Moi, je l’aime bien, Woerth

Franchement, il a une tête de prévaricateur, ce type-là ? Les lunettes fines et rectangulaires, le crâne franc et droit, et la coupe de cheveux, ça vous fait une tête de malfrat ? Tiens, d’ailleurs, sur Europe1, Eric Woerth le disait : « Moi, j’ai une tête à couvrir une fraude fiscale ? » Pourtant, je vous jure que je n’ai lu ça qu’après avoir rédigé mon intro. Donc revenons-en à sa tête : moi, je dis non. Il a pas une tête à ça. Il a une bonne gueule.

En plus, c’est un mec qu’a de l’humour. Je me souviens d’une vidéo de campagne où il était à l’arrière d’une voiture avec Laurent Wauquiez, et il était assez marrant. Le genre d’humour que j’aime bien, du type qu’on n’attend pas forcément là, parce qu’il fait de la finance (#chiant), mais qui se révèle pince sans-rire et deuxième degré.

Et puis y’a Alain Lambert, aussi, qui juge les accusations contre lui peu crédibles. Et il a une bonne gueule aussi, Alain Lambert (salutations, Monsieur le Sénateur). Et je l’aime bien. Comme Woerth. Y’a pas qu’Alain Lambert, y’a aussi Martin Hirsch, qui dit qu’Eric Woerth est « un homme droit, juste, montagnard ». Bonne gueule aussi, Hirsch. D’ailleurs, je l’aime bien aussi. Parce que j’aime bien les gens qu’ont des bonnes gueules. Et puis, Hirsch, il n’est pas tenu par la solidarité gouvernementale, pas plus qu’Alain Lambert. Et encore moins par une solidarité de parti qu’Alain Lambert, qui fait des misères au président. Et Hirsch, il n’a réclamé aucune compensation pour son départ1, il bosse dans le privé : bref, il a toutes les raisons de la boucler sur ce sujet s’il n’est pas sûr de ce qu’il dit. Soeur Emmanuelle et l’Abbé Pierre sont morts, en revanche. C’est bien malencontreux. Ils ne pourront pas le défendre. Et je crois qu’il ne faut pas trop se fier à Yannick Noah.

Alors, ok, tirer argument de la trombine d’un ministre pour lui accorder sa confiance, c’est un peu léger. Et puis vous me direz que c’est éminemment partial. Certains diront qu’il a une tête de banquier suisse, ce qui est très injuste après ce qu’il leur a fait, aux Suisses.

Se fier à la tête, ce n’est pas sérieux. Mais il y a une telle palanquée de gens qui n’en savent foutre rien mais qui ont un avis tranché que je me dis que ce n’est pas forcément plus con : après tout, la tête, pourquoi pas. La tronchologie a certes des ratés (prenez Besancenot, par exemple) mais n’a aucune prétention d’exactitude. C’est un pifomètre à peu près aussi fiable que les convictions acharnées des contempteurs patentés de l’opposition, qui accablent parce qu’ils n’aiment pas.

Ca me pose tout de même une difficulté substantielle et je vous prie de croire que mon blogging ne se fait pas sans douleur : puis-je faire ce reproche aux détracteurs endiablés alors que finalement, je commente moi-même des choses dont je ne sais rien ? Mais, allons donc, ainsi va la vie, on va pas se faire des noeuds au cerveau, je fais comme tout le monde et j’arrête de faire ma mijorée.

Plus substantiellement, s’il faut encore de la substance par ce beau soleil, je partage assez l’avis d’Authueil, qui partage assez l’avis d’Alain Lambert, comme quoi on se retrouve toujours : il y a une certaine montée du populisme à l’égard des élus. A certains égards, c’est pire que dans l’Eglise : on veut des saints. On veut des politiques qui gèrent les affaires du pays, mais qui se déplacent en trottinette. On voudrait des ministres du Budget qui n’aient pas de relations dans la finance. Voire pas d’expérience2. Même pas en rêve tu parles à ton pote de promo. Sa femme ? Elle doit démissionner. T’étais gestionnaire de patrimoine ? Tu feras bien du marketing, hein, tout ça c’est pareil. Sinon, voilà cent sacs, va, fais-toi plaisir, mais reste à la maison.

En ce qui concerne donc Woerth, on semble lui reprocher essentiellement la potentialité d’une infraction. Dans la situation dans laquelle sa femme et lui étaient, ils auraient pu commettre une infraction. Cette infraction est-elle commise ? Personne n’en rapporte la preuve. Eric Woerth a-t-il favorisé l’embauche de son épouse ? Eh bien d’une part, Florence Woerth n’a pas l’air d’une quiche, elle a le CV qu’il faut. A-t-elle organisé, a-t-elle participé à la fraude dont on suspecte Liliane Bettencourt ? Son mari indiquait au Grand Journal qu’elle gérait les actifs des sociétés de Liliane Bettencourt ou, si ce n’est ça, qu’elle en plaçait les dividendes, mais qu’elle ne gérait aucunement son patrimoine privé (ce qu’elle explique au Parisien).  Lui-même connaissait-il Patrice de Maistre ? Il ne le nie pas, et l’on ne voit pas bien en quoi cela prête à conséquence. C’est l’employeur de son épouse, ce qui rend déjà la question superflue, et Eric Woerth est ministre, ce qui laisse de toutes façons penser qu’il fréquente des lieux (notamment de débat) dans lesquels Patrice de Maistre peut se trouver.

Sa femme a-t-elle trempé dans l’évasion fiscale reprochée à Liliane Bettencourt ? Le fait est que, pour quelqu’un qui s’est attaché les services de la femme d’un ministre, Patrice de Maistre ne paraissait pas excessivement confiant. Florence Woerth entre à la société Clymène en novembre 20073. Or, on lit, dans les retranscriptions d’enregistrement que, le 27 octobre 2009, Patrice de Maistre explique à Liliane Bettencourt que : « à partir de janvier, c’est M. Woerth qui a fait la loi, la France peut demander aux Suisses si vous avez un compte là-bas », et qu’il va donc mettre l’argent ailleurs. Etonnant, de la part de quelqu’un qui aurait l’appui du ministre.

Il reste que l’activité de son épouse pouvait éventuellement placer Eric Woerth dans une situation de conflit d’intérêt, à supposer tout de même qu’elle le tienne informé de son activité quotidienne et inversement. Il est vrai que Béatrice Schönberg a quitté le JT lorsque Jean-Louis Borloo est devenu ministre. Et que la question mérite d’être discutée, comme le relèvent tant Alain Lambert que Martin Hirsch qui, rappelons-le, ont tous les deux une bonne gueule – c’est important.

Cela étant, le fait d’avoir été un temps (n’étant plus au Budget, il ne l’est même plus) dans une situation de conflit d’intérêt éventuel mérite-t-il tout ce battage, surtout quand les Bleus remettent le pied sur le sol national ? Vous l’avez compris, moi, je dis : ben, pas sûr.

En attendant, y’en a une qui doit bien se marrer, c’est Christine Boutin


  1. Alain Lambert non plus, hein, mais bon, on va s’arrêter là dans les comparaisons []
  2. Eric Woerth est ancien dirigeant d’Arthur Andersen []
  3. cf Le Monde []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d'un titre. Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire - Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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188 comments

  • Soeur Emmannuelle et l’Abbé Pierre morts, il est la personnalité préférée des français indétrônable. En matière de bonnes tronches proclamées, ça retombe donc sur lui, automatiquement.

  • Woerth, c’est la réforme des retraites et un successeur possible de Fillon.

    Espérer tant soit peu de retenue à l’opposition, c’est comme demander à un tigre de ne pas se précipiter sur un gigot traînant là par inadvertance !

    Sans doute quelqu’un de bien ce Woerth, mais pour l’opposition, c’est une raison de plus de le dézinguer.

  • Etre trésorier de l’UMP (et donc rechercher les dons privés) tout en étant Ministre du Budget (et donc à même de peser les patrimoines de tous et d’évaluer et sanctionner les fraudes fiscales), c’est pas mal non plus.

  • @Aristote : S’il lui manque à la fois tout flair politique et toute vision des conflits déontologiques potentiels, c’est sans doute un service à lui rendre.

  • Pendant un temps Philippe Briand, proprio-gérant d’une grosse société de syndics a exercé les fonctions de secrétaire d’état à l’aménagement du territoire… avant de s’apercevoir que son activité de promotion et gestion immobilières le mettait dans une situation d’incompatibilité. ses affaires ont drôlement changé depuis; changement d’enseigne du portefeuille syndic-promoteur, revente du cabinet d’assurances et de nombreux et très bien placés murs commerciaux avant le passage du tramway de Tours… Mais on dira rien, il a un frangin maire de Tours: Jean Germain.

  • la tête d’honnête homme d’eric woerth me rappelle les chaussettes du même tonneau de pierre béregovoy. comme si madoff ou kerviel n’avaient pas une bonne bouille qui inspire une totale confiance !!

    Sur le fond… patrice le maistre embauche mme woerth quand son mari vient de devenir ministre du budget. il faut être un peu naïf ou très hypocrite pour n’y voir qu’une coïncidence. Chacun peut comprendre que plm, au minimum, cherche un canal de communication informelle avec un homme puissant, voire par des services habiles, aimerait en faire un obligé. la question à laquelle j’aimerais que mme woerth réponde est celle de savoir si elle aurait dénoncé des comportements d’évasion fiscale couverts par son employeur, si elle en avait eu connaissance, et si, en tant qu’épouse du ministre, elle l’a clairement dit à son futur directeur… dans ce cas plm remonte dans mon estime et devient un philanthrope qui aime prendre des risques en faisant entrer le loup dans la bergerie… dans l’autre cas, je ne peux qu’y voir une imprudence de l’épouse du ministre, voire un soupçon de connivence renforcé par cette légion d’honneur remise par l’époux-ministre à son patron…

  • Sans doute pas l’article le plus argumenté lu sur koztoujours mais bon…

    Woerth est donc trésorier de l’UMP et, à une époque, ministre du budget. Au Bristol, avec Sarkozy, il se trouve face aux plus gros donateurs de l’UMP. Bon, déjà, niveau République irréprochable, ça fait tache (pas du niveau du karachigate, certes). L’investissement de ces messieurs est très sûr : en plaçant entre 3.500 et 7.500 euros, ils sont les premiers bénéficiaires du bouclier fiscal, qui leur rapporte entre 3 à 50 fois la mise. Le « Président de tous les français » et son ministre-trésorier devant les plus gros donateurs de l’UMP, non mais sans blague…

    Un peu étonné, et se posant des questions légitimes, les députés PS, à l’Assemblée Nationale, demandent à Woerth s’il n’y a pas là un potentiel conflit d’intérêt. Réponse du sympathique Woerth (c’est koz qui le dit : il a une bonne bouille ce type) : « que me voulez-vous avec cette question stupide ».

    Ah ouais, totale classe.

    Puis, récemment, on apprend que M. Woerth décide de décorer de l’insigne de la légion d’honneur ou autre friandise du même acabit Patrice de Maistre. Qui ça ? Ah, le type qui conseille Bettencourt et favorise allègrement son évasion fiscale. Le jour où sa femme est embauchée chez Clymène. Drôle de coïncidence hein ? Bon, à cause d’un décès, la cérémonie est repoussée. Attendez, regardez sa tronche à Woerth, il a l’air sympathique, c’est sûr c’est une coïncidence.

    L’affaire se poursuit donc. M. Woerth part à la chasse aux fraudeurs fiscaux (mais, selon cet article : http://www.lemonde.fr/societe/chat/2010/06/22/affaire-bettencourt-que-sait-on-du-dossier_1376988_3224.html Bercy réserve tout de même un traitement spécifique aux grosses fortunes, donc à Mme Bettencourt). Et sa femme, bosse pour Mme Bettencourt. Bon, inutile d’avoir totalement l’esprit mal tourné pour se dire : tiens, ce type sympathique, il est peut être pas si futé. Comment ne pas comprendre que la question du conflit d’intérêt risque de se poser ?

    Le scandale éclate, Woerth se défend (très mal : http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/06/23/la-defense-parfois-legere-d-eric-woerth_1377395_823448.html#ens_id=1373579). Bettencourt régularise sa situation (elle était pas sur la liste des 3.000 ?), Woerth madame démissionne (tiens mais pourtant, il n’y a pas conflit d’intérêt, si ?).

    Ah ! qu’est-ce qu’il a une bonne bouille sympathique ce Woerth…

    Si on met bout à bout tous ces petits riens qui donnent une image déplorable de la France à l’étranger (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100617.OBS5721/affaires-la-presse-etrangere-juge-severement-nos-ministres.html) et au cœur du citoyen, on se dit que la République irréprochable, on la sent bien passer dans son fondement.

    Pour moi, c’est un profond dégout et un ras-le-bol absolu. Vivement qu’on les vire ces politiciens vulgaires, arrogants, bling-bling et incompétents.

  • Et dans le panneau, la tête en avant, en klaxonnant. Mais bien sûr mon Francis, qu’on ne voit pas un pervers à sa tête. En revanche, je vous trouve fort désagréable avec Bérégovoy.

    En ce qui concerne ce que pouvait attendre Maistre, ça le concerne. Beaucoup de gens croient, en rendant service à des personnes bien placées, s’en faire des obligées. Ca n’engage qu’eux.

    Et vous n’avez peut-être pas pris en considération le passage que je cite de leurs entretiens privés : il ne semble pas que la perspective que « M. Woerth fasse la loi » le mette en joie. Apparemment, il ne pensait pas vraiment pouvoir compter sur la mansuétude du ministre.

  • M.Woerth est peut-être intègre, je n’ai pas d’avis là-dessus, indépendamment de sa bobine. Mais je suis partisan de sa démission même s’il n’a rien à se reprocher. Sans doute suis-je influencé par la culture politique du pays où je vis: « la simple apparence d’absence d’intégrité peut être tout aussi dommageable pour le processus démocratique qu’une absence d’intégrité véritable » (http://www.tbs-sct.gc.ca/rp/aci01-fra.asp). C’est un principe sain, même s’il ne parvient pas à empêcher toujours les dérives.

  •  » il y a une certaine montée du populisme à l’égard des élus. »: moi, je trouve que c’est pas que pour les élus, c’est aussi pour les curés, les footballeurs, les cinéastes, les islamistes supposés, les fafas, mais aussi pour la pov’ fille un peu moche qui passe par là, le type qui sent un peu sous les bras…

    .. je crois que c’est pas une question de populisme, c’est surtout une génération dont le principal passe-temps a été de casser les autres, ce qui n’est pas étonnant vu qu’elle a été éduquée par une télé qui ne fait à peu près que ça.

    Qu’on vire Porte, Guillon, qu’on en aie marre de ces critiques incessantes, dans le fond, je trouve ça plutôt un bon signe: ça veut dire que les meilleures plaisanteries sont les plus courtes et que au fond, casser pour casser, ça finit par lasser aussi.

    Par contre, je suis assez d’accord avec Yogui: être celui qui est censé punir les évadés fiscaux, et avoir une femme qui gère une fortune d’évadable fiscale grosse comme une maison, ou être trésorier de l’UMP à la recherche de dons, et avoir un argument comme le FISC dans les mains, bon, il aurait pu intuiter qu’un jour on le soupçonnerait de s’en être servi, même s’il ne l’a peut-être pas fait au delà de ce qui est raisonnable (c’est vrai, 7500€ de dons pour sa campagne,c ‘est une paille, c’est ce que prévoit la loi, le montant n’est pas scandaleux), mais la phrase de De Maistre: « il faut donner ça pour être tranquille » (de mémoire; j’ai perdu le lien), ça fait tâche. et puis l’embauche juste après la nomination comme ministre, ça craint…

    on ne peut pas trop croire à la thèse de l’imprudence: ce qui gêne quelque part, c’est qu’on entrevoit que leur vie toute entière, à ces gens, est pleine de compromissions comme celle ci, et que du coup, ils ne comprennent même pas pourquoi ça nous choque: ils ne peuvent pas être blancs comme neige, mais ils ne cherchent pas bien non plus. A la limite, le 8 pièces de Fillon, je trouvais ça plus normal: c’est un riche, avec une grande famille, c’est normal d’avoir ça, c’est pas un trafic d’influences.

    Enfin, c’est comme Boutin, ces gens, on aimerait qu’ils soient décents. Qu’ ils vivent dans un autre monde, c’est pas un scoop, c’est même pas une honte, la richesse n’est pas un mal, on la souhaite à tous; peut-être qu’il faudrait juste plus de transparence, on serait habitués à ce qu’ils brassent du fric. tandis que là, ils nous la jouent « oui, nous on comprend les pauvres, on est proches de vous », et ils jouent avec des sommes qui représentent la vie de quelqu’un, c’est ce contraste, qui choque. Au lieu de tant parler de mourir dans la dignité, ils feraient bien d’y vivre, dans la dignité!

    sinon, oui, il a une bonne tête, Woerth, ça le sauvera. Moi, je l’aime bien, comme ça, de vue. Je les aime bien tous, cela dit: même Sarko, un moment, je trouvais qu’il avait une bonne tête. Même Ségo, et Bayrou, il y a quelques années, je leur trouvais des bonnes têtes, et même des bons discours. J’avais pile remarqué ces trois là, il y a 10-15 ans, comme jeunes politiques positifs et dynamiques. Pourtant, aujourd’hui, je n’ai plus confiance en eux. Ils ont trop dit de mensonges, trop fait de fautes, trop rien fait de bien.

    Mais bon, peut-être n’est-ce que l’effet de ces critiques permanentes, peut-être qu’en réalité, c’est toujours des gens bien… Peut-être qu’on devrait arrêter de se critiquer, et se mettre à s’entr’aider. Peut-être que ça arrivera un jour.

  • Bonsoir, j’aime bien votre article car je suis dans le même état d’esprit que vous, y compris et surtout sur la bonne tête de Mr. Woerth; De plus, vu la tête de ceux qui instrumentalisent la montée des chacals hurlants, je pense précisément au sieur Montebourg , petit marquis socialisant poudreux et prétentieux , je reste très peu convaincue de ce qui est reproché à ce ministre. Néanmoins, je regrette que sa femme ait démissionné, ce qui conforte ceux qui sont persuadés de sa malhonnêteté, et c’est là toute l’ampleur du problème.

  • Koz,

    Merci pour ce lien frais. Dommage que les réponses de Mme Woerth le soient nettement moins.

    « Je ne suis qu’une simple salariée » Genre d’understatment qui écorche l’oreille, particulièrement quand on porte le titre ronflant de « Directrice des investissements »… espérons seulement que le montant apparaissant sur sa fiche de paye n’ait pas été un euphémisme.

    Question: « Pourtant, Patrice de Maistre, le conseiller personnel de Liliane Bettencourt, est le directeur général de Clymène… » Réponse de Florence Woerth : « Il en est effectivement le directeur, mais sans le moindre lien avec ses activités de conseiller auprès de Liliane Bettencourt pour ses biens personnels. »

    Sans le moindre lien. Il y aurait donc un mur étanche entre les activités de Clymène et la gestion des biens personnels de Madame Bettencourt. Après une attentive lecture des écoutes illégales, on a peine a imaginer de Maistre capable d’une telle discipline. Mais bon, puisque Mme Woerth le dit, prenons la au mot.

    « Q: Par vos fonctions, avez-vous connaissance de l’ensemble du patrimoine de Liliane Bettencourt ? R: Absolument pas. Je ne suis qu’une simple salariée et vous n’imaginez pas à quel point la culture du secret est colossale dans ce genre d’organisation. Rien ne transperce. »

    Elle confirme une fois de plus l’étanchéité totale de l’organisation. Rien ne transperce. Rien. C’est même colossale a quel point rien de transperce.

    « Q: Dans la majorité, certains parlent d’opération de déstabilisation contre votre mari, Eric Woerth, en charge notamment de la réforme des retraites… R: ne suis pas citée dans ces enregistrements, sinon pour dire que je gêne, que je suis un danger et qu’il vaut mieux me virer ! On a imaginé cette affaire à partir de rien. Sur quoi s’appuient-ils, sur quelle réalité ? Qu’on me le dise. »

    Et là, c’est la surprise. Soit c’est étanche-et-rien-ne-transperce, et c’est donc sans risque qu’un « simple salarié » ne vienne fourrer son nez dans les affaires personnelles de Madame Bettencourt. Soit ça ne l’est pas… et Mme Woerth ne nous dit pas tout.

    Et crois le ou non, la seconde hypothèse est PEUT ETRE la bonne.

    Dans un Article du Monde, intitulé « Les dessous inattendus de l’affaire Madoff en France » et daté du 23 janvier 2009, les choses sont présentées de façon sensiblement différente. En voici qq extraits : (pour les abonnés du « Monde » c’est ici: http://bit.ly/9cKh2l)

    « Tout débute en 1997-1998. Les responsables de son « Family office » baptisé Clymène, la structure qui gère le patrimoine personnel de Mme Bettencourt sont séduits par les performances des produits Madoff. Ils créent une Sicav, appelée à l’époque Oreades, dont le dépositaire est la banque française BNP Paribas. [Ce dépositaire, BNP Paribas, sera d’ailleurs remplacé par la banque suisse UBS en 2004].  » (…) « Mais en 2004, nouvelle stratégie d’investissement. Les responsables de Clymène changent, et la nouvelle équipe décide de dissoudre cette Sicav qui totalise alors 280 millions d’euros. « Personne ne soupçonnait une fraude, mais la nouvelle équipe a privilégié une stratégie de diversification du portefeuille, jugée moins risquée », explique un proche. » (…) « C’est cette situation bien moins délicate qu’a récupérée Florence Woerth, l’épouse du ministre du budget Eric Woerth, responsable de la gestion de la fortune de Mme Bettencourt depuis la fin de l’année 2007 au sein de la structure Clymène. Selon son entourage, au vu du passé, et au vu des pertes finalement constatées pour Mme Bettencourt dans cette affaire, Mme Woerth considère elle aussi que le pire a été évité. »

    Qu’en penses tu, là comme ça, à chaud ? Que l’insoupçonnabilité (note bien que je ne parle pas de culpabilité) de Mme Woerth en ressort confortée ou un peu plus écornée ?

  • @Jane : Ne vous inquiétez pas, elle ne devrait pas avoir trop de problème pour retrouver du travail, et qui sait, avec peut-être une petite augmentation au passage, comme c’est généralmeent le cas quand on change de boite à des niveaux relativement élevés… Enfin, je dis ça, je dis rien…

  • Sa gueule de comptable, je suis sûr, depuis un moment, que M. Woerth s’en sert. Pour faire le gars sérieux, pointilleux, celui en qui on doit avoir confiance, genre « les chiffres ne mentent pas ». À part que, il y est allé un peu franco dans le mélange des genres.

    Trésorier de parti et chargé du budget de la nation rien qu’en soi c’est moralement condamnable. Je sais, la moralité et le droit n’ont jamais étées mariées. Je passerai sous silence les excursions à genève de 2006-2007 par exemple..

    Qu’il en prenne plein sa bonne gueule de fonctionnaire du trésor, vétilleux par définition, réjouit quelques type de personnes : le fonctionnaire qu’on va plus augmenter, le cinquantenaire qui voit son départ en retraite repoussé et le gros contribuable qui a « un peu » triché avec les services Bercy ( liste non exhaustive).

    Étant un prof de 37 ans, je quand me demande de laquelle de ces catégorie peuvent bien venir les peaux de banane qui viennent lui couvrir son crâne dégarni.

  • à koz.au delà de l’ironie facile, la question reste: mme woerth a t elle dit à son employeur qu’étant donné la situation de son mari, elle ne pourrait fermer les yeux sur le moindre soupçon d’évasion fiscale?

    et la remise de la légion d’honneur par le ministre du budget à l’organisateur de l’évasion fiscale de la plus grosse fortune française , qui arrive ainsi à ne payer ainsi en moyenne sur les 10 dernières années moins de 0,4% du capital, (soit un taux d’impôt de 8% d’un rendement supposé très moyen vers 5%), montre que le ministre sait apprécier ces compétences très particulières de l’employeur de son épouse…

  • « y a une telle palanquée de gens qui n’en savent foutre rien mais qui ont un avis tranché que je me dis que ce n’est pas forcément plus con : après tout, la tête, pourquoi pas »

    j’aime bien le côté cause toujours de ce blog. y’a un petit côté André Frosard en plus long et moins smart bien sûr (vous ne m’en voudrez pas). Beaucoup de choses dites en une phrase pour résumer l’actualité autrement.

    D’accord avec zeyesnidzeno et Praxis nos politiques ne sont pas franchement futés mais l’avantage de ce billet c’est de prendre un peu de distance ou de regarder les choses sans se prendre au sérieux et surtout de regarder autrement les choses.

  • Double malhonnêteté de Woerth, alors.

    Non seulement il accepte l’argent de la corruption, mais en plus il escroque le corrupteur en ne fournissant pas le service implicitement prévu. Et c’est prémédité (sauf à être idiot, ce qu’il n’est pas, il ne peut ignorer que l’embauche de sa femme a un rapport avec sa propre fonction ministérielle. Et si l’on tient pour authentique certaines phrases de PDM, pourquoi pas celles où il dit que c’est Eric Woerth qui lui a suggéré d’embaucher Florence Woerth.

    On pourrait pour défendre Woerth dire qu’il n’a jamais voulu vendre à PDM autre chose que la possibilité d’être écouté rapidement et attentivement le jour où il aurait un dossier à plaider au ministère du Budget. C’est effectivement bien moins grave que la corruption telle qu’on se la représente ordinairement. Une sorte d’échange de services qui ne sont pas illégaux en soi. Sauf que, c’est quand même un privilège indu, accordé par un responsable de l’Etat, contre rémunération personnelle. C’est donc déjà de la corruption.

  • Je l’aime bien aussi et encore plus la présomption d’innocence.

    Le plus ridicule dans cette histoire, c’est Arnaud Montebourg. Il déshonore le monde politique, c’est à lui de démissionner.

  • Je connais une personne ayant approché professionnellement Florence WOERTH…Cette personne avait à l’ époque l’ air assez perplexe. Le cv ou les études ne font pas nécessairement la compétence professionnelle(il me semble que Rachida Dati a supporté beaucoup de critiques à son sujet)

  • Un soutien de plus pour Woerth : Didier Migaud ce matin chez JP Elkabbach, qui, faisant référence à ses fonctions précédentes, dans lesquelles il a eu l’occasion de le rencontrer souvent, relatait qu’il ne faisait pas semblant avec la lutte contre l’évasion fiscale.

    J’ai lu avec la délectation de celui qui regarde par le trou de la serrure les propos savoureux de Patrice de Maistre. Ce monsieur, pas un poulet de 3 semaines, puisqu’il dirigeait auparavant, je crois, un cabinet d’audit d’une certaine taille, gère depuis plusieurs années la fortune de Mme Bettencourt, et c’est seulement au bout de plusieurs années qu’il constate l’existence de ce compte en Suisse. Dans ces conditions, comment Mme Woerth, et a fortiori Monsieur, auraient-il pu être au courant ?

  • Si je vous comprends bien JP, comme le dit Koz dans son billet (voilà cent sacs, va, fais-toi plaisir, mais reste à la maison », à partir du moment où son conjoint (marié, concubin, pacsé) entre au gouvernement?

    Plus aucune possibilité de travailler, parce que n’est ce pas, forcément, le patron vous embauche, non pas sur vos compétences, mais sur le fait tout simple que ce fameux conjoint va forcément vous donner des passe-droits?

    Critiquer autrui, c’est souvent lui attribuer les défauts ou les qualités que nous n’osons pas reconnaître en nous » Norbert Chatillon psychanalyste . (ça vaut pour moi aussi! 😉 )

  • En effet, sa démission permettra de repousser la réforme sur les retraites et conduira sans aucun doute, du fait de ce retard à une baisse de la notation de la France. mais c’est sans aucune importance, les avantages acquis de certaines catégories de salariés quant à leur retraite future seront protégés quelques années supplémentaires, et tout ceci avec une aura de bonne pensée : « nous sommes intègres, nous dénonçons toute éventuelle magouille, sans aucune reconnaissance de la loi de « présomption d’innocence ». Cette loi n’étant, bien évidemment, valable que pour une certaine catégorie de personnes, mais certainement pas pour les membres du gouvernement en place.

  • Il semblerait, mais je n’ai pas retrouve le lien, que Mme Woerth voulait démissionner AVANT cette affaire et ne s’en cachait pas.Simplement cette « histoire » aurait précipité les choses.

    A vérifier, mais si c’est exact, cela montrerait bien la manipulation consistant à faire croire que la démission serait une conséquence de cette polémique -sous entendu : « elle était fautive »- alors qu’en fait elle aurait été prévue en amont de l’affaire.

  • Moi aussi, j’aime la « présomption d’innocence », surtout sur une affaire dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants.

    Ceci dit, j’ai un peu plus de mal avec cette loi, lorsque les journaux titrent : jugement « des présumés coupables de la fusillade à X » ou « des présumés coupables du meurtre de Mme trucmuche » lorsqu’on sait que ces « présumés coupables » là ont été pris sur le fait.

    Comme si il y avait deux poids, deux mesures. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. La Fontaine.

    (seulement, voilà , depuis l’invention de « la lutte fina-a-a-le », ce n’est jamais le misérable qui a tort, mais le puissant, qui, par définition est mauvais. je me demande bien pourquoi tous veulent, pourtant, être Calife à la place du Calife)

  • Non, je ne vous en veux pas. Je vous remercie déjà d’avoir relevé ce qui était une bonne partie du message de ce billet. Et si Dieu me prête vie, peut-être un jour pourrais-je m’approcher du talent d’un Frossard.

  • Non, Francis, cela ne montre rien. Cela montre simplement que, dans l’ignorance des faits, vous préférez condamner, parce qu’Eric Woerth n’est pas de votre bord. C’est humain, et je n’ai aucune leçon à donner en la matière. Mais cela ne va guère au-delà.

    En revanche, lorsque trois personnes qui me semblent faire preuve d’une certaine intégrité dans le monde politique – Alain Lambert, Martin Hirsch, Didier Migaud – sont d’accord pour dire qu’Eric Woerth est quelqu’un d’intègre alors même que les uns et les autres ne doivent plus rien au pouvoir en place (je vous rappelle que Didier Migaud est socialiste et qu’il est désormais inamovible, qu’Alain Lambert est en bisbille frontale avec Sarkozy et que Martin Hirsch bosse avec le privé), ça me semble faire preuve d’un courage qui a plus de valeur que l’acharnement des petits Fouché habituels.

  • Effectivement, on trouvera ici l’intervention de Didier Migaud. Et il est vrai que j’attache du prix au jugement d’une personne telle que lui, ainsi qu’à celui d’Alain Lambert ou à celui de Martin Hirsch. Les uns et les autres ne doivent rien au pouvoir (Alain Lambert s’oppose assez frontalement à Sarkozy ces derniers temps, Martin Hirsch est parti bosser avec le privé et Didier Migaud est désormais un inamovible président de la Cour des Comptes) et pourraient très bien rester planqués, ou se retrancher derrière une déclaration prudente du type « je n’ai pas connaissance de l’ensemble du dossier« , histoire de ne pas désavouer sans pour autant soutenir.

    Ils font le choix de se faire quasiment des témoins de moralité d’un homme dans la tourmente, ce qui me semble peser d’un poids incomparablement supérieur à celui des insinuations, allégations, supputations et accusations de certains.

  • vous ne répondez pas aux questions, vous préférez condamner le commentateur, fouché aux petits pieds…

    la solidarité des proches résulte d’un effet de groupe normal. mais on peut aussi citer alain madelin qui pense que la situation de mme woerth n’était pas tenable, ou la presse internationale

  • Non, en effet, il y a des questions auxquelles je n’ai pas envie de prendre le temps de répondre, et rien ne m’y oblige. Une question n’est pas légitime simplement parce qu’on la pose. Soulever des accusations, faire des supputations, avoir un doute, c’est d’une facilité déconcertante. Et il est toujours plus facile de mettre en cause l’honnêteté de quelqu’un que de la défendre.

    Quant aux prétendus « proches », si Martin Hirsch affirme effectivement faire de la montagne avec lui (ce qui peut aussi signifier qu’il le connaît, à moins que l’on ne se réfère qu’au jugement de ceux qui ne le connaissent pas), je ne vois pas en quoi Alain Lambert et, a fortiori, Didier Migaud, seraient des « proches ».

  • « En général, un ministre du budget évite le contact direct avec un contribuable », par Alain Lambert. n’est-ce pas une manière délicate de dire ce qu’il pense de la remise de la légion d’honneur par son successeur au budget, à patrice de maistre, gestionnaire de la plus grosse fortune française ??

  • C’est dans mon billet. Vous l’avez lu ?

    En l’occurrence, je ne pense pas que cela ait quelque chose à voir avec la légion d’honneur, l’interview ayant été donnée avant qu’on l’évoque.

  • Ce qui me gêne le plus c’est d’un côté le simple fait qu’existe l’incrimination de « prise illégale d’intérêt » avec ou sans enrichissement personnel (la corruption ce serait plus simple à dire) et de l’autre un monde où il est courant de travailler alternativement ou en même temps dans la politique et le privé, par épouse interposée ou non. Mais les réseaux grandes écoles, les liens du sang, les courants politiques au sein des partis, sont autant d’autres occasions de lobbying ou d’atteintes franches à la « neutralité » professionnelle, aux bonnes moeurs du service de l’Etat ou tout simplement à l’éthique. Combien d’élus profitant de la passerelle de l’expérience politique plutôt que des diplômes, sont devenus avocats??? En conclusion, je crois que: Plus on veut s’élever pour servir, plus il faut être irréprochable. Ce n’est pas la philosophie dominante, privilégiant les bonnes vieilles intrigues de cour, ou le lobbying à l’américaine, à quoi on peut ajouter le jeu de l’ignominie pour mieux servir ses propres intérêts politiques (Hein M. Montebourg? Mais y a pas que lui).

  • De toutes évidence, tu choisis de troller sur le sujet, et d’occulter délibérément les éléments qui dérangent ta thèse. C’est ton choix mon ami. Au plaisir de lire ta prochaine note.

  • Mais non, mais non. Vous nous faites juste un flood. Vous additionnez « des petits riens » (de votre propre aveu), dont au moins une connerie avérée (cette histoire de légion d’honneur). C’est pas grave, puisque si on invalide celui là, il est sensé y avoir la masse de tous les autres.

    Vous utilisez aussi le lien en masse, classique, comptant bien sur le fait que l’on se réfèrera plutôt à la description que vous en faites qu’au contenu qui peut éventuellement être un peu plus compliqué que le titre.

    Ce qui vous autorise finalement à une conclusion d’une grande subtilité, que je ne reprendrai pas içi parce qu’elle affole l’aiguille de mon poujadomètre.

    Pour vous citer de nouveau, effectivement : « Ah ouais, totale classe ».

  • J’en pense que les journalistes, même au Monde, ne reculent pas devant les approximations, surtout lorsque le point ne fait pas débat : à l’époque, qu’il s’agisse ou non des actifs personnels de Mme Bettencourt, tout le monde s’en fout.

    Eric et Florence Woerth expliquent qu’elle gérait les dividendes produits par les titres du groupe L’Oréal, et non les actifs personnels de Liliane Bettencourt, et je n’ai pas encore vu une contestation sérieuse de ce point.

    Quant au fait que rien ne transperce, je te propose une autre possibilité. Tu es Patrice de Maistre, tu places de l’argent de Mme Bettencourt à l’étranger, est-ce que tu vas direct en parler à la femme du ministre qui lutte contre l’évasion fiscale, au risque qu’elle lui en touche un mot ? Le monde est plein de gens qui croient s’acheter la complaisance des puissants et qui déchantent. Au demeurant, comme Florence Woerth le souligne, dans les enregistrements, il est surtout dit qu’ils ont fait une erreur, en l’embauchant. Alors, déçu de ne pas bénéficier d’un traitement de faveur, M. de Maistre ?

    En termes de « PEUT-ETRE », cette interprétation est au moins équivalente à la tienne.

  • Les « de toute évidence » ne sont jamais aussi évidents que leur auteur veut bien le dire.

    Sinon, tu préfères quel proverbe, entre le coup de l’hôpital et de la charité, et celui de la paille et de la poutre ?

  • Tu as bien choisi celui qu’il fallait défendre. Au-delà de sa bonne bouille, il faut reconnaître que le dossier à charge d’Eric Woerth est assez mince. Et les soutiens qu’il reçoit et que tu soulignes doivent être pris en considération.

    Pour autant, les situations de conflits d’intérêt sont réelles.

    La plus importante étant le fait d’être ministre du budget en même temps que trésorier de l’UMP. Ca ne se fait pas. Même si on est intègre.

    Le cas de Mme Woerth est plus difficile à traiter. Tu as bien entendu raison de souligner qu’une femme ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la carrière de son mari. Mais il y a des juxtapositions qu’on ne peut pas ne pas traiter. Qu’elle ait fraudé ou non, Mme Bettancourt, compte tenu de sa fortune, a nécessairement une relation personnalisée avec le fisc. Il est inconvenant qu’elle emploie la femme du ministre.

    Le fond de ma pensée est que je suis absolument sidéré de la légèreté avec laquelle les politiques traitent les conflits d’intérêt. Et je ne puis m’empêcher de comparer avec la façon dont moi je les traite dans mon cadre professionnel.

    Je gère avec mes associés un petit fonds d’investissement indépendant et nous avons mis en place des procédures très détailéles de prévention, détection et traitement des conflits d’intérêt.

    Chaque associé produit semestriellement le relevé de son portefeuille d’actions et les mouvements de la période. Nous nous interdisons d’investir dans toute société dont l’un d’entre nous est déjà actionnaires à titre personnel. Si l’un d’entre nous a une relation personnelle (familiale ou amitié proche) avec un dirigeant ou salarié ou actionnaire d’une société dans laquelle nous envisageons d’investir, cette relation doit être mentionnée et le membre de l’équipe ainsi conflicté s’interdit de prendre part aux décisions relative à la société considérée. Bien entendu, il est impensable qu’un membre de l’équipe perçoive la moindre rémunération directe ou indirecte des sociétés dans lesquelles nous avons investi. Enfin, il est hors de question que nous puissions être soupçonnés d’avoir avantagé un de nos clients aux dépens d’un autre. Des règles de co-investissement sont donc détaillées, transmises aux autorités de tutelle et chaque exception doit être justifiée, portée au registre des conflits d’intérêts et doit recueillir dans certains cas l’approbation d’experts indépendants.

    Ce n’est pas seulement à cause de la réglementation que nous avons mis cela en place, c’est aussi volontairement.

    Car le conflit d’intérêt est une vraie saloperie. Il fait naître du soupçon et il n’y a qu’un façon de combattre le soupçon. C’est d’avoir été totalement transparent, d’avoir écrit et appliqué des règles strictes et publiques, d’avoir formalisé ab initio la description du conflit et son traitement.

    C’est pour cela que je ne rejoins pas ta critique d’un certain populisme à l’égard des élus.

    Comme je le disais en intro, tu as bien choisi celui qu’il fallait défendre. Car les autres cas qui sortent dans la presse en ce moment sont nettement plus graves. La classe politique dans son ensemble témoigne d’un manque de respect criant envers les fonds publics. Ca va du « je pique carrément dans la caisse » au « je laisse courir des dépenses inutiles » en passant par toutes les étapes intermédiaires : « je me fais entretenir », « je paie mes potes », « je subventionne les causes qui me plaisent », « j’engage des dépenses inutiles mais c’est bon pour mon image »…

    Notre classe politique a une révolution intellectuelle et morale à accomplir. Cela ne se fera que sous la pression populaire (et y inclure un biais partisan est la meilleure façon de tout neutraliser). Ils doivent réapprendre que le fruit du travail des Français, dont ils ont la gestion, est sacré.

    Lisez cette anecdote relatée par Philarête sur Jean Moulin qui avait égaré de l’argent appartenant à la Résistance. http://lescalier.wordpress.com/2010/04/19/le-joyandet-volant/

    Eric Woerth est probablement un homme honnête. Mais le fait qu’il n’ait pris aucune précaution au sujet de ces conflits d’intérêt témoigne qu’il n’avait pas conscience de l’anormalité de la situation. Qu’il avait sans doute le sentiment d’être parmi les plus « clean ». Qu’il n’a pas pensé qu’il aurait un jour à rendre des comptes.

    C’est cela qu’il faut changer.

  • Je n’aurais pas forcément de problème de fond avec le principe que vous évoquez, même si j’ai des doutes sur son application pratique. Koz relève bien qu’il est facile de jeter de la boue et d’ensuite claironner que tout ça n’est pas très net. Défendre l’honneur de quelqu’un dans cette situation, ensuite, ça n’est pas gagné.

    Je trouve aussi que l’appliquer au cas de M. Woerth serait le pousser particulièrement loin. M. Woerth n’est même pas encore soupçonné d’une infraction, on l’accuse d’être en position de pouvoir en commettre une. A ce rythme, on interdit vite aux politiques de pouvoir avoir du pouvoir…

    Pour la réponse que vous fait Tara, le défendre pour cette raison serait une très mauvaise raison. L’argument irait même plutôt en sens inverse. On pourrait sacrifier la bonne bouille de M. Woerth à la populace pour l’accrocher au bout d’une pique, plutôt que de voir la réforme capoter du fait de sa perte de légitimité.

  • Mais si Domenech apportait son soutien à Eric Woerth, alors toute la théorie du bienfait de bonne gueule s’effondre. Parce que si, dans ce concert de bonnes gueules cautionnant une autre bonne gueule, s’immiscait une autre bobine pour le coup catholiquement pas bonne du tout (c’est à dire jugée universellement telle – par tout, par tous en en tout temps), alors à qui se fier ? Dommage qu’on soye pas des pingouins. Ca a une bonne bouille le pingouin ; y en a pas qu’ont une sale bouille de pingouin, et d’autres une bonne bouille de pingouin : vous lui donnez le dieu pingouin sans confession à l’animal.

  • Tu as raison et, effectivement, je connais plus d’une profession dans laquelle le conflit d’intérêt est géré de façon plus sourcilleuse. Tu noteras que mes deux derniers paragraphes soulignent qu’effectivement la question du conflit d’intérêt mérite d’être discutée. Mais que le battage qui est organisé autour de cela est disproportionné : on vilipende une situation dans laquelle une infraction aurait pu être commise comme si elle l’avait été effectivement. C’est classiquement répandu dans le monde politique, mais on n’est pas obligé de s’y laisser prendre.

  • Tara, la présomption d’innocence doit bénéficier à l’accusé dans un contexte judiciaire. Ce n’est pas pertinent ici. Personne ne parle de mettre M.Woerth en prison.

    Quand à la réforme des retraites, elle ne dépend pas juste d’un homme. Si c’était le cas, elle ne vaudrait pas grand-chose.

    Vivien, oui, ce serait dommage pour Eric Woerth, mais c’est une question de priorités. La préservation de la confiance des contribuables dans le fonctionnement correct du ministère des Finances est beaucoup plus importante que la préservation de la réputation du ministre. Il est déjà trop tard, pour la réputation, d’ailleurs.

  • Je suis un peu dubitatif là-dessus. Si l’on démissionne pour une « apparence d’absence d’intégrité », ce sera instrumentalisé.

  • Lib, +1.

    Koz, que l’infraction ait été commise ou non ne change pas grand-chose. Il ne s’agit pas de chercher un coupable. Il s’agit d’empêcher le soupçon, parce que, comme l’explique très bien Lib, le soupçon est délétère en soi.

  • Je comprends ton point. Mais dans la mesure où Eric Woerth n’est plus Ministre du Budget mais Ministre du Travail, y’a-t-il encore un conflit d’intérêt à prévenir ?

  • C’est pour cela que je ne rejoins pas ta critique d’un certain populisme à l’égard des élus.Comme je le disais en intro, tu as bien choisi celui qu’il fallait défendre. Car les autres cas qui sortent dans la presse en ce moment sont nettement plus graves. La classe politique dans son ensemble témoigne d’un manque de respect criant envers les fonds publics. Ca va du « je pique carrément dans la caisse » au « je laisse courir des dépenses inutiles » en passant par toutes les étapes intermédiaires : « je me fais entretenir », « je paie mes potes », « je subventionne les causes qui me plaisent », « j’engage des dépenses inutiles mais c’est bon pour mon image »…Notre classe politique a une révolution intellectuelle et morale à accomplir. Cela ne se fera que sous la pression populaire (et y inclure un biais partisan est la meilleure façon de tout neutraliser). Ils doivent réapprendre que le fruit du travail des Français, dont ils ont la gestion, est sacré.

    Entièrement d’accord avec ces propos de Lib (une fois n’est pas coutume).

  • Ah.. Si on pouvait parler de Woerth en ne parlant plus de sa tête… J’ai fait la même bêtise hier en commentant le billet d’Authueil

    Quant à ses soutiens et ses cautions de moralité, en fait, je m’en contrefous autant (un peu moins en vrai) que l’avis d’un Montebourg. Qu’on fasse bloc pour ou contre, ça n’a aucune espèce d’importance. Essayons de se coller aux faits, aux propos rapportés, ça sera déjà pas mal. Et puis en fait, pour tout avouer, je ne sais même pas à quel degré il faut lire ton introduction, et ses nombreux rappels (sa tête, ses soutiens), pourrais-tu m’aider koz ? C’est sérieux ? Les cautions morales sont-elles importantes ? Sa tête aussi ? Ou alors, effectivement, on trolle. C’est triste, en France on ne sait faire que cela. Dans de nombreux pays la prise de responsabilité suit une dénonciation aussi grave, mais notre bon vieux modèle français, lui, est incapable de produire des hommes responsables. (pas plus à gauche qu’à droite). C’est pourtant ce que préconise la doctrine libérale, dont s’est longtemps revendiqué Eric Woerth, d’ailleurs.

    Je pense ici qu’on a vraiment à faire à une situation simple: Il y a, au minimum, un gros problème déontologique, et probablement ensuite, un conflit d’intérêt.

    N’y-a-t’il pas derrière la façon dont tout le monde s’empare de la défense de Woerth (et resp. dont les gauchisses s’attaquent à lui) une question primordiale : doit-on, ou, ne doit-on pas, brûler Eric Woerth, son bilan (que je trouve plutôt bien), son lourd travail actuel (que je trouve plus approximatif), sur l’autel de « l’irréprochabilité » ?

    Cette question mérite d’être posée plus que de juxtaposer les nombreuses contradictions de sa défense (qui mèneront à mon avis, plus ou moins tard à une instruction dont les conclusions seront sévères à l’égard du ministre ou de sa femme). Je lis l’interview de Mme Woerth grâce à toi: « Clymène, filiale à 100 %de Tethys […] Tethys, société présidée par Liliane Bettencourt, détient des titres du groupe L’Oréal , et Clymène s’occupe du placement des dividendes produits par ces titres […] Mais les comptes et actifs personnels de Mme Bettencourt sont totalement à l’extérieur de ces structures « 

    Pardon? Tethys, société à « 1 actionnaire », propriétaire à 100% de Clymène, et on ose encore dire que les actifs de Mme Bettencourt sont disjoint ? Voila, quand je lis ce genre de truc, je suis dégoûté qu’on nous prenne pour des imbéciles, la participation à Tethys/Clymène c’est de l’actif intangible certes, mais actif quand même.

    Ce qui me fatigue dans cette histoire, c’est qu’Eric Woerth ait pu laisser sa femme rejoindre cette société. Sans imaginer un instant qu’il se prendrait les pieds dans le tapis à un moment. Il est bien trop malin (on n’est pas élu de 2 collectivités, trésorier du plus gros parti de France et ministre sans être malin), pour ne pas avoir pu anticiper ce scandale… Qu’est ce qui a bien pu lui prendre ?

    (commentaire décousu, désolé, cloué au lit, grosse migraine/fièvre, mais je voulais réagir assez vite :-P)

  • Un peu tard pour essayer d’éviter l’instrumentalisation, non ? C’est le problème avec les conflits d’intérêt: on se met dans des positions où il n’y a plus de bonne décision possible.

  • Tard pour cette fois, oui. Mais on a déjà droit à l’instrumentalisation des procédures pénales. S’il n’est même plus nécessaire qu’une procédure pénale soit enclenchée et qu’une simple « apparence d’absence d’intégrité » suffit…

  • @ Jeff: c’est une bonne nouvelle. J’avoue tout de même que je regrette qu’aucun de mes charmants commentateurs de gauche, dont certains sont militants socialistes en Ile-de-France, n’ait eu l’occasion de faire valoir son attachement scrupuleux à l’intégrité des élus, lorsqu’il a fallu faire campagne et réélire M. Jean-Paul Huchon, condamné pour « prise illégale d’intérêts ». Un vrai regret.

  • pour JP. Huchon, la « prise illégale d’interêt » (avec sa femme soi dit en passant) a été jugée et était donc publique. ses adversaires ont su le rappeler à l’époque. j’aimerais qu’à l’avenir, ce type de condamnation prive pour un temps certains élus de la vie publique. Ce qui est reproché à E. Woerth, en dehors de la lamentable confusion ministre du budget-trésorier de parti, c’est l’opacité et le déni…

  • Oh, je ne dis pas que les avanies d’Huchon soient une excuse à tout autre comportement. Je pense juste qu’il faut faire preuve de mesure dans sa critique et son intransigeance vertueuse lorsque l’on vient juste de réélire, et faire réélire, un type qui a fait la démonstration de ce qu’il ne reculait pas devant les comportements délictueux et qui continue de parader derrière les banderoles du Parti Socialiste avec les mêmes copains qui courent les plateaux pour faire la leçon à Woerth (merci à Zeyesnidzeno pour la photo).

    Il est donc un poil cocasse de voir les socialistes demander la démission de Woerth pour s’être placé dans une situation délicate, mais sans que quiconque n’apporte un élément démontrant que qui que ce soit en ait profité (ni E. Woerth, ni F. Woerth, ni L. Bettencourt – on pourrait même lire un poil de déception à cet égard dans les enregistrements), alors que ça ne les a pas gênés de confier de nouveau le pouvoir à un délinquant condamné.

    Encore une fois, ça n’est pas une excuse, ça n’épuise pas le débat sur les conflits d’intérêt, c’est juste un appel à la mesure, à la lucidité, et à l’introspection. Parce qu’on voit bien qu’en fin de compte, l’exigence de vertu est trop souvent partisane, même à notre petit niveau de simple citoyen. C’est bien ce que je disais dans mon billet, donc : en fin de compte, hein, on n’en sait trop rien, mais on réagit à la gueule, à la carte du parti.

  • en fin de compte, hein, on n’en sait trop rien, mais on réagit à la gueule, à la carte du parti.

    C’est tout à fait ça, Koz. vous avez parfaitement résumé ma pensée. merci

  • Pour ceux qui l’ont écoutée, je vous renvoie à l’avis de Michel Sapin dans « Les questions du mercredi » sur France Inter. Sapin dit qu’un élu ne doit jamais faire peser de soupçon sur son travail et sa probité. De par les responsabilités exercées et ce qu’il représente, il doit éviter toute situation pouvant attirer le soupçon (donc).

    Et Woerth a commis au moins deux boulettes :

    • la première est fondamentale : il est, je crois, le seul ministre à cumuler la fonction de trésorier du parti présidentiel. Dans l’histoire de la Vè, à chaque fois qu’un trésorier accédait au poste de ministre du budget, il démissionnait (Emmanuelli par exemple).

    • il a laissé sa femme bosser pour la première fortune de France alors qu’il est en charge dans le pays des questions fiscales (et que l’activité principale d’une grosse fortune consiste à pratiquer l’évasion fiscale). Soit il démissionnait pour laisser sa femme mener sa carrière, soit il changeait de poste. Bref, plein de solutions s’ouvraient à lui.

    Maintenant, le voilà au cœur de la tourmente. Il l’a cherché.

    Quant à Francis (je crois) qui n’apprécie pas ma conclusion, il ne doit pas beaucoup lire le Canard ou alors les affaires de jet privé, de cumul des rémunérations, d’achat de cigare, etc. lui passent largement au-dessus des deux épaules. J’ai un ami comme ça : « ça a toujours existé ». Par contre, si on évoque la fraude sociale (les 80 millions de fraude), il devient intraitable.

  • Merdoume, je voulais dire « optimisation fiscale » pour ne pas être polémique. Ce qui me permet une parenthèse : ton nouveau site est pas super pratique pour le suivi des conversations…

  • Une petite pertinence, impertinence:

    Ignorance, négligence, imprudence voire impudence,

    Il semble qu’ Eric ait fait preuve d’une certaine suffisance,

    En assurant qu’il n’y avait, bien entendu, aucune connivence,

    Qu’en embauchant Florence, Patrice ne cherchait nulle clémence…

  • Pingback: Parce qu’il le Woerth bien… | Reversus

  • @ Elu Local:

    Ben oui, il nie tout en bloc, y compris que sa femme aurait pu approcher d’une quelconque manière la fortune personelle de LB.

    Faut pas s’en offusquer.

    Lorsque tu es un peu coupable, mais devant faire face à une campagne d’accusations malveillantes, tu n’as pas intérêt à avouer ta petite culpabilité, parceque cela donnerait du crédit aux calomnies les plus graves.

    Sur Clearstream 2, Villepin n’était évidemment pas totalement innocent, et évidemment bien moins coupable que ce que délirait la presse. Il avait pareillement tout nié en bloc, même les vérités les plus évidentes.

  • en tout cas, merci de toutes ces précisions, puisque c’est vrai, c’est beaucoup d’approximations et de procès d’intentions, cette histoire.

    On voudrait des politiques qui veillent à être irréprochables: pas parfaits, mais qui sachent renoncer à un petit avantage (ou un gros) dès lors que ça risque d’être une pierre d’achoppement. mais bon, ce siècle n’a pas la grandeur des précédents. on peut le déplorer, mais il faut le reconnaître humblement: on n’est pas très parfaits nous non plus, et on n’a que des hommes politiques qui sont issus de la même société que nous. Il ne faut pas les rêver tels qu’ils ne sont pas, pas plus qu’il ne faut nous rêver tels qu’on n’est pas.

    Néanmoins, on peut être un peu attentifs à l’avenir pour essayer de choisir les prochains dans ceux qui auront le plus été comme on aimerait qu’ils soient. (mais bon, c’est pas certain que c’est nous qui les choisirons… on choisira parmi ceux que l’appareil nous proposera.). Ce blog y participe grandement, merci.

  • Merci, do, de me prêter cet effet. J’aimerais être certain que ce soit le cas. Ou… en fait non, hein, je fais, j’avance et qui vivra verra.

    Sur notre siècle, il faut voir. Il est différent des siècles passés c’est certain. Mais il ne faut pas se laisser prendre à une trop grande nostalgie. Les siècles d’avant connaissaient leurs vicissitudes, et leurs contemporains trouvaient qu’il navaient pas la grandeur des siècles d’avant…

  • L’exact correspondance entre la sortie de cette affaire et le fait que Woerth pilote la réforme la plus importante de ce quinquénat, l’organisation mise en place au PS immédiatement pour exploiter cette « affaire » afin d’en tirer le maximum avec une subtile répartition des rôles, l’utilisation des caisses de résonance, la faiblesse du dossier, le fait que ce soit le Canard qui sorte « les faits », indiquent une opération de barbouzerie politique absolument cousue de fil blanc. C’est tellement récurrent depuis quelques années que je m’étonnais que rien ne sorte.

    Mais finalement, si on compare les années Mitterand, les années Giscard et la grande époque du SAC et de l’UDR, je trouve que la politique s’est considérablement assainie depuis disons la période de cohabitation Chirac/Jospin. Antérieurement, il s’agissait de vrais scandales : meurtres politiques, collusions avec de vrais criminels de guerre, traffic d’influence, traffic de drogue, ventes d’armes, affaires africaines, rétro-commissions non seulement pour les partis mais pour les ministres en place, échanges d’immunités fiscales contre financements politiques, fausses factures, crayon à papier payé par le gouvernement 150 FF pièce et j’en passe.

    Je sais, ça n’excuse pas ce qui pourrait arriver aujourd’hui. Mais soit on a un vrai délit – soit on a un dossier vide. Et dans ce cas, c’est un dossier vide. Pour relever la remarque de Gwy, je suis d’accord avec Koz – déjà qu’une affaire pénale peut être totalement instrumentalisée, si la « possibilité de soupçon » doit automatiquement ruiner la carrière politique d’un homme, j’imagine assez bien les opportunités de chantages, de montages, d’échanges d’avantages contre le silence qui pourraient se tramer en coulisse et tout ça, sur la base de dossiers vides – vides, mais ayant potentiellement un fort pouvoir de nuisance. Parce que bien évidemment, à l’échelle d’un exécutif composé de X Ministre, Chefs et Directeurs de Cabinet, conseillers, époux(ses), collaborateurs divers, etc. il est absolument impossible de tout contrôler, de tout savoir, de tout prévoir. En fait, sur la base de ce genre de critères, je ne pense pas qu’il existe un seul homme politique d’un bout à l’autre de l’échiquier qui ne puisse pas un jour se retrouver sous les feux de la presse sur la base d’une possibilité de soupçon. A l’échelle locale comme à l’échelle nationale – celui qui a participé à la moindre campagne politique, y compris pour l’élection du Maire de Ste Clotilde du Fargeau (23) me comprendra. La différence c’est que les français, s’en tamponnent de l’adjoint au Maire de Ste Clotilde du Fargeau dont la tante était la maîtresse de Maître Duchemol, notaire.

    Gwy, tu cites les pays anglo-saxons où l’on démissionne pour une siple suspicion – sauf, que justement, la moindre nommination à un poste en vue fait l’objet d’une enquête tellement serrée qu’ils sont obligés de rayer des centaines de candidats potentiels pour en trouver un bon – et malgré tout, ce genre de « soupçons » nourrit régulièrement les colonnes des journaux américains. Dans les faits, quand le parti d’opposition tient une affaire potentielle, et bien il l’échange contre l’abandon d’une proposition de Loi ou d’un amendement au Congrès. Est-ce que la démocratie, la transparance politique y gagne ? Rien n’est moins certain. Est-ce que le fait d’avoir ruiné la carrière administrative ou politique par l’intrumentalisation de faits foireux sur la base du « soupçon » a transformé ces pays en modèles de gouvernance ? Absolument pas.

    J’irais même plus loin – c’est le propre des pays dictatoriaux que de criminaliser le soupçon ou d’inventer des délits que tout le monde est susceptible de violer. De cette façon, il est possible de contrôler chaque individu qui devient une victime potentiel d’un chantage. J’ai vécu en Italie. La fiscalité y est tellement complexe voire absurde, que parmis les amis que je m’y suis fait, pas un n’avait jamais fraudé le fisc d’une manière ou d’une autre. Résultat, tous critiquaient l’administration, le pouvoir ou les flics, mais tous faisaient preuve d’une servilité étonanntes quand ils étaient confronté pour de bon aux services officiels en question.

    La gauche devrait se souvenir que la droite s’est payé un Ministre du Budget, DSK en l’occurence, sur la base du soupçon. Si le jeu politique se résume à ce type de sinistres parties de quilles, c’est amusant sur le coup pour l’un ou l’autre des deux bords mais dire que la démocratie y gagne, je ne crois pas. Et je ne suis même pas sur que les vraies affaires sortent pour autant.

    C’est juste une péripétie politique en fait… une petite offensive… le train train… un dossier genre aubry/amiante va sortir… tout le monde va parler d’autre chose… la routine quoi.

  • do a écrit : :

    Néanmoins, on peut être un peu attentifs à l’avenir pour essayer de choisir les prochains dans ceux qui auront le plus été comme on aimerait qu’ils soient. (mais bon, c’est pas certain que c’est nous qui les choisirons… on choisira parmi ceux que l’appareil nous proposera.).

    “It’s nice to elect the right people, but that isn’t the way you solve things. The way you solve things is to make it politically profitable for the wrong people to do the right things.” (Milton Friedman)

  • Koz a écrit : :

    @ Jeff: c’est une bonne nouvelle. J’avoue tout de même que je regrette qu’aucun de mes charmants commentateurs de gauche, dont certains sont militants socialistes en Ile-de-France, n’ait eu l’occasion de faire valoir son attachement scrupuleux à l’intégrité des élus, lorsqu’il a fallu faire campagne et réélire M. Jean-Paul Huchon, condamné pour « prise illégale d’intérêts ». Un vrai regret.

    Je me demande qui sont ces « charmants commentateurs de gauche, dont certains sont militants socialistes en Ile-de-France » ? Une telle incohérence, ça se dénonce! 😉

    Sinon, contente de voir que la photo t’ait plu, je me suis donné un peu de mal, et m’étais juré de ne pas repartir sans.

    Par ailleurs, et plus sérieusement, comme l’a déjà rappelé Gwynfrid, les 2 cas ne sont pas comparables. Personne ne souhaite voir Woerth derrière des barreaux ou le voir répondre au pénal sur la seule base des éléments en notre possession. La faute de Woerth – et je n’hésite pas a parler de faute – c’est d’avoir accepté de se mettre a 2 reprises dans une position de conflit d’intérêt (et élément aggravant, d’avoir refusé de répondre quand la question de ce premier conflit d’intérêt -Trésorier UMP/Budget- lui a été posée http://bit.ly/ae0OPT). Les éléments qui ont ensuite été révélés dans la presse, et qui ont contribué aux soupçons qui pesent sur lui, n’ont fait que mettre en lumière une situation intenable. Le soupçon n’est pas la base de la pression exercée sur Woerth, il est juste le révélateur de la faute initiale.

    J’en profite par la même occasion pour répondre à Eponymus. Peut être te rappelleras tu d’un débat tenu ici même lors de l’affaire DSK (sous la truculente note « un gland homme d’état ») ou tu relevais, a juste titre, que ses manquements éthiques (on a appris plus tard qu’il ne s’agissait pas seulement d’une affaire de mœurs, mais possiblement d’une affaire de harcèlement sexuel selon les dires de la dame) venaient affaiblir sa position et son rôle éminemment politique a la tête du FMI. Par ses manquements, il se mettait à la portée de ses détracteurs et de ses opposants. Je ne vois pas la situation de Woerth autrement. L’opposition attaque (plus ou moins grossièrement) parce qu’elle a un boulevard pour le faire.

    Maintenant tu poses une autre question qui n’est pas dénuée d’intérêt : l’opposition est elle a l’origine ou a t-elle participé a la collecte et à publication de ces « informations » ? Je ne doute pas que le parquet, déjà, saisi de l’affaire cherchera a faire toute la lumière sur ses écoutes illégales et leurs origines. Si l’opposition est a la manœuvre, une chose est certaine, nous en serons informés.

  • Koz a écrit : :

    @ Jeff: c’est une bonne nouvelle. J’avoue tout de même que je regrette qu’aucun de mes charmants commentateurs de gauche, dont certains sont militants socialistes en Ile-de-France, n’ait eu l’occasion de faire valoir son attachement scrupuleux à l’intégrité des élus, lorsqu’il a fallu faire campagne et réélire M. Jean-Paul Huchon, condamné pour « prise illégale d’intérêts ». Un vrai regret.

    Je me demande qui sont ces « charmants commentateurs de gauche, dont certains sont militants socialistes en Ile-de-France » ? Une telle incohérence, ça se dénonce! 😉

    Sinon, contente de voir que la photo t’ait plu, je me suis donné un peu de mal, et m’étais juré de ne pas repartir sans.

    Par ailleurs, et plus sérieusement, comme l’a déjà rappelé Gwynfrid, les 2 cas ne sont pas comparables. Personne ne souhaite voir Woerth derrière des barreaux ou le voir répondre au pénal sur la seule base des éléments en notre possession. La faute de Woerth – et je n’hésite pas a parler de faute – c’est d’avoir accepté de se mettre a 2 reprises dans une position de conflit d’intérêt (et élément aggravant, d’avoir refusé de répondre quand la question de ce premier conflit d’intérêt -Trésorier UMP/Budget- lui a été posée). Les éléments qui ont ensuite été révélés dans la presse, et qui ont contribué aux soupçons qui pesent sur lui, n’ont fait que mettre en lumière une situation intenable. Le soupçon n’est pas la base de la pression exercée sur Woerth, il est juste le révélateur de la faute initiale.

    J’en profite par la même occasion pour répondre à Eponymus. Peut être te rappelleras tu d’un débat tenu ici même lors de l’affaire DSK (sous la truculente note « un gland homme d’état ») ou tu relevais, a juste titre, que ses manquements éthiques (on a appris plus tard qu’il ne s’agissait pas seulement d’une affaire de mœurs, mais possiblement d’une affaire de harcèlement sexuel selon les dires de la dame) venaient affaiblir sa position et son rôle éminemment politique a la tête du FMI. Par ses manquements, il se mettait à la portée de ses détracteurs et de ses opposants. Je ne vois pas la situation de Woerth autrement. L’opposition attaque (plus ou moins grossièrement) parce qu’elle a un boulevard pour le faire.

    Maintenant tu poses une autre question qui n’est pas dénuée d’intérêt : l’opposition est elle a l’origine ou a t-elle participé a la collecte et à publication de ces « informations » ? Je ne doute pas que le parquet, déjà, saisi de l’affaire cherchera a faire toute la lumière sur ses écoutes illégales et leurs origines. Si l’opposition est a la manœuvre, une chose est certaine, nous en serons informés.

  • @ zeyesnidzeno: comme tu le dis, les deux cas sont incomparables. Il est donc surprenant de voir l’indulgence extrême vis-à-vis de celui qui s’est effectivement rendu coupable de prise illégale d’intérêts, et l’intransigeance sourcilleuse à l’encontre de celui qui s’est placé dans une situation dans laquelle il pourrait s’en rendre coupable.

  • Et les socialistes l’ont de nouveau investi, les militants ont fait campagne pour lui, l’ont réélu, alors qu’il a fait la démonstration qu’il n’est pas honnête. L’indulgence n’est fort heureusement pas celle de la justice, mais la votre. Vous l’avez replacé dans une position dans laquelle il pourrait récidiver. En somme si l’on y réfléchit bien, la faute, dans ce cas, est bien celle des socialistes, et des militants socialistes. Du coup, s’il n’est pas interdit de critiquer le comportement d’Eric Woerth, il est un peu cocasse de voir les socialistes, spécialement ceux d’Ile-de-France, se poser en parangons de vertu allant jusqu’à évoquer une spécificité du pouvoir actuel alors que, manifestement, l’exigence d’éthique varie en fonction de la carte du parti. De la gueule, donc.

  • @ Koz:

    mouais… Je sais ça ne fait pas de différence pour toi, mais la justice est passée, et s’est prononcée. Ça compte. Les lecteurs (fautifs eux aussi si on suit ta logique) ont voté en connaissance de cause. Les militants l’ont soutenu en connaissance de cause. La justice n’a pas jugé utile de la comdamner a une peine d’ineligibilité. Et les condamnations ad vitam eternam, ça n’existe pas dans notre beau pays. Le seul handicap de Huchon etait d’ordre politique. Cela a du d’ailleurs peser, il a été moins bien élu que la majorité des présidents socialiste.

    Et je note aussi que tu oublies bien vite, les mêmes socialistes écœurés par les révélations d’un certain Peillon (PS) sur le passé de 2 anciens ministres (UMP).

    Sinon, on reparle de Woerth quand tu veux…

  • Non ta comparaison ne vaut pas. D’abord DSK, ce n’était pas un soupçon. Il y avait adultère commis au plus haut niveau d’une institution internationale et avoué par le principal fautif. C’est nul et oui, ça affaiblissait sa position. La comparaison vaudrait si l’accusation avait été que la secrétaire de DSK était un canon et que donc, connaissant sa réputation, on pouvait se laisser aller à penser que. Si tu veux bien me donner une preuve ou des aveux des intéressés, exit Woerth. Sans le moindre problème.

    Ensuite, est-ce que j’ai demandé sa démission immédiate du FMI ? Au regard de la loi, il n’a pas été démontré qu’il était coupable d’un délit. Quel est le but de l’opposition en cherchant à exploiter cette ruelle ? Elle considère que Woerth n’est soudainement plus à même de gérer le dossier des retraites sur la base des faits connus ? Est-ce qu’il n’y a pas instrumentalisation ?

    Sur la base du soupçon on peut tout faire… je connais un président de région qui depuis son accession au pouvoir local s’est fait construire une superbe maison de 10 pièces sur les hauteurs d’un lac avec parc paysager et rue privative, alors que sa profession initiale est sans rapport avec sa richesse affichée… On fait quoi ? On le vire aussi ?

  • Eponymus a écrit : :

    Si tu veux bien me donner une preuve ou des aveux des intéressés, exit Woerth. Sans le moindre problème.

    Sans difficultés. Je peux te fournir la preuve que Woerth a en effet cumulé des postes l’exposant au conflit d’intérêt.

    Eponymus a écrit : :

    Ensuite, est-ce que j’ai demandé sa démission immédiate du FMI ?

    Non, remarque moi non plus dans le cas Woerth. Une commission d’enquête transparente par contre, oui. Aubry et Ayrault l’ont rappelé hier : « Une démission est une décision personnelle ». C’est politiquement que Woerth est affaibli. Il est le premier responsable de la situation délicate dans laquelle il se trouve.

    Eponymus a écrit : :

    Sur la base du soupçon on peut tout faire…

    Je copie colle ma réponse a Koz sur cette question précise : « La faute de Woerth – et je n’hésite pas a parler de faute – c’est d’avoir accepté de se mettre a 2 reprises dans une position de conflit d’intérêt (et élément aggravant, d’avoir refusé de répondre quand la question de ce premier conflit d’intérêt -Trésorier UMP/Budget- lui a été posée). Les éléments qui ont ensuite été révélés dans la presse, et qui ont contribué aux soupçons qui pèsent sur lui, n’ont fait que mettre en lumière une situation intenable. Le soupçon n’est pas la base de la pression exercée sur Woerth, il est juste le révélateur de la faute initiale. »

  • « L’exigence de vertu est trop souvent partisane », dites-vous, Koz. Sans doute et des deux côtés. Je précise que contrairement aux allusions précédentes, je ne suis absolument pas militant d’un parti, mais un simple électeur de gauche de l’Ile-de-France. J’avoue avoir voté pour l’équipe de Jean-Paul Huchon, malgré sa prise illégale d’intérêt qui m’indigne encore plus que si elle venait de l’autre camp. Mais « l’exigence de vertu », ou plutôt « l’exigence d’exemplarité », qui fait que la société tout entière peut tenir debout, est pour moi centrale. Dans mon idéal, la gauche devrait incarner cette valeur, et se différencier de la droite sur ce point. Malheureusement, je reconnais sans peine que la réalité n’est pas aussi simple…

  • Jeff a écrit :

    Sans doute et des deux côtés.

    Si je ne le pensais pas, je l’aurais écrit autrement.

    Jeff a écrit : :

    Malheureusement, je reconnais sans peine que la réalité n’est pas aussi simple…

    Il faudrait reconnaître, aussi, que l’exigence d’exemplarité apanage d’un bord de l’échiquier est au mieux une chimère, au pire une conception sectaire et confondre la gauche avec le camp du Bien, de l’idéologie ou de l’aveuglement.

  • Je ne découvre que maintenant ta réponse a mon commentaire d’hier:

    Koz a écrit : :

    En termes de « PEUT-ETRE », cette interprétation est au moins équivalente à la tienne.

    Oui. Elle l’est.

  • Dans cette affaire, E. Woerth a fait preuve d’une immense naïveté. Cumuler son poste de trésorier de l’UMP à celui de Ministre du Budget, c’est prêter naturellement le flanc à la critique.

    Maintenant je trouve qu’il fait facilement figure de bouc émissaire idéal pour l’opposition et les Médias. A partir d’éléments bien distincts, on monte une histoire de toute pièces. Il n’y a aucune preuve tangible qui permet d’incriminer Woerth, par contre il existe des preuves à charge contre P. Courroye et P. Ouart. Woerth servirait-il de fusible pour N. Sarkozy ?

    Autre question en suspens, pourquoi Patrice de Maistre que l’on sait manipulateur et principal acteur de cette évasion fiscale de grande envergure, ne fait-il pas l’objet d’une information judiciaire de la part du Parquet ? De toute évidence, dans cette affaire, Woerth n’est qu’un pion et l’arrière fond politique explique sa défense bancale et pataude…

  • Eponymus a écrit : :

    si la « possibilité de soupçon » doit automatiquement ruiner la carrière politique d’un homme, j’imagine assez bien les opportunités de chantages, de montages, d’échanges d’avantages contre le silence qui pourraient se tramer en coulisse et tout ça, sur la base de dossiers vides – vides, mais ayant potentiellement un fort pouvoir de nuisance.

    Merci, tu apportes de l’eau à mon moulin. Le principe que je défends consiste à éviter a priori l’apparence de conflit d’intérêt (par exemple, il aurait suffi de placer Woerth à un autre poste que le Budget). L’avantage, justement: du coup il y a beaucoup moins de soupçon, et donc moins de possibilités de chantage.

    Eponymus a écrit : :

    Dans les faits, quand le parti d’opposition tient une affaire potentielle, et bien il l’échange contre l’abandon d’une proposition de Loi ou d’un amendement au Congrès.

    T’as un exemple ?

    En fait, dans les affaires dont je peux me souvenir, l’opposition s’est déchaînée jusqu’à avoir une démission, tandis que la majorité a largué en vitesse le poids mort – souvent, elle ne laisse même pas à l’opposition le temps d’exploiter l’affaire au maximum: la démission est exigée et obtenue par les responsables du parti de la personne mise en cause.

    Dans tes objections comme dans celles de Koz, je vois le souci, légitime, de ne pas laisser virer une personnalité innocente:

    Koz a écrit : :

    ’il n’est même plus nécessaire qu’une procédure pénale soit enclenchée et qu’une simple « apparence d’absence d’intégrité » suffit…

    De mon point de vue, le problème premier, c’est la confiance de la société dans son ensemble, et non le sort de la personne en cause. Après tout, M.Woerth a des talents et des compétences loin au-dessus de la moyenne, plus un carnet d’adresses formidable. Il ne risque ni le chômage ni la prison. Quant à nous, nous perdrions un bon serviteur de l’État, ce qui n’est tout de même pas la fin du monde : ce ne sont pas les candidats capables qui manquent.

    Lorsque quelqu’un démissionne parce qu’il y a apparence de conflit d’intérêts, il peut tout à fait expliquer qu’il n’a rien fait de répréhensible mais qu’il part pour protéger le gouvernement dont il fait partie: c’est crédible et il peut passer à autre chose, avec une réputation à peine entamée. Alors que dans le système français, on s’accroche désespérément et l’affaire traîne. On se retrouve avec un Eric Woerth qui déclare « je ne suis pas un ministre affaibli », ce qui est manifestement faux. Où est la crédibilité ?

    Je précise que je suis tout à fait prêt à croire à l’intégrité de M.Woerth. Nous n’avons aucune preuve solide du contraire. Mais sa démission serait tout de même la moins mauvaise solution pour l’intérêt général (y compris peut-être le sien propre).

    Eponymus a écrit : :

    Est-ce que la démocratie, la transparance politique y gagne ? Rien n’est moins certain. Est-ce que le fait d’avoir ruiné la carrière administrative ou politique par l’intrumentalisation de faits foireux sur la base du « soupçon » a transformé ces pays en modèles de gouvernance ? Absolument pas.

    Incontestablement, il n’y a pas de modèle sans tache. En particulier, dans le domaine du financement politique, c’est plutôt la France qui a de l’avance sur l’Amérique, depuis les réformes des années 90.

    Il y a, cependant, un souci particulier avec la culture politique, économique et sociale française en matière de transparence. Du défaut de crédibilité au sommet (à savoir les élites politiques, économiques, et même footballistiques…) découle la défiance qui affecte tous les niveaux de la société. Et cette défiance a un coût qui pèse terriblement sur l’économie. Pour prendre un exemple bête, ce n’est pas un hasard si en France il faut montrer 2 justificatifs de domicile pour la moindre démarche. Au Canada, quand je vais renouveler mon permis de conduire, je demande, comme un bon Français, quels documents il me faut. La réponse : « juste votre ancien permis, monsieur… »

  • @ Reversus:

     » Il n’y a aucune preuve tangible qui permet d’incriminer Woerth, par contre il existe des preuves à charge contre P. Courroye et P. Ouart. Woerth servirait-il de fusible pour N. Sarkozy ? »

    J’arrive de mon coté à la même conclusion.

    Et je suis écoeuré par les médias qui ont simultanément d’un coté monté en épingle le « on lui donnera de l’argent et puis voilà » et de l’autre coté fait silence radio sur les agissements de Courroye.

  • @ Gwy

    Gwynfrid a écrit : :

    Mais sa démission serait tout de même la moins mauvaise solution pour l’intérêt général (y compris peut-être le sien propre).

    C’est là tout le problème… Résoudre un conflit d’intérêt manifeste et permanent par une démission, ça peut se concevoir quand bien même aucune culpabilité ne serait établi. Mais lorsque le conflit est résolu – demission de sa femme plus changement d’affectation – tu le radies à vie de toutes responsabilités sur la base d’un ancien « soupçon »… d’une situation qui n’existe plus dans les faits ? Pendant combien de temps ? Plusieurs quinquénats ?

    @ Zeyes

    Le parquet de Nanterre a déclaré dans la journée avoir alerté le fisc dès janvier 2009 sur de possibles fraudes de la principale actionnaire de L’Oréal, rejetant la responsabilité sur le gouvernement.

    « L’ancien ministre du Budget en 2009 souhaite « que des tiers extérieurs (…) puissent s’assurer par eux-mêmes qu’il n’a donné aucune instruction à l’administration fiscale de quelque nature que ce soit pour ne pas réaliser d’opérations de contrôle fiscal dans le dossier Bettencourt », peut-on lire dans le communiqué diffusé par le ministère du Travail. Il suggère que cette expertise soit confiée président ou au rapporteur général de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, à la Cour des comptes ou à l’Inspection générale des finances. » http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/25/97001-20100625FILWWW00519-woerth-en-appelle-a-des-tiers-exterieurs.php

    Comme ça on va être fixé ou ça n’est pas assez ?

  • Les enregistrements montrent que De Maistre est en conflit larvé avec la clique Banier.

    Bientôt une déclaration de Banier accusant De Maistre d’avoir incité Woerth à lui coller un contrôle fiscal?

  • Eponymus a écrit : :

    C’est là tout le problème…

    Non. Ce n’est même pas une partie importante du problème. C’est un aspect mineur du problème.

    Le problème, tout le problème, c’est de savoir comment faire dans ces conditions pour que nous gardions un minimum de confiance dans le fonctionnement des institutions. Pour que, par exemple, au moment de payer ses impôts, le pékin moyen ne soit pas pris du sentiment irrésistible d’être un pigeon. Tu avoueras que s’il apprend, au moment de signer son chèque à l’ordre du Trésor Public, que le plus gros contribuable du pays fait gérer ses sous par la femme du ministre responsable de la politique fiscale, le pékin moyen est en droit de se poser deux-trois petites questions.

    À côté de cette question qui concerne tous les Français, la carrière politique du ministre devrait être le cadet de nos soucis.

    Eponymus a écrit : :

    Mais lorsque le conflit est résolu – demission de sa femme plus changement d’affectation – tu le radies à vie de toutes responsabilités sur la base d’un ancien « soupçon »… d’une situation qui n’existe plus dans les faits ?

    Bon, d’abord, la situation est que le soupçon s’est insinué dans la tête des gouvernés, et ce n’est pas un changement d’affectation qui va miraculeusement le faire disparaître. Ensuite, la démission de Mme Woerth n’a aucune pertinence en ce qui concerne le problème politique posé. Elle n’a pas de responsabilité publique, que je sache. À vrai dire je ne vois aucune justification à ce qu’elle démissionne.

    Ce n’est pas non plus comme si une foule en armes demandait le goudron et les plumes pour Éric Woerth. Il n’a commis à notre connaissance aucun délit. Il a par contre commis une faute politique qui embarrasse le gouvernement et affaiblit son autorité. Une solution politique, banale dans la majorité des pays démocratiques, consiste pour lui à accepter la responsabilité de cette faute et s’appliquer à lui-même une sanction politique en quittant le gouvernement. Avec une communication habile il peut même en sortir grandi, être perçu comme celui qui se sacrifie noblement pour le bien de l’équipe, et revenir par la grande porte après une période de purgatoire. Puisqu’il n’y a pas eu de délit, c’est tout à fait jouable.

    Mais on est en France: reconnaître une erreur, mon Dieu, vous n’y pensez pas ! Les erreurs, ça n’existe pas, ou alors c’est un truc qui arrive aux autres exclusivement. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi tout va chaque jour toujours mieux, dans notre beau pays.

  • la proposition récente, sous la pression des révélations qui s’accélèrent, de demander un rapport sur un sujet très limité à une personnalité qu’il choisit est clairement une manière de noyer le poisson en diminuant la pression. ce qui serait acceptable, c’est qu’une commission bipartisane enquête sur l’ensemble du dossier: le dossier fiscal de MMe bettencourt, la situation professionnelle de mme woerth chez patrice de maistre, etc…

  • il devra être très bon eric woerth, dimanche soir au grand jury

    pour sauver son plan retraite et sa tête !

  • @ Eponymus:

    Eponymus a écrit : :

    Tu le radies à vie de toutes responsabilités sur la base d’un ancien « soupçon »… d’une situation qui n’existe plus dans les faits ? Pendant combien de temps ? Plusieurs quinquénats ?

    Il ne s’agit pas de chasser quiconque de la vie politique. On a connu d’autres cas semblables, impliquant des membres clés du gouvernement, s’étant trouvé dans la tourmente durant leur mandat, et qui ont préféré prendre du recul pendant que l’instruction se poursuivait. C’est un choix qui a au moins l’avantage de la clarté et de ne pas affaiblir l’équipe gouvernementale. Pour mieux revenir dans le jeu politique, une fois blanchi. Le cas DSK (et les affaires) est surement une référence en la matière.

    Maintenant, tu me demandes de réagir à la proposition de Woerth. Spontanément, on pourrait penser que le parquet devrait être saisi par MAM pour l’ouverture d’une information judiciaire. Cette dernière affirme qu’elle n’en a pas les moyens, puisque, justifie t-elle : « La justice ne peut s’auto-saisir en matière de fraude fiscale ». C’est surprenant, car il n’est pas question d’instruire une fraude fiscale, mais les éventuelles interventions d’un ministre vis a vis d’une contribuable donnée. Et il semble que l’inventivité du gvt le plus volontariste de toute l’humanité en soit resté là. Ceci dit, une enquête menée par la cour des comptes ne semble pas, comme ça, a priori, une mauvaise idée. Elle mériterait d’être approfondie.

  • « le parquet devrait être saisi par MAM pour l’ouverture d’une information judiciaire. Cette dernière affirme qu’elle n’en a pas les moyens, puisque, justifie t-elle : « La justice ne peut s’auto-saisir en matière de fraude fiscale ». C’est surprenant, car il n’est pas question d’instruire une fraude fiscale, »

    euh, si justement elle répondait à la question de savoir pourquoi la justice n’avait pas agi directement lorsqu’au cours de la préparation du procès Francoise Bettencourt contre Banier sont apparues des pièces indiquant une probable fraude

    Le débat s’embrouille. Il y a plusieurs problèmes entremélés, les protagonistes biaisent systématiquement (au minimum) leurs déclarations, et les jounalistes manquent de rigueur.

    Par exemple, grande confusion sur cette fraude fiscale constatée par le parquet qui a transmis au fisc (ou pas), que Woerth aurait étouffée (ou poursuivi). Parce qu’ont été confondues la fraude de Banier (connue et poursuivie) et la fraude de Liliane Bettencourt (non poursuivie).

  • @ Zeyes

    zeyesnidzeno a écrit : :

    C’est surprenant, car il n’est pas question d’instruire une fraude fiscale, mais les éventuelles interventions d’un ministre vis a vis d’une contribuable donnée.

    Franchement, s’il ne s’agissait pas d’un Ministre mais d’un justiciable Lambda, tu penses que sur la base des faits actuels, le Parquet s’auto-saisirait ? Sur la base d’un soupçon de cet ordre… J’espère que non pour tous les justiciables.

    De plus, l’instrumentalisation politique évidente de l’affaire rends les choses d’autant plus complexes. J’ai rencontré un jour un très haut fonctionnaire qui avait pris part à une des grandes affaires de la République. Pour le faire taire la droite de l’époque avait lancé une information judiciaire et l’avait fait inculper. 19 ans après, il l’était toujours « inculpé ». Les juges d’instruction qui se succédaient sur ce dossier se gardaient bien de renvoyer l’affaire devant les tribunaux, mais prolongeaient par un acte de procédure bidon la période de prescription tous les trois ans. Et le type a toujours été musellé. S’il n’est pas mort, il est probable que l’affaire « suit toujours son cours ».

    @ Gwy

    Pour répondre à une de tes remarques sur les USA, considère juste 5 minutes les soupçons qui ont pesé pendant presque 8 ans sur Rumsfeld dans plusieurs affaires dont une liée à l’Industrie Pharma, les soupçons sur Halliburton et Chesney et sa femme, etc… Ces deux là, entre autres, n’ont pas démissioné et les faits étaient autrement plus avérés que dans l’affaire présente.

    En fait, tes objections ne sont évidement pas dénuées de fondement. Peut être faudrait-il une procédure spéciale dans ces cas de figure – que la cour des comptes ait deux mois et les pleins pouvoirs/moyens pour enquêter et établir les faits, et terminer ce genre « d’affaires ». Ici la question est simple : le Ministre a-t-il activement empêché un contrôle fiscale sur la fortune personnelle de Bettancourt avec ou sans intervention de sa femme. Une enquête d’un organisme de ce type aurait le mérite de la clartée que tu réclames et l’avantage de limiter l’instrumentalisation d’une procédure judiciaire qui pourrait se réveler dénuée de fond. Et surtout, par sa rapidité d’intervention, de clore le débat rapido. Woerth est un Ministre qui monte avec au PS peu de gens qui font réellement le poids sur un plan technique à lui opposer. Une entreprise de démolition de ce type n’est pas un hasard. Et c’est dans cette optique que j’affirmais, presque paradoxalement j’en conviens, que la démocratie n’a rien à gagner dans une démission sur la base actuelle des faits.

  • @ Epo: pour ce qui est de Rumsfeld je ne me rappelle pas qu’on ait sérieusement parlé de conflit d’intérêt, mais je n’ai pas forcément tout suivi. Pour Cheney il y a eu plus que des doutes. L’administration Bush a décidé de s’accrocher, en accusant tout détracteur de mettre en danger la sécurité nationale. Au bout du compte, elle a quand même fini par payer un prix politique particulièrement élevé, même si c’était aussi le résultat d’échecs bien plus importants par ailleurs. Je ne suis pas sûr que ses successeurs tiendront à répéter l’expérience.

    Pour ce qui est de ta proposition, je ne suis pas convaincu, car elle consiste à déplacer une question politique sur le terrain judiciaire. Pourquoi aller ouvrir une enquête spéciale avec une procédure ad hoc, qui prendrait bien entendu beaucoup plus que deux mois, et pendant laquelle Woerth serait complètement paralysé ? La mise en congé du gouvernement (si on veut passer par un euphémisme afin de ne pas froisser la si délicate susceptibilité de nos ministres) peut se faire instantanément. Elle réglerait le problème politique en permettant qu’on passe à autre chose de plus intéressant, les retraites par exemple. Rien n’empêche de lancer parallèlement une enquête si la justice l’estime nécessaire.

  • Moi aussi, je l’aime bien Eric Woerth et je trouve qu’il a une bonne tête. Je ne veux pas que l’on jette son honneur aux chiens ni que l’on empêche se femme de travailler. Et je persiste à penser qu’il n’aura aucun mal à répondre à cette simple question : qui, en janvier 2009, alors que le parquet alerte l’administration fiscale sur une possible fraude de Mme bettencourt et qu’il est ministre du budget, décide de ne pas engager de contrôle fiscal et pour quelles raisons ?

  • la question est pour moi double: celle du contrôle fiscal de mme bettencourt (quand a t elle t=été contrôlée, pourquoi pas en 2009 ?), et celle du rôle de mme woerth au sein de clymene et des modalités dans laquelle elle a été embauchée, juste après la nomination de son mari en tant que ministre…

  • Moi aussi je lui trouve une bonne tête honnête et intégre à Eric W. Pas comme ce type qui venait du PS et dont Stéphane GUILLON, au vu de sa tête de fouine, a compris qu’il était une taupe du FN au gouvernement. Non EW a une bonne tête d’honnête homme mais il est peut-être une taupe du « Parti d’en rire » de Pierre Dac. En fait c’est un type qui a la tête d’être un chef d’un état irréprochable qui en a fait confidence à Ottawa. Moi qui ai une tête de con je crois que ceux qui ont une tête de ce qu’ils sont sont ce qu’il sont.

    D’ailleurs à mes enfants je le leur dit « si vous voyez quelqu’un qui a une tête de pédophile surtout changez de trottoir ». Eh ben figurez vous qu’un de mes enfants été importuné par un type qui n’avait pas la tête d’un pédophile! Non c’est dans le cerveau qu’il avait caché toute sa pédophilie. C’est pas honnête ça : forcément si on cache ce qu’on est dans son cerveau alors on le voit pas de dehors. Donc je propose que notre état irréprochable fasse une loi ki diz ki fo pas kcher 2dan ce kon é 2hor. Faites pas attention la ligne du dessus je l’ai finie en langage chef pour que l’idée fasse son chemin. Bises a+

  • Il faudrait vérifier toutes les légions d’honneur remises par Woerth. S’il y a àchaque fois fraude à la clé, ça va être facile de lutter contre : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100627.OBS6235/les-lingots-de-l-heritier-peugeot-une-nouvelle-affaire-woerth.html

    Après Bettencourt, Peugeot. Se pourrait-il que la droite Fouquet’s soit faible avec les puissances de l’argent au moins autant qu’elle est impitoyable avec les faibles ?

  • je lis le JDD: » L’hôtel de Seignelay, ancien ministère du Commerce, est aujourd’hui utilisé par les trois ministres de Bercy (Economie, Budget, Industrie) qui peuvent en disposer à tour de rôle. Le jardin, juste derrière le musée d’Orsay, est agréable… Ce soir-là, c’est Eric Woerth, ministre du Budget, qui régale. Mais c’est avec sa casquette de trésorier de l’UMP qu’il a lancé l’invitation…. » A la table de gros contribuables, redevables, mais aussi généreux donateurs potentiels du parti majoritaire… Comment mieux montrer la confusion des rôles … ? Cet homme qui pu traiter avec suffisance et arrogance les députés socialistes qui lui posaient cette question de « ridicules » ne mérite de cadeaux ni de l’opposition, ni de ses détracteurs…

  • Je suis d’accord : pas de cadeau pour cet homme qui a balayé la question légitime de l’opposition au Parlement par un cinglant « qu’est-ce quevous me voulez avec votre question stupide ? ». J’avais été étonné à l’époque que ça n’aille pas plus loin. Le Bristol m’est resté en travers de la gorge. Il a unebonne bouille, koz, mais c’est un magouilleur. Content de pas avoir voté pour cette clique de voyous qui « réforment » le pays à l’envers…

  • @ Praxis: il serait dommage de s’arrêter là. Il faudrait vérifier toutes les légions d’honneur, point. Toutes. Toutes celles qui ont été remises ces dix dernières années. Et s’assurer qu’aucun des récipiendaires n’ait une fortune quelconque. Si, par extraordinaire, il devait s’avérer que ce soit le cas, il faudra s’assurer qu’ils aient bien tous fait l’objet de contrôles fiscaux.

  • http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/L-homme-de-confiance-le-ministre-et-les-chasseurs-203208/

    Mouais, un peu d’analyse ne nuit pas.

    « Comme la plupart des gens vraiment fortunés, ils fuient la une des journaux.  » Autrement dit, le JDD ne peut tenir la photo que d’un membre du petit club, qui a décidé de balancer sur Woerth.

     » Sont également invités ce soir-là un ancien de la banque Rothschild, plusieurs autres financiers, un homme d’affaires de l’immobilier, un industriel alors en délicatesse avec le fisc,  » Autrement dit, cet industriel, en voila un qui, si son différend fiscal ne s’est pas terminé tel qu’il le souhaitait, a un bon motif d’en vouloir à Woerth.

    On peut aussi se demander pourquoi le journal de l’industriel Lagardère décide d’en rajouter une couche sur Woerth. Un peu de bon sens et d’appréciation des probabilités nous montrent que le hasard ne peut pas expliquer pourquoi deux (avec Peugeot) révélations sortent pile poil maintenant du journal de l’industriel .

  • Je n’avais pas fait le lien jusqu’à ce matin en lisant la presse régionale avec le montage d’une écurie de course par son épouse, et la rapidité de la loi sur les paris en ligne dont il a été le plus fervent supporter. Je crois qu’il est dans une situation intenable. En dépit de sa bonne tête, qui je le concède, est bien meilleure que celle de beaucoup d’autres… mais bon …

  • C’est absolument merveilleux tous ces journalistes qui en parfaite synchronisation (mais c’est l’effet du hasard, hein!) passent de l’ignorance à la perspicacité.

  • @ eneem: faut pas pousser. Tout le monde que la rapidité d’adoption de cette loi – à laquelle je suis hostile, soit dit en passant – était liée à la Coupe du Monde de Football, et qu’elle profitera (à voir) bien plus aux clubs de foots qu’aux éleveurs de chevaux.

  • eponymus a écrit : :

    Franchement, s’il ne s’agissait pas d’un Ministre mais d’un justiciable Lambda, tu penses que sur la base des faits actuels, le Parquet s’auto-saisirait ? Sur la base d’un soupçon de cet ordre… J’espère que non pour tous les justiciables.

    Non, bien sur. Mais là il s’agit du ministre, qui plus est, d’un minsitre du budget.

    Koz a écrit : :

    faut pas pousser

    C’est sur, cette « nouvelle affaire » ne semble pas mener très loin. Il faut aussi reconnaitre que les précédentes suffisent à l’accabler.

    Je ne sais pas si vous avez écouté Woerth hier soir au Gd Jury, bien entouré qu’il était, il a choisi de ne as répondre a quelques questions précises: 1) pourquoi l’administration fiscale, sous son autorité, n’a t-elle pas lancé le controle fiscal de Mme Bettencourt ? 2) Woeth reconnait le soutien financier de Mme Bettencourt au parti de la majorité, mais a été incapable de répondre sur la nature et les montants des chèques mentionnées dans les conversations privées entre de Maistre et Bettencourt. Ce qui pour le trésorier du parti ne fait pas très sérieux. 3) Il ne reconnait ni négligences, ni conflit d’intérêt.

    Il semble avoir choisi la stratégie du Butor… jusqu’à quand ?

  • E Woerth hier soir au grand jury n’a répondu qu’aux questions qui l’arrangeaient, se voilant dans la probité pour dire qu’il ignorait quand Mme Bettencourt avait fait l’objet d’un contrôle, etc…

  • Koz a écrit : :

    Moi pas. Mais apparemment, toi non plus.

    Arf c’est la meilleure celle là… beau but, facilité par une erreur flagrante de la défense, mais beau but quand même.

    @ Gwy

    Rumsfeld… tiens, je me demande bien pourquoi on en a jamais parlé, indeed 😉

    Toujours sur le soupçon et le « conflit d’intérêt »… est-ce que tu penses sérieusement qu’un généreux donateur de l’UMP (ou de n’importe quel Parti au pouvoir) qui a besoin d’un passe-droit ait besoin de tisser des liens précisemment avec la femme du Ministre du Budget pour l’obtenir ? Est-ce qu’il ne peut pas s’adresser à n’importe qui pour « transmettre à qui de droit » pour peu que le Parti en question ou ses dirigeants souhaitent effectivement accorder cet avantage ou cette protection ? Il fut un temps, à l’époque du RPR ou d’Urba, où ce n’était pas nécessaire, voire peu discret.

  • eponymus a écrit : :

    est-ce que tu penses sérieusement qu’un généreux donateur de l’UMP (ou de n’importe quel Parti au pouvoir) qui a besoin d’un passe-droit ait besoin de tisser des liens précisemment avec la femme du Ministre du Budget pour l’obtenir ?

    Je te renvoie au com de Lib, plus haut: « le conflit d’intérêt est une vraie saloperie. Il fait naître du soupçon et il n’y a qu’un façon de combattre le soupçon. C’est d’avoir été totalement transparent […] ». Tu peux faire toutes les constructions intellectuelles que tu veux pour essayer de désamorcer le soupçon. Cela ne sert de rien. Le soupçon vient de l’apparence de conflit d’intérêt, découlant de la conjonction de quatre éléments factuels simples, incontestables: le job de M.Woerth au Budget, son second job à l’UMP, le job de Mme Woerth, l’enquête fiscale sur les biens de Mme Bettencourt.

    Encore une fois, je n’ai pas d’opinion quant à l’intégrité d’Éric Woerth ou la réalité d’un éventuel délit (la situation fiscale de Mme Bettencourt peut très bien se révéler parfaitement régulière, après contrôle). Le problème est purement politique. Si Sarkozy, Fillon et Woerth préfèrent essayer de faire passer leur réforme des retraites en traînant un tel boulet, c’est leur affaire.

  • C’est vrai finalement, au début, j’étais indignée, maintenant, je me dis qu’étant donné le climat moral qui règne en France, et en Belgique (post précédent), on s’en fiche. Finalement, mieux vaut cultiver son jardin, et je me demande si je retournerai un jour voter…

  •  » Il reste que l’activité de son épouse pouvait éventuellement placer Eric Woerth dans une situation de conflit d’intérêt, à supposer tout de même qu’elle le tienne informé de son activité quotidienne et inversement. « 

    Il ne faut pas avoir le sens du ridicule pour écrire une phrase pareille sans éclater de rire. Moi à chaque fois que je la relis je m’esclaffe !

    bravo, continuez !

  • » Il reste que l’activité de son épouse ne pouvait placer Eric Woerth dans une situation de conflit d’intérêt, même si elle le tenait informé de son activité. »

    Il ne faut pas avoir le sens du ridicule pour écrire une phrase pareille sans éclater de rire. Moi à chaque fois que je la relis je m’esclaffe !

  • Vous n’avez pas oublié le « bravo, continuez », francis ?

    La gauche devrait prendre garde, tout de même. A force, elle va passer pour une meute de roquets. Ce serait malencontreux.

  • et pourtant c’est si simple, cette histoire: patrice de maistre gestionnaire de fortune de mme bettencourt, embauche mme woerth quelques mois apres que son mari ait été nommé ministre du budget car il pense que cela ne nuira pas à ses relations avec le fisc, voire pourrait les fluidifier… coincidence ou non, mme bettencourt, pourtant première fortune de France, qui paye bien peu d’impôts par rapport à ses actifs, et dont on découvre qu’elle dissimulait une partie de ses avoirs, n’est pas contrôlée durant les deux ans ou m woerth est ministre du budget. Par ailleurs , mme bettencourt est donatrice du parti du majoritaire dont le ministre du budget tient aussi la caisse, ce qui est une autre manière d’avoir de bonnes relations avec le ministre… même mme woerth semble, finalement, se rapprocher de cette vision: http://www.lemonde.fr/depeches/2010/06/28/florence-woerth-dit-avoir-sous-estime-le-conflit-d-interet_3208_38_42847056.html

    par ailleurs, la vie politique n’est pas tendre, les responsables de la majorité ne font guère de cadeau à la gauche et le ton qu’ils adoptent est toujours vindicatif, en général méprisant et suffisant. comme le dit l’ Evangile, « celui qui a tiré l’épée périra par l’épée. »

  • Francis, vous avez une bonne raison de croire qu’en plus de 100 commentaires, ceci n’ait pas déjà été exposé 100 fois ou presque, ou est-ce que vous tenez absolument à crédibiliser la thèse de l’acharnement ?

  • je me permets de penser que je l’ai exprimé plus clairement qu’il ne l’avait été auparavant.

    il n’y a nul acharnement, seulement une analyse, confortée par des évènements récents.

  • @ JackFrat : si, dans ce concert de bonnes gueules cautionnant une autre bonne gueule, s’immiscait une autre bobine pour le coup catholiquement pas bonne du tout (c’est à dire jugée universellement telle – par tout, par tous en en tout temps), alors à qui se fier ?

    Trop tard, Frédéric Lefebvre lui a déjà apporté son soutien. Ainsi que Copé et Paillé. Quand on a des soutiens de la part d’une face de rat et de deux têtes-à-claques, en prenant la contraposée du « théorème de la bonne bouille », je crois qu’on est cuit, non ?

  • vous avez raison koz, il y a de l’acharnement… un ministre qui a traité de ridicules et stupides ses opposants à l’Assemblée lorsqu’ils dénonçaient le cumul Ministre du Budget, Trésorier de l’UMP ne mérite aucune compassion lorsqu’il est repéré juste à côté du pot de confiture.

    En termes moins bibliques et plus classiques « qui sème le vent récolte la tempête… »

  • @ Zeyes

    Bon, si on en est à compter les points, tu vas trouver sans doute très intéressant l’interview du DGFP, Philippe Parini. Il répond aux questions et ses réponses sont claires et nettes :

    « Beaucoup de questions sont posées à l’occasion de cette affaire sur le fonctionnement du contrôle fiscal. Le ministre m’a demandé de préciser les choses. Notre objectif est d’assurer l’égalité devant l’impôt et donc de contrôler régulièrement un certain nombre de contribuables. Nous procédons donc par sondage. Nous suivons évidemment les secteurs où nous pressentons des fraudes possibles ainsi que les secteurs qui génèrent des chiffres d’affaires importants. La mise en oeuvre d’un contrôle individuel relève uniquement de l’administration fiscale. Depuis que je suis en poste, jamais je n’ai reçu d’instruction de faire ou ne pas faire un contrôle fiscal. Il faut distinguer en effet la politique générale du contrôle fiscal qui relève du ministre et la déclinaison pratique qui relève de la seule administration fiscale. Il faut par ailleurs distinguer les contrôles sur pièces, pour vérifier la cohérence et la concordance des revenus ou du patrimoine et les contrôles approfondis quand il apparaît des incohérences ou des soupçons de fraude. »

    D’anciens Ministres des Finances, Budget etc. ont été interviewés ces derniers temps. Ils s’accordent tous sur un point important – si un ministre intervenait pour demander qu’un contrôle ne soit pas effectué, l’administration fiscale du haut en bas est tellement syndiquée, que l’affaire serait dans le Canard dans la semaine. Ce n’est pas le cas dans l’autre sens par contre. Les contrôles fiscaux peuvent être une arme. Et Michel Charasse a admis qu’il était intervenu directement pour que Tapie ait un contrôle lorsqu’il est devenu l’homme à abattre. Les amis de Thierry Le Luron avaient révélé qu’à cette époque, lorsque Mittérand en avait fait une cible, les théâtres dans lequels il passait étaient systématiquement contrôlés par la suite.

    Désolé pour les points, mais l’interview de Parini est parfaitement convaincante. Ne me dis pas que Parini est « aux ordres » ou ce genre de choses parce que c’est juste faux. Et tout le monde s’accorde sur ce point. La probabilité que le Ministre soit intervenu d’une façon ou d’une autre est quasimment nulle. L’administration fiscale n’a rien à voir avec l’intérieur – la culture interne y est réellement différente. Donc, tu peux tranquillement regagner les vestiaires. Ca va peut être donner le temps au PS de se pencher sur le vrai problème et fournir une solution alternative cohérente et réaliste au sujet des retraites.

  • Allez, francis, j’en ajoute un 3e pour la route.

    Oeil pour oeil, dent pour dent.

    C’est terrible la facilité avec laquelle toutes les barrières morales tombent quand on est persuadé d’être dans le bon camp.

  • @ eponymus:

    hello Epo, Oui, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt cet article, parce qu’il est censé nous fournir une clé de lecture dans cette affaire complexe.

    Il y a un extrait, et qui porte pourtant sur le cœur de l’affaire, qui m’a fait tiquer (extraits de l’article du Figaro)

    « Puis nous avons reçu le courrier du procureur de Nanterre qui est arrivé en janvier 2009 au directeur des services fiscaux des Hauts-de-Seine et qui ne cite que le seul de nom de M. Banier. Il n’y avait pas d’indication sur d’éventuelles fraudes fiscales concernant d’autres contribuables. »

    Parini justifie ainsi l’absence d’enquête poussée vis a vis de la 1ere contribuable de France. Ah tiens ? Les pièces transmises par le Parquet à Bercy début 2009 (publiées par Marianne) mentionnent bien, et même très clairement le nom de Madame Bettencourt et la désigne même comme l’acquéreur de l’Ile d’Arros. Pourquoi Mr Parini ne le reconnait-il pas ? Pourquoi esquive t-il ? C’est d’autant plus dommageable qu’il s’agit du nœud du problème.

    eponymus a écrit : :

    Ne me dis pas que Parini est « aux ordres » ou ce genre de choses parce que c’est juste faux. Et tout le monde s’accorde sur ce point.

    oh, tu sais, moi, je ne dis rien… mais « Le Point » et « les Echos » par contre http://www.lepoint.fr/archives/article.php/238748 + http://www.snui.fr/gen/audience/2008/les_echos_Parini_250408.htm

  • à lib. j’aimerais savoir quelle barrière morale je suis en train de transgresser en mettant un homme politique devant ses atermoiements, ses contradictions.

    quant à oeil pour oeil, dent pour dent, qui prône une claire idée de vengeance, je ne m’y reconnais pas. la phrase de l’Evangile que j’ai cité est beaucoup plus subtile et dit seulement qui celui qui est violent avec son adversaire doit s’attendre à une forme de violence en réponse. Dit autrement encore: « les moyens déterminent la fin plus que celle ci ne les justifie ».

  • zeyesnidzeno a écrit : :

    oh, tu sais, moi, je ne dis rien… mais « Le Point » et « les Echos » par contre

    Oui bien sur. Donc, comme tout les DG de tous les Ministères ont une sensibilité de droite ou sont proches du pouvoir (comme ils auraient une sensibilité de gauche ou serait proche du PS si ce Parti dirigeait) = donc, des menteurs. Excuse-moi mais ça devient un tantinet détestable à ce point. Parce que dans ce cas, il n’a pas besoinde Woerth et tu peu strictement porter exactement les mêmes accusations sur strictement n’importe quel fraudeur des impôts qui n’aurait pas été contrôlés. Pour tout. Et dans tous les Ministères. Et bien sur, ça sera également le cas, lorsque la gauche arrivera au pouvoir si jamais le PS commence à ressembler à qquechose. Encore une fois dans ce cas, pourquoi se servir d’un « conflit d’intérêts » – il suffit de présupposer que le DGFP soit de droite pour formuler exactement les mêmes accusations pour tout et n’importe quoi. En gros, un bon haut fonctionnaire, c’est un fonctionnaire encarté tu sais où… En l’espèce tu n’attaque plus un ministre sur un plan politique là, mais tu remets en cause la probité d’un haut-fonctionnaire. Libre à toi…

    Pour finir, il y a une réponse par un élément fonctionnel : la DGFP engage un contrôle systématique à peu près triénnal sur toutes les grandes fortunnes. Enfin, un DGFP qui bloquerait un dossier de son seul chef serait lui aussi dans le Canard la semaine suivante. Les dossiers ne passent pas de manière hiérarchique par un goulot d’étranglement politique. Désolé, ça ne fonctionne juste pas comme ça. Maintenant, encore une fois, si tu me montres un témoignage d’un staff de la DGFP qui affirme que les moeurs ont changées dans cette administration et que tout est contrôlé… je m’inclinerais sans problème et on pourra aussi réclamer la tête de Barnier pendant que nous y sommes.

  • eponymus a écrit : :

    Oui bien sur. Donc, comme tout les DG de tous les Ministères ont une sensibilité de droite ou sont proches du pouvoir (comme ils auraient une sensibilité de gauche ou serait proche du PS si ce Parti dirigeait) = donc, des menteurs. Excuse-moi mais ça devient un tantinet détestable à ce point. Parce que dans ce cas, il n’a pas besoinde Woerth et tu peu strictement porter exactement les mêmes accusations sur strictement n’importe quel fraudeur des impôts qui n’aurait pas été contrôlés. Pour tout. Et dans tous les Ministères. Et bien sur, ça sera également le cas, lorsque la gauche arrivera au pouvoir si jamais le PS commence à ressembler à qquechose. Encore une fois dans ce cas, pourquoi se servir d’un « conflit d’intérêts » – il suffit de présupposer que le DGFP soit de droite pour formuler exactement les mêmes accusations pour tout et n’importe quoi. En gros, un bon haut fonctionnaire, c’est un fonctionnaire encarté tu sais où… En l’espèce tu n’attaque plus un ministre sur un plan politique là, mais tu remets en cause la probité d’un haut-fonctionnaire. Libre à toi…

    Nan, nan, nan, nan, nan. Tu ne vas pas me la faire a l’envers. C’est toi qui écrit plus haut « Ne me dis pas que Parini est « aux ordres » ou ce genre de choses parce que c’est juste faux. » Ce a quoi tu ajoutes « Et tout le monde s’accorde sur ce point. » Ce a quoi je répond par deux articles du Point et des Echos qui affirment sans détour, non pas que Mr Parini est de droite, non pas que Parini est encarté, mais qu’il est un ami proche du chef d’Etat. Ce que, soit dit en passant, Parini assume parfaitement, toujours selon les Echos. La question centrale reste donc entière : pourquoi Mr Parini ne reconnait il pas que le nom de Mme Bettencourt apparait dans les pièces transmises par le parquet ?

    Et pour finir, il y a eu des témoignages du staff de la DGFP hier sur France 2. J’ai vu une vidéo passer sur Twitter, je te laisse le lien dans un prochain com.

  • francis,

    « qui a vécu par l’épée périra par l’épée »

    « qui sème le vent récolte la tempête »

    « (Woerth) ne mérite aucune compassion. »

    Vous auriez pu écrire qu’il ne méritait pas d’égard particulier, c’eut été légitime. Vous auriez même pu écrire qu’il ne méritait aucun égard tout court. C’aurait déjà été violent.

    Mais vous avez choisi d’écrire que Woerth ne mérite aucune compassion. Pourtant, tous les êtres humains, même les assassins, même les violeurs d’enfants, méritent notre compassion.

    Tout ça parce qu’il a donné l’apparence du conflit d’intérêt et mal parlé à un parlementaire de votre bord.

    On peut critiquer quelqu’un et même le combattre sans se laisser aller à le haïr.

    zeyes,

    Question pertinente. J’espère qu’on aura la réponse.

  • à lib je trouve, comme vous, l’analyse de Rosenzweig tout à fait pertinente.

    concernant la compassion , je crains que nous ne dépassions les limites du sujet, mais ne crois pas à la compassion générale. Nous devons à chacun, en tant que citoyen du monde, le respect , en tant que chrétien nous y joignons l’amour, en tant qu’homme de gauche, l’humanité. La compassion, comme la pitié, réservons là à ceux qui en ont besoin. Si un jour Eric Woerth n’était plus un arrogant ministre, mais, en difficulté, avait besoin d’être épaulé, la compassion serait là.

  • Ouf, mon cher Francis, me voilà rassuré.

    Disons que j’avais eut du mal à percevoir votre respect, votre amour, que dis-je! votre humanité à l’égard d’Eric Woerth mais c’était certainement une erreur d’interprétation. Il faut dire que je n’appartiens pas au camp qui a pour valeur l’humanité, ça doit être un handicap.

  • zeyesnidzeno a écrit : :

    @ eponymus: hello Epo, Oui, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt cet article, parce qu’il est censé nous fournir une clé de lecture dans cette affaire complexe. Il y a un extrait, et qui porte pourtant sur le cœur de l’affaire, qui m’a fait tiquer (extraits de l’article du Figaro) « Puis nous avons reçu le courrier du procureur de Nanterre qui est arrivé en janvier 2009 au directeur des services fiscaux des Hauts-de-Seine et qui ne cite que le seul de nom de M. Banier. Il n’y avait pas d’indication sur d’éventuelles fraudes fiscales concernant d’autres contribuables. » Parini justifie ainsi l’absence d’enquête poussée vis a vis de la 1ere contribuable de France. Ah tiens ? Les pièces transmises par le Parquet à Bercy début 2009 (publiées par Marianne) mentionnent bien, et même très clairement le nom de Madame Bettencourt et la désigne même comme l’acquéreur de l’Ile d’Arros. Pourquoi Mr Parini ne le reconnait-il pas ? Pourquoi esquive t-il ? C’est d’autant plus dommageable qu’il s’agit du nœud du problème. […]

    L’acquisition de l’île d’Arros remonte à Mathusalem, et cela fait longtemps que Banier en a la propriété, de fait. Il est extrêmement vraisemblable que la prescription fiscale fonctionne.

    Enfin, bon, on va peut-être finir par lever la confusion entre la fraude de Banier et celle de Bettencourt, confusion que je pointais dans mon com du 26 juin 2010 à 18 h 19 min.

    Et peut être même qu’un jour les commentateurs préfèreront s’abstenir lorsqu’il y a incertitude sur un élément factuel crucial. Y avait-il matière à poursuivre Bettencourt dans le dossier fourni par le parquet de Nanterre? Ou bien les seuls éléments valides ne concernaient que Banier? Personne n’en savait rien, mais ca n’a pas retenu grand monde de faire des déductions.

  • La question centrale à laquelle doit répondre clairement Eric Woerth, et le plus tôt possible, reste : qui, en janvier 2009, alors que le parquet alerte l’administration fiscale sur une possible fraude de Mme Bettencourt et qu’il est ministre du budget, décide de ne pas engager de contrôle fiscal et pour quelles raisons ?

    Question connexe depuis que M. Parini s’est « exprimé » sur le sujet : pourquoi l’administration fiscale ne reconnaît-elle pas que le nom de Mme Bettencourt apparaît dans les pièces transmises par le parquet, ce qu’a dit le juge Courroye, peu suspect de malveillance vis-à-vis du pouvoir ?

    Question subsidiaire : pourquoi le contrôle fiscal sur les déclarations de Mme Bettencourt, lancé en urgence aujourd’hui par le ministre du budget actuel, n’était-il pas du tout urgent durant un an et demi, après que le parquet a fait part de ses soupçons ?

    Question politique (cynique mais conforme à la réalité) : combien de temps Eric Woerth pourra-t-il tenir encore sans répondre à la question de fond qui est posée ? Surtout si les révélations sur certaines connivences troubles continuent à se succèder…

  • Jeff a écrit : :

    La question centrale à laquelle doit répondre clairement Eric Woerth, et le plus tôt possible, reste : qui, en janvier 2009, alors que le parquet alerte l’administration fiscale sur une possible fraude de Mme Bettencourt et qu’il est ministre du budget, décide de ne pas engager de contrôle fiscal et pour quelles raisons ?

    Je voudrais voir ce qui étaie cette affirmation selon laquelle le parquet aurait alerté d’une fraude (non prescrite) de Bettencourt. Indiquez les pièces du dossier, les paragraphes exacts, s’il vous plait.

    Question connexe depuis que M. Parini s’est « exprimé » sur le sujet : pourquoi l’administration fiscale ne reconnaît-elle pas que le nom de Mme Bettencourt apparaît dans les pièces transmises par le parquet, ce qu’a dit le juge Courroye, peu suspect de malveillance vis-à-vis du pouvoir ?

    Le procureur Courroye ayant justement cette réputation de complaisance, il couvre ses arrières. Il a d’autant plus à intérêt à enfoncer Woerth, que les enregistrements l’accusent plus gravement que Woerth, et qu’il préfère donc que la colère populaire se concentre sur Woerth. Et ce n’a jamais été le grand amour entre Courroye et les (ex) chiraquiens. Bref, il y a des explications plus crédibles (parceque plus factuelles) de la posture de Courroye, que de lui préter un étonnant sursaut d’intégrité.

    Question subsidiaire : pourquoi le contrôle fiscal sur les déclarations de Mme Bettencourt, lancé en urgence aujourd’hui par le ministre du budget actuel, n’était-il pas du tout urgent durant un an et demi, après que le parquet a fait part de ses soupçons ?

    Parce qu’aujourd’hui, des enregistrement viennent d’indiquer l’existence de deux comptes en Suisse. Et parcequ’il y a un an, il n’y avait pas de soupcons du parquet, jusqu’à preuve du contraire.

    Question politique (cynique mais conforme à la réalité) : combien de temps Eric Woerth pourra-t-il tenir encore sans répondre à la question de fond qui est posée ? Surtout si les révélations sur certaines connivences troubles continuent à se succèder…

    Quelle question de fond a été posée?

  • « Rien à ce stade ne prouve qu’il ait fauté. »

    Philippe Joffrin, 30 juin 2010, Libération, Chapeau.

    Après une bonne dizaine de jours d’attention scrupuleuse sur Woerth, une bonne dizaine de jours où l’affaire Woerth a réussi la performance d’éclipser les avanies des Bleus… et la réforme des retraites, Joffrin, directeur de la rédaction d’un journal qui ne passe pas pour un ami politique de Woerth écrit que rien à ce stade ne prouve qu’il ait fauté. Pourtant l’acharnement est vif, et même relayé ici où l’on voit bien que certains ont à coeur de réveiller ce billet, éventuellement en répétant des faits connus depuis dix jours.

    On vous répond que l’on attend seulement une reconnaissance de « l’idée du conflit d’intérêts » mais la campagne orchestrée est totalement hors de proportion. Je n’ai pas envie de défendre absolument Eric Woerth : comme je le disais dans mon billet, je ne connais guère plus le dossier que ses accusateurs, dont la véhémence doit moins à leur haute conception de l’intégrité en politique qu’à la couleur politique de la personne concernée, bref à la gueule ou à la carte. Mais j’avoue que cette ambiance de chasse aux sorcières est assez détestable.

  • C’est pas cool, Ivan, vous pourriez mettre un lien direct vers Minute. Depuis que Gringoire et Je suis partout ne sont plus là, c’est vrai qu’on n’a plus trop le choix, en matière de bonne presse.

  • @ Koz : ok, la posture « sans haine et sans crainte » de Joffrin vient un peu tard. Mais cela mis à part, ma presse ne fait que son boulot. Comme Éric Woerth a refusé d’admettre quelque erreur que ce soit – laissant sa femme le faire à sa place, soit dit en passant – tout ce que Paris compte de journalistes creuse, creuse à la recherche de plus d’infos. Et elle en trouve, parfois de pas très pertinentes, parfois un peu plus. C’est exactement ce qu’on peut attendre de la presse. Qualifier cela de chasse aux sorcières, c’est simplement reprendre le message de l’UMP, tentant de faire le damage control classique.

    J’ajoute que ce n’est pas tellement à Éric Woerth, personnellement, que la presse et l’opposition en ont. Il a déclaré « je ne suis pas du tout un ministre affaibli », et « j’ai la confiance totale du Président de la République et la confiance totale du Premier ministre ». Par là, il indique clairement qu’il s’estime légitime tant que Sarkozy ne le vire pas, en quoi il a techniquement raison, mais politiquement tort.

    Tout à fait logiquement, la pression se donc reporte maintenant sur le sommet de l’État, avec des titres du type « Bettencourtgate : la main de l’Elysée » (Nouvel Obs). S’il y a acharnement, c’est parce qu’en France on espère toujours s’en sortir à l’usure. Ailleurs, on éjecte rapidement le ministre en cause, afin d’éviter de transformer un embarras en crise. Ici, on attend toute une accumulation d’affaires, mineures ou moins mineures (Woerth, Blanc, Joyandet) avant d’annoncer un remaniement… pour plus tard. Et on serre les dents en attendant les vacances.

  • @koz Sincèrement désolé, j’ai merdé dans les tags p en voulant corriger un problème qui relevait en réalité du tag blockquote cite

  • JP a écrit : :

    Jeff a écrit : : La question centrale à laquelle doit répondre clairement Eric Woerth, et le plus tôt possible, reste : qui, en janvier 2009, alors que le parquet alerte l’administration fiscale sur une possible fraude de Mme Bettencourt et qu’il est ministre du budget, décide de ne pas engager de contrôle fiscal et pour quelles raisons ? Je voudrais voir ce qui étaie cette affirmation selon laquelle le parquet aurait alerté d’une fraude (non prescrite) de Bettencourt. Indiquez les pièces du dossier, les paragraphes exacts, s’il vous plait.

    Je n’ai évidemment pas eu ce courrier ou cette note entre les mains mais je fais confiance a priori au procureur Courroye, peu suspect, je le répète, de malveillance vis-à-vis du pouvoir (aurais-je tort ?). Le parquet de Nanterre avait alerté l’administration fiscale en janvier 2009 sur de possibles fraudes fiscales de la milliardaire Liliane Bettencourt, assure le procureur Philippe Courroye. «L’administration a eu connaissance de l’ensemble des pièces du dossier. Rien n’a été occulté», a précisé le procureur en ajoutant que le parquet ne pouvait décider seul de se saisir d’un fait de fraude fiscale. Dois-je comprendre que vous insinuez que le procureur ment et que c’est lui qui aurait « bloqué » l’affaire ? Et si c’est ce que vous pensez, à la demande de qui, de son autorité hiérarchique ?

  • @ Koz Moi, ce que je trouve surtout détestable, au-delà du cas Woerth, ce sont les liaisions dangereuses et les conflits d’intérêt (ici indéniables) entre le pouvoir politique et les puissances de l’argent. Une consanguinité particulièrement apparente depuis trois ans. En tout cas pour M. de Maistre, le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, selon ses affirmations téléphoniques, le fonctionnement est clair et sans nuance : on crache au bassinet pour s’attirer les faveurs des politiques (et on essaie de se payer un yacht au passage). Pour lui, c’est ça la vie. Mais peut-être vit-il dans un monde de fantasmes, ces pratiques immorales n’existant que dans son imagination… Oui, oui, ce doit être ça…

  • C’est sûr que cette atmosphère de chasse aux sorcières est détestable, surtout quand elle est menée contre un type de droite.

    Je conviens que c’est un os un peu maigre donné à l’opposition, inaudible par ailleurs… mais y’a un os quand même!

    Quand l’ensemble des journalistes de pays européens s’accorde à dire que de tels scandales auraient suffi à éjecter des ministres.

    Le pire, c’est quand on me répond « oui mais la gauche fait pareil, voire pire! ».

  • @Jeff

    Les mots de Courroye sont, tels que vous les citez: « «L’administration a eu connaissance de l’ensemble des pièces du dossier. Rien n’a été occulté» »

    il n’y a pas de quoi déduire que  » Le parquet de Nanterre avait alerté l’administration fiscale en janvier 2009 sur de possibles fraudes fiscales de la milliardaire Liliane Bettencourt, assure le procureur Philippe Courroye. » Est-ce vous qui dites cela? Est-ce un journaliste qui interprête la parole de Courroye? Est-ce Courroye qui est cité mot-à-mot?

    Dit autrement: existe-t-il, au moins, une citation exacte de Courroye dans laquelle il dit explicitement et sans ambiguité qu’il a informé le fisc de fraudes (non prescrites) commises par Bettencourt?

  • @ JP

    La citation du procureur Courroye : « L’administration fiscale a été prévenue le 9 janvier 2009 du fait que ce dossier était susceptible de mettre en évidence des éléments de fraude fiscale… L’administration a eu connaissance de l’ensemble des pièces du dossier. Rien n’a été occulté ».

    Selon différents titres de presse, parmi les pièces transmises, figurait notamment une lettre de M. Banier à Mme Bettencourt du 19 mai 2005 et consignée au dossier le 4 mars 2008, faisant référence à l’île d’Arros, aux Seychelles, que Mme Bettencourt aurait possédée sans la déclarer au fisc.

    Cela me semble suffisamment probant mais je serais curieux de connaître votre interprétation alternative : insinuez-vous que c’est au niveau du procureur Courroye que le pouvoir politique aurait bloquer le dossier et que le juge Courroye mentirait pour se couvrir ? Ai-je bien compris ?

  • Titre du Fig’ « Parisot soutient Woerth » Corps de l’article: Interrogée juste après sa réélection par l’Assemblée générale du Medef, sur « les liens entre le monde politique et le monde économique », Mme Parisot a affirmé:

    « je ne peux vous dire qu’une chose: Eric Woerth est un excellent ministre du Travail ».

    un soutien pour le moins très restreint….

  • Très bonne idée de citer la déclaration de Mme Parisot, Francis. Un exemple de prudence à adopter dans ce que nous pouvons dire sur ce sujet sans être partie prenante du dossier, ne trouvez-vous pas?

  • à vivien.la malice de mon commentaire résidait, vous le savez, dans le rapprochement entre la prudence de la déclaration de laurence et l’absence de nuance du titre figaresque….

  • Si vous êtes du genre malicieux, vous aurez saisi la malice du mien.

    Au fait, vous appelez Vous-savez-qui, « Laurence »? En ces temps où nous appelons tous de nos voeux une République irréprochable, ce signe coupable de collusion avec les puissances de l’Argent me parait pour le moins suspect, pour un homme de gauche…

  • Il semble que ce que Parisot apprécie, c’est le travail de Woerth au ministère du travail. On pourrait aussi interpréter ces propos comme un soutien du MEDEF à la réforme des retraites, malgré les activités annexes du ministre qui la met en œuvre.

  • @Eponymus Attends, faut pas être naif! Ca se trouve il a diné avec elle ou un truc du genre.

    @niamreg Je n’en sais que trop rien, mais je ne suis pas sûr qu’il y ait de multiples détentes dans cette déclaration, même si la dame est d’une grande subtilité politique. Elle dit qu’elle apprécie Eric Woerth dans le cadre de ses fonctions, point. Pour le reste elle ne dit rien parce qu’elle n’a pas plus d’information que n’importe qui, et qu’elle n’a pas à prendre position sur un sujet qui n’a rien à voir avec son mandat. Trop simple, comme explication?

  • @Jeff En l’état de la discussion, je ne vois pas ce que j’aurai du faire pour que vous daigniez tirer les conséquences logiques d’un élément factuel important que j’ai déjà évoqué plusieurs fois. Faites Control-F, avec le keyword « prescri », s’il vous plait, et parcourez ses occurences dans cette page. Merci de m’indiquer ce qui vous parait incompréhensible ou contestable.

    Quant à Courroye, et, en passant, car ce n’est pas la question présente: Je n’ai pas d’avis, juste plusieurs hypothèses. J’en dévellope juste une, parce qu’elle est négligée:

    Comme disait Lénine, on ne peut analyser correctement si on néglige le contexte matériel et historique. Autrement dit: Quelles sont les circonstances dans lesquelles ces courriers sortent de chez les Bettencourt et se retrouvent chez un juge? Réponse: c’est la fille qui balance sur Banier. Elle (son avocat) a choisi les courriers qu’il communiquait à la justice. Dans ce contexte, elle ( il) ne s’est pas retenu de livrer des éléments qui allaient nuire fiscalement à Banier. Mais par contre, en supposant qu’elle (il) ait possédé des éléments pouvant nuire fiscalement à sa mère, il n’est pas du tout évident qu’elle(il) les aurait lachés, car les bénéfices espérables étaient médiocres, au regard des coûts collatéraux. Autrement dit, même si Courroye possède un lourd passif, il n’est même pas certain qu’il ait eu ici l’occasion de l’empirer

  • @Vivien, Eponymus, niamreg

    Le moteur de tout ce cirque, c’est une bagarre interne à la droite, qui est en désaccord sur la nomination du futur Président de la République. L’article de Minute qui a été donné en lien est le plus lucide de tout ce qui a été publié.

    Dans ce contexte, la prise de position publique de Parisot, en faveur de Woerth ne s’adresse pas aux pékins, dont elle se fout (et réciproquement). Parisot s’adresse aux membres de cette oligarchie politico -économique, qui est en conflit interne, pour dire à quel camp elle est ralliée. Probablement à la demande de Sarko, qui sait bien qu’il faut bourrer le mou de ceux qui ont pour habitude de prendre le parti de celui qui semble avoir le plus de partisans.

  • Un peu de lecture, pour ceux que ça intéresse encore, sur cette affaire… rebondissante:

    Un article de l’express sur les micro-partis qui entourent l’UMP : http://bit.ly/d2FGrP Une note maison sur le mystérieux « système UMP » : http://bit.ly/bI3jvp Des déclarations pour le moins embarrassantes (mais non etayées pour le moment) de banquiers Suisses : http://bit.ly/bnOKMt Et… pour finir, quelques révélations de l’avocat de l’ancienne comptable de Mme Bettencourt : http://bit.ly/9AmKJc

  • Voilà un propos de la part de Simone Veil et Michel Roccard auquel je souscris pleinement :

    « Nous prenons la parole ensemble pour affirmer haut et fort qu’il est temps, grand temps, de dire ‘Halte au feu !' » d’autant que l’actualité donne « de la scène sportive à la scène médiatique, suffisamment d’exemples d’intolérance et d’intempérance pour que les responsables politiques s’abstiennent d’apporter du grain à moudre à la broyeuse populiste ».

    « Mesure-t-on bien les effets dévastateurs du spectacle affligeant qui se donne jour après jour devant l’opinion autour de ‘l’affaire Bettencourt’ ? Veut-on définitivement démonétiser une parole politique déjà suffisamment dévalorisée, décriée, diminuée ? », s’interrogent ces deux personnalités.

    Selon eux, « attaquer ad hominem, harasser sans relâche, dénoncer sans preuves », « ce n’est pas servir le débat, c’est desservir la démocratie, l’affaiblir et finalement l’asservir au nom même des principes que l’on croit si bien défendre. C’est porter atteinte à la dignité de la personne, c’est porter un coup à la politique, à la République ».

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/07/03/97001-20100703FILWWW00554-bettencourt-halte-au-feu-veilrocard.php

  • Effectivement, Epo, rien à rajouter à ces déclarations. Ces deux là, on sait encore en sortir de cette trempe en France, ou on a définitivement perdu la recette?

  • déclarations pas vraiment surprenantes: solidarité de caste.

    l’argument de » l’effet dévastateur » est totalement à double tranchant:

    « couvrir le feu, cacher l’info », démonétise encore plus la parole politique.

    La seule chose qui, à mon sens, redonnerait tout son crédit au discours serait la transparence, la vraie : qu’une institution indépendante (justice ou cour des comptes…) analyse l’ensemble des donations faites à l’UMP depuis 2007, les contacts du trésorier de l’UMP, Eric Woerth, et les vérifications fiscales, contrôles fiscaux que ces personnes ont, ou non, subies, les compare à un échantillon équivalent de non-donateurs, de fortunes qui ne dînent pas au frais du contribuable dans les palais de la république…

  • « que les responsables politiques s’abstiennent d’apporter du grain à moudre à la broyeuse populiste »

    Qui est donc visé par cette remarque? Un Montebourg qui n’a fait que son show habituel? Une Royal dont le « le système Sarkozy est corrompu » ne fait que plagier le texte cent fois déclamé par Bayrou? Aubry? Mais elle ne donne rien à moudre au populisme. Juppé, DDV, MAM lordqu’ils suggèrent qu’il faudrait peut être que la fonction de trésorier de l’UMP soit assurée par un autre que Woerth?

    Autre incongruité dans le texte de Rocard (qui a pourtant l’habitude d’être exagérément précis au point d’être indigeste), les exemples concrets qu’il donne: « attaquer ad hominem, harasser sans relâche, dénoncer sans preuves ». Est-ce les hommes politiques qui font cela, ou est-ce la presse? Et en supposant que les politiques n’auraient fait aucun commentaire de ce que la presse a « révélé », cela n’aurait rien changé à la fureur populiste.

    Il faut donc se demander pourquoi Roccard – qui n’est pourtant pas idiot – reproche aux hommes politiques le comportement de la presse. Soit Roccard perd les pédales, soit il pense que certains politiques sont les organisateurs de cette déferlante de « révélations ».

    On peut aussi demander par quel effet magique, depuis ce « halte au feu » adressé aux politiques, les jounalistes pisse-copies ont rangé leurs panoplies de Sherlock Holmes.

    Ne zappez pas! Après la pause, « KarachiGate », second épisode du feuilleton décoiffant « La revanche de Clearstream2 »

  • Vivien a écrit : :

    Ces deux là, on sait encore en sortir de cette trempe en France, ou on a définitivement perdu la recette?

    Je ne sais pas ce qu’il en est de la recette. Ce qui est sûr, c’est que ces deux-là, quel que soit le respect qu’on puisse avoir pour leur carrière et leur bilan, représentent le passé.

    Un passé où il suffisait de parler de populisme pour disqualifier efficacement un adversaire ou argument gênant. Sauf que, manque de pot, après 20 ans et plus d’usage intensif, cette technique ne marche plus. Elle n’a pas marché en 2002, ni en 2005, ni en 2007 – il ne vous a pas échappé que si Sarkozy a réduit Le Pen à 10%, ce n’est pas en le traitant de populiste.

    Donc, Rocard et Veil, ils sont bien gentils, mais leur argumentation est un peu courte. C’est bien beau de vouloir prendre de la hauteur et débattre dignement. Mais ça revient à ouvrir le parasol après avoir ressenti les premiers effets du coup de soleil.

    En plus, ils n’ont pas de bol : ils sortent leur tribune dans Le Monde juste la veille du jour où Sarkozy décide de lâcher un peu de lest, ramenant ainsi le curseur de la lessiveuse médiatique sur « début de cycle ». La suite est prévisible, pourquoi on fait payer ceux-là pour les autres, pourquoi pas plus tôt, pourquoi pas attendre le remaniement annoncé il y a à peine une semaine…

    De la part de Sarkozy et Fillon, de même que de la part de Veil et Rocard, le geste n’est pas mauvais. Mais que voulez-vous ? Too little, too late.

  • OK francis,

    Et on élargira l’opération au PS, puisque je n’imagine pas que quelqu’un de la position de Mme Bettancourt n’arrose que d’un seul coté. Et on élargira également aux régions, ça servira de base de comparaison. Ainsi le contraste sera saisissant entre la république irréprochable dans les régions et la république abimée par le gouvernement. Ou pas.

    Au risque de me faire traiter de populiste, je suis très favorable à une opération mains propres dans nos finances publiques. Y incluant bien sûr le financement des syndicats et la gestion paritaire (aka. taxation sans représentation).

    Si le sarkozysme aboutir à un bon coup de kärcher dans tout ça, ç’aura été notre meilleur gouvernement depuis 40 ans.

  • à lib. s’il s’agit de déceler d’éventuelles « faveurs fiscales », régions et départements présentent peu d’intérêt, elles n’ont pas de pouvoir décisionnaire en matière d’ IR et d’ ISF, qui sont les deux prélèvements obligatoires dont il est question.

    s’il s’agit de débusquer d’éventuels financements occultes de syndicats, on a plus de chance de tomber sur la caisse noire de l’UIMM que sur un organisation représentant le personnel , pour lesquelles les règles de financement sont publiées et surveillées…

    mais on s’éloigne de Woerth/Bettencourt… s’agirait’il d’une diversion?

  • @Francis

    Donc si je vous résume, c’est Ségolène Royal ou Montebourg qui font preuve d’un courage exeptionnel en s’abstrayant de leur « solidarité de caste » pour dénoncer « la corruption du système Sarkosy ». Le fait qu’ils le fassent sans preuve rajoute encore à leurs lauriers puisqu’ils prennent encore plus de riques…

    Mouais. Je crois que vous avez surtout inventé le woerthomètre : Woerth est un pourri, donc quiquonque trouve que l’on y va un peu fort à son sujet appartient à la caste des politiciens pourris. C’est pratique un outil aussi puissant et rapide pour détecter les bons et les méchants.

    Quand à la seconde partie de votre commentaire, je vous conseille de le relire un jour à froid ou dans un autre contexte. Pour l’éxamen par une institution indépendante, mais sans blague, qui sera contre vous? Il y en a même une toute trouvée, c’est la Justice. J’en déduis donc que vous êtes au moins pour attendre qu’elle ait dégagé suffisamment d’éléments matériels pour justifier d’une mise en éxamen (sans même parler d’une condamnation en bonne et du forme). Vous risquez aussi d’être un peu déçu par son action. Son boulot est d’identifier une violation de la loi établie. Pas de dégager des corrélations statistiques à deux balles qui feraient office de preuves de remplacement pour confirmer la petite idée que vous avez derrière la tête. Je sais bien que Woerth est un pourri, hein, mais il n’est pas en dessous des lois non plus.

    @JP

    Je ne comprend pas trop votre problème avec la déclaration de Veil et Rocard. Vous les accusez de manquer de précision et vous voudriez qu’ils accusent « la presse » ou « les politiques ». Michel Rocard est un gars précis comme vous dites, et ils n’aiment pas les attaques ad hominem. Donc ceux qu’il accuse « d’attaquer ad hominem, harasser sans relâche, dénoncer sans preuves » sont juste ceux, parmi la presse ou les politiques, « attaquent ad hominem, harassent sans relâche, dénoncent sans preuves ».

    Par exemple en monopolisant les séances de questions au gouvernement à l’Assemblée pour taper sur un homme, en présentant comme un fait la corruption de Woerth et du « système Sarkosy », en trouvant à redire à ce que le ministre applique la loi sur le bouclier fiscal, parce que c’était elle, parce que c’était lui.

    Pour Juppé, MAM, voire Aubry, on se trouve plus manifestement dans le cas de ceux qui exercent leur devoir de « dénoncer, ou de défendre, telle ou telle situation de cumul de responsabilités, tel ou tel risque de conflit d’intérêts, tel ou tel motif de confusion des genres ».

    @Gwynfrid

    C’est peut être parce qu’ils représentent le passé que ces deux personalités sont précieuses. Elles sont nettement moins engluées dans leur intérêt politique personnel qui a fortement diminué. Too little too late, peut être, mais ils font ce qu’ils peuvent, avec leurs moyens de « gens du passé ». Par contre, pas d’accord avec vous pour dire qu’ils brandissent le seul argument du « populisme ». Leur introduction est peut être un peu longue et leur conclusion un peu courte, mais j’ai l’impression qu’ils mettent des mots assez précis sur ce qui les gène dans cette situation (cf ma réponse à JP). Pour préciser plus, il faudrait personaliser plus, ce qu’ils ont à tout prix évité de faire vu qu’ils dénoncent justement les attaques « ad hominem ».

  • @Vivien : Toutes les réponses à vos question dans cet article de Slate [faute de réponse du gvt] « Affaire Woerth: les questions du PS, nos réponses » C’est me semble t-il une bonne synthèse de l’affaire.

  • @zeyesnidzeno

    Merci pour le lien, et effectivement, il y a de la matière. J’aurais quand même tendance à dire qu’elle a encore besoin d’être raffinée par un juge ou une commission d’enquête, pour en faire « des réponses », surtout dans l’ambiance actuelle. J’attends, donc.

  • @ Vivien:

    J’ai relu le texte de papy Michel et mémé Simone, pour tenter de voir pourquoi nous n’en faisions pas la même interprétation. Je maintiens que Roccard semble vouloir y haranguer les politiques et non la presse.

    Et je maintiens que, en fait, les politiques n’ont fait que répéter les attaques et accusations sans preuves solides, voire franchement malhonnêtes, qui étaient fabriquées par la presse.

    D’où ma question: pourquoi Roccard ne s’adresse-t-il pas à ceux qu’il devrait considérer être les vrais coupables, la presse? Et ma réponse: non, Roccard n’a pas encore perdu ses capacités d’analyse. S’il n’admoneste pas les journalistes, c’est parce qu’il voit très bien que leur subite suractivité dénonciatrice, n’est due qu’à DDV, accompagné très vraisemblablement par quelques autres rivaux de Sarko. C’est à ces politiques en particulier qu’il s’adresse donc en réalité, même s’il prend soin de ne nommer personne, afin de ne pas rajouter des attaques aux attaques.

  • Aristote a écrit : :

    Woerth, c’est la réforme des retraites et un successeur possible de Fillon.

    Là, maintenant, je crois que ça va être difficile pour lui. Mais avec sa « bonne gueule », il devrait retrouver du boulot rapidement.

  • Le problème ne se pose pas à propos de la personne de Monsieur Woerth – lui même – mais de ce que révèlent les enregistrements du maître d’hotel, l’argent versé par Madame Bettancourt à MM Sarkozy et Woerth (hommes de pouvoir) et l’influence exercée sur la justice dans le cadre de son procès avec sa fille. Sans parler du boulot de sa femme qui aurait été décroché pour rendre service.

  • A la lumière des dernières révélations sur l’affaire Woerth, le billet et bon nombre de commentaires sont touchant de naïveté. Ok, vous ne pouviez pas savoir au moment où vous avez écrit votre billet mais maintenant ?

    koz, maintenez-vous ce que vous ce que vous avez écrit ? Ou bien considérez-vous que finalement, non, M. Woerth n’est pas si sympathique que ça… pour ne pas en dire plus.

  • Ca va les censeurs ? Il faut se justifier ? Un article est écrit à sa date : il n’y a pas lieu de retrancher ou d’ajouter à ce que je disais de cette affaire il y a trois semaines, surtout dans l’état où elle était il y a trois semaines. Quant à la naïveté, le fait que votre regard soit rétrospectif devrait vous interdire de l’évoquer.

    Il reste bien des zones à explorer dans ce dossier, et notamment une déclaration, que j’ai rapportée il y a trois semaines et sur laquelle tout le monde continue de glisser : comment se fait-il que ce Monsieur de Maistre – qui aurait embauché Mme Woerth pour se concilier les bonnes grâces du mari, qui serait son ami, et alors que M. Woerth serait arrosé par Mme Bettencourt – craint la politique menée par Eric Woerth ? Deux possibilités : (i) Woerth n’a accordé aucun traitement de faveur, (ii) Maistre raconte n’importe quoi. Si c’est la deuxième solution, pourquoi lui accorder du crédit sur cette affirmation et pas sur les autres ?

    Autre point : la comptable a également dit que Florence Woerth n’était probablement pas au courant des fraudes fiscales. Cela, personne ne le relève. Même question : pourquoi accorder du crédit aux autres déclarations de la comptable, mais pas à celle-ci ?

    Imputer de la naïveté rétrospectivement me paraît malvenu. En revanche, je ne serais pas loin d’imputer à certains un sérieux manque de curiosité et d’impartialité. Et j’en reviens à mon billet : bien évidemment, il ne s’agit pas de tout miser sur la bonne bille de Woerth. Ceux qui n’ont pas compris qu’il y avait comme une deuxième degré dans la première partie du billet ont gagné un billet pour une relecture. Mais le fait est que l’approche du dossier est largement tributaire de la bonne gueule qu’on lui attribue, elle-même tributaire de la carte du parti que l’on a.

    Une fois encore, les parangons de vertu de la gauche n’ont pas moufté, il y a quelques mois, quelques semaines, lorsqu’il s’est agi d’investir un homme politique condamné pour « prise illégale d’intérêts », de faire campagne pour lui, et de voter pour Jean-Paul Huchon. Alors, de la mesure…

  • Koz a écrit : :

    Ca va les censeurs ? Il faut se justifier ? Un article est écrit à sa date : il n’y a pas lieu de retrancher ou d’ajouter à ce que je disais de cette affaire il y a trois semaines, surtout dans l’état où elle était il y a trois semaines. Quant à la naïveté, le fait que votre regard soit rétrospectif devrait vous interdire de l’évoquer.

    Censeur ? Et pourquoi pas fasciste ? C’est vrai que poser une question, demander des justifications, c’est faire le jeu du FN (dixit l’UMP). Je vous propose de me traiter d’inquisiteur, au moins, ce sera vrai d’un point de vue étymologique.

    Je parle de naïveté, car je n’ai pas cru une seconde à la défense d’Eric Woerth, et que le 23 juin on avait déjà suffisamment d’éléments pour se faire une idée de l’homme qui se cache derrière sa bonne bouille de comptable. Vous avez cru à sa défense et vous avez eu tort, ce n’est pas bien grave. Mais moi, quand je me plante, j’ai au moins le courage de le reconnaitre. Et quand on me pose la question, ma réponse est « en effet je me suis planté » pas « censeur, j’ai le droit de penser ce que je veux et de l’écrire ».

    Alors en effet, il reste beaucoup de zone d’ombres dans ce dossier et je souhaite qu’un juge d’instruction soit nommé pour les éclaircir. Est-ce aussi votre souhait ? Pour répondre à votre question concernant les rapports entre E. Woerth et de Maistre, on peut imaginer Woerth disant à de Maistre: « écoute, mes services sont au courant pour les comptes en Suisse de Mme Bettencourt. Je ne vais pas pouvoir les empêcher éternellement de s’en mêler, surtout après mes déclarations comme quoi je lutte contre les paradis fiscaux. (les deux hommes éclatent de rire) Sérieusement, il faut que tu les planques ailleurs. » Vous voyez, il peut très bien y avoir traitement de faveur ET nécessité de déplacer les comptes suisses. Je ne dis pas que ça c’est passé comme ça, je dis juste que vous concluez un peu vite à une contradiction.

    Autre point: en effet, d’après les déclarations de la comptable, F. Woerth ne foutait pas grand chose. Si ça va dans le sens de M. Woerth quand elle dit qu’elle n’étais pas au courant pour la fraude, ça enfonce Eric Woerth car l’emploi « fictif » de F. Woerth obtenu grâce à son intervention (d’après de Maistre), constitue une prise illégale d’intérêt. Et une grosse: plus de 14 000 euros par mois pour ne rien foutre, c’est pire que Christine Boutin.

    Concernant JP Huchon, je ne suis pas au PS, je n’ai pas fait campagne pour lui et je n’ai pas voté pou lui. Comme vous, je pense que les socialistes n’auraient pas dû l’investir. Trois remarques: 1) La faute de JP Huchon est minime. Il a été condamné pour avoir fait embaucher une personne de sa famille à un poste pour lequel elle était qualifiée et où elle a fourni un réel travail. Le délit est constitué, mais on peut juste lui reprocher un petit coup de piston, rien de plus. Sacré différence avec le cas Woerth. 2) Cependant, je pense que même lorsque la faute est minime ou quand ils paient pour d’autres (Juppé), les hommes devraient se retirer de la vie politique pendant au moins cinq ans. De ce point de vu, l’investiture de Huchon, ou le retour de Juppé à la mairie de Bordeaux après un an d’exil relatif sont scandaleux. 3) Je suis très déçu de vous voir ressortir le coup de « oui mais en face ils l’ont fait aussi ». Je vous pensais suffisamment intelligent pour éviter ce genre d’arguments stupides. Vous avez éviter d’évoquer les années Mitterand, c’est déjà ça…

  • C’est tout ce que vous avez à répondre ?

    Je suis venu sur ce blog car je ne comprends pas comment les gens de droite peuvent encore soutenir Woerth. D’une certaine manière, vos non-réponses me permettent de mieux comprendre ce mystère.

  • Lu ce billet avec beaucoup de retard, mais l’actualité le garde d’actualité…

    L’impression d’honnêteté laissée par M. Woerth tient peut-être au fait qu’il pense vraiment l’être. Après tout, tant qu’on respecte la loi (en tout cas autant que tout un chacun)… Et rien n’a été prouvé jusque là. M. Woerth, comme d’autres, trouve normal de fréquenter le gotha (d’autant que sa situation de maire l’y oblige presque !), et qu’entre politiques et monde des affaires les relations ne sont pas interdites si elles n’influencent pas la qualité et l’honnêteté de son travail qu’il me semble effectivement bien faire (d’où par exemple le soutien à l’époque de Martin Hirsch).

    Mais quid de la morale ?

    La représentation publique a un devoir d’exemplarité. Cumuler les fonctions de trésorier de parti et de ministre du budget, et organiser ces rencontres du premier cercle, est-ce sain ? Le mépris qu’il a affiché lorsqu’on lui a posé la question (je me souviens de la scène) m’incite à croire qu’il n’est pas dupe et a profité sciemment de la situation. Évidement qu’entre relations, les coups de pouce et les arrangements existent. C’est bien le cas pour nous les anonymes qui aideront nos proches si nous le pouvons. C’est pourquoi un représentant du peuple devrait s’obliger à éviter ces situations, en tout cas à ce niveau de responsabilité. Car c’est l’ensemble des français qu’il doit servir, et que les fréquentations ont de l’influence sur le comportement. Et qu’à force de fréquenter les riches, on pense que la richesse vous est due. Les démocraties du nord de l’Europe nous montrent que c’est possible, il me semble. Malheureusement M. Sarkozy louche plutôt du coté de l’Italie berlusconienne ou de l’Amérique.

    Au franchissement de la ligne jaune il y a encore un pas qu’il me semble avoir franchi en se faisant rémunérer grassement par une association assez bidon (vieille affaire ressortie récemment). Alors, pratiquer le renvoi d’ascenseur avec les grandes fortunes et peut-être financer illégalement son parti (sans enrichissement personnel) ? Ce n’est pas prouvé, certes. Mais en voyant le reste, j’y crois au moins pour partie.

    Une bonne tête, oui. Car il n’a pas conscience de son immoralité. Mais cela ne l’en absout pas.

    Un avis, bien sûr.

  • ce que l’on apprend aujourd’hui du rapport de l’IGF confirme les craintes que l’on pouvait en avoir: clarifie t il les procédures utilisées pour ce type de contrôle, la fréquence à laquelle la situation fiscale de mme bettencourt a été contrôlée, ou se contente t il de dire qu’il n’ pas été trouvé un ordre écrit de ne pas contrôler ? quand je vois la réaction de F Lefevre je sais qu’il est de toutes façons « bon pour le service »!

  • Depuis l’élection de N. Sarkozy, j’ai observé avec effarement l’impudence avec laquelle était gommée toute distance entre le service de l’Etat et la gestion du parti. Le président lui-même use allègrement des deux casquettes, et a montré plusieurs fois qu’il se considérait toujours en lutte politique contre la moitié des Français (pas toujours la même, d’accord).

    La situation d’E. Woerth, à ce compte-là, est d’abord l’illustration d’un problème de conception de la vie politique. Il me semblait évident, dès le début de l’affaire, que pour protéger les institutions, il aurait dû démissionner. Mais c’est parce que je me plaçais toujours dans une optique de ministre-serviteur de l’Etat avant tout. Le fait qu’il se soit accroché à son siège, nous entraînant dans ce cauchemardesque vaudeville, montre bien que pour l’exécutif actuel, nous sommes dans une lutte permanente faction contre faction, excluant toute idée de recul.

    Les dégâts collatéraux sont considérables : en effet, ont été mises à jour un bon nombre de pratiques problématiques. Là encore un gouvernement dans une situation naturelle y aurait vu l’occasion de lancer une vaste opération d’assainissement et moralisation des pratiques pour se refaire une virginité. Mais, puisque nous sommes engagés dans une guerre de tranchées, les ministres se relaient pour nous expliquer que tout est normal.

    Aujourd’hui je donne d’ailleurs la palme à MAM qui dans le Figaro n’a pas un mot pour critiquer les fuites dans la presse ; elle semble même s’en féliciter : « L’enquête avance, et vite. Les fuites quotidiennes viennent le démontrer. » On aura vraiment tout lu !

  • Eric Woerth démissionne de ses fonctions de trésorier de l’UMP.

    Il a pris le temps de réfléchir depuis qu’il avait répondu « stupide ridicule »

    aux députés socialistes qui le lui demandaient il y a deux ans.

  • La nouvelle est à replacer dans un contexte global, qui avait été révélé par l’Express: http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-haras-qui-rit-de-florence-woerth_904667.html

    (article où l’on découvre, en passant, le lien Francegalop, Edouard Rothschild, Libération. D’où, on est moins surpris par la performance de Libé, qui n’aura sorti aucune info, sauf une feuille des carnets de comptabilité, sélectionnée pour faire croire que les retraits d’espèces étaient normaux.)

    Est-ce que Koz dira explicitement ce que, aujourd’hui, il pense de l’intégrité de Woerth?

  • Ca commence à suffire, ici. A quoi cela sert de tenir le feuilleton quotidien sous ce billet, francis ? Vous ne pensez pas que ceux qui lisent ce blog lisent également la presse en ligne ? Quel intérêt de venir ici recopier le titre des articles que nous avons tous lus, sans aucune analyse ? Tiens, étonnamment, vous et d’autres avaient omis de souligner que cette brave comptable a touché pas moins de 400.000 euros à son départ du service de Liliane Bettecourt, et qu’elle avait sollicité trois appartements. Vous avez omis aussi de relever que le rapport de l’IGF souligne que Liliane Bettencourt n’a pas subi de contrôle depuis 15 ans, dont 5 ans sous le gouvernement socialiste, dont ceux qui donnent des leçons sur ce point précis. Que dois-je faire lorsque je lis ça ? Venir ici faire mon copier/coller ?

    Quant à la dernière « révélation », libre à ceux pour lesquels le Canard Enchaîné et Marianne sont des bibles d’y accorder tout crédit sans examen.

    JP, les sommations de ce genre, ça ne marche pas avec moi, ça ne marche pas depuis 5 ans, et ça ne va pas changer de sitôt. Et si vous souhaitez commenter ici, c’est une des choses à prendre en compte.

  • ok koz, la suite de cette affaire ne vous plait pas, mes commentaires non plus.

    libre à vous.

    je ne souhaite pas dériver sur les commentaires sur la comptable, le maître d’hotel, etc. mais soyez prudent, votre vivacité vous fait oublier les conditionnels. Je suis satisfait que vous souligniez, à votre manière, l’anomalie, apparente ou éclatante, de la situation fiscale de MMe Bettencourt. 15 ans sans contrôle, comment dites vous ? ça commence à suffire!

  • Pardon? Ma question n’est pas une sommation! Il s’agit de constater que dorénavant vous évitez, ou pas, de parler du fond de l’affaire.

    Il me semble avoir fait ici quelques commentaires défendant l’innocence présumée de Woerth, tant qu’elle était possiblement défendable. Malgré que je vote à gauche et exècre le système sarko. Parce que d’une part, je voyais bien la campagne de presse visant au lynchage médiatique (telle celle subie par DDV dans Clearstream2) et parce-que d’autre part il n’y avait alors aucune preuve tangible.

    J’appliquais donc ce principe (car je l’approuve) que vous prêchiez beaucoup plus haut dans le fil: on ne devrait pas gérer nos interventions selon qu’elles servent ou desservent notre camp préféré, mais simplement exprimer ce qui nous parait objectivement fondé, pertinent, juste, etc…

    Or, à partir de votre réponse à Tristan Le Gall, j’ai eu l’impression, décevante, que vous ne respectiez pas ce que vous aviez prêché, lorsque vous attaquez au lieu de faire le constat objectif qu’il y a un problème avec le couple Woerth.

    Ma question visait ainsi à vérifier mon impression d’un écart entre les paroles et les actes.

  • francis a écrit : :

    votre vivacité vous fait oublier les conditionnel

    Comme vous vous en montrez friand, soudainement… C’est bien, et comme on est des gens optimistes, on va parier que vous n’allez pas vous arrêter en si bon chemin.

    JP a écrit : :

    Ma question n’est pas une sommation!

    Je ne suis pas surpris que vous ne le perceviez pas comme cela.

    JP a écrit : :

    Il me semble avoir fait ici quelques commentaires défendant l’innocence présumée de Woerth, tant qu’elle était possiblement défendable.

    Il y a une fonction utile, dans tout navigateur : ctrl + F.

    Là, vous entrez « JP ». Vous voulez me répéter sérieusement que vous avez fait ici des commentaires défendant Woerth ?

    Laissez-moi vous rappeler le premier commentaire que vous avez fait ici, il y a plus de trois semaines déjà. Que le temps passe vite, n’est-ce pas…

    Le 23 juin dernier, JP a écrit :

    Double malhonnêteté de Woerth, alors. Non seulement il accepte l’argent de la corruption, mais en plus il escroque le corrupteur en ne fournissant pas le service implicitement prévu. Et c’est prémédité (…)

    Je vous ferais la grâce de vous citer vos autres interventions, que vous auriez pu aller chercher vous-mêmes, avant d’écrire un truc du genre « j’ai défendu Woerth en son temps ». Ca fait simplement trois semaines que vous jouez avec d’autres le rôle de procureur aux petits pieds. Il faut le faire, tenir trois semaines à accuser systématiquement quelqu’un. Il y a eu 4 billets depuis mais non, inlassablement, nos petits procureurs viennent se défouler.

    Donc, oui, je réitère : ça va bien. Vous avez eu largement l’occasion de vous exprimer, cela fait bien longtemps que ce « fil » n’est plus utilisé pour ce qu’il est censé être, c’est-à-dire un fil de commentaires du billet, mais pour venir alimenter la chronique des accusations d’Eric Woerth. Pour cela, donc, je me répète, nous avons toute la presse, jusqu’à saturation. Et je me fous que vous pensiez que je ne dis cela que parce que je suis proche de Woerth politiquement mais, en ce qui me concerne, un mois dans ce climat, ça me saoûle. Il y a d’autres sujets.

    En outre, un blog n’est pas un forum. Libre à vous de vous prendre en main et d’ouvrir votre blog sur lequel vous aurez toute latitude pour tenir la chronique quotidienne de vos aigreurs.

    Je ferme donc les commentaires ici et, je vais vous dire une chose : parce que je suis de droite, donc par nature à tendance autoritaire, totalitaire, voire fasciste, si ça ne vous plaît pas, en fin de compte, c’est la même chose.

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