11 commentaires

  • Merci pour ce texte sombre mais assez réaliste. Le premier ministre n’a , pour l’heure, pas échoué à donner un budget au pays, malgré les efforts désespérés des extrémistes de tout bord.
    Dans le détail on peut observer que le paiement des retraites repose toujours sur les enfants , dans un système par répartition, et que les pensions civiles et militaires reposent en principe non pas sur des cotisations mais sur une reconnaissance de dette de l’état , même si ceci est devenu largement fictif.

    • Merci pour votre commentaire. Pour l a suite, il faudra être patient. Sébastien Lecornu n’a pas échoué mais n’a pas non plus encore réussi.

  • Je ne vois pas trop ce que le ratio prélèvements / PIB a à faire avec la justice fiscale. La justice fiscale, c’est de dire stop à la sous-imposition des plus riches, et on parle là bien des très très riches, qui par un jeu de transfert de fonds payent un taux d’impôt moyen inférieur aux classes moyennes et supérieures, tout en bénéficiant sous Macron de cadeaux fiscaux et économiques permanents. C’est inacceptable et tant que cela durera je refuse pour ma part de prendre non seulement mes responsabilités (celles de payer plus d’impôts parce que j’en ai les moyens, ou de travailler plus longtemps parce que j’ai un travail de bureau qui a du sens, des horaires conformes au droit du travail et un salaire suffisant), mais aussi celles des autres. Par ailleurs les impôts sont un système solidaire, ça veut dire que plus vous êtes riche plus vous payez, non seulement en valeur absolue mais en pourcentage, pour permettre aux moins aisés de bénéficier de ce qui correspond à leurs besoins. L’individualisme utilitaire qui nous entoure et le calcul insupportable du « retour sur investissement » de nos impôts fait totalement partie de l’entreprise de destructuration sociale menée depuis des décennies par les adeptes d’une société du chacun pour soi et de la compétition. La citoyenne mais aussi la catholique que je suis refusent totalement cela.

    • J’entends l’objection. L’évocation du ratio prélèvements / PIB (et des dépenses / PIB) est une façon de souligner aussi que nous ne sommes pas dans un pays qui ne taxe pas. Les très riches ne sont pas non plus exonérés, on peut estimer que Bernard Arnault verse près de 50 millions d’euros d’impôt sur le revenu. Certes, ce n’est que 18%, mais il n’est pas aberrant non plus de prendre en considération la valeur absolue. Notez que je ne le « plains » pas, et que la question n’est pas là. Je suis également sceptique sur l’apport suffisant que serait la taxation des très très riches. Au-delà du symbole, cela viendrait-il combler suffisamment la dette ?

      Mais je ne me place pas fondamentalement sur un plan économie / finances publiques, mais au moins autant sur le plan politique. Au bout du compte, j’ai l’impression que l’on entretient un débat pour faire diversion . Il se serait agi de penser un peu réduction des déficits mais, au lieu de cela, on entretient les Français dans l’idée que le véritable enjeu, c’est de taxer les riches – ce qui ne peut que satisfaire tout le monde, puisque 99% de la population n’est pas très très riche. Je trouve cela assez paresseux, inefficace et une façon d’éviter les efforts collectifs en désignant une forme de bouc-émissaire facile.

      • A vrai dire, il n’y a rien de plus stérile que cette opposition entre réduction des déficits et taxation juste. Les deux sont tout à fait possibles et sans doute nécessaires. Du reste, on réduit les dépenses à fond, les aides réduites, les budgets coupés, les politiques publiques vidées, les postes de fonctionnaires supprimés, les rémunérations gelées… Il faut arrêter de dire qu’on ne le fait pas alors que chaque jour les gens découvrent la disparition ou la dégradation des aides et services publics qu’ils connaissent. Notre système coûte de plus en plus cher et je ne comprends pas qu’on ne regarde pas ça en face, aussi : population qui augmente, et surtout qui vieillit, et fragilités qui s’accroissent (parce que la vie est devenue plus compliquée, les trajectoires plus individuelles, et que l’erreur ou l’accident se payent cher dans un système économique brutal abandonné au marché), coût des services qui augmente principalement parce qu’il est de meilleure qualité (soins médicaux, rééducation, éducation non-violente, inclusion des personnes, etc) et aussi parce que l’entraide familiale a plutôt baissé, par choix et/ou par nécessité : les femmes n’ont plus à gérer gratuitement les personnes vulnérables, les logements sont trop petits pour accueillir nombre d’entre elles, et d’ailleurs la plupart aspirent à une autonomie réelle hors de leur cercle familial.

  • Cela fait plus de 10 ans que je vous suis et je ne trouve aucun autre regard aussi pertinent que le vôtre sur l’actualité. Je ne comprends absolument pas comment aucun chroniqueur n’ait pas plus réagi sur ce flop de Macron disant qu’il prendrait ses responsabilités si Lecornu ne parvenait pas à trouver une solution à l’échec de son premier gouvernement. Peut-être parce que tout le monde craignait une dissolution.

  • Tant qu’on comparera le déficit (ou la dette) de l’état au PIB, on masquera les problèmes.
    Dernier budget : 300 Mds de recette, 450 Mds de dépenses : on devrait parler d’un déficit de 50%.
    Comparer au PIB permet de parler de 4 ou 5 % du PIB : c’est commode mais très trompeur (« 5%, c’est pas beaucoup, on peut continuer »).

    Je sais que cette comparaison est une habitude / un critère technique (utilisé notamment dans le traité de Mastricht).
    Je comprends que les politiques de tous bords continuent d’utiliser cet artifice pour masquer les problèmes (cf votre article).
    Mais je rêverais qu’au moins un journal (iste) soit plus clair : ça aiderait à comprendre la fin de cycle dont vous parlez.

    Que pensez-vous de cette « cohésion » entre politiques et journalistes / média / journaux ?

    a+
    Bigben

  • Je dirais même qu’il est plus pertinent de parler de 115% du PIB, puisque c’est la dette cumulée. Ou 3.416 milliards d’euros, puisque c’est le chiffre.
    Après ça, la question est sans doute à placer dans une trajectoire, puisque le niveau d’endettement du Royaume Uni était massif en 1815, et a mis près d’un siècle à être remboursé…

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