DSK, du viol en zone grise…

Lors de mon premier stage en cabinet d’avocats, tout jeune étudiant de première année, les collaborateurs du cabinet avaient probablement souhaité tester ma résistance en me soumettant les deux dossiers les plus glauques du cabinet.

Un double meurtre par un médecin jaloux de son associé, qui avait arrosé d’essence son associé et l’épouse de ce dernier avant de mettre le feu. Le dossier comportait évidemment les photos de l’autopsie… de ce qui n’évoquait plus des corps humains que par une forme d’ensemble.

Le deuxième dossier concernait un viol. C’est le billet d’Elisabeth Lévy, évoquant l’affaire DSK et la « zone grise des rapports humains », qui me l’a remis en mémoire. Une jeune femme d’une naïveté confondante affirmait avoir été violée par un homme, qui se trouvait être un para en permission. Situation cliché, vous me direz. Et pourtant. Ce dossier pouvait aussi illustrer l’affrontement de deux mondes : Blanche Neige contre « une femme qui dit non veut dire oui ». Pour parfaire le dossier, le para imputait les lésions internes de la jeune femme à la taille remarquable de son pénis, de surcroît coudé à 45 degrés à partir du milieu. Là aussi, photos à l’appui. Bien évidemment, ce dossier m’avait été soumis en raison de l’existence des photos de pénis, comme si je n’en avais pas déjà vu au moins un.

Pourquoi ce détour ? Parce que, si le viol me semblait établi dans cette affaire, j’avais néanmoins le sentiment d’être dans cette « zone grise », dans laquelle le viol pourrait presque – presque – résulter d’un choc sincère de cultures. Presque seulement puisque le fait d’être un bourrin n’est pas une cause d’exonération pénale. Tenez vous le pour dit.

Le schéma est différent, ici. En effet, Elisabeth Lévy a raison : celui « d’une sainte violentée par un salaud » a fait long feu. Mais même une salope peut se faire violer. C’est même d’ailleurs un message que l’on entend fréquemment. Ce n’est pas parce qu’une fille porte une mini-jupe que c’est un appel au viol. Ici, c’est une menteuse. Et parce que c’est une menteuse, son éventuel agresseur ne sera pas jugé.

On le voudrait « blanchi », DSK. Il ne l’est pas. Il ne fait qu’échapper au procès. Certes, la motion to dismiss (en VO et en VF) du Procureur Vance relève les nombreux mensonges de Nafissatou Diallo. De ce fait, il ne pourra pas convaincre les douze jurés de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn « beyond any reasonable doubt« . Elle a menti sur le viol qu’elle aurait subi en Guinée, menti sur ses ressources financières (quoiqu’il s’agisse de celles de son fiancé), menti pour obtenir un logement social, menti sur ce qu’elle a fait immédiatement après le viol qu’elle allègue. Mais il ne dit pas qu’elle ait menti « sur l’incident ». Lorsque le procureur évoque « les incessants récits contradictoires de la plaignante sur l’incident », il n’évoque en réalité que ses récits contradictoires sur les faits postérieurs à l’incident. Par déduction, et compte tenu de l’application du procureur1 à relever les contradictions de Nafissatou Diallo, il semble bien que sur l’ »incident » lui-même, elle n’ait pas varié.2

Et puis, il n’y a pas de preuve. Les preuves médicales et scientifiques ne permettent pas d’établir l’existence d’un rapport sexuel contraint.

Mais il y a un autre point que le procureur écarte un peu rapidement. Il relève ainsi que :

La relative brièveté de la rencontre entre l’accusé et la plaignante a d’abord suggéré que l’acte sexuel n’était probablement pas consentant. Spécifiquement, les enregistrements des passes d’accès à l’hôtel indiquaient que la plaignante avait d’abord pénétré dans la suite 2806 à 12h06. Les enregistrements téléphoniques ont montré plus tard que l’accusé avait téléphoné à sa fille à 12h13.

Par conséquent, il apparaissait que, quoi qu’il se soit passé entre l’accusé et la plaignante, les événements s’étaient déroulés approximativement entre sept et neuf minutes. Mais à la lumière des défaillances de la plaignante à offrir un récit précis et constant de l’immédiat après-rencontre, il est impossible de déterminer la durée de la rencontre elle-même. Que l’accusé ait pu passer un bref coup de fil à 12h13 n’indique pas de manière infaillible quand la rencontre a eu lieu, quelle que soit sa durée, ni où se trouvait la plaignante entre 12h06 et 12h26. Toute déduction qui pourrait se concevoir quant à la chronologie de la rencontre est nécessairement affaiblie par l’impossibilité de consolider la chronologie elle-même.

Sept à neuf minutes pour convaincre une parfaite inconnue (le procureur note que « des preuves montrent enfin que la plaignante n’avait pas connaissance au préalable du séjour de l’accusé à l’hôtel ») de succomber à votre charme et de vous faire une gâterie à titre gracieux, c’est en effet d’une « relative brièveté ». C’est d’ailleurs ce que fait valoir son avocat. Mais on ne peut pas prouver ces « neuf minutes ».

Que reste-t-il comme faits certains ? Nafissatou Diallo est entrée dans la suite à 12h06. A 12h26, elle est entrée dans une autre suite. Dominique Strauss-Kahn a fait son check-out à 12h28. J’ai peut-être tort de ne me fier qu’à mon relatif pouvoir de séduction. Et je néglige peut-être le goût des nigérianes pour les fellations inopinées. Mais même s’il ne s’agit pas de neuf minutes, 20 minutes pour convaincre une inconnue de vous en prodiguer une, caser un  »hello » et un « would you be so kind as to suck my dick ? Vigorously please, my daughter is waiting for me and I have a flight afterwards »3, pour vous rhabiller, prendre votre valise, l’ascenseur, et descendre à la réception faire votre check-out, cela me parait relever encore de la « relative brièveté », contrairement à l’opinion du procureur (certes probablement plus doué que moi avec les femmes).

Il faudrait aussi que Nafissatou Diallo se soit comportée en comédienne émérite et à la redoutable présence d’esprit auprès de ses responsables hiérarchiques rencontrés immédiatement, des médecins et psychologues qui l’ont examiné, et des enquêteurs, ce que la motion to dismiss ne laisse pas vraiment supposer, bien au contraire.

On pourrait avancer que ces 20 minutes suffisent à une relation tarifée. Mais malgré ses mensonges, aucun élément relevé par le procureur ne suggère que Nafissatou Diallo y soit disposée. Dominique Strauss-Kahn n’a jamais prétendu qu’il ait payé. Et il ne parait pas contredit que Nafissatou Diallo se soit trouvée affectée par hasard au ménage de la suite 2806.

Alors, soit. Comme le relève le procureur, même si les preuves établissent l’existence d’un « acte sexuel précipité », « mis à part la plaignante et l’accusé, il n’y a pas d’autre témoin de l’incident ». Il n’y a pas de preuve. Il reste les affirmations persistantes de la plaignante et une chronologie suspecte. Le procureur ne pourra pas convaincre l’ensemble des douze jurés au-delà de tout doute raisonnable mais, en l’absence de procès, il reste pour le moins un doute, qui n’a pas été levé.

Pourquoi en reparler ? Pourquoi remuer la fange ? Vous vous foutez de savoir que j’ai hésité, mais je vous le dis quand même. C’est, d’une part, parce que je suis loin d’être convaincu et qu’en l’occurrence, une femme a peut-être été violée avant d’être humiliée publiquement et que cette femme risque aujourd’hui de perdre son logement et d’être expulsée des Etats-Unis. D’autre part, parce qu’il est odieux de constater que, à peine le non-lieu prononcé, certains se sont empressés d’envisager le retour de Dominique Strauss-Kahn en politique, ou de tirer des leçons grandiloquentes sur le sens de la justice.

Et, de fait, il y a fort à parier qu’une fois encore un homme politique français va considérer qu’on peut toujours se refaire en politique, qu’on n’est jamais mort, qu’on peut toujours se relever.

Après avoir déjà évoqué son « immense joie » de voir la version de la plaignante mise à mal, l’absence de procès pour DSK a tiré ce commentaire à Martine Aubry : « c’est du bonheur »4. C’est l’évocation d’un « long cauchemar », celle d’un « un soulagement » pour Manuel Valls, pour François Hollande, etc. sans parler de ses plus proches soutiens Le Guen et Cambadélis qui poussent jusqu’au « déni de justice » (pour Dominique Strauss-Kahn).

Avec Philippe Bilger, dans cette affaire comme dans d’autres affaires récentes impliquant des personnalités en vue, on désespère de voir régner « un peu de pudeur« .

The Guardian, quotidien britannique de gauche, ne s’y est pas trompé, en titrant « Dominique Strauss-Kahn : left without honour » et en s’interrogeant ainsi :

« Dans quel monde vivent les dirigeants du parti socialiste ?  Personne ne peut, en lisant les 25 pages de la demande du procureur, faire des remarques aussi imprudentes. (…) Il y avait des preuves médico-légales fiables d’une relation effective rapide et Nafissatou Diallo a rapidement rapporté l’incident. L’affaire s’est arrêtée parce qu’elle est devenue une affaire « parole contre parole » et que la fiabilité de Mme Diallo en tant que témoin s’est effondrée. (…) Abandonner l’affaire était toutefois la bonne décision judiciaire. Mais elle ne justifie pas le ton de victoire totalement inapproprié de tant de socialistes français ni la tendance des gouvernants français à débattre de l’affaire DSK comme d’une affaire purement politique dépourvue de portée morale. (…) Une réhabilitation de M. Strauss-Kahn déshonorerait la gauche française. Le parti socialiste a suffisamment de problèmes pour ne pas s’humilier d’une façon aussi dérangeante »

 

crédit photo : … FMI


  1. dont on rappellera qu’il a tout intérêt à justifier fortement sa décision d’abandonner les poursuites vis-à-vis de ses électeurs []
  2. on pourrait relever également qu’après avoir annoncé que DSK ne pouvait pas avoir été dans les lieux, ses avocats ont également changé de version pour évoquer une relation consentie… []
  3. mais je vous l’accorde, les preuves médicales et scientifiques ne permettent pas d’établir qu’ils se soient trouvés dans l’obligation de parler []
  4. rejoignant en cela Jean-François Copé qui aurait été bien inspiré de respecter la consigne de retenue qu’il fait passer à ses troupes []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

109 comments

  • Bah, vous êtes juste mauvais parce que vous avez perdu des sous dans l’affaire, fallait pas parier sur la culpabilité… ;-)

    Euh, plus sérieusement, ce n’est pas parce que DSK serait un gros c… (ce qui est certainement un peu plus facile à démontrer que sa culpabilité) qu’il est coupable.

    Après tout, le fait que N. Diallo ait parlé argent au téléphone juste après son viol ne vous gêne pas, pourquoi le fait que DSK ait dit « c’est du bonheur » vous gênerait-il plus ? Bon ok, c’est vulgaire, et c’est pas quelque chose qu’on pourrait espérer dans la bouche d’un homme politique de son rang, surtout pas à un moment pareil, mais quand même, ça n’en fait pas plus un coupable.

    Ça démontre juste qu’il est plus proche du beauf vulgaire que du président (mais bon, pour le coup, on en a élu un autre dans ce même cas récemment)…

  • C’est Martine Aubry, pas DSK, qui a confessé son bonheur.

    Que Nafissatou Diallo ait souhaité gagner de l’argent sur cette affaire me dérange, si, en effet. Mais j’aimerais avoir plus d’info sur la teneur exacte de la conversation téléphonique en cause, qui fait l’objet d’une controverse. Ensuite, ce n’était pas immédiat : ce qui était immédiat, c’est son récit auprès de ses supérieurs, du personnel médical et psychologues, des enquêteurs. Enfin, on est aux Etats-Unis – au pays où l’on essaie de se faire du blé quand on glisse dans une grande surface – et je pense que Nafissatou Diallo a la télé. On peut aussi penser que, se justifiant auprès de son compagnon apparemment plus… »débrouillard » qu’elle, elle a voulu montrer qu’elle était finaude.

    En tout état de cause, cela jette un doute sur ses motivations, mais ne remet pas en question à soi seul sa version des faits.

    Poil de lama a écrit : :

    Alléluia (euh, je m’égare: c’est l’effet JMJ)

    Ce sera dûment répertorié parmi les fruits de cette édition.

  • Bravo Koz pour ce billet. Que dire de plus ? Franchement, ce qu’ont dit les AUBRY, HOLLANDE, et même VALLS que je pensais différent, donne la nausée. Imaginer que cet homme puisse jouer, comme l’ont suggéré, modérément mais l’ont suggéré quand même,un rôle pendant la campagne et après ( fonction ministérielle, oui, je l’ai entendu sur une radio périphérique par la bouche d’un des caciques du PS) donne la nausée. En outre que dire de son train de vue fastueux aux Etats-Unis en attendant que la justice passe. Ensuite, les socialistes viennent nous parler de morale………Ne parlons pas de Monsieur GUERINI , Président du Conseil général des BdR. Ah! Koz, en tant qu’avocat vous avez du pain sur la planche ! Encore merci.

  • Avant même d’aller plus loin dans la lecture, je sursaute et me sens mal à l’aise :

    « le fait d’être un bourrin n’est pas une cause d’exonération pénale » / « même une salope peut se faire violer »

    Bourrin. Salope. Vous voyez ce que je veux dire ?

    J’ai beau être un garçon, et être bourrin à l’occasion lorsqu’une demoiselle m’a explicitement signifié que je peux me le permettre, je n’arrive pas à me faire à cette différence assez courante de champ lexical. C’est visiblement ancré très fort dans l’inconscient collectif, même dans celui de gens a priori très bien tel que Koz.

    Je propose un deal entre garçon et fille : nous, nous arrêtons d’utiliser ce genre de termes ; elles, en échange, elles mettent plus de mini jupe (parce que c’est joli). Deal ?

  • Meeerde merde j’ai lu trop vite. Désolé, au temps pour moi.

    Sinon ben, l’expression « c’est du bonheur » dans la bouche de Martine Aubry reste maladroite, mais d’une part Martine est pas forcément très douée pour la com’ (malheureusement d’ailleurs, vu ce que ça compte pour se faire élire…), mais elle est aussi l’amie de DSK. Oui c’est con à dire, mais cette hypothèse existe, et il n’est pas forcément étonnant qu’elle exprime sa joie de voir un ami disculpé d’une accusation horrible, même si en fait il n’est pas disculpé. Ici le « biais d’amitié » peut certainement jouer pour les dirigeants du PS, un biais qui fait même dire des conneries à des gens très bien.

    Même si ce n’est pas le cas (car l’amitié n’existerait pas en politique), il n’est pas logique d’éliminer DSK de la course parce qu’il aurait été accusé à tort. S’il est également blanchi au civil, il pourra se représenter. En théorie bien sûr, car son image publique est définitivement foutue. Mais ce n’est peut-être pas au PS de le déclarer « out », mais plutôt à lui-même de se retirer, non ?

  • Le procurer dans sa Request to Dismiss répond à certaines des questions que vous relevez comme pendantes: - Le procureur, si il ne relève pas de variation dans le récit fait par la plaignante, relève des incompatibilités entre son récit et le récit des personnes auxquelles elle s’est confiée immédiatement après l’incident ( collègues, supérieurs ).

    • Il note qu’elle a fait preuve d’une forte capacité à simuler un stress intense lors de ses récits lorsque ceux-ci sont faux. Il a affirmé qu’elle réussissait à convaincre par ses récits même des enquêteurs chevronnés. Il considère donc qu’il est possible ( il ne se prononce pas plus que cela et ne donne pas son avis sur la question ) que les récits faits sur les lieux immédiatement après l’incident aient été feints.

    Certes cela ne permet que de conclure qu’on ne saura jamais ce qui s’est passé, sauf à ce qu’une des parties ne reconnaisse un jour le récit de l’autre. Par contre, n’ayant pas été reconnu coupable par un jury populaire, Strauss Kahn reste et est innocent.

    Une autre question reste ouverte, c’est celle de la place que peut avoir Strauss Kahn en politique. On sait qu’il a trompé sa femme, avec une femme de chambre rencontré quelques minutes auparavant. Cela le rend il impropre à servir ses concitoyens ? Dans tout pays anglo-saxon ça serait le cas ( Bill Clinton étant une exception, crédit en soit porté à sa femme ). Mais ces mêmes anglo-saxon considèrent aussi qu’un homme politique français n’ayant pas trompé sa femme n’a aucune chance chez nous ( j’ai un peu la flemme de recherche l’article du NYT paru sur le sujet il y a quelques années de cela ). Nous avons en France une tradition ( parmi de nombreuses autres traditions, certaines je vous l’accorde nauséabondes ), qui m’est chère et qui est la séparation de la vie publique et de la vie privée. Strauss Kahn à une vie privée qui lui est propre, et sa relation à sa famille le lui est aussi. Il n’a à ma connaissance jamais instrumentalisé celle-ci, contrairement à d’autre politique et en particulier il ne s’est jamais prévalu d’une vertu morale dans sa vie privée comme d’un argument politique, contrairement à nombreux de ces collègues et adversaires politiques…..

  • Je suis d’accord avec vous sur la pudeur, d’une part, et sur le fait que, d’autre part et très malheureusement, peut-être bien d’ailleurs pour chacune des parties en présence, personne ne saura vraisemblablement jamais ce qui s’est passé, à l’exception d’elles-mêmes, de sorte que le doute subsistera – il y a déjà deux camps, ils subsisteront quoi qu’on y fasse…

    En revanche, et de ce fait, justement, il me semble qu’il est impossible de raisonner sur ce que l’on sait des faits ; vous proposez vos doutes, et en voilà par exemple d’autres dans l’autre sens, pas forcément irrationnels si l’on se réfère à une conversation téléphonique fameuse qu’aurait passé la plaignante immédiatement après : Nafissatou Diallo entre, reconnaît l’homme, et lui propose la chose, en ayant déjà en tête de gagner une fortune ensuite en le piégeant, car il est connu et riche. Ça expliquerait la rapidité de la scène, le fait que Dominique Strauss-Kahn soit suffisamment « à l’aise » pour passer son appel à un moment donné (dont d’ailleurs on ne sait pas un mot du contenu ni de la durée, ce qui n’est pas banal, dans le contexte…), ladite fameuse conversation téléphonique postérieure… Et c’est beaucoup plus plausible aux US qu’en France, vu les indemnités usuelles que peuvent augurer les parties civiles dans les deux pays respectivement – de quoi faire toute une vie là-bas, on a vu des mobiles financiers de mensonges nettement moins importants.

    Ce qui veut dire non pas que je croie un instant à cette possibilité de doutes plutôt qu’à la vôtre, mais qu’il est impossible de croire à quoi que ce soit – à vrai dire, il peut objectivement sembler aussi hautement invraisemblable que cette jeune-femme ait eu ce machiavélisme que d’imaginer que le suspect ait tenté de la violer, en particulier à ce moment-là de sa vie et même de sa journée…

    Ce qui veut dire qu’il ne reste qu’une unique solution à l’honnête homme, celui qui ne voudra ni condamner ni exonérer, parce qu’il n’en a strictement pas les moyens : se fier à ce que la Justice, qui elle se les est donné, et, j’en suis certain, possède en outre des éléments jamais dévoilé (on ne me fera pas croire que la destinataire de l’appel téléphonique n’a jamais été sollicitée, ça me semble impossible, d’autant qu’il est ensuite demeuré libre de rencontrer sa fille à volonté…), aura décidé.

    Et elle a clairement décidé qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour faire juger Dominique Strauss Kahn, lequel demeure présumé innocent.

    Il n’y a donc pas de charges suffisantes pour l’accuser de quoi que ce soit. Point.

    Je pense que suspecter quoi que ce soit d’autre, gris ou noir, revient à suspecter n’importe quelle décision de justice de n’être pas la bonne, et, partant, à penser que toutes les personnes au monde déclarées innocentes ou ayant bénéficié de non-lieux ou de décisions similaires étaient peut-être bien coupables quand-même et s’en sont bien tirées ; et, en d’autres termes, qu’il n’existe pas, jamais, d’innocent.

    Or, si. Plein.

    Il n’existe même pas de bonne raison de ne pas « réhabiliter » l’impétrant – parce qu’il n’a jamais été « déshabilité », si ce n’est très concrètement par une accusation que la Justice a déclaré douteuse, et que lui, pour le peu qu’il en a dit, a déclaré « injuste ».

    Il ne se trouve pas en zone grise, parce qu’elle n’existe pas : il n’a pas « peut-être un peu » violé, ou « peut-être un peu » été accusé à tort : c’est l’un ou l’autre, et la Justice a décidé que c’était l’autre : notre homme est rétabli dans la totalité de ses droits – et spolié de ceux qu’il a concrètement perdus, ce à quoi personne ne peut rien.

    Et il n’échappe au procès que parce que la Justice a décidé qu’aucun procès ne pouvait avoir lieu, faute de charges suffisantes, comme pour n’importe quel non-lieu : à ce compte-là, aucune décision de justice ne blanchira jamais un suspect, et à ce compte-là, tous les suspects sont probablement quand-même un peu coupables…

    Les gens de gauche m’ont copieusement énervé tout au long de l’affaire, d’abord par leurs pâles soutiens à leur « ami » – essayez d’accuser un de mes amis, coupable ou pas, vous verrez ce qu’est un soutien d’un ami – et ensuite effectivement par leurs réjouissances peu pudiques de ces dernières heures. D’accord.

    Mais qu’on en appelle à la « pudeur » ??? Imaginons un instant que cet homme soit totalement innocent..? Essayez, toutes proportions gardées, de me placer dans sa situation pendant quatre mois, vous verrez ce que j’en fais, de la pudeur !

    Et en fait non, pardon, ne l’imaginons pas : on peut retourner les choses dans tous les sens, et même être d’accord ou pas, c’est exactement ce qu’il est, jusqu’à la fameuse preuve-contraire-qui ne-sera-jamais-rapportée : innocent…

  • Pour le reste du billet : bravo, rien à redire. L’indécence des dirigeants socialistes et leur impossibilité à rappeler des choses simples, par exemple que certains comportements vis-à-vis d’autrui (en l’occurrence les femmes) disqualifie celui/celle qui s’y livre pour incarner une quelconque éthique politique, ou encore qu’à partir d’un certain degré l’appétence à l’argent inquiète de la part de toute personne susceptible d’obtenir une part de pouvoir, est décourageante. En tout cas un ticket Aubry/DSK drainerait pas mal de voix hors du PS.

    Quand bien même il n’y aurait pas agression (et la chronologie ne va effectivement pas en ce sens, merci Koz de pointer cela), dans les sommets on n’a visiblement pas compris que tout ne se fait pas. Ça ne concerne pas que la gauche non plus. Mais comment leur faire comprendre ?

  • @ Koz: « Salope » est indiscutablement injurieux et a une connotation sexuelle et morale (l’équivalent masculin pourrait être « queutard »), ce qui n’est absolument pas le cas de « bourrin ». Mais je vous accorde que c’est HS par rapport au reste du billet.

  • Un peu par provocation mais aussi par réaction à ce que j’entendais autour de moi, j’avais laissé dans un passé récent un commentaire sur ce blog où je posais la question suivante: DSK sera-t-il candidat « libre » hors parti aux présidentielles? Les commentaires à mon commentaire étaient intéressants à lire et à méditer. « Le plus grand dérèglement de l’esprit est de croire que les choses sont comme on voudrait qu’elle soit ». J’attends donc la suite des évènements pour voir ce qui se passera réellement. Je suis un citoyen qui vote à gauche. Je ne voterai pas DSK s’il se présente.

  • Concernant ta note 1 : à propos des premières interventions des avocats de DSK, je me souviens bien qu’ils avaient affirmé que leur client n’était pas dans la chambre d’hôtel au moment des faits. Le lendemain, une fois ce point levé, j’entends autre chose : il n’est plus question de l’impossibilité de présence, mais du caractère « consenti » de la relation. Donc, d’accord, il était bien là, mais de toute façon il n’a rien fait de répréhensible. Je ne sais pas si ce sont les médias qui ont marqué une progression dans la manière de traiter de l’affaire (il y avait à peu près un scoop par heure pour le moindre détail, la moindre hypothèse), ou si les avocats ont réellement évolué dans leur discours…

  • Bonjour Koz,

    J’ai une interprétation différente du brief du procureur car ce n’est pas seulement parole contre parole, il y’a des expertises médicales. Diallo raconte qu’il l’a empêchée de sortir, repoussée dans le couloir, violemment agrippée par le vagin, à moitié arraché l’épaule, forcée à une fellation en lui tenant les cheveux. De tout cela, il n’existe aucune trace physique! Pas de bleus, pas de blessure ou d’éraflure, pas de peau sous les ongles, et de fait pas de bobo au vagin ou à l’épaule d’après les expertises. Quand Vance dit que les éléments de preuve ne permettent pas de « corroborer » les déclarations de Diallo, on est un peu dans l’euphémisme juridique quand même. http://www.socialismeetvinblanc.fr/2011/08/23/dsk-oui-une-rehabilitation/

  • @ Solnce: « Salope » serait injurieux de nos jours alors que 343 « femmes » s’en sont revêtues comme d’un manteau de gloire ! « Salope » serait injurieux alors que certains magazines font parfois leur une de couverture avec des titres tels que « comment faire salope » et autres joyeusetés du genre. Allons, soyons sérieux, c’est presque devenu un titre de gloire.

  • Que s’est-il exactement passé dans la suite 2806 entre 12h06 et 12h26 ? Seules deux personnes le savent et encore leur perception des mêmes événements peut être sensiblement différente. Dans ces conditions, chacun peut imaginer son propre scénario, en mettant en avant les faits et les arguments qui étayent ce scénario. Les ennemis de DSK peuvent penser qu’il y a eu viol et que l’ex-directeur du FMI s’en tire à bon compte du fait de l’absence de crédibilité de la victime et de la nécessité d’établir les faits au-delà du doute raisonnable. Déçus que cette affaire, qui fait flop, n’empoisonne finalement pas, à la manière d’un feuilleton, toute la campagne du PS (comme ils l’avaient ouvertement espéré), ils peuvent également condamner les réactions des socialistes qui se disent « soulagés » ou « heureux » de ce dénouement pour leur « ami », en dénonçant avec indignation leur « indécence ». Les amis de DSK peuvent penser au contraire qu’il y a eu une relation consentie et que la femme de chambre a inventé une histoire de viol pour tenter de soutirer de l’argent à DSK, voire même qu’elle a été manipulée par d’autres personnes à des fins crapuleuses (ou même éventuellement politiques).

    Mais l’avis des uns ou des autres, on s’en fout un peu, à vrai dire. D’abord parce que la justice a tranché. Et sauf à remettre en cause toutes les décisions de justice et à condamner moralement toute personne accusée par une autre sans preuve (idem pour l’affaire Banon), il faut en prendre acte. Les charges retenues contre DSK ont été abandonnées, il est donc jugé innocent. Point. Ensuite parce que DSK ne sera pas candidat aux prochaines présidentielles et ne sera sans doute jamais président de la République française. Malgré ses compétences économiques unanimement reconnues, ses rapports problématiques au sexe et au fric l’ont durablement plombé. Et ce n’est, à mon avis, pas plus mal pour la gauche (je le pensais déjà avant toute cette affaire et je l’ai même écrit ici).

    Le(la) candidat(e) socialiste qui va tenter de nous éviter un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy sera François Hollande ou Martine Aubry et l’on aura du mal à leur coller une étiquette de « violeur(se) » ou de « complice de violeur ». La campagne se jouera sur d’autres sujets (par exemple des thèmes économiques et sociaux) et vous serez d’accord avec moi pour ne pas le regretter.

  • Petite précision sur la première version des avocats de DSK : c’est parce que le procureur avait dans un premier temps, par erreur, situé les faits après 12h30, que les avocats de DSK ont simplement dit qu’après 12h30, DSK n’était plus dans sa chambre d’hôtel (ce qui est vrai et ce qu’aurait dit n’importe quel avocat). De là à dire qu’ils ont changé leur version, il y a un grand pas qui n’est pas loin de la mauvaise foi. Dès que les faits ont été resitués par le procureur entre 12H et 12h30 (le lendemain), la défense de DSK a choisi de plaider non coupable et d’évoquer une relation consentie… et n’a jamais varié de cette ligne… qui a été finalement validée par l’abandon pur et simple, avant même un éventuel procès, de toutes les charges allant contre cette version de la relation consentie.

  • On ne parle pas non plus des affaires périphériques, si j’ose dire’, dont la plainte de Tristane BANON pour tentative de viol, dont l’affaire de subornation de témoin par un adjoint au maire de Sarcelles pour empêcher une femme de témoigner ( affaire dont s’occupe Me Thibault de Montbrial (orth ?). Donc ça fait quand même beaucoup, c’est pourquoi penser que cet homme pourrait revenir dans la vie publique donne la nausée y compris à des gens de gauche. La meilleure chose qu’il ait à faire DSK, c’est de se taire.

  • @ dwarfpower : en fait de choseS que je présenterais comme pendanteS, vous n’en évoquez qu’une. Je ne mets pas en doute le fait que sa crédibilité soit réduite à néant. Mais le fait de ne pas être crédible ne signifie pas que l’on mente.

    Elle a effectivement rapporté avec conviction un viol fictif. Cela étant, comme elle le dit, elle répétait ce qu’elle avait appris préalablement pour sa demande d’asile. C’est un peu différent de se mettre dans de telles dispositions en l’espace de quelques minutes.

    dwarfpower a écrit : :

    Par contre, n’ayant pas été reconnu coupable par un jury populaire, Strauss Kahn reste et est innocent.

    Non. Il est, au mieux, présumé innocent. C’est une présomption, que le manque de crédibilité de la plaignante n’aura pas permis de combattre. Mais son innocence n’est pas établie.

    dwarfpower a écrit : :

    Nous avons en France une tradition ( parmi de nombreuses autres traditions, certaines je vous l’accorde nauséabondes ), qui m’est chère et qui est la séparation de la vie publique et de la vie privée.

    Eh bien voyez-vous, il m’arrive de penser que l’on ne devrait pas se désintéresser ainsi du rapport aux autres qu’entretiennent nos dirigeants, et que ça n’est pas forcément sans impact sur leur action publique. Je suis aussi suffisamment optimiste pour imaginer que l’on puisse trouver des dirigeants qui cumulent une certaine rectitude avec la compétence. Avec toujours, toutefois, des désillusions. Mais je n’aime pas outre mesure que l’on acte d’office le « carte blanche, de toutes façons l’un n’a pas d’impact sur l’autre ».

    @ Maître Mô : vous avez bien sûr raison sur le strict plan des principes juridiques, auxquels je suis évidemment sensibles également. Mais vous ne pouvez pas empêcher la personne d’avoir une opinion, ou la forcer à la taire.

    Comme le dit le Guardian, la bonne solution était l’abandon des poursuites. Compte tenu des critères du procès pénal aux Etats-Unis, le procureur n’avait probablement guère chance d’obtenir une condamnation. Moi-même, je ne dirais évidemment pas que nous nous situons « au-delà de tout doute raisonnable ». Je n’ai pas la certitude qu’il l’ait violé, je n’en ai pas la preuve formelle. Mais une accumulation d’éléments, de « coïncidences » (ah, ce pauvre DSK, pas de bol, hein : Filipetti, Banon, Diallo…) font que je ne me sens pas vraiment un salaud de continuer d’avoir un très très fort doute sur l’innocence de DSK.

    Maître Mô a écrit : :

    Nafissatou Diallo entre, reconnaît l’homme, et lui propose la chose

    Là aussi… Admettons, même si Nafissatou Diallo a toujours dit ne pas connaître DSK et où cela ne me semble pas avoir été mis en doute. Alors admettons tout de même qu’elle le connaît. Elle entre dans la suite, voit DSK dont elle ignorait la présence, se dit tout de suite : « je vais lui faire une tite pipe, l’accuser et me faire un paquet de tunes ». En effet, cela ne peut pas être exclu avec certitude. Mais boudiou, elle arrive au taf dans de sacrées dispositions. Et quelle vivacité d’esprit ! Je ne prendrai donc pas exemple sur moi, mais j’ai peur de réfléchir plus lentement.

    @ Arthur : c’est vrai, c’est un point. Raison pour laquelle je ne prétends pas avoir de certitude.

    Jeff a écrit : :

    il est donc jugé innocent

    Il n’est pas jugé.

    Le juge a accepté la proposition du procureur qui a préféré se désister de son action.

    En ce qui concerne la version de ses avocats, ils ont tout d’abord affirmé qu’il ne pouvait pas s’être trouvé dans les lieux, ce qui a été repris en choeur toute l’après-midi du samedi…

  • Attention, là pente que vous empruntez pour passer de salope à portant une mini-jupe est glissante, sinon sexiste.

    D’autres part, même si votre brillant billet permet d’établir une forte suspicion, il n’établit pas là culpabilité. Je ne pense pas que DSK soit innocent, mais je me réjouis qu’il soit libéré, car la justice ne condamné heureusement que les coupables dont elle est certaine.

  • Bravo pour ce billet Koz! Tout d’abord, j’ai bien ri en lisant l’histoire du bizutage du p’tit jeune qui débarque;-) Je ne reviendrai pas sur tout les commentaires précédents, sauf peut-être sur celui de ‘Maitre Mô’ qui dit que les zones grises n’existent pas: cela me fait frémir car, justement, c’est en étant convaincu que l’être humain est noir ou blanc (et ce n’est pas un jeu de mots sur la couleur de la peau…), que tous les excès sont permis.Je suis convaincue, pour ma part, qu’il n’y a que des nuances de gris, des plus claires aux plus foncées. Un point n’a cependant JAMAIS été évoqué, celui de la différence de culture et il est fondamental! J’ai eu l’occasion de parler de cette histoire, dès le mois de Juin, à une personne de ma famille d’origine burkinabé, issue de la même ‘tribu’ peule que Mme Diallo. Voilà ce qu’elle m’a dit:  » Si cette femme rentre chez elle, elle est morte. Une femme violée est un déshonneur pour toute sa famille, et elle subira un sort terrible ». J’ai la faiblesse de la croire…et j’espère vraiment que ce genre de considération sera prise en compte avant de prendre la terrible décision de la renvoyer en Guinée!

  • @ Koz:

    Je reprenais bien vos deux points:

    • le procureur relève des incohérences dans les faits présentés par la plaignante

    • le procureur relève que la plaignante à pu servir à ses premiers contacts le même genre de mise en scène qu’elle leur a servi par la suite à plusieurs reprises.

    Comme ‘la fait remarquer Maître Mô, Strauss Kahn est innocent, dans toutes les acceptions de la notion. Ca ne veut pas dire qu’il n’a rien fait, mais juste qu’il n’a pas été reconnu coupable.

    Cela dit si il était passé en jugement et que les juré n’avaient pû ce prononcé a l’unanimité aurait-il été plus innocent pour vous ? Quelle aurait été votre réaction sur un vote 11-1 pour sa culpabilité…..

  • Koz a écrit : :

    Elle entre dans la suite, voit DSK dont elle ignorait la présence, se dit tout de suite : « je vais lui faire une tite pipe, l’accuser et me faire un paquet de tunes ». En effet, cela ne peut pas être exclu avec certitude. Mais boudiou, elle arrive au taf dans de sacrées dispositions. Et quelle vivacité d’esprit !

    Et l’hypothèse que les femmes de chambres puissent discuter entre elles de temps en temps, c’est impensable ? C’est vrai que DSK a une véritable discrétion d’agent secret, il est connu pour ça d’ailleurs. Sûr que s’il dort au sofitel, le personnel se serait rendu compte de son passage que plusieurs semaines après son départ. Le vrai James Bond du PS, Dominique.

    Koz a écrit : :

    une accumulation d’éléments, de « coïncidences » (ah, ce pauvre DSK, pas de bol, hein : Filipetti, Banon, Diallo…)

    Même en admettant que l’affaire Banon soit vraie (ce qui est encore loin d’être prouvé), en quoi est-ce que ça impliquerait que l’affaire Diallo soit vraie ? Il est très possible (voire probable) que N. Diallo mente, même s’il avait été coupable d’un autre crime, il pourrait être accusé à tort dans cette affaire.

    En fait vous ne voyez dans cette affaire que ce qui l’accable, mais vous refusez de voir qu’il y a également pas mal d’autres éléments. Et d’ailleurs ça ne sert à rien tout ça pour l’instant, vu qu’il va y avoir procès au civil, et que DSK sera interrogé sans possibilité de ne se défiler. On en apprendra peut-être plus sur l’affaire.

  • Béatrice a écrit : :

    c’est en étant convaincu que l’être humain est noir ou blanc (et ce n’est pas un jeu de mots sur la couleur de la peau…), que tous les excès sont permis.Je suis convaincue, pour ma part, qu’il n’y a que des nuances de gris, des plus claires aux plus foncées.

    Oui mais la justice ne peut pas prononcer un verdict « un peu coupable » ou « un peu innocent ». Lorsqu’il y a doute, il doit profiter à l’accusé.

    Béatrice a écrit : :

    Voilà ce qu’elle m’a dit: « Si cette femme rentre chez elle, elle est morte. Une femme violée est un déshonneur pour toute sa famille, et elle subira un sort terrible »

    Malheureusement il n’y a peut-être pas lieu de douter que ce genre de traitements puisse attendre Nafissatou Diallo dans son pays. Si c’est le cas, espérons que les autorités américaines auront la sagesse de ne pas la renvoyer dans son pays d’origine (ni en France, car Guéant et ses copains sont en manque de statistiques…). Cela n’implique pas de lui donner forcément raison en justice, « simplement » parce qu’elle risquerait la barbarie dans son pays d’origine. Avoir pitié d’une personne (pour elle comme pour toutes les autres femmes qui subissent l’oppression dans ce même pays, ou dans d’autres d’ailleurs) n’implique pas forcément de donner plus de crédibilité à cette même personne.

  • Et pour tous ceux qui auraient un problème avec la présomption d’innocence, regardez-donc le film « Douze hommes en colère », vous me remercierez (pas pour DSK, mais plutôt parce que c’est une très bonne occasion de découvrir un excellent film).

  • Je trouve votre billet parfaitement répugnant, et suis assez halluciné du nombre de réponses allant dans votre sens. Seuls maître Mô et Jeff semblent garder un peu de raison…

    DSK a bien été innocenté par la justice. Tout simplement parce qu’il n’a pas été reconnu coupable. Mais visiblement vous lui reprochez de ne pas avoir apporté la preuve de son innocence durant un procès, ce qui est une aberration :

    • déjà dans le principe, depuis quand un accusé de viol est-il présumé coupable et doit-il apporter les preuves de son innocence ?

    • ensuite, dans un tel cas de parole contre parole, démontrer son innocence est quasiment impossible. Dois-je en déduire que pour vous toute personne accusée de viol et qui n’a pas la chance d’avoir une caméra de surveillance dans sa chambre est nécessairement coupable ?

    • enfin, pour qu’il puisse se défendre lors d’un procès, il aurait déjà fallu qu’il ait lieu. Or là, l’accusation était tellement peu crédible que le juge n’a pas jugé nécessaire qu’un procès se tienne. DSK aurait-il dû insister pour que le procès ait lieu quand même et que la procédure soit rallongée de plusieurs mois, afin de laver son honneur ? C’est juste grotesque.

    Vous demandez qu’on se mette à la place de la plaignante, « vous vous rendez compte si elle a vraiment été violée, elle a en plus été humiliée et risque d’être expulsée ». Maintenant, mettez-vous à la place de DSK, en imaginant -pardon, en prenant acte qu’il est innocent. Cet homme a été traîné dans la boue dans les médias du monde entier, il a perdu son poste de directeur du FMI et, excusez du peu, ses grandes chances de devenir président de la république française. Et durant le restant de ses jours, il va devoir supporter les soupçons de tous ceux, qui, comme vous, n’accordent aucune valeur aux décisions de justice et préfèrent faire leur propre théorie façon « comment voulez-vous détourner un avion avec un cutter, c’est invraisemblable ; à mon avis sur les attentats du 11/09 on nous cache des choses » (parce que votre analyse de la durée de l’acte ne vole pas plus haut).

    Alors gardez vos leçons de morale sur la « pudeurs » des membres du PS. Il est plus moral de fêter bruyamment une décision de justice que de la nier en insinuant le soupçon et alimentant la rumeur.

  • Ouardane a écrit : :

    D’autres part, même si votre brillant billet permet d’établir une forte suspicion, il n’établit pas là culpabilité.

    Encore une fois – il semble que ce ne sera pas la dernière – je ne prétends pas établir une certitude, j’ai même écrit l’inverse.

  • Ca tient la route votre recit, sauf que quelques pièces manquent au puzzle. Si en effet elle tient le meme discours sur les faits, on peut imaginer aussi que si on veut faire un « coup monté », c’est ce sur quoi il ne faudra surtout pas se tromper lorsqu’on racontera: les faits. Et bien sur les détails suivants les faits seront moins surs dans son esprit. Il manque des pièces au puzzle, qu’a fait la plaignante avant 12h06? cela n’est pas dit , mais il a été dévoilé par les média, que celle ci serait entré à 3 reprises dans la chambre voisine la 1820, 3 fois a une 1/2h d’intervalle, elle y laisse son chariot de ménage et va dans la suite 1806 à 12h06: pour y faire quoi? elle revient dans la chambre 1820 a 12h26 pour ,dit elle, récupérer son chariot de ménage (rapport scenario 3) . Pourquoi entrer dans la suite sans chariot? Pourquoi attendre dans le couloir apres les faits? alors qu’elle aurait pu se refugier dans la chambre 1820 qui etait libre, alors qu’elle a declaré qu’aucune chambre n’était libre, oubliant la 1820 dans laquelle elle passe a 3 reprises pendant une heure avant les faits. Attendait-elle la sortie du Mr. de la suite, dans le couloir , pour un gracieux pourboire? cela sont autant de zones grises. Après avoir récuperé son chariot a 12h26 , elle re-entre à nouveau dans la suite, Pourquoi? pour verifier quoi? l’absence de commission? Je pense que quand on travaille dans ce type d’hotel, les rumeurs, et aussi les faits, au sujet des suites, ou sont placés les riches vont bon train. Elle a eu droit a cet étage depuis peu, et certaines de ses collègues ont peut être eu l’occasion à certaines reprises de se faire un peu d’argent, en échange de quelques faveurs, je ne pense pas que tout soit « propret » et les diverses traces de spermes retrouvées dans la suite en temoignent. Seulement, peut-être elle, inexperimentée, lui, un peu sagouin, ou bien même ne disposant pas de liquidité à ce moment là, n’a pas eu le geste « courtois ». C’est pas très beau, mais çà ressemble à çà et cela me parait le plus probable.

  • Personnellement, je trouve les sanctions pénal aux US un peu dures pour ce type d’actes, je sais bien que l’usage veut que l’on ne parle que de la culpabilité ou non du prévenu, mais discuter de la dureté du système judiciaire plus largement me semble souhaitable. Le procès civil, orienté vers l’indemnisation me semble bien plus adapté.

  • @ noReply:

    Risquer de condamner un homme à plusieurs dizaines d’années de prison sur une intime conviction me semble être un élément raisonnable pour justifier de sa décision de ne pas faire cette moitié de procès.

  • Qu’est -ce que Bouddha ? Un bâton à touiller la merde. Avant de la remuer, je tiens à dire que, loin d’être chan, ou zen si vous préférez, je suis pour Benoît XVI, Louis XX et l’Ordre de Malte. La foire d’empoigne pour l’Elysée m’inspire un serein mépris. Et maintenant touillons ! Ça pue. Dans Raie publique il y a pue. De passage à New York l’ancien futur candidat DSK n’est pas descendu au Pierre, comme le faisait Giscard, mai au Sofitel. Il avait retenu un single à $ 580, mais on l’a mis dans une suite à $ 2000. Le ménage était-il inclus dans la note ? En tout cas, la femme de ménage est passée. Le client ne lui a pas donné son petit cadeau. L’opératrice ne s’est pas prévalue de la contrainte morale. Or, l’innocent (puisqu’il n’a pas fait l’objet d’une condamnation passée en force de chose jugée) est un petit gros sexagénaire, physiquement incapable de maîtriser la femme Diallo, armoire à glace qui aurait pu l’assommer d’un revers de main. Il n’y a pas eu de complot. Il n’y a jamais de complot. Pourtant, toute la classe politique française savait que DSK était « érotomane » (dixit le Pr Gollnisch, du FN). Pourtant, la direction du groupe Accor, propriétaire du Sofitel, était mouillée. Pourtant, la neutralisation du chouchou des sondages était un bienfait pour le candidat Sarko, et sa chance pour la mère Aubry. Riche odeur ! J’hésite entre la rose et le jasmin.

  • il est véritablement affligeant d’entendre des termes comme « blanchi,innocenté,non coupable » « .Maintenant que nous connaissons,quelques prouesses sexelles de DSK, nous sommes effectivement soulagé qu’il ne prenne pas 74 ans à SingSing mais de grâce n’en faisons pas un agneau bêlant, une pauvre victime, c’est plus vraisemblablement un sexuel aggressif qui devrait reflechir de plus près à ses comportements dans ce domaine et surtout ne pas afficher une sérénité déplacée . Pauvre Anne Sinclair, quelle abnégation, mais quid du futur de son couple quand on a du entendre tout ce débalage.Maintenant quid du fonctionnement de la justice américaine est ce vraiment un exemple à prendre

  • On attend avec impatience la position de Madame DE HAAS, chargée des droits des femmes dans l’équipe de campagne de Madame AUBRY. J’ai, quant à moi, beaucoup apprécié ce qu’a dit Madame Georges BUFFET sur l’abandon des poursuites de DSK. Chacun sait combien les femmes violées ont des difficultés, soit à porter plainte, soit à être ensuite convaincantes. Eh bien c’est ce qui se passe pour Madame DIALLO que les avocats de DSK ont réussi, avec d’énormes moyens, à décrédibiliser. Allez, pardonnez-moi mais il me vient un vers du bon LA FONTAINE : « Suivant que vous serez puissant ou misérable………….. »J’ai presque honte dans ce concert de brillantes analyses de sortir cette conclusion d’une fable et pourtant, la réalité, elle est là.

  • Que DSK soit présumé innocent pour cette affaire, c’est tout à fait vrai. Et nous ne saurons jamais ce qu’il s’est passé. Et personnellement je m’en moque un peu.

    Par contre, lorsqu’on prétend occuper un poste à très haute responsabilité il faut agir avec autrui d’une façon un minimum éthique, et avec du recul et du contrôle sur son propre comportement. Je pense que tout le monde sera d’accord pour dire que c’est bien le moins. Et ce qui m’a le plus choqué dans cette affaire, c’est d’entendre des femmes de son propre bord politique dire « je m’arrangeais pour ne jamais être seule dans une pièce avec lui ». C’est cela précisément qui l’a définitivement disqualifié à mes yeux.

  • Je trouve que vous avez écrit là le,meilleur papier sur cette affaire DSK qu’il m’ait été donné de lire depuis le début. Superbe plaidoirie à charge contre l’ambiance festive prévalent chez les amis aveuglés d’amour du grand homme enfin libre.

    La pudeur, la retenue, l’analyse des faits comme vous le signalez sont choses désuètes…hélas.

    D’un autre côté, convenez malgré tout que le personnage de Mme Diallo est ambigu. On peine à croire qu’une femme de sa taille, de son poids, vivant dans un quartiers où pullulent violents abrutis par la pauvreté, partageant sa vie avec un dealer qui doit à l’occasion savoir lutter et donc le lui apprendre, ne puisse pas se défendre contre les assauts libidineux d’un sexagénaire plus de sept minutes…

    Bref, l’accumulation des mensonges et contre-véritées, certes non directement liés aux instants passés dans la chambre a quand même rendu la tâche du procureur impossible. Les plus troublants étant les décalages existants entre son témoignage initial et ce qu’ensuite les enquêteurs ont pu établir à partir des cartes magnétiques et des appels émis par DSK

  • « Et parce que c’est une menteuse, son éventuel agresseur ne sera pas jugé. »

    C’est marrant, mais je n’en ai pas la même lecture : il a été démontré qu’elle avait effroyablement menti (changement de versions trois fois distinctement, mensonges graves et lourds à chaque entretien, parjure devant le jury, mensonges nombreux dans sa vie : mensonges de viol pour arriver aux USA, mensonges pour obtenir l’appart, mensonges sur les revenus, mensonges sur ses enfants, mensonges sur les SIM, etc….) et il s’avère que mentir fait perdre de la crédibilité et c’est justement sur cette crédibilité que repose l’accusation puisque c’est l’un contre l’autre, en terme de parole : c’est très embêtant non ?

    D’autant que les preuves se sont vite retrouvées comme étant totalement pipeau : - « rougeurs vaginales » (et donc rien à voir avec un « limage bourrin » pendant 9 minutes, soit quelque chose comme 250 coups de butoir à sec….) et non pas « vagin détruit » comme dit par Kenneth Thompson - Douleur à l’épaule démontrée par IRM comme affabulée - Crachat de sperme sur la moquette : jamais une trace retrouvée… - etc…

    Bref, j’en suis presque convaincu qu’elle a cherché un rapport tarifé et que si elle s’est faite effectivement baisée, c’est sur le tarif (il n’a rien payé ou il l’a envoyé balader en lui payant que la moitié). Et tout est parti de là, peut être en ne se rendant pas compte de qui était DSK (ie un personnage internationalement public). (C’est mon intime conviction)

  • Bravo à totoche. Je rajoute que, toujours d’après les médias, il y avait au Sofitel un tableau avec les photos des VIPs présents. N. Diallo était supposée regarder ce tableau avant de commencer son service, et a pu décider à ce moment là de lui faire le coup de la panne. Elle a eu ensuite tout loisir de s’arranger pour entrer dans la suite au bon moment.

    Et il y a des faits qui indiquent qu’une absence de consentement est impossible. Comment faire entrer de force un pénis dans une bouche? Comment éviter d’être mordu? La seule façon que je peux imaginer, en l’absence d’arme, serait d’enfoncer deux doigts sur les joues jusqu’à ce que celles-ci se retrouvent entre les dents et empêchent de refermer la mâchoire. Or on ne trouve aucune trace de telles violences, ni sur les joues, ni sur la tête, ni sur les doigts. Et en plus, DSK saignait d’une main. Et il n’a aucune trace de morsure sur le pénis.

    Donc elle a ouvert la mâchoire d’elle-même et ne l’a pas refermée sur la chose. Difficile de ne pas interpréter cela comme un consentement. Contrairement à ce que voudrait nous faire avaler Koz.

  • Soit Mme Dialo ment et accuse à tort un innocent, soit DSK a commis un crime. Ne pouvant apporter de preuves accréditant l’une de ses deux hypothèses on peut se complaire à remuer cette fange et à discréditer l’un ou l’autre des deux protagonistes.

    Ce genre d’échanges sur un blog public n’est pas interdit mais à moi il laisse un gout amer. Je comprends Koz que vous ayez hésité à publier votre billet.

  • Ce genre d’échanges n’est pas davantage interdit en public. Ca fait un poil parti de la liberté d’expression. Et le fait qu’un ex-candidat à la présidence et une actuelle candidate soient impliqués (Martine Aubry exclusivement par ses déclarations), outre nombre de responsables politiques, rend un peu difficile le fait de dire que tout ceci devrait rester tu.

    Pour ma part, une fois encore, je fais état d’un fort doute et d’un profond agacement envers la réaction des responsables socialistes.

  • @ Koz:

    Tout à fait d’accord, Koz. J’ai honte de voir la réaction des responsables socialistes.

    Hier, mercredi, sur RMC, émission « Carrément Brunet » de 13 h à 14 h, le sujet portait sur l’abandon des poursuites de DSK et l’attitude des dirigeants socialistes. Un très fort pourcentage des auditeurs de la chaine jugait très sévèrement cette attitude. On peut parler de réaction de « clan » où les « copains » se soutiennent. C’est la même chose, bien que dans un autre domaine, avec Monsieur GUERINI, Président du Conseil des BdR. Contrairement à ce que j’ai lu sur ce blog dans quelques commentaires, j’estime qu’un homme public devrait avoir un comportement irréprochable au point de vue éthique. Bien sûr, Madame AUBRY n’est pas perçue comme « complice d’un violeur » comme il a été dit dans un commentaire, mais ce copinage et cette réaction de « clan » l’opinion publique, de droite comme de gauche, la juge sévèrement. J’ai bien l’impression que le PS se tire une balle dans le pied dans cette affaire.

  • Autre chose (j’en profite, si Koz veut bien). Je ne sais pas s’il y a eu machination, si « on » s’est arrangé pour que N. Diallo soit affectée à cette chambre, si « on » l’a convaincue de faire tout ça. Mais une chose me semble évidente, c’est que la police de NY n’est pas blanche dans cette affaire. On ne me fera jamais croire que des petits inspecteurs puissent prendre l’initiative d’aller arrêter un DSK sur des accusations pas très vraisemblables sans passer d’abord un coup de fil à la hiérarchie. Et là, ça a forcément remonté, remonté… Et si j’ai bien compris, il y a dans le lot un proche de Sarko. Et je le vois très bien donner un gros feu vert, dans le genre allez-y à donf, même si on se plante on passera pour les défenseurs zélés des femmes violées et des minorités opprimées… Et c’est comme ça qu’on arrive à un perp walk devant les caméras des grandes chaînes. Bien joué.

  • Vous ne savez pas, mais c’est ce que vous affirmez. Et ce proche de Sarko, manque de chance, il n’avait pas poids sur Cyrus Vance. Trop pas de bol.

    Il se trouve que le récit a été jugé crédible par les enquêteurs, ainsi que par les médecins du centre spécialisé dans les agressions sexuelles (voir à cet égard, entre autres choses, le rappel par Thibault de Montrbial, tant il est vrai que le procureur passe rapidement sur le retour des médecins et psychologues expérimentés en la matière et transcrivant l’état de choc de Nafissatou Diallo.

    N’oublions pas, non plus, que l’on commente ici le document établi par le procureur, qui a tout de même besoin de se justifier auprès de ses électeurs d’abandonner les poursuites. Il ne s’agit pas d’un document d’une neutralité évidente.

  • Merci pour votre évocation de l’article assassin du Guardian. Encore une fois la presse étrangère dit des vérités que notre classe politico-médiatique refuse de voir.

    Pas souvent d’accord avec Mme Lévy, là je suis. Voici deux messages que j’ai déjà posté ailleurs :

    //Les réjouissances de certains au PS sont aussi prématurées qu’indécentes.

    Message aux femmes violées : si vous voulez porter plainte, vous avez intérêt à avoir un parcours aussi irréprochable que la Vierge Marie, et ce depuis le berceau. Si vous avez roté un demi-biberon sur la robe de cérémonie de votre mère, gaffe.

    (Quoique, recevoir un ange super bien gaulé en l’absence de son mari parti charpenter, c’est moyenmoyen :-)//

    Puis :

    //Alors okay, DSK est disculpé au bénéfice des doutes qui pèsent sur Nafissatou Diallo.

    Donc il n’y a pas eu viol. Mais seulement relation sexuelle consentie (et vite fait sur le gaz) entre des gens qui ne se connaissaient ni des lèvres ni des dents.

    Conclusions : Diallo est une (auto-censure) cupide et SK une (auto-censure) sur pattes incapable de se contrôler devant une domestique qui se trousse devant lui. J’ai bon, là ?

    Une dernière question : pourquoi ne porte-t-il pas plainte pour dénonciation calomnieuse ?//

    Ce deuxième message a été censuré deux fois sur le blogue de Corine Lesnes. La deuxième fois, j’avais remplacé les mots crus auto-censurés ici par des périphrases. En vain !

    Vous dites : « Dominique Strauss-Kahn n’a jamais prétendu qu’il ait payé. ». Et il refuse toujours. Si donc il ne s’est agi que d’un rapport express qui, quand même, ressemble fort à un passe avec une professionnelle, il a fait ce qu’aucun miché n’oserait. Bah, goujat un jour goujat toujours…

  • Pendant la seance du 23 aout, tous « les incessants récits contradictoires de la plaignante  » n’auraient pas ete cites pour ne pas lui faire honte. Je ne pense pas que l’on sache tout sur ses mensonges.

  • @Koz

    Non, je n’ai rien affirmé. Mais il me semble évident que le turlu a fonctionné. Qui a-t-il atteint, je ne sais pas. Mais quand vous vous contentez de dire que « le récit a été jugé crédible », je trouve que c’est justement ce qui mérite explication. Parce que le récit n’est pas crédible. En tant qu’avocat, avez-vous déjà vu un cas de viol par fellation sans menace?

    L’autre explication, c’est que les inspecteurs sont complètement naïfs. La police de NY, naïve. Ça ne colle pas.

  • @Koz

    Et n’oubliez pas ce qui a été dit au tout début de cette affaire: DSK se serait enfui du Sofitel, il se serait précipité à l’aéroport en oubliant certaines affaires dans la chambre, dont son téléphone portable. Ce sont des mensonges, et quelqu’un a bien dû les inventer. Qui?

  • J’avoue que, entre les Franc-maçons, les Illuminati et l’Opus Dei, mon coeur balance. Quant au fait que ce soit des mensonges, vous en savez plus long que moi… Enfin. Je note que vous avez rapidement assimilé la lecture que je vous ai conseillée. On a au moins changé de sujet.

  • @Koz

    Article intéressant, en effet. Mais d’un point de vue juridique, je me demande ce qu’on peut en faire. Un viol sans violence, c’est un viol sans traces.

    Sinon, on vous a déjà dit que vous êtes extrêmement désagréable?

  • Ca fait souvent ça aux gens que je contredis. Ca les agace. Et puis ça passe.

    Mais j’aime bien vos affirmations.

    Odilon a écrit : :

    Mais d’un point de vue juridique, je me demande ce qu’on peut en faire. Un viol sans violence, c’est un viol sans traces.

    Comme le précisait l’article que vous avez donc lu,

    C’est pourquoi la loi française précise qu’un viol est une pénétration commise par «violence, contrainte, menace ou surprise».

    De fait, « d’un point de vue juridique », on en fait que c’est un viol.

  • J’ai lu, mais je vous rappelle aussi que le récit est celui d’une violence, et aussi d’une surprise si on veut mais pas d’une menace ou d’une contrainte autre. C’est pourquoi j’ai éliminé les autres possibilités.

    Sinon, vous pouvez me contredire en restant agréable.

  • Trés bonne analyse. Mais que vient faire ici cette référence aux nigérianes ? La présumée victime est guinéenne ! Préjugé ? Réminiscences d’une expérience avec des nigérianes ou simple boulette ?

  • Et bien M. Koz, je pense que je connais mieux le dossier que vous (allez voir sur mon site, et en passant votre note 2 est mensongère) et je pense exactement le contraire. Mais surtout, vous devriez relire la note de Maitre Mô, qui est exactement sur le point: les zones grises ça n’existe pas; je dirais même plus, les zones grises c’est pour les salauds.

  • Arthur a écrit : :

    De tout cela, il n’existe aucune trace physique! Pas de bleus, pas de blessure ou d’éraflure, pas de peau sous les ongles, et de fait pas de bobo au vagin ou à l’épaule d’après les expertises.

    Bon, je n’étais pas dans la salle d’examen. je lis mal l’anglais et me suis contentée de la traduction . Celle -ci me semble accablante.

    La partie inférieure du vagin de la patiente, la « fourchette postérieure », est hachurée au crayon pour marquer l’emplacement d’un traumatisme. A droite sur la page, le praticien a inscrit au stylo rouge « rougeur sur la fourchette ». Il précise encore la localisation: « 5 and 7 o’clock. » Entre « 5 et 7 heures », comme sur le cadran d’une montre. Le reste du feuillet est occupé par une « check-list » de la zone vaginale de Nafissatou Diallo, requise pour toutes les victimes de viol. Seule la ligne consacrée à la « fourchette postérieure » comporte un commentaire: « Trauma » (traumatisme). Le rapport conclut: « Diagnostic: agression. Cause des blessures: agression. Viol. »
    « Ses blessures correspondent à l’incident qu’elle a décrit. Mais cela ne prouve pas que ce qu’elle a dit s’est réellement passé »,

    note un avocat.

    Elle souffre de l’épaule gauche, mais, selon elle, beaucoup moins qu’en début d’après-midi. » Un scanner ultérieur révélera une rupture du ligament.

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/rapport-medical-de-nafissatou-diallo-cause-des-blessures-viol_1021095.html

    Je trouve admirable qu’en une 20aine de mn, Mme Diallo ait eu la vivacité d’esprit de penser à faire valoir « des blessures antérieures correspondant à l’incident décrit » (j’adore ce terme d’incident que les hommes se complaisent à utiliser dans ce genre de cas, mais bon passons!)

    Cela, c’est pour l’idée que je me fais de la situation « objective » !

    Pour le subjectif, en tant que femme, je constate que de toute façon, comme le viol ne peut pas être prouvé sauf s’il y a des témoins, nombre de femmes soit ne portent pas plainte, soit le font mais elles sont déboutées… Et de doute façon, en France, avec les remises de peines, il y en a même qui se retrouvent à croiser leur bourreau (pas bourrin, hein, bourreau!!!) seulement quelques années après.

    Toujours subjectivement, j’imagine que Si Mme Diallo n’avait pas porté plainte tout de suite, elle aurait été traitée comme Mme Banon.

    Soit c’est trop tôt et la femme recherche de l’argent, soit c’est trop tard et elle recherche de l’argent.

    Tandis que ces pauvres hommes deviennent victimes : trop belle, trop top, trop jeune, et c’est de sa faute: n’avait qu’à pas s’exhiber, la fille!…..Trop vieille,trop moche, trop grosse : c’est pas possible, c’est elle qui a fait des avances!

    Je constate un machisme ambiant qui m’insupporte lorsque je sais que ces femmes violentées ne remettent jamais vraiment de ce traumatisme.

    J’aurais aimé que ce procès se tienne pour plusieurs raisons:

    1 : pour la présumée victime, qui, si le procès avait été fait, aurait pu retrouver son honneur et sa dignité de femme (face à un « il n’y a pas mort d’homme » ou « ce n’est qu’un troussage de femme de chambre »), même si il n’y avait pas eu unanimité. Qu’une grosse majorité l’ait crue victime aurait permis de supporter mieux cette blessure physique et psychologique, voire spirutuelle dans son cas (en Islam -j’ignore cependant la variante de son pays- être violée correspond à un adultère avec la sanction qui en découle, comme le dit si bien Béatrice)

    2: Pour DSK, qui, s’il n’est pas coupable, aurait pu vraiment retrouver son honneur, en permettant de dissoudre cette zone grise autour de lui . Déjà grâce à sa version à lui, qu’on n’a pas entendu. Ensuite par l’exposé argumenté de ses avocats autrement que le laminage de fond de la présumée victime sur un tout autre sujet!

    Car comme l’écrit Koz : « même une salope peut se faire violer », et même une menteuse!

    Je ne vois aucun rapport entre un viol et un mensonge! Pour moi, c’est un truc d’avocats et d’hommes qui n’arrivent pas à comprendre qu’une femme n’est pas « un champ que l’on peut labourer comme on le désire » ou « vos femmes sont vos semailles. Allez à vos semailles de la façon dont vous voudrez » ( » Sourate dite de « la femme » que je suis en train d’étudier et qui stipule que c’est possible avec les femmes légitimes, mais pas avec n’importe qui dans une chambre d’hôtel). Je fais référence à ces versets parce qu’ils sont à fois très poétiques et terriblement machos – bien que, je le répète- n’approuvant aucunement le viol, et que pour moi, ils sont l’actualité de mon travail d’études..

    Enfin, toujours subjectivement, je trouve que c’est un échec pour les femmes, une régression totale de la prise en compte de leur statut d’être humain à part entière. J’y vois une différence de caste (l’homme fort, mais victime de la femme, issue de lui, mais le détournant de la voie juste, en référence cette fois ci à Eve -issue de la côte d’Adam-qui est désignée comme coupable, alors qu’Adam aurait très bien pu refuser de croquer dans la pomme qui lui était présentée …NON?).

    Bref, une régression forte après les nombreux progrès occidentaux datant des militantes féministes.

    J’ajoute enfin, que j’ai un peu de mal avec la différence française entre « agression sexuelle » et « viol ». Encore une différenciation imaginée par des hommes, je présume? (d’après le lien indiqué par Koz à Odilon, En revanche, une fellation pratiquée PAR l’agresseur SUR la victime est considéré comme une agression sexuelle, qui est un délit ou un délit aggravé. Oui il n’y a pas pénétration, mais je trouve, en tant que femme, que c’est plus qu’une agression, car dans ce cas, la tentative de viol est avérée et que le monsieur n’ait pas pu conclure ne change rien à la chose. Question de point de vue, j’en ai conscience)

    De fait, je n’ai pas trouvé le rapport de M Vance très courageux et j’apprécie le billet de Koz qui tente de cerner les différents points de cette affaire avec le plus d’objectivité possible et une délicatesse qu’on ne trouve pas beaucoup dans la presse ces jours ci .

  • Si ça peut vous rassurer, je suis complètement d’accord avec vous. Voir mon billet et mon site. L’audience ici est marquée à droite et ne se caractérise pas par la capacité à se remettre en cause, ce qui explique la tonalité des commentaires. (les meilleurs: « DSK est un salaud, bravo de l’écrire. mais c’est vrai que c’est pas sûr qu’il l’ait fait »)

    Ce blog est écrit avec une vision qui est superficielle, contient des allégations fausses, et nie une décision de justice. Pourquoi ? Parce que DSK représente ce que M. Koz abhorre, une alternative de gauche crédible, et qu’il est entouré de gens qui ne font que répéter depuis trois mois, au mépris de la présomption d’innocence la plus élémentaire « c’est un violeur ». Et donc M. Koz se permet de faire ce qu’il ne ferait pas pour n’importe quel délinquant, c’est-à-dire diffamer. et de bonne foi. Il se trouve dans son droit. Bien sûr au nom de la liberté de penser et de la défense des victimes. Oui répugnant

    @ FFB:

  • Lecture trés intéressante, jamais ce point de vu.

    Maintenant j’aimerai plongé dans la fiction en donnant un version que je qualifierai de romanesque.

    Imaginons que DSK est eu une relation tarifée avec une prostitué le matin en question. Que suite à cela il ai laissé trainer dans la chambre le préservatif ayant servi durant l’acte. Et que ce soit le contenu de ce préservatif que nous retrouvons par la suite sur Dialo.

    Cela pourrait etre une hypothèse, tordu, improbable, mais une hypothése quand même…

  • Bonsoir,

    la première impression que je tire de cette histoire, c’est que, pour beaucoup d’affaires « grises », le système judiciaire est significativement biaisé en faveur du plus riche. Je garde le sentiment qu’avec une équipe d’avocats plus étoffée, la présumée victime aurait pu être mieux conseillée et éviter certaines de ses erreurs. Je ne suis pas sûr que cela soit si différent que cela en France.

    La deuxième sentiment, c’est que le viol n’est pas la seule hypothèse crédible: la relation tarifée contrariée (j’ai un passeport diplomatique, je ne paie pas) et le « honey trap » sont aussi possibles,même si probablement moins probables. On est bien pour moi dans une zone grise, même si elle est gris foncé.

    J’ai l’impression qu’à moins d’avoir des traces de violence et un enregistrement d’une caméra de vidéo-surveillance, différencier un viol d’une relation consentie n’est pas facile, et il doit y avoir des erreurs des deux côtés.

    Enfin, dans cette histoire, je trouve admirable le comportement d’Anne Sinclair. Elle s’est quand même retrouvée humiliée par tout cela, et elle continue pour autant à aider son mari du mieux qu’elle peut, alors même que ce dernier n’a probablement plus aucun avenir.

  • @ Tara: Superbe, votre commentaire Tara. Eh bien ! des commentaires comme celui-ci on en redemande. Poétique la sourate que vous citez………….!

  • à artypunk

    On peut être de gauche, être convaincu que DSK n’a pas violé Mme Diallo et même se réjouir de l’issue juridique de l’affaire et, néanmoins, trouver répugnant qu’un grand de ce monde s’autorise un « troussage de domestique », pour reprendre l’heureuse expression de son ami Jean-François Kahn.

    Car, ce qui ressort de cette affaire, c’est que DSK trouve normal de se faire tailler une pipe en 7 à 9 minute par la femme de service. Or pourquoi une femme de service pouvait-elle accepter d’accorder cette gâterie ? Parce qu’elle était éblouie par sa prestance ? Soyons sérieux. Ou bien il s’agit d’une sordide affaire de prostitution ou bien il s’agit d’un rapport de séduction hypnotique fondé sur l’ascendant que peut prendre un homme sur une femme du fait d’une inégalité sociale considérable. Dans les deux cas, il s’agit d’un rapport sexuel fondé sur l’exploitation par le mâle de l’infériorité sociale de la femme: c’est abject.

    D’un homme politique, on n’attend pas simplement qu’il soit innocent face à la loi : on attend qu’il ait un minimum de décence et de sens de l’honneur. Il est juste que DSK ait été innocenté par l’institution judiciaire. Il est non moins juste, selon un autre sens du mot « juste », qu’il soit l’objet d’une réprobation publique massive. Ce n’est pas une question de légalité: c’est une question d’honneur.

  • il reste que la plaignante pourrait avoir envisagé de simuler un viol pour extorquer de l’argent à une personne que peut-être elle ne connaissait pas, mais dont elle pouvait raisonnablement penser qu’il était riche, vu qu’il était dans une suite chère. et c’est normal que la justice fasse aussi barrage à cette éventualité.

    ensuite, c’est u peu l’illustration de « l’histoire du garçon qui criait au loup » : le jour où le loup est arrivé, personne n’est venu. et aussi celle de « tant va la cruche à l’eau qu’elle finit par casser. »

    l’une la corde des avantages proposés par un pays pour les réfugiés, l’autre sur les avantages d’une justice qui hésite à condamner les innocents, et tous deux ont été salis et humiliés parce qu’on est venu voir dans leur passé et que tout est remonté à la surface. ils ne sont victimes, chacun, que d’eux-mêmes, au final. en somme, pour elle COMME pour DSK, ils ont tiré sur la corde,

  • Peut-on m’expliquer comment DSK (en 9 minutes maxi) a pu forcer une fellation à une forte femme de 1m78 ? DSK était-il armé ? Mme Diallo ne pouvait-elle pas crier, taper, griffer, mordre ?

    N’y aurait-il pas eu une simple masturbation accompagnée ou non et sans violence ? Cela expliquerait tous les faits et les analyses. Après cette masturbation, accompagnée ou pas, Mme Diallo a voulu faire croire à une agression sexuelle dans le but de faire condamner DSK ou de faire du chantage, immédiatement ou plus tard .

    Etait-elle utilisée et manipulée ? Par qui ? Par des « amis » du pouvoir français ? Par des financiers américains ? Par des proches du FMI ? Par l’entourage de Mme Diallo ?

    A qui profite la mise à bas de DSK ?

  • Lire le blogue de Millot Rousselot, où ils exposent les théories de Taubmann l’hagiographe officiel de DSK.

    Avec des amis comme ça, SK n’a pas besoin d’ennemis !

  • Tres franchement, ceux qui veulent voir DSK innocent doivent s’accrocher ferme. Beau comme il est, convaincre par le verbe une inconnu d’avoir une relation à sens unique contre pas un rond, puis livrer son colis en 9 minutes, maximum 20 si j’y ai compris quelque chose, voila un homme efficace. Il est vrai que toutes les femmes de chambre qui rentrent dans une chambre pour y faire le menage sont deja chaudes comme la braise à l’idee d’y rencontrer un vieux gros, comme on peut le constater dans de nombreux documentaires produits par marc dorcel…

    Ensuite, puisqu’on parle de reputation pour la Diallo, que dire de DSK… Si le contexte compte, c chaud pour lui. Les femmes politiques socialistes qui disaient leur crainte de se retrouver avec lui seules, l’affaire Banon, l’affaire Nasgy…

    Et que dire de son honneteté dans l’affaire : concernant les evenements dans la chambre, ceux qui comptent, il nous a servi un « je n’y etais pas a cette heure la » suivi d’un premier « il n’y a pas eu de relations sexuelles » puis d’un « consenti » au final : ca me fait mal aux cheveux là. Et « tout ce que vous direz pourra etre retenu contre vous », c du flan?

    Malheureusement ce n’est pas du parole contre parole. Diallo n’avait pas droit à l’erreur car elle accusait, ce qui est peut-etre un principe souhaitable dans l’absolu mais necessite le sens de la nuance dans les cas de viol où ce sera tres souvent parole contre parole. L’abandon n’est comprehensible en l’occurrence que du fait de la pression sur les epaules du procureur qui n’a pas voulu courir les 50% de chances d’echec dans ce dossier exposé sur lequel il aurait joué sa carriere s’il avait ete plus loin.

    Le feminisme du PS se focalise sur 2-3 sujets pavloviens qui rapportent et oublie l’essentiel : les violences (et les salaires). Tant pis pour les femmes…

    Le socialisme du PS qui explique si volontiers que la delinquance est purement une consequence sociale mais use de tous les petits travers d’immigrée/assistée de mme Diallo pour pretendre qu’elle est donc profondement malhonnete est bien maltraité aussi. Tant pis pour les pauvres et les immigrés.

  • DSK ne pouvait tactiquement pas invoquer une relation tarifée ; sauf erreur de ma part, en droit de l’Etat de New York, un client d’une prostituée est passible d’un an de prison.

  • Rien de spécial à dire, sinon que la limpidité de votre analyse qui semble tout droit tirée du bon sens m’impressionne un peu :) Merci pour ce billet

  • Koz a écrit : :

    Il n’est pas jugé. Le juge a accepté la proposition du procureur qui a préféré se désister de son action.

    Pardon excuse, mais tu ne serais pas en train de jouer légèrement sur les mots, là ? C’est toi le juriste, mais il me semble que 1) un accusé ne peut être que soit innocent, soit coupable 2) il est innocent jusqu’à ce la justice le déclare coupable et 3) dans le cas présent, la justice a définitivement renoncé à le déclarer coupable. Ergo, on en reste à l’état antérieur, autrement dit, il est innocent. Du moins est-ce ma béotienne compréhension de l’aspect juridique de l’affaire, merci Maître Mo.

    Après on peut exprimer des doutes. Mais rien de plus. On peut refaire l’enquête chez soi en examinant des invraisemblances du genre, comment il a fait en 9 minutes. Mais il y en a aussi pour trouver invraisemblable qu’on puisse contraindre quelqu’un à pratiquer une fellation par la force. L’une comme l’autre invraisemblance ne me convainc guère ni dans un sens, ni dans l’autre. D’abord, nous n’avons pas le dossier entre les mains. Ensuite, on parle de sexe, là. C’est un domaine dans lequel les comportements les plus incroyables existent un peu partout. Évidemment qu’arriver à conclure en 9 minutes me semble délirant. Et alors ? En matière de sexualité, je ne crois pas un instant pouvoir évaluer la vraisemblance des réactions de qui que ce soit d’autre en fonction de ma propre expérience.

    Donc… ben… c’est tout. L’affaire n’est pas close, il y a encore un procès civil, il y a l’affaire Banon, tout ça. Mais on ne saura jamais exactement. Et, pour être parfaitement franc, je ne trouve plus tellement important de le savoir. Quoiqu’il se soit passé, DSK est disqualifié définitivement à mes yeux en ce qui concerne tout poste de responsabilité. Il ne méritait pas d’être élu président, et il ne le sera pas. Fermez le ban.

    Après, les réactions des dirigeants socialistes ? Si DSK était un ami personnel, je ne verrais rien d’extraordinaire à confier ma joie de le voir libéré. C’est dire le contraire qui me paraîtrait hypocrite.

  • En ce qui concerne le blanchiment de DSK, le procureur ne dit pas qu’il n’y a pas eu agression sexuelle / viol, il refuse de prendre le risque d’un procès. Et il reste le procès civil en tout état de cause.

    Sur l’invraisemblance qu’il y aurait à forcer une fellation, j’ai donné un lien plus haut, qui expose comment il peut y avoir viol sans violence.

    DSK définitivement disqualifié ? A te yeux. Mais manifestement, les politiques ont trop souvent une appréciation différente, toujours prêts à se « refaire ». Et en l’occurrence, ses camarades de parti discutent déjà de la place à lui faire, à lui… le vieux sage.

  • Sur le plan judiciaire, il n’y a aucune raison de mettre en doute la démonstration du procureur Vance.Il dit qu’il n’a pas les moyens de prouver l’agression. On peut être sûr que, s’il les avait eus, il serait allé au procès. C’était son intérêt politique de magistrat élu.

    Donc, nous non plus, nous n’avons pas les moyens de prouver l’agression. Cela ne signifie pas qu’elle n’a pas eu lieu.

    Sur le fond, je pense que le rapport de force est une donnée de la relation entre les sexes. Les hommes sont physiquement plus lourds et plus vigoureux que les femmes, c’est ainsi. Les femmes et les hommes doivent vivre avec cela.

    La frontière entre le désir que cette inégalité peut produire et la violence qu’elle rend possible est difficile à situer.

    Tout bien considéré, il faut s’en remettre au témoignage de la femme. Elle peut mentir? Certes. Tel est le risque encouru par l’homme, symétrique de celui que sa force fait courir à la femme.

  • @ Koz: « En ce qui concerne le blanchiment de DSK, le procureur ne dit pas qu’il n’y a pas eu agression sexuelle / viol, il refuse de prendre le risque d’un procès. »

    Il ne refuse pas de prendre le risque d’un procès, il considère que ce n’est pas la peine qu’il se tienne car on en connait déjà l’issue, à savoir l’acquittement de DSK. Considérer, comme vous le faites, qu’un doute subsiste parce que DSK n’a pas été acquitté par un vrai procès, est un non-sens total. Venant d’un juriste, je m’étonne que vous puissiez tenir un tel raisonnement de bonne foi. Vous connaissez le prix busiris ?

  • L’hypothèse la plus probable est la relation tarifée.

    C’est la meilleure explication de la brièveté de l’affaire (la passe ?) et de sa chronologie.

    Même ceux qui éprouvent le plus grand dégoût pour les moeurs de DSK devraient avoir du mal à l’imaginer en prédateur sautant sur la soubrette, la violant puis appelant sa fille au téléphone. Le tout en 9 minutes selon la chronologie que Koz tire du rapport du procureur.

    En revanche on peut imaginer que dans ce laps de temps il lui propose X dollars, qu’elle accepte, qu’elle subisse un rapport (plus ou moins brutal). La suite, après le départ de la chambre: Diallo se dit qu’elle peut en tirer davantage. Elle revient, DSK est parti. Elle réfléchit encore un peu (le temps de l’errance mal expliquée dans les couloirs) et décide de l’accuser de viol.

    J’ai entendu (comme Gilloo ci-dessus) que le fait d’être client de prostituée était un délit pénal dans l’état de New York. (Quelqu’un peut-il confirmer ?)

    Ceci expliquerait que DSK et ses avocats n’aient pas pu invoquer cette explication, sans compter les dommages collatraux en matière d’image.

  • Amha, une partie du différent a pour origine les multiples sens du mot « coupable ».

    J’en distingue au moins trois applicables ici:

    • coupable au sens pénal.

    • coupable au sens « historique ». (« A-t-il commis les faits ? »).

    • coupable au sens moral. (Par ex., laisser tomber un ami dans la dèche n’est généralement pas pénalement répréhensible).

    La culpabilité ou l’innocence au sens pénal est un statut social, qui n’est que partiellement corrélé avec les deux autres acceptions. (De manière un peu analogue, on peut être « majeur » sans être mature, et vice-versa.)

    Deux remarques :

    • Bien sûr, à priori la corrélation doit être la plus forte possible, pour le maximum de personnes, sinon la justice est perçue comme « injuste ».

    • Mais il est plus grave de condamner à tort que d’innocenter à tort. Après tout, une condamnation méritée ne répare que très partiellement le mal qui a été fait, tandis que la condamnation d’un innocent est source d’un préjudice terrible.

    Par conséquent, il est n’est pas rare que des auteurs de délits voire de crimes soient innocentés, au bénéfice du doute, sans qu’il s’agisse pour autant d’un dysfonctionnement de la justice ; paradoxalement, c’est même plutôt rassurant.

    Il y a donc un écart considérable entre le fait d’être innocent (statut pénal) et le fait de ne pas avoir commis les faits. C’est d’autant plus vrai que l’entorse à la loi est mineure : infraction (voiture mal stationnée, ligne blanche mordue dans un virage) ou délit (propos injurieux) non sanctionnés.

    Concernant DSK, le statut pénal est tranché ; mais au fond, ce qui intéresse éventuellement les gens, ce qu’ils entendent par « coupable », c’est la question de la responsabilité historique (avec un point de vue moral sous-jacent).

    Et sur ce point, la décision juridique ne dit pas que DSK n’a pas commis les faits ; ni qu’il n’a probablement pas commis les fait ; ni même qu’il n’ a pas probablement commis les faits. Elle dit juste qu’on ne peut pas les prouver. D’un point de vue probabilité historique, le procès au civil sera donc (un peu) plus pertinent (sous réserve qu’il n’y ait pas d’accord amiable au préalable).

    Bon, pour le reste, je partage l’opinion de Physdémon.

    Et votre article est comme de coutume intéressant ; mais, à l’instar de Gwynfrid, je trouve cet argument, tiré d’un de vos commentaires, très spécieux : « Il n’est pas jugé. Le juge a accepté la proposition du procureur qui a préféré se désister de son action. »

    Ce faisant, le procureur, puis le juge ont bien jugé que les charges ne justifiaient pas un procès. Sur deux personnes impliquées, deux ont trouvé la culpabilité non absolument certaine. Si procès il y avait eu, un seul juré hésitant sur la culpabilité de DSK l’aurait également innocenté. Je ne vois pas en quoi cela aurait davantage dissipé les doutes.

    D’un point de vue juridique, DSK est innocent, point barre. Cela n’empêche pas de se poser éventuellement la question de ce qui s’est le plus probablement passé, mais il faut distinguer clairement les registres il me semble.

  • Vu d’un milieu majoritairement de « gauche moyenne » (j’entends par là que mon milieu familial n’est plus engagé depuis lurette, mais votera à gauche ou blanc ; bref, le vivier que les candidats socialistes doivent mobiliser s’ils veulent passer), la différence d’appréciation de la situation est plus une question de sexe qu’une question de convictions politiques.

    En gros, les femmes autour de moi – et moi avec – sont plutôt sur la ligne « en 9 minutes, si ce n’est pas un viol, c’est quoi? » ; les hommes ont de vagues idées sur ce que pourrait être ce « quoi » à part un viol – et ressortent éventuellement l’argument de la vie privée. J’ai rarement vu un sujet sur lequel les réactions étaient aussi clivées en fonction du genre.

    Autre clivage très net : la différence entre les commentaires internet et les réactions entendues « dans la vrai vie », où les explications « à décharge » sont plutôt rares (au début on parlait de complot ; plus personne ne semble y croire désormais).

    A mon avis, DSK est cuit dans cet électorat-là. Dans l’hypothèse qui lui est la plus favorable, il n’a pas la force de caractère nécessaire à un homme d’état : le DG du FMI est devenu « Papi se tape la bonne » (cf. la chanson de Brel).

    Pour les réactions des politiques socialistes : difficile à mon sens de ne pas manifester leur joie, etc – sauf à apparaître comme des lâcheurs d’un ancien ami, potentiel adversaire de primaire. Ils ont une marge de communication très étroite, entre respect des principes, et obligation de ne pas paraître déloyaux… Cela dit, je n’ai le sentiment d’une joie sans mélange : le message général est quand même qu’il serait bien qu’il se range sagement dans un coin. L’analyse la plus juste sur le fond me semble celle de MG Buffet dans son communiqué d’hier (elle n’est candidate à rien…). Pourtant, malgré mon accord intellectuel (et mon absence complète de strauskahnisme primaire ou secondaire), lire ce qu’elle écrit me donne le sentiment qu’elle trahit un ancien allié.

    Enfin, il est de parfaite bonne guerre que le camp d’en face mette le doigt sur toutes les ambiguïtés de cette communication embarrassée.

    Mais que j’aimerais plus de prise en compte de la situation terrible de Mme Diallo… elle incarne le type de misère sociale contre laquelle la gauche est censée se battre.

  • Après lecture du rapport du procureur, je voudrais ajouter que la justice américaine produit des documents d’une qualité remarquable. Quel procureur ou quel juge français prendrait la peine de nous expliquer de manière détaillée, et dans un style à la fois clair et soutenu, les raisons juridiques et factuelles de sa décision ?

    Sur le fond, j’ai trouvé ceci:

    « Prostitution is considered a class B misdemeanor in New York City. An offender found guilty of committing prostitution may serve up to 3 months in jail and/or pay a fine up to $500 per offense. However, a customer (or patron) of an adult prostitute may serve up to a year in jail and/or pay a fine up to $1,000. (…) While prostitution is illegal in New York City for both sellers and buyers, escort services and massage parlors remain legal business enterprises. « 

    Source: Dating.com, « because dating should be fun! » (sic)

    Cela confirme que DSK ne pouvait se prévaloir d’avoir payé Diallo (ce qui me semble probable comme indiqué plus haut), sans risquer une inculpation et un an de prison.

    Franchement, il ne faudrait pas me pousser pour voir dans cette histoire un excellent argument pour ne pas criminaliser la prostitution, ni du côté de la(du) prostitué(e), ni du côté du(de la) client(e). C’est sûrement là qu’on entre dans la zone grise des rapports humains qu’évoque Koz dans le titre de son billet.

    Dernière chose, je vous livre un petit extrait du rapport du procureur qui va faire frémir les clients des hôtels, enlever toute espérance aux accros de la prophyllaxie, et ravir les amateurs de police scientifique:

    « Le jour suivant, l’unité de la police criminelle a retiré la moquette de l’entrée de la suite, ainsi que du papier peint du mur de cette entrée, et a livré ces éléments au laboratoire médico-légal OCME. Les tests préliminaires conduits par l’OCME ont permis d’identifier cinq zones sur le tapis qui contenait des sécrétions biologiques. Une de ces taches, qui a été localisée à environ 2 mètres du lieu où la plaignante affirme que le contact sexuel a eu lieu, recelait la présence de sperme et d’amylase et contenait un mélange d’ADN de l’accusé et de la plaignante. Aucune des autres traces sur la moquette ou sur le papier peint ne contenait de traces d’ADN de l’accusé ou de la plaignante. [Note de bas de page 20 : trois des autres taches sur la moquette contenaient le sperme et l'ADN de trois autres hommes non identifiés, et une tache contenait de l'amylase et un mélange d'ADN de trois autres individus non identifiés. La tache sur sur le papier peint contenait du sperme et l'ADN de quatre autres hommes non identifiés. Comme rien n'établit qu'une autre personne était présente durant les faits incriminés, les circonstances de la présence de ces traces d'ADN non identifiées n'ont pas de lien avec l'enquête.]« 

    En clair: dans l’entrée de la suite du Sofitel de New York, sur peut être 2 ou 3 mètres carrés de moquette et de mur, on trouve 5 traces de sperme de 5 hommes différents !

  • Ce serait amusant de recueillir les éléments qui vous poussent à considérer, sans élément aucun pour le faire, qu’une femme lambda, sans aucun antécédent connu, telle que Nafissatou Diallo, toujours considérée comme une employée modèle, a du se prostituer.

    Quant au risque d’invoquer le recours à la prostitution, c’est exact mais à tempérer quand vous avez le choix entre un an de prison max ou 74 ans.

    J’en profite pour ajouter, à l’attention des tenants du complot soviétique que, si vous voulez faire craquer un homme de pouvoir, vous lui envoyez la pulpeuse Anastasia, pas Nafissatou Diallo, sans vouloir lui être désagréable.

  • Je l’ai dit plus haut: il me semble qu’une relation sexuelle en 9 minutes, c’est soit un viol, soit un acte de prostitution.

    Comme vous développez vous même l’idée que toute relation de séduction est exclue dans ce laps de temps, vous devez bien avoir vous aussi considéré cette option ?

    Je n’ai aucun élément prouvant que Mme Diallo est une prostituée. Mais au moins on sait par le rapport du procureur qu’elle est vénale:

    « Par ailleurs, dès le 16 mai 2011, la plaignante a été interrogée sur ses potentielles motivations financières, sachant qu’elle avait recruté un avocat spécialisé dans les affaires civiles. Elle a déclaré sans équivoque qu’elle n’avait pas saisi la justice en vue d’obtenir de l’argent. Elle a maintenu cette position au cours d’auditions qui ont précédé ou succédé à l’inculpation [de Strauss-Kahn, ndlr], déclarant avec émotion, à une occasion, que personne ne pourrait « l’acheter ». Mais à une date très proche de ces déclarations, la plaignante a eu une conversation téléphonique avec son fiancé incarcéré, dans laquelle a été mentionné le potentiel gain financier qu’il était possible de tirer de l’événement du 14 mai 2011. [Note de bas de page 17 : cet appel a été traduit et certifié conforme par deux traducteurs peul-anglais. Bien que divergents dans le mot-à-mot précis, les deux traductions sont sur le fond similaires sur la question de gagner de l'argent avec l'assistance d'un avocat spécialisé au civil. Le 8 août 2011, la plaignante a introduit une plainte au civil contre l'accusé, demandant des dommages et intérêts dans des proportions non spécifiées.] Bien qu’il n’y ait rien de répréhensible à chercher une réparation financière à l’occasion d’une poursuite civile, le fait que la plaignante ait démenti avoir un intérêt financier contribue à affecter sa crédibilité. »

    Donc N. Diallo est menteuse, et ses motivations pour poursuivre cette affaire en justice ont bien été financières (ce qui choque plus de ce côté de l’Atlantique que là-bas, encore une différence de perception). Et ce dès le 16 mai soit 2 jours après les faits. Mais je reconnais bien volontiers que le fait qu’elle ne soit pas du tout sympathique lorsque l’on a fini de lire le rapport du procureur ne fait pas d’elle automatiquement une prostituée, ni exclut qu’elle ait pu être violée.

    Quant à la défense de DSK, elle a toujours parlé de relation sexuelle consentie. Je ne me souviens pas qu’elle ait jamais parlé de prostitution, que ce soit pour l’exclure ou l’invoquer. On peut imaginer qu’elle gardait cette ligne de défense pour plus tard, au moment où plaider l’acte de prostitution au risque d’un an de prison aurait mieux valu que risquer les 74 ans de peine pour viol et aggression. Mais la défense n’a eu qu’à assister à l’écroulement de la crédibilité de Mme Diallo pour s’en tirer.

  • Koz a écrit : :

    qu’une femme lambda, sans aucun antécédent connu, telle que Nafissatou Diallo, toujours considérée comme une employée modèle, a du se prostituer.

    Bonsoir,

    il ne me semble pas incompatible d’être sérieux par ailleurs dans son travail et de pratiquer de temps à autre, de façon discrète, forcé par la misère, la prostitution. Il me semble d’ailleurs que parmi les minorités américaines, cela est malheureusement assez fréquent, étant donné le nombre de mères célibataires dont les maris / compagnons sont en prison (un sur dix dans certains cas je crois). ET honnêtement, l’hypothèse d’une femme de chambre qui arrondit les fins de mois avec une « gâterie » quand l’occasion se présente ne me semble pas complètement absurde.

    Si ce genre de choses se passe, tout le monde a intérêt que cela ne se sache pas, surtout dans un contexte où c’est passible de prison. Et il ne me semble pas d’ailleurs que ce genre de vice soit traqué avec tant de fermeté que cela par les autorités à New-York, qui n’est pas vraiment la ville la plus puritaine des Etats-Unis.

  • A lire certains commentaires, j’en déduis que Mme Diallo

    1/ : est une prostituée (pourquoi pas, je n’en sais rien et eux non plus)

    2/ : a donc convaincu M DSK de la baiser (désolée, mais à vous lire, je deviens vulgaire!), et ce rapidement.

    3/ : M DSK se l’est faite en 9 mn. Pour un homme de son âge, je présume qu’il avait du viagra dans sa poche (pas eu le temps de se faire une piqure!) ou bien il est atteint de priapisme?

    4/ : De peur de faire 1 an de prison, il ne veut pas la payer (et en plus elle est moche!). En effet, il connaît parfaitement les lois américaines et veut donc le beurre, l’argent du beurre, tout en ne voulant pas de la fermière.

    5/ : Mme Diallo, en prostituée professionnelle et aguerrie, non seulement a toujours su donner une bonne image d’elle de femme sage et vertueuse sur ce plan là, mais a beaucoup de réflexes. —> Comment faire pour faire casquer cet homme riche ( elle a vu la photo dans le vestiaire des femmes de chambre et connait la vie politique française mieux que quiconque), alors qu’il refuse.

    6/ : Alors, très rapidement (il ne lui reste que 5 mn), elle se tape l’épaule sur le mur pour la luxer et montrer qu’elle a été violentée, s’arrache les poils pubiens sans hurler (elle a l’habitude), puis se masturbe avec non pas une carotte, comme la petite Charlotte, mais avec un gros manche à balai pour être bien sure d’abîmer le fond de son vagin et de faire croire à un viol. (j’oubliais : elle est tellement calculatrice qu’elle a pris soin d’apprendre l’ana-path pour faire au mieux au cas où un client refuserait de la payer)

    7/ : Ensuite, elle vomit (elle avait pris de l’ipéca pour être sûre de ne pas se rater), elle a pleuré (elle avait fait bien attention à se faire une provision de jus d’oignons, comme à son habitude). Notons qu’elle avait pris nombre de cours d’art dramatiques pour être sûre que son histoire passe sans problème devant les psychologues des urgences.

    8/ : Puis elle va aux urgences, où elle est reçue par un urgentiste à sa solde (il s’étaient mis d’accord pour partager le montant des indemnités entre eux, l’urgentiste voulant s’offrir un yacht sur la côte ouest).

    Mais heureusement, les avocats de DSK étaient là! Les zorros sont arrivés, et ont remis la dame sur le bon chemin! Pensez donc! Elle avait eu l’affront de ne pas se rappeler exactement le déroulement des faits minute pas minute! Il est bien connu que les femmes violées se souviennent à la seconde près de tout ce qui s’est passé, y compris les zones exactes de la moquette où s’est déroulée la petite sauterie! Car bien sur, c’est tellement de bonheur de se voir honorée par un tel homme que chaque seconde reste à jamais gravée dans leur mémoire!

    Bon, je caricature, bien évidemment!

    Je ne sais pas ce qui s’est passé et personne ici le sait.

    Ce que je sais c’est que le rapport médical apparait concluant, mais que malheureusement comme je l’ai écrit plus haut, sans témoin, le viol ne peut pas être prouvé à 100%. c’est l’avantage des hommes mais un désavantage pour les femmes.

    Notez de plus que certaines femmes sont tellement choquées qu’elles sont dans l’incapacité de se défendre et se laissent faire : c’est une protection contre l’agression, un détachement de la réalité qui permet de supporter la violence du moment.(c’est ce que Freud appelle un mécanisme de défense face au stress , traumatique ici s’il y a bien eu violence sexuelle)

    Pour tous ceux qui disent que » le juge considère que ce n’est pas la peine qu’il [le procès] se tienne car on en connait déjà l’issue, à savoir l’acquittement de DSK. », effectivement, le problème est qu’il faut l’unanimité.

    Aussi, il suffirait qu’un seul juré s’identifie à DSK pour s’abstenir (et c’est très possible) pour qu’il soit innocenté. Même si cela n’aurait pas évité les doutes, au moins, le fait de savoir que la majorité était pour elle, l’aurait sans aucun doute soulagée, comme je l’ai écrit plus haut.

    Retournons donc le raisonnement ce que j’ai pu lire aboutissant à cet acquittement évident : pourquoi, puisque les avocats étaient si sûrs du résultat positif pour leur client, n’ont ils pas demandé au juge d’aller jusqu’au bout du procès. DSK s’en serait sorti avec les honneurs si l’unanimité avait dit oui à son acquittement. Et rendez vous compte, il aurait même été élu Président de TOUS les français avec 99,999……999% des voix (je compte l’unanimité des voix moins la mienne).

  • J’ai du mal à me faire à l’idée qu’un blog habitué à promouvoir la doctrine morale de l’église catholique fasse preuve d’aussi peu de modération et de prudence à l’égard d’un homme.

    Qui donc disait il y a quelques années déjà : « Que celui qui n’a jamais commis de faute jette sur elle la … » .

    Est-ce moi qui n’ait rien compris à cette morale ou à notre époque ? aidez-moi, je suis un peu perdu…

  • Koz a écrit : :

    En ce qui concerne le blanchiment de DSK, le procureur ne dit pas qu’il n’y a pas eu agression sexuelle / viol, il refuse de prendre le risque d’un procès. Et il reste le procès civil en tout état de cause.

    Vraiment, j’ai du mal avec ce raisonnement. Ce n’est pas une question d’avis perso du procureur. C’est tout un système qui tranche, en fonction de règles très strictes. Quant au procès civil, je ne sais pas. Dans le célèbre cas O.J. Simpson, l’accusé a été condamné au civil comme étant responsable de la « mort imputable à une faute » de sa femme. Mais cela n’a pas remis en question la conclusion du procès pénal qui l’a jugé non coupable de meurtre. C’est un peu compliqué.

    Koz a écrit : :

    DSK définitivement disqualifié ? A te yeux. Mais manifestement, les politiques ont trop souvent une appréciation différente, toujours prêts à se « refaire ». Et en l’occurrence, ses camarades de parti discutent déjà de la place à lui faire, à lui… le vieux sage.

    Je crois qu’il leur serait difficile de ne pas en discuter; la question des conséquences politiques de l’affaire est sur la table, qu’ils le veuillent ou non. Après, bon, il y a les cyniques qui pensent qu’un politicien n’est jamais définitivement cuit (une notion très française, à mon grand regret). Il y a les fans, ceux qui sont prêts à lui passer n’importe quoi tellement ils le trouvent génial. Il y a ceux qui pensent sincèrement que la relation était consentante (et à ceux-là, tu ne peux opposer que des doutes). Il y a aussi ceux qui voudraient bien ne plus jamais entendre parler de DSK mais qui craignent de diviser leur parti en parlant de lui. Je ne suis pas capable de classer les différentes personnes qui s’expriment en fonction de ces catégories; d’ailleurs, plusieurs sentiments peuvent être mêlés. À l’exception du pur cynisme, je ne trouve choquante aucune de ces réactions.

    Si, collectivement, ces braves gens ont deux sous de bon sens, ils ne donneront à DSK aucun rôle, ou, à la rigueur, une position de conseiller aussi discrète et informelle que possible. Sinon, ils en paieront collectivement les conséquences politiques. Enfin, je crois. Je peux me tromper sur la réaction des Français dans leur ensemble, ce ne serait pas la première fois. Mais, vu d’aujourd’hui, elle semble aller dans le sens d’une mise sur la touche.

  • Hervé a écrit : :

    J’ai du mal à me faire à l’idée qu’un blog habitué à promouvoir la doctrine morale de l’église catholique fasse preuve d’aussi peu de modération et de prudence à l’égard d’un homme. Qui donc disait il y a quelques années déjà : « Que celui qui n’a jamais commis de faute jette sur elle la … » . Est-ce moi qui n’ait rien compris à cette morale ou à notre époque ? aidez-moi, je suis un peu perdu…

    ^^ Hervé, c’est parce que dans le texte que vous citez, c’est « elle » Ici on parle de « il » Tara va vous expliquer ^^

  • Tara,

    lisez le rapport du procureur. ça vous enlèvera certaines de vos illusions sur Mme Diallo et en tout cas ça vous évitera de proférer certaines contrevérités (vous dites exagérations), si vous êtes de bonne foi.

    Le procureur explique notamment:

    • que la capacité de N. Diallo à être très convaincante en racontant plusieurs mensonges (dont son viol précédent en Guinée et son emploi du temps à sa sortie de la suite 2806) qui se sont ensuite révélés a ruiné la confiance qu’ils avaient en elle et sa crédibilité en tant que témoin;

    • que les rapports médicaux ne prouvent en aucun cas le viol ou les violences, mais qu’au contraire certains experts excluent que les « rougeurs vaginales » constatées ou les douleurs à l’épaule puissent avoir été causées par des violences.

    En fait, ce que le procureur pense, c’est qu’il n’arriverait pas à convaincre un seul des jurés, car lui-même ne croit plus Diallo. Et que son éthique de procureur lui interdit simplement de poursuivre dans ces conditions.

    Ce que je pense moi, c’est que DSK et Diallo sont de pauvres humains pécheurs que le destin a rattrapés en soulignant leurs pires défauts. Vous, Tara, voudriez que l’un expie et que l’autre soit blanchie. Dans votre cas c’est par sexisme. D’autres parce qu’elle est pauvre et lui riche. D’autres à l’inverse veulent blanchir DSK parce qu’il est de leur clan politique.

    Moi je trouve que la machine à blanchir est absurde dans les deux cas.

  • pulp a écrit : :

    certains experts

    C’est bien ce que je dis!

    Serge a écrit : :

    ^^ Hervé, c’est parce que dans le texte que vous citez, c’est « elle » Ici on parle de « il » Tara va vous expliquer ^^

    Je répondrai par cet extrait d’interview de J Quatremer, qu’on ne peut pas qualifier ni de femme ni de droite!

    « Ce qui reste de DSK, c’est un homme qui s’est fait faire une fellation par une parfaite inconnue dans sa chambre, après avoir passé une nuit avec une autre femme que la sienne, qui va déjeuner avec sa fille et qui, ensuite, saute dans l’avion pour aller rejoindre sa femme légitime à Paris (…). Traiter les femmes comme le fait DSK devrait susciter le même sentiment de rejet qu’un politique qui aurait un comportement raciste. »

    J’ajouterai que , contrairement à ce que voudrait nous faire croire la théorie du gender, les femmes ne réagissent pas de la même façon que les hommes, sur ce plan là comme sur bien d’autres, tant au niveau psychologique qu’au niveau physiologique : c’est ballot, ballot, mais c’est comme cela. Ainsi, nombre d’entre elles n’ont absolument pas l’impression qu’un inconnu, fut il riche, leur fait un cadeau en leur sautant dessus, même si elles savent ne pas avoir tous les critères anatomiques de Miss Univers.Sans compter que le fait de voir un homme vieux et gros ne les émoustille pas au quart de tour, et que même pour un bel homme -selon les critères de chacune-, il faut ajouter du temps au temps.

    Quant aux hommes, si j’ai bien compris ce qu’ont pu me dire nombre d’entre eux lors de mes consultations, il est assez rapide de manger lorsqu’on a faim ou qu’on cherche à se mettre quelque chose sous la dent (par faim ou par boulimie), mais c’est beaucoup plus long lorsqu’on vous propose un met au dépourvu -qui plus est s’il n’est pas vraiment appétissant, selon ses critères personnels- où il faut alors stimuler cet appétit pendant un certain temps, souvent un peu plus de 9 mn, ce délai augmentant avec l’âge. Ai je bien décrit symboliquement les choses qui m’ont été dites avec un vocabulaire plus précis?

  • Pulp, une fois encore, ce que je dis et écrit, c’est que le doute persiste, assez fortement, que la décision d’abandonner le procès s’imposait toutefois compte tenu des critères américains mais que ce doute persistant (sans compter tout ce que cette affaire nous a révélé sur l’homme dans sa manière de traiter les femmes et son rapport à l’argent) devrait inciter les socialistes à la modération dans leurs commentaires. Sans leur triomphalisme indécent, il n’y aurait probablement pas eu de billet.

    Ensuite, sur les détails de l’affaire, vous pouvez inciter Tara à lire le rapport, je le peux aussi : le procureur ne retient même pas les 9 mn, ce qui à mon avis ne bouleverse pas fondamentalement les données du dossier, quant à la vénalité, vous évoquez un entretien du « 16 mai » alors que le passage que vois citez dit que, le 16 mai, elle a assuré qu’elle n’avait pas de motivation financière alors qu’elle a dit le contraire dans une conversation « proche de cette date ». Là-dessus, j’ai dit ce que j’en pensais plus haut.

    Hervé, vous êtes un saint, félicitations. On compte sur vous.

  • Koz,

    je partage votre sentiment: beaucoup / trop de socialistes ont été indécents dans cette affaire. J’ajoute que je me réjouis que l’UMP et le gouvernement soient, eux, restés dans une attitude bien plus digne.

    Et je n’ai pas spécialement envie d’entendre DSK venir nous expliquer son point de vue sur la crise, comme Cambadélis nous l’a annoncé avec une mine gourmande. Encore moins de retrouver DSK comme ministre dans 9 mois. Comme vous je crois, je souhaite pour DSK une vie à l’ombre qui fasse déflater son ego. Cela l’aidera sûrement à réévaluer son comportement avec les femmes.

    Sur la date de la conversation téléphonique entre Diallo et son ami évoquant sa motivation financière à poursuivre l’affaire en justice, le rapport ne dit en effet pas qu’elle date du 16 mai. Il dit « very close in time » de cette date. Dans mon souvenir c’est bien du lundi qu’il s’agissait, mais je n’ai pas vérifié. Je ne vois pas ce que cela change. La question est: dans les 30 minutes (à peu près) entre son départ de la suite de DSK et sa plainte à son superviseur, est-ce que c’est cela qui l’a motivée ? Et pour cela bien sûr nous n’avons pas de réponse avérée. Ce qui n’empêche pas d’avoir une idée.

  • Ce matin j’ai écouté l’interview de Pascal Bruckner par Dominique Souchier sur Europe 1. Il a qualifié de « puritanisme lubrique » l’attitude de nombreux médias américains à propos de cette affaire DSK. J’ai bien aimé cette expression « puritanisme lubrique » qui traduit l’ambiguïté de ces journalistes qui aiment condamner avant les juges tout en se délectant à écrire moult détails sexuels croustillants.

    Je crains dans ce domaine aussi l’influence américaine sur nos esprits.

  • Le billet si abondamment commenté comportait un furtif appel à la pudeur. On ne peut pas dire qu’il ait été entendu. L’envie d’aller regarder au trou de la serrure de la suite 2806 est irrésistible, n’est-ce pas? Et si Koz lui-même donne le signal, alors qui s’en privera ?

    En laissant de côté, momentanément, ces détails salaces qui nous préoccupent tant, peut-on mesurer le scandale que représente la conduite de M. Strauss-Kahn ? Cet homme, directeur général du FMI, exerçait l’un des responsabilités les plus importantes dans la crise du système monétaire et face au dérèglement des transactions financières dans le monde entier. La situation de dizaines de millions d’hommes dépendait, pour une part, de son travail. Il était attendu pour des discussions très importantes avec les principaux dirigeants européens.

    Que fait-il alors ? Il consulte ses conseillers ? Il est enfermé dans son bureau avec les données des dernières semaines ? Il réfléchit à ce qu’il va dire à la chancelière fédérale d’Allemagne, au président de la République française ? Ce qu’il fait, nous le savons et, là-dessus, il n’y a pas de doute. Dans l’un des appartements les plus luxueux d’un des hôtels les plus luxueux de New York, il s’occupe de satisfaire son goût du plaisir.

    Tel est le nouveau Keynes (qui, à la différence du fondateur du système monétaire de 1944, n’a rien publié qui soit digne d’intérêt en matière de théorie économique)! Voilà le penseur d’une nouvelle réponse progressiste à la plus grave crise financière depuis celle de 1929 ! Là est l’homme qui porte aussi les espoirs de changement d’une grande partie des Français (ceux qui se rangent à gauche et dont je suis)!

    M. Strauss-Kahn a failli. M. Strauss-Kahn est un homme déchu. Le seul aspect de cette triste histoire qui inspire le respect et donne un peu d’espoir est la constance d’Anne Sinclair, pour qui je n’avais aucune sympathie, mais dont j’admire qu’elle soit sans doute restée auprès de celui qui l’a si cruellement trahie parce qu’elle a eu pitié de lui et n’a pas voulu l’abandonner à sa déchéance.

    Est-il devenu impossible, dans le monde où nous vivons, de constater ces vérités et de les dire ? D’appeler honte la honte, laideur la laideur, chute la chute, mensonge le mensonge, pitié la pitié?

  • Aucune hypothèse plausible sur ce qui s’est passé au Sofitel ne permet d’attribuer un comportement honorable à DSK.

  • Merci Koz de ce très bon point, auquel j’apporterais volontiers une correction et un complément : Nafissatou Diallo est Guinéenne et non pas Nigériane (et donc francophone, incidemment, ce que je ne crois vraiment pas anecdotique dans le cas présent, mais recentrons-nous).

    Sur le fond, je suis surpris (étonné, même) que le procureur n’ait pas accepté de prendre comme au moins un indice la part de l’enregistrement de la conversation de ND avec son bandit au cours de laquelle elle décrivait ce qui s’était passé, évidemment de bonne foi puisqu’elle ne pouvait pas se savoir sur écoutes. Ceci est aussi bizarre que le fait qu’on n’ait pas changé dans le dossier la version du « je sais ce que je fais », dont elle a redonné une traduction en bafoulani, cautionnée par d’autres… Sale affaire, dans laquelle les aspects ethniques – au sens très élargi – auront pesé bien lourd à travers l’Océan… Non la justice n’est pas exemplaire : nous savions dès le début ce que serait la stratégie de la défense (je ne vous donnerai pas ma version !!!??? et je vais aller fouiller les poubelles et mobiliser tous mes copains pour décrédibiliser la victime) et ç a a marché quand même. Triste.

  • le monde éditorialisait, après l’abandon des charges  » justice impitoyable », en référence aux deux personnes dont la vie publique sera impactée durablement par cette non-affaire judiciaire. _j’ y ajouterai » justice pitoyable »: la violence psychologique de cette arrestation/médiatisation, l’absurde d’un procureur reconnaissant qu’il y a eu un rapport sexuel « probablement non consenti » mais qu’il ne peut poursuivre, qu’il ne veut pas d’un procès…

    quant à DSK, son comportement durant cet « incident », son silence après, ne l’autorise plus à représenter qui que ce soit d’autre que lui-même. qu’il vienne nous parler économie si cela lui chante, érotisme si cela l’enchante… qui sommes nous pour le juger ? des citoyens qui ne seraient jamais comporté comme cela, nous ne sommes pas dans l’épisode de la femme adultère de l’Evangile.

    la réaction de certains responsables PS montre qu’ils ont du mal à oublier l’ami derrière l’homme. compréhensible à titre individuel, répréhensible au plan politique. un peu de discrétion et de pudeur a été la règle de conduite d’autres (Ségolène par exemple).

  • Bien sûr il demeure un doute. Comment pourrait-il en être autrement alors que DSK n’a jamais donné sa version des faits?

    Sur la réaction des responsables socialistes, je suis mitigé. Bien entendu, le triomphalisme de certains est assez répugnant. Mais ça ne me choque pas que d’autres parlent de soulagement. Après tout, ils ont beau être des politiciens, il est tout de même possible que certains aient conservé quelques sentiments humains, par exemple l’amitié. Et moi, si un de mes amis devait se retrouver dans la situation de DSK, quelles que soient les zones de doute, je serais soulagé que le procureur abandonne les poursuites. Moi-même qui ne suis pas socialiste (mais alors vraiment pas) et ne connais pas DSK, je suis plutôt soulagé que ça se termine en non-lieu. S’il avait été reconnu coupable, c’eut été un coup terrible pour notre pays.

    Pour finir, je trouve que cette affaire est plutôt à l’honneur de la justice US. Face à une situation critique où il fallait prendre une décision rapide avec une accusation crédible, peu de moyens de vérifier et le risque de voir le suspect se soustraire définitivement à la justice (je suis convaincu que le précédent Polanski a lourdement pesé en défaveur de DSK), ils ont choisi d’arrêter DSK. Décision raisonnable compte tenu des éléments disponibles à ce moment-là.

    Mais ensuite : diligence, transparence, capacité à reconnaître son erreur… DSK ne reste en prison que 4 jours, le non-lieu est délivré en 3 mois, le doute a profité à l’accusé… Chapeau. Reste l’épisode du perp walk qui humilie inutilement l’accusé.

    Si je devais un jour subir un procès, je préfèrerais me trouver face à Cyrus Vance que face à… Eva Joly.

  • désaccord sur l’efficacité de la justice US: l’interrogatoire de DSK était bouclé en quelques heures, il aurait pu, du être libéré discrètement dans l’attente des résultats de l’enquête, privé peut-être de passeport français ou diplo, cela eut évité la curée médiatique et le revirement presque mélodramatique de l’abandon des charges. les médias ont grossi le trait, exagéré, inventé parfois, même certains blogs pourtant au fait des aspects judiciaires nous ont parlé des détectives payés par les avocats de DSK pour discréditer la plaignante, alors que personne n’a vu la trace d’un seul … mais si, le soulagement des proches est légitime, la prudence du verbe est nécessaire : les déclarations maladroites des premiers jours auraient du servir de leçon…

  • Il ne vient à l’esprit de personne que s’il n’y a pas eu viol, les 7 ou 9 mn ne signifient rien ? DSK peut très bien avoir appelé sa fille pour lui dire qu’il serait en retard et la prestation, tarifée implicitement ou non, avoir eu lieu après. C’est d’ailleurs le plus crédible, et ça expliquerait pourquoi Diallo ne rentre ds la chambre 2820 qu’à 12H26, pour en ressortir aussitôt une fois que DSK a pris l’ascenseur, et revenir dans la 2806 à 12H28 chercher l’argent, qu’elle ne trouve pas, ce qui la rend folle de rage.

  • francis a écrit : :

    il aurait pu, du être libéré discrètement dans l’attente des résultats de l’enquête, privé peut-être de passeport français ou diplo

    Cela lui aurait permis, s’il l’avait voulu, de quitter le sol des US et de rejoindre son pays qui (i) n’a pas d’accord d’extradition avec les US et (ii) a vu encore récemment des grands quotidiens nationaux et des figures politiques de premier plan expliquer la main sur le cœur qu’un violeur ne doit pas répondre de ses actes devant la justice US.

    Plutôt que de prendre ce risque, la justice US a préféré une libération sous caution en résidence surveillée après les quelques jours de prison le temps d’en négocier les conditions.

    Encore une fois, hormis le perp walk, je ne vois là rien de critiquable dans le fonctionnement de la justice US.

  • l’extradition n’ rien à voir là dedans, dsk aux USA peut êrtre contraint d’y rester, point.

    « des figures politiques de premier plan expliquer la main sur le cœur qu’un violeur ne doit pas répondre de ses actes devant la justice US » … cette formulation me semble et approximative et polémique…

  • @francis

    Enfin quand même, DSK n’est pas n’importe qui, il n’était pas déraisonnable de penser qu’il aurait pu trouver un moyen de quitter le pays même sans passeport. Or vous écartez un peu vite l’argument de lib, le fait est que la France n’extrade pas ses ressortissants, comme tout le monde me semble-t-il. Une fois hors des USA, il était intouchable.

    En outre, la phrase de Lib n’est pas si approximative, il me semble qu’il fait référence à l’affaire Polanski. Et même si le neveu de tonton n’est pas « une figure politique de premier plan » il est quand même ministre. Et ses propos avaient pour conséquence logique de défendre la possibilité pour Polanski d’être soustrait, pour l’éternité, aux foudres de la justice US. L’histoire concernait quand même des actes de sodomie sur gamine de 13 ans droguée à dessein.

  • 1) Il ne me semble pas que Polanski était privé de passeport. 2) Je reste persuadé que, comme en France, l’emprisonnement, la visibilité, la dureté de cette sanction est destinée à marquer les esprits, à condamner avant de juger,…

  • Pour abonder dans le sens de Lib:

    Ce n’est pas le procureur Vance qui a inventé ou appliqué (dans le cas DSK du moins) la méthode consistant à mettre en garde à vue ou en détention provisoire pour mettre sous pression et faire craquer le présumé coupable. On sait que cette méthode existe en France, qu’elle a été abondamment (et abusivement) employée par des juges et spécialement contre des supposés puissants. Eva Joly en a été l’une des utilisatrices les plus acharnées. C’est une des hontes de notre justice que ce triple déni de la présomption d’innocence, du respect dû au prévenu et des droits de la défense. Notre justice a d’autres tares tout aussi graves (fonctionnarisation, tendance à ne pas assumer son rôle répressif, lenteur, réseaux et coteries, ) et aussi quelques aspects positifs. Le tout fait matière pour un débat passionant mais hors sujet ici.

    Pour en revenir au procureur Vance, son rapport indique clairement qu’il a tenu compte du fait que la France n’extrade pas ses nationaux pour retenir DSK très fermement à la disposition de la justice US. Dans l’interview des avocats de DSK publiée par le JDD d’hier, il n’y a pas de critique du traitement de leur client par le procureur.

    Incidemment, mais parce que cela éclaire le débat mené ci-avant, les avocats dénient que la relation sexuelle « consentie » entre DSK et Diallo ait été tarifée.

  • @NoReply « Personnellement, je trouve les sanctions pénal aux US un peu dures pour ce type d’actes, je sais bien que l’usage veut que l’on ne parle que de la culpabilité ou non du prévenu, mais discuter de la dureté du système judiciaire plus largement me semble souhaitable. Le procès civil, orienté vers l’indemnisation me semble bien plus adapté. »

    C’est de l’ironie, j’espère. Sinon, je pense avoir rarement lu quelque chose d’aussi lamentable.

    C’est vrai qu’un viol, ce n’est qu’un petit incident qui ne mérite pas de sanctions pénales ; un violeur n’a aucun besoin d’être envoyé en prison, après tout, quel intérêt de protéger ses potentielles futures victimes ? Une indemnisation est effectivement bien plus adaptée. Après un viol, hop, un peu d’argent pour dédommager et on n’en parle plus. Toutes les femmes seraient donc des prostituées – de luxe – en libre service ?

  • Pingback: Le parti des éléphants. | Un autre regard

  • Extrait de la plainte au civil déposée par N. Diallo le 8.08:

    « Apparemment, Mme Diallo n’a pas été la seule victime du Défendeur Strauss-Kahn. Au procès, Mme Diallo présentera d’autres crimes, torts ou actes commis afin de démontrer le motif, l’opportunité, l’intention, la préparation, la planification, la conscience, l’identité ou l’absence d’erreur ou d’accident du Défendeur Strauss-Kahn. Ces individus incluent – sans se limiter à – d’autres femmes : (i) qui ont été agressées sexuellement par le Défendeur Strauss- Kahn dans des chambres d’hôtel de par le monde ; (ii) qui ont été agressées sexuellement dans des appartements utilisés par le Défendeur Strauss-Kahn afin de couvrir ses crimes ; (iii) qui ont travaillé avec le Défendeur Strauss-Kahn et qui ont été forcées de répondre à ses demandes sexuelles à cause de sa position de pouvoir ; et/ou (iv) qui accomplissaient normalement leur travail mais ont été confrontées au traitement des femmes comme des objets par le Défendeur Strauss-Kahn, à qui il a fait des remarques sexuelles inappropriées et qu’il a tenté de forcer à pratiquer des actes sexuels avec lui. »

    Que DSK gagne ou non son procès, ces révélations vont le plomber pour longtemps.

    Juste un petit détail tiré de la même plainte: en montant dans l’avion Air France l’après-midi même des faits, il aurait dit à haute voix « quel beau cul » à propos de l’hôtesse. Classe et plein d’à propos, n’est-il-pas ?

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