Oba-onverra

obama-marxpreviewMon cœur balance. Si, je dois le dire, il balance. Ce 20 janvier est un jour historique, peut-être même aussi historique que le 11 septembre, mais dans le camp du Bien cette fois, et mon coeur balance. C'est que j'ai déjà déclaré mon soutien à Obama, au lendemain de son élection, certes, mais c'est vraiment mesquin de le relever. J'ai dit mes raisons de me réjouir, et je n'ai aucune raison de les démentir.

Mais la déferlante médiatique qui s'abat sur nous ces jours-ci, et culmine aujourd'hui, suscite en moi une once de perplexitude1. Quelle est la part d'autodérision, de juste admiration, de simple attente, dans cette Obamania répercutée de toutes parts ?

J'avoue observer avec un petit amusement ceux qui s'élevaient en 2007 contre toute idée d'un homme providentiel se jettent à corps perdu dans la surenchère quasi-dolâtre cette fois-ci. Je relève aussi, plus par esprit taquin que par mauvais esprit, soyez-en assurés, qu'on en trouve peu pour faire le compte du coût de cette cérémonie d'investiture dans une Amérique en crise.

Surtout, nous avons déjà fait la fête. Je ne partageais pas alors les réticences de ceux qui moquaient l'enthousiasme suscité par cette élection, mettant en avant les incertitudes et le fait qu'à trop le porter au pinacle, on ne peut qu'accroître l'inévitable déception post-élection.

obamaQue, le jour du résultat, on mette de côté toute retenue, tout réalisme, tout scepticisme, cela me semble même de bon aloi. Il faut savoir profiter de l'instant, sans croire qu'un peu d'euphorie et d'exubérance signifie que les enthousiastes aient perdu de vue la réalité des dossiers à traiter et le contexte très particulier de son accession à la présidence.

Je me laisse toutefois prendre par un léger sentiment de "point trop n'en faut". Et j'en viendrais aussi à craindre que l'on ait à déplorer bientôt la réédition d'une "histoire tragique américaine". Mais comment empêcher les admirateurs d'admirer, me direz-vous, et vous aurez raison. Ils ont, toutefois, reçu un petit coup de main.

Mais je vous l'ai dit : mon cœur balance. Non, je ne basculerais pas si vite dans le camp d'un triste réalisme. Même si le show commence à me lasser, même si cette investiture est un peu lointaine pour moi, je me réjouis tout de même, sans déraison, de son accession au pouvoir.

En écho à ma perplexitude, j'entends les mots de Dominique Quinio qui fait état d'une Obamania assumée, dans un edito étonnant, puisqu'il me semble bien que c'est la première fois que je vois La Croix saluer à ce point l'élection d'un président :

"Encore un jour, s’il vous plaît ! Ce n’est pas faire injure à Barack Obama ni à ceux qui l’ont élu que de penser qu’après l’euphorie de sa victoire et les éclats de la fête, viendra le temps du pragmatisme, des dossiers concrets et des conflits de priorité : on se souviendra bien assez vite que la première tâche du nouveau président américain est de redresser l’économie de son pays et de redonner le moral à ses compatriotes."

obama-lincoln

(...) "Mais, de grâce, encore quelques heures, monsieur le bourreau ! Laissons vivre le rêve, chassons en nous-mêmes les petites voix du scepticisme et du réalisme. Profitons du moment. Mesurons le parcours de cet homme et le symbole que représente la couleur de sa peau pour son pays, déchiré il y a quelques décennies encore par la ségrégation raciale, et pour de nombreux peuples dans le monde."

Alors soit, allez, encore quelques heures d'Obamania. Pour la suite... Oba, on verra.


  1. puisqu'Obama a copié Ségolène, rendons-lui au moins cet hommage []

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68 comments

  • +1

    Heureusement pour lui, il n’a pas eu à présider sur l’opération israélienne à Gaza. Il peut encore léviter quelques temps.

    Bonne chance au nouveau président. Même s’il a toutes les qualités qu’on lui prête, il en aura besoin.

  • En ce qui me concerne j’avoue devoir lutter depuis le début contre la séduction que ce kenyan au passeport américain et aux allures hollywoodiennes exerce sur ma féminitude :-) Mais qu’il est beau ce mec ! Fichtre, on en oublierait sa propre décrépitude pour se précipiter, comme notre Jeanne d’Arc nationale, vierge sur le tard, aux pieds de cet adonis aux yeux plus noirs que sa peau ! Quelques miettes des paillettes, s’il vous plait, cher seigneur, on aimerait tant oublier le quotidien ridé et douloureux de la future crise rhumatismal pour une court éblouissement rêveur (on n’a plus la force pour davantage …). Ahhh, voilà l’utilité des jeux politiques et médiatiques : anesthésie …

  • Je suis très content avec tout cet engouement pour Obama et je me fiche pas mal du show d’investiture que j’ai à peine regardé sur CNN. N’empêche, j’ai bien aimé le fait que maintenant les Blancs américains parlent plus avec les Noirs américains et de manière très décontractée. Je ne peux que me féliciter de se trouver dans une situation où 80% de la planète est favorable à Obama au lieu d’une situation où 80% de la planète est hostile aux Etats Unis.

    La présidence d’Obama doit bien se passer, on a pas le choix, sinon on sera vraiment dans de gros problèmes aussi bien pour les gens que pour l’environnement.

  • Sympa le montage sur la 1ère photo.

    J’entendais ce matin Olivier Duhamel expliquer qu’Obama était à la fois un américain au milieu des américains (empathique, les comprenant, un homme comme eux) mais aussi au dessus d’eux pour les guider. Là je n’ai pu m’empêcher de penser qu’Obama était la preuve que Jésus ne nous a pas abandonné. J’ai une Bonne Nouvelle: Il est revenu. Il est Dieu mais un Dieu incarné. Et cette fois-ci dans la peau d’un noir (après celle d’un juif, on voit qu’il aime bien repousser les idées extrémistes), qui plus est président des Etats Unis. Ce qui est quand même plus classe que d’aller pécher avec 12 potes au bord du Jourdain, en tentant de faire manger une foule avec quelques bouts de pain et un peu de poisson.

    Bon je m’amuse et je ne voudrais pas apparaitre comme un triste sire. Je suis comme beaucoup plein d’espoir et content de voir le monde occidental trouver un visage plus consensuel et enthousiasmant. Simplement on retrouve le même travers dans la presse française que pour Bush: l’excès. Bush est le Mal, Obama est Jésus. Impossible du coup de dialoguer et de comprendre. On exècre ou on adule. Il faut toujours hurler avec les loups.

    Il se trouve que j’ai lu l’autobiographie d’Obama (il faut bien lire un livre par an, sinon on est taxé de bofitude) et je n’y ai pas trouvé de lyrisme vide de sens. J’y ai plutôt trouvé le questionnement intérieur d’un homme sérieux et appliqué (déjà à 33 ans, il bossait fort le bougre). Je préfère cet aspect de lui à cette starisation, certes enthousiasmante mais un peu vide de sens.

  • Pepito a écrit:

    je me fiche pas mal du show d’investiture que j’ai à peine regardé sur CNN.

    beh il n’a pas commencé si mes infos sont exactes. 17h30 heures françaises pepito.serment 18h (17h TU)

    Liberal a écrit:

    Il peut encore léviter quelques temps.

    pas sur car hormis les problèmes intérieurs, c’est toute la région qui est en suspens et qui attendait peut-être sa prise de fonction pour redistribuer les cartes.(liban, syrie, israel…)

    koz a écrit:

    ’est la première fois que je vois La Croix saluer à ce point l’élection d’un président :

    c’est surtout la première fois qu’on en parle tant en France.

  • Et Bush hein, personne ne pense au pauvre W !

    « Et pendant que l’Amérique en liesse fêtera la prise de fonction d’Obama, George W. Bush retrouvera son ranch de Crowford au Texas. C’est là qu’il passera la soirée. C’est là qu’il dormira blotti auprès de son épouse Laura.

    Aura-t-il des cauchemars ? A quoi pensera-t-il en se réveillant mercredi matin ? Se dira-t-il que, finalement, huit ans, ça passe vite ? » Source: http://anyhow-anyhow.blogspot.com/2009/01/w-blues.html

  • Merci de ce billet.

    Je sais bien qu’il s’agit d’un poncif, et je comprends que l’on puisse s’étonner, voire s’agacer, du battage médiatique autour de l’investiture de ce 44eme président des Etats-Unis, mais j’y vois pour ma part le signe d’une vitalité démocratique que j’envie. Je choisis devant le phénomène d’ignorer pour l’instant ses ramifications politiques. Je me doute que beaucoup des attentes profondes (américaines et mondiales) seront sans doute déçues puisque nul n’est tout puissant en ce bas monde. (Si Obama est Jésus en sa parousie, rappelons-nous quand même que le Christ n’a jamais fait preuve de toute puissance lors de son premier passage sur terre…).

    Mais je persiste : j’approuve ces excès médiatiques et j’envie cette gaieté américaine. Car (sans chercher une opposition stérile de nos deux pays) quel a été en France le dernier grand mouvement populaire (au sens réel, et pas au sens de l’umP) ? J’attends et suis prêt a flinguer le premier qui me répondrait la coupe du monde foot en 1998… Non vraiment, le dernier grand mouvement démocratique, majoritaire et pacifique en France ? Puisque c’est bien de ceci qu’il s’agit, 80% des américains se déclarant heureux de cette investiture aujourd’hui ! Et s’apprêtant a la fêter, dans la sérénité, pour beaucoup plus que l’événement administratif qu’elle est réellement. Quand avons-nous vu pour la dernière fois une foule française heureuse de l’exercice de ses droits démocratiques ? Au passage de l’Euro, qui symbolisait pourtant beaucoup ? A la ratification manquée du traité de Lisbonne, qui symbolisait pourtant beaucoup plus que de raison ? J’en ris ou j’en pleure encore …

    Alors malgré les débordements médiatiques de cette Obamania sans doute excessive, je penche aujourd’hui de l’autre coté de l’Atlantique, dans un pays que j’ai la chance de (relativement) bien connaître. Entre les feux d’artifices un peu trop télégéniques du début de la présidence d’Obama et les incendies cathartiques de voitures en banlieue pour la saint Sylvestre, je me permets aujourd’hui d’envier l’extase américaine, malgré tous ses travers !

  • margit a écrit:

    En ce qui me concerne j’avoue devoir lutter depuis le début contre la séduction que ce kenyan au passeport américain et aux allures hollywoodiennes exerce sur ma féminitude :-) Mais qu’il est beau ce mec !

    Tout à fait de cet avis. Je me pâme devant son sourire, comme beaucoup d’entre nous je pense.

    Pour le reste, j’attends de voir! j’ai toujours été sceptique devant les idolâtres et les sujets d’idolâtrie.

    Je suis ainsi faite.

    Et j’aime l’humour de Marko. (à part que, désolée pour les racistes, mais Obama n’est pas noir! Il va falloir qu’ils trouvent un Dieu ailleurs pour satisfaire leur bien-pensance, car celui ci a une mère blanche, tout ce qu’il y a de plus blanc, que c’en est forcément un déshonneur pour un non raciste)

    J’ai du mal à concevoir qu’on puisse encenser quelqu’un qu’on ne connaît pas (surtout pour les français), qui n’a aucune expérience (ou pas beaucoup) et qui reprend dans son gouvernement des gens qui y étaient sous Bush et qu’on critiquait alors! (regardez comme ces mêmes idolâtres critiquent l’ouverture du gouvernement français…)

    j’ai du mal à concevoir qu’on prenne un homme pour un Messie qui va résoudre tous les problèmes de la planète, alors qu’il avoue déjà (et c’est tout à son honneur) qu’il ne fera pas ce qu’il a dit dans son programme, parce que la conjoncture a changé.

    J’ai du mal à concevoir qu’en France, où on vilipende le bling bling, tout le monde pense à être devant sa télé dès 17h pour constater la somme mémorable d’argent que va représenter cette investiture, somme qu’un démocrate aurait dû reverser dans le trou, déjà profond sans aucun doute, de leur prochaine sécu…

    Sans doute parce qu’il est démocrate….mais je suis certaine que la plupart des français imaginent que le parti démocrate est synonyme de Parti Socialiste. Et fort heureusement non!

    Alors, grâce au retrait unilatéral d’Israël, M Le Président des Etats Unis (et pas de la France, ni du monde…) va sans doute léviter un moment. J’espère qu’il aura assez de pragmatisme pour redescendre sur le sol des USA suffisamment rapidement pour tenter de régler la quantité phénoménale de dossiers qui sont sur son bureau!

    C’est pourquoi je suis un peu déçue que Koz cède à l’Obamania, même si son billet est beaucoup plus réfléchi que ce qu’on peut lire dans la presse française.

    Maintenant, si les américains l’ont choisi, c’est qu’ils devaient avoir leurs raisons (avouables et non avouables, ne nous leurrons pas).

    Et j’espère que M Obama sera un bon président des États Unis pour le bonheur de tous les américains et de tous ceux qui y vivent, et parce que, malgré tout, même s’il n’est président QUE des USA, les retombées de la gouvernance américaine touchent quelque peu l’Europe

  • Dominique a écrit:

    Profitons du moment. Mesurons le parcours de cet homme et le symbole que représente la couleur de sa peau pour son pays, déchiré il y a quelques décennies encore par la ségrégation raciale, et pour de nombreux peuples dans le monde.

    Même si je suis d’accord avec la phrase ci-dessus, j’ai aussi entendu de la part d’éditorialistes que l’élection d’Obama était une sorte de rédemption collective des Etats-Unis vis à vis de leur « péché originel », l’esclavage.

    En passant, je me suis souvenu des paroles du Chef Cheyenne « Peau de la Vieille Hutte » dans Little Big Man. Lorsqu’il enseigne les choses de la vie à son fils adoptif, il lui explique qu’il a déjà rencontré un jour un visage pâle noir et que même il parait que l’un d’entre eux serait devenu un jour un « être humain » (la façon dont s’appellent les Cheyennes entre eux).

    Et soudainement, I had a dream… celui de voir une vraie rédemption des Etats-Unis qui me verrait applaudir ce peuple pour avoir élu un « native american » à sa tête. Il pourrait même être un métis, pour peu que ce mot dans ce contexte ait un sens, le symbole serait peut être encore plus fort. Mais, ce jour là, je crois, je ferais le voyage pour son investiture.

  • P.S. (enfin, je devrais écrire POST SCRIPTUM pour qu’il n’y ait pas de confusion du fait du sujet qui va suivre) :

    Je viens de lire le lien : http://www.lemonde.fr/international/article/2009/01/20/segolene-royal-j-ai-inspire-obama-et-ses-equipes-nous-ont-copies_1143977_3210.html#ens_id=1143922&xtor=RSS-3208 aimablement fourni par Luc a.k.a. Le Veilleur dans le chat (en fait, après relecture, par Olivier a.k.a. le Golden Retriever). Après un café, histoire de me remettre de mes émotions, je note que :

    On y apprend donc deux choses essentielles. Un. Ségolène Royal est présente à l’investiture. C’est au moins un endroit où elle est depuis l’éclatement de l’affaire Julien Dray… mais je dis ça, je dis rien. Deux. Elle a inspiré Barack Obama et ses équipes l’ont copiée. I repeat. ELLE a inspiré OBAMA et SES équipes L’ont copiée ELLE.

    Dès le début ! Quand Barack envisageait à peine d’être candidat à l’investiture. Depuis, il aurait repris de larges parties de son programme à ELLE et notamment la… DEMOCRATIE PARTICIPATIVE !! Oui, aux USA, maintenant c’est la démocratie participative.

    Bon, à l’américaine concède-t-elle, mais indéniablement et historiquement, directement tirée de son site à ELLE, Désir d’Avenir, c’est de la vraie, de l’authentique made in Poitou, démocratie participative. On pourrait penser qu’Obama utilise Internet, demande comme le font aujourd’hui la plupart des hommes politiques ou des partis, un input de la base pour tâter le pouls de l’opinion, mais non, on a tout faux. C’est la révolution en marche grâce à elle. En fait, si Obama est le nouveau messie, et qu’elle est son inspiratrice, sa mère spirituelle pourrait-on dire, on se demande à quelle place elle se trouve.

    Bon, c’est sur, que pendant sa campagne, elle souhaitait se rendre aux Etats-Unis pour y rencontrer Hillary Clinton et que celle-ci avait refusé. Elle avait même pronostiqué que cette dernière serait élue présidente des USA puisqu’elle affirmait « un G8 avec Angela Merckel, Hillary et moi, ça aurait fière allure ». Point d’Obama à l’époque qui n’existait à peine dans les sondages.

    Obama déclarait plutôt s’inspirer de la campagne et la façon de faire de Sarko, mais bon… fi de tout cela. Probablement, une façon habile de cacher son jeu. Et enfin, il faut comprendre la stratégie ségolienne dans toute son ampleur : ce n’était peut être pas la peine de lui rendre visite puisqu’il n’est après tout, selon ces révélations, qu’un modeste caniche de la présidente de Poitou Charente.

  • Mais alors Koz, où en êtes vous politiquement parlant sur l’échiquier politique américain. Plutôt de gauche non ? (j’aurais bien mis un petit smiley si seulement j’avais su comment faire)

    Obama, nouveau président, je me réjouis de cette alternance même si je partage les perplexitudes de notre hôte et une certain doute concernant les dons miraculeux auxquels semblent croire une bonne partie du monde si l’on en croit la presse.

    Pour autant, et en accord avec Henri, je trouve cet engouement de masse pour un moment politique. Peut-être que cela ne relève que du symbole et ne présage en rien des bienfaits de cette nouvelle présidence mais quand bien-même…

    La communion populaire autour de l’icône Obama (calmez vous mesdames), si elle est exagérée n’en demeure pas moins positive et propre à redonner du dynamisme autour d’une espérance. Dans une France souvent encline à se dévaloriser et à pleurer sa grandeur perdue cela aurait peut-être quelques effets bénéfiques. Cela redonne aussi le goût de la politique.

    C’est aussi pour cela que je ne suis pas tellement choqué par le coût de la cérémonie. Je crois en la nécessité du grandiose, du symbolique. D’autre part, et même si le niveau et moindre, tous les états pratiquent les dépenses luxueuses. Que ce soit dans l’entretien des lieux de pouvoir, dans les échanges diplomatiques etc… Ces dépenses, si elles pourraient être mieux contrôlées, n’en sont pas moins indispensables. Et puis il me semble que les spectateurs de cette investitures, au moins pour certains, payent leur ticket.

  • Eponymus a écrit:

    C’est au moins un endroit où elle est depuis l’éclatement de l’affaire Julien Dray… mais je dis ça, je dis rien.

    Hein quoi ! serait-ce la FIDL J.Dray qui aurait acheté le ticket d’avion ?! ;)

    Eponymus a écrit:

    Désir d’Avenir, c’est de la vraie, de l’authentique made in Poitou

    Il est con ce Bush … c’est pas le Roquefort qu’il aurait du taxer, c’est le Chabichou !

  • Liberal a écrit:

    Heureusement pour lui, il n’a pas eu à présider sur l’opération israélienne à Gaza. Il peut encore léviter quelques temps.

    Les Israéliens ont visiblement planifié leur retrait en fonction de l’investiture. C’est sympa de leur part, non ?

    henri a écrit:

    Je sais bien qu’il s’agit d’un poncif, et je comprends que l’on puisse s’étonner, voire s’agacer, du battage médiatique autour de l’investiture de ce 44eme président des Etats-Unis, mais j’y vois pour ma part le signe d’une vitalité démocratique que j’envie.

    +1, pour ce qui est du battage médiatique américain. Celui en France est un signal plus mitigé: j’y vois un signe de cette envie, justement.

    Les Américains ont pour tradition de faire la fête pour l’investiture de leurs présidents, c’est très bien, je suis content pour eux. Nous n’avons pas l’équivalent et il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire. J’entendais ce matin à la radio que des Canadiens avaient pris le bus par centaines pour être présents « parce que c’est historique ». Bon, si ça leur fait plaisir, pourquoi pas. Moi, si les voisins font bruyamment la fête, je trinque à leur santé, mais je ne me considère pas comme invité pour autant.

    Ceci dit, je regarderai avec plaisir le serment et le discours à la télé.

    henri a écrit:

    Car (sans chercher une opposition stérile de nos deux pays) quel a été en France le dernier grand mouvement populaire (au sens réel, et pas au sens de l’umP) ?

    10 mai 1981 ? Nettement moins consensuel, cependant. C’est quand même ce que nous avons de plus proche comme phénomène, à moins de remonter à 1945.

  • Gwynfrid a écrit: « 10 mai 1981 ? Nettement moins consensuel, cependant. C’est quand même ce que nous avons de plus proche comme phénomène, à moins de remonter à 1945. » D’accord avec vous, il me semble que la célébration de Mai 1981 avait un gout de revanche que l’investiture d’Obama évite aux USA, compte tenu de l’engouement même chez certains républicains. Je cherche, sans trouver, une manifestation patriotique qui ne soit pas non plus une manifestation partisane. J’imagine que les foules de la libération sont la seule référence possible.

    Eponymus a écrit : « Je dirais plutôt, le 12 juillet 1998. » Compte tenu de ce que j’écrivais dans mon premier commentaire, j’imagine une provocation plaisante de votre part Eponymus. :-). Si vraiment le « pain et les jeux » ont remplacé la manifestation de patriotisme pacifique, c’est a désesperer de « la grandeur de la France » !

    Allez, je retourne voir Obama prêter serment (la main gauche sur une bible, vous imaginez le tollé en France, Koz … )!

  • henri a écrit:

    j’imagine une provocation plaisante de votre part Eponymus. :-)

    Faites pas attention…. je développe assez systématiquement un esprit de contradiction avec Gwy…

  • Je ne fais qu’un passage rapide pour cause de foule de gnous. Je voulais seulement m’assurer que vous avez apprécié le titre. Non parce que personne ne le dit et que moi, je me suis trouvé très drôle, sur ce coup.

  • Bravo la Croix

    Autoriser les recherches sur les cellules-souches à partir d’embryons Le président devrait utiliser son pouvoir, sans passer par le Congrès, pour autoriser le financement fédéral des recherches sur les cellules-souches à partir d’embryons. George W. Bush avait utilisé son véto pour bloquer un précédent projet.
  • Il n’y a pas de comparaison possible ; La passation vers Obama est quelque chose de prévu et organisé de manière volontairement grandiose. En France, rien de tel, il n’y a que des rassemblements spontanés (10 mai 81, 12 juillet 98 …) et il n’y a rien d’officiel, sauf la passation presque confidentielle à l’Elysée et un petit circuit l’après-midi ; et pas de rassemblement populaire de masse avec bals flons flons et bière à volonté…

    Mais faudrait penser à rajouter la bible, tiens ça ferait plaisir à Bayrou and co… je suis sûr !

  • « Ce 20 janvier est un jour historique, peut-être même aussi historique que le 11 septembre »

    Euh là, vous vous emballez un peu peut-être, sans vouloir jouer les rabat-joie… Pour moi, le 11 septembre a été un choc qui nous a fait entrer dans le XXIè siècle comme l’assassinat de Sarajevo, le 28 juin 1914, a marqué l’entrée dans le XXème.

    Je ne veux pas dire que l’élection de Barack Obama n’est pas un événement important, mais je doute qu’elle aura un retentissement aussi marquant (l’élection per se, je veux dire, après le mandat, comme vous dites, on verra).

    Concernant l’élection d’un représentant de minorités visibles aux plus hautes fonctions, dans un entretien réalisé par lemonde.fr, Noam Chomsky signale que les démocraties d’Amérique du Sud ont fait bien plus fort que les États-Unis (et que l’Europe) sans que l’Occident ne s’en émeuve, avec l’élection de Lula (un ouvrier, syndicaliste sans formation particulière) au Brésil, et de Evo Morales (idem, mais en plus amérindien) en Bolivie. Et je trouve qu’il n’a pas tort.

    Alors bien sûr, l’élection d’Obama est un signe de bonne santé de la démocratie américaine et donc une bonne nouvelle, sans compter le changement qu’il prétend incarner et que le monde attends depuis, disons, au moins 6 ans.

    Cette élection est historique pour les États-Unis (après tout, beaucoup de présidents américains ont marqué l’Histoire, même Bush, on s’en souviendra), mais il n’empêche que le battage autour de la passation est un brin artificiel. Dans la droite ligne du mode de fonctionnement de la sphère médiatique (monomaniaque, avec cette semaine, mono:=Oba) mais à une échelle supranationale.

    Enfin je me trompe peut-être, on verra comment on en parlera de 5 ans !

  • Je me suis marré en lisant ce texte de Ségolène Royal: “Dimanche 18 janvier. Première journée de déplacement à Washington. Bain de foule à pied, au milieu de plusieurs centaines d’Américains venus, malgré le froid glacial, écouter le message de fraternité et d’unité délivré par Barack Obama. »

    C’est le “bain de foule à pied” qui m’interpelle, pas vous?

    Ségolène Royal peut continuer à donner ses idées à Barak Obama. Il suffit qu’elle aille sur le site d’Obama et qu’elle remplisse le formulaire ad hoc dont le texte qui le précède est le suivant :

    « MA POLITIQUE : QUE PENSEZ-VOUS ?

    Le meilleur, le plus complet plan de changement pour notre pays inclura vos idées et votre feedback. L’Amérique a besoin d’un président avec un mandat du peuple, et tout un chacun mérite d’avoir une voix dans l’agenda de notre prochain président.

    Prenez un moment pour partager vos idées. Dans les prochains mois, les meilleures idées seront exposées et incorporées dans le programme politique de la campagne. Soyez aussi large ou spécifique que vous voudrez. »

    Après l’idée géniale de Ségolène du formulaire, dont les équipes d’Obama n’auraient jamais pensé, on attend la suite des idées. Adhésion à US$2,00 au Parti Démocrate ?

  • Rom1 a écrit:

    Concernant l’élection d’un représentant de minorités visibles aux plus hautes fonctions, dans un entretien réalisé par lemonde.fr, Noam Chomsky signale que les démocraties d’Amérique du Sud ont fait bien plus fort que les États-Unis (et que l’Europe) sans que l’Occident ne s’en émeuve, avec l’élection de Lula (un ouvrier, syndicaliste sans formation particulière) au Brésil, et de Evo Morales (idem, mais en plus amérindien) en Bolivie. Et je trouve qu’il n’a pas tort.

    D’accord avec vous.

    Cela dit, les Etats-Unis ont déjà choisi comme président un acteur en la personne de Ronald Reagan alors qu’en son temps, la candidature de Coluche a été prestement écartée chez nous où il faut faire partie du sérail pour prétendre à la fonction suprême…

    Mais ce qui caractérise d’abord B.Obama pour certains en France, ce n’est même pas qu’il soit noir ( ce qu’il n’est qu’à moitié ) mais surtout qu’il ne soit pas blanc; l’occidental blanc dominateur étant le comble de l’insupportable, honni, vilipendé, chargé de tous les maux.

    Heureusement, le nouveau président des Etats-Unis semble à la fois emblématique, charismatique et porteur d’espoir, c’est une bonne nouvelle pour le monde entier.

    ( N’oublions pas quand même, comme le rappelle justement Eponymus que l’équipe de B.Obama s’est inspirée de S.Royal et de sa démocratie participative…)

  • Rom1 a écrit:

    Et je trouve qu’il n’a pas tort.

    Ce n’est pas qu’il ait tort ou raison. C’est juste que je doute de la pertinence du propos. On trouvera d’ailleurs beaucoup de pays avant la Bolivie qui ont mis à leur tête un homme issu soit des milieux modestes soit appartenant à des ethnies locales en Afrique ou en Asie. La différence principale tient à l’influence relative entre la Bolivie et celle des Etats-Unis sur le reste du monde et l’impact de certaines décisions dans ce pays sur nos vies quotidiennes. Le rappel de Chomsky en direction des républiques de gauche d’Amérique Latine est bien évidement orienté sous couvert d’une expertise intellectuelle sur l’état du monde dont beaucoup le prévalent.

  • carredas a écrit:

    Mais ce qui caractérise d’abord B.Obama pour certains en France, ce n’est même pas qu’il soit noir ( ce qu’il n’est qu’à moitié ) mais surtout qu’il ne soit pas blanc; l’occidental blanc dominateur étant le comble de l’insupportable, honni, vilipendé, chargé de tous les maux.

    Et c’est bien cela qui me désole et qui m’inquiète. En France, je précise, parce que aux EU, je n’en sais strictement rien! J’espère qu’il n’en est pas de même.

    Il suffit de voir la dernière nouveauté trouvée par le gouvernement :

    En pleine obamania, le commissaire à la diversité veut prendre des photos pour mesurer la progression des minorités visibles. Récemment nommé commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg a fait de la représentation politique sa priorité. D’ici à quelques jours, il rencon­trera les parlementaires et les états-majors des partis. Il entend, dit-il, «écouter ce qu’ils proposent pour faire avancer la diversité et briser le plafond de verre». Mais affirme d’ores et déjà qu’il prônera «des mesures normatives. Autrement, les accords ne valent rien» . http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/01/21/01016-20090121ARTFIG00420-yazid-sabeg-veut-plus-d-elus-issus-de-la-diversite-.php C’est moi qui ai mis en italique, pour montrer que je n’étais pas hors sujet

    ça me questionne. Pas vous?

  • origine des élites politiques: le syndicalisme forme des élites (de gauche): lula et morales en sont un exemple en amérique latine, lech walesa en pologne ou pierre berégovoy en France: c’est effectivement, une excellente école des capacités d’organisation, de mobilisation…

    on peut regretter qu’en France, nos présidents ou premiers ministres soient systématiquement hauts fonctionnaires (ENA ou Normale Sup) ou avocats…

    un professeur, un docteur, une expérience de travailleur social ou de syndicaliste c’est, à mon sens, une vision de la vie et de la société plus vraie, plus forte…

  • Pepito a écrit:

    C’est le “bain de foule à pied” qui m’interpelle, pas vous?

    Ben pas vraiment…. moi-même, tiens exemple au hasard, je pratique régulièrement le bain de foule à pied voire même parfois le déplacement au sein et de conserve avec la France marchante. C’est rare, mais ça m’arrive.

  • Le titre est excellent (ça me rappelle cette bonne blague « Monsieur et Madame Didon ont un fils, comment s’appelle-t-il ? » Aubin).

    Vous vous moquez de Ségolène, mais Sarko se défend aussi bien. Après la claque d’Obama lors du G20 à Washington, après le refus constant de l’équipe d’Obama de prendre Nicolas au téléphone, le Figaro ose titrer : Obama, « copain » et rival de SARKOZY Pathétique. Enfin, entre les voeux aux sportifs, l’action de DRH dans les banques et la paix dans le Nord-Kivu, il bouche les trous dans son emploi dutemps comme il peut.

  • Aurelien a écrit:

    Enfin, entre les voeux aux sportifs, l’action de DRH dans les banques et la paix dans le Nord-Kivu, il bouche les trous dans son emploi du temps comme il peut.

    C’est clair, comparé au « bain de foule à pied » de Ségolène Royal, ce qu’il a fait dans la journée c’est un peu petit. Qui connait le Nord-Kivu, hein ?

  • Epo, tu as raison, je n’ai pas assez d’imagination, maintenant je vois Ségolène Royal prenant un bain de foule sur le Mall à Washington, avec des cris d’encouragement, des acclamations, des demandes d’autographes et de photos.

  • Aurelien a écrit:

    après le refus constant de l’équipe d’Obama de prendre Nicolas au téléphone, le Figaro ose titrer : Obama, “copain” et rival de SARKOZY Pathétique

    Vous êtes infiltré dans l’équipe Obama chargée des relations téléphoniques ? ou peut-être faites-vous confiance à nos journalistes soucieux d’information juste, comme celui qui écrivait hier dans le gratuit »métro » que N.Sarkozy n’avait pas changé son agenda pour regarder en direct l’investiture de B.Obama, jalousie face à celui qui va lui ravir le leadership…?

    francis a écrit:

    un professeur, un docteur, une expérience de travailleur social ou de syndicaliste c’est, à mon sens, une vision de la vie et de la société plus vraie, plus forte…

    Il y a quelque chose de plus chez les américains il me semble, un encouragement pour le parcours personnel et l’ambition, qu’ils considèrent comme une qualité alors que nous en faisons un défaut ( sauf si elle est revendiquée au service des autres…)

    C’est au-delà du pouvoir et de ses contre-pouvoirs, c’est  » n’importe qui peut y arriver s’il le veut suffisamment  » et c’est encourageant.

  • @carredas je ne sais d’où vient cette rengaine que les français n’aimeraient pas les ambitieux, que la gauche en particulier ne valoriserait pas la réussite: celui qui, en réussissant permet à tous de progresser, de s’élever, s’enrichir, est bienvenu partout, et par tous salué… le salop, c’est celui qui réussit contre les autres, qui, pour bâtir sa fortune, licencie sans vergogne ses travailleurs, ruine ceux qui lui ont fait confiance, ou même simplement s’augmente quand les résultats sont mauvais, if you see what i mean, ceux que même les plus hautes autorités ont appelés « patronsvoyoux »….

  • francis a écrit:

    celui qui, en réussissant permet à tous de progresser, de s’élever, s’enrichir, est bienvenu partout, et par tous salué…

    Bel alexandrin la dernière partie !

    Les riches bénéfiques aux pauvres, ce n’est pas vraiment un slogan de gauche tout de même…?

  • Tara a écrit:

    ça me questionne. Pas vous?

    Pas plus que ça. Obama n’est pas un ovni aux US. Ce pays a su se doter d’une solide classe moyenne/sup noire depuis des décennies. On trouve des représentants des minorités visibles à la tête de grandes entreprises ou de grandes banques, à la mairie de grandes villes… La société US est beaucoup plus mélangée que la nôtre. Avant d’être président, Obama était sénateur ce qui n’épatait personne. Combien de députés ou sénateurs non-blancs en France? Les Américains n’ont pas arrêté l’affirmative action parce que ça ne marchait pas mais parce qu’elle avait rempli ses objectifs.

    francis a écrit:

    un professeur, un docteur, une expérience de travailleur social ou de syndicaliste c’est, à mon sens, une vision de la vie et de la société plus vraie, plus forte…

    Et celle d’un patron?

  • à liberal

    un patron,un artiste, un ingénieur,

    quelqu’un qui a bien réussi sa vie pro…

    cela disqualifie, de facto, un chômeur

    ou aussi un rentier, un étudiant, un(e) aristo!

    à tara

    en effet, assez souvent, aux alexandrins

    je m’essaye, avec rime, ou un son fin

    on me dit que je fais des vers de mirliton

    mais je cherche toujours à faire illusion.

  • à liberal

    obama était sénateur mais je crois qu’il était le seul noir dans cette chambre, aux US aussi, les noirs sont très peu représentés parmi les parlementaires

  • Pardonnez mon silence, ces jours-ci sont extrêmement mouvementés et fatigants… mais je ne résiste pas à vous livrer cette nouvelle perle

    “Ca prouve aussi qu’aux Etats-Unis, il est plus facile de se faire élire quand on est noir que quand on est une femme” (fin octobre 2008)

    Inutile de préciser l’auteur. Il n’y en a pas deux pour en être capable.

  • Koz a écrit:

    Inutile de préciser l’auteur. Il n’y en a pas deux pour en être capable.

    Il y a hélas bien plus de deux personnes capables de sortir des arguments de ce niveau… et elle n’en est même pas l’auteur : elle l’a piqué aux partisans d’Hillary. L’idée est tellement éculée qu’elle a fait l’objet de sondages. Sauf qu’Hillary, elle, a eu assez de classe et de sens politique pour ne pas revenir sur ce terrain après sa défaite.

  • @libéral.

    Ce n’est pas le point de vue américain qui me fait poser question. Je pense que les américains ont des connaissances sur Obama bien supérieures aux miennes et qu’ils ont leur raison d’avoir voté pour lui. je n’en sais qu’à travers la presse française et mondiale (mais traduite), ce qui est loin de me donner un avis basé sur des connaissances objectives.

    Non ce qui me faisait poser question c’était l’article cité dans mon lien et la position de Yazid Sabeg eut égard à l’élection d’Obama! L’ »affirmative action » ou discrimination positive à ce point (« mesures normatives »)me gêne beaucoup.

    Aux EU, ça marche peut être parce que je pense que cette affirmative action est conjointe à une compétence. J’en suis bien moins sûre avec la conception française de la discrimination positive et le principe de prendre des photos pour vérifier « de visu »…

    Peut être me trompai je? je l’espère vraiment, mais suis très réservée.

    @ Francis –> ? ;-( …pas compris l’allusion . Comme le son, trop fine pour moi re;-(

  • Tara a écrit:

    Non ce qui me faisait poser question c’était l’article cité dans mon lien et la position de Yazid Sabeg eut égard à l’élection d’Obama! L’”affirmative action” ou discrimination positive à ce point (”mesures normatives”)me gêne beaucoup.

    très intéressant cet article. Depuis la décision du conseil constitutionnel de ne pas autoriser le recours aux statistiques ethniques, il a fallu trouver des parades pour pouvoir évaluer le poids des minorités dans certains secteurs précis. Quand on lit l’article, d’ailleurs, on se demande quelles sont les réelles différences entre des outils comme la statistique ethnique (écartée en 2007) et les outils de mesure de la diversité décrites dans le Figaro portant sur les photos/patronymes (qui semblent déjà être utilisés)

    sinon, concernant la « discrimination positive » je crois qu’elle s’entend à compétences égales.

  • En fait, on avait rien compris… lorsque Ségolène Royal affirmait qu’Obama s’était inspiré de sa campagne et l’avait copiée ; lorsqu’elle mentionnait la visite de son équipe à Désir d’Avenir ; lorsqu’elle précisait qu’il avait notamment repris à son compte les concepts du « win-win » et du « citoyen-expert » ; lorsqu’elle détaillait le niveau d’adaptation de la démocratie participative type Désir d’Avenir à la mentalité américaine ; et bien, tout ça, c’était de … l’humour!!! http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/21/01011-20090121FILWWW00720-obama-inspire-par-royal-de-l-humour.php

    Une vaste blague, une bonne marrade, une farce à l’intention des électeurs et de la presse. Et les journalistes, les quelques centaines de blogueurs qui se sont retenus de pisser de rire depuis deux jours en lisant ses déclarations initiales et bien, tout ceux là, se sont laissés prendre, ils ont été bien eu… c’est Ségo en fait qui doit bien rire maintenant de nous avoir fait à tous cette bonne blague. Oh cette coquine, alors !!…

    Comme quoi, on dit souvent que la politique c’est d’un sérieux et tout, là, une femme debout qui vient de prendre son bain de foule à pied à Washington, nous démontre que la fantaisie créative, la drôlerie, la facétie est toujours présente dans le monde politique et qu’elle même, n’est pas exempte de cet aspect léger qui révèle son côté sensible et primesautier qui, elle le sait, touche toujours la France progressiste riante et bonne humeurante.

  • Le journaliste du Monde.fr Sylvain Cypel, qui a rapporté les propos de S.Royal n’est pas convaincu que ses propos relevaient de l’humour…

    Sur son site désir d’avenir, SR écrit une lettre qui se veut humoristique elle, pour rectifier l’effet plutôt désastreux de sa déclaration, mais le mal est fait.

    Elle a l’art de se tirer des balles dans le pied cette femme.

    Personnellement, je ne vois pas ce qu’elle faisait à Washington, ni en qualité d’ancienne candidate aux présidentielle ni en tant que socialiste.

    Mais, puisque le soutien financier qu’elle reçoit d’un mécène de gauche lui permet un tel déplacement, elle devrait au moins en tirer un bénéfice ! eh bien non…!

    Ce n’est pas seulement une femme debout à pied, c’est une femme libre qui dit ce qui lui passe par l’esprit quand un journaliste lui tend un micro.

    Libre et qui ne tire pas de leçon de ses erreurs passées- mais considère-t-elle avoir commis des erreurs en parlant de la justice chinoise, en évoquant les mesures pas crédibles qu’elle défendait pendant la campagne, en accusant le clan Sarkozy d’être à l’origine des cambriolages chez elle ? -

    Hubert Vedrine sur France2 mardi dernier invitait à ne pas tomber dans l’obamania, aussi tentant cela soit-il et à réfléchir sur les valeurs communes aux européens afin d’être en mesure de faire face de manière constructive au géant américain.

    Comme quoi il est possible d’être socialiste et sensé, ce dont SR me fait parfois douter…

  • En tous cas un président américain qui dit lors de son discours d’investiture « Nous sommes une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’hindous et de non-croyants« , c’est vraiment le top ! J’en reviens pas. Viva Obama !

  • Pepito a écrit:

    Ségolène, un contre-exemple pour Obama lexpress.fr/actualite/monde/se…

    J’ai adoré le sens de la formule de celui-ci :

    « Miss France aussi était là, tranche Archippe Yepmou. Et elle, elle avait reçu son invitation trois semaines à l’avance

    marko a écrit:

    Simplement on retrouve le même travers dans la presse française que pour Bush: l’excès. Bush est le Mal, Obama est Jésus. Impossible du coup de dialoguer et de comprendre. On exècre ou on adule. Il faut toujours hurler avec les loups. Il se trouve que j’ai lu l’autobiographie d’Obama (il faut bien lire un livre par an, sinon on est taxé de bofitude) et je n’y ai pas trouvé de lyrisme vide de sens. J’y ai plutôt trouvé le questionnement intérieur d’un homme sérieux et appliqué (déjà à 33 ans, il bossait fort le bougre). Je préfère cet aspect de lui à cette starisation, certes enthousiasmante mais un peu vide de sens.

    Tu nous dis qu’il ne faut pas prendre Obama pour Jésus, et tu nous parles de lui à 33 ans… Nous verrons effectivement si derrière l’exceptionnel communicant, very smart et intéressant, se trouve aussi un politique dense.

  • @carredas : Hubert Vedrine est surtout viscéralement anti-américain, que le président des Etats-Unis soit un conservateur texan ou un métis démocrate. C’est son axe du mal à lui.

  • à aurelien: vedrine est partisan d’un monde multipolaire:

    nous sommes alliés, amis, proches et égaux**, différents…

    • **europe continentale et USA, GB et Canada pas loin…

    est-ce là suffisant pour être « viscéralement anti-américain »?

    je comprends mieux alors ceux qui prétendent que tous les français le sont…

  • Tiens, je vois que Sarko se fait les mêmes observations que moi

    «Je suis impressionné par les Américains, a-t-il dit, avec humour. Ils sont au fond du trou, confrontés à d’énormes difficultés, et cela ne les empêche pas de faire la fête pendant trois jours. Avec des concerts, des bals et tout le bling-bling !»«Et personne ne se demande combien ça coûte !»

    Il pourrait rajouter que personne en France non plus n’a envisagé cette question. Question que je peux trouver parfois idiote, mais qui, par cohérence, aurait dû être formulée par les mêmes et, marrant, ne l’a pas été.

  • cela coute t il aussi cher qu’une soirée au fouquet’s, et un concert à la concorde?

    pour info, les bals étaient payants, seules la parade, la sécurité ont coûté au budget…

    un peu comme un défilé du 14 juillet en janvier…

    et, pour être franc, cette réflexion me paraît plus digne de jojo, qui koze au bistrot d’en face,

    que de koz, ou de SAR-koz…

  • Précisément, francis, c’est parce qu’on l’a un peu trop entendu de certains – quoique je pense que cela relève d’un propos de comptoir – que je m’étonne que soudainement, les mêmes aient changé d’échelle de valeur. Au demeurant, Sarko ne le reproche pas à Obama, il note plutôt que là-bas, au moins, personne n’est assez con pour réduire un évènement de cette nature à une question de facture.

  • Koz a écrit:

    au demeurant, Sarko ne le reproche pas à Obama, il note plutôt que là-bas, au moins, personne n’est assez con pour réduire un évènement de cette nature à une question de facture.

    Merci Koz, d’avoir en si peu de mots écrit ce que je pense depuis deux jours.

  • Sans parler de la prière, de la bible et de la messe du lendemain… sont restés aphones les laicistes. Surement tétanisés !

  • Koz a écrit:

    Au demeurant, Sarko ne le reproche pas à Obama, il note plutôt que là-bas, au moins, personne n’est assez con pour réduire un évènement de cette nature à une question de facture.

    Exact. Maintenant, ce n’est pas comme si Sarkozy avait invité Royal, Chirac et Villepin au Fouquet’s pour célébrer avec lui ce grand moment démocratique qu’est l’élection présidentielle. Alors que là-bas, même après une campagne très rude, ça le fait.

  • Exact, mais rien ne les empêchait de venir guincher à la Concorde. Je suis sûr que, s’ils l’avaient demandé, Sarko aurait été ravi de les compter parmi les présents.

  • Koz a écrit:

    Exact, mais rien ne les empêchait de venir guincher à la Concorde. Je suis sûr que, s’ils l’avaient demandé, Sarko aurait été ravi de les compter parmi les présents.

    Et puis, faut-il ajouter que Sarko, lors de sa prise de fonction, a invité tous les leaders des partis politiques et autres organisations à passer le voir dans son bureau de L’Elysées. C’était plus sobre, moins couteux. Mais ça le faisait aussi en termes de Grande Parade.

  • Liberal a écrit:

    Et puis quand on compare le concession speech de McCain avec celui de Royal, on sait qui on a envie d’inviter à dîner.

    Très juste, les torts sont largement partagés, sur fond de cultures politiques très différentes. L’américaine valorise le bipartisanship après la victoire, comme après la défaite. La nôtre pas: il faut au contraire, d’un côté jurer qu’on prendra une revanche terrible à la prochaine, et de l’autre enfoncer l’adversaire battu le plus profondément possible. L’ »ouverture » façon Sarkozy, qui n’est qu’un moyen de plus d’écraser les vaincus, en est un bon exemple. Dans cet esprit, le Fouquet’s (comme, en son temps, le Panthéon) n’est jamais qu’une petite cerise sur le gâteau.

  • Gwynfrid a écrit:

    L’”ouverture” façon Sarkozy, qui n’est qu’un moyen de plus d’écraser les vaincus, en est un bon exemple.

    Ah bon? Ca mériterait d’être argumenté. Il y a peut être de ça avec Besson, mais Hirsch? Jouyet? Kouchner? Amara? Bien sûr, cette ouverture jouait un rôle politique, celui de désamorcer les critiques les plus virulentes. Ce gouvernement ne peut pas être aussi vil qu’on le dit s’il obtient l’assentiment de telles personnalités issues de la gauche. Mais Obama recherche exactement le même but en conservant Gates au DoD. Il sait que le départ d’Irak va être mouvementé, le fait qu’il soit réalisé par un homme nommé par Bush va aider à faire passer la pilule.

    En revanche, le PS a réagi de la pire des façons, en hurlant à la trahison et en virant les traitres. Mais il n’y était pas obligé. Les républicains ont été moins cons, ils ont simplement salué le geste comme la reconnaissance de la compétence d’un des leurs.

  • La parole de Gwy est d’argent mais la parole de Lib est d’or.

    En fait, je ne vois même pas comment l’ouverture pourrait se faire (à moins d’un gouvernement d’union nationale rassemblant toutes les sensibilités à la De Gaulle) autrement que de cette « façon » Sarkozy.

    Finalement ça consiste à tenir compte des sensibiltés de l’opposition, de choisir une personne comme Kouchner Hirch ou Amara dont soit les compétences, soit la connaissance du problème ne peut être mises en doute, de voir si la personne est prête à coopérer dans le cadre d’un ensemble que constitue l’inflexion politique présidentielle et gouvernementale, et si, enfin les deux parties sont d’accord au moins sur les grandes lignes sur la politique à réaliser dans le domaine spécifique.

    Que l’opposition se sente écraser, dans ce cas, c’est surtout son problème. En rien, cela ne l’empêcherait de proposer autre chose y compris dans le domaine concerné par ce ministre ou même, mais je rêve là, de montrer leur accord avec les solutions mises en place dans ce même domaine.

  • Liberal a écrit:

    Ca mériterait d’être argumenté.

    Oui, c’était hâtif et je bats ma coulpe, surout qu’il y a une grosse exception: Martin Hirsch, qui s’applique à mon précédent commentaire et à tout ce que je vais écrire ci-dessous.

    Liberal a écrit:

    Bien sûr, cette ouverture jouait un rôle politique, celui de désamorcer les critiques les plus virulentes

    Ah bon? Figurez-vous que je n’avais pas remarqué. Si tel était l’objectif, alors l’échec est des plus spectaculaires :-)

    Pour rester sérieux: oui, le seul objectif politique (par opposition à politicien) de l’ouverture, c’est de trouver un consensus minimal avec l’opposition sur un ou plusieurs sujets. Obama a nommé R.Gates exactement pour ça: une personnalité reconnue par les deux bords pour sa compétence, respectée par les militaires, qui tendent à voter républicain et à qui il faudra faire accepter de difficiles changements (en Irak, en Afghanistan et surtout dans leur organisation et leur budget; si le sujet vous intéresse, voyez ici). Sarkozy a fait exactement le contraire: il a fait endosser par ses ministres de gauche une politique sarkozienne pur jus (notamment en politique étrangère, et maintenant sur l’immigration), faisant ainsi d’eux autant de chiffons rouges agités sous le nez de l’opposition.

    L’ouverture peut aussi répondre à un besoin ponctuel pour une compétence technique particulière. Vous aurez du mal à me convaincre que Besson, Amara, Kouchner et même Jouyet sont indispensables sur ce plan, en tout cas, pas au point qu’on ne puisse trouver de bons spécialistes de droite pour le job.

    Les bonnes raisons étant écartées, reste la petite politique. Celle-ci a certainement atteint ses objectifs, les socialistes passant désormais leur temps à se demander lequel d’entre eux va faire défection, et à quel prix. Jugeons l’ouverture à ses résultats: le plus clair est la désorganisation de l’opposition. Bon, OK, le PS y a mis du sien…

    Eponymus a écrit:

    je ne vois même pas comment l’ouverture pourrait se faire (…) autrement que de cette “façon” Sarkozy.

    Je serais d’accord s’il n’y avait que Hirsch dans l’image. Mais pour tout le reste: pipeau.

  • Gwynfrid a écrit:

    l’échec est des plus spectaculaires

    Loin de là. Bien entendu, l’opposition a grondé mais la mesure a été plus qu’apprécié de la population en général et a clairement désamorcé pas mal de critiques.

    Gwynfrid a écrit:

    Je serais d’accord s’il n’y avait que Hirsch dans l’image. Mais pour tout le reste: pipeau.

    Et Amara… ni encartée, vaguement considérée de gauche du fait de sa participation au conseil municipale de Clermont Ferrand, issue de la banlieue et des cités, actives depuis des années, responsable d’une association qui proposait des solutions, lui refiler le bébé n’était pas un « débauchage » et une tentative de d’affaiblir le PS dont elle ne fait même pas partie.

    Quant à Kouschner, on peut en dire presque autant vis à vis du PS qui ne l’a jamais employé dans son vrai domaine de compétence. Et nier son aura internationale, avec la touche d’humanitaire dont il est indiscutablement revêtu, est difficile. Et là aussi, la diplomatie est un sujet relativement consensuel en dehors de l’opposition de circonstance. Il n’était pas incontestable, puisque de nombreuses compétences existent aussi à droite dans le domaine, mais dans le cadre d’une ouverture souhaitée, il était clairement inscriptible dans le schéma que je décrivait dans mon post.

    Donc, non, pas pipeau… Plutôt pipeau les arguments de ceux que ce genre d’initiatives emmerde du fait d’une certaine forme de sectarisme politique assez en vogue au PS. Plutôt pipeau les arguments du type « caniche de Bush » et autres conneries du même genre.

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