Pour Benoît XVI. Net et clair.

« Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché dans l’Église. »

Benoît XVI « a, une nouvelle fois, parlé net« . Sur la base de cette parole courageuse, un lecteur silencieux s’interroge et m’interroge avec lui : ceci n’irait-il pas à l’encontre de ce que nous avons dit, ces derniers mois ? Benoît XVI exclut-il, par ses mots, une certaine complaisance des medias, de la société, à incriminer l’Eglise, à le mettre personnellement en cause ? Non. Cette parole, « la plus grande persécution de l’Eglise ne vient pas de ses ennemis extérieurs » laisse entendre que l’Eglise a bien des « ennemis extérieurs ». De fait, ils existent, et certains ont, par hostilité réflexe, tenté à toutes forces de mettre directement en cause le Pape, sans considération pour son rôle véritable. Pour pouvoir brandir enfin le scalp d’un pape.

Avions-nous dit l’inverse ? Par l’Appel à la Vérité, nous avions souligné sa propre « volonté de faire toute la lumière sur ces affaires ». Nous avions précisément relevé que le traitement de l’information, que nous évoquions en dernier, relevait d’un « emballement médiatique », non d’un complot.

Mais le temps n’est plus à revenir sur le traitement de l’information, même si l’urgence l’exigeait. Il est à affronter le péché dans l’Eglise, notre péché. Car s’il n’y avait pas d’abord le péché dans l’Eglise, ses « ennemis extérieurs » n’auraient guère de prise sur elle. Benoît XVI se tourne donc, aujourd’hui, de nouveau vers l’Eglise.

On évoque à cet égard une réaction tardive du Pape. Le Pape ne suit décidément pas le temps de la communication et le temps des médias. A tout prendre, il semble avoir une préférence pour le temps de l’Eglise. D’autres hommes auraient mis à profit cette visite pour écarter ce sujet douloureux. Face à un tel cas, d’autres auraient regardé avec soulagement la tempête s’apaiser. Quel spin doctor lui aurait conseillé de remettre le sujet sur le tapis ? Mais, pour la mission qui est celle du Pape, cette réaction intervient à juste temps. Après les polémiques, il est temps d’affronter les vrais sujets. Pour le bien de l’Eglise.

« La plus grande persécution de l’Eglise naît du péché dans l’Eglise ». Est-ce là une déclaration contrainte et forcée d’un pape acculé ? Non, souvenons-nous !

Ce n’est pas pour rien que ce cardinal Ratzinger avait écrit lors du chemin de croix de 2005, à la veille de la mort de Jean-Paul II : « Combien de fois n’avons-nous pas, nous aussi, préféré le succès à la vérité, notre réputation à la justice ! ». Ou encore : « Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient. Mais c’est nous-mêmes qui les salissons ! C’est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois, après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes. »

Le même jour, comme le rappelait Guillaume Goubert, Benoît XVI s’était écrié :

« Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui dans le sacerdoce devraient lui appartenir totalement ! »

Non, le péché dans l’Eglise n’est pas un thème contraint. A la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Ratzinger savait. Et il n’est pas resté inactif. C’est lui qui, lorsque d’autres au Vatican faiblissaient, a diligenté il y a bientôt quinze ans une enquête sur le Père Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ. Lui qui, aujourd’hui, engage une refondation de cet ordre, refondation tellement nécessaire que l’on peut à raison lui préférer la dissolution. Jean-Pierre Denis l’écrit avec force et raison, malgré ses nombreuses vocations, et malgré les vocations sincères en son sein :

« Tous les grands ordres religieux reposent sur le charisme d’un saint vers lequel il faut sans cesse revenir pour se ressourcer. Or, ici, le saint est un imposteur dont le culte a été poussé jusqu’à l’idolâtrie. Les Légionnaires n’ont pas dérivé, mais fonctionné dès leurs premières années sur un mensonge, sur une culture de la dissimulation de ce même mensonge, et sur le culte d’un menteur de génie. D’une perversion si diabolique ne peut jaillir quoi que ce soit d’évangélique. »

Ne nous y trompons pas : Benoît XVI est peut-être Pape, mais c’est aussi un ordre puissant qu’il entend réformer. La crise que nous subissons aujourd’hui lui en fournit probablement la meilleure occasion. Elle est ainsi, peut-être, une chance.

Ce n’est pas tout. Jeff Israely, pour Time, émet l’hypothèse que la dernière déclaration du Pape soit la marque d’une lutte de pouvoir au sein du Vatican. Hypothèse, en ce qui me concerne, car les couloirs du Vatican me sont véritablement impénétrables. Mais la déclaration de Benoît XVI intervient alors que le cardinal Schönborn, décrit comme l’un de ses proches, a mis en cause le cardinal Sodano, ancien Secrétaire d’Etat, pour avoir minimisé les affaires de pédophilie. Il rapporte que le cardinal Ratzinger avait été empêché, en 1995, par « les diplomates » (la Secrétairerie d’Etat) de diligenter une enquête contre le cardinal Groër, l’ancien archevêque de Vienne.

Il faut véritablement se garder de succomber à la logique du « bouc-émissaire », qui nous permettrait d’exposer facilement une pureté retrouvée. Le péché guettera toujours l’Eglise, nous serons toujours pécheurs : n’est-elle pas une « Eglise de pécheurs » ? Le Christ n’est-il pas « venu non pour les justes, mais pour les pécheurs » (Matthieu 9-13) ? Mais il faut du changement à la Curie. Peut-être Sodano doit-il partir, et Castrillon Hoyos trouver d’autres fonctions. Que l’on ne se méprenne pas : ce n’est pas contre les moins « conservateurs » que Benoît XVI agit, même s’il serait stupide de jeter la pierre à un « courant », à l’exclusion des autres.

Il faut donc soutenir Benoît XVI avec détermination dans une action difficile. Avec détermination, et enthousiasme. Avec enthousiasme et, peut-être, avec affection pour ce pape si mal décrit, faux panzerkardinal, vrai timide, grand intellectuel, grand spirituel, grand pape, grand homme. Parfois, aussi, petit enfant.

crédit photo : M. Mazur / thepapalvisit.org.uk

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Pour Benoît XVI

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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55 commentaires

  • Juste une remarque, cher Koz: le pape fait mention du péché DANS l’Eglise, comme Zenit s’en fait echo, et non du péché DE l’Eglise. La dernière formulation n’aurait théologiquement aucun sens, l’Eglise étant immaculée, mais faite d’homme pécheurs.

  • Merci pour ce billet. J’ai de plus en plus de respect pour Benoît XVI. Il choisit de faire plutôt que de dire; d’être plutôt que de paraître.

    Il donne un bel exemple. Vraiment le pape dont nous avons besoin à l’époque où nous vivons.

  • Certains m’ont enduit d’erreur, et je me suis laissé faire.

    Certes, mais tu es tout excusé, car l’erreur vient de haut. La phrase « la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église » se trouve telle quelle dans la v.f. de l’entretien que tu mets en lien, sur le site du Vatican. Les traductions anglaise et allemande, par contre, sont correctes.

    Cela dit, s’il est important d’être exact sur le plan théologique, il est bien plus important encore de regarder bien en face les fautes commises dans l’Église. C’est ce que fait Benoît XVI sans tourner autour du pot: « l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice ».

    C’est vraiment bienvenu au moment où nous sommes, alors que les réactions de certains hiérarques, et certains fidèles aussi, avaient pu donner l’impression, fausse, que l’Église voyait là d’abord un problème médiatique.

    Le fait est que notre Pape ne communique pas vite. Mais quand il s’exprime, ce n’est pas pour amuser la galerie. Sa parole est forte et claire. Ceux qui ont des oreilles n’ont aucune excuse pour ne pas entendre.

  • Cher Koz, merci une nouvelle fois pour votre(vos) billet(s). J’admire Benoit XVI de plus en plus. J’étais dubitatif au début de son pontificat mais maintenant je sais avec certitude que le conclave a choisi « the right man for the right place ». Il a délibérément choisi de regarder en face le péché dans l’Eglise et de mettre ses mains dans le cambouis. C’est une attitude courageuse dont peu auraient été capables. Il avance lentement mais inexorablement vers son but. Pour Jean-Paul II, c’était -entre autres- l’attitude de l’Eglise envers les Juifs. Pour lui, c’est le péché dans l’Eglise. Longue vie à lui! Prions pour qu’il puisse accomplir sa tâche jusqu’au bout.

  • Je ne vois pas de contradiction entre reconnaître que le vrai problème, c’est notre péché, et voir que le Malin est aussi à l’oeuvre chez certains des critiques de l’Église.

    Pécheurs nous sommes tous, à quel degré Dieu en est seul juge. Mais nous étions aussi à notre place en défendant B16 contre des accusations injustifiées.

    Longue vie à Benoît XVI, modèle pour notre temps.

  • des éléments lus sur le blog asservatore vaticano (ou américatho aussi), memebre de riposte catholique (et qui n’a rien à voir avec l’osservatore romano) donne aussi des éléments dans le sens d’une lutte de pouvoir…

  • @Aristote : Il n’y a effectivement aucune contradiction, mais seulement a partir de moment ou l’on reconnait notre peche.
    En lisant ces lignes et celles de monsieur Guenois, je me rappelle que « […],je reconnais devant mes freres que j’ai peche, […] par omission ». Et je pense a toutes ces victimes nous voyant defendre le pape bec et ongles, mais oubliant de demander pardon pour l’Eglise. Je ne peux les imaginer que revoltees en nous voyant defendre le pape et donc l’institution qu’il represente. Car c’est bien l’institution (et notamment les eveques) qui les a ignores.

    J’ai un ami allemand qui a beaucoup aide un jeune victime d’un pretre pedophile. Il est alle voir l’eveque de son diocese demandant de l’aide pour ce jeune, que l’on fasse quelque chose. Et s’est vu repondre par l’eveque : « Jesus aussi a ete seul devant les pretres »… Il a ete tellement marque par cete histoire (le jeune s’est suicide) qu’il a passe 10 ans en profonde depression. Je lui avais transmis tout joyeux la lettre du pape aux catholiques irlandais, mais aujourd’hui, j’aimerais lui transmettre une lettre du pape aux victimes.

    Nous defendons le pape en tant que personne, et nous avons raison car c’est bien a la personne du pape que s’attaquent les medias, et de ce cote la ils ont tout faux.
    Mais le debat n’a finalement pas porte sur l’Eglise (pecheresse ou non, j’avoue que Philarete m’a perdu au milieu de son article…). Merci a Benoit XVI de recentrer le debat sur ce sur quoi il aurait du porter depuis le debut. Comment se fait-il que l’Eglise se soit trompee a ce point ?

    Tout comme la Legion, sommes nous capable d’autocritique ?
    Au moment de l’appel a la Verite, un autre appel etait paru, lance par (je crois) des catholiques connus qui allait plus dans le sens de ce que dit le pape aujourd’hui. A l’epoque, il m’avait mis mal a l’aise, et je vois aujourd’hui que justement je n’avais pas saisi l’ampleur des fautes commises pas mon Eglise.

    Je n’arrive pas a le retrouver malheureusement. (si quelqu’un voit de quoi je parle?)

    Tibounze

    PS: veuillez excuser l’absence d’accents, j’ecris sur un clavier qwerty

  • « Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché dans l’Église »
    « Ceci s’est toujours su…. » Vous rendez-vous compte du poids de ces mots…. au fil des siècles… en +…, depuis des siècles…. Comment quelqu’un sur la route de sa spiritualité peut-il un jour trouver la paix de l’âme, la confiance, l’équilibre dans son chemin vers les enseignements de l’église catholique ? Comment ??? si ceci, une telle honte d’une telle gravité s’est toujours su alors qu’elles sont les choses qui ne se savent pas? Comment peut-on encore espérer de la lumière quand elle se complait dans une ombre sale? Comment un prêtre, un évêque ou autre peut-il justifier de sa crainte de l’enfer ou de son espérance à la vie éternelle, en une vérité de 2000 ans si malgré ses enseignements reçus, avec explications et préçisions, il ne craint rien de son au-delas ou n’en espère rien au travers de tant de difficultées ici-bas? Je suis donc un âne … alors je vais rester un âne dans ma vie, mais un âne avec de vrais principes de vie. des vrais, sans luxe, sans morale à faire aux autres, juste avec cette certitude et cette gentillesse qui me guide chaque jour vers le sourire du partage et de la compréhension de l’autre, tout simplement, rien de +, mais rien de moins, simplement, discrètement, sans bruit.

    Mes respects.

    Didier

  • Merci Koz pour ce beau post. Il nourri ma réflexion.
    J’ai l’intime conviction que ce pape a besoin de notre confiance. Et plus il avance, plus ma confiance va de soit.

    JPII nous a donné une force et a nourri notre foi.
    A quoi bon si nous ne portons pas son successeur dans nos prières.
    A quoi bon si nous courbons l’échine à chaque tempête.

    Merci au peuple portugais d’avoir si bien entouré Benoît XVI

  • J’ai rencontré (virtuellement) le Cardinal Ratzinger au moment de la publication de son « Instruction sur quelques aspects de la théologie de la libération ». Il y a longtemps, donc. J’ai dès lors eu beaucoup d’admiration pour sa pensée, fine, mûre et ferme. Et j’ai suivi toutes ses publications.

    JPII a redonné du coeur à la foi (occidentale). Il a ramené à une foi aimante certainement des millions de personnes, de jeunes qui sont l’avenir de l’homme et donc de l’Eglise. BXVI va nous donner les raisons de mettre du coeur dans notre foi.

    Je me suis immédiatement réjouie du choix des cardinaux. J’ai aimé le pape (l’homme) dès que je l’ai vu sourire au balcon après son élection. Chaque jour qui passe me convainc que j’ai raison.

    Merci à vous, à Nystagmus et aux autres d’expliquer, semaine après semaine, pourquoi nous devons continuer à l’aimer, à le soutenir et à prier pour lui.

    Il fera de nous des chrétiens aimants et droits.

  • @Tibounze : je suis un peu surpris par ce « 2e appel » dont vous parlez, ça ne me rappelle rien. J’aimerais beaucoup que vous le retrouviez.

    Par contre, il y a eu cette pétition que je trouvais rédigée de façon très inadéquate et maladroite :

    http://www.soutienabenoitxvi.com/index.php?lang=fr

    Je trouve pour ma part que « l’appel à la vérité », pourtant rédigé dans le feu du moment, était très bien inspiré. Je dirais même plus, il me semble parfaitement en phase avec ce que dit le pape, notamment ce passage que certains trouvaient problématique :

    « assument le poids des crimes de certains prêtres et des défaillances de leurs supérieurs »

    montre bien que, même si pécher c’est avant tout un acte et une responsabilité personnels, cela rejaillit sur toute l’Eglise. En effet, faire Eglise, c’est aussi partager les peines, les souffrances, et ressentir le poids des fautes des autres.

    Pour ce qui me concerne, j’ai également une immense estime pour Benoît XVI (que renforce encore ce dernier épisode), et ce qui est frappant, c’est que c’est grâce à lui que j’ai découvert certains des apports les plus profonds du pontificat de Jean Paul II.

  • Benoit XVI est infiniment courageux ; il n’ hésite pas à porter le fer dans cette plaie si ancienne ; puisse cette chirurgie étre efficace !

  • Voici enfin un pape qui fait une vraie repentance, pour les péchés que nous commettons nous mêmes et pas pour ceux qui ont été commis par les générations précédentes. C’est en effet la mode dans l’Eglise de la nouvelle Pentecôte (hu, hu) de frapper la poitrine de ses prédecesseurs, avec un air contrit mais aussi un peu supérieur, en déclamant, c’est leur faute, c’est leur faute, c’est leur très grande faute, heureusement que je ne suis pas comme ces pécheurs Seigneurs, mais ouvert sur le Monde et renouvelé par l’espriduconcile.

  • @Tibounze

    Voilà probablement ce que vous recherchez :

    http://mobile.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/09/face-aux-abus-sexuels-la-desolation-et-le-pardon-du-pape-ne-suffisent-pas_1331295_3232.html

    Cet appel m’avait gêné, non parce qu’il insistait sur le péché de l’Église, mais parce qu’il m’apparaissait comme une récupération de l’affaire par les cathos progressistes dans leur guéguerre contre Benoît XVI.

    Mais il est vrai qu’il m’arrive d’avoir mauvais esprit, mea maxima culpa !

  • Cet appel était assez symptomatique. A cet instant-là, l’impératif était d’apporter son soutien à Benoît XVI. Notamment parce que, il ne faut pas se leurrer, ceux qui attaquaient le pape à ce moment-là visaient l’Eglise en général. On ne peut pas être catholique et se désolidariser du sort de l’Eglise. Ensuite, parce que, comme je le dis dans mon billet, Benoît XVI est précisément celui qu’il ne fallait pas attaquer et, précisément, celui qu’il fallait soutenir, parce que c’est bien lui qui fera la lumière et « le ménage ».

    Pour moi, cet appel est vraiment irrecevable. Parce qu’il ressemble à une débandade progressiste, trop pressée de donner raison « au monde ». Alors, on n’hésite pas à parler d’une « fixation obsessionnelle sur le sexe comme objet » (on ne vit pas dans la même Eglise) ou encore, pire, de « structure de péché » ! Quand on vient à insinuer que l’Eglise puisse être une « structure de péché« , ça devient grave, pour le moins.

    Enfin, les propos introductifs sur le pape étaient dépourvus d’ambigüité. C’était l’abandon en rase campagne :

    Il ne suffit pas que Benoît XVI écrive, comme il l’a fait aux évêques d’Irlande, qu’il partage le désarroi et le sentiment de trahison que de tels actes inspirent. Il ne suffit pas qu’il dise qu’il est « vraiment désolé ».

    Il est certes nécessaire qu’il s’adresse avec fermeté à ceux qui se sont rendus coupables de tels actes, nécessaire également qu’il reproche aux responsables de l’Eglise leurs manquements dans le traitement de ces affaires. C’est bien le moins qu’il puisse faire.

    Le propos a des tonalités méprisantes (« il ne suffit pas qu’il dise qu’il est « vraiment désolé » ») et fait preuve d’un certain orgeuil : manifestement, les rédacteurs avaient l’intention de dicter son attitude au pape ou, en tout cas, d’expliquer ce qu’ils auraient fait, eux, à sa place.

    Il me semble, moi, que le pape fait ce qu’il doit faire, selon le bon agenda, sans paraître céder à la pression médiatique, et en ayant le courage véritable de revenir sur le sujet avec des paroles très fortes lorsque, pourtant, le sujet ne fait plus l’attention des medias (ni de la conférence autoproclamée des batpisé-e-s [ils oublient les transgenres] – de France). Celles que j’ai citées, mais aussi celle-ci, qui remet les pendules à l’heure : « le pardon ne remplace pas la justice« .

  • SOIT ! L’Eglise parce qu’elle est un rassemblement d’hommes ne peut être exempte de pêchers et Benoît XVI l’a rappelé alors qu’il était au milieu de « fidèles » qui venaient lui prouver leur attachement ! Mais, si la repentance est bien dans la ligne catho ;d’un point de vue historique, l’Eglise de nos jours est surement plus respectable que durant les siècles passés (quand l’on pouvait avoir la charge de cardinal sans être ordonné !Quand les papes envoyaient leurs armées trucider les non-croyants ou simplement les « mauvais » chrétiens qui n’avaient pas compris les intérêts du Vatican; loin de moi l’idée de noircir toute l’Eglise des siècles passés qui nous a apporté beaucoup spirituellement mais celle de nos jours est sur bien des points beaucoup plus respectable n’en déplaise à nos faux-culs-bénis qui se sont déchainés ces derniers temps contre Elle ! N…

  • Ah oui je n’avais pas vu ce texte en son temps. Tant mieux !
    Parce que franchement, comme dit Koz, ça ne parle pas trop de l’Eglise que je connais.

    Pour tout dire, ça fait un peu lutte des classes toute cette rhétorique.
    En tout cas, je ne me sens pas, pour ma part dans un « statut de mineur » dans lequel m’aurait entretenu la « société cléricale ». J’aurais plutôt l’expérience de m’être parfois senti abandonné par des prêtres qui cherchaient à se fondre dans le laïcat, ou à glisser la doctrine sous le tapis pour pas qu’elle se voie, bref à faire le moins prêtre possible. Pourtant chacun doit assumer sa mission !

  • Quand un curé fait un péché ou dit une connerie, c’est son humanité pécheresse qui parle.

    Quand deux ou trois curés disent des conneries ou font des péchés, c’est toujours leur humanité qui agit, même si Jésus se tient au milieu d’eux.

    Quand plein de curés font des conneries, c’est toujours leur péché individuel qui parle mais l’ensemble de leur groupe est saint : c’est l’Église… Quelqu’un peut m’expliquer ?

    Finalement ce débat et ce blog m’empêchent de « croire en rond », c’est plutôt bien.

  • Mystère de la boite à spam ou que sais-je, mais un précédent message de votre serviteur a disparu.

    De mémoire, il disait que pour une fois j’étais totalement d’accord avec la note de Koz, je dis bien totalement.

    Que la parole de Benoît XVI prenait à contrepied un certain nombre de commentateurs dans la blogo catho qui voyaient dans les attaques davantage une origine externe qu’une origine interne : « la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché dans l’Église. »

    Que l’affaire Maciel révélait des silences voire des complaisances (ex Sodano) de très haut niveaux, que Benoît XVI ne pouvait combattre quand il était cardinal.

    Et qu’elle allait peut-être gravement perturber les légionnaires de base qui avait fait une confiance aveugle à ce mauvais berger.

  • @ Antoine

    Quand « plein de curés »…, c’est combien ? 1 %, 2 %, 3 % ?

    Cela dit, il est vrai que tous les curés sont des pécheurs, comme vous et moi. Et si nous sommes « saints », c’est parce que la grâce divine nous sanctifie, pas du fait de nos mérites.

    L’Église est comme nous, pécheresse tous les jours dans sa dimension humaine, mais déjà sainte, rachetée par le Christ, animée par sa grâce. Et nous croyons, par la foi, qu’elle triomphera du mal qui étale ses « victoires » qui n’en sont pas.

  • Sinon Antoine vous êtes fortement encouragé à faire l’effort d’ouvrir un catéchisme de l’Eglise catholique – même que c’est dispo en ligne (donc gratos en plus ^^).
    Vous aurez noté aussi que sur les tympans ou les peintures de nos églises relatifs aux jugement dernier, les tonsurés ne sont pas les derniers parmi ceux voués à la damnation. Les loups déguisés en pasteurs, ça date pas d’hier – les Plantu de l’époque avaient sans doute au moins autant de talent – et d’insolence. Mais ils connaissaient leur catéchisme, les bougres.

  • @ Antoine:
    Le christ est avec nous tout le temps, quels que soient nos actes, nos péchés, voire nos crimes, il ne nous abandonne jamais. C’est nous qui lui fermons la porte au nez, il ne la force pas, mais nous signale qu’il veut rentrer.
    Par ailleurs, lorsque plusieurs personnes ayant les mêmes caractéristiques quelles qu’elles soient vous font du mal, vous avez tendance à croire que toutes sont ainsi…
    Pour jésus au milieu d’eux, il faut qu’ils soient réunis en son nom, et je doute que l’on puisse réellement commettre un acte pédophile au nom de Jésus. Donc dans ce cas là, non il n’est pas au milieu d’eux…
    Quant à l’Eglise sainte, saint veut dire ami de dieu. L’Eglise est l’assemblée des amis de dieu…

  • Antoine conviendra sans nul doute que lorsqu’on découvre le nombre impressionnant de pédophiles parmi les rangs des éducateurs, il faut inévitablement en conclure qu’un système éducatif est une mauvaise chose. De même, et sans sombrer dans la caricature, de faire le constat qu’il existe un nombre non négligeable de pompiers parmi les pyromanes nous oblige à considérer que l’institution des soldats du feu est une ignominie.

    Antoine répondra certainement que ni les systèmes éducatifs ni les organisations de pompiers ne prétendent être parfaits. L’Eglise a l’incroyable prétention, elle, d’être sainte.

    C’est là justement tout le mystère et la beauté de cette institution divine ! Nous voyons la folie de Dieu, sa patience, sa confiance et son amour paternel, à nous confier sa divine création, sa sainte institution, son corps qu’est l’Eglise. Là encore, il livre son corps en sacrifice, et dans chacun de nos péchés nous le crucifions à nouveau. Pour paraphraser Blaise Pascal, le Christ est crucifié tous les jours jusqu’à la fin du monde.

    Pour prendre un exemple, on pourrait imaginer que Koz ici présent ait à publier l’article le plus important qui puisse être, dévoilant la Vérité sur les origines de l’humanité, dont il aurait fait, lui seul, la découverte… et que tranquillement, il en confie la rédaction à son plus jeune enfant ne sachant même pas écrire (je suppose), mais tout en demeurant à ses côtés pour le guider, l’encourager, et lui permettre d’apprendre… Alors, on serait encore à des années lumières de se rendre compte de la folie divine qui consiste à nous confier rien de moins que la co-responsabilité du salut de l’humanité.

    C’est en cela, cher Antoine, que le péché n’est pas intrinsèque à l’Eglise, mais bien ce qui persécute l’Eglise, particulièrement quand il habite en son sein, puisqu’il nuit en cela à sa sainte vocation.

  • Concernant la question de l’Eglise, sa sainteté et son péché, tout est parfaitement expliqué dans le CEC 1° Partie / 2° Section /Chp III art.9 p.3 – II alinea 827 🙂

    Pour en revenir aux déclarations du pape, elles sont évidemment très justes, et comme d’habitude incomprises (sciemment ou non) de la presse. Ceux-ci disent : voyez, nous avions raison d’être hystérique et d’envoyer les prêtres à la potence, le pape reconnait lui-même que l’Eglise est pourrie jusqu’à la moelle. Ils se donnent donc l’absolution en croyant avoir la bénédiction du pape en personne.
    Symptomatique est par ex l’article de El Pais (cf El gladiador solitario), où Benoît XVI est décrit à ce sujet « comme ayant donné le meilleur de lui-même, avec le courage et la férocité d’un galdiateur solitaire, peu commun pour homme âgé de 83 ans dont certains font le reproche d’être trop intellectuel… »
    Parfait baiser de Juda. Ca part de suite en vrille :
    « … en dénonçant une hierarchie corrompue, immorale et pourrie, appelant à la purification d’une Eglise pécheresse. » (évidemment, l’Eglise est tout le temps appelée à la purification, cf CEC etc.)

    Tout le reste de l’article vise ensuite à opposer la base des chrétiens honnêtes à un quarteron de prélats latino-américains corrompus, forcément réac (combien même la racine des problèmes prend très largement sa source dans les courant dits progressistes, qui cherchent à fondre l’Eglise dans le monde). Bref, ces cuistres prennent Joseph pour taper sur Pierre ! Il faut quand même une sacré dose de cynisme et d’esprit tordu (ou de crasse inculture) pour oser interprêter ainsi les paroles du pape. Mais c’est ainsi depuis que la presse est presse.

    On eut droit à peu près à la même auto-absolution dans le Figaro.
    Mais comment des pourris – ne pouvant même pas se prévaloir d’un quelconque talent – osent-il juger de ce qui est pourri ? Vous journalistes des mass-media avez simplement démontré dans ces affaires de pédophilies votre impartialité, votre malveillance, votre incapacité à faire du vrai travail de journaliste, à prendre le recul nécessaire – et vous vous êtes, une fois de plus, complètement discrédités en relayant des informations manifestement fausses ou tronquées ou incomplètes.
    Que l’Eglise vous ait donné un bâton pour se faire battre est une autre histoire.
    Que les journalistes fassent donc leur méa-culpa comme l’Eglise fait la sienne. Ensuite ils donneront des leçons à l’Eglise.

  • pfff, c’est décourageant…

    Voici un titre du fil de l’AFP :

    Pédophilie: démission d’un évêque irlandais pour raison d’âge

    Dans la suite de l’article on apprend :

    1) Selon ce texte, Mgr Walsh quitte ses fonctions pour avoir atteint la limite d’âge des 75 ans.

    2) Cet évêque, qui s’est déclaré en faveur de l’ouverture d’un débat au sein de l’Eglise sur le célibat des prêtres ou le rôle des femmes, ne figure pas parmi les prélats accusés d’avoir couvert en Irlande des prêtres qui ont abusé de centaines d’enfants pendant des décennies. Son diocèse n’a pas jamais été cité dans le cadre de ce scandale.

    Mais bon, pas de raison, il a tout de même droit au mot de « pédophilie » dans le titre de l’article qui annonce son départ en retraite… Normal, il est irlandais ET prètre, c’est donc nécessairement louche.

    Ah et puis, il faut dire que ça permet d’en remettre une couche sur BXVI en fin d’article : « Le pape lui-même a été accusé d’avoir couvert des prêtres coupables en Allemagne et aux Etats-Unis. »

    http://www.la-croix.com/afp.static/pages/100518111740.aodfuizo.htm

  • L’AFP avait déjà relayé sans recul les accusations du NYT. L’AFP, financé pour l’essentiel par les contribuables, est clairement sous influence. Les médias du « Service Public », de l’AFP à France Inter en passant par France 2 sont noyautés, et nous payons, et nous payons…

  • @ Aristote

    Oui, mais pendant quelques jours, ils avaient fait un premier effort en ne diffusant plus « a couvert » mais « a refusé de sanctionner » (ce qui restait quand même partiellement faux, puisque sanction il y a eu mais pas nécessairement celle que les média attendent), et là ils régressent à nouveau…

  • @ Louve

    Et trop de journaux se contentent du fil AFP (et pas seulement sur ce problème), sans aucune valeur ajoutée rédactionnelle.

  • @Louve : « Il avait alors reconnu avoir à deux reprises dans le passé eu à juger des prêtres pédophiles dans le cadre de procès canoniques. Le coupable avait été défroqué dans le premier cas, mais le second cas n’a pas encore été révélé. « Je serai comptable de mon rôle » dans cette affaire, avait-il dit.

    Ce paragraphe jette un doute sur, au moins, sa propre perception de la façon dont il a géré ces affaires (notamment la deuxième). Plus d’information me paraît nécessaire.

  • @ Yogui

    Et donc vous pensez que sa démission pourrait être due à ce deuxième cas, potentiellement mal géré ??

    Cela me paraît très peu probable.

    Cet évêque part en retraite parce qu’il a atteint l’âge limite. On en profite pour ressortir ce qu’il avait personnellement dit à propos de son expérience face aux prètres pédophiles (ce qui est sans doute le cas de TOUS les évêques irlandais). Et hop : l’annonce de son départ à la retraite est accolé du mot « pédophilie », sous-entendant qu’il pourrait y avoir un lien entre les deux. Vous ne voyez vraiment aucune malveillance dans cette façon de traiter l’info ?? Allons, ne me faites pas douter de votre bonne foi !

    • Bah, Louve, Yogui est prêt à lyncher un pauvre type parce qu’il n’a potentiellement pas pris la meilleure décision. Mais que voulez-vous, lui, il a des principes.

  • Hola

    Je voulais juste dire par mon post pas clair :

    que je vois bien que les membres de l’Église sont tous des pécheurs (moi-même, si j’avoue avoir quelques orteils dedans).

    Je sais aussi que l’Eglise est sainte.

    Ce que je n’arrive pas à comprendre bien, c’est que l’ensemble des baptisés pécheurs constitue une Église sainte… Il y a là une articulation qui m’est difficile.

    L’Eglise ce n’est pas forcément la somme de tous les baptisés, mais alors ?

    Si quelqu’un peut m’expliquer ?

    Et sans a priori négatif (salutation @ Pneumatis) s’il vous plaît. Je pars aussi de l’a priori que tous les lecteurs de ce blog ne sont pas forcément catholiques. Alors les conseils du genre « va-lire le catéchisme tu seras moins couillon », je peux m’en passer !

  • @ Antoine

    Vous avez raison, autant répondre à votre question en toutes lettres, plutôt qu’en références et alinéas qui rebuteront les moins croyants ou les plus feignants d’entre nous 😀

    La sainteté est un qualificatif que beaucoup peuvent avoir du mal à accorder à l’Église. Son histoire n’est-elle pas entachée de médiocrités, de crimes et de violences? Les chrétiens sont-ils meilleurs que les autres?

    La sainteté ne signifie pas d’abord la perfection morale, mais le fait d’être mis à part et d’appartenir à Dieu. La sainteté de l’Église fait partie de sa nature la plus intime. L’Église est sainte parce qu’elle prend sa source en Dieu qui est saint. Elle est sainte parce qu’elle est étroitement liée au Christ et qu’elle est animée par l’Esprit qui ne lui fait pas défaut.

    Elle est sainte par son Credo, par ses sacrements, par les ministères qui lui permettent d’accomplir son oeuvre. Le Christ « voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut; il la voulait sainte et irréprochable » (Ep 5,27). Comment ne serait-elle pas sainte si elle est, de par la volonté de Dieu et du Christ, instituée en instrument et lieu de sanctification?

    La sainteté de l’Église suscite la sainteté de ses membres. L’Église manifeste dans le monde que la foi qu’elle professe est capable de produire d’authentiques fruits de sainteté. Ceux-ci se reconnaissent dans l’innombrable cortège des saints illustres, dont les noms jalonnent son histoire. Ils affleurent aussi dans le témoignage de ces vies qu’inspire le contact de l’Évangile et qui reflètent quelque chose de la sainteté du Christ.

    L’Église ne cesse pourtant pas d’implorer pour elle-même la miséricorde et d’entendre l’appel à la conversion. Elle sait, en effet, que ses membres sont pécheurs. Elle est, pour eux, communauté de pardon et de réconciliation: « Nous avons constamment besoin de la miséricorde de Dieu et nous devons tous les jours dire dans notre prière: Pardonne-nous nos offenses » (Mt 6,12; LG 40).

    (source: catéchisme pour adultes des évêques de France)

  • @ Antoine : L’âme de l’Eglise est sainte, mais elle s’incarne dans des humains pécheurs (mon interprétation, sous réserve de validation d’experts).

    @ Louve : Oh je vois tout à fait la préoccupation de l’AFP de « faire du titre », si besoin trompeur, mais par échange de bonne foi vous reconnaîtrez sans doute qu’à la lecture de votre commentaire on pouvait penser qu’il n’y avait absolument aucun rapport entre Mgr Walsh et les affaires pédophiles, ce qui ne semble pas être tout à fait tout à fait le cas, quels que soient ses mérites sur le sujet par ailleurs.

    @ Koz : Ouh là là non je ne lapide personne, j’ai bien trop conscience des faiblesses humaines et des miennes en particulier !

  • @ Yogui

    Avouez tout de même que le lien ténu (s’il y a eu procès canonique, c’est qu’il y a eu gestion du pb et non couverture) qu’il pourrait y avoir avec un possible scandale est plutôt disproportionné par rapport à ce titre raccoleur !

    Qu’en tant qu’évêque, il y était confronté dans sa vie, ça n’est malheureusement pas bien étonnant, qu’il ait été interviewé à ce propos, on le comprends aisément vu ce qui s’est passé dernièrement en Irlande.

    Mais allons-nous, à chaque prochain départ à la retraite d’un évêque irlandais, ressortir son avis sur le traitement de la pédophilie comme seul résumé de sa vie au service de l’Eglise ?

    En plus de se contenter de ça, l’AFP en rajoute en sous-entendant qu’il y aurait un lien entre sa démission et les affaires de pédophilie ! Je trouve ça un poil plus malveillant que la seule volonté de faire du titre !

  • @ Yogui et Antoine :

    Le soucis, c’est qu’en faisant cette distinction âme/corps, on s’éloigne beaucoup de la théologie chrétienne qui se refuse justement à les distinguer. Pour être plus précis, elle les nomme distinctement, mais professe leur unité, leur complémentarité et les effets de l’une sur l’autre(et inversement).

    En fait, pour faire simple, je pense que l’on pourrait dire que l’Eglise est sainte en tant que lieu de sanctification (fondé par le Christ et constemment renouvelé par l’Esprit), mais constituée de pêcheurs en route sur ce chemin de sanctification.

  • @Yogi : la dualité corps-âme que vous proposez ne me semble pas correcte. En fait visiblement tout le paradoxe se concentre dans l’incompréhension du mot « sainteté » qui ne signifie pas « pureté »

    Sandro Magister a évoqué toute cette thématique dans deux articles successifs. Voici un lien vers le second

    http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1343204?fr=y

    C’est hyper-dense et passionnant et je ne prétends pas en rendre compte, mais voici trois passages saillants (tirés de « Introduction au christianisme » par un certain J. Ratzinger).

    « Mais c’est toujours vraiment la sainteté du Seigneur qui se fait présente ici, et il choisit aussi et justement les mains sales des hommes comme réceptacle de sa présence. »

    « Dans la sainteté de l’Eglise, bien peu sainte par rapport à l’attente humaine d’une pureté absolue, n’y a-t-il pas la révélation de la véritable sainteté de Dieu qui est amour, un amour qui toutefois ne se réfugie pas dans le noble détachement de l’intangible pureté, mais qui se mêle à la saleté du monde de façon à la nettoyer ? »

    « Mais croire que l’on peut construire davantage en étant seul qu’en collaborant avec d’autres est justement une illusion, exactement comme l’est l’idée d’une Église « des saints » au lieu d’une Église « sainte », qui est sainte parce que le Seigneur lui prodigue le don de la sainteté, sans aucun mérite de notre part. »

  • @ Jack Frat: entièrement d’accord avec vous, et Golias est en permanence sur ce thème aussi…
    En fin bon ça, c’est connu…

    @ Yogui: pour la citation, pas forcément: cela veut peut être tout simplement dire qu’il se considère comme responsable du traitement de cze dossier au cas où il y aurait eu des problèmes dans celui-ci…

    @ Flam: pour moi l’Eglise est sainte pârce qu’elle est amie de Dieu, tout simplement…

  • C’est vrai qu’ouvrir un bouquin traitant du contenu de la foi catholique, pour trouver une réponse à une question de théologie concernant la foi catholique – en l’occurrence la sainteté de l’Eglise – c’est d’une aberration.
    Je crois que je vais plutôt demander l’avis du public Jean-Pierre !

    Mais les vérités de la foi ne relèvent pas d’une démocratie d’opinion publique. C’est bien autre chose.

  • La distinction corps-âme, c’est du Platon ou du Descartes, ce ne sont pas des catégories bibliques.

    C’est vrai que ce n’est pas facile à comprendre. La distinction « corps-âme » donne l’impression que dans le monde où nous vivons, que nous explorons à travers la démarche scientifique, existent côte-à-côte, éventuellement bien mélangés, deux trucs qui sont le corps et l’âme, le premier tangible, l’autre un peu vaporeux il faut bien le dire.

    La Bible nous dit que Dieu est transcendant, qu’on ne peut le saisir à travers nos catégories humaines. Son Incarnation (on y est habitué, après 2 000 ans de christianisme, mais c’est en fait un truc absolument incroyable !) nous donne accès à l’homme Jésus, mais notre âme est la faculté que nous avons d’entrer en relation avec la réalité transcendantale de Dieu. Ce n’est pas une sorte de fantôme doué de capacités particulières comme l’immortalité (nous croyons à la résurrection de la chair, pas à l’immortalité d’une âme séparée) ou l’ubiquité !

    Et un peu comme nous sommes corps et âme (la comparaison n’est pas parfaite), l’Église est une institution humaine pécheresse dans ses membres, mais c’est aussi la Communion des Saints, un « corps » dont le Christ ressuscité est la tête, et comme telle elle est bien sûr sainte.

  • Ah mais si corps et âme sont indissociables, c’est quoi qui va au Paradis (ou, dans mon cas, en Enfer) ?

  • @ Yogui

    « c’est quoi qui va au Paradis? »
    L’âme et le corps dit « glorieux », comme le Christ qui, après sa résurrection n’était pas un fantôme mais pouvait être touché par les apôtres et partager un repas avec eux.

    Dans le Credo, on dit «je crois à la résurrection de la chair». Et l’apôtre Paul nous dit : «Le Christ transfigurera notre corps pour le rendre semblable à son corps de gloire». (Ph 3,21)

    Quant à l’enfer, ne soyez pas trop sûr de vous mon cher Yogui, vous pourriez être surpris 😀

  • La résurrection de la chair j’étais au courant, mais il me semblait que c’était lors du Jugement Dernier, et non dès notre mort. Comme quoi …

    Quant à ma destination, Polydamas m’avait expliqué que l’Enfer se caractérisait avant tout par l’absence de Dieu, ce qui vu sous cet angle n’était pas pour me déplaire. Mais c’est un autre débat 🙂 !

  • @ Yogui

    En effet, c’est un autre sujet 😀 (Mais si tu savais le don de Dieu…)

    Pour la résurrection de la chair, vous avez raison, c’est lors du retour du Christ. Mais votre question n’était pas « que se passe-t-il au moment de ma mort ? » mais « c’est quoi qui va au Paradis? »

    Or ce que les chrétiens appellent « paradis » c’est la vie éternelle en communion avec Dieu. Cela, nous n’y parvenons qu’une fois notre âme et notre corps réunis lors du jugement dernier.

    L’âme et le corps se séparent momentanément au moment de la mort, mais sont réunis à nouveau pour la vie nouvelle. Ce « momentanément » ne doit pas être compris littéralement puisque nous quittons, à notre mort, la temporalité du monde.

    Quoiqu’il en soit, cela s’oppose totalement à l’idée qui décrirait une âme immortelle enfin libérée du carcan matérielle. C’est en cela qu’âme et corps sont indissociables, mais leur existence propre est une réalité.
    L’homme est tout à la fois âme et corps et il est appelé à renaître dans le Christ dans cette unité.

  • @ Yogui: je sais que je vais me répéter, mais tu ne peux aller en Enfer que si tu le veux… et j’ajouterais que la raison pour laquelle l’Eglise dénonce le péché, c’est parce qu’il nous coupe de la relation d’amitié que le chrisrt nous propose, et non à cause d’un code moral absolu (même si chez certains chrétiens il y a malheureusement cette dérive)

  • Ah, je viens de me rendre compte que Koz nous enjoignait gentiment à nous recadrer sur le sujet du billet…

  • Bonsoir,

    @Antoine : pardonnez-moi si j’ai fait preuve d’a priori négatif en répondant à votre message. Il est vrai que j’y ai perçu a priori comme la volonté de démontrer l’incohérence consistant à professer la sainteté de l’Eglise en même temps que reconnaitre le péché de ses membres. J’espère que les réponses qui vous ont été données vous auront satisfait.

    @Aristote : Je vais faire mine que je n’ai pas vu la remarque de Koz… Ou plutôt si, mais comme le sujet c’est « Net et clair », je vais essayer d’être net et clair. Bref, juste pour dire un mot sur l’âme et le corps. A moi il semble que la distinction entre âme et corps est tout à fait chrétienne, même si je comprends bien ce que vous avez voulu dire par la suite et que j’y souscris. Dans la théologie chrétienne, sur base de votre propre philosophie (Aristote 😉 ), l’âme est la forme du corps (au sens de sa cause formelle). La distinction entre les deux est le propre de notre condition déchue : le péché originel pousse le premier homme à objectiver son corps (il vit qu’il était nu), puis à le cacher/couvrir. Première séparation d’avec le corps, un voile se place dessus et il faudra des millénaires de révélation jusqu’à la résurrection du Christ pour réconcilier l’homme avec son corps.

    Oui, la séparation de l’âme et du corps porte un nom dans notre religion : la mort. C’est par le péché que la mort arrive. Notre condition déchue est précisément ce qui fait que nous distinguons l’âme et le corps, qu’il y a une sorte de dysharmonie entre les deux. Ce problème est évidemment entièrement résolu par la résurrection (qui pour nous aura lieu à la fin des temps), puisque le corps partagera à nouveau par elle la destinée de l’âme, dans la gloire de Dieu ou dans les ténèbres, selon la volonté de chacun.

    @Koz : Pardon d’avoir persisté un tout petit peu dans la digression. Je réfléchis d’ores et déjà à ma pénitence…

  • @ Pneumatis

    Je souscris bien sûr à ce que vous dites, mais je partais de la notion « commune » de l’âme, partagée intuitivement par la plupart de nos contemporains, qu’ils y croient ou non, et qui est beaucoup plus proche de celle de Platon/Descartes que de celle d’Aristote/Thomas d’Aquin.

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