A droite, c’est le moment de bien penser

Xavier Bertrand a fort classiquement fustigé les « associations de bien-pensants », que les dernières annonces sécuritaires, que l’on pouvait anticiper il y a trois mois, ont indisposé. Je comprends l’agacement contre celles qui ne se manifestent qu’à l’occasion, pour démontrer leurs bons sentiments. A titre personnel, toutefois, j’en viens à espérer être concerné par cette apostrophe. Penser, et bien penser, c’est l’ambition d’une vie. Être un « bien-pensant »… Si c’est infamant, c’est peut-être bien une croix à porter.

L’UMP donne le sentiment de s’être résolue à rompre avec cette droite que l’on appellera modérée, sociale ou humaniste. Pire, par la voix de Xavier Bertrand, elle semble même la mépriser. Car, il le sait, il n’y a pas que le MRAP et la LICRA que ces mesures choquent. Cette droite-là serait une droite de trouillards, de « lavettes », une droite de « gonzesses » ? Une droite qui sacrifierait l’efficacité pour de beaux principes… Oui, on l’entend, la rhétorique du FN, derrière ces propos-là.

Je ne pensais pas que mon interrogation serait si vite levée. Si deux chemins étaient possibles, Nicolas Sarkozy a assurément pris celui de l’électorat d’extrême-droite, toujours un peu plus loin et cette fois, trop loin.

La stratégie empruntée enferme la gauche et la droite « historique » dans un piège : s’élever contre l’idée d’une déchéance de la nationalité, c’est prendre le parti du tueur de flics. Peut-être faut-il se contenter d’en souligner le caractère simplement rhétorique ? Souligner l’incohérence de celui qui se vantait d’avoir supprimé la « double peine » et qui aujourd’hui promeut la déchéance de la nationalité ? Était-il alors vraiment choquant qu’un pays refuse d’héberger un criminel étranger ? Pourtant, c’est cette faculté que Nicolas Sarkozy affirmait avoir supprimée. Il est pourtant aujourd’hui plus sévère encore d’enlever sa nationalité – après tout un attribut de la personnalité – à une personne. Et la première mesure était injuste, que penser de la seconde ? On lit d’ailleurs qu’en 2003, Nicolas Sarkozy rétorquait à Jean-Marie Le Pen qu’il ne « retirerait pas la nationalité, parce que ce serait injuste ». Aujourd’hui , Nicolas Sarkozy a repris cette mesure du FN. Ce qui était injuste alors peut-il maintenant devenir la loi de la République ? L’injuste serait désormais légal ? Mais Nicolas Sarkozy ne trouvait probablement pas la mesure plus injuste alors qu’il ne la trouve juste désormais, tout au plus inopportune.

Comme si cela n’était pas suffisant, l’UMP a annoncé cette disposition innovante : infliger une peine de deux ans de prison aux parents de mineurs récidivistes qui ne respecteraient pas les obligations qui leur sont imposées. Éric Ciotti, son promoteur, nous dit qu’il s’agit de rétablir l’autorité parentale. On se marre. Ou pas.

Il est évident qu’elle ne rétablira en rien l’autorité des parents qui seraient condamnés, outre le fait que, s’appliquant à des parents de mineurs récidivistes, elle viendra bien trop tard pour avoir le moindre impact sur leur autorité, perdue depuis bien longtemps.

S’agit-il de rétablir l’autorité des parents sous la menace de la sanction ? L’objectif est évidemment louable, et on s’y laisserait prendre. Mais que vaudrait cette autorité ? « L’autorité ne se décrète pas », elle ne tombe pas d’en-haut, elle vient de celui qui l’exerce ou elle n’existe pas. S’agit-il alors de convaincre les parents d’exercer leur autorité ? On peut douter de l’efficacité de la mesure, si l’autorité n’est pas intégrée comme une valeur mais ne fait que figure d’obligation.1

Rétablir effectivement l’autorité, et spécialement l’autorité parentale, est une œuvre de longue haleine. On comprend que le temps de cette action ne coïncide guère avec le court-terme d’un mandat électoral, et qu’on lui préfère la disposition fracassante, celle qui donne l’illusion de l’action.

La vérité, c’est qu’aucun parent ne se retrouvera effectivement derrière les barreaux en raison de son autorité déficiente. La loi est ici utilisée comme un artifice électoral et, cette fois encore c’est l’autorité de la loi qui souffre.

Pour en revenir aux mineurs délinquants, souvenons-nous que l’on s’opposait encore il y a peu sur l’opportunité de supprimer les allocations familiales des parents. Aujourd’hui on débat de les envoyer en taule. Combien de paliers va-t-on encore franchir ?

N’en déplaise à Brice Hortefeux, qui a déclaré ces mesures « justes et [surtout] efficaces » avant même qu’elles ne soient en vigueur, leur efficacité est douteuse. Imagine-t-on qu’un tueur de flics retienne son geste à l’idée de perdre sa nationalité ? Ces mesures martiales répétées – on a, encore, « déclaré la guerre » – finissent surtout par souligner l’inefficacité des mesures guerrières précédentes.

Alors, va-t-on continuer à « briser des tabous », abolir des principes, pour des mesures inefficaces ? Dans un peu plus d’un an, nous serons en campagne électorale. C’est long, un an : quel nouveau principe faudra-t-il abandonner ?

Alors, voilà, c’est l’alarme : la droite que l’on appelle sociale ou humaniste peut-elle encore cautionner par son silence les emprunts de Nicolas Sarkozy au programme du FN ? Peut-elle rester associée à des dérives qui ne seront évidemment pas apaisées par la campagne (une campagne dont le ton est donc donné) ?!

Elle ne peut pas attendre que l’on ne fasse plus la différence entre l’UMP et le FN, voire que la première serve de force d’appoint au second, pour réagir.

Il n’y a pas que la vieille garde – celle que l’ »expérience » libère de l’esprit de carrière – qui peut prendre ses distances. La jeune génération de la droite sociale, humaniste, s’inquiète peut-être pour sa « carrière » mais justement, parce qu’elle est jeune, elle doit surtout s’inquiéter pour sa crédibilité à long terme. Si la fidélité à ses principes, à ses valeurs, n’est pas une motivation suffisante, elle se convaincra de la nécessité de se faire entendre, voire de se structurer, en constatant (cf. Reynié, déjà lié plus haut) que Nicolas Sarkozy ne peut même plus se targuer de proposer une stratégie victorieuse.

Oublier ses valeurs pour des mesures aussi inefficaces sur le fond que sur le plan électoral : on dépasse la faute politique, on atteint la bêtise.


  1. On pensera aussi aux mères seules débordées, voire contraintes d’occuper des emplois de nuit, ne leur permettant pas de veiller sur leurs enfants []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

143 comments

  • Ca alors, je suis en first comment ??? On voit que ce sont les vacances…

    Je plussoie a votre analyse Koz, et regrette avec vous l’absence d’un personnel politique assez droit (dans les deux acceptations du terme) pour pouvoir se permettre de critiquer ces mesures non seulement inutiles mais aussi imbéciles.

    J’ai pour ma part tendance a croire que ces effets d’annonce tiennent de surcroit bien davantage de l’effet de manche que de la volonté d’en découdre avec la délinquance. Il me semble d’ailleurs que Nicolas Sarkozy a érigé en stratégie politique le souhait de provoquer (pour « cliver » comme le pontifient les commentateurs analystes politiques) pour occuper l’espace médiatique, a défaut de trouver un angle d’action concrète.

    On verra si cette stratégie s’avère payante sur le long terme, mais sans vouloir ériger en jugement général ce que je constate en particulier, il me semble que la désaffection pour un Président hableur plus qu’acteur commence sérieusement a se faire sentir a droite. Rajouter le soupçon de racisme ( « déchéance de la nationalité ») a des accusations de népotisme (« le fils Jean ») agace plus d’un électeur de droite traditionnelle. Cela n’augure rien de bon pour la droite « de gouvernement » aux prochaines élections.

    A titre personnel, je m’interrogerai simplement sur l’absence criante de progrès sur les sujets miroirs de la délinquance et de l’intégration. Lors d’un meeting en petit comité pendant la campagne de présidentielle de 1995 (oui, je sais, cela ne me rajeunit pas), Edouard Balladur avait a l’issue deux heures incroyablement poussives, fini par lâcher la seule remarque intéressante de son intervention : « Qu’est-ce que la France peut offrir a ses jeunes de banlieues ? ». Voir que le personnel politique d’aujourd’hui, qui est aussi celui d’hier, n’a toujours trouvé de réponse, n’est pas de nature a provoquer l’optimisme de l’électeur de droite…

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  • Oui, oui, bon. Tout le monde le pressentait, ça arrive même un peu plus tôt que prévu, sans doute la faute d’Eric Woerth – dont on ne parle plus, tiens. La campagne va être dégueulasse, sauf les 15 derniers jours ou Sarkozy va rejouer au père protecteur et tenter de faire oublier qu’il a pris les électeurs pour des imbéciles. Et son pari est clair : rallier les vieux qui flippent, les lepenistes et parier que la droite modérée ne va pas aller jusqu’à voter Aubry. Tu es choqué, mais en 2012, tu n’iras pas jusqu’à voter à gauche, quand même ?

  • Le vieux gauchiste que je suis applaudit très fort votre billet, rien à en retirer. Trop peu nombreux sont les gens de droite à s’indigner des récentes dérives de Notre Président. A part le sénateur Lambert et De Villepin (qui a des comptes persos à régler), peu de voix se font entendre. Peur pour les investitures ? Je le crains… Quelle opposition interne à l’UMP aujourd’hui ? On moque souvent à juste titre le foutoir de gauche, mais j’aime autant ça ;-) Bonjour chez vous @jmeyran

  • Tiens, je pose la même question que Guillermo. Alors Koz? Tu irais voter Martine Aubry, Ségolène Royal et ses alliés communisto-écologisto-républicains ?

  • « Si deux chemins étaient possibles, Nicolas Sarkozy a assurément pris celui de l’électorat d’extrême-droite, toujours un peu plus loin et cette fois, trop loin » Et quel chemin voudriez vous qu’il prenne, celui de la gnangnantise bobotisante de gauche? Il n’est plus question d’être ou ne pas être humaniste, c’est une option. Il est juste question de faire respecter les lois françaises, de la même façon pour TOUT le monde. C’est quoi au juste ce terme de double peine? c’est renvoyer qqun ayant acquis la nationalité française, qui ne l’a pas respecté par ses actes répréhensibles chez lui? pas vraiment choquant. De toute façon cette horrible « double peine » a été supprimée. Lumineuse idée! On fait quoi maintenant , que la presque impunité devient la règle générale, à force de tergiversations au nom du sacro saint humanisme? On continue de sponsoriser des branleurs, braqueurs, tueurs , blasphémateurs avec compassion et désir d’intégration comme dirait l’autre???

  • Bravo, je te rejoins totalement. Bien penser, quel compliment ! Je ne sais si je réussis, mais j’y aspire.

    Avant de songer à s’occuper de l’autorité des parents, il faudrait aussi, de la part du gouvernement, songer à restaurer l’autorité de l’État. Car aujourd’hui il n’y a qu’autoritarisme, un flagrant déficit d’autorité, et un gouvernement qui a perdu sa crédibilité.

    La droite sociale, la droite morale, s’était alarmée dès 2007 — à l’époque, cela avait permis à Bayrou d’émerger entre une gauche pitoyable et une droite qui commençait déjà à ne pas sentir bon. La surenchère semble avoir déjà commencé, c’est très inquiétant.

    Un boulevard est en effet ouvert au centre-droit. Il ne reste plus qu’à ce que des personnalités un peu crédibles l’empruntent. Mais qui ?

    En ce qui me concerne, en 2012, si Sarkozy est au second tour, je voterai pour son opposant. Je ne l’ai pas fait en 2007, je ne referai pas cette erreur. Tout ce que j’ai vu et entendu depuis est trop opposé à mes principes, mes valeurs, à l’humanisme tout simplement. À ce que je veux transmettre à mes enfants. Je ne me sens pourtant pas vraiment gauchiste (au passage, il faudra m’expliquer ce qu’est ce fameux angélisme, et ce que veut dire « bobotisant »).

    Ça me rappelle l’excellent pamphlet de Léotard, son « depuis, je dors mal », et une brève discussion que j’avais eue avec lui à l’époque. Un petit livre à lire ou relire… J’avais regretté de ne pas lui avoir posé une question à ce moment. Il avait mentionné dans son livre la première « tache » dans la campagne, le « nom d’un ministère » — de mémoire, ce sont les mots qu’il avait utilisés. Il avait semblé profondément choqué par cette déclaration. Comment avait-il pu cependant voter pour celui qui avait fait cette annonce ? Sans doute pensait-il qu’il ne s’agissait que d’une manœuvre de propagande électorale, que ce ministère ne verrait jamais le jour.

    En tout cas nous assistons aujourd’hui à des déclarations qui auraient été inimaginables il y a quelques années, qui auraient valu à leurs auteurs d’être cloués au pilori par une unanimité bien-pensante, et leur auraient fait perdre toute crédibilité et tout avenir politiques. Sans doute étions nous tous angéliques, à l’époque. Ne devenons pas démoniaques.

  • Tiens, Jane semble attendre son Tarzan…

    Encore quelqu’un qui n’a rien compris à rien et qui se permet de la ramener… bref… ajouter de la bêtise à la bêtise, c’est une preuve de communion d’idées…

    Pour une fois, Koz, je suis d’accord avec vous, bien que n’étant pas vraiment du même côté de l’échiquier. A quand un réveil des consciences de la droite, qui pourrait finir par se demander s’ils n’ont pas misé sur un mauvais bourrin…

  • Ainsi, Vince, quelqu’un avec qui vous n’êtes pas d’accord fait preuve de bêtise, très instructif. C’est sûr que de s’interroger si la droite peut à la limite miser sur un « bon bourrin » dénote d’un grand épanouissement intellectuel.

  • Pas d’accord avec toi Koz… Déjà, au niveau de ceux qui se demandent si on ne sacrifie pas l’efficacité au nom de beaux principes… C’est pas parce que le FN le dit que c’est nécéssairement idiot… J’aurais aimé que tu expliques en quoi cette affirmation est fausse… Au niveau de l’incohérence, je peux pas te contredire, et je sens que ça va en rester à un effet d’annonce. Malheureusement.

    Pour la peine de prison pour les parents qui respectent pas leurs engagements, c’est évidemment une connerie: 1 Parce que la suppression des allocs serait déjà une dissuasion forte (dès qu’il est question de taper dans le porte-monnaie, ça fait réagir) 2 Parce que si les parents sont en prison, ils pourront encore moins avoir une influence positive sur leurs enfants, et risquent même de basculer à leur tour dans la délinquance, vu que malheureusement la prison est une école du crime… et qu’en plus elle est déjà surchargée 3 Parce que la peine est disproportionnée. 4 Parce que cette mesure serait jamais appliquée pa les juges (cf Maitre Eolas en général pour l’attitude des juges par rapport à la prison.

    Sur le problème de l’eficacité non prouvée, c’est exact. Mais malheureusement il a l’air d’etre prouvé que le reste (y compris la prévention sur laquelle on a mis le maximum durant la période Jospin) ne marche pas. Par contre on peut se demander si le fait de savoir qu’il y aura automatiquement des remises de peine pour toute personne en prison ne diminue pas un peu son caractère dissusaif (à mon avis il tient plus à l’existence d’un casier judiciaire AVANT que les infractions ne soient commises). On aurait pas mal à gagner à ce que lorsqu’ubn tribunal dise 5 ans, il y ait réellement 5 ans effectués… au lieu d’une libération trois mois plus tard: si on a attribué à chaque peine une durée de prison déterminée, ce n’est pas pour rien… Toutefois, je pense que la perte de la nationalité peut tout de même avoir un effet dissuasif réel, car elle entrainerait de facto l’expulsion, et que cette peine n’aurait pas l’inconvénient de transformer la personne chatiée en héros dans les cités, et que les personnes visées sauraient que c’est une peine couperet.

    Mais après le fond du débat n’est pas là: il est de savoir la force de ce qu’on nomme la nationalité, point pas tellement abordé dans ce billet. Si l’on considère que la nationalité est quelque chose d’inaliénable, de l’ordre des droits de l’Homme, alors on ne peut en déchoir quiquonque. Mais si on considère (ce que je fais) que la nationalité est d’abord dans le coeur, est quelque chose d’intérieur dont le statut national n’est que la reconnaissance par les Etats, alors cela se défend:

    On sait tous qu’il y a des gens qui refusent tout ce que la nationalité française implique au niveau des devoirs, voire qui geulent « nique la france », c’est-à-dire proclament leur refus de cette nationalité, mais qui gardent la nationalité française pour l’argent que ça leur rapporte (les allocations entre autres). Alors pourquoi… ne peut-on pas faire coincider le statut national avec la réalité de leur nationalité, celle de laquelle ils se réclament? Pourquoi est-ce que ça serait absurde? Qu’on le veuille ou non, les délinquants multirécidivistes dont les parents sont français, et qui manifestent clairement par leurs actes le refus de la France coutent très cher à la société: outre les frais des procès, des prisons, de réinsertion (qui sont bien entendus nécéssaires, mais dont l’utilité est douteuse pour ceux qui refusent de faire le moindre effort pour ne pas recommencer à commettre des crimes), on a aussi les dommages non chiffrables comme un climat d’insécurité, un mauvais exemple entrainant d’autres personnes dans le crime, etc… Cet argent ne pourrait-il pas permettre d’acceuillir décemment (pas en les parquant dans des ghettos) d’autres personnes qui ont elles une réelle volonté d’intégration? (bon, ok, c’est pas dit qu’il ne serait utilisé pour ça…)

    A moi cette réflexion ne semble pas idiote… et c’est pas uniquement parce qu’elle est partagée par le FN que je vais changer d’avis.

  • @ panouf : ah oui on n’y avait pas pensé : en plus d’être délinquants, ils seront également sans papier. Pratique, pratique. Et sur le fond, un bon français de souche et un autre pas complètement blanc qui tire sur un flic, quelle différence ? L’un est un délinquant, et l’autre fait ça par haine de la France ? Ah j’avais pas bien compris, je dois être trop « humaniste ». Par contre, renseignez vous, si la « prévention » n’a pas marché sous Jospin, c’est qu’on n’a pas laissé le temps à la police de proximité de s’installer, balayée dès 2002 au nom de l’efficacité.

  • j’aime bien la définition du parti que tu ne manqueras pas, j’espère, de fonder bientôt:

    « La jeune génération de la droite sociale, humaniste »!

  • Ce qui m’impressionne toujours, c’est l’incapacité qu’ont les dirigeants à sortir des paradigmes existants.

    Comme si tout l’espace politique se réduisait à un segment entre l’extrême droite et l’extrême gauche sur le thème unique de l’insécurité (délinquante ou sociale) ; comme si tout positionnement politique ne devait se résoudre à une pincée de Le Pen et une point de Buffet.

    Remarquez, c’est vrai dans d’autres domaines et nos politiques n’ont rien à envier à nos évêques, qui peinent à sortir de l’alternative entre progressisme et conservatisme.

  • @ panouf

    « Toutefois, je pense que la perte de la nationalité peut tout de même avoir un effet dissuasif réel, car elle entrainerait de facto l’expulsion, et que cette peine n’aurait pas l’inconvénient de transformer la personne chatiée en héros dans les cités, et que les personnes visées sauraient que c’est une peine couperet. »

    Vous noterez que ceci ne peut s’appliquer qu’aux Français ayant conservé la double nationalité. Et au passage, tous les Français ne seraient dès lors plus égaux devant la loi… (le Conseil Constitutionnel devrait apprécier).

    @Koz

    « La loi est ici utilisée comme un artifice électoral et, cette fois encore c’est l’autorité de la loi qui souffre. »

    Tout à fait d’accord.

    Un principe éducatif de base, c’est peu de règles, mais les faire respecter avec intransigeance. Peu de menaces, mais s’assurer qu’elles soient toutes suivies d’effet. La multiplication des déclarations à l’emporte-pièce et des lois ou projets de lois mal ficelés n’est pas seulement inefficace (et parfois dispendieux), c’est surtout dangereux car cela sape la crédibilité et l’autorité de l’État.

  • Cette débauche actuelle de projets de lois m’évoque aussi cet extrait de L’Utopie de Th. More :

    « Qu’importe à la masse, c’est-à-dire à la classe la plus nombreuse et qui a le plus grand besoin de règles, que lui importe qu’il n’y ait pas de lois, ou que les lois établies soient tellement embrouillées que, pour obtenir une signification véritable, il faille un génie supérieur, de longues discussions et de longues études ? »

  • Ces projets de loi sont un un moyen d’occuper l’espace médiatique et les députés. Le gouvernement veut donner l’impression qu’il agit quand l’opposition ne fait que dans la critique. Cela semble être plus une posture de communication qu’une réelle volonté d’action.

    Croit-il vraiment que ces nouvelles lois peuvent changer la situation alors que les anciennes, moins répressives, ne sont déjà pas appliquées faute de moyen ?

    De son côté, l’opposition n’a pas de projet concret et financé en matière de sécurité, c’est à désespérer de la politique !

  • Bon la déchéance de la nationalité existe déjà, augmenter (très légèrement) son périmètre ne fait pas passer de la lumière aux heures les plus sombres de notre histoire ». C’est un peu comme le scandale du drapeau.. Ca redevient comme en 2007, Sarkozy est mauvais (et anti-libéral) mais 10 minutes d’anti-sarkozistes outragés le rendent presque sympathique.

    Maintenant effectivement, cette avalanche de déclaration guerrière contre le crime est surréaliste.

    Qu’ils appliquent déjà les lois existantes avant d’en pondre d’autres qui n’on que peut de chances d’être appliquées. Les moulinets verbaux ça fait 5, 10 ans que ca dure. Ca suffit.

  • « C’est long, un an »… même réflexion que toi, je m’inquiète d’une politique sans distance, qui ne s’arrête jamais, sans trêve estivales, qui réagit au cas par cas, avec des dérives vers l’extrême droite assez inquiétante…

    En même temps, tout cela relève d’un calcul très précis, avec cette idée de pomper l’électorat du fn, mais j’ai néanmoins du mal à croire que la prochaine campagne va encore être sur le thème de l’insécurité.

    Mais si tout cela est possible, c’est aussi parce qu’aujourd’hui il n’y a aucune opposition crédible, capable d’installer le débat. Opposition de droite, du centre ou de gauche, on s’en fout, là n’est pas le problème, mais une alternative politique.

    Et ça, à mon avis, c’est pour 2017, parce que pour 2012, tout me semble déjà écrit.

  • Avant son discours de Grenoble, le Président Sarkozy a du visionner de nouveau le film du scientologue Tom Cruise : « Minority report », dans lequel les « pré-coupables » sont arrêtés avant que les crimes et délits ne soient commis. Il nous avait déjà servi sa théorie sur les « troubles comportementaux » signes d’un parcours inéluctable vers la délinquance et la criminalité …

    dans les propos de Président Sarkozy, il n’est pas question de « délinquants multi-récidivistes d’origines étrangères » mais de français ayant récemment acquis la nationalité, c’est une nuance qui fait toute la différence car le parcours de naturalisation n’est pas de tout repos.

    Si un mineur, ayant vécu pendant une période au moins 5 ans depuis l’âge de 11 ans, n’est pas capable de respecter les institutions qui sont garantes de nos libertés, c’est une faute tant des parents que de la société qui n’a pas su lui transmettre les valeurs élémentaires.

    Le fait d’être français de longue date donne-t-il pour autant le droit de porter atteinte aux forces de l’ordre? Les articles 222-8-4°, 222-10-4°, 222-12-4° et 222-13-4° du code pénal sont explicites et indiquent que les violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique sont plus sévèrement punies que lorsqu’elles sont commises sur un quidam.

  • Coluche dans un de ses sketchs avait prédit « quand la gauche sera au pouvoir en 2012″. Au moins lui c’était un comique et je pouvais le prendre au second degré. La gauche c’est jack lang avec ses cohortes mobiles par exemple. Demandez aux blésois et perpignanais leur bonheur indicible en fait de voir débouler des blindés de la gendarmerie et des hommes armés jusqu’aux dents, casqués, bottés, équipés de gilets pare balles sur les camps dont ils sont dotés. Ce n’est pas pour chasser les voleurs de poules ou les voleurs d’enfants ou autres conneries qu’on leur colle à la peau. L’angélisme c’est de croire encore que la République est une et indivisible, fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Fraternité c’est antinomique avec nation paraît-il. Homme nouveau selon le coeur c’est par contre synonyme! Si msieurs dames, le fondamentalisme crétin, pardon chrétien a encore frappé dans le confusianisme des royaumes. Et le FN dans tout ça? Ben il dit « merde » aux côtés de Cambronne et de ses vieux grognards à tous ceux qui voudraient que le dernier carré de lucidité se rendît aux arguments boboïsants de la justement fameuse bien-pensance chrétienne. Que l’Eglise s’occupe de ses ouailles et elles seront bien gardées. Pour le reste, les déclarations sur les manouches ou l’accueil des immigrés par exemple, elle ne fait pas autre chose que du simplisme tout en étant strictement évangélique selon elle. Coluche a eu cet immense avantage de la simplicité en proposant du pain à ceux qui n’ont plus rien (en France), sans discours, idéologie ou barratin (mondialiste et accueillant). Les clercs pourraient s’en inspirer avant de sombrer dans le travers du sarkozysme éclairé.

  • Bonjour tout le monde!

    Attention, s’il reprend la recette de 2007, on peut dire qu’il nous l’a déjà faite celle-là : 1. Sortir une énormité, 2. Laisser causer, 3. Expliquer, atténuer, rendre le truc supportable après ce qu’auront dit ses lieutenants. Et entre-temps, avoir repris la main sur le « calendrier » (comme on dit en storytelling des histoires de monstres aux petits enfants). Ça s’appelle « faire le débat » (ouaiche)

    Si j’ai pas voté pour Sarkozy en 2007 au premier tour, c’est parce que je pensais que son programme était pas financé (et ça, c’est Courson et Arthuis qui me l’avaient fait comprendre). Si j’ai pas voté pour lui non plus au second tour, c’est parce qu’il y en avait un autre qui m’avait fait comprendre qu’il y aurait deux problèmes fondamentaux, avec sa personnalité, et avec ses valeurs, ou plutôt sa capacité à louvoyer avec des valeurs essentielles. Autant Bayrou m’a déçue, autant Sarkozy a comblé mes attentes avec une belle régularité.

    Koz, je voterai pour ton parti si tu arrêtes de l’appeler « droite » parce que j’ai toujours pas compris ce que ça voulait dire et que je suis mal latéralisée.

    Bonnes vacances, sinon.

  • @ Guillermo et abadinte : dites-moi, vous voteriez Sarko ou Villepin, vous, parce que Besancenot serait au second tour ? Je parle surtout à Guillermo…

    Non, en effet, je ne pense pas voter Aubry. D’ailleurs, y’a déjà pas mal de socialistes que ça ferait bien braire, de voter Aubry.

    Je ne vais pas changer de convictions parce que Sarkozy caricature la droite. Ce serait aussi laisser croire que la droite se résume effectivement à lui. Entre les gaullistes et les démocrates-chrétiens, il y a tout de même des traditions dont on peut ne pas désespérer. Encore faut-il que leurs représentants reprennent du poil de la bête.

    Par ailleurs, je m’amuse de constater que la gauche trouverait soudain que la droite h/s/g/l/r a de beaux yeux, alors qu’elle en disait pis que pendre auparavant.

    Ensuite si, indeed, Sarko peut ne pas craindre qu’on lui fasse barrage en votant Aubry, il pourrait songer au risque du cumul de l’abstention et des votes minoritaires : Bayrou, Villepin, peut-être d’autres. Cela ne signifie pas qu’un autre pourrait être élu à sa place, mais ça peut (i) lui compliquer singulièrement la campagne et (ii) lui couter sa place au second tour.

    Enfin, tout ça, c’est dans une perspective électorale. Mais il faut aussi quelques personnes qui agissent sans garder le nez sur la prochaine échéance. Marc a raison de ce côté-là : il vaut peut-être mieux penser à 2017. C’est là aussi que nos jeunes générations devraient se soucier de leur crédibilité à long terme. Pourront-ils jouer la « droite sociale » en 2017 s’ils sont assimilés au sarkozysme ?

    @hipparkos je comprends assez Leotard.

    Évidemment, je repense moi-même à ce que j’ai écrit à l’époque. Est-ce que j’étais aveugle ? Je pense avoir réagi à presque toutes ses déclarations limites (allant jusqu’à questionner Boutin et Chatel sur certaines d’entre elles au congrès d’investiture), avant même le ministère. Comme lui, j’ai pensé que c’était une stratégie électorale qui n’avait pas vocation à durer après l’élection. Il ne faut pas oublier que l’hypothèse d’un nouveau 21 avril était crédible.

    En outre, la sécurité n’a pas été le principal thème de la campagne. C’est peut-être aussi là l’habileté : en développant d’autres thèmes en début de campagne, il a fidélisé l’électorat traditionnel, avant d’adresser des signaux aux électeurs d’extrême-droite, avec le Ministère puis le discours de Bercy sur mai 68, qui m’avait paru incongru et passéiste. L’électorat traditionnel pouvait penser que es discours n’étaient justement que des signaux, et que le fond était ce qui azur été développé avant.

    Et puis, Sarkozy avait montré un autre visage, avant.

    Comme le note PWeil dans Le Monde, Sarkozy avait donné des gages, en supprimant la double peine (même si c’était discuté) et en affrontant avec un certain succès Le Pen.

    Je me souviens aussi de Sarkozy au forum UMP de La Défense, déclarant avec force que la droite ne devrait pas date campagne exclusivement sur la liberté mais aussi sur la fraternité et sur l’égalité. On avait le droit d’y croire, d’autant qu’en face, nous avions essentiellement droit aux cris d’orfraie de la gauche, traitant Nicolas Sarkozy de fascistes comme elle avait traité Chirac et De Gaulle de fascistes auparavant.

    Comme on dit en droit. « le dol rend toujours l’erreur excusable » ;-) Bref, j’ai ma responsabilité mais il nous a, aussi, induits en erreur.

    @panouf vous mélangez beaucoup de choses dans votre commentaire. Au passage, il ne s’agit pas encore de retirer la nationalité à des personnes dont les parents sont français : eux l’ont acquise dés la naissance. Vous pensez que la déchéance sera dissuasive ? Je n’y crois pas une seconde. Oui si l’on vient à l’appliquer à des cas peu graves, comme la petite délinquance. Mais ce serait un autre problème. Pour le moment, Thierry Mariani n’a pas encore proposé de retirer la nationalité pour incivilités ou pour absence de titre de transport dans le RER. On parle de grande délinquance et de tueurs de flics. Si le risque de prendre de 10 à 30 ans de prison ne vous dissuade pas, n’allez pas me faire croire que c’est le risque de perdre la nationalité française qui vous fera rentrer dans le rang.

    Je lisais dans Le Point le témoignage d’un flic de la BAC. Il affirmait qu’ils avaient des instructions pour ne pas rentrer dans les cités, tant la hiérarchie craint les bavures. Je serais curieux s’en avoir confirmation : ça rendrait les déclarations martiales habituelles un peu plus déplacées.

    Plutôt que de donner l’illusion de l’action par des lois d’affichage, il serait bon de bosser sérieusement sur le terrain, avec les lois existantes.

    Je crains malheureusement que nous ne soyons dans une impasse, avec le court-termisme qui prévaut en politique, maintenant que l’on retourne aux urnes tous les ans (l’an prochain : les cantonales !).

    ps : je ne pourrai pas répondre à tous, ni très régulièrement, la 3G passant très mal là où je suis. L’affichage d’une page prend un temps incroyable.

  • mon analyse, qui vaut ce qu’elle vaut (mais mon petit doigt me dit que je ne suis pas loin de la vérité) de cette grossière montée en pression : - phase 1 : NS donne des gages à son électorat le plus réactionnaire pour 2 raisons : éviter qu’il ne s’entiche trop de marine et surtout… le calmer avant la phase 2 - phase 2 : Borloo, centriste et humaniste est nommé PM en octobre une fois la réforme des retraites votée. La encore pour 2 raisons : 1) parce que c’est sans doute un des seuls qui peut permettre à NS de bénéficier d’un regain de popularité 2) cela empeche JLB d’être candidat en 2012 avec le risque évident qu’il arrive decant NS. Louarm

  • Ben tu vois Koz, je retrouve ton blog des débuts, avant que tu décides de choisir le candidat Sarkozy : des convictions, de droite certes, personne n’est parfait, mais qui n’hésite pas à rendre publiques ses interrogations et ses doutes. J’espère vraiment que la droite va trouver une autre voie que le rassemblement unanime derrière le président, ne serais-ce que pour avoir un vrai débat lors de la prochaine présidentielle et obliger ainsi la gauche à se remuer les méninges pour proposer une vraie politique cohérente. Les arguments « Sarko facho ! » contre « Gauchistes droitsdel’hommistes angélistes ! » ne permettant pas vraiment de répondre aux enjeux liés aux mutations du monde et de la France. Et pendant ce temps on va chercher des vraies idées à gauche et peut être même un candidat pour les porter.

  • @ Jane

    « On continue de sponsoriser des branleurs, braqueurs, tueurs , blasphémateurs avec compassion et désir d’intégration comme dirait l’autre??? »

    Je me fiche pas mal de ce que vous pouvez penser, pour moi cette phrase se suffit à elle-même. Grand bien vous fasse si c’est ça que vous appelez de l’intellect. Grande largeur d’esprit. A lire ceci, vous prônez donc le travail, l’ordre et la religion. Pas besoin de beaucoup pour imaginer de quel courant de « pensée » vous venez. Pour moi la bêtise est un défaut de jugement, pour vous un défaut d’intelligence. Si vous vous sentez offensée, posez-vous des questions.

    Ca n’est pas moi qui parle des élections comme d’une course, mais la majorité des commentateurs. Ca s’appelle une métaphore.

  • C’est sûr, ca sent gros les bonnes vieilles ficelles politiciennes. Mais, j’ai bien l’impression que nombres d’électeurs n’y croient plus.

    Plutot que de durcir les peines, peut être faudrait il les appliquer, soutenir les différents fonctionnaires, de la police, de l’EN dans leur travail, contre le laxisme de certains.

    Un peu moins de cinéma, un peu plus d’action

    http://www.lepoint.fr/societe/denis-policier-a-la-bac-le-flic-est-un-sous-citoyen-28-07-2010-1219604_23.php

  • quelle beau billet :) je suis « homme de gauche » et je m’efforce depuis des années de relativiser, de combattre l’anti-sarkosisme primaire, de prendre du recul, de pardonner les dérapages, de remettre dans le contexte. Je travaille sur l’hypothèse d’arrêter, je commence à avoir du mal.

  • Le point de vue du juge pour enfants Rosenczveig sur la question de la responsabilité et de l’autorité parentale. C’est lui qui fut indirectement mis en cause par un Sarkozy en campagne qui avait pris l’exemple du tribunal des mineurs de Bobigny pour dénoncer le « laxisme » du système judiciaire à l’égard de mineurs délinquants.

    C’est là : http://jprosen.blog.lemonde.fr/2010/08/02/%C2%AB-cool-papa-j%E2%80%99t%E2%80%99apporterai-des-oranges-%C2%BB/

    Au delà du calcul électoraliste et de la stratégie politique – bonne ou mauvaise, on en jugera plus tard – ces annonces récentes sur les roms, les mineurs délinquants, les immigrés et tant d’autres qui ont stigmatisées allègrement et successivement telle ou telle catégorie de population symbolisent, selon moi, trois choses :

    • Le renoncement des citoyens à appréhender la complexité du monde dans lequel ils vivent, et qui les rend totalement imperméable à toute forme de compromis, de juste milieu, de consensus. Parce que c’est compliqué et qu’on veut du simple. Du simpliste même.

    • Le renoncement des politiques à faire progresser les débats de société, à proposer des idées et des solutions transversales, à expliquer et promouvoir des plans complexes en réponse à des questions qui le sont tout autant. Bref, à faire de la politique.

    • Le renoncement des médias à jouer leur rôle de contre-pouvoir. Ils participent à fond à cette montée du populisme, préférant chasser le bouc-émissaire et livrer untel ou untel à la vindicte populaire plutôt que, là encore, d’expliquer patiemment que rien n’est simple. Ils font désormais tous partie, à quelques rares exceptions près, de ce cirque triste qui tourne sans cesse sur l’air du « un fait divers = une loi ».

    Il faut aussi constater un formidable basculement qui nous a vu passer, en à peine 20 ans d’un discours vantant les mérites du multi-culturalisme et rejetant toute forme d’intolérance à celui totalement inverse qui fait de ce même multi-culturalisme la source de tous nos maux et qu’il ne faut plus rien laisser passer.

    On ne saurait être complet sans remarquer que les artisans, les commerçants, les retraités, les professions libérales ne sont jamais concernées par le durcissement législatif et la tentation autoritariste du gouvernement actuel. Le bâton, c’est pour les chômeurs, les jeunes, les mères célibataires, les sans-papiers, les immigrés et leur descendance.

  • @Koz je voterai Besançenot dans les 2 cas, histoire de payer plus d’impôts et de voir les patrons tirer la gueule (avant de me retrouver au chomdu) :) Je sais bien que la perspective électoraliste est stérilisante, mais en même temps il n’y a qu’elle ou presque (et « la rue » mais à droite on n’aime que les manifs pour l’école libre). Donc concrètement et tragiquement le calcul électoral de sarko est juste : tu n’aimes pas ce qu’il dit – et je sais que tu es sincère – mais cette droite un peu crade et bas du plafond et quelque peu éloignée du message d’amour de l’Eglise te sera toujours préférable à un socialisme à la Aubry.

    Et attendre 2017 c’est réaliste mais quelque peu frustrant. Seul espoir : que le sarkozysme privé d’échéance électorale gouverne moins mal qu’aujourd’hui – toujours la même base pro-rentiers et anti-dépense publique, mais sans le dégueulis de haine qui la structure. Pff.

    Enfin j’y pense : jusqu’où peut-il aller pour que les électeurs de la droite humaniste, à défaut de voter Aubry, s’abstiennent ? C’est le seul espoir.

  • 2 amendements au projet de loi d’immigration : « Le premier donnera la possibilité de prononcer la déchéance pour crimes passibles d’une peine de plus de cinq ans commis dans un délai de moins de dix ans après l’acquisition de la nationalité. Une mesure qui ne devrait pas, selon Eric Besson, être retoquée par le conseil Constitutionnel. «C’est relativement simple. Il suffit de revenir à l’Etat de droit qui prévalait jusqu’en 1998 (!!). Ca n’est pas anticonstitutionnel», a-t-il assuré mardi matin sur Europe 1. La déchéance de la nationalité française est actuellement réservée à des faits graves, comme l’espionnage ou le terrorisme. Mais «jusqu’en 1998, elle existait aussi pour un certain nombre de crimes dits de droit commun», a rappelé le ministre de l’Immigration à la sortie du Conseil des ministres. »

    « Reste ensuite à adapter la loi aux mesures proposées par Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat disait vendredi à Grenoble vouloir retirer la nationalité française aux personnes d’origine étrangère ayant porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou d’un militaire. «On pourrait éventuellement élargir [la loi], assure Eric Besson. Les tentatives de crime ou les crimes contre les policiers, les gendarmes ou les personnes investies d’une autorité publique me paraissent incluses dans la première définition (le texte en vigueur avant la loi Guigou de 1998, ndlr). Mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, on pourrait l’ajouter.»

    Où est le discours nauséabond dans tout cela? Devoir durcir la loi face à un durcissement exponentiel de la délinquance, c’est çà faire la danse des 7 voiles au fn??

  • @ Olivier Viney: content de te lire. Cela dit, tu as dû rater quelques billets, qui répondaient à tes critères. ;-)

    @ Guillermo: cherche pas, tu n’as pas fait psycho. Tu ne sais pas plus que moi ce que je ferai en 2012. Et je n’ai pas de gages à donner.

    Au passage, on attendra de savoir ce que c’est exactement qu’un « socialisme à la Aubry ».

    Pour l’abstention, elle s’est déjà manifestée aux régionales. Apparemment, cela n’a pas perturbé l’analyse de Sarko, qui continue de préférer l’électorat FN. Et il n’a peut-être pas tort, d’un point de vue électoral .

  • @ jane: oui, c’est ça, vous avez compris !!!

    Deux choses : (i) la mesure est au programme du FN depuis des années, pas de l’UMP, et Sarko lui-même la trouvait injuste, (ii) quand on est en charge de la sécurité depuis 6 ans, et qu’on a déclaré la guerre à la délinquance à moulées reprises, on n’est plus très crédible à invoquer la croissance exponentielle de la délinquance. Ça laisse entendre qu’on a un poil merdé quelque part.

  • bien sûr qu’il a merdoyé et pas qu’une fois, il a merdoyé notamment en annulant la fameuse « double peine ». je suis loin de connaître le programme du fn, je n’en ai retenu que ce délire obsessionnel du repli sur soi et de la farouche volonté de fermer les frontières, c’est dire mon ignorance en la matière . Pour ce qui est en cause aujourd’hui, et hélas très certainement demain, on invoque pas la croissance de la délinquance comme une excuse à un manque « d’humanisme », elle se rappelle chaque jour à nous de façon cruciale . Nous ne sommes ni un peuple de sadiques ni de dictateurs, ni d’affreux racistes. Nous souhaitons juste que soient respectées les conditions de paix civile et si possible d’harmonie, mais çà, c’est la cerise sur la gateau.

  • @ Guillermo:

    Je me doutais que j’allais faire des vagues en disant ça… Au sujet de la police de proximité, j’ignore si ce que vous dites est vrai. J’espère en tout cas que oui, parce que cela veut dire qu’il y a une solution. Mais sur l’attaque sur la race, (que je n’attendais évidemment pas…) faudrait me relire: je ne vois pas où j’ai fait une différence entre français de souche et les autres!! Si vous voulez le fond de ma pensée, les personnes né de parents ayant la nationalité française sont français, quel que soit le nombre d’ancètres, mais s’ils manifestent clairement (ça c’est important et au niveau de l’application ça serait pas facile à déterminer à quel niveau le refus clair de la nationalité commence) qu’ils refusent d’etre français, je ne vois pas pourquoi on continuerait de mettre français sur leurs passeports.

    Et juste pour rendre troll pour troll: ça vous dérange pas que des gens qui auraient réellement voulu vivre en france et sont entrés illégallement, alors que d’autres qui commettent crime sur crime (il y en a, j’espère que c’est une petite minorité, mais elle existe) ne sont pas expulsés alors que la seule raison pour laquelle ils gardent la nationalité française, c’est qu’ils ont eu eux la chance de naitre de parents ayant la nationalité française?

    PS: j’aimerais qu’on arrète de hurler au racisme dès que qqn est d’avis de diminuer l’immigration…

    @Incarnare: en effet…

    @Fraspi: là, vous soulignez un problème que je n’avais pas vu… et il y a une question de justice derrière… N’empèche qe la situation actuelle est aussi problématique: j’ai déjà entendu plusieurs fois des immigrés me dire « j’emmerde la france et je profite de ses aides ». Le problème se situe au niveau du respect de la Nation, et si on peut le régler par d’autres moyens, tant mieux. N’empèche qu’il faut faire quelque chose.

    @tous: sur les lois qu’il faudrait commencer par appliquer avant d’en pondre de nouvelles, je suis d’accord. J’irais meme jusqu’à dire qu’il aurait fallu commencer par les appliquer: si elles se révèlent eficaces, alors pas la peine d’aller chercher plus loin.

    @Marc: moi ce qui me semble écrit au niveau du résultat: une belle veste de Sarko s’il se représente… et pis faut pas oublier DSK qui est en embuscade et a la ferme intention de mettre la pagaille…

    @Christ Hope: MEGA TROLL!! Vous pourriez avancer des arguments plutot que ça? Là c’est ridicule!!

    @Koz: Pour le coté non dissuasif, je ne suis pas d’accord: d’une part parce que tout le monde sait que les 20/30 ans c’est une peine théorique et que la peine réellement effectuée sera bien moindre (ça diminue le coté dissuasif…), et cela peut etre dissuasif, non au niveau de ceux qui commettent les crimes mais de l’exemple qu’ils donnent: il serait établi clairement qu’il y a une exclusion de la communauté réelle après certains actes (je ne pense pas que l’on considère dans les cités que ceux qui sont en prison sont exclus de la communauté…), et aussi que vis-à-vis de la France, il n’y a pas que des droits mais aussi des devoirs.

    Après, il faudrait aussi commencer plus calmement, en rétablissant la double peine (je trouve sa suppression débile, car elle donne des privilèges aux personnes qui sont à la fois immigrés clandestins et délinquants: ils ne peuvent etre punis que pour une seule des deux fautes!!! L’autre c’est comme si elle ne comptait pas!!! Sans compter qu’en plus, entre dire qu’on la supprime et arriver à ce qu’il n’y ait aucun délinquant et clandestins qui soit expulsé après leur peine… excusez moi de penser qu’au niveau pratique ça change pas grand chose!!

    @ Cyd: Pour les électeurs qui n’y croient plus, j’en fait partie!! J’attends de voir!!

    @ jane: Malheureusement oui pour le coté uniquement électoraliste: si le décret d’application sort jamais, ce qui serait tout à fait possible… Quand on voit que 60% des lois (à peu près, j’ai pas été revérifier) n’ont jamais de décret d’application…

  • Un analyse fine et juste, ce qui peut réconforter en permettant de penser qu’il existe des gens de bien à droite (bon des gens de biens, souvent aussi mais là n’est pas le propos…)

    Poser la question de la responsabilité de la collaboration à un régime liberticide est un premier pas vers la rédemption politique.

    Mais ce pas n’aurait pas été nécessaire si l’ensemble de la droite et une partie incolore de l’électorat n’avait analysé la situation avant d’élire NS.

    Tout ce qui est développé aujourd’hui était en germe avant l’élection, les signes étaient bien visibles.

    Alors oui, la droite républicaine, sociale et humaniste doit se réveiller.

    Mais elle doit aussi retenir la leçon : faire gagner son camp à tout prix, c’est parfois risquer perdre l’idéal, sacrifier les valeurs au pouvoir.

    La tactique n’est pas la stratégie.

  • @Koz

    « Tu ne sais pas plus que moi ce que je ferai en 2012. Et je n’ai pas de gages à donner. »

    Je comprends mieux ça que votre post précédent, parceque j’étais sur le point de vous demander dans quel domaine essentiel l’action de Sarkozy était absolument nécessaire durant un deuxième mandat (ou inversement, quelle catastrophe absolue allait s’abattre sur nous en cas de présidence, disons, Aubry). Tout ça ne serait que spéculation, ok.

    Tout le monde semble maintenant s’accorder sur le fait que Sarkozy n’a rien arrangé dans le domaine de la petite délinquance et des incivilités. Celles qui font peur et font voter certain à droite, irrationellement, et sans lien aucun avec les « tueurs de flics », l’immigration clandestine, etc. Le débat se déporte désormais ailleurs : Sarkozy n’est t’il pas un parfait exemple de pompier pyromane? N’est-ce pas à cause de lui si les problèmes empirent? Qui était ministre de l’intérieur lors des premières émeutes urbaines de notre histoire moderne? Tous ces messages à l’extrême droite, ne sont t’ils pas entendus aussi par ceux qui en sont les perpétuels boucs émissaire? Seraient t’ils moins malins que les électeurs du FN?

    Parmis ces boucs émissaires, ceux qui sont mes amis ne me reprocheront jamais la politique de Sarkozy. Mais pour ceux que je ne connaîs pas, ne suis-je pas un peu le représentant de ce pouvoir, qui représente une « certaine » France? Comment s’aimer dans ces conditions? C’est le plus inquiétant.

    Pendant que nous devisons, des milliers de familles sont brisées pour faire du chiffre, des campements illégaux sont démantelés (200, a dit Hortefeux) sans que l’on sache trop où les gens vont trouver refuge – je n’ai pas entendu dire que de nouvelles aires d’accueil étaient ouvertes à Neuilly.

  • @ Sebastien:

    Je partage votre analyse. Les médias sont nuls. Seule la rédaction de France Culture offre des informations. Le reste nous sert de la soupe, du sensationnel, des morts partout de part le monde, des horreurs dont les détails sont projetés pour distraire le chaland, des clichés. Si j’étais journaliste, j’aurais honte d’une telle médiocrité.

    Même Europe 1 naguère plus relevé, se croit obligé de diffuser maintenant un horoscope!

    On assiste impuissant à un nivellement par le bas !

    Les médias dans leurs ensemble n’aident pas le débat politique, ils attisent les querelles médiocres et abêtissent le peuple.

  • Merci pour tes réponses que j’imagine laborieuses, on voit le correcteur de l’iPhone qui a fait des siennes par endroit.

    J’apprécie ta réflexion sur ce que tu avais pensé et écrit en 2007. Je l’ai déjà mentionné, j’étais à l’étranger à l’époque. Je n’avais pas anticipé la (re-)montée de Sarkozy, qui m’avait pris un peu par surprise. Mais je n’ai jamais aimé le personnage, que j’ai toujours trouvé cynique, sans sincérité, un tacticien opportuniste prêt à tout pour arriver à ses fins.

    J’ai suivi la compagne à travers d’autres média, la presse américaine, européenne, internet, quelques livres ou comptes rendus de livres. Le journal de France Culture en podcast. Je n’ai pas vu ses déclarations à la télé, ses meetings. J’ai donc eu je pense une perception de la campagne très différente de ceux qui étaient en métropole.

    Et donc je n’ai pas le sentiment d’avoir été trompé, cette présidence a été assez conforme à ce que j’attendais, à l’image que j’avais de lui. Dès le début, dès le Fouquet’s et le yacht… L’image de pompier pyromane de Gatien est assez juste, un ministre de l’intérieur sortant qui fait campagne sur l’insécurité, c’est un comble !

    Sur twitter tu semblais presque prêt à voter pour Aubry :) Je préfèrerais DSK, à choisir. Il s’affiche de centre gauche plutôt que de centre droit, mais la différence n’est pas si importante. Je pense que s’il avait été candidat en 2007, Bayrou aurait fait un nettement moins bon score au premier tour, et il avait toutes ses chances au second. On va voir si le soi-disant centre de l’UMP se réveille d’ici 2012…

  • @ Gatien:

    Je dirais aussi que pas grand chose d’efficace n’est fait pour mettre hors d’état de nuire les criminels endurcis…

    Par ailleurs, il me semble opportun de recadrer certaines choses dans ce débat: 1 Au sujet « des mesures du FN »… Je sais qu’il y a un enjeu électoral important pour le FN, mais un dégommage à ce point… http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/08/la-d%C3%A9ch%C3%A9ance-de-la-nationalit%C3%A9-nimplique-pas-lexpulsion.html#comments

    2 Au sujet de la crainte qu’il y ait plein d’expulsions, cela reste une mesure d’exception: apparement, il y en a eu entre 4 et 7 par an avant l’abrogation de la loi, et il est douteux que cela augmente… Cela donne une autre dimension aux cris d’orfraie que l’on entend…

  • @ eblackship

    Heu, oui : sauf qu’il en va tout exactement de même du programme de la candidate alors opposée au dit Nicolas. Le vote de chacun lui étant personnel, on ne va pas faire le compte de ceux qui ont voté blanc, mais « analyser la situation » comme vous le souhaitez risque fort d’amener inéluctablement à ce genre de conclusion.

    Qui, remarquez, est peut-être justement la vôtre. :-)

  • Bon. Après trois ans d’exercice du pouvoir, un peu moins de deux ans de l’échéance présidentielle, il est temps de tracer quelques perspectives.

    Allons droit au but, avant de revenir sur plusieurs développements annexes. L’essentiel : Sarkozy est un tacticien remarquable, et il est bien parti pour gagner une deuxième fois la présidentielle. Tout simplement parce que l’entièreté des débats depuis plusieurs années tourne autour des thématiques de droite et de l’extrême-droite. La burqa, la sécurité, la délinquance, l’immigration, l’identité nationale, le patriotisme économique. Qui se souvient de la société du care de Martine Aubry ? Personne. Qui pense que la France est tellement dépourvue de social qu’il faudrait d’urgence instaurer une société du care ? Personne. Vers quoi allons-nous ? Un nouveau 21 avril. Pas du tout à l’envers. A l’en-droit(es). Parce que Sarkozy a pu mesurer, échéance après échéance, sondage après sondage, le maintien de son irréductible base à 30% des voix. Or, à 30%, il est au deuxième tour. Or, Marine Le Pen, vu le contexte, va cartonner, et atomiser le/la candidate qui devra faire campagne sur le projet du PS. DSK ? Excellent candidat de deuxième tour, s’il devait 1/ être effectivement candidat et 2/ se qualifier pour le second tour, donc rassembler suffisamment à gauche. Mais DSK peut-il dès le premier tour rassembler suffisamment la gauche pour battre Marine Le Pen ? Mélenchon fera-t-il campagne dès le premier tour pour DSK ? Non, évidemment. Bref, c’est parce qu’il sait que cette réélection est délicate que Sarkozy martèle volontairement les thèmes qu’il veut imposer comme axes des débats. Face à un candidat de centre-gauche, la victoire est improbable. Il suffit donc d’éliminer la gauche dès le premier tour, comme en 2002. C’est bien parti pour.

    Alors, question : l’électeur lambda, de droite ou sans opinion arrêtée, est-il choqué par les déclarations régulièrement guerrière de Sarkozy ? Si on lit la presse, si on écoute l’opposition, il semble évident que Oui. Et pourtant : sortons des milieux intellectuels, ceux de la presse ou des bac +5 désormais cadres ou professions libérales, de gauche comme de droite. Allons évoquer avec 50 personnes croisées au hasard dans la rue, la politique de sécurité en France. Massivement, ils ne disent pas que Sarkozy en fait trop, mais qu’il parle trop ; et que les résultats se font attendre. Pour beaucoup, Sarkozy a déçu, la rupture espérée n’est pas au rendez-vous. Voter FN ? Non, quand même pas. Encore que certains l’ont déjà fait. Alors qui ? Quand Sarkozy, de nouveau candidat, apparaîtra entre un FN éternel repoussoir et un centre gauche éternellement mou et peu convaincant, le président sortant et maîtrisant ses dossiers ne sera-t-il pas en excellente position pour l’emporter de nouveau ?

    Mais quittons le terrain de la tactique, et cherchons un peu celui de la France et de l’intérêt supérieur des Français. Qu’aura à leur dire Sarkozy ? Qu’il est un président qui ose, qui peut se tromper parfois, mais qui prépare l’avenir ? Que la réforme des retraites, de nouveau, c’est la droite qui l’a mise en oeuvre ; que la réforme des collectivités territoriales, c’est lui qui l’a voulue et portée, moins de strates et moins d’élus, pour plus de transparence, de simplicité et d’efficacité ; que la décrue de la fonction publique obèse qui grève nos finances publiques, c’est encore lui ; que la marche vers l’autonomie des universités, c’est lui ; que sur la scène internationale, là encore, il bouscule et impulse le mouvement de réforme, sur la gouvernance institutionnelle, économique, écologique. Et que s’il ne réussit pas tout, on pourra lui faire le reproche parfois de l’avoir trop vu, mais jamais pas assez.

    Mais revenons à la scène intérieure : quand même, ce ton, ces dérapages, ces lois innombrables issues de faits divers, ces effets d’annonces, ces amalgames ou ces propos maladroits, ne minent-ils pas la cohésion nationale, cette merveilleuse cohésion nationale qui préexistait à Nicolas Sarkozy et qui a subitement disparu avec lui ?… Ou, à défaut d’avoir existé, s’éloigne d’autant plus qu’on l’évoque, qu’on l’invoque, qu’on la regrette. Et qu’on cherche quelques boucs émissaires pour essayer de résoudre avec quelques formules une situation infiniment plus complexe. Mais qu’est-ce qui complexe, finalement ? L’intégration, parler français ? Respecter ses voisins, les lois ? La laïcité ? L’école, gratuite et obligatoire, l’autorité des enseignants, est-ce là le sort détestable que la République ose imposer à une génération avide d’avoir(s) et non de savoir(s), pressée d’être et d’aboutir avant que de travailler et d’entreprendre ?

    Le mal de la France, ce n’est pas Sarkozy ; c’est de ne pas comprendre le monde qui nous entoure, et de nous penser comme les perdants d’une civilisation mondiale au sein de laquelle notre sort est enviable. Le mal de la France, c’est qu’incapables de poser un bon diagnostic, nous cherchons des réponses radicales à des problèmes annexes. Individualistes forcenés, nous exigeons des politiques et de l’Etat ce que le citoyen estime être un dû. Nous croyons que la liberté, l’égalité, la fraternité, sont des évidences et des avantages acquis, alors qu’ils sont des combats : combat contre soi et l’indifférence qui nous saisit trop souvent, combat contre la puérile impatience, combat contre l’inclinaison naturelle qui pousse à la paresse. Nous sommes une civilisation de la paresse.

    Mais nous ne voulons surtout pas l’avouer. Il est tellement facile d’accuser les politiciens, les étrangers, la gauche, la droite, mai 68.

    L’axe de campagne prioritaire pour Sarkozy, après avoir enfumé la gauche pendant des années, devrait s’élaborer autour du citoyen : celui qui va de l’avant, qui prend sa vie en main, qui a des droits et des devoirs, qui est parfois soutenu mais agit avec discernement. Le service civique obligatoire au service de notre pays est une urgence. Le vote obligatoire, un mal nécessaire, qui ira de paire avec la reconnaissance du vote blanc (qui ne veut rien dire, puisqu’il est un non choix alors que le vote est théoriquement l’expression d’un choix, mais passons). Les rondes citoyennes, pour ne pas abandonner l’espace public. La laïcité, pour que chacun mesure à quel point elle est un espace de coexistence entre différentes religions, mais aussi entre croyants et non croyants, dans le respect strict des valeurs constitutionnelles qui sont les nôtres. Bref, là encore, le citoyen et la citoyenneté sont des concepts d’avenir, à défaut d’être des concepts aujourd’hui suffisamment vivaces.

  • Il n’y a pas qu’une perte de valeurs, je pense aussi et surtout en fait qu’on est dans la com. Point. Que Sarkozy soit personnellement proche du FN je ne le crois pas.

    Qu’il soit, en lieu et place de politique, dans le marketing constant est par contre le cas.Partisan de l’ouverture pendant le succés de Bayrou (causé en partie par la nullité de Royal) il était le gars qui prenait des ministres de gauche.

    Maintenant qu’avec les affaires Woerth, il peut perdre l’électorat de droite dure et du FN, il fait à la fois rideau de fumée et puis serre les rangs de cet électorat autour de lui. Enfin il libére un peu de place pour une candidature centriste qu’il récupererait au second tour.

    Voila le souci: beaucoup de com’, peu de valeurs. Une sorte de Valls de droite.

  • A ce propos Koz, je vous ai envoyé un message via votre formulaire de contact il y a qq temps. L’avez vous reçu ?

  • @ romain blachier:

    Les politiques au pouvoir et ceux qui espèrent le conquérir sont des démagogues, c’est malheureusement devenu une constante à droite comme à gauche depuis 1981 où Mitterrand a pris le pas sur Rocard.

    Sarkozy n’est qu’un épiphénomène dans cette triste évolution. L’électeur est gavé par les médias de viols, de meurtres d’émeutes, de crimes en tous genres, car les médias n’ont qu’un seul but accroitre leur audience. Et le téléspectateur adore voir du sang et des pleurs.

    Le politicien de droite peut feindre de ne pas écouter, il peut essayer de démontrer que statistiquement la sécurité ne se dégrade pas et peut faire par là même une croix sur sa réélection ou alors comme NS, il s’incline et fait des effets de manches pour montrer qu’il réagit.

    Le politicien de gauche, dans la démagogie exploite d’autres créneaux.

  • eBlacksheep a écrit : :

    Poser la question de la responsabilité de la collaboration à un régime liberticide est un premier pas vers la rédemption politique. Mais ce pas n’aurait pas été nécessaire si l’ensemble de la droite et une partie incolore de l’électorat n’avait analysé la situation avant d’élire NS.

    Un peu excessif (« liberticide », vraiment?) mais surtout un peu facile. J’avais pour ma part fait cette analyse dans le même sens que vous et donc voté contre Sarkozy. Mais l’analyse inverse, celle de Koz et de la grande majorité des électeurs de la droite modérée, tenait la route aussi. Sarkozy avait montré plusieurs visages: celui qui lorgnait du côté de l’électorat FN, celui qui avait supprimé la fameuse double peine, celui qui parlait de fraternité en citant Jaurès, et celui qui tenait un discours de division entre les Français. Choisir, entre tous ces visages, le plus crédible, celui qui prédisait le mieux la politique qui serait effectivement menée, n’était pas facile et relevait d’un subtil mélange de préjugés, de jugement sur l’apparence du candidat, et de doigt mouillé.

    Gabriel a écrit : :

    Parce que Sarkozy a pu mesurer, échéance après échéance, sondage après sondage, le maintien de son irréductible base à 30% des voix.

    Tout votre raisonnement sur la tactique électorale fonctionne, à condition d’admettre cette prémisse. Or, elle est erronée: j’ai vu au moins un sondage récent qui donne Sarkozy et Aubry à égalité à 26% au premier tour. En dehors même des sondages, l’hypothèse d’un Sarkozy à 30% au premier tour suppose l’absence de toute concurrence au centre droit. Ce qui est exclu alors même qu’un boulevard est en train de s’y ouvrir… J’anticipe plutôt la multiplication des candidatures de ce côté. D’ailleurs, Sarkozy, alors qu’il était dans une situation bien plus favorable qu’aujourd’hui, n’a fait « que » 31% en 2007. Je ne dis pas qu’une redite de 2002 est impossible, mais il y faudrait une combinaison de circonstances très inhabituelle – comme celle de 2002.

    Gabriel a écrit : :

    Mais quittons le terrain de la tactique, et cherchons un peu celui de la France et de l’intérêt supérieur des Français. Qu’aura à leur dire Sarkozy ? Qu’il est un président qui ose, qui peut se tromper parfois, mais qui prépare l’avenir ? Que la réforme des retraites, de nouveau, c’est la droite qui l’a mise en oeuvre ; que la réforme des collectivités territoriales, c’est lui qui l’a voulue et portée, moins de strates et moins d’élus, pour plus de transparence, de simplicité et d’efficacité ; que la décrue de la fonction publique obèse qui grève nos finances publiques, c’est encore lui ; que la marche vers l’autonomie des universités, c’est lui ; que sur la scène internationale, là encore, il bouscule et impulse le mouvement de réforme, sur la gouvernance institutionnelle, économique, écologique. Et que s’il ne réussit pas tout, on pourra lui faire le reproche parfois de l’avoir trop vu, mais jamais pas assez.

    Tout ceci n’est pas complètement faux, ou du moins pas indéfendable. J’y ajouterais même et surtout la réforme constitutionnelle et le traité de Lisbonne, bien que ce ne soient pas des réalisations parfaites. Mais vous oubliez commodément le lourd passif qui vient avec, notamment la situation économique, les casseroles (dois-je les lister?), l’écart entre les promesses et les résultats sur la sécurité, et le style présidentiel : on ne lui reproche pas de s’être trop montré, mais de s’être montré beaucoup plus qu’il n’a agi. Je suis sur ce point entièrement d’accord avec romain blachier : « beaucoup de com’, peu de valeurs. »

  • Gabriel a écrit : :

    Allons évoquer avec 50 personnes croisées au hasard dans la rue, la politique de sécurité en France. Massivement, ils ne disent pas que Sarkozy en fait trop, mais qu’il parle trop ; et que les résultats se font attendre

    Je fais partie de ces 50 personnes croisées au hasard.

    Gabriel a écrit : :

    Mais qu’est-ce qui complexe, finalement ? L’intégration, parler français ? Respecter ses voisins, les lois ? La laïcité ? L’école, gratuite et obligatoire, l’autorité des enseignants, est-ce là le sort détestable que la République ose imposer à une génération avide d’avoir(s) et non de savoir(s), pressée d’être et d’aboutir avant que de travailler et d’entreprendre ?

    Tout à fait d’accord avec vous. Qu’est ce qui complexe ainsi certains français là dedans?.

    Quand au reste de votre commentaire, je suis d’accord à 100%, tant sur le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc (si, il est un choix : le refus des candidats qui se présentent. Cela a été mon choix aux régionales), que sur le service civique obligatoire, que sur les droits et surtout les devoirs, le non abandon de l’espace public aux voyous, l’affirmation de la laïcité afin qu’elle permette la coexistence des diverses religions – non pas le remplacement de certaines par d’autres à la mode du moment -, la reconnaissance de ceux qui n’ont pas de religion -qui ont le droit de le dire -, et, enfin, la valorisation du citoyen et de la citoyenneté.

    Ceci dit, je ne sais pas du tout pour qui je voterai en 2012. C’est bien loin et il peut se passer des tas de choses. Certaines choses sont cependant certaines :

    Quoiqu’il arrive je ne voterai pas pour la dame des 35h, qui aménage des horaires de piscine et bafoue la loi de 1905 au détriment des femmes (dont elle fait pourtant partie).

    Je ne voterai pas pour DSK, ce n’est pas quelqu’un qui m’inspire confiance. (je n’aime pas vraiment les vieux beaux, qui batifolent de secrétaires en secrétaires). Cela indique un manque de respect d’autrui, ce qui ne présage rien de bon pour le reste de ses activités. (cela ressemble trop à Mitterand)

    Je ne voterai pas pour la gauche plurielle.

    Je ne supporte pas de Villepin, je n’aime pas Bayrou, j’ai été déçue par Sarkosy et ai le sentiment de m’être faite avoir par des beaux discours sans aucun suivi en actions ensuite, hormis une ouverture à gauche phénoménale (à croire que M Sarkosy fait partie du PS!), et des réformettes dues aux reculs quasi quotidiens devant les coups de boutoir d’une opposition qui n’a que cela pour tout programme.

    Je ne suis pas prête pour le FN.

    —> Donc, j’attends. Peut être aurons nous un homme ou une femme providentiel(le)? 2 ans c’est court et long à la fois.

    La seule chose certaine est que si le PS continue à lâcher les chiens contre le gouvernement continuellement comme il le fait actuellement et en privilégiant certains français par rapport à d’autres (à savoir taper toujours sur ceux qui travaillent et qui payent des cotisations en tous genre et des impôts tant sur leur revenu que sur leurs faibles économies), ce sera la seule raison qui me ferait voter Sarkosy à mon corps et mon coeur défendant. L’égalité et la fraternité oui, mais pas à sens unique. Ce doit être à double sens. C’est ça pour moi -entre autres- la citoyenneté.

    jane a écrit : :

    Nous ne sommes ni un peuple de sadiques ni de dictateurs, ni d’affreux racistes. Nous souhaitons juste que soient respectées les conditions de paix civile et si possible d’harmonie

    C’est totalement mon point de vue.

  • « Réduire tout cela à de la démagogie est facile. Le politique ne s’engage pas que par intérêt. » Et oui, c’est facile. C’est bien là le problème : le faire pour autre chose serait tellement plus difficile, demanderait tellement de sacrifice ! Le politique lambda aujourd’hui gère ses voix comme des parts de marché. Politique de marché, marketing, story telling, tout ça pour avoir le pouvoir (l’intérêt), c’est ça la politique aujourd’hui en post-démocratie libérale relativiste. Aux chiottes. Ce cirque ne m’intéresse plus. Abstention militante. Le devoir politique ne se réduit pas à glisser un papier dans l’urne puis à dauber sur ceux qu’on a élus ; j’ai choisi d’autres modes d’action. Pour le moment, bien sûr : ça peut changer.

  • en résumé , ne faisons rien, c’est plus simple. J’aurais aimé qqes propositions, car la critique est aisée mais …………………

  • @ romain blachier:

    Je ne réduis pas toute l’action politique à de la démagogie.

    Il y a la mousse dont parlent abondamment les médias télévisés et le fond. Par exemple les initiatives engagées pour tenter de réguler la finance mondiale, c’est très important. C’est un sujet plus ardu, technique, trop compliqué pour être abordé dans un sujet télé de 2 minutes. Alors que montrer le GIGN casqué, ça c’est percutant !

    C’est la raison pour laquelle ces querelles sur les lois sécuritaires ne m’intéressent pas du tout. D’ailleurs, personnes n’a de solution crédibles à proposer ou à opposer.

    Les politiques je le crains sont obligés à cause des médias de faire du populisme.

    Je ne les en blâme pas, je les plains au contraire !

  • @ azerty: Des propositions, des actes, des réponses, il y en aurait, très certainement et beaucoup plus qu’on ne le croit. Cependant, chacune d’entre elles seraient vouées à la vindicte, aux droits de l’homme, au conseil constitutionnel, aux textes européens, que le dernier ferme la porte, ce qui rend toute tentative morte née, à moins que…la politique se fasse un peu oublier , elle et son nombrilisme abrutissant, juste le temps de nous laisser respirer et penser comme bon nous semble.

  • @Panouf

    Vos positions sont pour le moins cocasses.

    Au sujet de la police de proximité, j’ignore si ce que vous dites est vrai. J’espère en tout cas que oui, parce que cela veut dire qu’il y a une solution.

    Il serait bon de vous intéresser à la question avant de chercher des bouc émissaires. Figurez vous que cette solution ne passe pas par Sarkozy. Pour lui, la police proximité, c’est des postes de fonctionnaires superflus qui jouent au foot avec les des jeunes de banlieue. Ce n’est pas le rôle d’un policier! Il préfère les agents de la BAC qui se font tirer dessus, ça c’est pro, et ça le fait monter dans les sondages.

    Au passage, les effectifs de la police n’ont cessé de diminuer depuis que Sarkozy est aux affaires. Ils appellent ça « améliorer l’efficacité ».

    « s’ils manifestent clairement [...] qu’ils refusent d’etre français, je ne vois pas pourquoi on continuerait de mettre français sur leurs passeports. [...] tout le monde sait que les 20/30 ans [de prison] c’est une peine théorique et que la peine réellement effectuée sera bien moindre. [La perte de nationalité], cela peut être dissuasif »

    Il y aurait donc des délinquants qui ne seraient pas effrayés par 5 ans de prison au lieu de 30, mais qui frémiraient à l’idée de ne plus être français?

    -Le juge : Monsieur X, vous êtes multirécidiviste en matière d’agressions et votre voisin vous a entendu crier « nique la France », persistez vous dans votre volonté de vous exclure de la communauté nationale?

    -Monsieur X : Non madame, j’avais bu et un pote venait de faire tomber le cendrier sur mon pied. Je veux rester français.

    -Bon, vous restez français.

    -(en sortant du tribunal) Nique la France!

    - »Suivant »

    -Monsieur Eolas, vous incitez à l’outrage au drapeau. Persistez vous dans vos convictions?

    -Oui madame.

    -Bien, vous êtes désormais appatride.

    - »Suivant »

    -Monsieur S., vous ne faites aucun cas des lois fondamentales et ridiculisez les défenseurs des droits de l’homme en les qualifiant de « droitdelhommistes », confirmez vous ces discours?

    -Madame, les mêmes qui…

    -Je ne veux rien entendre, la France est quand même la patrie des droits de l’homme! Vous êtes déclaré appatride. Au regard de vos antécédents nous ne pouvons vous garder sur le territoire, voyez avec l’administration hongroise s’il veulent de vous, sinon c’est le pôle nord.

    @Azerty

    en résumé , ne faisons rien, c’est plus simple. J’aurais aimé qqes propositions

    1/ Pas besoin de propositions. D’abord ne pas nuire, vous connaissez? Les pompiers pyromanes, c’est nuisible : on paie leur salaire, et il y a encore plus de feux.

    2/ Pour les propositions, il y en a une assez simple : augmenter le nombre de policiers là où il en faut (pas dans les beaux quartiers qui votent UMP). C’est ce que demandent tous les maires concernés quelle que soit leur couleur politique.

  • Les politiques je le crains sont obligés à cause des médias de faire du populisme.

    Les politiques et leurs amis/obligés/mandants/nommés dans l’audiovisuel sont largement à la source de la soupe que l’on nous sert. Cf. 2ème élection de Chirac et le matraquage sur l’insécurité. Tout ça est en train de se consolider, et vu les nominations/évictions dans le mandat en cours, il faut s’attendre au pire.

  • @azerty il faut sortir des « arguments » rhétoriques faciles.

    C’est Sarko qui est aux responsabilités, pas nous. J’imagine qu’il est du genre à assumer.

    Mais l’une des premières propositions serait de faire avec l’arsenal de 10 à 15 lois déjà adoptées par Nicolas Sarkozy. Une « 17eme » serait vraiment utile ? On ne peut pas faire avec l’existant ? Au passage, la police semble disposer de davantage de lois que de moyens.

  • @ Gatien:

    Je suis moins sévère que vous.

    Les politiques, comme nous tous, sont pris dans un système sur lequel ils ont peu de maîtrise. Les médias importants et personne ne peut changer cela (ni à droite ni à gauche) ont pour objet économique de « vendre du temps de cerveau disponible » pour permettre à des annonceurs d’insuffler leurs messages.

    Dans ce contexte, que peuvent faire les politiques ? Rester discrets comme Fillon par exemple ou essayer de surfer comme Sarkozy, c’est à dire se montrer le plus possible sachant qu’il n’a que peu de temps à chaque fois pour expliquer . Qui a raison ?

    Les deux se complètent sans doute.

  • Hervé : « … sont pris dans un système sur lequel ils ont peu de maîtrise. » Comme nous tous. Et c’est ça le drame : personne n’est responsable, et la machine tourne. Jusqu’au jour où… Je préfère m’en extraire, dans la limite du possible.

    Azerty : « en résumé , ne faisons rien, c’est plus simple. » Quitte à me répéter : « Le devoir politique ne se réduit pas à glisser un papier dans l’urne puis à dauber sur ceux qu’on a élus ; j’ai choisi d’autres modes d’action. » Bref, j’ai l’impression d’être plus politique quand je fais ce que je fais en ce moment qu’en mettant un papier dans l’urne deux fois par an. L’un n’empêche pas l’autre, certes, mais quand glisser un papier ne signifie plus rien et n’a aucune incidence sur le résultat, je m’abstiens.

    (A titre préventif, pardon si le me trompe : Mes propos n’ont pas de rapport direct avec le sujet sécuritaire, ils sont d’ordre plus général ; Jane, ne me faites pas dire ce que je ne pense pas.)

  • la police semble disposer de davantage de lois que de moyens.:

    Des lois il y en a trop, mal fichues la plupart du temps, destinées, qui plus est, à répondre à l’actualité. Des moyens, elle en a. Même si on peut estimer qu’il n’y en a jamais assez. Elle a surtout besoin de tranquillité pour travailler efficacement. Et c’est là que le bât blesse. En démocratie, surtout française, le politique est plus soucieux de sa réélection que du bien commun. Les associations qui forment le gros du contingent de l’armée du Bien Universel (avec une bonne partie de la presse écrite et idiotvisuelle) étant reconnues comme détentrices d’une certaine forme de pouvoir, dès qu’elles éternuent les gouvernements s’enrhument. Partant de là, il est préférable de se livrer à l’exercice de la rodomontade et retirer aux hommes de terrain toute possibilité réelle d’action, hors opérations publicitaires destinées à montrer au contribuable que la police agit.

    Comme il ne fallait pas désespérer Billancourt, aujourd’hui il ne faut pas désespérer les banlieues. Quel politicien osera vraiment taper dans l’économie souterraine de ces cloaques ? Le problème est épineux. Bon nombre de familles tirent leur subsistance de trafics en tous genres. C’est que nous traversons une grave crise économique. Et puis ces gens sont là depuis longtemps. Toutes ces questions passent avant la préservation des fruits du travail des citoyens honnêtes, avant la préservation de l’intégrité physique des moutontribuables.

  • @ Harald:

    Observer les hommes politiques relève du même exercice qu’autrefois, quand lycéen devant un texte littéraire il nous fallait dissocier le fond et la forme. Et parfois, la frontière reste ténue. En effet, quand une nième loi sécuritaire est votée, l’est-elle pour attaquer le fond du problème ou pour donner un style et du souffle à l’ensemble de l’action ?

    Et si elle était décidée pour la forme, serait-ce pour autant critiquable ?

    L’important c’est que l’ensemble de la « copie » développe avec cohérence un certain nombre d’idées.

  • Ah ! Cette fameuse idée de la cohérence. Au nom de cette dernière que de saloperies n’a-t-on pas faites ! Pour ce qui me concerne, le style, le souffle ne m’intéressent pas si il n’y a pas d’application pratique. Une construction peut bien être belle et bonne, si elle n’induit pas une action, elle ne sert à rien et cela la racaille l’a bien compris.

  • « Les associations qui forment le gros du contingent de l’armée du Bien Universel [...] étant reconnues comme détentrices d’une certaine forme de pouvoir, dès qu’elles éternuent les gouvernements s’enrhument. »

    Je crois que la droite « bien pensante » fait vis à vis des associations droitdelhommiste la même erreur que les écologistes vis à vis des chasseurs : ne pas voir où sont leurs alliés naturels (pas des alliés contre la gauche, mais des alliés dans la recherche de l’intérêt général). Je cotoîe des associations droitdelhommistes, j’y trouve toutes sortes de gens, mais le gros des bataillons est composé de retraités, eux-même équitablement répartis entre ancien militants syndicaux, responsables politiques de petit niveau, ou membres actifs des églises catholiques ou protestantes. Globalement des gens bienveillants.

    En s’en prenant sans cesse à ces associations, la droite (responsables politiques et électeurs) s’enferre dans une voie sans issue. Moins elle est présente dans ces associations, plus ces associations sont de gauche, mécaniquement. Plus elle les critique, et plus elle apparait comme ce qu’on l’accuse d’être : liberticide, populiste, anti-démocratique, raciste, etc.

  • Anti-démocratique, je l’assume sans aucun complexe. Il suffit de lire la note de Simone Weil sur le système des partis politiques, de lire Tocqueville – tout particulièrement son analyse sur la dérive tyrannique propre à ce type de régime – pour se faire une idée de ce qu’elle vaut. La défense achharnée de la démocratie, ça me fait irrésisteblement penser à la défense de la liberté d’expression par Eolas. Cela tient de la religion. Populiste, également. Voir l’échange avec Koz et Dang dans les commentaires du post sur le containment. Raciste, non. même pas xénophobe. Ceci dit, si je considère que tout un chacun à droit au respect tant qu’il ne s’en montre pas indigne par ses actes – par exemple -, je refuse la politique actuelle du respect des différences simplement parce qu’elles sont différences. D’ailleurs qui est le plus « raciste » entre un citoyen qui ne demande rien d’autre que le respect des lois et de la culture de notre pays et des types comme Lozès, par exemple, qui se présentent avant tout comme noirs ?

    Maintenant, les associations que je fustige, ce sont des machins comme SOS Racisme – qui comme le faisait remarquer Desproges a oublié de mettre un « s » à la fin, ce qui permet plus aisément de dénoncer le berrichon moyen que le maghrébin qui tabasse un juif dans le 19ème arrondissment -, la LICRA, la LDH et autres courroies de transmission créées par les partis de gauche. Il est illusoire de penser qu’elles changeraient de discours parce que des types de droite y entreraient. Pour le reste, je fais partie d’une association protestante d’aide aux personnes en difficulté, je n’y pratique pas l’aide sélective. Mais il est vrai qu’il s’agit d’une structure apolitique et bien plus efficace que les assoces droadlomistes.

  • Je n’attendais pas une autre réponse de votre part Harald. Je m’adressais en fait plutôt au reste de la droite, supposée démocrate, mais qui de fait ne se démarque pas beaucoup de vous dès qu’il s’agit de tirer sur les associations « citoyennes »…

  • Gatien a écrit : :

    Je m’adressais en fait plutôt au reste de la droite, supposée démocrate, mais qui de fait ne se démarque pas beaucoup de vous dès qu’il s’agit de tirer sur les associations « citoyennes »…

    Gatien, je trouve que vous cédez un peu trop facilement à la tentation habituelle de la gauche. Non, même quand ils ne sont pas d’accord avec vous, les gens de droite ne sont pas contre la démocratie ni contre la République. Il ne le sont plus depuis au moins un siècle, à l’exception d’une frange bruyante, laquelle a, ne l’oublions pas, son équivalente à gauche, tout aussi bruyante et tout aussi peu démocrate.

    Pour ce qui est des associations citoyennes, elles se font taper dessus pour deux raisons: d’abord parce qu’elles sont un contre-pouvoir, et donc une source d’agacement pour le pouvoir. Ensuite parce qu’elles ont une forte tendance à se prendre pour les anges sauveurs de la République à la moindre occasion, avec des argumentaires parfois excessifs et des réactions assez pavloviennes. Avoir un pedigree qui remonte à l’affaire Dreyfus ne leur donne pas nécessairement raison sur tout ni compétence pour se prononcer sur n’importe quel sujet : voir un exemple particulièrement caricatural ici.

  • Parce qu’il y a encore une droite en France ? Il me semblait pourtant qu’elle avait disparu du paysage depuis fort longtemps. Ceci dit, je ne suis pas étonné de votre emploi du terme « citoyen(ne) ». Dès qu’il s’agit de ramper sur les traces de la gauche, il se trouve toujours des gens dits « de droite » pour donner des gages. Mitterrand en contribuant à faire grimper le FN a fort bien joué. Même mort, il continue d’influencer le jeu.

  • A toutes fins utiles, je ne suis encarté nulle part et il y a bien longtemps que je ne vote plus.

    Par ailleurs, il me semblait pourtant que les catholiques avaient compris que le ralliement de l’Église à la république sous le pontificat de Léon XIII n’avait conduit cette dernière qu’à une impasse. Mais je gage que le côté citoyen, festif, divers et solidaire de cette dernière importe plus ici que d’autres considérations.

  • Pour revenir au sujet de l’éducation des jeunes et des moyens possibles pour les empêcher de faire des conneries :

    Toutes les idées méritent d’être discutées avec humilité car le problème est grave, complexe et personne n’a de solution « miracle».

    La gauche parle de police de proximité, pourquoi pas, mais en a-t-on les moyens ?

    Une antenne dans un quartier, combien ça coûte mûrs et personnel compris ? Je pense à cela car dans les entreprises actuellement, la mode est au regroupement des sites pour réduire les frais. La gauche parle de créer des emplois, certes, mais comment ? Quels types d’emplois peuvent être créés et par qui pour attirer des jeunes précocement déscolarisés ?

    NS de son côté montre des actions dans le registre du maintien de l’ordre républicain et du respect de la sécurité des personnes. C’est nécessaire mais pas suffisant.

  • Allez hop, tout le monde aux champs, bordel ! Avantages : création d’une infinité d’emplois, mode de vie (physique, psychologique et spirituel) plus sain, apprentissage de la réalité, apprendre à subvenir à ses besoins, nourriture plus saine, repeuplage des campagnes, la liste est longue. Inconvénients : …

  • Hervé a écrit : :

    Quels types d’emplois peuvent être créés et par qui pour attirer des jeunes précocement dé-scolarisés ?

    Si on se réfère aux désirs des élèves de mon conjoint, c’est très simple. Un travail qui ne soit pas fatigant, qui ne casse pas la tête, où on peut aller « travailler » quand on veut pendant le temps qu’on veut et qui rapporte autant sinon plus que les entreprises Bettencourt.

    Pour ceux qui sont dé-scolarisés (les élèves de mon conjoint le sont pour beaucoup puisqu’ils rappliquent le jour de la rentrée pour avoir le certificat de scolarité, passeport pour obtenir les allocs, et qu’on ne les revoie pas de l’année, malgré les rappels à l’ordre de la Vie Scolaire -savoir à ce sujet que les recommandés sont refusés par les familles dans la grande majorité. Mais bon, considérons que ceux ci sont scolarisés!). Pour ceux qui sont dé-scolarisés, donc, encore plus simple : il faut que les horaires soient adaptés : environ de 15h à 18h (mais pas après) , pas le vendredi soir et à condition que cela n’empêche ni les virées, ni le « bizeness ».

    Je ne caricature hélas pas : les enseignants de ces « zones de non droit » ou de ces « zones sensibles » deviennent tous dépressifs attendent la retraite avec impatience pour les plus âgés et songent à la reconversion pour les plus jeunes (de préférence dans une zone de droit et non sensible).

    Comme je l’ai souvent écrit, nous n’habitons pas dans le 9 cube, ni en banlieue parisienne, mais dans la France profonde, dont on parle peu, mais qui elle aussi a ses zones sensibles (que j’aime cette langue déformée, parfaitement hypocrite et ne reflétant pas ce que vivent leurs habitants)- Ce qui explique sans doute la montée du FN dans ces régions-

    Il suffirait peut être, mais effectivement, ce sont des suppositions, personne n’a le remède miracle, et c’est sans doute trop tard,

    — de « sanctionner  » les parents: 1/ sanction dès qu’un enseignant est agressé que ce soit verbalement ou physiquement par un élève ou un parent(et non pas l’obligation de silence actuelle) -voir point 2-, 2/sanction qui pourrait être l’obligation d’un stage de civisme et d’étude des lois françaises pour les parents, au même titre que les stages de remise à niveau lorsqu’on perd le permis de conduire, dès qu’un rejeton a commis « une incivilité » , 3/ suppression des sacro saintes allocs à la première incivilité qui ne servent pas aux enfants (ou ados) pour leurs études, il s’en faut, mais aux parents . Ceux qui disent le contraire ne doivent pas vivre dans le même pays que ceux qui sont au contact (épisodique, comme expliqué ci dessus!) de ceux-ci, 4/ j’en suis désolée, mais là encore, il serait peut être bon d’ouvrir un peu les yeux plutôt que de se réfugier dans le politiquement correct, d’imposer la loi de 1905 dans les établissements scolaires. Les bagarres à connotation religieuse sont fréquentes.(à ce titre, relisez donc le rapport Obin. depuis sa remise , les choses ont empiré, mais mieux vaut faire l’autruche, c’est plus simple et plus charitable)

    — Pour ces pauvre mômes, j’ai demandé à mon conjoint et ses collègues. Ils ont levé les yeux au ciel et ont soupiré. Que faire? Dès la moindre sanction, l’administration critique. Ils ne sont absolument pas soutenus et on a vite fait de leur parler « des heures les plus sombres de notre histoire », « de pensées nauséabondes » et autres périphrases toutes faites afin d’éviter de remuer le marécage. D’autant que les parents de ces adorables ados ont le « porter plainte » facile et le chantage inné (« si vous critiquez mon adorable rejeton, je vous c…la g.. »).

    Alors, bien sûr, tous les établissements ne sont pas comme cela. Même dans les zones sensibles, il paraît qu’il en existe des super-formidables. Les enseignants de mon entourage voudraient en connaître les adresses (ils en ont parlé fin juin, c’est récent) afin d’y demander leur mutation dès l’époque des mouvements.

    Savoir que les enseignants de primaire commencent à avoir les mêmes problèmes.

    La grosse problématique que soulèvent les enseignants qui aimaient leur métier, ce sont les enfants de ces milieux défavorisés qui veulent s’en sortir. C’est impossible, parce que les autres les en empêchent. Il faudrait trier ces élèves volontaires et motivés pour les mettre dans des classes spéciales où on puisse s’occuper d’eux sans qu’ils soient inquiétés (encore qu’on ne peut pas les protéger à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement). Les profs essaient de les aider comme ils peuvent, mais c’est loin d’être facile. Mais voilà, trier, c’est discriminer. Et c’est interdit en France. Vive les classes hétérogènes!

    Donc, effectivement, comme le dit si justement Hervé, pas de solutions miracles, que ce soit à droite ou à gauche. Cependant, je doute que l’anti-civisme prôné part la gauche aide beaucoup à résoudre ce genre de problèmes.

    PMalo a écrit : :

    Allez hop, tout le monde aux champs, bordel ! Avantages : création d’une infinité d’emplois, mode de vie (physique, psychologique et spirituel) plus sain, apprentissage de la réalité, apprendre à subvenir à ses besoins, nourriture plus saine, repeuplage des campagnes, la liste est longue. Inconvénients : …

    Inconvénients? c’est bien trop fatigant! Et puis pourquoi apprendre à survenir à ses besoins, quand les autres y subviennent à votre place? ;-)

    Ceci dit, mes remarques sont celles d’une provinciale et ne sauraient bien évidemment pas refléter l’état de la France dans sa globalité. Nous avons tous tendance -et moi la première- à trop généraliser.

  • @ PMalo: Inconvénients : la mélancolie du bitume, de la foule bigarrée, du bruit, de la splendeur et décadence de la cité, de sa violence et sa bonne humeur aussi… Mais votre proposition devrait émouvoir la fibre baba de nos bobos!

  • @Gwinfrid

    Gatien, je trouve que vous cédez un peu trop facilement à la tentation habituelle de la gauche. Non, même quand ils ne sont pas d’accord avec vous, les gens de droite ne sont pas contre la démocratie

    Huh?! Harald est démocrate? Il a pourtant écrit le contraire. Quand au reste de la droite, il est supposé démocrate : ça, c’est moi qui l’ai écrit. Epargnez moi les trucs sur la gauche, c’est le sujet à la mode pour détourner une conversation.

  • Gatien, « supposé démocrate » peut être lu de deux façons: j’y ai vu pour ma part l’expression d’un doute. Il se peut que je me sois trompé. Pour autant, je ne vois rien qui vous autorise à sommer « le reste de la droite » de soutenir des associations « citoyennes » qui le méritent parfois, mais pas toujours.

  • Oui, Gwynfrid, vous vous êtes trompé, pas seulement sur le « supposé » mais sur environ tout mon message il me semble. Je vous ai connu plus pertinent.

    « Sommer », c’est un bien grand mot. J’ai donné un avis. Qu’est-ce qui me l’interdit?

    Quand les associations jouent leur partition, certaines font des fausses notes. Grande nouvelle! Merci de m’avoir ouvert les yeux.

  • @Gatien

    « Oui, Gwynfrid, vous vous êtes trompé, pas seulement sur le « supposé » mais sur environ tout mon message il me semble. Je vous ai connu plus pertinent. »

    Gwynfrid s’est sans doute trompé mais vous avez été maladroit. Entre démocrates je pense que nous pouvons nous comprendre : c’est gentil de consentir à qualifier vos adversaires de droite de « supposés démocrates », mais ils peuvent préférer démocrates-point-barre. Surtout que vous accusez derrière la Droite, toute la Droite, de tirer à vue sur les associations « citoyennes ». Rhoooo les vilains…

    Je pense en fait que ce terme d’associations « citoyennes » résume bien le problème. Comme disait Bayrou (à propos de la laicité « positive »), quand on rajoute comme ça un adjectif en politique, c’est que l’on veut changer radicalement le sens du mot. En l’occurence, j’ai l’impression que ce qualificatif de « citoyen » vise à donner à ses assocs une légitimité populaire, quasi-institutionnelle. La question n’est donc plus tellement de savoir si elles placent ou non des fausses notes, mais bien de savoir si elles ne jouent pas à tort et à travers en couvrant leurs petits camarades de l’orchestre.

    Sinon, j’étais en vacances, c’est pour ça que j’ai du intterompre brusquement notre entre-étripage sur la symbolique de la Nation. Désolé, à charge de revanche.

  • c’est gentil de consentir à qualifier vos adversaires de droite de « supposés démocrates »

    Ce ne sont pas mes adversaires.

    Bon, ma plus grande maladresse a probablement été de parler des associations de manière général, sans les nommer. Je ne tiens pas à l’adjectif « citoyen », j’aurais tout aussi bien pu dire « bien pensant » pour reprendre la tournure de Koz dans son introduction.

    J’abandonne, vous avez gagné. Comprenne qui voudra.

  • C’est dommage que vous alliez bouder, Gatien, il y avait autour de la phrase qe vous avez choisi d’extraire et qui ne vous plaisait pas un commentaire qui, je pensais, pouvais servir de base à une discussion. Et tant mieux que vous ne teniez pas au « citoyen », il me paraissait juste révélateur.

    N’abusez pas trop tout de même de votre sortie « La Tempérance et la Pédagogie outragées par la Véhémence et le Sectarisme ». Elle risquerait à force de perdre de son effet. Par exemple, vous pouvez la réserver aux débats où vous n’avez pas vous-même envoyé du petit bois…

  • Vivien. Si vous voulez une discussion, je vous propose de revenir au post initial (écolos/chasseurs vs. droite bien pensante/associations droitdelhommistes) – qui ne comportait aucune attaque, au contraire – et d’oublier le point où nous en sommes arrivé, qui est sans aucun rapport.

  • Gatien. Je vous remercie, et je vous prie de m’excuser pour mes railleries. Je n’en demandais pas tant, en fait, j’apprécierait surtout que nous ne nous quittions pas fachés, pour une fois ;-).

    Pour ce qui est du point du débat dont vous vous proposez de repartir, j’ai l’impression que nous n’avions pas tant dérivé. Gwynfrid et moi essayions de voir ce qui empéchait « la Droite bien-pensante » de voir « les assocs droit-de-l’hommiste » comme des « alliés naturels ». Pour Gwynfrid « une tendance à se prendre pour les anges sauveurs de la République », pour moi, leur prétention à une « légitimité populaire, quasi-institutionelle ».

    Il conviendrait effectivement peut être de mieux définir ce que sont ces fameuses associations. Pour ma part je vais essayer de mieux définir cette « Droite bien-pensante ». Pour moi, il s’agirait de la droite orléaniste si l’on adopte la typologie des trois droites (pourquoi se priver quand Sarkosy nous sert du bonapartisme jusqu’à la nausée). Le refus du contre-pouvoir des « associations citoyennes » par cette droite me parait compréhensible : l’équilibre des institutions, garant de l’Ordre, lui est particulièrement précieux. Ces associations militantes pourraient bien parfois défendre les même valeurs qu’eux, cette droite n’en penserait pas moins que leur activisme risque de faire plus de mal que de bien,parfois à leur insu. Elles sentent le soviet, si vous voulez :-).

    Ou si j’adopte une autre typologie, cette droite est républicaine, tandis que ce monde des associations est démocrate. Cela ne veut pas dire que les premiers soit anti-démocratique ni que les seconds imagine un autre régime que la République. Mais cette différence du choix du point central peut vraiment les opposer.

  • Si j’expliquais à un écolo que, comme lui, les chasseurs souhaitent la préservation des écosystèmes, il pourrait me répondre « ah oui, mais ils tuent des oiseaux, c’est horrible ». Fin de la discussion.

    J’avoue que sur l’orléanisme, il faudrait que je révise un peu. Partons de la situation telle qu’elle est.

    1/ L’équilibre des pouvoirs fait pâle figure et je ne vois pas en quoi, en vrac, BPEM, Survie, CCFD, genepi, sherpa, france terre d’asile, pourraient le perturber plus. Je n’ai jamais eu l’impression qu’aucune de ces associations prétendaient être autre chose que ce qu’elles sont (dans cette liste, il y en a de différentes sortes). Le terme « contre-pouvoir » ne me semble pas approprié : elles n’ont aucun pouvoir institutionnel et n’en réclament pas.

    2/ « Ange sauveur de la république », c’est une réaction épidermique dans laquelle je ne vois rien de rationnel; pas plus du moins que dans « ils tuent des oiseaux, c’est horrible »

    3/ Prenons le MRAP, que je connais moins mais qui est à l’occasion cosignataire de textes avec des associations çi-dessus, et qui semble une cible privilégiée de vindicte. Sarkozy, Hortefeux, Lefebvre, Estrosi, se relaient pour faire des déclarations susceptibles d’encourager la xénophobie dans notre pays, et de construire des archétypes, en se basant sur l’ignorance. Ceci semble troubler des gens de droite (au moins un, le tôlier). Sur qui pouvons nous compter pour faire oeuvre de pédagogie sur ces questions, et expliquer les choses telles qu’elles sont (ex. les gens du voyage ne sont pas les roms)? Je n’ai entendu dans ce registre à peu prêt aucun politique, ni de droite ni gauche. Le PS fait le service minimum ou sort quelques grandes phrases (Rocard), les UMP réticents évitent de tirer trop franchement contre leur camps. Les seuls que j’ai entendu expliquer les choses calmement sur les ondes étaient des gens du MRAP. Donc, même si le MRAP (et quelques autres) exagère parfois, il a un rôle plus que nécessaire en ces temps troublés. Non?

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  • Gatien, j’apprécie la sagesse qui vous amène à sortir le débat de l’impasse, pour le ramener vers quelque chose de plus intéressant.

    Je vous concède sans difficulté que les associations dont vous parlez sont nécessaires. Si elles exagèrent quelquefois, elles ont souvent raison. Défendre les pauvres, les étrangers, les faibles en général peut conduire à l’exagération, mais je la préfère à l’indifférence.

    Je suis plus critique à l’égard des politiques comme Rocard, quand leur discours se confond avec celui desdites associations. Ce n’est pas ce que j’attends d’eux. S’opposer aux idées de Sarkozy sur la base de la Constitution, c’est bien mais c’est insuffisant. Un parti de gouvernement doit surtout montrer pourquoi les solutions du gouvernement actuel ne marchent pas et proposer mieux.

    Symétriquement, je pense que les associations se fourvoient si elles se comportent en partis d’opposition en s’écartant de leur objet, comme on peut le voir avec le lien que j’ai donné plus haut. La défense des droits de l’homme n’est ni de droite, ni de gauche et la crédibilité des uns comme des autres souffre de la confusion des rôles.

  • @ Tara:

    Rien à voir avec le sujet:

    Je crois me rappeler que vous vous occupez professionnellement de soins palliatifs. J’ai lu le livre de Bernard Debré écrit sur sa mère et j’ai pensé à vos propos à ce sujet en le lisant.

    Sans l’expérience vécue d’une en fin de vie, nos réflexions (les miennes en particulier) sur ce thème sont théoriques et dérisoires.

  • Merci Gwynfrid.

    Symétriquement, je pense que les associations se fourvoient si elles se comportent en partis d’opposition en s’écartant de leur objet, comme on peut le voir avec le lien que j’ai donné plus haut.

    Le lien que vous avez donné illustre mon propos : « Moins elle [la droite] est présente dans ces associations, plus ces associations sont de gauche, mécaniquement. » Les droits de l’homme ne sont ni de droite ni de gauche, mais les adhérents des associations en question sont, de fait, majoritairement de sensibilité de gauche. Ceci explique cela, même si c’est regrettable.

    Reste qu’il est abusif d’associer ce comportement à celui d’un parti d’opposition tant que la LDH ne présente pas de candidats à des élections. De mon point de vue, le seul problème dans votre exemple est que la LDH sort de son champs de compétence. Il ne me semble pas contre-nature qu’une association militante prenne ponctuellement parti pour exprimer une préférence entre des candidats ou des partis, tant que la préférence est fondée sur l’objet de l’association. Quand un discours politique est aussi récurent et cohérent que celui de Sarkozy, on ne voit pas bien comment le MRAP pourrait ne pas faire l’analyse que le président actuel pose problème, et plus tard appeler à voter contre lui, donc contre « la droite » par incidence, si l’on considère que droite et UMP sont confondus.

    C’est la que ça devient compliqué en interne, je me souviens que la publication de « Noir Chirac », dont le dernier chapitre indiquait une préférence pour Jospin face à Chirac à partir d’une analyse de la politique africaine, avait entrainé des remous dans l’association Survie. Ce deuxième tour n’ayant jamais eu lieu, on pourrait conclure « tout ça pour çà »… Mais je continue à trouver la démarche légitime, et ni de droite ni de gauche.

  • @ hipparkhos: ah tiens, juste une broutille. Le titre du pamphlet de Léotard était « ça va mal finir » et, si certains peuvent penser qu’il était visionnaire, il m’avait surtout paru précipité et participant d’un anti-sarkozysme primaire et bien excessif qui avait été reconnu (en d’autres mots) par certaines personnes de gauche, [dont Bertrand Delanoë] qui déclarait carrément, fin mai 2007 :

    « la page est tournée. Soyons honnêtes intellectuellement, essayons de nous rendre utiles aux Français. Les Français ont besoin à la fois que ce Président soit respecté et aussi qu’il y ait dans la démocratie française, de la vitalité, de l’honnêteté et de l’efficacité. Et à nous de jouer notre rôle »

    Mois d’un an après l’élection (le bouquin est de mars 2008), pour un mandat de 5 ans, il me semble que c’était un peu tôt pour jouer les Cassandre. Ca faisait un peu le type qui n’assume plus son vote. La réception aurait été différente si le bouquin avait simplement repris (par exemple), les premières lignes du livre : « depuis que tu es à l’élysée, je suis inquiet« . On a bien le droit d’être inquiet, prédire le pire, c’est autre chose.

  • Bon billet, Koz.

    Cette histoire de déchéance de nationalité me déplaît au plus haut point. C’est sur les conditions d’acquisition de la nationalité française et, plus encore, de séjour sur notre territoire qu’il convient de travailler. Mais quand on est Français, on est Français. Qu’on le soit depuis 1 minute ou 1 siècle.

    Pareil pour les peines frappant les parents, tu as (bien) dit tout ce qu’il y avait à en dire. J’ai juste un bémol. Contrairement à ce qu’on lit beaucoup ces temps-ci, l’autorité se décrète, au moins en partie. En tous cas, elle se sape. Et répéter toujours et partout que l’autorité ne se décrète pas et qu’elle doit être méritée sape l’autorité de toutes les personnes qui devraient en être naturellement pourvue (parents, profs, policiers, pompiers, médecins…) Dire que l’autorité ne se décrète pas, c’est refuser l’autorité a priori. C’est mettre les détenteurs naturels de l’autorité dans une position de justification permanente. C’est donner à ceux qui devraient être soumis à l’autorité un droit de juger si le détenteur de l’autorité en est digne ou non. C’est in fine inverser l’ordre de l’autorité.

    Bien d’accord aussi avec toi sur la cohérence. C’est sans doute le principal grief qu’on peut faire à Sarkozy; il ne fixe aucune direction. Ceci dit, je ne fais pas partie de ceux qui ont mis la suppression de la « double peine » à son actif ; j’ai considéré ça comme un gimmick tactique destiné à se faire élire. Je n’ai jamais compris cette histoire de « double peine ». Car il y a double offense : le délit proprement dit et la violation des lois de l’hospitalité. Supprimer ce qu’on a appelé la double peine, c’est donner à l’étranger un droit naturel et imprescriptible à séjourner sur notre territoire. Je pense que c’est une erreur. Le droit de séjourner en France est (ou devrait être) consenti par le peuple français via ses institutions et ses représentants et sous certaines conditions.

    D’accord aussi avec ta conclusion, même si « oublier ses valeurs » me semble un peu trop grandiloquent.

    Mais ce qui est ennuyeux, c’est que ça peut marcher. Les réactions de l’opposition qui se contente d’invoquer les HLPNDNH sont contre-productives. L’échec de Sarkozy en matière de délinquance semble avéré; il serait tout de même piquant que la hausse de l’insécurité le serve politiquement. Pourtant, c’est ce qui arrivera si l’opposition persiste à refuser de traiter ce sujet. Il devient urgent que l’opposition de gauche ou de droite s’empare de la question de l’insécurité et en fasse un élément majeur de sa politique. Je crois que beaucoup d’élus locaux travaillent sur ce sujet, loin des clivages partisans, car ils y sont confrontés directement.

    Vivement que quelqu’un propose un projet a la Blair : « tough on crime, tough on the causes of crime ». Aujourd’hui on a le choix entre d’un coté « faire semblant d’être tough on crime » et de l’autre « faire semblant d’être tough on the causes of crime ».

  • Pour l’absence de revendication de pouvoir institutionnel par les assocs, je dirai que c’est bien là le problème. Ces associations revendiquent evidemment un pouvoir, puisqu’ elles entendent bien agir sur les évènements. Et elles veulent que celui-ci ne soit pas institutionnel. Du coup, ça peut être un peu le bordel. Je pense par exemple à la démarche d’un Martin Hirsh qui m’a un peu irrité (même si j’apprécie l’homme), avec son jeu du « ministre mais pas ministre ».

    Cela peut même conduire à une certaine forme d’irresponsabilité : « je dénonce un problème, eventuellement bruyamment, mais pour les solutions, je ne suis pas institutionnel, moi, vous vous démerdez… ». Je trouve l’action des « Don Quichotte » ambigue de ce point de vue, par exemple. En étant sévère, on peut se dire qu’ils ont fait du boucan, mais comme ils n’avaient pas plus de solutions que les politiques le soufflé est retombé…

    C’est pour cela aussi que je ne partage pas votre opinion sur un lien automatique entre opposition à une politique et consigne de vote sanction. L’exemple que vous donnez de Survie est éclairant. Survie conclut, peut être à raison, que pour le problème qui les intéresse au premier chef, voter Jospin, c’est mieux : ils auraient tort de ne pas en faire part à leur public, s’ils estiment que cette perte de neutralité ne met pas en péril leur action. Transformer ce message en consigne de vote (l’ont ils fait?), c’est pour moi irresponsable : élire Jospin ayant des conséquences bien au delà de leur zone de spécialité, c’est comme s’ils se désintéressaient de ces conséquences « annexes ». Appeler à voter Jospin ne pouvait se faire que sur des critères globaux, et si l’assoc commence à les considérer dans leur ensemble, difficile alors de nier son caractère politique.

    @Gatien Bon courage en tout cas pour vos investissement associatifs. Vous me donnez envie de plus les connaitre…

  • Gatien, en creusant un peu le sujet, je finis par avoir l’impression que nous ne sommes en désaccord que sur des nuances.

    Gatien a écrit : :

    Les droits de l’homme ne sont ni de droite ni de gauche, mais les adhérents des associations en question sont, de fait, majoritairement de sensibilité de gauche. Ceci explique cela, même si c’est regrettable.

    Cela n’est pas spécialement choquant à mes yeux. Cependant, le mélange des genres reste une erreur stratégique de leur part: ils auraient grand intérêt à chercher à convaincre aussi la droite, avec laquelle ils partagent malgré tout l’essentiel du consensus républicain.

    Je ne suis pas choqué non plus sur le principe, lorsqu’une association appelle à voter pour un candidat plutôt qu’un autre, sur la base des priorités qu’elle défend. Cette démarche peut cependant avoir un coût, comme l’illustre la remarque de Vivien: perçue comme un ralliement global, elle peut affaiblir sa crédibilité. Aussi, il y a le risque de se voir fermer la porte: si vous appelez systématiquement à voter pour mes adversaires, pourquoi perdrais-je mon temps à parler avec vous ? Cette arme est donc à manier avec précaution, même s’il ne faut pas se l’interdire.

    @ Lib: +1 sur l’ensemble de ton commentaire. Tu te souviens de notre récente discussion sur le débat identité & immigration ? Je parlais de la focalisation sur le filtrage avec l’acquisition de la nationalité, on est en plein dedans, au point de vouloir refaire le filtrage a posteriori. De quoi rendre le débat impossible pour un bon moment.

  • @Vivien

    Non, il n’y avait pas de consigne de vote « globale » pour Jospin. Le propos se concentrait clairement sur l’Afrique. Et sur la corruption des élites politiques, à la limite, puisqu’elle est transfrontalière… Hirsh est un individu, pas une association, et les Don Quichotte ne sont pas dans ma liste (ouf!). Je suis tranquille. ;-) Je ne vois la prise de position politique comme incontournable, je dis simplement qu’elle n’est pas exclue. Si ça ne se justifie pas ou si ça n’entre pas dans une stratégie soigneusement pensée, autant pisser dans un violon et se tirer une balle dans le pied, en effet.

    Merci pour vos encouragement, en réalité mon « engagement » est bien modeste ces temps çi. Le problème est que le militantisme m’exaspère assez vite…

    Cependant, je recommande à tout le monde d’aller discuter dans la rue tracts à la main. On en apprends beaucoup sur les stratégies de défense psychologique et politique (les grands classiques étant respectivement « on n’y peut rien » et « ils sont tous pareils »…) et sur les manières de les vaincre.

    @Gwynfrid Même les nuances, j’ai du mal à les voir.

    Le mélange des genres reste une erreur stratégique de leur part: ils auraient grand intérêt à chercher à convaincre aussi la droite

    Peut-être même SURTOUT la droite, puisqu’elle est majoritaire dans les urnes et fait les lois. Si l’électorat de Sarkozy les dénonçaient (de façon majoritaire), les dérives actuelles cesseraient aussitôt.

  • @Gatien

    « et les Don Quichotte ne sont pas dans ma liste (ouf!). Je suis tranquille. ;-) »

    C’est bien pour ça que je ne vous ai pas encore mordu, vous commencez à me connaitre… Pour Hirsh, c’est un individu, bien sûr, mais qui n’a pas voulu changer de manière de fonctionner alors qu’il changeait de monde, pensant pouvoir transposer les codes du monde associatif à la politique. C’était à mon avis une erreur, que n’a pas fait (ou ne fait plus? j’étais trop jeune pour les sacs de riz) un Kouchner par exemple.

  • La bien-pensance qui paralyse la politique du pays depuis 60 ans, au profit exclusif de l’hyper-classe mondiale, a vécu. Le peuple Français de souche ne tolère plus d’être traîné dans la boue au nom de la défense de minorités de plus en plus agressives, de moins en moins intégrées, de moins en moins minoritaire.

    Votre blog intellectualiste, confortablement assis sur le socle de la pensée unique, autorisée, n’est pas ancrée dans la réalité. Vous discutaillez de points de détails, sans que cela ne vous mène jamais à définir une action, une perspective. Vous ne voyez pas l’essentiel, la guerre qui se mène. Vous ne voyez pas que dans cette guerre, qu’est le mondialisme, vous faite parti d’un camps que vous reniez, celui des Français.

    Le peuple s’apprête à se rappeler aux soins d’une élite qui a, depuis longtemps, sombré dans la plus crasse décadence, et a complètement déserté le service de la patrie.

    Vous avez raison de critiquer le gouvernement, dont les manœuvres politiciennes ne trompent plus personne. Mais nous savons que la démocratie n’est qu’une farce, une oligarchie qui se prétend populaire. La politique ne s’est jamais faite par les urnes, si vous voyez ce que je veux dire.

  • Vous êtes perché sur le consensus soixantehuitard. Vous pouvez vous marrer. Vous avez jamais connu le manque, le chomdu, les angoisses, les agressions anti-blancs en rentrant d’un taf de nuit. Le pays s’écroule autour de vous, et vous venez nous bassiner avec votre pacifisme de cour de récré et votre humanisme de canapé.

    Vous me faites gerber.

  • On nous a bassiné 1 mois sur le football et la honte faite à l’internationale par 22 pousseurs de baballe pathétiques. Pour un tel outrage, le président annula son rdv avec la présidente suisse pour recevoir Thierry Henry.

    A la une du Monde ce soir : « L’ONU dénonce la montée de la xénophobie en France. »

    La faute au débat sur l’identité et les déclarations sur les roms y ont contribué.

    Bref, l’image à l’internationale a peut être été ternie par quelques inoffensifs footix, mais je crains que notre image soit totalement discréditée par le petit clown (appelé De Funes en Allemagne) qui nous gouverne.

  • Sur les déclarations à propos des roms une bonne partie de la presse a fait preuve soit d’ignorance, soit de mauvaise foi en mêlant les informations sur les roms et gens du voyage. J’ai lu dans plusieurs journaux à grand tirage que les roms étaient français, vivaient de manière itinérante dans des caravanes, etc. Sur ces mêmes déclarations j’ai souvent entendu des cris indignés, des accusations de xénophobie. Or pour être professionnellement en contact quasi quotidien avec ces deux populations puisque je vis dans un des rares départements qui offre le RMi aux gens du voyage sans conditions de ressources, sur leur simple appartenance à cette communauté – ce qui ressemble fort à un début de politique raciale – et qui a le douteux privilège de compter quelques camps de roms de belle importance, j’y ai vu une simple relation des faits.

    Bien sûr, concernant les roms nous ne sommes pas dans de la grande délinquance, mais dans le vol de métaux (les caténaires qui disparaissent), dans le cambriolage, le vidage d’horodateurs (c’est de l’argent public). Quoi que le trafic d’enfants soit très très présent dans cette communauté. Ce qui est nettement moins sûr pour ce qui est des gens du voyage dont bon nombre de familles font dans le braquage, souvent violent. Beaucoup se livrent aussi au cambriolage sous couvert d’une pseudo-activité artisanale qui leur permet de faire les repérages.

    Quant à la loi Besson, on préfère fustiger les communes qui refusent de jouer le jeu – et elles ne sont pas toutes de droite loin s’en faut – plutôt que de montrer le scandale qu’est cette loi qui oblige les communes à financer avec l’impôt des emplacements pour des gens qui de par leur caractère nomade et leurs activités souvent illégales pour certains et rarement déclarées pour ceux qui travaillent normalement, échappent justement à l’impôt. Ce qui ne les empêchent pas de toucher toutes les aides possibles et imaginables.

    Les faits ne sont pas xénophobes et vous ne pourrez jamais empêcher la masse des gens honnêtes qui n’ont droit à pratiquement aucune aide, ont des fins de mois difficiles, paient l’impôt, de trouver scandaleux ce deux poids, deux mesures.

  • @Harald C’est juste monstrueux, ce que vous écrivez… « vol de métaux » « souvent violent » « trafic d’enfants » Etant « en contact quasi quotidien avec eux », à chacun de ces forfaits auxquels vous avez personnellement assisté, vous avez pu constater l’appartenance ethnique (Roms) ou communautaire (gens du voyage) des impétrants ?

  • Bintinaye : c’est très simple à constater si vous allez tous les jours au boulot en passant devant les bidons-villes dans lesquels vivent les Roms, sur les quais vers Saint-Denis par ex: il y avait jusqu’à qqs temps régulièrement des raids de la bac avec fusils à pompe, chiens policiers etc. J’imagine que c’était pour interpeller des cueilleurs de champignons sauvages et autres poseurs de collets à lapins de garenne.

    Un peu moins de naïveté et d’angélisme serait le bienvenu sur ces questions. Il faut voir par ailleurs ces trottoires et metros parsemés de mendiantes avec des gosses de 2-3 ans ou des vieillard et vieillardes qui se tiennent à peine debout, avec dans le café du coin le type qui garde un oeil de près et vient récolter les recettes régulièrement : tout ça pour financer qqs chefs roms mafieux qui se paient des villa luxueuses dans leur pays d’origine. C’est l’exploitation de la misère pure. Où sont nos braves philosophes ? Nos donneurs de leçons ?

    Tout simplement, si le principe d’égalité devant la loi était strictement et scrupuleusement respecté, y compris et surtout pour les étrangers et personnes dites « gens du voyage », peut-être que le problème du FN ne se poserait pas.

  • Bien la première fois que je suis satisfait par votre billet…

    Pour autant, à mon sens, il est à côté du vrai sujet.

    Soit on est cynique et on se pose la question « quelle doit être la stratégie de la droite pour pouvoir gagner en 2012, vu ses faibles performances et les sondages négatifs ? » , avec son corollaire, « En singeant l’extrême-droite, récupérera-t-on son électorat ? »

    Soit on ne l’est pas, on a des valeurs, et à ce moment, on doit critiquer non pas l’inefficacité des mesures ou leur inconstitutionnalité, mais bien les présupposés et le non-dit qu’il y a derrière, puisque le seul objectif de toute cette agitation c’est de rallier les racistes par des effets d’annonce. Ou, si l’on est aussi naïf, comprendre que leur principale conséquence c’est de le reveiller, le racisme. On l’a vu avec le débat sur l’identité nationale. Et donc s’opposer, par principe, au débat.

    Il faut quand même voire qu’il y a 10% de français d’origine étrangère et qu’on se permet de les insulter et de les discriminer parce que 1 pour mille de ces français, ceux en prison, sont relativement plus d’origne étrangère. Dit autrement, vous prenez 1000 français, il y en a 100 qui sont d’origine étrangère, et 1 qui est en prison, et qui a une chance sur deux d’etre d’origine etrangere. Et bien ça permet à certains de cracher sur les 100…

    Un vrai Français devrait se rappeler sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité », et ne pas accepter que 10% de sa population soit considérée comme de seconde zone

    Rocard dit qu’on en revient à l’esprit vichyste, de détestation des allogènes, il a raison, mais il aurait pu rappeler l’antisémitisme du début du XXe siècle, c’était probablement plus clair.

    Tiens, Vichy c’était aussi la période où on s’attaquait aux libertés: http://artypunk.wordpress.com/2009/03/26/liberte-liberte-cherie/

  • à chacun de ces forfaits auxquels vous avez personnellement assisté, vous avez pu constater l’appartenance ethnique (Roms) ou communautaire (gens du voyage) des impétrants ?

    Effectivement. Sans vouloir enfoncer le clou, j’ai pu constater d’énormes différences entre les roms et les roumains « de souche ». Jusqu’à ce qu’ils soient démantelés en 2006, il y avait 2 camps sur la commune où je réside : un de roumains, arrivés 10 ans plus tôt et un de roms arrivés vers 2003. Le camp roumain était plutôt organisé, les cabanes étaient bien faites, isolées, le sol posé sur les palettes pour isoler les occupants de l’humidité. Il était aussi propre qu’un camp de fortune peut l’être et les roumains travaillaient pour la plupart. Au black majoritairement, mais ils travaillaient.

    Le camp rom en revanche était un cloaque et des descentes ponctuelles permettaient de mettre la main sur le produits de cambriolages, sur des kilos de pièces provenant d’horodateurs. Fait étonnant, les mineurs n’avaient quasiment aucune pièce d’identité sinon de vagues certificats de naissance où ne figure aucune photo.

    Aujourd’hui, la majorité des roumains a fait la démarche d’obtenir la carte de résidents, ils sont pour la plupart des travailleurs déclarés et sont maintenant logés décemment. Les enfants sont scolarisés et maîtrisent bien le français. Les roms quant à eux ont fait le choix de créer d’autres camps ailleurs et continuent à vivre de rapine.

    A votre avis, est-ce de la xénophobie ou un simple constat de la réalité ?

    Quant aux gens du voyage, j’ai également parlé de la réalité vécue au quotidien. Cela peut paraître monstrueux mais c’est une réalité.

    Je suis d’ailleurs curieux de savoir combien de contributeurs ont pu côtoyer roms, roumains, gens du voyage, combien ont pénétré dans les camps, sont entrés dans une caravane, passé du temps avec eux ?

  • Je partage à 100 % votre analyse. UMP de longue date, « 55″ puisque j’ai droit à ma jolie carte argentée… J’ai voté convaincu par un candidat brillant, vu en meeting… impressionnant, et d’un volontarisme rare en politique, associée à une impression de pragmatisme. Force est de constater qu’à trop vouloir frapper vite et fort, la justesse d’une politique responsable et non électoraliste a été sacrifiée sur l’autel de la surenchère médiatique et de la réaction à chaud, avec une tendance à légiférer en dépit du bon sens, de la constitution et de l’ »applicabilité ». Je peine à trouver mesures qui me convainque que ce mandat aura été profitable. Non pas que j’aurais plus apprécié d’avoir Ségolène à sa place. Je ne pourrai non plus ni m’abstenir (si je ne prends pas responsabilité de choix, de quel droit m’élever ensuite contre ce qu’il adviendra ? Je ne suffis pas à faire basculer une élection, mais j’y participe) ni voter à gauche (quoi que je l’ai fait au second tour des cantonales, l’UMP étant en incapacité de l’emporter, pour essayer de faire chuter le PS face à un DVG bien plus recommandable, mais bon, c’était vraiment l’exception).

    Mais pour choisir, faut-il avoir le choix. Si il y a une alternative, une sorte de primaire UMP, avec Juppé ou quiconque d’autre, mon choix sera vite fait. Car le « courant » de droite, ces valeurs, sont miennes et je les épouse totalement, mais force est de constater que l’homme a autant si ce n’est plus d’importance que le courant. Qu’enfin la logique électorale cède le pas sur la responsabilité politique. Mais est-ce encore possible avec l’omniprésence médiatique, qui crée une spirale de court terme, monte en boucle chaque événement, en gonflant la portée, et transformant chaque élection intermédiaire en présidentielle. L’action politique responsable doit s’inscrire dans la durée et pas nécessairement dans la popularité. Je ne suis pas sûr que notre société actuelle y soit prête, moins que jamais même, je le crains.

  • Merci Harald d’avoir pris le temps de préciser votre expérience. Votre dernier paragraphe parle pour vous, et vous avez visiblement creusé le sujet. Vous avez donc franchi le premier cap, qui est de connaître les groupes. Cependant, vous en retirez une amertume, une rancœur, qui ne me laisse pas indifférent. Peut-être vous manque-t-il la dimension de la rencontre personnelle ? Étant rentré dans ces caravanes, n’avez-vous pas eu l’occasion de connaître un peu mieux ces gens ? Mais on s’éloigne franchement du sujet lancé par Koz. Quoique… vous auriez peut-être pu donner des conseils à notre ministre, avant qu’il se lance dans ces amalgames qui ont choqué la France. Enfin, celle qui pense.

    PS : à bon entendeur, la licra cherche son directeur de la communication.

  • @ 810755 : Lorsque j’avais 18 ans, j’ai adhéré au RPR. Ma famille étant gaulliste depuis 1958, c’était plus pour respecter la tradition familiale que par réelle conviction. Déjà à l’époque je ne trouvais pas mon bonheur dans le panel politique français. Ces trois années de militantisme actif à la fédération de Paris, avec quelques incursions en banlieue pour donner des coups de main, ont été fort instructives. J’ai pu me rendre compte de la réalité du jeu, celle que l’on ne voit pas et qui pousse un homme avec de réelles convictions à lentement se défaire de celles-ci pour obtenir un mandat. J’ai vu ce jeune homme se placer sous l’aile de plus vieux que lui et mieux placés, tirer d’eux tout ce qu’il pouvait pour les lâcher misérablement. De trahison en reniement il a fini par obtenir un maroquin lorsque Chirac a accédé à la présidence. L’UMP n’est qu’une déclinaison de son ancêtre et dans son fonctionnement interne, quoi que puissent en dire les intéressés, il n’y a que peu de différence avec le PCF de feu Georges Marchais.

    Concernant votre candidat, il est vrai que son volontarisme était séduisant comme peut l’être une œuvre facile d’accès. Cependant, je dois avouer qu’en matière de sécurité il ne m’a jamais convaincu. Il a même été un ministre de l’Intérieur presque aussi décevant que ses prédécesseurs socialistes. Une réforme en profondeur de l’outil policier était nécessaire, mais pour cela il faut travailler longuement, dans le calme, se retirer un peu du jeu médiatique ancré dans l’immédiat. Ensuite, il faut expliquer cette réforme aux intéressés puis au peuple et surtout lui donner le temps de produire ses effets. La majorité des pays qui ont changé leur fusil sécuritaire d’épaule ont attendu au moins 5 ans pour voir les effets bénéfiques arriver. Autant dire qu’en France, avec la valse des ministres et leurs mauvaises habitudes qui les poussent à défaire ce que leur prédécesseur a fait pour imposer leur marque, ça ne reste qu’un rêve. Ce qui est incroyable, c’est que ces beaux messieurs sont incapables de s’extirper du modèle républicain classique : à tout problème il faut pour le résoudre soit augmenter le budget, soit plus de personnel. On pourrait fort bien faire 10 fois mieux en gardant le même nombre de fonctionnaires, à condition bien entendu de changer la doctrine d’emploi, casser le vieux modèle bancale à force de rafistolages. Si Koz se lance un jour dans un billet sécuritaire, je veux bien développer, mais ce sera long. @ Bintinaye : C’est juste mon boulot que d’être au contact de ces populations. En revanche, il est vrai qu’avec le temps j’ai appris à les connaître, aussi bien en tant que peuples avec leurs cultures et coutumes, qu’individuellement. Quant à l’amalgame, il est moins du fait de Sarkozy – qui aurait pu néanmoins se montrer plus explicite – que des journalistes et des politiciens « indignés ». J’ai d’ailleurs remarqué que certains socialistes, maires ou député-maires de communes qui ont a subir ces populations, se sont abstenus de s’exprimer sur ce sujet. C’est un peu comme l’immigration et la mixité sociale, quand on vit dans des quartiers épargnés…

  • @Harald

    combien de contributeurs ont pu côtoyer roms, roumains, gens du voyage, combien ont pénétré dans les camps, sont entrés dans une caravane, passé du temps avec eux ?

    Pas moi! Je connais des roumains mais ils ne vivent pas dans des caravanes, et ils ont un niveau d’étude bac+5 et plus.

    A ce propos, et sans aucune malice, je ne suis pas sûr de comprendre dans votre récit ni la distinction rom/roumain (les deux termes ne sont pas exclusifs) ni la conclusion à tirer, s’il y en a une.

    Le camp de « roumains » n’était-il un camp de roms roumains (peu de roumains de souche viennent s’installer en France pour y vivre dans des campements – je me trompe?)? Et dans l’autre camp, des roms arrivés d’où? Je me perd en conjectures.

    Si votre propos se limite à constater la marginalité des roms (1,8%) par rapport au reste de la population roumaine, tout le monde devrait être d’accord. Qu’en conclure?

    p.s. Vous parlez de travail au noir. Le intéressés avaient ils seulement un permis de travail?

  • Roms et roumains s’ils vivent dans le même pays n’ont rien à voir entre eux ethniquement parlant. Ils ne présentent pas les mêmes caractères morphologiques, ne partagent pas la même culture sans même parler du mode de vie. Je ne fais donc pas de confusion lorsque je parle des uns et des autres, tout particulièrement comme vous le soulignez pour mettre en lumière le caractère marginal des uns en opposition à la volonté des autres de s’insérer au plus vite. Ceci dit, j’ai connu beaucoup de roumains qui n’avaient pas le niveau que vous évoquez et je serais fort surpris que les bac+5 constituent le gros de la troupe, malheureusement.

    Qu’en conclure ? Que la France n’a pas vocation à accueillir les marginaux de l’Europe entière, surtout lorsque nos concitoyens voient leur niveau de vie baisser régulièrement, la dette publique devenir incontrôlable, les prélèvements devenir insoutenables comme le chômage. Nous avons assez à faire avec notre voyoucratie sans devoir s’encombrer de celle des autres pays, heureux de s’en débarrasser.

  • Petit rappel…

    La déchéance de nationalité existe déjà ds la loi mais n’est pas appliquée. Peut être que la loi était trop FN, non ?

  • Pingback: Les nationalités, un droit de l’homme ? « Pourquoi se compliquer la vie ?

  • Le times titre « Sarkozy expulse les Roms et rappelle le souvenir de la Gestapo », le Times, ce n’est pas vraiment le genre tabloid anglais…. Mais à part ça, la France a une mauvaise image à l’étranger à cause de Ribery et compagnie !

  • Je comprends bien que l’image est effectivement plus atteinte par ce genre de choses que par le comportement de l’équipe de France. En revanche, que ce soit en France ou à l’étranger, par des politiques ou des journaux respectables, comparer la situation actuelle – que je désapprouve toujours – et la situation durant la 2ème GM n’est pas, pour moi, un grand signe de discernement. Où sont les camps d’extermination ? La solution finale ? Oui, c’est très critiquable et non, je n’aime pas l’image que l’on donne, contraire à ce que la France devrait incarner et inspirer au monde. Mais la comparaison avec la Gestapo est assez lamentable.

  • Le times titre « Sarkozy expulse les Roms et rappelle le souvenir de la Gestapo »:

    A priori ce n’est pas l’appréciation du Times, mais le rappel des conneries sorties par Rocard et je ne sais plus quels autres tocards de gauchos. D’une manière générale, il n’y a guère qu’en France où l’on ait des pudeurs de rosières envers ceux qui pourrissent la vie des honnêtes citoyens. Effectivement Koz, vous avez raison, nous n’avons pas bonne presse à l’étranger, non pas pour vos raisons, mais parce que nous sommes le seul pays ou plus de 40.000 voitures crament chaque année dans l’indifférence générale. On nous regarde avec effarement à cause des émeutes qui reviennent épisodiquement depuis la première du genre dans les années 80 dans la banlieue lyonnaise. Effarement dû à la mollesse de la réponse policière et à la couardise de la hiérarchie qui impose que les armes restent à l’étui lorsque les policiers se font tirer dessus comme au champ de foire. Je n’aime pas non plus l’image que nous donnons, celle d’un pays lâche où même le citoyen a perdu ses réflexes de défense des siens, de ses voisins, de ses semblables, de ses biens par peur des lois démentes qui protègent mieux le voyou que l’honnête.

  • Si je sais lire l’anglais, le Times se contente de relater que les critiques de Sarkozy font référence à la Gestapo. C’est le sens du sous-titre « President sparks rebellion as critics compare his clampdown to wartime round-up of gypsies ».

    L’article du Times n’est pas disponible sans souscription mais les rares articles de la presse internationale répondant à la recherche « Sarkozy Gestapo » font référence aux propos de Jean-Pierre Grand.

    Donc non, malgré les efforts louables de ceux qui ont à coeur l’image de notre pays, le reste du monde ne nous considère pas encore comme une résurgence de la bête immonde.

    Une fois que les media « ex-inféodés » seront lassés d’appuyer frénétiquement sur le bouton Hitler, peut-être prendront-ils le temps de nous expliquer ce qui est choquant dans le fait de démanteler des camps illégaux et d’expulser des résidents illégaux dans le respect de la loi.

  • @Lib : ce qui est choquant dans le fait de démanteler des camps illégaux et d’expulser des résidents illégaux « dans le respect de la loi », c’est qu’il y a une autre loi qui date de juillet 2000 qui prévoit l’installation d’aires d’accueil et qui n’est toujours pas appliquée (on n’atteint même pas à la moitié des places prévues par cette loi qui était sensée être appliquée en 18 mois). Ce qui est choquant, c’est que la disposition qui prévoit qu’en cas de carence le préfet doit se substituer au maire pour réaliser l’aménagement aux frais des municipalités réfractaires n’a pas été appliquée une seule fois en dix ans. Et que je n’ai jamais entendu parler de préfet limogé pour ce genre de manquement.

    Bref, la méthode est simple : on pourrit la situation au max, et quand la marmite explose (toutes les aires que je connais sont en suroccupation… pourquoi au fait ?), on a le culot d’essayer de tirer des dividendes politiques de sa propre incurie.

  • @ Flam : Ne mélangez pas tout, vous aussi vous faites dans l’amalgame. Les camps illégaux sont du fait des roms et non des gens du voyage. Les aires d’accueil dont vous parlez ne concernent que les gens du voyage qui pratiquent le nomadisme caravanier.

    Concernant ces aires d’accueil, je vois que jouer avec l’agent public ne vous dérange point. A croire qu’ici comme en d’autres lieux ont pense que cet argent est inépuisable et pour tout le monde alors qu’il est soutiré à ceux qui travaillent. Avez-vous seulement une idée du coût d’une seule place dans ce type de terrain ? Environ 15.000€. Certes les communes ne supportent pas à elles seules le coût de construction, elles touchent des aides du département et de la région, mais il n’en reste pas moins vrai que ces aides viennent de l’impôt et qu’elles sont destinées à des individus qui justement échappent à l’impôt, mais perçoivent toutes les aides sociales possibles.

    Par ailleurs, je vous engage à vous enquérir de ce qui arrive lorsque les gens du voyage s’installent dans ces terrains. Comme par hasard, une fois partis on s’aperçoit qu’il manque des prises électriques, des robinets, des tuyaux de plomberie, etc. Ces aires sont de véritables trous sans fond qui grèvent les finances communales à force de réparations. Quant à percevoir des droits d’occupation, pour y arriver il faut souvent mettre en place des mesures illégales telles que la confiscation des cartes grises des véhicules ou bien des carnets de circulation des individus. Rares sont les communes qui se risquent à l’illégalité, rares sont donc les communes qui voient payées les consommations d’électricité, de gaz, d’eau.

    Là où je vois du culot, c’est dans votre diatribe qui fustige les maires qui résistent. Certes tous ne le font pas par respect de la gestion des finances publiques, mais je ne peux m’empêcher de voir dans cette résistance une façon de ne pas vouloir entretenir ce qui n’est rien d’autre que de la prédation.

  • @Flam,

    Je crois comprendre votre position mais j’y vois deux problèmes de taille.

    (i) vous justifiez un comportement illégal par un autre comportement illégal. C’est assez malvenu dans un état de droit. On n’est pas sensé s’y faire justice soi-même. L’Etat est fautif? Ce n’est pas la première fois ni la dernière. J’ai également des griefs à lui faire. La constitution dispose que les fonds publics doivent être gérés dans l’intérêt des citoyens, pourtant chaque rapport de la cour des comptes dévoile gaspillages et passe-droits. Suis-je pour autant justifié à cesser de payer l’impôt? Non, je peux manifester, militer, traîner l’Etat devant les tribunaux… mais pas violer la loi moi-même.

    (ii) Le fait pour l’Etat de ne pas respecter la loi est effectivement consternant (le gouvernement ferait mieux de la faire abroger si ni lui ni les municipalités n’en veulent) mais nous sommes en train de parler de Gestapo, camps de la mort, 3e Reich. Ne trouvez-vous pas cela un peu… hors de proportion?

  • Les quotidiens en ligne payant c’est presque aussi gênant que les couvertures accrocheuses à la Marianne : on critique sans avoir lu l’intérieur.

    Ce n’est pas le Times qui compare la situation à la 2e GM. Il se contente de citer des propos, d’ailleurs pour l’essentiel ceux d’un sale gôchiste de député UMP…

    N’empêche que sans aller chercher ces extrêmes, la déterioration de l’image de la France est là. Qu’on lise le New York Times et son éditorial au vitriol d’il y a quelques jours, le Wall Street Journal (« France Prepares to Deport Foreign Gypsies »), Newsweek (« Sarkozy’s Right-Wing Rubicon », à lire), etc., ce n’est pas très brillant. Au moment de la coupe du Monde, un barman américain m’a présenté ses condoléances en apprenant que j’étais Français : ça faisait rire. Maintenant ça ne fait plus rire, ça choque.

    Pour revenir à Léotard, oui, le titre du livre est « ça va mal finir », je citais (de mémoire, le livre est à Paris) la 4e de couv qui était d’ailleurs le premier projet de titre. C’était un pur pamphlet, assez drôle. Je pense que six mois suffisaient pour réagir comme l’a fait Léotard – il avait écrit le livre en un mois, de mémoire donc en janvier 2008, Grasset avait publié très vite. Il s’est passé beaucoup de chose durant ces quelques mois, souviens-toi, largement assez pour faire réagir quelqu’un comme Léotard. Je viens de réécouter quelques interviews datant de la sortie du bouquin, je crois que Léotard, en vieux renard de la politique mais qui avait pris beaucoup de recul après la mort de son frère, était très lucide.

  • Faire passer son image avant ce qui doit être fait est vraiment une préoccupation étrange. Je ne dit pas que tout ce que fait Sarkozy est bien, loin de là, mais lorsque le bateau a du gîte il me paraît plus important de faire ce qu’il faut plutôt que de plastronner sur l’air de « tout va très bien madame la marquise » histoire de sauver les apparences.

    Le New-York Times peut bien titrer ce qu’il veut, et alors ? Est-ce le pays qui a créé le Patriot Act, Guantanamo et les salles de torture délocalisées qui va nous donner des leçons de liberté ? Sont-ce les USA d’Obama qui se préparent à abandonner l’Irak à son sort sans se préoccuper de ce qui peut arriver à la population qui vont nous donner des leçons de décence ? Je ne suis pas anti-américain, mais la seule réponse à avoir c’est « mind your own business ».

  • Le mode de vie des gens du voyage pose le problème des particularismes.

    Jusqu’où la collectivité doit-elle aller (et peut-elle aller) pour participer au financement de telles spécificités ?

    Que les nomades vivent dans des caravanes, pourquoi pas s’ils en assument toutes les charges directes et indirectes. Ce qui gène, c’est que les communes soient à leur frais contraintes de leur mettre à disposition des terrains aménagés et d’en assurer la police.

  • Ce qui est intéressant dans cette histoire de « mauvaise image » à l’étranger, c’est que la perception qu’on en a en France est largement tributaire des filtres et loupes appliqués par nos chers media.

    Il se trouve que j’ai pris l’avion le 7 août et que pendant le vol, j’ai lu l’International Herald Tribune (version internationale du New York Times) du 6 août qui m’était aimablement fourni par la compagnie aérienne.

    Il se trouve donc que j’ai eu l’occasion d’y lire l’éditorial en question, intitulé Casting-Out the Un-French qui critique assez sévèrement le discours de Sarkozy.

    Mais comme, à la différence du Monde ou du Nouvels Obs, je ne m’intéresse pas QUE à ce qui peut servir à taper sur Sarkozy, j’ai également lu l’éditorial placé juste au-dessus intitulé Xenophobia : Fear-Mongering for American Votes. Cet éditorial explique, dans des termes assez critiques là aussi, que des sénateurs républicains Américains (et pas des moindres, il y a notamment John McCain) font campagne pour réexaminer le 14e amendement de la constitution, celui qui dispose qu’est Américain quiconque naît sur le sol Américain. Bref, il y a un mouvement politique important aux US pour revenir sur le principe du droit du sol, et c’est ce que critique le NYT.

    Pour ma part, je trouve ce débat intéressant. Plusieurs des arguments avancés dans l’édito du NYT me semblent très sensés ainsi qu’un ou deux points soutenus par l’autre camp. J’aimerais qu’on puisse tenir en France un débat argumenté sur un tel sujet.

    Mais ce qui est intéressant, c’est ce que l’édito sur le 14e amendement change à la perception qu’on peut avoir en France de l’édito sur Sarkozy.

    Sans cette mise en perspective, on comprend que la presse américaine ayant eu vent des sinistres projets de notre président fachoïde sonne le tocsin contre l’exception anti-démocratique qu’est devenu notre pays.

    Avec cette mise en perspective, on comprend qu’un journal américain de centre-gauche (ce qui est très respectable) a une ligne éditoriale pro-immigration (ce qui est tout aussi respectable) et publie une série d’éditoriaux critiquant des initiatives contraires entreprises aux Etats-Unis et en France.

    Pas pareil.

    Entre cette histoire du NYT et le coup de la Gestapo dans le Times, on jurerait qu’une partie de la presse française (laquelle est muselée et inféodée au pouvoir, ne l’oublions pas) tente de faire croire au bon peuple de France que le reste du monde nous prend pour des nazis.

  • Pour le sous-titre du Times, ça me parait encore plus ironique que ça. Sans vouloir me mettre dans la tête du journaliste, je vois dans celui-ci une composante « Faut-il que l’ensemble de leur vie politique soit pourrie pour qu’ils en viennent à se traiter de nazis les uns les autres ». Et des journalistes de reprendre ça pour dire « Voyez, au Times aussi ca leur rappele les heures les plus sombres de notre histoire… ».

  • Bref, il y a un mouvement politique important aux US pour revenir sur le principe du droit du sol, et c’est ce que critique le NYT.

    Il y a un certain nombre de pays européens qui ne recourent pas au droit du sol ou à un mix sans pour autant que ces derniers soient pointés du doigt comme fââchisses. Entre le droit du sol, le regroupement familial et l’ouverture des frontières à n’importe qui, nos politiciens ont créé une situation explosive et ils fustigent le citoyen qui en a assez de subir les effets de cette politique plutôt que de faire ce qu’il faut pour redresser la situation.

  • Où sont les camps d’extermination ? La solution finale ?

    Attention de ne pas pratiquer les méthodes que l’on condamne. La gestapo, c’est la gestapo. Le Times n’évoque pas les camps d’extermination.

    individus qui justement échappent à l’impôt, mais perçoivent toutes les aides sociales possibles.

    S’ils sont en situation illégale ils ne touchent pas les aides sociales. S’ils sont en situation légale, ils n’ont pas de raison particulière d’échapper à l’impôt. Qu’on fournisse des billets d’avion gratuits et de l’argent à des gens qui repartent quelques mois en Roumanie avant de revenir, ça m’interpelle un peu plus. Le seul intérêt semble être de gonfler le chiffre des expulsions. Nous payons pour voir de beaux chiffres.

    Ce qui gène, c’est que les communes soient à leur frais contraintes de leur mettre à disposition des terrains aménagés et d’en assurer la police.

    Quand un quartier en dur est construit, l’Etat est chargé d’y assurer la police « à ses frais » aussi. Je ne vois pas de différence sur ce point.

  • Gatien, je ne crois pas qu’on puisse dire qu’un étranger en situation illégale ne touche aucune aide sociale. Je ne suis pas un expert mais j’ai entendu parler de l’Aide Médicale D’Etat qui sert précisément à cela. J’ai lu que l’école est accessible gratuitement aux étrangers en situation illégale et dans certains cas ils ont également accès à des logements offerts par la collectivité.

    Mais tout cela reste assez nébuleux dans mon esprit.

    Je me suis posé la question de la différence entre un Français, un étranger en situation régulière et un étranger en situation irrégulière en termes de droits aux diverses aides sociales. Je n’ai pas la moindre idée de la réponse. Quand je pose la question autour de moi je m’attire des regards vides. Vous avez une idée vous?

  • @Lib : je ne justifie rien du tout. Je constate une carence de taille qui n’est pas sans rapport avec les difficultés rencontrées : la surpopulation dans les aires d’accueil légales et les problèmes qu’elle entraîne est directement issue de cette carence de l’état. Elle accroît d’ailleurs les difficultés et le fardeau financier des communes qui ont décidé, elles, de respecter la loi de la République. C’est par exemple le cas de ma commune : double de la population théorique, par force. Actuellement il n’y a pas plus de dégradations, même plutôt moins, qu’en d’autres lieux tels que des campings (constaté de visu). Quant au gommage de la distinction roms/gens du voyage elle n’est pas de mon fait et je n’ai jamais lu (de la part d’une source scrupuleuse sur cette distinction, j’entends) que le démantèlement, problème distinct de la reconduite, ne visait que les Roms. La reconduite elle-même est une pitrerie d’ailleurs.

    Dans votre deuxième point, vous laissez entendre que j’ai émis une comparaison avec la Gestapo ou autre. Vous aurez du mal à retrouver un message où je me livre à ce genre d’exercice, je n’ai même donné nulle part mon avis sur la validité d’une telle comparaison. Je suis donc étonné du procédé consistant à me répondre, à moi personnellement, sur ce point. Par ailleurs j’ai une certaine admiration pour le député JP Grand, admiration qui date de plusieurs décennies (bien avant son positionnement et sa notoriété actuels). Il s’est très tôt retrouvé en difficulté pour son positionnement de RPR anti FN dans une région où la tonalité était plutôt aux arrangements. Il a toujours su placer ses principes avant les calculs électoraux.

  • J’ai une idée. A confirmer :

    Un étranger en situation régulière accède assez facilement au système social français (à condition évidemment d’abandonner le système social du pays d’origine et de cotiser dans le système français). Il y a peut-être des différences dans le détail avec les français, mais en regardant mes connaissances – une assez large palette en terme de revenus – elles ne sautent pas aux yeux.

    Un étranger en situation illégale n’existe souvent simplement pas d’un point de vue administratif (sauf cas particuliers, ex. titre de séjour expiré sans que la sécu s’en rende compte, j’imagine que ça peut arriver). Donc, sauf système spécifique (ex. CMU), il ne peut pas être couvert par le système standard. Toute tentative d’y accéder représenterait d’ailleurs un risque de se signaler et d’être expulsé.

    Ceux qui coûtent le plus cher au système social sont probablement les immigrés légaux (donc, ayant droit aux aides) qui n’ont pas le droit de travailler (donc de cotiser). Ca représente beaucoup de monde.

    Last note : les illégaux bénéficient d’une aide de l’Etat sous forme de billet d’avion gratuit s’ils souhaitent retourner dans leur pays d’origine. J’ai connu deux personnes dans ce cas, qui sont simplement allé à la préfecture se signaler comme illégaux et ont attendu la date d’expulsion…

    Last last note : On apprenait aujourd’hui dans Le Monde (version papier) que les roms étaient plus nombreux en Allemagne, en Belgique(!), et dans quelques autres états européens, qu’en France. Tous les arguments du style « la France n’a pas vocation à accueillir… » tombent à l’eau, puisqu’elle doit en prendre sa juste part.

  • Gatien a écrit : :

    Ceux qui coûtent le plus cher au système social sont probablement les immigrés légaux (donc, ayant droit aux aides) qui n’ont pas le droit de travailler (donc de cotiser). Ca représente beaucoup de monde.

    sur ce point, je ne vois pas bien de qui il s’agit …

    par ailleurs, il est vrai que les « illégaux  » ont des droits , en particulier en matière de soins d’urgence, en théorie remboursés par leur pays, ou en matière d’éducation pour leurs enfants, ce qui constitue, je crois, un « plus » de notre pays par rapport à d’autres…

  • Gatien, je ne crois pas qu’on puisse dire qu’un étranger en situation illégale ne touche aucune aide sociale. Je ne suis pas un expert mais j’ai entendu parler de l’Aide Médicale D’Etat qui sert précisément à cela. J’ai lu que l’école est accessible gratuitement aux étrangers en situation illégale et dans certains cas ils ont également accès à des logements offerts par la collectivité.:

    Exactement ce qui s’est passé dans ma commune où la municipalité a donné des logements à des roms en situation illégale (contrairement à ce qui peut être avancé çà et là, tous les nouveaux ressortissants européens ne bénéficient pas du dispositif Schengen) alors que plus de 600 demandes de citoyens français s’entassent dans une pile d’attente. Le CCAS a été également mis à contribution. Ça donne envie de payer ses impôts !

  • @Francis

    sur ce point, je ne vois pas bien de qui il s’agit …

    Tous les permis de séjour ne valent pas permis de travail.

    il est vrai que les « illégaux » ont des droits

    Des droits spécifiques (CMU/AME, scolarité, et autres), mais pas de couverture sociale à la française. Dire qu’ils »perçoivent toutes les aides sociales possibles » est donc faux.

    Le cout de l’AME est estimé (par Hortefeux – fourchette haute) à 490 millions €. Celui de l’exonération de TVA dans la restauration à 3 milliards (2ème lien). Entre payer 1€ d’impôts pour qu’une femme enceinte, sans ressource (condition de l’AME) et en situation irrégulière, accouche dans un hôpital, et mettre 10€ dans la poche du patron du resto d’à côté, mon choix est vite fait.

    http://wapedia.mobi/fr/Aide_m%C3%A9dicale_d%27%C3%89tat

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/06/06/04016-20100606ARTFIG00047-tva-dans-la-restauration-un-bilan-en-demi-teinte.php

  • En français courant, un « étranger en situation illégale » ou « un sans papier », s’appelle un clandestin. Désolé de faire la morale mais si l’on n’utilise pas les bons mots, on est déjà déconnecté du réel. Or par définition un clandestin n’a pas le droit d »être sur le territoire et ne devrait donc avoir aucun droit sur notre sol (CMU et scolarité ! pour eux sont une aberration et une invitation à rester). Qu’il y ai aide à personne en détresse cela va de soi mais cela ne devrait en aucun cas représenter un « droit »…

  • En français courant, un « étranger en situation illégale » ou « un sans papier », s’appelle un clandestin. Désolé de faire la morale mais si l’on n’utilise pas les bons mots, on est déjà déconnecté du réel.

    Pour moi, utilisé dans le langage courant, « immigré clandestin » évoque quelqu’un qui est entré clandestinement sur le territoire, c’est une petite partie seulement des « étrangers en situation illégale ».

    Dans un langage plus précis, les trois termes me semblent équivalents et je ne vois pas ce qui vous fait préférer l’un aux autres.

  • Il me semble pourtant avoir été clair. « Clandestin » suggère « entré clandestinement » (passager clandestin, bateau de clandestins,…). « En situation irrégulière(*) » est plus général puisque ça inclut ceux qui sont entré légalement (90% des séjours irréguliers d’après le ministère de l’intérieur).

    Supposons quelqu’un qui, salarié depuis trois ans en France, ne renouvelle pas à temps son titre de séjour. Il est en situation irrégulière, c’est clair, et expulsable, aussi. Pourquoi voudriez vous forcer tout le monde à l’appeler « clandestin », alors que – même s’il perd ses droits – il reste enregistré auprès d’une multitude d’administrations, et fait probablement le pied de grue devant la préfecture pour « régulariser » sa situation au plus vite?

    Ce n’est pas exactement ce genre de situation qu’évoque le mot « clandestin », dans mon esprit. Utilisez le mot si ça vous chante, mais je risque de vous comprendre de travers.

    (*) Il me semble que c’est le terme juridique consacré, plutôt qu’ »illégale ».

  • Vu. Ceci étant, « clandestin » est un adjectif et d’après mon Larousse, les noms qui sont associés sont : « immigré » et ‘travailleur clandestin ».

    Dans les différentes situations qui illustrent « un étranger en situation irrégulière » , le terme qui semblait encore en vigueur il y a qqs tps était : « travailleur clandestin ». Alors certes, on va va lénifier le terme en médiatisant les « travailleurs illégaux », mais moi faudra m’expliquer comment des entreprises trouvent le moyen de faire travailler des personnes qui n’ont PAS LE DROIT de travailler en France. ça tombe sous le coup de la loi.

    Aussi, l’exemple du travailleur illégal est juste mais très partielle, il n’y a pas que des « travailleurs ». D’autres exemples existent : titres de séjour temporaire non renouvellé ou vacances prolongées… Or si le titre n’est pas renouvellé c’est qu’il y a des raisons, des lois…

    Quoi qu’il en soit il y a dans le terme vague d’ « étranger en situation irrégulière », un non respect de la loi. Et cela ne peut être et ne doit pas être toléré.

  • « Quoi qu’il en soit il y a dans le terme vague d’ « étranger en situation irrégulière », un non respect de la loi. »

    C’est évident! Qui a dit le contraire? Celà ne doit pas être toléré, mais alors que faire? Il y a beaucoup de solutions possibles. Régulariser en est une.

    « faudra m’expliquer comment des entreprises trouvent le moyen de faire travailler des personnes qui n’ont PAS LE DROIT de travailler »

    Il y a des milliers de gens dans ce cas. Renseignez vous, vous êtes assez grand. J’ai autre chose à faire que vous chercher des sources.

    Je trouve étonnant que vous vous érigiez en professeur de droit après avoir écrit une énormité comme ça :

    par définition un clandestin n’a pas le droit d »être sur le territoire et ne devrait donc avoir aucun droit sur notre sol

    Le droit international vous connaissez?

  • Merci pour vos lumineux conseils ! Et excusez mes lacunes. Je ne m’attendais nullement à ce que vous me fassiez un exposé sur les procédés illégaux qui permettent aux entreprises d’employer des travailleurs « sans papiers », je soulève uniquement un problème de poids, illégal et largement pratiqué.

  • « je soulève uniquement un problème de poids, illégal et largement pratiqué. »

    La liste des choses illégales largement pratiquées est vraiment très longue. Celle-çi n’est un problème « de poids » que pour ceux qui posent l’existence d’étrangers en France comme le problème de départ.

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  • Gatien a écrit : :

    Le droit international vous connaissez ?

    Je me permets tt de même (excusez-moi…) : la CMU et la scolarité font-ils partis du droit international ?

  • @ Paul:

    Bonjour,

    Même si on laisse de côté les droits de la personne humaine – ce que vous semblez incliné à faire – le fait de permettre l’accès de tous, y compris aux personnes en situation irrégulière, à la santé et à l’éducation est dans notre intérêt bien compris.

    Il y a d’abord un enjeu de santé publique : s’il n’est pas possible de se faire soigner, cela signifie que des personnes vont rester malades et éventuellement contaminer autrui.

    Ensuite, c’est une question d’ordre public : si les enfants ne vont pas à l’école, que vont-ils faire de leur journée, et comment vont-ils faire pour apprendre le français et, plus largement, pour s’intégrer ?

    Un minimum de générosité (nous parlons tout de même de choses essentielles) n’est pas incompatible avec une bonne gestion des affaires publiques.

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