Pour Aphatie, évidemment


« Evidemment », car vous vous doutez bien, depuis le temps que vous me lisez, que je ne peux pas être, dans ce débat, pour Jean-François Kahn. Mais, plus encore que « ne pas être pour Jean-François Kahn », je suis résolument derrière Jean-Michel Aphatie.
*

Je trouve intolérable cette façon qu’a Jean-François Kahn, de mettre en cause Jean-Michel Aphatie, et son indépendance1. Pour quelle raison le fait-il ? Simplement parce qu’il n’est pas anti-sarkozyste, qu’il ne donne pas dans la moindre de leurs dénonciations boursouflées. C’est qu’il fait chier, Gemini Cricket… J’aimerais que ceux qui le mettent en cause écoutent véritablement Apathie, comme je peux le faire, pratiquement tous les jours, et m’expliquent en quoi il ménagerait davantage les personnalités de droite. Jean-François Kahn, dans cet échange, dévoile un visage bien peu reluisant, fait notamment d’amalgame, d’hypocrisie et de lâcheté.
*

Il est ainsi comique de noter que, dénonçant les critiques fortes qu’il a subies, affirmant avoir été traité de « fasciste » (je croyais que c’était « stalinien »), il embraye pour dénoncer des propos dignes de « la littérature des années 30 ». Echange d’anathèmes… Puisqu’il en est là, il n’était donc pas nécessaire de dénoncer les attaques précédemment subies…Par la suite, Jean-François Kahn dit des choses importantes :

  • il n’est pas contestable que Nicolas Sarkozy est républicain;
  • nous ne sommes pas en monarchie élective… mais il ne faudrait pas qu’on puisse y arriver : merci pour l’info, Monsieur Kahn;
  • la République n’est pas en danger;
  • n’importe qui aurait pu signer un tel appel

On ne peut, dès lors, que rejoindre Jean-Michel Aphatie :votre appel, Monsieur Kahn, n’a aucun intérêt. C’est bien une alliance de verbeux, tout bouffi des grands mots qu’ils utilisent. A noter qu’à la fin de la fable, « la chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva ».

L’échange a aussi ceci de détestable que Jean-François Kahn n’a même pas le courage d’assumer ses propos. Un vrai matamore. Car, à l’écouter, si nous ne sommes pas en monarchie élective, même Louis XV n’a pas fait ce que fait Nicolas Sarkozy… Enfin, Monsieur Kahn, un peu de cohérence, vous n’avez tout de même pas peur de vos propres idées ? Si vous estimez que Nicolas Sarkozy fait pire qu’un monarque absolu, assumez-donc l’opinion que nous serions en monarchie élective.

Et si votre appel est si consensuel, pourquoi en faire un tel foin ?

Il se veut polémiste, mais n’assume pas : Monsieur Kahn serait-il plus versé dans le marketing que dans la politique ? On s’amusera de constater que Marianne, qui se félicitait publiquement des bonnes ventes de son numéro consacré à l' »appel », est revenue à plus de sobriété.

Il est, encore, comique de constater quel rapport Jean-François Kahn entretient avec les medias, et les journalistes. Vous noterez cet appel du pied pathétique : « je croyais être sur un chaîne avec laquelle j’avais une sensibilité commune ». Eh bien oui : mais que se passe-t-il donc, je me croyais sur Canal+, la chaîne de gauche, et voilà que l’on n’est pas d’accord avec moi ? Voilà qu’on m’apostrophe ? Mais comment, et d’où ? Que se permet-on ?

Surtout, Jean-François Kahn a une attitude qui devient proprement haïssable lorsqu’il met en cause le chroniqueur qui a le malheur d’être en désaccord avec lui. Il prend une posture voltairienne : « Monsieur Aphatie a des opinions, c’est très bien, et je me battrai pour qu’il puisse les exprimer » et, dans le même temps, il distille les sous-entendus et les soupçons. Ainsi jean-Michel Aphatie serait « à droite de Nicolas Sarkozy ». Disons-le tout net : il accuse Aphatie d’être d’extrème-droite. Voilà donc un homme qui se « battrait » pour qu’Aphatie puisse exprimer ses opinions, mais qui se lance immédiatement dans la disqualification de la personne même d’Aphatie.

Comme l’ont justement rappelé Aphatie et Michel Denisot, personne à part Jean-François Kahn2, n’a jamais écrit que jean-Michel Aphatie soit sarkozyste, personne n’a remis en cause son indépendance.

Alors, décidément, rendez-nous Ma-rianne !

Et tant que vous y êtes, rendez-nous également Voltaire.


  1. il n’est qu’à lire ce qu’il écrit sur la nomination de Christine Ockrent , ou encore ce qu’il écrivait la veille, pour comprendre qu’il n’est pas un journaliste engagé, dans le service du maître élyséen []
  2. je ne parle pas des sites poubelles qui embrayent sur la moindre mise en cause des journalistes non anti-sarkozystes []

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72 commentaires

  • Mais il n’est pas censé être à la retraite, ce vieil excité? Il devrait se ménager un peu plus, c’est déconné d’être aussi dramatiquement immature à son âge!à moins que cela ne soit de la sénilité…
    Sorry, çà fait pas avancer le chmilblick mais çà fait quelques mois qu’il me gonfle prodigieusement! Tout ce bruit , cette incessante agitation, cette pseudo fureur mise en scène pour rien…si ce n’est polluer, éternellement polluer. Fed up, Go home mister kahn, çà nous fera des vacances…

  • Je crois que le Président Sarkozy pense sincèrement que la notion de république à la française est désuette.
    Souhaitant « moderniser », « réformer », donc toiletter la notion de république à la française, il s’immisce contre les incarnations du pluralisme démocratique : justice, instances républicaines comme le conseil constitutionnel.
    Je ne peux acquiéscer avec cette vision.

    Sous prétexte du libéralisme économique et de la globalisation financière, nous devrions abandonner l’héritage des Lumières.
    Absolument pas !

    Si l’appel à la vigilance républicain peut apparaître contestable, il est tout de même un signe d’inquiétude contre la manière dont le politique est actuel malmené.

  • «  »Il est ainsi comique de noter que, dénonçant les critiques fortes qu’il a subies, affirmant avoir été traité de “fasciste” (je croyais que c’était “stalinien”), il embraye pour dénoncer des propos dignes de “la littérature des années 30? » »

    Non, il « n’embraye » ni ne « dénonce »
    Il cite une sortie de Roger Karoutchi en l’occurence qui a fait une analogie entre les critiques de Sarkozy et les attaques de la presse d’extrême-droite des années 30 contre Jean Zay, allant jusqu’à parler de « fascisme rampant »

    L’accusion de terrorisme intellectuel est tout aussi vraie : elle vient de Laurent Wauquiez.

    Comme je le soulignais dans le chat, la méthode utilisée est très sarkozyste, c’est celle qu’on a vu 10 fois, 15 fois à l’oeuvre entre 2002 et 2007
    * gros pavé dans la mare, conçu pour provoquer une cible bien délimitée
    * les adversaires ainsi asticotés et croyant à un dérapage surréagissent dans les jours qui suient rendant inaudibles les vraies réfutations.
    * après avoir soigneusement fait la liste des attaques outrancières, contre-attaque bien résumée par la réplique « Mais vous auriez dû poser la qustion : pourquoi un texte aussi modéré provoque une telle hystérie ? ». D’un coté on donne une interprétation plus consensuelle de l’attaque initiale, de l’autre on joue sur le « mais enfin c’est incroyable, on a même plus le droit de dire ça ? » »
    * sondage avec une question bien formulée comme il faut commandé par un hebdomadaire ami (Marianne directement en l’occurence) et placardé à la Une de celui-ci venant clore la polémique avec un score de maréchal (69%) en faveur du provocateur

    «  » “Monsieur Aphatie a des opinions, c’est très bien, et je me battrai pour qu’il puisse les exprimer” et, dans le même temps, il distille les sous-entendus et les soupçons. Ainsi jean-Michel Aphatie serait “à droite de Nicolas Sarkozy”. Disons-le tout net : il accuse Aphatie d’être d’extrème-droite. » »

    Mais pas du tout, Kahn dit que sur un plan économique Aphatie est plus libéral que Sarkozy (qui lui est plutôt bonapartiste). Aucune accusation de xénophobie ou autre. Ce qui dérange chez Aphatie, ce ne sont pas ses opinions, ni que c’est un journaliste au-dessus de la moyenne, c’est son immonde posture de « neutralité » qu’il pousse jusqu’à dire qu’il ne vote jamais.

    Voir aussi un très bon article d’@ASI sur le dispositif mis en place par le grand journal pour piéger Jean-François Kahn
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=454

  • Autre chose de choquant avec JFK : il ne laisse pas ses interlocuteurs parler, et se plaint qu’on l’interrompe… il est vrai que l’on peut s’attendre à tout de la part d’un homme qui prétend que tous les médias -même Libé, le Nouvel Obs et Le Monde – sont « sarkozystes ». Mauvaise foi, quand tu nous tiens…

  • Je vois que jmfayard est un aficionados de Daniel Schneidermann, il nous donne un lien vers Arrêtsurimages pour lequel if faut être abonné …
    Bah, faudrait payer pour se faire taper dessus…
    Non mais ça va pas ça … pas maso moi 🙂

    Sinon, pour le billet, je vous avez bien dit que ça valait le détour cette émission là…
    Et JFK, en effet, s’énerve trop le monsieur, devrait prendre ses gouttes, serait temps.

  • Et en plus, il parait que JF Kahn a pris sa retraite. Parfois, il a des critiques justes, mais dans le fond, ça reste un grand-guignol.

    Cela dit sur le débat, il y a des points à soulever. Kahn dit qu’Apathie est plus à droite que Sarko. A lire son blog tous les jours, effectivement Apathie est un libéral. Mais, je ne suis pas sûr que dans la bouche de Kahn, ce soit une disqualification, il a eu des propos assez honnêtes par le passé à l’égard de l’extrême-droite, c’est plutôt que le monde médiatique est tellement perverti par l’épouvantail FN, qu’on ne peut pas imaginer trouver d’autres droites que le FN ou Sarkozy, alors que pourtant, on pourrait estimer que les libéraux sont plus à droite que Sarko. Mais là, ce n’est pas la faute de Kahn, plutôt celle d’une mentalité complètement obnubilé par le FN.

    Sinon, petite précision historique, la citation est attribuée à tort à Voltaire, qui n’a jamais été un grand défenseur de la liberté d’expression.

    Je cite Hérodote (en bas de page):

    « Dans les faits, le spirituel auteur de Candide, qui aimait plus que tout la compagnie des puissants, y compris celle de Frédéric II, le Poutine de son temps, pratiquait une tolérance très sélective.

    Il s’est plutôt réjoui des poursuites contre les jésuites, ses ennemis jurés, et s’est gardé de protester lorsque Malesherbes, le directeur de la Librairie royale, a suspendu, autrement dit censuré, la revue de son plus virulent ennemi, le dévot Fréron.

    De ce point de vue, les milieux intellectuels n’ont guère évolué depuis Voltaire : ceux qui réclament (avec raison) le droit de critiquer sans entrave le fait religieux sont aussi (à tort) parmi les premiers à mettre des bornes à la liberté de penser l’Histoire (génocides, esclavage, colonisation,…). »

  • JFK est un clown qui se prend pour le fou du roi et pour un manipulateur habile. En fait son hystérie est tellement faucheton et outrancier qu’il en devient pitoyable.

    Au sujet de manipulation je me demande qui a manipulé qui. Royal, Bayrou et Villepin qui se sont servis de ce guignol pour exister et assouvir leur dépit ou JFK qui se prend pour le guide suprême qui seul est capable de discerner un danger, une vérité qu’il est seul dans sa folie à imaginer … Don Quichotte de pacotille, va !

    NS secoue les vieux conservatismes pour faire avancer notre pays figé par plus de trente années d’endoctrinement vers la réalité du monde actuel. Que les vrais conservateurs se dévoilent actuellement en affichant leurs hystéries ne sont que des soubresauts ridicules et seront jugés comme tels.

    PS : Je vous conseille de regarder les deux dernières émissions de c dans l’air sur l’école primaire et les sectes : étonnant ce que l’on entend quand l’hystérie politique n’est pas trop représenté sur un plateau.

  • Apathie m’a toujours insupporté : il pontifie en débitant de l’eau tiède.
    Mais je ne crois pas que cette algarade appelle de prendre position pour l’un ou pour l’autre des JeanJean :
    – Comme vous le dites, Khan affaiblit son propre appel à la vigilance, ce qui lui enlève tout intérêt ;
    – Mais Apathie s’enferre à contester la monarchie élective alors que tout le monde savait, bien avant que Laurent Joffrin en fasse la découverte (il a toujours été un peu cancre), que nos institutions versent vers la « monarchie républicaine » (M. Duverger en 19 ???), je crois même qu’Apathie l’a même reconnu sur son blog ;
    – Là-dessus se greffe une querelle personnelle, mais dont le téléspectateur ne sait rien. Il y a apparemment un lourd contentieux entre les deux hommes ;
    – Denisot se ridiculise ;
    Morale de l’histoire : mettez deux journalistes ensemble, de quoi parlent-ils ? D’histoire de journalistes. Finalement, derrière le combat de coqs, ce sont un peu plus les sujets de fond qui disparaissent…

  • Oui Jean Michel Aphatie est partial, l’air de tout savoir de ce qui se trame dans les sphères de la politique en fait un artisan de ce pouvoir. Il essaie bien sur de paraitre indépendant, pour que ses analyses politiques fassent autorités. Tout cela n’est que comédie, et comme beaucoup il sert le maitre. On flatte les uns et abuse les autres, sans oublier de s’offusquer dès l’avis « d’expert » est contesté.

  • je me suis régalé avec ce duel, rien d’égal depuis marchais-elkabash, par contre les commentaires sont bien décevant on voit que c’est les vacances.

  • Moi aussi j’ai beaucoup aimé quand il s’est tourné vers les autres invités , puis vers le public , sans trouver le moindre soutien . Un grand moment de solitude !
    Ce n’était plus Sarkosy qui était fou c’était JFK qui était hystérique !

  • Ceux qui considèrent que Jean-Michel Aphatie est au service du maître n’ont pas dû lire les deux liens que j’ai donnés. Parmi d’autres exemples…

    Gombro, vous manquez le point en expliquant que cela fait longtemps que l’on considère que notre régime confine à la monarchie républicaine. Ce qu’il faut démontrer, c’est que c’est ce salopard de Sarkozy qui vire au monarque. Là, vous aidez à démontrer que ce reproche est, effectivement, vieux comme la Vème.

    Jmfayard, vous vous égarez : « immonde posture de neutralité » ? Ce n’est pas parce que vos petits copains Schneidermann et Kahn sont d’une partialité criante qu’il faut trouver la neutralité immonde. Y’a, aussi, des journalistes.

    Par ailleurs, je ne vous suis pas lorsque vous dîtes que c’est simplement du point de vue du libéralisme qu’Aphatie serait plus à droite que Sarkozy. Le libéralisme n’est pas spécialement à sa droite : ni Villiers, ni Le Pen ne sont des chantres du libéralisme. Non, non, Khan veut le dire d’extrème-droite, tout en se rattrapant (puisque ça non plus il ne l’assume pas) au branche. Et je n’ai pas avancé qu’il l’aurait accusé de xénophobie.

    Vous avez raison sur un point toutefois : j’avais mal compris ce qu’il disait sur la « littérature des années 30 ». Comme dirait l’autre, c’est à cause du brouhaha sur le plateau.

    Enfin, c’est tout de même amusant de parvenir à voir du sarkozysme dans les errements de Khan. Décidément, il est partout !

    Thibault, je vous invite à reprendre les quatre points de Jean-François Kahn :

    1) nous ne sommes pas en monarchie élective;
    2) Nicolas Sarkozy est un républicain;
    3) la République n’est pas en danger;
    4) n’importe qui aurait pu signer cet appel.

    Ce n’est pas moi qui le dit, donc, c’est l’initiateur de cet appel dérisoire. Il est vrai que cela ridiculise un peu la démarche de ceux qui ont signé cet appel. Bah, ça leur apprendra à s’associer avec n’importe qui.

  • Un appel à la vigilance républicain, voilà tout. Ce n’est pas inintéressant. Surtout dernièrement, avec cette curieuse décision de vouloir contourner la décision du Conseil Constitutionnel concernant la rétention de sûreté… Vraiment, il y a une grande vigilance a avoir à l’égard de Nicolas Sarkozy (sa politique, sa conception du pouvoir). Comme, sans doute l’eut fait la droite sous Mitterrand. L’initiative de JFK, signée par des personnalités de poids et de tous bords, n’est pas inepte, ridicule, inutile.

    Enfin, sur le débat, chacun ses opinions, bien sûr, mais je trouve que chacun dérape, je ne donne raison à personne. Disons que JFK se défend mal car, sur le fond, il a raison.

  • « Ce n’est pas parce que vos petits copains Schneidermann et Kahn sont d’une partialité criante qu’il faut trouver la neutralité immonde. Y’a, aussi, des journalistes. »

    Le problème, c’est qu’on ne peut plus se réfugier derrière son statut de journaliste quand on donne son opinion. Quand Apathie dit que l’appel de Kahn est « grotesque », c’est une opinion. De même que ce blog est un blog d’opinion.

    Un journaliste se doit de rapporter des faits. Lorsqu’il éditorialise, ou donne son avis, il n’est plus journaliste. Mais bon, c’est aussi l’époque qui prête au mélange des genres …

  • Tom Roud > « Un journaliste se doit de rapporter des faits. Lorsqu’il éditorialise, ou donne son avis, il n’est plus journaliste. Mais bon, c’est aussi l’époque qui prête au mélange des genres … »

    Il vaut mieux lire ça que d’être aveugle comme on dit, mais juste ciel ! c’est assez énorme !

    Je vous lis la première phrase de la page de la Wikipédia sur le journalisme :
    « Le journalisme est l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les média. »

    Ce qui fait qu’un journaliste cesse de mériter le titre de journaliste est qu’il présente une version volontairement et/ou tendancieusement tronquée ou modifiée des faits et/ou qu’il atteste de faits dont il n’a pas la preuve.

    Le fait de commenter une info fait partie intégrante du métier de journaliste, c’est ce qui permet à ses lecteurs ou auditeurs de comprendre la portée ou la nature des faits.

  • @ Delphine : je ne suis pas convaincu …
    « Autant de bêtises en aussi peu de mots. » c’est ce que dit Apathie à propos de l’appel, qui est un texte politique, ce n’est pas ce que j’attendrais d’un journaliste qui doit se contenter de « commenter l’info » comme vous dites. C’est une vraie opinion. Un peu comme quand vous dites, « c’est assez énorme » en répondant à mon commentaire.

    Le commentaire journalistique, pour moi, ce serait plutôt une mise en contexte des faits. Dire qu’un texte est un ramassis de bêtises, c’est mettre en contexte ? Apathie a bien le droit d’être éditorialiste, ce n’est pas le problème, mais qu’il assume (et en cela je rejoins Kahn).

    Maintenant, je n’ai rien contre le journalisme d’opinion, je pense au contraire que c’est très bien que chacun expose clairement ses opinions, mais encore une fois il faut assumer. Ce n’est pas honteux d’avoir des opinions.

  • Précisément, je pense qu’Apathie assume, contrairement à Kahn qui patauge lamentablement.

    En revanche, j’ai du mal avec votre dernier paragraphe, exact contraire avec votre commentaire précédent.

  • JFK est au journalisme ce qu’est son frère à la génétique : de grandes gueules qui savent tout et expliquent tout. On les invite pour faire de l’audimat.
    Quant à Apathie, il est un des seuls à se demander jusqu’à quand les déficits continueront à filer, quand la vérité sera enfin dite aux Français et quand la rigueur sera enfin annoncée pour redresser le pays !
    Ce n’est heureusement pas comme l’immortel Duhamel qui le précède, l’éternel enfant de chœur, le Drucker de la politique, journaliste à la sauce sciences po : thèse, antithèse, foutaise qui fait qu’on ne prend jamais de décision dans ce pays.

  • @ Delphine :
    « En revanche, j’ai du mal avec votre dernier paragraphe, exact contraire avec votre commentaire précédent. »

    Ecoutez, je ne suis peut-être pas très clair, j’ai peut-être tort mais je n’ai pas le sentiment d’être contradictoire.
    De deux choses l’une :
    – soit on fait du journalisme et dans ce cas là on rapporte les faits, quitte à les replacer dans leur contexte. Exemple : un article lambda du Monde ou du Figaro
    – soit on fait du commentaire politique et dans ce cas là on donne son opinion; c’est ce que j’ai appelé (peut-être maladroitement) journalisme d’opinion. Exemple : le bloc-note d’Ivan Rioufol

    Les deux choses coexistent et c’est très bien, mais le sentiment que j’ai dans cette histoire, c’est que Aphatie donne son opinion, et se défend en disant qu’il fait du journalisme et qu’il est « objectif ». C’est ça qui me gène et c’est exactement ce que lui reproche Kahn; Aphatie assume ses paroles, mais pas le fait qu’elles constituent une opinion. Je vous pose explicitement la question : dire de l’appel qu’il constitue « Autant de bêtises en aussi peu de mots » , ce n’est pas une opinion peut-être ? Est-ce du journalisme « objectif » ? C’est ça le noeud du problème pour moi dans cette affaire.

    Après, cela ne m’empêche pas de plutôt apprécier Aphatie, qui n’est certainement pas non plus le dernier à taper sur Sarkozy par ailleurs, mais sur ce coup-là il me semble se cacher derrière son petit doigt. Quant à Kahn, il me semble parfaitement assumer ses opinions et tout ce qu’il a dit (y compris le fameux « Sarkozy est fou »); c’est parfois brouillon et excessif, parfois intéressant, parfois complètement con, mais toujours moins faux-jeton que le parapluie du « journalisme objectif ».

  • J’ai un peu l’impression que vous débattez sur ma phrase, qui n’a qu’un intérêt limité. J’ai écrit qu’il y avait, aussi, des journalistes. Bon, admettons qu’Aphatie soit un éditorialiste. Effectivement, il a des opinions, et les donne. Au demeurant, je n’ai pas le sentiment que la catégorie « journaliste » soit aussi strictement délimitée que vous ne le dites.

    Mais, sur ce point, je voudrais dire deux choses :

    1. Aphatie a des opinions personnelles mais vous remarquerez qu’effectivement, elles sont loin d’être sarkozystes et/ou « en service commandé ». Je reprends donc ce qu’il a écrit ces derniers jours, et pour me limiter à la seule première page de son blog (je ne reprends même pas les archives) :

    « Il n’ay eu qu’un moment où, me semble-t-il, la tendance s’est inversée. Christine Ockrent a participé, le 28 janvier dernier, à la fête d’anniversaire privée de Nicolas Sarkozy qui s’est déroulée au domicile parisien de Carla Bruni. Une journaliste peut-elle, sans risquer de se voir reprocher sa trop grande proximité avec le pouvoir, participer ainsi à une soirée où l’amitié seule explique la présence des uns et des autres? Cette fois, la réponse n’a pas niée la question. Ce qui était une façon, au delà des mots choisis pour y faire, de convenir de la réalité du problème. »

    Vous lirez d’ailleurs le passage qui précède et vous remarquerez que, pour un type prétendument imbu de lui-même, il est probablement le seul que je vois reconnaître si souvent, sur son blog, qu’il ne s’est pas trouvé bon !

    Deuxième passage, à propos de l’interview de Copé.

    « Autre chose. Le président l’a dit, donc l’État le fera: chaque sou perdu, pardon chaque euro perdu par France télévision du fait d’une réforme hâtivement annoncée, et techniquement mal ficelée, sera compensé par le budget. Bravo. Très bien. Mais au passage, Nicolas Sarkozy a-t-il entendu son secrétaire d’État André Santini, et avant lui le ministre du budget Éric Woerth, et avant lui encore le président de la République dire que les caisses sont vides, déjà vides, plus vides que vides? Alors, compenser par le vide ne représente-t-il pas un concept physique, ou plutôt méta physique, dont la France républicaine et généreuse devrait partager le secret avec les autres pays qui ont moins de chances que nous? Ou moins de génie? »

    Si ça, ce sont les propos d’un type inféodé à Sarkozy…

    Non, en réalité, ce que recouvre ces accusations de partialité, c’est l’incapacité de certains à accepter qu’un journaliste puisse adopter une position (qui non, jm, n’est pas « immonde »… décidément, la tentation des « grands mots »…) qui ne soit pas la leur : être critique vis-à-vis du pouvoir en place, sans tomber dans leurs ridicules et pathétiques excès.

    2. En matière de faux-jetonnerie, sur ce point aussi, Kahn remporte la palme : non, il ne se contente pas de dire qu’Aphatie a « des opinions ». Son propos est chargé de sous-entendus. C’est clairement affirmer qu’Aphatie est sarkozyste.

    De la même manière, non, lorsqu’il dit qu’Aphatie est plus à droite que Sarkozy, ce n’est pas pour affirmer qu’il serait plus libéral. Le libéralisme n’est ni à droite ni à gauche de Sarkozy.

    Lorsqu’il parle des « opinions » d’Aphatie, qu’il rappelle qu’il lit ce qu’Aphatie écrit sur son blog, comment ne pas se souvenir de ceci ? A l’époque, Kahn, qui se satisfait dans le rôle du « dénonciateur », affirmait qu’Aphatie était sarkozyste. Aphatie l’a appelé, lui demandant de rectifier son éditorial, Kahn ne l’a jamais fait. Evidemment, cela suffit aux lecteurs de Marianne pour considérer que, indubitablement, Aphatie est sarkozyste.

    Bref, Tom, parce que Kahn est on ne peut plus engagé dans l’anti-sarkozysme, il est incapable de concevoir qu’un journaliste qui ne donne pas dans ses ficelles – bien souvent marketing – ne soit pas « sarkozyste ». Et il se charge de dresser des listes…

    Ensuite, non, Kahn n’assume pas son propos. Successivement, il concède que nous ne sommes pas en monarchie élective, que la république n’est pas en danger, que Nicolas Sarkozy est républicain (ah, donc Kahn assume ? Il assume que Sarkozy est « fou »… et républicain ?) et que n’importe qui aurait pu signer cet appel (oui, je sais, je me répète)… Dans ce cas, quelle était la nécessité d’aller chercher (dans des conditions au demeurant douteuses) Villepin, Royal, Bayrou, Delanoë, de relancer encore ces temps-ci d’autres signataires potentiels, de mettre tout cela en Une de Marianne ?

  • Il ne fait pas du Voltaire, le JFK. Il fait du Beaumarchais :

    «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose»

  • Bonjour,

    Il ne faut pas oublier non plus que cette pétition s’inscrit dans une histoire, qui commence avant l’élection par ce n° de Marianne décrivant Sarkozy comme un fou dangereux et un futur dictateur.
    La dérive potentielle vers la monarchie élective et l’exercice solitaire du pouvoir, c’est vieux comme la Ve République. La pipolisation de la vie politique, ça remonte au moins à Pompidou.

  • Il me semble que NS avait prévu ce qui arrive maintenant.

    Rappelez vous son discours sur les coups qu’il prendrait et assumerait à la place de ses ministres. Je commence à comprendre sa stratégie, car il s’agit bien d’une stratégie d’action politique, de se mettre en avant et de subir la vindicte de tous les conservateurs, pendant ce temps là son gouvernement travaille et avance tranquillement de reforme en reforme. Regardez la popularité de FF et de son gouvernement bien à l’abri derrière l’écran de fumée …

    Au fond les conservateurs de tous poils ne font que tomber dans le piège tendu en brassant de l’air sur des broutilles. Mais c’est une stratégie dangereuse, car l’hystérie de certains simples d’esprit pourrait prendre des formes radicales.

    Il a du courage notre président !

  • Bonjour,

    Merci Koz, comme très souvent, pour vos billets publiés (ainsi que les commentaires associés).

    Juste une petite question : Sarko (ou un membre du gouvernement, Fillon ?) ne pouvait il pas tenter un contre-coup médiatique en demandant à signer l’appel de JFK ?

    Après tout si il ne s’agit « que » de défendre la république, pourquoi se priver … ou autrement dit « bas les masques ! »

  • @ Koz : je ne voulais pas nécessairement pinailler sur la définition de « journaliste », simplement mon premier commentaire avait pour juste pour but de souligner que certains journalistes avaient de plus en plus tendance à donner leur opinion de façon brute tout en se prétendant objectif, ce qui me gêne.

    Après, je suis d’accord avec vous :
    – Aphatie est certainement un très bon journaliste (on a le droit à l’erreur, hein?),
    – Kahn se défend très très mal dans cette émission.

    Pour l’affaire « Aphatie est-il sarkozyste ou non sarkozyste ? », j’avoue être trop loin de la France maintenant pour avoir tout suivi. Mais parfois je m’agace devant la prose de certains journalistes qui décrivent comme allant de soi des choix éminemment politiques (cela n’est d’ailleurs pas nouveau je pense, je me suis desabonné au Monde à cause de cela il y a quelques années). D’ailleurs, ne lit-on pas régulièrement ici ou là que la plupart des journalistes ne sont pas objectifs car ils sont trop à gauche ?

  • @ Tom

    On peut difficilement réclamer un pluralisme de la presse (sous entendu, bien sur, de droite et de gauche) et se plaindre de la partialité politique des journalistes.

    Il faut juste le savoir qu’il existe une vérité journalistique de gauche et une vérité journalistique de droite, comme il existe une vérité journalistique propre à la personne qui écrit son texte.

    L’impartialité dans ce domaine n’existe évidement pas. Le Monde s’était fait une réputation de journalisme objectif qui était fausse dans les faits. Le Monde affichait un semblant d’impartialité, ce qui était particulièrement vicieux car plus difficile à décrypter. Le choix des sujets, l’emploi subtil de certains mots, l’occultation de certains détails dans les mêmes faits, ou l’accent mis sur certains autres, les titres, la parole donnée à certains leaders d’opinion et pas à d’autres, etc. sont les différentes façons habiles d’influencer les masses.

    En fait la déontologie en matière de presse ne porte pas sur la partialité mais sur la véracité des faits. Un article présente plus ou moins de faits. Un éditorial ne fait que commenter, donner une opinion sur des faits, qui peuvent être d’ailleurs faux comme vrais.

    C’est la même chose que prétendre que les journaux représentent l’opinion publique. C’est tout simplement impossible. Ils leur faudraient sonder chaque jour sur l’ensemble des sujets traités. De plus, l’opinion obéit à un effet d’entraînement, de mode, etc. La presse essaye d’influencer l’opinion.

  • Vous avez raison, Ukal, quelqu’un aurait dû se dévouer. Puisque, selon Kahn, il s’agissait de rappeler des évidences et de signer un texte sans portée. Sauf à ce qu’il ne l’ait pas proposé à la signature d’un ministre ou d’un membre sarkozyste de l’UMP, ce qui réduirait à néant un argument qui confinait déjà au grotesque, selon lequel : « on ne cite jamais Nicolas Sarkozy, alors poruquoi donc l’ont-ils pris pour lui ? ».

    Scope, vous exagérez : Kahn est déplaisant et malhonnête, mais pas bête.

    Tom, j’écoute probablement 8 interviews sur 10 d’Aphatie. A n’en pas douter, et fort heureusement, il a des opinions. Mais je mets au défi mes commentateurs – si prompts à la recherche – de me trouver sur son blog ou ailleurs une prise de position sarkozyste, ou qui puisse le laisser penser.

  • Pour donner tort aux signataires de l’Appel de Marianne, il serait bon que NS ne cherche pas à passer outre la décision du Conseil Constitutionnel mais convoque le Congrès pour faire modifier la Constitution.

  • epo, pas si sûr que ce commentaire ne puisse s’appliquer au présent billet, enfin plutôt aux commentaires de certains 🙂

  • @Koz
    « Ensuite, non, Kahn n’assume pas son propos. Successivement, il concède que nous ne sommes pas en monarchie élective, que la république n’est pas en danger, que Nicolas Sarkozy est républicain et que n’importe qui aurait pu signer cet appel »

    Avez-vous seulement lu l’appel ? Par quelle déviation de la grammaire et du vocabulaire peut-on y lire que nous sommes en monarchie élective et que le président n’est pas un républicain ? Depuis quand il faut enlever les verbes et les adjectifs pour donner du sens à une phrase ?

    « En matière de faux-jetonnerie, sur ce point aussi, Kahn remporte la palme : non, il ne se contente pas de dire qu’Aphatie a “des opinions”. Son propos est chargé de sous-entendus. C’est clairement affirmer qu’Aphatie est sarkozyste. »

    Ca c’est une interprétation, que Kahn réfute sur le plateau quand Denisot affirme l’équivalence entre « opinions » et « service commandé ».

    « De la même manière, non, lorsqu’il dit qu’Aphatie est plus à droite que Sarkozy, ce n’est pas pour affirmer qu’il serait plus libéral. Le libéralisme n’est ni à droite ni à gauche de Sarkozy. »

    Il dit « en termes libéral et d’opinions ». On ne peut pas dire qu’Aphatie n’est pas sarkozyste dans le sens où il rappelle clairement par ses prises de position sur son blog ou dans ses interventions à un grand nombre de points du programme présidentiel (Aphatie rappelle que cette denomination de sarkozyste date de décembre 2006, soit 6 mois avant l’élection présidentielle). Ceci ne l%2

  • Ukal : « Juste une petite question : Sarko (ou un membre du gouvernement, Fillon ?) ne pouvait il pas tenter un contre-coup médiatique en demandant à signer l’appel de JFK ? »
    Koz : « Vous avez raison, Ukal, quelqu’un aurait dû se dévouer. Puisque, selon Kahn, il s’agissait de rappeler des évidences et de signer un texte sans portée. »

    Kahn n’a pas dit sans portée, il a dit consensuel.

    Koz : « Sauf à ce qu’il ne l’ait pas proposé à la signature d’un ministre ou d’un membre sarkozyste de l’UMP, ce qui réduirait à néant un argument qui confinait déjà au grotesque, selon lequel : “on ne cite jamais Nicolas Sarkozy, alors pourquoi donc l’ont-ils pris pour lui ?” »

    Ne vous en faites pas, les sarkozystes sont sur le point de signer cet appel : http://www.u-m-p.org/site/index.php/s_informer/actualites/le_contre_appel_republicain_de_roger_karoutchi

  • J’ai eu presque peur ce matin, en lisant le com de Damien B.
    je me suis demandée ce que l’UMP avait pu imaginer, et si nous nous étions laissés manipuler par l’ambiance médiaticosarkophobe !

    Alors j’ai cliqué sur le lien, et relu Le contre-appel républicain de Roger Karoutchi
    « Roger Karoutchi, Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, « appelle tous les élus à restaurer le débat démocratique et républicain au-delà des appartenances partisanes, dans un esprit apaisé de recherche du bien commun. »…. »• Parce qu’il est dangereux pour la démocratie d’utiliser et de multiplier les attaques personnelles contre le chef de l’Etat pour essayer de déstabiliser son action politique  »

    Alors soit vous maniez l’ironie, avec un certain talent, je dois le dire, vous feriez un très bon journaliste .
    Soit vous interprétez, en enlevant les adjectifs qualificatifs…

    Je préfère la première solution.

    Mais après tout, peut être est ce ce que fait JFK?
    Ironiser afin que chacun prenne dans ses propos ce qu’il veut prendre?
    Le problème est que par l’écriture sur un blog, ça peut marcher, mais en vidéo ou audio, le ton de la voix indique nettement s’il y a ironie ou si il y a passion.

  • Damien B., ce n’est pas parce que le texte lui-même, qualifié d’ailleurs de « camomille » par Kahn (je préfère écrire Kahn, tout de même : ce n’est qu’un caractère de plus, et il n’a pas l’ampleur du vrai JFK), était d’une faux-jetonnerie achevée qu’il ne faut pas le comprendre.

    Il reprend un terme, « monarchie élective », dont chaque conservateur sait qu’il a été employé par Joffrin, et que ce n’était pas au conditionnel. Il affirme qu’il faut être vigilant et qu’il est nécessaire de se prémunir contre une dérive vers la monarchie élective, de préserver l’indépendance des medias, de sauver la laïcité… Enfin, franchement, lorsqu’on a la présomption de réunir des signatures « illustres » (à tout le moins connues) pour publier un appel de ce genre, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : si l’on estime nécessaire d’affirmer son attachement à ces valeurs, c’est évidemment qu’on les estime menacées.

    C’est tellement évident qu’il est étonnant de devoir le rappeler.

    Autre hypocrisie de haut vol de l’appel : combien de fois a-t-on entendu que Nicolas Sarkozy n’était jamais nommément désigné ? Il suffit de relire la mise en contexte de Marianne, plus longue que le texte même de l’appel, pour lever l’hypocrisie.

    C’est tout de même incroyable de ne pas être capable d’assumer ses propos, même sous-entendus.

  • Y a tellement de boulot : tous les jours apporte son lot de connerie qu’il faut défendre passionnément ! L’actualité du jour, c’est l’algarade présidentielle avec un citoyen qui ne veut pas être sali au salon de l’agriculture… Des fois, on se dit que certains ont raison de signer des appels à la vigilance parce que le style présidentiel, quand même, c’est quelque chose…

  • Tiens, je me demandais qui parviendrait à le caser, et comment.
    Mais je loue vos efforts, Praxis, pour tenter, malgré tout, de raccrocher cet épisode au sujet du billet.

  • Nous assistons en ce moment à une montée de l’hystérie journalistique et du Net qui me rappelle les précédentes campagnes électorales, notamment celle de 2005 pour le TCE qui m’a fait sortir du bois politique pour la première fois de ma vie.
    A la place de NS je prendrai des vacances et reviendrai après le vote … car il cristallise toutes les rancœurs des battus de 2007 et de leurs affidés qui essayent de cacher leur propre vide politique sidéral par ces vociférations. Il n’y plus que désinformation, manipulation et occultation de tout ce qui pourrait être considéré comme positif.

    Que n’entendons nous pas aujourd’hui : après avoir parlé de « pouvoir personnel » et de « monarchie élective » voilà que l’on affirme que le président « affaiblit la fonction présidentielle ».

    @ Praxis
    Ce qui m’inquiète le plus c’est comment un visiteur au Salon de l’Agriculture, un opposant kosovar parait-il, ait pu s’approcher si près du président ! Imaginez qu’il ait eu d’autres desseins que l’insulte au président ! Et puis dans cette histoire, qui a été insulté ? Un président de la République ou un obscure opposant qui « comme par hasard » se trouvait sur son chemin ? Fallait faire exprès d’être là …

  • Aphatie a raison mais je ne l’ai pas trouvé très bon dans cet échange. Il s’est laissé intimider par la dialectique de Kahn.

    Quand Aphatie dit qu’on n’a jamais vu autant de bêtises en si peu de mots, il donne son opinion, bien sur, mais il critique le texte, les mots, les idées.

    Quand Kahn l’accuse d’être « à droite de Sarkozy », on change totalement de registre. On est dans le domaine de l’attaque personnelle. La disqualification a priori. La négation du débat. Les arguments n’importent pas, seul compte celui qui les énonce.

    Kahn joue à fond cette carte-là. Il a pris soin de faire signer son papier à quelques aigris de « droite » et il s’en sert pour légitimer son appel et surtout pour ne pas entrer dans le débat sur son contenu. De même sa tirade sur « je croyais être sur un chaîne avec laquelle j’avais une sensibilité commune », il joue sur la « peer pressure ». Les gens de Canal+ sont ils des gentils qui défendent la république ou des méchants qui soutiennent Sarkozy?

    D’où ce sentiment de malaise à l’écoute de cet échange. Aphatie attaque le texte et Kahn attaque Aphatie.

  • Commentaire en deux parties, un des précédent a semble-t-il était tronqué.

    « ce n’est pas parce que le texte lui-même […] était d’une
    faux-jetonnerie achevée qu’il ne faut pas le comprendre. »

    Quand Kahn ou Marianne tapent sur Sarkozy, ils le font directement et nommément. Vouloir voir dans cet appel en particulier, une attaque personnnelle contre Sarkozy, ça, c’est un procès d’intention.

    « Il reprend un terme, “monarchie élective”, dont chaque conservateur sait qu’il a été employé par Joffrin, et que ce n’était pas au conditionnel. »

    Est-ce qu’il est au conditionnel dans l’appel oui ou non ? Depuis quand Joffrin est l’étalon-or de la sémantique ?

    « si l’on estime nécessaire d’affirmer son attachement à ces valeurs, c’est évidemment qu’on les estime menacées. »

    Est-ce que Kahn a réfuté qu’il les estimait menacées ?

    « Autre hypocrisie de haut vol de l’appel : combien de fois a-t-on entendu que Nicolas Sarkozy n’était jamais nommément désigné ? Il suffit de relire la mise en contexte de Marianne […] pour lever l’hypocrisie. »

    Cette mise en contexte là ?
    « Il ne s’agit pas de lyncher, aujourd’hui ou demain, après avoir démissioné hier, mais de rappeler qu’il y a des fondamentaux qui constituent le socle de notre démocratie et structurent l’identité de notre nation »
    « Or, ce n’est pas faire injure au chef de l’Etat, ce n’est pas contester a priori […] sa volonté proclamée de rupture ou de réforme, que de constater que ces quatre principes, ces derniers mois, ont été gravement mis à mal. D’où cet appel. »

  • La mise en contexte dit : si on insiste sur ces quatre points là, c’est qu’on estime que sous la présidence en cours, ils ont été mis à mal, mais, au-delà de la présidence, ce qui nous intéresse est le maintien des fondamentaux. Que disent-ils ? Qu’il faut abattre Sarkozy ? Qu’il faut le renverser ? Qu’il faut le contrer ? Qu’il va détruire le pays ? Non, ils disent qu’à l’avenir, il va falloir faire attention à ces quatre points, sans remettre un seul instant en cause la légitimité de Sarkozy à mener la *polittique* du pays.

    « C’est tout de même incroyable de ne pas être capable d’assumer ses propos, même sous-entendus. »

    Non, ce qui est incroyable c’est que quand Kahn attaque directement et nommément Sarkozy, on s’en fiche (« on » est à chercher parmi Karoutchi, Jego, Accoyer, Morano, Copé, etc…), et quand il est co-auteur d’un texte général d’appel à un retour aux fondamentaux, il est attaqué sous le prétexte que ce ne serait qu’un gros sous-entendu. Quand Maurice LEROY, signataire, déclare qu’il n’est pas anti-sarkozyste, qu’il est contre l’anti-sarkozysme, qu’il estime que cet appel, présenté personnellement à lui par Kahn, n’est pas une initiative anti-sarkozyste, on se retrouve face à la question suivante, qui semble être la seule à faire débat (vu que tout le monde se contrefiche des signataires) : est-ce qu’il est envisageable, de la part d’un journal ou d’un journaliste qui n’a jamais hésité à mettre nommément en cause Sarkozy, puisse parler de fondements politiques sans que cela soit une attaque détournée contre Sarkozy ?

  • @ Damien,

    « ils disent qu’à l’avenir, il va falloir faire attention à ces quatre points, sans remettre un seul instant en cause la légitimité de Sarkozy à mener la *polittique* du pays. »

    Donc, si je vous comprends bien, nous avons une constitution, le président ne l’a pas violée, l’appel ne s’adresse pas à lui d’ailleurs nous expliquent ses défenseurs, mais ‘il va falloir faire attention’ !?
    Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent le pays était peuplé d’inconscients ? D’ignorants de la constitution ? Des valeurs républicaines ?
    La conscience, l’esprit républicain viennent de surgir du néant là maintenant, en ce début de l’an de grâce 2008 ?

  • Koz, j’ai aussi parlé du contournement de la décision du conseil constitutionnel… Un détournement qui fait appel à notre vigilance républicaine isn’t it ?

  • Je ne peux pas imaginer, Praxis, que le Président de la Cour de cassation puisse faire des propositions qui seraient susceptibles d’être interprétées comme un contournement de la décision du Conseil Constitutionnel.

    Damien : je crains qu’il ne vous faille suivre le lien que j’ai indiqué, et relire tout ce qui précède le texte même de l’appel.

  • @Liberal
    « D’où ce sentiment de malaise à l’écoute de cet échange. Aphatie attaque le texte et Kahn attaque Aphatie. »

    Justement, c’est là le problème : Aphatie attaque la première partie des quatres du texte, en omettant sciemment la structure grammaticale de la phrase (d’où l’insistance de Kahn sur la relecture de la phrase complète). Et on constate d’ailleurs dans les propos d’Aphatie, bien avant le droit de réponse du 21 de Kahn, qu’Aphatie bascule très vite sur l’attaque de Kahn, en le désignant auteur unique de l’appel, et en demandant comment les signataires ont pu tomber dans ce panneau (i.e., Kahn leur a tendu un piège dans sa croisade secrète).

  • Franchement, Damien… Kahn est l’auteur du texte, c’est lui qui l’a soumis aux autres (en cachant apparemment à la plupart qui étaient les autres signataires : Leroy et Bayrou l’ignoraient), et il est publié dans l' »ex » journal de Kahn.

    Et je ne suis pas loin de penser que la tonalité « camomille » du texte était précisément faite pour lui permettre de recueillir des signatures qu’il n’aurait pas eues sinon.

  • « Damien : je crains qu’il ne vous faille suivre le lien que j’ai indiqué, et relire tout ce qui précède le texte même de l’appel. »

    Effectivement, la mise en contexte en ligne est différente de celle dans le journal, beaucoup plus « punchy » (non, ça n’est pas un compliment). Juste une phrase que je retire de la mise en contexte web : « c’est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit ». Evidemment, ça reste fortement soumis à interprétation, mais je lis ça comme un dédouanement de Sarkozy (rappelé par le « volontairement ou involontairement » du paragraphe précédent). Car si on ramène le problème à un et au seul homme (ce que faisait Mitterand vis-à-vis de De Gaulle comme le rappelle Aphatie), alors nous ne sommes plus dans une situation inédite. Et que ce qui est évoqué par les grandiloquants « Rupture » du début de texte, peut être vu *aussi* comme un constat de l’affadissement des pouvoirs. Et comme le rappelle Karoutchi, « la République et la démocratie doivent être constamment confortées et ne sont pas naturellement éternelles ».

  • @cilia
    « Donc, si je vous comprends bien, nous avons une constitution, le président ne l’a pas violée, l’appel ne s’adresse pas à lui d’ailleurs nous expliquent ses défenseurs, mais ‘il va falloir faire attention’ !? »

    Si vous comprenez bien ma lecture de ce texte, il va falloir faire attention parce qu’il semble que les autres pouvoirs qui maintiennent l’équilibre ne semblent plus jouer pleinement leur rôle.

    « Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent le pays était peuplé d’inconscients ? D’ignorants de la constitution ? Des valeurs républicaines ? »

    Peut-être parce que les présidents précédents ne souhaitaient pas réformer autant que le président actuel et que donc ces questions n’étaient pas d’actualité ?

  • @Tara
    « Alors soit vous maniez l’ironie, avec un certain talent, je dois le dire, vous feriez un très bon journaliste .
    Soit vous interprétez, en enlevant les adjectifs qualificatifs…

    Je préfère la première solution. »

    Soyez rassuré(e) 🙂
    Le seul problème du contre-appel républicain, c’est que, comme le dit Koz ( http://www.koztoujours.fr/?p=614#comment-71021 ), le problème n’est pas dans l’appel, mais dans ce que l’appel ne serait qu’une pièce de la stratégie anti-sarkozyste de Kahn. Et là, ce que fait Karoutchi, c’est un anti-Kahn via un contre-appel, et au final, les contenus de l’appel et du contre-appel seront complètement ignorés, à la vue d’un discours qui a été ramené à une querelle de personnes.

  • JFK est un homme qui surfe sur l’anti-sarkozysme depuis longtemps. Il continue à s’enfoncer de manière pitoyable. Apathie l’a bien remis à sa place je trouve. Merci pour la vidéo !
    à bientôt !

  • @ Damien,

    « il va falloir faire attention parce qu’il semble que les autres pouvoirs qui maintiennent l’équilibre ne semblent plus jouer pleinement leur rôle.

    Les médias s’attaquent au président très librement. C’est un pouvoir qui donc se maintient.
    Le conseil constitutionnel restreint les lois proposées quand il l’estime nécessaire. Que je sache, malgré la suspicion de parti-pris de son président (du conseil), il continue à remplir son rôle.
    Les syndicats ne sont pas représentatifs des travailleurs du privé depuis des décennies, pour autant, ils travaillent sur les réformes. Les impatients du sarkozysme reprochent d’ailleurs aux négociations de trop affadir les réformes ou de les faire payer trop chèrement. Donc les syndicats ne sont pas remis en question.
    L’assemblée ? La réforme des institutions est dans les tuyaux depuis des mois. Que je sache, et je le regrette, on la retarde parce que la question de la proportionnalité pose problème. Cependant, cette réforme proposée va dans le sens d’un pouvoir accru pour l’assemblée.
    Alors où voyez-vous que maintenant, les autres pouvoirs ne jouent plus leur rôle du fait de NS ?
    Parlez-vous du PS ? En quoi l’absence de programme, de contre-propositions tenables du PS peut-elle être imputée au président ?

  • @ Damien,

    « Peut-être parce que les présidents précédents ne souhaitaient pas réformer autant que le président actuel et que donc ces questions n’étaient pas d’actualité ? »

    Si c’est ce que vous croyez vraiment, alors raison de plus pour être sérieux dans votre vigilance. C’est un mot fort la ‘vigilance’, c’est une notion d’une grande importance. Pourquoi la dénaturer en sortant dans le vide de grandes phrases qui peuvent si facilement être dénoncées ?

  • @cilia
    On commence à sortir franchement du sujet de l’article de Koz là, si vous tenez vraiment à continuer cette discussion, les mails sont là.

    « Alors où voyez-vous que maintenant, les autres pouvoirs ne jouent plus leur rôle du fait de NS ? »

    Je n’ai pas dit qu’ils ne jouaient plus leur rôle, mais qu’ils semblaient ne plus le remplir pleinement. Un exemple : est-il normal que des lois élaborées par une magistrate, impulsées par un avocat, passent devant le conseil constitutionnel et soient amendées par lui ? La réponse est légitimement oui, sinon le mécanisme ne serait pas en place. Par contre, est-ce normal que ce mécanisme paraisse aujourd’hui normal dans l’établissement des lois, surtout celles qui sont déclarées par le président urgentes et évidentes ? Personnellement (on sort du billet là), ça me paraît anormal, pour une loi « évidente », ce genre de problème devrait être réglé au niveau des commissions parlementaires.

    « Parlez-vous du PS ? »

    Non.

    « Si c’est ce que vous croyez vraiment, alors raison de plus pour être sérieux dans votre vigilance. »

    Je crois en effet sérieusement que notre président veut réformer les institutions ainsi que la loi sur la laïcité. Est-ce que l’on doit être plus vigilant (c’est-à-dire surveiller de manière soutenue) sur de tels changements que, par exemple, sur les grands axes de réformes proposés en son temps par Chirac ? Ou plus vigilant par rapport au début du mandat ? On retrouve la question du double point de vue précédente : soit on considère cet appel pour ce qui y est écrit, soit on le considère comme un sous-marin kahnien. Je suis dans la première hypothèse, et je crois qu’on peut considérer qu’il faut surveiller attentivement un exécutif qui envisage des réformes des institutions et de certaines lois qui sont plus fondamentales que d’autres. Que je sache, la volonté et la ligne directrice de ces réformes sont publiques et étaient présentes dans le programme ou dans les livres de Sarkozy avant qu’il soit élu. Mais je ne vois pas en quoi ça ne mérite pas qu’on regarde de près ce qui est fait.

    « C’est un mot fort la ‘vigilance’, c’est une notion d’une grande importance. Pourquoi la dénaturer en sortant dans le vide de grandes phrases qui peuvent si facilement être dénoncées ? »

    Si on parle du texte d’introduction à l’appel (« Le sens d’une initiative » dans Marianne, et plus encore « L’Appel républicain de Marianne » sur leur site), c’est en effet contre-productif par le ton employé. Si on parle du texte de l’appel lui-même, je persiste à croire que si on n’omet pas la lecture dans le premier point de « dérive vers » et « confinant à », ça ne me semble pas si facilement dénonçable.

  • @ Damien,

    Je ne souhaite pas sortir de la discussion. Que Koz me dise stop s’il estime que je m’égare, je n’ai pas de problème avec ça.

    Les autres pouvoirs, ou contre-pouvoirs sont là pour agir. Leur capacité d’action doit être jugée et respectée en tant que telle, et non pas jugée existante si, et seulement si, elle est favorable aux opinions d’untels ou de tels autres ! C’est justement cela être républicain !

    Maintenant, si vous considérez que des principes essentiels sont bafoués, ou en passe de l’être, pardon, croyez bien que je ne veux pas dire cela sur un ton méprisant, mais vous n’avez pas à prévenir à l’avance que vous serez vigilants, soyez-le, tout simplement !
    C’est tout de même un peu plus sensé (un peu plus républicain et démocratique) d’être vigilant que de déclamer : attention, roulements de tambours, nous allons être vigilants parce que le pouvoir démocratiquement élu ne va pas dans notre sens !
    Non ?

  • Kahn nous a habitué aux coups tordus mais là il a dépassé la mesure ce qui fait que même des confrères commencent à le critiquer. Apathie a bien raison.

    Mais quand on analyse la façon de Kahn de procéder depuis le départ on doit bien admettre qu’il a bien monté son coup.

    Kahn le faucheton à d’abord affirmé pendant la campagne électorale avec une violence extraordinaire que NS avait un problème de caractère, puis a mis en scène NS semaine après semaine à la une de son torchon pour finir de déclarer que le président se mettait lui-même en scène. Puis devine surprise il a appelé à ne pas lyncher NS (paroles que j’ai bien failli prendre au sérieux) tout en préparant son « appel à la vigilance républicaine ». Maintenant il joue à l’innocent qui n’a pas cherché a porter un coup à NS.

    Conclusion pour moi, Kahn est du même niveau que Routier, la pire espèce du journaliste de caniveau sans déontologie aucune. Et ceux qui ont rejoint cette conjuration de minables n’en tireront aucune gloire, bien au contraire, ils se sont totalement déconsidérés en le rejoignant dans la boue. Pour Royal, il suffit de se rappeler ses mensonges sur par exemple les handicapés, de la part de Villepin ses manigances dans l’affaire de Clearstream pour ne pas s’étonner qu’ils puissent participer à un jeu aussi tordu, Bayrou et Dupont-Aignan on connaît leur égo et dépit, les autres ne sont que des lampistes en mal de notoriété.
    Ceux qui jouent aux vierges effarouchées ne sont que des vilains comploteurs et n’ont de noblesse que le nom ou le mot.

  • @cilia
    « Je ne souhaite pas sortir de la discussion. Que Koz me dise stop s’il estime que je m’égare, je n’ai pas de problème avec ça. »

    Admettons, même si je le soupçonne d’avoir une activité autre que la surveillance de son blog 🙂

    « mais vous n’avez pas à prévenir à l’avance que vous serez vigilants, soyez-le, tout simplement ! »

    Deux points : c’est un appel, et le contexte de l’appel. C’est un appel : les signataires répondent à un appel à être vigilant, ce n’est donc pas prévenir.
    Là on en revient au contexte de l’appel (et merci de ne pas me mettre dedans, je ne l’ai pas signé (ce qui ne veut pas dire que je ne le ferai pas, mais ce n’est pas le cas)).
    Le contexte, c’est que la surveillance attentive (= vigilance) aujourd’hui se situe sur quoi ? Eurodisney, Carla, SMS, le remaniement ministériel pour après les municipales, Martinon-non-non, Jean le fils du père, etc… et dans ce sens, qui sont les premiers appelés à la vigilance ? Les médias, et les commentateurs professionnels de petites phrases.

    « C’est tout de même un peu plus sensé […] d’être vigilant que de déclamer : attention […] nous allons être vigilants parce que le pouvoir démocratiquement élu ne va pas dans notre sens ! »

    Il n’est pas question d’aller dans le sens des uns ou des autres, mais de respecter les fondamentaux de la République (cf. commentaires précédents, je ne reviens pas dessus). Après, la définition de ces fondamentaux peut aussi être discutée, discussion qui nécessite elle aussi qu’on y soit attentif 🙂

  • Moi qui voulait arrêter… faut que je travaille.

    « Kahn le faux-jeton a d’abord affirmé pendant la campagne électorale avec une violence extraordinaire que NS avait un problème de caractère, puis a mis en scène NS semaine après semaine à la une de son torchon pour finir de déclarer que le président se mettait lui-même en scène. »

    Quand est-ce qu’on va arrêter l’assimilation Kahn / Marianne ? Szafran, Neumann, Domenach, Macé-Scaron, qui squattent les plateaux bien plus que lui, seraient les chiens-chiens de Kahn ? Ils n’ont pas leurs opinions propres ? Kahn a attaqué nommément Sarkozy ? Oui, souvent, durement. Marianne est le journal de Kahn ? Il en est le président du conseil d’administration, comme Minc fut remplacé par Schweitzer au poste équivalent au Monde, et poste tenu par Dassault au Figaro. Pour Libé c’est différent, Joffrin est multi-casquette, ce qui n’est pas pour le mieux. Kahn reconnaît son indépendance à Aphatie, ayez la bonté de faire de même pour les journalistes de Marianne.

  • @ Damien
    C’est sur le site et dans le journal de Marianne qu’a été publié l’appel mais c’est Kahn qui a démarché les signataires (y compris Chirac parait-il …) c’est Kahn que l’on voit sur tous les plateaux en ce moment, difficile de ne pas associer les deux … 🙂

  • @Margit
    J’avoue n’avoir lu l’appel dans Marianne que le 21, et n’avoir vu le « débat Kahn/Aphatie » que sur le site de Canal. C’est le défaut de ne pas compter sur la télévision pour s’informer, on rate l’actualité des parisiens. Question (pour laquelle je n’ai pas de réponse, n’ayant pas suivi cette partie là, cf. supra), quelles sont les relations temporelles entre les présences de Kahn sur les plateaux et les différentes réactions à l’appel (Aphatie, Fillon, Jego, Karoutchi, etc) ? Sous-entendu de ma question (c’est plus simple si je le donne), sans les réactions des susnommés, y’aurait-il eu un écho médiatique à cet appel ? (là encore, je n’ai pas de réponse)

  • Ce débat de Canal+ fut une grande blague…
    Aphatie m’a déçu… je le croyait objectif, mais en fait, il a des tendances sarkozystes.
    JFK a certes un peu gueulé, mais à 4 contre 1, c’était nécessaire pour être entendu !

    C’est surtout Denisot et Ariane, ces sarkozystes acharnés venant en aide à un Aphatie perdu face à un JFK toujours en forme et toujours aussi pertinent ! Heureusement qu’il reste de tels journalistes en France, capable de décrire ce qui se passe en Sarkoye, ce pays qui tourne très mal (pouvoir d’achat, europe, laicité, logement, et j’en passe).
    S’il fallait retenir un seul moment du débat : quand Aphatie cite un bout de phrase et que JFK lui demande de citer TOUTE la phrase : Aphatie comprend qu’il s’est planté, en baissant les yeux et en changeant de sujet…

    Votre article n’est absolument pas objectif, et est clairement de droite. Votre article n’est pas le produit d’une eventuelle tentative de journalisme, mais le produit d’un louange à notre monarque hyperactif.

    Vous critiquez l’appel de Marianne, mais pouvez-vous nier que notre démocratie ne tourne à la monarchie éléective ? Tous ces petits ministres et députés lèches-bottes qui ne m’inspirent que le dégoût devant tant de fayotage, on les entend crier au fascisme contre cet appel… C’est justement leur réaction, tant à vouloir plaire à leur monarque, qui tend vers le fascisme >>> on est pour Sarko ou contre Sarko ! Si ce n’est pas une forme d’autoritarisme…

    J’ai signé cet appel, et j’en suis fier.

    La France ne doit pas tourner à la monarchie elective ! Vive la Republique ! Monsieur Sarkozy, changez votre façon de gouverner, ou démissionnez !

  • « Monsieur Sarkozy, changez votre façon de gouverner, ou démissionnez ! »

    Et vous faites quoi des 53% d’électeurs, allez, je modifie, des 31% d’électeurs du premier tour qui ont voté pour lui ( chiffres officiels ), des 5 à 6% de plus qui ont voté pour lui au deuxième tour et qui sont toujours d’accord avec lui, et des 68% qui approuvent l’action du gouvernement ? ( si on en croit les fameux sondages )
    Ils comptent pour des prunes ?
    Pensez vous vraiment que l’opposition est unie ?
    Et qui, croyez vous, serait capable de le remplacer ?

  • Ncis « pouvez-vous nier que notre démocratie ne tourne à la monarchie éléective ? »

    Oui, bien sûr, je le peux. Regardez :

    Je nie que notre démocratie tourne à la démocratie élective.

    C’était facile. Si vous voulez, je le refais en me tenant sur un pied et avec une tasse de café à la main.

    Sinon, je tiens à vous dire que je suis vraiment très heureuse que vous ayez signé cet appel puisque, comme l’a confirmé Kahn, il ne vise pas Sarkozy. Je me réjouis toujours de voir qu’il y a des gens qui sont prêts à défendre la République et la Démocratie (je mets les majuscules, ça donne de la hauteur). : )

  • Non et puis NCIS, quand on est fier, on est fier. Bon, c’est vrai qu’à droite on est fier et fasciste. Ou heureux et fasciste. On est même fasciste quand on est malheureux !

    C’est un peu notre boulot, à nous les droitistes. Etre les fascistes.

    Maintenant que vous connaissez notre peine, peut être que vous voudrez bien considérez que l’imprécation « mais comment, vous voyez pas qu’on va vers une monarchie élective ? » est un marronier de la gauche depuis De Gaulle et qu’aucun des prétendants au titre n’en a été roi. Ce qui devrait vous rassurer. Et vous faire nous lacher la grappe.

  • Il y a un truc que je ne comprends pas.

    A part un bel oxymore et une formule suffisament imagée pour marquer (quoique je la trouve plus faiblarde que le « droite bling-bling » de Domenach), c’est quoi, une monarchie élective ?

    Non, franchement, si je pouvais avoir une explication circonstanciée, ça me chiffonne de ne pas comprendre la pertinence de l’appel. Qu’est-ce qui est gênant ? C’est de juste « confiner », ou de ne pas avoir abouti ? Parce que si ça se trouve, c’est très bien, une monarchie élective.

    Ca veut dire que les candidats pour la prochaine éléction présidentielle sont Philippe de Gaulle, Alain Pompidou, Valérie-Anne Giscard d’Estaing (à moins qu’on ne préfère Henri pour ne pas laisser le royaume partir en quenouille), Jean-Christophe Mitterrand, Laurence Chirac (là, on est plus embêté pour la primogéniture masculine) ou Pierre Sarkozy ?

    Ca simplifierait la vie du PS, en tout cas.

  • Je n’avais pas vu cet échange en direct. Puis je l’ai regardé sur Agoravox.

    Globalement, j’ai trouvé qu’aucun des bretteurs ne sortaient grandis de ce combat;

    J’apprécie plutôt JM Aphatie depuis l’élection présidentielle. Mis à part son contentieux contre Bayrou, il vise plutôt juste, et de façon équilibrée. Mais sur ce texte, il a tort: quelques soient ses opinions personnelles, il est futile de se voiler la face. Une partie importante des français, y compris parmis sa classe intellectuelle, y compris parmis des responsables politiques de tous bords, considère que la façon de présider de Nicolas Sarkozy tend à un modèle plus monarchique que républicains. On peut débattre de cette vision, argumenter sur les raisons de ce sentiment, mais pas le nier. Dans ce cadre, l’appel relayé par le journal Marianne me semble plus justifié que les nombreux débats sur la vie privée de N. Sarkozy.

    J’apprécie aussi plutôt JF Kahn. Malgré ses exagérations nombreuses, il a souvent su pointer du doigt des faits qui méritent réflexion, voire indignation. Mais sur ce plateau, il a eu tort: accuser JM Aphatie de divers qualificatifs n’a fait que desservir sa défense, et masquer l’essentiel, c’est à dire la réalité d’un problème profond sur le rôle du président de la république et sa pratique du pouvoir.

    J’apprécie enfin souvent Michel Denisot, malgré sa « carpitude » face aux puissants. C’est un bon animateur, et le grand journal une bonne émission bien que trop peu polémique. Mais il n’a pas su tenir le débat, ni tenir son chroniqueur (il n’était pas de son rôle de tenir l’invité).

    A la fin, JF Kahn a su toucher juste, et remporter le duel, sans doute plus par chance que par autre chose: en citant l’exemple de l’intervention du président sur les programmes scolaire, il tenait un argument décisif dans sa démonstration, qu’il aurait sans doute dû poser plus tôt. Mais au lieu de cela, on n’aura retenu de cet épisode que la forme, et une ridicule prestation de grands journalistes.

  • Je crois que Jean-François Kahn, bien que bourré de qualités, fait parti de ces gens qui se pensent obligés de gesticuler dans tous les sens, de faire beaucoup de bruits pour dire ce qu’ils ont à dire. Et, au final, cela nuit beaucoup à des analyses qui pourraient -en portant le sceau de la retenu- avoir bien plus de pertinence. Je crois également que le patron de Marianne s’est fait le devoir de se lancer dans une chasse aux sorcières des Sarkozystes. Cela pour contre-balancer une sarkopathie qui a longtemps prévalu dans les mass-medias. L’ennui est que ce genre de chasse aux sorcières finit toujours par atteindre des innocents. Apathie est un pragmatique. En tout cas, il me semble. il ne sera jamais le farouche partisan qui prendra une position idéologique, juste par principe. Pas vraiment le cas de kahn qui est du type sanguin, prêt à mourir pour ses idées. « D’accord mais de mort lente ». Comme disait l’autre…

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