Une autre stratégie était, et reste, possible à droite

Le pistolet à un coup a encore tiré. En vain, par définition. L’échec à la présidentielle vient s’ajouter à la liste continue des échecs électoraux successifs de la droite depuis 2007.

Pas un seul scrutin remporté depuis lors et pourtant, aujourd’hui, les Buisson, les Peltier et leurs soutiens martèlent, avec fureur parfois, qu’il n’y a pas d’autre stratégie possible. Avouez qu’il y a de quoi rester perplexe.

En jeu ? Pas une petite revanche post-électorale mais l’orientation de l’UMP et d’une part de la société française. Pas un règlement de comptes mais une conception de la politique.

Une seule stratégie possible : celle qui conduit à l’échec ?

Quand je dis que la droite n’a pas remporté un seul scrutin depuis 2007, j’omets une élection : les européennes. Les européennes, le seul scrutin qui ne se soit pas déroulé sur fond de polémique sur l’identité nationale, les minarets, la burqa ou la laïcité. Au lieu de cela, ce scrutin s’est déroulé sur la base de l’incontestable réussite de la présidence de l’Union Européenne et il a été mené, en première ligne, par Michel Barnier, un homme politique aux antipodes des personnalités clivantes chéries par l' »école Buissonnière ». 2009, c’était aussi l’époque où, après la crise financière, on entendait Barnier et Fillon parler d’une économie de la sobriété… Et c’est, répétons-le, l’unique scrutin qui a été remporté par la droite. Les municipales ont été perdues, les régionales ont été perdues, les cantonales ont été perdues, les sénatoriales ont été perdues.

L’homme qui aurait pensé la « stratégie », avec une telle constance dans l’échec que ce mot fait tristement sourire, explique sans ciller qu’il n’y en avait pas d’autre possible. Il n’y a qu’une stratégie possible, elle ne mène qu’à l’échec.

Alors, dira-t-on, quitte à perdre, autant que ce soit sur nos idées, non ? Comme l’a déclaré Jean-René Lecerf, trop tôt peut-être,

« Si c’est pour perdre il vaut mieux perdre les armes à la main. J’aurais préféré que le combat se fasse sur les valeurs qui sont les nôtres. »

Mais à ma droite, on persiste, pensez donc : l’occasion est unique de droitiser définitivement l’UMP. Alors, on poursuit la politique sondagière, et la relecture à base de graphiques d’apparence rigoureuse.

La stratégie Buissonière a plombé Sarko pendant cinq ans

De façon symptomatique et révélatrice, le si Buissonnier Salon Beige m’interpelle. Cette sollicitude soudaine pour l’UMP est touchante, lui qui diffuse habituellement plutôt les bulletins de santé de Bruno Mégret, Carl Lang ou Bruno Gollnisch… Le Salon Beige produit un graphique. A l’école de Peltier et de Buisson, les voilà analystes de l’opinion.

Il faudrait comprendre en somme que Nicolas Sarkozy a perdu du terrain chaque fois qu’il s’est écartée de leur ligne. En premier lieu, l’épisode du Traité de Lisbonne serait responsable de la plongée de Nicolas Sarkozy dans la tourmente. Il est possible qu’il ait eu un impact. Mais les rédacteurs oublient opportunément le « bouclier fiscal », instauré par la loi TEPA adoptée le 21 août 2007.

Il est trop facile d’attribuer une évolution à un fait unique. Mais il ne sera pas dit que nous ne sommes pas joueurs. L’examen de l’évolution de la cote de confiance (Sofres, mais les autres instituts ne montrent pas une évolution différente) de Nicolas Sarkozy depuis 2007 illustre qu’après ce premier et impressionnant décroché, il s’en produit un autre.

Entre octobre 2009 et avril 2010, Nicolas Sarkozy perd pas moins de 9 points. 39% de Français lui faisaient confiance en octobre 2009, ils ne sont plus que 29% en avril 2010. Que s’est-il passé à cette époque ? C’est le dramatique épisodedu si mal mené débat sur l’identité nationale. Discuté dès le mois d’octobre, il s’ouvre en novembre, se clôt en avril… Débat sur l’identité nationale : -9.

Le mois de mai 2010 dessine une légère embellie. Pensez donc : la cote de confiance passe à 30%. C’est l’éclate, 30%. Las, elle rechute immédiatement de 4  points et s’établit à 26% en juillet 2010. Mai, juin, juillet 2010 ? C’est le débat sur la burqa. Au mois de mai 2010, l’Assemblée vote la résolution sur la burqa. En juillet 2010, elle vote la loi d’interdiction.  Juin 2010, c’est aussi l’affaire du saucisson-pinard… Débat sur la burqa : – 4.

Un autre exemple ? En avril 2011, l’UMP tient un débat sur la laïcité que d’aucuns qualifient de débat sur l’islam. En avril, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy est à 23%. En mai, elle est à 20%. Au plus bas de tout le quinquennat… Débat sur la laïcité : -3.

Il est trop facile d’attribuer une évolution à un fait unique, disais-je. Mais la répétition interpelle. On comprend à tout le moins que les bénéfices de la stratégie droitière sont au minimum incertains.

A l’inverse, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy bondit de 10 points en juin 2009. Effet du succès des européennes, probablement. La seule élection qui ne se soit pas jouée sur fond de dénonciation de l’islam.

Et lorsqu’elle bondit encore de 6 points, en novembre 2011, ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a lancé quelque débat sur la taille des babouches, mais très vraisemblablement pour son rôle international dans la tourmente des finances publiques.

Les Buissoniers oublient aussi que la ligne droitière compte pour beaucoup dans l’antisarkozysme, et que ce dernier a servi de ciment à la campagne de Hollande. À force de vouloir être clivant, il a suffi à François Hollande de jouer à l’inverse les passe-murailles. Démonstration vivante qu’une présidentielle ne se joue pas nécessairement sur le clivage, les Français ont élu un candidat pour lequel la transparence a tenu lieu de stratégie. Depuis dimanche, Nicolas Sarkozy fournit un contre-exemple de ce qu’on lui a reproché : il affiche sérénité, panache, stature et capacité de rassemblement. Vrai ou faux, combien de fois ai-je lu et entendu, depuis dimanche, par certains de ses détracteurs que les choses auraient pu être différentes s’il avait plus souvent montré ce visage-là ? On me dira que la popularité ne fait pas un vote, mais l’impopularité non plus.

L’efficacité même de la stratégie droitière sur les reports de voix entre les deux tours est douteuse, comme le relève Dominique Reynié sur France Culture, alors pourtant que Nicolas Sarkozy n’a pas laissé l’ambiguïté planer.

Une seule stratégie peut-être… quand on a carbonisé toutes les autres

Alors non, décidément non, il n’y a pas qu’une seule stratégie possible pour la droite. Ou alors une seule stratégie possible pour Nicolas Sarkozy, après ce quinquennat.

Une fois encore : le « curseur » ne s’est pas déplacé, on l’a déplacé. L’électorat ne s’est pas droitisé, on l’a droitisé.

Vous pouvez déjà le constater dans votre entourage. Pour un peu plus de sérieux, vous vous reporterez à ce débat sur France Culture, repris par Mediapart ((vous connaissez l’expression : « ce n’est pas parce que Mediapart dit que le ciel est bleu que je vais dire le contraire »)) : les politologues Nonna Meyer et Stéphane Rozès le soulignent. Ce dernier signale même le changement d’attitude des électeurs UMP à l’égard du FN, directement induit par le discours de Grenoble :

« Avant le discours de Grenoble, un tiers d’entre eux voulaient une alliance avec le FN. Entre le discours de Grenoble et la présidentielle, environ la moitié, au moment du premier tour jusque 60 %, et aujourd’hui 66 %. » 

L’électorat de droite n’est pas plus moutonnier qu’un autre, mais on le mène où l’on veut, lui aussi. Et on en subit les conséquences. Car, comme le souligne cet autre politologue, Pierre Martin, Nicolas Sarkozy s’est « enfermé dans un piège« . Il s’est mis lui-même dans un corner. Toujours contraint de surenchérir, parce que l’électeur s’habitue à tout, il s’est placé d’office dans l’incapacité de parler à un autre électorat que l’électorat FN. A supposer qu’il n’y ait plus eu qu’une stratégie possible, ce n’est pas en raison d’une quelconque fatalité, mais parce qu’ils ont saboté toutes les autres.

S’il ne pouvait plus parler qu’à l’extrême-droite, c’est qu’il s’était lui-même irrémédiablement coupé de tout espace au centre.

Pas de fatalité pour la droite

Il n’y a pas de fatalité, pas de destin. L’UMP – la droite – n’est pas condamnée à aller chercher ses thématiques dans le programme du FN. Cela ne signifie pas non plus qu’elle devrait ignorer les questions d’immigration et de sécurité. Gare au piège rhétorique grossier de ceux qui vous répondent : « Donc, on ne parle plus d’immigration ? D’insécurité ? ». On peut traiter un sujet sans en faire son horizon.

Il ne doit pas y avoir de fascination non plus. A titre d’exemple, lorsque Jean-Paul Garraud déclaredans un propos teinté de défaitisme et de soumission,  que « la dynamique est sur le FN depuis 2002« , il ne s’agit pas d’une donnée factuelle mais d’un souhait personnel d’alliance. Il n’y a aucune illusion à avoir sur les raisons qui poussent les uns et les autres, sous couvert de sondages et de courbes de popularité, à prôner une stratégie droitière. Ils ne font que valider leur pente de toujours.

Comme illustré précédemment, on peut faire dire aux chiffres une chose et son contraire.

Restent les convictions, et la conception que l’on se fait de la politique : faut-il suivre les tendances ou les imprimer ?

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

112 comments

  • Et on notera que ledit Guillaume Peltier est en délicatesse à Tours où, en plus des éléments soulignés dans mon billet, la situation locale autorise peut-être encore moins les stratégies droitières. L’UMP peut décider de poursuivre sur la ligne Buisson, pour les législatives, mais elle risque aussi d’oublier que les législatives, ce sont 577 situations locales.

  • Oui, une autre stratégie était possible à droite. Aurait-elle permis de gagner ? Je n’en suis pas vraiment sûr. On pourra refaire tout le quinquennat, j’aurais également préféré que pas mal de choses se déroulent différemment. Mais on joue avec les cartes qu’on a, elles permettaient autant une campagne plus centriste qu’une campagne à droite, au final, je ne crois pas qu’elles étaient assez fortes pour l’emporter.

    J’ai un désaccord de fond avec un point de ce billet : je ne pense pas que les politiciens puissent « imprimer » les tendances. S’ils avaient vraiment de l’influence auprès de la population, bon nombre de problèmes se règleraient bien plus facilement, alors que ce que je vois, c’est surtout de la défiance. Généralement, celui qui est élu est celui qui correspond le mieux à l’humeur de la population, quand il ne s’agit pas simplement de voter contre quelqu’un.

    Dès lors, que fait-on des électeurs du FN, plus nombreux que jamais ?

  • Oui, on peut refaire le quinquennat, sans que cela soit pertinent. C’est aussi ce que je voulais illustrer en prenant la même méthode que le Salon Beige. Je ne pense pas avoir tout faux non plus, mais ce n’est même pas l’essentiel.

    Ce qui est essentiel en revanche, c’est d’en revenir aux convictions. Que les Buisson, Peltier et autres nous expliquent qu’ils veulent que l’UMP se droitisent, parce que leurs convictions sont à l’extrême-droite ou à la droite extrême, c’est une chose. Qu’ils nous expliquent qu’il n’y a pas d’autre choix possible, non.

    En ce qui concerne les tendances, évidemment, ma formule est… une formule. Il y a bien des domaines dans lesquels la tendance, le fait de société, préexistent, mais il y a également des cas dans lesquels le politique est en mesure de créer le mouvement. Tiens, par exemple, et même si je ne néglige pas le fait que le vote extrême n’a pas monté qu’en France, Nicolas Sarkozy a bel et bien droitisé une partie de l’électorat de droite.

    Quant aux électeurs FN, le « plus nombreux » n’est pas davantage une fatalité. On peut choisir de leur répondre en leur disant ce qu’ils veulent entendre, ou de mettre en place des réponses de fond, qui s’attellent aux causes et non aux symptômes (je sais que cette réponse manque de concret, mais il faut que je bosse,a ussi).

  • Plutôt d’accord dans l’ensemble, sauf sur l’analyse des élections européennes : les européennes de 2009 n’ont pas été un succès pour l’UMP ! Disons juste qu’ils ont réussi à cacher leur défaite…

    C’était un scrutin à 1 tour ; avec des listes de centre-droit unies, l’UMP-NC a donc réussi à arriver en tête avec moins de 28% des voix. Grâce au découpage bizarre des régions électorales pour cette élection, la droite a eu 29 sièges. En face, le PS (qui sortait du Congrès de Reims) s’est royalement planté, avec 16,5% des voix et 14 sièges, rattrapé par les Verts, 16% et 14 sièges aussi. L’UMP avait donc un résultat assez médiocre, qui n’apparaît bon que lorsqu’on regarde la nullité du score d’un PS divisé. On peut à peine dire qu’ils avaient limité la casse…

    A mon sens, l’UMP s’est plantée au cours des 5 dernières années pour une raison simple : elle n’a pas été cohérente. Elle aurait pu se rapprocher du FN (tendance Buisson, ce qui n’est pas mon souhait), ou choisir d’être une droite gaulliste, de gouverner au centre, ou de s’ouvrir à la gauche. Elle aurait pu être nationaliste, centriste, libérale, conservatrice… Je ne sais pas ce qui aurait le mieux marché en terme de résultats électoraux. Mais elle a essayé de tout faire à la fois (parler d’identité nationale avec un ministre ex-socialiste, vouloir être forte sur les valeurs de droite et embaucher Frédéric Mitterrand…) et ça a raté. Elle n’a pas de valeurs définies clairement, pas d’idées pour notre pays, pas de vision pour notre civilisation.

    La gauche n’en a pas plus. Tant que ce sera comme ça, il continuera à avoir une alternance droite-gauche, comme à (presque) chaque élection législative depuis Giscard. Ça renforcera l’idée que tous les partis de gouvernement se valent, et donc ça renforcera Mélenchon et Le Pen.

  • Deux petites remarques:

    D’abord, Nicolas Sarkozy a tout fait pour éviter de parler de son bilan. Peut-être considérait t-il lui-même qu’il n’y avait pas grand chose à défendre, ou peut-être qu’il ne voulait pas parler de trucs compliqués à l’électorat, mais le fait est qu’il n’a jamais vraiment défendu son bilan. Il n’a pas non plus fait d’effort pour parler de son « projet » (si tant est qu’il en ait eu un…), présenté à la hâte à deux semaines du premier tour, et dont à peu près personne à part des cadres de l’UMP ne pourrait aujourd’hui en résumer les grandes lignes. Une fois le bilan et le projet exclus comme sujet, il faut bien remplir le temps de parole avec quelque chose. Une bonne polémique qui clive, ça a toujours permis à Sarkozy de faire parler de lui, à défaut d’autre chose, c’est donc beaucoup plus facile, et beaucoup plus attrayant que de faire de la politique.

    Ensuite, pour le coup, je ne suis même pas certain que votre analyse soit si juste que ça, au moins pour ce qui est de la présidentielle. La stratégie hyper-droitière de Sarkozy entre les deux tours lui a permis, au grand dam des républicains, de réduire l’écart sondagier qui le séparait de François Hollande. L’électorat de droite dite « modérée » a très majoritairement voté pour lui malgré tout, pour éviter le péril trotskiste que représentait le candidat PS… Avec la peur irraisonnée de son rival qu’il avait réussi à installer parmi les électeurs de droite (aidé d’ailleurs par Bayrou qui avait prévu une « catastrophe » économique si Hollande arrivait au pouvoir), Sarkozy aurait bien pu proposer le rétablissement de la peine de mort que ses électeurs auraient encore voté pour lui les yeux fermés en se trouvant des excuses. Désigner des ennemis (les étrangers, les médias, etc) lui a aussi permis de ressouder et remotiver temporairement sa base, avec possibilité de piocher dans l’électorat du FN, sans réel risque de perdre de l’électorat centriste (en fait de centre-droit), qui a préféré conspuer Bayrou pour sa « trahison » que de se remettre en cause.

    Si ça se trouve, avec une ou deux semaines de plus à ce rythme, le futur ex-président aurait même pu être réélu. En tout cas, il aurait difficilement pu faire un meilleur score pour cette élection. Et il ne reste que cinq semaines d’ici aux législatives, ça semble trop peu pour changer de stratégie ou pour « recentrer » l’électorat de droite (d’autant que pratiquement personne à l’UMP n’a l’intention de le faire), quand on a passé une décennie à le droitiser progressivement. La « stratégie » ayant été validée dans les urnes par la « moindre défaite » du deuxième tour, les législatives devraient logiquement se faire sur le même modèle, pour le pire.

  • Oui, bien sûr. Mais ça a failli marcher.

    Quelques pour cents grappillés de plus à l’extrême droite, un peu moins d’abstention… car le centre droit peut bien bêler sur des valeurs bafouées, il ne peut physiquement voter pour un laïc affirmé, dont les références sont celles de la Gauche (en vrac : 1789, Jaurès, la Commune, 1968, etc.) Sauf M. Bilger, à qui je tire mon chapeau.

    François Hollande (bien aidé par Martine Aubry) a réussi son virage au centre-gauche en exfiltrant vers le Front de Gauche les derniers marxistes du PS et en neutralisant son aile gauchisante avec Montebourg (quelle place aura-t’il dans le gouvernement ?)

    Aujourd’hui, où est ce centre-droit, chrétien et libéral ? Raffarin ? Juppé ? Morin ? Bayrou ? Villepin ? Qui, parmi les candidats de droite aux législatives, osera afficher que les valeurs humanistes, européennes, voire gaullistes, sont incompatibles avec une étiquette UMP ? En attendant cette petite révolution, j’ai peur que vous, électeurs de droite, n’ayez un jour plus que le choix entre un centre incarné par le PS et ses satellites, et Marine Le Pen… Désolé…

  • Je ne suis pas convaincu par votre analyse……..

    En effet, la « droitisation » du discours comme vous le dîtes, s’est encore plus renforcée avec l’entrée en campagne de SARKOZY puis entre les deux tours. Or, qui, au moment où il entre en campagne en février, aurait pu pronostiquer le résultat qu’il a finalement obtenu ? La « droitisation » du discours était, à ce moment-là, la seule alternative payante possible. Oui, on peut parler de « piège » comme vous le faîtes.

    Comment expliquer aussi la montée du Front National ? Car, là, réside le problème. De nombreux thèmes ont été abandonnés à l’extrême droite à contre-sens. Pourquoi, par exemple, refuser de parler de « l’identité nationale » ? Est-ce un thème « tabou » ? Quand JF COPE remarque la rareté du drapeau français à la BASTILLE, n’a-t-il pas raison de le faire ? Peut-on, ensuite, parler d’une France rassemblée ?

    Je ne défends évidemment pas l’idée d’un pacte avec le F.N ou d’une entente possible avec lui.

    Pour les Législatives, l’essentiel est de limiter les dégats pour la droite. La question n’est donc pas d’analyser les raisons d’une défaite. Ce temps viendra…..

  • D’abord un point factuel : la droite a gagné les européennes, vraiment ? Reprenons les résultats : 28% pour l’UMP (à peine plus que le score de Sarkozy au premier tour…) ; 6,5% pour de Villiers et Dupont-Aignant : soit 34,5% pour la droite hors Front National ; du côté gauche : PS (16,5%) + Verts (16,5%) + Front de Gauche (6,5%) + NPA (5%) + LO (1%) = 45,5%, soit … 2% de plus qu’au premier tour 2012 ! Avec un centre déjà en déréliction totale (Modem à 8,5%), ça ne laisse aucune réserve de voix possible pour la droite au centre. Si les rapports de force avaient été les mêmes au premier tour de 2012, il est probable que le candidat socialiste aurait gagné avec 54%, comme le lui promettait tous les sondages avant la campagne « droitière » (en fait : RPR de 1995) du second tour. Sarkozy a réussi à nous faire croire qu’il avait gagné en 2009, mais le score de l’UMP parti unique est beaucoup trop faible dès lors qu’il n’a aucune réserve de voix.

    Je ne dis pas que vous ayez tort sur tout, vous soulevez de nombreux points exacts, et je suis d’accord sur un point : la campagne de 2007 était un pistolet à un coup… dès lors que la pratique au pouvoir fut l’exact opposé des promesses « droitières » de Sarkozy : si Sarkozy avait tenu ses promesses envers l’électorat du FN qui l’avait rallié il ne l’aurait jamais perdu et aurait été ré-élu, sans doute.

    Mais il y a tout de même 3 problèmes auquel vous n’apportez pas de réponse adéquate :

    1) il est indiscutable que la campagne droitière (= RPR 1995) a permis à Sarkozy de passer de 60-40 à 51,5-48,5 ;

    2) il est indiscutable que droite + centre = 38% alors que droite + FN = 48% ; objectivement ne semble t il pas plus logique que la reconquête d’une majorité pour la droite passera par la reconquête des 18% d’électeurs du FN plutôt que par la reconquête des 9% d’électeurs du centre, 4% ayant probablement définitivement rallié la gauche depuis le soutien de Bayrou à Hollande ;

    3) le point le plus important : vous semblez croire qu’il y a deux lignes à droite aujourd’hui : 1. une ligne « droitière » que vous réprouvez = anti-immigration et eurosceptique ; 2. une ligne « humaniste » que vous approuvez : pro-immigration et pro-européenne. Le problème est qu’il y a en fait 3 lignes à droites aujourd’hui :

    1. une ligne « droitière » en fait celle du RPR de 1995 : anti-immigration, eurosceptique ET anti-réformes sociétales destructrices (la trilogie mariage gay-adoption par les gays-euthanasie) : ligne ultra-majoritaire chez les électeurs, ayant le soutien des électeurs du FN et au moins de 60% des électeurs UMP, soit au moins 35% de l’électorat, mais minoritaire chez les leaders de l’UMP, n’étant soutenu que par la « Droite Populaire » ;

    2. une ligne « chrétienne » que vous représentez : pro-immigration, pro-européenne ET anti-réformes sociétales destructrices (la trilogie mariage gay-adoption par les gays-euthanasie) : objectivement, malheureusement, ultra-minoritaire chez les électeurs, représentant peut être 1/3 de l’électorat de Bayrou et quelques morceaux de Sarkozy, disons 5% pour être gentil ET ultra-minoritaire chez les leaders de l’UMP, n’étant représenté que par Christine Boutin ;

    3) une ligne « zapatériste libérale-libertaire », d’accord sur 99% des sujets avec la gauche et qui sera celle appliquée au pouvoir par Hollande et la gauche : pro-immigration, pro-européenne ET pro-réformes sociétales destructrices (la trilogie mariage gay-adoption par les gays-euthanasie) : minoritaire chez les électeurs, représentant peut être 20% de l’électorat (1/2 de Bayrou + un petit tiers de Sarkozy) mais ultra-majoritaire parmi les leaders de l’UMP, comme Mme Jouanno.

    Vous ne pouvez de façon réaliste espérer que la ligne « chrétienne » l’emporte à court terme dans l’électorat et chez les leaders UMP. Vous ne pouvez que faire un choix entre la peste et le choléra, entre la ligne RPR 1995 et la ligne zapatériste qui fut un désastre en Espagne et le sera en France.

  • Pour faire court, c’était la seule stratégie possible surtout parce Sarkozy s’est tout du long révélé infoutu d’avoir une stratégie. Il peut être un tacticien correct, d’accord, bien qu’aussi capable de beaux plantages, dont vous relevez certains dans ce billet.

    Mais un stratège, avec ce que cela suppose de travail de fond, de convictions, de pédagogie, voire d’abnégation? Je n’en ai pas vu la couleur, et l’absence d’un réel projet pour 2012 que relève Jor en est un révélateur plutôt cruel. L’échelle de temps de Sarkozy aura tout du long été la semaine, la journée, le blip dans la courbe de sondage. Quand on ne laisse le temps ni à la réflexion, ni au débat, ni simplement aux processus institutionnels, on se condamne à ne parler que des sujets qui permettent de faire des coups de 5 minutes au journal de 20h.

  • J’entends d’autres commentateurs dire l’inverse… L’UMP a perdu car elle a renié ses valeurs en flirtant durant le mandat avec la gauche (je pense notamment à la grande place accordée à des personnalités de gauche dans le gouvernement). Et Sarkozy a redore son image seulement durant la présidentielle, lorsqu’il a droitisé son discours. De même, il a été élu en 2007 grâce à ses discours sur la sécurité et grâce à son passé au ministère de l’intérieur. Il me semble d’ailleurs qu’il n’a pas été plus à droite durant cette campagne qu’au moment où il était au ministère de l’intérieur. Dire cela ne signifie pas être d’accord avec les positions de NS, cela signifie juste que je pense que c’est cette stratégie de droitisation qui lui a permis de ne pas se prendre une raclée. Et comme d’autres, il me semble permis de supposer que deux semaines supplémentaires à ce régime là, et il était réélu.

  • Je prends note de votre analyse, et je vais continuer d’y réfléchir. Elle me pose, au fond, une question fondamentale à mes yeux : Quel est le Credo de l’UMP ? Quels sont ses principes ? Quel choix de société l’UMP veut-il promouvoir ? Si les bases sont bien définies, on peut facilement savoir si on s’en écarte, d’un coté comme de l’autre.

    Et au fond, je pense que c’est un peu ce qui a manqué au quinquennat que nous venons de vivre : des lignes directrices claires. Trop d’à-coups, trop de coups d’éclats médiatiques, qui ne donnaient pas l’impression d’obéir à une ligne de fond. Résultat : la confiance n’existe plus.

    La France n’est pas passée à gauche : elle a voté contre un homme. Plutôt que de savoir s’il faut aller à droite où au centre, personnellement je me demande : qui peut tenir le gouvernail, reprendre le flambeau pour proposer un projet de société lisible ?

  • Si Sarkozy a été élu, c’est avant tout parce qu’il a rassemblé sur la valeur « travail » et a promis de mettre fin à un certain « angélisme », en se montrant pragmatique.

    Je suis un électeur plutôt de droite. Et je refuse de voter pour l’UMP si ce parti reste autant à droite. Et je n’aurais aucune hésitation à dégoûter un maximum de gens de voter pour un tel parti.

    Vouloir gagner, avec des additions qui sont, il faut bien le dire, stupides (« han, si on additionne UMP+FN ça fait presque 50% ! », oui, et si on additionne UMP+PS ça donne la majorité. Voilà, on a bien avancé…), c’est oublier l’essentiel : la cohérence, les valeurs. Gagner, oui, mais pourquoi?

    L’UMP est un immense désert intellectuel, c’est une coquille vide, un support logistique monstrueux qui n’a aucun objectif, aucune substance. L’avenir pour l’UMP qu’on nous propose? Rester « l’UMP » en façade, mais être le FN en réalité. Le FN n’est pas le PC. Marine Le Pen va vous bouffer, veut vous bouffer, ce ne sera pas une H. Morin ou un allié fiable et obéissant. Elle veut la mort de l’UMP…et elle l’aura si vous continuez à renier certaines valeurs fondamentales de la Droite.

    Qu’est-ce qui fait monter le FN, sinon la corruption, le rejet de la classe politique? La peur de l’étranger n’est qu’un des ressorts du FN. Favoriser cette peur tout en se refusant à toute forme d’autocritique est le pire choix possible (et un comportement médiocre, tant je suis persuadé que le doute et l’introspection sont nécessaires à la sagesse et à la quête de vérité, ‘fin bref).

    Oublier que les chiffres se rapportent à une réalité, qu’ils n’ont pas de sens en soi mais sont sujet à interprétations, fonder sa politique sur un certain nombre de préjugés qui sont tout simplement FAUX (non, le déficit de la Sécurité sociale n’est pas dû aux étrangers, non le chômage ne leur est pas imputable, non ils ne colportent pas de maladies (comme on aime à le dire en Grèce en ce moment, droitisation oblige) et non, ils ne sont pas la principale cause d’insécurité en France), c’est se condamner à des défaites sans fin ou à des victoires qui auront, pour la France, un goût de cendres.

    La caporalisation de l’esprit, la discipline de parti atteindront bientôt leur limite. J’en suis arrivé à un point où je préfère un million de fois un éclatement de l’UMP à une victoire de la Droite Populaire-UMPFN.

    Faire le deuil de l’idée selon laquelle « l’identité » se résout à coup de débats et de décrets, faire le deuil d’une relation malsaine avec les médias qui est parfaitement contre-productive (par exemple les opérations coups de poing, médiatiques, sont préférés à une présence durable des forces de l’ordre…), faire le deuil de la désignation de bouc-émissaires évitant toute remise en question, faire le deuil d’une manière de faire absolument médiocre où l’on confond agressivité et conviction, mauvaise foi et détermination. Faire le deuil, voilà l’enjeu.

  • @Koz

    En lisant votre article, on peut se demander: pourquoi cet homme là persiste t’il à se dire prôche de l’UMP quand il constate aussi régulièrement son profond désaccord. On ne choisit pas sa famille, mais on ne se marie pas à vie avec un parti politique.

    @Xerbias

    Dès lors, que fait-on des électeurs du FN, plus nombreux que jamais ?

    Quel est le sens de cette question?

    Les électeurs du FN votent FN, point. Les électeurs du PS votent PS, ceux de l’UMP votent UMP, etc. Les plus nombreux emportent la décision à un moment donné.

    Quand le FN vend bien son truc, son électorat grandit. Quand l’UMP vend mal le sien, ou pire vend le truc de la crèmerie d’en face, son électorat diminue. Quoi qu’il en soit, le FN restera minoritaire pour longtemps.

    Ces banalités étant posées, pourquoi voulez vous faire quelquechose des électeurs du FN, spécifiquement?

  • Je prends le risque d’essayer de faire court et donc approximatif. La Droite en France ça n’existe pas, la Gauche non plus d’ailleurs. Il existe des Droites, des Gauches. Avant la révolution une droite qui veut des réformes, une droite qui n’en veut pas. Pendant la Révolution une droite qui vote la mort du Roi, une droite qui ne la vote pas. Plus tard une droite qui s’accomode de la République, qui s’y installe, une Droite qui la refuse. Une droite monarchiste divisée sur qui sera le prochain roi de France, une droite bonapartiste, une droite républicaine etc…etc…. Une droite qui plonge la France dans la ruine de la première guerre mondiale, une droite qui sauve les meubles. Au moment de la seconde guerre mondiale une droite qui collabore, une droite qui résiste. Le rideau de fer tombe. L’anticommunisme devient le ciment des droites. Les Droites se fissurent à nouveau au moment de la guerre d’Algérie puis la paix revenue le ciment qui unit différents courants de la droite française c’est la reconstruction du pays sur fond d’anticommunisme. Avec la fin du communisme, l’arrivée d’une crise mondiale les Droites en France se divisent à nouveau. Du temps de mes parents ça allait mal en France à cause des communistes et des juifs et du Front Populaire. Aujourd’hui ça va mal à cause des immigrés et de la gauche. Le peur du communisme qui servait de ciment aux divers courants de la Droite française a été remplacée par le choc des civilisations, l’islamofascisme. Mais ce qui préoccupe beaucoup de nos compatriotes c’est d’avoir du travail, du travail correctement payé et je pense pour le plus grand nombre d’entre nous l’envie de vivre en paix et de pouvoir élever ses enfants à tous les sens du mot. Une question annexe : le bonapartisme peut-il exister sans Bonaparte et le Gaullisme sans De Gaulle ?

  • Je rejoins Vivien sur l’échelle de temps de Sarkozy, ego sans boussole vivant au rythme médiatique.

    Sur la droitisation, c’est parce qu’il n’en a pas fait assez au début de son mandat qu’il a été acculé à en faire beaucoup trop à partir de la mi-mandat.

    Élu parce qu’il a réussi à siphonner les voix du FN, le voilà qui fait la cour à Kouchner et à Frédéric Mitterrand et défend dans la foulée Polanski au nom de l’exception culturelle ! Fait son jogging en public, arrive en sueur sur les marches de l’Élysée, peoplise la fonction présidentielle. Et la bévue, sidérante, du bouclier fiscal, alors qu’une suppression ou une réforme sensée de l’ISF, impôt ubuesque, aurait à la longue été acceptée.

    Il a braqué les électeurs FN en début de mandat. Quand il a compris qu’il en aurait à nouveau besoin, il n’a pas eu d’autre choix que de se mettre à les draguer avec une insistance qui frise le harcèlement.

    J’en veux plus à NS pour les opportunités gâchées en début de mandat que pour son comportement à la fin, qui n’en est qu’une conséquence.

    Je n’ai pu me résoudre à voter FH.

    Un aspect bonhomme, mais un manoeuvrier florentin de la politique. Je n’ai pas souvenir, mais ma mémoire est sans doute sélective, d’une seule prise de risque de FH au nom d’une conviction forte.

    L’euthanasie, l’adoption gay, mais aussi le dossier de l’école libre où il me semble plus sectaire qu’un Mitterrand et où il n’hésitera pas à aller gagner des points chez les laïcards si l’occasion se présente ou la nécessité se fait sentir.

    Et un homme qui freinera les adaptations absolument nécessaires du « modèle » français. Et là, ce sont les plus faibles qui paieront, très cher.

  • pour moi, la question est surtout : comment peut on concilier dans un seul parti deux histoires, celles du RPR et celle de l’UDF ? cela nécessite un programme commun. Donc la définition de valeurs a minima communes. Quelqu’un peut il me dire ce que sont ce programme et ces valeurs au sein de l’UMP?

    Je regarde vers les législatives, car là se joue vraiment l’histoire : ce sont nos députés que nous pouvons interpeller au quotidien, pas le Président.

    Et ce sont nos députés qui sont le plus influençables, dont la personnalité permet ou pas de relayer les valeurs qui nous sont chères.

    Et c’est triste à dire, mais l’étiquette n’est pas toujours conforme au contenu de ce point de vue.Certains députés à gauche ont mieux défendu le repos dominical que d’autres soit disant imprégnés de valeurs chrétiennes.

    alors oui, pour des législatives constructives, un petit tableau récapitulatif du vote des députés sortants sur les lois touchant des valeurs qui nous tiennent à coeur, et des déclarations des candidats sur ces sujets nous serait bien utile :)

  • @ hélios: La droitisation a certes permis à N. Sarkozy de grimper dans les sondages à partir de fin février. Seulement, elle ne pouvait pas lui permettre de passer la barre des 50 % en mai, autrement dit de gagner.

  • Nicolas Sarkozy avait-il une stratégie ? Vivien a raison de poser la question en ces termes. Tout au plus avait-il une stratégie de campagne. Certainement, pas de stratégie politique pendant son quinquennat: au mieux, entre une et deux postures différentes par an, parfaitement contradictoires. Voir le catalogue des mesures annoncées mais jamais appliquées, des mesures rejetées mais finalement adoptées, et des mesures exécutées mais finalement annulées.

    La campagne buissonnière a-t-elle réussi ? Même cela n’est pas tellement certain. Les motivations des électeurs ne peuvent être réduites à si peu. Au début de la campagne, certes: oui ou non à Sarko. Mais au fur et à mesure que se rapproche le vote, la question devient plus concrète: suis-je prêt à mettre un bulletin Hollande dans l’urne ? C’est à ce moment seulement que tous les avantages du sortant: la stature de chef, l’expérience, la peur de l’inconnu, l’aura internationale, etc., reviennent dans la balance. Et au bout du compte, l’écrasante majorité des électeurs de droite sont revenus au bercail.

    Aurait-elle réussi avec quinze jours de plus, comme aiment à le croire les commentateurs qui font volontiers l’addition de « toutes les voix de droite » ? Pas sûr non plus. Parmi ceux qui ont choisi, dans les derniers moments, de voter Sarkozy, combien l’auraient vraiment fait si les sondages avaient été plus incertains, si l’enjeu avait été plus chaud ? On ne le saura jamais. 50% des électeurs de Le Pen ont, paraît-il, voté Sarkozy. 20% de plus, et il aurait gagné. Aurait-il pu obtenir ces suffrages sans perdre du même coup les 40% d’électeurs Bayrou qui se sont reportés sur lui ? Symétriquement, une stratégie plus rassembleuse lui aurait-elle coûté ces 50% de votants FN ? Difficile à dire.

    Y a-t-il eu droitisation pendant le quinquennat, c’est-à-dire, la politique suivie a-t-elle poussé les électeurs de droite à adopter des positions plus proches de celles du FN ? Je doute un peu. Jusqu’au milieu des années 80, le RPR est plutôt eurosceptique (opposition à l’entrée de l’Espagne dans l’UE) et plutôt anti-immigration (lois Pasqua, « Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose » – discours de Chirac, 1991). Par la suite, le même Chirac, en prenant des positions plus centristes et fermement anti-FN dans la période 1993-95, fait coup double: il prend le contrôle de la droite de gouvernement et parvient à contenir l’extrême-droite. L’électorat de droite tend à être plutôt discipliné, ce qui correspond à ses valeurs: il accepte donc majoritairement le message du « cordon sanitaire » défendu par son leader.

    On pourrait donc dire, non que l’électorat de droite a été « droitisé », mais que la rhétorique sarkozienne a enlevé un couvercle mis en place par son prédécesseur et laissé s’exprimer plus ouvertement une opinion qui a toujours existé.

    Qu’en conclure pour ce qui est d’une stratégie possible ? Honnêtement, je n’en sais rien. Je pense que quoi qu’il arrive la droite va se faire rincer aux législatives; beaucoup, si elle se déchire et que le PS ne gaffe pas; légèrement, si elle conserve une unité même de façade et que les premiers gestes de François Hollande et de ses troupes sont mal perçus. Après, une fois la poussière retombée, il sera temps pour elle de se réorganiser et de faire ses choix.

  • C’est désarmant de voir certains soutenir mordicus la droitisation. Au-delà du fait que plus grand monde (chrétien ou non) ne semble s’émouvoir du caractère immonde de certains propos et symboles utilisés durant la campagne, personne ne veut voir le caractère mortel du baiser à l’extrême droite (car c’est bien l’extrême droite qui a évité la déculottée à Sarkozy). Pourtant le baiser mortel on l’a mille fois vu.

  • En tout cas, quel que soit le bien fondé de cette droitisation, et quelles que puissent en être les chances de succès, il semble que l’UMP ait bien décidé de continuer sur la même ligne dans l’immédiat. Entre les polémiques ridicules sur les drapeaux à la Bastille et le choix d’un slogan lourd de sous-entendus pour les législatives: « Ensemble, choisissons la France ». Ah bon ? Ceux qui votent pour la gauche ce serait donc moins représentatifs de « la France » que les autres, pour l’UMP… Désolé, mais c’est juste gerbant. Et dire qu’on va encore en bouffer pendant cinq semaines…

  • Bonsoir,

    je ne sais pas si la stratégie de droitisation est la bonne. Elle marche en tout cas dans certains pays où la droite parlementaire est beaucoup plus à droite que l’UMP, et parfois peut-être plus à droite que le FN sur certains points (Grande Bretagne, Japon, Etats-Unis, Italie dans une certaine mesure, Flandres Belges, Hongrie…).

    Il faudrait développer évidemment, car il y a plusieurs droitisations: il y a la droite libérale méchante à la Tatcher ( piquets de grêve en tôle, tu veux pas aller travailler en maison de retraite, on te coupe le RMI). Il y a l’opposition dure à l’Europe (là encore, l’exemple en anglais) qui dans un sens est parfaitement démocratique (l’Europe n’a pas d’institutions sérieuses donc jetons là). Il y a la (et je sais que cela ne va pas te plaire) une droitisation « chrétienne » (sur l’avortement, l’euthanasie, la contraception…), que ce soit celle, subtile, que tu défends, ou celle plus brutale des intégristes. Il y a la droitisation anti-immigration « raciste ». Il y a la droitisation « ordre à tout prix » (genre zéro tolérance: au bout de la troisième fois que tu voles un truc, prison à vie).

    En France, comment voulais tu que la droitisation soit crédible avec le très mesuré François Fillon comme premier ministre ? Sois un peu sérieux. Cela sentait le bricolage à plein nez, et n’a sans doute pas trompé une minute n’importe quel partisan d’une des droites dures évoquées ci-dessus.

  • @ Flashy:

    sur les maladies, je suis pas d’accord… on a une immigration sanitaire en France, des personnes qui arrivent dans des situations sanitaires pas possibles, la résurgence de certaines maladies dont la tuberculose sont fortement liées aux personnes arrivant en France et vivant dans des conditions de surpopulation insalubrité. ça veut pas dire qu’il ne faut pas s’en occuper… c’est d’ailleurs un des enjeux de l’AME, assurer les soins de ces populations pour ne pas avoir un « trou noir sanitaire » avec les risques de santé publique que cela pourrait représenter. et ça a aussi un coût.

  • Votre analyse comparée des sondages et de la geste uhèmpienne résume ce que la droite dite « républicaine » (?) fait depuis presque trente ans. Plus ou moins bien consciente que le FN pose les vrais questions (Fabius), elle fait plus ou moins semblant d’y apporter des réponse qui, chaque fois, tournent en eau de boudin, du débat sur le code de la nationalité après 1986, aux gesticulations sarkozistes autour de l’identité nationale où l’on voit Coppé et sa bande finir par bafouiller trois formules informes devant dix militants, mais sous le regard réprobateur des médias signalant un débat qui – n’est-ce pas – « suscite des polémiques » (= ne nous plaît pas du tout). C’est ainsi que remonte le FN. Quant à la campagne d’entre deux tours, elle tient de deux chiffres : Marine Le Pen a réuni deux fois plus de voix que Bayrou. Il n’est pas besoin d’être un fin stratège pour comprendre que Sarkozy avait plus gagner d’un côté que de l’autre. Il n’a pas été si loin d’y réussir. En « buissonnant » encore plus, Sarkozy aurait perdu moins de voix centristes qu’il n’en aurait gagné de nationales. Pour s’en réjouir ou s’en lamenter, tous reconnaissent qu’un candidat droitisé (au moins en paroles), a frôlé la majorité absolue. Il est vrai que c’était à frémir d’horreur. Quand François Bayrou a entendu qu’on parlait de « frontières » ( comprendre : camps d’extermination), il n’a pas hésité à entrer en résistance. L’homme qui a su dire nom choisit alors son camp. Rejoignant l’armée de l’ombre, il appela (d’un émetteur clandestin enfoui dans une vallée pyrénéenne sans doute), à voter pour l’homme de Canal+ etc… Comme dit Douste Blazy : « J’ai toujours ‘combattu’ le Front National. »

  • Je pense que personne ne pourra dire avec certitude si la campagne d’extrême-droite concoctée par Buisson a fait perdre Nicolas Sarkozy ou si, au contraire, elle lui a permis de limiter l’ampleur de la défaite. Les chiffres des reports de voix sont très différents selon les instituts de sondage (du fait de la petite taille des sous-échantillons considérés) et les différentes analyses souvent contradictoires. D’autant qu’il est difficile de comparer avec 2007 dans la mesure où lors de la précédente élection, Nicolas Sarkozy avait déjà siphonné un tiers des voix du FN dès le 1er tour. Ce qui est sûr, c’est que le président sortant a perdu plus de 4 millions de voix entre 2007 et 2012. Cette hémorragie a nécessairement plusieurs causes mais s’il fallait n’en retenir qu’une, ce serait à l’évidence son bilan, en particulier son échec sur le chômage et le pouvoir d’achat, aggravé par son image de « président des riches ». Quant à sa remontée dans la dernière ligne droite, on peut l’attribuer à ses formidables qualités de candidat, de battant, de show-man, de pro de la com, d’acteur de composition capable de jouer dans la même semaine le chef autoritaire qui montre du doigt, le petit garçon timide et obséquieux qui s’excuse presque d’être là, ou le chef d’Etat républicain digne dans la défaite.

    Ceci étant dit, que laisse-t-il à l’UMP ? Une ligne national-populiste, choisie par opportunisme électoral plus que par conviction profonde, qui s’est substituée depuis cinq ans à l’orientation conservatrice-gestionnaire de la droite classique. Une stratégie qui va être maintenue au moins jusqu’à la défaite aux législatives. Et après ? Va-t-on assister à un vrai débat idéologique sur ce que peut (ou doit) être la droite aujourd’hui ? Ou seulement à une guerre des chefs ? L’UMP va-t-elle éclater (ce n’est pas son intérêt) ? Ou préserver une unité de façade en acceptant la création de multiples chapelles (droite populaire, droite forte, droite libérale, droite sociale, droite souverainiste, droite chrétienne, etc.) ? Le problème, c’est que l’affirmation d’une ligne idéologique ne peut pas être séparée du choix du chef (surtout à droite). Et aujourd’hui, la droite n’a plus de chef naturel, elle devra donc peut-être attendre les primaires de 2016…

    A titre personnel, j’ai bien aimé les propos d’Henri Guaino dans le documentaire « Les stratèges », enregistrés avant le deuxième tour. Je les cite de mémoire : « Si on joue seulement la division, on perdra. Pire, si on fait la guerre aux pauvres, si on fait la guerre aux immigrés, on perdra. Parce que la défaite morale précède toujours la défaite politique ». A méditer.

  • procés d’intention .Je voudrais faire remarquer que la strategie Sarkosy n’était pas si imbécile que d’aucun le disent .Faire 48,5 %………… AVEC des médias à +de 80 % à gauche qui ont plastiqué Sarkosy pendant 5ans quasi quotidiennement sur des broutilles( un seul exemple F Mitterand avait une table à l’année au Fouquets) , AVEC l’usure du pouvoir (c’est tellement facile de promettre) , AVEC 3 crises qui nous ont mené au bord de 1929 , AVEC un FN qui ne rêve que de tuer la droite pour occuper le terrain , AVEC un Bayrou qui a révélé à quel point sa motivation premiére était de faire perdre Sarko ( « le programme économique de Hollande est inepte , donc personnellement je voterai pour lui « ) ! on atteint des sommets . AVEC un programme prônant l’effort indispensable quand Hollande propose un doudou aux français et va plomber les chances de redressement 1 200 000 voix de retard et 2 000 000 de bulletins blancs qui n’ont peut être pas tous mesuré qu’ils votaient Hollande .Tous ceux en Europe qui ont eu à affronter le verdict des urnes se sont vautrés, alors je considére que SARKOSY affrontait l’Everest et qu’il a échoué de très peu ,alors s’il vous plait rengainez vos critiques et prenez acte de ce que je viens d’énumérer 2eme considération , le FN ; depuis 30 ans la gauche qui sait qu’il faut 50,01 pour gagner, a savamment expliqué à la droite que ce n’est pas parce qu’elle s’alliait avec les adeptes d’une idéologie qui a fait 100 millions de morts ,qu’elle même pouvait considerer que les votants FN ne sont pas tous Hitleriens .Arrétons de tomber dans ce piège grossier L’UMP n’a jamais fait d’alliance avec le FN mais ne s’interdit pas de parler de certains faits de société que le FN considère comme sa chasse gardée et alors ,immigration c’est un gros mot ? ,et quand je vois le PS jouer les vierges effarouchées , se pincer le nez et dans le même temps conclure lui un accord minable digne de la 4 ème rèpublique avec EELV je me dis que certains, nourris de bons sentiments ne voient pas bien à quel point ils se sont faits manipulés ,intoxiqués ,lobotomisés Bravo Nicolas Sarkosy ,merci d’avoir tenté de sortir la France de son lent mais inéluctable déclin ,mais comment s’en sortir quand 75 % des jeunes français aspirent à être fonctionnaires .

  • @ azerty 2:

    C’est un bel aveuglement dont vous faites preuve.

    De 1) les médias sont anti-sarkozystes depuis 5 ans? C’est avoir une mémoire plutôt sélective. Je me souviens, moi, qu’en début de mandat c’était très exactement les accusations inverses qui étaient formulées. Il a fallu attendre l’affaire Woerth-Bettencourt, avec certains propos sur les médias (ces fascistes-trotskytes) et une malencontreuse coïncidence (cambriolage des locaux du Monde et vol des ordinateurs liés à l’affaire…) pour que les relations se tendent vraiment.

    2) Les crises existent, mais n’effacent pas les propos tenus par Sarkozy lors du discours de Grenoble notamment, pas plus qu’elles n’effacent sa façon détestable de faire de la politique (naviguer à vue et désigner des boucs-émissaires étant les deux mamelles de la méthode Sarkozy), sa façon d’être et sa manière d’asservir le Parlement à un niveau jamais vu. La médiocrité des lois pénales ou de la loi TEPA ne sont pas non plus à son avantage.

    3) Bayrou a été logique. Le programme économique était un élément essentiel, il l’a dit. La morale publique aussi. Le bilan de Sarkozy étant calamiteux et sa moralité plus que remise en question, il a naturellement choisi celui qui n’avait aucun bilan et dont la morale semble, a priori, moins compromise. Surtout quand on a écrit un livre dénonçant certaines dérives du Sarkozysme. Ne pas voir que c’est, tout de même, relativement logique, c’est se montrer soi-même irrationnel.

    En résumé, vouloir dire que la défaite de Sarkozy n’est due qu’aux médias, aux circonstances, à la météo, à la bêtise des autres, bref, à tout le monde sauf à soi (« pas d’autocritique surtout » comme le dit Peltier), c’est vraiment très inquiétant si c’est là la ligne de l’UMP. Où est l’esprit de rigueur, de responsabilité? A-t-il été étouffé par un culte de la personnalité, qui ressort bien de vos propos? Par un esprit de parti? Enfin, si vous pensez qu’aller toujours plus à Droite vous fera gagner, mécaniquement, toujours plus de voix…libre à vous. Mais je pense que c’est absolument faux. Et même en supposant que vous puissiez gagner avec des idées qui ne sont pas les vôtres, j’ai envie de dire : à quoi bon? Ayant une sensibilité vaguement de « droite » (je n’aime pas me réclamer ainsi d’une couleur politique), je sais que je ne peux pas voter pour l’UMP vu son état actuel de déliquescence intellectuelle et morale.

    PS : pour l’immigration, ce n’est pas le sujet en soi qui dérange mais la façon dont il est traité. Idem pour l’Islam. Du moins en ce qui me concerne, et en ce qui concerne, je pense, pas mal de personnes de droite mal à l’aise face à la tournure des évènements. L’hôte des lieux l’indique très bien dans son billet…

  • @azerty2

    On comprend que vous êtes légèrement agacé, mais ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi.

    AVEC des médias à +de 80 % à gauche

    Le quotidien à plus grand tirage est Le Parisien, et le Figaro tire 3 fois plus d’exemplaires que Libération. Le JT qui fait la plus forte audience est celui de TF1. En toute rigueur, c’est donc malgré les médias que FH est élu.

    un seul exemple F Mitterand avait une table à l’année au Fouquets

    Il faudra trouver quelques autres exemples. Mitterand est-il allé fêté son élection au Fouquets le soir même? FH fait t’il une retraite monastique sur le yacht d’un milliardaire? Ce sont d’abord les citoyens qui ont été choqués, ils n’ont pas besoin que les journalistes leur disent ce qui est bien ou mal.

    Et puis cette histoire d’abstentionistes qui votent Hollande, ça ne tient pas la route. Inversement, on peut dire qu’ils ont évité une humiliation à Sarkozy en ne votant pas Hollande, mais c’est tout aussi absurde. Voter blanc, c’est voter blanc.

  • Ceux qui ont voté N.S, dont je suis, n’ont pas fait de « baiser » à l’extrême-droite comme je l’ai lu dans un commentaire. C’est une idiotie.

    La position de l’UMP a toujours été claire par rapport au F.N.

    Ce n’est pas l’UMP qui est responsable de la montée du FN. Se demande-t-on pourquoi Madame LE PEN a un fief dans une terre jadis « socialiste »?

    Je voterai de la même manière pour les Législatives. Il est nécessaire que la majorité sortante ait un poids important dans l’Assemblée Nationale à venir.

  • Jeff a écrit ::

    A titre personnel, j’ai bien aimé les propos d’Henri Guaino dans le documentaire « Les stratèges », enregistrés avant le deuxième tour. Je les cite de mémoire : « Si on joue seulement la division, on perdra. Pire, si on fait la guerre aux pauvres, si on fait la guerre aux immigrés, on perdra. Parce que la défaite morale précède toujours la défaite politique ». A méditer.

    Cette phrase a manifestement retenu l’attention. J’aurais assez tendance à aller dans ce sens.

    Pour le reste, et pour une fois, nous sommes relativement d’accord, sauf sur un point. Je ne suis pas du tout d’accord pour parler d’échec sur le chômage. Bien sûr, c’est de bonne guerre de rappeler son engagement d’avoir un chômage à 5% mais il faut être d’une mauvaise foi singulière pour ne pas reconnaître qu’en 2007, il ne pouvait évidemment pas anticiper les crises de 2008 et de 2011. En 2008, je rappelle que beaucoup se sont tout simplement demandés si tout le système économique n’allait pas imploser.

    @ Goéland : le succès aux européennes est peut-être relatif, mais de fait, l’UMP arrive en tête. Ca n’est donc pas un échec. Il est arrivé à la droite de ne pas arriver en tête…

    Goéland a écrit ::

    Mais elle a essayé de tout faire à la fois (parler d’identité nationale avec un ministre ex-socialiste, vouloir être forte sur les valeurs de droite et embaucher Frédéric Mitterrand…) et ça a raté. Elle n’a pas de valeurs définies clairement, pas d’idées pour notre pays, pas de vision pour notre civilisation.

    Là-dessus, je suis assez d’accord. On a eu le droit à de multiples à-coups, des tentatives de redresser la barre et de se faire donc un peu centriste, puis on retourne donner des signaux à l’extrême-droite, puis… Le résultat est non seulement un manque de lisibilité mais l’impossibilité de convaincre les uns ou les autres. On dit que les électeurs n’ont pas de mémoire mais c’est probablement assez exagéré, non ?

    ep30 a écrit ::

    En attendant cette petite révolution, j’ai peur que vous, électeurs de droite, n’ayez un jour plus que le choix entre un centre incarné par le PS et ses satellites, et Marine Le Pen… Désolé…

    C’est effectivement le risque. Si ce n’est que, à continuer comme ça, le centre-droit va se voir ouvrir un nouvel espace. Des électeurs tels que moi ne vont pas non plus rester orphelins de représentation. Après, le centre-droit arrivera-t-il à compter ? Je crains que non. Le débat politico-médiatique ne bénéficie pas aux gens pondérés. Il faudrait aussi que les centristes en finissent avec le ridicule et les scissions de groupuscules.

    hélios a écrit ::

    La question n’est donc pas d’analyser les raisons d’une défaite. Ce temps viendra…..

    Non, il y a toujours de bonnes raisons de reporter le temps de l’analyse. Et les plus motivés pour le reporter sont évidemment ceux qui ont porté la stratégie. Pendant la campagne, il faudrait être discipliné et reporter le temps de l’analyse. Après la défaite, il faudrait encore reporter le temps de l’analyse à après les législatives. Ensuite, ce sont les vacances. Et à l’automne, la priorité, nous dira-t-on sera à l' »unité de la famille ». Je ne suis pas un militant, je n’entends donc pas être soumis aux pseudos-impératifs des militants.

    @ Gwynfrid : je suis assez d’accord avec toi et c’est pour cela qu’au final, je conclus pour dire que tout est une question de conviction. Non, il n’y avait pas qu’une stratégie possible. C’est, au mieux, vrai dans le cadre contraint qu’était cette campagne avec ce candidat. Mais à écouter les Buisson, Peltier et autres, cela devrait être l’axe de la droite pour les années à venir. Je le refuse. J’ai mes convictions, faites, pour moi, de fermeté et de justice, et je suis persuadé qu’ensuite, c’est une question d’homme. Même s’il y a bien entendu, des inquiétudes propres à une période.

    Il n’y a donc rien d’inéluctable. Ceux qui jugent la stratégie droitière inéluctable sont, comme par hasards, des droitiers de toujours. Je ne le suis pas, et j’ai l’opinion inverse : j’ai donc bien conscience de ce que cela a de relatif, mais la conclusion que j’en tire est bien qu’il faut se battre sur ses convictions.

    Gatien a écrit ::

    En lisant votre article, on peut se demander: pourquoi cet homme là persiste t’il à se dire prôche de l’UMP quand il constate aussi régulièrement son profond désaccord. On ne choisit pas sa famille, mais on ne se marie pas à vie avec un parti politique.

    Je ne me « dis » pas proche de l’UMP, mais vous noterez que, de Raffarin, Pécresse, à Lucca et Myard, l’UMP représente un large spectre qui englobe beaucoup de familles de la droite. Je suis proche de l’UMP, du Nouveau Centre et du Modem… Après, on peut décider de laisser le terrain, de considérer que l’UMP, c’est la Droite Populaire et ceux qui ont les mêmes convictions mais qui sont juste moins bourrins dans l’expression. Mais je ne vois pas de raison particulière que les plus pondérés abandonnent la place, et de laissent un tel instrument aux seuls furieux.

    Nathanaël a écrit ::

    Quant à la campagne d’entre deux tours, elle tient de deux chiffres : Marine Le Pen a réuni deux fois plus de voix que Bayrou.

    Il n’y a pas de raisons de désespérer que certains abstentionnistes, certains autres électeurs de Bayrou et même certains électeurs de Hollande auraient pu voter pour un candidat de droite différent, sans pour autant que la politique menée soit une politique de gauche.

    @ azerty 2 : pouvez-vous m’expliquer comment il se fait que la droite ait tenu l’Elysée pendant 17 ans sans alliance avec le FN si l’alliance avec le FN est incontournable ?

    Quant à Bayrou, vous réécrivez l’Histoire. Si Nicolas Sarkozy n’avait pas déclaré que les motivations des électeurs de Bayrou étaient les mêmes que celles des électeurs de Le Pen (autant lui cracher au visage tout de suite, pour Bayrou, ça revient au même), s’il n’avait pas fait cette campagne d’entre-deux-tours, s’il n’avait pas fait ce clip de campagne, rien ne dit que Bayrou aurait déclaré qu’il votait Hollande. Il avait dit qu’il prendrait ses responsabilités mais la campagne d’entre-deux-tours ne lui laissait de toutes façons guère de choix.

    hélios a écrit ::

    Je voterai de la même manière pour les Législatives. Il est nécessaire que la majorité sortante ait un poids important dans l’Assemblée Nationale à venir.

    Et je précise que je voterai UMP aux législatives, ayant un député qui ne s’est jamais illustré dans les débordements.

  • je me trompe peut-être, mais la plupart des électeurs FN seraient conquis par une politique simplement juste. (envers les immigrés, envers les pauvres, envers les ouvriers, en ce qui concerne les études, le partage du travail, les allocations, mais aussi la délinquance ou la corruption.). et un peu plus de justice ne dévaluerait pas la droite.

  • @ Koz

    Sur le chômage, je suis d’accord avec vous pour dire que la crise explique en effet une bonne partie de l’échec de Sarkozy (peut-être pas tout). Mais crise ou pas, la perception de beaucoup de Français reste celle d’un échec et la campagne n’a manifestement pas réussi à les convaincre d’être indulgents sur ce point. Vous pouvez tout à fait estimer que ce jugement est injuste mais c’est ainsi (et ce sera sans doute la même chose pour Hollande si les données sont les mêmes). A cela (c’est sans doute indissociable), s’ajoute le sentiment (peut-être aussi un peu exagéré) que ce sont les plus faibles qui ont subi les conséquences de la crise alors que les « riches » étaient protégés.

    @ Azerty 2

    Il faut arrêter avec les médias. Tout le monde sait très bien que certains sont clairement à droite et d’autres clairement à gauche. Il ne faut pas oublier non plus que Sarkozy a connu au début de son quinquennat un « état de grâce » parmi les Français (jusqu’à 65% d’avis favorables) et dans les médias. Ensuite, le fameux triptyque « on lèche, on lâche, on lynche » s’est appliqué comme toujours. Et Sarkozy, compte tenu des nombreuses erreurs qu’il a commises, ne peut pas s’exonérer de sa part de responsabilité. A mon avis, les médias suivent plus l’opinion qu’ils ne la précèdent. Quant à sa dénonciation permanente et violente des médias durant sa campagne, elle a été, à mon avis, contre-productive, irresponsable et dangereuse (comme l’ont montré les divers incidents entre militants UMP « surchauffés » et journalistes).

    Sur la droitisation de l’électorat, je ne sais pas non plus si Sarkozy l’a favorisée ou l’a seulement suivie (il y a sans doute un peu des deux). Ce qui est sûr, c’est qu’il est difficile de convaincre si l’on n’affirme pas soi-même ses convictions. Je ne pense pas que Sarkozy soit fondamentalement d’extrême-droite, et beaucoup d’électeurs de droite et d’extrême-droite doivent penser comme moi sur ce point : parmi les premiers, certains ont été « gênés » mais se sont dit qu’il s’agissait seulement d’une tactique électorale qui ne prêterait pas à conséquence ; parmi les seconds, certains n’ont vu qu’une grossière tentative de drague du président sortant.

  • ce n’est pas moi mais MARIANE qui a publié il y a 1 an pu 2 une enquète sur les journalistes indiquants que 80% étaient de sensibilité Gauche .Ce n’est pas moi qui constate que le Centre des jeunes journalistes de l’ILE de France sur un sondage a voté 100% Hollande .Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir Une précision,je ne suis pas de L’UMP et je ne suis pas incohérent mais de bonne foi et moins manipulé que certains

  • azerty 2 a écrit ::

    ce n’est pas moi mais MARIANE qui a publié il y a 1 an pu 2 une enquète sur les journalistes indiquants que 80% étaient de sensibilité Gauche .Ce n’est pas moi qui constate que le Centre des jeunes journalistes de l’ILE de France sur un sondage a voté 100% Hollande .Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir Une précision,je ne suis pas de L’UMP et je ne suis pas incohérent mais de bonne foi et moins manipulé que certains

    Et? Il y a pas mal de journalistes ayant une sensibilité de Gauche, je veux bien le croire. Mais cela implique nécessairement, selon vous, une lecture forcément biaisée? Une absence complète d’ojectivité? Etant entendu que seule une personne ayant une sensibilité de Droite a l’éthique nécessaire pour être objectif?

    M. Sarkozy a commis une succession d’erreurs qui n’ont rien à voir avec la crise. Et ce sont ces erreurs, rapportées par les médias (c’est leur rôle, après tout…), qui lui ont coûté la victoire. Le Fouquet’s, au fond, on s’en fout. Mais tout ce qui est venu après a signé l’arrêt de mort de la carrière politique de Sarkozy.

    Pour conclure : « Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ». Effectivement.

  • Autant j’ai des désaccords avec Azerty(2), autant sur les medias, c’est manifeste. Bien évidemment, parmi les journalistes de gauche, il y en a qui ont aussi les qualités professionnelles nécessaires pour rester impartiaux… mais il n’y a pas que ça. Les échanges sur twitter donnent d’ailleurs un aperçu de l’unanimisme de la profession, et finit par vous convaincre qu’à moins d’être totalement schizophrènes, certains ne peuvent à l’évidence pas faire leur travail de façon impartiale.

    La couverture du Monde était également très orientée. Avec finesse, certes, on n’est pas à Marianne, mais c’était frappant. Il n’est pas nécessaire d’être partial dans le papier, le choix des sujets a lui-même un impact évident.

    Je me souviens aussi d’avoir fait un live-blogging en 2007 à la rédaction de Metro, et que le rédacteur en chef m’avait dit qu’à la rédac, je n’en trouverais pas un qui soutienne Sarko.

  • Flashy a écrit ::

    Mais cela implique nécessairement, selon vous, une lecture forcément biaisée? Une absence complète d’ojectivité?

    J’ai voté avec mes pieds sur ce sujet. Le seul journal que j’achète en France est l’Equipe, et je m’informe avec la presse anglo-saxonne. J’avoue un petit plaisir sadique chaque fois qu’un groupe de presse français annonce un plan social.

  • Notre perception de l’objectivité des médias est visiblement très variable selon qu’on soit de gauche ou de droite. Par exemple, parmi les gens que je fréquente, la majorité sont persuadés que le Figaro, TF1, BFM TV, et en fait la plupart des grands médias (et des « journalistes » comme Pujadas, Elkabach and co) sont de droite et ont fait la campagne de Sarkozy. À l’inverse, ma belle-famille qui passe son temps devant la chaîne de Martin Bouygues considère que Christophe Barbier est un gauchiste…

  • Calculer le pourcentage de journaliste de gauche ou de droite, c’est mettre sur le même plan le directeur du JT de TF1 et un pigiste de Siné hebdo. Ca n’a aucun sens. Si la question touche à l’impact des médias sur le vote, il faut prendre en compte l’audience. Et on en revient à deux constats incontournables: la presse écrite est disqualifiée, TF1 est n°1.

    Koz écrit:

    Je me souviens aussi d’avoir fait un live-blogging en 2007 à la rédaction de Metro, et que le rédacteur en chef m’avait dit qu’à la rédac, je n’en trouverais pas un qui soutienne Sarko.

    Ah? Faites un live-blogging au Figaro, vous reviendrez en nous disant que les journalistes sont tous de droite.

    Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi il était de si bon ton à droite de taper sur Le Monde: c’est le seul journal qui peut concurrencer le Figaro en tirage, et il n’est pas « de droite ».

    Est-il « de gauche »? Il y a cinq ans, il a contribué à faire passer Royal pour une foldingue. Je dirais donc que ce journal est juste « normal ».

  • Quid des radios dites publiques… avec une palme pour France Inter et France Info. Le changement de ton dès qu’il est question du nouveau président est plus qu’audible : respectueux, voire mielleux… quel contraste avec la vindicte, l’ironie, la condescendance… avec lesquelles le président sortant a été traité sur les ondes en question … Il serait intéressant de comparer quelques extraits de 2007 à 2012… Il ne s’agit plus d’aveugles mais de sourds !

  • @Koz

    Je suis proche de l’UMP, du Nouveau Centre et du Modem…

    Oui. Enfin… un peu moins du Modem.

    Je ne me « dis » pas proche de l’UMP, mais vous noterez que, de Raffarin, Pécresse, à Lucca et Myard, l’UMP représente un large spectre qui englobe beaucoup de familles de la droite.

    C’est la réponse de bon sens à laquelle je m’expose en posant mes questions naïves. Mais mon sentiment est que l' »Union pour la Majorité Présidentielle » n’est qu’une écurie présidentielle sans âme, construite sur la base d’une élection de Chirac à 82% contre 18%. Dans ce contexte, « de droite » n’a pas beaucoup de sens. A part être contre « la gauche » (ce qui n’en a pas beaucoup plus).

    Ceux qui quittent le navire UMP le plus tard sont à mes yeux les moins crédibles. Ainsi, je lance mes questions naïves pour tâter le terrain…

  • @Danette Faites nous une petite étude sur les audiences des radios, et montrez nous que Mermet est plus influent que Elkabach. Ensuite, on en reparle.

  • @helios

    J’ai parlé de baiser par pure bienséance, j’aurais pu être plus cru. Mais il suffit d’être patient. Ca commence dans les Bouches-du-Rhône.

  • Au fait,

    il serait intéressant de parler d’un autre problème de la presse. Certes, un grand nombre de journalistes, en particulier dans le serveur public financé par nos impôts, sont à la fois mauvais et de gauche.

    Mais il serait intéressant de se pencher sur les propriétaires des grands groupes de media, de gauche ou de droite: on peut dans la plupart des cas trouver « à qui profite le crime », car beaucoup de propriétaires sont aussi des gros fournisseurs de l’état, et des grands noms de notre fameux « capitalisme de copinage » à la française.

    Quand je vous dis qu’on est mieux servi avec la presse étrangère.

  • Gatien a écrit ::

    Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi il était de si bon ton à droite de taper sur Le Monde: c’est le seul journal qui peut concurrencer le Figaro en tirage, et il n’est pas « de droite ». Est-il « de gauche »? Il y a cinq ans, il a contribué à faire passer Royal pour une foldingue. Je dirais donc que ce journal est juste « normal ».

    Hum, il y a cinq ans, Le Monde a explicitement pris position pour Royal dans un éditorial…

    Le Monde est actuellement aussi orienté à gauche que Le Figaro l’est à droite, et c’est bien leur droit après tout, tant qu’ils n’essaient pas de faire croire qu’ils sont impartiaux, mais je ne crois même pas que ce soit le cas. En revanche, Libération est beaucoup plus engagé à gauche que Le Figaro l’est à droite, et à ce titre, dire que l’un est le pendant de l’autre n’est pas vraiment exact.

    Sur l’audiovisuel, pour TF1 et LCI qui sont à droite, on a France Télévisions, Canal Plus et I Télé, BFM TV et tout Radio France qui sont à gauche. Même à Europe 1, l’année dernière, Jean-Pierre Elkabbach et Catherine Nay avaient quelques minutes d’antenne, quand de 15h30 à 22h, c’était tous les jours Laurent Ruquier, Nicolas Demorand et Pierre Louis-Basse, à gauche toute pendant 6h30 d’affilée.

  • Il est vrai qu’Elkabach est l’exemple ultime depuis des années. Sinon, la gauche abhorre Jean-Pierre Pernaud, qui a le tort de parler à son public. Visiblement, quand on veut démontrer que l’audiovisuel est à droite, on tourne sur deux noms.

  • « Une fois encore : le « curseur » ne s’est pas déplacé, on l’a déplacé. L’électorat ne s’est pas droitisé, on l’a droitisé. »

    Merci pour ce billet et cette analyse, que je rejoins totalement. A court terme, cette stratégie peut être payante (comme aux présidentielles de 2007). A long terme, elle est suicidaire et surtout délétère pour le pays, c’est cela qui m’inquiète. Fabriquer des boucs émissaires est un moyen efficace de perdre toute efficacité politique sur la réalité.

    J’ajoute une nuance vis-à-vis spécifiquement sur l’immigration : si N. Sarkozy et les conseillers qu’il s’est choisi ont pu porter le rejet des étrangers à un paroxysme, c’est en enchérissant sur un tel rejet lentement construit depuis plus de 30 ans (par la gauche y compris). Regardez l’évolution de notre législation : elle est devenue une paranoïa anti-immigrés, lentement depuis la fin des années 70. (Je ne suis pas en train de dire que l’intégration de populations étrangères est chose facile, non conflictuelle, et n’est pas un sujet légitime de débat et de politiques. Mais justement, la paranoïa et autres « politiques du chiffre » sont un moyen de ne pas traiter cette question, tout aussi efficace que le déni ou l’angélisme.)

    Depuis Napoléon III, le discours politique avait « fabriqué » l’Allemagne comme ennemi. Et de fait, les Allemands ont été nos ennemis. Le « sentiment populaire » était très réel (et symétrique outre Rhin). Nous l’avons payé très cher, tous. Après 1945, la réconciliation n’a pas été un surgissement spontané. Quelques politiques, des deux côtés du Rhin, ont décidé que les bêtises avaient assez duré. Ils ont posé quelques paroles et surtout des actes politiques clairs. Et les opinions ont embrayé, elles portaient cette potentialité : la réconciliation a eu lieu.

    Depuis des décennies, de nombreux responsables politiques, et les actes de l’État, fabriquent la peur et le rejet des étrangers. Et fabriquent les fantasmes d’invasion (alors que le solde migratoire annuel est stable et assez faible depuis 30 ans : env. 1,7 pour mille, chiffre François Héran ined). Ces peurs nous mutilent, mutilent nos capacité d’intégration, de construction de notre avenir. Je suis persuadé que, vis-à-vis des étrangers sur notre sol aujourd’hui, comme vis-à-vis de l’Allemagne hier, nous avons d’autres potentialités que le rejet, qui peuvent se réaliser. J’attends que des responsables politiques la suscitent. Je n’entends (presque) rien.

  • En revanche, Libération est beaucoup plus engagé à gauche que Le Figaro l’est à droite

    Bon… visiblement il n’y aura aucun consensus sur le sujet, car en lisant cette phrase j’ai une furieuse envie de rire.

    Sur Royal et Le Monde, c’est plus compliqué qu’un seul éditorial, mais là non plus nous ne serons pas d’accord.

    Si vraiment tous les journalistes sauf Elkabach et Pernaud sont de gauche, c’est la preuve qu’ils n’ont aucune influence sur l’opinion des électeurs, qui élisent la plupart du temps des présidents de droite…

  • Les éternelles polémiques sur le thème de la dominante politique des médias aboutissent toujours plus ou moins à la même conclusion: tout média qui est plus à droite que moi est scandaleusement partial en faveur de la droite; tout média qui est plus à gauche que moi est odieusement biaisé en faveur de la gauche. Ça ne nous avance pas beaucoup.

    Pour ma part je ne lis que les versions en ligne de nos journaux et je ne vois la télé française qu’exceptionnellement. J’ai trouvé une régression par rapport à 2007: deux organes de presse, le Nouvel Obs et le Figaro, me semblent avoir franchi allègrement, pour leurs candidats respectifs, la frontière qui sépare le simple soutien de la servilité la plus totale.

    Par ailleurs, ce billet m’a donné envie d’en savoir plus et j’ai donc découvert ce M.Peltier. Il est est déjà à son quatrième parti, à chaque fois avec des responsabilités politiques de niveau national. Et, au plan électoral,il n’a jamais rien connu d’autre que… la défaite. Si j’étais à l’UMP tourangelle, je me ferais du souci.

  • Sarko a perdu, c’est un fait mais quel en est la cause ?

    Est-ce sa stratégie droitière ou est-ce la crise qui fait battre tous les pouvoirs en place en Europe ? Aurait-il mieux réussi avec un projet au centre ? Bien malin qui peut l’affirmer avec certitude. J’ai tendance à croire que la crise conforte les idées protectionnistes et la peur d’une immigration mal maîtrisée, sentiment différent de la xénophobie.

  • Gwynfrid a écrit ::

    tout média qui est plus à droite que moi est scandaleusement partial en faveur de la droite; tout média qui est plus à gauche que moi est odieusement biaisé en faveur de la gauche. Ça ne nous avance pas beaucoup.

    Bien sûr.

    Commentaire, revue d’inspiration libérale mais reconnue comme sérieuse, avait il n’y a pas si longtemps, je n’ai malheureusement plus la référence, fait état d’une enquête réalisée en même temps dans la plupart des pays de l’OCDE sur les tendances politiques des journalistes.

    Droite et gauche ne veulent pas dire exactement la même chose dans tous les pays, mais les réponses étaient quand même intéressantes. Dans tous les pays, les journalistes se déclaraient majoritairement « de gauche ». Mais alors que généralement la répartition était de l’ordre de 53-55 % à 47-45 %, la France se distinguait par un score proche de 70-30 %.

    La propriété des journaux ne veut pas dire grand chose. Libération et Le Monde appartiennent au grand capital. C’est l’ethos de la communauté médiatique qui pèse. Il est plus marqué en France qu’ailleurs.

  • Le Salon Beige a longtemps participé à l’anti-sarkozysme, et croyait probablement pousser à la droitisation de Sarkozy sans gêner sa réélection. Cette droitisation a effectivement limité la casse, mais comment redonner la confiance aux catholiques à qui le Salon Beige a fait rêver pendant si longtemps d’un président idéal ? Le ralliement du S.B. à Sarkozy a été trop tardif pour que tous ses lecteurs le suivent. Trop de catholiques ne se rendent pas compte que la France est trop déchristianisée actuellement pour avoir un président « parfait » chrétiennement parlant – et même si notre pays se convertit un jour, ce ne sera quand même pas la Jérusalem Céleste ! Il était donc normal de choisir celui qui, sans être idéal, se rapprochait le plus de la doctrine sociale de l’Eglise, en l’occurence Sarkozy. Maintenant, il faut espérer une cohabitation qui mettra des bâtons dans les roues de la culture de mort des socialistes et se tenir prêts à manifester si la gauche lance son programme anti-vie et anti-famille. Et ne négligeons pas la prière !

  • Ne perdez pas de vue que derrière les quelques « journalistes vedettes », il y a toute une masse de « journalistes moyens » (qui gagnent des salaires « moyens ») et de pigistes, souvent prolétarisés et précarisés. Et que l’immense majorité de la profession ne traite pas de sujets politiques. Sociologiquement et culturellement, ils sont en effet majoritairement de gauche, comme par exemple les intermittents du spectacle ou, plus généralement, ceux qui travaillent dans le domaine culturel, ou dans le domaine social, ou même les profs… Et comme les banquiers, les médecins, les chefs d’entreprise, les artisans-commerçants, etc., sont majoritairement de droite. Mais cela n’a pas nécessairement de rapport direct, en fait, avec le traitement des sujets politiques par les médias.

  • @ Jeff:

    Bien sûr, mais c’est vrai dans la plupart des pays. Hors seule la France a une telle proportion de journalistes qui se disent « de gauche ».

  • Critique a écrit ::

    […] il faut espérer une cohabitation qui mettra des bâtons dans les roues de la culture de mort des socialistes et se tenir prêts à manifester si la gauche lance son programme anti-vie et anti-famille. Et ne négligeons pas la prière !

    Waouh. Je sais pas ce que vous fumez, mais cette substance devrait être interdite (si ce n’est pas déjà le cas).

    De plus, vous avez oublié de préciser que nous mangions les enfants, reproche qu’on nous fait quand même assez souvent.

    @ Aristote:

    Sur le même modèle, auriez-vous des statistiques sur l’à-plat-ventrisme des journalistes selon les pays ? Parce qu’en France ce qui est sûr, c’est que nos « journalistes » ont tendance à s’écraser devant le pouvoir en place, bien plus que dans d’autres pays. En tout cas ça fait au moins dix ans qu’à chaque interview on sert la soupe, et il faudrait espérer que la mode ne va pas continuer indéfiniment, même avec la gauche aux manettes.

  • @ jor:

    Non, je ne les ai pas. Mais il n’y a aucune contradiction logique entre avoir une large majorité de journalistes qui se déclarent « de gauche » et une forte propension à l’à-plat-ventrisme.

    Un peu facile, mais je n’ai pu m’empêcher. :-)

  • Oui, ce Dominique Reynié dit souvent des choses intéressantes. Son diagnostic pour l’UMP est extrêmement sombre… Dans un des articles que vous listez, il signale que l’immigration en France est trop faible, ce qui a le mérite de ne pas tomber dans l’à-plat-ventrisme face au vent dominant!

    Remarquez que D. Reynié est souvent invité sur les plateaux alors qu’il semble être d’une sensibilité plutôt de droite (histoire de me raccrocher au hors-sujet…).

    @Aristote

    Mais il n’y a aucune contradiction logique entre avoir une large majorité de journalistes qui se déclarent « de gauche » et une forte propension à l’à-plat-ventrisme.

    Vous n’avez pas tord, et méfiez vous de l’effet boomerang… Si une large majorité des journalistes qui se disent de gauche le font seulement pour s’applaventrir(*) face à un effet de mode qui voudrait que la gauche soit « cool », sans être réellement cohérent avec ce positionnement politique affiché, alors tout l’argumentaire de départ tombe: des journalistes qui se disent de gauche, on en trouve, des journalistes qui le sont vraiment on en cherche…

    Ca vaut aussi pour les artistes. On peut se dire parfois que la gauche est mal barrée avec tous les zigotos qui s’en réclament. Qui a dit « idiot utile »?

  • Koz, merci pour le lien sur la fondation de l’ARCID, mais je pense que c’est un contresens d’y voir une nouvelle manifestation de la balkanisation du Centre.

    Si j’ai bien compris, ce truc ne fait qu’entériner la séparation entre Sauvadet et Morin, qui était quasiment déjà actée, mais surtout, organise le ralliement du premier aux radicaux. Ne reste du Nouveau Centre que Morin, qui ne veut se rallier à personne parce qu’il est fâché avec tout le monde. On pourra s’en passer.

    Plutôt une chapelle de moins que de plus, donc. On a donc un embryon de mouvement de centre-droit uni, en position d’agréger d’autres personnalités ou mouvements, un leader probable (Borloo). Rien, n’est fait, notamment du point de vue du ralliement des centristes directement inscrits à l’UMP, voire du MODEM, mais je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Tiens, et Bayrou a clairement dit qu’il n’excluait pas un groupe commun à l’Assemblée avec les radicaux et les anciens NC… qui seront forcément plus nombreux que les MODEM. Un signe sérieux d’une possible abdication de ses ambitions personnelles.

    Donc, c’est un peu tôt pour le dire, mais je veux bien mettre une pièce sur le fait que l’on assiste à la genèse du match entre une UMP resserrée, sans doute autour de Copé, et d’un rassemblement à géométrie variable autour de Borloo.

  • C’est en effet une hypothèse possible, Vivien, voire plus probable que mon sentiment d’un début d’éclatement. Si Lagarde a semble-t-il été bien indélicat, Morin est effectivement bien falot. Ce n’est pas avec quelqu’un comme lui que le centre-droit peut se reconstruire. Quant à Bayrou, on ne parlera de l’abdication de ses ambitions personnelles qu’en 2017.

  • Il me semble qu’en 2007 les Français on plus élu un homme envers qui ils avaient de l’empathie qu’un programme. L’homme, ils l’ont lâché au fur et à mesure qu’il se reniait dans sa quête de la gloire instantanée, puis ont ri de le voir imiter Le Pen au point de rejeter ses échecs sur la presse. Le programme, lui, s’est délité, dilué, troublé jusqu’à l’absurde du slogan pour les législatives qui ne peut mieux démontrer la vacuité du dit programme.

    Ceci étant, la bassesse incroyable, l’obscurantisme irréel de la droite actuelle font espérer qu’il n’y aura pas cohabitation dont on voit bien ce qu’en feraient les tenants de  » l’équilibre nécessaire « . La France n’en sortirait certainement pas renforcée et l’issue en serait sans doute une nouvelle dissolution, objectif de chaos vraisemblablement recherché par beaucoup à droite aujourd’hui.

    Que Hollande se montre plus social démocrate que socialiste et Marine plus « franchouillarde » que Le Peniste et l’ UMP donnera raison à Raynier qui pose bien les enjeux pour la droite.

  • « Les années qui viennent doivent être celles d’une nouvelle hiérarchie des valeurs, au sommet de laquelle la science, l’intelligence, la volonté d’apprendre et de transmettre seront les vertus les mieux reconnues et les plus respectées. »

    La voilà, la rupture.

  • @ Logopathe: Je le mets en regard de « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance », et oui, j’y vois une rupture.

  • @ Gwynfrid: Et encore vous ne parlez là que des insultes aux enseignants. N’oublions pas les insultes aux scientifiques (« Je vous remercie d’être venus, il y a de la lumière, c’est chauffé »). Sans doute le monde de la recherche peut-il être réformé et amélioré. Mais était-ce en accusant les scientifiques d’être des incapables, des planqués et des mauvais joueurs ? … Et voilà, Il est parti et Il continue à conditionner notre vision de la politique. Combien de temps faudra-t-il pour que les effets pestilentiels du sarkozysme se dissipent ?

  • @Yogui: je ne vois absolument pas de contradiction entre ces deux phrases, celle de Sarkozy et celle de Hollande. Et je crois que le fait qu’on en voie une constitue l’un des problèmes majeurs de la France et de la pensée occidentale contemporaine en général.

  • Et allez demander aux financiers et aux entrepreneurs comment ils prennent le discours de Hollande. Je ne leur donne pas plus raison qu’aux scientifiques et aux enseignants; quand des corporatismes, quels qu’ils soient, se sentent agressés, je ne peux pas tout à fait m’empêcher de penser qu’on n’est pas forcément loin de toucher un noeud du problème.

    Il manque une culture de la critique et de la remise en cause de soi-même dans ce pays. Je pense aux chefs d’entreprise en premier lieu, pour ne rien vous cacher; mais les profs et les scientifiques ne sont pas loin derrière. Il s’agit dans tous les cas de professions dures et exigeantes, dans lesquelles l’indéniable effort fourni tient lieu d’exonération de toute remise en question.

  • jfsadys a écrit ::

    Il manque aussi à mon avis une culture de la « complimentothérapie » dans notre pays.

    C’est-à-dire qu’on ne sait pas plus complimenter ceux qui le méritent qu’on ne sait se remettre en question lorsqu’on fait des erreurs tout en donnant de sa personne ?

  • Koz a écrit ::

    Ce n’est pas avec quelqu’un comme lui que le centre-droit peut se reconstruire.

    Bonjour,

    c’est bien de parler de centre droit, mais le centre droit, c’est plus une unité de style qu’une unité de pensée. Il englobe des sociaux-démocrates, des démocrates chrétiens, des libéraux, et un certain nombre de pragmatiques (type député maire divers droite de province) qui mettent l’expérience au dessus des idées, et tous ceux qui se sentent en froid avec la tendance du moment du parti gaulliste dominant.

  • Yogui a écrit ::

    la volonté d’apprendre et de transmettre seront les vertus les mieux reconnues et les plus respectées. »

    À l’Éducation nationale, ce serait une vraie révolution…

  • Les « ténors » de l’UMP ont été très clairs: pas d’alliance avec le F.N. Le temps qu’il reste avant les Législatives est très court. Il serait vain d’aller faire maintenant une analyse des causes d’une défaite alors que l’urgence est d’avoir à l’Assemblée nationale une force pouvant faire contre-poids au pouvoir en place. Or la composition du gouvernement et les premiers pas montrent la difficulté de la tâche. Pour l’opinion il y a de la poudre aux yeux: VALLS qui va visiter un commissariat sans gyrophare en respectant les feux rouges….bla….bla. PEILLON qui évoque la semaine scolaire de 5 jours sans concertation et se fait recadrer par ROYAL et AYRAULT, comme si l’urgence était la semaine scolaire après des centaines de milliers d’heures qui ont été consacrées à cette question. On se demande comment les adversaires de la Primaire vont faire pour gouverner la France ensemble. AUBRY a bien fait de se tenir en dehors de cette équipe sans unité et avec à sa tête un capitaine de « pédalo ». Arrêtons d’ergoter et de discuter sur le sexe des anges…Ce n’est vraiment pas le moment.

  • Les élections européennes de 2009 resteront le seul succès de la majorité dans cette mer de défaites. 28% et 29 élus c’est un vrai record qu’il faut comparer aux 16% des cantonales 2007, et même des 27% du premier tour de la présidentielle vu que Sarkozy avait réuni toute la majorité autour de lui, de Morin à Boutin en passant par Borloo et Yade…)

    En 1999 aux élections européennes ; La liste RPR conduite par Sarkozy fait 12,82%% (12 élus) et arrive en 3e position. La liste Hollande arrive en tête avec 22%

    En 2004 la liste UMP fait 16.6% (17 élus) celle du PS 29%

    en 2009 l’UMP fait 28% (en tête avec 29 élus), le PS 16.5%, le FN ne fait que 6.3% et le Modem 8.5%

  • @hélios

    Arrêtons d’ergoter et de discuter sur le sexe des anges…Ce n’est vraiment pas le moment.

    Très bien. Ce n’est pas le moment d’ergoter. Il faut se consacrer à dénoncer les ministres qui ne grillent pas les feux rouge.

    Il serait vain d’aller faire maintenant une analyse des causes d’une défaite alors que l’urgence est d’avoir à l’Assemblée nationale une force pouvant faire contre-poids au pouvoir en place.

    Le seul hic, c’est qui faudrait savoir en quoi consiste le contre-poids, avant de voter tête baissée. S’il s’agit de pousser le pouvoir en place à plus de déficit et plus de xénophobie, par exemple, l’intérêt n’est pas évident…

  • @ Gatien:

    La question centrale à éclaircir : Comment renouer avec la croissance sans augmenter la dette publique ? Hollande esquive toujours sur ce point ou reste flou. On croit comprendre entre les lignes qu’il souhaiterait qu’un endettement européen se substitue à l’accroissement de l’endettement national. En admettant que Mme Merkel accepte, ce qui reste à vérifier, est-ce une médication souhaitable ?

  • Hervé a écrit ::

    La question centrale à éclaircir : Comment renouer avec la croissance sans augmenter la dette publique ? Hollande esquive toujours sur ce point ou reste flou.

    Il y a plusieurs méthodes de court-terme, comme la dévaluation (qui à l’intérieur de l’Europe revient à une baisse généralisée des salaires) ou la déréglementation. Il y a aussi des méthodes de long terme, comme une amélioration de l’éducation, ou certains investissements stratégiques. Je ne suis pas sûr que ces méthodes soient du goût du candidat Hollande. Je n’écarte pas la possibilité que, sous la pression, il adopte même certaines de ces mesures.

  • hélios a écrit ::

    PEILLON qui évoque la semaine scolaire de 5 jours sans concertation et se fait recadrer par ROYAL et AYRAULT

    Suis-je le seul à penser que si on s’en tire cette fois avec la semaine de 5 jours à l’école et le mariage homosexuel, on aura eu un gouvernement de gauche qui, pour une fois, ne fait pas de trop grosses bêtises à son arrivée ?

  • @ Canard Sauvage:

    La dévaluation de l’euro suppose l’accord de l’Allemagne dont la monnaie est dès à présent sous-évaluée, il ne faut pas y compter et cela ne résoudrait pas les déséquilibres à l’intérieur de l’Euroland. La baisse des salaires et des pensions en France comme le fait l’Espagne, on voit mal Hollande s’y résoudre, Mélanchon ferait des bonds. La seule solution, je le crains, serait un démantèlement de la zone euro afin que chaque pays puisse enfin ajuster la valeur de sa monnaie à sa compétitivité réelle.

  • @canard sauvage

    Les parents, majoritairement, sont contre la semaine scolaire de cinq jours. Avant 2008, dans toutes les écoles qui sont passées aux « 4 jours » les parents étaient largement favorables et ont voté en conséquence dans les Conseils d’école. JAMAIS aucune évaluation nationale n’a été faite de l’intérêt de l’organisation de cette semaine. La semaine de 5 jours ce n’est pas droite contre gauche….. Il ne faut pas oublier non plus le poids du secteur du tourisme largement favorable aux 4 jours…. Monsieur PEILLON ne connaît pas ce dossier-là. Il faudrait qu’il se donne le temps de prendre connaissance des grands dossiers de son Ministère.

  • @ hélios : en quoi les intérêts financiers du secteur du tourisme ont à impacter en quoique ce soit la politique à mener à l’Education Nationale?

  • @ hélios: Vincent Peillon a raison sur un point: par rapport à l’époque où vous et moi nous étions à l’école, les enfants ont moins d’heures de classe, de jours de classe. On travaillait le lundi, mardi, mercredi et le vendedi, samedi (toute la journée). Il n’y avait pas de cours d’informatique, de sorties pédagogiques à droite et à gauche, d’Education Physique. C’était Français, Mathématique, Histoire-Géographie-Sciences naturelles et un objectif clair et précis pour tout le monde: le certificat d’étude. Vous avez raison sur un point: le plus souvent les parents d’élèves dans les conseils d’école ont voté la semaine des quatre jours. Ainsi que sur un autre point: les professionnels des loisirs ne voient pas d’un très bon oeil des vacances d’été plus courtes. Je pense que Vincent Peillon sait tout cela. Que fera-t-il, que pourra-t-il faire? Je ne le sais pas. Nous verrons bien au fil des jours et des semaines à venir. Ce que je peux affirmer en tant qu’ancien instit c’est que sur les registres d’appel le taux d’absence des élèves est le plus élevé en janvier février. Beaucoup d’enfants malades. Avec les beaux jours les taux de fréquentation de l’école remontent. Les vacances scolaires d’été datent de l’époque où la France était à majorité paysanne et où on avait besoin des bras des enfants pour rentrer les récoltes.

  • @ Flashy: C’est du lobbying. Quand les représentants du secteur du tourisme disent « nous représentons x% du PIB et y% des emplois, et les changements de rythme scolaire vont impacter z% de notre chiffre d’affaire », les politiques écoutent. C’est bien ainsi que les zones de congés scolaires de février et Pâques ont été instaurées. Est-ce justifié ou pas, à chacun d’en juger.

  • @ Canard Sauvage: Votre réaction est un peu prématurée, avec un gouvernement en place depuis moins d’une semaine… Certes ils n’ont pas encore fait de bêtises, mais c’est surtout parce qu’ils n’ont en pas eu le temps.

    hélios a écrit ::

    Monsieur PEILLON ne connaît pas ce dossier-là. Il faudrait qu’il se donne le temps de prendre connaissance des grands dossiers de son Ministère.

    Euh, sauf erreur de ma part, M.Peillon a fait la plus grande partie de sa carrière autour des sujets de l’éducation, et parmi les figures politiques du PS, il n’a a pas de spécialiste plus reconnu que lui dans le domaine. Ça n’en fait pas un magicien, mais on ne peut pas prétendre qu’il ignore un dossier qui fait débat depuis des années.

    Quant à la semaine de 4 jours… en tant qu’expatrié, je reconnais là un des sujets qui donnent à penser que la France est située sur une autre planète que le reste du monde. Nulle part ailleurs irait-on imaginer des organisations aussi contraires au bon sens le plus élémentaire.

  • @flashy Les professionnels du tourisme ont évidemment leur mot à dire sur les rythmes scolaires. Le temps des vacances, court ou long, leur répartition conditionne bien évidemment le secteur de l’hôtellerie, les taux de remplissage des stations de sports d’hiver etc. Toujours, les professionnels du tourisme sont consultés avant modification des rythmes scolaires. @bonjour jf et très heureux de vous rencontrer.. Vous le savez bien, cette question des rythmes scolaires a toujours fait l’objet de débats difficiles à trancher. Ce qui est certain, c’est que les semaines de 5 jours avec le samedi matin travaillé posaient problème. En effet, on constatait un taux d’absentéisme très élevé le samedi matin qu’on imputait en partie sur le compte des problèmes posés par le droit de visite pour les parents divorcés. Le samedi est un jour où les parents divorcés vont chercher leur enfant pour le ramener directement à l’école le lundi matin. Dans une circonscrition du premier degré, c’était souvent un casse-tête entre les écoles à 4 jours, les écoles à 5 jours, celles qui fonctionnaient le mercredi matin, celles qui fonctionnaient le samedi matin avec les questions de remplacement subséquentes. Je ne critique pas Monsieur PEILLON, je dis que ces questions ne sont pas « de droite » ou de « gauche ». Ceci dit il ne me semble pas que le nouveau ministre de l’Education nationale a fait preuve de maladresse puisqu’il annonce une mesure qui n’a pas encore été discutée. Madame ROYAL qui s’est occupée des affaires scolaires et notamment de ce dossier l’a d’ailleurs très vite « recadré ».

  • Bonne analyse. Quand je pense qu’au FN ils sabraient le champagne le soir du 6 mai! une victoire à la Pyrrhus, oui, la preuve : Mélenchon est donné gagnant le 17 juin à Hénin-Beaumont, dans le fief même de MLP! à ce moment là, la fameuse « recomposition de la droite » prônée par les frontistes aura fait long feu, car que pourront ils faire du haut de leurs 4 députés (et encore, je suis optimiste pour eux). Bilan : une terrible traversée du désert pendant 5 ans, car une chose hélas est certaine, c’est que les socialistes nous emméneront directement dans le mur!

  • @ hélios: Merci de votre commentaire. J’aurais aimé quand j’étais instit et parent d’élèves, j’aimerais pour mes petits enfants, plus de vacances l’hiver, moins l’été, une semaine à 5 jours de 9h à 14h par exemple, la même heure toute l’année, pas de changement d’heure d’été d’hiver. Avec une prise en charge des enfants l’après-midi pour des activités « extra-scolaires ». Oui je sais c’est pas pour demain. Peut-être pour après-demain… Il me semble que l’école maternelle, le primaire, le Lycée fonctionnent à peu près bien mais que c’est plus cahotique pour le collège et la fac. La gauche n’a pas bien entendu le monopole de l’Education. La Droite nous dira sans doute son projet pour l’école de demain et d’après-demain.

  • @ hélios : j’entends bien. Mais en fait, je pensais que l’Education Nationale avait pour finalité première l’intérêt de l’enfant (par son éducation, bien sûr) et la formation des citoyens de demain.

    Le taux de remplissage des stations de ski, franchement, je ne vois pas en quoi ça devrait impacter une décision politique concernant l’avenir de l’Education Nationale. Être informé, oui, bien sûr, c’est important. Un ministre se doit de décider d’une politique en connaissant ses dossiers mais aussi de mesurer l’impact de ses décisions sur son environnement économique et social.

    Mais bon…j’ai tendance à mettre les intérêts particuliers du secteur du tourisme en-deçà de l’intérêt de la future génération de citoyens. Si la semaine de 4 jours est positive pour le secteur du tourisme mais nuit à l’apprentissage des enfants (c’est une hypothèse, je n’en sais rien à vrai dire et je suppose que la réalité n’est pas si tranchée), je ne vois vraiment pas comment on pourrait sacrifier un apprentissage de qualité au nom du taux de remplissage des stations de ski ou des terrasses de café.

  • Bon j’arrive après la bataille, tant pis. Ce n’est pas une raison pour ne pas commenter.

    Pas du tout d’accord avec toi sur ce coup, Koz.

    1. Ton argument est que Sarkozy a perdu à cause d’une stratégie droitière (je schématise). Il me semble plutôt qu’il a perdu malgré cette stratégie. Plusieurs arguments en ce sens.(i) Dans l’histoire de la Ve république, c’est l’élection la plus serrée derrière celle de Giscard en 74; (ii) on dit que Sarko est le seul à avoir échoué à être réélu, mais on ne dit pas que les autres (Mitterrand, Chirac) ont été réélus en cohabitation. Depuis 30 ans, le candidat issu du gouvernement en place a toujours perdu la présidentielle (sauf Sarko en 2007). La dernière fois que le PS s’est pointé aux présidentielles en étant au gouvernement, il a fait 16% et n’est pas passé au second tour; (iii) il y a une crise économique mondiale majeure qui a fait sauter TOUS les gouvernements européens qui se sont présentés au suffrage universel. Bref, une victoire de Sarko aurait tenu du miracle et tout les sondages le donnaient à moins de 45% un mois avant l’élection, il finit à 48,5%, difficile de blâmer sa stratégie électorale.

    2. Ton exercice voulant montrer que les chutes de Sarko dans les sondages coïncident avec les moments où on a parlé d’immigration ne me convainc pas. D’abord parce qu’il réduit l’évolution de sa popularité à ce sujet alors qu’il y en a une plein d’autres (fiscalité, économie, politique étrangère, affaires diverses…) Ensuite parce tu ignores justement le dernier data point, la campagne présidentielle qui a vu une forte croissance de la cote de Sarkozy précisément au moment où il parlait des zarabes (et de façon particulièrement pas fine).

    3. Moi je lis ton truc complètement dans l’autre sens. En fait, dans tout le quinquennat, on n’a parlé d’immigration que 3 ou 4 fois. A chaque fois ça a été un psychodrame. A chaque fois on s’est fait traiter de nazis. A chaque fois, Sarkozy a fini par laisser le truc péricliter ou devenir franchement contre-productif.

    Par exemple, je trouve le concept d’immigration choisie très bien. Cela me semble être la conception de l’immigration qu’ont adoptée quasiment tous les pays où on a le droit de parler sereinement de ce sujet. On accueille les étrangers qui nous apportent quelque chose (et les réfugiés). La politique d’immigration, comme toutes les autres politiques publiques, a pour principal objectif l’intérêt du pays. Mais dans les faits, Sarko a parlé d’immigration choisie, il s’est fait traiter de nazi, on nous a expliqué plein de trucs compliqués et ça s’est fini par des quotas d’expulsion crétins et la circulaire Guéant qui vire justement ceux qu’on voudrait garder !

    Je suis convaincu que si Sarkozy avait adopté une stratégie encore plus droitisée, si au lieu de dire il avait fait, il aurait été réélu.

    Là où je te rejoins, c’est qu’une autre stratégie était et reste possible à droite. Une stratégie libérale par exemple. Moins d’Etat, moins d’administration, moins de sauvetage des banques ou des copains avec l’argent public, plus d’opportunités, plus de liberté, choix de son école, de sa retraite, libéralisation des professions protégées, du syndicalisme, du droit social…

    Mais plus important, une autre stratégie était et reste possible aussi à gauche. La victoire masque le fait qu’elle est incroyablement étriquée compte tenu des circonstances. Si la gauche ne sort pas de ses vieux démons, si elle ne parvient pas à aller au-delà de ses postures de facilité habituelles : blâmer les boucs émissaires classiques (riches, patrons, banques…) et ne concevoir de solution que dans la dépense publique, elle va au devant de catastrophes pour elle et pour notre pays.

  • @ Lib:

    Hollande qui demande aux Allemands les eurobonds alors qu’en même temps il veut donner un coup de pouce au SMIC, élargir l’accès à la retraite à 60 ans (les Allemands vont vers 67 !!!), et embaucher des fonctionnaires…

    Le couple franco-allemand va être remplacé par la couple gréco-français, le changement, c’est maintenant !

    Dans le mur nous allons, à grande vitesse, comme le Thalys qu’il a pris pour aller à Bruxelles. Le chômage va exploser, les tentatives désespérées pour retarder les plans sociaux médiatisés ne permettant pas de compenser la chute vertigineuse en cours des créations d’emploi…

    Pendant ce temps là, on nous entretient des ennuis judiciaires de Montebourg et de la réduction de 30 % des salaires des ministres, dont le nombre a augmenté.

  • @ Yogui:

    Vu le faible poids de la rémunération d’un ministre dans le coût d’un ministère, la baisse de 30 % ne suffit probablement pas à financer ce seul ministère supplémentaire !

    La prise du pouvoir par la gauche au Sénat s’était traduite immédiatement par la création de deux commissions supplémentaires.

    La priorité, c’est de diminuer la dépense publique.

    L’Allemagne ne paiera pas !

  • Oui, oui, la France va dans le mur à grande vitesse… A peine deux jours après l’élection de François Hollande, comme le grand Nicolas Sarkozy l’avait prédit, les marchés et les agences de notation ont durement sanctionné notre pays à la dérive, qui est aujourd’hui dans la même situation que la Grèce. Et notre pauvre président, avec son équipe d’incapables, apparaît bien isolé en Europe et dans le monde, avec ses vieilles lunes « socialo-communistes » et ses fumeuses idées de croissance…

    Trêve de plaisanterie, pour revenir au sujet, oui, bien sûr, il y aurait théoriquement la place pour une droite libérale qui s’assumerait comme telle (après tout, c’est l’idéologie dominante dans le monde et elle doit avoir sa place dans notre pays), mais manifestement l’UMP, ex-sarkozyste, future copéiste (?), préfère pour l’instant continuer à s’en prendre aux immigrés, aux assistés et à Christine Taubira. Ils doivent penser que c’est plus payant sur le plan électoral. A court terme, peut-être…

  • Qui est, aujourd’hui, contre la croissance ? Hier, quelques écolos étaient contre, on ne les entend plus.

    La question n’est pas là. La question, c’est la croissance par la relance de la dépense publique ou la croissance en encourageant l’entreprise, la réduction des déficits par la hausse des impôts ou par la baisse des dépenses publiques ? Et là, ce que nous annonce FH est diamétralement opposé au bon sens le plus élémentaire.

    Dans les circonstances actuelles, augmenter le coût du travail (coup de pouce au SMIC, libéralisation de la retraite à 60 ans financée par une hausse des cotisations retraites), c’est augmenter le chômage, tout le monde le sait. C’est consciemment qu’un gouvernement de gauche achète les élections en augmentant le chômage. Je trouve que cela fait un peu désordre…

  • Qui est pour l’augmentation du chômage ? Personne. La question, c’est comment on réduit le chômage tout en préservant notre modèle social et notre code du travail, en réduisant les inégalités, et en augmentant le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres ? Pas facile dans la conjoncture actuelle, je l’admets. Il y faudra nécessairement une augmentation de la croissance. Mais, comme le précédent, le nouveau pouvoir sera jugé là-dessus. Espérons pour notre pays qu’il réussisse (même s’il n’emploie pas pour cela les recettes du prêt-à-penser ultra-libéral).

  • Lib a écrit ::

    Ton argument est que Sarkozy a perdu à cause d’une stratégie droitière (je schématise). Il me semble plutôt qu’il a perdu malgré cette stratégie.

    Il est malheureusement possible (mais pas sûr) que tu aies raison, et c’est légèrement inquiétant pour ce qui est de notre unité nationale, surtout si les héritiers de la ligne sarkozyste l’emportent à l’UMP.

    Lib a écrit ::

    En fait, dans tout le quinquennat, on n’a parlé d’immigration que 3 ou 4 fois.

    Euh, on n’a pas dû lire les mêmes journaux. L’immigration (au sens large) a fait la Une bien plus souvent que ça, quelquefois sous la pression des événements (Lampedusa, prières de rue, affaire Merah) ou de l’extrême-droite (apéros saucisson-pinard) mais bien plus souvent par l’effet de l’action et du discours du gouvernement (loi Hortefeux, objectifs annuels d’expulsion, discours de Grenoble, propositions sur la déchéance de nationalité, économies sur l’aide médicale de l’État, débat sur l’identité nationale, loi sur la burqa, loi Besson, circulaire Guéant, et bien sûr, campagne électorale sur le thème des frontières). Tout ça ensemble fait pas mal plus que 3-4 fois. La presse étrangère, qu’on ne peut pas taxer d’antisarkozysme pavlovien, au contraire, n’a pas manqué de le remarquer, d’ailleurs.

    Lib a écrit ::

    si au lieu de dire il avait fait, il aurait été réélu.

    Ah, là, par contre je suis déjà nettement plus d’accord avec toi.

    Lib a écrit ::

    Là où je te rejoins, c’est qu’une autre stratégie était et reste possible à droite. Une stratégie libérale par exemple.

    Stratégie possible, mais pas dans les gènes de la droite française. Tiens, il se trouve que chez moi il y a un candidat aux législatives qui ose se réclamer explicitement du libéralisme, de Thatcher et de Reagan. Un type cohérent, sans langue de bois, visiblement sincère, bon orateur. On va voir combien il va faire sur la circonscription a priori la plus favorable qui se puisse trouver: les Français d’Amérique du Nord. Il y a 5 autres candidats de droite (au moins)… Je ne donne pas cher de ses chances d’arriver devant aucun d’entre eux.

  • De facto, quiconque subordonne la réduction du chômage à divers conservatismes, ceux que vous citez (modèle social, code du travail, inégalités, travailleurs pauvres), mais aussi d’autres implicites (statut de la fonction publique, rente syndicale, fiscalité du travail…) ne donne pas au problème que les Français mettent en tête de leurs préoccupations sans discontinuer depuis 30 ans toute l’attention qu’il mérite.

    Après on peut également invoquer les dieux de la croissance et planter des épingles dans le fétiche de l’ultra-neo-turbo-libéralisme. Après tout, il y a des sociétés chamaniques qui ont connu un peu de prospérité.

  • @Jeff « Qui est pour l’augmentation du chômage ? » Au hasard, ceux qui veulent maintenir un bas niveau des salaires? Je ne dis pas que c’est forcément le cas, mais en tous cas c’est leur intérêt objectif.

  • Il serait en effet facile de réduire le chômage en supprimant des « conservatismes » comme le Smic et l’indemnisation des chômeurs. Est-ce la société souhaitée par la majorité d’entre nous ? Je ne le crois pas.

  • Je sais pas si une autre stratégie était possible, mais on dirait que Jean-François ne vous a pas entendu, vu comment leur clip de campagne est crade…

    En fait l’UMP a bien compris ce qui préoccupait vraiment les vrais Français vrais: le halal à la cantine, les prières de rue, l’assistanat et le droit de vote pour les étrangers. Sans oublier de glisser un ou deux mensonges ici ou là, notamment sur les retraites versées au 1er du mois, pour faire oublier que l’UMP n’a rien fait pour les retraités en 10 ans à part leur permettre, depuis 2009, de cumuler leur retraite avec un petit boulot.

  • Gwynfrid a écrit ::

    Euh, on n’a pas dû lire les mêmes journaux.

    On ne lit sans doute pas exactement les mêmes journaux, mais je te rassure, la fixation de la presse française sur l’immigration et le racisme ne m’a pas échappé. Il ne se passe pas de jour sans qu’une nouvelle dérive raciste ou xénophobe ne soit dénoncée. Tu en as raté plein dans ton inventaire. Notamment la myriade de procès, judiciaires et/ou médiatiques, frappant quiconque, de Zemmour à Laurent Blanc, est soupçonné de sombres arrières-pensées.

    Mais Koz ne parle pas de cela. Il ne parle pas des cas où l’opposition, à tort ou à raison, est allé débusquer la xénophobie réelle ou supposée de la droite. Il parle de la stratégie électorale et/ou idéologique de Sarkozy. Il parle de cas où Sarkozy a volontairement, offensivement mis le sujet sur l’immigration au sens large. Et on retombe sur une poignée de cas : le débat interdit sur l’identité nationale, les Roms, la loi sur la burqa (soutenue par de nombreux parlementaires de gauche), la fin de la campagne présidentielle.

    Quant à la presse étrangère, je lis suffisamment souvent le NYT pour qu’on ne me fasse pas le coup de Courrier International.

    Jeff a écrit ::

    Est-ce la société souhaitée par la majorité d’entre nous ? Je ne le crois pas.

    Les chômeurs sont ils favorables au SMIC, à la « sécurité » de l’emploi, au statut de la fonction publique, au système syndical français, à la lourdeur des charges pesant sur les salaires?

  • @ Lib: Je ne lis pas Courrier International et je ne le classe pas dans la presse étrangère. Je lis entre autres mon canard local, qui s’intéresse extrêmement peu à la France, mais auquel la petite fiesta sarkozienne à propos des Roms n’a pas échappé.

    Parmi les 14 exemples que j’ai cités, aucun n’est une invention de la presse. 10 sur 14 émanent directement du gouvernement ou de la majorité présidentielle (j’ai volontairement omis celles des propositions de la Droite Populaire qui ont été retoquées). J’en ai oublié, en effet: par exemple, le ministère « de l’immigration et de l’identité nationale » qui n’est pas une création médiatique, mais bien un symbole politique fort, mis en scène comme tel.

    Sarkozy a voulu et assumé la mise en avant de l’immigration pour en faire un thème de différenciation avec la gauche (« il faut cliver »). Tu es bien le seul à te cacher derrière ton petit doigt pour ne pas le voir – je me demande pourquoi.

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