Des #Veilleurs, Gandhi-Style

veilleuse2Il serait ingrat de ne pas commencer ce billet par un remerciement appuyé à François Hollande et à Manuel Valls, pour avoir donné très exactement à ce mouvement le moment fondateur dont il avait besoin. Les arrestations stupides de dimanche et les gardes à vue aberrantes qui s’en sont suivies lui ont donné l’élan nécessaire, celui qu’il fallait pour déboucher sur l’évènement de référence.

Cet évènement, cet avènement, il y a de bonnes chances que vous n’en ayez pas une connaissance précise. Faut-il s’en étonner, Manuel Valls et Alain Vidalies ont l’un et l’autre assidûment pratiqué l’amalgame en rapprochant des heurts épars, la menace de « groupuscules d’extrème-droite » et soixante-dix interpellations dans la nuit. Or, vous le verrez ci-dessous : les interpellés ne sont pas ceux qui ont causé les heurts mais des jeunes dont le seul tort est un poil de romantisme, qui les a conduit à reprendre L’espérance, lire des poèmes, des textes philosophiques, et arborer le portrait de Gandhi, le tout muni de petites bougies. Des veilleuses, donc, les Veilleurs réalisant donc ce que l’on peut communément appeler une veillée, menaçant ainsi l’ordre public en même temps que la République. On se dit que la République n’a jamais semblé aussi peu sûre de son assise pour que ses ministres hurlent à son renversement pour si peu, des fois qu’on la renverse à coups de gobelets.

Les medias, pourtant avides de nouveautés, ne se sont pas montrés plus diserts. Et c’est avec une certaine surprise que j’ai découvert les dépêches AFP du matin, passant pratiquement sous silence la présence des Veilleurs, alors même que Stéphane Jourdain, reporter à l’AFP, a passé environ une demi-heure avec eux, prenant plusieurs photos et relevant l’attitude de « recueillement » de l’ensemble de ce groupe.

Pourtant, ce qui s’est passé est majeur.

Les Veilleurs font la démonstration de la fécondité de la non-violence
Des dizaines de jeunes, malgré l’échauffement d’une manifestation, malgré la tension provoquée par la présence des CRS – dont ils connaissent les exploits des jours passés pour préserver la République outragée par l’Espérance – sont restés assis dans le calme pour faire part de leur opposition paisible et résolue. Ils n’avaient pas attendu l’appel de Monseigneur Vingt-Trois pour s’engager dans une résistance non-violente, mais ils s’y sont conformés. Et ils font la démonstration belle, éclatante, de la fécondité de la non-violence. Quand les groupuscules violents tournent en rond sur les mêmes effectifs et une même stérilité, l’exemple de ces Veilleurs force la solidarité.

Bien sûr, on me répond qu’ils se maintiennent malgré l’ordre de dispersion. Ceci n’est déjà qu’une demi-vérité, voire plutôt un mensonge : les animateurs du groupe des Veilleurs avaient un accord avec les forces de l’ordre pour rester jusqu’à 00h30. Certains ont peut-être eu l’outrecuidance de rester assis dans le calme un peu plus longtemps. Mais surtout il y a toujours une marge entre un droit et l’opportunité d’en user. M. Valls a le droit de donner l’ordre d’interpeller ces jeunes mais c’est non seulement disproportionné mais récompensé par le Ghandi Effect : toute répression d’une opposition non-violente ne fait que renforcer la détermination des opposants.

Certains diront que leur action est inutile. Figurez-vous que l’inutile ne les effraie pas. Ils sont du genre à trouver grandioses les conquérants de l’inutile. Il paraît même que « l’important n’est pas de réussir, ce qui ne dure jamais, mais d’avoir été là, ce qui est ineffaçable ». Ils savent que le projet de loi sera voté mardi mais la question n’est plus de savoir si ce projet de loi passera ou non. Comme l’a fort bien dit Tugdual Derville, « nos manifestations visent quelque chose de beaucoup plus global qu’il faut décrypter et comprendre. »

Ce qui se produit est nouveau et, si c’est peut-être la fin d’une contestation, c’est aussi bien le début d’autre chose. Ces derniers soirs et les soirs qui viennent, les Veilleurs construisent pour l’avenir. C’est l’affirmation résolue et pacifique d’une vision de l’Homme, c’est le droit d’y croire. Ce sera peut être l’écologie humaine, ce peut être un collectif informel, prêt à se réactiver à tout moment, ce peut être une force politique, ce peut être un engagement nouveau dans les partis existants. Mais une chose est sûre : ces jeunes ne vont pas se quitter pour ne plus se revoir. De la génération réseaux sociaux, ces évènements leur ont permis d’établir les connexions.

« Les gens comme vous, tout le monde les déteste »
Ils sont paisibles, ils sont déterminés. Ils savent qu’ils ne sont pas nécessairement populaires. Il y a quelques jours, un journaliste fort sympathique d’un hebdo national me disait qu’il fallait bien savoir que, « les gens comme [moi], dans les medias… D’ailleurs même tout le monde… les déteste ». Je me permets de penser que ce constat est un peu… hyperbolique. Mais ce que tous doivent bien savoir en retour, c’est que cela n’empêchera ni moi ni les Veilleurs de continuer à affirmer résolument et paisiblement nos convictions. Certaines de nos références – comme celles qui ont ouvert cette semaine peu ordinaire – n’incitent pas à surévaluer la popularité mondaine.

Ce soir encore, à Paris mais aussi cette fois à Lyon, à Toulouse, en Bretagne, les #Veilleurs veilleront de nouveau dans la paix.

 

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

61 comments

  • On pourrait s’émerveiller de ces rassemblements, s’ils étaient porteurs de quelque chose qui dépasse le combat absurde contre l’égalité due à nos frères homosexuels.

    A l’heure qu’il est on voit surtout parmi les veilleurs une remarquable homogénéité de population : étudiants, jeunes adultes, lycéens, bourgeois ou aspirant à le devenir ou – encore pire – craignant de ne plus pouvoir le devenir – et très probablement catholiques. Mais on a beau leur donner un portrait de Gandhi, ça ne masque pas leur Barbour.

    Et les forces catholiques comme moteur de la transformation de la société contemporaine, on a assez peu d’exemples récents où ça ait donné des choses positives (à moins qu’on considère que le Tea Party soit quelque chose de positif).

  • C’est sûr que si vous associez Tea Party et catholicisme on est mal barrés. Il s’agit pour l’essentiel de protestants puritains. « Bah, tout ça c’est la même chose ».

  • Merci beaucoup pour ce billet! Voir ici un combat contre l’égalité due à nos frères homosexuels est une erreur. A nous de tenir bon et de veiller pour que le message passe et perdure. Et que celui qui à des yeux s’en serve! Quant à l’autre qui objecterait l’inefficacité d’une lutte non-violente, je lui répondrais qu’il y a dans ce mouvement quelque chose de plus grand que la recherche d’une efficacité de circonstance. Et comme le dit mon copain Cyrano, « on ne se bat pas dans l’espoir du succès. Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »

  • @ Logopathe : c’est d’autant plus goûteux que, de fait, petitesphrases… est protestant.

    Pour le reste, @ petitesphrases, je ne vois rien dans ta réaction que de très idéologique. Depuis l’affirmation que ce projet de loi se bornerait à une question d’égalité – ce qui est pratique en terme de dialectique, mais un peu court – jusqu’au fait que la catholicisme n’apporte rien de bon à la société. Rien qui justifie une réponse, évidemment.

    Enfin, ces jeunes gens sont trop bourgeois. Ils ne sont pas comme-il-faut désormais. Je sais bien : tu l’auras lu, on m’a prévenu que « tout le monde [nous] déteste ». Eh ben, à vrai dire, hein, #OSEF.

    Joseph Gynt a écrit ::

    Et comme le dit mon copain Cyrano, « on ne se bat pas dans l’espoir du succès. Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »

    Il est pas con, lui.

  • Ces jeunes nous mettent du baume au cœur. Ils sont un signe d’Espérance et demain ils sauront devenir les responsables dont nous avons besoin. Et ce n’est pas parce qu’on est pour la famille, pour que les enfants aient un père et une mère qu’on rejette l’homosexualité. Et on sait bien que le mariage n’apportera en aucun cas l’égalité. C’est impossible. Les uns pourront procréer, les autres pas. C’est malhonnête de leur laisser croire le contraire.

  • Si les affrontements du faits d’excités sont la marge des manifs, les veilleurs le sont aussi. C’est beau des jeunes pacifiques qui veillent à la bougie. On serait très content pour eux si on ne les galvanisait pas au cri de « Valls est votre plus grand ennemi après Hollande ». Les utiliser pour masquer les débordements qui ont lieu de l’autre côté, c’est de bonne guerre (Koz dit bien qu’en face ils font l’inverse), mais pas très convaincant. Et croire qu’exercer le maintien de l’ordre, c’est réprimer durement une marge de la manif sans s’occuper d’une autre, c’est assez ingénu, mais on voit bien que ça marche. Alors vivent les veilleurs, très bien, mais ça n’est rien d’autre qu’un combat politique (je considère leur future adhésion à VITA comme un acte politique). Si on s’était borné à leur dire que le gouvernement passe en force, c’aurait été vrai, mais on leur a dit et redit qu’ils vivaient dans une dictature qui gaze les enfants. Alors leur espérance, ça ne peut pas être autre chose que l’espoir de faire tomber cette prétendue dictature…

  • Cette initiative est très sympathique et émouvante, même si je la trouve un peu trop romantique à mon goût. Mais peut-être suis-je déjà un vieux con blasé. En tous cas bravo à ces jeunes qui nous inspirent.

    Autre source d’inspiration, j’ai été frappé par le ton incroyablement respectueux du chat du Monde avec T. Derville. Certains lecteurs étaient à l’évidence favorables au projet mais leurs questions étaient formulées… normalement, sans agressivité ou injure implicite. Je salue le journal pour avoir su trouver le bon ton. Et je me prends à rêver à ce qu’aurait pu être ce débat…

  • Merci Koz d’être par ce billet le relais médiatique de cette initiative spontanée (d’ailleurs non reconnue par la LMPT à ma connaissance) et magnifique de gratuité ! Car il est vrai que nos média (en commençant par l’AFP) sont bien loin d’être présents à ce qui ne choque pas, comme le rappelait T Derville lors de son tchat du monde.fr ce jour…. Pas trop d’accord avec Llb sur le ton des questions posées à T Derville, d’ailleurs : cela a débuté en partant du principe qu’il devrait se sentir responsable (coupable ?) des excès ou débordements par ailleurs largement dénoncés. Manière de limiter l’impact de la LMPT à ces artefacts. Mais cela s’est arrangé sur la fin…et il me semble que son message, à l’instar de celui des Veilleurs, peut vraiment changer notre monde – s’il est entendu.

  • Koz a écrit ::

    @ petitesphrases, je ne vois rien dans ta réaction que de très idéologique. Depuis l’affirmation que ce projet de loi se bornerait à une question d’égalité – ce qui est pratique en terme de dialectique, mais un peu court –

    Effectivement, on peut trouver ça un peu court. Mais c’est pourtant la motivation première des pro-mariage gay, et notamment des gays parmi eux. Pas des quelques figures de proue qui visent des choses plus politiques ou sociétales. Mais de la plupart des gays qui veulent juste avoir les mêmes droits que tout le monde.

    Bref. A part ça, il ne s’agit pas de faire advenir des familles homoparentales, contrairement à ce que disent les opposants. Parce que ces familles SONT LA. Et continueront à l’être. Et même dans l’Eglise. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Societe/Famille-pour-tous/Default-37-4406.xhtml

    Moi je lis ça, je vois les autres homosexuels autour de moi (cathos d’ailleurs), et oui la manière dont certaines de ces familles se sont formées pose question, mais enfin voilà, il y a des enfants, il y a des adoptions, il y a des unions hétérosexuelles malheureuses, il y a des PMA, il y a aussi des PAA (procréation amicalement assistée, ou « artisanale »), il y a des gens on ne peut plus normaux, qui n’ont absolument pas choisi leur orientation sexuelle, et qui n’ont pas les mêmes droits que les autres. Ca s’appelle une inégalité en droit, c’est contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui est la base de notre droit civil d’Etat laîc, bref, on ne peut pas en rester là.

    Même le discours qui dit que une enfant est mieux avec un papa et une maman qu’avec 2 hommes ou 2 femmes, ne peut être reçu. Parce que quand on est homo, on n’a pas le choix. On peut se demander si, et comment être de bons parents. Mais la question de « ça serait mieux avec homme et femme » c’est juste pas possible, puisque justement, ça ne correspond à aucune réalité.

    Et manifester sur « 1 enfant = 1 papa + 1 maman » alors que 1.5 millions d’enfants ont une famille c’est un papa + une maman + beau papa + belle maman, et que 3 millions ne vivent de toute façon plus avec leurs deux parents, c’est refuser la diversité de notre société. Et ça a choqué bien des gens, au-delà des homos. Et jamais la Manif pour Tous n’a dit un mot là-dessus. Elle a veillé à ne pas culpabiliser les homos (mais eux, ils n’ont pas choisi leur situation), mais jamais un mot pour les séparés, les divorcés, les recomposés, les mères célibataires, tous ceux qui ont choisi ou pour qui on a choisi. Un seul modèle, un seul cadre.

    Parce que ce qui me gêne finalement, dans ces manifs, c’est que des gens franchissent le pas entre choisir un mode de vie (et en l’occurrence je partage leur choix) et vouloir l’imposer à tous, alors que notre société est une société de diversité. Je fais des choix. Je les assume. Et dans un débat, avec d’autres, j’essaie de leur expliquer, et pourquoi pas de les convaincre, que la famille « classique », c’est formidable. (Et aussi de tout ce que la foi au Christ peut porter dans ma vie).

    Mais voilà, cette famille classique, je ne l’imposerai pas par la loi. Parce que les autres ont aussi le droit de choisir leur vie, et même d’essayer de me convaincre que autre chose c’est formidable. Et si « autre chose » ça fait leur bonheur à eux, je pense qu’ils sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour eux.

  • Toutes les luttes sont respectables et elles sont d’autant mieux respectées qu’elles sont menées avec mesure et grande rigueur. Mais voilà, ça fait longtemps qu’il était prévisible que laisser l’encadrement de ce mouvement à deux amateures soucieuses d’abord de leur image, allait conduire aux débordements provoquées par des idéologies politico-religieuses extrêmes venues faire leur marché notamment sur le dos des catholiques pacifiques, tolérants mais bien trop naïfs. Et c’est malheureusement ce qui restera de ce mouvement quel qu’en soit le résultat. C’est très regrettable pour la communauté catholique française qui n’avaient vraiment pas besoin d’être affublée de ces étiquettes extrêmes qu’elle va devoir porter pendant très longtemps encore, et ça, au lendemain de l’arrivée d’un Pape qui avait permis en très peu de temps une avancée considérable vers une réconciliation avec les opposants au catholicisme. Que peut-on faire maintenant ? Il reste encore le 26 mai pour reprendre la main, installer son autorité sur les groupuscules, organiser la foule, la sécuriser, l’encadrer physiquement par un service d’ordre de qualité. Il est temps aussi de laisser les bannières, les chapelets et les soutanes dans les sacristies, même les prières n’en ont pas besoin. Veiller à ne pas laisser libre court aux exhubérances d’un autre temps, freiner les prêtres dans leurs exhortations, penser à les dissuader de menacer des journalistes en s’exhibant sur des distributeurs de boisson dans les gares, ou même de procéder à des exorcismes dans les rues de Paris, abandonner les prières de rue, pourquoi copier ceux qui le font par manque de salle de prière ? Se souvenir encore que l’Eglise, elle aussi, est entrée dans le XXIè siècle, et son magnifique jubilé en 2000 n’était pas une ouverture vers l’ostracisme ou l’obscurantisme. Dans ce XXIè siècle, l’homme et la femme ont décidé de se réaliser en plénitude et en toute égalité, fussent-ils homosexuels. Les orientations sexuelles ne sont point l’affaire de l’Eglise, ou alors qu’elle prenne grand soin en premier lieu de tous ceux de ses prêtres qui se réfugient en elle et qui souffrent aussi.

  • Muse, on ne va pas revenir sur l’argument d’égalité, il ne tient pas vraiment, et l’utilisation des grands mots est généralement une façon d’éviter de parler des problèmes concrets. Vous parlez ici des familles recomposées, or on l’a déjà dit mille fois, un beau-parent homo est pour l’essentiel dans la même situation juridique qu’un beau-parent hétéro, à l’exception rarissime de l’adoption. Il y avait d’autres solutions que la présente loi pour résoudre les problèmes restants, et jamais il n’a été question d’écouter ces solutions. La revendication d’égalité a été un moyen de crisper le débat, en en faisant un débat de principe, alors que ça aurait dû être un débat technique beaucoup plus serein. Et non, encore une fois, la législation actuelle (enfin bientôt ancienne) sur le mariage n’enfreint pas les droits de l’homme, toutes les instances juridiques nationales ou internationales chargées de défendre les droits de l’homme et qui ont été saisies de l’affaire l’ont confirmé.

    Comme vous le dites, les familles recomposées existent. Personne n’impose la famille traditionnelle par la loi. Personne ne l’impose tout court. Il est permis de penser, en revanche, que les divorces sont sources de souffrance, et que si la loi peut faire en sorte que les familles résultantes fonctionnent le mieux possible, elle n’est pas tenue d’en faire des modèles alternatifs, qu’elles ne sont pas. Pour être parent divorcé, je vous garantis que votre diversité, beaucoup d’enfants s’en passeraient volontiers.

    Et finalement, j’ai l’impression que vous faites un peu semblant de croire que « un papa + une maman » est un slogan qui exclut les familles recomposées. Dans les familles recomposées, les enfants ont bien un papa et une maman. Ils ont en outre, éventuellement, un ou deux beau-pères et/ou belle-mères, dont le sexe et l’orientation sexuelle varient. Ca ne change rien au slogan, qui vise les situations, désormais possibles par l’adoption, et peut-être demain par PMA, où des enfants auront deux pères et pas de mère, ou l’inverse. Personnellement, instituer des familles à deux parents de même sexe, je trouve ça débile, mais pas suffisamment pour qu’on l’interdise si la majorité des gens est pour. Les partisans de la manif pour tous pensent différemment, et leur opinion me paraît tout à fait respectable.

    Finalement ce qui me gêne le plus dans cette affaire, c’est qu’on fait de la loi un instrument de prescription morale. En clair, dès qu’il sera possible légalement d’avoir deux papas ou deux mamans, on aura l’obligation de trouver ça super. Et tant que ça n’est pas possible légalement, on considère que la société rejette ces formules. Je sais bien qu’il y a aussi des enjeux concrets derrière: mais votre message confirme à nouveau que le symbolique a envahi le débat de manière tout à fait excessive. Qu’on s’adresse à l’Etat quand on veut tel ou tel avantage, soit. Qu’on s’adresse à l’Etat pour avoir la reconnaissance de ceci, les mêmes droits symboliques qu’intel, ben, franchement, c’est pathétique.

  • Je précise, parce que ça n’est pas clair dans mon commentaire, que pour moi favoriser la famille nucléaire classique, ce n’est pas une prescription morale; à mon point de vue, le fait qu’un enfant se porte mieux avec deux parents qui sont ses géniteurs et qui s’entendent bien, c’est un constat, pas un jugement moral. Le divorce n’est pas un encouragement à détruire ce modèle, mais un moindre mal lorsqu’un de ses éléments – le « qui s’entendent bien » est absent. De même que l’autorisation de l’avortement n’est pas un encouragement à l’avortement. Il y a un équilibre à trouver entre déculpabilisation des personnes à qui ces choses arrivent – nécessaire pour continuer à avancer – et incitation à éviter ces situations.

  • @ Janus Bifrons : je crains de ne pas avoir très bien compris. Leur résistance est un acte politique ? Eh bien… oui. Assurément, ce n’est pas un meeting d’athlétisme. Qu’ils s’opposent à un gouvernement qui les a traités stupidement et de façon excessive, c’est certain. Qu’ils le renversent à coups de gobelet en plastique, je vous l’ai déjà dit, je crois que ce serait un objectif très ambitieux.

    Lib a écrit ::

    Cette initiative est très sympathique et émouvante, même si je la trouve un peu trop romantique à mon goût. Mais peut-être suis-je déjà un vieux con blasé. En tous cas bravo à ces jeunes qui nous inspirent.

    Moi aussi mais, d’une part, il faut nous habituer à l’idée que l’on a entre dix et quinze ans de plus qu’eux et que ce qui leur parle n’est pas forcément ce qui nous parle. D’autre part, surtout, les meetings comme les manifestations comportent toujours une part d’exagération. Entre un peu de too much dans le romantisme politique et de l’excès dans la haine et la violence, je crois qu’ils ont choisi une bonne voie.

    @ Muse : j’ai bien lu vie commentaire mais il suppose de refaire tout le débat. Je l’ai suffisamment alimenté dans divers billets, que vous retrouverez sans mal.

    @ Philippe Effe : de quoi parlez-vous ? Ce que vous décrivez n’a aucun rapport avec ce que j’ai écrit. Ni avec la réalité.

    @ Logopathe : merci pour cette réponse, que je partage.

  • @ Muse, merci pour vos propos qui traduisent sans agressivité ce que je pense.

    Pour poursuivre, je me demande ce que l’Eglise peut conseiller à un père dont un enfant homosexuel souhaite fonder une famille, ou à un autre dont l’enfant est déjà père ou mère et qui révèle ou prend conscience de son homosexualité.

  • Dîtes, je sais qu’il s’agit d’un équilibre délicat à tenir mais je suis amené à redire que le formulaire de commentaire est un formulaire… de commentaire. L’esprit du blog est de commenter le billet, même si bien évidemment le propos peut parfois se faire plus large. Je m’efforce d’essayer de garder un équilibre entre le cadre strict du billet et le légitime élargissement du débat. Je sais que mon appréciation peut être subjective mais c’est soit ça soit les commentaires du blog de Jean-Michel Aphatie.

    Pour des discussions générales ou pour refaire le débat, le web connait d’autres outils : les forums. Un blog n’en est pas un même si certains blogueurs ne font guère la différence.

    Bref, comme je l’ai toujours fait, ce qui me semble contribuer au fait que la lecture des commentaires reste intéressante, je vous demande de rester dans le sujet, de ne pas refaire tout le débat à chaque fois. Je continuerai d’y voir là un critère de modération des commentaires.

  • Hollande est prisonnier des groupuscules qui ont financé sa campagne ,il ne peut rien faire . On l’a bien constaté quand il a proposé une liberté de conscience aux maires . Il a été vite recadré dés le lendemain..

  • Ah oui, c’est vrai, je vois l’endroit où je me suis mal exprimé et qui a pu susciter une petite incompréhension. Je n’avais pas pensé que certains croyaient sincèrement que grossir les rangs des milices anti-avortement (et de toute organisation dont le but est d’imposer plus ou moins consciemment une doctrine particulière) avait à voir avec l’espérance. Désolé, mais ça n’est pas personnellement ma vision de l’espérance. Aussi je suis au regret d’abonder dans le sens de Philippe Effe, mais une organisation comme VITA est classée par la plupart des commentateurs dans la catégorie des « extrêmes ». C’est donc là que nos propos se rejoignent. Car on n’a pas besoin de mener des actions particulièrement visibles ou violentes pour être extrêmes, les pro-life l’ont compris depuis longtemps. La mode est plutôt à l’éco-blanchiment. Mille excuses encore pour n’avoir pas bien défini les termes que j’ai employés…

  • @ Logopathe: Sans polémique aucune, il est bon de rappeler que l’avortement n’est pas « autorisé » en France mais « dépénalisé ». Ce qui signifie que le législateur de 1975 n’a pas voulu introduire un « droit à l’avortement » mais une forme de liberté. Fût un temps ou nos assemblées étaient plus mesurées et moins idéologisées qu’aujourd’hui !

  • J’ai moi aussi apprécié la discussion de haute tenue avec Tugdual Derville dans le Monde. Un débat ainsi modéré par les journalistes vaut bien des interviews, et bien des pages « opinion » agrémentées des réactions plus ou mons fines des lecteurs.

    Les Veilleurs ont pris une belle initiative. « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Un beau modèle pour les esprits tentés par la colère.

    Tu disais, Koz, que le gouvernement doit maintenant réfléchir à la sortie du conflit. C’est vrai, mais les opposants aussi. Que faire après le vote de la loi ? Que faire quand les premiers mariages commenceront à être célébrés (dès l’été ?). Les Veilleurs n’offrent pas de réponse à ces questions, mais ils proposent un modèle de comportement et d’état d’esprit. Prions pour qu’ils soient fermes dans leur résolution, et que leur exemple fasse réfléchir les deux camps.

  • Oui, ça, c’est le gars dont Janus voudrait nous faire croire qu’il dirige une milice. Pour le connaître personnellement, et avoir déjeuné à deux reprises en solo avec lui, cette pondération, c’est son état permanent. Même quand il se fait menacer de mort – et ceci n’est qu’un exemple – il répond tranquillement. Moi, je m’énerve pour moins que ça.

    Pour la sortie de conflit, je disais qu’il faut « savoir terminer une grève » et que ça vaut des deux côtés. J’ai donc bien conscience que cela vaut pour les opposants. Je ne sais pas ce qui va se dérouler. Je pense qu’il y qu’a quelques actions sporadiques jusqu’à la promulgation du texte (sauf censure – partielle ou totale – du texte par le conseil constitutionnel). Ce que je sais, c’est que ces jeunes resteront en liaison.

  • A mon avis Tugdual Derville se fourvoie dans sa vision « anthropologique » et dans ses priorités, mais il est clair que ses réponses au tchat du Monde sont de haute tenue.

  • Il me semble que comparer Gandhi aux manifs pour tous est assez inadéquat: le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n’est pas le Raj britannique (ni en compétences, ni en cruauté), le mouvement contre le mariage gay n’a pas l’ampleur du mouvement indépendantiste indien de l’époque, et il ne me semble pas que Frigide Barjot soit de la même trempe que M.G.

    Je pense que tout cela se terminera mieux que les massacres et la guerre qui ont accompagné l’indépendance indienne (parce que derrière les jeûnes de Gandhi, il y a eu plusieurs années d’épuration ethnique). Notre époque est certainement médiocre et manque d’épopée, mais au moins elle est plus sûre.

  • @ Philippe Effe: Dite-moi, vous avez vu en réalité au moins une des manifs? parce que moi, ce que vous décrivez, je ne l’ai pas vu… sauf un ou deux prêtres en soutanes (mais alors, aussi quelques religieuses en habit, et des jeunes filles musulmanes voilées… ces gens ont venus habillés comme ils le sont tous les jours, vous voudriez qu’ils se déguisent? pour info, la soutane, elle ne fait pas partie des vêtements liturgiques, elle n’aurait rien à faire dans une sacristie! c’est comme la chemise à col romain que portent les prêtres que je connais ça se range chez eux, ils en ont besoin pour s’habiller le matin!) . Mais les chapelets (sauf celui que j’ai au poignet, et qu’il m’arrive de réciter mentalement au lieu de crier des slogans… ça vous choque?), ça, je n’en ai pas vu, vous avez dû rêver, ou confondre la manif pour tous avec une manifestation de Civitas. Quant aux exorcismes, ça,ça doit être dans vos fantasmes, vous êtes sûr que vous ne mélangez pas avec un film que vous avec regardé avant ?

  • Bof, je commence à être blasé de ces mouvements.

    Comme vous le dites, Koz, « cet évènement, cet avènement, il y a de bonnes chances que vous n’en ayez pas une connaissance précise ». Je dirais même que l’on n’en a nulle connaissance : pour tous ceux qui ne participent pas en personne, directement, à ce mouvement près de l’Assemblée, vu de l’extérieur, on ne voit que violences verbales et physiques. C’est peut-être déformé par les médias mais, avec tout ce qui se passe par ailleurs en ce moment (Boston, Texas, libération d’otages, Cahuzac, Kadhafi, …), les trois minutes consacrées dans les JT au mariage homo ne vont pas faire dans l’analyse subtile des différents courants.

    Pour le coup, l’effet « Gandhi » joue davantage en faveur des pro-mariages gays que l’on voit agressés (les photos du couple tabassé ont fait le tour du web, l’histoire du bar saccagé ou de Fourest aussi) sans qu’ils ne surréagissent vraiment. Les pro-mariages gays apparaissent maintenant comme les gens raisonnables et sages de l’histoire, les anti-mariages comme les méchants marginaux. Je schématise peut-être mais c’est l’impression que l’on en tire en regardant la tv, en écoutant la radio et en discutant avec les personnes qui ne se sentent pas concernées par le sujet (la grande majorité finalement : cela fait belle lurette que le peuple a décroché).

    Si l’on doit remercier Valls et Hollande (vraiment si on le doit, hein) pour l’accélération du calendrier, ce serait davantage pour éviter un pourrissement de la situation… du côté des opposants au mariage. Entre Frigide Barjot, les prières de rue qui rappellent ce qui se passait à la Goutte d’Or, les skinheads, et l’extrême-droite, … l’image (fausse ou vraie, peu importe) que cela commence à donner du mouvement se détériore à grande vitesse. Les grandes manifs familiales, conviviales et sereines sont déjà oubliées (c’était il y a plus d’un mois, un siècle) et on ne voit plus que le chaos (c’est sans doute un effet de la com’ des pros mais, il faut croire que ça marche).

    Bref, si je comprends cette soif d’optimisme, je suis désolé de ne pas partager cette vision des choses. Franchement, nous avons un nouveau pape qui passe bien, les JMJ à Rio dans moins de 100 jours : au lieu de ressasser sur un combat perdu, il y a beaucoup d’autres sujets à mettre en avant.

  • Philippe a écrit ::

    @ Logopathe: Sans polémique aucune, il est bon de rappeler que l’avortement n’est pas « autorisé » en France mais « dépénalisé ». Ce qui signifie que le législateur de 1975 n’a pas voulu introduire un « droit à l’avortement » mais une forme de liberté. Fût un temps ou nos assemblées étaient plus mesurées et moins idéologisées qu’aujourd’hui !

    Non. L’avortement fut dépénalisé en 1975 (loi Veil). Le remboursement (donc bien plus qu’une autorisation) date de 1982 (loi Roudy). Quant au droit à l’IVG, un médecin qui refuse de la pratiquer (liberté de conscience) doit indiquer les coordonnées d’un collègue.

  • Bravo, les jeunes ! Vous m’époustouflez ! Je viens d’écouter l’Espérance, que je ne connaissais pas, et vais la fredonner avec vous dorénavant. Je suis géographiquement très loin de la France, mais suis de tout coeur avec vous. Je vous serre fort dans mes bras.

  • L’avortement n’a pas été dépénalisé en 1975 -il me semble qu’on a surtout introduit une excuse pénale, non pas une dépénalisation, le délit restant inscrit dans le Code Pénal-. La dépénalisation est intervenue bien plus tard, dans les années 1990 de mémoire. Et le caractère de « liberté » ou de « droit » n’a été reconnu que récemment, dans les années 2000. Pardonnez mon imprécision, je ne peux me pencher sur la question dans l’immédiat et ma mémoire est défaillante. Si cela intéresse quelqu’un, je peux repréciser ultérieurement.

    Quant à l’action des Veilleurs, c’est effectivement une bonne chose. Notamment en ce qui concerne la démonstration de la servilité de la presse.

    Ce projet de loi m’a ouvert les yeux. J’ai voté François Hollande. Je suis athé. Je lis surtout de la philosophie grecque, allemande. Je ne suis jamais allé à aucune forme de catéchisme. Et pourtant, je suis opposé à ce projet qui est mal conçu à plus d’un titre (je me suis à de très nombreuses reprises longuement expliqué ; une censure partielle me semble inévitable sur quelques points).

    J’ai ouvert les yeux sur la pratique des gouvernements et des Assemblées. Rien ne change. Sarkozy ou Hollande, même combat. J’ai perdu toute confiance en nos « représentants », de gauche comme de droite.

    J’ai ouvert les yeux sur la consanguinité des médias avec les politiques, sur leurs biais idéologiques évidents, sur l’analyse partiale, non contradictoire et biaisée qui se présente sous des dehors objectifs. C’est de la manipulation de la pire sorte : un journal d’opinion qui s’assume, je le comprends, mais présenter comme objectif ce qui est surtout une opinion est un mensonge. Le traitement médiatique infligé aux antis a été indigne à plus d’un titre…Et ce qui touche à ce que vous décrivez est une preuve éclatante. Mieux vaut blesser 19 policiers en 4 minutes en balançant des pneus enflammés que manifester pacifiquement en dépassant de quelques minutes l’heure de dispersion : on risque moins la garde-à-vue en étant violent.

    Notre système politique est à bout de souffle, il est usé. Il va falloir le remplacer. Voilà ce qu’a révélé ce projet, voilà ce que révèle les actions comme celle que vous décrivez. Les politiques sont incapables de réunir les foules, ils sont incapables de dialoguer -les débats impliquent l’écoute, l’ouverture, c’est-à-dire la possibilité a priori de faire évoluer sa position, ce qui était parfaitement exclu ici-.

    Plus qu’un problème d’institution, c’est un problème d’état d’esprit. Je préfère la naïveté des Veilleurs au cynisme de la Gauche ou à l’opportunisme de la Droite.

  • Je me permets très aimablement de remarquer que c’est assez ironique de voir que sur ce blog, comme à bien d’autres endroits, il est bienvenu de dénoncer les infâmes « groupuscules » LGBT, et pas les activistes de l’autre bord… Oui, y a des groupes LGBT ou proches des LGBT qui pourraient correspondre à la définition de « groupes de pression ». Mais l’activisme de VITA, c’est quoi ? Cette association n’a pas d’autre objet que d’imposer sa doctrine, et que ses méthodes soient pacifiques n’y change rien. Il me semble parfaitement illogique de dénoncer les méthodes des uns tout en les encensant quand elles viennent des autres. Et quand on cherche à dénoncer un certain « 2 poids, 2 mesures », excusez-moi, c’est sans doute pas volontaire, mais ça colle pas trop…

  • C’est marrant quand meme qu’on presente la PMA et la GPA comme des problemes futurs. J’aimerais bien savoir a quoi va servir la loi en cours de vote final sinon à faire valider par l’Etat (donc les citoyens, nous quoi) des PMA et GPA faites à l’etranger… Les adoptions sont en nombre tres faible, vraisemblablement plus encore apres cette loi, et avec une forte attente de couples heterosexuels. Les procreations entre amis donnent deja un pere et une mere aux enfants elevés dans des couples homosexuels, ce qui exclut l’adoption par les conjoints des parents sauf à creer des triples ou quadruples parentés qui n’existent pas meme dans cette loi stupide (je ne doute pas que Najat trouve que ce serait un progres inevitable de notre civilisation, meme si elle ne vaut pas mieux que les autres…). Bref sauf a nous prendre pour idiots, cette loi ne sert a peu pres qu’a ca, faire valider les PMA et GPA par les citoyens francais, quand bien meme on fait mine de comprendre qu’ils les refusent en France.

    Par simplisme on m’explique que d’autres familles existent et que je ne peux les nier, pourtant il y a bien des attitudes entre approuver et refuser. Refuser ce serait enlever les enfants issus de PMA à l’etranger a leur parent a leur retour en France. Qui parle de ca? Tolerer c’est ce qui se passe actuellement. Normaliser ce serait dire qu’il n’y a strictement aucun probleme avec ces situations. Promouvoir, c’est ce que fera cette loi en accordant de plus grands avantages aux couples homosexuels ayant eu recours a des PMA qu’a des familles recomposées, en concubinage… A chaque etape, l’attitude de la communauté augmente le niveau de confort moral des wannabe PMAistes, donc à terme le nombre de situations de ce type par simple mecanique statistique.

    Ces veilleurs semblent capables de ne pas ceder au simplisme.

  • J’ai beau etre un ardent supporter du mariage pour tous, les debordements des deux bords, le traitement hautain et stigmatisant de l’opposition n’aident pas a elever le debat sur une question eminemment delicate, qui donne lieu a des interrogations, peut-etre des craintes, legitimes (nous y repondons de facon differente, mais il faut reconnaitre que les questions se posent). Dans ce cadre, souligner les actions non-violentes est un bol d’air bienvenu! Merci de montrer le visage plus intelligent de la partie moins bruyante de l’opposition.

  • Que des manifestants pacifiques, convaincus du bien fondé de leur lutte et opposés à un texte de loi soient des  » veilleurs « , d’accord du moment qu’ils respectent le bien public et les règles de la démocratie.

    Ces manifestations et cette veille, auront une influence sur la préparation d’autres lois dans le domaine sociétal. Le gouvernement abordera ces questions avec prudence.

    Chat échaudé craint l’eau froide.

  • @ Luca : merci à vous de le souligner malgré notre divergence sur ce sujet.

    @ oim : la PMA et la GPA sont d’autant moins un problème futur que la GPA est organisée en toute impunité, tranquillement, dans les palaces parisiens. A preuve, cet article sur un rendez-vous de vendredi dernier. Interrogé précédemment sur les activités de ce médecin en France, le cabinet de Christiane Taubira avait répondu qu’elle n’interviendrait pas dans « une affaire privé ». Bref, pour notre Ministère de la Justice, un délit est « une affaire privée ». Voilà qui est nouveau et traduit bien le climat ambiant.

    @ Janus Bifrons : il me semble que vous ne donnerez des leçons de pondération que lorsque vous vous abstiendrez de qualifier une association comme Alliance Vita de « milice ». D’ici là, vous êtes un peu disqualifié. Quant au fait que Vita « impose » ses vues, c’est ce que disent les gens qui ont du mal avec le débat d’idées. Cessez, d’ailleurs, de m’imposer les vôtres.

  • Merci de nous donner quelque info par cette note sur ce mouvement. Aucun moyen d’avoir le début d’une idée sur ce en quoi il consistait avant.

    Personne ne peut dire jusqu’où ce mouvement, politique au meilleur sens, va mener ; c’est bien tout ce qui fait la grandeur en soi (c-à-d avant d’y associer une dimension morale par ex) d’une action politique : une fois initiée, elle échappe à son ou ses auteurs par le simple jeu des multiples inter-actions sociales (cf Conditions de l’homme moderne) ; elle échappe aux déterminismes à cause des hommes en quelque sorte. L’action politique est donc par essence risquée, une inconnue – on le voit bien lorsque, après que ses effets cessent de se faire sentir, les historiens se penchent sur la genèse des conséquences en essayant de reconstruire la chaine des causes. Bien souvent ils relèvent qu’il n’a fallu qu’une étincelle des plus insignifiantes.

  • st-lo a écrit ::

    Pour le coup, l’effet « Gandhi » joue davantage en faveur des pro-mariages gays que l’on voit agressés (les photos du couple tabassé ont fait le tour du web, l’histoire du bar saccagé ou de Fourest aussi) sans qu’ils ne surréagissent vraiment.

    Ce triste épisode résume bien la défaite écrasante des opposants en matière de communication.

    La semaine dernière, un militant opposé à la loi a reçu des coups de couteau. Vous n’en parlez pas, vous n’êtes peut-être pas au courant. Ces histoires sont très similaires (au-delà du fait que des coups de couteau sont plus graves que des coups de poing). Les mêmes questions se posent. Est-ce lié au « débat »? Les coupables sont-ils liés à la partie adverse?

    Je ne parle pas de ça pour pleurnicher, ce n’est pas mon genre. Même si les réponses étaient positives, ce serait forcément le fait d’une frange marginale. Et agiter les extrémistes du camp opposé pour le décrédibiliser n’est pas ma conception du débat d’idée.

    Mais cela illustre le problème insoluble de la concurrence victimaire. Soit on y plonge et on tue le débat, soit on perd. Comment combat-on les idées d’un groupe qui bénéficie d’un potentiel victimaire élevé? C’est en cela que l’initiative des veilleurs est intéressante. Elle offre une issue, une piste.

  • @Lib (et @St Lo) : « défaite écrasante des opposants en matière de communication. »

    Quelle défaite ? Aux débuts du mouvement, ils ont été TRES bons et ça n’est pas ressorti dans les médias alors ? Que faire quand les medias sont autant de parti pris ?

    Et, du coup, comme c’est rassurant pour notre « démocratie » ! Même si ce n’est pas nouveau (cf les mêmes partis pris/suivismes du TCE ou pendant Outreau). Moi, mon « espérance », ce serait qu’une autre presse apparaisse (mais comme on subventionne « l’ancienne », ce n’est pas gagné …).

    Merci pour votre blog, koz encore une fois) … BigBen

  • @ Janus Bifrons:

    Vous écrivez à propos d’Alliance Vita: « que ses méthodes soient pacifiques n’y change rien ». C’est en cela que vous ne pouvez pas admettre le sens du billet de koz: précisément, c’est que cela change énormément. En particulier quant à l’opportunité d’une garde à vue. Je ne crois pas que dans une controverse accompagnée de manifestations le fond prime la forme. L’interdit de la violence physique et son monopole aux seules forces de l’ordre dans des conditions limitées en droit comme en opportunité, ce ne sont pas des détails.

    Qu’un mouvement veuille imposer sa doctrine est ce qu’on appelle une revendication politique. Voudriez-vous m’expliquer comment les partisans du mariage homosexuel entendent ne pas imposer leur doctrine, à savoir que sans le mariage pour les homosexuels ,le mariage ne respecte pas les droits de l’Homme (il a été rappelé d’ailleurs que pas un juge européen ne valide pareille revendication)?

  • Sur les revendications des homosexuels et de tous ceux qui les soutiennent : perso, je les juge parfaitement légitimes, mais je souhaiterais au moins qu’elles soient audibles par tout le monde. Mais on est peut-être à un stade où on ne s’entend plus, et c’est regrettable.

    Mais pointons déjà une incohérence : comment peut-on dire ne pas comprendre que certains veulent imposer une doctrine de l’égalitarisme, et ne pas penser une seule seconde que les gens n’acceptent pas qu’on impose une doctrine anti-avortement ? Au nom de quoi serait-il plus légitime pour certains de chercher à revenir sur des lois républicaines, que pour d’autres d’en proposer ?

    Mais VITA a au moins le mérite d’être plus logique que bien d’autres : ils sont contre toute forme de PMA. Car quand on parle de « filiation fictive » et de tous ces dangers qu’il y aurait à s’éloigner d’une loi naturelle (qui, au passage, est une notion théologique et pas anthropologique), ce sont des dangers qui devraient aussi concerner toute PMA hétérologue, et même toute adoption, y compris par les couples hétérosexuels qui adoptent et font des PMA depuis belle lurette. Si donc le monde doit s’écrouler quand les homosexuels auront droit à ça, comment se fait-il qu’il ne se soit pas déjà écroulé avec ces milliers et ces milliers de gosses qui sont nés par PMA, avec ces millions d’adoptés qui existent depuis certainement aussi longtemps que le mariage, et tous ces fils de facteurs qui existent depuis aussi longtemps que les facteurs ? En un mot : pourquoi ça tombe sur les homosexuels ? Je pense personnellement que les représentations qu’on a sont très importantes là-dedans, et en particulier la répulsion (normale mais pas toujours facile à analyser sereinement) qu’on a à imaginer une sexualité qui ne nous attire pas. Cette peur risque trop de tourner à l’exclusion.

    (Quant à l’argument sur la CEDH, Bruno, je suis désolé, j’ai suivi de près ce débat, mais je ne l’ai jamais entendu).

  • Premier commentaire sur ce blog (j’en profite pour vous remercier car vos articles ont nourri ma réflexion sur le projet de loi, et je vous sais gré aussi de publier au compte-goutte en vous autorisant à prendre le temps de prendre du recul et réfléchir… une liberté qu’on ne s’autorise pas toujours, même en tant que lecteur !) : c’est terrible car mon premier mouvement à la découverte de l’existence des veilleurs a été la méfiance : il faut dire que l’enjeu de ces rassemblements est de taille => si elle n’est pas intériorisée, la non violence peut devenir une posture effrayante, une forme d’ »aggressivité passive » terrible. On ne peut pas savoir ce qui se passe dans le coeur des gens, donc je pars du principe que ce qui viennent pour la pose, ou parce que c’est tendance, ne peuvent pas repartir sans s’être posé la question du sens de faire silence. On verra les fruits à l’épreuve des faits.

    Une chose qu’on peut déjà compter au nombre des fruits : Il y a eu beaucoup de cris (de vociférations ?) et de coups portés dans le dialogue de sourds qui a tenu lieu de débat autour du projet de loi Taubira. Les rassemblements des veilleurs sont l’occasion de faire silence, pour repartir de ce qu’on a entre nos mains, sans rotomontades ni plans sur la comète. Même à distance (au Canada, en l’occurence), même chez soi, ça fait du bien de savoir que c’est un choix possible, et qu’on peut faire abstraction des articles de tous bords, bruyants et sans nuances, et qu’on peut remettre à sa place le désir plaintif et si vibrant au fond de soi, ce désir d’être « du bon côté » (en tous cas, pas du côté des perdants !).

    Je ne sais pas si ça va dans le sens des « règles du blog » mais voici une remarque que je me suis faite : autant le rassemblement « Gandhi-style » a un effet apaisant, autant la mention d’un groupe de prière à l’autre bout de la place (je n’arrive pas à retrouver où j’ai lu ça, quand je le retrouverai, je reviendrai :) me hérisse le poil, pourtant Jésus est aussi une figure de paix et d’humilité… comme si la prière, à se donner en spectacle dans la rue, prenait le tour d’une instrumentalisation de la volonté divine (Dieu, je le sais, c’est Toi le plus fort, alors fais un truc) alors que la figure de Gandhi n’a pas cet effet là, pourtant il y a bien un côté démonstratif dans les deux cas, bref, je ne m’explique pas cette différence de réaction… et je vous la livre comme ça !

  • Lib a écrit :: Mais cela illustre le problème insoluble de la concurrence victimaire. Soit on y plonge et on tue le débat, soit on perd. Comment combat-on les idées d’un groupe qui bénéficie d’un potentiel victimaire élevé? C’est en cela que l’initiative des veilleurs est intéressante. Elle offre une issue, une piste.

    L’initiative des veilleurs arrive cependant bien trop tard. Il ne faut pas se leurrer, tous ceux qui manifestent, que ce soit les pro ou les anti, sont largement minoritaires. Le grand public reste devant sa tv, n’a pas vraiment d’opinion arrêtée, est très versatile sur le sujet du mariage gay. Le « Gandhi-Style » est une bonne stratégie à condition d’en être l’initiateur : si le colonisateur anglais s’était mis aussi à afficher une ostensible non-violence, copiant Gandhi, pour espérer demeurer en Inde, cela n’aurait évidemment pas marché. Trop tard et tactique trop visible…

    Ici, c’est pareil : les homosexuels sont apparus comme des victimes bien avant. Les médias ont choisi qui était la victime, qui était l’agresseur et le grand public a largement suivi. Pas la peine de déguiser le loup en mouton rétorquera t-on. Bref, sur ce sujet, c’est plié.

    Ceci dit, vous avez raison, l’initiative est effectivement « intéressante » : on ne peut que regretter qu’elle n’arrive que si tard. Il faut garder ça en tête pour le prochain combat…

    Maintenant, je crains que l’opposition au mariage gay ne devienne contre-productive. Vous allez voir que cette opposition, le gouvernement va en faire un argument pour dire ensuite qu’il est ferme, qu’il a tenu contre vents et marées, que le camp en face était féroce mais qu’il a fini par vaincre ces forces « obscures ».

    Regardez juste comment la force de l’opposition à l’abolition de la peine de mort, à l’avortement, au PACS, … est exposée pour montrer à quel point le combat fut rude et les vainqueurs dignes de tous les éloges. Pour le mariage gay, se sera pareil, on félicitera Taubira et Hollande comme on célèbre aujourd’hui et pour longtemps Veil ou Badinter/Mitterand. On les jugera d’autant plus dignes d’éloges qu’ils auront tenu malgré les fortes oppositions et l’adversité.

    Les chiffres des manifs des anti, on en gonflera le chiffre demain comme on en minimise le nombre aujourd’hui pour montrer à quel point fut courageux Hollande, alors en bas des sondages, d’avoir mener le combat jusqu’au bout, avec tous les risques d’impopularité que cela comportait (voyez comment on souligne l’opposition à l’abolition au temps de Mitterrand pour démontrer sa détermination). Le story-telling se nourrit de ces situations de héros en mauvaise posture qui, frôlant la mort, finissent par vaincre les méchants pour se relever encore plus forts. On pourra le dénoncer autant qu’on le veut, c’est comme ça que cela se passera…

  • Pour une fois que je suis 100% d’accord avec vous. Et que j’aime beaucoup les Veilleurs. Bel article;

  • st-lo a écrit ::

    Lib a écrit ::Regardez juste comment la force de l’opposition à l’abolition de la peine de mort, à l’avortement, au PACS, … est exposée pour montrer à quel point le combat fut rude et les vainqueurs dignes de tous les éloges. Pour le mariage gay, se sera pareil, on félicitera Taubira et Hollande comme on célèbre aujourd’hui et pour longtemps Veil ou Badinter/Mitterand. On les jugera d’autant plus dignes d’éloges qu’ils auront tenu malgré les fortes oppositions et l’adversité. Les chiffres des manifs des anti, on en gonflera le chiffre demain comme on en minimise le nombre aujourd’hui pour montrer à quel point fut courageux Hollande,

    Vous avez sans doute raison, l’avenir nous le dira. Toutefois, j’étais trop jeune pour l’avortement, mais pour les autres sujets c’était très différent, et les manifestations bien moins consistantes :

    • la peine de mort était et reste réversible. Il n’y a, à l’heure actuelle plus de combat politique sur ce sujet marginal, c’est donc facile de se faire mousser.

    • les manifestations contre le Pacs se sont éteintes lorsque les opposants ont eu l’assurance que les droits ouverts étaient circonscrits à l’union de personnes et n’ouvraient pas la boîte de Pandore de l’ »enfant à la carte ».

    Les opposants savent faire preuve de raison quand les avancées sociales sont faites dans la concertation et le compromis, ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, vous en conviendrez.

    La suite sera peut-être celle que vous décrivez, mais laissera de profondes blessures dans les consciences, comme c’est le cas de l’avortement dont beaucoup acceptent la légalité mais regrettent sa promotion et sa banalisation à des fin idéologiques.

  • Janus Bifrons a écrit ::

    Si donc le monde doit s’écrouler quand les homosexuels auront droit à ça, comment se fait-il qu’il ne se soit pas déjà écroulé avec ces milliers et ces milliers de gosses qui sont nés par PMA, avec ces millions d’adoptés qui existent depuis certainement aussi longtemps que le mariage, et tous ces fils de facteurs qui existent depuis aussi longtemps que les facteurs ? En un mot : pourquoi ça tombe sur les homosexuels ?

    « Si donc le monde doit s’écrouler »… Cela aura été l’un des arguments favoris des partisans de ce projet de loi. Ridiculiser l’autre en affirmant que le monde ne s’écroulera pas. Quelle ambition ! Mais qui a dit que le monde s’écroulerait ?! Que l’on ait dit que c’était un bouleversement anthropologique, oui. Mais que « le monde s’écroulera » ce n’est qu’une autre face du mépris opposé par les partisans du projet : nos adversaires ne peuvent être que des imbéciles.

    C’est dommage surtout quand on peut difficilement être convaincu par le raisonnement qu’en revanche vous tenez. Oui, la PMA existe déjà mais je ne sais pas quelle taille de panneau il faudrait choisir pour que vous arriviez enfin à lire que notre inquiétude véritable est la privation de l’altérité, la privation d’un père ou d’une mère.

    Cet article évoque les accrocs du mariage gay. On me dira que rien n’est parfait partout. C’est certain. Je ne suis pas sûr néanmoins de la nécessité d’ajouter un risque spécifique. Et je doute qu’on entende parler de sa réalisation, vu les medias que nous avons, et qui ne couvriront certainement pas les illustrations de leur erreur.

    Maintenant, je suis fatigué de ce débat. Fatigué de devoir me battre contre les accusations d’homophobie. Nous ne nous mobilisons que pour les autres enfants. Les miens, c’est bon, ils ont un père et une mère. Il faudrait peut-être renoncer et, comme tout le monde, « faire ce qu’on veut avec son cul », et ne se préoccuper que de sa petite boutique, de son plan de carrière, et de sa retraite. J’en reviendrai parce que ce n’est pas dans ma nature. Mais pour l’instant, rideau.

  • @ Janus Bifrons: Désolé, vous arrivez trop tard ici. Comme la réponse de Koz vous l’indique, le débat arrive à bout d’arguments. Tous les vôtres ont déjà été l’objet de discussions serrées à de mutliples reprises – vous les trouverez dans les millliers de commentaires, sous les nombreux billets précédents de ce blog sur le sujet du mariage des couples de même sexe.

    Dans le débat public aussi, il est visible que tout a été dit. La seconde lecture du texte à l’Assemblée a été écourtée, ce qui valait mieux, car de toute évidence partisans comme opposants n’avaient plus rien à dire qui n’ait déjà été martelé à longueur de séance: il ne leur restait plus qu’à faire du spectacle, et le résultat a été déshonorant pour eux.

    Les partisans du texte l’ont emporté au bout du compte, comme cela était prévisible suivant les règles de la démocratie parlementaire. Il reste à chacun à se calmer, et à trouver si possible une façon de sortir par le haut – en construisant une nouvelle offre politique, peut-être. Mais pour ce qui est du débat lui-même, c’est terminé.

  • Gwynfrid en quoi est-ce terminé?

    Les 5 et 26 ca manifeste et tant que ca le fera le debat est ouvert. Hollande continuera a avoir ces images aux infos, la tension dans la population qui rejaillit sur tout le monde y compris lui etc… On le savait depuis le debut, il n’y avait rien a esperer d’une assemblee majoritaire. Celui qui est sensé incarner la hauteur de vue, le refus du clanisme, c’est lui, certainement pas les sectaires/godillots des assemblées. C’est bien ce qui s’est passé avec l’ecole libre et le CPE. On peut peut-etre prevoir une lassitude ultime des manifestants, mais on a eu des surprises precedemment et surtout, cela ne depend que d’eux. Si le 26 il y a plus de monde, je pense que ce sera un critere decisif, s’il y en a moins, il continuera le pari de l’essouflement.

  • oim a écrit ::

    Gwynfrid en quoi est-ce terminé?

    Le débat est terminé, en ce sens qu’il n’y a plus rien à dire. Les manifestations peuvent bien sûr continuer: je ne veux pas dire qu’elles ne serviront à rien. Mais elles n’amèneront rien de nouveau en termes d’idées. Une contestation plus large du gouvernement est peut-être possible, ou des déviations vers d’autres débats, ou l’émergence d’autres personnalités ou groupes pour ou contre. Mais en ce qui concerne le mariage lui-même, tout est dit. C’est évident sur ce blog: Koz lui-même le dit, « rideau », alors qu’il a inlassablement argumenté depuis un an. Dans le public en général, on le voit bien: on passe plus de temps à parler des incidents, du comptage des manifestants, des brutalités policières que de la question de fond. Cela fait au moins deux mois que les arguments se répètent en boucle.

    Quant aux chances que le gouvernement recule, elles sont, à mon avis, nulles. Il a le soutien très large de sa majorité, qui est sûre d’elle sur ce sujet, alors que l’opposition parlementaire ne l’est pas. La configuration pour le CPE, comme pour le débat sur l’école en 1984, était inverse: une majorité hésitante, et une opposition très rassemblée et convaincue.

  • Pascal Perrineau a fait remarquer à juste titre que ce que révélait le mouvement de la Manif pour Tous était la réaction d’une part importante de la société française aux excès de la « morale » libertaire issue de mai 1968. Elle a cristallisé à l’occasion de la loi Taubira, elle ne s’y limite pas.

    Il y aura des suites, indépendamment du sort final de la loi Taubira.

  • On a beau dire tout ce que l’on veut, être contre le mariage pour tous, c’est la début de l’homophobie … ce mouvement de protestation est ringard, archaïque. Triste de voir des jeunes être contre le fait que deux être humains souhaitent mettre en valeur leur amour en se mariant et fonde une famille. Les donneurs de leçons morales catholique se sont trompés de combat. Ils feraient mieux de se battre pour améliorer le sort des plus démunis.

  • Il y aura effectivement des suites, que je soutiendrai.

    Comme le rappellent certains sénateurs de Gauche « le combat pour l’égalité continue » ; comme le rappelle la Ministre de la Famille, la PMA « pour tous » sera le prochain round.

    La pression ne doit donc pas être relâchée.

    Et il va s’agir d’élargir le mouvement, de libérer la Gauche de cette idéologie libertaire qui est un véritable piège pour elle. Quand le socialisme défend les intérêts des grands groupes pharmaceutiques au nom du progrès, il est peut-être temps de se poser des questions.

  • Il est intéressant de noter le malaise du pouvoir politique face aux veilleurs.

    Il y a bien là le signe d’un véritable combat d’un pouvoir qui se sent menacé. Pourquoi ?

    Plus que la menace en elle même, plus que l’espoir de certain en un nouveau souffle, sociétal qui serait plus humain, ce qui interroge, c’est la méthodologie d’expression des veilleurs. Les mouvements de non-violence ne sont-ils pas sensés n’être une menace que pour des régimes non démocratiques ? N’est-ce pas là l’arme des opprimés, de ceux qui n’ont ni la liberté de s’exprimer, ni celle de combattre un pouvoir qui l’écrase dans la violence et la haine.

    Je trouve cela inquiétant pour la santé de notre démocratie que de voir un tel mode d’expression. Des manifestations de silence ? en France ? Indépendamment du message, c’est bien cette modalité d’expression, ce silence comme désespoir de l’écoute de la part de l’Etat qui m’interpelle.

    A quelle extrémité le gouvernement est-il arrivé pour condamner à ce point son peuple au silence et faire de ce silence la dernière expression possible ?

  • chalaltds a écrit ::

    Les donneurs de leçons morales catholique se sont trompés de combat. Ils feraient mieux de se battre pour améliorer le sort des plus démunis.

    Je ne reviendrai pas sur le reste de votre propos, qui ne fait que souligner le dialogue de sourds ou la volonté de ne rien entendre.

    Je souris seulement à votre dernière phrase, ayant échangé hier avec l’un de ces Veilleurs, qui est aussi l’un de ces jeunes qui vivent en colocation avec des SDF pour les aider à se réinsérer. Mais j’imagine que vous faites mieux que ça.

  • Veilleurs, le nom a été magnifiquement choisi. Il convenait très bien à une façon d’être, de penser et d’agir face à des groupes proposant uniquement l’injure, la haine et la violence. Cette action, crée dans la lignée de Gandhi ne peut qu’inciter au respect. Malgré leur action pacifique et les actions plus troubles, la loi autorisant le mariage entre les personnes de même sexe a été adoptée. Visiblement le mouvement va se poursuivre, on peut s’en douter, jusqu’au passage au conseil constitutionnel. Très bien. Une fois passé cet ultime passage dont il ne faut pas s’attendre à de grands bouleversements dans le texte, une fois donc, la confrontation entre pour et contre devrait normalement s’arrêter. Mais il semblerait qu’un noyau dur issu du mouvement le plus belliqueux persiste à entrer en rébellion et cette fois contre le gouvernement en place. Tous ces résistants devraient pouvoir alors répondre raisonnablement aux questions, « que cherchez-vous, que voulez-vous, pour quel profit ? ». Si la réponse est en fait le renversement du gouvernement en place, cela méritera plus ample réflexion des citoyens eux-mêmes et sans doute y aura-t-il des réactions à la mesure de la menace vis à vis de la démocratie. Sans doute que les CRS ne seraient pas les seuls en position de défendre les institutions. La situation deviendrait alors très grave. Cette fois encore, il en sera de la responsabilité des leaders politiques et religieux qui pousseraient à la manœuvre. Mais, sera-t-il possible de trouver cette fois de vrais responsables capables de répondre de leurs actes et ceux des mouvements qu’ils pousseraient au front. Mais, nous n’en sommes pas là et on peut imaginer et souhaiter que chacun, malgré sa rancœur, retourne à ses activités en restant fidèle à sa citoyenneté.

  • @ Koz:

    Quelle mauvaise foi phénoménale ! Il n’y a aucun délit, je sais qu’à droite vous avez du mal avec ce genre de concepts, mais quand quelqu’un ne commet pas de délit il n’y a pas lieu de le condamner, et Taubira ne dispose pas de superpouvoirs pour inculper quelqu’un à sa guise !

  • C’est amusant, au vu de la liste de vos commentaires, que je viens de reprendre, je me demande comment il se fait que vous ne soyez toujours aps en liste de modération. La rareté probablement. Parce qu’à chaque fois que vous commentez, c’est à peu près de la même puissance.

    Bref, avant de m’imputer de la mauvaise foi, ce qui généralement me plaît, vous seriez bien inspiré de vous renseigner un peu sur le droit en vigueur.

    Article 227-12 du Code pénal

    Le fait de provoquer soit dans un but lucratif, soit par don, promesse, menace ou abus d’autorité, les parents ou l’un d’entre eux à abandonner un enfant né ou à naître est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende.

    Le fait, dans un but lucratif, de s’entremettre entre une personne désireuse d’adopter un enfant et un parent désireux d’abandonner son enfant né ou à naître est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

    Est puni des peines prévues au deuxième alinéa le fait de s’entremettre entre une personne ou un couple désireux d’accueillir un enfant et une femme acceptant de porter en elle cet enfant en vue de le leur remettre. Lorsque ces faits ont été commis à titre habituel ou dans un but lucratif, les peines sont portées au double.

    La tentative des infractions prévues par les deuxième et troisième alinéas du présent article est punie des mêmes peines.

    N’allez pas faire une bêtise…

  • Si vous tenez absolument à me donner des leçons de droit…

    Les faits sont commis en France : le droit pénal français s’applique.

  • Non je ne vous donnerai pas de leçons de droit…mais si je ne m’abuse (ce qui est possible), c’est au Parquet de porter plainte s’il y a lieu, pas à la Garde des Sceaux.

    C’est pas mal de faire des procès d’intention au PS. Vous avez le droit de vous défouler après 10 ans d’UMP au pouvoir. Ca ne mange pas de pain, mais malheureusement en fouillant un peu on peut retrouver un PPL UMP légalisant la GPA….pour les couples hétérosexuels. Comme quoi, c’est bien l’homosexualité qui pose problème à la droite et non la marchandisation du corps. http://www.senat.fr/leg/ppl09-234.html

  • J’aime votre glissement. Nous sommes passés de « ce n’est ps un délit » à « le droit français ne s’applique pas » à « ce n’est aps au Garde des sceaux d’engager les poursuites ». Vous n’auriez pas une petite impression de vous moquer un peu de moi ? Le fait est que, contrairement à ce que déclarait Christiane Taubira, il ne s’agit pas d’une « affaire privée », mais d’un délit. Pour le reste, le Garde des Sceaux peut tout à fait suggérer au parquet d’engager les poursuites.

    Quant au texte de l’UMP, vous soulevez un sacré lièvre ! Je plaisante bien sûr : qu’il y ait à l’UMP (dont je ne suis pas membre) des personnes (pas bien nombreuses apparemment) qui n’ont pas les mêmes opinions que moi sur le sujet, diantre, quelle découverte !

  • Pingback: La Connexion policière | Koztoujours

  • @Muse : Je ne vais pas reprendre tout l’argumentaire, mais je vais quand même souligner 2 choses. Primo, je pense que vous n’étiez pas présente aux manifs, car autrement vous auriez pu constater que nous parlions de ces familles recomposées aussi. « Et manifester sur « 1 enfant = 1 papa + 1 maman » alors que 1.5 millions d’enfants ont une famille c’est un papa + une maman + beau papa + belle maman », Mais réveillez-vous, qui ment à l’autre, celui qui dit que ces enfants ont au moins toujours la base, ils savent qui est leur père et le mère même si les blessures de la vie les ont séparés. En revanche, la petite Françoise est né de Jules et Paul, acté sur l’état civil. DITES-MOI QUI MENT VRAIMENT !!!

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