Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV seine-et-marnaises ?

crochetcat

« C’est d’ailleurs là que réside à mes yeux la plus grande urgence à la libération d’Yldune L. et Julien C. : ils ont subi la calomnie, la diabolisation et la prison antiterroriste, mais il est peut-être encore temps de les sauver du pire : l’onction abjecte du sentimentalisme kitsch, l’infect miel médiatique »

C’est, à peu près, le seul paragraphe de ce billet avec lequel je sois en accord.  Après avoir été unanimement accusés, y compris par Libération, Yldune et Julien sont aussi unanimement considérés comme les victimes de l’arbitraire. Dimanche dernier, devant mes interrogations persistantes, un proche hilare m’assurait que « c’est pas eux« . Il avait dû prendre connaissance du dossier pénal. C’est ce qui lui permettait d’être affirmatif. Comme tant d’autres, puisque chacun a les preuves de leur innocence. Ceux qui répètent cette phrase qu’on entend tellement : « ils n’ont rien contre eux« . Plus que quelques jours et l’on oubliera jusqu’à leur nom. Après Ingrid, ce sera Libérer Julien. Dans le rôle des Farcs, les matons. Pour la jungle, on prend Fresnes.

Car nous avons affaire à un terrorisme d’Etat. Pire : un anarchisme d’Etat ! C’est en tout cas la thèse de Jérôme Leroy, dont on ne sait vraiment s’il s’est arrêté à deux doigts d’assimiler Nicolas Sarkozy à Benito Mussolini, ou s’il s’est arrêté deux doigts après l’avoir fait.

Le père de Julien Coupat est de tous les medias de cet Etat totalitaire. On le comprend, bien sûr. Il est légitime qu’il ait la parole. Même s’il se montre parfois d’un manque d’objectivité bien compréhensible de la part d’un père. Ainsi lorsqu’il affirme que le cas de son fils a été examiné par des « vacataires« , ce qui signifierait des « intérimaires« , bref des personnes aux compétences incertaines. Le fait que nous soyons en période de vacation (vacances judiciaires) ne fait pas de ces magistrats des vacataires ou des intérimaires, outre le fait que ce sont des conseillers de Cour d’appel, d’une part, de Paris, d’autre part, ce qui ne sont pas des postes que l’on atteint en début de carrière. Ajoutez à cela que, comme me l’a indiqué le pénaliste anonyme le plus célèbre du web français, il y a toujours à tout le moins un magistrat parmi les trois qui connait les dossiers sensibles devant venir à l’audience.1

Mais surtout, Ô grands défenseurs des autonomistes tarnacais, il est un pot autour duquel on ne peut tourner sans fin si l’on veut convaincre de leur innocence !

chevalierblancDissipez pour moi les brumes seine-et-marnaises et je vous rejoins, sabre au clair, cape au vent, cœur vaillant, dans la défense de l’innocence flétrie ! Adolescent, je n’ai pas craint de pénétrer par effraction, et avec élan,  dans le véhicule préalablement immobilisé d’un retraité de La Poste. Je ne crains donc pas d’enfourcher encore mon célèbre et fidèle mi-course Peugeot vert, de prendre la tête des troupes autonomes et assaillir un autre bastion. Nous sortirons le bourgeois de la Santé comme autrefois nous sauvions l’aristocrate de la Bastille. Mais si vous deviez laisser cette nuit de campagne dans la brume, alors tremblez que je redevienne le Grand Imprécateur…

Bruno Maillé, l’auteur du premier article cité, qualifie l' »enquête » vidéo de Mediapart d' »excellente« . Est-ce vraiment une enquête celle qui ne pose jamais la question centrale ? Les journalistes semblent avoir attaché davantage d’importance aux aspects périphériques du dossier qu’à ce fait pourtant central. La manifestation de Vichy ? Le caractère politique de l’affaire ? L’emballement médiatique ? Intéressant, soit. Mais est-ce une enquête sur les faits ? On interroge deux accusés libérés – l’Etat totalitaire a parfois de ces faiblesses – sur leur emploi du temps dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, mais on ne leur pose pas cette simple question :

Que faisaient Yldune Lévy et Julien Coupat le 7 novembre dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là ?

Interrogé sur France2, le père de Julien Coupat se montrait d’une remarquable prolixité. Pour accuser l’Etat, la police, les juges, il se montrait éloquent. En revanche, lorsqu’on l’interroge sur l’emploi du temps de son fils la nuit du 7 au 8 novembre 2008, il se montre évasif. Sur ce point, son père affirme simplement que ce n’est pas à lui de répondre à cette question, et que cette question relève de la Justice. C’est un choix, mais ce n’est pas le choix le plus convaincant quand on prétend prendre l’opinion publique à témoin. Car certes la campagne seine-et-marnaise n’est pas vilaine, mais il n’est pas banal de se trouver à 4 heures du matin à l’aplomb d’une voie de TGV.

Or, rien. On ne sait rien de ce qu’ont fait Ysulde et Julien à l’aplomb de la voie ferrée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008. D’après les soutiens des tarnacais, les RG (enfin, la DCRI) ne les ont perdu de vue que 20 minutes. Or, jamais, au grand jamais, m’entendez-vous, on ne pourrait installer ledit dispositif en 20 minutes.

dhuisyAlors, qu’ont-ils donc fait ? J’ai moi aussi soupçonné quelque passe-temps libidineux. Mais enfin, est-ce bien crédible, en pleine nuit dans la campagne seine-et-marnaise ? Sans compter que, comme le disait déjà Teilhard de Chardin, dont Pierre Desproges a outrageusement copié l’esprit taquin, « froid de novembre… cache ton membre« . Or Julien Coupat est un intellectuel. Il ne saurait ignorer cette sagesse proverbiable. Alors, quoi, ils étaient passés par là en TGV et avaient un doute sur la présence d’une forme rare d’arbustus arbusti persistant, sur le talus ? Ils avaient perdu quelque chose la dernière fois lors de leur dernière halte primesautière en bordure de voie de TGV (les autonomistes sont un peu pervers) ?

Voici ce qu’en dit, le 27 décembre 2008, Libération :

La police antiterroriste assure en effet avoir suivi la Mercedes de Julien Coupat et Yldune Lévy durant la soirée du 7 novembre en Seine-et-Marne, les avoir vus dîner à Trilport, «jeter dans une poubelle publique un emballage de lampe frontale et des horaires de TGV de la SNCF», puis filer vers la commune de Dhuisy, et «stopper leur véhicule vingt minutes à l’aplomb de la voie ferrée de la ligne TGV-Est», qui a été neutralisée le lendemain. Les policiers en surveillance ont trouvé ce couple «très méfiant», qui revient sur ses pas«vérifier si des flics fouillent la poubelle» : «Lui, dit l’un d’eux, c’est un pro de la clandestinité.»

Ces éléments, outre le fait que Julien Coupat prenne le soin de rester stationné pleine voie pour laisser les véhicules qui le suivent le doubler (note pour la fois où je serai suivi par DCRI) sont consignés dans le Rapport de la Sous-Direction Antiterroriste de la Police Judiciaire au Procureur de Paris, gracieusement mis à notre disposition par Mediapart.

Mediapart qui, donc, a consacré une enquête au sujet mais a oublié de poser cette simple question aux deux personnes que l’on voit sur le long premier volet de l’enquête, Les Accusations, au titre prédestiné et durant lequel les deux accusés libérés (le pouvoir totalitaire a de ces faiblesses, tout de même) épluchent pourtant le rapport : que faisaient Ysulde et Julien, seuls, dans cette campagne perdue, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 ?

J’ai cherché des précisions sur cette nuit. J’ai cherché le media qui aurait posé la bonne question. C’est un peu décevant. Peu de medias semblent trouver que cette question a un intérêt. En tout cas, pas . Pas . Pas . Pas . Pas . Pas . Pas . Pas . Rien non plus sur le site du « comité de soutien aux inculpés du 11 novembre« .

La seule fois où la question est posée, c’est dans cet entretien au Nouvel Obs. On pose la question au père de Julien Coupat.

L’enquête de police dit tout de même que Julien et Yldune ont été vus près de l’une des lignes de TGV qui a été sabotée, le 7 novembre… – Comme ils étaient suivis depuis six mois, les policiers savaient déjà tout sur eux. Nous étions tous surveillés, les enfants et les parents. Pourquoi alors, s’ils disent savoir que Julien était avec Yldune près de cette voie ferrée, ne sont-ils pas intervenus aussitôt ? Ils disent qu’ils ont perdu leur trace dans le noir pendant 20 minutes avant de les retrouver. Or, il est impossible de saboter une caténaire, à deux, pendant un laps de temps aussi court. Les professionnels sont formels. Et comment se fait-il qu’en retrouvant leur filature, les policiers n’aient pas fouillé leur voiture pour trouver des pièces à conviction ? Bizarre…

Le Nouvel Obs n’insistera pas.

Mais avez-vous remarqué, vous aussi, cette façon de répondre, tant dans cet entretien que dans l’interview donnée à France2 ?

La réponse la plus simple ne serait-elle pas de dire : « mais ils n’ont jamais mis les pieds à Duisy ! Ils étaient au mariage de Radegonde, la copine d’Ysulde. D’ailleurs, tout le monde les a vus animer la danse du parapluie« . Au lieu de cela, ni lui ni les autres ne contestent qu’ils aient été par un hasard étonnant à l’aplomb de cette voie ferrée qui devait faire l’objet d’un sabotage cette nuit-là.

Ofr, celle qui est donnée est une esquive : la DCRI dit les avoir perdus de vue pendant 20 minutes, pourtant on ne peut pas saboter une caténaire en 20 minutes (note pour la fois où je voudrai saboter une caténaire : prévoir plus de temps). Or, non seulement ceci n’est pas une réponse, mais nous avons déjà vu qu’ils n’ont pas passé seulement 20 minutes sur place, mais qu’ils y sont retournés pendant 20 minutes, après avoir fait des aller-retour aux alentours durant tout l’après-midi.

Reste aussi l’histoire de la revendication par un groupe allemand, censée les disculper mais qui tend plutôt à conforter l’idée d’un groupe organisé. Mais c’est, presque, une autre histoire. Et puis cet autre point : il n’y a plus eu de sabotages depuis le mois de novembre. Je trouve pas ça chic de la part des saboteurs de ne pas avoir saboté au moins une autre ligne pendant l’incarcération des tarnacais, histoire de les disculper. Ce ne sont pourtant pas les lignes de TGV qui manquent.

Alors voilà, disons qu’il me semblerait approprié, avant d’évoquer un régime totalitaire, avant d’évoquer les républiques bananières, avant d’évoquer la république de Salo, le tout dans l’ignorance totale du dossier pénal, de faire preuve d’une relative prudence en se posant juste une simple question. Ysulde et Julien ne sont pas nécessairement d’innocents martyrs.

*

Je ne dis pas que je vais terminer tous mes billets en 2009 par une citation, mais celle-ci je l’aimais bien :

« Michèle Alliot-Marie prétend défendre la démocratie, mais le capitalisme n’a jamais été un régime démocratique » – François Schifres, doctorant en sciences politiques, ami de Julien Coupat

Faudra qu’il en cause à Vaclav Havel.


  1. le fait que le père de Julien Coupat ne cesse de mettre en avant que le JLD qui avait prononcé la remise en liberté de son fils était un juge indépendant peut aussi apparaître comme manquant de la même logique de défense. Les conseillers de cour d’appel sont tout aussi indépendants et puis… le JLD qui a maintenu Ysule Lévy en détention n’est pas moins indépendant ni au fait du dossier que celui qui a statué sur le cas de Julien Coupat. []

Billets à peu près similaires

157 comments

  • Koz: ils vont sans doute défendre au procès une thèse type « on était là mais dès qu’on a tourné les talons, les RG ont saboté la voie pour nous rendre coupables et casser notre groupe ». Après tout, le rapport de police dit bien que les RG aussi étaient dans le coin : que faisaient ils la nuit du 7 au 8 novembre ? 🙂

    Et bim, une belle théorie du complot 🙂

  • J’ai eu cette discussion en famille pendant les fêtes. Outre que je n’ai pas de tendresse particulière pour des gens qui conchient notre société et veulent la détruire, j’étais effaré d’entendre les avis définitifs de certains proches, sur l’air du « on nous cache tout, on nous dit rien », qui m’affirmaient que les anarcho-machins de Tarnac étaient forcément innocents…

  • Ca aurait plus de chances d’être convaincant, Paul, si les faits avaient eu lieu dans un endroit de grand passage, où l’on peut se trouver fortuitement. Se trouver dans l’après-midi puis à 4 heures du matin en pleine campagne seine-et-marnaise suscite tout de même comme un doute.

    Franc belge, oui, effectivement. Et la lutte contre le terrorisme ayant justifié trop de débordements outre-atlantique, il est difficile de déplacer le débat sur un terrain plus rationnel. Il faut d’une part accepter une chose : nous ne pouvons pas tout savoir sur ce dossier, chacune des parties ayant de bonnes raisons de conserver des éléments secrets. Et puis, il reste cette question simple là…

  • Oui, bonne question Koz. La question qui tue !

    Et puis dans ce pays totalitaire où toute la presse est muselée comme nulle part ailleurs … on réussit quand même à mieux connaitre le père de Coupat que Miss France… Il y a du mou dans la corde à noeuds de la censure étatique, j’vous l’dis ma bonne dame…

    On peut lancer un concours d’idées pour cerner ce qu’ils y faisaient là-bas sur le fer… Chais pas moi, ils cherchaient peut-être une traverse pour décorer leur cheminée…

    Tiens il y a 8 jours j’ai revu sur Planète l’émission « Faites entrer l’accusé » sur Action Directe… Ils étaient dans une ferme eux aussi. Décidément, ça rapproche l’amour de la campagne…

    ps: très heureux de voir Koz en pleine forme en ce début d’année, qui sait insuffler une belle et discrète touche de légèreté sur un thème des plus sérieux. Bravo.

  • « Ysulde et Julien ne sont pas nécessairement d’innocents martyrs » – et pour préciser ta pensée: ne seraient-ils pas en effet les coupables? Juste pour jouer à ton jeu des scénarios, il me paraîtrait intéressant d’ajouter à celui de la culpabilité l’hypothèse d’une simple complicité (apportée en l’occurrence aux véritables auteurs, par exemples les écolos allemands qui ont bel et bien revendiqué l’action). Ce qui expliquerait pas mal de points qui restent obscurs dans le déroulement des faits, ainsi que leur silence postérieur, ou l’absence paradoxale d’alibi (qu’il n’aurait pas été bien difficile de produire, et qui fait tout de même un peu tache pour des « pros de la clandestinité » qui avaient tout prévu).

  • Moi aussi, je trouve Koz en pleine forme pour ce début d’année, et j’en suis ravi.

    J’ai moi aussi été frappé par ce mode de défense des proches de Coupat : tout se passe comme s’ils admettaient implicitement la culpabilité de Julien et de sa compagne, préférant concentrer leurs attaques sur la vacuité du dossier et sur la disproportion de la réaction policière et judiciaire. Si l’on se focalise sur la disproportion, c’est bien qu’on reconnait implicitement la réalité des faits, non ? Cette attitude surfe sur deux éléments : le premier, c’est effectivement un surprenant manque de preuves – la DCRI n’en sort pas grandie. Le deuxième, c’est évidemment cette propension d’une partie des Français à prendre faits et causes pour le romantisme révolutionnaire contre la supposée tentation totalitaire du gouvernement, de la police et de la justice.

    Se placer sous la protection de ce état de droit qu’ils abhorrent et arguer du caractère bénin des faits reprochés : ce n’est pas à priori ce qu’on attend de dangereux anarchistes. Une lecture rapide de « L’insurrection qui vient » suffit pour se rassurer : ce sont des révolutionnaires en peau de lapin. Mais ce n’est pas une raison pour les laisser faire, ni pour laisser dire n’importe quoi sur le fonctionnement de notre démocratie.

  • Je trouve étonnant que si peu de personnes ne s’étonnent de l’arrêt si opportun des actes de sabotage. Ce n’est certes pas une preuve en soi mais les défenseurs de Mme Levy et M. Coupat ne semblent pas avoir remarqué cette étrange coïncidence.

  • Gunthert a écrit:

    “Ysulde et Julien ne sont pas nécessairement d’innocents martyrs” – et pour préciser ta pensée: ne seraient-ils pas en effet les coupables? Juste pour jouer à ton jeu des scénarios, il me paraîtrait intéressant d’ajouter à celui de la culpabilité l’hypothèse d’une simple complicité (apportée en l’occurrence aux véritables auteurs, par exemples les écolos allemands qui ont bel et bien revendiqué l’action). Ce qui expliquerait pas mal de points qui restent obscurs dans le déroulement des faits, ainsi que leur silence postérieur, ou l’absence paradoxale d’alibi (qu’il n’aurait pas été bien difficile de produire, et qui fait tout de même un peu tache pour des “pros de la clandestinité” qui avaient tout prévu).

    Je note qu’à tout le moins, tu ne contredis pas le fait qu’ils se trouvaient sur place. On s’écarte déjà du « ils n’ont rien contre eux« . Complicité ? C’est possible. Après tout, je n’ai pas davantage accès au dossier pénal. Mais, avec les multiples aller-retour dans la campagne seine-et-marnaise, les précautions prises par Julien Coupat (toi qui enseigne à l’EHESS, est-ce sur ses bancs que l’on apprend tant de choses intéressantes ? Si oui, j’ai vraiment perdu mon temps en droit) , ce sont des complices qui virent un peu aux co-auteurs.

    Quant à l’absence d’alibi, elle cesse d’être paradoxale dans l’hypothèse où ils sont les auteurs, et qu’il leur est difficile de le nier face à la surveillance de la DCRI. Face à des témoins assermentés, il faut un paquet d’autres témoins pour être crédible.

    Tocquevil a écrit:

    Cette attitude surfe sur deux éléments : le premier, c’est effectivement un surprenant manque de preuves – la DCRI n’en sort pas grandie.

    Je persiste à penser que nous ne disposons pas forcément de tout le dossier. Il est possible qu’existent des éléments dont nous n’avons pas connaissance (c’est vrai, je n’ai pas lu les 5 tomes). Et la DCRI explique être descendue sur la voie mais, a priori, on s’attend davantage à trouver des éléments le long des voies que sur les lignes.

    Tocquevil a écrit:

    Se placer sous la protection de ce état de droit qu’ils abhorrent et arguer du caractère bénin des faits reprochés : ce n’est pas à priori ce qu’on attend de dangereux anarchistes. Une lecture rapide de “L’insurrection qui vient” suffit pour se rassurer : ce sont des révolutionnaires en peau de lapin. Mais ce n’est pas une raison pour les laisser faire, ni pour laisser dire n’importe quoi sur le fonctionnement de notre démocratie.

    Je ne sais pas quoi penser d’eux. Il suffit de les écouter pour comprendre que ce sont de jeunes « intellectuels« . Par ailleurs, si le rapport de la DCRI dit vrai, Julien Coupat est un agitateur assez organisé, et plutôt déterminé. Enfin, même si je ne pense effectivement pas que nous ayons affaire à des personnes dangereuses de la sorte (à ce stade tout du moins, mais on ne juge pas le futur), les membres d’Action Directe n’ont jamais subjugué personne par la fulgurance de leurs analyses.

    En revanche, arguer du caractère bénin des faits reprochés peut être une façon plus habile de se jouer de l’Etat. Jouer le côté bravache, assumer et revendiquer, c’est marrant, mais ça mène en taule, ce qui met un terme (à durée variable) à vos activité.

    Bob a écrit:

    Je trouve étonnant que si peu de personnes ne s’étonnent de l’arrêt si opportun des actes de sabotage. Ce n’est certes pas une preuve en soi mais les défenseurs de Mme Levy et M. Coupat ne semblent pas avoir remarqué cette étrange coïncidence.

    Eh oui. C’est effectivement un autre point que, soudain, tout le monde oublie. C’est pourtant généralement considéré comme un indice de ce que l’on a chopé les auteurs.

    Alors, il y a l’hypothèse d’une action ponctuelle, liée à un évènement spécifique. Mais cela s’accorde assez mal avec la diversité des lieux des sabotages (ce qui met aussi à mal la noble thèse écolo évoquée plus haut par André Gunthert).

    Je serais un copain écolo ou autonome ou anarchiste, je placerais un autre crochet, juste histoire de ridiculiser cet Etat totalitaire.

  • Je ne comprends pas ton acharnement sur ce pauvre Julien alors même que tout prouve qu’il était l’un de tes proches et que cela ne fait que resserrer le filet autour de toi.

    J’aime beaucoup la page Wikipédia de JC dont on se demande par qui elle a été écrite…

    Et plaisanteries mise à part, merci de poser les bonnes questions. Comme tu le dis, l’attention médiatique dans cette affaire se concentre sur ce qui est périphérique… Ce sont des tactiques de communication bien connues. Si je devais conseiller l’entourage de JC je ne leur dirai pas de procéder autrement.

  • Nos bons journalistes nous diront en toute hypocrisie qu’ils ne font qu’informer sans prendre aucunement partie ( ben tiens !).

    Peut on appeler démocratie une société dans laquelle à tout moment la presse, et les citoyens remettent en cause leur justice avant même qu’elle n’ait émis un avis ?

    Peut on appeler démocrates des gens qui condamnent « l’état policier » dans lequel ils vivent parce qu’une enquête a lieu sur des accidents qui mettaient en danger la vie de nombreuses personnes ?

    Peut on appeler démocratie un pays où il est normal pour la presse, pour les citoyens de protester à l’avance de décisions qui pourraient être prises, sous prétexte que nous sommes gouvernés par des policiers, des politiciens et des patrons véreux ?

    Peut on appeler démocratie un pays ou l’affirmation sans preuve aucune prend le pas sur la réflexion et le respect des institutions qu’on a mis des siècles à établir ?

    Peut on parler de démocratie quand les citoyens ont une opinion aussi désatreuse de leurs semblables et un tel mépris pour ceux qui sont en position de prendre des décisions pour le compte des autres ?

    Se faire la caisse de résonance de toutes ces médiocrités pernicieuses, est ce vraiment du journalisme ?

  • François a écrit:

    J’aime beaucoup la page Wikipédia de JC dont on se demande par qui elle a été écrite…

    Indeed. Et sa localisation dans le portail de l’anarchisme est également délicieuse, pour des gens qui affirment que l’expression arnaco-autonome n’a pas de sens. Préfèrent-ils anarco-dépendants ? Anarcoleptiques ? En bas, à gauche, sur ledit portail de l’anarchisme, vous avez une catégorie autonome, mentionnant des mouvements qui ne semblent pas étrangers à Coupat, et qui fait état de façon assez laconique de cette affaire. Bref, ils seraient de la branche autonome de la mouvance anarchiste. La contraction anarco-autonome est-elle alors un scandale absolu ?

    François a écrit:

    Et plaisanteries mise à part, merci de poser les bonnes questions. Comme tu le dis, l’attention médiatique dans cette affaire se concentre sur ce qui est périphérique… Ce sont des tactiques de communication bien connues. Si je devais conseiller l’entourage de JC je ne leur dirai pas de procéder autrement.

    Tu crois vraiment qu’ils s’inspirent d’une quelconque dialectique et ont une stratégie de communication ? Rhôôô…

    Et merci à toi pour ton merci à moi.

    Bruno Maillé a écrit:

    Tout cela ne nous dit pas ce que VOUS faisiez la nuit du 7 novembre !

    Dans la nuit du 7 novembre, j’étais au mariage de Radegonde. A 4 heures du matin, nous nous sommes éclipsés dans les fourrés, avec ma femme. Le père de Radegonde pourra témoigner : il était là aussi.

    Et moi, je n’avais pas la DCRI aux fesses.

  • vercaud a écrit:

    Peut on appeler démocratie une société dans laquelle à tout moment la presse, et les citoyens remettent en cause leur justice avant même qu’elle n’ait émis un avis ?

    On peut, et on doit, même. La démocratie, c’est le système dans lequel tout le monde a le droit de dire des conneries, en privé comme en public. Et c’est très bien comme ça.

  • Koz a écrit:

    A 4 heures du matin, nous nous sommes éclipsés dans les fourrés, avec ma femme.

    Ah cela explique le truc en ferraille retrouvé dans les-dits fourrés…

    Sinon, sur leur site la dernière phrase est éloquente : «  »Il arrive que le vent tourne. A nous tous d’en faire une tempête. Sabotons l’antiterrorisme. Y’a pas à dire, on ne fait pas plus doux comme mots en politique…

  • Gwynfrid

    bien entendu la démocratie, c’est aussi le droit de s’exprimer y compris pour dire des conneries car tout est relatif. Mais il faut pas pour cela oublier que la démocratie c’est une conquête permanente et non un droit automatique: beaucoup de gens de par le monde en savent quelquechose !

    De la qualité du débat dérive la qualité de la démocratie. Et là nous sommes bien d’accord, on est aujourd’hui au niveau d’une bien triste connerie.

  • Je réalise qu’en houspillant régulièrement le leader de ce pays, je dois être certainement surveillé par quelques officines gouvernementales. Et si on fouille mon domicile, on va trouver un ordinateur, des disques de punk donc ceux des Béruriers Noirs scandant des paroles anti policières. Et comble de tout, chez mes parents, il doit rester aux greniers des cours d’électronique, d’électrontechniques de niveau ingénieur, ce qui doit certainement faire de moi, un être capable de débrancher quelques fils éléctriques.

    Oups, je file bruler tout ça …

    Et vive la France (je laisse cette trace ne cas de procès)

  • Je ne sais pas qui est ce témoin cité dans le Rapport de la Sous-Direction Antiterroriste de la Police Judiciaire au Procureur de Paris donné par Koz, mais il a fichtrement raison de témpoiger sous X le bougre :

    Je cite (toute fin du document): «  »Le témoin attestait de la proximité du nommé Julien Coupat avec le mouvement « black block » et de sa participation à de nombreuses manifestations violentes menées en marge de grandes rencontres politiques mais précisait également qu’à plusieurs reprises lors de réunions, Julien Coupat avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer, précisant que la « vie humaine à une valeur inférieure au pouvoir politique » et que l’objectif final du groupe était le renversement de l’Etat.

    Rah … ça c’est Directement l’Action !

    Un peu long à lire mais passionnant ce rapport… On dirait qu’ils ont quand même quelques solides cartouches les DCRI men… En tout cas de sacrés rapprochements dans cette nébuleuse.

  • Et puis cet autre point : il n’y a plus eu de sabotages depuis le mois de novembre.

    Et si. Le dimanche 30 novembre très exactement, au niveau de « La Souterraine », sur la ligne Limoges Paris! J’en suis certaine! Mon train a eu 40 mn de retard, parce que c’était un des plus tardifs, mais les premiers ont eu jusqu’à deux heures de retard. C’est en tous cas l’explication que nous avons eue, à la fois dans les gares d’arrêt des trains et dans le train.

    (à noter que le 28 nov, il y a eu des tirs-j’ignore si c’était des cailloux ou des balles- sur la loco du train Paris Limoges qu’a pris un de nos amis ce jour là)

    Ceci dit, cela ne signifie pas que ces personnes ont simplement batifolé dans les buissons à 4h du matin! Et cela ne les disculpe pas.

    Simplement, je crois que nous ne savons pas tout ce qui se passe sur les lignes SNCF par les journaux. (ou la SNCF manipule ses clients pour leur faire croire à un problème de caténaire plutôt qu’à un « problème de personnel »?)

  • Et des tirs de cailloux (voire balles) sur la ligne Paris-Le Havre c’est relativement courant (et c’est sans compter les autolyses).

  • Non, ce n’était pas une rupture de caténaire! « On » nous a bien dit que c’était un acte de sabotage. Sinon, je n’aurais pas raconté cette anecdote!

  • From Twitter: Koz : « Fichtre, après mon beauf, j’apprends que mon ppre frère connaissait bien Julien Coupat » Raveline : « Franchement, connaissant le lascar, j’ai bien du mal à croire à son innocence »

    Mais tout le monde le connait personnellement cet homme !

  • Trois phrases amusantes chez Indymedia Nantes ( http://nantes.indymedia.org/article/15496 ),

    « Les dégradations commises sur les caténaires constituent des actes de sabotage au même titre que ceux perpétrés par des cheminots lors de grèves. La tentative d’incendie de la dépanneuse fait partie des voitures qui brûlent chaque année lors d’affrontements avec la police ou dans un contexte de révolte diffuse. »

    Puis, plus loin,

    « En utilisant l’anti-terrorisme comme moyen de répression, l’Etat a pour objectif d’étouffer toute contestation qui ne se limite pas à la dénonciation, qui se donne les moyens d’agir et de tenter de rendre concrète la critique sociale. »

    Arf. Moi, je ne comprends plus. Ce seraient des actes qui, comme ils le laissent entendre au début, sont dénués d’implication politique véritable et consciente ? Des jeunes qui foutent le feu par désœuvrement et « révolte diffuse » ou du sabotage de l’outil de travail comme des ouvriers salariés en colère sur leurs conditions de travail ? Ou bien il s’agit, comme ils le disent ensuite, d’actions politisées, portant une critique sociale et contestataire ?

    Vouloir, quand on se fait prendre, minimiser ses actes est une réaction naturelle. On peut bien bien retourner sa veste et renier sa cause pour quelques années de moins en prison. C’est compréhensible. Mêmes les vrais durs de la mafia le font. Alors des autonomes…

    Mais je ne suis pas certain que ça les crédibilise beaucoup.

  • Avec les idées qu’ils ont, ils ne peuvent être que coupables, voyons ! Pourquoi perdre du temps à les juger ! Du reste, jusqu’à maintenant on a juste perdu du temps à les enfermer.

    On espère de tout cœur qu’ils soient coupables d’ailleurs, parce que sinon, on aurait l’air fin !

    J’imagine un truc comme ça chez Chavez.

    Un beau billet pour commencer l’année. :o)

  • On préférerait que la ligne TGV soit intacte, et qu’ils soient innocents. Mais de quoi auraient-ils l’air, ces anarchistes ?

  • Merci d’avoir rappelé cet aspect du tourisme nocturne des épiciers de Tarnac. – j’en arrivais à penser que j’avais mal intégré une info mal entendue – puisqu’elle ne réapparaissait nulle part.

    C’est troublant, l’incapacité de la presse à simplement rendre compte des informations disponibles, à en préciser l’origine, à les opposer aux déclarations des uns ou des autres, bref à les mettre en perspective. En contre partie à ce manque,c’est la facilité à mettre en cause, dans un même mouvement général, ou chacun reprends la version du voisin, rapidement, en copié-collé, sans y apporter d’autre éclairage. Notre quatrième pouvoir soumis aux lois du marché, ça appauvrit le débat démocratique et le tire vers le bas.

    Sur le sujet lui-même, avec la faible vision qui est la mienne, je trouve 1-qu’ils font vraiment beaucoup de tourisme, 2-qu’ils ont bien prévu qu’ils ne devraient pas nous expliquer pourquoi ils en font autant, en des endroits et à des heures aussi indues. 3-que des touristes déterminés à stopper leur véhicule en pleine voie de circulation juste pour laisser passer ceux qui les suivent sont dangereux, à tous égards.

  • Bob a écrit:

    From Twitter: Koz : “Fichtre, après mon beauf, j’apprends que mon ppre frère connaissait bien Julien Coupat” Raveline : “Franchement, connaissant le lascar, j’ai bien du mal à croire à son innocence” Mais tout le monde le connait personnellement cet homme !

    Il se trouve qu’il a vécu près de chez moi, fréquenté le même collège/lycée que mon beau-frère, puis la même prépa que mon beauf et mon frère, puis la même école que mon frère, avant de rejoindre l’EHESS où il a croisé pas mal d’autres personnes de notre génération.

    Claudius a écrit:

    Avec les idées qu’ils ont, ils ne peuvent être que coupables, voyons ! (…) On espère de tout cœur qu’ils soient coupables d’ailleurs, parce que sinon, on aurait l’air fin !

    Allons, Claudius, ne partez pas, vous aussi, dans le périphérique. Il se trouve qu’à lire nombre de blogueurs, et à lire Libération, Mediapart, le Nouvel Obs, et même ces deux articles de Causeur, il m’a semblé que, avec les idées qu’ils ont et s’opposant à qui-tu-sais, ils ne pouvaient qu’être innocents.

    Ils apporteront peut-être une réponse valable, mais l’insistance à éviter cette seule question que je pose (étonnant, non, qu’alors qu’ils épluchent le rapport de la police pour mediapart, ils sautent ce passage ?) me permet de nature à conserver un doute sur le fait que Michèle Alliot-Marie soit le bras armée d’un Etat fasciste.

    On met d’ailleurs assez peu au crédit de cet Etat fasciste le fait d’avoir libérer tous les autres. S’il s’agissait de faire un exemple, c’est d’une coupable magnanimité.

    Emmer a écrit:

    Sur le sujet lui-même, avec la faible vision qui est la mienne, je trouve 1-qu’ils font vraiment beaucoup de tourisme, 2-qu’ils ont bien prévu qu’ils ne devraient pas nous expliquer pourquoi ils en font autant, en des endroits et à des heures aussi indues. 3-que des touristes déterminés à stopper leur véhicule en pleine voie de circulation juste pour laisser passer ceux qui les suivent sont dangereux, à tous égards.

    Ah, mais ce sont des gens qui sont allés s’installer à Tarnac, il n’est donc pas impossible qu’ils soient fans de la campagne seine-et-marnaise, de jour comme de nuit. Peut-être même les voies de TGV sont-elles juste le symbole des villes qu’ils ont quittées, et pour laquelle ils ont une certaine nostalgie, faiblesse qu’ils veulent absolument cacher aux autres ?

  • Emmer a écrit:

    Merci d’avoir rappelé cet aspect du tourisme nocturne des épiciers de Tarnac. – j’en arrivais à penser que j’avais mal intégré une info mal entendue – puisqu’elle ne réapparaissait nulle part. C’est troublant, l’incapacité de la presse à simplement rendre compte des informations disponibles, à en préciser l’origine, à les opposer aux déclarations des uns ou des autres, bref à les mettre en perspective. En contre partie à ce manque,c’est la facilité à mettre en cause, dans un même mouvement général, ou chacun reprends la version du voisin, rapidement, en copié-collé, sans y apporter d’autre éclairage. Notre quatrième pouvoir soumis aux lois du marché, ça appauvrit le débat démocratique et le tire vers le bas.

    Troublant, c’est le mot en effet…

    Quant aux familles Coupat-Levy elles ont utilisé une fenêtre de tir médiatique entre Julien Dray, Patrick Pelloux et l’offensive israélienne à Gaza.

    Elles défendent leurs enfants avec un savoir-faire quasi-professionnel, si un de mes enfants était dans une telle situation, je serais sans aucun doute stupidement beaucoup moins efficace, mais ce qui est contestable n’est pas que les parents utilisent les médias mais que les médias se laissent utiliser, manipuler (?) par manque de sens critique, de mise en perspective comme dit Emmer, ou de professionnalisme…?

    Dans un hebdomadaire cette semaine, les deux familles posaient devant le photographe, les pères face à l’objectif et les mères de dos car, disait le commentaire, elles ne montreront leur visage qu’à la libération de leurs enfants.

    Un poil trop léché et construit tout ça…

    Quant à l’état totalitaire français qui traque les défenseurs de la Liberté ( jusque dans le grenier des parents de Poulpo qui finira comme le Che au moins, pour avoir pris le risque de critiquer qui vous savez ) c’est inquiétant de constater que son bras armé est aussi nul.

    Non seulement ces personnes ne défendaient pas la liberté, mais elles sacrifiaient sans doute à un rituel ancien druidique ( Ysulde c’est très druidique ) et ont confondu, dans l’obscurité de la nuit seine-et marnaise du 7 au 8 Novembre, les caténaires à l’aplomb de la ligne du TGV et le gui en haut de l’arbre, voilà ma réponse à la question posée par Koz et escamotée par les enquêteurs-questionneurs-investigateurs de profession…

  • Tiens, une question corolaire : «  »Qui d’autre aurait pu être au-dessus du même caténaire à la même heure ? » » … ou encore «  »la DCRI a-t-elle vu une autre voiture stationner là à la même heure ? » »…

    Parce que bon, il fallait bien qu’il y ait quelqu’un là…

  • Pingback: low blogging» Blog Archive » Levy & Coupat ont-ils trouvé leur voie ?

  • Nous ne savons certes rien du fond, ce qui permet à tous de dire n’importe quoi (pas que nous, la famille, aussi).

    Mais trouvez-vous normal que ces gens aient été espionnés avant? Que des mouchards aient été placés dans leur voiture et la voiture de leurs parents, et des micros chez eux? Que cette affaire ait été cataloguée comme terroriste, justifiant des procédures d’exception, mais que les médias aient été prévenus de l’arrestation des suspects, que nous avons suivie quasiment en direct à la télévision? Que la police ait été au courant de leur fameuse présence dans la campagne seine et marnaise, à côté du TGV, mais ne les ait arrêtés que 3 jours plus tard? Et aussi, d’ailleurs, que la police les ait perdus de vue 20 minutes, justement quand ils commettaient un attentat?

    Terroristes de pacotille et comportement étrange de la police, voilà qui pose beaucoup plus de questions que celle, incontestable, que Koz soulève.

  • carredas a écrit:

    Dans un hebdomadaire cette semaine, les deux familles posaient devant le photographe, les pères face à l’objectif et les mères de dos car, disait le commentaire, elles ne montreront leur visage qu’à la libération de leurs enfants.

    C’est effectivement bien scénarisé, bien théâtralisé. Personnellement, le visage des mères, sans vouloir être désagréable, je m’en cogne un peu. Je crains que cela ne présente guère plus d’intérêt aujourd’hui qu’à la libération de leurs enfants.

    niamreg a écrit:

    Mais trouvez-vous normal que ces gens aient été espionnés avant? Que des mouchards aient été placés dans leur voiture et la voiture de leurs parents, et des micros chez eux?

    Oui. Le renseignement intérieur a toujours fait partie des missions de la police.

    L’extrême-droite comme l’extrême-gauche font l’objet d’une surveillance permanente. Le sieur Julien Coupat semble s’être distingué dans un certain nombre de manifestations ayant dégénéré, il semble avoir également un rôle d’organisateur (prévoir les cordes et les mousquetons pour faire des brèches dans les barrages de CRS etc.). Qu’on l’ait à l’œil me semble logique. C’est, par exemple, ce qui permet de les arrêter à peine sont-ils passés à l’action.

    Symétriquement, si un groupe d’extrême-gauche entreprend de réitérer les réjouissances d’Action Directe et qu’on ne parvient pas à mettre la main dessus, on fera le reproche à la police d’être prise à l’improviste.

    niamreg a écrit:

    Que cette affaire ait été cataloguée comme terroriste, justifiant des procédures d’exception, mais que les médias aient été prévenus de l’arrestation des suspects, que nous avons suivie quasiment en direct à la télévision?

    La qualification de terrorisme est le point le plus discutable. Mais le terrorisme ne suppose pas nécessairement qu’il y ait des morts. Leur action de sabotage, s’ils sont bien les coupables, est manifestement appuyée par un discours idéologique visant à la déstabilisation de l’Etat. Alors, oui, cette qualification mérite la discussion, mérite la vigilance, pour qu’on ne l’emploie pas abusivement. Mais je ne suis pas certain qu’elle l’ait été abusivement.

    Pour ce qui est des medias, vous ne savez pas s’ils ont été « prévenus« . C’est le métier d’un certain nombre de journalistes d’être informés, et il y a quelques policiers susceptibles de donner des tuyaux aux journalistes. Cela n’exclut pas la possibilité que ce soit le Ministère de l’Intérieur qui les ait informés, mais ce n’est pas la seule solution.

    Par ailleurs, on a déjà vu des images de terroristes de l’ETA lors de leur arrestation.

    niamreg a écrit:

    Que la police ait été au courant de leur fameuse présence dans la campagne seine et marnaise, à côté du TGV, mais ne les ait arrêtés que 3 jours plus tard?

    Pas davantage. Ils ont eu la confirmation de ce qu’ils s’étaient livrés à un acte de sabotage le 8 au matin. Que la police prenne le temps de réunir des informations, de poursuivre les écoutes nécessaires, d’attendre que tous les membres du groupe soient réunis ne me paraît pas nue hypothèse inconcevable. Vous n’avez jamais vu NCIS ?

    niamreg a écrit:

    Et aussi, d’ailleurs, que la police les ait perdus de vue 20 minutes, justement quand ils commettaient un attentat?

    Vous êtes fous, vous : qualifier leur action d’attentat ! Enfin…

    Et non, là non plus. Comme cela est détaillé, ils prenaient les plus grandes précautions pour ne pas être suivis (cf. le coup de la poubelle, le coup de l’arrêt en pleine voie). Il ne me paraît pas incroyable qu’ils aient été contraints de respecter des distances qui les aient fait perdre de vue la voiture. A 4 heures du matin dans une campagne paumée, suivre discrètement une voiture n’est probablement pas évident. Les phares, ça se remarque. Vous pouvez les éteindre, mais là, vous risquez le fossé.

    Et tout cela n’est que considération accessoire par rapport à la question centrale. Qu’une réponse acceptable soit apportée et la perception changera.

  • Bonne année à tous tout d’abord!

    Sur cette histoire de Julien Coupat, je me pose la question du sérieux de son action et de sa dangerosité potentielle. S’il est coupable d’avoir saboté un caténaire, mais que là s’arrête sa volonté de ‘casser’, j’aurais tendance à penser que sa détention est un peu longue et qu’il pourrait être relâché mais sous surveillance jusqu’à ce que la justice/police détermine sa culpabilité. Si en revanche on a l’intime conviction qu’il est prêt à attenter à la vie humaine (ou à inciter d’autres à le faire) lors d’une de ses prochaines actions, alors il semble normal de le garder en prison jusqu’à ce que lumière soit faite. Dans les 2 cas, il aura sûrement du mal à l’avenir à se promener sans être suivi!

    Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est l’individu Julien Coupat, élève brillant d’une prépa catholique puis élève à l’ESSEC et qui resurgit 10 ans après en ‘ennemi public N°1’.

    Une partie de moi n’y croit pas: Julien Coupat a sûrement des velléités révolutionnaires mais ne serait pas prêt à tuer. C’est un fan de philo, un rebelle de son éducation, un excité, un soixante huitard énervé, mais pas le ‘cerveau’ d’un nouvel Action Directe. On le maintient donc en prison car on vise à travers lui un nouveau terrorisme que l’on ne veut pas voir se développer. Dommage pour ses fêtes de Noël.

    D’un autre côté, il s’est peut-être effectivement transformé en terroriste dangeureux et serait prêt à tuer autour des points qu’il défend dans son livre. Et là j’aimerais vraiment comprendre son chemin parce que je ne m’explique pas cette évolution.

  • Julien Coupat et sa compagne sont au secret depuis leur arrestation et n’ont pas été capable de communiquer avec leur famille. Ce n’est pas très pro de poser une question à laquelle les proches et amis ne peuvent pas répondre. La présence de Julien et Ysulde près des voies férrées la nuit en question a été suggérée par les allégations de cette police Politique à laquelle on voudrait habituer le bon peuple. Peut-on faire confiance à un tel organisme créé pour espionner plus efficacement la démocratie en mouvement. Si l’on vous demande ce que faisaient vos enfants, adultes et indépendants à telle heure telle nuit près de telle ligne de chemin de fer sabotée par la suite, que sauriez-vous répondre ? Moi, je dirais que je n’en sais rien et qu’il n’a pas été démontré sans l’ombre d’un doute qu’ils y étaient. Sinon par des accusations venant d’un personnel aux ordres dont la nature est justement de surveiller de dénoncer et surtout démontrer.

  • marko a écrit:

    D’un autre côté, il s’est peut-être effectivement transformé en terroriste dangeureux et serait prêt à tuer autour des points qu’il défend dans son livre. Et là j’aimerais vraiment comprendre son chemin parce que je ne m’explique pas cette évolution.

    Ca, effectivement, nous n’en savons rien. Mais cela doit autant nous empêcher d’en rajouter sur son compte qu’empêcher d’autres de l’innocenter à bon compte.

    Golambiais a écrit:

    Ce n’est pas très pro de poser une question à laquelle les proches et amis ne peuvent pas répondre. La présence de Julien et Ysulde près des voies férrées la nuit en question a été suggérée par les allégations de cette police Politique à laquelle on voudrait habituer le bon peuple.

    A une nuance près (sans m’attarder sur des insinuations qui prêtent à sourire compte tenu, manifestement, de vos racines idéologiques) : ni son père ni ses co-accusés n’ont conteste la présence de Julien Coupat et d’Yldune Lévy, aucun alibi n’a été fourni et je ne doute pourtant pas qu’il aurait été repris par les medias.

    Golambiais a écrit:

    Moi, je dirais que je n’en sais rien et qu’il n’a pas été démontré sans l’ombre d’un doute qu’ils y étaient.

    Précisément, ils ne disent cela à aucun moment, et pourtant je me suis tapé deux bonnes dizaines d’articles. S’ils ne le font pas, on peut imaginer qu’il y a une raison, comme peut-être, le fait qu’il ne leur soit pas possible d’affirmer le contraire.

    Ah, et ils n’ont pas été mis au secret : Dominique Voynet les a rencontrés, et ils peuvent librement s’entretenir avec leurs avocats qui, à leur tour, s’entretiennent librement avec les journalistes, ce qui fait comme une différence avec les régimes totalitaires auxquels certains (vous, peut-être ?) veulent assimiler notre pays.

    Quelle que soit l’intervention de son père, vous ne l’entendez jamais dire : « mais que l’on me prouve que mon fils y était« . Il se contente de dire : « on l’a perdu de vue 20 minutes » ou « c’est une question à laquelle il ne m’appartient pas de répondre« .

    Quant à habituer le bon peuple à la police politique, intéressez-vous davantage à l’Histoire de la police. Tenez, je vous donne un lien, et un extrait :

    Les Renseignements Généraux sont apparus sous la Troisième République, en 1911. Ils remplissent aujourd’hui encore une fonction régalienne d’information de l’Etat et du Gouvernement reconnue par tous les régimes qui se sont succédé en France depuis la fin du XVIIIème siècle.

    La surveillance des mouvements de l’opinion, le recensement des rumeurs et la détection des propos séditieux figuraient sous l’Ancien Régime au nombre des missions dévolues aux inspecteurs de police à Paris, c’est sous la Révolution et l’Empire que ces fonctions furent confiées à des « commissaires spéciaux », placés en 1855 sous la double tutelle des Préfets et du ministre de l’intérieur.

    Confrontée à de virulentes oppositions politiques (royalistes, bonapartistes, boulangistes, anarchistes et autres révolutionnaires socialistes), la IIIème République développa cette institution dans les années 1890. En 1911, parallèlement à la création du contrôle général des services de recherches judiciaires et des fameuses « brigades du Tigre », le directeur de la Sûreté générale Célestin Hennion, nommé par Georges Clémenceau, créa une « brigade des Renseignements généraux », première apparition du terme dans un organigramme policier.

  • Koz a écrit:

    Je serais un copain écolo ou autonome ou anarchiste, je placerais un autre crochet, juste histoire de ridiculiser cet Etat totalitaire.

    Je ne sais pas si vous avez bien regardé le crochet qui sert à saboter les caténaires. Il est fabriqué à partir d’un banal bout de fer à béton. D’après la photo (j’ai vu l’original que Koz a artistiquement travaillé) il semble être un fer d’au moins 16 mm de section, c’est déjà du très costaud. Pour façonner ce crochet, il faut des outils spécialisés. La partie ronde qui pose sur la caténaire peut faire partie au départ d’une épingle d’armature qu’on aurait pu piquer sur un chantier, mais le reste du crochet doit être forgé par un artisan avec beaucoup de métier. D’ailleurs on voit que le travail de conception et de finition du crochet sont d’une qualité exceptionnelle. Cela a pris du temps pour faire chaque crochet et il a s’agit sans doute d’un seul forgeron travaillant en cachette. Le nombre de crochets qui ont été fabriqués est strictement limité. Tu n’en trouveras pas dans les soldes de janvier. Même si maintenant on a le modèle, je ne pense pas non plus que cela soit facile de trouver un endroit, même en Corrèze, où l’on puisse placer une commande pour ce genre d’objet. J’imagine que la police serait très intéressée d’avoir l’adresse du maître forgeron crocheteur.

    Le père de Coupat dit que les experts sont formels : Jamais, au grand jamais, m’entendez-vous, on ne pourrait installer ledit dispositif en 20 minutes.

    Je ne sais pas si vous avez bien regardé le crochet qui sert à saboter les caténaires (je me répète). Il dispose d’un appendice sur le côté qui sert à fixer le crochet à l’extrémité d’une perche en matière isolante et démontable en bouts pas plus longs que des bâtons de ski qu’on peut mettre dans le coffre d’une Mercedes. Avec un peu de chance, vous pouvez accrocher le crochet sur la caténaire du premier coup en quelques secondes. Un peu comme chez le nettoyage à sec où la bonne femme décroche à l’aide d’une perche le porte manteau du costume qui se trouve tout en haut.

  • Pour voir l’original, c’est par ici que ça se passe. Personnellement, je n’ai aucune compétence qui me permette d’avoir un avis à cet égard.

    Sinon, Tara, cette petite recherche de l’original m’a amené à cet article du Figaro qui parle bien d’un sabotage, mais selon un procédé complètement différent.

  • Pepito a écrit:

    Le père de Coupat dit que les experts sont formels : Jamais, au grand jamais, m’entendez-vous, on ne pourrait installer ledit dispositif en 20 minutes.

    Et bien voila !

    Il existe donc des « experts » dans l’installation de dispositifs de sabotage de caténaires avec des fers à béton… Qui dit « experts » dit connaissance pointue de leur construction et de leur déploiement…

    Mieux : le père de Coupat a accès à ces experts, donc il en connait.

    Qui ici sait qui sont ces experts ?

    Et si l’expert était son fiston ? ou un pote du fiston ?

    Question bête ?!

  • Il dit :

    Or, il est impossible de saboter une caténaire, à deux, pendant un laps de temps aussi court. Les professionnels sont formels.

    Je doute qu’il parle des professionnels du sabotage de voies ferrées. Plutôt des professionnels du domaine ferroviaire 😉

  • Je suis d’accord avec Tocquevil et ceux qui trouvent les mis en cause bien peu courageux.

    Ils revendiquent la déqualification des faits (ce n’est pas du terrorisme, à peine du sabotage), la libération pour passer les fêtes en famille, le bénéfice du doute. Pour des révolutionnaires appelant à l’insurrection, c’est vraiment faire profil bas.

    Du moins, c’est ce que disent leurs avocats ou leurs parents. Que diront les concernés lorsqu’ils réapparaîtront ? Je parie qu’ils seront dans la même posture que le libéré d’Action Directe, qui joue le jeu de la justice bourgeoise pour être libéré mais qui la méprise foncièrement et s’attache à le faire comprendre (cf le débat sur ses déclarations et celles d’Olivier Besancenot, sur ce même blog en septembre dernier).

    Où nous mène cette contestation radicale mais larvée ? Il est un peu tôt pour le dire. Il y a tout de même un vrai risque de dérapage. Disons qu’il a été fort bien limité par notre Etat sur ce coup-là.

    Bravo aux policiers qui ont su identifier cette mouvance, suivre ses évolutions et couper son action dès le passage à l’acte et avant que cela ne dégénère. On a économisé bien du temps de voyageur bloqué et des frais de remise en état, sans parler des risques pour l’intégrité physique des cheminots et voyageurs.

    Bravo aux juges qui ont su libérer vite les comparses, et qui étudient ce dossier sans passion sous les pressions. Notre Etat ne fonctionne pas si mal, à ce qu’il semble.

  • Au passage, et à destination de Golambias qui affirmait que Julien Coupat serait « au secret« , voici ce que dit son père dans cet article :

    Pouvez-vous le voir souvent ? Parvenez-vous à échanger tous les deux ?

    On a le droit à une visite de 40 minutes environ trois fois par semaine, sachant qu’on est sous stricte surveillance pendant les entretiens, vu que Julien est considéré comme « un terroriste dangereux ». Les conditions de détention sont difficiles. Le père d’Yldune (la compagne de Julien, également gardée en détention, ndlr), raconte qu’elle est réveillée toutes les deux heures, soi-disant pour qu’elle ne se suicide pas. Quand je vois Julien au parloir, je passe mon temps à lui dire qu’il faut qu’il tienne bon, qu’il prenne de la distance. Même s’il a des gros coups de barre, comme vendredi, il reste solide face aux pratiques policières visant à l’humilier.

  • Ah oui, j’avais lu cette histoire d’allumer la lumière toutes les deux heures, et je l’avais annexée à ma série de questions sur ce qu’on trouve normal, ou pas, dans un pays comme la France.

  • Tu as raison : on peut aussi laisser la lumière éteinte toute la nuit, et se scandaliser ensuite qu’un détenu ait pu se suicider dans sa cellule.

    Bon, je « joue », mais il me semble qu’il y a comme une question de point de vue. Oui, c’est la taule, c’est dur et c’est certainement fragilisant, mais ce n’est pas Guantanamo. C’est juste la taule.

  • d’accord avec notre hôte que sa question sur les occupations nocturnes des jeunes de tarnac mérite une réponse plus précise en élucidation qu’en éludation… mais non pour le caractère terroriste: a t on jamais vu un « terroriste » qui n’aie jamais causé une seule égratignure, qui n’aie ni armes ni bombes… ce rapprochement sémantique vise clairement à une assimilation avec les « grands » terroristes du 11 sept et après… et l’innovation qui consiste à introduire le mot « gauche » dans ce qu’on aurait auparavant appellé des « anarchistes, libertaires » construit une arche de plus dans l’étrange viaduc destiné à relier la gauche « de gouvernement  » aux amis du complot ilamiste… moyennant des proximités successives: PS/OB/Tarnac/guerre sainte..

    je ne crois pas plus à l’innocence des uns que des autres, mais, au total, les faits auront sans doute moins d’importance que le message répété à la limite du mensonge , et le plan média….

  • francis a écrit:

    l’innovation qui consiste à introduire le mot “gauche” dans ce qu’on aurait auparavant appellé des “anarchistes, libertaires”

    Vous aurez tout de même du mal à classer l’anarchisme à droite. En tout cas, moi, je ne me risquerais pas à dire à un mec du SCALP ou de la CNT qu’ils à droite.

    Par ailleurs, vous noterez que l’un des libérés a pris soin de se faire filmer par mediapart devant plusieurs exemplaires du Capital, de Marx. Un collectionneur, sans doute.

    Quant à relier le PS à Al Qaïda, je crois tout de même qu’on perdrait du monde en route, sur le viaduc.

  • niamreg a écrit:

    Mais trouvez-vous normal que ces gens aient été espionnés avant? Que des mouchards aient été placés dans leur voiture et la voiture de leurs parents, et des micros chez eux?

    D’accord avec Koz, oui, la police fait là son boulot, ce travail obscur nous évite pas mal d’attentats et ce n’est pas moi qui m’en plaindrai. Sur Causeur, il y a aussi cette intéressante note de Luc Rosenzweig, apportant une explication hypothétique mais plausible.

    Au bout du compte, je ne trouve à reprocher au gouvernement qu’une sur-exploitation de la chose, avec un usage un peu rapide du terme « terroriste ». Si l’objectif était de rassurer ainsi la population, c’est raté.

  • Hello les gens, et bonne année !

    Koz a écrit:

    Vous aurez tout de même du mal à classer l’anarchisme à droite. En tout cas, moi, je ne me risquerais pas à dire à un mec du SCALP ou de la CNT qu’ils [sont] à droite.

    Poux dans la tête (pour tes étrennes) : Céline, Bloy, Rebatet, je les classerais bien comme anarchistes de droite moi. Je les aime bien notez. Plus récemment, un Houellebecq pourrait aussi convenir. Du côté des politiques (mais ils sont moins lyriques), un fameux courant libéral ne se proclame-t-il pas anarcho-capitaliste ? Bon, ils dénieront être de droite (les libéraux ont parfois des fiertés mal placées) et je les imagine mal faisant les zouaves avec des crochets de boucher, mais bon, z’avez remarqué aussi que j’ai beaucoup de mal à rebondir autre part qu’à côté ?

    (Du coup, j’ai gogglé « anarchisme de droite » et oui, il y a une page wiki, héhé. Ils y mettent jusqu’à Barbey d’Aurevilly, ce qui en dit long sur les critères de recrutement : c’est visiblement un club très ouvert qui accepte même les monarchistes, parlez-en donc à vos amis du SCALP.)

  • En bon lecteur d’Orwell et consorts, je ne serais pas surpris que l’objectif n’ait pas été de rassurer la population, mais bien de l’inquiéter, l’identification d’un ennemi présenté comme commun étant une technique classique (et efficace) de contrôle social. Cela permet en plus de justifier « ce travail obscur [qui] nous évite pas mal d’attentats », comme le dit joliment Gwynfrid. Reste que faire surveiller par la police des gens pour leurs opinions (une chose est sure, ils n’avaient pas commis d’attentats avant) ne me laisse pas totalement tranquille. Peut-être d’autant moins que ces opinions m’intéressent. Ce qui ne veut pas dire que je ne comprenne pas la nécessité pour un pouvoir d’étudier les opinions, y compris les plus radicales. Mais surveiller les gens?

    L’anarchie, par sa dénonciation de l’état, a au moins un point commun avec les libéraux, et un point de divergence (majeur: cf la guerre d’Espagne où les anarchistes ont été physiquement éliminés par les communistes staliniens) avec les communistes orthodoxes. Par exemple, les anarchistes considèreraient je crois assez facilement que confier l’éducation de nos enfants à une structure quasi-monopolistique et étatique est totalitaire. Pour brouiller les pistes, je préciserai que quelqu’un comme Michéa se classe comme un « anarchiste conservateur »; comprenne qui pourra.

    En tous cas, questionner la légitimité du pouvoir est insupportable pour tous les pouvoirs, de droite comme de gauche, d’état comme de parti. Bref, vu de l’anarchie, la « droite » et la « gauche » sont des classifications peu pertinentes. Le lien se fait plus probablement sur le fait que ceux qui sont les plus susceptibles d’être révoltés par les abus de pouvoir sont aussi les plus susceptibles d’être révoltés par l’injustice sociale (ah bon, vous croyez que je parle de moi?).

  • niamreg a écrit:

    une chose est sure, ils n’avaient pas commis d’attentats avant

    En fait, il semble que le FBI ait eu comme un doute à ce sujet… D’où la surveillance…

  • niamreg a écrit:

    Reste que faire surveiller par la police des gens pour leurs opinions (une chose est sure, ils n’avaient pas commis d’attentats avant) ne me laisse pas totalement tranquille. Peut-être d’autant moins que ces opinions m’intéressent. Ce qui ne veut pas dire que je ne comprenne pas la nécessité pour un pouvoir d’étudier les opinions, y compris les plus radicales. Mais surveiller les gens?

    Vous êtes un grand naïf ou bien le faites vous exprès ? … il ne s’agit pas QUE d’opinion. Il y a signes manifestes de « velléités annoncées »…

    On a par exemple suffisament reproché au FBI/CIA/Consorts de ne pas avoir su/pu déjouer les attentats du 11 septembre AVANT , alors même qu’ils étaient sur la piste de certains terroristes.

    Il me semble aussi qu’en France, dans les années 1986, « on » avait critiqué la police et la DST pour n’avoir pas su prévoir les attentats du métro. Je mets le « on » entre guillemets car j’ai quelque inclinaison à penser que parmi ce « on » figurent certains qui aujourd’hui pourraient penser comme vous…

    D’autre part, vous avez du oublier de lire le Rapport de la Sous-Direction Antiterroriste de la Police Judiciaire au Procureur de Paris, que Koz cite dans le billet ; s’ils n’ont peut-être pas « encore » perpétré d’attentats, vous y verrez tout de même que ce ne sont pas des enfants de choeur, ni dans leurs écrits et annonces, ni dans leurs « ébats sociaux », ni dans leurs méthodes de vie…

    On peut aussi étendre votre position au grand banditisme, à la pédophilie, aux trafics etc… Tiens c’est vrai, on va juste attendre qu’ils commettent leurs crimes… et jamais on va les chercher les débusquer les investiguer… avant. Ben non, faut pas les déranger…

    Suis désolé, mais moi j’attends de mon pays et de mon gouvernement qu’ils me protègent – de fait – au nom de la démocratie. La démocratie emmer… pas mal de monde ; c’est un devoir que de la défendre AVANT qu’elle ne soit en danger. La loi est là pour poser les limites des uns et des autres. Mais les anti-démocratie, eux, n’attendront surement pas leur seconde chance : il profiteront d’abord de leur première chance. Mieux vaut être là ce jour là avec de quoi les arrêter. Cela passe OBLIGATOIREMENT par une bonne connaissance de leurs agissements. Je suis même sidéré qu’on puisse se poser la question.

    Au fait Niamreg, vous avez peut-être la réponse à la question que Koz a posée si justement et si pertinemment ?

  • l’échange olivier/niamreg est celui du contenu de la prévention: « avant » ils n’ont, par définition rien fait, pas violé la loi, « après » il est trop tard et le reproche d’imprévoyance peut être fait: le mieux serait d’agir « pendant », ce qui n’est pas toujours possible, encor moins facile…

    alors on surveille « les plus susceptibles de » commettre des délits, une population « à risques »… ce n’est pas agréable pour ceux qui restent du bon côté de la loi, c’est couteux pour nos deniers, ça fait du bien à la police, aux polices qui peuvent ainsi se monter « des dossiers »…. dans l’affaire des gens de tarnac, ce qui est remarquable c’est qu’il n’avaient pas ni d’armes ni de bombes, et que leur violence, matérielle, les rapproche plus du vandalisme que du terrorisme…

    sur la qualification « de gauche » je ne pense pas qu’ils l’aient revendiqué: les militants libertaires, anarchistes, autonomes préfèrent le « ni Dieu ni Maître  » aux oeuvre de marx ou lénine même s’ils les ont en bibliothèque…en général ils ne votent pas, et leur comportement en marge, qui s’affranchit au maxde l’état, les rapproche d’un individualisme prédateur comme on en rouve, à droite, parmi ceux qui refusent le collectif, la solidarité, l’impôt…

  • Olivier, merci, vous êtes une démonstration à vous tout seul.

    Cette affaire sert surtout à ce que des gens comme vous pensent ce que vous écrivez. Et ça marche.

  • Une fois n’est pas coutume, Koz, vous êtes partial.

    Pourquoi suspectez-vous que l’EHESS ait pu avoir une plus grande influence que l’ESSEC dans le parcours de Julien Coupat ?

  • Je n’ai mentionné l’EHESS qu’une fois, en commentaire, et en boutade en réponse à André Gunthert. C’est un peu court pour dire que je suis partial. Mais j’apprécie ce que ce commentaire contient alors d’hommage à ma légendaire impartialité.

  • @niamreg

    Les services de sécurité français par leur travail de prévention, de surveillance et d’infiltration ont permis et permettent encore que des attentats prévus et organisés en France soient évités.

    Peut-être avez-vous eu l’occasion de regarder C dans l’air sur France 5 qui a consacré plusieurs émissions à ce sujet y compris après cette affaire Coupat.

    Il ne s’agit pas d’étudier les opinions des gens comme au temps de la RDA grâce à une police politique, mais de combattre le terrorisme dont le mode d’action consiste à entretenir la peur de l’attentat.

    Contrairement à ce que vous sous-entendez, les attentats déjoués ne font pas l’objet de publicité, pour ne pas engendrer d’angoisse dans la population des grandes villes ni créer de tensions communautaires.

    Alors même si cette affaire Coupat-Levy n’a rien à voir avec le terrorisme pratiqué par les extrémistes islamistes, les services de renseignement ont fait leur travail en recherchant les auteurs de sabotages.

    Ce qui me surprend toujours, c’est cette indulgence de certains pour les actions violentes au nom d’une  » liberté supérieure ? « 

    Il existe dans certains pays des situations d’oppression qui rendent impossible l’existence même d’une opposition et d’une contradiction au pouvoir en place.

    Vous aurez du mal à me convaincre que c’est le cas chez nous.

    Et réduire comme le fait Francis, l’action des services de renseignements à une police qui se fait  » du bien  » à monter des dossiers me paraît un peu caricatural… je ne suis pas certaine par ailleurs que si un attentat du type RER St Michel ou rue de Rennes avait lieu, ces mêmes personnes ne seraient pas les premières à s’indigner de l’inefficacité des services concernés.

    La sécurité a un prix, à la fois sous forme de coût et sous forme de surveillance donc de perte de liberté, c’est le cas pour la circulation automobile, pour l’alimentation, pour la santé, et pour la protection des personnes…

    Vouloir plus de sécurité sans en payer le prix me paraît une aimable fumisterie, non ?

  • Je dis seulement que c’est le gouvernement qui a choisi de mettre cette affaire dans le champ du terrorisme, alors qu’il s’agit au pire de vandalisme. Il a choisi aussi l’appellation ultra-gauche pour décrire des anarchistes situationnistes. Résultat obtenu (qu’Olivier, ouvertement, et vous, en vous en défendant partiellement, confirmez dans vos écrits): le lien est établi dans les cerveaux entre une pensée et une action politique « de gauche » (qui parfois, effectivement, s’affronte avec les forces de l’ordre, et perturbe le fonctionnement bien réglé de la société), et de véritables actes terroristes, faisant des vrais morts. Je ne vois pourtant pas de rapport entre 3 heures de retard sur un TGV et 3000 morts dans deux tours.

    J’hésitais à utiliser cet argument, qui va vous faire hurler, mais pourtant: la politique de santé, et en particulier la gestion de l’hôpital public, a fait plus de morts que Julien Coupat. Mais c’est Julien Coupat qui est surveillé, et mis en prison. La politique du logement, et le refus d’utiliser la loi de réquisition des logements vides, ou de construire des logements sociaux dans sa ville, font plus de morts que Yldune Lévy. Mais c’est elle qui est surveillée, et mise en prison.

    Je ne suis bien sur pas contre l’existence de la police, ni des RG (ce serait bien naïf). Mais faire croire que surveiller des gens comme Julien Coupat est une mesure qui améliore notre sécurité, ça c’est une aimable fumisterie.

  • Hurler, non, hausser les épaules, oui. Vous me faites penser à ceux qui justifient des assassinats en considérant que la violence capitaliste fait également des morts. Il faut savoir graduer les responsabilités.

    Vous ne savez rien de ce que pouvait projeter Julien Coupat mais votre petit doigt vous dit qu’il n’était pas dangereux. Pourquoi ? Faites-vous partie de ceux qui pensent que la dangerosité se lit sur le visage ? A partir du moment où l’on ne bave pas, on n’est pas dangereux ? Rouillan et les autres d’Action Directe étaient certainement des jeunes gens sympathiques et souriants. Il n’est évidemment pas question de les enfermer préventivement mais les surveiller est pour le moins légitime. Et ne me dites pas qu’ils sont enfermés préventivement car ils sont suspectés d’être effectivement passés à l’acte. Et leur défense est pour le moment bien lacunaire sur un point essentiel.

    Le rapport de police indique qu’ils ont été placés sous surveillance à la demande du FBI. Pourquoi ? Coupat et un autre avaient été repérés en train de passer clandestinement la frontière canadienne. Ils ont ensuite participé à des manifestations violentes. Plus tard, une grenade a été lancée contre un centre de recrutement américain et les auteurs de cet attentat ont laissé sur place des papiers français. Rien qui, manifestement, permettait d’être certains que c’était Julien Coupat mais suffisamment pour justifier une surveillance. Et oui, une surveillance se met en place sur des soupçons. Si on attend les preuves, on ne fait plus de surveillance, on arrête.

    Enfin, vous ne convaincrez personne en nous expliquant que ces gens-là ne sont pas « à gauche » (ce qui ne signifie évidemment pas que nous fassions l’amalgame entre un socialiste et un anarchiste). Il suffit de regarder leurs actions, de voir à quelles manifestations ils participent, quelles sont leurs cibles, de les écouter parler, et de voir la solidarité immédiate de la gauche (du PS à Buffet en passant par Besancenot et Mélenchon) autour d’eux. Que les gens de gauche aient leurs coquetteries, je veux bien, mais ne nous demandez pas de les partager.

  • Koz a écrit:

    <

    blockquote>Hurler, non, hausser les épaules, oui. Vous me faites penser à ceux qui justifient des assassinats en considérant que la violence capitaliste fait également des morts. Il faut savoir graduer les responsabilités.

    Le problème en l’occurence, c’est que je ne justifie aucun assassinat, que je ne l’ai jamais fait (cf notre discussion sur Rouillan), et que ce n’est pas demain que je commencerai, mais que vous me le reprochez parce que je m’interroge sur les limites des libertés publiques dans une démocratie, alors que c’est vous qui finalement plaidez pour « graduer les responsabilités ».

  • niamreg a écrit:

    Cette affaire sert surtout à ce que des gens comme vous pensent ce que vous écrivez. Et ça marche.

    C’est beau comme un camion tout neuf… Votre phrase, là, dit tout. Vous êtes en déséquilibre du coté de la théorie du complot. Dire « cette affaire sert » sous-entend « a été montée pour » et ce, que vous le vouliez on non. Dire « à ce que des gens comme vous pensent » sous-entend « moi Olivier je suis comme tous manipulé » et « moi Niamreg je vois clair … je pense bien … j’ai raison »… C’est tellement convenu et dépourvu d’argument que c’en est risible.

    niamreg a écrit:

    la politique de santé, et en particulier la gestion de l’hôpital public, a fait plus de morts que Julien Coupat

    Et là, badaboum, le truc imparable… Sarkozy (c’est bien lui la « politique de santé » ?) a tué 2 bébés et 1 cardiaque en une semaine quand Coupat lui est gentil dans son coin… martyr parmi les martyrs.

    Là vous allez sous peu toucher le fond…

  • Non, niamreg, ce que je vous dis, c’est qu’il y a quelque chose de comparable dans la logique que vous indiquez (un Ministre de la Santé ou du Logement serait plus répréhensible que quelqu’un qui sabote un ligne de TGV) et dans la logique de ceux qui considèrent que l’assassinat de patrons est justifiable parce que la capitalisme ferait des morts : vous oubliez l’intentionnalité.

  • avant tout, une bonne année 2009 à tous.

    Koz a écrit:

    Alors voilà, disons qu’il me semblerait approprié, avant d’évoquer un régime totalitaire, avant d’évoquer les républiques bananières, avant d’évoquer la république de Salo, le tout dans l’ignorance totale du dossier pénal, de faire preuve d’une relative prudence en se posant juste une simple question. Ysulde et Julien ne sont pas nécessairement d’innocents martyrs.

    Oui bien sur… mais à ce petit jeu de la surenchère, reconnaissons que MAM est celle qui a donné le ton. « Ultra gauche », quelle idée quand même. A ce propos, une petite vidéo vue chez Narvic qui ne permet pas d’y voir bcp plus clair, mais qui a le mérite d’être drôle: http://www.dailymotion.com/swf/x7kqw4

  • Je ne suis pas de ceux qui trouvent que le sabotage au crochet de caténaires de TGV soit « au pire du vandalisme ». Je dirais même que c’est plus grave que le pire des vandalismes.

    Je ne suis pas de ceux, comme niamreg, qui ne se rendent pas compte du danger que représente un TGV circulant à 300 km par heure heurtant un élément métallique de la taille du crochet en question lequel peut devenir un projectile meurtrier ainsi que d’autres éléments arrachés, lesquels par la loi de Murphy, pourraient faucher une personne ou un automobiliste se trouvant à proximité du lieu de l’impact ou, plus probable encore, de ricocher sur un pilonne, traverser la vitre du TGV et tuer un passager. Si quelqu’un peut affirmer qu’il n’y a aucun risque d’un accident mortel avec ce genre d’amusement, je serai très intéressé de connaître ses arguments.

    Il n’y a pas de doute que Coupat est un type dangereux parce qu’il cherche à créer des situations potentiellement très dangereuses. Quand il participe à des manifestations du type anti-G8, il ne vient pas comme 99% des participants en tant que manifestant pacifique, mais il vient expressément pour créer le chaos, pour foutre la merde et s’il y a un jeune qui se fait tuer, de préférence par les forces de l’ordre, c’est encore mieux. Il ne fait pas partie du contingent des black-block, ni des casseurs et autres personnages sympathiques qui ont sur eux des barres de fer, des haches et des bouteilles d’acide. Il est l’agent provocateur qui agit en coulisse. Il cherche le moment où il peut créer l’étincelle qui fait que la manifestation dégénère en bataille rangée, en vandalisme généralisé, en voitures qui brûlent, etc. On a vu des collégiens, qui ne feraient pas de mal à une mouche, se transformer en casseurs, en pilleurs de magasins, en déménageurs de mobilier urbain à l’intérieur de vitrines d’institutions publiques et privées. D’aucuns pourront trouver cela grisant, pas moi. On ne pourra pas toujours dire : heureusement aucune victime humaine, que des dégâts matériels.

    On peut tout de même voir une montée en puissance de Coupat depuis 2002. Ses activités deviennent de plus en plus dangereuses avec le temps. Je suis persuadé qu’il a beaucoup à voir avec les sabotages au crochet (je ne prends pas beaucoup de risque de manger mon chapeau). Je suis un défenseur du droit fondamental d’habeas corpus, mais dans certains cas, faut pas déconner non plus.

  • « Tu as raison : on peut aussi laisser la lumière éteinte toute la nuit, et se scandaliser ensuite qu’un détenu ait pu se suicider dans sa cellule. »

    Et c’est sûr que réveiller quelqu’un toutes les deux heures, ça va beaucoup l’aider à moins avoir envie de se suicider.

    Julien Coupat dit qu’il a déjà subi, en détention, cinq fouilles intégrales. Comme on ne peut pas imaginer une seconde que ce soit pour l’humilier (on n’est pas sous un régime dictatorial, koimerde), faut-il en déduire que les prisons sont si mal surveillées qu’il faille vérifier sans arrêt que Coupat ne cache pas un crochet à caténaire dans le fondamental de son corpus, comme aurait pu dire Pepito ?

    Pepito, je pense que le mieux à faire pour vous serait d’aller occire Coupat dans sa cellule. Vous sauveriez l’humanité.

  • Tout d’abord, et afin d’éviter les procès en sorcellerie:

    – j’ai plutôt confiance dans le travail de la police.

    – je n’ai pas d’à priori sur la culpabilité ou l’innocence des mis en examen dans cette affaire (même si vu ma première proposition, j’imagine bien qu’il y a un faisceau d’indice contre eux).

    Ceci dit, il me semble bien que cette histoire est bien partie pour être un beau fiasco.

    – une qualification de terroriste que personne n’a encore réussi à expliquer de façon un peu convaincante (parce que l’explication par le mode de vie ‘alternatif’ c’est un peu juste pour moi).

    – des maintiens en détention provisoire très mal expliqués dans les médias (et je ne pense pas que ce soit la faute des médias: ils reportent ce qu’on leur dit… il faut croire qu’on ne leur a rien dit). Le ministère a très bien communiqué autour de l’arrestation, et depuis… rien…

    A l’opposé, je ne comprends pas pourquoi les médias (et pour le coup, les journalistes ont une part de responsabilité) relaient sans mesurer leurs propos les considérations des comités de soutien (et des familles) qui veulent directement associer la détention provisoire à la culpabilité: il me semblait quand à moi que la détention ne devait être qu’exceptionnelle et avait pour raison le risque pour le prévenu d’entraver l’enquête.

    Pour le reste, je conseille grandement le billet de navric: http://novovision.fr/?Tarnac-retour-sur-le-fiasco-d-une

  • JaK a écrit:

    – une qualification de terroriste que personne n’a encore réussi à expliquer de façon un peu convaincante (parce que l’explication par le mode de vie ‘alternatif’ c’est un peu juste pour moi).

    La qualification de « terrorisme » est effectivement discutable. Pour autant, il s’agit d’actes de sabotage qui répondent à des motivations clairement politiques et qui, si l’on reste donc dans la logique de l’accusation, répondaient à une volonté de déstabilisation de l’Etat.

    JaK a écrit:

    – des maintiens en détention provisoire très mal expliqués dans les médias (et je ne pense pas que ce soit la faute des médias: ils reportent ce qu’on leur dit… il faut croire qu’on ne leur a rien dit). Le ministère a très bien communiqué autour de l’arrestation, et depuis… rien…

    Certes mais, le Ministère de l’Intérieur est légitime pour communiquer autour des arrestations, il ne l’est pas en revanche pour communiquer sur le travail judiciaire. Le maintien en détention est au demeurant une décision prise par des magistrats du siège, c’est-à-dire indépendants de l’Exécutif. La Chancellerie n’aurait dès lors pas été davantage légitime à communiquer sur les décisions rendues. Qu’aurait-on entendu d’ailleurs, si l’Intérieur ou la Justice avaient communiqué ?

    Peut-être la Chancellerie aurait-elle pu davantage communiquer sur la décision du parquet de requérir un maintien en détention. Mais il ne me paraît pas inconcevable que l’opinion publique ne dispose pas nécessairement de l’ensemble des éléments d’un dossier pénal permettant de justifier une telle décision.

  • (Cf post 72)

    A part de dire que je me suis bien marré dimanche en voyant le même acteur jouer A. et la sœur d’A. dans l’As des as, je vois pô comment jevéfer pour choper la goodwinite 🙂

  • Koz a écrit:

    Peut-être la Chancellerie aurait-elle pu davantage communiquer sur la décision du parquet de requérir un maintien en détention.

    C’est évidemment ce que je voulait dire.

    Mais il ne me paraît pas inconcevable que l’opinion publique ne dispose pas nécessairement de l’ensemble des éléments d’un dossier pénal permettant de justifier une telle décision.

    Je suis ‘relativement’ d’accord. Il n’y a pas de raison de donner l’ensemble d’un dossier judiciaire au public. Cependant, à la suite de la demande de libération de Coupat acceptée puis refusée après appel du parquet méritait peut être d’être commentée ne serait-ce que pour couper court aux rumeurs persistantes (je fais partie de ceux qui n’ayant pas d’à priori commencent sérieusement à se poser des questions sur cette affaire justement en raison du silence qui est maintenu autour après avoir tant fait pour dépeindre ses jeunes gens en meurtriers en puissance).

  • Mais cette décision a été prise par des magistrats expérimentés (conseillers à la Cour d’appel de Paris) et indépendants. Faut-il donc présumer la Justice est aux ordres ?

    Dans le cas contraire, y-a-t-il une nécessité de commenter une décision judiciaire ? Si la Chancellerie venait défendre la décision de magistrats du siège, qu’en dirait-on ?

  • @ Olivier

    Le gouvernement a fortement communiqué dès le début de cette affaire (terrorisme, culpabilité acquise, ultra-gauche, arrestation publique). C’est un complot, une stratégie, une coordination, ou n’importe quoi au jour le jour? Pour l’efficacité de votre protection, je souhaite que ce soit un minimum organisé.

    Mais le résultat, c’est que vous faites un lien que je ne trouve pas évident entre cette affaire et les attentats de 86 et le 11 septembre, qui ont vraiment fait des morts. L’autre aspect, c’est que vous notez avec raison que la démocratie doit protéger votre sécurité, mais que vous oubliez qu’elle doit aussi protéger les libertés individuelles. Le fait que vous fassiez une allusion douteuse à la pédophilie est de votre propre initiative. N’en n’ayez pas trop.

    Raté sur la politique de santé: l’application des 35 heures sans embauche de personnel est le début de la fin, la tarification à l’acte est une catastrophe, et le plan social dans la fonction publique (ça, c’est Sarkozy) achève le tableau. Mais l’argument de l’intentionnalité est efficace, même si l’homicide involontaire est une qualification pénale, comme la non-assistance à personne en danger, comme l’a expliqué Fillon. Je voulais simplement rappeler que les grands méchants de Tarnac n’ont pour l’instant tué ni blessé personne, à notre connaissance. Ne prenons pas les vessies qu’on nous exhibe pour de vraies lanternes.

  • Niamreg:

    Je ne fais aucun lien avec 86 ou le 11/09 ; simplement un parallèle sur une méthodologie d’investigation nécessaire dès lors qu’il y a suspicion de quelque chose. Même remarque pour le grand banditisme et la pédophilie. Globalement, si on veut déjouer un acte prohibé quel qu’il soit il faut bien faire du « renseignement » AVANT que l’acte soit commis. C’est pourtant simple. C’est même universel, en démocratie ou sous tout autre régime. Et je persiste : les écrits, les dires, les actes de manifestations y compris violentes, le repérage au Canada, etc… des Coupat-boys sont des faits largement suffisants pour déclencher une surveillance proche.

    Pour les libertés individuelles, nous sommes d’accord ; j’avais marqué que les lois sont là pour fixer les limites des uns et des autres… Et je vous signale quand même qu’ils ont toujours été libres jusqu’à l’acte reproché. Nous sommes bien loin d’un quelconque totalitarisme !

    Euh, pour les 35h et l’hôpital, rappelez moi donc le nom de ceusses qui ont pondu cette belle loi, j’ai un trou de mémoire 😉

    Enfin, parler de « plan social » dans la fonction publique, permettez moi de rire très fort… Où avez vous vu un licenciement ?… Ca ne vous vient jamais à l’esprit qu’on peut faire mieux avec les même moyens ? Ca s’appelle de la réorganisation, de l’optimisation, l’absence de gaspillage , entre autres. La France figure parmi les plus pourvus en fonctionnaires et largement des pays comparables … et pourtant les rendements/résultats dans beaucoup de corps d’état sont parmi les plus faibles de ces même pays. Si vous n’en déduisez pas qu’il y a comme un gros schmilblick dans notre système actuel de fonction publique. Des réformes profondes, lourdes, modernes et durables s’imposent, évidement. Il n’y a pas d’alternative autre. Ah oui cela fait grincer les corporatismes centenaires. Eh bien qu’ils grincent…

  • Amusant ce débat sémantique sur le concept d’ultra-gauche. La première fois que j’ai lu ce truc, j’ai plutôt pensé à une façon de bien marquer la distinction avec la gauche et l’extrême gauche. En utilisant un vocable spécifique on définit une nature spécifique.

    Il y a quelques années, quand un homme a été tué par des skin heads, tout le monde a parlé d’extrême droite. C’était à une période ou le pouvoir (de gauche, un certain François M.) faisait tout son possible pour renforcer l’extrême droite et l’assimiler à la droite classique. Perso, j’aurais préféré qu’on parle d’ultra-droite. Ca aurait mieux marqué la différence, explicité que cette violence physique n’était qu’une perversion inacceptable de mes idées.

    Mais je ne me souviens pas que quiconque se soit exprimé publiquement pour contester qu’on utilisât un terme incluant le mot « droite ». Aucun politique, aucun journaliste n’a reproché au pouvoir ou à la presse de tenter d’associer la droite à ce meurtre. Curieux que la presse « indépendante » de l’époque ait fait le jeu du pouvoir sans moufter alors que la presse « inféodée » d’aujourd’hui vient lui chercher des poux dans la tête pour une distinction sémantique que Mitterrand n’aurait jamais daigné accorder à son opposition.

    Dommage que les blogs n’aient pas existé à l’époque. Sinon, francis, niamreg, gasper… auraient pu y exprimer à quel point ils trouvent honteux de dire que les skins sont d’extrême droite.

    Au fait, Rouillan il est quoi? Ultra-gauche? extrême-gauche? gauche de la gauche? gauche plurielle? Rien à voir avec la gauche, tout ça c’est un coup de MAM pour discréditer le PS?

  • « Rien à voir avec la gauche, tout ça c’est un coup de MAM pour discréditer le PS » @liberal, de retour? oui, cela l’étonne? c’est la construction arche par arche du viaduc pour relier PS et violence… en matière de manipulation d’opinion le pouvoir, en général, sait jouer fin…

    pour les liens de tel ou tel avec l’extrême droite, je ne me sens pas compétent, mais j’ai bien entendu, à l’époque, protester qu’il n’avait rien à voir avec ces assassins…

  • Liberal, vous extrapolez. Ce n’est pas la mot « gauche » que je trouve abusif (bien que personne ne sache aujourd’hui de quelle mouvance se réclame la « cellule invisible ») c’est bien le mot ultra qui fait tiquer. Il fait d’autant plus tiquer que le dossier reste apparemment extrêmement mince, et les faits reprochés, assez éloignés de ce que « l’ultra » laisse à imaginer en terme de moyens (lutte armée, terrorisme) et d’objectif fixés.

    Intéressant le parallèle que vous faites avec l’extrême droite. En effet, quand des pillages de cimetières ou des ratonnades sanglantes sont organisés, il ne se trouve pas grand monde pour parler d’ultra-droite… et pourtant, les faits dans ces cas précis sont infiniment plus graves.

  • gasper a écrit:

    En effet, quand des pillages de cimetières ou des ratonnades sanglantes sont organisés, il ne se trouve pas grand monde pour parler d’ultra-droite…

    Non, effectivement, dans ces cas-là, on parle de l’extrême-droite. Là, par coquetterie et courtoisie, on a voulu marquer la différence entre la gauche gentille, propre, républicaine, comme Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, et la gauche anar.

    On devrait parler d’ultra-droite.

    Si ce n’est que piller un cimetière ne me paraît pas de façon évidente comme étant un truc « de droite« .

    Manger les enfants, en revanche…

  • Koz a écrit:

    Non, effectivement, dans ces cas-là, on parle de l’extrême-droite. Là, par coquetterie et courtoisie, on a voulu marquer la différence entre la gauche gentille, propre, républicaine, comme Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, et la gauche anar.

    c’est ultra sympa de ta part. vraiment. ravie aussi de lire de Besancenot est absout de ses récents dérapages. Il n’y a pas si longtemps, ici même, on ne semblait pas trouver ses positions suffisamment républicaines. mais bon, le couperet glaçant de l’ultra-gauche est passé par là, reléguant le facteur dans le camp des bons garçons.c’est marrant quand même, MAM s’enflamme, et c’est Besancenot qui tire les marrons du feu, gagnant dans l’opération qq points de respectabilité.

    pour les cimetières: bien entendu pour les enfants: vous ne devriez pas, c’est très calorifique.

  • PMB a écrit:

    Pepito, je pense que le mieux à faire pour vous serait d’aller occire Coupat dans sa cellule.

    Ah non, surtout pas ! Je n’aimerais pas que Coupat emporte dans sa tombe la réponse à :

    Que faisaient Yldune Lévy et Julien Coupat le 7 novembre dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là ?

  • C’est vrai que c’est mal de saboter des voies ferrées, mais on parle beaucoup moins des bombes parfois mortelles explosant quotidiennemet dans une île pas si loin de la métropole… Bref, pour le coup ton article aurait mérité davantage de mise en pertspective.

    A+

  • Un extrait de l’article pointé par niamreg:

    « Il est demandé aux parquets d' »apporter une attention particulière à tous faits (des inscriptions – tags – jusqu’aux manifestations de soutien à des étrangers en situation irrégulière) pouvant relever de cette mouvance (anarcho-autonome) afin d’en informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet du tribunal de grande instance de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit ».

    je ne sais pas quel crédit apporter aux propos de ce philosophe, mais si ce qu’il rapporte est vrai, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur la politique ultra(pour le coup)sécuritaire de l’actuel gouvernement… depuis quand le soutien a des étrangers sans papiers constitue t-il un délit, un signe précurseur d’action terroriste?

  • Guillaume a écrit:

    C’est vrai que c’est mal de saboter des voies ferrées, mais on parle beaucoup moins des bombes parfois mortelles explosant quotidiennemet dans une île pas si loin de la métropole… Bref, pour le coup ton article aurait mérité davantage de mise en pertspective. A+

    Effectivement. J’aurais pu éventuellement élargir ma vision. Pourquoi ne me suis-je pas demandé ce que fait le gouvernement contre Al-Qaïda et si vraiment Coupat est une priorité ? J’aurais pu aussi me demander s’il est bien sérieux de consacrer des moyens à la surveillance de Coupat tant que nous sommes engagés en Afghanistan.

    Mais je ne me sens pas l’obligation d’explorer toutes les diversions imaginées par les pourfendeurs de Sarkozy, qui croient fondé d’affirmer que tant qu’un autre problème n’est pas réglé, on ne doit pas se préoccuper de celui que l’on peut régler.

  • Trouver des excuses ou comprendre ces petits co.. bourgeois idéalistes, fumeurs de moquette, qui se montent le bourrichon et passent leur temps à comploter et non accessoirement mettent en danger des vies humaines m’est totalement impossible.

    La situation est très simple et une seule question est importante : Politique ou pas : Y-a-t-il mise en danger délibérée de la personne d’autrui, oui ou non ? Si oui, toutes les investigations et arrestations sont justifiées. Point barre.

  • « Que faisaient Yldune Lévy et Julien Coupat le 7 novembre dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là ? »

    Réponse : si c’était pour poser le crochet que Koz a mis en illustration EN 20 MINUTES (accès aux voies, escalade des poteaux, pose de ce qui est quand même une sorte d’anneau et pas un mousqueton, etc), il faut les embaucher pour creuser le canal Rhin-Rhône qui manque au transport européen, ils nous feront ça en 40 minutes.

    Margit, vous croyez vraiment que ce sabotage (je n’ai aucun mal à écrire ce mot) pouvait mettre en danger des vies humaines ? Et qu’un battement d’aile de papillon peut mettre le papier dans le chocolat ?

  • à PMB j’ai cru comprendre que ce type de crochet, déjà largement utilisé en allemagne a montré son inocuité…posé la nuit il vise le train « ouvreur » du matin et semble donc peu dangereux, c’est un des points qui semble affaiblir l’accusation de terrorisme, ceux-ci mettaient plutôt des bombes dans les toilettes des TGV ce qui, à mon sens, ne doit pas être trop difficile à réaliser….

  • Il y a plusieurs façons de poser le crochet sur la caténaire en moins de 20 minutes. Je comprends que PMB pense qu’il s’agisse d’un anneau. Koz a modifié l’image originale en utilisant un filtre artistique sous photoshop appelé « emballage plastique ». Ceci donne l’impression que le crochet est un anneau et qu’il n’y a pas de pièces mobiles. En fait, il y a une barrette qui pivote et laisse très facilement passer la caténaire comme une lettre dans une boîte à lettres. Par contre, une fois le crochet posé, la barrette empêche la caténaire de passer dans l’autre sens.

    Je ne vais pas expliquer ici comment on pose le crochet quand la caténaire est sous tension à 25 kV parce que je perds mon temps, mais je peux vous assurer que ce n’est pas en escaladant les poteaux.

  • « Je ne vais pas expliquer ici comment on pose le crochet quand la caténaire est sous tension à 25 kV parce que je perds mon temps, mais je peux vous assurer que ce n’est pas en escaladant les poteaux. »

    Oh si si, perdez-le à m’expliquer comment on peut poser ça en 20 minutes, même s’il s’agit d’une sorte de mousqueton : l’échelle, les gants, tout !

  • @PMB. Principe de récurrence ?

    Donc on revient au point de départ du billet de Koz : « Or, jamais, au grand jamais, m’entendez-vous, on ne pourrait installer ledit dispositif en 20 minutes. »

    Cela étant posé, retournons à la question – certes difficile mais intéressante – que voici : « que faisaient Ysulde et Julien, seuls, dans cette campagne perdue, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 ? »

  • @ PMB

    PMB, est-ce qu’une méthode ça suffit pour l’instant ? Celle que je vais vous décrire est basée sur l’utilisation d’une perche isolante qui a l’avantage d’être considérée comme « jouable » en 20 minutes par des cheminots.

    Il y a, bien entendu, une période de préparation qui n’est pas comptée dans les 20 minutes. On part aussi du principe que vous avez déjà le crochet et le coupe-boulons.

    Vous vérifiez qu’il ne va pas pleuvoir la nuit du sabotage, c’est très important, sinon danger de mort. Ca tombe bien parce que pas un seul nuage à l’horizon le 7 novembre 2008 et la lune n’est pas tout à fait pleine, mais donne un bon éclairage.

    Vous trouvez le Bricomarché le plus proche de chez vous (il y en a 9 en Seine-et-Marne). Vous achetez une paire de bottes en caoutchouc et des gants de jardinage en caoutchouc (il est également conseillé d’acheter des gants en latex que vous porterez sous les gants en caoutchouc comme ça si vous enlevez les gants de jardinage vous ne laissez pas de traces « exploitables » par les enquêteurs).

    Vous achetez 4 tubes en PVC pour sanitaire de 2 m de long et 40 mm de diamètre (env. 20€ pièce), 3 raccords, un bout de cordelette en nylon et du ruban adhésif en PVC. Vous allez fabriquer avec ce matériel une perche isolante démontable. Vous allez couper les tubes légèrement pour qu’ils tiennent dans le coffre d’une voiture, mais obtenir une perche d’environ 7 m de long. Pas besoin de matériel professionnel, une perche isolante professionnelle de 2 m en PVC est garantie à 36 kV et cela comprend un facteur de sécurité substantiel. Alors avec 7 m de tube PVC à 25 kV, par temps sec, ça doit être bon. Au bout de la perche vous fixez une boucle de corde en nylon avec le ruban adhésif (je précise que c’est le bout d’en haut).

    Vous devez bien sûr vous entraîner un peu avant en toute sécurité en utilisant votre matériel d’escalade. Vous tendez une corde à l’horizontale entre deux arbres à environ 7 m de hauteur pour simuler votre caténaire. Vous passez la manette qui se trouve sur le côté du crochet dans la boucle de votre perche, vous soulevez votre perche et vous posez le dispositif sur la corde. Vous allez vous entraîner aussi pendant la nuit (practice makes perfect, comme on dit en anglais), au bout de quelques jours d’entraînement intensif vous allez pouvoir poser un crochet sur une caténaire en quelques secondes.

    Pour accéder aux voies, vous utiliserez le coupe-boulons pour casser le cadenas du portail ou pour faire un trou dans le grillage, pour un intello, comptez environ 5 minutes pour cette opération.

  • @Olivier Je sais, j’ai dit qu’il y avait plus d’une méthode. Je suis d’accord que plus direct et plus rapide y’a pas. Mais à quoi ça sert le coupe-boulons qu’ils ont trouvé dans la ferme de Coupat?

  • @Pepito: avez vous la moindre idée de ce que suppose en puissance et en dextérité la manipulation d’un objet pesant au moins 2kg pendu au bout d’une perche de 7 mètres de long?

  • Merci Pepito, vous m’avez convaincu.

    Alors, vu vos compétences, je vous pose deux questions :

    • Est-ce normal que mes impôts aillent à payer une police capable de perdre de vue, même pendant 20 minutes, deux criminels dans un endroit aussi sensible ?

    • Ou, s’ils ne les avaient pas perdus de vue, est-ce normal de les laisser pose ce crochet de la mort ? Sauf si les criminels avaient laissé en place la perche pour que cette police aille enlever ce crochet de la mort 🙂

  • @ gasper

    Oui, ce n’est pas aussi difficile que vous le croyez. Admettons que le crochet pèse 2 kg. Vous allez commencer à soulevez la perche à partir de 3m du bout. Le bras de levier est de 4 m qui multiplié par 2 kg donne un moment de 8kg.m quand la perche est horizontale, mais au fur et à mesure que la perche se dresse cette force se réduit considérablement et devient très faible. N’oubliez pas que vous avez une assistante pour donner un coup de pouce au départ. Avec un peu d’entraînement, vous pourriez le faire vous-même.

    @ PMB

    Q1: Non.

    Q2: Si la police ne les voit pas poser le crochet ils ne peuvent pas les empêcher de le poser. S’ils avaient laissé la perche sur place la police aurait dû penser tout de suite perche=crochet de la mort et appeler sans tarder la SNCF, surtout pas essayer de l’enlever, la barrette bloque et c’est dangereux…

  • « On peut tout de même voir une montée en puissance de Coupat depuis 2002. Ses activités deviennent de plus en plus dangereuses avec le temps. Je suis persuadé qu’il a beaucoup à voir avec les sabotages au crochet (je ne prends pas beaucoup de risque de manger mon chapeau). Je suis un défenseur du droit fondamental d’habeas corpus, mais dans certains cas, faut pas déconner non plus. »

    Bravo Pepito ! Rouvrons Guantanamo pour les anarcho-autonomes ! Aux fers et à la roue, les gauchos intellos !

    @ Olivier

    Merci de m’avoir ouvert les yeux, mes ex-amis François et Frédéric s’étant récemment installés dans une ferme, je m’empresse de les signaler à l’anti-terrorisme.

    Et surtout, chers amis, n’ouvrez pas « Hommes-Machines, mode d’emploi » ni « Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille » ouvrages auxquels Coupat a participé. Cest infâme, c’est philosophique, c’est poétique, ça parle de marchandisation du corps, c’est beau, c’est brillant, c’est très dangereux.

  • 20 minutes trop court pour poser ce crochet? il me faut 20 secondes! pepito est trop mc gyver… moi je suis plus bond, james

    depuis le pont, aux dessus du caténaire, on vise bien:

    le fer tombe sur le fil et le levier se place de lui-même, par gravité

    le tour est joué!

    bonne soirée….

  • Eh ben volà. Je vais vous le trancher moi aussi, ce débat. Pepito et Tom Hagen, vous me forgez ce crochet puisque Pepito sait comment faire et que Tom Hagen est motivé. Et moi, je vous l’accroche.

  • Ca marche, je crois qu’il me reste encore du fer à béton. Je fais ça ce week-end et je te l’envoie par Chronopost. Comme c’est pour toi, je vais te le tuner avec une jolie couleur.

  • @pepito: comme vous m’avez l’air ultra rapide, je vous propose de négocier une prestation facturable à la minute.

    @koz: un cas de belle mère… un cas de belle mère, non vraiment, je ne vois pas… plutôt un client que me réserve le même accueil qu’un officier de cellule anti-terrosriste…

  • Pingback: Promenade sur la toile (10/01/09) | e-deo

  • Merci, Koz pour l’éclairage « dépanurgisant » que vous portez sur cette affaire, c’est courageux. Laissez-moi vous donner mon sentiment d’Officier de Police sur ce dossier, en vous précisant que je ne fais pas partie du service concerné ni de près, ni de loin.

    L’Association de Malfaiteurs (art. 450-1 du CP) est une infraction pénale qui permet le démantèlement des groupes criminels en amont, mais aussi en aval. Cette qualification est souvent appliquée en matière de trafic de stupéfiants, grand banditisme et terrorisme. Il faut, pour l’enquêteur, démontrer l’existence d’un groupe structuré (une bande, un gang, une équipe comme vous voudrez) en vue de la préparation d’un crime ou délit puni d’au moins 5 ans d’emprisonnement (c’est le cas du braquage, de l’importation de drogue, des actes de sabotage, etc…).

    La préparation doit être caractérisée par un ou plusieurs faits matériels (ex : voler un voiture, acheter une cagoule, se procurer une arme à feu, prendre en filature le fourgon blindé, etc…., ou prendre des cours de ferronnerie d’art J).

    Si les faits sont avérés, vous pouvez intervenir en amont et neutraliser l’équipe avant passage à l’acte. Si ça n’est pas possible (de temps en temps, les malfaiteurs oublient de prévenir la Police de la date et du lieu de passage de leur mise en action), vous pouvez également le faire en aval et interpeller les auteurs principaux, ainsi que ceux qui n’ont participé qu’à une étape des faits (juste voler la voiture, juste acheter la cagoule ou juste diffuser le tract de revendication…).

    Intervenir en amont est toujours un casse-tête pour les enquêteurs car, en fonction des éléments à charge accumulés, la neutralisation du groupe criminel sera plus ou moins efficace : « Quoi ?… mais Mr le Président, j’ai quand même le droit de passer trois fois devant la BNP de la rue machin dans ma voiture volée….j’aime bien l’architecture du lieu ! ».

    Intervenir en aval, quand on n’a pas la possibilité de faire autrement, est également un crêve-cœur. Laisser rentrer une équipe de malfaiteurs armés dans une banque est très risqué pour les usagers, de même que de laisser poser des U en fer sur les caténaires : personne n’a envie de regarder les familles des victimes dans les yeux. Par contre, c’est beaucoup plus efficace en terme de réponse pénale, car il y a passage à l’acte.

    C’est, je pense, cette considération qui a prévalu dans ce dossier : sauver des vies. Si on avait attendu que cette bande organisée peaufine son procédé jusqu’à obtenir le déraillement d’un train, les morts et les blessés qui inévitablement en découlent, il n’y aurait, bien sûr, aucune polémique sur l’incarcération des membres du commando…Mais qui a envie de regarder les familles des victimes dans les yeux ?

    Petit message complémentaire pour les « pros » de la filature qui réagissent sur ce blog. Si vous avez un peu de temps et d’essence à perdre, faites le test par vous-même. Ciblez une voiture dans le flot de circulation (faites simple au début, prenez un grand-père au volant) et essayez de la suivre discrètement, c’est à dire sans être accroché à son pare-choc. Vous vous rendrez vite compte qu’il ne s’écoulera que 5 minutes (pour les meilleurs) avant que vous ne perdiez de vue votre objectif. Maintenant transposez l’exercice avec les ingrédients suivants : individus méfiants, discrétion absolue, campagne, nuit…..Bonne chance.

  • à RP dernier paragraphe… j’ai cru comprendre que la voiture filée était « marquée » électroniquement ce qui permettait de les suivre à distance et explique que les policiers, arrêtés plus loin, n’aient pu voir ce que faisaient les amoureux du rail en Seine et marne…

  • « Si on avait attendu que cette bande organisée peaufine son procédé jusqu’à obtenir le déraillement d’un train »

    Vous croyez vraiment que ce sabotage (je ne retirerai jamais ce qualificatif) était de nature à provoquer un déraillement ? Vraiment ?

    Puis-je par ailleurs vous rappeler qu’il y a déjà eu des déraillements de TGV et qu’heureusement ils n’ont provoqué aucun mort en raison de la technique TGV ?

  • Sans preuve, sans témoignage et sans aveu, la véritable question pourrait alors s’exprimer ainsi:

    « Est-il juste de priver un individu de liberté pour ce que l’on pense qu’il pourrait faire ?« 

    Ceux qui répondent Oui semblent penser que ceux qui répondent Non sont des séditieux.

    Ceux qui répondent Non semblent penser que ceux qui répondent Oui sont des esclaves.

    Choisis ton camp : les railleurs de l’insurrection qui tarde ou les contempteurs de la soumission qui dure. Que répondre à cette injonction…?

  • Pingback: leftblogs » Tarnac, l’ultra-gauche et la théorie du complot

  • Journée de grève sauvage. Gare St-Lazare fermée. 400 000 personnes prises en otage. Des heurts opposent des « usagers » excédés à quelques pauvres agents SNCF bien débordés. Les pauvres, ce sont ceux qui ne font pas grève qui trinquent. De maigres forces de l’ordre tentent de rétablir un semblant de calme.

    Franchement, ces petits gars de l’ultra-gauche me font bien marrer, avec leurs jolis crochets en fer forgé. Pourquoi ne se syndiquent-ils pas chez SUD Rail (SUD pour Solidarité, Unitaire, Démocratie, ça ne s’invente pas !) ? Ils auraient fait infiniment plus de dégâts, et personne ne les aurait envoyés en cabane.

  • Pingback: Tarnac, l’ultra-gauche et la théorie du complot « Les coulisses de Sarkofrance

  • Le problème, pour moi, n’est pas de savoir s’ils sont coupables ou pas, car honnêtement, je m’en contrefiche (eh oui, aussi étonnant que cela puisse paraitre, l’idée qu’on puisse ne pas savoir qui est responsable de trois heures de retard sur un TGV m’en touche une sans faire bouger l’autre, comme disait l’autre).

    Le problème, c’est le grand n’importe quoi qui entoure cette affaire : la qualification de « terroriste » (mais bien sur), la détention pendant je ne sais combien de semaines, la pantalonnade de « l’ultra-gauche de mouvance anarcho-autonome » (du complot zapato-bolchevique, aussi, tant qu’on y est, des fois qu’il manquerait des adjectifs).

    Bref, pour en revenir au point de départ, la question n’est pas « sont-ils coupables », mais « un acte ayant entrainé 3 heures de retard sur un TGV justifie-t-il de telles mesures ? ».

    Apporter des éléments pouvant tendre à penser qu’ils ne sont pas étrangers à ce « sabotage » (sic) (ce mot renvoie davantage à des images de trains renversés et de rails dynamités qu’à une pose de fer sur un « caténaire de la peur » (ahahah)) ne change rien, finalement, à la question de la disproportion des moyens engagés.

  • Eh bien, figurez-vous que je ne partage pas votre avis. Il ne me paraît pas indifférent de savoir s’il y a quelque motif de les avoir arrêtés et de les maintenir en détention. Car vous oubliez, déjà, que ce sabotage n’a pas été le seul et, ensuite, qu’il semble que les passe-temps de Julien Coupat peuvent mériter l’attention de la police, dans la mesure où l’on a des soupçons à son égard. Dans le cas contraire, cela relève effectivement du seul domaine des opinions politiques personnelles [quoique je ne sois pas choqué que l’on surveille une personne qui participe à toutes les manifestations de l’extrème-gauche qui dégénèrent en affrontements avec la police !].

    Par ailleurs, non, je ne trouve pas anodin de placer des crochets sur des lignes de TGV pour en empêcher le passage. Il est un peu facile de dire après coup qu’il est bien évident qu’une telle action ne pouvait entraîner aucun dégât, aucun blessé. Ceux qui les ont entreprises sont-ils tellement experts en voies ferrées ?!

    Et chacun semble décidé à occulter totalement l’hypothèse selon laquelle si cette action est bien imputable à Julien Coupat et Yldune Lévy, elle relève effectivement de ce qu’ils écrivaient précédemment, à savoir une action sur les axes de transport pour paralyser le pays. Cela répond pour moi à une volonté de sabotage coordonné pour des motivations politiques, ce qui mérite une attention aigüe.

    Comme l’article de Bruno Maillé, qui est le déclencheur de mon billet, le soulignait, nous étions/sommes en passe de procéder à la béatification d’Yldune Lévy et de Julien Coupat.

    Cela me semble un peu rapide : comme je l’ai dit dans mon billet, il reste étonnant de constater qu’aucune des personnes interrogées ne nie qu’ils se soient trouvés sur les lieux, pour autant que les medias aient le culot de leur poser la question (et alors que c’est pourtant le premier réflexe que l’on devrait avoir, si cela était possible) comme il reste étonnant qu’aucun autre sabotage ne soit intervenu depuis ces arrestations (à tout le moins selon le même mode, les autres dégâts semblent causés par des tirs).

  • Koz a écrit:

    Par ailleurs, non, je ne trouve pas anodin de placer des crochets sur des lignes de TGV pour en empêcher le passage. Il est un peu facile de dire après coup qu’il est bien évident qu’une telle action ne pouvait entraîner aucun dégât, aucun blessé. Ceux qui les ont entreprises sont-ils tellement experts en voies ferrées ?!

    Il suffit de se demander ce que les mêmes personnes diraient si par exemple ce type de sabotage était revendiqué par un groupe d’extrême droite. Ils ne trouveraient plus ça si anodin (voire de ce fait, presque pardonable) que ça.

  • C’est un roublard, l’auteur du billet. Il voudrait faire croire que le sujet du débat, c’est l’innocence ou non de Coupat et Lévy. Mais c’est pas du tout le propos. C’est la justice qui en décidera. Le sujet, c’est que le pouvoir actuel (que soutient l’Umpiste auteur du billet) invente une ultra gauche terroriste pour foutre la trouille à la population. Parce que c’est un pouvoir qui lui-même a la trouille. C’est pourquoi il cherche à fliquer de plus en plus. C’est pourquoi la moindre action syndicale ou les luttes sociales sont criminalisées. Un sabotage sur du matériel, c’est un sabotage, c’est en rien une action terroriste. Même un ex juge anti-terroriste aussi féroce que le juge Thiel le dit.

    Preuve du désir de criminaliser à tout prix, la nuit dernière, deux jeunes auraient essayer de faire cramer deux voitures. Le gars faisait partie du comité de soutien à Coupat. Ils ont donc l’antiterrorisme sur le dos et sont en garde à vue pour 96 heures. C’est cette construction qu’il faut dénoncer au lieu de focaliser sur un père qui fait ce qu’il peut pour défendre son lardon.

  • Marrant, j’étais persuadé d’avoir répondu exactement à la même question deux commentaires au-dessus. Inversement, Duquesnoy, Setebos et alii., vous n’avez jamais le sentiment que l’on s’efforce de détourner l’attention de la question de leur culpabilité, bande de… roublards ?

  • @ Olivier: ben non. Il semble que vous n’avez pas bien compris le mode opératoire. Le crochet, on ne sait pas précisément à quel endroit il a été posé puisque le train roule pendant des centaines de mètres avant d’être immobilisé.

  • @ Koz: Je ne suis pas particulièrement au fait des autres « sabotages » de lignes SNCF, et en tout cas je n’avais jamais lu ou entendu qu’on puisse en attribuer d’autres au « groupe de Tarnac ».

    S’ils sont coupables ou pas, je suis absolument incapable de le dire. Au risque de me répéter, ce que je trouve étrange, ce n’est pas qu’on les ait placés un temps en détention. Soupçopns, bon, passe encore.

    Ce qui me choque, c’est cette qualification ubuesque de « terroriste » (comment on va appeler ça, le jour ou un train déraillera et ou il y aura trois blessés ? De l’ultra-terrorisme ? Une déclaration de guerre ? L’offensive meurtrière des Brigades Rouges ?), cette façon de les garder ainsi en prison (on m’explique pourquoi ? On a peur qu’ils prennent le maquis dans le Larzac, ou qu’ils aillent « saboter d’autres lignes SNCF sachant qu’on les aura dans le collimateur ? Ce ne serait franchement pas futé…).

    Bref, ce qui me gêne, ce sont les méthodes et qualificatifs employés, qui font passer un simple acte de malveillance (ce qui est répréhensible, je n’irai clairement pas le contester) pour un sabotage terroriste, commis par d’ignobles rouges au couteau entre les dents prêts à égorger nos femmes et nos enfants dans les wagons-lits, justifiant une procédure que je croyais réservée à des poseurs de bombes.

    A force d’utiliser les grands mots pour rien (je ris encore du « caténaire de la peur » figaresque), on va se retrouver avec de sérieux problèmes de vocabulaire quand on aura réellement à faire face à du terrorisme…

  • Je suis assez d’accord avec vous. Le terme de « terrorisme » semble en effet inapproprié en l’absence d’usage d’armes, de bombes etc. Mais je garde à l’esprit plusieurs choses :

    (1) Aussi frustrant cela soit-il, la Justice n’est pas censée fournir aux medias l’ensemble des documents de l’instruction. Il y a donc des points qui peuvent nous échapper.

    (2) Ils ont été entendus par un juge d’instruction. Je ne suis pas spécialisé en procédure pénale mais ne pouvait-il pas revenir sur la qualification si cela s’était avéré nécessaire ?

    (3) La surveillance a notamment été déclenchée par les soupçons du FBI sur Julien Coupat dans le cadre d’un attentat commis contre un centre de recrutement, à la grenade. Ces soupçons peuvent être invalidés par la suite mais ils peuvent justifier l’usage de la qualification de « terrorisme ».

    (4) C’est malgré tout une action violente et risquée (je me répète : Coupat a fait l’ESSEC et l’EHESS, pas Polytechnique : le risque de mise en danger de la vie d’autrui n’est pas nul) potentiellement menée au nom d’une idéologie donnée.

    (5) Vous pensez donc, vous, qu’il n’y avait aucun risque qu’une personne qui a passé clandestinement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, qui est manifestement au fait des techniques pour s’assurer de l’existence ou non d’une filature, choisisse de partir en cavale ? Vous vous appuyez sur quoi ? Vos affinités ou vos antipathies personnelles ?

    (6) On peut le regretter, mais d’autres personnes ont connu ces détentions provisoires ou préventives. Certains avaient aussi des garanties de représentation – meilleures que les leurs, au demeurant. Ce n’est donc pas nécessairement cette qualification qui entraîne ce maintien en détention. Dès lors, pour vous renvoyer la question, on peut se demander si finalement ce débat sur la qualification de « terrorisme » ne relève pas, en l’occurrence, de la sémantique et du rideau de fumée destiné à camoufler l’incapacité des deux à justifier de leur présence sur les lieux du sabotage la nuit du sabotage… et à casser du Sarkozy.

  • Le mieux serait de demander leur avis aux passagers du train en question…

    Ah non, j’ai mieux encore : la prochaine fois on mettra les parents-enfants-frères-soeurs-femmes-maris de Setebos et Duqueynois dans le train ; ensuite on fera tomber la caténaire de milliers de volts sur les wagons. Restera à savoir ce que ça leur fait …

  • Si tous les présidents et membres principaux des dizaines et dizaines d’associations altermondialistes, anti-capitalistes, anarchistes, autogérées, gaullo-sociales, squateristes, ultra-ceci et anti-cela étaient suivis par la police il faudrait un nombre incroyable de fonctionnaires et on serait vraiment dans un Etat policier de type RDA. Ce n’est pas le cas.

    Il faut vraiment être fort pour ce faire remarquer à tel point par la police pour se choper une surveillance permanente, être suivi à plus de 500 km du lieu où l’on habite et se trouver par hasard au droit de la ligne TGV la nuit d’un sabotage de caténaire. On dirait que la surveillance était, après tout, assez justifiée. Si on veut jouer aux saboteurs de TGV, il ne faut pas pleurnicher après si on se fait prendre.

    Le fait d’être arrêté sous l’étiquette de terroriste ne veut pas dire qu’il sera jugé pour terrorisme, il sera jugé pour ce qu’il a fait ou pas fait. La justice fera son boulot. Le sabotage d’une ligne de TGV est passible d’une peine de prison ferme, donc je ne trouve pas que Coupat soit traité d’une manière disproportionnée par rapport à la probabilité de sa culpabilité. Ce n’est pas non plus en ce moment le cas d’un père de famille avec un job et qui doit nourrir sa femme et ses enfants.

    Je ne pense pas que l’affaire Coupat soit l’erreur judiciaire du siècle (genre affaire Dreyfus), comme ont veut nous le faire croire.

  • Duquesnoy a écrit:

    @ Olivier: ben non. Il semble que vous n’avez pas bien compris le mode opératoire. Le crochet, on ne sait pas précisément à quel endroit il a été posé puisque le train roule pendant des centaines de mètres avant d’être immobilisé.

    Euh désolé mais on le sait exactement : il est posé juste à l’endroit où la première « attache de suspension » de la caténaire est arrachée ; rien de plus simple à déterminer me semble-t-il !! Ensuite, à partir de plusieurs attaches la caténaire n’est plus soutenue, part a volo, brinqueballe à tout va et n’alimente plus le train ; elle peut même probablement rompre.

  • Il est innocent tant qu’il n’a pas été jugé coupable, combien de fois faudra-t-il rappeler les fondamentaux. Deuxième fondamental: la détention provisoire doit être exceptionnelle. La Magna Carta a bientôt 800 ans et l’Habeas Corpus, 330 ans bon sang.

    Alors qu’il soit coupable ou pas ne m’intéresse pas. Ce qui m’inquiète ce sont les libertés publiques. Et lorsque je lit des arguments tels que « la France n’est pas la RDA, la France n’est pas l’URSS », je m’inquiète encore plus: une démocratie n’est solide que lorsque les citoyens et les contre-pouvoirs peuvent réagir et le font avant que l’irréparable ne soit commis, c’est-à-dire qu’on soit tombé en totalitarisme. Les pères fondateurs de la démocratie américaine l’avaient bien compris en organisant une séparation des pouvoirs bien plus stricte qu’en France par exemple et en donnant aux citoyens le droit de porter des armes (qu’on soit d’accord ou pas sur ce point et une autre débat). L’histoire laborieuse de la démocratie française montre-t-elle qu’elle est si solide et que la confiance en la bonne foi des dirigeant suffit ? Malheureusement, du coup d’Etat de 1852 à Vichy, la réponse est non. L’arbitraire n’a pas besoin du totalitarisme, et le précède. Il existe bien des régimes libberticides qui ne sont pas des totalitarismes. Attention aux mots.

    Au delà de la culpabilité éventuelle de Coupat (qui doit être niée tant qu’elle n’a pas été prouvée, rappel encore et toujours), le malaise crée par cette affaire est dû à ce que des citoyens se rendent compte quelque part qu’on est loin de ce dont on voulait les protéger lorsque les différentes lois anti-terroristes ont été promulguées.

    Le pire, c’est que le parquet et le juge d’instruction sont dans leur droit en plaçant cette affaire dans le cadre du terrorisme et en utilisant les pouvoirs d’exception accordés:

    Lisons le premier article du Chapitre consacré au terrorisme du code pénal:

    Article 421-1

    (Loi n° 96-647 du 22 juillet 1996 art. 1 Journal Officiel du 23 juillet 1996) (Loi n° 98-467 du 17 juin 1998 art. 84 Journal Officiel du 18 juin 1998) (Loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 art. 33 Journal Officiel du 16 novembre 2001)

     » Constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, les infractions suivantes : 1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, l’enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d’aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport, définis par le livre II du présent code ; 2° Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique définis par le livre III du présent code ; 3° Les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous définies par les articles 431-13 à 431-17 et les infractions définies par les articles 434-6 et 441-2 à 441-5 ; 4° La fabrication ou la détention de machines, engins meurtriers ou explosifs, définies à l’article 3 de la loi du 19 juin 1871 qui abroge le décret du 4 septembre 1870 sur la fabrication des armes de guerre ; – la production, la vente, l’importation ou l’exportation de substances explosives, définies à l’article 6 de la loi n° 70-575 du 3 juillet 1970 portant réforme du régime des poudres et substances explosives ; – l’acquisition, la détention, le transport ou le port illégitime de substances explosives ou d’engins fabriqués à l’aide desdites substances, définis à l’article 38 du décret-loi du 18 avril 1939 fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions ; – la détention, le port et le transport d’armes et de munitions des première et quatrième catégories, définis aux articles 24, 28, 31 et 32 du décret-loi précité ; – les infractions définies aux articles 1er et 4 de la loi n° 72-467 du 9 juin 1972 interdisant la mise au point, la fabrication, la détention, le stockage, l’acquisition et la cession d’armes biologiques ou à base de toxines. – les infractions prévues par les articles 58 à 63 de la loi n° 98-467 du 17 juin 1998 relative à l’application de la Convention du 13 janvier 1993 sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction ; 5° Le recel du produit de l’une des infractions prévues aux 1° à 4° ci-dessus ; 6° Les infractions de blanchiment prévues au chapitre IV du titre II du livre III du présent code ; 7° Les délits d’initié prévus à l’article L. 465-1 du code monétaire et financier. « 

    « ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » « Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique définis par le livre III du présent code » (c’est immense !)

    C’est vague, c’est beaucoup trop vague ! La séparation avec le droit commun est beaucoup trop floue! Même « l’enlèvement et la séquestration » : ce sont des crimes qui doivent être punis, mais à quand l’accusation de terrorisme pour des ouvriers séquestrant leur patron ? ça trouble l’ordre public et use de l’intimidation après tout. Ne vous inquiétez pas, ça arrivera.

    Saboter des caténaires, bruler une voiture: actes imbéciles, sans aucun débouché politique, mû par des égos qui ne supportent pas la lenteur du progrès social en démocratie, qui méritent poursuite. Mais au titre du droit commun, et qui ne justifient pas une définition tentaculaire du terrorisme. Si ceux qui s’en rendent coupables prétendent s’identifier aux résistants qui étaient accusés de terrorisme par les nazis ils insultent la mémoire de ces résistants et c’est bien triste. Mais cela nous rappelle quand même que cette qualification peut être utilisé n’importe comment pour justifier des répressions terribles. C’est pourquoi elle soit être extrêmement bien définie, bien mieux qu’actuellement. On ne sait pas quelle forme prendront les actes terroristes de demain ? Tant pis. C’est ça l’état de droit: renoncer aux « avantages » de l’arbitraire. Ce choix doit être sans mégoter sur les termes si on est démocrate. Je ne ressortirai pas pour la énième fois la citation de Franklin.

    Si un jour un pouvoir autoritaire arrive en France comme c’est déjà arrivé, vous croyez qu’il hésitera à utiliser ces armes ?

    Les américains se rendent compte qu’on est allé trop loin avec le patriot act et Guantanamo, mais les belges aussi: http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/469603/le-parlement-va-revoir-les-lois-antiterroristes.html

    Alors si militer pour la révision de ces lois passent par une prise de parti « naïf » pour Coupat je le ferait. De toute façon il est présumé innocent.

    PS: lire l’étude approfondie de Human Right Watch sur la question des lois anti terroristes en France: http://www.hrw.org/fr/node/62153/section/1

  • Pepito a écrit:

    gaullo-sociales

    C’est clair les gaullo-sociaux (canal historique) sont assez redoutables.

    Concernant la qualification terroriste, c’est l’acte qui compte. Et dans ce cas, le fait de saboter un train, des lignes électriques, une antenne relais TV, etc… ont toujours été des actes de terrorismes assez classiques entrant de le cadre d’actes ne souhaitant pas faire de victime intentionnellement à priori – même si parfois les moyens de sabotage utilisés peuvent être dangereux (ils sont utilisés par les corses, ont été utilisés par l’ETA, le FLB (bretons) en son temps qui sabotait les relais TV, etc…)

    Lorsqu’il y a de plus une revendication ou une stratégie pseudo politique ou idéologique derrière l’acte, le fait que celui ci vise à tuer ou pas n’entre pas dans la qualification de ce qui est terroriste ou pas. Si l’on prend le cas de Coupat qui est clairement un activiste politique (et non pas un simple délinquant ou un gosse désœuvré) cela tend à confirmer la qualification de l’acte.

  • @ Eponymus: Donnez des exemples précis au lieu d’affirmer avec autorité. Bien évidemment qu’il ne faut pas confondre sabotage et terrorisme et le juge Thiel, qui a été un des juges anti-terroristes les plus féroces fait très bien la différence. Il ne suffit pas que les raisons soient politiques. Les agriculteurs de la FNSEA, quand ils ont ravagé le bureau de Voynet, n’ont pas été poursuivis pour terrorisme, que je sache. Ce qu’il faut dénoncer, c’est la facilité avec laquelle n’importe qui peut être traité dans le cadre de procédures antiterroristes. Tous ceux qui ont laissé un commentaire sur ce blog, et qui croient être à l’abri parce qu’ils sont les plus beaux, les plus forts, les plus justes, les plus innocents, les plus à cheval sur les principes et la loi, les plus intelligents, peuvent demain être poursuivis pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Il suffit de faire une mauvaise rencontre, de sympathiser avec un mec (ou une nana) sympa, à qui on donnerait le bon dieu sans confession, sans se douter qu’il (ou elle) a peut être une vie parallèle. C’est au point que la France, qui se targue partout dans le monde d’être « le pays des Droits de l’Homme », est régulièrement épinglée par les organisations de défense des Droits de l’Homme :

    http://www.hrw.org/fr/news/2008/07/01/france-les-poursuites-pour-relations-avec-des-personnes-suspectes-d-activit-terroris

    Enfin, puisque la question de la culpabilité des deux zigottos est votre seul sujet de préoccupation, que faut-il penser de la libération à l’instant de la « terroriste » Lévy ? Si vraiment les magistrats avaient des billes, ce sont des irresponsable de la lâcher dans la nature, au risque qu’elle fasse des « victimes innocentes » comme aurait dit Babar.

    PS : renseignements pris auprès de potes syndicalistes à la SNCF, il n’y avait aucune chance que le mode opératoire (le crochet) fasse d’autres dégâts que ceux qu’ils ont faits. En tous cas aucun risque de blesser qui que ce soit. Ce qui me laisse penser que c’est peut-être bien du côté de la SNCF qu’il faut rechercher « les coupables ». Souvenez-vous que dès le début de l’affaire, les syndicats et le PDG de la SNCF ont juré leurs grands dieux et d’une même voix qu’en aucun cas « ça ne pouvait venir de chez nous ».

  • Alexandre Damiron a écrit:

    Il est innocent tant qu’il n’a pas été jugé coupable
    Au delà de la culpabilité éventuelle de Coupat (qui doit être niée tant qu’elle n’a pas été prouvée, rappel encore et toujours)
    De toute façon il est présumé innocent.

    Toutes choses égales par ailleurs, Fourniret aussi, était présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit condamné.

    La preuve devra être rapportée, mais cela n’empêche pas de réfléchir, surtout s’il s’agit de déterminer s’il est inacceptable, intolérable de les savoir en prison et que notre régime est ignoble. Ou si l’on peut penser que, puisque, de manière révélatrice, personne n’est en mesure de contester qu’ils se soient trouvés par le plus grand des hasards dans la campagne seine-et-marnaise dans la nuit du 7 au 8 novembre, alors il reste une chance que certains éléments nous échappent.

    Duquesnoy a écrit:

    Enfin, puisque la question de la culpabilité des deux zigottos est votre seul sujet de préoccupation, que faut-il penser de la libération à l’instant de la “terroriste” Lévy ? Si vraiment les magistrats avaient des billes, ce sont des irresponsable de la lâcher dans la nature, au risque qu’elle fasse des “victimes innocentes” comme aurait dit Babar.

    Lorsqu’elle est maintenue en détention, c’est la preuve de la collusion de la justice avec le pouvoir. Lorsqu’elle est libérée… ah ben non, en fait, c’est pas la preuve que la justice est indépendante.

    Duquesnoy a écrit:

    Ce qui me laisse penser que c’est peut-être bien du côté de la SNCF qu’il faut rechercher “les coupables”. Souvenez-vous que dès le début de l’affaire, les syndicats et le PDG de la SNCF ont juré leurs grands dieux et d’une même voix qu’en aucun cas “ça ne pouvait venir de chez nous”.

    Wow, voilà qu’on est prêt à accuser… qui ? Les syndicalistes de la SNCF ? Probablement pas, puisque Duquesnoy a des potes syndicalistes. Alors, la direction ? Dans le but de ? D’accuser les syndicalistes et l’Etat lui aurait coupé l’herbe sous le pied ? Ou dans le but d’accuser Julien Coupat et Yldune Lévy, deux personnes totalement inoffensives dont l’Etat totalitaire français a juré la perte ?

  • Alexandre Damiron,

    Je souscrit à l’essentiel de votre commentaire. Les lois exceptionnelles sont dangereuses et l’abus de ces lois est inquiétant. Je mets deux bémols néanmoins.

    Alexandre Damiron a écrit:

    à quand l’accusation de terrorisme pour des ouvriers séquestrant leur patron ?

    Au risque de vous choquer, séquestrer un patron me paraît beaucoup plus grave et assimilable à du terrorisme que saboter une voie ferrée. La qualification d’acte terroriste ne doit dépendre que des faits, pas des objectifs politiques visés. Amusez vous à ce genre d’amabilité aux US et vous comprendrez vite qu’Etat de droit ne signifie pas impunité, même si votre cause est socialement correcte.

    Alexandre Damiron a écrit:

    Alors si militer pour la révision de ces lois passent par une prise de parti “naïf” pour Coupat je le ferais.

    Pas sûr que supporter « naïvement » Coupat fasse avancer la cause de la révision de ces lois. Votre critique est pertinente et convaincante justement parce qu’elle ne soutient pas particulièrement Coupat mais pointe les risques fondamentaux causés par les lois anti-terroristes. Ceux qui soutiennent « naïvement » Coupat tendent au contraire à noyer la discussion dans la guimauve. Par exemple, la question de savoir si Yldune Lévy doit ou non rester en prison n’a pas grand intérêt en soi. L’important, si je vous ai bien compris, est qu’elle ait fait de la prison au titre d’une législation d’exception peut être employée abusivement. Qu’elle soit libérée ultérieurement n’éteint pas ce fait inquiétant, s’il est avéré.

  • Duquesnoy a écrit:

    Donnez des exemples précis au lieu d’affirmer avec autorité. Bien évidemment qu’il ne faut pas confondre sabotage et terrorisme et le juge Thiel, qui a été un des juges anti-terroristes les plus féroces fait très bien la différence. Il ne suffit pas que les raisons soient politiques. Les agriculteurs de la FNSEA, quand ils ont ravagé le bureau de Voynet, n’ont pas été poursuivis pour terrorisme, que je sache.

    Je n’accuse personne. Je dis simplement que lorsque le FLNC sabote une installation sur l’Ile, ou quand le FLB démontait un relais TV, les actes de sabotage, répétés, préjudiciable pour leur impact sur les individus et couteux en termes de réparations ont toujours été considérés comme des actes terroristes. C’est plus soft comparé à ce que l’on a vu plus tard, mais des actes de destruction des biens publics organisés par un groupe idéologique pour des « motifs » politiques, rentrent dans cette catégorie. Comme je le disais plus haut, si une ligue d’extrême droite avait organisé une campagne visant à saboter systématiquement les lignes TGV, personne n’aurait protesté sur la qualification de l’acte.

  • Koz a écrit:

    Alexandre Damiron a écrit: Il est innocent tant qu’il n’a pas été jugé coupable Au delà de la culpabilité éventuelle de Coupat (qui doit être niée tant qu’elle n’a pas été prouvée, rappel encore et toujours) De toute façon il est présumé innocent. Toutes choses égales par ailleurs, Fourniret aussi, était présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit condamné. La preuve devra être rapportée, mais cela n’empêche pas de réfléchir, surtout s’il s’agit de déterminer s’il est inacceptable, intolérable de les savoir en prison et que notre régime est ignoble. Ou si l’on peut penser que, puisque, de manière révélatrice, personne n’est en mesure de contester qu’ils se soient trouvés par le plus grand des hasards dans la campagne seine-et-marnaise dans la nuit du 7 au 8 novembre, alors il reste une chance que certains éléments nous échappent. Duquesnoy a écrit: Enfin, puisque la question de la culpabilité des deux zigottos est votre seul sujet de préoccupation, que faut-il penser de la libération à l’instant de la “terroriste” Lévy ? Si vraiment les magistrats avaient des billes, ce sont des irresponsable de la lâcher dans la nature, au risque qu’elle fasse des “victimes innocentes” comme aurait dit Babar. Lorsqu’elle est maintenue en détention, c’est la preuve de la collusion de la justice avec le pouvoir. Lorsqu’elle est libérée… ah ben non, en fait, c’est pas la preuve que la justice est indépendante. D : je ne faisais que répondre à ceux qui la décrivait en terroriste. L’incrimination de départ, les assertions selon lesquelles « la justice a sûrement des billes que nous ne connaissons pas », c’était du pipeau, sinon elle serait encore au trou. Ça devient évident qu’il s’agit d’une opération politicarde à la noix de MAM. Ce qui va lui péter à la gueule, c’est pas une bombe artisanale, mais l’évidence aux yeux du monde de ses magouilles foireuses. Duquesnoy a écrit: Ce qui me laisse penser que c’est peut-être bien du côté de la SNCF qu’il faut rechercher “les coupables”. Souvenez-vous que dès le début de l’affaire, les syndicats et le PDG de la SNCF ont juré leurs grands dieux et d’une même voix qu’en aucun cas “ça ne pouvait venir de chez nous”. Wow, voilà qu’on est prêt à accuser… qui ? Les syndicalistes de la SNCF ? Probablement pas, puisque Duquesnoy a des potes syndicalistes. Alors, la direction ? Dans le but de ? D’accuser les syndicalistes et l’Etat lui aurait coupé l’herbe sous le pied ? Ou dans le but d’accuser Julien Coupat et Yldune Lévy, deux personnes totalement inoffensives dont l’Etat totalitaire français a juré la perte ?

    D : j’accuse personne, MOI. Je montre simplement qu’on n’a peut-être pas exploré toutes les pistes et qu’on en a balayé légèrement certaines pour se focaliser sur les méchants « ultra-gauche », pour faire croire à une résurgence d’Action directe, pour justifier toutes les saloperies sécuritaires. Ce gouvernement cherche à faire peur parce qu’il a peur.

  • Alexandre Damiron, je suis d’accord avec vos fondamentaux, de même que Liberal, et avec les mêmes réserves que lui. Plus une:

    Alexandre Damiron a écrit:

    L’histoire laborieuse de la démocratie française montre-t-elle qu’elle est si solide et que la confiance en la bonne foi des dirigeant suffit ? Malheureusement, du coup d’Etat de 1852 à Vichy, la réponse est non.

    Invoquer Louis-Napoléon, c’est remonter à une époque où la démocratie au sens contemporain du terme n’existait pas vraiment (l’esclavage était encore légal aux Etats-Unis, quant à la Grande-Bretagne, elle en était encore au suffrage censitaire). Quant à Vichy, je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler en quoi les circonstances étaient particulières.

    En fait, la démocratie en France est plutôt solide, et elle fait parfois l’envie des Américains, sur le thème « ils sont fous ces Français, mais on est obligé de reconnaître qu’ils savent se faire respecter de leur gouvernement » (je paraphrase des propos entendus à l’occasion d’une discussion sur les incessantes grèves en France). La démocratie américaine, à laquelle vous faites référence, n’a pas le nez spécialement propre: aux US il est possible d’emprisonner un citoyen américain indéfiniment, sans accusation, et sans accès à un avocat ni à un tribunal.

    S’il est difficile à nos dirigeants de se livrer à de tels excès, il faut remercier nos institutions, mais aussi et surtout… les gens comme vous. Ceux qui font assaut de vigilance démocratique sont souvent agaçants, et il leur arrive souvent d’avoir tort, ou au moins d’exagérer. Mais ils jouent un rôle de contre-pouvoir, qui nous assure que la France n’est pas près, justement, de ressembler à la RDA.

  • Je ne m’associerai pas aux louanges tressées aux vigiles démocratiques tels Duquesnoy et Alexandre Damiron, et je suis plus interpellée par les effets des lois ordinaires en France, que par l’abus des lois exceptionnelles.

    Par exemple les  » notables  » d’Outreau mis au pilori comme au Moyen-âge, couverts d’insultes, incarcérés plus d’un an, séparés de leurs enfants placés en institution, qui ont perdu leur honneur, leur travail, et pour celui qui s’est suicidé, la vie…

    Tout cela en toute bonne conscience du juge d’instruction chargé de l’affaire qui ne s’est pas remis en cause une seconde.

    Il est sans doute plus exaltant d’évoquer des  » saloperies sécuritaires  » et les droits de l’homme bafoués de personnes soupçonnées de sabotage et/ou de terrorisme que de constater les dégâts ordinaires de nos pratiques judiciaires.

  • carredas a écrit:

    Tout cela en toute bonne conscience du juge d’instruction chargé de l’affaire qui ne s’est pas remis en cause une seconde.

    Oui celui là – parmi quelques autres – je ne digère pas qu’il ne pointe pas à l’ANPE depuis des mois…

  • Il semblerait que les pour les plus hautes autorités de l’État, quatre meurtres pèsent moins qu’une caténaire de TGV…

    Bien à vous.

  • carredas a écrit:

    Je ne m’associerai pas aux louanges tressées aux vigiles démocratiques tels Duquesnoy et Alexandre Damiron, et je suis plus interpellée par les effets des lois ordinaires en France, que par l’abus des lois exceptionnelles.

    L’un n’empêche pas l’autre.

  • Il y a une chose que je n’arrive pas à savoir : Julien Coupat et Ydlune Lévy ont étés aperçus près d’une ligne TGV en pleine nuit (note pour moi-même : la prochaine fois que je sors me promener la nuit, ne pas m’approcher à moins de cinq kilomètres d’une ligne TGV), mais ont-ils étés aperçus près d’un endroit ou à ont étés posés ces fameux crochets ?

    Et puis, n’était-ce pas déraisonnablement risqué de trafiquer des caténaires alors qu’ils soupçonnaient coupablement, mais à juste titre, êtres filés par de perspicaces et dévoués fonctionnaires ?

    Concernant le temps de mise en œuvre du dispositif subversif, la pose d’un fer à béton sur à caténaire en tension dans lequel circule plusieurs kilovolts requiert un équipement spécial d’isolation et une usure à ces manipulations.

    Ils auraient distraitement, et alors qu’ils se savaient surveillés, laissé dans leur coffre de voiture des équipements les accablants (selon la police) dans l’affaire du barrage de Vichy, mais auraient camouflé leur équipement de sabotage de caténaires ?

  • @Jef Jay

    Oui, Coupat et lévy ont été aperçus à l’aplomb de la ligne TGV à l’endroit même où un des crochets a été posé sur la caténaire quelques heures avant que le crochet soit découvert. Cet endroit se trouve à 500 km de la ferme de Coupat. Trois autres crochets ont été accrochés sur des caténaires ailleurs en France. Bien sûr que JC n’est pas accusé d’avoir posé les autres crochets, mais les crochets n’ont pas été posés la même nuit par hasard. Il y a eu une action concertée à laquelle un groupe de personnes a participé. Ceci aggrave son cas.

    Coupat a pris toutes les précautions pour semer une éventuelle filature et s’assurer de ne pas être suivi, mais il a trouvé plus pro que lui. Les policiers n’ont pas vu Coupat saboter proprement dit la caténaire, donc ils n’avaient aucune idée de ce qu’il faisait en pleine nuit dans la campagne seine-et-marnaise. Je ne sais pas si Coupat savait qu’il était sous surveillance au départ de chez lui, peut-être que non.

    Dans mon commentaire n° 97 plus haut, j’ai décrit une méthode de pose de crochet qui est techniquement possible et réalisable en très peu de temps, mais ce n’est pas la seule méthode. Certains commentateurs ont proposé l’idée d’une pose du crochet depuis le pont routier qui passe au-dessus de la voie TGV, encore plus rapide, mais je ne sais pas si dans tous les lieux de sabotage il y avait un pont.

    Dans la méthode que j’ai décrite, à part le crochet, il n’y a pas vraiment d’équipement très compromettant et on peut s’en débarrasser rapidement sans problème et sans soulever de soupçon. Coupat a eu largement le temps de le faire et il l’a sans doute fait sur son chemin de retour en Corrèze.

  • Jef Jay a écrit:

    alors qu’ils se savaient surveillés

    Si vous avez bien lu, il semble qu’ils se soient entourés d’un luxe de précaution pour s’assurer de n’être pas suivis. Entre craindre et savoir, il y a une marge.

  • Ah tiens, encore une :

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090122.OBS1059/le_temoin_a_charge_contre_julien_coupat_serait_un_mytho.html

    Mais quelle farce, mes aïeux, quelle farce !

    J’espère qu’avec moi, chers amis, vous allez réclamer qu’un jour le PV signé de cette filature soit rendu public. Voire qu’il y ait enquête dessus. Parce que très honnêtement, ces vingt minutes, cette histoire géniale des poubelles, tout ça… Je commence à en douter méchamment.

    Quand au régime d’exception auquel s’accroche encore le parquet et le ministère pour « destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste », Sans déconner Koz, vous qui restez un peu avocat… Hein ? Sérieux…

  • Du « rebondissement dans l’affaire Coupat : Une manifestation (encore une…l’hiver se finissant, les français ont besoin d’un peu de sport) en faveur de Coupat.

    « 1200 manifestants, 8 policiers blessés dont 2 hospitalisés », « tirs de feu d’artifices à l’horizontale,projectiles divers, fumigènes, envoyés sur les forces de l’ordre »….

    « Ne nous laissons pas terroriser par l’Etat », proclamait une banderole de la Fédération anarchiste.

    « L’Etat français prend des boucs émissaires et comme par hasard c’est le mouvement libertaire anarchiste qui est visé », a déclaré à l’AFP Hugues Lenoir, de la Fédération anarchiste.

    « Cela aurait pu être moi, ça aurait pu être bien d’autres ici », a confié à l’AFP une manifestante sous le couvert de l’anonymat, au sujet de la détention de Julien Coupat.

    …sont les quelques phrases « confiées à l’AFP ! http://www.lepoint.fr/actualites-societe/manifestation-sabotages-sncf-8-policiers-blesses-15-interpellatio/920/0/312552

    Qu’en penser?

  • A la question de Koz : « Que faisaient Yldune Lévy et Julien Coupat le 7 novembre dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là ? »

    Maintenant, on sait (voir le Monde d’aujourd’hui).

    La question qui reste étant : avec ou sans capote ? (si c’est sans, il mérite de rester en prison, ce criminel) 😉

  • J’ai le sentiment que cette affaire est du très grand n’importe quoi. La justice et la police se sont fourvoyées dans une mythomanie sécuritaire pour plaire à Nicolas et ont accouché d’une souris. C’est le même emballement de l’obséquiosité administrative qui a favorisé l’affaire d’Outreau.

    On ne maintient pas un jeune homme en prison sans aucun élément probant ou dans ce cas on n’admet ne plus vivre dans une démocratie mais dans un espèce de fascisme mou, méprisant et indifférent.

    Cette affaire a un mauvais goût de Vichypirate. Il serait temps de s’interroger sur la dérive des mentalités chez ceux qui dirigent les institutions – sachant que républicain ne signifie pas démocratique.

  • Pingback: Le bla-bla hystérique de Julien Coupat « Pensées d’outre-politique

  • Vous dîtes :

    « Il avait dû prendre connaissance du dossier pénal. C’est ce qui lui permettait d’être affirmatif. Comme tant d’autres, puisque chacun a les preuves de leur innocence. »

    On ne peut pas soutenir une telle argumentation.

    Il ne revient pas aux accusés de prouver leur innocence.

    L’insinuer est contraire au bon sens et dangereux.

    Nous serions tous des suspects dans ces conditions et l’administration de la preuve de son innocence est impossible (probatio dabolicum).

    C’est tout le sens de la présomption d’innocence.

    Il ne faut confondre l’ordre et la justice. Cette confusion conduit à la dérive consistant à donner une valeur juridique à un dossier vide sur le fond mais consistant et régulier dans la forme. C’était le problème d’Outreau.

    Méfions-nous des dérives quand elles portent atteintes aux droits fondamentaux.

    Un gouvernement qui déclare que la censure du conseil constitutionnel – à propos d’une loi Hadopi prise en contravention des délibérations du parlement européen et portant atteinte aux droits de l’homme – n’est qu’un détail et persiste en la faisant promulguer témoigne malheureusement de la sorte d’un profond mépris pour les principes fondamentaux.

    Cette censure du Conseil constitutionnel est d’autant plus symbolique que Madame Simone Weil siège en ce conseil et qu’elle a connu et souffert des conséquences de la négligence des peuples à témoigner de rigueur sur les droits de l’homme.

    Il s’agit d’être conscient de l’orientation que prennent les institutions.

    Quand un pays comme la France promeut la discrimination (ministère de l’identité nationale) fondée sur la science (prélèvement ADN) et qu’il gouverne en entretenant la peur par la promotion d’un discours sécuritaire exigeant toujours plus d’hommes armés, de moyens et de coercition, il ne faut pas apprécier la situation à l’aune de ses seules sympathies partisanes, mais au regard de principes bien plus supérieurs, comme ceux qui honorent le chrétien ou le démocrate.

    Voilà la question que pose l’incarcération de Julien Coupat, au delà de sa personne et de ses opinions, partagées et soutenues par Georgio Agamben qui fit intervint à Notre Dame de Paris lors des conférences du carême et dont il semble nécessaire de rappeler un des passages de son intervention :

    « (…) une hypertrophie inouïe du droit, qui prétend légiférer sur tout, mais qui trahit un excès de légalité la perte de toute légitimité véritable. Je le dis ici et maintenant en mesurant mes mots : aujourd’hui il n’y a plus sur Terre aucun pouvoir légitime et les puissants du monde sont tous eux mêmes convaincus d’illégitimité. La juridicisation et l’économisaiton intégrale des rapports humains, la confusion entre ce que nous pouvons croire, espérer, aimer et ce que nous sommes tenus de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne ps dire, marque (…) la crise du droit et des Etats, (…) »

    http://catholique-paris.cef.fr/935-2-Conferences-de-M-Giorgio.html

    C’est sur ce point que toute personne sensible aux droits de l’homme dans leur acception subjective, conforme à la déclaration universelle de San Francico et la convention européenne (et non « objective » comme celle de 1789 ou de la constitution brejnévienne), se doit de rester vigilant et réagir en faisant entendre sa voix contre des dérives qu’il est condamanble de cautionner ne serait-ce que par le silence.

    La Justice est une valeur cardinale de la religion chrétienne que Benoît XVI rapelle avec force dans son encyclique Deus caritas est :

    « L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique. Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l’a dit un jour saint Augustin: «Remota itaque iustitia quid sunt regna nisi magna latrocinia ? »  » (N°28)

    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html

    La Justice est un acte de charité. La justice est à la fois le résultat et le but recherché par tout individu respectant sincèrement son prochain.

    Il ne semble pas que le formalisme de la procédure TARNAC qui présente de nombreuses similitudes dans la forme avec celle d’Outreau soit à la hauteur d’une telle ambition intellectuelle.

    Bien au contraire.

    La motivation de l’ordonnance du juge Fragnoli sur sa compétence en matière de terrorisme administre encore la preuve du grand flou juridique

    A la lire, elle devrait conduire le parquet à le saisir pour poursuivre tous les responsables économiques de la crise financière.

    Le juge Fragnoli ne tient pas compte de la définition du code pénal.

    http://www.lexinter.net/Legislation2/actes_de_terrorisme.htm

    Sa définition est pourtant plus précise que les textes internationaux qui, une fois n’est pas coutume, retienent étonnamment son attention sur ce point alors qu’il semble avoir négliger ces mêmes conventions internationales à propos de la libération de Julien Coupat, qui sur ce domaine sont manifestement très favorables et dont il n’a pas pourtant tenu compte pendant des mois.

    Plus prosaïquement, la définition du terrorisme ne nécessite pas une recherche aussi confuse à laquelle le magistrat se prète sur des pages.

    Une actualité judiciaire française très récente donne matière pour définir clairement cette notion.

    Le terrorisme consiste en des violences graves entraînant ou susceptible d’entraîner la mort ou des blessures sur des victimes civiles.

    La précision sur la qualité de victime civile est centrale et a été confirmé par des poursuites récentes.

    En effet, sont apparemment exclus les représentants de l’Etat comme la Justice française l’a confirmé récemment lors du procès Colonna qu’elle a poursuivi pour assassinat – et non pour terrorisme. Le préfet Erignac n’ayant pas été victime d’un acte de terrorisme, au regard de la qualification retenue par la cour et le magistrat instructeur, cela indique clairement que le terrorisme concerne que les victimes civiles d’actes aveugles.

    Les recherches historiques de la notion par le juge semblent également assez risquées.

    Monsieur Fragnoli remonte à la déclaration de 1789 pour définir le terrorisme. C’est hasardeux, puisque la Révolution l’a inventé avec La Terreur… Il y a eu aussi la Loi des suspects (qui réjouiront ceux qui exigent des mis en cause la démonstration de leur innocence – cf. la jurisprudence des tribunaux révolutionnaires)

    La magistrat précise que :  » L’intimidation et la terreur ne pouvant cependant se concevoir que par des actes répétés et vécus comme un harcèlement « .

    Toutes victimes de harcèlement peuvent saisir le parquet antiterroriste et feront référence à une telle argumentation surtout que le juge affirme que constitue, selon lui, «des indices graves et concordants» sur l’implication contre «l’atteinte à l’autorité de l’Etat» : «le contournement des règles relatives aux documents administratifs, la commission de faux, la falsification de documents administratifs ».

    La rédaction de faux témoignages et l’usage de ces faux en écritures publiques – au sein de la police et de la justice – a été dénoncée par un ancien policier devenu journaliste. Il ne semble pas que la justice témoigne d’une même perspicacité quand ces faits s’appliquent à l’institution à l’origine de l’affaire de Tarnac.

    Le commentaire du juge sur l’anonymat de « l’insurrection qui vient » et les déduction qu’il en tire péremptoirement sur une éventuelle reconnaissance de culpabilité va bouleverser la lutte contre les infractions économiques et sociales si sa motivation venait à être soulevée dans la recherches des responsabilités criminelles et des conséquences humanitaires des multinationales dont l’idéologie et le mobile se trouve résumés dans des livres tout aussi anonymes que sont les livres de comptes des entreprises qui spolient les populations du Tiers monde de leurs ressources…

    Monsieur Fragnoli se prépare à avoir beaucoup de travail avec la Françafrique en reconnaissant l’application de la convention du Conseil de l’Europe de 2008 – compatible au droit français – selon laquelle «les actes de terrorisme, par leur nature ou leur contexte, visent à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’une organisation internationale».

    Si, selon Monsieur Fragnoli, on peut terroriser simplement en intimidant ou en sabotant l’économie. Pas besoin de sang versé. Pas besoin de bombes. Nul attentat, nul mort ni blessé, les défenseurs des droits l’homme se réjouiront de telles conclusions puisque  » Qui peut le moins, devrait pouvoir le plus ».

    Les avocats de Julien Coupat et de ses amis devraient même retirer leur appel pour fixer une telle jurisprudence, au nom des intérêts des peuples soumis à l’exploitation des multinationales

    http://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/17037 http://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/16970

    et appeler tous leurs confrères à se servir dorénavant de la motivation du juge Fragnoli pour déférer les multinationales devant les tribunaux français compétents,comme les compagnies pétrolières françaises complices de la junte birmane,

    les banques ayant participé aux subprimes, dont le résultat dépasse en terme de destruction du système économique toutes les ambitions les plus folles de n’importe quel mouvement révolutionnaire.

    Le juge Fragnoli, obsédé par le souci de justifier son erreur en rejetant l’évidence concernant Julien Coupat, a rendu une décision stigmatisant les conséquences de l’économie libérale et qualifie clairement son comportement de terroriste.

    Le pouvoir en place appréciera l’effort du magistrat.

    Ce magistrat n’est pas pour autant responsable de la situation.

    Voilà l’aboutissement du développement d’un droit d’exception et d’un politique qui favorise l’action de la police sur celle de la justice, au point d’inféoder la seconde sur la première.

    Le juge Fragnoli n’a fait que tenter de trouver une sortie honorable à l’institution judiciaire (qui ne semble pas s’être préoccupée tout autant de la respectabilité des personnes traumatisées par la police et incarcérées dans cette affaire) du bourbier où l’a placé le ministère public aux ordres d’un gouvernement axé sur le tout répressif.

    La constitution prévoit que le juge est le gardien des libertés individuelles (Art. 66 al 2).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Article_66_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise

    L’incarcération de Julien Coupat invite à réfléchir sur ce qu’il reste reste au juge de cette prérogative de valeur constitutionnelle, supérieure au code pénal, au code de procédure pénale et aux règlements de police…

    Il faut enfin voir dans cette affaire de Tarnac le résultat des lois d’exceptions mises en place par Monsieur Perben dont elles portent son nom, lequel, déclarait sérieusement lors de l’enquête d’Outreau : «Il n’y a au sens strict aucune erreur de procédure» dans l’affaire Outreau (!)

    http://www.lefigaro.fr/france/20060323.FIG000000157_outreau_les_ministres_n_ont_pas_ete_alertes.html

    Voilà les effets sensibles d’une dérive dont il ne sera pas possible de dire on ne savait pas, on pouvait aps s’en douter…

    A quoi bon se gargariser du devoir de mémoire, si ce n’est pour se donner bonnes consciences et mépriser d’autres peuples qui dans l’hstoire auraient censément fait moins bien que les Français ?

    Les Tchèqes se rappellent encore de l’accueil triomphal de Daladier au retour de Munich…

    Quelle drôle de société que celle qui s’acharne à vouloir se rasurer de la culpabilité d’un type qui longeait des voies de chemin de fer avec sa copine et qu’on pousruist pour « terrorisme » parce qu’un individu toujours non identifié a jeté des fer à béton sur la voie… pendant que les actualités qualifient de bavure ou de dommage collatéral la mort de cent civils

    http://www.leparisien.fr/international/afghanistan-100-morts-dans-des-frappes-americaines-06-05-2009-504203.php

    Encore une démonstration de cette société technicienne dont le juge Burgaud se revendiquait en faire partie à la cour d’assises de Saint Omer.

    « Ce ne sont pas les lois, ce sont les moeurs qui assurent la félicité des États, et les hommes nourris dans de mauvais principes oseront toujours transgresser les lois les plus habilement rédigées ; tandis que ceux qui auront été élevés dans des principes sages, voudront toujours obéir aux lois, même les plus simples. »

    Isocrate (436-338 av. JC)

  • Je doute que le fait de lier la censure d’une partie du texte Hadopi et les camps de concentration soit d’une grande aide pour saisir le sens de la situation. Au demeurant, vous faites erreur en déclarant que le gouvernement mépriserait la décision du Conseil Constitutionnel en promulguant la loi. Il n’a promulgué que la partie de la loi non censurée, de façon on ne peut plus classique.

    Par ailleurs, il faut arrêter de prétendre qu’un dossier dans lequel les deux suspects se retrouvent au beau milieu du désert français à proximité immédiate d’une voie de TGV qui est sabotée cette nuit-là et alors qu’ils sont de grands lecteurs, voire les auteurs, d’un opuscule qui prône le sabotage des voies de communication, est un dossier vide. Coupat et Lévy s’en sortiront peut-être, par un vice de procédure ou par un manque de preuves – et c’est la Justice en action – mais de grâce, ne me jouez pas la musique du dossier vide. La comparaison avec Outreau est également commode – elle doit être plaidée quotidiennement devant les tribunaux français – mais bien excessive.

    Quant à la notion de terrorisme, permettez-moi de vous renvoyer à mon autre billet.

  • Koz a écrit:

    La comparaison avec Outreau est également commode – elle doit être plaidée quotidiennement devant les tribunaux français

    confirmé par eolas je sais plus où. D’après lui, c’est déja tellement usé que ça sert plus à rien de le dire

  • Je vous remercie de m’avoir lue. Je regrette de n’avoir pas su vous sensibiliser sur le fond de l’affaire au delà de Julien Coupat, d’Outreau, des camps de concentration. Je vous ferai remarquer que mon argumentation est quand même plus étoffée et que je me réfère également aux valeurs chrétiennes.

    L’affaire de Tarnac est aussi un énorme gaspillage de la police démontrant son incapacité à utiliser un outil juridique fait sur mesure, et à sa demande, et dont elle vient de démontrer la nécessité qu’il y a à la maintenir sous le contrôle étroit des juges du siège (la cour de Strasbourg considère que le procureur n’est pas un magistrat indépendant).

    http://www.bakchich.info/L-arret-de-la-cour-europeenne-des,06618.html

    Il est assez paradoxal qu’un gouvernement tire satisfaction de ses résultats aux élections européennes après avoir méprisé les décisions du parlement dont il a brigué les sièges…

    Le revirement concernant Brice Hortefeux à propos des ministres élus à ce parlement est également symptomatique du discours et des nombreuses déclarations démenties a posteriori.

    Le pompon revient au ministre des affaires étrangères considèrant comme une erreur d’avoir créé un secrétariat des droits de l’homme par ce que contraire à la Real politik. Pays des droits de l’homme ?

    La Novlangue serait-elle au pouvoir ? Orwell aurait chassé Machiavel. La faute à la Princesse de Clèves, peut-être…

    Je comprends votre souci à vouloir ménager vos préférences. Mais il est un moment où il faut choisir entre votre crédibilité et et ceux qui pourraient vous la faire perdre.

    Comme vous l’avez compris, mon choix est fait et je regretterai de perdre l’estime que je vous porte.

    Très charitablement

Les commentaires sont fermés