Infidélité publique

croquelapommeSerait-il indécent de faire la promotion publique du comportement qui a conduit une femme, parmi tant d’autres, à une hospitalisation ? De le vanter ? D’en faire la publicité ? De l’afficher aux murs ? Aux flancs des bus ? D’en faire son beurre, son chiffre d’affaires ? La léthargie morale dans laquelle baigne le public, ce goût puéril de la gaudriole, ce souci pubescent de son image libérée au détriment de la vérité partagée conduisent à s’en accommoder.

On voit très directement aujourd’hui les conséquences de l’infidélité, sur une femme, regardons-les en face. Tenez, d’ailleurs, pourquoi nos publicitaires si drolatiques n’ont-ils pas encore songé à rebondir sur cette affaire présidentielle ? Serait-ce, peut-être, qu’ils préfèrent occulter l’autre face de la réalité qu’ils promeuvent ? La triste situation de Valérie Trierweiler n’est pas si spécifique. Elle est plus brutale, notamment parce que François Hollande ne s’est manifestement pas soucié d’infliger un affront mondial à une femme qu’il aime ou a aimée, mais c’est le lot de tout conjoint ou compagnon trompé, avec une publicité proportionnelle. Certes pas dans tous les kiosques à journaux, dans la presse nationale et internationale mais dans le cercle des amis, des voisins, des collègues.

Impossible de ne pas faire le lien entre l’affaire du moment et la décision du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) du 26 décembre 2013 dans l’affaire Gleeden. J’ai reçu à son sujet un communiqué de presse d’un Collectif Anti-Gleeden du 9 janvier à 23h. Je l’ai lu au petit matin, juste avant de découvrir la Une de Closer. La collision des deux actualités est frontale.

Avec cette décision du JDP, nous franchissons un palier. Que l’infidélité existe depuis que le monde est monde est évident. Qu’elle soit traitée par beaucoup sur le mode goguenard n’est pas nouveau. Il a fallu toutefois qu’un site décide d’en faire son business. Qu’il s’avise d’en faire la publicité. Que cette publicité soit acceptée, par une régie, Metrobus, que l’on sait si tatillonne à d’autres égards. Qu’elle soit affichée dans des lieux publics, soumise aux regards captifs des passagers abrutis par leurs transports. Que trop peu s’en soucient. Cette peur adolescente d’avoir le cul coincé… Et, pour finir, qu’un jury de déontologie ne trouve rien à redire à cette publicité, couvrant de son onction éthique la promotion de l’infidélité, de la tromperie, du mensonge.

Sourions ensemble : le jury a tiré argument de la validation de la publicité par l’ARPP. Argument pour le moins auto-référentiel puisque le JDP est une émanation de l’ARPP, que son président est désigné par le conseil d’administration de l’ARPP, tout comme un tiers de ses membres…

Le jury a bien sûr trouvé le moyen de motiver sa décision. L’article 3 de son règlement intérieur précisant que « ses décisions concernent uniquement le contenu des messages publicitaires diffusés et ne portent, en aucun cas, sur les produits ou services concernés », le jury s’est tout bonnement considéré incompétent. Le produit ne faisant pas l’objet d’une interdiction, sa publicité ne saurait être mise en cause.

L’argument pourrait convaincre si le JDP n’avait pas également pour mission d’appliquer le code ICC consolidé sur les pratiques de publicité et de communication commerciale, qui précise à l’alinéa 3 de son article 4 fort opportunément intitulé « Responsabilité sociale » :

« La communication commerciale ne doit pas sembler cautionner ou encourager des comportements violents, illicites ou antisociaux.« 

« C’est parfois en restant fidèle qu’on se trompe le plus », « tout le monde peut se tromper. Surtout maintenant ». Les publicités de Gleeden semblent fort, très fort, cautionner et encourager, promouvoir et même favoriser et valoriser un comportement « illicite et antisocial ».  Il est illicite puisqu’il est une violation d’une obligation du mariage (et la société vise bien les rencontres « extra-conjugales »). Il est antisocial en ce qu’il est la marque de la duplicité et la tromperie, et par cette publicité, c’est une tromperie froide et intentionnelle. Il est antisocial puisqu’on en connaît les effets : manque de confiance en soi, dépression, carrière perturbée, taux d’échec supérieur au bac, Le Point s’était fait l’écho de l’étude le soulignant (s’il fallait une étude pour l’étayer, mais il le fallait). L’étude de Mark Regnerus sur 15.000 Américains, discutée à d’autres égards n’était pas contestée dans ses constats sur les répercussions de l’instabilité familiale. Cela sans compter les conséquences sur la victime de la tromperie, et parfois même sur celui qui a trompé et qui, bien que responsable, en souffrira aussi.

Gleeden, elle, n’a pas craint de se foutre proprement de l’ARPP en affirmant que ses publicités visaient à « faire réfléchir », qu’elle « ne fait pas l’apologie de l’adultère », qu’elle « ne prône en aucun cas des valeurs contraires au code civil ».

Si le Jury de Déontologie Publicitaire avait partagé ne serait-ce qu’un peu d’une salutaire désapprobation réflexe, instinct moral, common decency, simple bon goût de la probité, aurait-il artificiellement disjoint le message du produit comme il l’a fait ?

En l’absence de recours possible contre les décisions du JDP (la révision prévue à l’article 22 de son règlement intérieur n’en est pas un), il reste à saisir le juge civil.

Mais nous avons, aussi, un problème avec notre « élite » – si peu souvent qualifiée à porter ce titre – qui aide la société à baigner dans une même torpeur morale béate. Avec nos politiques pressés de tourner la page tant ils se savent collectivement voire individuellement en cause. Avec nos journalistes, parfois eux-mêmes trop au fait de ces frasques (Valérie Trierweiler n’est-elle pas elle-même journaliste ?). Fausse « élite » paradoxalement prompte à porter vers le bas que vers le haut.

Il fallait voir le succès de cette saillie sur Twitter : François Hollande serait enfin vraiment un « Français normal ». Non, pas normal, médiocre. Juste un Français médiocre.

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

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74 comments

  • Ahhh merci!!! Merci pour ce son de cloche différent! Ça fait du bien d’entendre que non ce n’est pas normaaal l’infidélité alors que la majorité des français entendue par les médias sur l’affaire Hollande s’exclame que « Ah ma petite dame tout le monde trompe tout le monde, non non ce n’est pas choquant c’est sa petite vie privée »… Normal voila le mot qui résume toute cette présidence socialiste. C’est quoi la norme? A partir de quand je suis dans les clous? Si c’est faire comme tout le monde et suivre le vent des tendances, c’est avoir le destin d’une feuille morte… Etre exigent, viser l’excellence, la constance semblent être des valeurs peu à la mode…

  • La norme, c’est probablement la médiocrité. On dit, ces jours-ci, la France déprimée. Peut-être manque-t-elle entre autres de gens aptes à l’inciter à viser l’exception ?

  • Allons donc, il est « normal » qu’un politique trompe sa femme, sa concubine, sa maîtresse, comme il est « normal » qu’il trompe les électeurs.

    de Gaulle, Pompidou vs les suivants. Même contestés politiquement, ils avaient une autre stature dans l’opinion. Ceci a peut-être un petit peu à voir avec cela.

  • Cette décision du JDP est en effet un monument d’hypocrisie bien digne de l’activité même du site dont il est fait promotion. Quand on lit que ces publicités « suggèrent la possibilité d’utiliser le service offert par le site Gleeden, tout un chacun étant libre de se sentir concerné ou pas par cette proposition commerciale »… Ben oui, c’est le principe de toute pub, de suggérer d’acheter le produit, pas d’y contraindre ! (La vente forcée, il y a des lois contre, qui sont un peu plus appliquées !) Avec cet argument on pourrait donc faire la publicité d’absolument n’importe quoi puisque le prospect n’est jamais forcé de devenir client. Ce qui montre que cet argument ne vaut rien. Mais c’est pas grave, Black Divine paie et on trouve que ce qu’ils disent est dans l’air du temps (en toute subjectivité), donc on valide.

    Ce télescopage d’actualités est en effet significatif. (Et, oui, moi aussi, je suis fort lassé de me prendre ces pubs détestables en pleine face à chaque fois que je prends le métro donc à peu près chaque jour).

  • @ Koz:

    Oui la france déprime car elle n’a plus d’Espérance, elle a perdu la foi tout simplement… Mais comment a-t-on pu dériver doucement vers la médiocrité? Comment a-t-on pu perdre cette exigence qui caractérisait nos ainés et remplacer les élites intellectuelles par des émotifs rattrapés par leurs désirs trop humains? Mais je ne pense pas que ce soit irréversible! Il faut d’abord commencer par se détacher des opinions dominantes bien pensantes et ne pas avoir peur d’aller à contre courant: c’est déjà le cas de LMPT et d’autres mouvements. Je crois vraiment en la force de notre jeunesse pour inverser les tendances!

  • Humpty-Dumpty a écrit :

    Quand on lit que ces publicités « suggèrent la possibilité d’utiliser le service offert par le site Gleeden, tout un chacun étant libre de se sentir concerné ou pas par cette proposition commerciale »… Ben oui, c’est le principe de toute pub, de suggérer d’acheter le produit, pas d’y contraindre !

    Oui. Toute publicité est évidemment incitative.

    Le JDP sera plus à l’aise pour traiter des allégations santé ou écologiques. Mais quand il s’agit de ce qui compte véritablement, qu’il s’agit d’humain, et in fine de cette morale dont il ne faudrait surtout pas prononcer le nom, il se débine.

    @ Alex : faire l’inventaire des causes de ce délitement serait effectivement long. Comme vous, j’ai envie de cultiver l’Espérance et on pourrait y parvenir sur un certain nombre de sujets comme la volonté d’engagement des jeunes. Mais il faut de l’énergie.

    @ Kerpaul : je dois peut-être confesser quelques inspirations et aspirations communes.

  • Koz a écrit :

    La norme, c’est probablement la médiocrité.

    c’est pas faux, mais osons aspirer à un peu de grandeur!

    Tout fout le camp, moi je vous le dis.

  • Question hier soir d’un petit garçon de neuf ans à sa mère: « La télé pourquoi c’est pas interdit au moins de 10 ans avec toutes les horreurs qu’on y voit? »

  • « François Hollande serait enfin vraiment un « Français normal ». Non, pas normal, médiocre. Juste un Français médiocre. »

    C’est quasiment mot pour mot ce qui m’est venu quand j’ai entendu cette histoire vendredi… Quelle tristesse…

  • Encore une fois, je suis tout à fait d’accord avec toi, Koz. Mais ceci dit, le JDP a, d’une certaine façon raison. IL ne sert à rien. De même que des plaintes portant sur la publicité. Car lorsqu’on en arrive à accepter des publicités de ce genre, c’est la preuve que l’adultère est une pratique courante. La publicité à ses débuts, s’est construit sur la volonté de créer un besoin. Mais après trente ans, nous n’en sommes plus là. Les besoins même les plus asociaux sont là. UNe telle pub, c’est juste une occasion de faire un fond de commerce sur quelque chose arbitrairement créé par notre société individualiste et consumériste. Donc Gleeden n’est pas le problème ni le coupable, il n’est qu’un symptome. Le vrai combat se situe au niveau de l’opinion publique. Et dans ce domaine là, il faut le reconnaitre l’opinion publique française a un problème: elle est grippée contre tout ce qui a l’air de priver notre liberté, particulièrement notre liberté d’expression. Je pense que la véritable solution – bon là je pousse le bouchon jusqu’au bout – la solution est une acédie financière. Quand on n’aura plus les moyens de se payer un amant, de rire des roms parce qu’on aura pas plus de fric qu’eux ou de se rendre compte que la richesse de faire couple avec quelqu’un n’est pas tant le plaisir que l’union dans la galère, alors peut-être Gleeden cessera de nous les … Plus raisonnablement, il nous faudrait un nouveau François d’Assise pour nous precher à nouveau la joie de la pauvreté, d’une vie simple. François? Ca éviterait même à l’autre de gaspiller le budget de l’état dans l’essence d’un scooter…

  • Bon et puis les arguments de la JDP me font bien rigoler. Est-ce qu’ils auraient la même réaction face à des phrases du genre: Pub pour le tourisme au maroc: Un bon musulman est un musulman qui n’est pas là. Venez les voir chez eux. Pub pour une visite nocturne du bois de boulogne. On trouve de tout dans cette forêt. Pub pour une conversion au christianisme. Mahomet ou un rabbin sur la croix: Euh Jésus, j’ai besoin de toi, stp..

  • J’ajouterais que l’aventure du président, qui est aussi la mésaventure de Valérie Trierweiler, illustre l’importance du mariage, fut-il civil, dans la protection du conjoint le plus faible. Trahie, Valérie Trierweiler n’est plus rien. Y-aurait-il des sondages en ligne sur son expulsion de l’Elysée si elle était mariée? Il me semble que notre monde est en manque cruel de fidélité ET d’engagement définitif.

  • @ Antoine François B.:

    Nicolas avait piqué Cécilia à quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre lui a piqué. Valérie avait piqué François à Ségolène, quelqu’un d’autre lui a piqué.

    La charité commande que je compatisse. J’avoue humblement que je dois me faire une douce violence pour plaindre les arroseurs arrosés. Ce qui m’attriste profondément, c’est que de tels comportements apparaissent aujourd’hui comme allant de soi. La plupart des critiques adressées à FH portent sur la « sécurité » du président, le statut de la « Première Dame (!) », le ridicule de la situation, presque aucune sur le fait même de tromper et mentir…

  • Ma belle-mère a l’habitude de dire: voleur vole voleur et le diable rit; La Trieweiller a consciemment choisi de vivre dans ce milieu sans dignité, sans contenance. Quand j’étais enfant, on a enseigné que celui qui voulait cogner devait savoir encaisser, la version plus plébéien du qui veut commander doit savoir obéir.

    En revanche, cette pub pour l’adultère doit avoir au moins un an. La voir sur un car était une des rares fois que j’étais soulagé que ma fille haïssait alors la lecture . L’autre fois, c’était une pub sur le traitement des dysfonctionnements masculins.

  • Une réflexion sur Valérie à laquelle j’avais pas du tout pensé (pauvre égoïste que je suis) . Cette affaire m’a plutôt fait sourire puis j’ai eu une peu honte; notre président fait rire les birmans (ce beau pays que j’ai la chance d’habiter ) les journaux titrent sur lui : « l’homme indécis , assis entre deux chaises, sur un bateau qui tangue  » etc… Pas très glorieux n’est-ce pas? En fait notre président fait rire tout le monde (moi aussi) !

    Pour Valérie sa souffrance lui fera peut être aussi penser à celle qu’elle a forcément suscitée auprès de la mère des enfants de François Hollande . Un homme: deux femmes blessées (bientôt trois ? ) . Ouais quand même ça fait beaucoup . Maintenant soyons honnêtes: dans le monde totalement perdu et vide de tout repère pourquoi ne pas permettre de faire la pub pour l’adultère ? (je me fais l’avocat du diable) On avorte , demain on va euthanasier (évidemment j’espère pas ) on marie des hommes entre eux et les femmes entre elles, on s’apprête à commercialiser le corps de la femme , on détruit la famille … Alors l’adultère, et sa promotion c’est un moindre mal … non ? (évidemment je ne pense pas ce que j’écris )

  • La société ne peut reposer que sur la parole donnée et la con-fiance. Que celles-ci soient violées depuis des siècles n’a jamais empêché qu’on leur reconnaisse une valeur et qu’on s’y conformait, bon an mal an, davantage qu’on ne les violait. A présent, l’infidélité à l’autre, donc à soi et à sa parole, est officiellement promue. Elle n’est plus considérée comme une faute,comme une blessure faite au contrat de mariage. .Les ravages sont déjà là : dans les classes, où les deux tiers des enfants ont des parents divorcés. Dans le défaut de logements. Dans la paupérisation logique des pères, des mères .Dans la perte des repères familiaux. Dans la diminution dramatique du respect du père. Dans la violence faite aux femmes souvent , aux hommes de plus en plus. ( C’est moderne et libéré de tromper son mec…) . Dans la douleur que sont les fêtes de famille quand tout rappelle une absence. Dans l’impossibilité d’élever des enfants ensemble, de se soutenir. C’est ainsi que la liberté s’affranchit de son corollaire nécessaire: ne pas faire souffrir l’autre….

  • François Hollande est grillé. Ce qui est amusant est que la presse française et les membres du gouvernement ne se sont pas encore rendus compte de la gravité de cette affaire qui va polluer totalement le reste du quinquennat et rendra la réélection de Hollande impossible.

    Je ne vois pas pourquoi au nom du respect de la vie privée, on doit se faire mener en bateau. Quand Ségolène Royal était candidate pour être président de la république, on nous a fait croire que Hollande et Royal étaient ensemble. Une fois non élue, on nous dit qu’en fait ce n’était pas vrai et qu’on aurait pu avoir n’importe quel parvenu comme première « dame » de France.

    Cinq ans plus tard, François Hollande arrive à l’Elysée et installe en grande pompe Valérie Trierweiler au poste de première dame. On pensait que c’était un peu plus que la girlfriend du moment. C’était la femme qui allait soutenir Hollande dans sa fonction présidentielle comme cela se passe ailleurs dans le monde. Jusqu’à là tout va bien, honni soit qui mal y pense.

    Et bien non, Hollande président, avait son esprit occupé par autre chose : sa faiblesse pour la balade en scooter et les croissants. Je me demande s’il trempe les croissants dans le chicorée café.

    Concernant Mme Trierweiler, il est possible qu’elle n’était pas au courant. Cela arrive souvent que dans les cas d’infidélité tout le monde le sait sauf la première concernée. Elle pensait entrer dans l’histoire de France du XXI siècle par la grande porte et tout d’un coup la réalité est toute autre: elle n’a aucune légitimité et Hollande est un salaud.

  • Oui mais tout le monde ne fonctionne pas ainsi et il y a ici et là quelques îlots de résistance, quelques « oasis » où des personnes essayent de faire autrement que l’air de temps. @ Coulon:

  • Merci Koz pour ce message, merci d’être un des rares à exprimer ce malaise ressenti en constatant la quasi uniformité des réactions dans les médias au sujet de l’attitude « normale » de notre Président…

    En ce qui concerne Gleeden, Merci également pour le lien vers le rapport du JDP : j’avais signé la pétition qui avait dû servir de base à la plainte, mais je n’en connaissais pas le résultat… les bras m’en tombent devant tant de cynisme…

    J’ai écrit à Gleeden, j’ai également écrit aux marques qui ont Black divine comme agence de comm pour leur dire que je n’achèterai pas leurs produits à cause de cela… ces petites actions dérisoires ont-elles une incidence autre que me donner l’impression de faire ma petite résistance (comme acheter de (très beaux) timbres pour ne pas utiliser ceux de l’horrible Irina…) ? Alors,que faire ?

  • @ Greg Le Catcheur : je suis assez d’accord avec toi sur l’inutilité du JDP, qui est une instance déontologique sans pouvoir. Elle transmet ses décisions aux parties concernées et peut demander à l’ARPP de faire modifier les publicités, point.

    Et je suis d’accord in fine sur le fond. Le vrai problème est que cela ne suscite guère de réactions. Nous devrions être dans une situation où, d’une part, un tel service ne se créerait pas et, d’autre part, il n’envisagerait même pas de faire sa promotion publique, sachant qu’il déclencherait une réprobation générale.

    Néanmoins, agir ne me semble pas totalement inutile. Il ne me semble pas inutile de témoigner ainsi que non, ces publicités ne paraissent pas normal à tous. Et par ailleurs, il ne me semble pas inutile d’essayer d’empêcher que des messages de banalisation de l’infidélité conjugale soient ainsi affichés. Bien sûr, ce n’est pas le seul vecteur de cette banalisation, mais elle emprunte des voies plus directes, et pousse à la concrétisation.

    @ Antoine François B. : oui, d’accord avec vous. C’est une illustration de la précarité de la situation du compagnon. Sa seule légitimité (au demeurant bien faible) tient dans les sentiments de son compagnon. Ils disparaissent ? Elle doit partir…

    On a un peu de mal à plaindre Valérie Trierweiler qui ne se retrouvera pas sans ressources et n’est pas pour rien dans son infortune, mais on peut penser aux personnes « lambda ».

    @ sans : je comprends bien l’idée, mais la situation de Valérie Trierweiler reste celle de beaucoup d’autres personnes trompées – femmes ou hommes – sans avoir pour autant de responsabilité.

    En ce qui concerne la pub, elle est effectivement ancienne et nous en avons déjà parlé sur ce blog. Des articles ont d’ailleurs relevé qu’elle avait suscité davantage de réactions négatives cette année, et s’interrogeaient sur l’impact de la Manif Pour Tous. Je pourrais dissiper leurs interrogations puisque je sais très bien que la plupart des tags vantant la fidélité, et la famille) et des arrachages viennent de personnes qui ont estimé de leur devoir de faire preuve de cette (menue) désobéissance civile.

    Il me semble important qu’elle suscite toujours des réactions. Pour le moment, je ne la vois que sur des bus. Il n’est pas impossible qu’ils aient renoncé à l’afficher à portée de mains. Et c’est très bien comme ça : continuons à les emmerder. Il ne faut pas que ce genre de campagnes ne rencontre que l’indifférence.

    @ syboule : vous avez bien raison de parler de l’international. Car les réactions des médias et des politiques sont incroyablement franco-françaises. Comme si le fait que les Français aient un regard plus indulgents permettait de clore le sujet. Le problème est également international et de façon encore plus évidente dans notre système mondialisé. Pour la première fois, CNN a retransmis une conférence de presse du Président de la République Française en direct ! Et que nous vaut cette honneur ? Une histoire de fesses. Le monde nous regarde avec des yeux ronds et n’adhère pas à notre distinction (relative) vie privée vie publique.

    @ Coulon : voilà, nous sommes d’accord. L’infidélité, la tromperie, cela existe bien évidemment depuis que l’Homme est Homme. Mais il y avait à tout le moins un consensus général pour condamner l’infidélité et valoriser la parole donnée. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. Encore que… et c’est ce qui a guidé mon petit paragraphe sur les élites : il me semble que la très grande majorité de la population valorise et veut encore croire à la fidélité, la parole donnée etc. Et pourtant, nous avons un discours officiel ou médiatique qui la dévalorise.

    @ Pepito : je ne suis pas non plus sondeur ni analyste de l’opinion, mais je ne suis pas convaincu par les analyses un peu rapides voire empressées pour dire que tout cela n’a pas d’impact. Surtout dans le contexte politique actuel dans lequel on voit bien que l’anti-système fait recette. Et ce n’est pas que Dieudonné (même s’il est un indicateur important), c’est aussi tous les mouvements de protestation qu’il y a eu cette année. Nous attendons toujours un De Gaulle. Un chef qui paie ses factures, respecte la parole donnée, est fidèle. Je ne suis pas chaud pour penser que tout cela ne soit pas lié d’une certaine manière. Sans dire qu’un homme infidèle est nécessairement incompétent (bien sûr. Par exe, DSK est un bon économiste) mais un pays aspire à un homme d’exception pour le diriger. Je pense d’ailleurs que le positionnement « président normal » de Hollande n’a fonctionné que sur un malentendu.

  • @ Béatrice : je ne pense pas que cela soit vain. Il serait pire qu’ils ne constatent rigoureusement aucune réaction. Et, c’est à confirmer, mais comme je le disais à Sans, je me demande si le fait que les affiches ne soient (à ce jour) présentes que sur les bus n’est pas le résultat des taggages et arrachages massifs des pubs Gleeden dans le métro.

  • Aristote a écrit :

    @ Antoine François B.: Nicolas avait piqué Cécilia à quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre lui a piqué. Valérie avait piqué François à Ségolène, quelqu’un d’autre lui a piqué.

    J’ai la faiblesse de penser qu’on ne « pique » pas un être humain… Chacun est libre de choisir de rester fidèle ou pas, ce n’est pas la personne avec qui on trompe son conjoint (ou son compagnon) qui est responsable.

  • Zab a écrit :

    ’ai la faiblesse de penser qu’on ne « pique » pas un être humain… Chacun est libre de choisir de rester fidèle ou pas, ce n’est pas la personne avec qui on trompe son conjoint (ou son compagnon) qui est responsable.

    Ben voyons…. chacun est surtout libre de choisir de favoriser l’infidélité de l’autre, ou de le renvoyer dans son foyer, et c’est sa responsabilité… !

  • J’avoue que je ne saisis pas… Autant je suis souvent (très) en désaccord avec vous et la plupart de vos commentateurs, autant j’aime vous lire et vos positions m’intéressent. Mais là je ne saisis pas… « exigence qui caractérisait nos ainés » ? Non je ne saisis pas. La médiocrité a toujours été l’apanage des humains, et la force de notre histoire est justement de tenter de s’en extirper. Mais nos ainés ? Quand le père avait droit de vie ou de mort sur toute sa famille ? Quand on suspendait les enfants à un clou au mur ? Nos ainés étaient médiocres, comme nous. La grande différence est peut être que nous n’avons même plus l’excuse de l’ignorance, ou tout au moins l’excuse de l’absence d’éducation. Quand à l’infidélité… elle s’affiche oui. C’est la fameuse société de consommation, société de marché. Je précise que ce ne sont pas les gochobobos qui l’ont crée, même si ils s’en accommodent très bien. Mais l’infidélité n’existait pas avant ??? Elle était surtout masculine… aujourd’hui elle est partagée entre les 2 sexes. Je ne sais pas si l’infidélité des femmes est un progrès, ce dont je suis sûr c’est « qu’avant » (essentiellement des hommes infidèles) ce n’était pas mieux.

  • Zab a écrit :

    able.

    D’accord avec Béatrice là-dessus. Certes, je ne pense pas non plus qu’on puisse purement « piquer » une personne à une autre, cette personne fait ses choix et passe de l’un à l’autre librement. Pour autant on ne peut pas la renvoyer à sa responsabilité unique, celui (ou celle) qui courtise, ou se laisse courtiser par, une personne déjà en couple, assume également une part de la responsabilité de la tromperie et/ou séparation qui en résulte. Penser autrement (moi je ne trompe pas, si il/elle couche avec moi c’est son problème) me paraît hypocrite ou à tout le moins extrêmement léger.

  • ce qui est douloureux quand on est trompé , c’est de se souvenir que l’on a encouragé un père de 4 enfants à faire de même . C’ est trop dur

  • Merci Koz pour ce texte. Cette affaire Gleeden ne mentionne pas une quatrième publicité affichée dans le métro parisien il y a un ou deux ans dont le message était:

           " Être fidèle à deux hommes, c'est être deux fois plus fidèle"
    

    On est en plein Is 5, 20. Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres…

  • @ eczistenz : c’est dommage, mes réponses précédentes auraient pu contribuer à vous éclairer. Mais comme je suis de bonne humeur aujourd’hui, je vais me répéter, même si vous faites référence à un propos qui n’est pas de moi.

    Ce que nos aînés avaient en plus par rapport à nous, ce n’était pas la fidélité, ni le fait de traiter le sujet avec légèreté (de Molière à Feydeau), c’était de partager une réprobation officielle. Que cela n’empêche rien officieusement est une chose mais, à tout le moins, il ne serait venu à l’idée de personne de faire la promotion publique de l’infidélité (autrement peut-être que dans une œuvre licencieuse). Et aucune régie d’un établissement public n’aurait imaginé se prêter à cette promotion au moyen de son réseau d’affichage. Alors même au demeurant qu’elle se montre tatillonne sur la cigarette de Tati.

    Je n’ai pas bien saisi ce que venaient faire les enfants accrochés au mur par un clou, une pratique dont j’avais peu connaissance. J’ai bien conscience qu’il peut exister des traumatismes trans-générationnels, et j’espère que vous trouverez le moyen de vous en sortir.

  • Cher Koz,

    J’ai récemment écouté une très intéressante interview d’Erwann le Morhedec (vous connaissez?) http://www.famillechretienne.fr/societe/justice/3-minutes-en-verite-divorce-sans-juge-une-perte-totale-du-sens-de-l-engagement-pour-erwan-le-morhedec-124031

    Il nous dit, « Dans le cadre de ce qui est des obligations du mariage, légalement, et surtout par la jurisprudence, l’application que les tribunaux font de la loi font que les obligations n’ont plus aucune substance »

    Cela correspond à mon ressenti de la manière dont le Mariage est traité devant les tribunaux. Je détourne peut être un peu le propos, car c’est en réponse à une question différente, mais mais ma question est donc: partant de ce constat, Cela ne rend il pas un peu léger l’argument légal?

    « Les publicités de Gleeden semblent fort, très fort, cautionner et encourager, promouvoir et même favoriser et valoriser un comportement « illicite et antisocial ». Il est illicite puisqu’il est une violation d’une obligation du mariage « 

    Légalement, de part la jurisprudence, ce n’est pas comme, par exemple, faire de la pub pour nous encourager à conduire avec 1g d’alcool dans le sang

    Sur le fond du dossier, je trouve ces pubs appelant à la médiocrité absolument ignoble. (sans meme connaitre la 4ème que vient de poster @Klara)

  • Je vous remercie pour votre attention soutenue et vous félicite pour vos sources d’information. Je ne pense pas que cela puisse contredire cette argumentation. Le fait que les tribunaux privent les dispositions légales d’efficacité véritable ne signifie pas pour autant qu’elles n’existent plus. Promouvoir la violation d’une obligation légale reste critiquable et, sauf grande surprise, illicite.

  • @ eczistenz:

    Désolée, je suis trop jeune pour avoir connu les actes auxquels vous faites allusion. Bien entendu si l’on regarde l’histoire, Louis XIV et ses multiples courtisanes n’étaient pas des modèles de sainteté et ce n’est pas nouveau. L’homme n’est ni ange ni bête comme disait Pascal, il est tout simplement homme avec toute la faiblesse que cela suppose. Toutefois, je note que depuis quelques années (j’ai bien peu de recul encore une fois) les valeurs se sont inversées: la fidélité n’est plus « bien vue », la société s’hypersexualise, tout ce qui était de l’ordre de l’intime s’exporte sur la sphère publique et l’on assiste de plus en plus à un nivellement par le bas, à une vulgarité qui n’était pas permise il y a peu de temps encore. Donc oui je persiste à penser que nos ainés avaient un certain panache et une certaine exigence mais peut-être était-elle de façade… Même si j’ai du mal à imaginer un de Gaulle faire le mur…

  • @koz

    J’entends bien votre remarque et je peux même en saisir la porté. Maintenant si on prend un peu de recul, on s’aperçoit que c’est un point de détail. Bien entendu pour celui/celle qui est victime de la tromperie ce point de détail est très important.

    Maintenant, les cpam font la chasse aux « fraudeurs » du rsa pour leur supprimer, les policiers font la chasse aux européens pour les renvoyer chez eux, l’administration fait la chasse aux chômeurs pour les radier, les ministres de l’intérieur la chasse au comique pour le faire taire… Il y a tellement de gens que l’on oppresse et ravale à la condition de moins que rien que l’infidélité semble être si futile que l’on s’attarde dessus. Il y a des choses bien plus importantes et plus urgentes à traiter, de mon point de vue.

  • Bonsoir à tous,

    cette histoire de publicité m’a plutôt fait rigoler, ainsi, je dois le dire, que les histoires de notre président. Oui, notre société est parfois médiocre, mais je préfère prendre le parti d’en rire: c’est d’abord moins usant que d’être perpétuellement révolté. Et puis, j’ai aussi, sur d’autres sujets, des faiblesses, et je préfèrerais subir de la part de mes congénères une moquerie bienveillante que des litanies indignées.

    Sur le fond, je ne pense pas que les désordres conjugaux aient forcément augmenté ces dernièrs temps: 100 ans en arrière, les bordels avaient pignon sur rue, y compris à l’armée par laquelle tous les jeunes hommes passaient, l’alcoolisme et la violence conjugale étaient très répandus, peut-être plus que maintenant. Je passe sur les affronts que subissaient, fréquemment, des domestiques à la merci économique de leurs maitres plus fortunés. Et dans une certaine élite, il était impensable de ne pas avoir de double vie, encore plus peut-être que maintenant.

    Je ne suis pas sûr de plus que le changement de discours soit si important, ni forcément une mauvaise chose. La morale officielle a quelque chose de « ringard » et devient souvent contre-productive (vous mangez 5 fruits et légumes par jour, vous ?).

    Il me semble aussi que souvent, en stigmatisant des comportements, les effets de bords peuvent être plus graves que le comportement décrié au départ, en excluant des gens, pas forcément parce qu’ils sont pires que les autres, mais parce qu’ils savent moins bien se défendre dans les « procès en morale » qui leur sont intentés, souvent par des gens qui y trouvent un plaisir sadique.

  • @ Koz: Le problème, pour moi, c’est l’absence de caractère, de pudeur. Il n’était pas nécessaire d’informer le monde de son hospitalisation. C’est une instrumentalisation de ses faiblesses horrible. Madame pleure, elle a raison. Et pourtant, il ne faut surtout pas se moquer des vaincu(e)s. C’est là pour moi la dignité et même la charité requise. Et au fond, plus que la question du nombre des femmes, c’est ça, le caractère. Sarkozy, Clinton, G. Schröder en ont eu, extra-, supra-, prériconjugalement sans être aussi ridiculisé.

  • @uchimizu cette publicité vous fait rire…moi pas, et quand mes enfants, adolescents pourtant habitués à la dérision perpetuelle façon Canal+, et prompts à ricaner sur pas mal de choses , tombent sur ces affiches dans le métro, ils sont vraiment choqués (bouh, qu’ils sont ringards) : on essaie de leur parler, pour leur vie future, de sincérité, engagement, fiabilité, et ils voient que notre génération accepte sans murmurer que certains gagnent leur vie en incitant des gens à trahir ceux qui les aiment ?…

    On a l’indignagtion facile contre les « Français moisis » incapables de respecter l’autre, l’étranger, et on trouve normal (et … drôle), de les inciter à trahir celui qui partage leur vie et qui a mis sa confiance en eux ?

    Cette dichotomie se trouve- même, de façon assez hallucinante, au coeur du système Gleeden où l’on peut lire, sur leur page de garde, dans un paragraphe intitulé, ça ne s’invente pas, « l’authenticité au coeur des échanges » : Nous vous invitons sur Gleeden à être honnête sur votre statut marital. L’intégrité est à la base de notre travail, nous respectons nos membres en ne présentant que de vrais profils, femmes et hommes mariés ou en couple, et même célibataires. Notre politique est basée sur des valeurs fortes et notre communauté se construit chaque jour naturellement….
  • Terrible ironie !

    Valérie Trierweiler et François Hollande pensaient incarner la modernité en vivant en concubinage à l’Elysée, VT avait même déclaré à la télévision que « c’est bien mieux de ne pas être mariés, on reste ensemble parce qu’on s’aime et non pas parce qu’on est obligés »; elle se retrouve aujourd’hui trompée et sa légitimité en tant que « première dame », rôle dont elle a du supporter les contraintes jusqu’à présent (et en faire supporter les contraintes à ses enfants), réduite à néant au yeux des Français, du jour au lendemain. Le mariage est bien la protection du plus faible, protection contre les fl

  • Sinon faîte comme moi, vous voyez que l’affiche vient d’être collé ? allez hop vous verrez ça s’enlève très facilement. Et sinon, sur votre chemin, arrachez tous les jours un petit bout de la dîtes affiche.

    PS : il est fortement conseillé de jeter ce torchon dans une poubelle publique !

  • Koz a écrit :

    La norme, c’est probablement la médiocrité.

    Le pessimisme ne te va pas. La norme c’est la moyenne. Chacun d’entre nous peut la faire évoluer par son action et son influence. Tu y arrives très bien avec ce beau billet.

    Le JDP ne peut servir à rien de bien. La morale n’est pas l’affaire d’une autorité mais de chacun de nous. Le contraire est une forme de violation de la laïcité et n’aboutit qu’à la censure et/ou à la légitimation du pire.

    N’attendons rien de l’élite et faisons le bien nous-même. La plupart des gens sont des braves gens avec quelques faiblesses très humaines. La vie de Hollande n’est pas normale et médiocre, elle est anormale et médiocre.

    D’une certaine façon tu passes à coté de l’essentiel en juxtaposant Gleeden et Gayet. Le comportement de Hollande ne conforte pas le message de Gleeden, il le détruit magistralement. Voyez cet homme qui a agi comme Gleeden voudrait qu’on le fasse : voyez l’étendue du désastre.

  • Béatrice a écrit :

    … notre génération accepte sans murmurer que certains gagnent leur vie en incitant des gens à trahir ceux qui les aiment ?… …. L’intégrité est à la base de notre travail, nous respectons nos membres en ne présentant que de vrais profils

    Bonsoir Béatrice,

    malgré les apparences, il me semble effectivement fréquent que les adolescents et les jeunes adultes aient une image très « fleur bleu » du monde. Je crois qu’il y a une phase du passage à la vie d’adulte où , si l’on a vécu dans un milieu protégé (ce qui est mon cas), on s’aperçoit que le monde est plus « cru » que ce que l’on imagine. Je me souviens avoir reçu un vrai choc quand je me suis aperçu, travaillant à proximité d’un bois parisien, que 80% des voitures arrêtées devant les « camionettes à service » avaient un siège bébé installé à l’arrière. Je me souviens également ne pas avoir aimé sur le moment que certains de mes proches me parlent aussi d’une réalité « crue » des couples modernes: qu’il faut savoir s’accorder aussi sur les sujets charnels, faute de quoi on s’expose à des déconvenues, comme celle que son coinjoint aille voir ailleurs. Après coup, il me semble que tous ces avertissements m’ont été utile.

  • @ Victoire: Bonjour Victoire,

    François Hollande et Valérie Triewiller ont partagé une erreur répandue : celle qu’on est ensemble parce qu’on s’aime. C’est le contraire. Et papier ou non, ça a toujours été comme ça.

    @ Uchimizu: Bonsoir, je suppose que l’accord sur les sujets de la chaire a toujours été utile à la vie des couples. Il serait souhaitable, mais quel défi, de trouver dans l’éducation de ses enfants l’étroit sentier entre banalisation et diabolisation. La chose fait partie de la vie, ce n’en est pas le centre, et une relation non tendue et réaliste à ça maintient probablement la vie conjugale.

  • @ Béatrice: J’aurais peut-être dû dire que la personne avec laquelle on trompe son conjoint n’est pas (entièrement) responsable. Si elle sait que la personne avec qui elle couche est en couple (ce qui n’est pas toujours le cas), elle a une part de responsabilité, mais moindre tout de même que celle de la personne qui rompt ses vœux. « Piquer », c’est ce qu’on fait à une chose, la chose n’a pas son mot à dire. Un homme ou une femme infidèle le fait avec son libre arbitre, ce n’est pas une chose qu’on vole.

  • Je vais sans doute vous paraître réactionnaire, mais je ne peux pas croire qu’un homme capable d’une telle trahison à l’intérieur de sa « sphère privée » puisse être digne de confiance en tant qu’homme d’Etat. A moins de considérer que le Président de la République soit atteint de schizophrénie ou de double personnalité, je pense qu’il est donc capable de trahison de façon égale envers les Français. Cet épisode ne me réconcilie pas avec la classe politique. Je vais continuer à voter blanc!

  • Extrait des arguments avancés par gleeden, et repris dans le compte-rendu de la décision du jdp (la dernière phrase en dit long) :

    « Elle [Black Divine LLC, société éditrice de gleeden] indique qu’elle ne fait pas de prosélytisme pour l’adultère et ne prône en aucun cas des valeurs contraires au code civil. Elle considère qu’elle apporte une réponse à un problème sociétal. »

    Voilà, le concept que personne n’ose s’avouer est lâché: le mariage serait donc un « problème sociétal » !

  • L’article est bien mené , interéssant et rare sur le plan de la réflexion. Je pense qu’ au niveau des mœurs , la promotion de la concurrence va de pair avec l’émergence d’une société de marché continuité logique d’une modernité libérale (au sens ontologique) qui a eu des bienfaits mais un certain nombre de méfaits qui mériterai d’être soulevé. Je pense que si on veut rémédier à cette situation c’est malheureux de le dire mais il faut proposer une offre culturelle afin d’espérer changer les mentalités. On a Diogène à la tête de l’état alors qu’il faudrait Salomon à défaut de Saint-Pierre pour nous gouverner.

  • @ Zab:

    Si vous aviez bien voulu percevoir la touche d’ironie qu’il y avait dans l’emploi du mot « piquer » dans mon commentaire, vous nous auriez épargné une illustration navrante de la signification du terme « bas-bleu ».

  • Lib a écrit :

    La vie de Hollande n’est pas normale et médiocre, elle est anormale et médiocre.

    Avec un taux d’adultère en France de 50%, ça se discute.

  • Zab a écrit :

    elle a une part de responsabilité, mais moindre tout de même que celle de la personne qui rompt ses vœux.

    Bonsoir,

    j’aimerais aussi que l’on parle de la possibilité que la personne trompée ait une part de tort. Je ne dénie pas qu’il y ait des coureurs pathologiques sans aucun sens des responsabilités. Mais je pense qu’il y a aussi des cas où l’un des conjoints rend la vie de couple intolérable pour l’autre, et ce dernier, par réaction, va se faire cajoler ailleurs. Ces situations ne sont pas toujours toutes blanches ou noires. Beaucoup disent que la situation que vit François Hollande est plutôt dans cette catégorie.

    Du reste, si notre président réussit à convertir le parti socialiste français à la sociale-démocratie moderne, je suis prêt à lui pardonner beaucoup d’autres choses.

  • @ Aristote: Je suis ravie que ça ne soit pas votre cas, mais il y a des gens qui pensent vraiment comme ça. Comme si un homme n’était qu’une chose qu’on peut piquer à volonté.

  • @ Tilt: Je connais ces stats mais je crois que les sondés mentent par excès, et largement. L’une des tentations les plus fréquentes est de faire croire aux autres qu’ils sont marginaux ou marginalisés, que tout le monde le fait: soi-disant, tous les ados ont fait les andouilles avec des cyclos trafiqués, la réalité c’est qu’il suffit de 10 % de ces ados pour rendre la vie impossible à eux et aux autres; même chose sur les routes: durant 20 ans de conduite sans perte de point, tous ceux qui avaient quelques infractions au compteur me disaient que j’étais un cas, et que presque personne ne pouvait tenir face au permis à point, jusqu’à ce que je découvre qu’avec mes deux fautes de conduite en deux ans, j’appartenais soudainement à une minorité de conducteurs inciviques, 90% (!) ayant 11 points sur 12 au moins (et ça ce sont des stats « vraies » du ministère, pas des stats « déclaratives »). Lycéen je croyais être le seul ou presque à n’avoir pas déjà couché dan ma classe, mais je me suis aperçu que les don juan de papier étaient infiniment plus nombreux que les vrais. Et je pourrais continuer…

    Il y a un boulot à faire pour confronter les déclarations relevant de la comédie sociale au réel; longtemps les adultères étaient largement minorés, depuis quelques décennies au moins ils tendent à être non moins largement exagérés (suis-je normal de dire à un enquêteur ou au bar du coin que je n’ai qu’un conjoint(e)?).

    Par ailleurs, tromper sa femme parce qu’on a craqué sexuellement une soirée, ce n’est pas la même chose que garder deux femmes ou plus en même temps; dans la plupart des cas, les adultères sont des aventures, des « soupapes » sans lendemain; les doubles vies à la Hollande, c’est beaucoup plus rare, or cela fait deux fois que cet homme garde deux femmes en même temps durant plusieurs années. On n’est pas en face d’amours successifs, mais d’une incapacité à savoir avec qui on vit. Exactement le même problème que ce qui avait valu à Hollande d’être qualifié d’inepte par Koz dans un autre billet.

    C’est aussi en cela que cette histoire dite de vie privée a un sens politique: elle va comme un gant à ce qu’est en politique F Hollande, capable de nous dire avec aplomb qu’il a toujours été social-démocrate, alors même que, en dehors de sa campagne quasi bolchevique par moments- la finance et la religion présentées comme ennemis à combattre- jamais il n’a changé le nom du PS, et que la politique de l’offre n’est en rien social-démocrate, la social-démocratie est une pratique politique fondée sur le partage tripartite famille/entreprise/ salariés d’une production abondante stimulée par une politique de la demande, tout juste l’inverse de ce qui est appelé social-démocrate aujourd’hui). Sans doute est-il capable de parler à V Trieweiler depuis deux ans avec le même aplomb pour lui dire qu’il est toujours pro-Valérie alors même qu’il dit à Julie qu’il est pro-Julie? En ce cas, on comprend mieux l’hospitalisation, dont j’observe qu’elle se fait au Val de Grâce mais à part cela il n’y a pas et il n’y a jamais eu de première dame de France :un mensonge de plus, ou plutôt une réalité façonnée de plus par un homme pour lequel la vérité est un non sens, quelque chose de non compréhensible. On n’est pas en face d’un cynique flamboyant mais d’un homme sans repères, perdu et perdant ses proches.

  • Une idée qui m’est venue comme ca, vu que notre régime semble avoir certaines similitudes avec d’autres régimes socialistes plus à l’Est d’autrefois : la dénommée Valérie Massonneau, dite Trierweiler, aurait-elle fait les frais d’une hospitalisation genre « pavillon des cancéreux » ? Vu sa propension a twitter et allumer tout ce qui lui déplait et ses concurrentes, notre Guide Bien-Aimé, qui n’est pas aussi bonhomme qu’il veut bien le paraître, aurait-il utilisé un vieux truc de socialiste pour empêcher une opposante de faire du barouf ?

    Suspect tout de même ce silence pour une aussi grande gueule Dame …

  • Bruno Lefebvre a écrit :

    C’est aussi en cela que cette histoire dite de vie privée a un sens politique: elle va comme un gant à ce qu’est en politique F Hollande

    Je suis totalement d’accord du début à la fin avec ce dernier paragraphe.

    La suite que Hollande donnera à cette affaire et la réaction des électeurs sera le test final qui permettra de connaître un peu mieux où vont la société et la démocratie françaises.

  • Je suppose que vous n’aurez pas échappé à ça : http://fr.pourelles.yahoo.com/pr%C3%A8s-d-39-fran%C3%A7ais-deux-d%C3%A9j%C3%A0-%C3%A9t%C3%A9-infid%C3%A8le-053429655.html

    Gleeden a de beaux jours devant lui… J’espère que le combat se poursuit parce que oui, c’est choquant, et inacceptable.

    Notre président est donc plutôt normal, même si le sondage en référence donne de l’infidélité une définition tellement large qu’en effet beaucoup de gens se disent infidèles. Ils doivent être moins nombreux et nombreuses à pouvoir dire qu’ils/elles ont eu compagne et maîtresse pendant 14 mois au moins avant que « ça » ne se sache.

    Je ne crois pas qu’on ait affaire à un homme sans repères. Toute sa carrière au PS montre au contraire une maîtrise assez impressionnante de la manoeuvre en sous-main et de la fausse stupidité pour mieux arriver à ses fins (personnelles). Souvenons-nous que c’est quand même l’homme issu d’un parti qui suit une ligne assez simple en matière de moeurs : « chacun fait ce qu’il veut de son c… et ça ne regarde pas la sphère publique ». Il aurait dit qu’il n’y aura plus de conjointe à l’Elysée, ce qui une bonne manière de séparer définitivement la vie privée de la politique.

    Et il y a bien des journalistes, y compris de droite, pour déplorer qu’on risquait de tourner à la démocratie moralisatrice à l’américaine, et pour se réjouir ensuite de voir la France donner au monde l’exemple de la modernité en permettant au Président de se déplacer seul et à la conjointe du président de ne plus exister publiquement. Un progrès pour les femmes puisque en effet jusqu’ici, si on scrutait les « femmes de », personne n’a jamais scruté Mr Merkel. Oui, selon certains, grâce à nous le monde découvre qu’il y a des pays où l’affaire Clinton n’aurait pas existé. Vous ne voudriez tout de même pas que la France remette en question les moeurs de son élite pour s’aligner sur la Birmanie? N’oublions pas que nous avons gardé un certain mépris pour tous ces pays sous-développés dont la pauvreté économique est associée à des modes de vie traditionnels, et dont nous espérons la croissance économique au moins autant que la « libération des moeurs ».

  • @Léa: l’affaire Clinton implique le Président et une stagiaire, une subordonnée. C’est un peu différent. Pour ma part, je me réjouis qu’on sépare mieux en France vie privée et vie publique des dirigeants. Ca ne veut pas dire qu’on s’interdit de porter un jugement moral sur les frasques du président, lorsqu’elles nous parviennent. Ca veut dire qu’on ne leur donne pas une signification politique.

  • @ Logopathe:

    Ce n’est pas d’abord un jugement moral sur l’acte, mais ce que ces frasques nous disent de la personne du Président, de son caractère. Sauf à le soupçonner de schizophrénie, c’est la même personne qui gère sa vie « sentimentale » et la conduite de la nation.

    La double vie de Mitterrand appelait aussi des réserves morales. Mais au-delà de celles-ci, elle laissait deviner une personnalité différente de celle de FH. Je n’aime ni l’une, ni l’autre, mais elles sont différentes.

  • @ Aristote:

    Oui, vous avez raison, sans doute. Il reste à être sûr que nous en savons suffisamment sur toutes ces histoires pour en tirer des conclusions.

  • Il y a une contradiction énorme dans le fait de vouloir séparer vie privée et vie publique chez nos politiciens aujourd’hui. Le débat politique ne se fait pas sur des programmes que personne ne lit ni n’applique. Il ne se fait pas sur des idées : le débat d’idée en France est totalement noyé sous une épaisse couche de moraline, le jeu étant de donner l’impression de pleurnicher le plus sincèrement possible sur les victimes les mieux cotées du moment.

    Les élections se jouent sur le clientélisme et l’apparence du caractère du candidat.

    La question n’est donc pas de savoir si nous en savons suffisamment sur ces histoires pour en tirer des conclusions. Elle est de savoir si ces histoires nous en apprennent plus sur le candidat que la campagne officielle. Ou pas.

  • « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets? » (Beaumarchais)

  • Logopathe a écrit :

    Oui, vous avez raison, sans doute. Il reste à être sûr que nous en savons suffisamment sur toutes ces histoires pour en tirer des conclusions.

    Bonsoir,

    je suis tou à fait d’accord. La vie de couple ne se juge pas en noir (les divorcés, les personnes avec une double vie) et blanc (les bons pères de famille à la messe tout le dimanche matin). Il y a nombre de circonstances à prendre en compte.

    Et de plus, je ne sais pas trop quelles leçons tirer: le milieu de la politique est compliqué, et il faut je pense une certaine habileté, une certaine capacité à séduire, parfois de la brutalité, bref pas forcément les mêmes qualités que celles que je cherche si je juge le futur époux de ma petite soeur.

  • Titre d’un spam reçu ce matin d’un concurrent de gleeden : « prenez exemple sur Hollande ». Avec même un lien vers une vidéo d’un homme en scooter dans le corps du message. Koz n’a pas été le seul à faire le rapprochement et rien n’échappe au marketing de la Sainte Consommation ! (Après tout peut-être est-ce avec des moyens de ce genre que notre président compte relancer l’économie du pays ?)

  • Aristote a écrit :

    Ce n’est pas d’abord un jugement moral sur l’acte, mais ce que ces frasques nous disent de la personne du Président, de son caractère. Sauf à le soupçonner de schizophrénie, c’est la même personne qui gère sa vie « sentimentale » et la conduite de la nation.

    C’est la même personne, mais cela ne signifie pas pour autant que le jugement moral que l’on peut porter sur le comportement privé soit pertinent, quand il s’agit de juger de la politique menée. Certes, il est tentant de le faire, parce que c’est facile. Quand la politique se rapproche de la télé-réalité, pourquoi ne voterions-nous pas par SMS surtaxé, avant de passer à table ? Je me permets tout de même de m’inquiéter de l’appauvrissement du débat démocratique que cela représente.

    Lib a écrit :

    La question n’est donc pas de savoir si nous en savons suffisamment sur ces histoires pour en tirer des conclusions. Elle est de savoir si ces histoires nous en apprennent plus sur le candidat que la campagne officielle. Ou pas.

    C’est assez juste. Dans le cas présent, nous avons une combinaison des deux. François Hollande a promis d’avoir un comportement personnel « exemplaire » lors de la campagne officielle. De toute évidence, cette promesse n’est pas tenue. Le contraste avec son prédécesseur, qu’il a voulu mettre en avant pour se faire élire, lui revient en pleine figure. La légèreté de son comportement rappelle celle de Bill Clinton, plus que celle de Nicolas Sarkozy, mais le résultat est grosso modo le même.

    On vote sur des symboles et sur des portraits de caractère, les deux étant largement artificiels. C’est moche.

    Par ailleurs, j’ai bien apprécié la remarque de Jean Quatremer: ces braves gouvernants qui demandent le respect de leur vie privée sont les mêmes qui tolèrent ou organisent l’écoute à grande échelle des communications du commun des mortels. Ils sont mal placés pour pleurnicher.

  • Que la vie privée des politiques ne devienne pas le baromètre de la vie politique, soit. Que celle-ci soit protégée, au moins contre les intrusions les plus grossières, d’accord aussi, surtout quand on voit que l’on envoie des gens à l’hosto avec ces sujets.

    Je ne peux cependant pas considérer que toute cette affaire est nulle et non avenue. La politique ce sont des idées des décisions, mais aussi des valeurs. Et les valeurs ça se professe, mais ça se vit et ça s’incarne, aussi.

    Si Aristote, Koz ou moi aspirons à être gouvernés selon les valeurs du respect de la famille, de la personne, de l’engagement, de la transparence, et de la parole donnée, je ne pense que nous ayons à nous en excuser, ou que l’on puisse prétendre que nous rabaissions le débat.

  • Vivien a écrit :

    Si Aristote, Koz ou moi aspirons à être gouvernés selon les valeurs du respect de la famille, de la personne, de l’engagement, de la transparence, et de la parole donnée, je ne pense que nous ayons à nous en excuser

    Tout le monde est libre de voter suivant les critères qu’il souhaite. Et après tout, savoir si l’on partage les valeurs de quelqu’un n’est pas forcément plus idiot que de croire à des programmes insipides et démagogiques ou de voter comme ses parents.

    Par contre, nos sociétés étant, heureusement à mon avis, très diverses sur le plan des valeurs, je pense aussi qu’il faut savoir construire des relations respectueuses et constructives avec des gens qui ne partagent pas ses propres valeurs. C’est d’abord indispensable sur le plan pratique, et je crois aussi que c’est enrichissant.

  • Uchimizu a écrit :

    Par contre, nos sociétés étant, heureusement à mon avis, très diverses sur le plan des valeurs, je pense aussi qu’il faut savoir construire des relations respectueuses et constructives avec des gens qui ne partagent pas ses propres valeurs. C’est d’abord indispensable sur le plan pratique, et je crois aussi que c’est enrichissant.

    C’est vrai… Dans une certaine mesure. Il y a toutefois un socle commun de valeurs minimal à partager pour au moins une grande majorité de la population. Sans quoi la volonté de vivre ensemble cesse et la société explose. C’est un constat plutôt qu’un jugement.

    La volonté de vivre ensemble ne se décrète pas. La politique ET le comportement du président vont-ils dans le sens de donner cette envie ? Est-il besoin de répondre ?

  • Vivien a écrit :

    Si Aristote, Koz ou moi aspirons à être gouvernés selon les valeurs du respect de la famille, de la personne, de l’engagement, de la transparence, et de la parole donnée, je ne pense que nous ayons à nous en excuser, ou que l’on puisse prétendre que nous rabaissions le débat.

    Loin de moi l’idée de vous accuser de rabaisser le débat. Si quelqu’un a rabaissé le débat, c’est François Hollande, personne d’autre. Je le déplore et j’espère qu’on passera rapidement à autre chose, mais on ne pouvait pas faire l’impasse dessus… Seule les habitudes serviles de la presse française à l’égard du pouvoir ont pu le faire croire un instant.

    Vivien a écrit :

    La politique ce sont des idées des décisions, mais aussi des valeurs. Et les valeurs ça se professe, mais ça se vit et ça s’incarne, aussi.

    Je suis de plus en plus froid à l’écoute du discours sur les valeurs. Elles servent à informer les décisions, si on veut. À condition qu’on respecte les valeurs que l’on professe, ce qui n’a pas toujours été le cas, c’est le moins qu’on puisse dire, de nos trois derniers présidents. Je perçois donc facilement dans le discours sur les valeurs le clairon qui rallie les électeurs, mais beaucoup moins le fanal qui devrait éclairer la route des élus. Croyez bien que je le regrette.

  • @Gwynfrid

    Pour le coup nous sommes plutôt d’accord. Le meilleur discours sur les valeurs, c’est encore de ne même pas avoir à en parler. Sur le plan familial, on peut vouloir des politiques et des hommes politiques « moraux », sans vouloir de grandes mises en scène comme on en voit lors des campagnes américaines, par exemple.

    Lors d’un moment politique déplorable, il y a toujours un équilibre délicat à trouver entre la volonté de passer à autres choses, et la nécessité de marquer le coup, pour prendre notes. Koz a assez raison de placer l’évènement sous le signe de la médiocrité. La médiocrité a vite fait de s’autojustifier, par la force de l’habitude et de la résignation.

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