

    Et d’ailleurs, tu les as soutenues au nom de quoi ? De l’honneur français. Tu parles. Un peu moins de grandiloquence et un peu plus de real-politik serait donc bienvenu.

  • Une fois de plus, je vais jouer au vilain petit canard. Que dit La deuxième lettre de saint Jean (9-10) ? « Quiconque va trop loin et ne se tient pas à l’enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui se tient à cet enseignement, celui-là reste attaché au Père et au Fils. Si quelqu’un vient chez vous sans apporter cet enseignement, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui adressez pas votre salutation » On est assez loin de l’accueil à tout va, non ?

  • @ François: La charité passe en premier. Votre commentaire n’est qu’une des illustrations parmi d’autres de l’imagination déployée pour mettre ce point fondamental au second plan. Rien que sur ce fil, c’est spectaculaire: Cela va de l’Arabie Saoudite au Maréchal Pétain… Tout est bon à qui cherche une excuse.

  • Vous parlez de « rhétoriques réciproques » et ajoutez : « pour les musulmans, les Occidentaux sont en croisade« 

    Ce n’est pas vraiment mon impression ; où avez-vous entendu cela dans le discours ambiant ? qui reproche quelle « croisade » aux Européens ?

  • Une autre citation qui semble s’imposer ces temps-ci : ’Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne [note – on ne sait pas à qui ou quoi, mais visiblement Lazare n’en a pas vu la couleur].’

    La charité c’est comme la prose de Jourdain, elle s’ignore elle-même (les plus belles pages écrites par Annah Arendt concerne d’ailleurs ce caractère de la charité) . Dans le cas contraire on change de catégorie pour tomber dans la bonne intention ou la simple pitié à la Rousseau – voire la tartuferie. Ce n’est pas trop demander que d’user aussi, de temps en temps, de prudence (autre vertu parait-il), quand on sait pertinemment que les premiers qui auront à pâtir de cette situation bazardique sont les plus faibles de nos concitoyens (sûrement très étonnés d’un tel déploiement, d’une telle frénésie même, de charité). La charité n’exclut donc pas une réflexion posée, débarrassée de tout chantage au pathos mensongèrement culpabilisant, sur les conditions d’accueil et les moyens raisonnables à mettre en oeuvre. Quand on lit les actes ou les épîtres, la charité disons matérielle y est concrètement régulée et on ne fait pas n’importe quoi.

    Et au delà de la nécessité de l’accueil, en vue d’une solution définitive, il faudra bien un jour qu’une nouvelle Antigone se lève face au Créon-commissaire du moment pour enfin offrir à la chimère Schengen l’enterrement de première classe qu’elle mérite plus au moins ; ainsi d’ailleurs qu’à la diplomatie française dégénérée type msf, dite Kouchner-BHL, qui sévit maintenant depuis plus de 10 ans et qui nous a contribué à produire tant de ces réfugiés et autres migrants.

  • Quel chrétien digne de ce nom ne serait pas prêt à ouvrir les portes de sa maison pour une personne en détresse quelle qu’elle soit.

    Evidemment nous sommes tous d’accord sur ce point avec notre pape. Ce que l’on peut lui reprocher par contre, c’est qu’il ne rappelle pas dans le même temps que cet afflux sans précédent de migrants (dont les attentes sont très diverses), ne peut se faire sans une politique d’accueil migratoire maîtrisée, qui définit ces critères de sélection, quitte à devoir refouler des candidats à l’immigration à nos frontières et à en accepter d’autres, dans l’intérêt de tous.

    Or le problème c’est que l’Europe n’a pas fait ce travail, voilà le drame.

    Autre point qui me gêne dans votre billet : Vous affirmez que Daech n’envisage pas d’envoyer des djihadistes pour mener leur guerre sur nos terres. Vous prenez comme référence un extrait de leur revue de propagande. Croyez-vous sincèrement qu’ils sont assez bêtes pour dévoiler leur plan à l’ennemi ? Nous savons très bien qu’ils veulent faire tomber l’occident chrétien et ce le plus rapidement possible.

    Le Sheik[h] Farook al-Mohammedi, chef de l’organisation United Muslim Nations International/UMN (union des nations musulmanes international) n’a t-il pas dit en 2012 :  » J’ai fait le serment et la ferme promesse au califat de l’organisation United Muslim Nations International que je ferai tout mon possible pour islamiser tout l’Occident dans un court délai »

    Donc soyons charitables certes, mais pas dans l’inconscience et l’irresponsabilité.

  • Merci, Koz, de dépasser les peurs, les préventions, les « oui mais… [les sdf français, les terroristes importés, le trou de la Sécu, l’invasion, etc] ». In fine nous resteront toujours en mémoire les tragiques photos d’enfants noyés… qui arrivent peut-être mieux à nous toucher que les photos d’adultes, mystère de l’âme humaine. Mais dans notre ère de globalisation comme tu dis, le choc d’une photo peut nous faire prendre conscience de l’immensité du drame d’une multitude de gens qui ont tout laissé au péril de leur vie, qui arrivent ici en Europe les mains nues… J’ai eu la même réaction que toi quand j’ai appris que les réfugiés ne se dirigeaient pas vers les pays du Golfe. Je crois qu’ils le font consciemment et n’ont pas cherché plus que ça à s’y rendre… Sinon ils auraient forcé leurs portes comme ils le font à présent en Europe. N’y a-t-il pas ici un signe que l’Europe a une mission, historique et spirituelle, à remplir ici ? Et qu’importe le danger, de toutes façons il existe déjà chez nous « intra-muros ». « N’ayons pas peur, ouvrons toutes grandes les portes au Christ » disait Saint JPII. Ici le Christ ce sont ces réfugiés. « Je tiens à la porte et je frappe » dit le Christ. Quand ouvrirons-nous ? (Et je pense surtout à nous, chrétiens). Merci encore pour tes prises de parole Koz. Musclées, rigoureuses, elles tracent un vrai sillon !

  • @ Timothée : il faudrait, sur ce sujet, faire preuve d’un peu plus de prudence et de rigueur. Je suis, sur Twitter, journalistes et chercheurs spécialisés dans l’étude des mouvements djihadistes. Parlant évidemment l’arabe et disposant de contacts sur place, quand ils ne s’y rendent pas eux-mêmes. Deux d’entre eux, David Thomson et Romain Caillet ont clairement indiqué qu’il n’existait aucune source fiable de la prétendue déclaration de l’Etat Islamique selon laquelle ils souhaiteraient envoyer des migrants en Europe. Je vous laisse chercher qui cela arrange de faire passer ce type « d’infos ».

    Lacomt a écrit :

    Vous affirmez que Daech n’envisage pas d’envoyer des djihadistes pour mener leur guerre sur nos terres. Vous prenez comme référence un extrait de leur revue de propagande. Croyez-vous sincèrement qu’ils sont assez bêtes pour dévoiler leur plan à l’ennemi ? Nous savons très bien qu’ils veulent faire tomber l’occident chrétien et ce le plus rapidement possible.

    Non, nous ne le « savons [pas] très bien ». Si je veux bien admettre que je n’ai pas une absolue certitude en la matière faute de donner le Bon Dieu sans confession aux djihadistes, de plus spécialistes qu’un commentateur anonyme sur Internet (navré) soulignent que Daech vise à créer un califat islamique mais n’a pas, à la différence d’Al Qaida de visée expansionniste en Occident. Leur volonté est davantage de frapper les opinions pour déterminer les musulmans en Occident à quitter les terres infidèles.

    Lacomt a écrit :

    Le Sheik[h] Farook al-Mohammedi, chef de l’organisation United Muslim Nations International/UMN (union des nations musulmanes international) n’a t-il pas dit en 2012

    Ok. J’imagine que c’est la première fois que vous entendez parler de lui, comme de cette organisation, mais cela vous suffit pour en déduire que c’est pertinent et que toutes les organisations islamistes ont la même idéologie et stratégie.

    @ Polydamas : je vais présumer que la camomille a fait son effet mais, je le répète, c’est présomptueux. Bref, c’est exactement ce que j’avais compris et c’est toujours aussi drôle de constater que tu te livres à ce que tu crois vouloir dénoncer chez les autres (marrant, ça me rappelle un évangile du jour). Parce que tu te sens menacé, tu imagines que je réagis de la même manière, en voulant me concilier une population dont j’anticiperais une réaction agressive. Eh bien, figure-toi que nous n’avons pas les mêmes fantômes. Je pars simplement du principe qu’en traitant correctement les gens, on favorise leur intégration. Quand tu reçois quelqu’un chez toi, si tu es prévenant, est-ce uniquement parce que tu te rends à un chantage affectif, anxieux que ton invité ne devienne agressif à ton encontre ?

    En revanche, il est vrai que je note que, ici comme chez eux, il ne manque pas de boutefeux. Boutefeux chez eux pour les convaincre que nous les haïssons, et chez nous pour leur donner raison (oui, tu as compris : ne vas pas chercher trop loin les boutefeux en question). Boutefeux chez nous pour nous convaincre que les musulmans ont le couteau entre les dents, et chez eux pour leur donner raison.

    Alors oui je considère que les gestes concrets de paix sont utiles et nécessaires. Je suis navré que tu ne considères pas cela comme frappé au coin de l’Evangile.

    Pour ce qui est des frappes en Libye (qui n’ont pas grand chose à voir avec nos réfugiés Syriens, mais passons…), oui, en effet, je les ai soutenues. Il est vrai que j’ai du mal à voir des civils se faire massacrer à l’artillerie lourde en préférant ne pas réagir. Cette intervention a probablement été trop rapide et la suite a été mal gérée. Mais je n’ai pas franchement l’intention de recevoir quelque leçon que ce soit de militants FN qui laisseraient crever la Terre entière pourvu que leur citadelle assiégée reste sauve. A cet égard, l’attitude de Marine Le Pen, qui n’en avaient « rien à fiche » que des djihadistes français partent en Syrie, pourvu qu’ils ne reviennent pas, sachant quelles ignominies ils commettent sur place, contre quelles populations et notamment chrétiennes, et sachant comme il est irréaliste de prétendre que l’on pourrait avec certitude les empêcher de revenir, une fois bien radicalisés est suffisamment éclairante sur l’irresponsabilité et la courte vue des donneurs de leçons actuelles. Là encore, je te confirme qu’il n’est pas nécessaire que tu ailles chercher bien loin de qui je parle. Gwynfrid a écrit :

    Rien que sur ce fil, c’est spectaculaire: Cela va de l’Arabie Saoudite au Maréchal Pétain… Tout est bon à qui cherche une excuse.

    Ajoutons le SDF Français. Je suis ravi pour lui qu’il se soit trouvé tant de francs supporters ces dernières 48heures. Je ne doute pas que, par souci de cohérence, ils ne leur viennent en aide.

    Jusqu’à maintenant, j’avais plutôt le sentiment que la cohérence se trouvait du côté d’une assoce comme le Secours Catholique, qui n’a pas attendu de s’occuper des migrants pour prendre en charge les SDF.

    Ellettres a écrit :

    J’ai eu la même réaction que toi quand j’ai appris que les réfugiés ne se dirigeaient pas vers les pays du Golfe. Je crois qu’ils le font consciemment et n’ont pas cherché plus que ça à s’y rendre… Sinon ils auraient forcé leurs portes comme ils le font à présent en Europe. N’y a-t-il pas ici un signe que l’Europe a une mission, historique et spirituelle, à remplir ici ?

    Les pays du Golfe ne se grandissent pas, loin de là. L’attitude de l’Arabie Saoudite – que l’on croit devoir m’opposer, sans que je comprenne bien pourquoi – est lamentable, mais manifestement elle n’échappe pas à tout le monde sur place. D’une certaine manière, les masques – ou ce qu’il en restait – tombent.

    Enfin, pour faire gagner du temps à tout le monde, vous trouverez ici deux articles qui recensent quelques-unes des manipulations préférées des sites d’extrême-droite, et leur réfutation : l’un de la RTBF, sur cette Syrienne si opportune; un autre du Monde sur le petit Aylan et toutes les saloperies que la fachosphère a pu balancer à ce sujet.

    Il y en a d’autres, je ne les recense pas tous mais je vous confirme que je ne suis pas démocrate avec la saloperie. Ici, c’est chez moi, elle se répand partout ailleurs, qu’elle y reste.

    Pere Nadler a écrit :

    Merci ! J’ajouterais juste une précision : avec le café, il y avait de la glace au caramel.

    Au beurre salé, que nous avons dignement honorée tous deux, comme il se doit !

  • Polydamas a écrit :

    Ici, tes « fins personnelles » sont l’accueil des réfugiés et la « sensibilité », l’idée, complétement hypothétique, que les réfugiés pourraient devenir hostiles aux français.

    C’est là ce que je trouve de particulièrement curieux dans votre argumentation. Où diable lisez-vous que Koz craint l’hypothétique hostilité des réfugiés qui ne seraient pas accueillis? Tout son point en (3) tient sur la notion exactement inverse: les réfugiés, une fois accueillis, conserveront toujours une gratitude à l’égard des accueillants. C’est ce qui s’est produit avec les Juifs (qui ont nommément honoré ceux qui ont sauvé des vies au péril de la leur) ou encore les boat-people vietnamiens (qui nous rappellent une période où nous n’avions aucun problème à nous mobiliser pour sauver les rescapés d’un pays en guerre).

    Par ailleurs, en ce qui concerne la Libye, prétendre que l’élimination de Khadafi était la cause de tout cela est une plaisanterie. Khadafi menait une guerre civile à son peuple. Il n’est pas du tout certain qu’il l’eût gagnée, si nous avions décidé de rester en dehors. Il est bien difficile de prétendre savoir quelle eût été la situation aujourd’hui en Libye et sur les côtes italiennes dans cette hypothèse: pas forcément meilleure. À noter que nous avons décidé, justement, de ne pas intervenir dans la guerre civile, assez similaire, que mène Bachar El Assad contre son peuple en Syrie… Le résultat : des réfugiés par millions.

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