C’est tout bon, François, change rien !

Après celles des quotidiens, au premier rang desquels Libé, les Unes de la semaine s’empilent pour dire une même incrédulité face au couple exécutif.

La question même de leur capacité apparaît déjà. Si bien qu’après être restés singulièrement absents et mutiques dans une période agitée – si ce n’est pour aller taquiner le peuple au Lavandou comme on taquine le goujon – l’un et l’autre s’avisent de parler, sans se départir de leurs natures connues : la langue de bois pour l’un, le flou pour l’autre (vous trouverez bien qui est qui, mais vous pouvez tout aussi bien intervertir sans dommages).

Jean-Marc Ayrault en donne une illustration à chaque intervention, et notamment lors de son discours au Medef.

Quant à François Hollande, on l’a retrouvé à Châlons vendredi comme on le connaissait en campagne : la ptite blague de départ, et puis après…

Le changement, c’est une force qui sait où elle va.

Autant pour nous. Maintenant, si le changement pouvait s’aviser de tuyauter François sur sa direction, de manière à ce qu’il nous en fasse part à son tour… Ces jours-ci, François Hollande s’en va répétant que le rôle d’un président est de fixer un cap. Mais si ce cap se borne au changement, qui seul sait où il va, il y a tout lieu de craindre les remous. C’est que c’est un peu mouvant, le changement, pour un cap.

« Le changement, c’est une force qui sait où elle va »… C’est beau comme l’antique mais vindiou, c’est abscons. Pour un peu, on croirait à une réflexion sur le destin, la fatalité. Ce ne serait d’ailleurs pas incohérent avec le flou et le mutisme voire l’attentisme du Président : puisque le changement sait où il va, il n’y a qu’à attendre son passage pour voir où il allait.

D’ailleurs, il l’a dit aussi :

Des choix courageux seront faits en 2013 et ils seront durables, justes et stables.

J’ai fait le calcul : si l’on prend en compte une période allant de la mi-mai à fin décembre, il a déjà cramé 12,5% de son quinquennat. Les choix courageux, durables, justes et stables attendront donc 2013. On dirait du Bayrou (souvenez-vous lorsqu’il prônait une réforme des retraites « équitable, souple et durable« …).

Mais allons, en fait de changement, on a bien l’impression que c’est la continuité qui s’instaure. En raison du « cap que [François Hollande] voulait fixer : emploi, croissance, compétitivité », qui pourrait être repris à leur compte par la totalité des présidents de la République depuis Giscard. Mais pas seulement.

Manuel Valls expulse les Roms, suscitant les inquiétudes internationales. Allez savoir pourquoi, ce n’est pas pareil : Nicolas Sarkozy expulsait au nom de la sécurité publique, il le fait au nom de l’ordre républicain. Goûtez la nuance. Pas sûr que la différence saute vraiment aux yeux des Roms évacués. Alors, pour faire bonne mesure, on a parsemé la décision d’un peu plus de mauvaise conscience, qui ressemble à s’y méprendre à de la mauvaise foi : on a ouvert tout grand les portes du marché du chômage1 aux Roms.

Vincent Peillon prend position pour l’apprentissage de la Marseillaise à l’école. Une position courageuse, juste et si durable et stable qu’elle ne cesse d’être adoptée. En 1983 déjà, M. Coudrin, directeur de l’école Jean Zay, m’apprenait la Marseillaise. Et son apprentissage figurait au bilan famélique du débat sur l’identité nationale. Surtout, le voilà qui annonce un retour de la « morale laïque » à l’école (très important, de préciser « laïque« , des fois qu’il y en ait, au fond, qui suivent pas, et qui imaginent un instant qu’il s’agisse d’un retour de la morale religieuse : celle qui n’a jamais été enseignée à l’école publique). Ah, le retour de la morale… Un an jour pour jour avant lui, Luc Chatel annonçait le retour de la morale à l’école primaire, et le PS hurlait à la manœuvre de diversion. De fait, il occupe bien les médias avec ça, Vincent Peillon.

En matière économique, après les facéties de campagne, on reprend le chemin des patrons et entrepreneurs. Ayrault, Vallaut-Belkacem, Cahuzac, Montebourg, Moscovici, Sapin, Pellerin (j’en oublie ?) : ce n’était plus les Universités d’Eté du Medef, c’était un séminaire inter-gouvernemental ! Quand Jean-Luc Mélenchon dénonçait une faiblesse de la part de Ayrault qui se rendait à ces UE, savait-il seulement que la moitié du gouvernement y était ? Et Pierre Moscovici, assurant qu’il n’était pas venu pour une « opération séduction » est néanmoins venu lâcher les mots-clés propres à les séduire, qu’il s’agisse de la fameuse compétitivité ou de la nécessaire stabilité du cadre juridique et fiscal…

C’est même François Hollande qui va jusqu’à employer une expression célèbre, véritable gimmick sarkozien, employé en boucle par son prédécesseur à chaque intervention. Déclamant que son « devoir est de dire la vérité aux Français » (on ne nous l’avait jamais faite), le voici qui lâche : « Nous sommes devant une crise d’une gravité exceptionnelle« . Il aura fallu trois mois et demi pour qu’il nous dise strictement la même chose que son prédécesseur.

Bref, on ne sera pas surpris puisqu’on l’avait prédit : le changement, c’est pas pour demain. Et à bien des égards, on s’en félicitera.

Malheureusement, il reste des terrains privilégiés pour le « changement » (dont on nous fait la grâce de ne pas nous prétendre qu’il aille automatiquement dans le bon sens) et, en particulier, le terrain idéologique.

Au-delà de l’aspect retour de la vengeance de la morale saison 6, les intentions de Vincent Peillon, telles qu’elle sont traduites dans ses déclarations, laissent circonspect. Aussi abscons que François Hollande sur le changement, voici qu’il nous déclare que :

Il existe aussi une « laïcité intérieure », c’est-à-dire un rapport à soi qui est un art de l’interrogation et de la liberté. La laïcité consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion. Le jugement cela s’apprend.

Il y a là une forme d’adoration de la laïcité, transformée en idole de la République, qui justifiera une vigilance certaine. Pourquoi relier à la « laïcité« , dont chacun sait qu’elle vient peu ou prou en opposition (ou à tout le moins en séparation) à la religion, ce qui est si bien décrit par la notion bien connue de discernement ?

Et la confusion-concurrence entre l’école et la religion est parfaite, avec cette autre formule troulecultante, par laquelle on apprend que le pouvoir temporel cultive des ambitions nouvelles :

Il faut assumer que l’école exerce un pouvoir spirituel dans la société

Dernier point. Le changement qui ne coûte rien. L’alibi. Le mariage gay et l’adoption homo. On le savait : en période de crise, il n’y a guère de meilleur ersatz de changement que les questions sociétales. Le gouvernement et le parti socialiste l’ont signifié de manière exemplaire : à La Rochelle, devant les Jeunes Socialistes, c’est la toute première question posée, bien en vue, bien en avant. Un jeune militant demande à un Jean-Marc Ayrault « en impro » : « le changement, c’est pour quand ?« . Et notre Jean-Marc d’embrayer, tout fier de pouvoir présenter un changement. On l’a appris plus tard, grâce au Petit Journal, l’impro était un bidonnage et la mise en avant, délibérée. Incapables de présenter un changement concret et crédible, c’est le mariage et l’adoption homo qui servent de faire-valoir.

Notez qu’ils ne font pas partie des décisions de 2013. Celles qui seront courageuses, justes, durables et stables.

Sur ce point pourtant, on aurait envie de lui dire : continue comme ça, François, change rien !


  1. j’assume pleinement mon lapsus radiophonique []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

108 comments

  • JM Ayrault: « La laïcité consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion. Le jugement cela s’apprend. »

    Euh ! je suis d’accord avec le fait que « tout ne se vaut pas » ou que « le jugement, ça s’apprend » (ou plutôt, « la capacité à juger, ça s’apprend » et non pas « le jugement politiquement correct, ça s’apprend ») mais je ne vois pas le rapport avec la laïcité. et puis, j’aurais plutôt dit: une opinion, ce n’est pas un raisonnement.

    Mais le gouvernement l’applique comme ça. On l’a bien vu par exemple dans les discussions autour du mariage homo. Il y a des gens qui assènent: « je suis pour parce que le contraire c’est pô juste » et ceux qui disent : « je suis contre et je t’explique pourquoi… ». Mais les premiers ont la préférence du gouvernement puisqu’il en fait une question de principe: « c’est mon opinion et ton raisonnement n’y changera rien ».

    De plus si la laïcité consiste à faire un effort pour raisonner mais que cela ne donne pas une opinion, à quoi sert de raisonner ? sinon résonner dans le vide…

  • il est clair que la France n’a pas les moyens d’attendre 2 ans comme en 1981 car les caisses sont vides.J’ai peur pour la France de constater que devant l’ampleur de la crise nous n’ayons pas de stratégie de rechange, l’anti- sarkosysme a atteint ses limites et ne fait pas un programme de redressement, encore quelques détricotages sectaires et il faudra bien au dela du matraquage fiscal mettre le pays en ordre de marche et cela va être sanglant .Pour moi le GVT a jusqu’a la fin de l’année ,pas plus , pour démontrer qu’il est conscient de la situation et qu’il est ,au dela du verbiage , prêt à prendre le taureau par les cornes,mais est ce dans la nature de notre Président d’affronter la réalité, permettez moi d’en douter et c’est ce qui m’effraie. D ‘ailleurs les sondages montrent que les français ont déja pris la mesure de leur incapacité à assainir la situation , dommage qu’ils n’en aient pas pris conscience avant de voter.A celui qui me dirait « et ta soeur  » je lui répondrais ce qui se disait dans les cours de récréation de ma jeunesse « elle prie pour que tu sois moins ……… »

  • Azerty 2

    Je vais pas vous répondre « et ta soeur » parce que je suis poli, mais surtout parce que je suis un peu blasé. J’ai eu droit à 5 ans de « on vous l’avait bien dit » par des types de gauche extra-lucides qui oubliaient de se demander pourquoi tant de monde n’avait pas voté Royal.

    C’est l’alternance…

    @Koz

    J’ai bien rigolé, mais sur le fond du billet, je suis un peu partagé. On savait déjà que Hollande était le digne successeur de Chirac à bien des points de vue, en faire l’héritier de Sarkozy est osé mais bien amené. Je trouve cependant que pour les besoins de la démonstration vous passez un peu vite sur des trucs du genre « je vais chercher une baisse du cours de l’essence avec les dents », « les emplois d’avenir, mais dans la fonction publique », ou « le coût du travail n’est pas plus élevé en France ». C’est sûr qu’à Gauche on doit trouver ça timidou, mais ça trimballe son AOC Parti Socialiste Français, ce genre de détails, quand même.

  • Très bon article. « Le changement, c’est une force qui sait où elle va. » me fait irrésistiblement penser à « Jn 3:8- Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.  » Le changement serait-il assimilé au Saint-Esprit? Serait-ce lié au nouvelles ambitions « spirituelles » de l’école ?

  • Au fond ce qui m’attriste le plus, c’est cet énorme sentiment de mensonge que je ressentais (avec d’autres, bien sûr) pendant la campagne présidentielle. Beaucoup avaient le sentiment que « la gauche mentait » afin d’obtenir le pouvoir. On commence à s’en rendre compte, peut-être plus vite que prévu.

    Cet article d’un blog lié au Monde Les petits oublis de Jean marc Ayrault pourrait nous faire penser que cette mentalité n’existait pas seulement que pendant la campagne présidentielle …

    Une humeur et deux questions me viennent à l’esprit :

    L’humeur : le sentiment toujours persistant d’un immense gâchis pendant cette campagne électorale, et de la lourde responsabilité qui repose sur les épaules de ceux et celles qui ont appelé à voter blanc ou contre M. Sarkosy (sentiment tenace… quel gâchis !). Surtout qu’effectivement, nous allons avoir les « évolutions sociales », qui elles, ne coutent rien, et vont bien passer.

    Les deux questions :

    • et maintenant ? Il reste encore 4 ans et 9 mois… Et j’ai peur que le pire reste à venir.
    • je ne peux m’empêcher de réfléchir à la démocratie. Et je précise que je suis profondément démocrate et attaché à ce mode d’élection. Mais au fond, qui a porté François Hollande à la présidence de la République si ce n’est le vote du Peuple français ? (j’ai bien mis une majuscule à Peuple, ce n’est pas une faute de frappe). C’est tout de même un peu fort, compte-tenu de l’enjeu, de se rendre compte 3 mois plus tard que l’on s’est trompé… N’y a-t-il pas, derrière tout cela, une crise de la démocratie ? (on déborde peut-être un peu du sujet de votre article, certes, mais je ne peux m’empêcher de penser à tout cela)

    Très bonne soirée à vous et à vos lecteurs.

  • J’ai ri de bon coeur et ne suis pas loin de partager l’analyse du changement dans la continuité… Ou du pas de changement. Et pour être honnête, c’est un peu ce que j’esperais le 6 mai dernier !

  • Votre billet ne m’a pas fait rire, mais c’est uniquement parce que j’en partage assez globalement l’analyse, malheureusement.

    On n’attendait pas forcément grand chose de Hollande, même à gauche, mais il a l’air bien parti pour nous décevoir quand même. Même s’il est peut-être un peu tôt pour juger des résultats, c’est loin d’être encourageant pour l’instant. Espérons qu’on se trompe…

  • @ Laurent : un peu de respect pour le Saint Esprit ! Il est vrai néanmoins que l’on a parfois l’impression qu’ils attendent du Changement une inspiration soudaine, et qu’ils souscrivent à un rituel étrange, fait d’incantations autour de cette notion bien creuse.

    @ Doudette : eh bien, si tu ne voulais pas de changement, le mieux était de ne pas changer, hein ! ;-)

    @ Henri Mondion : bah… Les Français se sont-ils vraiment trompés ? Entre ceux qui étaient surtout guidés par leur volonté de ne plus avoir Sarkozy et ceux qui te ressassent sans cesse que l’alternance a du bon, ils ont déjà eu une part de ce qu’ils demandaient, et ils ont changé de tête et de style.

    Nous en avons écopé pour 5 ans. Espérons que ce début calamiteux leur serve de douche froide et qu’ils s’améliorent. Si je ne souhaite pas qu’ils s’installent pour dix ans, je préférerais tout de même que l’on évite 5 ans de plantade, parce que le pays n’en a pas besoin. Égoïstement, m’étant mis à mon compte, je me sens aussi plus directement concerné par l’état économique du pays.

    Et puis, il y a des individualités pas inintéressantes : si Moscovici arrive à claquer son beignet à Montebourg, en l’écoutant au Medef, je me disais tout de même que c’est un gars avec lequel il devait être possible de parler.

    Restent les questions sociétales. Mais là encore, les Français se sont-ils trompés ? Je crois surtout qu’elles ont été totalement indifférentes dans leur choix. Mais il ne faudrait tout de même pas que le gouvernement croie que le mariage gay et l’adoption homo sont les premières préoccupations des Français, et pourraient faire oublier la situation économique.

    Vivien a écrit : @Koz

    J’ai bien rigolé, mais sur le fond du billet, je suis un peu partagé. On savait déjà que Hollande était le digne successeur de Chirac à bien des points de vue, en faire l’héritier de Sarkozy est osé mais bien amené. Je trouve cependant que pour les besoins de la démonstration vous passez un peu vite sur des trucs du genre « je vais chercher une baisse du cours de l’essence avec les dents », « les emplois d’avenir, mais dans la fonction publique », ou « le coût du travail n’est pas plus élevé en France ». C’est sûr qu’à Gauche on doit trouver ça timidou, mais ça trimballe son AOC Parti Socialiste Français, ce genre de détails, quand même.

    Ah, certes, il y a des reliquats, quelques différences, et des gages à la gauche ;-)

    Je ne prétends pas qu’il y ait identité. Mais, fondamentalement, voir tant de ministres, à des postes avances, prendre tant de décisions hier si décriées, ça interpelle.

  • jor a écrit ::

    On n’attendait pas forcément grand chose de Hollande, même à gauche, mais il a l’air bien parti pour nous décevoir quand même. Même s’il est peut-être un peu tôt pour juger des résultats, c’est loin d’être encourageant pour l’instant. Espérons qu’on se trompe…

    En effet. Martine Billart, dont je partage peu d’analyses, a dit la semaine dernière, que l’executif donnait le sentiment d’être arrivés sans s’être préparé et, franchement, si j’ai pu penser le contraire, aujourd’hui, je suis assez d’accord. Ce qui est encore plus surprenant de la part de ceux qui sont restés dans l’opposition pendant cinq ans. Comme quoi, quand on entend qu’une cure d’opposition, ça ne peu pas faire de mal, ça ressemble à une ânerie : certains parviennent malgré tout à ne pas la mettre à profit.

    Bref, Hollande semble arriver à décevoir autant à gauche qu’à droite, et même ceux qui n’attendaient pas grand-chose de lui. C’est une performance.

  • J’ai bien ri (comme d’habitude) en lisant ton billet vif et plein d’humour. Mais, quelque part,je ne peux m’empêcher d’être vraiment inquiète quand je vois l’image catastrophique qu’a FH à peine 4 mois après son élection. Car comme tu le dis si bien, notre pays n’a pas besoin de 5 ans de plantade: s’ils continuent comme ça, on cours à la catastrophe et ‘on’ c’est chacun de nous…

  • C’est vrai que c’était mieux quand votre maître à penser, Nicolas Sarkozy faisait légiférer à tout va, sans réflexion, nous asphyxiant de lois et sans concertation sociale pour les réformes à forts enjeux comme les retraites (objet de plusieurs années de réflexion à l’étranger)! Faut-il se précipiter? En tant que praticien du droit, dans l’administration, mes collègues et moi avons souffert d’une boulimie législative et réglementaire, impossible à mettre en œuvre, incompréhensible pour les usagers et source… d’insécurité juridique. F Hollande a fait des promesses mais sur 5 ans. Certaines méritent de mûres réflexions. Après, chacun apprécie les choix de priorisation selon ses affinités. Je vous recommande de lire l’article suivant : http://www.marianne2.fr/Francois-Hollande-n-a-pas-a-s-excuser-de-reflechir-avant-d-agir_a222275.html

    Et puis revoilà l’homophobie, voire la hantise (ou le fantasme?) de la polygamie. Rien ne vaut mieux que les valeurs traditionnelles… voire traditionalistes, morales Je ne dirais pas pétainistes. Je laisse Lucl Chatel, spécialiste de la chose s’exprimer à ce sujet.http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/

  • On est bien dure avec Hollande…

    La gauche, mené par Hollande, à comme programme depuis près de 10 ans « tout sauf Sarko », jusqu’au slogan de Hollande pendant la campagne. « Le changement c’est maintenant », ça ne promettait qu’une chose : vous n’aurez plus Sarko…

    Les médias ont joués le jeu, multipliant les unes provocatrices à l’encontre de Sarko, et épargnant son challenger. Aujourd’hui, il n’y a plus Sarko, du coup ils se lachent sur Hollande avec des unes tout aussi exagérées.

    Pourtant, la cote de popularité du Président est loin d’être mauvaise, et malgré une baisse indiscutable dans les sondages et les unes peu flatteuses des journaux, pas sûre que beaucoup de personnalités politiques soient plus populaires que lui (exepte son premier ministre)… exactement comme Sarko en son temps !

    De la à penser que Sarko passera en 2ans, comme Chirac, du statut de président détesté à celui de personnalité préférée des français, il n’y à qu’un pas, que je ne me risquerais pas à franchir…

    …ou alors, c’est vraiment que les français sont des veaux ;)

  • Les électeurs de Sarkozy sont déçus de Hollande car ce dernier, au fond, fait la même chose que son prédécesseur. Ils attendent avec anxiété l’alternance qui, pourtant, ne semble pouvoir porter qu’un éternel recommencement. Intéressant.

    Je ne comprend pas trop l’allusion au lapsus au sujet des roms. Je suppose qu’il y a un lien entre la mauvaise foi et le fait d’autoriser les gens à travailler, mais lequel? Mystère. J’espère avoir l’occasion d’écouter l’extrait sonore pour comprendre.

  • Cette adoration de la laïcité est en effet assez grotesque et risque de la dénaturer ou pire de la rendre inquiétante. Pour moi la laïcité c’est simplement la règle de neutralité de l’état devant toutes les religions. C’est important, ce fut révolutionnaire quand elle fut mise en pratique pour la première fois, mais en faire aujourd’hui une philosophie ou l’ultime principe fondateur de la république… c’est trop, beaucoup trop !

  • @ Gatien : détrompez-vous. « Continue, change rien ! », c’est précisément que Hollande fait (presque) du Sarkozy. La déception n’est pas de mise : il est conforme à ce que l’on pouvait attendre de l’ancien Premier Secrétaire du PS et du candidat élu sur rien. En revanche, l’inquiétude est à l’ordre du jour : ce qu’il fait passer pour du long-terme commence à ressembler à s’y méprendre à de l’impréparation et de l’indécision. Et dans le cadre d’une « crise d’une gravité exceptionnelle », c’est inquiétant.

    En ce qui concerne le lapsus, je ne voulais évidemment pas parler d’ouverture du « marche du chômage » mais de fait, c’est ce qui se passe. Le gouvernement s’est hâté de trouver une mesure-prétexte pour faire semblant de faire autre chose que la politique de Sarkozy à l’égard des Roms. De fait, ce n’est qu’après les premières expulsions qu’ils se sont avisés qu’il serait bien d’avancer une politique globale. Alors, on file un os : l’ouverture d’un marché du travail dans l’état que l’on sait (3.000.000 de chômeurs). Dans les faits, donc, ça ne changera rien pour eux (ou de façon très marginale) et le gouvernement continuera la politique de Sarko que les socialistes qualifiaient de fasciste hier.

    @ Hervé : nous sommes bien d’accord. Je n’ai rien contre la laïcité-neutralité et je suis même de ceux qui pensent que c’est même une chance pour l’Eglise. Mais de là à appeler « laïcité intérieure » le discernement, ça commence à ressembler à de la novlangue.

    @ Lefoli : vous avez le sens de la mesure, n’est-ce pas ? Vous ne pensez pas qu’il y a de la marge entre ce que faisait Sarko et ce que fait Hollande depuis mai. Ou plutôt ce qu’il ne fait pas ? Quant à parler de réfléchir avant d’agir, à tout hasard, vous n’avez pas le sentiment que, en toute logique, un candidat élabore un programme ? N’est-il pas censé réfléchir avant d’être élu et de profiter de l’élection pour, tenez… agir ?

  • Je n’arrive pas à écouter le morceau radiophonique non plus. Par contre la vidéo sur le bidonnage est sublime. Au moins Ayrault est excellent quand c’est paf, paf, sur le vif. Cela doit vraiment plaire aux jeunes socialistes.

  • « Le changement, c’est une force qui sait où elle va. » J’avoue que cette phrase m’a plongé dans des abîmes de perplexité. Mais qu’est ce que ça veut dire? Le changement, c’est donc une entité qui a une vie propre et qui n’est contrôlée par personne et en particulier qui n’est pas dirigée par le gouvernement et le chef de l’Etat. En clair, ça veut dire que le Président fait de l’improvisation en permanence et suit l’air du temps? Au sujet du douloureux problèmes des Roms, je me suis fait une réflexion. Au moment de l’élargissement de l’UE à la Roumanie, personne ne s’est posé de questions au sujet de ces citoyens roumains? De quel droit un Etat peut-il expulser des Européens de son espace national régi par les accords de Schengen? Au sujet de la crise économique, je pense que ce gouvernement de gauche n’a pas plus de moyens d’action que ses prédécesseurs de droite. La crise est mondiale dans une économie de marché mondialisée. La France est une puissance économique moyenne qui subit l’influence des multinationales et des banques qui ont été à l’origine de cette crise.

  • Le président n’est pas hyper-actif, et il ne légifère pas « dans l’urgence » à tout va, en fonction du sens du vent, de l’actualité ou des titres des journaux. Certains le déplorent. Après tout, il a un programme, il doit l’appliquer…

    Mais doit-on faire passer « dans l’urgence » les emplois-jeunes, le gel des loyers ou de l’essence? Sincèrement, plus on étalera ces mesures (en les confinant à un rôle temporaire), plus on limitera la casse et mieux nous nous porterons.

    De même, doit-on faire passer de force (grâce à une belle discipline de parti) et « dans l’urgence » (c’est-à-dire « sans débats ») des questions de société comme l’ouverture du mariage ou l’euthanasie?

    Une réforme digne de ce nom du droit fiscal doit-elle être proposée en 3 mois top chrono? Et une refondation de la propriété intellectuelle passée dans le même laps de temps? (Cela dit, inutile de se leurrer : il n’y aura pas de réforme digne de ce nom mais trois ou quatre mesures symboliques, qui iront rejoindre les autres, et il n’y a aucun espoir à avoir quant à la propriété intellectuelle).

    La crise d’une gravité exceptionnelle dure depuis presque 4 ans à présent. Les mesures prises dans l’urgence et la précipitation, qu’ont-elles changées? Je ne souscris pas à la pensée qu’agir bien, c’est agir vite. La réalité, trop souvent, a apporté à une telle opinion un cinglant démenti.

    Quant aux roms, il y a une différence à mon sens entre les déplacer car ils occupent illégalement les terrains, sans raisons politiques évidentes, et les déplacer massivement le lendemain d’un discours qui se veut sécuritaire, tenu en réaction à l’attaque par des gens du voyage d’un commissariat (comme si tous les nomades se valaient…). Faire de l’expulsion des roms un argument politique, c’est faire de la politique de caniveau. Et oui, ouvrir le marché du travail aux roms n’a pas à dépendre de questions d’opportunité mais est surtout une question de principe. Peut-on se plaindre de la délinquance rom quand, de toute façon, on les empêche de travailler? Non.

    Et enfin, dernier argument : il me semble que le Cercle des DRH avait pour priorité absolue, avant la Présidentielles, la stabilité du cadre réglementaire (et non pas le coût du travail). Comment obtient-on une telle stabilité? En ne légiférant pas à tout-va, dans l’urgence. Les habitués du sarkozysme craignaient peut-être que l’alternance implique un bouleversement réglementaire, préjudiciable au niveau économique. Cela n’a pas eu lieu…ce qui arrange au final tout le monde, sauf les journalistes qui ont bien peu à commenter, hélas.

  • @ Flashy: Que FH prenne son temps pour mettre en place des réformes de société, c’est bien normal. Mais qu’il ne prenne conscience qu’aujourd’hui que nos entreprises souffrent d’un manque de compétitivité, c’est grave. Enfin que ces premières décisions dans ce champ économique aggravent ce déficit de compétitivité c’est très inquiétant.

  • Lefoli a écrit : « Et puis revoilà l’homophobie, voire la hantise (ou le fantasme?) de la polygamie. Rien ne vaut mieux que les valeurs traditionnelles… voire traditionalistes, morales Je ne dirais pas pétainistes. » Si je comprends bien émettre des doutes sur la pertinence du mariage gay et sur l’urgence à légiférer en la matière vous classe forcément dans la catégorie « homophobe ». Comme si la légalisation du mariage gay était la réforme que tout le monde attend depuis si longtemps! Ce qui est évident c’est que le nombre de mariages baisse constamment et que le président de la république ne choque pas grand monde en vivant avec une femme qui n’est pas son épouse pas plus qu’il n’a fait scandale en ayant quatre enfant avec une autre femme qui ne l’était pas davantage. Alors le mariage gay ou hétéro, tout le monde s’en fout…Dans 50 ans on rigolera bien dans les chaumières en lisant qu’à un moment où une crise économique sans précédent détruit le tissu industriel français et menace la cohésion sociale, le gouvernement ne trouve rien de plus urgent que de permettre à des gays de se marier alors que tant de couples hétéros ne veulent même plus en entendre parler. Arrêtons avec les accusations d’homophobie et admenttons qu’il y a plus important à faire à l’heure actuelle.

  • Hélas, je suis bien triste d’écrire que, moi qui n’aimais guère vos prises de positions relatives au gouvernement antérieur, je partage votre jugement sur ce gouvernement. Je continue de ne guère aimer les façons des prédecesseurs, mais cette gauche n’est qu’une droite molle qui a remplacé le mauvais français par la langue de bois la plus lourde qui soit. Beurk.

  • Flashy a écrit ::

    Quant aux roms, il y a une différence à mon sens entre les déplacer car ils occupent illégalement les terrains, sans raisons politiques évidentes, et les déplacer massivement le lendemain d’un discours qui se veut sécuritaire, tenu en réaction à l’attaque par des gens du voyage d’un commissariat (comme si tous les nomades se valaient…). Faire de l’expulsion des roms un argument politique, c’est faire de la politique de caniveau. Et oui, ouvrir le marché du travail aux roms n’a pas à dépendre de questions d’opportunité mais est surtout une question de principe. Peut-on se plaindre de la délinquance rom quand, de toute façon, on les empêche de travailler? Non.

    C’est d’une assez grande hypocrisie. Manuel Valls a-t-il mis sur pied une politique globale à l’égard des Roms, avant d’expulser ? Absolument pas. Le gouvernement socialiste a d’abord expulsé puis s’est demandé dans la précipitation de quelle manière il pouvait habiller ça pour avoir l’air de faire autre chose que Sarko.

    Après, vous pouvez vous gargariser d’une question de principe (ça fait une belle jambe aux Roms) mais se satisfaire d’avoir ouvert le marché du travail quand on sait dans quel état il est, c’est vraiment se donner bonne conscience à bon compte. Le gouvernement aurait eu un peu d’énergie et de détermination, il aurait provoqué une réunion au niveau européen pour prendre en charge de façon correcte cette question, qui est européenne.

    Là, le gouvernement instrumentalise les Roms pour permettre à Valls de montrer que la gauche, c’est pas le laxisme. Et comme il est plus facile, plus rapide, et plus visible, d’évacuer un camp de Roms que de lutter contre la délinquance, eh ben banco pour les Roms.

    C’est au moins aussi cynique que ce que faisait Sarko et ça s’assortit d’une trahison des idéaux que la gauche prétend défendre.

    Flashy a écrit ::

    Le président n’est pas hyper-actif, et il ne légifère pas « dans l’urgence » à tout va, en fonction du sens du vent, de l’actualité ou des titres des journaux. Certains le déplorent. Après tout, il a un programme, il doit l’appliquer… Mais doit-on faire passer « dans l’urgence » les emplois-jeunes, le gel des loyers ou de l’essence? Sincèrement, plus on étalera ces mesures (en les confinant à un rôle temporaire), plus on limitera la casse et mieux nous nous porterons.

    Je n’ai pas compris : vous y croyez ou pas, à ces mesures. Alors, faut-il les prendre, ou les confiner à un rôle temporaire pour limiter la casse qu’elles suscitent ?

    Il est sinon trop facile de prendre Sarko comme référentiel. Vous et d’autres, et notamment Colombani, et toute la gauche restez bloqués sur ce qui vous a servi de logiciel pendant 10 ans : l’anti-sarkozysme. Alors quoi qu’il se passe, vous analysez la situation par rapport à Sarkozy. Mais le référentiel, ce n’est pas Sarko, c’est la crise. Prendre son pied à faire de l’anti-sarko dans le style, c’est un peu de la branlette militante (si vous me passez l’expression). Aujourd’hui, les gens sont flippés et s’ils ont besoin d’action, ce n’est pas comme le répètent en boucle un Ayrault ou un Colombani, parce qu’ils doivent se désintoxiquer, mais parce qu’ils ont peur de leur avenir proche.

    Flashy a écrit ::

    @ Hervé: Ce que vous reprochez à Hollande, ce sont donc ses décisions, pas son absence de décisions. C’est très différent.

    Hervé vous fait la grâce de croire que le gouvernement a pris des mesures. Vous pourriez au moins le remercier.

    Cadeau bonus pour la suite : les Unes dont je ne disposais pas encore…

    |

  • Ayrault applique le programme du candidat Hollande. Ce programme est une liste d’âneries, mais la majorité a voté pour lui.

    De quoi se plaint-on ?

    Ce qui me paraît plus inquiétant, c’est qu’il semble de plus en plus évident que les qualités qui permettent à un candidat de gagner une élection présidentielle sont peu compatibles avec celles qui font un bon président.

  • @ Flashy: Vous avez raison, je m’écarte du point de vue développé par Koz. Je m’inquiète plus des décision néfastes prises par FH que de son absence de décisions. Par exemple la suppression des allègements de charges des entreprises et l’ajout de nouvelles alors que notre commerce extérieur est largement déficitaire. Comment voulez-vous que Peugeot concurrence Hunday si dans le prix de vente des voitures françaises sont inclues le coût de nos allocations familiales ?

  • Evidemment qu’il n’est pas préparé. N’oublions pas qu’Hollande a été élu par le sboub de DSK, le 15 mai 2011. Il n’a pas eu 5 années pour se préparer mais seulement une. Et une année de campagne électorale non-stop (primaires puis présidentielles).

    Pour le reste, un socialiste de gauche succède à un socialiste de droite et fait… du socialisme : l’art de faire au peuple des cadeaux qu’il n’a pas demandés, payés avec son argent tout en gardant une comm’ pour les potes.

    On aurait pu penser qu’en passant de socialisme de droite à socialisme de gauche on changerait de boucs émissaires. Perdu. C’est toujours les mêmes, les banquiers et les gitans.

    Même les incohérences n’ont pas changé, on continue de goinfrer ces salauds de banquiers (TM) avec l’argent des citoyens, un drogué ne lâche pas son dealer. Ah tiens, ce ne sont plus la BNP et Dexia qui biberonnent à Bercy mais Lazard et le CIF, le changement c’est maintenant.

    La seule vraie différence entre socialisme de gauche et de droite réside dans la bonne conscience d’airain de la gauche qui la laisse s’engager guillerette et sans complexe sur les chemins les plus apocalyptiques, qu’il s’agisse du collectivisme (endoctrinement des jeunes, contrôle des prix…) ou de l’abandon des plus vulnérables, les bébés (adoption par les couples de même sexe) ou les vieux et les malades (euthanasie).

    En matière économique, on parachève l’œuvre de la précédente administration. Il y a 30 ans, Reagan résumait ainsi l’action de l’Etat : Si ça bouge taxez-le, si ça bouge encore régulez-le, si ça ne bouge plus subventionnez-le. La France d’aujourd’hui semble avoir pour ambition de devenir l’illustration parfaite de cette caricature.

    Ainsi, après avoir tout fait, via des règlementations kafkaïennes et des taxations olympiques, pour punir les fous qui envisageaient d’investir dans une entreprise, ou pire, d’embaucher, l’Etat s’aperçoit avec consternation que l’investissement et l’emploi sont en berne. Il a donc décidé de dépenser des piscines d’argent gratuit qu’il n’a pas pour le filer à ses copains (Banque Publique d’Investissement) ou amadouer les cailleras (emplois d’avenirs).

    En France en 2012, l’Etat préfère payer (avec l’argent des citoyens, rassurez-vous) pour mal faire quelque chose plutôt que laisser les citoyens le faire bien.

  • @Koz: vous pouvez ajouter le parti pris amère d’Edwy Plenel de Mediapart à votre liste d’articles. Même s’il n’y a pas à proprement parler de couverture, le titre Sarkozy-Hollande, l’anormale continuité devrait suffire. Comme quoi il ne doit pas rester grand monde de satisfait de ce début de quinquennat…

    Lib a écrit ::

    On aurait pu penser qu’en passant de socialisme de droite à socialisme de gauche on changerait de boucs émissaires. Perdu. C’est toujours les mêmes, les banquiers et les gitans.

    Votre grille de lecture est véritablement étonnante… Où avez-vous vu ou entendu que Hollande ou son équipe, depuis l’élection, s’en seraient pris aux banques ou aux banquiers d’une quelconque manière que ce soit ? Peut-être une déclaration pseudo-guerrière qui serait passée inaperçue, mais très clairement, les Roms sont de loin les premiers boucs-émissaires (c’était déjà le cas sous Sarkozy), et les banques, pourtant responsables de la crise, s’en tirent jusqu’à présent particulièrement bien (à part de temps en temps quelques remontrances), et apparemment n’ont pas beaucoup de souci à se faire pour d’éventuelles tentatives de régulation. Finalement, il y a quand même une différence avec le quinquennat précédent: quand Sarko était au pouvoir, vous ne vous inquiétiez que du sort des banquiers, aujourd’hui vous parlez aussi de celui des Roms…

  • Lib a écrit ::

    Pour le reste, un socialiste de gauche succède à un socialiste de droite et fait… du socialisme : l’art de faire au peuple des cadeaux qu’il n’a pas demandés, payés avec son argent tout en gardant une comm’ pour les potes.

    C’est bô ! L’article de Koz est excellent, mais là on atteint des sommets. Si vous me le permettez je vais la diffuser en masse celle-là :D

  • Qui a cru un seul instant que François Hollande allait, tel un magicien, résoudre en trois mois tous les problèmes de la France ? Pas les électeurs de Sarkozy en tout cas, sinon ils auraient voté pour le candidat socialiste. Ils ne peuvent donc pas être déçus. Et ils doivent l’être d’autant moins s’ils pensent que Hollande fait finalement (presque) la même politique que son prédécesseur, non ?

    Au-delà de l’aigreur tenace de certains électeurs de droite qui pensent que seul leur camp a la légitimité pour gouverner et ont toutes les peines du monde à digérer l’alternance, il faut, à mon avis, essayer de garder une certaine cohérence dans la critique. Car si l’on critique tout et son contraire, seule reste la volonté de critiquer (magistralement incarnée, jusqu’à la caricature, par un type comme Copé).

    Personnellement (et sans doute comme beaucoup d’autres), vu la situation de la France et de l’Europe, je n’attendais pas de miracle rapide. Il me semble que FH a l’intention d’appliquer son programme sur la durée du quinquennat. C’est ce qu’il a toujours dit durant la campagne et c’est ce qu’il a largement commencé à faire, me semble-t-il. Donc pas vraiment de surprise jusqu’ici, ni dans les mesures prises ou sur la table, ni dans l’absence d’état de grâce, qui était également prévue compte tenu de la situation, ni dans les impatiences, souvent contradictoires, qui se manifestent, à droite ou à gauche.

    Quant à ceux qui semblent se désoler qu’il n’applique pas le programme du Medef ou de Reagan, quelque chose a dû leur échapper. Idem pour ceux qui paraissent regretter qu’il ne mène pas la politique prônée par Mélenchon.

    De mon côté, j’apprécie en tout cas déjà au moins une chose : la fin des gesticulations permanentes en fonction de l’actualité et des projets de loi à chaque fait divers, la fin du sketch « j’ai sauvé l’Europe tout seul avec mes petits bras » répété chaque mois, la fin d’une rhétorique populiste fondée sur des arguments intellectuellement faux, moralement mauvais et politiquement contre-productifs en matière d’immigration et de sécurité… On respire mieux, non ? Pour le reste, je jugerai sur le bilan… en 2017.

  • Monts d’Aragon ! Galice ! Estramadoure ! -Oh je porte malheur à tout ce qui m’entoure !- « une force qui (sait où elle)va? Aïe! Aïe! Aïe! Je loue la culture de F. Hollande, mais je ne peux m’empêcher de penser à la source: (…)Je suis une force qui va ! Agent aveugle et sourd de mystères funèbres ! Une âme de malheur faite avec des ténèbres ! Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé D’un souffle impétueux, d’un destin insensé. (…) Oh !fuis !détourne-toi de mon chemin fatal, Hélas !sans le vouloir, je te ferais du mal ! Victor Hugo, Hernani, Acte III, scène 4 Mal parti je le sens, ce quinquennat!

  • À l’été 2007, j’étais, autant que je me souvienne, en mode attente vis-à-vis de Sarkozy en espérant qu’il réussisse au moins partiellement, tout en étant en désaccord sur certaines de ses premières mesures. En septembre 2012, je ne vois pas pourquoi il en serait différemment vis-à-vis de Hollande. De même que Flashy, je ne lui voudrai pas de prendre le temps de réfléchir, et surtout de passer par la concertation, notamment pour ce qui est du domaine économique et social.

    Après, il était évident depuis longtemps que les « réformes sociétales » allaient servir comme autant d’os à jeter à l’opinion de gauche pour lui remonter un peu le moral sans alourdir le déficit. C’était déjà leur rôle lors de la campagne.

    Pour ce qui est des Unes convergentes de la presse magazine, elles révèlent surtout le caractère moutonnier de nos médias. À noter l’absence d’un Étienne Mougeotte de gauche dans tout cela; personnellement, ça ne me manque pas trop.

    Koz a écrit ::

    Il est sinon trop facile de prendre Sarko comme référentiel. Vous et d’autres, et notamment Colombani, et toute la gauche restez bloqués sur ce qui vous a servi de logiciel pendant 10 ans : l’anti-sarkozysme.

    Vrai, mais un peu facile. Lorsque tu dis qu’il n’y a pas de changement par rapport à Sarkozy, tu mets toi-même ce référentiel sur la table. Parler des changements positifs (et il y en a) sans passer par la case antisarkozyste devient alors bien difficile.

  • Tiens, depuis mon billet, on a annoncé l’arrivée d’un contrat de travail… « adaptable ». Ils ne font plus du Sarko, ils font du Villepin. Mais avec Julliard au cabinet et pas dans la rue.

  • (ah, mais! mon commentaire a pris une autre forme (mise en page) que ce que j’espérais!!! j’essaie une retouche!!!)

    « une force qui (sait où elle)va? Aïe! Aïe! Aïe! Je loue la culture de F. Hollande, mais je ne peux m’empêcher de penser à la source:

    Monts d’Aragon ! Galice ! Estramadoure !

    -Oh je porte malheur à tout ce qui m’entoure !-

    (…)Je suis une force qui va !

    Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

    Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

    Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé

    D’un souffle impétueux, d’un destin insensé.

    (…)

    Oh !fuis !détourne-toi de mon chemin fatal,

    Hélas !sans le vouloir, je te ferais du mal !

    Victor Hugo, Hernani, Acte III, scène 4

    Mal parti je le sens, ce quinquennat!

    (là, ça a été compliqué, mais cette fois, on voit les alexandrins!!!)

  • En voyant cette litanie de lamentations sans qu’aucun réel motif d’insatisfaction soit avancé, je comprends pourquoi la France dépasse tous les records de consommation d’anti-dépresseurs.

    Pour ma part, je suis bien incapable d’avoir une vision globale de la situation. Ni bonne, ni mauvaise. Je me limite à quelques trucs concrets, et je me contente de peu.

    Les roms ont le droit de travailler? Comment se fait-il que personne n’ai songé avant que l’inverse était aberrant? Je n’avais pas entendu d’une telle mesure de bon sens depuis des lustres. Ensuite, on peut parler de mauvaise foi ou botter en touche en disant que le problème est européen. Je n’en sais rien. Je constate: avant les roms n’avait pas le droit de travailler. Maintenant ils l’ont.

    Votre raisonnement à ce sujet, Koz, est tout ce qu’il y a de plus bancal. Le chômage, et alors? Ca justifie de maintenir l’interdiction de travailler? Surtout, ça révèle une tendance à voir la bouteille vide quand elle est quasi pleine. 90% des actifs ont un emploi. Quand 90% des roms auront un emploi…

    Dang écrit:

    Arrêtons avec les accusations d’homophobie et admettons qu’il y a plus important à faire à l’heure actuelle

    C’est un autre truc marrant. Non seulement parceque c’est précisément sur la base de ces questions sociétales « sans importance » que Koz, par exemple, a déterminé son vote. Surtout, parceque le gouvernement ne semble pas être extrêmement préoccupé par cette question de mariage gay, en pratique. Ceux qui perdent leur temps à propos de ces futilités sont surtout ceux qui s’opposent au changement. Des catholiques, par exemple.

    Alors, je suppose, Dang va au devant des catholiques le dimanche matin. Leur expliquant qu’il vaudrait mieux prier pour les cours de bourse que contre l’homoparentalité.

    Sur le fond, j’avoue que j’ai du mal à comprendre ce billet. Hollande était un candidat guère enthousiasment. Maintenant, il est un président guère enthousiasment. C’est entendu. En revanche, la similitude entre Sarkozy et Hollande m’échappe.

  • Ah, oui, un vrai motif d’insatisfaction: la « vision », le « cap ».

    J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer le peu d’intérêt que je portais à ces questions. Le « cap », ça me fait penser à De Gaule-je-vous-ai-compris ou à Mitterand avant le tournant. Donc je m’en fiche un peu…

  • @Jor

    les Roms sont de loin les premiers boucs-émissaires

    « Un bouc émissaire est un individu choisi par le groupe auquel il appartient, pour endosser, à titre individuel, une responsabilité, ou une faute, collective. » (wikipédia)

    Quand est-ce que le gouvernement actuel a désigné les roms comme coupables du jour? Il n’a pas plus désigné les banquier ou les patrons, remarquez. En fait le seul bouc émissaire officiel ces derniers mois, c’est Sarkozy. Ca c’est du changement!

    Pas le seul. Maintenant Koz est d’accord avec toute la presse française. Autre changement de taille.

  • Gatien a écrit ::

    Quand est-ce que le gouvernement actuel a désigné les roms comme coupables du jour? Il n’a pas plus désigné les banquier ou les patrons, remarquez. En fait le seul bouc émissaire officiel ces derniers mois, c’est Sarkozy. Ca c’est du changement!

    Ok, la douleur m’égare, et j’exagère lorsque je dis que les Roms seraient les boucs-émissaires de ce gouvernement (enfin, lorsque je reprends ce propos de Lib, qui fait rarement dans la nuance…). Le discours est certes différent de celui de Sarkozy, donc au moins dans la forme on ne peut pas dire que les Roms soient encore désignés comme les boucs-émissaires. Par contre dans les faits, Valls est aussi, hm, zélé que Guéant sur la question. D’après Mediapart, 2000 Roms ont été délogés cet été:

    « Selon le décompte de Philippe Goossens, membre du bureau de l’Association européenne pour la défense des droits de l’homme, chargé de la question des Roms en Europe, 2 362 personnes ont été délogées au cours des deux derniers mois, parmi lesquelles 954 en juillet et 1 408 en août. Ce nombre « très élevé » n’intègre pas les 500 Roms évacués de Stains mercredi 29 août. Il se compare, indique-t-il dans un rapport qu’il vient de finaliser (le lire dans son intégralité), « aux pires moments vécus lors de l’été 2011, période pendant laquelle la campagne du pouvoir (précédent) était particulièrement virulente ». Il est nettement supérieur à celui de l’été 2010, quand cette population avait été stigmatisée au plus haut niveau par les représentants de l’État. « Les évacuations forcées n’ont pas débuté soudainement avec le discours de Grenoble, elles se produisaient depuis longtemps, rappelle-t-il, mais leur nombre a marqué une nette augmentation ensuite. »

    […]

    « Sur le terrain, poursuit-il, rien n’a changé par rapport aux années précédentes. Les méthodes policières sont identiques, les CRS viennent en masse pour les expulser. Même quand il y a des femmes et des enfants, ils arrivent harnachés avec leur équipement et font peur à tout le monde. Parfois, ils font des tours plusieurs jours avant pour les inciter à partir d’eux-mêmes, ça peut prendre la forme de harcèlement. Après leur passage, vers 10 heures, les bulldozers débarquent et rasent tout, c’est pour cela que certains occupants préfèrent partir avant. Les associations ont beau crier, elles sont impuissantes. »

    À propos des propositions de relogement, il est particulièrement critique : « Il n’y en a pas plus qu’avant et quand il y en a, elles séparent en général les familles en étant destinées uniquement aux femmes accompagnées d’enfants en bas âge dans un hébergement d’urgence pour quelques jours. Pour cette raison, elles sont très souvent refusées par les personnes concernées. »

    Bref Valls fait du Guéant, qui faisait du Sarko, qui faisait du Le Pen… Comme vous l’avez dit, il y a des premiers pas (un peu) encourageants, comme l’ouverture aux Roms du marché du travail, mais je m’attendais à mieux de la part d’un gouvernement socialiste, et en premier lieu j’espérais la fin immédiate des démantèlements aveugles de camps sans propositions de relogement crédibles, et la fin du discours sécuritaire.

    Après, mes griefs envers Hollande sont certainement un peu différents de ceux de Koz (me gênent, notamment, le peu de cas qui semble être fait de certains engagements, comme le non-cumul ou le reçu de contrôle d’identité, ainsi que la caporalisation engagée du PS…), mais je ne peux pas nier l’emploi de la langue de bois, ou de fumigènes comme celui de la Marseillaise à l’école (qui plus est, c’est un fumigène de droite…). Certes ceux d’avant faisaient pareil et même pire, en quantité comme en « qualité », mais encore une fois je m’attendais à mieux de la part d’un gouvernement socialiste. Je ne peux pas ne pas reprocher à Hollande ce que je reprochais à Sarkozy.

    Maintenant oui, j’ai quand même l’espoir qu’à terme, l’orientation générale soit plus juste, et que les résultats, notamment économiques, soient meilleurs. Mais sur les quelques points que j’ai évoqués au moins, je m’attendais à beaucoup mieux, et pas seulement « moins pire »…

  • Je ne suis pas très étonné des titres de la presse mentionnés dans ce blogon. Je me demandais quand ça allait venir et sur quel ton et quelle forme. Au fils des semaines et des mois à venir, à gauche, le nombre de déçus de François Hollande va augmenter comme cela s’est passé pour Barak Obama aux Etats « Unis ». Les droites de notre pays vont donner elles aussi de plus en plus de la voix. Sur le fond et la forme vont-elles changer ou faut-il s’attendre à des attaques comme on en a connu du temps de Pierre Mendes France et Léon Blum? Autres questions dans l’air du temps: l’Europe peut-elle imploser comme l’ex-Urss? Se balkaniser à nouveau? Que faut-il penser du réveil à nouveau des nationalismes en Europe? La France peut-elle se « libaniser »? La démocratie occidentale et américaine ne portent-elles pas en elle la division, l’affrontement comme le ciel porte l’orage? Les Etats « Unis » sont-ils si unis que ça? Notre pays que les Rois ont eu tant de mal à unifier et pacifier résistera-t-il aux démons de la désunion et de l’affrontement intérieur? Suis-je en train de faire une crise de parano en me posant ces questions?

  • @ Koz :

    je ne fais pas dans l’anti-sarkozysme primaire, je pointe du doigt un fait : l’urgence n’est pas synonyme de débats et de prudence. Et force est de reconnaître que l’urgence a été beaucoup trop utilisé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Que François Hollande ne cède pas à cette tentation mortifère, et laisse le Parlement débattre ou les partenaires sociaux négocier, je ne peux que le saluer. Espérons qu’il saura résister aux couvertures de journaux, cela fera aussi une autre différence à mettre à son crédit. D’autant plus qu’il y aurait aussi beaucoup à dire sur la presse, qui vivant du Sarko-Bashing, essaie de faire pareil avec Hollande. Preuve d’indépendance? On peut en douter : c’est plus une preuve d’une absence d’idées, on « critique pour critiquer » (et pour vendre), on n’a aucun contre-projet.

    Ensuite, je suis très loin d’être d’accord avec les mesures prévues par François Hollande. Qu’il n’ait pas pris ces mesures immédiatement est pour moi un soulagement, et non un motif de critique. La baisse du prix de l’essence est, par exemple, une stupidité. Le problème du prix de l’essence est structurel : l’énergie va coûter de plus en plus cher. C’est une tendance lourde, maintenir artificiellement les prix bas (quoique, 6 centimes de baisse, franchement…) finira par provoquer une amère désillusion. Qu’il oublie de s’occuper des loyers ou qu’il enterre les emplois « avenirs », ce serait merveilleux.

    Mon sentiment, c’est surtout que quoiqu’ils fassent, ils seront critiqués. Qu’ils agissent dans l’urgence ou dans la continuité, on les accusera d’être des traîtres, des hommes de droite ou que sais-je. Qu’ils n’agissent pas ou trop lentement, on criera à l’immobilisme, à l’inaction. Qu’ils agissent différemment, on dénoncera la stupidité économique, le laxisme et que sais-je encore. En somme, ils ne seront jamais populaires. Cela n’est guère étonnant. Et n’a rien de réjouissant : la Gauche échouera, cela ne fait aucun doute. La Droite saura-t-elle changer? On peut en douter. Du coup, que va-t-il nous rester en 2017?

  • Si on regarde http://www.tns-sofres.com/popularites/, on voit rapidement que la cote de popularité de Hollande n’a rien de particulièrement exceptionnel, même s’il est dans la fourchette basse et part plutôt du niveau d’un président réélu comme Chirac en 2002. De toute façon ce genre d’indicateurs reflète davantage la conjoncture que la politique des gouvernants. Ces chiffres n’ont tout simplement aucun intérêt. Je m’exaspérais qu’on s’en préoccupe sous Sarko, je ne m’en exaspère pas moins aujourd’hui.

    Sur les Roms, rappelons quand même qu’il n’y a jamais eu de restriction les visant spécifiquement. Les restrictions visaient les citoyens bulgares et roumains. Et quand on me dit de l’air de celui qui sait que ça ne trompe personne et qu’en réalité ces restrictions visent les Roms sans le dire, je tombe des nues. En raison du bas niveau de vie de ces pays, on a craint (à tort ou à raison) une immigration économique massive. Et en matière d’emploi, je pense que la concurrence sur le bâtiment d’ouvriers roumains et bulgares pas roms pour un sou ait bien davantage été visée que celle des habitants de camps nomades. Par ailleurs je doute que les problèmes, extrêmement localisés, que semblent poser ces camps, soient solubles dans une politique de l’emploi.

    En revanche je comprends mal l’implication du ministère dans cette histoire. Est-elle réelle ou seulement communicationnelle? S’il y a des décisions de justice, il est normale qu’elles soient appliquées. Et le faire en été paraît relativement opportun, ça laisse le temps aux gens de se retourner avant l’hiver. Quant à l’idée que l’Etat devrait reloger des gens qui occupent illégalement un terrain, elle me dépasse complètement, et pourtant je suis plutôt social-démocrate. Que des associations s’occupent de ça, ça me paraît normal, qu’elles soient subventionnées ne me gêne pas, mais l’Etat? C’est quand même légèrement délirant.

    Je serais aussi preneur d’enquêtes sérieuses sur les habitants de ces camps, qui ne soient ni misérabilistes ni essentialistes. Au total on n’arrive pas à savoir si on parle de camps de réfugiés ou de camps itinérants, peuplés de gens qui de toute façon souhaitent conserver ce mode de vie. Et les spécialistes qu’on entend nous expliquent que la plupart des personnes qu’on appelle « Roms » ne sont pas nomades et ne vivent pas dans des caravanes, détail d’érudition dont on se fout éperdument et qui constitue une non-réponse.

  • @ Logopathe: Je ne sais pas si ça aide, mais cet article de libé démontait quelques clichés sur les roms (notamment sur le nomadisme, qui est en fait une conséquence directe de leur précarité et non un choix): Non les Roms ne sont pas nomades, et autres clichés.

    Sinon, le problème de démanteler un camp sans solution de relogement, c’est que ça ne sert à rien. Un autre camp semblable se reformera quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres plus loin. Sur le principe, ça fait beaucoup penser au fameux « mobilier urbain » anti-SDF, ou comment déplacer la misère en dehors des centre-ville, plutôt que de lutter contre. Alors peut-être que ce n’est pas à l’État de trouver un logement aux Roms, mais dans ce cas, que des solutions correctes soient proposées. Expulser pour expulser ne résout rien, sauf à harceler ces personnes et déplacer le problème. Et faire parler de soi dans les médias aussi, quand on est ministre de l’Intérieur.

  • cela a été exprimé plus haut, je rejoins aristote : pour l’instant, hollande et ayrault appliquent sans beaucoup d’imagination leur programme, d’ailleurs plutôt symbolique .

    la partie plus difficile, délicate, viendra plus tard, quand il faudra faire des choix et des sacrifices, convaincre, passer…

    j’espère qu’ alors un peu de croissance mettra un semblant d’huile dans les rouages je suis surpris qu’on puisse à la fois reprocher au gouvernement ses mesur(ett)es et la continuité. je suis aussi amusé de constater que l’opposition hésite entre le « il fait comme nous, à quoi cela servait-il de changer de majorité ? » et le « il prend des mesures qui nous font aller dans le mur… »

    et puis, ils oublient des points positifs qu’ils pourraient utiliser : http://bifaceb.unblog.fr/2012/07/15/80-de-bacheliers/ http://bifaceb.unblog.fr/2012/07/12/optimum-ignore/

  • Ne vous trompez pas d’angle : je ne reproche pas fondamentalement à Hollande de ne pas appliquer un programme que je n’approuve pas. Et je ne lui reproche pas davantage de ne pas avoir résolu la crise économique mondiale au début du mois de septembre. Comme je l’ai dit, je lui reproche son indécision et son impréparation. Quelles que soient les circonstances rocambolesques de son arrivée à l’Elysée, davantage dû à l’incontinence de Strauss-Kahn qu’à son propre talent, un président est censé arriver avec un programme, des idées, et des mesures à mettre en oeuvre. Rappelons qu’à la différence de Sarko, la crise ne lui est pas tombée sur le coin de la figure sans avoir eu le temps de s’y préparer. Nous y sommes depuis 4 ans. Il n’a pas besoin de passer six mois à observer avant d’agir. Et l’on peut légitimement attendre de tout président élu (qu’il vienne après Sarkozy ou non) qu’il ait dans sa besace un train de mesures à mettre en place. Ou alors, on se demande pourquoi il s’est présenté, s’il n’a pas d’idées spécifiques (oui, je sais, je suis taquin : on sait qu’il n’a pas d’idées spécifiques, mais bon, il n’est pas le seul).

    Pour mémoire, on peut ne pas partager ses options, on peut gloser sur le bouclier fiscal, mais quand Sarkozy est arrivé, il a mis en place la loi TEPA, soit 8 milliards pour l’emploi, souvenez-vous.

    En plus de cette indécision (parce que, bon, hein, fixer comme cap économique l’emploi et la croissance, c’est un peu se moquer de nous : qu’on me cite le nom d’un de ses prédécesseurs qui se serait fixé comme cap le chômage et la récession…), il se trouve que sur bien des aspects cités dans mon billet – et encore n’ai-je pas évoqué le fameux traité inique qu’il se faisait fort de renégocier, rougntoudjou, Angela va voir de quel bois il se chauffe… – il ne fait rien de bien différent de ce que les socialistes ont passé 5 ans à débiner.

    En ce qui concerne les Roms, on peut faire preuve de subtilité : il n’est pas nécessaire de les désigner publiquement et explicitement à la vindicte populaire pour les prendre effectivement comme bouc-émissaires. Ils sont utilisés comme un signal politique de fermeté. Alors oui, c’est de l’instrumentalisation. Ils sont les bouc-émissaires de l’impuissance politique. Ils l’étaient hier, ils le sont aujourd’hui (et les chiffres cités démontrent qu’ils le sont, numériquement, encore plus). Parce que quand un ministre de l’Intérieur veut montrer de l’action immédiate, c’est plus facile d’aller chercher les Roms. Que vous soyez dupes de la mesurette d’accompagnement trouvée dans la précipitation n’ets que de la complaisance partisane. Rassurez-vous, on comprend.

    En ce qui concerne la presse, faudrait voir à pas déconner : ce n’est pas moi qui suit d’accord avec toute la presse, c’est toute la presse qui est d’accord avec moi. Vu ? Le dossier de l’Express est paru après mon billet, de même que l’édito de Plenel, j’aimerais tout de même que ce soit nationalement reconnu.

    Il est bien probable que la presse s’irrite de ne pas avoir grand-chose à se mettre sous la dent. Mais de là à penser qu’elle a créé elle-même ce plantage de rentrée, il ne faut pas exagérer. Elle ne peut pas créer cette impression de toutes pièces. Et je doute que, de Valeurs Actuelles au Nouvel Obs, les journaux se coordonnent pour mettre la pression sur l’exécutif.

    Gatien a écrit ::

    Surtout, parceque le gouvernement ne semble pas être extrêmement préoccupé par cette question de mariage gay, en pratique. Ceux qui perdent leur temps à propos de ces futilités sont surtout ceux qui s’opposent au changement. Des catholiques, par exemple.

    Vous aurez mal lu mon billet. En pratique, quand le gouvernement veut donner un exemple concret de changement, il met en scène le mariage gay et l’adoption homo, comme cela apparaît très clairement dans le bidonnage de l’Université d’Eté.

    Quant à « s’opposer au changement », c’est une rhétorique à laquelle je suis assez indifférent. Que Hollande ait réussi à se faire élire sur un message aussi creux est une performance qu’il ne doit qu’au rejet de Sarkozy. Mais « le changement », c’est le degré zéro du message politique. ET l’on ne s’oppose pas au changement pour le changement, mais au changement négatif. Celui-ci l’est. Et c’est malheureusement sur ce point que l’exécutif est le plus énergique.

  • @ francis : accessoirement, je ne sais pas qui peut se féliciter du taux de 80% de réussite au Bac. En tout cas, pas quelqu’un qui a un proche qui participe aux commissions d’harmonisation. Je connais (très bien) un établissement qui est passé de 100% de réussite au bac à 85% de mentions Très Bien. Les élèves sont-ils subitement tous devenus géniaux ?

  • @jor: en fait, j’avais justement en tête cet article de Libé, qui m’a exaspéré. C’est un article qui vise à combattre les « idées reçues »: c’est là une posture qui devrait être absolument bannie de la littérature, qu’elle soit journalistique ou universitaire. Elle revient à prendre d’avance le lecteur pour un imbécile, à partir du principe que ce qu’il sait est faux; au lieu de partir de ce qu’il sait pour l’expliquer et lui donner sens.

    Le résultat de cet article, c’est qu’on ne comprend plus rien à la fin. Ca ne permet absolument pas de donner sens aux données de l’expérience qu’on peut avoir d’un camps de rom. On comprend juste que les roms, globalement, sont gentils et persécutés.

    En revanche, l’autre article que vous avez mis en lien est beaucoup plus instructif, et je vous remercie fort pour celui-là! On y apprend plein de choses, notamment qu’un tiers des roms français sont nomades, et un tiers semi-nomades, et que la notion qu’ils le sont par contrainte économique est à comprendre sur le long terme: c’est l’explication de la genèse d’un mode de vie; on n’est pas en présence d’un simple accident conjoncturel. On apprend en outre que 90% des roms, pris globalement en Europe, sont sédentaires. Ce qui laisse tout de même 10% de nomades, largement de quoi poser question dans une société où le territoire est entièrement quadrillé et approprié (ce qui est bien chiant par ailleurs).

    Bref, on y trouve des éléments pour comprendre le problème, sans chercher à juger. Pourquoi les quotidiens sont-ils incapables de relayer ce genre d’info? C’est inhérent au format?

  • « mais quand Sarkozy est arrivé, il a mis en place la loi TEPA … »

    et quand il est parti, il en a défait une bonne partie.

    c’est un point à mon sens très négatif: agir et contre-agir donne un fort mouvement apparent pour un faible changement, la réflexion et la concertation avant l’action me semblent plus efficaces…

  • Je n’ai pas été tendre avec Sarko et je ne suis pas devenu nostalgique non plus. Mais précisément, c’est un des points sur lesquels je ne le critiquerai pas. La loi TEPA a été adoptée à l’été 2007, dans un contexte économique donné. Sont passés par là la crise des subprimes à l’automne, la crise du système financier en 2008 et la crise de l’euro en 2011. Que ces mesures ne soient plus toutes adaptées au contexte me paraît être une évidence.

  • A mon avis, contrairement à ce que vous dites, DSK n’avait aucune chance d’être le candidat socialiste. Même sans le Sofitel de New York, il aurait explosé en vol quelques mois plus tard avec le Carlton de Lille ou d’autres affaires (il y avait l’embarras du choix). Et aussi bien Sarkozy que Hollande n’ont jamais cru que DSK puisse aller jusqu’au bout de sa candidature. Hollande n’est absolument pas là par hasard, il fait de la politique depuis toujours en pensant à la fonction suprême, il était potentiellement le dauphin de Jospin et aurait pu se présenter dès 2007 si sa compagne ne s’était adjugé le rôle. Il est préparé (au moins autant que Sarkozy quand il a pris ses fonctions) même s’il est indéniable que quand on n’a jamais fait le job, et bien, effectivement, on ne l’a jamais fait. Il est arrivé avec un programme, des idées et des mesures à mettre en oeuvre. Et c’est d’ailleurs ce qu’il fait, objectivement, au rythme prévu, même si beaucoup s’impatientent déjà du fait de la gravité de la situation.

    Car la crise en France, en Europe et dans le monde, elle est là, pour un certain temps, et tout le monde le sait. La marge de manoeuvre politique est très étroite et effectivement, les gouvernants, quels qu’ils soient, ont les mêmes priorités : enrayer la montée du chômage, réduire les déficits publics et la dette, réindustrialiser le pays, réguler les excès de la finance… D’où des politiques voisines, avant tout imposées par la situation et de toute façon mises en oeuvre par les mêmes profils de hauts fonctionnaires (que le pouvoir soit à droite ou à gauche).

    Quant au problème des Roms, il persiste et n’est pas simple à résoudre. On peut néanmoins constater que le discours sur le sujet a changé et c’est déjà, pour moi, une bonne chose, même si cela, évidemment, ne résout pas concrètement le problème.

    Pour ce qui est de la presse, on ne peut effectivement que constater son caractère moutonnier et superficiel habituel, indexé sur les sondages. On constatera également, mais ce n’est pas nouveau, que la presse de gauche sera toujours plus critique avec un pouvoir de gauche que la presse de droite ne le sera avec un pouvoir de droite. N’en déplaise à certains, il n’existe pas de Figaro de gauche.

    En conclusion, l’exécutif a la pression. Ce n’est pas une surprise… ni une mauvaise nouvelle si cet aiguillon pousse également les partenaires sociaux à se transcender et à s’accorder sur des compromis innovants. La négociation sociale prendra un certain temps mais elle pourrait déboucher sur des réformes plus importantes pour le travail et l’emploi que toutes les « ruptures » autoproclamées de Nicolas Sarkozy. Rendez-vous en 2013 ?

  • Ils sont utilisés comme un signal politique de fermeté. Alors oui, c’est de l’instrumentalisation. Ils sont les bouc-émissaires de l’impuissance politique.

    Possible que j’ai râté quelques épisodes, je n’ai pas été très attentif, mais il me semble que l’affaire des camps démantelés à commencer à sortir à propos d’une expulsion à Lille. C’était repris par l’opposition sur un air de « Haha, vous voyez, même Martine Aubry expulse les roms! ».

    Sur le coup, il m’a semblé que cette affaire avait été gérée de manière ordinaire, c’est à dire administrative, et que Aubry n’entendait pas se faire de la pub là dessus (elle aurait probablement même été soulagée que personne n’en parle).

    Ai-je râté une mise en scène médiatique à la Sarkozy, avec Vals montrant ses biceps et vidant un campement devant les caméras du 20h? Si c’est le cas je comprends qu’on parle de bouc émissaires, sinon je ne vois pas le rapport.

  • Je crains que vous n’ayez précisément raté le discours de Valls aux Universités d’Eté du PS.

    « Valls très applaudi à la Rochelle après un discours de fermeté »

    et même

    Valls ovationné après un discours de fermeté sur la sécurité

    Le ministre de l’Intérieur a fait une intervention très applaudie sur « l’ordre républicain », confirmant qu’il allait poursuivre les démantèlements de camps de Roms.

    Et puis, ne soyez pas naïf. Vous n’avez pas lu les chiffres cités plus haut ? Il y a eu plus d’expulsions cet été qu’en 2010, lorsque cela avait déclenché le plus de protestations. Après l’expulsion du campement de Lille, Valls n’a pas levé le pied. Loin de là.

    Jeff a écrit ::

    il était potentiellement le dauphin de Jospin et aurait pu se présenter dès 2007 si sa compagne ne s’était adjugé le rôle.

    Oh, c’est pas chic, ce que vous faîtes là, vous si ardent ségoléniste pendant la campagne de 2007. ET puis, rappelez-vous : elle ne se l’est pas adjugé, il y a eu des primaires.

    Ingrat.

  • Logopathe a écrit :

    Ce qui laisse tout de même 10% de nomades, largement de quoi poser question dans une société où le territoire est entièrement quadrillé et approprié (ce qui est bien chiant par ailleurs).

    Mais est-ce que ceux qui sont « évacués » lors du démantèlement d’un camp peuvent véritablement être considérés comme des nomades s’ils essayent juste de s’établir quelque part, et en sont empêchés manu militari ? À priori, l’idée du nomadisme forcé par la précarité plutôt que choisi semble coller assez bien, non ? Ça ne veut pas dire que la solution est forcément de donner des logements, mais le démantèlement de camp sans autre mesure ne résout rien.

    Bref, on y trouve des éléments pour comprendre le problème, sans chercher à juger. Pourquoi les quotidiens sont-ils incapables de relayer ce genre d’info? C’est inhérent au format?

    Peut-être une question de format oui, les quotidiens doivent penser qu’il faut faire court pour ne pas lasser le lecteur ? Ou peut-être sont-ils nuls ? ;-)

    @Gatien: apparemment le démantèlement du camp d’Évry a eu lieu, sur arrêté municipal, sans attendre la décision de justice, prévue pourtant pour le lendemain, pour la com': Evry : mise en scène oblige, l’expulsion des Roms a court-circuité la justice. Malheureusement on reste dans les méthodes Sarkozyennes, au moins sur cette question-là…

  • Merci Koz et Jor pour ces informations. Décidemment ce Vals m’est vraiment antipathique. Ce n’est pas nouveau mais ça se confirme.

  • jor a écrit ::

    Mais est-ce que ceux qui sont « évacués » lors du démantèlement d’un camp peuvent véritablement être considérés comme des nomades s’ils essayent juste de s’établir quelque part, et en sont empêchés manu militari ?

    Ben c’est ce qui n’est pas très clair. Enfin si on lit l’article que vous mettiez en lien, on voit surtout que la dissonance vient moins du nomadisme, réel ou supposé, que d’un rapport au territoire en contradiction avec celui qui prévaut dans nos sociétés. En fait l’espace est entièrement balisé en Europe, et il n’y a pas trop de place pour l’impro, et les modes de vie alternatifs. On ne peut pas se garer où on veut avec un camping car, par exemple, ce qui est à la fois compréhensible et un peu fou.

  • « Que ces mesures ne soient plus toutes adaptées au contexte me paraît être une évidence »…

    cela va au delà.

    parler pendant trois ans du bouclier fiscal, de ses avantages, de l’exemple allemand avant de s’apercevoir qu’il n’y en avait pas en Allemagne, qu’il posait probléme en France.

  • Enfumage, impréparation et amateurisme dans pratiquement tous les domaines et à tous les niveaux, à part Valls et Cahuzac qui doit avaler bien des couleuvres. Si l’information venant d’une étudiante à l’ENM est vraie (et je n’ai pas les moyens de la vérifier), même Taubira aurait simulé un malaise, ne sachant répondre à un feu roulant de questions. Dommage de la part d’une si éminente juriste.

  • Koz a écrit ::

    Pour mémoire, on peut ne pas partager ses options, on peut gloser sur le bouclier fiscal, mais quand Sarkozy est arrivé, il a mis en place la loi TEPA, soit 8 milliards pour l’emploi, souvenez-vous.

    Bon, on ne va pas refaire le débat pendant 5 ans de plus, hein… mais moi, je me souviens surtout que les chiffres de Lib, et notamment « 8 milliards pour l’emploi », avaient été pas mal démontés, en commentaires sous son billet.

    Pour en revenir au présent, il est incontestable que depuis son arrivée Hollande n’a rien fait d’aussi emblématique. De là à dire qu’il n’a rien fait ou a fait dans la continuité de Sarkozy, il y a une marge.

    jor a écrit ::

    le démantèlement de camp sans autre mesure ne résout rien.

    Si. Il résout le problème pour les riverains. Très provisoirement, et il ne fait en réalité que le déplacer, on est d’accord. Mais si vous faites partie des riverains en question, cela fait une différence pour vous, notamment si vous envisagez qu’à l’opposé, on laisserait le campement s’installer sur la durée. D’autre part, le démantèlement exprime le respect de la loi. Ce n’est pas rien; notamment, parce que ne pas démanteler signifie que la loi, on s’en fout – toujours un très mauvais message, qu’il vienne de la droite ou de la gauche.

    Cela dit, je partage votre répugnance pour l’usage médiatique qui a été fait de la chose, et votre inquiétude en ce qui concerne l’absence d’action durable sur ce sujet.

  • Logopathe a écrit ::

    Ben c’est ce qui n’est pas très clair. Enfin si on lit l’article que vous mettiez en lien, on voit surtout que la dissonance vient moins du nomadisme, réel ou supposé, que d’un rapport au territoire en contradiction avec celui qui prévaut dans nos sociétés. En fait l’espace est entièrement balisé en Europe, et il n’y a pas trop de place pour l’impro, et les modes de vie alternatifs. On ne peut pas se garer où on veut avec un camping car, par exemple, ce qui est à la fois compréhensible et un peu fou.

    Je ne sais pas trop, je suis loin d’être un expert sur le sujet, mais le problème ne vient-il pas aussi (désolé, j’y reviens) de l’extrême pauvreté dans laquelle ces populations se trouvent ? C’est naïf, mais imaginons qu’on leur propose d’acheter un terrain pour s’y établir durablement, plutôt que de l’occuper illégalement. S’ils avaient les moyens, et si le terrain pouvait leur être cédé à un prix à raisonnable, est-ce qu’ils accepteraient ?

    Gwynfrid a écrit ::

    Si. Il résout le problème pour les riverains. Très provisoirement, et il ne fait en réalité que le déplacer, on est d’accord. Mais si vous faites partie des riverains en question, cela fait une différence pour vous, notamment si vous envisagez qu’à l’opposé, on laisserait le campement s’installer sur la durée. D’autre part, le démantèlement exprime le respect de la loi. Ce n’est pas rien; notamment, parce que ne pas démanteler signifie que la loi, on s’en fout – toujours un très mauvais message, qu’il vienne de la droite ou de la gauche.

    Je ne nie pas que certains camps puissent causer réellement des nuisances aux riverains, et que le démantèlement puisse être inévitable dans certains cas, même si la « solution » n’est que temporaire. Par contre ça me pose plusieurs problèmes:

    • même si les terrains sont occupés illégalement, il n’y a pas forcément un besoin immédiat ou urgent de ces mêmes terrains. Dans l’exemple du démantèlement du camp d’Évry, c’était apparemment le cas. D’après l’avocate des Roms en question (Mediapart): « On a été spoliés du jugement. Nous avions une réelle chance de l’emporter, assure-t-elle. Lors d’occupations illégales, la justice ne donne pas systématiquement raison aux propriétaires. Elle peut mettre en avant divers motifs comme le droit au logement, l’absence d’urgence et l’absence de destination au terrain. On se trouvait dans ce cas de figure : les personnes n’avaient nulle part où aller, elles ne couraient pas de danger immédiat en restant là et aucun projet d’aménagement n’existe pour l’instant. »

    • j’ai du mal à croire que les nuisances puissent être le fait de l’intégralité des Roms d’un camp donné, lorsqu’il y a plusieurs dizaines de personnes. Je pencherais plutôt pour quelques individus isolés. Le démantèlement du camp apparait donc comme une sanction infligée à tous pour les abus de quelques-uns. Si quelques-uns volent ou brûlent des câbles, ou violent la loi d’une manière ou d’une autre, alors qu’on les sanctionne, mais qu’on ne punisse pas tout un groupe pour des mauvais comportements individuels.

    Gatien a écrit ::

    Merci Koz et Jor pour ces informations. Décidemment ce Vals m’est vraiment antipathique. Ce n’est pas nouveau mais ça se confirme.

    J’ai été un peu imprécis dans mon dernier commentaire, à la relecture de l’article de Mediapart, la décision de démanteler le camp d’Évry a apparemment été prise par le nouveau maire de la ville (le successeur de Valls donc), Francis Chouat. Apparemment Valls n’est pas cité, donc il n’est peut-être pas impliqué personnellement dans celle-ci.

    Ça ne me rend pas notre ministre de l’Intérieur plus sympathique pour autant, surtout quand il s’abrite hypocritement derrière l’insalubrité des camps pour en revendiquer les démantèlements: en l’absence de vraie solution, la situation sanitaire de ces personnes ne peut qu’empirer lorsqu’elles seront délogées et se trouveront à nouveau sans endroit où aller.

  • @ jor:

    Si on a démantelé sans attendre la décision du juge, c’est un scandale – sous réserve que cela soit vrai, et que la description de la situation par Mediapart soit juridiquement exacte. Je prends ces précautions de langage, car citer l’avocate d’une des parties, c’est bien, mais ça ne donne pas un éclairage complet, c’est le moins qu’on puisse dire. D’autre part je ne suis pas abonné à Mediapart et ne peux donc lire l’article pour me faire mon propre avis sur ce point.

    Par ailleurs, je n’accuse pas les Roms, ni individuellement ni collectivement, de causer des nuisances volontairement. Il peut y avoir nuisance du simple fait de l’existence du camp, même si tous les occupants se comportent correctement.

    Enfin, pour ce qui est du maire d’Évry: il sait ce qu’il fait, politiquement, et il a été premier adjoint de Manuel Valls pendant des années, avant de lui succéder. La probabilité qu’il ait agi sans l’aval de ce dernier est négligeable.

  • @ Gwynfrid: Je citais uniquement l’avocate pour faire plus court, et parce que je fais relativement confiance à Mediapart pour la vérification: si ce qu’elle prétend était bidon, ils l’auraient probablement mentionné. J’ai peur de ne pas être très au point juridiquement, le maire dit qu’il a le droit apparemment mais je ne sais pas si c’est véritablement dans ses attributions ou pas (« Pourquoi aurait-il fallu attendre la décision de justice ? Les arrêtés d’évacuation font partie des pouvoirs du maire. Je suis comptable auprès des habitants sur les questions de sécurité.»).

    Ceci dit je peux vous offrir l’article si vous voulez, mais il me faut votre mail pour ça (si vous voulez, vous pouvez me l’envoyer à [email protected]).

    Gwynfrid a écrit ::

    Il peut y avoir nuisance du simple fait de l’existence du camp, même si tous les occupants se comportent correctement.

    Eh bien, lors du démantèlement du camp de Hellemmes, on a beaucoup parlé de comportements véritablement abusifs, comme le fait de brûler des câbles de caoutchouc pour récupérer le cuivre (à cause des fumées toxiques, accusation portée par les riverains). Si c’est avéré, on peut, disons, admettre la nécessité du démantèlement pour le bien-être des riverains. En revanche, si tous les occupants se comportent correctement, peut-on vraiment attendre des nuisances bien plus importantes que des nuisances de voisinage classiques ?

  • Sur le thème, un peu accessoire à mon billet, mais lié, du tempo et du bon discours, je suis assez d’accord avec ce que cet élu socialiste anonyme énonce :

    «En juillet, les Français étaient prêts à entendre Hollande s’il avait promis du sang et des larmes. Au lieu de ça, ils ont eu: “Ce n’est plus Sarkozy, c’est moi!” Hollande et Ayrault se sont plantés. Ils ont été en décalage: ils étaient en phase avec les interrogations de l’opinion sur le style Sarkozy mais ils n’étaient pas en phase avec les vrais problèmes des Français.»

    Hollande s’est contenté de profiter, cet été, et de faire passer comme message qu’il était différent. Or, mis à part la forme, c’est loin d’être manifeste.

  • jor a écrit ::

    Finalement, il y a quand même une différence avec le quinquennat précédent: quand Sarko était au pouvoir, vous ne vous inquiétiez que du sort des banquiers, aujourd’hui vous parlez aussi de celui des Roms…

    Je parles des Roms parque que Sarko était traité de nazi il y a 2 ans par ceux qui font la même chose aujourd’hui. Pour le reste, cette concurrence victimaire qui est devenue l’alpha et l’omega de la pensée politique française me fait horreur. La loi doit juger les gens pour ce qu’ils font, pas ce qu’il sont. Elle doit être la même pour tous et s’appliquer à tous : riches, noirs, patrons, femmes, homos, musulmans, banquiers, artistes, syndicalistes, vieux, journalistes, étudiants, propriétaires… Quant aux banquiers, j’ai écrit il y a 4 ans ici-même un long billet où j’expliquais notamment qu’il était aberrant que l’Etat les protège de la faillite.

    Gatien a écrit ::

    Les roms ont le droit de travailler? Comment se fait-il que personne n’ai songé avant que l’inverse était aberrant? Je n’avais pas entendu d’une telle mesure de bon sens depuis des lustres.

    +1.

    Logopathe a écrit ::

    Sur les Roms, rappelons quand même qu’il n’y a jamais eu de restriction les visant spécifiquement. Les restrictions visaient les citoyens bulgares et roumains .(…) En raison du bas niveau de vie de ces pays, on a craint (à tort ou à raison) une immigration économique massive.

    Intéressant. Il me paraît tout de même absurde d’autoriser quelqu’un à séjourner en France mais lui interdire d’y travailler. Le gouvernement rabote ici une incohérence en autorisant les bulgares et roumains à travailler. Il aurait pu la raboter dans l’autre sens en leur interdisant de séjourner.

    Jeff a écrit ::

    On constatera également, mais ce n’est pas nouveau, que la presse de gauche sera toujours plus critique avec un pouvoir de gauche que la presse de droite ne le sera avec un pouvoir de droite. N’en déplaise à certains, il n’existe pas de Figaro de gauche.

    La presse de gauche reproche au pouvoir de gauche de n’être pas assez à gauche, j’ai lu des articles du Figaro qui reprochaient à Sarkozy d’être trop à droite. Et oui, la presse de droite se résume au Figaro. Mais vous avez raison, rien de ceci n’est nouveau.

    Koz a écrit ::

    Je crains que vous n’ayez précisément raté le discours de Valls aux Universités d’Eté du PS.

    Mouais, les articles que tu lies indiquent qu’il a fait un discours de fermeté sur la sécurité et qu’il a parlé des campements roms. Rien n’indique qu’il a particulièrement insisté sur ces derniers.

    jor a écrit ::

    Mais est-ce que ceux qui sont « évacués » lors du démantèlement d’un camp peuvent véritablement être considérés comme des nomades s’ils essayent juste de s’établir quelque part, et en sont empêchés manu militari ?

    Quiconque, Rom ou pas, qui tente de s’établir quelque part légalement n’en est pas empêché manu militari.

    Gwynfrid a écrit ::

    Bon, on ne va pas refaire le débat pendant 5 ans de plus, hein… mais moi, je me souviens surtout que les chiffres de Lib, et notamment « 8 milliards pour l’emploi », avaient été pas mal démontés, en commentaires sous son billet.

    Pas tant que ça. En tous cas, personne ne contestait que le « 8 milliards pour l’emploi » était plus proche de la réalité que le « 15 milliards pour les riches ». Ceci dit, j’ai constaté que tu étais plus exigeant avec moi qu’avec le PS. Je le prend comme un compliment :)

    Gwynfrid a écrit ::

    D’autre part, le démantèlement exprime le respect de la loi. Ce n’est pas rien; notamment, parce que ne pas démanteler signifie que la loi, on s’en fout – toujours un très mauvais message, qu’il vienne de la droite ou de la gauche.

    +1

  • Où sont les qualités de pédagogie dont les Socialistes se targuaient d’avoir, contrairement à Sarkozy ? Pourquoi Hollande n’a t il pas passé l’été à expliquer la situation, les objectifs, les méthodes de sa nouvelle gouvernance ? Pas 1 fois à la TV, mais toutes les semaines, dans chaque région et à chaque catégorie de la population. La situation du pays aurait bien justifié une telle insistance et constance. Simplement expliquer, pas promettre ou garantir.

    Personnellement, cette rééducation « de gauche » aurait été insupportable, mais elle m’aurait semblé indispensable pour préparer le pays.

    L’été est venu et Hollande a pris ses vacances.

  • Lib a écrit ::

    Le gouvernement rabote ici une incohérence en autorisant les bulgares et roumains à travailler. Il aurait pu la raboter dans l’autre sens en leur interdisant de séjourner.

    Ah, non, ça je crois bien qu’il ne peut pas. Il est bordé par les conditions d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE, sur lesquelles la signature de la France est engagée. De plus, si j’ai bien compris, à partir de 2014 la question ne se posera plus: roumains et bulgares auront la même liberté d’installation et de circulation que tous les autres citoyens de l’Union.

    Lib a écrit ::

    En tous cas, personne ne contestait que le « 8 milliards pour l’emploi » était plus proche de la réalité que le « 15 milliards pour les riches ». Ceci dit, j’ai constaté que tu étais plus exigeant avec moi qu’avec le PS. Je le prend comme un compliment :)

    Bien sûr que c’est un compliment. Mais c’est aussi la moindre des choses, vis-à-vis d’un billet qui cherchait à proposer un éclairage factuel et non pas de la simple propagande politicienne. Manque de bol, le « 8 milliards pour l’emploi » était, justement, aussi loin de la réalité que les chiffres du PS (à savoir, erreur du simple au double).

  • Lib a écrit ::

    cette concurrence victimaire qui est devenue l’alpha et l’omega de la pensée politique française me fait horreur

    En gros, votre définition de la concurrence victimaire, c’est quand quelqu’un prétend que les Roms sont plus à plaindre que les banquiers, ou seraient plus victime de la violence d’état que ceux-ci ?

    Lib a écrit ::

    Quiconque, Rom ou pas, qui tente de s’établir quelque part légalement n’en est pas empêché manu militari.

    Allez dire ça aux « Occupy la Défense » ou aux Roms du camp d’Évry, expulsés la veille du jugement, sans attendre de savoir même si la décision d’expulser était validée par la justice ou pas, ça les soulagera certainement.

    Maintenant il y a une légère hypocrisie à reprocher aux Roms de vouloir s’établir illégalement quelque part, quand on leur interdit également de s’installer légalement où que ce soit. Qu’est-ce qu’ils devraient faire d’après vous, rouler en permanence sur les belles routes de France ? Vous leur payez l’essence ?

    D’autre part, c’est bien beau d’appeler au respect de la loi, mais lorsque deux lois entrent en conflit, comme ça a l’air d’être le cas ici avec le droit au logement, vous semblez beaucoup plus pressé de faire respecter la loi répressive que l’autre.

  • Gwynfrid a écrit ::

    Ah, non, ça je crois bien qu’il ne peut pas. Il est bordé par les conditions d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE, sur lesquelles la signature de la France est engagée.

    Oui tu as raison. C’est à dire qu’il peut, s’il renie un engagement européen de la France. De même qu’il peut faire plus de 3% de déficit et plus de 60% de dette s’il renie un engagement européen de la France.

    Gwynfrid a écrit ::

    Manque de bol, le « 8 milliards pour l’emploi » était, justement, aussi loin de la réalité que les chiffres du PS (à savoir, erreur du simple au double).

    Du coup tu m’as fait relire le billet, dont la conclusion était (pardon pour l’autoquote) :« En résumé, le paquet fiscal c’est 1 milliard pour les riches (ou 2 si on prend les chiffres de l’OFCE), 2 milliards pour les classes moyennes et 4 milliards pour l’emploi et la croissance. On est très loin des 15 milliards pour les riches. » Donc, même si je me suis laissé aller à quelques facilités de langage, je conteste avoir tenté de faire passer un message aussi faux que celui du PS.

    jor a écrit ::

    En gros, votre définition de la concurrence victimaire, c’est quand quelqu’un prétend que les Roms sont plus à plaindre que les banquiers, ou seraient plus victime de la violence d’état que ceux-ci ?

    Notamment. Ca s’accompagne le plus souvent de grosses doses de pathos bien dégoulinant, de définitions extrêmement floues, de descriptions uniquement à charge ou uniquement à décharge et surtout d’un refus catégorique de parler de ce qu’ils font plutôt que de ce qu’ils sont. Les roms et les banquiers sont de très bons clients.

    jor a écrit ::

    Allez dire ça aux « Occupy la Défense » ou aux Roms du camp d’Évry, expulsés la veille du jugement, sans attendre de savoir même si la décision d’expulser était validée par la justice ou pas, ça les soulagera certainement.

    Dans « légalement », quel est le mot que vous ne comprenez pas? Occuper sans autorisation un lieu public ou privé n’est pas légal. Se focaliser comme vous le faites sur les procédures d’expulsion est une diversion. Je répète : « Quiconque, Rom ou pas, qui tente de s’installer légalement quelque part n’en est pas empêché manu militari ». A contrario, si on s’installe illégalement quelque part, on s’expose à des problèmes, même si on n’est pas Rom.

    jor a écrit ::

    quand on leur interdit également de s’installer légalement où que ce soit.

    On interdit à des gens, Roms ou pas, d’aller à l’hôtel ou de louer un appart ou un terrain?

    jor a écrit ::

    D’autre part, c’est bien beau d’appeler au respect de la loi, mais lorsque deux lois entrent en conflit, comme ça a l’air d’être le cas ici avec le droit au logement, vous semblez beaucoup plus pressé de faire respecter la loi répressive que l’autre.

    Je ne suis effectivement pas un grand fan des droits-créances. Certes, ils permettent de se donner bonne conscience en faisant payer les autres, mais ils se traduisent toujours par une restriction des droits naturels et induisent la sujétion des citoyens au souverain.

    Mais si on peut critiquer les lois, il ne faut pas les violer. Dans un état de droit, on ne se fait pas justice soi-même. Bref si des gens, qu’ils soient Roms ou pas, sont éligibles au droit au logement, ceux qui prétendent se soucier de leur sort feraient mieux de les aider à l’obtenir plutôt que les encourager à violer la loi.

  • Lib a écrit ::

    Occuper sans autorisation un lieu public ou privé n’est pas légal. Se focaliser comme vous le faites sur les procédures d’expulsion est une diversion.

    OK pour les Occupy. Par contre si vous prétendez appeler au respect de la loi de la part des Roms, c’est curieux que vous ne vous préoccupiez pas de ce même respect par l’État, que vous êtes d’habitude si prompt à critiquer, ou par ses représentants.

    Lib a écrit ::

    On interdit à des gens, Roms ou pas, d’aller à l’hôtel ou de louer un appart ou un terrain?

    Si vous tenez absolument à vous surpasser dans la mauvaise foi, je ne peux pas lutter. Et avec quel argent ces personnes sont-elles censées louer un terrain ou, encore mieux, payer des nuits d’hôtel, d’après vous ? Si vous avez vaguement suivi la discussion, vous avez peut-être lu quelque part que les Roms n’ont pas eu le droit de travailler en France depuis des années, alors vous proposez quoi, comme solution ?

    Par avance, vous aurez l’amabilité de noter que le problème n’est pas ce qu’ils sont, mais ce qu’ils possèdent. Si, comme seule solution, vous proposez à quelqu’un qui n’a quasiment rien et qui n’a aucun moyen légal d’obtenir de l’argent de louer un terrain ou de se loger à vie en hôtel, et que vous ne comprenez pas pourquoi ça ne marche pas, je ne peux rien pour vous.

    Lib a écrit ::

    Je ne suis effectivement pas un grand fan des droits-créances.

    Je n’avais pas compris qu’il était plus important de respecter les lois dont vous êtes fan que les autres. Et dire que personne n’a pensé à vous demander votre avis sur quelles lois doivent être appliquées ou pas, on aurait gagné un temps fou…

    Lib a écrit ::

    Mais si on peut critiquer les lois, il ne faut pas les violer. Dans un état de droit, on ne se fait pas justice soi-même. Bref si des gens, qu’ils soient Roms ou pas, sont éligibles au droit au logement, ceux qui prétendent se soucier de leur sort feraient mieux de les aider à l’obtenir plutôt que les encourager à violer la loi.

    Et pendant les 3 à 6 mois théoriques que peuvent durer les procédures (probablement plus dans la pratique), ils font quoi les non-logés ? Ils tournent autour d’un rond-point dans leurs caravanes ?

    Ceci dit je reconnais au moins un mérite à ce paragraphe, c’est de clarifier que vous ne prétendez pas même vous soucier de leur sort. Au moins une affirmation que je ne risque pas de mettre en doute.

  • Bonsoir,

    il y a peut-être une autre lecture à ces premiers mois. Pour un parti socialiste qui a encore un fort fond de culture démagogique, François Hollande a peut-être réussi à échapper à la « grosse bêtise » qui a jusqu’à présent marqué chaque gouvernement socialiste (Programme commun, 35 heures).

    Honnêtement, je n’attache aucune importance aux critiques de la presse française qui ne comprend souvent rien à l’économie, et pas grand chose à la politique (je trouve beaucoup de grands éditorialistes encore plus vains que nos politiques).

    Dans le même sens, même si certaines des premières mesurettes sont ridicules (emplois d’avenir), je vois la volonté de déniaiser la gauche sur la sécurité et la rigueur budgétaire. Il y a eu aussi un travail fait au niveau européen pour mettre moins l’accent sur la rigueur à court terme. Je ne sais pas si c’est la bonne politique pour sortir de la crise, mais c’est celle que recommandent les américains et les anglais.

    Regardez les classements de compétitivité: il existe deux exemples politiques sérieux: soit le libéralisme à la Hong-Kong, soit la sociale-démocratie nordique. Ni la gauche ni la droite française ne veulent essayer le vrai libéralisme, donc mon espoir, c’est qu’un jour, un homme politique français adopte au moins la sociale-démocratie bien faite. J’ai encore un espoir raisonnable que François Hollande y arrive.

  • Lib a écrit ::

    Du coup tu m’as fait relire le billet, dont la conclusion était (pardon pour l’autoquote) :« En résumé, le paquet fiscal c’est 1 milliard pour les riches (ou 2 si on prend les chiffres de l’OFCE), 2 milliards pour les classes moyennes et 4 milliards pour l’emploi et la croissance. On est très loin des 15 milliards pour les riches. » Donc, même si je me suis laissé aller à quelques facilités de langage, je conteste avoir tenté de faire passer un message aussi faux que celui du PS.

    C’est vrai, j’ai retrouvé cette conclusion aussi. Curieusement, j’ai pourtant retenu que ton message était « 8 milliards pour l’emploi ». Koz aussi, d’ailleurs. Et… toi aussi, si j’en juge par ton commentaire précédent. Je ne comprends pas bien pourquoi, et je ne t’accuse pas de l’avoir fait exprès ;-)

    jor a écrit ::

    D’autre part, c’est bien beau d’appeler au respect de la loi, mais lorsque deux lois entrent en conflit, comme ça a l’air d’être le cas ici avec le droit au logement, vous semblez beaucoup plus pressé de faire respecter la loi répressive que l’autre.

    C’est surtout qu’il n’existe aucune loi qui oblige l’État à trouver des logements pour les Roms. Un ancien gouvernement de droite a instauré une construction juridique compliquée, appelée « droit au logement opposable », et a peut-être pu vous faire croire ainsi qu’une telle obligation existait désormais. Si c’est le cas, je suis au regret de vous dire que vous vous êtes fait berner.

    D’autre part, en cas de conflit entre deux lois, ce n’est ni à Lib ni à vous de trancher: c’est le job du juge. L’État a alors le devoir de faire respecter la décision par la force publique. Faute de quoi, il n’y a plus d’État de droit, et alors la présente discussion perd son sens.

  • Gwynfrid a écrit ::

    C’est surtout qu’il n’existe aucune loi qui oblige l’État à trouver des logements pour les Roms. Un ancien gouvernement de droite a instauré une construction juridique compliquée, appelée « droit au logement opposable », et a peut-être pu vous faire croire ainsi qu’une telle obligation existait désormais. Si c’est le cas, je suis au regret de vous dire que vous vous êtes fait berner.

    Je n’ai jamais trop cru à l’efficacité du DAL non plus, j’ai même été surpris de lire qu’elle pourrait s’appliquer dans ce cas particulier. Mais si c’est effectivement le cas (l’hypothèse me semble crédible), alors même d’un strict point de vue légal, le fait d’être installés illégalement ne justifie pas nécessairement à lui seul un démantèlement.

    Bien sûr que l’idéal serait de pouvoir faire appliquer les lois de manière stricte, mais lorsque cela peut mettre en danger la vie ou la santé de personnes, par exemple, et s’il n’y a pas une réelle urgence pour récupérer le terrain, il peut sembler acceptable de faire un compromis en n’appliquant pas aveuglément la loi immédiatement, et de profiter de ce répit pour mettre en œuvre des solutions plus durables, quand bien même elles ne seraient pas parfaites. Il me semble par exemple qu’il y a suffisamment de terrains vagues inutilisés ici et là pour qu’on puisse en trouver un à « prêter » (ou à louer pour une bouchée de pain, une fois que les Roms pourront travailler, en admettant que ça améliore suffisamment leur situation financière) pour leur éviter d’avoir à s’installer illégalement quelque part. Bien sûr, ni l’État, ni les collectivités locales n’ont l’obligation légale de le faire.

    Gwynfrid a écrit ::

    D’autre part, en cas de conflit entre deux lois, ce n’est ni à Lib ni à vous de trancher: c’est le job du juge. L’État a alors le devoir de faire respecter la décision par la force publique. Faute de quoi, il n’y a plus d’État de droit, et alors la présente discussion perd son sens.

    Entièrement d’accord. Si la situation législative actuelle est telle qu’elle ne résout aucun problème, c’est le job du législateur de la changer. Le problème pratique c’est: que vont faire ces gens en attendant ? Très clairement, s’ils veulent respecter la loi, que doivent-ils faire ? Il ne s’agit pas d’encourager qui que ce soit à ne pas respecter la loi, mais simplement de constater l’impasse dans laquelle on se trouve: il n’est peut-être pas possible à ces gens de respecter la loi telle qu’elle est actuellement.

  • @Lib: À noter que d’autres, comme Seb Musset, se sont penchés sur le problème bien réel (et aux conséquences souvent sous-estimées pour cette minorité) de la stigmatisation, certes pas des banquiers, mais des chefs d’entreprises. Espérons que le gouvernement leur porte une oreille attentive.

  • Lib persiste à entretenir un savant mélange entre le racisme et la lutte de classe, stratégie classique de la droite la plus réactionnaire qui ne trompe plus que ceux qui veulent bien se laisser tromper. Car enfin, rom et patron, c’est pas le même genre de catégorie, quand même. Rom, c’est bien ce qu’on est (comme noir ou blanc ou femme), et patron c’est ce qu’on fait. Moi, j’ai choisi de ne pas être patron, et c’est possible. Un conflit entre salariés et patrons n’est pas de même nature qu’un conflit entre noirs et blancs. Il est des évidences qu’on est triste d’être obligé de rappeler.

  • @niamreg: c’est vous qui introduisez du racial là-dedans, Lib n’en met pas – si ce n’est pour évoquer la bouc-émissarisation des roms qu’il constate sans la faire sienne. Quand on parle des roms comme de gens qui n’auraient, à la différence d’autres communautés, pas d’autre choix que de s’installer illégalement sur des terrains qui ne leur appartiennent pas, on fait du racisme à l’envers, comme une certaine gauche sait si bien le faire.

    Vu les files d’attente pour les logements sociaux, si on se met à donner des logements à des gens qui choisissent délibérément d’enfreindre la loi, pour « résoudre le problème rom » (ce ne sont pas les termes du fasciste Lib mais ceux de la presse de gauche), ça risque d’être bien accueilli. si on veut monter les communautés les unes contre les autres on ne s’y prend pas autrement.

    Qu’est-ce qu’il y a de compliqué dans l’idée que la loi est la même pour tout le monde?

  • @ Logopathe:

    Il y a un certain nombre de malentendus, apparemment.

    Il ne s’agit pas de défendre les SDF Roms parce qu’ils sont Roms, mais parce qu’ils sont SDF. Et il ne s’agit pas non plus de les mettre en concurrence avec les SDF d’autres communautés, ni de les préférer aux pauvres d’autres communautés. J’ai dit plus haut tout le bien que je ne pensais pas du fameux « mobilier urbain » anti-SDF, par exemple, auquel pourtant tout le monde s’est habitué, mais dont le principe même me dégoûte à chaque fois que j’en vois. Je le répéterai si c’est nécessaire.

    Si on parle « des Roms » et non « des camps/bidonvilles de SDF » pour désigner ce problème, c’est d’abord parce que nous reprenons (par facilité, je vous le concède) le vocabulaire de ceux qui s’expriment le plus souvent sur le sujet et qui ont le plus d’accès médiatique pour en parler, au premier rang desquels, les ministres de l’Intérieur de tous bords (qu’ils soient, comme Nicolas Sarkozy, de droite, ou comme Manuel Valls, de droite). Ce sont eux qui considèrent qu’il s’agit d’un problème spécifique, en raison de l’appartenance de ces personnes à la « communauté Rom ».

    Logopathe a écrit ::

    Qu’est-ce qu’il y a de compliqué dans l’idée que la loi est la même pour tout le monde?

    Non, la loi n’est pas la même pour tout le monde.

    Mais pour le coup, ce n’est pas la faute « d’une certaine gauche ». Les « mesures transitoires » dont on parlait plus haut, qui sont actuellement appliquées par la France, et qui empêchent spécifiquement les ressortissants Roumains et Bulgares d’accéder au marché du travail, n’ont pas été votées et prolongées par « une certaine gauche », mais plutôt par « une certaine droite », celle qui vient d’être éjectée du pouvoir. Ces mesures absurdes et abjectes visent bien ces personnes en raison de leur origine. Elles sont le fait d’un racisme bien « à l’endroit » (mesures d’ailleurs qui ne semblaient pas préoccuper grand monde à droite jusqu’à ce que la gauche arrive aux manettes) et ceux qui dénoncent ce genre de philosophie ne font pas du « racisme à l’envers », mais simplement de l’anti-racisme.

    Logopathe a écrit ::

    Quand on parle des roms comme de gens qui n’auraient, à la différence d’autres communautés, pas d’autre choix que de s’installer illégalement sur des terrains qui ne leur appartiennent pas […]
    […] si on se met à donner des logements à des gens qui choisissent délibérément d’enfreindre la loi […]

    Jusqu’à preuve du contraire, se loger coûte de l’argent. Louer un appartement, une villa sur la côte d’Azur, ou se loger à vie en hôtel, comme le suggère si pertinemment Lib aux (SDF) Roms, coûte cher. Même louer un terrain pour s’y établir coûte de l’argent. Je suis peut-être ignorant, mais je ne connais pas de moyen légal en France de se loger gratuitement, et je pense que si ça existait, ce serait de notoriété publique.

    Donc, si on admet que se loger légalement coûte bien de l’argent, je repose la question: comment des personnes qui 1) n’ont quasiment rien, et 2) à qui on interdit de travailler, et donc d’avoir un revenu légal, peuvent-elles le faire ? Je peux me tromper, et si c’est le cas, n’hésitez pas à m’expliquer où, mais à priori, ça me semble impossible.

  • à jor : »si on admet que se loger légalement coûte bien de l’argent, je repose la question: comment des personnes qui 1) n’ont quasiment rien, et 2) à qui on interdit de travailler, et donc d’avoir un revenu légal, peuvent-elles le faire ? »

    c’est juste : globalement, quelqu’un à qui on interdit de travailler est en difficulté.

    cela étant, il y a plusieurs pays au sein de l’Europe qui permettent aux « Roms » de travailler.

    leur décision logique serait d’aller là où leur force de travail est attendue, y compris en Roumanie. toute autre action relève d’un pari, ou d’un déni.

  • jor a écrit ::

    Ces mesures absurdes et abjectes visent bien ces personnes en raison de leur origine.

    Ces mesures visent à retarder dans le temps et à atténuer la force de ce qui était perçu comme une vague de migrants bulgares et roumains vers le reste de l’Union, suite à l’adhésion de ces pays. Si vous excluez toute autre explication que le racisme et trouvez ces mesures absurdes, alors vous niez la possibilité pour la France de contrôler l’immigration si peu que ce soit. C’est votre droit, mais concevez que vous allez alors vous retrouver un peu isolé; aucun pays dans le monde n’ayant de politique migratoire susceptible de trouver grâce à vos yeux.

  • francis a écrit ::

    c’est juste : globalement, quelqu’un à qui on interdit de travailler est en difficulté.

    cela étant, il y a plusieurs pays au sein de l’Europe qui permettent aux « Roms » de travailler.

    leur décision logique serait d’aller là où leur force de travail est attendue, y compris en Roumanie. toute autre action relève d’un pari, ou d’un déni.

    Oui, on se demande bien pourquoi ils n’ont pas envie d’y retourner, en Roumanie. La situation de ceux qui s’y trouvent semble pourtant tellement idyllique…

    Gwynfrid a écrit ::

    Ces mesures visent à retarder dans le temps et à atténuer la force de ce qui était perçu comme une vague de migrants bulgares et roumains vers le reste de l’Union, suite à l’adhésion de ces pays. Si vous excluez toute autre explication que le racisme et trouvez ces mesures absurdes, alors vous niez la possibilité pour la France de contrôler l’immigration si peu que ce soit. C’est votre droit, mais concevez que vous allez alors vous retrouver un peu isolé; aucun pays dans le monde n’ayant de politique migratoire susceptible de trouver grâce à vos yeux.

    Eh bien, en gros ces mesures ont pour résultat principal de précariser encore plus la situation des Roms, puisqu’on leur interdit non seulement de pouvoir travailler, mais aussi par ricochet, de pouvoir s’installer quelque part légalement, puisqu’ils n’ont pas de moyens, et on les condamne quasiment à la mendicité ou au vol comme seul moyen de subsistance. Avec le bénéfice de pouvoir ensuite hypocritement afficher la fermeté face à la « délinquance roumaine », dont on est soi-même en bonne part responsable, puis d’envoyer flics et bulldozers démanteler un camp et ensevelir au passage le peu de possessions que ces gens avaient.

    J’ai la naïveté de considérer que tout ça est un petit peu, disons, disproportionné pour le seul prétexte de contrôler l’immigration (quand bien même ce but serait ainsi atteint). À moins de considérer que la dignité de ces personnes et leur santé ont infiniment moins de valeur que la notre.

    Donc peut-être le racisme n’est-il pas la seule explication, je ne sais pas, mais on ne peut certainement pas l’exclure.

  • J’ajouterais que, même dans le fil de commentaires de ce billet, la majorité des contributeurs semblent considérer qu’il serait acquis que ces personnes violent la loi délibérément et de manière répétée sans aucune raison apparente.

    Peu de monde semble s’être réellement posé la question de savoir pourquoi des hommes et des femmes tels que nous iraient, par exemple, s’installer par choix sur des terrains où ils n’ont pas le droit de s’installer, de manière répétée, même lorsqu’ils ont été délogés plusieurs fois d’autres terrains avant. Ça ne me viendrait pas à l’idée, et ça ne viendrait probablement à l’idée de personne d’autre ici. Pourtant, peu de monde semble s’être demandé, ne serait-ce qu’un instant, s’il ne pouvait pas y avoir la moindre raison à ces comportements.

    Il me semble que lorsqu’on essaye de considérer tous les êtres humains, disons, de manière neutre, on se pose ce genre de questions. Et je ne parle même pas du mépris ouvertement affiché par certains commentateurs. Donc oui je crois qu’il y a une petite part, peut-être pas de racisme, mais au moins de préjugés, dans cette histoire.

  • jor a écrit ::

    Peu de monde semble s’être réellement posé la question de savoir pourquoi des hommes et des femmes tels que nous iraient, par exemple, s’installer par choix sur des terrains où ils n’ont pas le droit de s’installer, de manière répétée, même lorsqu’ils ont été délogés plusieurs fois d’autres terrains avant. Ça ne me viendrait pas à l’idée, et ça ne viendrait probablement à l’idée de personne d’autre ici. Pourtant, peu de monde semble s’être demandé, ne serait-ce qu’un instant, s’il ne pouvait pas y avoir la moindre raison à ces comportements.

    Hum, n’exagérez pas trop, tout de même.

  • « pourquoi des hommes et des femmes tels que nous iraient, par exemple, s’installer par choix sur des terrains où ils n’ont pas le droit de s’installer, de manière répétée, même lorsqu’ils ont été délogés plusieurs fois d’autres terrains avant. Ça ne me viendrait pas à l’idée »

    parceque vous respectez les lois (education) ou du fait que vous n’etes pas nomade(institution) ?

  • francis a écrit ::

    parceque vous respectez les lois (education) ou du fait que vous n’etes pas nomade(institution) ?

    Merci d’illustrer mon exemple sur les préjugés: rien ne permet d’affirmer que l’éducation des Roms serait plus laxiste ou mettrait moins l’aspect sur le respect des règles qu’une autre. Même chose pour le nomadisme.

    Néanmoins, je vais préciser ma pensée: je ne parlais pas que du respect de la loi. Je faisais aussi simplement référence au masochisme que cela impliquerait de s’installer toujours à des endroits dont on sait pertinemment qu’on sera délogé de manière peu agréable et où une bonne part de vos maigres possessions seront ensevelies au bulldozer. Quelqu’un ayant un choix moins douloureux éviterait.

    Koz a écrit ::

    Hum, n’exagérez pas trop, tout de même.

    Désolé, je suis allé un peu vite en besogne. Je voulais dire que certains commentateurs ne se posaient pas ces questions, je n’aurais pas dû généraliser à la majorité.

    D’ailleurs je me rends compte que je monopolise un peu le fil de commentaires, en plus de l’avoir écarté de son sujet d’origine. J’espère que vous ne m’en voudrez pas, je vais essayer de me surveiller.

  • A quoi ressemblera la une des hebdos cette semaine ?

    « L’action, c’est maintenant ! » ? « Hollande accélère » ? « La fin de la présidence normale » ? « Hollande en voie de sarkozysation » ? « Le plus grand plan de rigueur depuis 30 ans » ? « Qui va payer ? » ?

    Chacun peut s’essayer à ce petit jeu…

  • @ jor:

    Vos propos amène à s’interroger sur les limites que l’on se donne individuellement et collectivement à la générosité.

    Individuellement chacun est libre de se fixer ses propres limites entre ne rien donner et tout donner. Si vous avez un terrain ou une maison vous pouvez l’équiper et accueillir qui vous voulez sous réserve du respect des lois.

    Collectivement c’est différent, cela requiert l’adhésion des contributeurs. En outre, quand la collectivité est endettée est-il moral de l’endetter encore plus pour augmenter ses efforts généreux ?

    Je n’ai pas la réponse.

  • En fait il faudrait voir si dans les pays où les Roumains et Bulgares peuvent travailler, le phénomène des occupations de terrains disparaît.

  • C’est « amusant », cette histoire de légalité des camps roms. Parce qu’ils mènent une existence plutôt plus légale que les immigrés sans-papiers, les Roms. Ceux là, ils sont déjà là clandestinement, alors… Ils se logent au black, travaillent au black, bref, ils vivent au black. Alors les Roms qui se contentent d’occuper illégalement un terrain dont personne ne veut, et ne travaillent pas parce qu’ils n’ont pas le droit, ils passeraient presque pour des légalistes un peu tatillons.

    Même si c’est horrible à dire, il me semble que les Roms habitent dans des camps et vivent de la mendicité non pas parce qu’ils y sont condamnés, mais parce qu’ils peuvent se le permettre. Entre autre, parce qu’ils ne sont pas astreints à cette obligation de discrétion qui pèse sur les clandestins. Et c’est vrai que tant qu’à faire de crécher illégal et insalubre, autant que ce ne soit pas à un tarif prohibitif, et qu’il ne faille pas sauter 4 étages pour évacuer en cas d’incendie.

    C’est au moins autant ça qui me fait frémir. Un peu comme quand je vois un bidonville et que je me dis qu’il est majoritairement habité par des gens qui ont choisi de vivre là, pour fuir leur campagne…

    Sinon, sur l’interdiction de travail des Roms, au début je trouvais cette règle absurde. Mais en y réfléchissant, elle n’est pas si contraire que ça à l’esprit de ce qu’est l’espace de libre-circulation européenne. Derrière la fondation de cet espace, il y a en creux la notion qu’il n’existe pas de déséquilibres qui entraineront des flux majeurs d’immigration d’un des pays de l’union vers l’autre. Et donc que la liberté de circulation n’est une « liberté d’installation » que de manière complètement marginale. Aucun espace de libre-circulation ne pourrait reposer sur un déséquilibre durable et important des flux. La liberté de quitter son pays et de s’installer dans un autre reste toujours aussi régulé, du moins dès que les flux atteignent une certaine importance, bref: c’est juste une politique migratoire.

    Non, la naïveté, ça a été de penser que l’on pouvait intégrer la Roumanie et la Bulgarie en faisant fi des déséquilibres encore bien réels, et/ou que cette mesure d’interdiction de travailler suffirait à empêcher la création d’un flux migratoire. Cela dit, ces mesures ont peut être suffit en ce qui concerne les Roumains non-roms, qui auraient peut être été tenté aussi par l’immigration en masse.

  • Faut aussi relativiser à la fois les prétendues « restrictions » et leur levée: http://vosdroits.service-public.fr/F13526.xhtml

    En gros, si vous êtes diplômé, pas de restrictions, et si vous ne l’êtes pas, vous pouvez faire quasiment tous les métiers non-diplômés. La seule restriction qui existait, si j’ai bien compris, c’était une taxe à payer par l’employeur lors de la première embauche, au maximum un demi-mois de salaire brut pour un contrat de plus d’un an, nettement moins pour un CDD de moins d’un an, et rien en-dessous de 3 mois. C’est la taxe qu’ils sont déjà censés payer pour tous les étrangers extra-communautaires lors de leur première embauche. La taxe a été supprimée pour les roumains et les bulgares, et on promet d’étendre encore la liste des « 150 métiers en tension » qui leur sont ouverts.

    Je doute fort qu’une telle « réforme » modifie en profondeur la situation des campements de roms, dont il me paraît pour le moins expéditif de lier l’existence aux restrictions sur le marché de l’emploi. On est plus dans la stratégie de com que dans l’analyse.

  • Gwynfrid a écrit ::

    D’autre part, en cas de conflit entre deux lois, ce n’est ni à Lib ni à vous de trancher: c’est le job du juge.

    Bien sûr, mon commentaire sur les lois-créances ne visait qu’à expliquer mon opinion, rien de plus. Ceci dit : (i) en cas de conflit entre deux lois, ce n’est pas non plus au justiciable de se faire justice; (ii) même si le droit au logement opposable s’appliquait aux Roms, il ne serait PAS en conflit avec l’interdiction d’occuper un terrain sans autorisation. Ces lois ne disent pas des choses opposées; (iii) tout indique que le droit au logement opposable ne s’applique pas en l’occurrence.

    Bref, l’invocation du droit au logement est une nouvelle diversion de jor visant à créer suffisamment de confusion pour justifier des violations de la loi.

    jor a écrit ::

    Ceci dit je reconnais au moins un mérite à ce paragraphe, c’est de clarifier que vous ne prétendez pas même vous soucier de leur sort. Au moins une affirmation que je ne risque pas de mettre en doute.

    Non, je ne prétends pas me soucier particulièrement du sort des Roms. Je n’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit de concret pour les aider en tant que catégorie et toute autre posture morale ne serait que du pharisaïsme.

    jor a écrit ::

    Ces mesures absurdes et abjectes visent bien ces personnes en raison de leur origine. Elles sont le fait d’un racisme bien « à l’endroit »

    Ces mesures discriminent en fonction de la nationalité et non de l’ethnie. Il ne s’agit donc pas de racisme. Faites gaffe, vous allez vous faire engueuler par niamreg qui semble maintenir une stricte hiérarchie des haines catégorielles, selon qu’elles soient souhaitables ou non.

    jor a écrit ::

    comment des personnes qui 1) n’ont quasiment rien, et 2) à qui on interdit de travailler, et donc d’avoir un revenu légal, peuvent-elles le faire ?

    Bonne question. Apparemment la loi n’interdisait pas de travailler mais d’être employé. J’imagine que niamreg voit ça comme une discrimination positive à l’égard des Roumains et des Bulgares puisqu’elle les protégeait de la malfaisance des patrons. Mais cela veut dire que l’artisanat est autorisé. Bien sûr, ça peut se révéler insuffisant pour vivre bien. Alors, si on souhaite respecter les lois, la seule solution me semble être de ne pas venir dans un pays qui interdit de travailler. Si on préfère violer les lois, on peut choisir celles qu’on viole : on peut travailler sans permis ou préférer s’approprier les biens d’autrui.

    Ce qui m’échappe cependant, c’est que ces mesures viennent d’être abrogées (ce que j’approuve, j’ai dit plus haut que je les trouvais absurdes) et que loin de féliciter le ministre de l’intérieur qui en est à l’origine, vous le vouez aux gémonies. Vous ne croyez pas que la disparition de la discrimination dont ils sont victimes va régler le problème? Et si le problème ne disparaît pas, continuerez-vous à demander des mesures spécifiques pour les Roms en raison de leur ethnie?

    jor a écrit ::

    Donc oui je crois qu’il y a une petite part, peut-être pas de racisme, mais au moins de préjugés, dans cette histoire.

    Non, j’ai relu les commentaires, vous êtes le seul à insister sur l’aspect ethnique. Ceci dit, vous posez de bonnes questions. Pourquoi les Roms optent-ils pour un mode de vie aussi instable? Je crains cependant que l’invocation du racisme, la réponse qui convient à toutes les questions, n’empêche de trouver des réponses plus spécifiques. Ou d’élargir les questions : tous les Roms adoptent-ils ce mode de vie? D’autres gens que des Roms l’adoptent-ils?

    niamreg a écrit ::

    Rom, c’est bien ce qu’on est (comme noir ou blanc ou femme), et patron c’est ce qu’on fait. Moi, j’ai choisi de ne pas être patron, et c’est possible.

    Non, patron c’est ce qu’on est. On peut choisir de changer, renoncer à être patron, mais alors on sera autre chose. De même quand Isabelle la Catholique a expulsé les juifs espagnols qui refusaient de se convertir, ils pouvaient choisir de ne pas être juifs, c’était possible. Beaucoup l’ont fait.

    Le fait de pouvoir changer de catégorie n’est donc pas pertinent. Vous jugez en fonction de ce que sont les gens, indépendamment de leurs actions. Patron, c’est un nom, pas un verbe. Vous associez, consciemment ou non, des actions mauvaises à cette catégorie et considérez tout représentant de cette catégorie comme responsable de ces actions, indépendamment du fait qu’il les ait effectivement commises ou non. C’est exactement la même attitude que ceux qui associent catégorie et comportements dans d’autres domaines. Tous les patrons sont XXX, tous les juifs sont YYY, tous les noirs sont ZZZ…

    Ces schémas de catégorisation sont derrière tous les grands drames de l’humanité. Comme tous les autres, celui que vous avez choisi postule, entretient, encourage, appelle de ses voeux le conflit entre des catégories qu’on caricature pour les rendre les plus dissemblables possibles. Au passage, et c’est en cela qu’ils sont dangereux, ils fournissent à leurs adeptes des justifications morales à la haine de l’Autre au moyen de deux leviers complémentaires : une forme ou une autre de légitime défense catégorielle et la disparition de l’humanité de l’Autre derrière la catégorie.

    Votre insistance à justifier moralement vos préjugés est révélatrice, vous avez besoin de vous convaincre que c’est bien de détester les patrons.

  • Merci Logopathe pour les précisions. Ca donne raison à Koz pour le coups. On est dans le cosmétique pur, et l’essentiel reste la continuité dans la pratique du démantèlement des camps illégaux.

  • Hervé a écrit ::

    Vos propos amène à s’interroger sur les limites que l’on se donne individuellement et collectivement à la générosité.

    Individuellement chacun est libre de se fixer ses propres limites entre ne rien donner et tout donner. Si vous avez un terrain ou une maison vous pouvez l’équiper et accueillir qui vous voulez sous réserve du respect des lois.

    Collectivement c’est différent, cela requiert l’adhésion des contributeurs. En outre, quand la collectivité est endettée est-il moral de l’endetter encore plus pour augmenter ses efforts généreux ?

    D’une part, ça dépend ce qu’on entend par générosité. Je m’écarte du sujet des Roms, mais si on parle de la redistribution des richesses par exemple, et qu’on considère que c’est de la générosité, il faudrait alors demander leur avis à ceux qui possèdent la majorité des richesses, pour savoir s’ils acceptent ou non d’aider les moins aisés qu’eux. Fatalement, leur avis serait « non », on supprimerait alors tout impôt, et on ne redistribuerait plus les richesses.

    D’autre part, il n’est pas du tout acquis que la politique qui est menée à l’égard des Roms actuellement, par exemple, soit véritablement « rentable » pour la collectivité. La Commission Européenne estime ainsi que l’accès au travail de ces personnes impliquerait « un effet positif sur le PIB [des États dans lesquels ils se trouvent] à long terme ».

    Lib a écrit ::

    l’invocation du droit au logement est une nouvelle diversion de jor visant à créer suffisamment de confusion pour justifier des violations de la loi.

    Pas tout à fait. Vous dites en gros « il est normal qu’on démantèle leur campements, z’avaient qu’à pas s’installer illégalement ». Autrement dit, pour vous, le simple fait de s’être installés illégalement justifie qu’on jette ces gens à la rue, avec usage de la violence si nécessaire, et qu’on ensevelisse leurs possessions au bulldozer.

    Je dis que le fait de s’être installés illégalement ne justifie pas nécessairement, aux yeux de la loi, le démantèlement. Si une loi comme le droit au logement peut s’y opposer, ce qui n’est pas tout à fait impensable, ces démantèlements peuvent donc être illégaux. Il semble d’ailleurs que le Comité Européen des Droits Sociaux soit d’un avis assez proche, puisqu’ils qualifient les expulsions de 2010 de « violation aggravée des droits de l’homme » et de « violation du droit au logement et des garanties relatives à l’expulsion inscrites dans la Charte sociale européenne ». Ces expulsions étaient même « discriminatoires » et « contraires à la dignité humaine », on dirait. Cela concerne celles de 2010, mais il me semble que, la méthode ayant peu changé depuis, cela pourrait s’appliquer aujourd’hui également.

    Lib a écrit ::

    Ce qui m’échappe cependant, c’est que ces mesures viennent d’être abrogées (ce que j’approuve, j’ai dit plus haut que je les trouvais absurdes) et que loin de féliciter le ministre de l’intérieur qui en est à l’origine, vous le vouez aux gémonies. Vous ne croyez pas que la disparition de la discrimination dont ils sont victimes va régler le problème?

    Ce n’est évidemment pas la seule discrimination dont ils sont victimes, ni la seule difficulté qu’ils rencontrent. Même sans restrictions supplémentaires par rapport au marché de l’emploi, l’extrême pauvreté de ces personnes risque de perdurer, pour la majorité d’entre elles, et donc leur situation de non ou mal logées. D’autre part l’abrogation de ces mesures est principalement de la poudre aux yeux, vu que celles-ci se seraient terminées de toute façon automatiquement en 2013. Cette mesurette n’est rien comparé à la violence de la politique qui a été menée, et qui continue d’être menée contre eux.

    Lib a écrit ::

    Et si le problème ne disparaît pas, continuerez-vous à demander des mesures spécifiques pour les Roms en raison de leur ethnie?

    De deux choses l’une. Soit je m’exprime vraiment très mal, soit vous, hm, lisez trop vite. Il ne s’agit aucunement de demander des mesures spécifiques en raison de leur ethnie. Je vous invite à relire les deux premiers paragraphes de ce commentaire. SI ce n’est pas très clair, n’hésitez pas à me demander, je vous y réinviterai avec plaisir.

    Lib a écrit ::

    Je n’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit de concret pour les aider en tant que catégorie et toute autre posture morale ne serait que du pharisaïsme.

    Ça tombe bien, ce n’est pas ce qu’on vous demande.

  • @ Lib:

    Vous avez raison : être patron, c’est ce que l’on est. Tout comme être noir, cela renvoie aussi à l’être. Toutefois, cet état n’est pas tout à fait le même. Il y a des états choisis et des états subis.

    On a le choix d’être patron ou de ne pas l’être. On a également le choix quant aux convictions politiques ou quant à la religion. On n’a pas le choix quant au fait d’être un homme, un noir ou de telle ou telle origine.

    L’état choisi est un état pouvant être discuté, il peut être l’objet de la liberté d’expression. On peut donc poser la question de l’organisation de la société, des questions liées à la politique, à la religion. L’état subi n’est pas un état pouvant donner lieu à débat. On ne peut se demander s’il est bien ou mal d’être noir, d’être un homme ou une femme.

    En somme, on peut distinguer le fait d’être patron du fait d’être de telle ou telle ethnie. Toutefois, je vous rejoins quand vous exposez les mécanismes de la haine (qu’elle soit raciale ou catégorielle).

  • Flashy a écrit ::

    En somme, on peut distinguer le fait d’être patron du fait d’être de telle ou telle ethnie

    Oui et non. On peut distinguer le fait d’être patron et le fait d’être de telle ou telle couleur de peau. La notion d’ethnie est plus ambiguë: on ne choisit pas ses parents, mais on choisit l’identité collective à laquelle on souhaite se rattacher. Ce n’est pas parce que vos parents se disent « rom » que vous êtes obligé de vous percevoir vous-même de la même façon. Vous pouvez aussi les envoyer balader. On nous rappelle régulièrement que la nation française est une construction. Il serait pas mal de se rappeler que l’identité Rom en est une autre.

  • jor a écrit ::

    D’une part, ça dépend ce qu’on entend par générosité.

    Si ce n’est pas volontaire, ce n’est pas de la générosité.

    jor a écrit ::

    Fatalement, leur avis serait « non »

    Quel manque de foi dans l’homme ! Il y a des gens, non sans quelques arguments, qui pensent que la peur n’est pas une base acceptable pour fonder une société démocratique.

    Par ailleurs, il y a une énorme contradiction à stipuler que les hommes sont égoïstes et espérer régler le problème en donnant à un groupe d’hommes (aka l’Etat) des pouvoirs exorbitants sur les autres.

    jor a écrit ::

    Vous dites en gros « il est normal qu’on démantèle leur campements, z’avaient qu’à pas s’installer illégalement »

    Pas tout à fait. Je dis que s’installer sans autorisation sur un terrain est illégal, cela paraît fermement établi ; et quiconque, Rom ou pas, choisit de le faire quand même s’expose à divers problèmes. Votre argumentaire ignore totalement cet élément, pourtant central. Il se résume me semble-t-il à considérer que, ces gens étant des victimes, la loi ne doit pas s’appliquer à eux.

    C’est ce raisonnement que je déplore. Maintenant, si ces gens ont subi des violences policières ou des actes de discrimination de la part de l’Etat, c’est bien entendu condamnable (et ce sera je l’espère condamné). La faute de l’un n’exonère pas celle de l’autre dans un état de droit.

    jor a écrit ::

    Il semble d’ailleurs que le Comité Européen des Droits Sociaux soit d’un avis assez proche, puisqu’ils qualifient les expulsions de 2010 de « violation aggravée des droits de l’homme » et de « violation du droit au logement et des garanties relatives à l’expulsion inscrites dans la Charte sociale européenne ».

    Oh mon Dieu. Il existe un Comité Européen des Droits Sociaux, financé par nos impôts. Quand je pense que Gwynfrid refusait de me croire quand je disais que l’UE est un avatar socialiste.

    jor a écrit ::

    Il ne s’agit aucunement de demander des mesures spécifiques en raison de leur ethnie. Je vous invite à relire les deux premiers paragraphes de ce commentaire. SI ce n’est pas très clair, n’hésitez pas à me demander, je vous y réinviterai avec plaisir.

    J’ai lu ces paragraphes où vous affirmez que la responsabilité de la focalisation sur l’ethnie incombe aux autorités. Vous l’affirmez mais ne le démontrez pas. Notamment, je n’ai lu nulle part sous votre plume ou ailleurs que des gens qui occupent des terrains sans autorisation n’étaient pas inquiétés s’ils n’étaient pas Rom (vous avez vous-même mentionné au contraire les Occupy La Défense qui ont été virés comme tout le monde, bien que non-Roms). De même, personne ne semble prétendre que les Roms sont inquiétés par les autorités même quand ils ne violent pas la loi.

    Vous ne cherchez absolument pas à établir que les Roms sont poursuivis pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font. Cela affaiblit sensiblement votre « c’est pas moi qui ai commencé ».

    Flashy a écrit ::

    L’état choisi est un état pouvant être discuté, il peut être l’objet de la liberté d’expression. On peut donc poser la question de l’organisation de la société, des questions liées à la politique, à la religion. L’état subi n’est pas un état pouvant donner lieu à débat. On ne peut se demander s’il est bien ou mal d’être noir, d’être un homme ou une femme.

    Je ne pense pas être d’accord avec ça.

    Bien sûr il y a une différence nette entre l’état choisi et l’état subi. Mais les droits de l’homme ne distinguent pas les deux, nul ne peut être inquiété en raison de ce qu’il est. Que ce soit subi (genre, couleur de peau…) ou choisi (religion, opinion…)

    Cette distinction entre état choisi et état subi est un artifice rhétorique qu’utilise niamreg ou d’autres pour justifier des discriminations. Il serait moral de discriminer contre les états choisis, pas les états subis. Mais quand on observe notre société on s’aperçoit que sa tolérance à la discrimination ne dépend pas de cette distinction mais beaucoup plus d’une hiérarchie victimaire informelle mais bien réelle.

    Le genre est un état autant subi que la couleur de peau, mais notre société est infiniment plus sensible aux discriminations contre les noirs que contre les hommes. Ainsi on glosera sur la surreprésentation des minorités ethniques dans les prisons en passant sur le fait que 95% des prisonniers sont des hommes. SOS Racisme fait des testing pour identifier quelques boîtes de nuit qui refusent les arabes mais il ne vient à l’idée de personne de comptabiliser les boîtes qui laissent entrer plus facilement les filles que les garçons.

    Une des plus belles illustrations est l’affaire « femme de rue », dont on a parlé cet été. C’est un documentaire d’une jeune belge qui a filmé en caméra cachée les comportements des hommes d’un quartier populaire sur le passage d’une jolie femme. Ca va de la drague lourdingue à la main au cul ou à l’insulte. Problème : quartier populaire veut surtout dire ici à forte composante immigrée. Du coup, la pauvre Sofie Peeters était emmerdée : C’était l’une de mes grandes craintes, comment traiter de cette thématique sans tourner un film raciste ? Solution évidente : c’est du machisme ordinaire. Exprimer que ces hommes se comportent mal parce qu’ils sont des hommes est totalement acceptable et accepté. Laisser persister l’ombre d’un lien avec leur origine arabo-musulmane, c’est du racisme intolérable.

    On est donc à mille lieues d’une hypothétique distinction entre état choisi et état subi. Tout repose sur le score victimaire qui est élevé pour les immigrés (victimes de racisme, pauvres…) et faible ou négatif pour les hommes (dominants, privilégiés…)

    Notre société, sous la pression inexorable du pathos victimaire, a abandonné le principe fondamental de non-discrimination. Les gens ne sont plus traités en fonction de leurs actes, mais de leur appartenance à telle ou telle catégorie et du potentiel lacrymal de ces catégories.

  • Lib a écrit ::

    Jor a écrit: Fatalement, leur avis serait « non »

    Quel manque de foi dans l’homme ! Il y a des gens, non sans quelques arguments, qui pensent que la peur n’est pas une base acceptable pour fonder une société démocratique.

    C’est une belle idée, je ne connaissais pas. Cependant j’ai un peu de mal à comprendre ce qui empêche, même aujourd’hui, ceux qui payent l’impôt de rendre public le montant de leur impôt, et d’afficher leur fierté de participer ainsi à l’effort commun. On dirait plutôt que la tendance est au sauve-qui-peut général devant la perspective de payer quelques centimes d’impôts supplémentaires, y compris pour des gens qui possèdent des milliards d’euros. Ce n’est pas avoir peur, mais simplement constater que, chez ceux qui en auraient les moyens, la mode n’est pas du tout à la générosité.

    Lib a écrit ::

    Par ailleurs, il y a une énorme contradiction à stipuler que les hommes sont égoïstes et espérer régler le problème en donnant à un groupe d’hommes (aka l’Etat) des pouvoirs exorbitants sur les autres.

    Les hommes ne sont pas tous égoïstes (d’ailleurs, aucun individu n’est jamais à 100% égoïste ni généreux). Mais les représentants de l’État ont ceci de particulier qu’ils doivent rendre des comptes devant les citoyens. Bien sûr dans notre République, les pouvoirs sont extrêmement déséquilibrés, il faudrait plus de contre-pouvoirs, entre autres. Mais cette obligation de rendre compte devant les citoyens est censée assurer, en théorie, que nos représentants ne vont pas abuser des moyens qui leurs sont confiés pour un temps (et non donnés).

    Lib a écrit ::

    Pas tout à fait. Je dis que s’installer sans autorisation sur un terrain est illégal, cela paraît fermement établi ; et quiconque, Rom ou pas, choisit de le faire quand même s’expose à divers problèmes. Votre argumentaire ignore totalement cet élément, pourtant central. Il se résume me semble-t-il à considérer que, ces gens étant des victimes, la loi ne doit pas s’appliquer à eux.

    Ce qui m’embête dans cette explication, c’est l’idée du choix. C’est comme si on disait que les SDF choisissent d’être à la rue, c’est absurde. On ne peut pas dire que les Roms choisissent réellement de s’installer sur ces terrains, car pour qu’il y ait choix, il faut qu’il y ait plusieurs alternatives, disons, acceptables. Ces personnes n’ayant pas suffisamment de ressources pour se loger quelque part légalement, où est donc leur choix ? On ne peut pas tout à fait considérer que rester en Roumanie ou en Bulgarie serait une alternative acceptable non plus, vu les discriminations qu’ils subissent là-bas, donc il me semble que leur « choix » n’en est pas vraiment un.

    Lib a écrit ::

    Oh mon Dieu. Il existe un Comité Européen des Droits Sociaux, financé par nos impôts. Quand je pense que Gwynfrid refusait de me croire quand je disais que l’UE est un avatar socialiste.

    Je me doutais que vous réagiriez plus ou moins comme ça. Il n’empêche, ces gens-là, qui sont probablement meilleurs juristes que vous ou moi, et habilités à se prononcer sur ces questions, semblent avoir déterminé que les expulsions étaient illégales. Que vous ne partagiez pas leur point de vue n’est pas pertinent.

    Lib a écrit ::

    J’ai lu ces paragraphes où vous affirmez que la responsabilité de la focalisation sur l’ethnie incombe aux autorités. Vous l’affirmez mais ne le démontrez pas.

    Il me semblait que ce n’était pas nécessaire, puisque vous avez vous-même dit que « les banquiers et les gitans » étaient les boucs-émissaires de ce gouvernement comme du précédent.

    Lib a écrit ::

    Notamment, je n’ai lu nulle part sous votre plume ou ailleurs que des gens qui occupent des terrains sans autorisation n’étaient pas inquiétés s’ils n’étaient pas Rom (vous avez vous-même mentionné au contraire les Occupy La Défense qui ont été virés comme tout le monde, bien que non-Roms).

    Le problème n’est pas tout à fait de savoir s’ils sont expulsés parce qu’ils sont Roms ou non. Le problème est qu’on expulse des gens qui n’ont nulle part où aller, sans proposer aucune solution, mettant ces personnes en danger (plus encore qu’elles ne l’étaient déjà).

    Lib a écrit ::

    Vous ne cherchez absolument pas à établir que les Roms sont poursuivis pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font. Cela affaiblit sensiblement votre « c’est pas moi qui ai commencé ».

    Il n’y a pas de « c’est pas moi qui ai commencé », puisque je ne me soucie pas de ces personnes parce qu’elles sont Roms. Et je commence d’ailleurs à me lasser de le réexpliquer sans cesse.

  • Sinon pour ceux que ça intéresserait: Réunion interministérielle sur les Roms, un seul mot d’ordre: « Dégage ». Un article instructif, notamment sur les méthodes du triste sire Valls. Le deuxième paragraphe confirme que la soi-disant levée des mesures transitoires n’est que de la poudre aux yeux (pire que ce que je pensais):

    « […] la suppression de la taxe à l’embauche pour les employeurs et l’élargissement de la liste des métiers autorisés pour les citoyens roumains. Deux « mesurettes de façade» selon Saimir Mile, Président de la Voix des Roms. […] ces deux mesures ne vont absolument pas changer la réalité quotidienne de la plupart des personnes concernées. Le régime transitoire imposé par la France aux citoyens roumains pour les empêcher de travailler se traduit en effet par la nécessité de disposer d’un titre de séjour et d’une autorisation de travail délivrés par les préfectures. La recherche d’un emploi passe donc par un parcours du combattant semé d’embûches qui peut prendre jusqu’à un an avant d’obtenir les précieux sésames… […] Sur cet aspect, aucune annonce et aucun changement. La France maintient donc les principales dispositions du régime transitoire, confirmant ainsi sa politique d’exclusion des Roms présents en France.

    Une pétition a aussi été mise en ligne pour appeler le gouvernement à changer de politique. Pas sûr de l’efficacité du procédé, surtout vu ce qu’on a en face, mais ça ne coûte pas cher en attendant d’autres types d’actions, et comme on dit, l’espoir fait vivre…

  • @ jor:

    Quand vous rencontrez un mal logé, est-ce que vous allez voir votre banquier pour obtenir un crédit et lui acheter un logement ? J’imagine que non. Alors pourquoi exigez-vous que la société adopte un comportement différent du votre ?

    Comme vous, comme moi, nos collectivités locales, nationales ne peuvent faire face à toutes les misères du monde, elle sont malheureusement obligées de fixer des limites à leur générosité.

  • Hervé a écrit ::

    Quand vous rencontrez un mal logé, est-ce que vous allez voir votre banquier pour obtenir un crédit et lui acheter un logement ? J’imagine que non. Alors pourquoi exigez-vous que la société adopte un comportement différent du votre ?

    Certes. Et de la même manière, ce n’est pas moi qui paye personnellement pour chaque personne que je croise et qui n’aurait pas les moyens de se soigner. Pourtant, ça n’empêche pas l’État de le faire avec la Sécurité Sociale (même s’il tente de se défausser de plus en plus de cette responsabilité sur les mutuelles…). Je ne paye pas non plus directement les aides au retour à l’emploi de chaque personne que je croise, ou les allocations familiales, etc. Parce qu’on a déterminé que les mécanismes de solidarité devaient être supportés à hauteur des moyens des individus, donc principalement par ceux qui sont les plus riches (mais pas forcément les plus généreux). Le principe de la redistribution, c’est que chacun paye selon ses moyens, et reçoit selon ses besoins.

    Hervé a écrit ::

    Comme vous, comme moi, nos collectivités locales, nationales ne peuvent faire face à toutes les misères du monde, elle sont malheureusement obligées de fixer des limites à leur générosité.

    J’imagine. Cependant lorsque la « générosité » se limiterait, dans ce dossier, à prêter temporairement à ces personnes un terrain vague inutilisé (ce qui ne manque certainement pas), à mettre fin à la discrimination à l’emploi qu’ils subissent, et à arrêter de les pourchasser, il me semble que l’on pourrait se la permettre. D’autant plus que les démantèlements de camps, reconduites dans le pays d’origine (avec prime au retour), et le temps passé par les flics sur cette question coûtent cher, donc la solidarité ne coûterait pas bien plus que la politique actuelle, voire probablement moins.

    J’ajoute que lorsqu’une société commence à se focaliser uniquement sur le « coût » (très supposé) de la solidarité la plus élémentaire (ne pas persécuter une population, en l’occurrence), elle court le risque d’en oublier ce pourquoi elle voulait être solidaire au départ, de s’enferme dans l’individualisme et l’égoïsme, et au final, de se déshumaniser.

  • jor a écrit ::

    Pourtant, ça n’empêche pas l’État de le faire avec la Sécurité Sociale

    Eh, non, la Sécu (comme l’Unedic), ce n’est pas l’Etat (d’accord, ça c’est assez théorique), et surtout c’est un système assurantiel, pas une organisation caritative.

  • Logopathe a écrit ::

    Eh, non, la Sécu (comme l’Unedic), ce n’est pas l’Etat (d’accord, ça c’est assez théorique), et surtout c’est un système assurantiel, pas une organisation caritative.

    Quelle importance dans la démonstration ? L’important est qu’on a choisi de mettre en place plusieurs systèmes de solidarité, dont la Sécu, dont les cotisations dépendent du salaire. On a donc choisi de faire payer chacun selon ses moyens, et bénéficier selon ses besoins. Le principe à ce niveau-là n’est pas le même que celui des mutuelles, si je ne m’abuse, où la cotisation ne dépend pas des moyens, mais du niveau de couverture espéré.

    En outre, la Sécurité sociale a bien été créée par l’État en 1945, et ses ressources (cotisations sociales) et dépenses (prestations) sont bien déterminées par les lois de financement de la sécurité sociale, votées chaque année par le Parlement. Donc c’est bien l’État qui décide ce qui s’y passe.

  • @jor: oui, c’est juste, la proportionnalité des cotisations est un élément redistributif du système; on ne paie pas en fonction du risque mais des ressources. Il reste qu’à mon sens, ce mode de fonctionnement vise surtout à rentre le système viable, et à offrir à chacun ce qu’il souhaite, à savoir non seulement une assurance santé mais aussi une situation sanitaire satisfaisante.

  • @ Logopathe: Euh, je ne sais pas si on peut vraiment considérer que la situation sanitaire est « satisfaisante » pour tous, quand cinq millions de Français n’ont pas de mutuelle, et doivent se contenter des remboursements anémiques de la Sécu seule.

  • C’est vrai, désolé, je suis parti sur la Sécu et les mutuelles, la tête dans le guidon, alors que j’avais déjà dit à Koz que je me surveillerais pour ne plus détourner son fil de commentaires… J’arrête sinon il va croire que les socialistes ne tiennent pas leurs engagements ;-)

  • @ Aristote: Vous pensez qu’il s’agit de démocratie. D’aucuns nous disent que la démocratie peut fonctionner un moment mais qu’elle trouve sa limite quand un groupe majoritaire s’aperçoit qu’il peut se faire voter des largesses par le gouvernement. ça fait longtemps qu’on en est là.

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