Avocat, catholique, probablement con

ptmurdesconsMes parents me l’avaient bien dit : la gauche est sectaire.

Mais, cela fait partie de l’expérience de la vie, on veut toujours se faire son avis soi-même.

Bien sûr, vous me reconnaissez, facétieux, dans cette introduction. En même temps que je l’écris, des noms et des visages me viennent à l’esprit pour souligner l’inverse. Nous conviendrions que la connerie est au moins équitablement répartie. Mais le risque pèse plus lourdement sur la gauche, dont la certitude de servir le Bien sert de viatique et obscurcit un peu le discernement. Et je nierai qu’il en soit de même des catholiques : ceux de gauche sont à gauche, ceux de droite ont conscience d’être des salauds et les uns comme les autres se reconnaissent pécheurs. S’ils devaient l’oublier, ils savent pouvoir compter sur la gauche pour le leur rappeler.

Toujours est-il que ce sectarisme s’illustre parfaitement ces derniers temps et qu’il est incontestablement inquiétant lorsqu’il est au pouvoir.

Trois illustrations, qui ont en commun de me concerner particulièrement. L’une par mes convictions, les deux autres par ma profession.

  • Tout le monde déteste les catholiques de droite bien habillés

Je dois revenir à cet égard sur cette conversation déjà évoquée avec ce journaliste politique d’un hebdomadaire national français. J’y reviens parce que la phrase me reste en tête depuis une semaine. Parce qu’elle m’a choqué. En effet, après avoir évoqué la situation des homosexuels, irrités ou blessés par leur sentiment d’être rejetés pour ce qu’ils sont – ce que j’entends parfaitement – mon interlocuteur en est venu à m’expliquer que les gens comme moi… catholiques… de droite… bien habillés, eh bien dans les medias et puis de toutes façons tout le monde, bref, tout le monde déteste les gens comme moi.

Le plus choquant est probablement que cela venait dans un échange convivial avec une personne sympathique, qui me confiait cela comme un simple constat.

Je ne peux pas ausculter le cerveau d’une personne homosexuelle puis le mien, les comparer, juger de ce qui est le plus constitutif d’une personne, de la sexualité ou des convictions les plus profondes (sans parler du goût vestimentaire) mais, voilà, en toute bonne conscience, on m’annonçait que j’étais simplement largement détesté pour ce que je suis.

  • Tout le monde déteste les avocats

Un ministre socialiste a gravement failli. Des soupçons pèsent sur le fait qu’il ait tiré avantage de ses anciennes fonctions de membre de cabinet d’un ministre de la Santé. Par une technique éculée d’amalgame, la gauche entend dévier le tir sur les parlementaires (?) et les avocats (??). Et spécialement, parmi les avocats, les avocats d’affaire.

Je suis avocat. Je travaille pour des entreprises. Ma pratique porte sur le droit commercial, autrement appelé droit des affaires. Je dois donc être un « avocat d’affaires« .

J’exerce dans des locaux avec notamment deux autres avocats dont l’un est généraliste et l’autre spécialiste du droit du travail. Je pense aussi à un confrère et ami pénaliste. Il lui arrive de travailler pour des entreprises. Ils pourraient être parlementaires. Je ne le pourrais pas. Il faut donc croire que nous ne partageons pas la même déontologie.Il faut croire aussi qu’ils ne sont pas susceptibles de profiter d’un mandat de parlementaire dans le cadre de leur métier, contrairement à moi. Qu’on m’explique…

Mais nous nous enfonçons progressivement dans le non-sens le plus total voire la bêtise crasse, lorsque Najat Vallaut-Belkacem explique qu’il s’agit d’interdire, pour les avocats,

l’activité de conseil à proprement parler, sans plaidoirie, pour des intérêts de nature privée, susceptible d’introduire le doute sur l’impartialité du parlementaire

Nous nageons dans l’absurde, par panique et sectarisme. Elle fonctionne par mots-clés : avocat, conseil, privé, sans réflexion. Car la gauche ne divise plus seulement entre les avocats : elle m’intimerait de me diviser moi-même !

J’ai une activité importante de contentieux (ie je plaide). J’ai également une forte activité de conseil. J’ai du mal à distinguer la part de moi-même qui serait portée à négliger le conflit d’intérêts quand l’autre ne le serait pas. Je compte sur Najat pour m’éclairer.

Voilà donc un projet de loi qui ne traite pas le sujet qui l’a motivé et qui divise, trouvant son bouc-émissaire dans une profession entière pourtant imaginaire – l' »avocat d’affaires » n’existant pas. Accessoirement, j’ai aussi la présomption de penser que notre pays ne se porterait pas plus mal si tous les parlementaires avaient le même souci du bien commun que moi.

Accessoirement, j’entreprends une formation sur les actions de groupe – la class action à la française. Le projet de loi que Benoît Hamon, culturellement imprégné de séries judiciaires américaines, prévoit d’exclure les avocats de l’action judiciaire. Je ne manque pas de lucidité sur ma profession et son exercice par certains, mais je ne peux pas occulter cet anathème jeté indifféremment sur l’ensemble d’une profession dont la cupidité et la malhonnêteté est ainsi présumée.

  • Bref, tout le monde a ses cons ?

Atlantico a levé une affaire lamentable avec le « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature. Elle ne mérite aucune indulgence, et la défense déployée par le Syndicat de la Magistrature est inacceptable.

Ses représentants expliquent qu’il s’agirait d’un local privé. Ils évoquent un « mouvement d’humeur à un moment donné » et déplore même l' »agitation politique ». Aucun regret, aucune excuse.

Je lis aussi que tout le monde aurait ses cons en tête. Mais tout le monde n’est pas magistrat, une profession dont l’exigence première est bien l’impartialité. Et ce « mur des cons » ne s’est pas trouvé dans le local du BDE d’une faculté quelconque, mais dans celui d’un syndicat professionnel situé au sein même du ministère de la Justice. On pourrait penser qu’en tant que syndicat professionnel, le Syndicat de la Magistrature puisse avoir à cœur de porter haut les valeurs, l’éthique, d’une profession particulièrement remarquable et d’une incomparable responsabilité.

Parce qu’ils sont engagés politiquement, on pourrait attendre de ces syndicalistes qu’ils soient spécialement sourcilleux sur leur impartialité. Or, force est de constater que ces gens sont de gauche avant d’être magistrats, soit précisément le contraire de ce que l’on attend d’eux.

A cet égard, il n’est pas davantage acceptable de lire sous la plume du Syndicat de la Magistrature qu’il s’agirait d’une « remise en cause de l’existence même du syndicalisme judiciaire ». La manœuvre est un peu grossière pour tenter d’inscrire sa dérive dans le grand combat syndical, et d’associer les autres syndicats de magistrats, alors que c’est précisément le syndicalisme autant que la Justice qu’il dévoie… et que le président de l’Union Syndicale des Magistrats figure lui aussi comme « con ».

L’initiative tombe définitivement dans l’abject lorsque l’on constate que deux pères de jeunes filles violées et assassinées ont été pointées comme « cons » : Jean-Pierre Escarfail et Philippe Schmidt. Quelles que soient les positions qu’ils aient pu prendre, il est bien triste de constater qu’aucun de ceux qui sont passés dans ces locaux n’a eu l’humanité de considérer qu’avant d’être ceux qui appelaient à plus de sévérité, ils étaient surtout les pères d’enfants assassinés. Triste, de façon générale, qu’aucun des membres de ce syndicat, permanent ou de passage, n’ait pu rappeler les autres membres au respect de leur éthique.

Tristement enfin, on ne peut que constater chez beaucoup une tendance à banaliser une affaire grave. Si Christiane Taubira reconnaît que des poursuites individuelles sont possibles, elle s’explique bien peu sur son refus de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature. Alain Vidalies, lui, imputerait presque la faute à Nicolas Sarkozy, coupable selon lui d’avoir banalisé le terme. Quant à Marisol Touraine, non seulement elle reprend la bien piteuse défense du syndicat, mais elle se fend d’un bien faible « inapproprié » pour qualifier ce mur. La solidarité joue à plein. Fort heureusement, il reste un Claude Bartolone pour se hisser à la hauteur de ses fonctions.

A près d’un an de l’anniversaire de l’élection de François Hollande, le bilan des promesses est rude. Il en était une qui, avec sa personnalité, aurait dû être facile à réaliser : celle d’une France apaisée. Au lieu de cela, la gauche ne fait que diviser différemment. Et l’on apprend d’ailleurs que « « La République apaisée » dont il parlait durant la campagne ne portait pas sur les sujets [de société]… ». On se demande bien quels sujets étaient concernés. Et l’on s’inquiète un peu pour un pays qui ne vit que dans des schémas de division successifs, sans jamais vision ni projet communs.

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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92 commentaires

  • Petit con de la dernière averse, vieux cons des neiges d’antan, je vous ai tous rencontrés à la manif pour tous. Maintenant je n’aime plus que les cons. Mimétisme oblige.

  • En effet, Koz: avocat, catholique engagé et opposant au mariage gay: vous êtes un cumulard de la connerie!!!
    Mais continuez s’il vous plaît, je vous rappelle que « les cons ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît ». Alors osez!

    Amicalement de la part d’un frère en connerie,

  • Une partie de la gauche est sectaire, nuance, et l’autre partie partage tout ou partie des indignations évoquées ici en n’ayant pas de mots assez durs contre la politique de Hollande et du gouvernement Ayrault.

  • @ Mahaut:
    Il m’intéresserait de connaître les « gens de gauche qui n’ont pas de mots assez durs contre la politique de Hollande ». A part le FDG et le PC, je ne vois pas de qui vous parlez! Ces derniers étant réputés pour leur grande tolérance… Qu’espéraient-ils, ceux-là qui ont voté Hollande pour le « changement »? L’échec des socialistes au pouvoir est inscrit dans leur programme, entre mesures sociétales destinées à atomiser la société pour la soumettre toujours plus au Dieu-Etat, et mesurettes économiques soumises au retour du Dieu-Croissance. La gauche est morte idéologiquement le jour où le mur de Berlin est tombé. Il lui reste l’insulte et le dénigrement, qui font recette. Le « mur des cons » en est la parfaite illustration. Et, de grâce, épargnez-moi le couplet sur la solidarité et les pauvres. Les libéraux et les conservateurs ont plus fait pour les classes laborieuses dans ce pays que n’importe quel gouvernement socialiste partout ailleurs dans le monde. Je tiens la liste à votre disposition. S’il se trouve des gens « à gauche » qui ne supportent plus la prétention de leur propre camp à incarner exclusivement le Bien et le Bon, qu’ils quittent le train avant qu’il ne s’emballe.

  • J’avoue que c’est un vrai sujet de déception pour moi. Je n’avais pas voté pour eux, mais au soir de l’élection de Hollande, je ressentais une vraie envie de lui donner sa chance, j’espérais. J’espérais que le changement de gouvernement pourrait donner un peu d’énergie, je me disais qu’au moins on allait sortir de la crispation de la fin du mandat de Sarkozy. J’avais envie de rassemblement, que la gauche soit assez forte pour tendre un peu la main et que la droite s’inspire du discours de défaite de Sarkozy pour dire que le pays passait avant le parti, qu’elle soit prête à voter les textes qui iraient à peu près dans le bon sens.

    Las… mes collègues qui avaient deux fois mon âge (50-25) m’avaient bien prévenu : pas assez d’expérience. Comme vous dites, je voulais me faire mon avis moi-même. Aujourd’hui, c’est bien pénible de se sentir poussé chaque jour dans le camp des gens qui ne pensent pas comme il faut, qu’il faut marginaliser. Et le mouvement une fois lancé s’entretient de lui-même, avec toujours plus de division, toujours plus d’anathèmes, ça aurait pu être une idée d’y penser plus tôt ou même de s’en rendre compte maintenant.

    Je ne veux pas vous ramener au sujet du dernier projet de loi, mais c’est vraiment l’exemple-type du désastre. On en est même arrivé à ce que quelqu’un comme Laurent Joffrin, qu’on a connu plus inspiré et plus modéré, conclue un éditorial par « Les républicains n’écouteront pas ces artisans de l’intolérance et de la régression française ». De la part de la gauche, apôtre du « vivre ensemble ».

    Je ne me sens pas en colère, mais ça met clairement un coup au moral. Franchement, ça a l’air dur à comprendre, mais ça ne fait plaisir à personne de se retrouver dans ces situations d’affrontement. On aimerait vraiment trouver la porte de sortie. Je le ressens comme vous, d’être méprisé, classé dans la catégorie des gens infréquentables pour des choses qui font partie de ma nature. J’imagine que dans « l’autre camp », avec des gros guillemets, on doit ressentir un peu la même chose, ce n’en est que plus regrettable.

  • « Avocat, catholique, probablement con »
    amusant, je n’ai même pas besoin d’annoncer ma profession dans le droit, car il suffit que j’esquisse ma couleur politique, pas assez raccord dans l’Eglise catholique, pour que certaines journalistes d’un quotidien éminemment respectable disent presque tout haut ce que ce que beaucoup de gens si ouverts du bon catholicisme – à savoir de droite, hein – me traite de « connard » « renégat » « traître ».
    Manquerait plus que je dise douter de l’utilité de ma présence dans l’Eglise pour qu’on raille et applaudisse un éventuel apostat.
    Conjonction des actualités, j’imagine.

  • A l’origine, l’avocat n’était il pas considéré comme une profession « libérale » et donc présumé ne pas agir par esprit de lucre et de cupidité ? Faut croire que depuis, les choses ont changé…

  • Les commissaires aux comptes, auxiliaires de justice, ont inscrit dans leur code de déontologie, l’exigence d' »être » et « paraître » indépendants. En l’occurrence, l’absence de « paraître » ruine la crédibilité de l »être » quand bien même il serait irréprochable. Le parquet serait-il dispensé de s’appliquer à lui-même ce qu’il exige de ses auxiliaires ?

  • « exclure les avocats de l’action judiciaire. »
    C’est quand même assez gros pour être comique. (Du moins, je préfère le voir ainsi. Parce que l’alternative c’est de le prendre au premier degré ; il reste alors qui pour assurer la justice ? Uniquement ces juges dont l’impartialité universelle et indiscutable est précisément évoquée dans cet excellent billet ?)

    Quant à C. Bartolone, si son « pas supportable » est le maximum de ce qui s’est dit à gauche, c’est encore un peu maigre à mon humble avis. Et surtout, je m’avoue effrayé par la suite de son propos : « La démocratie, c’est une véritable religion ». C’est ça, la laïcité vue du perchoir ? (Oui c’est un peu hors sujet mais…)

  • D’accord avec Mahaut, seule une partie de la gauche est sectaire, et pas la plus importante. La plupart des gens de gauche sont des braves gens (de droite aussi, bien sûr).

    Ce qui se passe selon moi, c’est qu’il y a une telle pression publique (de l’ed’nat aux media en passant par les associations) en faveur des idées « de gauche » que beaucoup finissent par oublier que ce ne sont que des opinions, et que d’autres opinions sont, sinon aussi vraies, du moins aussi respectables.

    Tu l’as vécu très personnellement ces derniers jours sur l’aspect catho et maintenant avocat, mais cette pression est tout aussi forte (et rend les gens tout aussi agressifs) sur des sujets tels que l’immigration ou le libéralisme.

    Gardons nous cependant d’être trop sévères avec les gens de gauche. Pour deux raisons.

    D’abord parce que la pression de la pensée dominante est écrasante et qu’il serait présomptueux d’affirmer que nous n’aurions pas une attitude similaire si c’étaient nos idées qui dominaient. Entre l’école, le milieu professionnel et les media beaucoup ne reçoivent quasiment aucune exposition aux idées « de droite ». J’ai une amie haut fonctionnaire qui m’a sorti qu’elle ne pouvais pas imaginer qu’on puisse travailler pour une organisation dont le but est le profit. C’est par ailleurs une femme admirable à laquelle je confierais mes enfants, mais elle n’a absolument pas pris conscience du fait qu’elle m’insultait.

    Ensuite et surtout parce que c’est essentiellement de notre faute si on a laissé la gauche gagner la bataille des idées. On est trop gentils, trop polis avec les vrais sectaires. Regarde cette histoire de mur des cons, la réaction du SM est révélatrice. Ils devraient être morts de honte, demander des excuses en se tordant les mains. Tu parles, leur réponse est pleine de morgue et d’agressivité. Un magistrat doit s’efforcer d’être impartial et ce mur démontre que certains ont totalement renoncé à l’idée d’être impartiaux et se réjouissent au contraire d’être partiaux.

    Tu écris :« ces gens sont de gauche avant d’être magistrats ». C’est pire que ça ; ils sont tellement partisans qu’ils sont de gauche au lieu d’être magistrats. Ils ont trahi leur serment, déshonoré leur charge, violé la constitution et méprisé les citoyens.

    Le Général Schmidt dans son communiqué s’excuse presque d’avoir critiqué le manque de sévérité des juges. Mais c’est hors sujet. Aurait-il injurié le juge, cela aurait justifié une plainte mais jamais un magistrat ne peut se laisser aller à une telle faiblesse que d’afficher son mépris pour un justiciable.

    Ils doivent démissionner ou être révoqués.

  • @ Yogui: Les catholiques n’ont plus l’impression d’être la classe dominante depuis un bon moment. La jeune génération, en particulier, a grandi avec le sentiment très net d’être une minorité par rapport aux élites intellectuelles du pays (et c’est un sentiment logique : la critique virulente de l’Église est fréquente dans notre société et les petites remarques sur les prêtres pédophiles sont légion dans la vie de tous les jours). Néanmoins, les élites intellectuelles n’ont elles pas du tout changé de façon de regarder ce qui se passe chez les catholiques. De là une grande incompréhension, qu’on remarque chez beaucoup de journalistes et d’hommes politiques, tous bords confondus. Ils me font parfois penser à des Romains observant les premiers chrétiens et qualifiant ces gens extravagants d’ennemis du genre humain.

    Koz, vous oubliez un de vos défauts : vous êtes breton (breton de gauche, ça passe, mais breton de droite, vraiment, vous cherchez les ennuis). Cependant, il manque une particule à votre nom pour parachever le portrait (et là, l’impression d’être jugé pour ce que vous êtes sans l’avoir choisi, vous la connaîtriez depuis plus longtemps encore). Est-ce que vous portez une chevalière, au moins ?

  • Amélie a écrit ::

    La jeune génération, en particulier, a grandi avec le sentiment très net d’être une minorité par rapport aux élites intellectuelles du pays

    Je ne sais pas qui vous désignez par  » élites intellectuelles du pays », mais pour ma part je parlais de « classe dominante » c’est à dire les notables, les cadres sup ++, les énarques, comités de Direction du CAC 40 et assimilés, élèves des 10 plus grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, les familles soumises à l’ISF, etc …

    Parmi ceux-là, le profil « catholique… de droite… bien habillé » ne me paraît pas minoritaire, et en tous cas certainement pas ni marginale ni vilipendée.

  • Miss Taubira aurait saisi le conseil de la Magistrature aujourd’hui ,à suivre.J’aime la réaction d’Yves Trehart , « être traiter de con par des imbéciles c’est un hommage » Mais le problème demeure, comment remédier à un tel sectarisme ,qui plus est au sein de la magistrature ? Une réforme en profondeur s’impose sinon la Justice sera toujours soupçonnée d’être partisane ,un comble. Comment a-t-on pu nommer le juge Gentil dans l’affaire Bettencourt alors qu’il a publiquement déclaré son anti sarkosysme primaire, ou va t on. C’est terriblement inquiétant

  • Lionel, je parlais des antilibéraux absolus, que vous ne portez visiblement pas dans votre cœur. Ceux qui sont contre l’ultra-libéralisme des mœurs, contre la loi Taubira, contre la GPA, et anti-libéraux sur le plan économique. Mais généralement, ceux-là ont vite pris leurs distances avec la gauche de gouvernement sans pour autant aller vers la droite.

  • aimé ce billet (je garderai)…Il y a bien longtemps que j’ai l’impression d’être prise dans une tornade ! Qu’ont donc les habitants de ce pays à coller des étiquettes sur tout en méconnaissant complètement la personne ; nom, originaire d’une région, profession, croyant ou non, nous voilà étiquetés, emballés, mis dans un tiroir « droite » « gauche » …Eh ! bien! je REFUSE. Je veux continuer le dialogue avec TOUS mes amis. Je veux continuer à avancer….La Vérité n’est pas d’un seul côté. Avancer avec et non CONTRE l’autre..

  • Cette histoire du mur des cons m’a beaucoup amusé de voir le SM être pris en flagrant délit de sale gueule.

    Quant à Najat, c’est navrant de voir que malgré le fait qu’elle a travaillé comme juriste dans un cabinet d’avocats à Paris, elle peut avoir un discours aussi bête.

  • @ Mahaut: Pour préciser ma pensée, je dirais ceci. De nos jours, se dire de gauche revient toujours à se positionner du point de vue de la morale. Je suis de gauche, c’est-à-dire que je suis pour plus d’égalité, de solidarité. Je suis de gauche, c’est-à-dire que je ne me situe pas dans le camp des conservateurs, ces gens toujours tentés par la pensée réactionnaire, donc objectivement coupables de se rallier à des idéologies qui ont produit les fameuses «heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire». Sortie de ce dispositif polémique, la pensée de gauche s’effondre d’elle-même. Le socialisme, du point de vue de l’économie politique, ça n’existe pas. En outre, plus personne ne peut croire à la crédibilité d’une «morale laïque», lors même que ce gouvernement vient d’achever ce qu’il restait du mariage traditionnel, atomisant encore un peu plus notre société.

    Le «mur des cons» n’est pas un fâcheux incident. Il est l’aboutissement logique de ce dispositif polémique.

    Notez bien, pour terminer, que cette attaque en règle de «la gauche» n’équivaut pas pour moi à un ordre de ralliement à «la droite». Je considère que penser dans ces catégories, c’est s’empêcher de comprendre. Il s’agit de se mettre d’accord sur cette question fondamentale: qui est cet Homme dont nous voulons tous le bien? Quelle vision, quelle pratique de la politique peut servir au mieux ses intérêts? Ma conviction, c’est que le libéralisme possède ces ressources pour penser l’homme: un libéralisme politique, celui qui a accompagné la création des nations européennes. Un libéralisme économique, qui transpose sur le plan économique ce cadre de régulation. Mais aussi un libéralisme sur le plan culturel, qui n’est pas un «laissez-faire», mais la conviction que la liberté de l’homme s’épanouit dans des institutions de droit naturel. Disant cela je sais que de nombreux libéraux vont me tomber dessus pour «libéralisme hérétique». Mais , après tout, il n’est pas interdit rêver un peu. C’est mon côté «homme de gauche»…

  • Entre un colloque et un cocktail (dans un cabinet d’avocats d’affaires : on va boire du champagne et manger des petits fours en traitant les pauvres de cons, si si…), je précise un point, sur le fait que tous les gens de gauche soient sectaires : il y a tout de même un petit indice d’interprétation dès le 3ème paragraphe.

    Sinon, je confirme que Taubira, dont on apprend qu’elle biberonne au Syndicat de la Magistrature a fini par être briefée sur la gravité de l’affaire et a tenté une réaction un peu plus à la hauteur. Le CSM ne serait toutefois saisi que pour avis et non dans sa formation disciplinaire.

  • Fille d’avocat et de magistrat, catholique, avec une haute idée de l’impartialité: je me sens particulièrement concernée. Et blessée. Y’a pas à dire, la filiation, ça marque…

    Pas avocat moi-même, mais prof. Dans le public. Enfin, avant de choisir d’élever mes enfants. Et le sectarisme et le politiquement correct, j’ai connu (mais pas que, j’ai été une prof heureuse, hein!!!). Et cela fait plusieurs mois que le sectarisme me saute à la figure.

    Il y a des jours où l’espérance est plus difficile que d’autres…

  • Merci Koz pour cet article.

    On ne serait que cons et mal-aimés, à la rigueur, ce serait triste mais on vivrait bien avec.

    Ce qui est plus embêtant, c’est que du coup on n’a pas le droit à la parole ; parce que forcément, un catho, de droite, juriste, opposé à la loi Taubira, il ne dira que des bêtises et on ne l’écoute même pas. Mine de rien il y a une sorte de « filtre », c’est comme ce qui vient de l’Eglise : « ça vient d’eux, donc c’est faux, mauvais, réac, quelquechose-phobe. »
    C’est ce dont je me suis rendu compte à force de débattre à la fac ; parce qu’on est cathos, on n’a pas le droit de s’exprimer, un peu comme des sous-citoyens, si je caricature. Mais le fond est presque là…

  • Il n’y a pas si longtemps, l’Institut Montaigne publiait une étude montrant que la magistrature française avait une vision beaucoup plus négative des entreprises que ses homologues européennes. Le caractère ubuesque du droit du travail doit autant à la jurisprudence qu’au législateur.

    L’étude a suscité des commentaires offusqués, mais au vu du poids du SM dans la magistrature, ses conclusions n’ont rien d’étonnant.

    j’ai lu il y a quelque temps un livre passionnant, publié par la nrf dans sa collection essais, qui fait plutôt dans le sérieux :

    Une exception ordinaire. La magistrature en France, 1930-1950, par Alain BANCAUD.

    La vision lucide d’une magistrature depuis longtemps politique. Avec une explication intrigante de cet état de fait, de la part d’un disciple de Bourdieu peu suspect de cléricalisme : la mise en oeuvre des lois laïques de la IIIème, et notamment celles sur les congrégations, scandaleuses, ont conduit plusieurs centaines de magistrats honorables à la démission. La République les remplaça par des magistrats dévoués aux politiques, souvent liés aux francs-macs.

    L’honneur du corps était perdu, pour longtemps…

  • Malheureusement cette gauche est desesperante. Ses quelques bonnes idees elle les massacre comme une grande, et le reste est tres mauvais.

    L’égalité sociale, héritée de la lutte des classes mais pas obligée de rester scotchée dans une ideologie immuable que la mondialisation a completement mise a mal . Resultat il ne reste plus qu’un discours haineux envers ceux qui reussissent (contreproductif s’il en est, comment etre motivé pour un pays qui vous prend pour bouc emissaire) ou ceux qui heritent (un peu plus audible, mais il faut quand meme que leur argent travaille en France), indistinctement Aucune strategie (necessairement au niveau international) de long terme pour parvenir a des objectifs qui ne sont meme pas definis (type une repartition des revenus travail/capital), un pragmatisme economique a court terme forcé dans la gorge a coup de rangers par la realité et en faisant bien sur beaucoup moins bien que l’original, la droite (defaire la TVA sociale, pour la refaire mais en la transformant en une usine a gaz et en la retardant a plus tard comme si la crise attendait…). Le tout en fustigeant la mechante finance internationale, etant soi meme financé par un amateur des paradis fiscaux…

    les droits de l’homme : democratie participative definitivement avortée par l’autosabordage facon pirates à l’approche de la barque d’Asterix et Obelix du CESE, lors du rendez-vous historique de la premiere saisine par petition populaire; manoeuvres policieres du pire niveau de bassesse avec gardes a vue totalement illegales, faux manifestants incitant aux debordements etc… Une justice completement ideologique : ce syndicat bien sur mais aussi toutes les decisions de justice qui trahissent cette ideologie pregnante et qui ont rendu necessaires les peines planchers, le juge d’Aubry viré, le procureur de Bordeaux requerant un non lieu pour Sarko viré : bref une justice qui n’a rien d’independante, qui ne subit aucun controle populaire et les refuse tous avec une violence choquante. Et bien sur l’incapacité de dialoguer avec le peuple/la société civile (chacun decidera suivant son logiciel ideologique), le dernier aboutissement etant ces deputés bouffis d’arrogance qui estiment publiquement qu’un referendum est antidemocratique : et hop dissolution du peuple par ses representants temporaires…

    A de nombreux egards, le PS se rapproche a vitesse grand V du FN : inepte au plan economique, dangereux pour la democratie. Vivement que la cassure se fasse et que les moins excités puissent se debarasser des plus excités pour rejoindre une alliance gauche/centre gauche qui s’interdira la collusion avec l’extreme gauche sociale ou societale tout comme la droite devrait continuer a le faire avec le FN et fournira ainsi une alternative politique plus respectable!

  • déjà, on savait qu’on était tous de sales homophobes réactionnaires… maintenant, on sait aussi qu’on est tous des cons… et, que, bien sûr, c’est encore la faute à Sarkozy! ça évite d’avoir à discuter, ce genre de choses, c’est parfait, ça simplifie tout… et, du coup, tout le monde et d’accord (puisque ceux qui ne sont pas d’accord… sont des cons! et d’ailleurs, sont-ce vraiment des êtres humains? en tout cas, il n’ont pas d’avis à donner!) Et comme ça, la France est bien unie! chouette!

  • @oim Bonjour, j’appartiens à la partie conne de la France, en tant que catho et UMP. Mais j’en profite pour glisser que le FN, tout con qu’il est aussi, est utilement diabolisé par la gauche depuis des années. Le grand génie de la gauche a été de faire croire que le nazisme était situé à l’extrême droite de l’échiquier politique, alors qu’il n’en est rien. Nazisme signifie National-Sozialismus, ne l’oublions pas. Et le FN, que la gauche assimile au nazisme , est bêtement populiste.
    Je fais donc partie de ces cons infréquentables qui trouvent que le FN n’est pas moins fréquentable que le PCF.
    De toute façon, la gauche fait croire depuis des décennies qu’elle a tout inventé, à commencer par le social, alors que les premiers à faire du social ont été des chrétiens – et globalement ils le sont toujours, l’Eglise étant la première ONG du monde. Ce que des ministres de gauche feignent d’ignorer.

  • La droite va pouvoir cogner à volonté sur Taubira. Elle s’est rendue au congrès du SM. A rempli son cabinet avec ces syndiqués. Toute la politque pénale de Taubira est inspirée du SM. Le rapport « du consensus » sur la récidive a été rédigé par Maestracci, personnalité du SM. Maestracci peut-elle rester au Conseil Constitutionnel après cela? Pourra-t-on la récuser à loisir?

    Taubira peut tomber sur cette affaire des fiches, car c’est bien la politique du SM qu’elle applique.

  • si on devait interdire les « avocats d’affaires » au parlement, il faudrait pour les mêmes raisons interdire les fonctionnaires…
    pour « lib » : le profit est « bien », indispensable…sinon pas de progrès…le problème réside dans le pertage du gateau…tout le monde veut la plus grosse part…

  • @ Yogui:

    C’est un problème de concordance des temps !

    La première partie de mon commentaire s’applique aux temps présents et pointe la cohérence entre le diagnostic de l’Institut Montaigne et le poids du SM dans la magistrature.

    La seconde prend un recul historique et suggère que cela fait longtemps que trop de magistrats n’honorent plus en acte leur devoir d’impartialité. Que par ailleurs leurs préférences partisanes aient évolué au cours du temps n’est en rien contradictoire : la franc-maçonnerie au tournant du siècle précédent, le gauchisme après mai 68.

    La franc-maçonnerie est encore assez présente dans la magistrature. Sans doute peut-on tomber sur des juges qui ne sont ni francs-macs, ni gauchistes, à condition d’avoir de la chance.

    Un point d’inquiétude majeur : les syndicats, et pas seulement dans la magistrature, sont le lieu d’action des militants. Donner aux magistrats la majorité au CSM, comme le prévoit Hollande, c’est mécaniquement accroître le pouvoir des juges engagés politiquement. Je suis très mal à l’aise.

  • Moi j’ai démarré mon propre mur des cons privé dans mon bureau à la maison. Y figurent :

    François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Noël Mamère, Mme Vallaud-Belkasem, Mme Taubira, Mme Royal, Nicolas Maduro, Mahmoud Ahmadinejad, Kim Jong-il …

  • L’autre question, c’est qui, à gauche, était au courant pour ce mur. Taubira va avoir bien du mal à expliquer que sa politique pénale n’est pas du simple crachat à la face des victimes.

  • Je ne suis pas un pote des magistrats de gauche, mais je pense, à lire de temps en temps Eolas, que si Schmitt est sur ce mur, c’est moins à cause de l’assassinat de sa fille que de son rôle dans la création de l’Institut pour la Justice, institut dont on peut penser ce qu’on veut mais qui visiblement, n’a pas l’air de plaire aux magistrats, qu’ils soient de gauche ou de droite. Je ne suis pas assez au fait des arcanes juridiques pour savoir si ce que propose l’IPJ est pertinent ou pas, déplacé ou pas. Mais là, on n’est plus tout à fait dans le registre de la justice, mais plutôt celui de la politique, raison pour laquelle il était sur ce mur. Et je pense que ça doit être à peu près pareil pour M. Escarfail.

  • Yogui a écrit ::

    Le « catholique… de droite… bien habillé » est surtout le parangon de la classe dominante sûre d’elle-même, reproduite indéboulonnablement de génération en génération, sûre de son bon droit, et, lorsqu’il lui arrive de céder le pouvoir, stupéfiée que ses manifestations de rue ne soient pas immédiatement obéies.

    C’est cela à mon sens qui peut inspirer le rejet, et votre communion, votre abonnement au Figaro et votre Burberry n’en sont que les signes.

    Il est magnifique ce commentaire. Il démontre remarquablement que le « de gauche » n’est pas sectaire par inadvertance. C’est fait consciemment, volontairement et avec une grande fierté.

    Car le « de gauche » s’est construit une vision du monde d’un simplisme attristant. Les « de droite » sont la « classe dominante » et les « de gauche » sont la « classe dominée ». Parfois un « de gauche » fait le sacrifice de devenir riche et puissant, mais c’est pour mieux défendre la « classe dominée ».

    Comme il est beaucoup plus facile et moins risqué de détruire que de construire, de critiquer que de faire, de nuire que d’aider, le « de gauche » se convainc que nuire à la « classe dominante » est exactement la même chose que d’aider la « classe dominée ». Il peut donc s’abstenir du second pour se concentrer sur le premier. Ainsi, toute bassesse, vilénie, agression, trahison à l’encontre de la « classe dominante » est non seulement tolérée mais activement recherchée.

    C’est ainsi qu’on en arrive à des magistrats qui revendiquent l’injustice. Et c’est ainsi qu’il faut comprendre leur défense. Ils savent qu’ils ont commis un impair, mais ne reconnaissent pas que c’est une faute. Ce qui est grave, ce n’est pas d’être partiaux, c’est d’avoir été vus.

    Le « de gauche » a développé des défenses immunitaires très efficaces contre les innombrables contradictions internes et externes de sa construction idéologique.

    Ainsi, placer les cathos dans la « classe dominante » ne l’empêchera pas de railler les églises qui se vident.

    Ainsi il hurlera contre les amalgames et généralités si elles frappent des membres de la « classe dominée » mais en usera allégrement contre la « classe dominante ». Ethnie, religion, âge, tenue vestimentaire, apparence physique serviront à caractériser la « classe dominante », celle qu’on peut et qu’on doit haïr.

    Ainsi il déploiera des efforts considérables pour ignorer ou oublier que des cathos sont aux premières loges des combats pour aider les plus démunis. C’est dangereux à deux titres : ça affaiblit le concept de « classe » mais surtout ça suggère qu’il vaut mieux aider les faibles que nuire aux forts. Intolérable.

    Le concept de classe étant la pierre angulaire de l’idéologie, il doit être sanctuarisé. La mobilité sociale est donc l’ennemie. Elle est d’abord niée ou très largement minorée. On sacrifie ici la vérité comme le SM sacrifie la justice. A la même cause, pour la même raison, avec la même bonne conscience.

    Elle est ensuite activement combattue. Les deux principaux leviers pour s’élever dans la société sont l’éducation et le travail. L’éducation est aux mains des plus dogmatiques des « de gauche » depuis un demi siècle, qui en ont fait ce qu’elle est devenue. Quant au travail, il est systématiquement torpillé par les « de gauche » aux motifs qu’il serait dégradant ou aliénant.

  • Koz,

    J’ai bien peur de vous attrister en banalisant une affaire « grave ». Cependant, ce mur de con me semble le genre de micro-info qui occupe le microcosme pendant quelques jours pour pas grand chose.

    Depuis des années les magistrats sont pris pour cible régulièrement et sans aucune mesure, individuellement ou globalement, par des responsables politiques. Publiquement, les juges en question ne répondent rien, ou presque. Ce mur de cons, tout idiot qu’il soit, est en partie une réponse du berger à la bergère. Le fait est qu’il n’a jamais été conçu pour être diffusé publiquement, ce qui ne contrevient pas au devoir de réserve.

    Dans un monde idéal, peut-être, les juges seraient des rocs impassibles et inconscients des attaques dont ils sont les objets, tels des machines. Qui peut croire à pareil fable? Les juges ont les opinions qui sont les leur. Ce que l’on attends d’eux c’est qu’ils arrivent à en faire abstraction dans la mesure du possible au moment de juger, pas qu’ils n’en aient pas.

    Ce que je comprends le moins dans votre billet c’est: « force est de constater que ces gens sont de gauche avant d’être magistrats »

    Vous aurez remarqué que les critiques contre les juges viennent généralement de la droite. Soit à l’occasion d’enquêtes visant un responsable UMP, soit au hasard d’un discours sur l’insécurité. Ainsi il me paraît naturel que la plupart des personnes figurant sur le Hall of Fame soient effectivement droite (vraiment toutes?). De là à en déduire que les syndiqués sont de gauche avant d’être magistrats, il y a un grand pas. Que vous avez franchi j’imagine pour arriver à faire le lien entre la première et la dernière partie de votre billet.

    Tant que vous y étiez, vous auriez pu conclure que les juges syndiqués au SM détestaient les catholiques avant d’être des magistrats, ça n’aurait pas fait une très grosse différence.

  • @ Pepito:
    j’ai bien pensé à faire la même chose, mais, tout compte fait, je préfère être tranquille chez moi, sans voir ces têtes-là …

  • @dedenn

    Vous en faite un peu beaucoup…

    L’autre question, c’est qui, à gauche, était au courant pour ce mur. Taubira va avoir bien du mal à expliquer que sa politique pénale…

    Bah… Si ça se trouve, le mur était déjà là quand Dati était Garde des Sceaux. Donc en fait, la question devient « qui à droite était au courant? ». Il faut au minimum une enquête parlementaire pour comprendre pourquoi Sarkozy a laissé faire ça…

  • @ Polydamas:
    à ma connaissance:
    1) M. Schmitt n’est pour rien dans la création de l’Institut pour la justice (il avait déclaré, ce me semble, ne pas vouloir créer d’association quelconque, mais rejoindre l’une ou l’autre des associations existantes…)
    2) il l’a quitté depuis un moment déjà, justement parce qu’il y avait fort à redire… c’est d’ailleurs à la même époque, je crois, que j’ai commencé à refuser systématiquement de signer leurs pétition et à traiter leurs mails comme du courrier indésirable; parce que j’avais fini par trouver, moi aussi… que ce n’était pas très ajusté!
    Maintenant, je peux me tromper…

  • @Polydamas

    Bien sûr qu’ils sont sur le mur à cause de l’IPJ, mais je crois que vous passez à côté de ce qui suscite l’indignation. Je suis moi-même très proche de la ligne des « magistrats de gauche » et d’Eolas en ce qui concerne la Justice, je fais partie des quelques Français qui ont encore confiance en leur Président, j’ai consacré un temps et une énergie non négligeables à répondre à des mailings de masse de l’IPJ qui (pour moi) jouaient sur l’émotion de manière scandaleuse pour faire passer leurs messages simplistes, et pourtant je suis extrêmement choqué que des magistrats (en fait non, que des hommes) aient pu inclure MM. Schmitt et Escarfail sur un « mur des cons » en raison de leurs engagements dans cette cause, qui sont la conséquence directe et évidente des actes odieux qui ont endeuillés leurs familles.

    Un minimum de respect et d’empathie devraient permettre de comprendre qu’adopter la position des « cons de droite » en matière de répression après l’assassinat de sa fille par un délinquant récidiviste ne mérite pas le mépris. Plus généralement, se passer de respect pour ses adversaires est une erreur grave qui ne peut mener qu’à l’aveuglement, à l’arrogance, au repli sur soi, au rejet des critiques et à la stérilité intellectuelle et humaine.

    Je reconnais que c’est un piège très difficile à éviter, surtout en politique – j’en profite pour remercier Koz qui me paraît faire des efforts dignes d’éloge sur ce plan, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tous les commentateurs – mais j’ai toujours du mal à accepter que des personnes d’une certaine intelligence a priori ne se soient pas aperçues que de tels actes dépassaient largement la blague de potache. C’est à raison que de telles imbécillités choquent encore plus venant de magistrats et de citoyens de gauches qui ont trop souvent tendance à partir du postulat que leur cause est celle de la Raison.

    Cela étant dit, il me paraît évident que c’est également une erreur de partir du fait que les permanents d’un syndicat de magistrats de gauche, en conflit ouvert avec le gouvernement précédent, détestent tellement leurs contradicteurs qu’ils en oublient leur cerveau pour conclure à l’infestation de la magistrature par des gauchistes résolus à détruire les valeurs de la « vraie » société, cette thèse ne tenant que si l’on adopte un point de vue partisan, réducteur, et que l’on ne connaît pas le même milieu judiciaire que la grande majorité de ses acteurs.

    Sur les autres thèmes du billets :

    1) Entièrement d’accord avec Koz sur les déclarations de Najat Belkacem. Essayer de transformer la séquence « mettons nous d’accord pour fixer des règles » en une attaque politicienne avec des arguments bas de plafond type « avocat d’affaire = entreprise = riche = de droite = méchant » me désole et l’échec est assuré si cette perspective domine les débats.

    2) Concernant les « catholiques de droite bien habillés », mon soutien sera plus mesuré. Les attaques du type « ah ah ah, les scouts d’Europe manifestent, qu’ils retournent au FRAT et aux JMJ » relèvent du degré 0 de l’argumentation, et la délégitimation d’une partie de la population qu’on ne veut pas écouter et si évidemment anti-républicaine que le degré de dissonance cognitive de ses utilisateurs à gauche qui adorent invoquer la République doit être digne d’études scientifiques. Cependant, le camp de la Manif pour Tous serait beaucoup plus audible sur ce terrain s’il ne l’avait pas occupé en premier lieu (c’est du moins mon impression) sur le thème « contrairement aux manifestants habituels de gauche, des voyous chômeurs, fainéants, profiteurs, casseurs, pas forcément des « vrais français » qui défendent leurs intérêts, nous sommes la France bien élevée, qui ne râle pas, qui respecte les règles, qui se sacrifie pour une cause noble ».

    Le bien-fondé des revendications politiques n’a, je pense, que peu à voir avec les qualités morales et personnelles de ceux qui les portent. Même si en interne dans une logique de mobilisation ce type de langage est incontournable (les militants de toutes les causes, de tous les temps, se perçoivent toujours comme « l’avant-garde de la pensée » ou en tout cas une forme d’élite), et même si je veux bien croire que cela a pu être une réaction face à la couverture des médias, il faut éviter ce genre de propos si l’on veut débattre avec l’humilité qui devrait être celle du bon citoyen et/ou du bon chrétien en ces matières.

    Bien à vous, et en souhaitant bon courage et bonne chance aux hommes de bonne volonté de tous les camps,
    Jokin Vaillant

  • « et la délégitimation d’une partie de la population qu’on ne veut pas écouter est si évidemment anti-républicaine »

  • A propos de « cons » (puisque c’est le mot du moment)…

    Le « journaliste politique d’un hebdomadaire national français » qui vous a dit « tout le monde déteste les gens comme vous, les catholiques de droite bien habillés » a dit selon moi une grosse « connerie ». Surtout dans un pays où au moins 50% de la population vote à droite, où le catholicisme reste la première religion de France, et où « l’habillement » français fait référence dans le monde (déjà, quand la phrase commence par « tout le monde », ça sent déjà la connerie).

    J’imagine que ce qu’il voulait dire, c’est que des personnes qui ont l’apparence d’une classe considérée comme « privilégiée » auront du mal à se faire passer pour des victimes aux yeux de la majorité de la population. Ou bien que les catholiques qui ne se contentent pas de vivre leur religion dans le privé mais souhaitent qu’elle ait une expression politique s’exposent à la frustration dans la mesure où leurs idées ne sont pas majoritaires sur les sujets de société. Ou encore qu’il existe dans l’esprit de beaucoup de gens un archétype du catholique non pas « bien habillé » mais habillé avec certains codes classiques très spécifiques, auxquels est associée toute une série de clichés (du type Le Quesnoy dans le film « La vie est un long fleuve tranquille ») qui ne respirent pas franchement la modernité et peuvent prêter à sourire (mais pas à « détestation « )… Comme il existe aussi par ailleurs des caricatures redoutables de « bobos écolos », de représentants de la « gauche caviar » ou de « cailleras » de banlieue.

    Peut-être a-t-il voulu dire, plus sérieusement, que comme la société évolue et que les positions des catholiques sur certains sujets n’évoluent pas (ou très peu ou très lentement), le décalage grandit (c’est logique). C’est dommage de mon point de vue car je pense (même si je ne crois pas en Dieu) que le message essentiel de Jésus est plus qu’utile à notre époque « moderne », mais qu’il n’est pas dans l’opposition au mariage et à l’adoption pour les homosexuel(le)s ni sur d’autres sujets relatifs à la sexualité ou à la famille. On aimerait entendre plus les catholiques sur des sujets liés à la doctrine sociale de l’Eglise (au fait pourquoi les catholiques sont-ils majoritairement de droite ? par tradition familiale et sociale ? par opposition historique au marxisme ? par nostalgie d’avant-1968 ? ou même d’avant-1789 pour les plus « nostalgiques » ? parce que les valeurs de Jésus sont plutôt de droite ?).

    Je sais bien qu’il y a le fantasme de positions immuables, qui n’ont pas à évoluer avec la société, mais le prix de la non-évolution, c’est le décalage et la perte d’influence dans les pays « développés ». Avec en prime une image « traditionnaliste » et « réactionnaire ». Quand ce n’est pas « obscurantiste » pour ceux qui croient encore à la création du monde en sept jours… Alors qu’il existe dans la « culture chrétienne » (et dans la vie et le message de son fondateur) un trésor d’inspirations « humanistes » pour lire le monde d’aujourd’hui et bâtir celui de demain. Quel gâchis !

    Sur les conflits d’intérêt, c’est un vrai problème qu’il faut régler. Et on ne peut nier (désolé, Koz) que le métier d’avocat d’affaires fasse partie de ceux qui peuvent poser problème dans certains cas. Même si ce n’est pas le seul, c’est l’exemple le plus cité avec celui du médecin qui conseille les labos (et perçoit de ses conseils avisés des sommes importantes) entre deux passages au ministère de la santé (apparemment très répandu à droite comme à gauche). Il ne faut pas oublier non plus par exemple ces membres des cabinets ministériels qui orchestrent la fusion de deux entreprises privées puis prennent ensuite la tête de l’entité ainsi formée (on n’est jamais mieux servi que par soi-même). Mais je doute que l’on puisse cibler dans la loi une profession dans sa globalité (rassurez-vous pour votre future carrière politique, Koz, ce ne sera pas le cas). Plus que les métiers, ce sont les diverses situations qui peuvent être associées à certains métiers qu’il faudra qualifier et préciser. Bon courage aux législateurs ; ça, ce n’est pas un travail pour des « cons ».

    Enfin, les syndicalistes du SM qui ont réalisé le fameux « mur des cons » sont eux-mêmes avant tout des « cons ». Je ne vois pas d’autre mot pour qualifier une telle bêtise, qui est aussi une faute. Je pense également que les responsables de ce « dérapage » doivent être sanctionnés.

    De là à parler d’ »affaire d’Etat » ou de « dissolution » du syndicat, ça frise la « connerie »… Je rappelle qu’il s’agit quand même d’un local privé et que ce tableau n’avait pas vocation à être rendu public. Cet « incident » ne doit pas remettre en cause non plus la volonté politique d’indépendance de la justice (demandez à Cahuzac) ni l’honnêteté de la majorité des juges (y compris ceux qui sont syndiqués au SM mais n’ont rien à voir avec ce tableau plus qu’ »inapproprié »).

    Sur le fait qu’il y ait très majoritairement des hommes politiques de droite sur ce tableau (il y en a aussi quelques-uns de gauche dont Valls), cela s’explique aussi par le fait qu’il a été créé sous un pouvoir de droite (qui n’a pas ménagé les juges « petits pois » dans ses excès démagogiques) ; sachant également que ces personnalités ont été épinglées avant tout du fait de leurs prises de position sur la justice. Mais, j’en conviens, toutes ces explications n’excusent pas la faute.

    Enfin, rappelons que si le SM est effectivement un syndicat de magistrats plutôt classé à gauche, l’USM, syndicat de magistrats plutôt classé à droite, est majoritaire dans la profession (62% contre 32% aux dernières élections). Dire que tous les juges sont à gauche est donc aussi une « connerie ».

  • @ Vaillant:

    Les amis du SM le défendent en disant que le mur n’est qu’une réaction au mépris que la droite a montré vis-à-vis de la magistrature.

    Le compliment se retourne.

    Cela fait longtemps que le SM sévit dans la magistrature, trop nombreux sont les magistrats qui se drapent dans l’indépendance, mais n’ont rien à faire de l’impartialité. D’où la méfiance viscérale des politiques vis-à-vis des juges, ce qui bien sûr ne veut pas dire que tous les politiques soient blancs comme neige !

  • Oui la gauche est sectaire. La droite aussi. Ceux qui ne sont pas sectaires ne font pas de politique.

    Pour le reste, c’est nouveau cette mise en page avec surlignage et « check marks » ? On dirait un blog de start up, ou est le style visuel de l’éditorialiste ?

  • @Aristote

    D’accord avec vous pour ne pas donner d’excuses au Syndicat de la Magistrature sur cette histoire, pas d’accord avec les généralités que vous énoncez sur les magistrats… mais c’est un débat à part entière qui n’a pas forcément d’intérêt ici. Je dirai juste ceci : en tant que citoyen, et en tant que juriste, je fais infiniment plus confiance à des juges comme M. Van Ruymbeke ou M. Gentil qu’aux politiciens (y compris ceux de mon bord). Pour qui connaît un tant soit peu le monde politique et le judiciaire, il est difficile de nier que les incitations à la « faute professionnelle », pour le dire vite, sont bien plus répandues du côté des politiques…

  • Bon. Je n’aurais certainement pas dû laisser passer 24 heures avant de répondre aux coms. Je vais tâcher de m’y employer un peu…

    Fol Bavard a écrit ::

    A l’origine, l’avocat n’était il pas considéré comme une profession « libérale » et donc présumé ne pas agir par esprit de lucre et de cupidité ? Faut croire que depuis, les choses ont changé…

    Comme je l’ai dit, même un Benoît Hamon biberonne aux séries US. Les séries de bas niveau sont devenues la référence générale au monde judiciaire. C’est d’ailleurs un grand classique de prévenir les étudiants de première année en fac qu’on ne s’adresse pas au juge par un tonitruant « Votre Honneur ».

    De la même manière, la perception qu’a Benoît Hamon des avocats au titre des class actions est ridiculement américano-centrée. De telles actions existent dans bien d’autres systèmes juridiques, dans lesquels elles n’ont pas donné lieu aux dérives que l’on connaît. Tout simplement parce que notre déontologie, nos systèmes de contrôle sont différents. L’ensemble de notre système judiciaire fonctionne différemment du système US. Nous produisons nos propres dérives… mais pas les mêmes.

    Humpty-Dumpty a écrit ::

    Et surtout, je m’avoue effrayé par la suite de son propos : « La démocratie, c’est une véritable religion ». C’est ça, la laïcité vue du perchoir ? (Oui c’est un peu hors sujet mais…)

    Ce qui est comique dans une telle déclaration, c’est qu’en creux (à peine) cela donnerait à penser qu’ils accordent une valeur éminente à la religion.

    @ Yogui : vous arrivez aux limites de votre trollisme. Je devrais vous remercier parce que c’est parfois un vrai plaisir de valider vos commentaires, tant vous illustrez parfaitement ce que je dénonce. Un sectarisme bas du front, qui se trouve de bonnes raisons de détester l’autre. La haine trouve toujours des explications, à défaut d’excuses. Chez certains, ce sera parce que l’homosexualité est contre nature et qu’ils se sodomisent. Vous c’est la naphtaline de la lutte des classes. Au final, ça ne change pas grand-chose.

    Mais il est risible de voir comme vous vivez au siècle passé, à moins que vous n’expiez quelque traumatisme.

    Lib a écrit ::

    s. On est trop gentils, trop polis avec les vrais sectaires. Regarde cette histoire de mur des cons, la réaction du SM est révélatrice. Ils devraient être morts de honte, demander des excuses en se tordant les mains. Tu parles, leur réponse est pleine de morgue et d’agressivité.

    Eh oui. Et les soutiens qu’il reçoit sont surprenants. Ainsi de la CGT qui explique que le « mur des cons » relève de « la pensée syndicale ».

    Je serais syndicaliste, j’aurais envie de coller une bonne droite au SM et à la CGT : c’est le syndicalisme en son ensemble qu’ils discréditent avec leurs comportements.

    marc lance a écrit ::

    si on devait interdire les « avocats d’affaires » au parlement, il faudrait pour les mêmes raisons interdire les fonctionnaires…

    Notre bâtonnier a publié un édito que je partage avec plaisir.

    @ Polydamas : évidemment qu’il y est au titre de son appartenance, temporaire, à l’IPJ. Mais, si je l’ai passé sous silence, c’est que cette circonstance doit être absolument indifférente. Quelles que soient ses positions, il suffit d’un peu d’humanité pour comprendre qu’il est odieux de punaiser ainsi des pères éprouvés. Avec un peu de sentiment humain, s’ils estimaient que leurs positions étaient inacceptables, ils auraient dû s’abstenir. D’autres auraient dû leur dire : « non, tout de même, les gars, on peut pas les laisser sur le mur ».

    Gatien a écrit ::

    De là à en déduire que les syndiqués sont de gauche avant d’être magistrats, il y a un grand pas. Que vous avez franchi j’imagine pour arriver à faire le lien entre la première et la dernière partie de votre billet.

    Rassurez-vous Gatien, les politiques de gauche qui figurent sur ce mur n’y figurent que parce qu’ils sont trop à droite pour le SM. On y voit notamment Michel Sapin : qu’on m’explique… Maintenant, s’il ne s’agit que d’une modalité de réponse ordinaire aux critiques politiques, qu’on m’explique pourquoi l’USM (majoritaire au demeurant) ne fait pas de même. C’est tout simplement dans la nature du SM d’être dans l’action politique. Ces gens-là ont cessé de se comporter en magistrats.

    Quant à l’argument du local privé… c’est de la foutaise : un tel local accueille des membres de passage, et il accueille aussi des non-membres. C’est d’ailleurs un peu le propre d’un local syndical d’accueillir du monde. En outre, il se trouve au sein même du Ministère de la Justice, place Vendôme. Et quoi qu’il en soit, privé ou non, cela démontre l’état d’esprit de ces personnes. Quoi que vous en pensiez, le scandale n’est pas qu’on ait fini par l’apprendre.

    @ Vaillant : merci pour votre commentaire, qui vient justement contredire mon accroche. Je comprends bien le mécanisme politicien qui conduit des gens de gauche à se solidariser du Syndicat de la Magistrature mais il est dommage pour ceux-là de ne pas privilégier la cohérence aux valeurs qu’ils professent.

    Sur la Manif Pour Tous, sans grande surprise, notre perception sera différente. Je ne crois pas que les manifestants se soient vécus comme étant la manif des gens biens. Au contraire, je pense que beaucoup se disaient plutôt qu’on était typiquement le genre de manifestants que l’on n’écoute pas. Et puis, il y a même eu des appels (que j’ai trouvé ridicules) à éviter de correspondre à notre caricature : bref, pas spécialement de l’arrogance et de la grande fierté d’être ce que nous sommes.

    C’est dans un deuxième temps, avec la manif du 24 mars, idiotement réprimée, et avec tout ce qui s’en est suivi (je suis sidéré à cet égard que la dérive « police politique » ne provoque pas plus de réaction : à titre d’exemple, quand on en vient à arrêter une voiture parce qu’elle porte un drapeau de la manif, en dehors de tout rassemblement, ça devrait interpeller) que les gens ont dit que ça commençait à bien faire, qu’on nous traitait comme de dangereux activistes alors que le public était familial et bien élevé (ie plutôt respectueux des forces de l’ordre).

    @ Jeff : je crois qu’en disant que « tout le monde [nous] déteste », il voulait dire que « tout le monde [nous] déteste ». Ce qu’il a explicité par le fait qu’on « hérisse le poil de tout le monde ». Je précise que je ne considère pas que le seul fait qu’un gars fasse ce constat ne signifie pas que le constat soit juste. C’est plus révélateur de son petit milieu, milieu social et milieu professionnel. Maintenant, si je ne veux pas donner son nom, si ce propos m’a choqué, c’est aussi qu’il ne vient pas de n’importe quel débile. J’ai lu nombre des articles du gars en question, et c’est un gars qui approfondit.

    Pour le reste, vous dîtes un peu en version soft la même chose que Yogui : finalement, la détestation aurait de bonnes raisons…

    Quant aux conneries que vous dénoncez, oui, c’en sont. Mais non seulement elles n’ont pas été exprimées ici mais une connerie n’en a jamais excusé une autre.
    Amélie a écrit ::

    Koz, vous oubliez un de vos défauts : vous êtes breton (breton de gauche, ça passe, mais breton de droite, vraiment, vous cherchez les ennuis). Cependant, il manque une particule à votre nom pour parachever le portrait (et là, l’impression d’être jugé pour ce que vous êtes sans l’avoir choisi, vous la connaîtriez depuis plus longtemps encore). Est-ce que vous portez une chevalière, au moins ?

    Et non, comme je l’ai expliqué à un député PS qui faisait le tri entre la vraie France et ce qui n’en est pas, j’ai même des ascendances parfaitement roturières et bien peu aisée pour l’une des deux branches. Il n’empêche : je suis néanmoins classé dans cette élite sûr d’elle et sûre de devoir détenir le pouvoir…

    Guillermo a écrit ::

    Oui la gauche est sectaire. La droite aussi. Ceux qui ne sont pas sectaires ne font pas de politique.

    C’est assez expéditif, ça n’est pas totalement faux mais ça l’est tout de même pas mal. J’aurais des noms à citer de politiques ouverts au dialogue. Il est vrai que ce ne sont pas les moins sectaires qui percent le plus.

    Guillermo a écrit ::

    On dirait un blog de start up, ou est le style visuel de l’éditorialiste ?

    DTC, probablement. 🙂

  • Je n’ai qu’un regret, celui de ne pas figurer sur le mur en question. Pas assez connu, hélas.

    Petit désaccord sur le 2ème point, qui me semble comprendre un procès d’intention. Tout le monde se moque qu’un avocat et parlementaire puisse profiter, en tant qu’avocat, de son statut de parlementaire. Le risque est symétrique : que, en tant que parlementaire, il fasse voter des lois qui arrangeraient les commanditaires de ses missions d’avocat.

    Je suis d’autant plus sensible à la question que, étant consultant, avec une clientèle composée notamment d’entreprises (ainsi que d’organisations publiques ou paritaires, et d’ONG), je tombe dans la même interdiction : une élection fort éventuelle 😉 comme parlementaire m’obligerait à fermer mon cabinet. Alors même que mes missions n’ont aucun rapport avec les « affaires publiques » ou le lobbying (je travaille surtout sur les stats, les « big data » et le marketing), à l’exception de celles que je mène… pour les ONG.

    Bref je conçois que la frontière soit difficile à établir !…

    Mais comme citoyen, et citoyen vaguement informé de la façon dont les choses se passent au Parlement, je crois absolument indispensable qu’une frontière soit tracée, et bien défendue, entre les grands intérêts privés et l’intérêt du public.

  • Koz a écrit ::

    Pour le reste, vous dîtes un peu en version soft la même chose que Yogui : finalement, la détestation aurait de bonnes raisons…

    J’ai l’impression de dire plutôt le contraire sur la détestation mais j’ai dû me faire mal comprendre…

  • Gatien a écrit ::

    @dedenn

    Bah… Si ça se trouve, le mur était déjà là quand Dati était Garde des Sceaux. Donc en fait, la question devient « qui à droite était au courant? ». Il faut au minimum une enquête parlementaire pour comprendre pourquoi Sarkozy a laissé faire ça…

    Le SM est un syndicat de gauche, clairement allié au PS. Donc il est légitime de demander au PS des comptes sur ses alliés. Je suis certain qu’aucun membre du SM n’a jamais peuplé des cabinets de droite, qu’aucun politique de droite n’est jamais rentré dans leur locaux. S’attaquer ainsi à des politiques ou des journalistes, c’est inélégant, mais soit. Mais dénigrer des proches de famille de victimes, quelles que soient leurs opinions, c’est répugnant. C’est comme si Alliance, syndicat policier de droite, faisait la même chose avec des victimes de violences policières ou leurs familles.

    Et politiquement, c’est extrêmement mauvais pour Taubira. Car son cabinet et toute sa politique pénale carbure au SM. Quelle meilleure preuve que c’est des délinquants, et non des victimes, qu’elle se préoccupe? Comment pourra-t-elle dire qu’elle ne crache pas à la gueule des victimes? La droite aurait tort de se priver de ce magnifique procès en laxisme.

    Vu l’hystérie de ce syndicat (c’est moins du CSM que de la Miviludes qu’il relève), et puisqu’il noyaute désormais la chancellerie, il serait bon de vérifier qu’il n’a pas en plus fait des fiches des magistrats à promouvoir ou à punir, selon leurs opinions, comme au bon vieux temps de l’affaire des fiches.

  • @ Lib:

    Il faudrait un singulier mélange d’aveuglement et de mauvaise foi pour nier que la France se caractérise par une stabilité du modèle de formation des élites et par une logique de reproduction particulièrement fortes au regard d’autres pays. Cette forte stabilité d’une « classe dominante » et de ses marqueurs sociaux n’est donc qu’un simple constat, souligné ici par le fait que les manifestants LMPT revendiquent bien fort eux-mêmes d’être issus de la « bonne société ».

    Le reste de votre commentaire se perd entre vitupérations, vaines attaques et hors-sujets, et ne mérite guère qu’on s’y attarde.

    @ Koz:

    N’est-il pas curieux de m’imputer un raisonnement « de classe » alors que telle est précisément la teneur du propos catégorisant (« catholique… de droite… bien habillé ») que vous nous appelez à commenter ?

  • Merci Guillermo pour cette bonne eau tiede, j’avais soif… Apres tout le monde il est gentil, tout le monde il est mechant : ca fait pessimiste plutot qu’optimiste, donc vous vous sentez realiste donc fin analyste…

    La gauche est evidemment plus sectaire que la droite ca se voit tous les jours et ca s’explique : elle croit « etre dans le camp du bien » alors que la droite pragmatique pense « avoir raison ». La premiere attitude genere un enthousiasme bien plus grand a cracher sur ceux qui pensent differemment. La seconde, c’est quand meme beaucoup moins fun. Pour les premiers, les seconds sont des moisis aux poubelles de l’histoire et les pires des homophobes. Pour les seconds, les premiers sont irrealistes et contreproductifs. La je ne vous cache pas que les cons de droite apprennent à dire fasciste en formation accélérée…

    Au final chacun ses defauts si vous voulez, mais pas les memes, et pas forcement aussi graves… La droite a force d’adaptation pragmatique à l’environnement ne permet aucune vision, ne propose aucun objectif moral, juste de la mecanique. La gauche a force de moralisme juvenile se prend les pieds dans la realité a chaque fois et devient de plus en plus sectaire. Ou encore mode d’echec de la droite : peur et egoisme, mode d’echec de la gauche : haine et simplisme.

  • Jeff,

    A ma connaissance, tous les cathos ne sont pas de droite. En revanche les cathos de gauche ont eu une facheuse tendance a s’autodissoudre avec le temps. Parce qu’ils sont decus de ne pas voir l’Eglise courir apres la « modernité » (mot qui a habilement remplacé « progres ») qu’ils appelaient de leurs voeux? En partie, mais a mon avis surtout parce le message de l’Eglise n’est pas politique mais personnel et que cela ne collait pas tellement avec leur vision de la transformation du monde.

    Les cathos de droite sont a l’aise puisque la conservation est un element commun entre leur pensée politique et le devoir de l’Eglise : transmettre un Evangile immuable (les ecrits restent…). Deuxio ils sont en phase avec le message de l’Eglise, qui fixe une ligne pour la majorité puis pousse a l’attention aux autres, a la solidarité et au pardon. A gauche on prefere fixer des lignes pour les minorités, la majorité etant toujours perçue comme oppressante.

  • Cette « affaire » du « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature m’a fait penser à la condamnation de Patrice Ribeiro, à l’époque secrétaire-adjoint du syndicat Synergie Officiers (et aujourd’hui son secrétaire général…), pour des propos « caricaturaux et outranciers » tenus sur RTL envers, justement… l’Ordre des avocats (lire également chez Eolas la savoureuse réponse du bâtonnier de l’Ordre à un communiqué de Synergie sur le même sujet).

    Bien sûr cette « affaire » est un peu différente, mais il me semble qu’on retrouve un certain nombre d’éléments: des attaques ad hominem, tenus cette fois-ci publiquement, par un syndicat très représentatif (Synergie = 44% des officiers de police) et dans une profession où l’on peut exiger légitimement de l’impartialité (la police n’est certes pas la justice, mais tout de même son bras armé, et dispose de pouvoirs importants de coercition et de privation de liberté sur le citoyen). Dans cette affaire spécifique, les propos visaient en plus à remettre en cause la présence de l’avocat pendant la garde à vue, présence qui est considérée comme indispensable pour l’exercice des droits de la défense par la CEDH.

    L' »affaire » avait fait beaucoup moins de bruit à l’époque. Je ne sais pas si des sanctions disciplinaires avaient été requises, mais je ne crois pas que la dissolution du syndicat en question ait été demandée.

  • Avocat, catholique pratiquant, de droite, bien habillé : profession de notable (vous seriez notaire, pharmacien, banquier, courtier en assurance, … ce serait pareil), religion de notable, parti de notable, et habit de notable.

    En gros, il ne s’agit pas tant de taper sur les « cons » que sur les notables. Il faut nous rassurer, il n’y avait pas d’anciens accusés d’Outreau sur le mur ? Pour une frange de la population, la « notabilité », la pratique de la religion et un certain conformisme sont une tare. Allez savoir pourquoi, c’est peut-être juste de l’envie ou un vieux relent révolutionnaire de 1789 ?

  • Soyez rassurés. Moi dans la vraie vie je suis con, mais je cache bien mon jeu car je ne suis pas avocat mais ingénieur (un vrai qui va sur les chantiers dans la boue avec un casque et des chaussures de sécurité) et je ne porte pas de Barbour, mais une autre marque tout de même chic et chère, mais surtout efficace contre les intempéries. Ma femme est juriste, catholique, super bien habillée quand elle va travailler. Mon fils, baptême, première communion et confirmation, il est dans un lycée catholique, pas très bien habillé.

    A cause de mes ancêtres, je suis un vrai connard aux yeux des gens de gauche et surtout des communistes. Catholiques depuis des siècles. Pas d’ouvriers ou paysans à signaler. Mon père était avocat (droit civil), il a eu son doctorat à la Sorbonne et a été professeur de droit des obligations à temps partiel dans une prestigieuse université (il donnait son cours tôt le matin, puis il allait à son bureau d’avocat), rien de trop grave sauf qu’il était toujours très bien habillé. Mon grand-père était aussi avocat, membre du Bar Register de New York, il défendait les intérêts de grandes multinationales américaines à l’étranger, il s’est présenté aux élections municipales mais il prétend qu’il n’a pas été élu à cause d’un bourrage des urnes scandaleux. Il n’a jamais eu de mandat politique, mais il faisait de la politique en écrivant dans les journaux. Sa ligne politique était que les progressistes et les conservateurs se concilient et travaillent ensemble pour le bien du pays. Il était toujours très bien habillé, il portait un chapeau melon qui n’était pas du tout à la mode à son époque. Mon autre grand-père était colonel de régiment de cavalerie dans l’armée bourgeoise, premier de sa promotion et jeune officier dans l’aviation, son avion a été abattu mais il a miraculeusement survécu (mâchoire défoncée, jambes cassées), croix de guerre française avec palme, toujours très bien habillé (ma grand-mère disait que toute sa solde allait dans l’achat des uniformes), ses ongles étaient toujours propres et impeccablement coupées. Il vivait derrière le rideau de fer, dans les années 50, il a été arrêté sans raison par les communistes qui ont essayé de le faire mourir dans un camp de travaux forcés, heureusement un ancien ami proche du pouvoir l’a fait relâcher et il a survécu. Il est mort à 80 ans. Son frère était avocat et cadre dans un parti politique de droite. Si je remonte de génération en génération, les choses deviennent de plus en plus inavouables, des conservateurs de chez conservateurs. Familles nombreuses, il n’était pas rare d’avoir plus d’un membre d’une même fratrie, surtout les filles, entrer dans les ordres religieuses…

  • @ Jor:

    Mon intuition est que l’on trouve autant de turpitudes à droite qu’à gauche, l’hommerie n’a pas de parti.

    Mais la gauche prétend être le camp du bien et du progrès indéfini…

  • @ Yogui:
    Quelle image d’Épinal ! Quel mythe ! Oui, je porte des bateaux et des Dockers. Quand je regarde mon arbre généalogique, je vois à chaque génération un émigré, je vois des métiers de tous genres dont un grand nombre de paysans, un de mes aïeul est fils illégitime… Bref, je porte des bateaux, je suis catho… Et con !

  • Aristote a écrit ::

    @ Jor:

    Mon intuition est que l’on trouve autant de turpitudes à droite qu’à gauche, l’hommerie n’a pas de parti.

    Mais la gauche prétend être le camp du bien et du progrès indéfini…

    De ce que j’en ai vu, je ne suis pas certain que la droite soit moins sujette à cette illusion d’être du « bon côté ». Par exemple, à l’occasion d’un billet d’Aliocha sur le mariage pour tous, le débat en commentaires m’a laissé penser qu’un certain nombre de commentateurs opposés à ce projet étaient persuadés de détenir LA Vérité, et que les partisans du MPT seraient des moutons qui n’auraient d’autre motivation que l’idéologie et qui ne se baseraient sur aucun argument logique derrière. Alors bien sûr, tous les anti mariage pour tous sont pas de droite, et la position est caricaturale, et pas nécessairement représentative de tous les opposants à ce projet, mais c’est quelque chose que j’avais constaté à d’autres occasions aussi.

    Je précise qu’il ne s’agit pas de donner des leçons (étant moi-même tombé plus d’une fois dans le piège, ce serait malvenu), et c’est une attitude que j’ai aussi constaté à gauche (y compris à l’occasion de ce débat sur le mariage, d’ailleurs), mais je serais bien en peine de dire si elle est plus présente d’un côté où de l’autre de l’échiquier politique.

  • @ Yogui : « Le « catholique… de droite… bien habillé » est surtout le parangon de la classe dominante sûre d’elle-même, reproduite indéboulonnablement de génération en génération, sûre de son bon droit, et, lorsqu’il lui arrive de céder le pouvoir, stupéfiée que ses manifestations de rue ne soient pas immédiatement obéies. »

    Le « libre-penseur…de gauche… savamment négligé » est surtout le parangon de la classe « intellectuellement dominante » sûre de sa bonne conscience, dupliquée indéboulonnablement depuis Jean-Paul Sartre, sûre d’être du côté du bien et du progrès social, et, lorsqu’il lui arrive de se retrouver au pouvoir, stupéfiée que les manifestations de rue, forcément factieuses et fascisantes, ne soient pas immédiatement réprimées et l’ordre républicain respecté…
    Hé oui, c’est facile, …

  • @Koz,

    C’est tout simplement dans la nature du SM d’être dans l’action politique. Ces gens-là ont cessé de se comporter en magistrats.

    Peut-être que vous les connaissez mieux que moi et que ce que vous dites est vrai, mais ce ne sont pas 2m² de photos qui le prouvent.

    il se trouve au sein même du Ministère de la Justice, place Vendôme

    Il me semble voir là un peu de fausse naïveté de votre part. Ca me rappelle un peu les associations qui se font mousser en parlant des colloques qu’elles organisent à l’assemblée nationale. Ca fait bien de récupérer un peu de prestige. Dans les faits, elles louent un salle.
    Vous faites un peu la même chose à l’envers. Un local syndical c’est un local syndical, qu’il soit dans une arrière cour en Lozère ou au ministère de la justice.

    Les commentaires à la suite de votre billet sont intéressants.
    Le snobisme de ceux qui réclament de figurer parmis les cons eux aussi (grands fans d’Horetefeux je présume) le dispute à la fausse modestie de ceux qui estiment que la droite ne vaut pas mieux que la gauche en dehors du fait que la gauche est persuadée de sa supériorité.

    Alors que la droite n’est pas supérieure, juste lucide quand à la la fausse supériorité dont se prévaut la gauche. Bref, vous me suivez.

    Et pour ne pas trop changer, les catholiques, sont les éternels boucs émissaires. C’est catholiquement rassurant d’être en position de victime, non?

  • J’oubliais!

    s’il ne s’agit que d’une modalité de réponse ordinaire aux critiques politiques, qu’on m’explique pourquoi l’USM (majoritaire au demeurant) ne fait pas de même

    Rien ne dit que l’USM ne fait pas de même.

    le scandale n’est pas qu’on ait fini par l’apprendre.

    Pour moi il n’y a simplement pas de scandale. Le fait d’agrapher des portraits pas plus que le fait qu’on l’apprenne.

  • C’est d’ailleurs un grand classique de prévenir les étudiants de première année en fac qu’on ne s’adresse pas au juge par un tonitruant « Votre Honneur ».

    Une légende urbaine avec ses habituelles exagérations … Il est impossible, avec tous ces idiotismes dont le droit français s’enorgueillit, que les étudiants fassent une telle erreur. Il s’agit plutôt de s’amuser des témoins ou prévenus, ainsi que je l’avais lu dans un article d’un chroniqueur judiciaire, s’agaçant des expressions alambiquées qu’il entendait, comme répondre « tout à fait ! » pour oui. C’était il y a plus de 10ans…

  • les justifications, dans l’article paru ce jour dans le Parisien sont pires que tout ! Elles montrent à quel point ces magistrats sont persuadés d’être les dépositaires, je cite :  » de l’humanisme, la défense des libertés publiques, l’égalité des droits devant la justice », valeurs, je cite toujours, « classées à gauche » !!! C’est tellement ENORME que l’on hésite entre l’indignation et le rire, mais, en tous cas, cela les disqualifie absolument pour le job qu’ils sont censés exercer ! Appartenant aux cons de droite, je ne prétend pas, pour ma part, être propriétaire de quelque valeur que ce soit… avoir des valeurs en référence, certes, mais prétendre en être les dépositaires exclusif…

  • @Danette

    Je ne trouve pas l’article dont vous parlez, vous auriez le lien s’il vous plaît? Je suis tombé sur celui-çi qui parrait assez raisonnable.
    http://www.leparisien.fr/politique/le-mur-des-cons-s-attaquait-aux-idees-pas-aux-personnes-27-04-2013-2763779.php

    @Koz

    En regardant les photos, je comprends de moins en moins pourquoi vous êtes aussi affirmatif. On distingue Pujadas, Dieudonné, Charras. J’apprends que Robert Ménard porte plainte. Je n’ai pas imaginé jusqu’ici que l’on pouvait reprocher à ceux-çi d’être avant tout trop à droite.
    Sapin, pas vu.

    Où est la liste des épinglés? On voit bien que ça vous satisfait de présenter ce mur comme le symptome d’un complot gauchiste et que vous n’êtes pas le seul. Mais sur quoi repose cette interprétation? En fait, ce n’est peut-être qu’une occasion de plus pour certain de taper sur les juges… UMP en tête.

  • Pour les femmes et les hommes de gauche qui ne se retrouvent pas dans ce que disent, font le PS, le PC, le FDG,, les radicaux, les écolos la situation présente est inconfortable. Maigre consolation elle l’est peut-être aussi pour les femmes et les hommes de droite qui ne se retrouvent pas dans ce que disent, font le FN, l’UMP, le Modem, l’Udi? Reste encore la possibilité de s’investir dans des assos sur le terrain. Ce que font plus de 22 millions de Français.

  • Bonsoir Koz,

    je ne souhaite pas commenter l’histoire du « mur des cons » si ce n’est pour espérer qu’il y aura bientôt, à droite, un homme politique suffisamment doué pour exploiter sans se faire caricaturer toutes les contradictions et les « abus de pouvoir » de la gauche (à commencer par les alliances régulières du PS avec les staliniens du PC alors que l’on interdit les alliances électorales tactiques entre les poujadistes du FN et l’UMP). Il faudrait un vrai talent pour faire cela proprement, et je ne vois pas très bien qui peut s’y coller aujourd’hui (peut-être quelqu’un comme NKM si elle en a l’envie?). Pour l’instant, en tout cas, la gauche est plus habile au petit jeu des culpabilités. Dommage.

    Les a-priori existent dans tous les sens, et je dois dire que je partage assez celui contre les « cathos bien habillés »: je trouve le milieu souvent pesant, donneur de leçon, et peu incité à accueillir ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Je suis d’autant plus conforté dans cet opinion que la plupart des personnes extérieures neutres (typiquement des étrangers) avec qui j’ai échangé partagent mon opinion. Cet a-priori est pour moi un « outil » assez fiable à grande échelle: je suis a peu près sûr de me sentir mal à l’aise dans un mariage de « cathos bien habillés », ce qui m’incite souvent à m’excuser. Cependant, j’essaie de juger d’abord les individus avec qui j’ai à interagir sans cet a-priori, et comme partout, il existe toujours des individus qui valent mieux que le préjugé sur leur milieu. L’équilibre n’est jamais facile à trouver entre la niaiserie (tout le monde il est gentil et pareil) et le racisme (tu rentres dans la catégorie A, donc tu es comme ceci comme cela, et classé là). Je pense que la vérité intelligente est quelque part au milieu.

    Pour changer de sujet, je pense que nous ne sommes qu’au début du nettoyage des liens assez incestueux qui existent en France entre les hommes politiques et les différents lobbies, dont le premier d’entre eux, celui de la fonction publique. Je pense qu’il y aura des vérités désagréables à dire à beaucoup de milieux dont, mais pas seulement, et pas en priorité, celui des avocats d’affaires. les premières cibles me semblent clairement la fonction publique (juge et parti), le secteur médical (lien sécu / labos) et les entreprises qui bénéfient des marchés publics (et qui parfois possèdent aussi un média national).

  • @ amike : à tout hasard, vous n’avez pas oublié qu’en tant qu’avocat, il y a d’assez fortes chances que je sois moi-même passé par une faculté de droit ?

  • Dans tous les milieux, il est des groupes qui pensent appartenir à une élite. J’ai entendu un Chrétien évangéliste dire qu’eux ont la la vraie foi et que les chrétiens humanistes sont prétentieux de croire que leurs actes peuvent les amener au paradis. Les laïcards aussi savent-être surs d’appartenir à la vérité et méprisent souvent les croyants. Les cathos tradis bourgeois de centre ville ne sont qu’un groupe parmi d’autres avec ses codes vestimentaires et ses rites. Dans ces groupes d’origine diverse, il y a des individus différents avec leur richesse propre malgré tout le poids plus ou moins prégnant de leur tribu.

  • Le « mur des cons » et les remarques faites aux opposants du mariage pour tous – trop bien habilllés, trop blancs, trop cathos, trop Versaillais, j’en passe – sont autant de symptômes de l’exacerbation de nos divisions. Je vois avec tristesse que nous sommes en train de rattraper le modèle de débat politique des États-Unis: grosso modo, le camp d’en face est forcément composé de cons ou de salauds, ou d’une combinaison des deux. Et c’est vrai des deux côtés. Chacun ne parle qu’avec ceux qui sont déjà d’accord avec ses opinions, d’où un cercle vicieux de renforcement. Pour gagner de l’influence dans un tel cercle, puisqu’il n’y a pas de contradicteur, la solution la plus efficace est d’exprimer la version la plus extrême des idées du groupe. Les forums sur Internet, Facebook, etc… ne font que renforcer ce regroupement. Il est de plus en plus facile de n’écouter que les arguments qui nous arrangent.

    Le présent blog, qui accueille de vrais contradicteurs du point de vue qui y est présenté, est une salutaire exception: c’est pourquoi j’apprécie de le lire et d’y commenter. Écouter et considérer avec sérieux un point de vue diamétralement opposé, admettre qu’il soit potentiellement recevable et que celui qui le défend n’est pas un con, ni un salaud: tout cela relève d’une sorte d’hygiène mentale. Ce n’est pas la première fois remercie Koz pour cela.

    Ayant dit ça, je me vois obligé d’apporter un peu de contradiction ou de nuance sur quelques points de ce billet 🙂

    Bien sûr, il est odieux de se voir déclarer « tout le monde déteste les gens comme toi ». Ce genre de phrase révèle un sectarisme qui pour être inconscient n’en est pas moins grave: « tout le monde » signifie ici « tous les gens à qui j’en ai parlé », autrement dit, le cercle des gens qui sont d’accord avec moi: c’est la segmentation de la société dont je parlais plus haut qui est ici à l’oeuvre. Généraliser l’opinion de ceux qu’on connaît à « tout le monde » est non seulement irréfléchi, mais sectaire.

    Mais, tout de même, quelques points à l’adresse des chrétiens opposés au mariage des couples de même sexe, qui s’estiment blessés par les réactions à leur égard:

    1) Les chrétiens ne sont pas chrétiens parce qu’ils veulent être aimés, mais parce que Dieu nous aime – ce n’est pas la même chose.

    2) Les chrétiens ont abondamment été prévenus que leur point de vue ne serait pas toujours bien reçu, c’est le moins qu’on puisse dire (voir Jean, 15:18-21, entre autres).

    3) La conviction de faire partie du camp du Bien n’est pas uniquement de gauche. En la matière, j’ai lu pas mal de commentaires sur le thème « nous, on défend les enfants », expliquant que la cause des manifestants était désintéressée, contrairement à celle des partisans du projet de loi, qualifiés de « lobby gay » et autres amabilités.

    4) Pour regarder les choses bien en face, il faut reconnaître que les manifs « pour tous » ont réellement blessé un grand nombre d’homesexuels, qui se sont sentis mis en cause. Cela n’était pas l’intention de l’écrasante majorité des manifestants – je ne crois pas à l’accusation d’homophobie, facile, stigmatisante et systématique. Il n’empêche que d’autres que les cathos se sont sentis détestés pour ce qu’ils sont. Nous ne pouvons pas décider des sentiments d’autrui, nous ne pouvons que les constater. C’est le premier pas vers une possible réconciliation.

    Fol Bavard a écrit ::

    A l’origine, l’avocat n’était il pas considéré comme une profession « libérale » et donc présumé ne pas agir par esprit de lucre et de cupidité ? Faut croire que depuis, les choses ont changé…

    Je suis bien désolé pour tous les avocats. Malheureusement, le peu de considération qu’ils reçoivent remonte loin. Il semble qu’ils été hautement respectés… jusqu’au moment où ils ont demandé à être payés pour leurs services. Un problème d’image bien difficile à résoudre par les moyens classiques du marketing, je le crains.

  • Gwynfrid a écrit ::

    « tout le monde » signifie ici « tous les gens à qui j’en ai parlé », autrement dit, le cercle des gens qui sont d’accord avec moi: c’est la segmentation de la société dont je parlais plus haut qui est ici à l’oeuvre. Généraliser l’opinion de ceux qu’on connaît à « tout le monde » est non seulement irréfléchi, mais sectaire.

    Je suis bien d’accord avec toi. Il est évident que mon interlocuteur ne pouvait pas se prévaloir de connaître « tout le monde » et de pouvoir généraliser son appréciaiton à tous. En revanche, cela en disait long sur lui, son cercle de fréquentation, et la rédaction à laquelle il appartient.

    Poour le reste, je suis d’accord avec tes quatre points. Je soulevais juste l’impression inverse : il est communément admis que les homosexuels ont été blessés par cette mobilisation – et c’est compréhensible – mais cela ne gênait absolument pas mon interlocuteur d’enchaîner immédiatement sur un propos blessant et ce, en toute bonne conscience.

    Gwynfrid a écrit ::

    Malheureusement, le peu de considération qu’ils reçoivent remonte loin. Il semble qu’ils été hautement respectés… jusqu’au moment où ils ont demandé à être payés pour leurs services. Un problème d’image bien difficile à résoudre par les moyens classiques du marketing, je le crains.

    Je crois surtout que cette relative impopularité remonte à l’époque où l’on a commencé à s’abreuver de séries US, et à confondre l’exercice de la profession aux Etats-Unis et en France. La meilleure preuve en est que, dans une discussion sur le système français, tu nous cites un article sur la pratique US.

    Or, à mon sens, ce qui a surtout provoqué la mauvaise réputaiton des avocats US, c’est la dérive charognarde de certains et les honoraires incoryables touchés par d’autres ou les mêmes, dans un système radicalement différent au nôtre (mais qui s’explique aussi dans le sens où bien souvent les avocats exposent les frais lourds d’une procédure US sans être payés par leurs clients parce qu’ils ne sont rémunérés qu’au pourcentage des gains : quand ils perdent, ils ont exposé tous ces frais en vain, alors quand ils gagnent, ça les renfloue aussi de tout ce qu’ils ont perdu par ailleurs).

    Par ailleurs, j’ajouterais à l’article de Slate qu’il n’y a pas que l’honneur qui interdit la surfacturation, il y a l’honnêteté et, à défaut, le réalisme et la réalité. La réalité, c’est que les clients demandent de plus en plus un budget avant de te confier l’affaire, et ils entendent qu’il soit respecté. Si tu donnes un montant trop élevé, ils ne te retiennent pas. Le réalisme, c’est que si tu surfcatures ton client, il y a de bonnes chances pour qu’il se lasse.

  • @Gwynfrid : +1

    Curieusement, je n’ai à titre personnel aucun problème avec les avocats. Encore un sujet sur lequel je ne suis pas comme « tout le monde ».

    Pour revenir sur la phrase de ce journaliste : « tout le monde déteste les gens comme toi ». Elle contient à la fois le sentiment d’une opprobre générale, partagée par tous; mais également, implicitement, partagée par celui qui prononce la phrase lui-même. « Tout le monde déteste les gens comme toi » inclut « je déteste les gens comme toi », puisque je fais partie de tout le monde.

    Ce qui est marrant, c’est que ce soient les membres du « camp du bien » qui s’expriment de cette façon. J’ai bien conscience d’incarner de façon presque effrayante le « camp du mal » en raison de ce que je pense (libéral, pas écolo, pas anti-raciste, défavorable à la parentalité homo, pas d’hostilité envers les avocats…) et de ce que je suis (blanc, homme, 40 ans, diplômé, catholique, riche…). Et je serais totalement incapable de dire une chose pareille. D’abord bien sûr parce qu’il est évident que tout le monde ne pense pas comme moi. Mais surtout parce que je me sens bien incapable de détester aucune catégorie. Tout au plus de me méfier de certaines.

    @ Yogui:
    Le Chrétien sait qu’il croit, l’idéologue croit qu’il sait. De là découle tout le reste.

    Tout empressé de consolider l’édifice branlant de vos certitudes, vous invoquez un papier d’une indigence intellectuelle embarrassante sans vous poser une fois la question de savoir si la population qu’il mentionne correspond à celle de la MPT.

    Si vous ne lâchez pas votre marteau, vous n’avez aucune chance de vous apercevoir que le monde n’est pas un clou.

  • A l’auteur,
    pour votre interlocutrice acide: avez vous pensé un instant à la distance qui séparent les imaginaires de votre interlocutrice et le vôtre, ainsi que l’état social et économique qui vous sépare. Partant de là se rejoindre en éliminant avec soin tous les raccourcis que l’on fait au quotidien avec ses proches ( proches économiquement, socialement, intellectuellement demande un temps de connaissance, de frottement de pensée que l’on oublie souvent. Un avocat ne peut pas l’oublier. Il est lui responsable des mots, tout le monde n’ aps cette chance ni ce devoir.
    Pour les avocats d’affaires, votre diatribe est grtuite sauf à ce que vous ne connaissiez rien au monde des 1/ affaires au sens disons frauduleux , 2/ des grandes opérations capitalistes qui coûtent des fortunes en intermédiaires, des due diligences aux grandes stratégies de négociation oû appuis autant que conseils sont recherchés par les négociateurs. Les intérêts en jeu sont parfois énormes et les appuis politiques recherchés. Ces grands ténors de la négociation font un métier incompatible avec la neutralité d’un gouvernant, comme d’un fonctionnaire. Je ne parle même pas du volet fiscal qui est souvent une cause majeure des réorganisation des sociétés, des groupes.
    Affaires à suivre …

  • Gwynfrid a écrit ::

    Le « mur des cons » et les remarques faites aux opposants du mariage pour tous – trop bien habilllés, trop blancs, trop cathos, trop Versaillais, j’en passe – sont autant de symptômes de l’exacerbation de nos divisions. Je vois avec tristesse que nous sommes en train de rattraper le modèle de débat politique des États-Unis: grosso modo, le camp d’en face est forcément composé de cons ou de salauds, ou d’une combinaison des deux.

    Je partage la même opinion. Pour moi, cette polarisation dangereuse arrive dès que l’on souhaite mettre l’état au service soit d’une idéologie (souvent marxiste en Europe) soit d’une religion (chrétienne pour la discussion actuelle). Cela conduit à une polarisation qui est, en fin de compte, néfaste.

    Je préfère de loin une discussion politique centrée sur le rôle d’état comme « arbitre » entre les intérêts particuliers, et comme « dernier recours » pragmatique pour corriger les injustices les plus criantes de la société, bref un débat de technocrates entre libéraux et sociaux-démocrates. Dans cette optique, la défense de la famille traditionnelle est certes un vrai sujet de société, mais n’est pas principalement du domaine de la loi ou de l’état.

    Mais peut-être la politique a-t-elle besoin de ces sujets idéologiques, plus simples à comprendre et plus propres aux caricatures faciles pour garder de l’intérêt dans la population…

    Et l’on en arrive à se poser des questions sur la stabilité des systèmes démocratiques, qui semblent condamner à évoluer, à plus ou moins long terme vers ce genre de « culture wars » qui permet de se défouler collectivement.

  • @Koz

    cela ne gênait absolument pas mon interlocuteur d’enchaîner immédiatement sur un propos blessant et ce, en toute bonne conscience.

    Chaque groupe sera prompt à pointer les agressions dont il est victime; ce faisant, il ne se rendra même pas compte de celles qu’il commet. C’est là aussi un effet du cercle étroit dans lequel les idées circulent. Quand l’autre est un con et/ou un salaud. on ne parvient plus à échanger avec lui avec un minimum de civilité.

    Je crois surtout que cette relative impopularité remonte à l’époque où l’on a commencé à s’abreuver de séries US, et à confondre l’exercice de la profession aux Etats-Unis et en France. La meilleure preuve en est que, dans une discussion sur le système français, tu nous cites un article sur la pratique US.

    C’est possible. Mais justement, l’article fait référence à des écrits du Moyen-Âge, et à Shakespeare : on est loin des séries américaines. En v.f., j’ai trouvé cette citation de Pascal : « L’affection ou la haine changent la justice de face. Et combien un avocat bien payé par avance trouve-t-il plus juste la cause qu’il plaide ! « 

    @ Lib: Je crois assez peu aux descriptions simplistes du style « camp du Bien ». Le camp du Bien, vu de ma fenêtre, c’est mon camp. Le camp du Bien vu de chez l’autre, c’est le sien. Le problème se pose quand les deux camps (ou trois, ou quatre, ou cent) sont tellement convaincus de défendre le Bien (autrement appelé l’égalité, la liberté, le bonheur des enfants…), qu’ils en refusent de considérer les autres autrement que comme des suppôts du Mal (appelés homophobes, dictateurs, assassins d’enfants…).

    canard sauvage a écrit ::

    cette polarisation dangereuse arrive dès que l’on souhaite mettre l’état au service soit d’une idéologie (souvent marxiste en Europe) soit d’une religion (chrétienne pour la discussion actuelle).

    Je crois que l’explication sur base religieuse ou idéologique est une fausse piste. Les manifestants pour ne le faisaient pas sur la base d’une idéologie abstraite, et les contre ne le faisaient pas sur la base de leur foi (leur a-t-on assez dit que l’Évangile ne parle nulle part d’homosexualité!). Les partisans de la loi défendaient naturellement leur intérêt, et ceux de leurs amis et connaissances qui souhaitent fonder une famille comme les autres. Les opposants défendaient non pas une vision religieuse de la société, mais un simple conservatisme social. Notez que je ne mets aucune connotation péjorative derrière ce terme: je désigne simplement par là les gens qui se sentent, au plus profond d’eux-mêmes, mal à l’aise dans une société où les structures familiales et sociales évoluent brutalement, apparemment hors de tout contrôle. Le fait religieux n’est qu’un aspect collatéral de l’appartenance à ce groupe. Il ne détermine pas l’opinion, il est par contre bien commode, pour l’adversaire, quand il s’agit de stigmatiser, comme l’exemple donné par Koz le montre sous un jour cru. En ce sens, le récent débat était bien « une discussion politique centrée sur le rôle d’état comme « arbitre » entre les intérêts particuliers », comme vous dites. Le fait que ces intérêts n’étaient pas d’ordre économique n’en fait pas pour autant un débat désintéressé.

  • Gwynfrid a écrit ::

    En ce sens, le récent débat était bien « une discussion politique centrée sur le rôle d’état comme « arbitre » entre les intérêts particuliers », comme vous dites. Le fait que ces intérêts n’étaient pas d’ordre économique n’en fait pas pour autant un débat désintéressé.

    Bonjour,

    je ne partage pas exactement votre analyse. Pour moi, les opposants au mariage pour tous ne défendent pas leur intérêt particulier (cela ne change absolument rien pour Koz que les homosexuels se marient, à quelques détails près), mais une vision de la société (la famille traditionnelle) que l’on souhaite garder officielle. Je pense que l’on se sent beaucoup plus légitime pour imposer une vision de la société quand celle-ci est inspirée d’une religion ou d’une quasi-religion, comme le marxisme. En pratique, j’ai l’impression qu’en occident, seuls le marxisme et le traditionalisme chrétien ont la force suffisante pour influencer de façon significative le débat politique.

  • canard sauvage a écrit ::

    Je pense que l’on se sent beaucoup plus légitime pour imposer une vision de la société

    Je suis toujours perplexe sur cette idée que l’on « imposerait » une vision de la société. La société est-elle si faible d’esprit que le seul fait de soutenir sa conviction soit l’imposer ? Ou est-ce, confusément, que l’on entend que cette conviction soit tout simplement tue, parce que même la dire serait inacceptable ? Au passage, je n’ai pas fondamentalement l’impression que nous ayons imposé grand-chose, en l’occurrence. Il semblerait même, au contraire, que ce soit le pouvoir socialiste qui nous ait imposé sa vision de l’Homme. Figurez-vous qu’il n’est même pas religieux (sauf à prendre en compte ses soubassements marxistes), ce qui tend à invalider un poil votre théorie.

  • canard sauvage a écrit ::

    Pour moi, les opposants au mariage pour tous ne défendent pas leur intérêt particulier (cela ne change absolument rien pour Koz que les homosexuels se marient, à quelques détails près), mais une vision de la société (la famille traditionnelle) que l’on souhaite garder officielle.

    Étant partisan de la réforme, j’ai moi aussi employé l’argument selon lequel elle ne change rien pour ceux qui s’y opposent. Mais j’ai fini par comprendre que cet argument est erroné. La réforme change la structure de la société dans laquelle nous, partisans comme opposants, allons vivre. On peut dire (c’est mon avis) que ce changement est mineur relativement au statu quo, parce que les couples homosexuels avec enfants existent de toute façon, etc. – ne refaisons pas le débat. Mais pour d’autres, ce changement est important, et affecte leur bien-être à vivre ensemble dans cette société. C’est une question de perception, et vous ne pouvez pas imposer (tiens, encore ce mot…) à Koz de percevoir les choses de la même façon que vous.

    Lib a écrit ::

    Curieusement, je n’ai à titre personnel aucun problème avec les avocats.

    Moi non plus. C’est une profession tout aussi honorable qu’une autre. À ce titre, les explications maladroites de Mme Vallaud-Belkacem pour définir le « mauvais avocat » sont lamentables. Tout ceci n’est qu’une tentative transparente pour embarrasser M.Copé et ses collègues avocats-députés de l’oppostion, dans le contexte de l’affaire Cahuzac.

    Cela dit, le problème du conflit d’intérêt potentiel est réel, et ne se limite pas aux avocats. L’exercice d’une profession quelle qu’elle soit, en parallèle avec un mandat, comporte ce risque. Indépendamment de cela, nous payons les députés pour exercer un rôle à plein temps, me semble-t-il. Au minimum, la déclaration des intérêts des parlementaires et ministres paraît nécessaire, beaucoup plus que celle du patrimoine.

  • Gwynfrid a écrit ::

    Cela dit, le problème du conflit d’intérêt potentiel est réel, et ne se limite pas aux avocats. L’exercice d’une profession quelle qu’elle soit, en parallèle avec un mandat, comporte ce risque. Indépendamment de cela, nous payons les députés pour exercer un rôle à plein temps, me semble-t-il. Au minimum, la déclaration des intérêts des parlementaires et ministres paraît nécessaire, beaucoup plus que celle du patrimoine.

    Tout à fait d’accord sur la déclaration des intérêts.

    Sur la « profession », quand plus de la moitié des députés sont fonctionnaires ou assimilés, il me semble que l’on a aussi un vrai problème.

  • Koz a écrit ::

    Il semblerait même, au contraire, que ce soit le pouvoir socialiste qui nous ait imposé sa vision de l’Homme.

    Dans une démocratie, quelle que soit la couleur du pouvoir en place, la majorité impose de fait ses choix aux diverses minorités existantes . Et comme disait Churchill…

  • Le journaliste dont vous rapportez les propos a tendance à généraliser un peu trop son expérience dans le microcosme médiatique parisien.

    Il y a sans doute des gens qui vous détestent, mais il est certain qu’ils se détestent eux-mêmes avant tout.

    Il faut prier pour eux.

  • Gwynfrid a écrit ::

    Je crois que l’explication sur base religieuse ou idéologique est une fausse piste. Les manifestants pour ne le faisaient pas sur la base d’une idéologie abstraite, et les contre ne le faisaient pas sur la base de leur foi (leur a-t-on assez dit que l’Évangile ne parle nulle part d’homosexualité!). Les partisans de la loi défendaient naturellement leur intérêt, et ceux de leurs amis et connaissances qui souhaitent fonder une famille comme les autres. Les opposants défendaient non pas une vision religieuse de la société, mais un simple conservatisme social.

    Certains des manifestants pour le faisaient dans leur intérêt. Mais un bon nombre de personnes, surtout les symathisants, l’étaient par idéologie. C’est le sens du progrès, on est en retard sur le monde, un couple homo doit avoir les mêmes droits, etc. Ce n’est pas parce qu’on a des amis homos qui un jour peut-être voudront avoir des enfants qu’on combat dans l’intérêt de ses proches.

    Pour les opposants, ne refaisons pas le débat, mais la présence ou non dans l’évangile est fallacieuse. Jésus n’a rien dit sur l’homosexualité, ni sur les mères porteuses, ni sur le clonage, ni sur Lady Gaga. On peut raisonnablement penser que l’homosexualité n’existait pas en Israel, ou était extrêmement marginale. Vu ce que l’ancien testament en disait, ce n’est guère étonnant. Donc Jésus n’allait pas parler de quelque chose n’existant pas. Et normalement, l’ancienne loi prime à moins d’avoir été remplacée par la nouvelle. S’il faut que Jésus ait un avis sur l’homosexualité, on doit raisonner par analogie. Quand Jésus s’adresse à Marie-Madeleine, il n’encourage pas l’adultère en général, mais fait preuve de miséricorde individuelle. Pas d’approbation en général, pas de condamnation des individus.

  • ///l’activité de conseil à proprement parler, sans plaidoirie, pour des intérêts de nature privée, susceptible d’introduire le doute sur l’impartialité du parlementaire///

    Quand vous « plaidez », c’est plus évident que vous recevez de l’argent d’une entreprise ou d’un lobby.
    Par exemple à ma portée-et d’actualité:

    [Modéré : ces passages comportent l’imputation de faits que je n’ai pas la possibilité de vérifier et qui pourraient paraître diffamatoires] .

    C’est dommage qu’une porte-parole s’exprime assez mal quand elle a des choses importantes à dire.

  • ///Tout le monde déteste les catholiques de droite bien habillés///
    « IMHO », « tout le monde »-enfin ceux qui n’en sont car les autres ont le tort de s’en congratuler trop ostensiblement de mon point de vue d’opposante à la GPA, y compris parmi vos commentateurs- déteste « les héritiers conformistes bien habillés sans fantaisie ».

    Ces « biens habillés conformistes » qui, dans l’imaginaire collectif français, sont à l’abri du besoin financier: ils ont reçu , ou recevront un « coup de pouce » des parents pour s’acheter un appartement pour imager la chose.

    Les bourgeois bohèmes et les nouveaux-riches « un peu vulgaires » agacent aussi sur leur apparence mais pas les mêmes personnes.

    Si vous pensez que seul le pdt Hollande n’aime pas les riches en France et bien vous vous trompez et le « old money » passe particulièrement mal.

    Ceci n’est qu’un avis car la psychiatrie et la psychologie ne sont pas des sciences – et je vous conseille, en passant, de vous appuyer sur la biologie et pas la psytrucmachin pour mettre en avant les relations mère biologique/enfant.
    L’apparence est trompeuse et ignorer l’existence des « mamies biscottes » des beaux-quartiers « à l’apparence détestable » qui ne mangent pas à leur faim pour payer les charges d’un appartement trop cher avec leur pension de réversion en refusant par fierté les aides sociales auxquelles elles auraient droit , est une faute professionnelle dans mon métier.

    Ajoutons qu’en France, comme aux USA, les avocats sont détestés car « 99% d’entre-eux donnent une mauvaise image du reste de la profession » pour traduire une blague américaine éculée tout simplement parce que vos honoraires pour un travail diligent part un praticien intelligent et honorable n’est accessible qu’aux plus riches ou à ceux qui sont soutenus par une association(et non, je n’ignore pas qu’aux USA sont aidés aussi les plaignants sans fortune (en argent ou en entregent) ni soutien d’association assez riche qui ont à se plaindre plausiblement d’une personne -morale ou pas au sens juridique de l’épithète-très solvable.

  • dedenn a écrit ::

    On peut raisonnablement penser que l’homosexualité n’existait pas en Israel, ou était extrêmement marginale. Vu ce que l’ancien testament en disait, ce n’est guère étonnant.

    J’émets une hypothèse sur le pourquoi de la condamnation de l’homosexualité par l’Ancien Testament.

    Faisons une analogie avec l’interdit portant sur la consommation de certaines viandes, proscrites au départ non pour des raisons morales mais sanitaires.

    A l’époque de la Bible, la richesse, la survie des vieux, c’était les enfants, pas de caisses de retraite. On comprend donc que l’homosexualité était mal vue. De là tout l’intérêt d’en faire un interdit moral pour la contenir au maximum.

  • @ Hervé:
    Je suis en général favorable aux explications pragmatiques des coutumes religieuses, mais là je pense que vous faites fausse route. Les grecs et les babyloniens avaient une sexualité bien plus libre que les hébreux. Sans que ça les empêche d’honorer bobonne afin de s’assurer une descendance.

    Sociétés plus urbaines, donc moins pudibondes? Je crois plutôt que c’est fondamentalement lié au monothéisme. Contrairement à ses concurrents polythéistes, Yahvé n’a pas de relations adultères, ni même d’épouse légitime. Et il réprouve les turpitudes de David et Salomon. Seule la sexualité reproductive a une chance d’être légitime dans ce cas. Alors que la sexualité dans d’autres religions peut avoir une part de divin, en imitant les dieux.

  • Excellent débat aujourd’hui à France Inter avec Koz, figure représentative de la jeune France con…servatrice.

  • Merci Koz pour ce billet. Toujours aussi plaisant à lire.

    Si cela peut vous consoler un peu, je suis encore plus con que vous !
    Homme, catholique,breton, blanc, hétérosexuel, pas à gauche et bien habillé (quand ma femme arrive à m’y contraindre), je partage avec vous la parfaite panoplie de la détestation, seules la particule et la cheucheu manquent à l’appel.

    Mais en plus de vous, je crée plein d’emploi avec mon entreprise ! Pire, de vrais emplois, en CDI, pas subventionnés, qui créent de vrais richesses, sans (et même contre) l’assistance bienveillante de l’Etat ! Le cauchemar de la gauche : tout ce qu’elle ne sait pas faire. Alors rejoignez moi, développez votre cabinet, embauchez plein de monde et devenez un super-con, celui qui peut dire aux syndicalistes : combien d’emplois avez vous créés l’an dernier? combien de richesses avez vous produites? de combien avez vous contribué au Trésor Public ? Là vous aurez le droit à la haine absolue, parce qu’il faut bien le reconnaître, ces gens là savent détruire les richesses, mais pas les créer. Et encore moins enrichir le TP. Et qu’ils n’aiment pas que l’on soit la preuve que le contraire est possible. Si en plus vous tenter d’abolir la lutte des classes dans votre entreprise pour y glisser un peu de doctrine sociale de l’Eglise, là vous leur faites faire une attaque. En cas de Prud’hommes face à la CGT, c’est un pur bonheur à plaider, ils ne peuvent que répéter leur petit disque dur en boucle.
    Allez courage, il y a des jours où l’on est fier d’être un con. J’ose espérer que le SM avait mis la Manif pour Tous sur son mur, comme ca nous aurons tous la fierté de figurer un peu sur le mur de ces petites gens.

  • Cet article me laisse un goût un peu amer.
    Parce que, comme vous, je constate et déplore que les personnes qui portent le cliché du catho bourgeois conservateur fassent l’objet d’autant de mépris, voire de détestation. Mais je partage l’avis de Yogui. Si on les déteste, c’est surtout parce qu’ils jouissent d’une situation sociale enviable qui est le fruit certes de leur travail, mais aussi, il faut bien le dire, d’une origine sociale qui aide bien. Et qu’ils ne veulent pas l’assumer.

    Maintenant, puisqu’il est question de sectarisme, excusez moi mais je retourne volontiers la chose. Ce que j’ai lu, y compris ici, sur les gens qui comme moi, ont l’outrecuidance d’être cathos, bourgeois (ou en passe de le devenir), et d’être favorable au mariage pour tous, se sont trouvés relégués au fond de leur église : le débat que les anti mariage gay ont demandé à l’Etat (et obtenu !!! Oui on a débattu, et je remercie la Manif pour Tous, pour cela. Le débat était nécessaire, la gauche voulait l’escamoter, vous l’en avez empêchée et c’est une bonne chose), a-t-il eu lieu dans l’Eglise? Nos évêques ont-ils seulement osé dire que tous les catholiques ne partagent pas leur avis? Combien de paroisses ont organisé un débat interne avec des paroissiens pro et anti?
    Catho et pour le mariage gay, j’ai le choix entre le mépris pour la « mauvaise chrétienne, et traitre » que je suis, la négation officielle de mon existence, au mieux la commisération : je suis une gentille catho qui « fait du social », qui n’a évidemment pas la capacité d’une réflexion intellectuelle, morale voire théologique sur la question, pensez-vous…

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  • @ Marie:

    « Si on les déteste, c’est surtout parce qu’ils jouissent d’une situation sociale enviable qui est le fruit certes de leur travail, mais aussi, il faut bien le dire, d’une origine sociale qui aide bien »

    En quoi aide-t-elle bien au fait ? A avoir de l’argent ? A ben non perdu, on hérite rarement à moins de 50 ans et heureusement. Ensuite dans des familles catho à 5 enfants ou plus avec un seul salaire, l’argent il y en a souvent moins que chez un couple d’instits laïcistes (ou pas) avec un seul enfant.

    Alors elle aide en quoi ? Par l’éducation ? Ce serait la transmission de valeurs qui aiderait ? Surement ! Et il serait légitime de détester des gens parce que leur efforts et leur travail familial produit de meilleurs résultats que les guignoleries de ceux qui croient que l’on peut réinventer l’eau chaude à chaque génération sans se fatiguer et qu’il n’est pas nécessaire de se forcer et d’avoir des règles pour être épanoui ? C’est la version socialiste de la cigale et la fourmi. La cigale aurait raison de détester cette sal**** de fourmi qui s’est bêtement fatiguée pendant que l’autre gazouillait et qui a l’arrivée est mieux lotie de façon parfaitement inéquitable et haineuse (faut reprendre la phraséologie).

    Allez, pour établir l’égalité et la justice pour tous, les rejetons bien élevés de la fourmi seront filés à la cigale qui refilera ses chiards imbus d’eux-mêmes et mal élevés à la fourmi pour sa rééducation. Pas de raisons que ce soient toujours les mêmes qui profitent !

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