Les irresponsables

image On pourrait imaginer d’en rire dans d’autres circonstances. Mais la situation politique et économique de la France n’autorise plus cette légèreté. Ce matin, le Ministre du Travail, François Rebsamen, a reconnu un « échec » du gouvernement sur le chômage. Soit que cet échec ait été considéré par tous comme acquis, soit que l’exécutif bénéficie de la complaisance des observateurs, cette déclaration n’a eu aucun écho. Réalise-t-on, pourtant, ce que peut signifier qu’un gouvernement reconnaisse que, sur son objectif principal, il a échoué ?! Faisons-lui crédit de sa franchise, même si elle succède à un durable aveuglement sur fond de « la croissance est là ». Mais, dans une telle situation, le gouvernement a besoin de rassurer sur sa capacité à remédier désormais à cet échec. Au-delà du gouvernement, c’est le pays qui a besoin d’y croire un peu. Parce qu’on ne peut pas s’abandonner à la joie mauvaise de voir le « camp d’en face » s’embourber alors que nous pâtissons tous de la situation économique, que des proches souffrent d’être sans-emploi, que d’autres angoissent de perdre le leur et que certains, pour ne pas couler, se démènent en créant leur propre emploi.

Dans cette situation, à droite, à gauche, on attend un homme d’Etat. En lieu et place, nous héritons de tragiques jeux personnels.

La présence de Christiane Taubira parmi les frondeurs est dramatique, dans tous les sens du terme.

Dramatique au sens théâtral, tant ceci révèle la nature profondément comédienne de Christiane Taubira, que certains accepteront peut-être enfin de voir. Elle prétend n’avoir fait que participer à un débat mais personne ne peut être dupe : elle ne débat pas (d’ailleurs, elle n’a pas parlé), elle soutient. On peut venir serrer des mains, écouter, échanger. Mais elle s’est « affichée« . S’asseyant entre les députés Germain et Guedj, leader de la « fronde », elle a offert ses plus grands sourires, son visage le plus éclatant ne refusant aucune photo. Ni celle de ce selfie avec Jerôme Guedj, ni celle qui illustre l’article du Monde, manifestant une complicité d’une telle intensité que, pour un peu, on sentirait même Jérôme Guedj gêné. Au MJS, dont certains (MJS 92) sont allés jusqu’à s’affirmer « en résistance » contre le gouvernement, elle est allée déclarer : « Vous êtes la vie qui vient, vous êtes la sève qui monte. Montez mes chéris, montez…« . Même si elle trahit là quelqu’un qui n’a pas mes faveurs, son comportement est aussi odieux que malhonnête. On n’a moralement pas le droit de participer à une équipe et de lui planter un tel coup de poignard dans le dos.

Dramatique parce que profondément déloyale. Après avoir pris la décision si grave de présenter la démission de son gouvernement, Manuel Valls a rencontré tous les ministres afin de s’assurer de leur accord sur la ligne politique du gouvernement. Certains anciens ministres ont fait le choix de la cohérence en refusant de participer au nouveau gouvernement. Christiane Taubira est restée. Peut-être y a-t-il eu quelques explications de gravure au cours de leur entretien, mais ce qui compte, c’est le message transmis publiquement, et c’était celui de la participation à un gouvernement dit « de clarté ». Trois jours après la constitution de ce gouvernement, elle introduit délibérément de la confusion. Cette déloyauté devrait, dans un monde meilleur, disqualifier un politique.

Il y a seulement trois jours, François Hollande rappelait aux ministres qu' »on ne joue pas individuel ». Christiane Taubira lui inflige là un sérieux camouflet, en manifestant au pays que la parole du Président ne compte pas.

Dramatique parce qu’irresponsable. Elle est irresponsable parce qu’un politique qui a le sens de l’Etat, de la chose publique, ne se permet pas cela. Dans une situation de crise politique, économique et internationale, on ne dévalue pas la parole du Président – et du Premier Ministre. Lorsqu’elle décide ce coup, elle a deux possibilités : si elle est limogée, elle crée une crise politique supplémentaire et si elle ne l’est pas, elle porte un coup supplémentaire au crédit du Président. Ainsi Christiane Taubira rend manifeste, après Arnaud Montebourg, l’absence de considération pour le Président. Nous ne sommes pas encore à mi-mandat et l’un comme l’autre se placent dans la perspective de 2017, soulignant encore qu’ils parient déjà sur un échec de Hollande.

C’est, encore, irresponsable de sa part parce qu’on l’attend toujours sur ses attributions. Après plus de deux ans de présence, qu’a donc fait Christiane Taubira pour une Justice objectivement en lambeaux ?

Christiane Taubira se permet cela parce qu’elle considère que François Hollande et Manuel Valls ne peuvent se passer du « symbole » qu’elle représente (et qu’ils en ont fait) et des députés du Parti Radical de Gauche, dans le cadre d’une majorité déjà très rétrécie1. C’est une façon de leur tordre le bras qui est pour le moins… « incorrecte » (pour rester correct). Pourtant, François Hollande et Manuel Valls auraient pu jouer le coup : combien de ceux qui se proclament frondeurs – tant qu’il s’agit de se payer de mots et de prendre des postures vis-à-vis de l’électorat en se distanciant très courageusement d’un pouvoir en difficulté – assumeront vraiment le risque d’une dissolution synonyme de perte de leur siège pour beaucoup voire, si l’UMP maintient vraiment sa position de non-participation à un gouvernement de cohabitaion, de démission du président et d’une « présidentielle de tous les dangers » ? Combien assumeront vraiment cette responsabilité historique ?

C’est enfin irresponsable parce que dans la situation difficile que traverse le pays, les politiques doivent se montrer à la hauteur de leur haute responsabilité et ne pas offrir aux citoyens inquiets de l' »échec » du gouvernement le spectacle désolant de leur hilarité et du jeu des ambitions personnelles. C’est objectivement lamentable et c’est périlleux pour le pays.


[Dernière minute : après cet épisode Taubira, Martine Aubry annonce qu’elle défie Manuel Valls, dessinant un peu plus le scénario d’un éclatement de la majorité (à ne pas surestimer toutefois compte tenu de l’appétence politique pour les plats de lentille)]


  1. Et si, comme on me le suggère, elle cherche à obtenir ses palmes de martyre en se faisant éjecter du gouvernement, je crains pour elle qu’une part conséquente de la gauche lui garde grief de son jeu délétère []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

Billets à peu près similaires

38 commentaires

  • Bonjour,

    Sincèrement, vous vous attendiez à quoi d’autre? Cambadelis a déclaré que cette université serait placé, on est prié de ne pas rire, sous signe de «  »la célébration des idées et de l’amitié socialiste »)(http://www.lejdd.fr/Politique/Cambadelis-critique-l-Allemagne-et-loue-l-amitie-socialiste-683392). On croirait plutôt assister à une réception chez les Borgia. On en vient presque à regretter que ce ne soit pas le cas car après une réception chez les Borgia, quelques chaises étaient subitement vides!!!
    Tout ça ne serait pas top grave si la nullité des participants restait bien enclose et n’affectait pas la vie quotidienne des habitants de ce pays. Hélas pour eux, les socialistes aiment tellement les pauvres (je pense à tous ces damnés de la Terre que sont Hollande, Fabius, DSK, Cahuzac, Touraine, Sapin, Le Guen sans oublier le petit dernier, Macron) qu’ils ne pensent qu’à les multiplier. C’est bien là leur seule réussite.

    Bonne soirée

  • Et le gagnant sera ??? le parti grandissant des abstentionnistes !
    Fatigue… écoeurement… L’espérance vacille de plus en plus.

  • Taubira n’est pas membre du PS, et comme elle l’a dit sa présence passive au meeting de Germain et compagnie était prévue de longue date. Et cela n’a rien à voir avec le camouflet infligé par Montebourg et Hamon à la TV : je suis proche des frondeurs a dit le second, et le premier a remis en cause directement et explicitement la ligne directrice économique du gouvernement, et ce en des termes à peu près équivalent de ceux de Mélenchon ou de Marine Le Pen. Ils n’avaient plus leur place dans la majorité.

    En revanche, que le gouvernement ne coupe pas les ponts avec les frondeurs est essentiel, ils sont du même camp tout de même.

    Donc non, la situation n’est pas comparable, et la tentative de rendre incandescente la nouvelle selon laquelle Taubira est à ce meeting est dérisoire. Cette présence ne veut rien dire, elle est anecdotique, et Taubira n’a rien dit sur la politique économique.

    Après : elle avait deux choix en fait. Aller à ce meeting comme prévu, ou annuler. Si elle avait annulé, qu’aurait-on entendu? Valls a caporalisé le gouvernement, Taubira s’est écrasée et est rentrée dans le rang. C’est ça l’avantage du « journalisme de commentaire », on peut dire tout et son contraire avec brio, et faire croire qu’on fait des analyses fines.

    A tous les coups elle perdait. Cette femme est très loin d’être ma tasse de thé, mais je lui reconnais une certaine classe d’ignorer superbement ces gogols qui se font appeler journalistes.

    Mais bon, comme je vous le disais sur twitter, il est clair que ce que vous expliquez M.Koz, qui est tiré par les cheveux, est probablement influencé par la bisbille idéologique que vous avez avec Mme Taubira (LMPT, toussa toussa)

    Merci de m’avoir lu. 🙂

  • Chitah a écrit :

    Taubira n’est pas membre du PS

    De mémoire, elle est membre… du gouvernement.

    Vous reprenez au vol les dérisoires éléments de langage lus sur Twitter. Le fait qu’elle soit ou ne soit pas membre du parti socialiste est totalement indifférent. Il ne s’agit pas d’une déloyauté à l’égard du parti socialiste (dont on se fout pas mal), mais à l’égard du gouvernement et du président voire, ultimement, du pays.

    C’est d’ailleurs peut-être plus inconvenant encore, lorsque l’on est un invité dans l’Université d’Eté d’un autre parti.

    Chitah a écrit :

    Aller à ce meeting comme prévu, ou annuler.

    Vous inventez.

    Sa présence à la réunion des frondeurs était une surprise (voir L’Express, Sud-Ouest et l’AFP). Elle pouvait d’autant moins être « prévue » que les frondeurs sont à peine constitués.

    Quand bien même elle l’aurait été, prévoir d’être présent à une telle réunion n’aurait pas été moins chargé de sens?

    Et enfin, contrairement à ce que vous voulez faire croire, à supposer encore que sa présence ait pu être prévue, il aurait été parfaitement compris qu’elle
    y renonce au vu du contexte politique.

    Je ne sais pas ce qui, vous, vous influence, mais ce n’est pas le souci de la vérité.

  • Le parti socialiste comme l’UMP et comme l’UDF (oui là je date un peu en écrivant UDF) sont des partis « multiformes » avec des affrontements de personnalité à l’intérieur de chacun d’eux. Il y a des partis à l’intérieur de ces partis, des individualités qui s’affrontent, nous sommes très Gaulois. En plus aujourd’hui un parti avec les subventions qu’il touche, avec les élus qui reversent au parti, peut se passer d’adhérents. Je me demande comment cela va se terminer?

  • Ces gens sont obscènes. Ils se donnent en spectacle devant la France entière. Devant une France lucide et inquiète. Le mépris monte. Et pas que le mépris.

  • Bonsoir,

    ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on fasse aujourd’hui, à gauche, de Mme Taubira une sorte d’icône, de garante des valeurs dite de gauche. Outre le fait que rien dans son activité ministérielle ne semble donner crédit à cette assertion, je trouve que les socialistes ont oublié un peu vite qu’elle est une des responsables de la défaite de L. Jospin au premier tour en 2002, permettant la présence du FN au second. Ceci dit, je me demande aujourd’hui si le PS n’est pas en train de tout faire pour être absent du second tour de la prochaine présidentielle (TSH ? Tout sauf Hollande). Mais c’est un autre sujet.

  • Et quand on pense que certains ont justifié un vote socialiste au nom d’une certaine idée de la morale ! Non qu’en face cela soit beaucoup mieux, mais la morale ne justifiait pas de voter socialiste.

  • c’est tellement médiatisé, avec des photos posées et cliché, autant celles de Montebourg et Hamon que celles de Taubira et même de Valls, que ça me paraît orchestré depuis le départ.
    je dirais que c’est pour mettre Valls, leur poulain pour 2017, un peu à l’écart le temps de se refaire une réputation en critiquant ses successeurs.
    …ou pour pousser la population à une insurrection afin de se donner quasi les pleins pouvoirs le cas échéant, méthode des communistes dans les pays où ils se sont implantés.
    j’espère vraiment que l’avenir me donnera tort…

  • Bonjour,

    je ne m’attends pas à ce que le passage du parti socialiste à la sociale-démocratie moderne se fasse sans douleur. François Hollande et Manuel Valls ont le mérite d’essayer. Même si cela veut dire 3 ans de tensions, de 49-3, de votes bloqués, d’ordonnances et que sais-je encore, j’achète quand même.

    Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’il y ait quelqu’un en face pour l’alternance en 2017 (ou avant) avec une équipe et des idées qui soient autre chose que la droite corporatiste conservatrice des copains.

    Je ne sais pas trop comment commenter l’épisode Taubira. Ce genre de soufflés médiatiques retombe souvent vite, et les universités d’été à 2 jours du grand ménage sont surtout un très mauvais moment à passer. Il n’est pas facile pour quelqu’un de la majorité d’avoir une présence médiatique sur le thème de l’opposition au gouvernement.

  • Je trouve la situation présente paradoxale. Quand on est sur internet, Facebook, tweeter, sur les blogs, quand on regarde la télé, quand on écoute la radio, on a l’impression que le pays est à l’agonie, au bord du gouffre, sur le point d’imploser. Tout va mal tous les signaux sont au rouge. C’est la crise politique, la crise de régime. La situation nationale et internationale est préoccupante. Nous sommes aux portes de la quatrième guerre mondiale. Quand j’écoute les responsables locaux du Secours catholique, du Secours populaire, des Restos du cœur et de la banque alimentaire, ils me disent tous la même chose: on est débordé, on a de plus en plus de demande d’aides, d’appels au secours. Ils me disant un français sur 10 est dans la misère. Quand je me baigne en juillet à Port Navalo dans le golfe du Morbihan j’ai l’impression d’être au milieu des 9 Français qui n’ont vraiment aucun problème. Les ports dans mon enfance étaient remplis de bateaux de pêche, aujourd’hui ils sont remplis de bateaux de plaisance tous plus beaux les uns que les autres, dans certains ports il y a des listes d’attente pour obtenir un mouillage. Cette année tout le long du tour de France j’ai vu des files et des files de camping-car magnifiques ( 30, 40, 50 mille euros l’unité?) Il m’arrive sur les parkings des grandes surfaces d’essayer d’estimer le prix total des voitures en stationnement. On arrive vite à des chiffres étonnants. Dans mon enfance il y avait trois voitures dans mon village natal. La ville où j’habite actuellement organise des férias. Trois jours de fête, de musique, de danses, de chants, d’alcool. Cela coûterait à la municipalité 100 000 euros. Sur 10 ans un million d’euros!!!! Les rues piétonnes de certaines de nos villes sont remplies de magasins luxueux remplis de marchandises magnifiques et un monde fou y déambule. Même chose dans les centres commerciaux. La semaine dernière j’ai participé à une réunion du CCFD Terre solidaire. En fin de réunion j’ai demandé qu’Est-ce qu’on fait pour la Palestine, pour les chrétiens d’Irak? J’ai pas déclenché un vent d’enthousiasme. Tout le monde a exprimé sa compassion, sa désolation de la situation présente, son sentiment d’impuissance et une certaine forme de résignation à la folie des hommes. Une personne a même dit: « Mes enfants sont militaires. Il faut arrêter d’intervenir, on fout la pagaille, c’est pas nos affaires. » Voilà je suis donc perplexe sur la situation présente de notre pays et moi aussi un peu sur la réserve et beaucoup dans le plaisir de vivre dans ce pays que j’aime et qui souvent m’étonne et me surprend.

  • Deux détails : Jérôme Guedj n’est plus député, et je ne suis pas sûr qu’elle soit particulièrement soutenue par le Parti Radical de Gauche.

    Sur le fond, la vraie source de tous ces problèmes, elle est à la tête de l’Etat. Christiane Taubira ne fait que ce qu’on pouvait s’attendre d’elle, malheureusement.

  • Même si je ne fais pas partie du fan-club de Mme Taubira, ce n’est pas elle la vraie responsable de cette cacophonie, mais ce sont ceux qui l’ont laissé à son poste. Sa connivence avec M. Montebourg était bien connue. Notre président et notre Premier ministre sont donc les vrais fautifs : on ne peut pas siffler la fin du chahut et garder l’une des instigatrices du raffut. Manque de courage, remplaçants éventuels aux abonnés absents, peu importent les raisons qui ont présidé à son maintien, maintenant, ils le paient comptant, et ce d’autant plus rapidement qu’elle sait pertinemment qu’elle ne risque plus rien (un remaniement ou une démission forcée quelques jours après le gouvernement Valls 2 serait du plus mauvais effet).

  • @ François:
    Tout à fat d’accord avec vous. La question qui se pose: a – t – elle des ambitions plus loin que le poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Mais ce qui est un comble car elle ne peut se permettre de représenter la Nation quand on voit sa politique judiciaire et familiale désastreuse.

  • Il manquait une théorie du complot: la voici. Les journalistes ne parlent que de Taubira qui a fait une apparition de star de cinéma, mais sans s’exprimer. Du coup, les frondeurs qui constituaient le gros problème politique pour le PS en sont réduits à l’état de décors et leur discours se trouve décalé. J’en déduis finement qu’elle a joué pour le compte du pouvoir qui l’a téléguidée. Qu’en dites-vous ?

  • @ Pierrot

    Ils ne contrôlent plus rien. Toute « théorie du complot », du « billard à trois bandes », suppose des acteurs capables de maîtriser quelque chose. Laisser Taubira en place était une ânerie, même si de mon point de vue cela a l’avantage de rendre évident la duplicité fondamentale du personnage.

    Mais un Garde des Sceaux est toujours bien placé pour se faire des dossiers, le PRG est nécessaire pour conserver une majorité, etc.

    Bref, la politique, quoi.

    Les problèmes de la France attendront.

  • Chitah a écrit :

    Cette femme est très loin d’être ma tasse de thé, mais je lui reconnais une certaine classe d’ignorer superbement ces gogols qui se font appeler journalistes.

    Que voilà une bien touchante naïveté…
    Croyez-vous qu’elle se serait venue à cette réunion (en vélo), pour n’y rien dire, s’il n’y avait pas eu une meute de journalistes pour la filmer ?

  • je me pose une question . Comment s’explique son attitude inacceptable et provocatrice ? Beneficie – t- elle d’une immunité quelconque ? .Quelle claque au 1er ministre qui « minimise » ! Quelle pétaudière, plus ridicule que ce gvt , tu meurs . L’implosion ne serait tarder ,trop c’est trop, la France était en vacances , le retour va être très chaud . Quel dommage que l’on ait la droite la plus bête du monde

  • Effectivement, comme vous le dites, et comme le dit Juppé, « le personnel parlementaire n’a pas de propension au suicide individuel ou collectif ». Les « frondeurs » ne provoqueront pas la chute du gouvernement Valls. Du coup, ils ne pèsent pas bien lourd : au mieux, constituent-ils une voix qui interpelle l’exécutif. De plus, les divergences entre un Montebourg et un Valls, par exemple, sont théâtralisées (et le seront sans doute de plus en plus) mais sont en réalité faibles. Il suffirait que l’Europe infléchisse un peu sa politique de rigueur et investisse plus sur la croissance pour les réconcilier complètement ou presque (et on pourrait même mettre aussi Sarkozy dans ce consensus).

    La présence de Taubira auprès des frondeurs à La Rochelle me semble un fait très anecdotique. Si, demain, Christiane Taubira décidait de marquer sa différence avec la politique de l’exécutif, elle sortira du gouvernement. Aujourd’hui, malgré les selfies avec Jérôme Guedj (qui n’est pas un pestiféré et aurait pu ou pourrait (pas maintenant) être ministre ou secrétaire d’Etat), cela ne semble pas être le cas.

    Je crois que quand une majorité politique est aux affaires, les absents ont le plus souvent tort. Il vaut mieux être dedans que dehors, sinon on perd la possibilité d’agir et on en est réduit aux commentaires. Les « frondeurs » ne représentent pas une majorité de rechange. De mon point de vue, Montebourg et Hamon ont sans doute fait une erreur.

    Mais au-delà des stratégies personnelles, l’exécutif n’a pas d’autre choix que de maintenir son cap, d’accélérer les réformes (pas n’importe lesquelles) et d’obtenir des résultats. C’est uniquement cela qui compte pour l’instant. La redistribution et la relance de la consommation viendront éventuellement plus tard, quand il y aura un peu de grain à moudre, s’il y en a…

    C’est bien de « ne pas s’abandonner à la joie mauvaise de voir le « camp d’en face » s’embourber alors que nous pâtissons tous de la situation économique, que des proches souffrent d’être sans-emploi, que d’autres angoissent de perdre le leur et que certains, pour ne pas couler, se démènent en créant leur propre emploi ».

  • Jeff a écrit :

    La présence de Taubira auprès des frondeurs à La Rochelle me semble un fait très anecdotique.

    Logique. C’est dans la ligne.

    François a écrit :

    Même si je ne fais pas partie du fan-club de Mme Taubira, ce n’est pas elle la vraie responsable de cette cacophonie, mais ce sont ceux qui l’ont laissé à son poste. Sa connivence avec M. Montebourg était bien connue.

    Qu’elle ne soit pas seule responsable, c’est certain. De même, Holland eétait bien présomptueux, ou irréaliste, de garder Montebourg à l’économie avec Valls à Matignon. Mais considérer qu’elle n’est pas responsable de ses actes est un peu excessif.

    Je vous rappelle qu’elle avait le choix de partir mardi dernier.

  • J’imagine que tout membre du gouvernement considère qu’il est important que le citoyen normal s’intéresse à ce que fait le gouvernement. Cela devrait être le cas de Mme Taubira. Alors quand elle va chez les socialistes et s’affiche avec les frondeurs, quelle est la lecture qu’on doit faire de cet acte ? Ce n’est pas anodin, les frondeurs sont supposés ne pas être d’accord avec la politique du gouvernement. Mme Taubira c’est grand silence et grand sourire. La seule interprétation possible est qu’elle les soutient. On se rend aussi compte qu’elle peut faire ce qu’elle veut et qu’elle est intouchable.

    C’est l’expression au plus haut niveau de cette attitude débile qui consiste à dire que Hollande a été élu pour faire une politique de gauche et que comme il ne fait pas une politique de gauche, la gauche ne peut pas être rendue responsable de son échec. Pour certains, il n’est jamais trop tôt pour se laver les mains.

  • La prestation de Taubira est dramatique, je suis d’accord. Tout comme l’ensemble de son oeuvre en tant que ministre, il n’y a rien à sauver.
    Mais est-ce elle qu’il faut le plus blâmer ? Après tout, proche d’un mouvement indépendantiste guyannais au racisme anti-français avéré, pouvait-on s’attendre à quelque chose de bon de sa part ? Quand un scorpion vous pique dans votre lit, qui est le plus coupable, le scorpion ou celui qui l’a introduit sous les draps ? Hollande et Valls ne peuvent pas ignorer à qui ils ont à faire.
    Le drame est d’avoir un exécutif dirigé par quelqu’un qui confond la direction d’un pays et la cuisine politicienne, qui réduit son mandat à un ensemble de manoeuvres d’appareil, de tripatouillage électoral et d’achat de clientèle.
    Taubira est le fou du roi, et le roi est fou.

  • Il y a plusieurs lectures possibles de l’acte politique posé par Mme Taubira. Mon premier réflexe a été le sourire narquois: le geste et les commentaires qui ont suivi n’auraient pas déparé à la cour de Louis XV. C’est à la fois amusant et désolant.

    Après, il faut admettre qu’on est dans le classique: l’union est un combat. Chacun essaie d’affirmer son autorité, ou son indépendance, sans pour autant casser toute la vaisselle. Faute d’avoir su doser sa propre affirmation d’autonomie, Aranud Montebourg a perdu son poste. Mme Taubira l’a gardé parce qu’elle est perçue, à tort ou à raison, comme politiquement indispensable, mais aussi parce qu’elle a parfaitement calculé son coup. Tout politicien doit prendre l’habitude d’avaler des couleuvres avec le sourire, mais habituellement, c’est le président qui en distribue le plus. La ministre de la Justice a visiblement pris beaucoup de plaisir à lui rendre la pareille pour une fois. L’acte est bien entendu complètement déloyal et dommageable pour un gouvernement déjà très affaibli, et il est de bonne guerre pour l’opposition de le souligner lourdement. Cependant, sur le fond, il ne change pas grand-chose: Christiane Taubira a choisi de rester dans un gouvernement qui a fait un choix fort, et elle y restera très probablement. Manuel Valls a eu raison de ne pas en faire tout un plat.

    Cela dit, je ne suis pas d’accord avec Jeff: le geste n’est pas anecdotique. Il fait partie d’un pré-posistionnement dans l’optique de 2017, et montre à François Hollande que s’il veut se représenter, il lui faudra payer un certain prix à divers courants et personnages influents, au premier rang desquels Mme Taubira souhaite se trouver. Si cela ne marche pas, alors Christiane Taubira s’assure de conserver un rôle significatif dans une gauche revenue dans l’opposition.

    En ce qui concerne par ailleurs l’opposition de nature différente affirmée par Martine Aubry, je la trouve, pour le coup, légitime. Manuel Valls a tenté de passer en force pour revenir sur une loi votée tout récemment. Il est bien normal que se manifeste une opposition dans les rangs; c’est une opposition qui porte sur un sujet de fond, pas juste un petit coup médiatique pour la galerie. L’issue me semble d’ailleurs plutôt intelligente: je ne sais pas si l’encadrement des loyers est une bonne idée, mais s’il faut l’expérimenter, alors il vaut mieux que ce soit au choix des maires plutôt qu’au sommet de l’État. Cette sorte de décentralisation non planifiée permettra de faire des comparaisons utiles pour tester le dispositif. Il y a plein de sujets qui mériteraient d’être gérés ainsi.

  • Gwynfrid a écrit :

    je ne sais pas si l’encadrement des loyers est une bonne idée, mais s’il faut l’expérimenter, alors il vaut mieux que ce soit au choix des maires plutôt qu’au sommet de l’État. Cette sorte de décentralisation non planifiée permettra de faire des comparaisons utiles pour tester le dispositif.

    Je crois, au contraire, que c’est une très mauvaise idée que d’abandonner aux maires un pouvoir discrétionnaire d’appliquer ou non, ce dispositif d’encadrement des loyers, selon leur sensibilité politique et à des fins qui ne seront jamais dénuées d’arrières-pensées électoralistes. On a vu par exemple, les abus délirants auxquelles pouvaient conduire les pratiques (au demeurant illégales) de certaines mairies communistes consistant à brandir de manière systématique la menace de faire usage du droit de préemption urbain, dans le seul but d’exercer un chantage pour faire baisser les prix de vente. Le résultat, c’est que si vous êtes propriétaire d’un bien dans une de ces communes et que vous souhaitez le revendre pour vous reloger ailleurs dans une autre commune dans laquelle les prix sont libres, vous êtes coincés !

    De manière plus générale, je ne suis pas du tout certain que l’idée d’abandonner aux maires ce pouvoir discrétionnaire d’appliquer ou non le dispositif d’encadrement des loyers soit conforme au principe constitutionnel d’égalité devant la loi.

    Tout ceci, sans compter (car c’est un autre débat) que le contrôle administratif des loyers, l’expérience montre que cela ne marche pas et que cela produit des effets pervers désastreux.

  • L’encadrement des loyers dans les zones « tendues » !

    Zones tendues veut dire loyers élevés. Qui paie des loyers élevés ? Les pauvres ? Non, les gens aisés. « Encadrer » les loyers élevés, c’est donc aider des locataires aisés, il est vrai au détriment des propriétaires, cette racaille.

    Oui mais, un loyer plus bas, c’est moins de revenus pour le propriétaire. 15,5 % de CSG/CRDS et l’IRPP au taux marginal de propriétaires, ce sont des recettes fiscales en moins. Le locataire économise, mais Bercy ne taxe pas (encore ?) les économies.

    Bref, encadrer les loyers dans les villes « tendues », c’est renoncer à des recettes fiscales pour transférer de l’argent de propriétaires sans doute aisés à des locataires qui ne le sont guère moins. Plus socialiste, tu meurs.

    Par ailleurs l’incapacité absolue de l’État à stabiliser les règles fiscales, ne parlons pas des taux de prélèvement, a fait perdre toute confiance dans sa parole.

  • oli71 a écrit :

    Je crois, au contraire, que c’est une très mauvaise idée que d’abandonner aux maires un pouvoir discrétionnaire d’appliquer ou non, ce dispositif d’encadrement des loyers, selon leur sensibilité politique et à des fins qui ne seront jamais dénuées d’arrières-pensées électoralistes.

    Ce n’est pas comme si la loi ALUR était dépourvue d’arrière-pensées électoralistes, n’est-ce pas. Et ce n’est pas parce que vous attribuez l’étiquette « discrétionnaire » à quelque chose que c’est une description correcte. Si le maire demande à participer à l’expérimentation, elle s’appliquera à tous dans sa ville: cela ne sera pas à sa discrétion.

    Bien entendu, il y aura forcément des réactions en France face à ce genre d’expérimentation, tant notre pays est foncièrement attaché au mode de décision centralisé et idéologique depuis Paris, et ce aussi bien à gauche qu’à droite. Il l’empêche que si l’encadrement des loyers est une telle catastrophe, il n’est pas de meilleur moyen d’en faire la preuve.

    Aristote a écrit

    Zones tendues veut dire loyers élevés. Qui paie des loyers élevés ? Les pauvres ? Non, les gens aisés.

    Le revenu moyen à Lille est inférieur de presque 20% à la moyenne nationale.

  • Gwynfrid a écrit :

    Aristote a écrit

    Zones tendues veut dire loyers élevés. Qui paie des loyers élevés ? Les pauvres ? Non, les gens aisés.
    Le revenu moyen à Lille est inférieur de presque 20% à la moyenne nationale.

    Ca ne change rien au fond de ce que dit Aristote. Ce n’est pas les HLM lillois qui vont voir leur loyer encadré. Si des Lillois voient effectivement leur loyer affecté par cette mesure, ce seront de riches Lillois. Le fait qu’il y ait sans doute plus de pauvres et moins de riches à Lille qu’ailleurs ne change rien à l’affaire, sinon qu’ont peut penser que cette mesure y sera plus cosmétique qu’autre chose (je ne connais pas les détails du marché, peut y-a-t-il des zones localement très tendues).

    Ça éclaire d’un jour particulier la démarche de Martine Aubry. Il est bien plus probable qu’elle agisse là pour des raisons de positionnement politique à l’échelle nationale que poussée par les besoins de ses administrés. Autant pour la décentralisation spontanée, même si je peux vous rejoindre sur le principe.

    Une nuance tout de même: le cas d’une personne pauvre ayant absolument besoin de loger plein centre pour des raisons professionnelles et/ou par manque d’accès au transport. Le genre de personne à qui on peut essayer de louer un mansarde insalubre sous la taille minimale de 9 m2, par exemple. Que ce cas de figure se présente à Paris, c’est certain, à Lille j’ai beaucoup plus de doute.

  • Gwynfrid a écrit :

    Le revenu moyen à Lille est inférieur de presque 20% à la moyenne nationale.

    Non, non, ce n’est pas le cas selon le graphique. Le revenu moyen à Lille (chiffres 2010) est 2,5% supérieur à la moyenne nationale.

    J’entendais à la radio hier qu’une étude sur le sujet arrivait à la conclusion qu’il y avait deux moyens pour détruire une ville: 1) la bombarder ou 2) encadrer les loyers.

  • En fait, Gwynfrid se réfère au revenu moyen par foyer qui est effectivement à Lille 17% inférieur à la moyenne nationale. J’ai confondu avec le salaire moyen qui est 2,5% supérieur à Lille par rapport au salaire moyen en France.

  • @ Pepito: Effectivement, c’est le revenu du foyer qui sert à payer le loyer. Le salaire ne décrit que très partiellement la situation économique des ménages.

    Vivien a écrit :

    Ca ne change rien au fond de ce que dit Aristote. Ce n’est pas les HLM lillois qui vont voir leur loyer encadré. Si des Lillois voient effectivement leur loyer affecté par cette mesure, ce seront de riches Lillois.

    Pas du tout. Le revenu moyen à Lille est de 1650 euros par foyer (chiffres 2011, mettons que cela ait augmenté à 1800 depuis, ce qui est très optimiste dans les circonstances économiques actuelles). Le loyer du marché est de 12,88 euros par m2 pour un appartement. Ce qui signifie qu’une famille de la classe moyenne qui cherche à se loger à Lille, y consacrant un tiers de son revenu (le maximum raisonnable généralement admis) pourra s’offrir environ 45m2. Le problème n’impacte pas tellement les pauvres, qui, comme vous le soulignez, ont accès aux HLM. Il affecte les familles dans la moyenne.

    Cela dit, je ne cherche pas tellement à défendre le principe de l’encadrement des loyers, qui comporte les risques classiques, quand on essaie de distordre les mécanismes de marché. Je propose plutôt, tant qu’à faire des expériences hasardeuses, qu’elles soient décidées au plus près du terrain plutôt qu’au ministère. Le maire sera jugé par les propriétaires et les locataires de sa ville, en fonction des conditions locales. C’est beaucoup mieux de décider ainsi qu’au travers d’un débat idéologique, symbolique et politicien entre Mme Duflot et M.Valls.

  • Aristote a écrit :

    L’encadrement des loyers dans les zones « tendues » !

    Zones tendues veut dire loyers élevés. Qui paie des loyers élevés ? Les pauvres ? Non, les gens aisés. .

    Les gens aisés payent des loyers élevés et pas les pauvres? Vous osez écrire un truc pareil?

    7 candidat pour 1 HLM en région parisienne. Soit 6 familles pauvres qui payent un loyer du privé, hors de prix.

    Les familles hyper-pauvres sont exclues des HLM, car parmi les critères de sélection il y a le « reste à vivre » après loyer et les HLM refusent de loger les gens dont le reste à vivre est jugé insuffisant. Ils sont considérés comme relevant du logement d’urgence, lequel est encore plus inexistant que les HLM. Donc les plus pauvres n’ont, en fait, pas de HLM.

    Par ailleurs, plus les loyers augmentent chez les riches, plus ils augmentent ailleurs, chez les classes moyennes, chez les presque pauvres et chez les pauvres. Seules les villes rurales en voie de désertification ont des loyers en baisse.

    Bref, qui paye des loyers élevés? A peu près tous les habitants des « zones en tension ». Alors à moins de délocaliser brutalement la Défense à Nevers ou à Privas, va falloir arriver à calmer l’augmentation des loyers là où les gens viennent vivre parce qu’il y a du travail.

    Et « encourager la construction » n’est qu’une demi solution, qui ne résout rien pour les gens qui ont besoin d’un logement dans un mois, qui laisse à l’abandon les zones à rénover et non à construire, qui aggrave les problèmes de transports et de pollution. Sans parler qu’un propriétaire de nos jours construit rarement des logements à destination des pauvres ou des classes moyennes. Désireux de sécurité voire de profit, il vise des ménages plus « sûrs ».

  • @Gwynfrid

    Dans votre exemple, la famille de classe moyenne qui souhaite avoir accès a plus de 45 m2 sera tenté d’aller vivre en banlieue. A Lille (pas à Paris), c’est sans doute une stratégie tout à fait viable. Qu’on le veuille ou non, la sociologie des zones ou le marché de l’immobilier est tendue est quasiment par définition plus aisée que la moyenne, sinon riche. Ou alors la définition de « zone tendue » devient si large que ce n’est plus d’un encadrement des loyers dont on parle, mais d’un pilotage total des prix par l’Etat.

    Gwynfrid a écrit :

    Cela dit, je ne cherche pas tellement à défendre le principe de l’encadrement des loyers, qui comporte les risques classiques, quand on essaie de distordre les mécanismes de marché. Je propose plutôt, tant qu’à faire des expériences hasardeuses, qu’elles soient décidées au plus près du terrain plutôt qu’au ministère.

    J’avais bien compris, et je serais tenté d’être d’accord avec vous. mais cf mon commentaire précédent concernant mes réserves vis à vis de la démarche de Martine Aubry. Pour moi, c’est presque plus Valls qui tient compte des spécificités locales (« j’applique la mesure seulement à Paris parce que le marché y est particulier »), et Martine Aubry qui fait de la politique politicienne à l’échelle nationale (« Comment emmerder Hollande et Valls en étant maire de Lille ? »).

  • Bonjour Koz
    Dans votre billet, j’ai comme l’impression que vous croyez que taubira (et par extension la bande de branquignols qui tient lieu de gouvernement) pourrait avoir le sens de l’intérêt du pays et du bien commun, le sens des responsabilités, de la parole donnée.

    Je retrouve cette impression dans beaucoup de commentaires.

    J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre que l’on puisse entretenir de telles illusions.

    Taubira, c’est la haine de la France et du peuple français incarnée, comme le souligne Blaise et Ignace (2 septembre 2014 at 12 h 24 min)
    Les autres, dont hollande au premier chef, c’est dogmatisme et sectarisme (valls lançant ses flics sur les veilleurs, NVB à l’educnat), délicatement assaisonnés de magouilles et coups tordus.
    Toutes les réformes ne sont faites que pour

    • caresser leurs clientèles dans le sens du poil

    • empêcher leurs adversaires d’être trop dangereux.

    • faire avancer leurs délires idéologiques

    La loi allur, dont il est question dans les commentaires est une calamité d’inspiration trotskiste qui a fini de bloquer un marché immobilier déjà bien grippé. (lisez Vincent Bénard pour plus de développements).

  • Vivien a écrit :

    Dans votre exemple, la famille de classe moyenne qui souhaite avoir accès a plus de 45 m2 sera tenté d’aller vivre en banlieue. A Lille (pas à Paris), c’est sans doute une stratégie tout à fait viable.

    Oui, naturellement. Mais il n’est pas illégitime, de la part des autorités locales, de souhaiter combattre le phénomène. Certes, la société ne doit pas à chacun un logement à l’endroit de son choix, contrairement aux postures politiciennes mensongères telles que le soi-disant « droit opposable au logement ». Cependant, le maire doit considérer l’intérêt de ses électeurs, et une hausse du coût du logement qui chasse la classe moyenne hors des villes est contraire à l’intérêt de la plupart d’entre eux.

    Vivien a écrit :

    Qu’on le veuille ou non, la sociologie des zones ou le marché de l’immobilier est tendue est quasiment par définition plus aisée que la moyenne, sinon riche.

    « Qu’on le veuille ou non » n’a jamais été un argument basé sur les faits. Pour ma part, je vous ai donné les chiffres pour Lille qui démontrent que votre préjugé est erroné. Par contre, naturellement, si la tendance du marché immobilier se maintient, alors bien sûr la sociologie de la ville évoluera vers une richesse croissante, non pas parce des richesses se seraient créées, mais simplement en raison du mécanisme d’éviction économique que vous avez décrit.

    Vivien a écrit :

    J’avais bien compris, et je serais tenté d’être d’accord avec vous. mais cf mon commentaire précédent concernant mes réserves vis à vis de la démarche de Martine Aubry. Pour moi, c’est presque plus Valls qui tient compte des spécificités locales (« j’applique la mesure seulement à Paris parce que le marché y est particulier »), et Martine Aubry qui fait de la politique politicienne à l’échelle nationale (« Comment emmerder Hollande et Valls en étant maire de Lille ? »).

    Un bon politicien, c’est quelqu’un qui met en harmonie la politique politicienne (son intérêt et celui de son parti) et la politique qui est la meilleure pour l’intérêt général de ses électeurs. La démarche de Mme Aubry ne me choque donc pas, et Manuel Valls a été sage en décidant de faire marche arrière sur ce point.

  • Léon a écrit :

    Les gens aisés payent des loyers élevés et pas les pauvres? Vous osez écrire un truc pareil?

    J’ai écrit trop vite, dont acte, tellement je suis énervé par les politiciens qui vivent d’effets d’annonce sans aucun intérêt pour les effets réels.

    Bien sûr que les pauvres paient des loyers élevés relativement à leurs moyens, tout est cher pour les pauvres.

    Il n’en résulte pas que le contrôle des loyers est une bonne idée. Et qu’on le veuille ou non, la grande majorité des locataires parisiens, hors logements sociaux, ont des revenus supérieurs à la moyenne nationale. Ils préfèrent payer des loyers élevés que passer du temps dans les transports, c’est leur choix.

  • @Gwynfrid

    Sinon, j’aurais discuté avec plaisir du reste de votre commentaire, mais j’ai peur que notre conversation ait largement dépassé la date de péremption.

Les commentaires sont fermés