Vos convictions contre une génuflexion

sarkoNicolas Sarkozy a compris l’envie de politique autrement, l’exigence citoyenne manifestée dans les urnes lors des dernières élections régionales. Mieux, parce qu’en politique expert, il ressent le peuple, dès cet été, noircissant fiévreusement – huit heures par jour, rendez-vous compte – de sa propre main, les pages blanches de son avenir, il posait le bon diagnostic, pour la France et pour lui-même. Car certainement son problème est bien celui-là : la crédibilité.  Je l’entends par des amis, je le ressens moi-même : son propos glisse sur moi comme l’eau sur les plumes d’un canard. Je l’entends mais ça n’imprime plus. Alors, par trois fois il le dit.

Une fois :

J’ai beaucoup pensé à cette question de la parole donnée, de la valeur de ses engagements, de la crédibilité du propos que l’on tient.

Deux fois :

Restera la question centrale : le ferez-vous ? Je suis bien conscient que l’interrogation existe. Et comment ne pas le comprendre. Souvent, trop souvent, la droite républicaine a déçu ses électeurs par sa pusillanimité, sa difficulté à s’extraire de la pensée unique, sa volonté de plaire à ceux à qui elle ne plaira jamais. Je n’ai moi-même pas toujours échappé à cette critique justifiée.

Et, pour la route, celle que j’aurais pu écrire :

Je veux que la politique cesse d’incarner l’impuissance, cesse d’être synonyme de renoncement. Je veux qu’elle redevienne une espérance.

Échange convictions…

Pour mieux illustrer son bon diagnostic, pusillanime, il renonce à la parole donnée. Amusant, non ? Lui qui s’était engagé à réécrire la loi Taubira et même, dans un mouvement quelque peu dédaigneux, à l’abroger parce que « ça ne coûte pas cher », « a évolué ». Cette fois, il n’a pas changé, il a évolué. Lui, dont chaque Français connaît l’obsession de la concorde et la sainte horreur du clivage, « ne souhaite pas qu’on légifère à nouveau, parce que la priorité doit être de rassembler les Français ». Mais allez, trêve d’ironie : quand le même homme écrit, au sujet du discours de Grenoble, que son seul regret est de ne pas en avoir fait davantage, il flotte sur l’invocation du souci de fraternité des Français un parfum entêtant de mascarade.

Oh bien sûr, la seule surprise tient à l’officialisation de ce reniement. Comme il le pressentait, cela fait bien longtemps que nul ne se fie plus à sa seule parole, moins encore qu’à celle des autres politiques. Mais pour être honnête, on pouvait penser qu’il se contenterait de ne pas honorer sa promesse. Pourtant non, sur ce sujet et ce seul sujet, se rendant à on ne sait quelle pression politique ou médiatique, il fait volte-face. Le fait qu’il s’agisse de l’unique objet de renoncement explicite dans son livre n’est pas neutre. Car ses autres mea culpa ne portent que sur la forme ou sur le fait de ne pas être allé assez loin dans le même sens, notamment sur l’immigration. On n’imagine d’ailleurs pas, dès lors, que ce soit la crainte d’être assimilé à l’extrême-droite1 qui l’ait emporté. Sarko, c’est pas un gars genre pusillanime.

Sur toutes ses promesses, restera la question centrale : le fera-t-il ? Nous n’avons aujourd’hui plus encore qu’hier, guère de raisons d’y croire.
En se prononçant étrangement pour la coexistence de deux mariages, hétérosexuel et homosexuel – une incohérence qui portait en germe le renoncement – il avait déjà entériné le mariage homosexuel. Il ratifie maintenant l’adoption, ce qu’au demeurant il se garde bien d’écrire2. Ce faisant, il est à l’image de tous ceux qui n’ont de cesse de ne parler que de « mariage homo » et d’ « opposants au mariage gay », occultant encore l’adoption, qui a pourtant été pour beaucoup l’élément déclencheur de leur mobilisation, parfois même le seul. Personne ne peut donc s’affirmer véritablement surpris, la seule incertitude qui planait encore portant sur la date et les modalités du reniement.

Passons sur le fond du sujet, puisqu’aussi bien il ne s’agit que de l’avenir des enfants de France : c’est bel et bien la crédibilité du politique qui est en jeu. On aurait aimé avoir tort. On aurait préféré être un ingrat. On aurait voulu être surpris. Et contre toute attente, le voir honorer son engagement.

Il n’en sera pas ainsi et, comme il l’anticipait, sur toutes ses promesses, restera la question centrale : le fera-t-il ? Nous avons aujourd’hui, plus encore qu’hier, peu de raisons d’y croire.

… contre génuflexion.

Mais cette révélation s’est accompagnée d’un épisode non moins ironique et contradictoire. En pleine promotion de son livre, Nicolas Sarkozy a fait savoir concomitamment qu’il se rendrait à la messe de réparation à l’église Saint Louis, incendiée, à Fontainebleau, dans ce que son entourage a présenté3 comme « un petit geste envers la communauté catholique« . Il n’ignorait évidemment pas que la volte-face précédemment décrite passerait spécialement mal dans ce public. Alors il propose ce marché : nos convictions contre une génuflexion. Pariant probablement sur la jobardise du catholique, il s’estimera quitte.

Et pourtant. Au-delà même de la grossière tartuferie, les catholiques devraient spécialement refuser l’inspiration qui préside à ce geste. Et je voudrais profiter de ce moment pour vous toucher un mot de celui-là : communauté. Car son geste est identitaire autant que communautariste, deux vrais dangers qui guettent les catholiques.

Bien sûr, il y a tout lieu d’être vigilant sur les actes de vandalisme à l’encontre des églises et des tombes chrétiennes, pour ne pas ignorer l’anti-christianisme de ces gestes quand et s’il se présente, et ne pas accepter sans retenue qu’on ne relativise que les atteintes aux édifices chrétiens. Des sites se sont spécialisés dans le recensement de ces actes, et la dénonciation d’une christianophobie. Mais en l’espèce il s’agit semble-t-il d’un différend entre un marginal et le curé. Cela aura tout de même attirer l’attention de l’ancien président pour un petit geste qui coûte pas cher.

Il ne saurait y avoir de « communauté catholique », comme il y aurait la communauté juive, antillaise, algérienne, la communauté gay ou la communauté musulmane : il n’y a que des catholiques dans la communauté nationale.
Mais revenons sur cette invocation d’une « communauté catholique ». Ne nous y trompons : la perspective en change le sens. Dans une perspective ecclésiale, les catholiques sont évidemment appelés, entre eux, à former une communauté. Mais dans une perspective politique, les choses sont bien différentes. Car non, d’un point de vue politique, pour la République et pour la France, il ne saurait y avoir de « communauté catholique », comme il y aurait la communauté juive, la communauté antillaise, la communauté algérienne, la communauté gay ou la communauté musulmane : il n’y a que des catholiques dans la communauté nationale.

Ni les catholiques ni le pays ne doivent se laisser prendre au piège du jeu des « communautés » et à leur concurrence.

La France, tout d’abord, ne doit pas se laisser aller à cette logique dans laquelle on s’adressera à chaque communauté comme à autant de segments de marché, où chacune fera valoir ses propres doléances, ses souffrances personnelles, mettra en scène sa petite persécution et ses revendications identitaires. Comme l’expose Laurent Bouvet dans son livre L’insécurité culturelle, nous devons cela au tournant identitaire des années 70, lorsque s’est instaurée une logique de revendication de droits individuels contre le destin collectif. Depuis, chacun se présente avec son identité singulière. Ironiquement, nos Identitaires sont les héritiers sociologiques de la communauté gay. De celle-ci et de toutes les communautés d’origines qui suscitent en retour la riposte paradoxale des souchistes. Cette logique à laquelle sont aujourd’hui spécialement nos politiques, et les plus friands de sondages en premier lieu, est délétère. Elle morcelle le pays et la seule communauté politique qui vaille en son sein : la communauté nationale. Nous pouvons d’autant moins nous le permettre aujourd’hui que notre pays a un besoin immédiatement vital d’intégration, d’union, de destin commun.

Les catholiques ne sont pas, pour rien, universels. Leur horizon ne peut en aucun être communautaire.
Mais les catholiques ne doivent pas davantage l’accepter. En tout premier lieu, parce que c’est contraire à leur vocation. Les catholiques ne sont pas, pour rien, universels. Leur horizon ne peut en aucun être communautaire. Leur raison d’être, leur légitimité à intervenir dans le débat public, tient à ce qu’ils ne défendent pas des intérêts catégoriels, des intérêts communautaires mais cette autre forme de l’intérêt général qu’ils appellent le bien commun. Je refuse notamment d’entendre ce que l’on a déjà pu me dire : « vous parlez pour la communauté ». Il est hors de question de borner notre horizon aux fortifications d’une quelconque communauté assiégée. Les catholiques ne parlent pas pour « la communauté », ils parlent pour le pays. S’ils devaient accepter d’être relégués à une simple communauté, ils seraient délégitimés dans leur expression publique.

Et en second lieu, ils ne peuvent ni ne doivent l’accepter car, comme le disait le pape pour l’Europe, comme l’a répété Mgr Dagens récemment, comme l’avait écrit un auteur du IIème siècle, « ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde ». Plus encore, les chrétiens sont pour la France une source : une origine, une inspiration et un principe de vie.


  1. puisqu’aussi bien les medias assimilent maintenant au fascisme la préférence pour un couple parental homme / femme []
  2. « Il ne sera donc pas question de démarier les mariés ou de revenir en arrière sur le principe du mariage homosexuel » []
  3. voir ici et []

Auteur

Monoépoux, multipère, et fidèle à plusieurs titres. Également avocat (associé fondateur BeLeM Avocats) et auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015, éd. du Cerf)

36 comments

  • Merci pour ce billet, surtout pour cette mention de la « communauté catholique » qui m’exaspère.

    Il y a quelques mois, beaucoup avaient râlé, lorsque une chaîne d’info avait dénombré les dégradations des tombes dans les carrés juifs, musulmans et dans les cimetières municipaux. Ils voulaient y voir une christianophobie, puisqu’on n’osait pas parler de cimetières chrétiens. Sauf que les chrétiens ne demandent pas de « carrés chrétiens », ils ne réclament pas à être enterrés à part, entre gens bien, loin des athées…

    N’acceptons pas de n’être qu’une « communauté catholique », – que cette expression vienne de Sarkozy ou d’autres – mais plus encore, ne le réclamons pas !

  • A mon avis, la raison de son « évolution » (tiens, il emploie le même vocabulaire qu’Obama) s’appelle Carla. Derrière chaque grand homme, etc.

  • @ Fortunato : je le crois doté du background suffisant pour se forger de mauvaises idées tout seul.

    @ Goéland : oui, il nous faut savoir résister à la concurrence victimaire et à la calinothérapie. Bien sûr, à court terme et courte vue, cela se comprend. Certes, c’est encouragé à la fois par le virage pris par la société depuis les années 70, bien plus individualiste que collective et par le fonctionnement politique, prompt à scinder le corps électoral en autant d’audiences que nécessaires. Certes, cela fait du bien momentanément, cette petite caresse sur l’échine, « oui, toi aussi, tu as beaucoup souffert« . Mais à moyen terme, c’est doublement nuisible aux cathos. Et, « accessoirement », au pays.

  • Je veux bien une source pour ces médias qui assimilent « préférence pour un couple parental homme / femme ». Par ailleurs, vous savez bien que « fasciste » veut simplement dire « personne avec qui je suis en désaccord » et ne fait plus référence que sous la plume d’historien poussiéreux au régime mussolinien.

    Pour le reste, billet intelligent et qui fait du bien à l’âme. On se sent moins seul à vous lire. Cela n’empêchera pas la masse des cathos de voter pour lui le cas échéant, par défaut. Mais merci de faire ce que vous pouvez.

  • @ Armand017 : je ne suis pas naturellement porté à constituer des dossiers, et pas désireux de perdre mon temps à cela. Mais l’ostracisme, dont je peux au demeurant témoigner à ma petite mesure, et le traitement général employés à l’encontre de ceux qui ne validaient pas l’adoption homo, tout comme la petite musique consistant à évoquer à leur égard la « droite dure / la plus dure » est révélatrice. Je pense à l’instant à un gars comme Fromantin, qui est somme toute dans la plus grande tradition de la démocratie-chrétienne, assortie d’une bonne dose de libéralisme, et qui se trouve régulièrement grimé en représentant de la droite dure. De façon générale, et vous y prêterez peut-être une attention renouvelée, le petit monde médiatique traite de façon très approchante le manifestant de 2013 et le militant FN.

    Armand017 a écrit :

    Pour le reste, billet intelligent et qui fait du bien à l’âme. On se sent moins seul à vous lire. Cela n’empêchera pas la masse des cathos de voter pour lui le cas échéant, par défaut. Mais merci de faire ce que vous pouvez.

    Merci. Nous verrons effectivement ce que l’avenir nous proposera. A tout le moins, ce revirement nous évite, pour la primaire, une fidélité injustifiée.

  • Juste un mot pour pinailler, bien cher Koz. La citation exacte est: « En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les Chrétiens le sont dans le monde. » C’est dans un texte grec anonyme, effectivement du IIe siècle: « A Diognète », au début du chapitre 6. J’ai cité la traduction d’Henri Irénée Marrou, dans la collection « Sources chrétiennes ». L’auteur de cette brève et très belle apologie était évidemment un intellectuel chrétien, mais pas un « moine ». Que cela soit dit en toute amitié.

  • Diantre, moi qui m’habituais à me rengorger de votre total soutien, mon âme pleure 😉 Je m’en veux de ne pas avoir identifié plus tôt la lettre à Diognète. Je pourrais tenter de pinailler mais j’aurais fort à faire contre vous et contre le Vatican (de mémoire, je pensais que le pape, qui l’avait cité à Strasbourg, l’avait attribué à un moine, mais j’ai vérifié et c’était un souvenir erroné). Je m’en vais donc promptement corriger.

  • Merci ! Je constate comme toi qu’on est souvent piégé entre une caricature de « droite dure » et l’accusation de ne pas défendre « la communauté à laquelle on appartient ». Comme si l’anathème d’un côté suffisait à exonérer de toute réflexion alors même qu’on ne se reconnait que peu dans les logiques partisanes actuelles, et que de l’autre beaucoup ne se sentait plus levain dans la pâte.

  • @ Goéland:

    Je ne comprends pas pourquoi le terme communauté vous gêne ? Quand il y a des dégradations dans les cimetières municipaux c’est en général les tombes chrétiennes (croix renversées…) qui sont détruites. C’est donc bien la volonté de blesser des chrétiens et donc la communauté chrétienne non ? En quoi serait ce nourrir le communautarisme que de déplorer que des actes anti chrétien ne sont pas condamnés ? Le communautarisme c’est autre chose. Le communautarisme marque la volonté d’une communauté de se couper de la communauté nationale. On ne remarque pas cela chez les chrétiens qui en général se fondent parfaitement dans le monde (sans être du monde) et ce dans tous les pays du monde. Dans le communautarisme il faut distinguer celui qui est encouragé et souvent même né d’une volonté politique (sos racisme, LGBT, féministes) pour être utilisé ensuite à des fins électoralistes ou pour passer des lois controversées. Ensuite il y a le communautarisme comme moyen de conquête. C’est dans l’Islam qu’il est aujourd’hui le plus visible.

  • Bonjour, une question sur votre billet: pourquoi se soucier à ce point de ce mariage civil qui est maintenant ouvert aux couples du même sexe? Ce n’est pas le mariage pour tous qui a tué le mariage civil: faut il rappeler le taux de divorce de plus de 50%, les 30% de couples vivant en concubinage, les 60% d’enfants qui naissent hors mariage, ces trois chiffres étant en augmentation constante, sans parler des ravages de l’infidélité pour se rendre compte que le mariage civil n’a plus aucune signification aujourd’hui au delà de son rôle juridique et fiscal? Et d’ailleurs combien d’homosexuels se sont mariés depuis le vote de la loi? Très peu finalement (17500 d’après un article du Monde) car un grand nombre d’homosexuels sont peut-être un peu comme la majorité de nos contemporains, soucieux de leur bien être personnel avant tout et ne voyant pas bien l’intérêt de la promesse de fidélité ni la nécessité du partage dans le couple… Et d’ailleurs si demain le mariage civil était aboli, quel impact réel pour les catholiques? Aucun je pense en dehors de l’aspect pécunier, peut-être même le mariage religieux reprendrait-il alors tout son sens! Le catholicisme ne peut plus prétendre contrôler la société française (sinon Nicolas Sarkozy en fin politicien n’aurait pas osé faire son revirement) et cela est peut être troublant pour certains, mais personnellement je ne pense pas qu’il faille se soucier plus que de raison des lois que des non-croyants se votent pour eux mêmes. Lorsque vous écrivez sur les catholiques comme faisant partie de la communauté nationale, je vous rejoins en partie notamment sur le rejet de la « ghettoïsation », mais je pense aussi aux premiers chrétiens qui eux aussi étaient citoyens minoritaires d’une République dont les valeurs n’étaient pas superposables aux leurs. Eux aussi participaient à la vie de la cité, débattaient leurs idées et tentaient d’influencer le législateur, mais même lorsqu’ils n’avaient pas gain de cause, ils savaient que la Foi était plus forte que les humeurs du moment et ne prenaient pas leurs revers comme des motifs d’abandon de leurs principes. Non pas que je vous accuse de cela bien sûr, j’espère que vous aurez compris le sens de mon message.

  • Sarkozy… Bof. Plus aucun intérêt. Les plumes du canard, comme tu dis. Juste pour le plaisir d’ajouter mon grain de sel, je dirai que je ne lui reproche pas de se dédire sur le mariage. Je lui reproche bien plus d’avoir fait cette promesse en 2014, et surtout, les circonstances dans lesquelles il l’a faite: face à une salle houleuse, il a lâché aux militants cet os à ronger. Cela prouvait qu’il avait perdu le talent de meneur de parti, de leader, qui lui avait toujours été reconnu et qui était son dernier atout. Et, bien entendu, cela enlevait toute crédibilité à cette promesse, de toute façon intenable: il faut l’aveuglement tout militant de ces braves gens de Sens Commun pour s’en trouver surpris.

    Plus intéressante est cette question de communauté catholique. Dans l’Église, on utilise le terme de façon tout à fait ordinaire: une communauté catholique, c’est une paroisse, une mission, un groupe de gens qui partagent leur foi de l’une ou l’autre façon. Mais c’est la première fois que j’entends parler de la communauté catholique, tout court. La notion n’existe tout simplement pas. Ce contresens commis par l’entourage de Nicolas Sarkozy révèle non seulement l’absence de culture religieuse dudit « entourage » (ce qui n’est guère surprenant) mais aussi son manque de sens politique: le service minimum, dans un « entourage », c’est de connaître au moins un peu le langage des gens auxquels on s’adresse.

    Bien sûr, les catholiques ne doivent pas se laisser emporter dans ce type de débat. La tentation de se constituer en segment du marché politique, malheureusement, a été forte, surtout après les manifestations de 2013. Ici même, n’avons-nous pas lu, à l’époque, des commentaires du type « les homosexuels ont gagné parce qu’ils se sont organisés, les catholiques doivent en faire autant » – un raisonnement qui n’est guère catholique? La focalisation extrême sur le sujet du mariage, alors que les catholiques ont tant et tant d’autres choses à dire à la société, n’était pas saine. Déjà traités comme un groupe d’intérêt par le pouvoir (qui avait choisi d’ignorer ce segment de marché, trop petit et de toute façon acquis d’entrée à ses adversaires), et par les médias (pour qui ce type de simplification est tellement commode), les catholiques se voient maintenant considérés de la même façon par l’ancien président. Cette expérience servira-t-elle de leçon? Il est plus important que jamais, surtout dans les circonstances actuelles, d’écarter les tentation identitaro-communautaires. Cela vaut pour les Français, et aussi, pour les croyants.

  • Pourquoi ne pas pousser un peu plus loin ? J’aime à penser que les catholiques, si on n’est d’accord qu’ils ne parlent pas pour leur communauté, ne parlent pas non plus pour le pays, mais pour le monde, non ?

  • Ce cher Koz, toujours aussi pertinent. On en vient même à regretter un léger manque de piquant dans ce billet. Quelques mots bien choisis, pas grand chose, juste de quoi qualifier de manière un peu plus marquée le reniement et la trahison de cet homme qui ne mérite désormais plus que désintérêt et mépris. Lui qui se plaît à condamner vertement les mensonges proférés à son encontre, il vient de signer là son arrêt de mort politique. On sait au moins qui ne sera pas au second tour de l’élection présidentielle l’année prochaine, c’est déjà ça !

  • J’ai pris ma carte des LR pour pouvoir voter contre Sarkozy, non seulement à la primaire, mais également dans les élections internes du parti.

    Cela ne coûte pas bien cher.

  • Marc a écrit :

    Bonjour, une question sur votre billet: pourquoi se soucier à ce point de ce mariage civil qui est maintenant ouvert aux couples du même sexe?

    Puis-je me permettre de vous suggérer une lecture plus attentive du billet ? Voire de tous ceux que j’ai pu écrire et qui traitent TOUS de la filiation.

    Cristeros a écrit :

    On ne remarque pas cela chez les chrétiens qui en général se fondent parfaitement dans le monde (sans être du monde) et ce dans tous les pays du monde.

    Est-ce en vue de vous fondre parfaitement dans le monde que vous choisissez comme pseudonyme « Cristeros » ? Bien sûr, cela ne veut pas tout dire à soi seul mais, si, il y a un réflexe communautariste qui se met en branle parmi les catholiques. Quant au fait que, lorsque des cimetières (non juifs et non musulmans, alors) sont profanés, ce sont des tombes chrétiennes qui sont visées, cela ne s’appuie au final que sur un sentiment personnel. Je ne nie pas que des tombes de chrétiens soient vandalisées mais, avant de vouloir pousser son cri victimaire, il faut être sûr d’avoir fait la part des choses. Combien de tombes « chrétiennes » en proportion des tombes en France ? Quelle motivation du vandale ? Etc. Je sais que c’est inaudible à tous ceux qui préfèrent invoquer une persécution par principe, et tenir la comptabilité par rapport aux juifs et aux musulmans, pour pouvoir présenter sa créance au gouvernement, tout cela parce que nous sommes dans un système politique où est écouté celui qui passe son certificat de victime. Mais précisément, c’est entrer dans une logique communautariste.

    Gwynfrid a écrit :

    Bien sûr, les catholiques ne doivent pas se laisser emporter dans ce type de débat. La tentation de se constituer en segment du marché politique, malheureusement, a été forte, surtout après les manifestations de 2013.

    Les citoyens constatent que les politiques fonctionnent ainsi – et ils le font – et ils s’adaptent à cette mauvaise pratique.

    @ PVimic : en parllèle, tu peux lire ce message d’Amine El Kahtmi, qui s’est agacé de l’intervention de la jeune musulmane face à Finkielkraut.

    J’ai aussi pris le temps de réfléchir à la raison d’une telle virulence. Je ne suis pas le premier à dénoncer les communautaristes et les dérives de certains. Mon amie et élue Céline Pina l’avait fait avant moi il y a quelques semaines. Et bien d’autres avant nous. En discutant avec un ami hier, il m’a livré un début d’explication. « Mais toi tu es arabe, tu es musulman, franco-marocain, ils peuvent plus difficilement t’accuser d’être islamophobe ou raciste, comme ils le font presque systématiquement avec tout non-musulman qui ose émettre une critique à leur encontre ». C’est vrai… A leurs yeux, je suis l’un des leurs, je dois donc partager leurs thèses sans broncher, faire miens leurs combats, relayer leurs revendications, d’autant que je suis élu et un élu musulman doit défendre la communauté musulmane.

    Et de la même manière, un catholique devrait maintenant défendre #LaCommunauté catholique. Et je me fais critiquer quand, comme au-dessus, je n’ai pas envie de succomber tout de suite au discours victimaire sans avoir préalablement vérifié que cela représentait véritablement quelque chose. Nous sommes bel et bien dans des logiques communautaristes.

  • Ce billet m’amène à poser deux questions: 1- M. Sarkozy s’est donc officiellement dévoilé contre l’abrogation du MPT (quelle surprise!). Les autres candidats déclarés à la primaire à droite qui ont une chance d’être élus, sont tous contre aussi sauf M.Fillon. Mais a-t-il vraiment une chance de gagner la primaire? J’en doute. Donc ma question est: un chrétien peut-il voter à droite aux futures présidentielles? 2- Sens Commun fait toujours partie de LR. Devant le mépris affiché par le président de leur parti pour leurs positions, pourquoi Sens Commun devrait rester chez LR?

  • Au parti Républicain MM Juppé et Lemaire ont toujours dit leur volonté de maintenir le » Mariage pour tous » et affiché le plus grand désintérêt – pour ne pas dire plus – vis à vis de Sens Commun. Seul François Fillon semblait plus à l’écoute néanmoins dans « FAIRE » il affirme page 169 que l’IVG est un droit fondamental et page 170 « Il faut arrêter de se raconter des histoires : aucune majorité ne reviendra sur le mariage pour les couples homosexuels ». Nicolas Sarkozy qui, entre autre, a permis aux français de ne pas trop souffrir de l’énorme crise de 2008 (cela auraient peut-être mieux valu pour ouvrir les yeux de beaucoup) mérite mieux que cette condescendance voire ce mépris que je lis dans les commentaires. Notre pays est au plus bas, nous avons besoin de son sang froid dans les périodes graves. Sinon, espérons que François Fillon qui a de solides convictions fera son chemin. N…

  • J’ignorais que l’on pouvait troquer crise économique contre adoption homosexuelle. Et si le critère de choix pour le prochain président de la République,c’est le sang-froid, je ne suis pas certain que Sarkozy l’emporte sur Juppé.

    J’ai du mal à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy le fait d’avoir affirmé une chose – obscure – pour ne pas s’y tenir un an plus tard. Quant à Bruno Le Maire, je ne suis pas certain que ce soit beaucoup plus irrespectueux de venir dire les yeux dans les yeux à une salle hostile qu’il ne fera pas ce qu’elle attend, plutôt que d’assurer qu’on le fera sans en avoir l’intention. Fillon a aussi le mérite de dire ce qui est. C’est une évidence désagréable à entendre, mais c’en est une. Aux dernières nouvelles, il voulait disjoindre mariage et adoption. Mais c’était il y a 18 mois et on a bien vu avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé qu’il est compliqué pour un politique d’assurer une cohérence sur un sujet de fond pendant une période aussi longue.

    Samuel Duval a écrit :

    Donc ma question est: un chrétien peut-il voter à droite aux futures présidentielles ?

    Dans le mesure où il n’y a pas d’autre alternative, la question se résume à savoir si un chrétien peut voter. La question du mariage et de l’adoption homos ne peuvent pas constituer l’unique horizon pour un chrétien. En tout état de cause, nous n’aurons pas (plus ?) de candidats que l’on puisse considérer parfaitement chrétien. Et, soit dit en passant, on peut toujours compter sur un président socialiste pour faire pire.

    Samuel Duval a écrit :

    2- Sens Commun fait toujours partie de LR. Devant le mépris affiché par le président de leur parti pour leurs positions, pourquoi Sens Commun devrait rester chez LR ?

    La question se pose. Leur réponse pour le moment est de dire que Les Républicains ne se résument pas à leur président. Pour ma part, j’ai tendance à penser qu’il n’est pas inutile de rester présent à l’intérieur, pour pouvoir aussi influencer les élections internes, peser sur d’autres sujets – tels que l’éducation – à plus long terme. Car il y aura d’autres sujets du même type et il ne s’agira pas d’attendre la prochaine mauvaise idée de réforme pour se dire qu’il faudrait réinvestir les partis politiques. Je pense acquis que cela réserve plus de désillusions que de satisfactions, mais je pense que leur présence a encore du sens.

  • La question est : pourquoi Sens commun ne reconnaît-il pas son erreur en se sabordant plutôt que de devoir se renier à son tour, comme cela va inéluctablement arriver sinon? Quel que soit le candidat qui sortira du chapeau, aucun ne s’engagera à abroger la loi. (Personne, je pense, ne croit ou ne souhaite sincèrement l’arrivée au pouvoir de M. Mariton…) Que fera alors Sens commun? La Christine Boutin de service? N’est-ce pas par réflexe communautaire, du reste, que tant de cathos de LMPT se sont engagés à l’UMP?

  • @ Koz: Ah c’est drôle, j’ai eu la même réflexion quand vous avez parlé des médias qui crient au fascisme. « les médias », en bloc, mettant NRJ et France-Culture, L’Huma et La Croix tous ensemble. « cela ne s’appuie au final que sur un sentiment personnel », ben je suis bien d’accord, d’où ma réaction (des sources ! des sources !) (désolé je suis prof d’histoire…). Je dis ça car je peux ressentir de la lassitude devant la dérision systématique devant ceux qui croient en quelque chose, mais je n’ai jamais ressenti cette accusation de « fascisme » ou de terme approchant. Sauf, ponctuellement (je rigole encore des réactions outragées devant le -de 16 de la Vie d’Adèle ou le -de 18 de Love, et les accusations « d’ordre moral » !)

    Sinon, je dois dire que moi qui suis catholique, pratiquant, jeune mais plus trop, etc., j’en ai un peu ma claque des histoires de mariage pour tous. Sans même parler de l’IVG, flûte à la fin. L’adoption pourquoi pas, de toutes façons il n’y a presque pas de couples mariés homosexuels alors ça ne change rien à avant, mais le vrai problème qui reste c’est la GPA et le « droit à l’enfant ». Là je me battrai. Pour le reste, en tant que catholique, je veux voter pour le bien commun, pas connement à droite. J’ai voté Hollande sans état d’âme en 2012 et je le referais, sans hésiter, pour tacler Sarkozy et ses textos à Latran, Bigard au Vatican, Le Président de la République à Disney avec sa poule, MERDE à la fin, même sachant les désillusions et l’invraisemblable inaction qui a suivi. Inaction, bien sûr sauf sur des sujets qui soit me gonflent, ie le mariage blabla, soit m’énervent, ie le n’importe quoi délirant sur la laïcité, la liberté d’expression réduite au seul « droit au blasphème », les réformes en mode aléatoire pour l’Education nationale. Oui, toujours le prof.

    Bref. Lâchons l’affaire là-dessus, on reviendra en temps et en heure, et montrons-nous plus actifs pour les migrants, contre l’état d’urgence et les mise en résidence administrative d’écologistes, etc. etc. Là aussi, là surtout les catholiques DOIVENT parler.

  • Comme Gwynfrid, c’est la partie sur le communautarisme qui m’intéresse le plus dans ce billet (parce que Sarko, bon…)

    Mais il me semble qu’à la suite de Laurent Bouvet, tu commets un contre-sens terrible en blâmant l’individualisme pour le développement du communautarisme dans les années 70. La loi Pleven en 72 (puis la loi Gayssot en 90, puis la loi Taubira en 2001…) ouvre effectivement la porte au communautarisme en instituant pour la première fois qu’une communauté peut être victime, alors qu’auparavant, seuls les individus, les personnes pouvaient l’être.

    Il s’agit là de l’affaiblissement d’une des fondations de l’état de droit : l’égalité devant la loi. La loi ne peut privilégier un citoyen, mais elle peut désormais privilégier une communauté. Tous les individus ne sont plus égaux devant la loi puisque certains, de par leur appartenance à une communauté, bénéficient d’une protection particulière.

    J’ignore par quelle raisonnement tu parviens à conclure que c’est « une logique de revendication de droits individuels contre le destin collectif » qui aboutit au triomphe des droits collectifs contre les droits individuels.

    La source de ces privilèges communautaires se trouve plutôt dans cette idée qui se popularise à la libération et devient mainstream dans les 70s (et quasi-unanime aujourd’hui) selon laquelle la loi doit corriger les « injustices ». De là les lois catégorielles puis communautaires visant compenser les désavantages préexistants (réels ou supposés) par des privilèges légaux. C’est ça qui explique la concurrence victimaire qui empoisonne notre société; chacun s’efforce de convaincre que la catégorie à laquelle il appartient est terriblement défavorisée, malchanceuse ou malheureuse car cela permettra d’obtenir une subvention ou une loi d’exception.

    Là encore, notre société montre sa très forte capacité de résistance à l’individualisme. Les gens qui tentent de jouer sur la corde victimaire à titre personnel ont peu de succès et sont parfois ridiculisés. C’est pour les groupes, catégories ou communautés que le discours Calimero fonctionne à plein rendement.

    Bref, si on veut vraiment inverser la dérive communautaire qui mine notre pays, il faut revenir à l’abolition des privilèges collectifs légaux. Il y a du boulot.

    Ah un dernier point. Ce ne sont pas seulement les catholiques qui doivent éviter le piège du repli communautariste, c’est tous les Français.

  • @ Marc: Je suis en désaccord avec ce que vous dites : le mariage civil n’a plus aucune signification aujourd’hui au delà de son rôle juridique et fiscal . Il me semble à moi qu’à presque tous les femmes et les hommes qui se marient, ça leur fait quelque-chose, que c’est pour eux un grand moment et une victoire . Etre marié cela reste un mérite : on a été capable de s’entendre assez avec un autre pour s’unir avec lui . Bien sur, plus tard, on divorce souvent, ou on s’aime moins . Mais pas toujours et en attendant il y a du bonheur . Pas toujours non plus . Il y a des mariages qui n’auraient pas du se faire, dans lesquels il y a pas mal des religieux . Mais il y a aussi beaucoup de mariages qu’on ne regrette jamais d’avoir fait .

  • Bonjour, je vous suis depuis pas mal de temps mais c’est la première fois que je commente. Il me semble avoir repéré 3 petites fautes dans votre billet:

    « Cela aura tout de même attiré l’attention de l’ancien président »

    « Ne nous y trompons pas : »

    « En aucun cas être communautaire »

    À part cela je suis bien d’accord avec votre vision sur le risque communautariste. Il me semble que LMTP avait justement voulu éviter cela en montrant que 1. La communauté homosexuelle (si elle existe) n’était pas unie dernière cette lois et que certains homosexuels étaient contre 2. Que cette manif’ ne représentait pas la volonté de la communauté catholique d’imposer « son » mariage à tous mais de défendre le droit de tous les enfants (cathos/pas cathos ; français/étrangers) d’avoir dans la mesure du possible un père et une mère et de ne surtout pas faire l’objet d’un commerce.

    Beaucoup de journaux ne sont malheureusement resté qu’à une lecture marxiste d’un affrontement entre 2 communautés.

    Pour répondre aux commentateurs cathos qui « en ont marre » de toujours parler de ces sujet qui fâchent je voudrais rapeller qu’il est clair que nous ne devons pas chercher une victoire politique de notre religion alors que le Christ lui-même n’a pas réussi à convaincre les autorités religieuses et politiques de son temps. Pour autant, nous ne pouvons pas nous désintéresser de la vie politique de notre pays en sachant bien que nous sommes appelés à être signe de contradiction. Tout est dans l’équilibre « d’être dans le monde sans être du monde »

  • @ Koz:

    Koz a écrit : « Est-ce en vue de vous fondre parfaitement dans le monde que vous choisissez comme pseudonyme « Cristeros » ? »

    Si je reprends le pseudo Cristeros, c’est tout simplement parce que je suis admiratif devant ces paysans Mexicains qui ont courageusement défendu leur liberté face à un totalitarisme antichrétien. Aujourd’hui l’histoire se répète et la multiplication des profanations, dégradations d’édifices religieux auquel s’ajoute un profond mépris de l’Etat et des médias en témoigne. Dire que notre ras le bol de voir nos églises saccagées nos tabernacles et cimetières profanés relèverait d’une logique victimaire est ahurissant et ô combien méprisant pour toutes les victimes.

    Ensuite vous dites : « avant de vouloir pousser son cri victimaire, il faut être sûr d’avoir fait la part des choses. Combien de tombes « chrétiennes » en proportion des tombes en France ? Quelle motivation du vandale ? » Là, je crois qu’on atteint le comble du cynisme. Vous n’auriez pas signé j’aurais cru lire du Bernard Cazeneuve. Que puis je faire pour vous, je ne sais pas. Je ne pensais pas qu’en 2016 on ai besoin de faire appel à l’inspecteur Columbo pour comprendre de quel nature sont les actes de vandalismes qui ont lieu dans la plupart des cimetières et églises de France : http://www.christianophobie.fr/?s=cimeti%C3%A8re

    Culture de l’excuse et logique victimaire d’un côté, éternels coupables et devoir de s’excuser d’être victime de l’autre, voilà la triste réalité à laquelle on nous contraint de nous plier et que vous validez avec votre article. C’est bien triste.

  • @ Cristeros : « défendu leur liberté face à un totalitarisme antichrétien. Aujourd’hui l’histoire se répète »

    Oui, j’avais lu ça aussi en 2012… au moment de la « censure » de ce fameux film. Il faut avoir une bien piètre culture historique pour comparer la France, même sous état d’urgence, avec une dictature totalitaire antichrétienne, que ce soit stalinienne, maoïste, voire nazie. Mais bon, la victime ou qui se sent telle a régulièrement tendance à exagérer, dans cette merveilleuse « concurrence des victimes ». Allez dire à Hollande qu’il est Robespierre et regardez les gens autour de vous s’étouffer de rire ! BTW, ce n’est pas parce qu’il y a une croix sur une tombe qu’elle est chrétienne. On touche, encore, à la limite culturel-cultuel.

  • @ Cristeros: Vos commentaires ont le mérite d’illustrer parfaitement la thèse de Koz. Ils sont tout entiers dans la posture victimaire, jusqu’à la caricature: « l’histoire se répète » … et vous énoncez cette énormité avec le plus grand sérieux!

    Lorsque vous parlez de « communautarisme comme moyen de conquête », vous acceptez sans discuter la vision du monde de Daech. Il n’est pas étonnant, dès lors, que vous tombiez dans le repli communautaire, dont l’emploi du terme « christianophobie » est un désolant symptôme.

    Lib a écrit :

    Ce ne sont pas seulement les catholiques qui doivent éviter le piège du repli communautariste, c’est tous les Français.

    Tout à fait d’accord. En ce sens, l’invocation de la laïcité à tout bout de champ, sous des dehors ostensiblement universalistes, est aussi un réflexe de repli sur soi, sur un « entre nous » qui ne serait pas dérangé par le vue d’un voile, d’une croix, etc. et par extension, par l’intrusion de toute culture ou attitude divergeant du consensus minimal qu’on désigne sous le terme mollasson de « vivre ensemble ».

  • @ Gwynfrid:

    Si je vous résume @Gwynfrid vous dites : – Que j’adopte une posture victimaire en disant que l’histoire se répète. -Qu’en constatant que le communautarisme en Islam est un moyen de conquête j’accepte sans discuter la vision du monde de Daech.

    Visiblement vous êtes atteint par le même mal que votre maître qui aime prêter à son interlocuteur des intentions qui ne sont pas les siennes. Si coller une petite étiquette en « iste » ou « aire » dans ce cas est assez commode pour tenter de décrédibiliser son interlocuteur, cela ne montre pas une grande capacité à débattre ni à se remettre en question.

  • Armand017 a écrit :

    Bref. Lâchons l’affaire là-dessus, on reviendra en temps et en heure, et montrons-nous plus actifs pour les migrants, contre l’état d’urgence et les mise en résidence administrative d’écologistes, etc. etc. Là aussi, là surtout les catholiques DOIVENT parler.

    Et je crois qu’ils le font, en tout cas pour l’écologie et pour les migrants, du Pape aux curés de paroisse et aux laïcs.

    Mais « tout est lié », pour reprendre une expression de l’Encyclique Laudato Si, par ailleurs souvent lue sur ce site.

    En janvier 2013, la journée annuelle du Migrant et du Réfugié avait lieu le même jour qu’une Manif Pour Tous majeure.

    Le curé de ma paroisse a loué la participation à l’un ET à l’autre de ces deux événements. « Accueillir son prochain est important. Mais dans quelle société souhaitons-nous accueillir ? », a-t-il en substance demandé.

    Donc non, impossible de « lâcher l’affaire là-dessus ».

    D’ailleurs, Armand017, quand comptez-vous « revenir en temps et en heure » ? Lors du projet de loi sur la PMA et la GPA, après avoir « revoté Hollande sans état d’âme », peut-être ? ; )

    Souvenons-nous, Hollande a dit que ce n’était pas pour ce quinquennat, il ne l’a pas exclu après -d’ailleurs, ce sont des réformes « inéluctables », à lire Jacques Attali.

    Alors, quelles idées / quels hommes politiques « tâcler » si l’on souhaite annoncer l’Evangile ? Quant aux réformes aléatoires pour l’Education nationale, Hollande semble avoir peu à envier à son prédécesseur…

  • @ N…: de sang frais plus que de sang froid ! J’en ai un peu marre de tous ces vieux chevaux sur le retour, de tous ces politicards de carrière qui promettent comme ils respirent, qui se dédisent et s’en reviennent parce que le pouvoir est décidément une drogue si douce qu’il vaut bien un livre vite écrit, pour les naifs.!

  • @ Matt:

    Je ne suis pas sûr de vous comprendre sur l’EN. Effectivement c’est l’un des rares endroits où la France est totalement souveraine, avec la nationalité, et on en fait n’importe quoi, gauche et droite confondues. Vivement que la France soit incorporée dans une Europe fédérale pour que nos politiques ne puissent plus faire de sottises.

    Mais il n’y a plus d’actualité pour le mariage pour tous ; et de fait, tous les politiques lâchent l’affaire. Je ne dis rien d’autre que cela : quand on en viendra à parler de la GPA on se battra, avec des soutiens dans tous les milieux politiques, en dépit d’Attali qui, si je me souviens bien, ne représente que lui. La PMA c’est trop flou, cela recouvre trop de sujets et de pratiques, il faut réfléchir au cas par cas. J’avais lu ça, ça m’avait fait plaisir : http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/02/03/les-opposants-de-gauche-a-la-gpa-tentent-de-se-mobiliser_4858490_3224.html?xtmc=gpa_assises&xtcr=1

    L’idée de voter Hollande, sans état d’âme, en 2017, certainement pas. Contraint et forcé, peut-être, en fonction de qui sera en face. C’est tout le jeu de la démocratie, on ne vote plus pour… mais contre.

  • Armand017 a écrit :

    Vivement que la France soit incorporée dans une Europe fédérale pour que nos politiques ne puissent plus faire de sottises.

    C’est ce qui s’appellerait de la fuite en avant ! Certes nos politiques font n’importe quoi depuis un moment sur ces sujets… Mais vous trouvez vraiment que ce soit beaucoup mieux sur les autres fronts ? Vous pensez qu’au niveau européen le souci réel de l’intérêt général (un intérêt général d’ailleurs d’autant plus difficile à déterminer dans un ensemble aussi composite et divers que l’UE) l’emporterait comme par miracle ? Dans ce machin technocratique complètement coupé des citoyens, des peuples, de la démocratie, qu’est devenue l’UE ? J’appelle ça un aveuglement volontaire sidérant.

    S’il y a une chose dont je suis sûr sur ce dont a besoin l’Europe, c’est que c’est plus de subsidiarité (afin que les décisions à propos de chaque problème soient prises par des gens qui n’en soient pas à 20000 lieues), plutôt que de balancer toujours plus de compétences plus haut… Si haut qu’on ne voit plus le sol.

    Désolé de répondre plus que deux mots sur ce qui pourrait être hors sujet par rapport au billet, mais il me semble que les liens avec le sujet ne manquent pas ; en particulier la nécessaire confiance, qui impose aussi de la compréhension, entre gouvernants et gouvernés, que le mantra « plus d’Europe » n’a à mon sens aucune chance de permettre. Des convictions, de la constance de la part de nos politiques, il en faut ; mais je ne vois pas en quoi le fait d’aller les chercher au niveau européen donnerait de meilleures garanties que ce que l’on a aujourd’hui, dont l’échec est pourtant patent. Ca me semble aussi vain de placer là son espoir que dans le FN sous prétexte que les autres, « locaux traditionnels », ont foiré.

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