Elle se voulait constructive, elle n'est qu'hystérique

Combien de fois a-t-on en effet entendu que l’opposition menée serait désormais une opposition « constructive », que le temps était révolu de l’opposition systématique, parce que « ce n’est pas ce que les français attendent ».

Las, le néant du PS provoque l’hystérie de l’opposition. Je ne parle que du PS mais le syndrôme atteint plus largement : nul besoin que je développe, suivez mon regard.

C’est ainsi devenu une constante : l’argument majeur de la gauche, c’est le « glissement vers le totalitarisme ». Et l’on se gargarise de « résister », et l’on dénonce les évolutions inéluctables qu’en visionnaires infaillibles les socialistes sont tellement aptes à prévoir.

Pourquoi « hystérie » ? Eh bien, vous noterez deux exemples récents d’une profonde bêtise, de la part, pourtant de personnes que l’on peut considérer, intialement, comme dotées d’une intelligence remarquable. Même syndrôme pour l’un comme pour l’autre : après une critique légitime, on verse dans le ridicule.

C’est Laurent Joffrin qui, après avoir assez justement exprimé son point de vue sur le système de notation des ministres, en conclut : « C’est un Poutine soft. Il est temps de s’en rendre compte ». Comble de l’ironie, à la phrase précédente, il explique que « par des moyens subreptices quoique en restant dans le cadre des libertés publiques, Nicolas Sarkozy a fait de l’Etat sa chose et de l’opposition son faire-valoir ». Vous me pardonnerez, je l’espère, ce petit accès de parler vrai mais, si l’opposition est assez con pour servir de faire-valoir au Président, peut-être ne faut-il paz le mettre au passif de Nicolas Sarkozy ? C’est une autre piste mais peut-être peut-on aussi imaginer que ce n’est pas en se déconsidérant dans une outrance manifeste et permanente – bien représentée en cela par Joffrin – que l’opposition cessera de lui servir de faire-valoir, bien au contraire !

Et vous releverez la performance de Joffrin : Nicolas Sarkozy reste bien – il lui en donne acte – dans le cadre des libertés publiques… Mais c’est tout de même un Poutine Soft. Puis-je me permettre de penser qu’un Poutine qui resterait dans le cadre des libertés publiques, précisément, ce n’est pas un Poutine ? Et que glisser de l’effroyable scandale de la notation des ministres par des cabinets privés à l’assimilation à un homme qui jette au goulag ses opposants (pour ne m’en tenir qu’à un fait établi), c’est follement pathétique ?

La deuxième belle représentante du même syndrôme, c’est Elisabeth Guigou. Exactement le même problème : comme le note Authueuil, on glisse d’une objection recevable, qui mérite au moins discussion, à une disqualificationde la personne – de surcroît mal assumée par Elisabeth Guigou. Voilà que le projet de loi sur les centres fermés s’inspirerait de la « philospohie positiviste qui a conduit aux pires débordements de l’Allemagne nazie »…

Vous avez, au choix, Poutine ou Hitler : le désarroi vire à la déraison.

Elle devrait prendre garde, d’ailleurs, l’opposition. Comme le dit Joffrin – qui ne fait curieusement pas preuve de la même lucidité à l’égard du PS et de sa propre personne – elle s’applique à servir de faire-valoir à Sarkozy. Au demeurant, pour ne parler que de moi, ce sont bien souvent ces outrances qui m’ont rapproché de ce dernier. Peut-être est-ce dans ma nature d’avocat.

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52 comments

  • Très bon billet, Koz, je partage pleinement ton avis. Encore une fois, ton analyse est très fine. Tu me subjugues. Si seulement j’étais une femme,… euh non… je suis une femme mais nous n’en sommes pas là ! 😉

    La bonne nouvelle pour l’opposition, c’est que le ridicule ne tue pas.

    Très bonne année, cher Koz, ainsi qu’à tous tes lecteurs ! 🙂

  • Quand j’ai lu le titre du billet j’ai cru que vous alliez parler de Ségolène 🙂 Bon c’est du pareil au même !

    Guigou, sur ce coup là elle aurait du la remettre dans sa c… Ça ne la glorifie pas, elle prend dérive extrême, en cela suivrait-elle l’exemple de Ségolène qui, exemple parmi d’autres, prédisait une France à feu et à sang dès le 7 mai ?

    Bref, comme vous le sous-entendez, « ils » n’en peuvent plus de tomber dans un caricatural tellement décalé qu’il n’y a plus aucune crédibilité possible. Englués dans les sables mouvants ils s’évertuent tant à gesticuler et raconter n’importe quoi qu’ils s’enfoncent d’autant plus. Et il n’y en a plus un seul pour se raccrocher à une branche solide. Y-a-t il d’ailleurs une branche disponible ?

    Pôvre Joffrin … condamné pour des années maintenant à pondre un article par jour pour déclamer sa sourde acrimonie, désormais éternelle, envers Sarkozy … ! Ce mardi 8 janvier, il aurait mieux fait de se casser une patte en glissant sur une cotte de chien sur le trottoir … Ce qui lui aurait permis de rater la conférence de presse. Il aurait eu alors et très sûrement une meilleure journée…

  • Mr Sarkozy semble en vérité beaucoup s’amuser de la panique d’un PS qui se voit dépossédé de ses idées. Personne n’est dupe. Les français ont voté UMP et se retrouvent avec une politique social-libérale qui serait digne d’un grand parti socialiste si elle n’était accompagnée d’une bonne dose de show à l’américaine. Pourquoi ? Parce que personne n’a voulu entendre posée la question du choix du modèle économique, que le PS a d’ailleurs toujours voulu occulter. Il se mire aujourd’hui nu dans un miroir et connaît du coup quelques sérieux dérapages. Et je ne vous parle même pas d’aller raviver l’aile gauche du PS quand on a bien fait comprendre à tous que le mal était chez les rouges. Bref, on n’a pas fini de rire tristement.

  • Le désarroi de l’opposition, l’incapacité du Parti Socialiste à reprendre sa place en travaillant sur le fond, sur un projet, a pour conséquence d’amener les journalistes, de gauche dans leur grande majorité à occuper la place vide. C’est une erreur, le rôle des médias, de la presse n’est pas de critiquer la droite, mais de critiquer ce qui est criticable. Plutôt que d’attaquer sans cesse N.S., Libération devrait demander à François Hollande ce qu’il fait et secouer la léthargie du P.S. qui ne dit rien d’intelligible ou qui se chamaille pour savoir qui sera le chef.

  • La politique de Sarkozy est tout sauf social-libéral, elle est néo-conservatrice. C’est du Bush tout cracher. Le social-libéral, c’est le centre gauche : DSK, le seul qui l’incarne véritablement et quelques « jeunes » aux PS.

    Le clivage français est le même qu’aux Etats-Unis aujourd’hui, des sociaux démocrates (Obama, Clinton) contre des néo-conservateur (Huckabee, Giulani).

    Pendant que la France se met à copier l’Amerique, l’Amerique se met à copier l’Europe et notamment la France (regarder le programme de Clinton). Cherchez l’erreur…

  • En loupant sa conference de presse Joffrin aurait peut-etre passe une meilleur journee mais sur le coup il avait raison de parler de monarchie elective. C’est triste mais c’est Sarkozy qui lui repond n’importe quoi, une preuve de plus de son immence inculture. Mais bon comme il est president il a le dernier mot et il y a toujours trop peu de journaliste pour relever les contradictions et les non sens permanent de ses discours. C’est triste. On pourrait attendre du president qu’il s’exprime clairement, dans un francais correct. Dans son discour il dit un moment que les mots on un sens, en effet ils en ont un et avant de proposer d’evaluer le niveau en francais des immmigrants il pourrait peut-etre s’inquieter du sien. Il y’a quelques chefs d’etats etranger qui ont il me semble un meilleur niveau en francais que lui.

  • C’est là que J.F Revel me manque profondément… Rappelons nous que, comme George Orwell à gauche, il avait théorisé le fait que la disqualification est la technique oratoire moderne des intellectuels sans idées et que cela porte les germes d’un totalitarisme : la police de la pensée.

    Je vous met un pti lien que j’avais bien aimé à ce sujet :

    http://chezrevel.net/les-pieds-dans-le-plat/

    @bob : La question de Joffrin était pathétique. Et même si il faisait plus allusion à De Gaulle à mon sens qu’à la royauté, c’est du Joffrin : amalgame, disqualification. Manque d’idées.

    Ceci dit, oui il est effectivement curieux de parler de monarchie élective car les deux termes s’excluent mutuellement. L’idée de Gaulle était de dire que le président donnait aux français l’image du pouvoir avec la Vème tel un roi de france : il ne voulait certainement pas que ce soit son fils qui règne ou sa femme qui fasse la régence.

  • @Olivier: Desole, je n’ai personne pour ecrire mes commentaires a ma place. (Et je n’ai pas d’accents sur mon clavier). Et puis je ne represente pas la France au plus haut.

    Bon et pour etre honnete je n’ai pas vraiment envie de defendre Joffrin, ces editos sont rarement interessants.

  • @EtienneB Si vous voulez. Les intellectuels de gauche qui défendent la théorie d’une « sociale-démocratie » se sont regroupés autour de Michel Rocard et DSK. Leurs propos, par exemple ceux de Pascal Lamy, proposent depuis quelques années de décomplexer la gauche vis-à-vis du libéralisme tout en conservant un idéal, de « gauche » (un ensemble vague de références à des valeurs sociales). C’est à cela que nous assistons. Le fond n’est pas posé et la question des effets sociaux et culturels de l’économie libérale n’est pas clairement abordée en politique.

    Je n’ai jamais très bien compris ce que cela signifiait car il n’y a pas aujourd’hui, du moins à mes yeux, de système économique qui soit à gauche (palpitements en amérique du sud ?). Il y a une gauche contemporaine qui plie constamment à un ordre international – ordre économique quasi apolitique.

  • @London « Ceci dit, oui il est effectivement curieux de parler de monarchie élective car les deux termes s’excluent mutuellement. »

    Non, les deux termes ne s’excluent pas mutuellement. cf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Monarchie et http://fr.wikipedia.org/wiki/Monarchie_%C3%A9lective

    La monarchie française fut théoriquement élective jusqu’à la mort de Philippe II, les rois étant élus par la noblesse. Les premiers Capétiens firent élire et sacrer leurs fils aînés de leur vivant. […] Cette origine élective était symboliquement rappelée lors du sacre des rois de France lorsque les pairs soutenaient la couronne avant qu’elle ne fût ceinte sur la tête du roi.

    Un exemple « anecdotique amusant » est le status D’andorre dont un des co-prince est… le président de la république française élu démocratiquement. 🙂

  • D’accord Khazan, c’était pas tout à fait ce que je voulais dire mais tu as raison (et merci pour les liens) sur la définition précise de « monarchie élective ». Je voulais parler d’élection et de mandats fixés dans le temps, contraire à la monarchie, même élective qui est à vie.

    A l’appui de tes documents, je trouve l’intervention de Joffrin encore plus idiote ceci dit. Et je ne sais pas de quel côté est l’inculture si on en revient aux propos de Bob. Elle était en tout cas de mon côté. Il faut que je me replonge dans De Gaulle car je n’ai peut être pas utilisé le bon terme

    EDIT : en fait, si j’avais raison. C’est aussi un terme de De Gaulle pour qualifier la Vème république. Ah, si wikipedia avait existé au temps de De Gaulle 😉

  • @ EtienneB, le 10.01.08 à 11:39, a écrit :

    « La politique de Sarkozy est tout sauf social-libéral, elle est néo-conservatrice. C’est du Bush tout cracher. Le social-libéral, c’est le centre gauche : DSK, le seul qui l’incarne véritablement et quelques “jeunes” aux PS. « 

    DSK, c’est la social-démocratie.

    Le social-libéral, c’est Bockel !

    A mon sens, le social libéral, c’est un socialiste pragmatique.

    « Socialisme pragmatique »… waouh !! ça fait bizarre de l’écrire… ça, c’est de l’oxymore !

  • Pour changer, ça serait sympa que la gauche compare Sarko à Staline ou à Mao. Au moins on serait sur qu’ils pensent du mal de ces derniers.

    J’ai du mal à attendre mieux du PS aujourd’hui; mais j’ai l’impression que même ça, c’est pas gagné.

  • D’accord avec vous, Koz, pour estimer que ces deux références à Poutine (fut-il « soft ») et a fortiori à Hitler sont très excessives, « hystériques » même si vous préférez… Celles à Bush ou à Berlusconi sont déjà plus acceptables et plus compréhensibles, bien que forcément erronées (le contexte américain est trop différent et Sarkozy n’est pas (directement) propriétaire d’un groupe de médias).

    Par contre pas d’accord pour en tirer des conclusions générales. Ce qui est frappant, au contraire, depuis 8 mois, c’est la faiblesse de l’opposition à Sarkozy, qu’elle émane du PS ou de la presse (à quelques exceptions près). Alors qu’il y aurait tant de choses à dire et tant de questions à poser…

    Mais malgré ce vide et cette passivité, si l’on en croit l’évolution rapide des sondages, le sarkozysme semble en train de se révéler progressivement aux yeux des Français pour ce qu’il est : avant tout de l’esbrouffe et du show !

    Une seule question (mais qui qui selon moi dit tout ou presque) : Comment peut-on passer en quelques mois du « Je serai le président du pouvoir d’achat », « travailler plus pour gagner plus », « le point de croissance qui manque, j’irai le chercher avec les dents » à « qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? Ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n’ai pas à donner d’ordres ? ». Comment peut-on passer en si peu de temps du volontarisme le plus convaincu à un tel aveu d’impuissance ?

    Dans ce contexte, on comprendra que le concept très séduisant et très fédérateur de « politique de civilisation », emprunté à un philosophe de gauche (Edgard Morin), est, dans la grande tradition chiraquienne, surtout destiné à mettre un écran de fumée avec de belles idées dedans pour masquer la stagnation de la triste réalité quotidienne. Le « choc de confiance » a fait long feu. Je ne m’en réjouis pas même si je n’en suis pas surpris.

  • Le souci Jeff, c’est qu’on appelle impuissance le principe d’une plus grande liberté des individus et la fin de l’interventionite aigue de l’Etat, quelle soit socialiste ou gaulliste d’ailleurs.

    Mais tout à fait d’accord sur la faiblesse de la presse, inquiétante pour la démocratie, dans le suivisme même si certains détestent Nicolas Sarkozy. La presse aujourd’hui n’est plus maîtresse d’elle même. Et c’est une dérive dont l’origine n’est pas le président, il faut que la presse arrête de s’auto amnistier en disant l' »Hyperprésident », le « président des médias ».

    Si la situation ne leur convient pas, il est de leur droit de l’éviter et de ne pas inviter quotidiennement Nicolas Sarkozy à la table des rédactions de presse.

  • Il n’y a pas de contradiction Jeff. C’est en renonçant à piquer dans la poche de ceux qui créent la richesse (les entreprises et leurs salariés) que l’on ira chercher le point de croissance. L’aveu d’impuissance, ce serait le contraire, les chèques versés aux marins pêcheurs par exemple.

    Ne vous réjouissez donc pas trop vite, Sarkozy commence beaucoup mieux l’année qu’il ne l’a finie.

  • Il existe pourtant une gauche, plus intellectuelle. Une gauche qui entend, depuis plusieurs années, se décomplexer vis-à-vis du libéralisme tout en maintenant un ensemble de références à des valeurs de gauche. En somme, une gauche pour pays riche et, j’en suis un peu désolé, une gauche pour gens aisés. La chose semble finalement globalement entendue. Les effets de bords de l’économie libérale s’épongent plus ou moins bien, mais, sous prétexte d’interventionnisme, l’économie elle-même ne doit pas être dans le débat public. C’est un peu gênant. Disons que de cette manière, les politiques de rupture n’ont aucune chance d’émerger.

    Qu’est-ce que cela signifie ? Je crois que le problème est européen : il est au fond question de culture, plus que de politique. On ne demande pas plus de pouvoir d’achat pour le simple fait de consommer mais pour entrer dans différentes strates sociales, pour accéder. C’est une composante structurelle de nos sociétés. Pour changer cela, c’est-à-dire le lien social et économique, il faut avoir une politique culturelle (au sens anthropologique). C’est un peu ce dont parlait Edgar Morin dans son concept d’anthropolitique – qui n’est pas près, celui-là, d’être repris par Mr Sarkozy.

  • @ Ciriaco : non il n’y a pas une gauche pour les riches ou en gauche pour les pauvres, il y a une gauche libérale et une autre étatiste. Tout comme il existe une droite libérale et une droite étatiste (conservatrice). Et une politique de rupture, c’est justement de ne plus rester dans le dogme de l’Etat tout puissant. Et là où je te rejoins, c’est que c’est culturel : car même à ton commentaire, on sent que tu perçois les choses de façon hégeliennes. L’Etat, c’est nous, c’est la société. Et ça, c’est historiquement et pratiquement faux. La société choisit son Etat mais l’Etat n’a pas à choisir sa société.

    C’est en réalité le vieux débat entre républicains, démocrates et libéraux. Comme quoi, on a enterré le XIXème un peu trop tôt. D’ailleurs, il n’est quasiment jamais étudié du primaire au lycée alors que c’est majeur dans notre vie politique.

  • @ Ciriaco « Pour changer cela, c’est-à-dire le lien social et économique, il faut avoir une politique culturelle (au sens anthropologique). C’est un peu ce dont parlait Edgar Morin dans son concept d’anthropolitique – qui n’est pas près, celui-là, d’être repris par Mr Sarkozy. »

    Je pense que vous n’avez pas écouté attentivement les discours de NS pendant la campagne électorale, au 31/12 et au début de la conférence de presse. Car c’est exactement de cette politique culturelle qu’il a toujours été question. Pour simplifier à l’extrême : tendre vers la qualité, l’excellence plutôt que la quantité. Opinion que je partage totalement car c’est la seule voie possible face aux pays émergeants et leurs bas coûts de production.

    PS : NS est un pragmatique il sait depuis le début qu’il est impossible, à moins de risquer de mettre à feu et à sang le pays, d’appliquer une politique de droite pure. Ceux qui l’ont bien écouté et se sont informé sans parti pris ont bien compris son social-libéralisme, la preuve : le ralliement de Bockel et d’autres socialistes totalement étouffés au sein du PS et de ses chimères marxisantes.

  • @margit C’est un vaste débat que vous proposez là, car il faudait définir ensemble ce que nous entendons par culture. En deux mots, et pour éviter de trop m’étaler, je vous dirais simplement que la culture dont je parle n’est pas directement celle des livres, de la musique, des musées, de l’opéra ou de la télévision – mais celle qui donne sens au monde. La culture imprégnée dans le langage, les habitus de Bourdieu, la mythologie contemporaine, les rites occidentaux, etc…

    Le fait par exemple de considérer l’économie comme indiscutable est un phénomène culturel. Le fait de poser une politique sur la croissance est un phénomène culturel. La culture est ce qui fait cohésion autour de l’évidence à l’aide de mythes. Comprenez bien que quand je dis cela, je ne préjuge pas de l’efficacité sociale, économique ou politique du mythe. Bien au contraire : puisque le mythe est là pour ça. Simplement aujourd’hui la culture n’expose que très peu le système économique libérale en terme politique. On nous dit à tous : « c’est comme ça ». C’est un tord parce que cela ne permet pas d’engager la dynamique économique au sein de notre culture – cela emmène l’économie à l’extérieur de la culture, pour une économie qui se retrouve figée et finalement hors de portée.

  • J’ai beaucoup de mal à voir en Sarkozy un libéral, et plus encore à voir en lui un néo-conservateur à la Française… Ou alors si, « liberal » comme la gauche du Democratic Party… Et pour un Poutine… même soft… autant décrire Libé comme la Pravda…

    Quand à DSK, il serait déjà à gauche de ce parti démocrate, et donc effectivement traité de Liberal… (qui résonne presqu’autant comme une insulte aux US qu’en France, c’est que là bas le gauchisme est presqu’aussi diabolisé que le marché ici 😉 )

    Et pour finir je ne vois rien de choquant à ce que les ministres soient évalués par des cabinets privés. C’est le seul moyen d’échapper au terrible biais d’auto-évaluation dont est entaché le publique, et de soumettre cette évaluation à une forme de pression concurrentielle, donc à priori à davantage d’efficacité.

    Mais je suis le diable, c’est connu, j’ai lu et apprécié Hayek et Friedman 😉

  • Delphine, tu craques complètement!! 😉

    Bien d’accord, Koz. Le PS est nul, archinul! Sa refonte interne, on peut toujours l’attendre! ceci dit, les pseudo modernistes à la bockel ou à la besson ne sont pas mieux. Elle est où leur doctrine? Au niveau du discours, de la pensée, c’ets le néant à gauche. Il n’y a que besancenot qui ait un discours construit et cohérent!

  • @Liberal

    « Il n’y a pas de contradiction Jeff. C’est en renonçant à piquer dans la poche de ceux qui créent la richesse (les entreprises et leurs salariés) que l’on ira chercher le point de croissance. L’aveu d’impuissance, ce serait le contraire, les chèques versés aux marins pêcheurs par exemple.

    Ne vous réjouissez donc pas trop vite, Sarkozy commence beaucoup mieux l’année qu’il ne l’a finie. »

    Je ne suis pas un grand partisan du fourre tout idéologique qu’on appelle libéralisme. Je note plusieurs choses:

    1/ Même N. Sarkozy semble commencer à se demander si la croissance est bien le seul bon indicateur voir juste un bon indicateur (bon dans son cas c’est sans doute plus un cache misère qu’une vraie philosophie économique mais bon…).

    2/ A propos de la croissance, je ne suis pas économiste, mais je constate que

    • la Chine (est-ce un pays libéral?) a un taux de croissance assez élevé… je ne suis pas certain d’avoir envie de devenir un employé chinois ou de trouver dans le « capitalisme » chinois un modèle à copier/envier pour la France. La croissance a aussi un prix (social etc…) et pas que des vertues.

    • Jusqu’au début des années 90, le taux de croissance par habitant a été supérieur en France vs les Etats Unis. Je ne suis pas certain que la France était un pays plus « libéral » jusqu’au début des années 90 (y compris par rapport aux US)… Je n’ai pas constaté une augmentation sensible de la taxation depuis les annés 90…

    3/ Le rapport entre taxation et croissance ne me semble pas « avéré ». Ainsi la différence de taux de croissance entre France et US ne semble pas spécialement lié a la différence de taxation entre les pays. Cf les articles des Blog d’économie (Ceteris Paribus, Econoclaste, Bouba Olga…).

    4/ D’une manière générale, je ne pense pas que les entreprises soient « philantropiques ». Les entreprises ne « souhaitent » ni créer de l »emploi, ni créer de la richesse et ca n’est très certainement pas leurs but.

    Bref… mes 2 centimes d’euro sur la question.

  • Khazan,

    1. Nicolas Sarkozy n’est pas libéral. Personne ne dit que la croissance est l’unique indicateur, il est seulement un des plus simples à appréhender. Accessoirement, j’ai tendance à me méfier des motivations qui peuvent pousser à vouloir abandonner un indicateur universellement utilisé. Changer de thermomètre ne guérit pas la fièvre.

    2. Je ne suis pas économiste non plus.

    • J’ignore si la Chine est un pays libéral mais il est indéniable qu’ils ont libéralisé leur économie depuis Deng. Personne ne parle de copier le capitalisme chinois. La question n’est pas de savoir si les Chinois vivent mieux que les Français, elle est de savoir si les Chinois d’aujourd’hui vivent mieux que sous Mao. Je constate avec tristesse que la gauche française était beaucoup moins critique du régime chinois il y a 50 ans qu’aujourd’hui.

    • Vous êtes parfaitement libre de choisir un indicateur taillé sur mesure pour essayer de défendre votre position, mais ça ne vous aidera pas à améliorer votre compréhension de la situation. La croissance par habitant désavantage un pays à très forte immigration comme les US car les immigrants sont le plus souvent peu qualifiés et baissent la moyenne du PIB par habitant. Si on compare les taux de croissance brute, l’inflexion a lieu dans les années Reagan-Mitterrand.

    1. Pour moi, le libéralisme est beaucoup plus une question de marché du travail (charges sociales, droit du licenciement…) et de poids de la fonction publique que de niveau de taxes. Le Danemark par exemple est beaucoup plus libéral que nous mais a des prélèvements obligatoires équivallents car il a choisi une forte redistribution. Pour le reste, je commence à me lasser de voir des gens qui n’ont jamais rien vendu, jamais eu à équilibrer un compte d’exploitation, jamais créé un emploi expliquer doctement qu’il est très facile de faire tout cela une main dans le dos et les pieds attachés.

    2. Personne ne prétend que les entreprises sont altruistes. Leur but unique est de gagner de l’argent. C’est d’ailleurs également le but de leurs salariés. Maintenant la meilleure façon de gagner de l’argent de façon durable est de créer de la richesse et d’en garder une partie. Les entreprises ne créent pas des emplois et de la richesse pour nous être agréable, elle le font parce que c’est nécessaire pour gagner de l’argent. A mon avis, si on veut que les entreprises créent plus d’emploi, il faut faire en sorte que créer des emplois soit plus rentable. Mais je suis sur que vous pourrez trouver plein d’économistes (français) qui auront « démontré » le contraire.

    A nous deux ça fait 4 centimes 🙂

  • Liberal,

    1. On est au moins d’accord sur N. Sarkozy et son (absence de) libéralisme. Ceci étant la question n’est pas d’abandonner un indicateur pour un autre… mais plutôt (en tout cas pour moi) de réfléchir à la pertinence et à l’utilisation de cet indicateur. Ce qui me semble une démarche plutôt saine.

    2. L’exemple de la Chine était, pour moi, une façon de montrer justement à quel point le seul chiffre de croissance n’est pas le seul indicateur à prendre en compte et qu’une comparaison des chiffres de croissances n’est pas forcément une bonne idée.

    En l’occurence le taux de croissance chinois indique juste que c’est un pays en voie de développement (ce que je ne souhaite pas à la france de devenir un jours).

    Les Chinois vivent mieux aujourd’hui qu’il y a 50 ans. C’est indéniable et c’est effectivement lié à la libéralisation de l’économie.

    Vouloir invalider la gauche française d’aujourd’hui au motif qu’une partie était maoiste il y a 50 ans… c’est de la polémique, pas de l’argumentation (il y a d’ailleurs assez d’exemples récent de leur nullité sans remonter si loin).

    1. La croissance par habitant n’est pas un indicateur « taillé sur mesure » 🙂 Il semblerait qu’il y ait un accord assez général sur le fait qu’il soit assez utile pour comparer justement.

    Votre argument sur l’immigration américaine est étrange. Il semble indiquer la chose suivante: La croissance se porte mieux aux US car ils ont accepté de tiers mondiser une partie de leur économie en développant fortement (suffisamment pour que ca diminue sensiblement le taux de croissance par habitant) le travail peu qualifié et précaire associé à une forte immigration… En gros ils « chinoise » leur économie. Est-ce bien ce que vous pensez ? Est-ce aussi ce que vous souhaitez pour la France ? Est-ce que vous pensez que c’est une voie pour le future? Ou est-ce qu’il y a une coui**e dans le potage?

    1. J’ai bien compris votre libéralisme (charges sociales, licenciement, poids de l’administration). J’ai bien compris l’idée que favoriser l’entreprise et la création de richesse permet, d’après vous, de créer de l’emploi. Je note juste que (et je ne suis pas certain que seuls les économistes français de gauche ex-maoiste le pense aussi):

    a- Les entreprises cherchent à créer du profit avant tout. Entre créer plus de richesse et créer plus de profit, elles choisissent de créer plus de profit (une entreprise ne souhaite pas diminuer sa rentabilité à profits constants même si ca fait croitre son chiffre d’affaire… au contraire, elle préférerait même diminuer son chiffre d’affaire si ca augmente ses profits et sa rentabilité).

    Dans ce cas particulier, elle aura d’ailleurs contribué à diminuer la croissance. Donc les entreprises les plus performantes peuvent avoir une influence négative sur la croissance.

    b- Rendre les licenciements plus simples ou l’emploi moins chère peut effectivement inciter les entreprises à recruter plus… ou pas 🙂 Imaginez mon entreprise. C’est une entreprise de service. Elle est en très bonne situation sur le marché et son nombre de clients croit doucement. Si je diminue ses charges sociales. Sa rentabilité va augmenter… mais pas son nombre de clients (il n’ya a a l’évidence pas de corrélation sur ce point). Par conséquent elle ne cherchera pas forcément à embaucher plus.

    1. Désolé d’être aussi long 🙂 Pour finir, le point que je soutiens c’est que… la corrélation entre offre de travail et croissance ne me parait pas si évidente que ca dans les pays dévelopés (ou plutôt pas si forte que ca).

    La corrélation entre santé des entreprises et emploi non plus d’ailleurs.

    Dernier point… Le « cout au final » des mesures. On considère qu’il y a trop de chômage en France. Imaginons que pour renouer avec le plein emploi, on puisse démonter qu’il faille supprimer totalement les cotisations sociales. Est-ce que vous pensez que le prix à payer n’est pas trop important. Avec cette caricature, ce que je souhaite indiquer c’est qu’à mon avis, le modèle sociale européen est, peut être, générateur de chomage… mais que ce surcroit de chômage est aussi, peut être, un pris à payer pas si élevé que ca.

    J’arrête là 🙂

  • C’est très intéressant tout ça. Profit, croissance, chiffre d’affaire, richesse… Il ne manquerait plus qu’un bon porno pour se dire que finalement à part le cul et l’argent… Je caricature légèrement, mais qu’il est difficile de donner un sens plein à l’économie avec de telles idées!

    Imaginons que, par le plus grand des hasards et la plus honteuse des attitudes, je ne cherche pas à gagner toujours plus d’argent, mais que, bêtement, je ne travaille que dans la mesure où c’est obligatoire. Hypothèse ridicule supplémentaire, un renversement inopportun de berceau sur un chemin de campagne m’ayant mis la tête à l’envers quelques secondes, je compris qu’il y avait dans ce monde surtout à contempler. M’enfonçant dans ma stupidité devenue naturelle, imaginons que de plus je cherche moi aussi à libérer, capitaliser, optimiser et rentabiliser une valeur que, tel un idiot, je crois plus importante que l’argent – à savoir, le temps qui passe.

    Toujours aussi stupide et devenu également fainéant, je me retourne vers ma culture et lui pose la question : toi, si brillante et si vantée de part le monde, pourras-tu m’éclairer sur la richesse que tu souhaites à cette humanité ?

  • @Ciriaco

    Disons que si je m’intéresse à la mécanique des fluides, ca n’est pas pour résoudre des problèmes de biologie moléculaire…

    On peut faire des études sur l’économie, l’impact sur le niveau de vie etc… le taux de croissance du PIB ou l’accroissement de l’espérance de vie… mais le taux de croissance du bonheur individuel est plus compliqué à mettre en équation (surtout que la conception du bonheur n’est pas forcément la même pour tous).

    Disons que ce que ta culture pourrait répondre c’est que du choix d’un modèle économique découle des conséquences sur la société. Etudier les modèles et les conséquences permet à chacun de déterminer s’il pense qu’une mesure « technique » (comme la suppression de l’impot sur les succession) ira dans le sens de ce qu’il estime être une société plus juste ou plus heureuse ou plus efficace (ca dépend des valeurs de chacun).

    … et donc au final dans une démocratie… de savoir pour qui voter et quand descendre dans la rue 🙂

  • Pour alimenter cet intéressant débat, quelques questions, plus particulièrement adressées à Liberal (sachant que moi non plus, je ne suis pas économiste) :

    1. A quoi sert la croissance et la création de richesse si elle ne profite qu’à quelques-uns ? Et s’il n’y a aucune redistribution et aucune intervention de l’Etat, c’est ce qui se passera (nous sommes en effet tous d’accord pour dire qu’une entreprise vise avant tout à enrichir ses actionnaires).

    2. Ne pensez-vous pas que le refus de toute intervention de l’Etat est un dogme et que le libéralisme devient une idéologie (comme le communisme en son temps) ?

    3. Ne pensez-vous pas que la crise du politique vient justement avant tout de cette impuissance, imposée mondialement par l’idéologie libérale ? (ce qui explique d’ailleurs le succès de Sarko qui a su se construire une image de volontariste, de celui qui peut effectivement agir et résoudre les problèmes… C’est aussi pour ça que son « qu’est-ce que vous attendez de moi ?, etc. » va lui faire aussi mal que « l’Etat ne peut pas tout » de Jospin.

    4. La rupture bénéfique de Sarkozy serait donc selon vous : « c’est en renonçant à piquer dans la poche de ceux qui créent la richesse (les entreprises et leurs salariés) que l’on ira chercher le point de croissance ». Vous y croyez vraiment ? C’est en laissant faire que l’on obtient les meilleurs résultats, la main invisible du marché répandant comme par miracle ses merveilleux effets bénéfiques… On est bien dans l’idéologie, voire dans la religion, non ? (l’économie n’est pas une science au sens des mathématiques, de la physique ou même de la biologie).

    5. (ce n’est pas une question) Quant à ce que certains appellent « la réforme du marché du travail », si elle se réduit à supprimer certains droits fondamentaux des salariés en cas de licenciement, j’espère qu’elle suscitera une opposition résolue et massive. (Tout l’enjeu sera dans le contenu de la contrepartie « sécurité » à l’éventuelle « flexibilité »)

    M’étant fait ma petite idée sur la question, au travers de mon expérience personnelle qui m’a amené à être tour à tour du côté du recruteur et du recruté, voire à l’occasion du licencieur et du licencié, je considère qu’il s’agit là d’un sujet extrêmement sensible et majeur pour les individus et un enjeu de principe, de « civilisation » oserais-je, où il s’agira de repousser avec force le dogme simpliste et son argumentation grossière et éculée (au moins depuis Balladur) qui voudrait réduire la question à « plus on licencie facilement, rapidement et pas cher, et plus on crée de l’emploi, c’est vrai partout dans le monde, il n’y a qu’en France que ce n’est pas comme ça, qu’est-ce qu’on attend pour arrêter d’être con ? ».

  • Je me permets de prendre la parole juste avant Libéral (qui sera sans doute plus pointu que moi) pour te répondre, Jeff.

    1- Reste à savoir si la croissance ne profite qu’à quelques uns. Si tu veux dire que certains en profiteront plus que d’autres, je crois que oui. Tout comme avec une intervention de l’Etat. C’est le problème fondamental. Au sujet des actionnaires, je dirais que toutes les entreprises ne sont pas au CAC40, que chacun a le choix de devenir actionnaire (c’est même souhaitable) et que sans actionnariat, les capacités productives ne seraient pas les mêmes…

    2- Le libéralisme n’est pas une idéologie car il est avant tout un constat empirique. Le marché ou les échanges existaient avant les libéraux, par exemple. Quand A. Smith écrit « De la richesse des nations », il n’essaye pas de définir une société parfaite, il l’a prend telle qu’elle est et regarde les raisons de la richesse des nations justement. Et n’a qu’une conclusion au fond : l’individu doit être libre, c’est la seule manière de ne pas fausser la réalité. Le dogme socialiste, lui, est une idéologie : on veut arriver à une société idéale en voulant changer l’homme.

    3- Oui, les gens sont toujours rassurés quand on leur dit qu’on prend des choix à leur place. Souvenons nous du fameux test qui consiste à un acteur dans un fauteuil qui reçoit des électrochocs car le cobaye se sent rassuré par l’autorité d’un scientifique (quelqu’un se souvient il du nom du test, j’ai un trou de mémoire…).

    4- Je crois qu’il y a toujours un biais quand on parle de laisser faire laisser aller. Les libéraux sont pour un Etat fort, au sens où il doit protéger nos libertés. Un système libéral a des règles…

    5- Vouloir à tout prix se protéger, je crois que c’est humain et bien normal. Mais là où ça dérape c’est quand on vous protège de la réalité, dans le sens où vos capacités de prévisions sont sévèrement alternées. Je prendrais comme base le mythe de la caverne de Platon.

    Pour juste conclure, je vais prendre notre devise française : Liberté, Egalité, Fraternité. Si on suit l’ordre des mots, notre devise est purement libéral, le primat est la liberté. Maintenant, et c’est là le hic, c’est que dans le dogme socialiste, Egalité vient avant Liberté. Ce qui est la base d’un système totalitaire. Mettez Fraternité devant, et le résultat est similaire.

  • @london

    1. La croissance profite « naturellement » plus aux uns qu’aux autres. L’idée, pour certain, est de limiter les écarts. Ecarts qui d’aiulleurs se creusent depuis la fin de la 2eme guerre dans les pays développés. Plutôt plus vite aux US qu’en France.

    Le débat Travail vs Capital est un poil compliqué alors…

    1. Le libéralisme est avant tout (quand on parle de politique) une idéologie. Puisque c’est le mélange de théories économiques et d’intimes convictions personnelles. Le libéralisme = liberté et socialisme = changer l’homme… je n’achète pas 🙂

    2. Le test de soumission à l’autorité ne me semble pas pertinent ici.

    3. On ne discute pas de l’existence de règles… mais de leurs bien fondé. Quel rapport avec le mythe de la caverne? Se protéger de la réalité ? Ben ca me semble plutôt une bonne idée, non?

    4. Si la devise française porpose la primauté de la liberté (et pas du libéralisme) c’est dans le respect de l’autre (fraternité, égalité). Il n’est pas dit que seul le premier mot compte 🙂

    Liberté des entreprises à licencier ou liberté des salariés de rester en place contre l’avis de la direction ?

    Orwell -> on est tous libre mais certain le sont plus que d’autres 🙂 C’est ca votre conception du libéralisme ?

    Les différents codes (civil, du travail etc…) ne sont donc pas compatibles avec la devise de l’état puisqu’il ne s’agit que d’une longue liste de privation de liberté? Contrat social -> Rousseau.

    La liberté prime mais doit s’exercer dans un certain cadre.

    Le socialisme, comme le liberalisme, sont des doctrines assez flou… egalité d’abord, c’est, pour moi, plutôt le communisme que le socialisme (pas que ca soit important d’ailleurs).

    Même pour les socialistes, la liberté prime mais contrairement a vous (?), ils lisent la devise jusqu’au bout sans sauter allégrement au dessus d’égalité et surtout fraternité.

    🙂

  • @Khazan

    1- Justement, si tu crées un système où l’employé est actionnaire de sa propre entreprise, les écarts devraient considérablement diminuer car au travail s’ajoutera une partie du capital.

    2- Non, justement le libéralisme n’a pas comme objectif de changer l’homme. L’homme est tel qu’il est, vouloir le changer par la force n’en fait plus un homme (au sens humaniste) mais un robot. Le libéralisme n’a pas vocation a être un modèle parfait car il n’y a pas de jugement moral de l’individu : l’homme, même le plus malfaisant, reste un homme et a sa place dans la société.

    3- Détrompe toi Khazan ! Car le test a l’autorité montre qu’il est toujours plus facile de se laisser dicter sa conduite par autrui et que ce mécanisme porte les germes d’un totalitarisme. La volonté de plus d’Etat qui prend en charge votre vie, la volonté d’un interventionisme, correspond à ce schéma.

    4- Oui, il faut toujours discuter du bien fondé des règles, qui sont là pour protéger la liberté des individus (et pas gérer leur vie encore une fois). L’exemple de la caverne, c’est que l’on croit être libre au fond d’une caverne et attaché à une chaine et que les ombres effraient car les esclaves de la caverne ne peuvent percevoir la réalité. Dans le cas présent, certains croient être libre en s’en remettant à l’Etat alors qu’il serait plus libre s’il connaissait la réalité, non faussée par l’Etat, par eux même.

    5- La liberté, c’est pouvoir exercer son libre arbitre. L’égalité, c’est la possibilité de chaque individu de la société de pouvoir exercer ce libre arbitre. C’est donc une égalité de droit. La fraternité, c’est que chacun reconnait à l’autre cette même égalité, une même nature juridique. Comme tu le vois, les libéraux ne s’arretent pas au mot liberté en ignorant la devise dans son ensemble. Mais la primauté de l’individu est important. Pour les raisons évoquées sur mon précédent commentaire.

    Sinon, pour le marché du travail, oui c’est un choix mutuel : personne ne vous oblige à travailler dans telle ou telle entreprise. Et par conséquent, de manière égale, elle a le droit de ne pas vous choisir.

    Et sinon, le communisme est un socialisme. Au sens strict.

  • @London

    1. Tu parles de revenir aux coopératives ? -:)

    Soyons sérieux deux minutes… cette proposition aussi louabe soit elle me semble assez éloigné des réalités effectives des sociétés dévelopées d’aujourd’hui. Parlons du réel.

    1. Je comprend mal cette association sur ceux qui voudrait changer l’homme… Pour l’économiste, l’homme est au mieux un agent rationel… que l’on soit de gauche ou de droite. Je suis plutôt de gauche et je ne cherche a changer personne. Ton libéralisme ressemble à la loi de la jungle. Les tigres bouffe les vaches, le socialismes c’est pas réaliste, c’est essayer de changer les tigres en herbivore ! ben non… c’est pas tout a fait ca et c’est pas le débat non plus ! Si ton opinion c’est: il y a des tigres, ils bouffent les vache… les fermiers n’ont qu’a supporter et en plus ils n’ont pas le droit de mettre des clotures ca serait vouloir priver les tigres de liberté… on ne va pas s’entendre 🙂

    2. Si tu penses que les gens sont comme ca et que c’est pour ca qu’ils recherchent le totalitarisme… ne pas vouloir changer l’homme consisterait à accepter le totalitarisme comme seul système approprié. Tu te contredis 🙂

    3. « Une entreprise à le droit de ne pas vous choisir » est différent de « une entreprise à le droit de vous jeter dehors, sans raison valable et/ou sans indemnités ». Là encore ton raisonnement porte les germes d’un autre type de totalitarisme.

    Si, en tant qu’individu, je suis raciste… j’ai le droit de ne pas souhaiter travailler pour une entreprise dirigé par un noir. A l’inverse, qu’une entreprise refuse d’embaucher des noirs est de la discrimination. D’après ton principe d’égalité (entre une entreprise et un individu ???) ca devrait donc être interdit. Les entreprises devraient être libre de discriminer.

    Etablir l’égalité entre une entreprise et un individu… c’est juste pas réaliste.

    « Et sinon, le communisme est un socialisme. Au sens strict. » Oui mais l’inverse n’est pas vrai pour autant… Tous les chats ont quatre pattes ne signifie pas que tout ce qui a quatre pattes est un chat.

  • Je crois qu’il faut partir d’un constat simple : il existe un lien évident entre le capital économique et les conditions de vie (éducation, profession, niveau de vie, confort, …). L’hypothèse politique à faire est la suivante : il est impératif de favoriser la facilité de vie pour tous.

    A partir de là, il existe deux façons d’analyser les choses : considérer que le partage de cette facilité est aussi une préoccupation de la politique économique, et/ou déserrer le lien capital / conditions de vie. Personnellement, c’est cette seconde voie, sans négliger la première, que je trouve la plus intéressante : elle représente un changement des représentations culturelles qui ne suppose pas que l’égalité soit assimilable au partage, extrêmement difficile et probablement utopique, du capital. C’est en ce sens que l’on peut parler d’égalité en permettant la différence, la diversité d’inscription et de parcours, de manière indépendante de la richesse économique. Ce n’est absolument pas le cas aujourd’hui.

    A ce sujet, la politique économique, particulièrement lorsqu’elle est non-interventionniste, me semble fondée sur un non-dit. L’analyse économique présuppose constament le lien capital / confort de vie. L’enjeu est en effet de produire de la richesse sous l’hypothèse, historiquement vérifiée, d’un meilleur niveau de vie global corrélé (à noter d’emblée que cette gestion de la richesse n’a pas forcément un impact évident sur le mode de sa répartition). Richesse = confort de vie. Je ne pense pourtant pas être le seul à remarquer que lorsque l’économie est interrogée à ce sujet, elle répond qu’elle n’entend pas se situer dans la sphère privée et complexe du bonheur individuel. Soit. Il faudrait donc une bonne gestion d’ensemble pour faire face aux inégalités tout en admettant que la gestion n’a rien à voir avec l’égalité du confort de vie – confort dont la représentation n’est pas la même pour tous mais qui admet cependant quelques sérieux invariants. C’est à mon sens ici que vient se loger l’idéologie. La fameuse main invisible du marché est une réponse mythologique à la non rationnalité des visions ultra-libérales. Une vue laissée mystérieuse. En réalité tous les pays interviennent dans leur économie. C’est l’idéologie libérale qui sert de cause à quelque chose qui fait aujourd’hui sourire et qui pourtant ne s’est pas résorbé : la lutte des classes, la lutte pour l’appropriation du capital en tant que condition de confort – et de pouvoir. Je pense que plutôt que d’y prendre part, il faut la résorber. Cela relève certe d’une situation dépendante des cultures de chaque pays mais également d’une politique, donc d’un Etat. Etre libre, ce n’est pas avoir la liberté de consommer des biens produits à moindre coût ailleurs : c’est avoir les moyens de ne pas avoir à se battre pour exister pleinement tel que l’on est.

    Amen 🙂

  • 1- Qu’est ce qu’il y a de mal dans une coopérative ? Tant qu’on oblige pas les individus à y adhérer, je vois pas le mal… Et, détrompe toi, il y a toujours eu des coopératives, appelle les alliances comme pour Renault Nissan et Toyota, ou des partenariats…

    2- C’est le souci, Khazan, c’est que tu pars d’un mauvais postulat : les vaches ne sont pas en pleine nature. Une vache qui n’est pas libre, dans son enclos, a peu de chance d’échapper à son prédateur. Et tu ouvres sur un deuxième débat qui est le statut juridique des animaux 🙂

    3- Si on ne souhaite pas vivre dans une société d’homme, oui, le totalitarisme est une bonne option. Mais bizarrement, l’humanité n’accepte pas bien le totalitarisme sur le long terme au regard de l’histoire.

    5- tu pars encore du mauvais postulat. Les hommes sont égaux en droit et leur statut juridique n’est pas lié à la couleur de leur peaux ou de leurs opinions. Un noir ou des noirs pourraient se regrouper et fonder une entreprise dans la situation que tu me proposes. Il n’y a pas de raison que l’Etat t’impose une embauche, fusse pour de très bonnes raisons et de très bons sentiments. La loi ne doit pas les en empecher (pas d’appartheid). Mais dans ton exemple, tu pars du postulat que tout le monde est raciste, ce que je ne crois pas ou en tout cas, comme dirait Coluche, « pas avec ceux qu’on connait » pour les plus racistes d’entre eux.

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  • @Khazan : le communisme fait parti du socialisme (fais un tour sur wiki). Pour revenir aux chatons, si le chat et le tigre sont différents, ils sont pour autant tout deux de la famille des félidés.

  • @Ciriaco Je pense qu’on est assez d’accord 🙂

    @London

    1. Rien Mais là tu mélanges tout.

    2. Une image n’est pas un argument. ce qu’il faut réfuter, ce sont les arguments… pas les images dont on se sert pour les illustrer.

    3. Ce qui prouve la contradiction de ton raisonnement initial.

    4. Tu n’as pas compris mon exemple.

    Ton discours semble être axé autours de la liberté: Puisque je ne suis pas obligé de rester dans mon entreprise, mon entreprise ne devrait pas être obligé de me garder (liberté avec symmétrie des droits et devoirs).

    Je te répond que ca ne fonctionne pas en vertu d’un autre principe (appelons le principe d’Orwell)… une entreprise est plus puissante qu’un particulier… elle ne peut donc pas bénéficier des même libertés sinon il y a facilement abus de pouvoir. D’autre part entreprise et personne ne sont pas de même nature, vouloir leur associer les mêmes droits et devoir n’a juste pas de sens. J’illustrais ceci par mon exemple.

  • @ Khazan 10.25 :

    1. le fort taux de croissance de la Chine montre seulement que la Chine se développe fortement. On peut avoir une forte croissance parce qu’on est en voie de développement mais aussi parce qu’on est déjà très développé et qu’on continue fortement (ex. US)

    Il ne s’agit pas de critiquer le fait que la gauche ait eu des faiblesses vis à vis de Mao il y a 50 ans, mais de constater qu’aujourd’hui, la gauche française ne semble pas limpide dans son jugement de Mao. (i). je n’entends quasiment jamais une personne de gauche présenter Mao comme un archétype du mal; (ii). j’entends beaucoup de gens de gauche critiquer férocement le régime chinois actuel, ce qui serait parfaitement légitime s’ils ne donnaient pas l’impression qu’ils pensent que la situation des Chinois s’est dégradée depuis Mao.

    1. Vous ne m’avez pas compris. Ce qui s’est passé aux US, c’est que leur économie est tellement prospère que non seulement les Américains s’enrichissent plus que les Français, mais en plus ils sont capables de créer des millions d’emplois à proposer à des immigrants qui eux ont un niveau de vie plus faible et baissent donc la moyenne. De son coté, la glorieuse économie française ne sait proposer aux immigrants que le chômage ou le charter.

    4.a. Dans la vraie vie, le cas particulier que vous mentionnez est rarissime. Baser des raisonnements sur des bases anecdotiques entraîne des conclusions erronnées.

    4.b. Là encore, vous vous limitez à un cas particulier, même s’il est plus courant. Dans la vraie vie, ce qui se passera c’est (i) votre boîte ayant des coûts plus faibles pourra proposer des prestations moins chères à certains clients qui ne pouvaient pas se payer ses services auparavant ; (ii) comme elle sera plus profitable, cela incitera des concurrents à entrer sur son marché ; (iii) parallèlement, d’autres sociétés qui perdaient de l’argent retrouveront l’équilibre et se développeront au lieu de mourir.

    Je sais que c’est contraire à l’éducation que l’on reçoit en France, mais il ne faut pas considérer le profit comme une sorte de gaspillage. Le profit est le signe de la création de valeur et le moteur de l’investissement et de l’innovation.

    Dernier point. L’alternative que vous présentez est effectivement caricaturale, personne ne parle de supprimer toutes les charges sociales, seulement de fair enotre possible pour les alléger. Mais vous posez la question essentielle dans les bons termes. Notre « modèle social » a un coût en terme de chômage, ce coût est il acceptable ou trop élevé? Pour ma part, je tends à penser que rien n’est pire que le chômage de masse car il détruit l’estime de soi et l’espoir. J’ai le plus grand respect pour ceux qui sont d’une opinion contraire à condition qu’ils assument leurs responsabilités. Mais chez les anti-libéraux de tout poil, j’ai plutôt entendu le discours du beurre et de l’argent du beurre.

    A suivre…

  • @Liberal

    1. Il y a des spécificités en politique, qui relèvent d’un contexte historique, géographique, religieux, social, culturel. Si elle peut apparaître de cette façon, la politique n’est pourtant pas un totem isolé de la marche courante d’un pays. J’ai beaucoup de mal à comprendre en quoi l’extrême gauche française, et encore moins le PS, aurait à se justifier vis-à-vis du maoïsme. Mao est un personnage hautement charismatique qui prend le pouvoir suite à une guerre civile dans un pays profondément divisé. Le totalitarisme qui s’impose provient autant du culte de sa personne que des forces réunifiantes qui sont en gestation dans toute crise profonde. Doit-on reprocher aux Etats-Unis la sympathie qu’ils accordent à Mao après 1950 ? Le contexte, voilà à quoi il faut penser.

    2. Idem. La politique économique n’est pas une composante isolée. C’est décidément une fâcheuse idée que de considérer que l’on peut défendre un système entier en n’en soulignant que quelques composantes. Il y a de véritables bonnes choses dans cette grande culture américaine et notamment du point de vue de la richesse artistique et de son fonctionnement. Mais pour avoir connu ce pays quelque temps d’une façon très personnelle, je vous assure qu’il vaut mieux avoir un très bon capital, une bonne santé et la chance d’un logement dans un quartier décent pour y vivre. Nous n’en sommes pas encore là.

    Concernant l’innovation et l’investissement, il faut souligner à qui ils profitent réellement. Bien sûr, l’entreprise est le premier moteur de l’emploi. Et bien entendu le fait d’être au chômage peut-être extrêmement déstabilisant. Pourquoi au juste ? Parce que la valeur de l’argent n’est pas simplement une valeur monétaire mais aussi une valeur sociale. Parce que nous avons fait de l’argent un pilier central. Comme vous semblez le dire, il n’y en a pas pour tout le monde, du moins au même niveau. Deux solutions : a. on se contente d’une politique économique non-interventionniste et les plus démunis restent démunis à tout point de vue. Que le mieux loti gagne et prions ensemble Mr Darwin. b.1. on engage une politique de redistribution plus juste. Il y a des salaires tout à fait aberrant(*), savez-vous, et qui sont autant dus à une intelligence de l’adaptation qu’à la chance d’avoir pu la développer. En gros, je vous parle de rééquilibrer un système dès le début injuste. Il me semble qu’aucune politique moderne ne peut faire l’impasse sur cette base. b.2. on décentralise la valeur de l’argent. C’est un travail de très longue haleine, extrêmement difficile à mener et qui ne correspond pas à des politiques parisiennes sur 5 ans. Valorisation du monde associatif, développement des systèmes d’entre-aide, mise en place de formation continue/enseignement toute la vie couplée à une réelle réduction du temps de travail, revenu minimum et maximum réajusté, décentralisation des pouvoirs pour permettre une consultation réelle des individus dans la politique de la ville. Le tout en tentant de se faire entendre au niveau européen concernant l’entrée en politique de la notion d’intérêt de l’Europe, de sa vision et de sa différence : non exclusivement financier. Vous voyez le travail ? Question de démocratie ou d’autocratie. D’espoir ou de fatalité. D’envie ou de renoncement.

    Tout cela pour dire que l’on est en droit de se demander ce que l’on veut d’une politique dans un pays riche – car nous vivons dans un pays riche. Tout le monde ne demande pas d’être à la pointe de la technologie ou de toucher des sommes mirobolantes. Tout le monde ne rêve pas d’apporter du génie à son entreprise. Et si, comme le dis l’article de Koz, la gauche actuelle offre bien plus de raisons de s’y opposer que d’en espérer quelque chose, je ne vois pas en quoi il faudrait une nouvelle fois plier devant l’austérité cachée des discours du gouvernement.

    Voilà pour un point de vue que je considère de gauche.

    (*) Les individus les plus riches sont de plus ceux qui ont les moyens de mettre en place des systèmes qui échappent à l’impôt. Faites une enquête terrain de ce côté là, vous serez très surpris.

  • @Ciriaco et Libéral

    Je suis assez d’accord avec Ciriaco.

    1. Libéral: Pour la discussion sur la croissance chinoise et la comparaison France vs US en croissance par habitant, je vous renvoie vers http://obouba.over-blog.com/article-4849389.html et les articles cités. Tous fort intéressants.

    Pour les immigrants aux US, là aussi il y a quelques articles intéressants sur lesquels je suis tombé par hasard… j’ai pas les références sous la main.

    De toute façon je ne suis pas assez bon en économie pour aller beaucoup plus loin 🙂

    Mon but initial était surtout d’alerter sur le fait que taxation/croissance ca n’est pas si simple.

    Cependant, il semble assez évident, qu’une politique économique qui favorise les entreprises (flexibilité du travail, baisse de la taxation, baisse des taxes sur le capital etc…) favorise la croissance.

    1. Pour la discussion sur la croissance… je ne cherche pas à faire d’un cas particulier une généralité (j’espère que vous m’accordez ca). Je souhaitais juste montrer que la corrélation croissance, profit, emploi n’est pas aussi simple qu’on nous la présente trop souvent.

    2. Au final on est d’accord sur pas mal de points… ce sont nos conclusions qui divergent (parce que vous penchez d’un côté et moi de l’autre).

    En gros (et c’est là ou en en revient à de la philosophie poilitique/économique). Mon point de vue est que:

    a- Les théories économiques ne sont que ca… des théories. Elle nous montrent des corrélations (flexibilité de l’emploi implique amélioration de l’offre sur le marché du travail – dérégulation de la legislation sur le marché locatif immobilier implique baisse des prix etc…)

    Elles (les théories économiques) n’indiquent jamais que la modification d’une « petite » chose (flexibilité de l’emploi par ex.) aura des conséquence diverses sur l’ensemble de la société.

    C’est là que la politique (et les idéologies de droite ou de gauche) entrent en jeu.

    L’ exemple qu’on a de ca c’est US/UK vs France. D’un côté des sociétés très libérales sur le plan économique et de l’autre le fameux et très décrié modèle social.

    Changer la politique francaise pour plus de libéralisme, à mon avis, aura des conséquences et pas seulement sur le travail et la croissance (probablement positive)… mais aussi sur la pauvreté de masse, la protection sociale etc… tout ce qui nous rapprochera de la situation US.

    Je ne souhaite pas pour ma part que la France prenne cette direction. Je continue de penser qu’un modèle social est viable et plus « juste ». Et je continue à penser que le modèle libéral américain favorise la disparition de la classe moyenne, génère de la pauvreté et de la violence, favorise l’exclusion et la misère social, augmente l’écart entre les plus riches et les plus pauvres etc…

    Si je prend un exemple « bête » (darwinisme social)… Il est évident que, dans une certaine mesure, fournir des revenus aux chomeur favorise le fait de rester au chomage et de profiter des prestations sociales. Supprimer ces revenus garantirait mécaniquement une baisse du nombre de chomeurs. Mais jetterait dans la misère totale une frange de la population qui est au chomage parce qu’il n’y a réellement pas de boulot pour elle.

    Dire que réduire les prestation chomage, améliore l’emploi… c’est vrai. Mais c’est faire l’impasse sur les « autres » conséquences.

    C’est juste une image… pas la peine d’entrer dans un débat sur les prestation chomage hein 🙂

    Rendre l’emploi plus flexible par exemple permet aussi d’améliorer les chiffres de chomage… mais ca génère une classe de travailleur « pauvre » parce que n’ayant qu’un boulot à mi temps par ex. Il ne sont plus chomeurs, mais ils vivent dans une certaine précarité/pauvreté. Et ca, de mon point de vue, c’est ce qui fait la différence « sociétale » entre un choix et un autre. Ce n’estp lus une question « juste » d’économie mais de « politique » au sens noble (s’il en reste un) du terme.

    … et c’est là que l’affrontement droite/gauche réside. (attention, je ne met pas la droite dans le camp de ceux qui souhaite créer des travailleurs pauvres).

    Dans les deux cas on peut présenter les choses à son avantage… mais (et j’insiste) dans les deux cas il y a des effets négatifs qu’il faut éviter de passer sous silence s’il on veut débattre honnetement.

    Qu’on soit de droite ou de gauche on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

  • khazan, vous avez raison, on n’est pas si en désaccord que ça. Je ne vais pas en remettre une couche mais je regrette seulement que vous considériez que la seule alternative au « modèle social » français soit le modèle US/UK. Le Danemark a montré une voie intéressante, à la fois libérale (droit de licencier, moindres charges sur le travail, baisse des effectifs publics…) et social (fort impôt sur le revenu, forts transferts sociaux, filet de sécurité…). Et la précarité y est infiniment moins forte que chez nous.

    Le clivage droite-gauche devrait se faire sur la position du curseur de redistribution comme aux US ou au Danemark pas sur le libéralisme.

  • Une petite anecdote lu sur le net et parait il confirmé par le canard de cette semaine :

    « A peine Sarko parti en Egypte, Montebourg est passé sur toutes les radios et télés pour fustiger les vacances de riche du Président et dire qu’il trouvait « indécente » la fréquentation des milliardaires.

    Mais d’où a-t-il lui-même exprimé ces critiques ?? De Courchevel ! Il était en vacances à Méribel…

    Et Mardi 25 décembre, quelques heures avant de lancer sa diatribe contre Sarko, il déjeunait, en toute simplicité à Courchevel au restaurant « la soucoupe », au milieu de nouveaux riches Russes, invité par M. Serge Weinberg, ancien bras droit de Pinault à la tête du groupe Pinault-Printemps-la Redoute, actuellement à la tête d’un fond d’investissement et lui-même milliardaire.… Un déjeuner à plus de 100 euros par tête, arrosé par un Chambolle-Musigny à 400 euros… »

  • Cruel constat pour tous ceux qui ont cru que la gauche representait le social , l’humanisme , l’égalité des chances ….et tous ces rèves utopiques qu’ils nous ressassent jusqu’à la nausée , pour endormir et anesthésier le maximum de naïfs prèts à se soumettre à leurs dictats idéologiques de pensée unique , employant ainsi les mêmes méthodes que les gourous des sectes ; très peu ont le QI nécessaire pour s’en rendre compte ; tous apprennent par coeur le catéchisme dogmatique et sectaire imposé par leurs maîtres à penser : au top 50 de leurs délirantes éructations : le  » tout sauf Sarko  » stérile qui a provoqué l’élection haut la main de celui ci , ce qui n’est que justice et un beau d’honneur envers tous ces gôchos ; ensuite viennent les charivaris anti patrons , anti libéral , anti USA et leur modèle , anti capital , boursiers , banquiers …etc ; comme çà ne leur suffisait pas , au paroxysme de la haine , ils entreprennent conjointement des actions physiques violentes contre tout ce qui représente l’état , le gouvernement , l’ordre public , et ceci en toute impunité sous le prétexte commode qu’ils mènent une lutte sociale , expression magique qui leur permet d’exercer toutes les incivilités : blocage de facs , lycées , agression de profs et proviseurs , grèves illégales dans les transports , menaces , chantages , pressions en tout genres , manifs – émeutes , hurlement incessants à l’ Assemblée Nationale contre les ministres par tous ces petits vieux teigneux , violents , marionnettes de muppet’ s show , dont on peut dire qu’ils sont des députés délinquants de gauche tant leur antidémocratisme est  » criant  » .

  • Je vous invite à lire le canard de ce mercredi. La loi allemande à laquelle la majorité faisait abondamment référence a certes été adopté au crépuscule de la république de Weimar, mais il semble qu’il s’agissait bien dans les faits d’une des premières lois du gouvernement de Monsieur Hitler.

    E. Guigou n’avait pas tort.

    Et il me paraît particulièrement inopportun d’entonner encore une fois: « mais c’est quand même extraordinaire ça ! la France serait la seule à ne pas pouvoir s’inspirer de ce qui s’est fait de bien ailleurs !?… »

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