Le PS présente-t-il un délinquant en Ile-de-France ?

Cette question a l’air d’importuner tout le monde. Huchon « s’interroge », Pécresse ne commente pas. Et les accusés se font accusateurs. De surcroît, au vu de mes échanges sur twitter, je crains qu’un certain sens commun ne s’évanouisse. Sens commun ou décence ordinaire, pour prendre une expression popularisée dernièrement par Martine Aubry.

Quels sont les faits de cette polémique ? Francis Delattre et Axel Poniatowski affirment que Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d’Oise, seraient un « délinquant multirécidiviste« . Ils citent, à l’appui de cette accusation, plusieurs condamnations. Ali Soumaré aurait ainsi été condamné en 1999 à six mois de prison ferme, une procédure serait en cours pour des « violences ayant entraîné une ITT de moins de huit jours » commises en mai 2008. Deux autres faits dateraient de 2009 et concerneraient des faits de « conduite sans permis de conduire malgré injonction de restituer le permis de conduire » et « rébellion à agents de la force publique ».

Ali Soumaré a déclaré qu’il porterait plainte pour diffamation1, tout comme Jean-Paul Huchon.

Plus précis, L’Express.fr fait état d’un jugement du 13 octobre 2009 du Tribunal de Grande Instance de Pontoise, dont il a pris connaissance, ayant condamné Ali Soumaré pour rébellion à agents de la force publique à deux mois de prison ferme « compte tenu des condamnations déjà prononcées« . Deux faits semblent donc établis, sauf à ce qu’on ne sache pas lire à L’Express : la condamnation du 13 octobre 2009, et l’existence d’autres condamnations.

Au demeurant, la défense plus que pusillanime du PS et de l’équipe Huchon laisse transparaître le malaise. Les voilà qui, soutenus par certains medias, mettent en cause la façon dont Delattre et Poniatowski ont pu avoir connaissance de ces condamnations. Diantre, quelle brillante défense ! Non seulement ils sont incapables d’affirmer simplement que ces accusations sont fausses (on ne leur demande même pas encore de le prouver), mais ils soulignent magistralement que ce n’est effectivement pas grâce à eux que les électeurs seront correctement informés sur ce candidat.

Même Ali Soumaré, sur son blog, ne parvient pas à affirmer que ces accusations seraient fausses. Et les réponses de son équipe de campagne sonnent même comme un aveu de leur véracité. C’est ainsi que, le 20 février au soir, son équipe écrit :

« Permettez enfin que l’on s’étonne des libertés prises avec la présomption d’innoncence quant au dernier fait reproché »2

Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre non seulement qu’une procédure est en cours et que, pour les autres faits reprochés, il n’y a plus de « présomption d’innocence » qui vaille. Soit Ali Soumaré a été condamné pour ces autres faits, soit il a été acquitté. Bon, moi, à leur place, dans ce dernier cas, je ne pourrais pas m’empêcher de le dire.

Il est alors étonnant de lire dans la presse que c’est l’équipe de Valérie Pécresse qui serait « embarrassée ».

Outre le seul fait que l’on puisse présenter au suffrage un candidat apparemment condamné pour des faits graves, je suis sidéré par le traitement de cette affaire, et par la confusion morale dans laquelle se noient nombre de mes petits camarades.

1. Bien évidemment, au-dessus de tout cela plane le spectre du racisme, ce qui explique peut-être en partie le silence des medias et la discrétion de Valérie Pécresse. Delattre est en effet l’auteur d’une phrase d’une ambiguïté condamnable3 sur Ali Soumaré qui est, donc, Noir. Et ce seul fait devrait commander une appréciation différente de la situation. Ainsi, un Pierre Kanuty peut expliquer que l’on s’en prend à un homme qui symbolise la « gauche populaire des faubourgs« . Si Kanuty peut difficilement être accusé de racisme, sa présentation n’en est pas moins stigmatisante : la « gauche populaire des faubourgs » sera probablement ravie de constater qu’on ne peut pas lui trouver de meilleur représentant. Quant aux habitants des cités, à ceux qui consentent les efforts nécessaires pour jouer le jeu de la République, ils seront ravis de voir que, lorsque le parti socialiste veut représenter « les quartiers« , il ne parvient pas à trouver une « personne issue de la diversité » qui n’ait pas été condamnée à plusieurs reprises. On sortira de la ghettoïsation une autre fois.

2. On m’oppose aussi le cas de Balkany, condamné, condamné à une peine d’inéligibilité, puis réinvesti et réélu. Je peine à comprendre l’utilité de ce qui devrait être un contre-exemple. Si l’élection de Balkany est moralement choquante – ce qui est le cas – celle de Soumaré4 doit l’être tout autant. J’ai également exprimé ici ma satisfaction de voir Alain Carignon battu aux législatives. Donc, non seulement je ne crois pas être comptable de l’élection de Balkany mais le fait qu' »en face » ils ne soient pas clean ne m’a jamais paru être une raison suffisante pour s’autoriser des dérives.

Ainsi, les condamnations de chacun doivent légitimement être prises en compte, que ce soit les condamnations de Monsieur Balkany à quinze mois avec sursis, 200.000 francs d’amende, assorties d’inéligibilité et pour diffamation, ainsi que les vicissitudes morales de son retour à Levallois, ou que ce soit la condamnation à six mois de prison avec sursis de Monsieur Huchon et 60.000 € d’amende pour prise illégale d’intérêt, dans ses fonctions de Président du Conseil Régional5ou encore celles d’Ali Soumaré.

3.Vient ensuite la question de l’inéligibilité. Ali Soumaré n’aurait pas été condamné à une peine d’inéligibilité : que viendrait-on donc lui reprocher ? La réflexion me laisse pantois. Personne n’interdit à Monsieur Soumaré de se présenter – même s’il serait bien inspiré, si les faits sont confirmés, de se retirer. Mais le fait qu’il puisse se présenter à une élection n’enlève rien au fait qu’il ait été condamné. Et surtout, les électeurs ont le droit d’être informé d’un trait marquant de la personnalité du candidat. Libre à eux, ensuite, de voter néanmoins pour lui.

Dans d’autres pays, on tombe dans cet excès qu’un homme qui a trompé sa femme ne pourrait être candidat à une élection. On pourrait éviter, en France, de verser dans l’excès inverse, et considérer que des faits de vol aggravé et de violences ne devraient même pas être portés à la connaissance des électeurs… et qu’il serait plus grave, à en lire la presse et mes petits camarades, de les révéler que de les commettre.

Il faut dire aussi que, manifestement, il ne faut pas faire confiance à la presse pour nous informer sur ce coup-là. On l’a pourtant connue plus curieuse, et plus friande lorsqu’un début de polémique éventuelle concernant un membre de la majorité apparaît. Diffuser les informations nécessaires pour que les citoyens puissent voter en connaissance de cause, voilà qui semble pourtant entrer dans sa mission.

4. On m’avance enfin qu’évoquer ces condamnations, ce serait « salir l’honneur d’un homme » et faire peu de cas de la rédemption possible pour tout homme. Mais – si, encore une fois, les faits sont confirmés – Ali Soumaré n’a-t-il pas sali son honneur tout seul comme un grand ? Quant à la rédemption, il ne faut pas la confondre avec le laxisme et la permissivité. Si rédemption il y a, il faut à tout le moins que la personne montre qu’elle en emprunte le chemin. Or certains des faits qui lui sont reprochés sont récents, ce qui semble mal augurer d’une volonté fermement établie de modifier son comportement. Et la rédemption ne signifie pas que l’on passe d’emblée de « l’opprobre » à l’exemplarité que l’on doit attendre d’un élu6.

*

A la fin de ce billet, je m’étonne encore des circonvolutions nécessaires pour affirmer une idée simple : le droit évident pour les électeurs d’être informés sur des faits marquants de la personnalité d’un candidat, afin de voter en toute connaissance de cause. Sans compter le fait qu’une personne encore récemment condamnée « au nom de la République Française » ne serait guère qualifiée pour en devenir un élu.

Egalement publié sur

  1. rappelons que le fait, dans une campagne électorale, de mentionner une condamnation, même avérée, peut constituer une diffamation, dans l’hypothèse où les faits rapportés relèveraient de la vie privée – voir par exemple PARIS, corr. 11,section B, 13 Février 2003, n° 01/02967. Tout pourrait dépendre, ici, de l’appréciation qui serait portée de la nature privée ou publique des faits commis []
  2. je souligne []
  3. même si l’on s’amuse d’entendre des critiques émaner de ceux qui volent au secours de Georges Frêche []
  4. si les faits sont bien confirmés []
  5. confirmée en appel []
  6. et que l’on soit trop souvent déçu n’y change rien []

214 comments

  • Visiblement, être « fils de » est une faute plus grave que ce dont on accuse ce monsieur. Là, l’emballement avait été total. Amusant…

    Sinon, si une procédure est encore en cours, ça pourrait être effectivement intéressant de le savoir. Ce serait ballot que monsieur Soumaré se retrouve en prison en cours de mandat. Il parait que ça complique les déplacements et les réunions.

  • Je me suis aussi intéressé, sur mon blog à cette question, pour en arriver aux mêmes conclusions par d’autres voies. S’il a une instruction en cours sur le dos, il est aberrant qu’il puisse être candidat. Quant à ses fautes passées, s’il les a expiées, il peut tout autant qu’un autre concourir. Encore serait il bon que les électeurs décident en connaissance de cause… Et pour cela, je propose qu’un site puisse centraliser lors d’élections les éventuelles condamnations antérieures d’un candidat.

  • Dans le passé, il s’est avéré que le principe de non divulgation de condamnations amnistiées ait fait que certaines récidives n’ont pu être empêchées. Je suis donc opposé à ce principe.

  • Koz a ecrit:

    « Au demeurant, la défense plus que pusillanime du PS et de l’équipe Huchon laisse transparaître le malaise. Les voilà qui, soutenus par certains medias, mettent en cause la façon dont Delattre et Poniatowski ont pu avoir connaissance de ces condamnations. Diantre, quelle brillante défense ! Non seulement ils sont incapables d’affirmer simplement que ces accusations sont fausses (on ne leur demande même pas encore de le prouver), mais ils soulignent magistralement que ce n’est effectivement pas grâce à eux que les électeurs seront correctement informés sur ce candidat. »

    Je comprends que ça puisse apparaître comme une piètre défense, et pourtant en y réfléchissant quelques minutes, on comprend bien que la divulgation par voie de presse du casier judiciaire d’un élu potentiel pose qq petits problèmes :

    1) Nous n’avons pas accès au casier judiciaire de nos élus, d’aucun élu, sur la base de la nécessaire séparation vie privée/vie public. Or, exhiber le CJ d’un élu potentiel revient a le condamner d’autant plus durement que les casiers des centaine de milliers d’autres élus sont eux totalement inaccessibles, et qu’on présumera, et c’est bien normal, qu’ils sont vierges. Donc, soit tous les CJ des élus sont accessible pour que le bon-peuple-puisse-avoir-une-idée-de-qui-il-a-affaire, soit aucun, comme c’était généralement le cas avant que ne débute cette belle campagne des régionales.

    2) Le code électoral est ainsi fait qu’il ne rend pas de facto inéligible des individus condamnés au pénal. En tous cas, jamais au delà de 5 années [si j’ai bien compris]. Juridiquement, donc, on a deux cas de figure (1) les condamnations prononcées entraînent son inéligibilité ou son incapacité a assurer son mandat : dans ce cas précis pourquoi avoir lâché dans la presse le CJ au lieu de saisir le tribunal administratif compétent pour invalider sa candidature ? (2) Les condamnations prononcées n’ont aucune conséquence sur son statut d’élu potentiel, nous sommes face à une manœuvre de diffamation et de manipulation de l’opinion pure et simple.

    3) Comment s’est il procuré le CJ ? Francis Delattre lui-même ne veut pas révéler sa source. On le comprend, vu le délai avec lequel il s’est procuré le document, le « monsieur propre » du Val d’Oise n’a certainement pas pris toutes les précautions légales. Selon Huchon ces pièces ne sont normalement pas légalement accessibles. En tous cas pas dans ce délais. Et puis, cette affaire m’en rappelle une autre. Une affaire ou s’étaient répandus dans la presse des éléments accablants, des documents pourtant, dont la confidentialité était garantie par l’état (le ministère des finances plus précisément). Oui d’accord la fuite était tout a fait regrettable, (un document tracfin tout de même) mais bon, elle donnait des éléments si précis, si accablants, et comme elle venait enfin révéler la vraie nature d’un député socialiste, on passa bien vite sur la procédure peu rigoureuse… pour se concentrer sur le coupable. [on en profita d’ailleurs pour s’interroger sur l’intégrité morale de ceux qui le soutenaient encore]. On connait tous l’issu de cette triste affaire. Le coupable a été blanchi. Les cadres de tracfin ou du MinFin jamais inquiétés. La seule satisfaction que l’on peut tirer de l’affaire Dray est de voir la prudence avec laquelle les médias traitent aujourd’hui l’affaire Ali Soumaré.

    4) et bien sur le précédent Odebi. Odebi, groupe de fervents activistes anti-Hadopi, qui proposait ni plus ni moins, de publier les condamnations au civil et au pénal de tous les députés qui avaient voté la loi Hadopi (notez bien, seulement ceux là). Pas joli joli hein? Non, c’est même un procédé assez dégueulasse. Un peu comme celui utilisé par Francis Delattre dans l’affaire qui nous occupe. Envie de cautionner ça ?

  • Delphine Dumont a écrit:

    Visiblement, être « fils de » est une faute plus grave que ce dont on accuse ce monsieur. Là, l’emballement avait été total. Amusant…

    En effet, même si bon. Et on le notera aussi sur d’autres cas, dans lesquels la justice n’était pas passée et où personne ne semblait trop se soucier de savoir comment la presse avait eu ses informations.

    Mossieur-Resse a écrit:

    S’il a une instruction en cours sur le dos, il est aberrant qu’il puisse être candidat. Quant à ses fautes passées, s’il les a expiées, il peut tout autant qu’un autre concourir. Encore serait il bon que les électeurs décident en connaissance de cause…

    Il faudrait savoir plus précisément quels sont les faits concernés par l’instruction en cours. S’il s’agit d’une conduite sans permis, c’est répréhensible (au moins autant que les tonnes qu’on nous fait lorsqu’un ministre va trop vite sur l’autoroute), mais pas le plus dramatique. S’il s’agit de rébellion aux forces de l’ordre…

    Courouve a écrit:

    Dans le passé, il s’est avéré que le principe de non divulgation de condamnations amnistiées ait fait que certaines récidives n’ont pu être empêchées. Je suis donc opposé à ce principe.

    Possible, étant précisé que, sauf erreur de ma part, celles-ci n’ont pas été amnistiées.

    @ zeyesnidzeno: la défense est d’office assez piètre lorsque l’on ne peut, par la force des choses, que contester la preuve du fait rapporté… mais pas le fait en lui-même. La gauche et nombre de medias lui emboîtent ensuite le pas en faisant le procès de la façon dont l’info a été obtenue (au passage, si c’était la presse, personne n’aurait rien dit, mais elle n’a pas fait son boulot) et en restant bien silencieux sur les faits graves qui sont reprochés. Si tu veux parler de manipulation, tu devrais t’attacher à celle-ci en premier.

    zeyesnidzeno a écrit:

    1) Nous n’avons pas accès au casier judiciaire de nos élus, d’aucun élu, sur la base de la nécessaire séparation vie privée/vie public. Or, exhiber le CJ d’un élu potentiel revient a le condamner d’autant plus durement que les casiers des centaine de milliers d’autres élus sont eux totalement inaccessibles, et qu’on présumera, et c’est bien normal, qu’ils sont vierges. Donc, soit tous les CJ des élus sont accessible pour que le bon-peuple-puisse-avoir-une-idée-de-qui-il-a-affaire, soit aucun, comme c’était généralement le cas avant que ne débute cette belle campagne des régionales.

    Ils n’exhibent pas son casier judiciaire mais mentionnent des condamnations. D’ailleurs, Ali Soumaré serait bien inspiré d’exhiber son casier judiciaire. S’ils ne portent pas les condamnations évoquées, on passe à autre chose. Ca n’a pas l’air aussi simple.

    Pour le reste, je doute que le peuple présume que ses élus ont un casier judiciaire vierge. J’ai même plutôt l’impression qu’il a tendance à penser qu’ils sont tous pourris.

    Maintenant, oui, pourquoi pas, qu’on les publie, ou qu’on les tienne à disposition. Mais en l’occurrence, on a un cas dans lequel le candidat a très probablement été condamné pour des atteintes aux personnes. On fait quoi ? On se concentre sur le seul débat qui intéresse la gauche : les conditions d’obtention de l’info ?

    zeyesnidzeno a écrit:

    (1) les condamnations prononcées entraînent son inéligibilité ou son incapacité a assurer son mandat : dans ce cas précis pourquoi avoir lâché dans la presse le CJ au lieu de saisir le tribunal administratif compétent pour invalider sa candidature ? (2) Les condamnations prononcées n’ont aucune conséquence sur son statut d’élu potentiel, nous sommes face à une manœuvre de diffamation et de manipulation de l’opinion pure et simple.

    C’est assez surprenant de voir en cela des faits de diffamation et manipulation de l’opinion.

    J’y vois plutôt une salutaire information des citoyens. Parce qu’en ce qui me concerne, il est évidemment hors de question de voter pour une personne qui a un casier judiciaire de petit délinquant violent.

    Là où je vois des dysfonctionnements, c’est (i) dans le fait de l’avoir choisi comme tête de liste et (ii) dans le fait qu’on aurait pu procéder au vote sans être légitimement informés.

    zeyesnidzeno a écrit:

    3) Comment s’est il procuré le CJ ? Francis Delattre lui-même ne veut pas révéler sa source. On le comprend, vu le délai avec lequel il s’est procuré le document, le « monsieur propre » du Val d’Oise n’a certainement pas pris toutes les précautions légales. Selon Huchon ces pièces ne sont normalement pas légalement accessibles. En tous cas pas dans ce délais.

    Il est vrai que Jean-Paul Huchon s’y connaît en matière pénale, pour avoir fréquenter les tribunaux de près.

    Ensuite, il semble que seule l’obtention de la dernière info se soit faite dans un délai rapide.

    Maintenant, je trouve, toujours, assez risible cette focalisation sur l’obtention de l’info. Soyez donc cohérents : si des faits de vol aggravé, de violence, de rébellion ne sont pas graves, ne roulez pas des yeux effarés pour ça.

    Et puis soit : que Francis Delattre et Axel Poniatowski fassent face à la justice. S’ils ont commis quelque chose de répréhensible, qu’ils l’assument. Mais je ne vois pas en quoi cela enlève quoi que ce soit aux condamnations d’Ali Soumaré.

    Je note juste que le PS aurait préféré que les citoyens ne soient pas correctement informés.

    zeyesnidzeno a écrit:

    4) et bien sur le précédent Odebi.

    Il se trouve qu’Odebi s’engageait dans une voie qui consistait à dénoncer les élus qui auraient des « casseroles » pour un intérêt particulier. Imaginer qu’à chaque débat un lobby quelconque se mette en tête de discréditer les opposants en publiant leurs condamnations me paraît inacceptable.

    Ensuite, dans cette affaire, il ne s’agit pas de simples « casseroles » mais de faits graves, pour lesquels des condamnations définitives ont été prononcées par la Justice.

    Quand on voit ce qu’a fait Odebi, on voit la différence. Prenons Estrosi, par exemple, cloué au mur de la honte… pour quoi ? Pour un Prix Busiris chez Maître Eolas ! Le procédé est pour le moins malhonnête.

    Enfin, il y a une différence de situation : dans un cas, quoi qu’on en pense, les élus disposent de la légitimité démocratique que confère le suffrage. Même si l’on pourrait considérer qu’ils ne méritent pas leur place, les électeurs en ont décidé autrement.

    Mais pour décider, encore faut-il qu’on soit informés. Et là, ça n’a pas l’air d’être le souci principal du PS, qui n’a en revanche apparemment aucun élément de contestation des faits.

    Alors, pour parler manipulation de l’opinion, c’est clair : le PS allume un contre-feu désespéré et tente de détourner le débat. Peut-on sérieusement en être dupe ?

  • Je suis totalement, intégralement, sans nuance d’aucune sorte, favorable à la publication du casier judiciaire d’absolument toute personne se présentant à une élection. Vous avez absolument raison d’en parler, et absolument raison d’être effaré de cette histoire. Et s’il y en a qui pensent qu’on pourrait sortir des affaires aussi glauques dans le camp d’en face, surtout qu’ils ne s’en privent pas! Vive le grand déballage. J’en ai marre et remarre qu’on présente à nos suffrages des gens dont le manque d’intégrité est certain, sans que l’électorat en soit informé. C’est intégralement inadmissible, et je ne comprends pas que qui que ce soit ait envie d’apporter à cela la moindre nuance.

    Quant à Julien Dray, il n’a pas été blanchi, nenni-da: un rappel à la loi n’est pas un acquittement, et on est prié de ne pas faire comme si.

    Ras le bol de la cooptation des repris de justice, vive la République avec des élus honnêtes. Et si pour en trouver on est forcé de virer une forte proportion de la caste politique actuelle, hallelujah, allons-y, et gaiement!

  • Bonsoir Koz,

    je suis globalement d’accord avec toi, même si les faits évoqués (conduire sans permis, manquer de respect à un policier, bagarres) ne sont pas parmi les plus graves qui mènent à des condamnations de prison ferme. Le vol avec violence est plus grave, mais en lisant ton article, je n’arrive pas à savoir si on peut effectivement lui reprocher cela.

  • En résumé, Ali Soumaré, a donné des coups à une personne, dans un contexte que l’on ignore. Et puis il s’est rebellé face à des agents, mais ça arrive à des gens très bien, vous savez. Même à des préfêts. Et puis, avec la multiplication des contrôles au faciès, on assiste bizzarement à une augmentation des « outrages ».

    Bref, je ne vois pas bien ce qui fait que dans cette histoire – que je découvre ici – on voit apparaître les mots « petit délinquant », et encore moins « Balkany » (qui n’est pas un « petit »).

  • Bonsoir,

    Je ne comprends pas exactement le fond de la polémique. Pour se déclarer candidat, il faut fournir un extrait de casier judiciaire n°3 permettant de justifier de la jouissance des droits civiques et politiques du candidat. Qu’est-ce qu’on remet en cause ici : le critère d’éligibilité ou une infraction aux conditions de dépôt de candidature ?

  • @ Uchimizu: je veux bien admettre que la rébellion aux forces de l’ordre soit plus facilement constituée en banlieue, mais de là à parler de simple « manque de respect »…

    Gatien a écrit:

    En résumé, Ali Soumaré, a donné des coups à une personne, dans un contexte que l’on ignore.

    Effectivement. Tout ce que l’on sait, c’est que, pour le vol aggravé, apparemment première condamnation, il a écopé de 6 mois de prison ferme. Je ne suis pas persuadé qu’il ne s’agisse que de « donner des coups à une personne », comme ferait mon fils en cours de récréation, hein.

    Gatien a écrit:

    Bref, je ne vois pas bien ce qui fait que dans cette histoire – que je découvre ici – on voit apparaître les mots « petit délinquant »

    A partir de 4-5 condamnations, connement, on s’interroge.

    Pneumatis a écrit:

    Qu’est-ce qu’on remet en cause ici : le critère d’éligibilité ou une infraction aux conditions de dépôt de candidature ?

    Non, le sujet, c’est la bonne information des électeurs. Si j’ai envie de voter pour un type qui est condamné pour ces faits, parce que je considère que d’autres faits contre-balancent, je le fais. Mais la moindre des choses est d’être informé. Et les faits évoqués dépassent un peu ceux pour lesquels on vous monte pourtant un scandale en épingle dans d’autres circonstances.

  • Pingback: La politique, c’est pour les gamins – 2 « Pourquoi se compliquer la vie ?

  • J’aime beaucoup toutes ces supputations qui font allègrement le mélange entre faits « éventuellement » avérés, faits soumis à réserve, volet n°3 ou 2 du casier judiciaire…

    Il se trouve qu’un certain nombre des faits reprochés pourraient ne pas lui être effectivement imputés, que d’autres sont prescrits et que la dernière affaire ferait plutôt sourire…

    Pour revenir sur la remarque « Permettez enfin que l’on s’étonne des libertés prises avec la présomption d’innocence quant au dernier fait reproché », je remarque que l’habituelle précision du maitre des lieux me semble avoir fait place à un peu de précipitation dans les conclusions à en tirer.

    Une ordonnance – telle que présentée par Delattre – étant susceptible d’appel je crois savoir que l’on ne saurait considérer que la présomption d’innocence cesse dès lors qu’existe une possibilité d’appel. Il est donc logique de considérer que présenter la déclaration de Delattre comme fort peu précautionneuse eu égard à cette présomption.

    Quant à l’expression d’une réaction de la part d’A.Soumaré, l’attaque ayant été formulée opportunément juste avant le WE, on peut imaginer qu’obtenir les éléments de preuve (depuis quand doit-on d’ailleurs prouver son innoncence?) auprès de la justice – extraits etc.. – soit un peu plus complexe.

    Je dis ça je dis rien…

  • Cette affaire m’apprend en tout cas que le PS a choisi comme tête de liste le représentant des familles dans l’accident de Villiers le Bel. Par ce choix, le PS se mets du coté des gamins qui font les fous en roulant sans casque sur un véhicule interdit à la circulation, et du coté des familles qui s’imaginent que la police est responsable de l’imprudence de leurs enfants.

    En tout cas, il y a eu une autre victime à l’affaire de Villiers le Bel. Personne n’en a parlé dans les médias mais voila l’histoire.

    Tout l’été dernier, quelques ados de la cités des 3 tours à Sevran avaient pris l’habitude de s’entrainer à rouler sur la roue arrière de leur moto. Chaque fois que que les croisais en voiture, j’avais peur qu’ils fassent un écart. Des riverains se sont plaint à la police, mais on leur avait répondu que « la police avait ordre de ne pas intervenir ». Peur d’un nouveau Villiers le Bel sans doute.

    Et ce qui devait arriver arriva. Juste avant le ramadan, un ados de 17 ans s’est tué en entrant en collision avec une voiture qui n’a pas su l’éviter. La conductrice très affectée a failli se faire lyncher par les témoins de l’accident. Stéphane Gatignon le maire de Sevran est venu pour calmer les habitants. Il a failli se faire lyncher également.

    Finalement les choses se sont calmées. Le ramadan est venu. Et chaque fois que je passais près du lieu de l’accident, je voyais un bouquet de fleur, quelques bougies et des ados silencieux, recueillis. L’automne a été calme, plus de fous à moto.

    Mais, c’était il y a six mois. Et avec les premiers jours moins froids, les fous à moto reviennent.

    Mais, cette fois, je vais leur parler.

    Stéphane Gatignon a été très affecté par cette affaire. Est ce pour cela qu’il a changé de camps en devenant tête de liste pour les verts ? Il faut savoir qu’avant d’être maire de Sevran, Gatignon était l’attaché parlementaire de François Asensi, député maire coco de la ville voisine (Tremblay 93).

  • Koz a écrit « la défense est d’office assez piètre lorsque l’on ne peut, par la force des choses, que contester la preuve du fait rapporté… mais pas le fait en lui-même. « 

    Les faits, quels faits? Des éléments rapportés on ne sait comment, pris ou ne sait trop ou, par le biais d’on ne sait trop qui, que tous les médias reprennent au conditionnel et qui s’avèrent être peu précis ? Hum… des faits dis tu…

    Koz a ecrit : « J’y vois plutôt une salutaire information des citoyens ».

    Encore faudrait il (si ce qu’avance Delattre est en partie vrai) que tous les élus ou candidats soient logés a la même enseigne. Mais grâce au Delattre touch, on est en train d’offrir un traitement très spécial a Soumaré.

    Koz a écrit : « Ils n’exhibent pas son casier judiciaire mais mentionnent des condamnations. D’ailleurs, Ali Soumaré serait bien inspiré d’exhiber son casier judiciaire. S’ils ne portent pas les condamnations évoquées, on passe à autre chose. Ca n’a pas l’air aussi simple. »

    Ils n’exhibent pas son CJ, t’en as de bonnes. Sinon reprenons les choses dans l’ordre, Soumaré n’a pas a entrer dans la danse sordide que lui impose Delattre. Et pardonne moi cette image un peu crue: quand quelqu’un affirme haut et fort que tu as les fesses sales, c’est ton droit aussi de ne pas les dévoiler au monde entier pour pouvoir prouver le contraire. En fait, à ce stade, celui qui doit des explications, c’est Delattre.

    Koz a écrit : « Là où je vois des dysfonctionnements, c’est (i) dans le fait de l’avoir choisi comme tête de liste et (ii) dans le fait qu’on aurait pu procéder au vote sans être légitimement informés. » Souhaites tu que soit modifié le code électoral ? Faut il rendre inéligible à vie toute personne condamnée au pénal ?

    Koz a écrit : « Il se trouve qu’Odebi s’engageait dans une voie qui consistait à dénoncer les élus qui auraient des « casseroles » pour un intérêt particulier. Imaginer qu’à chaque débat un lobby quelconque se mette en tête de discréditer les opposants en publiant leurs condamnations me paraît inacceptable. »

    Ta mémoire te joue des tours : voila de quoi il est question très exactement: « La Ligue ODEBI publiera donc avant les débats parlementaires de la rentrée une liste des condamnations pénales ou civiles de tous les députés qui ont voté pour l’HADOPI dans sa première version. Nous y ajouterons « les casseroles », qui selon des critères communément admis, ont aussi un caractère potentiellement « immoral » , afin que les députés qui votent en faveur de cette loi sachent qu’ils verront ressurgir irrémédiablement sur Google leurs fautes actuelles ou passées. » Tiens? on retrouve la notion de « common decency » chez eux aussi. Source : http://www.zataz.com/news/19278/casserole–deputes—condamnations–penales–civiles–hadopi.html

  • frednetick a écrit:

    Il se trouve qu’un certain nombre des faits reprochés pourraient ne pas lui être effectivement imputés, que d’autres sont prescrits et que la dernière affaire ferait plutôt sourire…

    Il faudrait que tu précises parce que tu sembles avoir des informations inédites. Qu’est-ce qui t’amène à penser que « nombre de faits (…) pourraient ne pas lui être reprochés » ? L’Express.fr, pas spécialement sarkozyste, mentionne une condamnation en octobre dernier, faisant état de condamnations antérieures. Ca m’a l’air un peu crâmé du côté des faits qui ne lui seraient finalement pas reprochés, non ?

    zeyesnidzeno a écrit:

    Les faits, quels faits? Des éléments rapportés on ne sait comment, pris ou ne sait trop ou, par le biais d’on ne sait trop qui, que tous les médias reprennent au conditionnel et qui s’avèrent être peu précis ? Hum… des faits dis tu…

    Le fait est qu’ils ne sont pas contestés. Le premier mouvement d’un mec à qui l’on reprocherait ça si ce n’était pas exacte, ce serait de dire : « mais c’est des conneries tout ça« . Manifestement, il n’est pas en position de le dire. Et lorsque son équipe de campagne évoque la présomption d’innocence « pour le dernier fait reproché, ça signifie clairement que pour les autres…

    zeyesnidzeno a écrit:

    Encore faudrait il (si ce qu’avance Delattre est en partie vrai) que tous les élus ou candidats soient logés a la même enseigne. Mais grâce au Delattre touch, on est en train d’offrir un traitement très spécial a Soumaré.

    Pauvres choupinets. C’est la politique. Je me souviens que l’on s’est penchés, peut-être à raison, je l’ignore, sur l’appartement de Nicolas Sarkozy, pendant les présidentielles. Alors, si tu te présentes à une élection avec les fesses sales, t’assumes.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Sinon reprenons les choses dans l’ordre, Soumaré n’a pas a entrer dans la danse sordide que lui impose Delattre. Et pardonne moi cette image un peu crue: quand quelqu’un affirme haut et fort que tu as les fesses sales, c’est ton droit aussi de ne pas les dévoiler au monde entier pour pouvoir prouver le contraire

    Je comprends bien. Mais en un quart de seconde, la polémique pourrait s’arrêter. Or, (i) il n’affirme pas une seule fois que les accusations seraient fausses, (ii) il ne produit pas son casier. Le reste n’est que rhétorique. Le temps de camoufler la grosse connerie qu’a fait le PS. C’est compréhensible que les militants PS le défendent, ils font leur taf. Il ne faut pas, tout de même, qu’ils espèrent convaincre.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Ta mémoire te joue des tours

    Je n’ai pas saisi où ma mémoire me jouerait des tours.

    Si les casseroles en question, c’est un prix busiris sur un blog aussi prestigieux soit-il, j’ai tendance à penser que la méthode est merdeuse. Je crois, d’ailleurs, que tu étais assez d’accord sur ce point. Même si je comprends bien que les circonstances présentes génèrent un peu de confusion.

  • @koz: il se pourrait que le fichier si cher a nos services de maintien de l’ordre public ne contienne pas qu’une entree au nom ali soumare… L’homonymie existe, et peut etre a t-on ete un peu precipite.. Les actions en justice repondront a cette question et la reponse « politique » ne devrait pas trop tarder, avec un peu plus de precisions et moins de precipitations que l’ineffable maire de fraconville.

  • Pingback: Variae › Ali Soumaré, noir donc délinquant ? La droite aux abois fait feu de tout bois

  • Jean-Paul Huchon a été condamné à six mois de prison avec sursis et 60 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts, des faits qu’il a commis en tant que président de conseil régional.

    Rien que pour ça, je trouve que ça devrait le mettre hors course pour cette élection ! Dès lors, je le verrais mal reprocher à un de ses candidats son casier judiciaire, vu que le sien ne peut servir d’exemple.

  • @ Frednetick: le coup de l’homonymie, il fallait le faire. Dis-moi, admettons que l’on affirme par un communiqué de presse que « Frednetick est un multirécidiviste, condamné pour violences », ton premier réflexe ne serait-il pas de clamer immédiatement « c’est mensonger ! Ce n’est pas moi et, si c’est un Frednetick, c’est un homonyme » plutôt que d’invoquer « la présomption d’innocence pour le dernier fait invoqué« , ce qui sonne comme une reconnaissance implicite de l’existence d’autres faits pour lesquels il n’y a plus besoin de se poser la question de la présomption d’innocence.

  • Pingback: Hashtable » Une mégalocéphalie française

  • Koz déclare:

    « Si les casseroles en question, c’est un prix busiris sur un blog aussi prestigieux soit-il, j’ai tendance à penser que la méthode est merdeuse. »

    D’après NouvelObs (dont on ne peut plus vraiment dire que c’est un journal de gauche):

    « Nouvelobs.com a interrogé un haut magistrat pour connaître la possible provenance de telles informations. Selon lui, le procédé utilisé par Francis Delattre et Sébastien Meurant est clairement « diffamatoire » et certaines de ces informations ont nécessairement « été obtenues frauduleusement ». Des déclarations également confirmées par un avocat spécialisé en droit pénal, qui estime qu’il s’agit là manifestement d’une violation du secret professionnel, et, pour l’affaire non encore jugée, d’une violation de la présomption d’innocence. »

    Comment alors qualifier les méthodes probablement employées par F. Delattre ? 🙂

    « La politique, c’est comme l’andouillette. Ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. » E. Herriot.

    Il conviendrait que nos hommes politiques (et les militants, de droite comme de gauche) n’oublient pas trop souvent la seconde partie de la citation…

  • Je ne vois pas d’où viennent ces soupçons de malversations pour obtenir les informations en question !

    Frédéric Lefebvre, une référence en matière d’éthique politique et de fonctionnement d’Internet, l’a très bien expliqué sur RTL : « J’invite d’ailleurs tous les auditeurs à le faire. Il suffit d’aller sur Internet. Il y a un document CERFA qui correspond au code de procédure pénale, document d’une copie de décision de justice pénale – chaque citoyen peut le faire – il suffit d’aller au greffe du tribunal. C’est ce qu’on fait les élus. Ils ont récupéré un certain nombre d’éléments très précis. Et je crois qu’il est normal, parce que c’est une élection, que les gens sachent à qui ils ont affaire. »

    C’est donc très simple : il suffit d’aller sur Internet au greffe du tribunal, il y a un document CERFA de code de procédure pénale d’une copie de décision de justice pénale, et le tour est joué ! C’est un avocat qui le dit.

  • Il est évident que chaque citoyen va tous les jours aux greffes des tribunaux pour demander des copies de décisions pénales…

    Plus sérieusement, avoir la copie d’une décision nécessite souvent déjà d’en connaître la date, et le nom des parties, parce que sinon le greffe est bien incapable de faire le nécessaire, et cela suppose également que la décision ait été effectivement rédigée et tapé, ce qui, pour les décisions pénales, peut prendre un certain temps (selon les disponibilités du greffe).

    Donc, il me semble assez évident que les informations sorties l’aient été de manière…douteuse. En revanche, là où je rejoins Koz, c’est tout de même intéressant de connaître le passé pénal d’un individu qui se présente à une élection. Ensuite, le souci n’est pas juridique, si le monsieur n’est pas inéligible (et l’inégibilité n’est plus automatique comme elle le fut à une certaine époque) mais moral, effectivement. Peut-on briguer moralement les suffrages des français, et donc devenir un élu, si par ailleurs on a décidé de ne pas respecter les lois de la République. Finalement, c’est aux électeurs de juger. Mais il est encore plus grave, moralement, de briguer à nouveau le suffrage après avoir été condamné pour des faits délictueux commis dans l’exercice de ses précédentes fonctions électives, comme c’est le cas de Huchon.

  • @Légisphère : D’un autre côté s’il suffit d’aller au greffe et de demander, c’est à la portée d’un parti politique. Si j’ai bien lu mon Eolas, les décisions de justice étant rendues « au nom du peuple français », ne sont-elles pas publiques ?

  • On verra ce qu’il en est, effectivement, des conditions d’obtention des informations. Mais ce qui me sidère le plus dans cette affaire, c’est de voir que ce qui ferait scandale, ce serait le fait d’avoir délivré ces infos, et non les condamnations évoquées. Ca témoigne d’une orientation surprenante.

    Légisphère a écrit:

    Peut-on briguer moralement les suffrages des français, et donc devenir un élu, si par ailleurs on a décidé de ne pas respecter les lois de la République. Finalement, c’est aux électeurs de juger.

    C’est exactement ça. Malheureusement, les électeurs ont montré assez fréquemment que ça ne les gênait pas… avant de hurler que les politiques seraient tous pourris, le cas le plus patent étant bien le cas Balkany.

    Mais, au moins, que l’on sache pour qui l’on vote.

    Les faits précis varient selon les versions. Mais quand je lis, par exemple que « En 2004, il aurait été à nouveau interpellé pour un autre vol avec violence et usage d’une carte de paiement contrefaite. Jugé en 2007, il aurait été condamné à 80 heures de travaux d’intérêt général« , j’ai du mal à ne pas penser que le comportement habituel de ce monsieur ne transpire pas l’intégrité minimale que j’attends d’un élu.

  • j’entendais ce midi jean-pierre mignard, l’avocat d’ali soumaré et, vu ainsi, les choses sont assez claires. son client a été condamné en 99 à 6 mois de prison ferme. c’est assez important, même si ancien, pour que le candidat s’en explique. il ne « trouve pas trace » de jugements de 2004 et 2007 contre son client, il y a, en oct 2009 une procédure en cours (en appel) sur uen histoire de violence à force publique, qui peut être liée à son activité politique et, là MM Delattre et Ponia ont peut être voulu trop en faire, une infraction de conduite sans permis du 16 février(donc en pleine campagne), non encore notifiée et donc, en principe pas encore connue, sinon du procureur….

    moralité: ali soumaré a eu un parcours chaotique, des difficultés avec les autorités, qui ne le portent sans doute pas non plus en odeur de sainteté, c’est bien de le savoir, ce serait encore mieux si nous le savions pour les autres têtes de liste ….

  • Bon, de toutes façons, vous n’aviez pas l’intention de voter pour lui, si? Vous nous dites tout ça pour qu’on vote comme il faut? Vous avez choisi un angle intéressant pour entrer en campagne…

  • j’en ai marre de la présentation des faits par les médias! c’est ahurissant de mauvaise fois! Qui à dit qu’il était illégal qu’il se présente? il peut très bien être élu malgré tout! l’histoire politique de la France nous montre qu’un casier judiciaire n’empèche pas d’être élu! En vérité ce qui fait scandal c’est qu’on est osé en parler! Ce n’est pas scandaleux pour tout autres hommes politique mais pour lui savoir qu’il à des casserolles c’est faire acte de racisme! Par contre n’est il pas normal que les électeurs sachent la vérité sur le passé d’un homme qui se présente à une élection? Et puis tous les sous entendus sur un complot politico-policier qui aurait sorti illégalement les documents voir même les faux documents… laissez moi rire! N’importe qui peut aller au greffe et les demander! Il est officiellement éligible, donc il peut se présenté… Imaginez si il était illégale de dire quoi que ce soit de négatif sur le passé d’une personne qui se présente à une élection! imaginez si on ne peut plus savoir si un homme (ou une femme) qui se présente à une élection, à déjà été condamné… Le petit « peuple » à quand même le droit de savoir s’il donne avec sont vote une légitimité, un pouvoir, à une personne qui à un passé de délinquant… Non? Le PS reproche bien à Georges Frèche des propos tenus! Pourquoi on ne se pose pas la question de la véracité des faits? On à connut les médias et les journalistes plus prompts à dénoncer des histoires, « polémiques », qui comparés à celle ci, était d’un ridicule sans nom! vol, vol avec violence, injures, utilisation de CB contrefaites… et tout ca dans les cinq dernieres années! n’est il pas légititmes que ces adverssaires politique rendent ces information publique? Est ce scandaleux? Ou est le probleme? mais bon voilà il s’appelle Ali… Une victime par essence! musulman de surcroit! Alors pas touche! car ce n’est pas de sa faute! c’est la faute de la société! Pourquoi ne pas se questionner sur la responsabilité du PS? Ils crient au racisme et à la stigmatisation mais ne pouvait ils pas faire leur boulots et vérifier si cette candidature était viable ou non? Mais comme d’habitude les médias gauchistes, les présentateurs, commentateurs, polémistes, bien pensant, humanistes, refusent de faire face aux faits et restent dans leurs délires repentant, prêt à tout excuser, prêt à victimiser les délinquants! à accuser de racisme toute personne non coloré qui pose des question… En France on ne peut plus parler de rien! on ne peut même plus revendiquer d’être Français sans se faire accuser de racisme rampant! Tout ces bien pensant devrait se méfier car la situation dans la vie réelle se dégrade tellement que les tensions ethnico-culturel et religieuse risquent de prendre des proportions énormes dans les années à venir!

  • S’il a fait de la prison ferme comme un citoyen lambda, et pas comme un VIP, et que c’est il y a longtemps, au cours d’une jeunesse « différente », c’est interessant . En effet, avoir un élu qui connaisse de l’interieur la situation des prisons et de la justice n’est pas pour me déplaire.

    A condition qu’il soit « irreprochable » depuis son engagement politique.

    Et c’est ce que nous devrions savoir. Ce qui lui est arrivé avant ne regarde que lui (à moins qu’il ait écrit un livre autobiographique, vantant les délices de la transgression, ou de la quasi transgression, comme un autre – et dans ce cas cela regarde ses lecteurs).

    A mon sens, la publication des CJ de tous les élus n’est pas forcément une bonne solution.

    Mais puisqu’il a été dénoncé sur des infractions récentes voire non jugées, nous devons savoir la vérité. (comme en 95, avant la presidentielle, nous avons su la vérité sur un soupçon d’emplois fictif à la mairie de Paris – je m’égare, ça n’a rien à voir…)

    Etrangement, j’en viens à esperer qu’il a rééllement des choses à se reprocher qui vallent la peine d’être étalées sur la place publique, cela éviter de nous donner l’impression que tout est permis en politique, y compris la dénonciation calomnieuse.

  • @ niamreg: eh bien, je le dis parce que je trouve un peu fort de café que ce soit ceux qui révèlent des faits graves qui soient mis en accusation dans les medias, dont l’ensemble des articles a tourné autour de « ces salopards qui font état de condamnations judiciaires ».

    Qu’on se penche sur leur cas, soit, mais qu’on ignore les faits concernant Ali Soumaré, c’est too much.

    @ un autre: pour info, j’ai sous les yeux le jugement du Tribunal de Grande Instance de Pontoise, prononcé le 13 octobre 2009, n° d’affaire 0919509505, par lequel M. Ali Soumaré a été condamné à deux mois de prison ferme, étant précisé (i) qu’il a déjà été condamné et (ii) que contrairement à ce qu’affirme Mignard, il a été dûment averti de l’audience mais ne s’est pas présenté.

    Il faudrait qu’il explique comment il compte s’acquitter de son mandat si la peine est confirmée en appel, à supposer que son appel, apparemment tardif, soit recevable.

  • Immense problème de probité de nos élus qui en se tenant la barbichette en cascade ne peuvent même plus mentionner les casiers judiciaires aussi fournis que celui de M. Ali Soumaré alors qu’ils en ont certainement connaissance pour beaucoup. Il devient nécessaire d’imposer la publication du casier judiciaire de tout candidat afin de dissoudre cette chape de plomb acceptée de façon consensuelle par les grands partis dont ont peut d’ailleurs se demander comment Mrs. Delattre et Poniatowsky ont pu soulever un coin. (Voir les déclarations extrêmement prudentes de Mme Pécresse et le silence magnifique de l’UMP sur ce sujet)

  • Ouh là, quelle agitation autour de cette histoire.

    J’aime bien ton billet et tes arguments, koz. Se pose quand même le problème de l’accès inégal à l’information. Si quelques candidats UMP n’avaient pas joué les fouille-merde, l’affaire ne serait jamais sortie, en tout cas pas avant qu’un conseiller général se retrouve éventuellement en prison, ce qui aurait certes fait un peu désordre.

    Je repense à un exemple ancien, les condamnations de MM Devedjian et Madelin, pour des actes graves, avec des attendus sévères, en 1965. Ces condamnations sont tombées aux oubliettes pendant plus de quarante ans. La même chose aujourd’hui leur aurait sans doute fermé toute carrière politique, pour peu qu’un adversaire politique rende public le jugement. Un bien, un mal ?

    Rendre public le CJ de manière systématique ne me semble pas une bonne solution. Le bon sens, s’il était un peu mieux partagé, pourrait suffire…

    Dans cette affaire, je m’abstiendrai personnellement de tout jugement, car je n’ai pas l’impression d’avoir pour le moment le moindre élément tangible… Quels sont les attendus du jugement de 2009, par exemple ?

  • Il a été condamné pour avoir « résisté avec violence » à une interpellation, « en l’espèce en se débattant ». Et

    « Le Tribunal entend faire une application rigoureuse de la loi pénale en condamnant ALI SOUMARE à une peine de deux mois d’emprisonnement ferme compte-tenu des condamnations déjà prononcées »

  • « Effectivement. Tout ce que l’on sait, c’est que, pour le vol aggravé, apparemment première condamnation, il a écopé de 6 mois de prison ferme. »

    Oh! Le « vol aggravé » m’avait échappé, à la lecture. Dans ce cas, ok pour crier haro sur le baudet et pour examiner ses antécédents.

    Reste que l’on voit encore mal le rapport avec un type de la trempe de Balkany, ou Chirac, chez qui on a l’impression que la fraude est en politique le moyen et la fin.

    Publier les casiers judiciaires de tous les candidats, why not, mais je crois que c’est passer à côté de l’essentiel : l’impunité des élus et responsables politiques une fois aux affaires (et non des simples candidats). Le CJ de Chirac? Pshiiit…

  • J’approuve sans réserve l’idée selon laquelle les électeurs ont le droit d’être informés de points aussi essentiels que les infractions pénales commises par un candidat, particulièrement lorsqu’elles présentent un certain degré de gravité. Mais je ne pense pas que quiconque en ait jamais douté, donc je peine un peu à voir l’utilité de dérouler un long argumentaire pour parvenir à cette conclusion.

    Ce qui est choquant dans cette histoire, ce n’est pas que le casier de M. Soumaré, si tant est qu’il corresponde à l’image dépeinte par MM. Delattre et associés, soit rendu public. Ce qui est désolant, c’est la façon dont cette publicité a été orchestrée. Désolant d’abord du côté du PS, qui a décrété l’omerta sur un sujet qu’il aurait mieux valu ouvrir à tous (rien de honteux, me semble-t-il, à croire aux erreurs de jeunesse et à la réhabilitation).

    Désolant ensuite, parce que ces informations ont été frauduleusement obtenues par des candidats UMP qui, de toute évidence, n’avaient pas nécessairement à coeur d’accomplir leur devoir républicain. Il s’agit ici d’exploiter les faiblesses d’un adversaire politique, par tous les moyens, et même si c’est vieux comme le monde, ça demeure petit, pathétique, et moche.

    Désolant enfin parce qu’une information ne vaut que dans son contexte : le fait brut, ici, n’a pas de sens. Le casier judiciaire à lui seul ne nous apprend pas grand chose, en définitive, sur M. Soumaré : il est des infractions qui, une fois encore, sont des erreurs. De l’individu, ou de la justice (d’où l’importance de la présomption d’innocence pour l’affaire en cours).

  • @ Gatien: malheureusement, vois-tu, en tant qu’électeur, je n’aurais pas une confiance absolue en quelqu’un qui s’est déjà rendu coupable des faits mentionnés pour ne pas faire aussi ce qu’a fait un Chirac… ou un Huchon.

    Clem a écrit:

    Le casier judiciaire à lui seul ne nous apprend pas grand chose, en définitive, sur M. Soumaré : il est des infractions qui, une fois encore, sont des erreurs. De l’individu, ou de la justice (d’où l’importance de la présomption d’innocence pour l’affaire en cours).

    C’est vrai. Mais pour le moment, la présomption d’innocence de Monsieur Soumaré a été quelque peu mise à mal… par la justice, qui l’a jugé coupable, en octobre dernier et l’a condamné à 2 mois ferme.

    Le risque, dès lors, est qu’il soit incarcéré d’un jour à l’autre, ou à l’issue de l’appel, en cours de mandat, s’il est élu.

    Cacher ce genre d’informations aux électeurs ne me semble guère plus glorieux que de les révéler de façon discutable.

  • Je n’ai pas lu les commentaires, donc je redirai sans doute quelque chose qui a déjà été dit.

    Je trouve que l’UMP utilise tous les moyens à sa disponibilité, même les plus bas, pour faire de la politique politicienne et tenter de juguler son hémorragie et son déficit de crédibilité.

    Les condamnations de Soumaré me font penser au parcours d’un habitant des quartiers qui a eu son lot de mauvais actes mais qui a tenté de s’en sortir, en passant par le monde associatif et par la politique.

    Je ne suis pas choqué qu’il puisse se présenter et tenter de passer à autre chose. Par contre, s’il profite un jour de son statut politique pour détourner de l’argent, il sera devenu pour moi une vraie crapule. Et là, je n’aurai aucune complaisance pour lui.

    Les contre-exemple qu’ont peut te donner à foison sont là pour dégonfler un peu la baudruche. L’UMP qui se procure des documents par une voie illégale et qui détourne l’argent public avec des politiques iniques, inégalitaires, qui comporte en son sein des champions hors-catégorie de la corruption, n’a vraiment pas à la ramener.

    Et, une fois de plus, sa stratégie électoraliste va se retourner contre elle. Quand on est bancal sur le fond, on attaque sur la forme. C’est un combat perdu d’avance, mais tellement à la hauteur de ce beau parti qui ne sait pas gouverner un pays.

    Alea jacta est.

  • « pas une confiance absolue en quelqu’un qui s’est déjà rendu coupable des faits mentionnés pour ne pas faire aussi ce qu’a fait un Chirac… ou un Huchon. »

    Et moi je continue de dire que ça n’a rien à voir. Chirac est arrivé au pouvoir par la fraude institutionalisée (Huchon, je ne sais pas, mais je suis tout à fait d’accord pour rappeler ses délits, qui me semblent graves), Soumaré est un criminel de droit commun. Pas une raison pour lui faire confiance, mais pas une raison non plus pour mélanger les torchons et les serviettes.

    @Clem

    « Désolant d’abord du côté du PS, qui a décrété l’omerta sur un sujet qu’il aurait mieux valu ouvrir à tous (rien de honteux, me semble-t-il, à croire aux erreurs de jeunesse et à la réhabilitation). »

    Vous paraphrasez le porte-parole du PS…

    « Selon lui, Ali Soumaré “reconnaît que quand il avait 18 ans, il a fait de grosses bêtises pour lesquelles il a été condamné. Il a exécuté sa peine”. » http://regionales.blog.lemonde.fr/2010/02/22/val-doise-ali-soumare-porte-plainte-apres-sa-mise-en-cause-par-le-maire-de-franconville/#xtor=RSS-32280322

  • Le vol aggravé me semble beaucoup plus sérieux que cette histoire de résistance à une interpellation, il faudrait connaître les circonstances pour se faire une opinion – il s’agit d’un registre quelque peu galvaudé récemment. Bref, j’attends toujours une liste exhaustive et détaillée avant de me joindre à la vindicte populaire.

    J’en reviens à notre petite discussion sur le délai d’appel.

    Reprenons ce cas d’école calmement.

    Soit un prévenu, régulièrement cité à comparaître, mais qui ne se présente pas à l’audience où le jugement est rendu, et n’y est pas représenté.

    Le jugement est prononcé en dehors de sa présence, et le condamne à de la prison ferme.

    Du fait qu’il a été régulièrement cité à comparaître (art 410 CPP alinea 1), mais était « non comparant et non excusé », le jugement est contradictoire à signifier (article 410 CPP alinea 2).

    Selon l’article 498, l’appel est interjeté à partir d’un délai de dix jours (alinea 1) qui court à compter de la signification du jugement quel qu’en soit le mode (alinea 2), dans les cas prévus par l’article 410 (ce qui est bien le cas), sous réserve des dispositions du 498-1 (498, dernier alinea)

    La peine étant d’emprisonnement ferme, le 498-1 s’applique. Toutes les conditions sont remplies : pas signifié à personne, dans les conditions du 410. le délai d’appel ne court qu’à compter de la signification du jugement, sous réserve des dispositions du deuxième alinéa, qui dit « le délai d’appel courant à compter de la date à laquelle le prévenu a eu connaissance de la condamnation ».

    En l’absence de signification, le délai d’appel courait donc à compter de la date à laquelle l’affaire est devenue publique, à moins de pouvoir prouver qu’il avait eu connaissance de sa condamnation auparavant.

    La commission des lois du sénat qui a examiné la loi de 2008 a la même analyse : http://www.senat.fr/rap/l07-266/l07-2662.html – la loi en question n’a finalement, j’ai l’impression, pas changé grand chose.

  • Gatien a écrit:

    Soumaré est un criminel de droit commun. Pas une raison pour lui faire confiance, mais pas une raison non plus pour mélanger les torchons et les serviettes.

    Au risque de vous paraître indûment généralisant, j’ai un peu tendance à penser que quelqu’un qui est capable d’un vol aggravé et de violences est plus probablement capable de prise illégale d’intérêt que l’inverse. Bien sûr, c’est que du feeling. Mais hein, bon…

    Quant à la rubrique « erreurs de jeunesse », c’est un peu facile quand les dernières condamnations sont de 2009 et 2004. On n’est pas en train de reprocher à un type de 60 balais ce qu’il a fait à 20 ans, mais à quelqu’un de 29 ans ce qu’il a fait à 28, et à 24…

  • @Koz : « Cacher ce genre d’informations aux électeurs ne me semble guère plus glorieux que de les révéler de façon discutable », dis-tu.

    Je ne me risquerai pas à la comparaison, mais pour quelqu’un qui écrit que « le fait qu' »en face » ils ne soient pas clean ne m’a jamais paru être une raison suffisante pour s’autoriser des dérives » (sic), il me semble que l’argument qui veut que le comportement du PS soit à peu près aussi critiquable que celui de l’UMP n’excuse ni ne justifie en rien l’instrumentalisation à laquelle nous assistons. Tout le monde a fauté, c’est entendu ; mais j’ai une tendance à préférer les silencieux aux délateurs. Particulièrement lorsque ces derniers sont hautement intéressés.

    @Gatien : J’ignorais que je paraphrasais Hamon. Navré pour la redite, donc, mais je maintiens : de même que je trouve profondément imbécile que les diplômes passés à 23 ans régissent les carrières d’hommes qui en ont 35, 40 ou 50 ; il me semble que les erreurs commises par des hommes qui ont depuis su s’amender et les dépasser ne doivent pas rester des stigmates à vie (ces erreurs s’inscrivant bien entendu dans une certaine mesure : je ne militerais pas, par exemple, pour l’oubli des travers d’Imad Lahoud). Il reste bien entendu à vérifier si M. Soumaré, en admettant qu’il soit coupables des infractions dont on l’accuse, ait effectivement su les dépasser : c’est un autre débat, sur lequel je suis pour le coup sans opinions (manque d’information oblige).

  • Cacher ce genre d’informations aux électeurs ne me semble guère plus glorieux que de les révéler de façon discutable.

    La seule chose qui est sûre, c’est que pendant ce temps là, on ne parle pas des sujets de fond : logement, transports, mutation écologique de la société, éducation, … La bonne question à poser est à mon avis : à qui profite le crime, qui n’a pas intérêt à ce qu’on parle du fond ? Ma réponse étant : pas à europe écologie que je soutiens en tous les cas. Pas sûr que le crime paie cependant, on se rappelle ce qu’il est arrivé à Bayrou aux européennes…

  • J’avoue que je ne comprends pas tellement cette histoire, et je trouve assez hallucinant l’assurance des uns et des autres qui ont l’air de tout savoir sur le casier d’Ali Soumaré et de son passé ! D’autant plus que si j’ai bien compris, l’avocat de Soumaré dément une bonne partie des faits reprochés, et il y aurait confusion et assimilation avec un homonyme. Si c’est vrai, honnêtement, ça la fout mal pour tous les politiques, journalistes et blogueurs qui parlent et généralisent manifestement sans savoir.

    Sinon, je ne trouve pas incongru de mettre le cas Balkany en avant dans la mesure où les attaques viennent précisément de l’UMP, et que donc cette dénonciation montre clairement que les élus UMP font deux poids deux mesures quand il s’agit de dénoncer les délinquants et de les clouer au pilori. En plus, si j’ai bien compris, il y a fort à parier que les méthodes pour faire cette dénonciation sont elles-mêmes illégales, ça la fout d’autant plus mal de venir faire des leçons de morale.

    j’ai un peu tendance à penser que quelqu’un qui est capable d’un vol aggravé et de violences est plus probablement capable de prise illégale d’intérêt que l’inverse. Bien sûr, c’est que du feeling. Mais hein, bon…

    Ça fait quand même « qui vole un oeuf vole un boeuf » cette histoire, j’aime pas trop, et, si je puis me permettre, c’est pas super chrétien cette façon un peu essentialiste d’exclure la possibilité d’une rédemption 😉

  • Pour qu’il y ait rédemption, il faut qu’il y ait pénitence. En l’occurrence il apparaît que M. Soumaré n’a pas finit d’avoir des déboires avec la justice puisqu’il a été condamné à 2 mois de prison, et que son appel n’est pas sûr d’être reçu, cf. Koz. Sinon, un peu dommage de revoir le même sujet traité partout de la même façon : entre Eolas, Causeur et Koz, il n’y a pas une très grande diversité d’opinions.

  • salut, excellent article qui remet bien les pendules à l’heure. Je rejoins Xerbias pour dire que Huchon lui même ayant déjà été condamné, on se demande bien par quelle mystérieuse prise de conscience il aurait écarté Ali Soumaré…

    Les arguments de Frednetick frôlent le ridicule…

  • Pingback: Expression Libre

  • @Koz: Tu prends pour acquis 2004 alors même que cette condamnation fait partie de celles qu’Ali Soumaré récuse, c’est étrange.

    Quant à celle de 2009, tu fais comme si elle était majeure, qu’en sais tu?

    Enfin, et c’est le plus beau pour un blogueur « politique » aussi fin que toi, oser dire qu’un condamné (il y a 11 ans de cela) pour violence (bref bagarre) est « plus probablement capable de prise illégale d’intérêt que l’inverse » c’est vraiment à la limite de foutage de gueule de tes lecteurs.

    Comment qqu’un comme toi peut-il ainsi se livrer à de la grosse extrapolation à la pelle quand tu es habituellement plus proche du scalpel?

    Tu es avocat, tu as plaidé en correctionnel, tu l’as dit. Imagine un bagarre à plusieurs (en réunion), un objet disparait (vol), mix les deux, vol et violences en réunion, circonstance aggravante, 6 mois. Cela te parle plus comme ça? La république serait effectivement en danger et les deniers publics bien susceptibles d’être accaparés.

    Un peu de mesure ne ferait pas de mal me semble t-il.

  • @Lomig : le ridicule c’est peut être celui qui base sa réflexion sur un package de faits sans chercher à distinguer le vrai du faux à priori.

    On en reparle ds qques temps…

  • Alors, si je comprends bien : Il n’y a pas de fumée sans feu, qui ne dit mot consent et qui vole un œuf vole un bœuf. Le bon sens près de chez vous, en somme.

    Mais peut-être aussi que qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Et puis Matthieu XVIII, 21-22.

  • @ Augustin : si, entre Eolas et Koz, il y a une grande diversité d’opinion, voire une opposition.

    Pour ce genre de discussion, il y a, je crois, deux prérequis pour qu’elle puisse être interessante : 1. Se demander comment nous traiterions le sujet en inversant les tendances politiques (faire comme si Mr Soumaré était UMPn et Mr Delattre PS) 2. S’interdire toute référence à « les autres ne font pas mieux » ou « le camp d’en face a fait la même chose » (essayer d’évaluer la situation en elle-même, de façon certes réaliste, mais sans justifier une faute par les fautes des autres).

    Il me semble que tant Koz que Eolas ont tenté cette approche, avec plus ou moins de succès.

    L’approche de Koz et de P. Bilger est de dire : l’aspect delictueux de la façon dont les informations ont été obtenue est quasi secondaire par rapport à la reflexion sur la nécessité de connaitre le passé judiciaire de quelqu’un, et en l’occurence de connaitre la vérité sur les accusations faites à l’encontre de Mr Soumaré.

    L’autre approche étant de dire : puisque je ne connais rien du fond juridique de l’histoire, je m’intéresse à l’aspect delictueux de la façon dont l’information est obtenue.

    La troisième approche est de dire :quelqu’un qui a été condamné n’est plus éligilible, à vie. un point c’est tout. – difficilement défendable, et dangereuse.

    Les deux approches sont complémentaires, et intéressantes. Heureusement qu’il existe la possibilité de porter plainte pour diffamation pour éviter la dérive qui consisterait à faire courir de fausses rumeurs de condamnations d’un opposant. Je crois que dans un procès, quand des preuves ont été obtenues de façon illégales, elles sont sujettes à caution, non ? Elles peuvent néanamoins aider à se faire une idée de la vérité.

    Donc, en l’espèce, peut être faudrait il remercier Mr Delatttre de nous rappeler que les candidats devraient communiquer à leur parti leur CJ avant d’être inscrit sur les listes. Cela ne les empecheraient pas de se presenter, mais cela éviterait à leur parti de se faire mal en tombant de l’armoire le jour où l’information devient publique, en ayant préparé des éléments de langage permettant d’expliquer la situation (de façon pas toujours efficace, mais c’est une autre histoire). Et ensuite, attendre calmement mais fermement d’en savoir vraiment plus sur la situation judiciaire de ce monsieur, pour se prononcer sur la gravité de ce qu’il a ou non commis et les risques que cela fait prendre à notre démocratie.

    Et enfin, puisqu’il n’y a pas de raison qu’il y ait une prime à l’obtention d’information peut être frauduleuse, mettre tous les candidats sur un pied d’égalité, en leur demandant de publier (ou de mettre à disposition) leurs CJ (B2 ou B3, je ne sais plus)- et tant pis pour ceux, quel que soit leur bord politique, qui n’auraient pas les fesses propres – je ne sais pas tres bien où on va par là, mais c’est la seule réponse juste à cette accusation un peu nauséabonde.

    Mais j’imagine que les partis politiques ne m’ont pas attendus, et que le centre des CJ est déjà assailli de demandes individuelles de tous les élus désirant faire connaitre à leurs électeurs leur passé judiciaire (et non démontrer leur virginité judiciaire, ce qui n’aurait pas de sens).

    Est-on pret à ça ?

  • @Koztoujours

    Pour répondre a ta question sur la morale et la loi: Loin de moi l’envie de les opposer, au contraire elles sont complémentaires, mais elles ne doivent pas être considérées au même niveau. La loi, c’est la « morale » écrite, stable, constante, universelle et admise par tous. La morale par contre elle est subjective et personnelle. Tu dois avoir autant de définition de la bonne moralité qu’il existe d’individu (d’où, à mon avis, l’impossibilité d’établir un concept de « common decency » en tant soit peu tangible). La loi s’impose a tous, la morale n’engage que nous même et notre conscience, et ne peut être imposée a d’autres. A partir de ce postulat, il me semble impératif d’aborder les questions (telle que celle qui nous occupe) à partir du Droit. Le droit doit être la base de notre réflexion, quitte a la prolonger dans un second temps par des considérations morales (qui vont bien, et tu as raison de la rappeler au delà du droit simple). La démarche inverse me semble plus périlleuse.

  • N’avez vous pas songé à une autre lecture possible des faits : une subtile opération de communication brillament orchestrée par le parti socialiste ? Vous basez une partie de votre analyse sur le fait que ces condamnations soient dommageables au candidat. Est-ce si certain ? Avoir un casier ne pourrait-il pas être un argument électoral ? Et si le parti socialiste, voulant représenter « les quartiers », avait fait des pieds et des mains pour trouver une « personne issue de la diversité » qui ait été condamnée à plusieurs reprises ? Bien entendu, pas question pour le candidat de se vanter de ces condamnations, mais en fournissant quelques éléments au « camp d’en face » en espérant qu’il morde à l’hameçon, celui ci s’en chargera pour vous. Vous faites d’une pierre deux coups : l’information circule, et votre adversaire est discrédité. Ajoutez à cela une défense médiocre qui va alimenter le buzz un temps : même si certains des faits reprochés ne sont pas avérés – comptez sur votre adversaire politique pour faire dans l’excès, ne rien démentir : il sera toujours temps de le faire par la suite pour achever le malheureux délateur. C’est tordu ? C’est vrai : j’aime bien sortir des sentiers battus.

  • @ jmf: je ne voudrais pas te faire de la peine ou ruiner tes espoirs politiques mais tu as vraiment l’impression que c’est à cause de ça qu’on ne parle pas des sujets de fond ? Tu as vraiment l’impression que la campagne les avait abordés avant ? Quant à penser qu’aborder les sujets de fond profiteraient nécessairement à Europe Ecologie, pourquoi pas, mais c’est un peu la foi du militant.

    Augustin a écrit:

    Sinon, un peu dommage de revoir le même sujet traité partout de la même façon : entre Eolas, Causeur et Koz, il n’y a pas une très grande diversité d’opinions.

    Vous devriez relire la presse, pour commencer, puis Eolas. Sinon, pour Causeur, j’ai une explication : la communauté de vues doit venir du fait que c’est mon billet qu’ils ont publié.

    Tom Roud a écrit:

    D’autant plus que si j’ai bien compris, l’avocat de Soumaré dément une bonne partie des faits reprochés, et il y aurait confusion et assimilation avec un homonyme. Si c’est vrai, honnêtement, ça la fout mal pour tous les politiques, journalistes et blogueurs qui parlent et généralisent manifestement sans savoir.

    Ali Soumaré peut évidemment s’exprimer par la voix de son avocat. Mais tu comprendras que sa parole ne soit pas incontestable. Or le jugement du 13 octobre 2009 précise qu’il fait une application rigoureuse de la loi « compte tenu des condamnations déjà prononcées« . Sauf à ce que cela soit une erreur de plume, ou une facilité d’expression, ce pluriel semble indiquer qu’il n’y a pas qu’une seule condamnation, non ?

    Tom Roud a écrit:

    Sinon, je ne trouve pas incongru de mettre le cas Balkany en avant dans la mesure où les attaques viennent précisément de l’UMP, et que donc cette dénonciation montre clairement que les élus UMP font deux poids deux mesures quand il s’agit de dénoncer les délinquants et de les clouer au pilori.

    Possible. Mais je ne suis pas un élu, mais un électeur. A mon niveau, je ne vois pas ce que change l’affaire Balkany.

    Tom Roud a écrit:

    Ça fait quand même « qui vole un oeuf vole un boeuf » cette histoire, j’aime pas trop, et, si je puis me permettre, c’est pas super chrétien cette façon un peu essentialiste d’exclure la possibilité d’une rédemption

    Être chrétien ne veut pas dire être aveugle, ni joueur. Lorsque tu votes, tu confies un mandat, tu fais confiance. A tout prendre, faire confiance à quelqu’un qui ne se serait pas montré digne de confiance dans le passé, ça n’est pas très rationnel.

    frednetick a écrit:

    Enfin, et c’est le plus beau pour un blogueur « politique » aussi fin que toi, oser dire qu’un condamné (il y a 11 ans de cela) pour violence (bref bagarre) est « plus probablement capable de prise illégale d’intérêt que l’inverse » c’est vraiment à la limite de foutage de gueule de tes lecteurs. Comment qqu’un comme toi peut-il ainsi se livrer à de la grosse extrapolation à la pelle quand tu es habituellement plus proche du scalpel? Tu es avocat, tu as plaidé en correctionnel, tu l’as dit. Imagine un bagarre à plusieurs (en réunion), un objet disparait (vol), mix les deux, vol et violences en réunion, circonstance aggravante, 6 mois. Cela te parle plus comme ça? La république serait effectivement en danger et les deniers publics bien susceptibles d’être accaparés.

    Avant d’évoquer extrapolation et foutage de gueule, tu serais bien inspiré de repenser tes commentaires.

    Si tu veux jouer du scalpel, alors, en 2002 (pr faits 99), sa condamnation n’est pas pour violences mais pour vol aggravé. Par ailleurs, parler de « bagarres » pour des faits de « violences » qui te colle six mois au trou, ce serait un doux euphémisme.

    Ensuite, j’aime beaucoup ton scénario mais m’imputer dans le même temps des extrapolations, c’est… limite du foutage de gueule.

    un autre a écrit:

    L’approche de Koz et de P. Bilger est de dire : l’aspect delictueux de la façon dont les informations ont été obtenue est quasi secondaire par rapport à la reflexion sur la nécessité de connaitre le passé judiciaire de quelqu’un, et en l’occurence de connaitre la vérité sur les accusations faites à l’encontre de Mr Soumaré.

    C’est effectivement l’origine de ce billet. Si Delattre et Poniatowski ont commis des faits répréhensibles, qu’ils soient condamnés. Mais le fait de faire immédiatement le procès de ces deux-là sans s’être seulement questionnés sur la réalité des faits, comme l’ont fait medias et socialistes (plus compréhensible pour ces derniers, certes), ça n’est pas un traitement de l’info convenable.

    un autre a écrit:

    Mais j’imagine que les partis politiques ne m’ont pas attendus, et que le centre des CJ est déjà assailli de demandes individuelles de tous les élus désirant faire connaitre à leurs électeurs leur passé judiciaire (et non démontrer leur virginité judiciaire, ce qui n’aurait pas de sens). Est-on pret à ça ?

    Il y a eu, un temps, une « jurisprudence Balladur » qui voulait qu’un ministre mis en examen démissionne. C’était un peu trop rigoureux, une mise en examen pouvant être un peu instrumentalisée. Mais aujourd’hui, on a effectivement un mis en examen candidat (Santini) et un condamné tête de liste (Huchon), plus le cas de Soumaré. Il me semble que l’on devrait pouvoir trouver dans le vivier politique des personnes qui ne sont pas condamnées, pour nous représenter.

    Après, je pense que oui, les partis devraient demander un casier à leurs candidats. On fournit bien un casier dans de multiples autres occasions, le fournir pour devenir un élu de la République ne paraît pas ahurissant.

    @ zeyesnidzeno: mon propos initial était davantage de dire qu’il n’y a aucun obstacle juridique à ce qu’Ali Soumaré se présente, mais que la moindre des choses est de donner aux électeurs la capacité de faire un vrai choix, en connaissance de cause.

    La question de savoir si Ali Soumaré doit retirer sa candidature va au-delà. Pour moi, la première question est de savoir comment moi, j’analyse cette situation, et si j’accorde mon vote. Ensuite, je ne me fais guère d’illusions sur le fait qu’Ali Soumaré retire sa candidature. Mais quand je pense à certaines démissions fracassantes pour des faits d’une gravité relative, le fait d’avoir caché l’existence d’une procédure correctionnelle à son encontre (car il en était bien informé) n’est pas le meilleur gage de moralité. Encore une fois, dans d’autres pays, un homme qui trompe sa femme doit se retirer et faire une confession publique. C’est pas mon truc. Mais qu’un homme qui cache l’existence d’une procédure correctionnelle, et d’une condamnation potentielle, reste candidat, effectivement, ça ne m’évoque pas un standard élevé de moralité.

  • @frednetik

    C’est rigolo, ça. Accuser Koz « d’extrapolations » avant de nous inventer un scénario attendrissant au cours duquel Panpan le lapin a pu prendre 6 mois, presque à l’insu de son plein gré.

    La vérité c’est que vous n’en savez rien, Koz non plus, mais je note avec lui qu’il prend 6 mois direct pour une première condamnation, preuve que Panpan est tombé sur un juge vache avec les lapins, quand même.

    De toutes façons, là n’est pas le problème. Comme Koz l’a bien dit, le problème est l’information du citoyen. le parcours exemplaire du gars qui a galéré et payé pour ses conneries puis qui s’en est sorti, je veux bien acheter, mais cela suppose la publicité et l’amende publique que M. Soumaré s’est bien gardé de fournir.

    Tout cela en supposant bien sûr que la dernière condamnation pour rebellion, c’est vraiment rien, hein, vu que tous nos policiers c’est des fascistes à tendance raciste. Surtout que si c’est bénin, un candidat devrait avoir plein de choses intéressantes à nous raconter plutôt que de nous faire le coup du « perché! présomption d’innocence! ».

    Mon bilan, c’est que comme les listes se tirent visiblement la bourre en matière de délits d’initiés, je voterai plutôt pour la liste où les repris de justice n’ont jamais tapé personne. croyez bien que je suis le premier à regretter que la politique en soit tombée là.

  • « le droit évident pour les électeurs d’être informés sur des faits marquants de la personnalité d’un candidat, afin de voter en toute connaissance de cause. » Conclusion : tout candidat à une élection se doit de présenter un extrait de casier judiciaire ? Cà va faire rigoler sur les bancs des assemblées… Mais après tout, pourquoi pas ? On demande bien la déclaration des biens aux candidats à la présidence.

    « Sans compter le fait qu’une personne encore récemment condamnée « au nom de la République Française » ne serait guère qualifiée pour en devenir un élu. » Conclusion : toute personne condamnée à quoi que ce soit (récemment ? donc jusqu’à quel date dans le passé ? ou de tout temps ?) ne peut se présenter et est donc de fait inéligible.

    Est-ce bien le résumé de la docte pensée de Koz ?

    Ou bien y’a t’il un espace dans ce mur de raison pour planter quelques pitons, du genre : droit à l’oubli, purgation de peine, et autre billevesées du droit, qui font qu’un citoyen qui commet une faute puisse ne pas se voir reproché cela toute sa vie, surtout s’il a été condamné et qu’il a purgé la peine qui lui a été signifiée par la justice de la société, en notre nom à tous ?

    De même, ceux qui sont sous le coup d’une procédure ne pourraient faire valoir leur droit à se présenter aux sufffrages ? Sans doute cela signifie t’il que tout élu visé par une procédure devrait immédiatement démissionner ? De biens nelles perspectives pour les opposants : c’est d’ailleurs pour cela que le président est intouchable pendant son mandat. Faut-il aussi changer cela ?

    Ou bien seuls les saints (et ceux qui ne se seront jamais fait prendre) pourront-ils être nos représentants ?

    PS : « Requis, mais hidden » est affreux.

  • Ce billet et surtout l’abondance des commentaires permettent d’illustrer merveilleusement le fonctionnement de la rumeur et de la calomnie. On pourra se référer à http://twitpic.com/14vmhv pour une description classique.

    L’idéal est de partir de faits véritables, sinon cela se dégonfle trop vite. Le tout est de bien les accommoder, de monter un peu la sauce, supprimer les bons détails. Une fois muni de cette base, on rajoute d’autres faits, inventés ou approximatifs, le tout est que l’ensemble ait une cohérence.

    Nous avons ici tous les ingrédients. Les faits véritables : une condamnation de 1999 (plus de dix ans, au passage : pas d’exception de vérité, loi de 1881 art 35 alinea 2). Sur le fond, une telle condamnation ne me dérange pas, et si une page a été tournée, je ne souhaite pas qu’un candidat le mentionne, sauf à vouloir jouer sur un registre de délinquant repenti qui me dérangerait plus que la table rase sur le passé prévue par le législateur. Je ne réclame pas la déchéance de Madelin et Devedjian à cause de leur passé de délinquant et leur condamnation aux attendus sévères d’il y a quarante ans (si je suis bien le raisonnement de koz, il le faudrait ?).

    Second fait véritable, une condamnation de 2009. C’est là que le mécanisme commence à bien fonctionner. On ne sait pas grand chose des circonstances, c’est visiblement un jugement contradictoire à signifier. Pourquoi l’absence et la non-représentation du prévenu ? Cela m’est déjà arrivé d’être absent et de ne pas recevoir un recommandé… Quels sont les faits ? Compte-tenu du climat de Villiers le Bel, je serais plutôt prudent ici. On embarque trois noirs, l’un d’eux dit qu’il ne faisait que passer et tente de se dégager, et hop, rébellion, on le sait bien. C’est tout aussi possible que tout autre scénario. Et le jugement a du être réglé rapidement en l’absence de toute défense. Donc contrairement à d’autres, je laisse le bénéfice du doute en attendant l’appel. Je pense que l’appel sera recevable (on parie une bière, koz ?), et on y verra plus clair.

    Et puis maintenant les autres faits. C’est là que la machine s’emballe. Invention, homonymie ? Peu importe, mais il semblerait bien que ces faits n’aient aucune réalité. Mais ils sont cohérents avec le reste, la construction marche bien. Et tout le monde tombe dans le panneau, même koz, souvent plus modéré. Il a bien vérifié, plus prudent que la moyenne, l’existence du jugement de 2009. Mais c’est plus difficile de constater la non-existence d’autres jugements, et je me méfie de l’utilisation du « compte tenu des condamnations déjà prononcées » du jugement de 2009 pour en déduire la réalité des autres faits.

    Bref, en ce qui me concerne, j’attends avant d’émettre le moindre jugement. Je constate avec déception les méthodes utilisées, avec lesquelles Jouanno, Pécresse, Bertrand ont pris leurs distances, prudence fort compréhensible mais tout à leur honneur. Même Frédéric Lefebvre se modère, c’est peu dire.

    Et oui, je pense que les partis devraient vérifier le CJ avant d’investir un candidat. Mais je ne dis rien de plus. Vérifier le CJ, sans le rendre public, et décider si le candidat est investi ou non.

  • @vivien: comme il se trouve aussi que j’ai eu la version des faits de panpan, je ne suis pas forcément le plus mal placé ds l’histoire.

    Pour 2009, les flics fascistes vous pouvez les ranger, rien de tel. Cependant quand un commissaire de police signifie qu’effectivement ça a été un peu loin pour ce qui s’est réellement passé, on peut imaginer aussi que si ce n’est pas rien, ce n’est pas non plus la fin du monde.

    Maintenant il ne s’agit que d’une version que je choisis de croire parce qu’elle va avec l’histoire complète et sans tabous, qu’elle n’élude rien, ce qui donne quelques crédits aux autres affirmations.

    @Koz: même réponse.

  • Je relaie le commentaire de Xerbias:

    « Jean-Paul Huchon a été condamné à six mois de prison avec sursis et 60 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts, des faits qu’il a commis en tant que président de conseil régional. »

    Je suis atterré que cela ne soit pas l’un des éléments centraux du débat sur cette élection en Ile de France. Par quelle pusillanimité Mme Pécresse ne questionne pas la qualité de M. Huchon à poursuivre sa mission ? Pourquoi M. Huchon ne s’est-il pas senti l’obligation d’expliquer aux électeurs ce qui s’était passé, et de donner certaines ganranties pour l’avenir ? Comment le PS n’est-il pas sommé de s’expliquer sur ses choix de tête de liste et leurs déboires judiciaires ?

    Huchon + Dray + Soumaré, ça fait un peu beaucoup, non ?

    Pour suivre le cas Balkany, condamné, inélégible puis réélu maire de Levallois, on peut être effondré de ce parcours et des critères de choix des levalloisiens. Mais une chose est sûre: sa situation a été abondamment citée et commentée pendant la campagne.

    Les électeurs ont certainement le droit de blanchir politiquement leurs élus, mais ils ont aussi et avant tout le droit d’être informés sur le passé judiciaire des candidats.

  • Mea culpa, j’avais lu Eolas plus qu’en diagonale. Sinon, c’était une petite touche d’humour pour Causeur… Enfin, pour la presse : l’opinion qu’a Le Monde est très convenu sur le sujet – et apparemment il y a un certain conformisme éditoriale sur le sujet. Je commence à croire au parti des Médias d’E. Lévy.

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  • @ Zeyes

    On connait tous l’issu de cette triste affaire. Le coupable a été blanchi. Les cadres de tracfin ou du MinFin jamais inquiétés. La seule satisfaction que l’on peut tirer de l’affaire Dray est de voir la prudence avec laquelle les médias traitent aujourd’hui l’affaire Ali Soumaré.

    Ton raisonnement est parfait à un détail près. Julien Dray n’a pas été « blanchi ». Il a fait l’objet d’un rappel à la loi qui est une peine alternative conçue pour éviter d’engorger les tribunaux – une sorte de premier avertissement – lorsqu’une violation de la loi a été constatée. Autrement dit, Dray a violé la loi, ensuite il a fait l’objet d’un rappel à la loi, et c’est définitif puisqu’il ne peut même pas faire appel. Enfin, je trouve tout à fait intéressant ce qui a été révélé à l’occasion de cette affaire sur Dray qui donc n’a pas été blanchi ce qui est un motif de satisfaction pour moi. Le deuxième motif de satisfaction c’est que l’omerta a été levé sur les liens qui unissent la FIDL, SOS Racisme, les Amis de SOS Racisme, Pierre Bergé, etc.

    Mais je suis d’accord avec le fait que le rapport Tracfin n’aurait jamais du sortir ou être publié avant cette décision et ce rappel à la loi. Une fois cette décision prise, par contre, la justice étant/devant être publique, le rapport et les autres éléments de l’enquête aurait du être publiés.

    je suis surpris par un point cependant. Je crois savoir que la position officielle du PS soit la levée du secret de l’instruction, la transparance quant aux enquêtes en particulier sur des hommes politiques afin d’éviter que des affaires ne soient entérrées et/ou négociées au plus haut niveau. Je m’étonne donc, que l’on se réfugie derrière le secret des enquêtes, de l’instruction, des condamnations même, lorsqu’il s’agit d’un homme de gauche.

    La transparence est la clé en matière politique. On publie bien le patrimoine des candidats ce qui est bien plus privé qu’une condamnation publique. C’est aux électeurs de décider. Encore faut-il qu’ils soient au courant des faits. Je ne voterais jamais pour Balkany, jamais pour Dray, jamais pour Carrignon, jamais pour Huchon, jamais pour Emmanuelli, jamais pour Juppé, etc. Je pourrais voter pour Chirac, parce que jusqu’à preuve du contraire il est totalement innocent des faits que certains lui reprochent.

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  • @ Epo

    Je ne voterais jamais pour Balkany, jamais pour Dray, jamais pour Carrignon, jamais pour Huchon, jamais pour Emmanuelli, jamais pour Juppé, etc.

    Il ne faut jamais dire jamais. Ça dépend aussi du candidat d’en face. Par exemple, je m’étais juré de ne jamais voter pour Chirac, à cause des nombreuses casseroles, surtout celle d’Ouvéa. Et j’ai dû manger mon chapeau en 2002…

    Cela dit, je suis d’accord sur le fond: une condamnation par la justice, c’est, en principe, éliminatoire. La publication a priori du casier judiciaire ne serait pas une mauvaise idée, mais je préférerais que les partis qui présentent des candidats se chargent eux-mêmes de s’assurer de leur propreté, et assument publiquement les exceptions s’ils souhaitent en faire.

    À condition qu’il y ait transparence, on peut comprendre des erreurs de jeunesse, et surtout on peut accepter qu’une personne se soit « rangée » et réhabilitée par quelques années de services rendus à la collectivité. C’est peut-être le cas ici (j’exclus la mise en cause plus récente, qui est encore susceptible d’appel, et qui peut n’avoir été qu’une banale altercation avec un policier zélé). Le problème, c’est que M.Soumaré a dissimulé son passé, et ne présente l’excuse de la jeunesse qu’après coup. Ça affaiblit considérablement sa crédibilité.

    Pour finir, il y a la façon douteuse dont les infos ont été sorties. D’après Eolas et d’autres, il y a forcément eu un délit quelque part. De plus, l’extrême prudence dont fait preuve Valérie Pécresse révèle qu’elle a conscience d’un problème sérieux. Donc, c’est éliminatoire pour M.Delattre aussi.

    Je ne suis pas électeur dans le Val d’Oise, mais si je l’étais, je serais content qu’il existe d’autres listes.

    @ jmf: au contraire, cette histoire est tout bénéf pour Europe Écologie. Pour le FN et toutes les candidatures protestataires aussi, naturellement.

  • @ Gwy

    D’après Eolas et d’autres, il y a forcément eu un délit quelque part.

    Je dois être totalement fou, inconscient, un mauvais web patriote, un demeuré sans doute, et je m’en excuse par avance, mais je vais faire ici un aveu : je ne considère pas Eolas comme étant La Justice. Et je ne considère pas ses billets comme valant condamnation. Je les considère comme reflétant une opinion, d’un avocat – opinion parfois basée sur des faits, parfois non.

    Sinon je suis assez d’accord sur le reste.

    En fait, paradoxalement, je serais plutôt contre l’existance du casier judiciaire dans le principe qui, en l’état, supprime de fait la possibilité de rédemption.

    En réalité, je serais plutôt favorable à la possibilité de nettoyer son casier par des actes qui prouvent non pas la réinsertion d’un individu dans la société ou l’exécution d’une peine, mais une véritable rédemption qui n’a rien à voir avec le fait de se comporter normalement dans les années qui suivent. Dans ce cas, le casier devrait tout simplement disparaître même aux yeux des juges. En attendant cette hypothétique possibilité de rédemption, je suis contre la candidature d’un élu ayant été condamné.

  • Faut-il rappeler que Monsieur Balkany ne se présente pas à cette élection ?! En revanche Huchon lui veut être à nouveau Président de Région, alors qu’il a été condamné !! On s’excite sur le cas de Soumaré… mais c’est quand même moins grave pour un politique que les faits reprochés à Huchon qui sont ni plus ni moins que de la corruption ! Comme d’habitude il y a derrière cette polémique « Soumaré » le soupçon du racisme et de la discrimination. Mais pourquoi ne s’explique t’il pas tout simplement ? Trop facile de renverser ainsi les choses. Les électeurs ont le droit de savoir… et le PS devrait choisir ses candidats en connaissance de cause. Quel amateurisme de sa part ! Étonnant de voir comment les choses sont présentées dans la presse : c’est l’UMP qui devrait être « embarassée » par cette affaire. Heureusement que dans notre beau pays les médias sont tous contrôlés par Sarkozy !

  • je ne considère pas Eolas comme étant La Justice. Et je ne considère pas ses billets comme valant condamnation.

    Moi non plus. Son avis est simplement celui d’un expert. Ce n’est pas la même chose qu’un jugement à l’issue d’un procès contradictoire. C’est pourquoi j’accorde beaucoup d’attention à la réaction de l’UMP et notamment celle de Mme Pécresse, ainsi qu’aux explications fournies ou non par l’équipe de M.Delattre.

    Avec raison, Koz a déduit des conclusions du fait qu’Ali Soumaré ne niait pas l’ensemble des accusations, mais seulement certaines d’entre elles. De même, je tire des conclusions du fait que l’UMP n’est pas capable d’indiquer une source légale pour les informations qu’elle a divulguées.

    Aucune enquête n’est ouverte, et nous n’aurons pas le fin mot de l’affaire avant l’élection. Les électeurs devront donc se décider en fonction des données publiquement disponibles. C’est nécessairement imparfait, tant pis. Jusqu’à plus ample informé, j’estime que M.Delattre et M.Soumaré ont l’un et l’autre eu un comportement indigne d’un candidat.

  • d’accord ou presque, pour cette fois avec gwynfrid:

    « Avec raison, Koz a déduit des conclusions du fait qu’Ali Soumaré ne niait pas l’ensemble des accusations, mais seulement certaines d’entre elles. De même, je tire des conclusions du fait que l’UMP n’est pas capable d’indiquer une source légale pour les informations qu’elle a divulguées. Jusqu’à plus ample informé, j’estime que M.Delattre et M.Soumaré ont l’un et l’autre eu un comportement peu digne d’un candidat ».

  • La plus grave accusation tombe. Reste à gérer la condamnation à de la prison ferme en octobre dernier, le fait de l’avoir caché, et la raison pour laquelle le tribunal fait état de plusieurs condamnations antérieures.

    Au passage, pour répondre à certains, je ne partirai pas du principe que les policiers sont des fascistes et sont nécessairement en tort dans cette affaire de rébellion.

  • La diffamation est donc avérée. J’imagine que l’UMP peut plaider la bonne foi… mais ça exigerait de donner la source de l’info.

    Il serait plus correct, de chaque côté, de trouver en vitesse d’autres candidats. Le plus probable, malheureusement, est que PS comme UMP essaieront de relativiser leurs fautes en se servant de celles de l’adversaire pour faire diversion.

  • Reste aussi le vol aggravé de 1999, certes ancien, mais dont on a aussi effectivement le droit d’être informé. Au final, il semblerait que le goût de la formule effectivement diffamatoire de nos amis de l’UMP nous prive d’un débat qui aurait pu être intéressant, en centrant le focus des caméras sur leurs propres turpitudes…

    En l’espèce : le droit à l’oubli concerne-t-il aussi les politiques, où sont-ils dans l’obligation d’assumer tout leur passé, en acceptant au moins d’en faire état pour commencer.

    @Koz « Au passage, pour répondre à certains, je ne partirai pas du principe que les policiers sont des fascistes et sont nécessairement en tort dans cette affaire de rébellion. »

    Heu, je crois que personne ne le sous-entend, içi en tout cas. Je n’utilisais cette expression que pour caricaturer la position de Frednetick, qui passait complètement sous silence cette condamnation pour rebellion. Quant à lui, il sous-entend que les policiers eux-mêmes auraient trouvé que « cela etait allé un peu loin », sans pour autant affirmer qu’ils n’auraient pas été corrects.

  • Si tu lis certains commentaires, il semble que la rébellion soit anodine, et que bon, hein, ce sont les flics qui ont la main lourde. Nécessairement.

  • Plutôt d’accord avec toi, je m’assurais juste qu’il n’y avait pas de contresens vu que tu reprenais une expression que j’avais utilisé.

  • Bon, ben comme je le disais un peu plus haut, ça leur retombe déjà sur le nez aux élus de l’UMP qui veulent masquer la médiocrité du bilan par des tours de passe passe électoraux.

    http://regionales.blog.lemonde.fr/2010/02/23/soumare-lune-des-accusations-est-fausse/#xtor=RSS-32280322

    Mais bon, comme on peut le constater, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. La preuve, ça a presque failli fonctionner.

    C’est l’arroseur arrosé, voici les plaintes dirigées contre M. Delattre, et qui ont bien des chances d’aboutir : “Atteinte à la présomption d’innocence pour avoir évoqué des affaires en cours comme jugées”, “diffamation pour avoir attribué à M. Soumaré une condamnation qui n’existe pas”, et “atteinte au secret professionnel” pour avoir eu connaissance de ce jugement d’un mineur.

    Que reste-t-il de cette affaire ? Une condamnation en 1999 pour vol aggravé, et une en 2009 pour rébellion, d’un côté.

    L’atteinte à la présomption d’innocence, la diffamation et l’atteinte au secret professionnel, de l’autre.

    C’est beau la politique…

  • Le fait d’avoir caché sa condamnation de 2009 ne me parait pas vraiment une faute, sauf si un journaliste lui a demandé un jour explicitement « avez vous éte condamné? », et qu’il aurait répondu « non ».

    Je ne crois pas qu’il faille espérer des politiques qu’ils déclarent par eux même leurs fautes passées (lesquelles, selon quel critère, quelle limite ? ) et connaissant la modération médiatique française, cela serait sans doute peu gérable – mais pourquoi pas.

    Sans considérer que tous les flics sont des fascistes, et qu’ils ont eu tord, je crois que nous devons considérer qu’il est aussi possible qu’il y ait eu un excès policier.

    Ce n’est pas certain, mais possible. C’est déjà arrivé, je crois (je connais des personnes qui ont été frappés par des policiers, alors qu’ils attendaient assis sur les marches de l’Opéra, et qu’il y avait pour leur malheur un sitting à cet endroit – mais je ne cherche pas à généraliser, ce n’est que pour dire que cette éventualité est possible).

    Attendons donc encore un peu, nous finirons sans doute par savoir si cet homme est dangereux, c’est à dire capable de violenter son prochain sans raison apparente, ou s’il a un peu pété les plombs lors d’une interpellation musclée (ou tout autre cas de figure, je n’arrive pas à en savoir plus …)

    Pour Mr Delattre, attendons encore et soyons charitables, mais le fait que l’erreur d’homonymie concerne un jugement « non public » (tribunal pour enfant), rend cette dénonciation plutôt nauséabonde.

    Essayons de ne pas considérer le camp politique des uns et des autres pour les défendre ou les accabler, mais les faits.

  • @Koz: en l’occurence, sur l’arrestattion de 2009, personne n’a eu la main lourde si ce n’est le juge. Il serait d’ailleurs légitime de sa part de sanctionner qquu’un qui est absent lors de son procés. Cette légèreté là est effectivement blâmable.

  • Rébellion ? C’est arrivé à un ami à moi. Un soir de fête de la musique, bourré, il croise les CRS et leur dit : ce soir, vous êtes pas des SS. Coup de matraque sur la gueule, au poste. Et rébellion.

    Broutille donc.

    Ensuite, pour le vol aggravé, tu peux me donner les détails ? Tu les connais ? Je sais que tu n’aimes pas les comparaisons, mais je suis plus indulgent avec un jeune qui a eu ce type de condamnation qu’avec un politique qui magouille et détourne l’argent public en se posant en père la vertu. Chacun son truc, et c’est aussi sans doute pour ça que toi et moi on vote chacun de son côté.

    Enfin, tu as été ado à Villier le Bel ? Non, bon, tu penses qu’on doit stopper cet homme, qu’il nuit à la République, qu’il ne faut pas lui donner de seconde chance ?

    Bon, de toute façon la manœuvre a échoué.

  • @Koz, je vous trouve bien court avec votre erratum. Vous semblez en fait réagir davantage en opposition aux défenseurs (certes assez maladroits) d’Ali Soumaré, que par rapport au problème de fond. Il me semble que celui-ci ne se pose plus dans les mêmes termes suite à la révélation d’homonymie. Il reste aujourd’hui :

    • une condamnation datant de 1999 pour des faits graves, qui pose après 11 ans la question de la réhabilitation et du droit à la rédemption. Cette question, qui est d’ordre éthique, vous devez la poser concernant Ali Soumaré, mais aussi concernant Huchon, Juppé, etc. bref tous les gens de droite comme de gauche qui ont déjà été condamnées et malgré cela continuent d’occuper ou postuler à des postes de responsabilité. (et je ne parle pas de Balkany qui est une caricature )

    • une condamnation de fin 2009, mais portée en appel, donc concernant une affaire qui n’est pas définitivement jugée

    Bref, il me semble que l’affaire se dégonfle quelque peu et pourrait maintenant être portée au même niveau que celles relatives à beaucoup d’autres hommes et femmes politiques qui ont eu un jour l’insigne honneur d’être condamnés par la Justice. J’attends avec impatience les réactions de toutes les bonnes âmes de droite qui sont montées au créneau (à noter que je ne suis pas fan de Huchon pour lequel je ne voterais pas -de toute façon je suis aquitain).

    Je vous dis cela d’autant plus facilement que, bien que ne partageant pas toujours vos idées (j’ai le malheur de voter plutôt à gauche et d’être agnostique), j’apprécie habituellement votre sens de la mesure, votre capacité de dialogue et d’empathie, et votre inclinaison au doute qui incitent au débat constructif et à la réflexion -j’arrête là le cirage sincère de mocassins. Là vous semblez vous précipiter avec la meute sans avoir attendu les réponses détaillées de l’intéressé et la présentation de ses arguments, et participez à ce qui est quand même, au bout du compte, de la diffamation à propos d’un prétendu multirécidivisme.

    (désolé pour la mise en page, je suis novice en commentaires)

  • @ Vivien

    nous prive d’un débat qui aurait pu être intéressant

    Je trouve que le débat ne nous prive pas de ce qui est le plus important finalement : la condamnation antérieure pour prise illégale d’intérêts de Huchon. Au moins, il n’y a pas d’ambiguité à ce niveau. Et puis ça a la particularité de rentrer dans les critères « gatienesques » plus haut comme quoi un vol avec violence, une rebellion, ou autres faits délictueux de ce type sont moins importants qu’une turpitude financière d’un élu. On en arrive même de fait à une « consensuellité » rarement atteinte sur ce blog : Huchon n’a rien à faire là où il est.

    Pour le coup, on ne peut pas invoquer l’erreur de jeunesse de ce vieux briscard de Huchon, ni le milieu défavorisé d’où il vient. Comme cette condamnation a été publique on ne pourra pas non plus aller allumer un contre-feu sur la provenance douteuse de l’info. Et comme elle est définitive, la présomption d’innocence ne tient pas. En plus il est tête de liste de la région Ile de France – c’est pas rien non plus. En gros, on peut dire que l’on a un délinquant à la tête de cette région. Mais c’est pas grave…

  • un autre a écrit:

    je crois que nous devons considérer qu’il est aussi possible qu’il y ait eu un excès policier.

    Ah bon. Si l’on doit considérer qu’il y ait eu un excès policier, et que l’on doit considérer qu’il a été entériné par le juge.

    frednetick a écrit:

    si ce n’est le juge

    qui mentionne d’ailleurs expressément qu’il fait une application rigoureuse de la loi. Et effectivement ne pas se rendre à une convocation en justice, c’est original. Samouré dit qu’il n’était pas informé, le tribunal écrit le contraire.

    Praxis a écrit:

    Ensuite, pour le vol aggravé, tu peux me donner les détails ?

    Je ne sais pas, c’est toi qui reprend cette qualification. Maintenant, pour un premier délit, il s’est tout de même pris 6 mois ferme dans la figure.

    Il n’a décidément pas de chance. 6 mois ferme pour une première condamnation, 2 mois ferme pour des broutilles. Salauds de juges.

    Praxis a écrit:

    Non, bon, tu penses qu’on doit stopper cet homme, qu’il nuit à la République, qu’il ne faut pas lui donner de seconde chance ?

    Si tu me demandes si, à mon avis, Ali Samouré est une réincarnation d’Adolf Hitler, je te dirais que non, je ne le crois pas. Maintenant, si l’on prend juste en considération les données du débat, oui, il me semble utile que les électeurs soient informés de la personnalité du candidat qui se présente devant eux. Ceux qui apprécient ses idées et considèrent qu’il a le droit à une seconde chance voteront pour lui. Pas les autres. Mais ils l’auront fait en connaissance de cause. C’est mon propos depuis le début.

    Praxis a écrit:

    je suis plus indulgent avec un jeune qui a eu ce type de condamnation qu’avec un politique qui magouille et détourne l’argent public en se posant en père la vertu.

    Tu ne voteras pas Huchon, alors ?

  • Excellent commentaire de Mur de gauche.

    Je rejoins Epo, le cas Huchon me paraît bien plus grave que les manoeuvres dirigées contre Ali Soumaré, qui ne joue pas en équipe réserve du PSG (ah, ce bon vieux racisme ordinaire).

  • Koz, je ne nie pas sa première condamnation, je dis qu’il a pu évoluer en 11 années.

    Sur le deuxième jugement, je ne sais pas à quoi m’en tenir. Il ne s’est pas présenté, il n’y a pas pu avoir appel. Mais la rébellion me parait parfois sujette à caution quand on connait certaines méthodes policières. Surtout lorsqu’ils ont affaire à un noir ou un arabe. Il y a eu notamment un meurtre policier suite à un contrôle policier qui a mal tourné, la victime était arabe. Elle s’est sans doute rebellé contre la manière avec laquelle lui et sa femme étaient traités.

  • C’est une drôle d’idée, qui ne s’appuie sur rien : on peut dire qu’il a été condamné à 2 mois ferme en première instance, si l’on n’omet pas de dire qu’il a fait appel.

  • Ben, en fait, si, si l’on accepte de croire Mignard. Le jugement étant un « jugement à signifier » et le greffe ne l’ayant apparemment pas signifié, l’appel lui est encore ouvert. Subtilités du pénal qui m’échappaient encore hier.

  • Une erreur de jeunesse, chacun peut la comprendre mais une récente condamnation faisant l’objet d’un appel réclame à mon sens une explication.

  • Mr Koz, à quoi jouez vous, en essayant de nous faire croire que vous etes persuadé que la condamnation pour rebellion est gravissime, et qu’en aucun cas elle ne puisse être relativisée ?

    Et qu’il est aussi envisageable que la lourdeur de la condanmation soit lié à sa non comparution, tout autant qu’aux faits eux-mêmes.

    Bon, tout ça n’est que suppositions, mais votre arc-boutement sur cette condamnation que vous refusez de considérer comme potentiellement « exagérée » est un peu étrange, mais rassurante pour moi. En effet, comme vous êtes un specialiste de la question, et du bon côté en plus, si vous considérez de bonne foi que cette condamnation est forcément légitime, alors me voila rassuré sur la justice. Sinon, si le doute est permis, il faudrait peut être l’exprimer, juste une fois, pour voir. Sans que cela ne remette en cause le fond : si c’est un homme violent qui se rebelle sans raison légitime face à la police, nous devons le savoir, et ne pas voter pour lui.

  • Juppé : 2004 – il y a 6 ans

    Balkany : 1996 – il y a 14 ans

    Madelin et Devidjan 1965 – il y a 45 ans

    Carignon : 1995 il y a 15 ans.

    —> Ali Soumaré : 1999, il y a 11 ans.

    Curieux comme un acte menant à 6 mois de prison ferme peut être considéré comme péché de jeunesse parce que datant de 11 ans et donc à passer aux oubliettes, tandis qu’un acte condamné, certes à trois ans de prison ferme, mais il y a 15 ans; qu’un acte condamné à de la prison avec sursis datant de 14 ans; ou un autre à un an avec sursis il y a 45 ans sont toujours mis en avant….

    Ce n’était qu’une simple remarque, conduisant à une simple question: Pourquoi faudrait il être indulgent avec un jeune homme qui a fait une grosse bêtise il y a 11 ans, bêtise qui lui a valu 6 mois fermes et pas avec un autre jeune homme, qui lui aussi a fait une grosse bêtise, mais qui ne lui a valu que de la prison avec sursis…il y a 45 ans.

    (je n’ai repris que les noms cités ici et pas Huchon, sa condamnation étant trop récente)

    La seule chose que je constate, c’est, comme le dit Koz, qu’il y a bien eu deux affaires, dont une menant à 6 mois fermes.

    Quant à l’homonymie pourquoi pas. Elle tombe à pic. Que le hasard fait bien les choses. Tant mieux pour lui. Cela va permettre de noyer un peu plus le poisson et faire passer au dernier plan la condamnation exacte de 1999.

  • Super, il y a 11 ans, Ali Soumaré devait avoir dans les 18 ans. Ce fait peut évidemment être porté à la connaissance de tous les citoyens mais je n’ose imaginer la bêtise des électeurs qui prendraient sérieusement en compte ce micro-événement dans leur vote. Vive la démocratie Tf1! -« Son programme? On s’en fout ma bonne dame : il y a 11 ans, c’était un délinquant! »

    A 18 ans, j’ai fait pire mais j’ai eu la chance de ne pas me faire pincer.

    Tant qu’une décision de justice ne l’en empêche pas, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait se présenter. Point. Dieu merci, la droite va se prendre une jolie branlée aux régionales et, ça, c’est bien.

  • Il y a une particularité du monde politique: jusque dans le milieu des années 90, le financement des partis n’était pas assuré légalement, et les hommes politiques étaient obligés de magouiller pour financer leurs campagnes. Cela a valu des condamnations (par exemple à Alain Juppé je crois), mais n’est pas pour autant du banditisme caractérisé.

    Je sais qu’il est un peu dangereux de distinguer la loi et « l’usage », mais je pense qu’il y a quelques cas où notre loi n’est pas adaptée, et cela arrange tout le monde qu’elle ne soit pas respectée.

    Tara a dit:

    Juppé : 2004 – il y a 6 ans

  • Chic! Je vais être le premier ici à présenter mes plates excuses à Ali Soumaré pour avoir crier avec les loups « haro sur le baudet ». Je suppose que d’autres loups vont suivre…

    « Le communiqué de Francis Delattre évoquait notamment une affaire de vol aggravé avec violences et usage de carte de paiement frauduleuse. Ces faits, commis en 2004 et jugés en 2007, auraient valu, toujours selon le maire UMP de Franconville, quatre-vingts heures de travail d’intérêt général à Ali Soumaré.

    La peine, rétrospectivement, paraissait bien faible au regard du délit. Normal, explique la procureure : il s’agissait d’un jugement du tribunal pour enfants.“Il ne concerne pas Ali Soumaré, qui est né le 25 décembre 1980?, assure-t-elle, parlant d’un “problème d’homonymie”. »

    http://regionales.blog.lemonde.fr/2010/02/23/soumare-lune-des-accusations-est-fausse/#xtor=RSS-32280322

    Remarquez, si un autre Ali Soumaré est un « petit délinquant », c’est bien la preuve qu’il y a anguille sous roche. « Ali Soumaré », ça sonne pas très catholique.

    Et notre fin analyste des stratégies de défense du PS, qu’en dit il?

  • Ah, non… pas le premier du tout. 🙁 Pas le premier à relever l’info du moins. Parceque pour les excuses…

    « des broutilles »

    😉

  • Il vous dira, je pense, que vous autres socialistes présentez un tête de liste régionale condamnée pour « prise illégale d’intérêt » dans les fonctions dont il demande la reconduction, avec un candidat deux fois condamné, et qui a fait 6 mois fermes, et que c’est ça qui vous rend hilares et vous permet de pavoiser. C’est pour le moins original. On pourrait attendre un peu de retenue.

    Le fait est que, jusqu’à vendredi dernier, il semblait justifié de le cacher aux électeurs. Et que, dans notre beau pays, les seuls qu’il faille blâmer, ce sont ceux qui ont sorti l’info (certes avec des erreurs condamnables).

    Je ne suis décidément pas certain que les socialistes aient de vraies raisons de célébrer ces révélations.

  • D’après le Figaro.fr, 2 des 5 accusations sont fausses et une autre prescrite (bon, on sait que c’est une feuille gauchiste). 3 accusations de chute.

    Si j’ai bien compris, une des deux condamnations restantes fait l’objet d’un appel.

    Bref, il a purgé une peine de 6 mois ferme il y a 11 ans pour vol… et il y a appel pour la condamnation pour rebellion contre agent (présomption d’innocence dans ce cas).

    On préférerait qu’il n’y ait rien (comme pour tous les hommes et femmes politiques de droite et de gauche cités par les uns et les autres), mais ce n’est pas un délinquant récidiviste comme il avait été dit (pour ce qui est confirmé).

    Il n’est pas une brebis innocente, la justice doit faire son boulot pour la deuxième accusation, mais les insinuations de ses adversaires puent vraiment.

  • @Tara:

    je ne mettrais pas du tout ces affaires dans le même sac.

    Note liminaire : pour Soumaré, je ne considère que les faits de 1999. Pour 2009, j’attends le résultat de l’appel, sinon c’est parler dans le vide et faire de la conversation de comptoir – c’est amusant de relire après coup tous les délires suscités par les autres fausses accusations. Respectons, en outre, la présomption d’innocence.

    Les cas de Soumaré, Devedjian et Madelin sont similaires, même âge, même type de délinquance. On peut les considérer comme des « erreurs de jeunesse ». A partir du moment où la personne est réhabilitée et semble avoir tourné la page, je ne vois pas en quoi cela l’empêcherait d’être élue.

    Le cas Juppé est un peu particulier. Il s’inscrit dans le problème du financement des partis politiques, il n’y a pas eu enrichissement personnel.

    Les affaires Carignon et Balkany sont autrement plus graves. Il s’agit de détournement à leur usage personnel de fonds publics par des personnalités politiques en exercice.

  • Maintenant on va pouvoir enfin se concentrer sur le vrai problème démocratique…

    Si l’on en croit le maire ump délateur, je sais sa crédibilité est maintenant fortement entachée, ce serait 2 policiers qui seraient venus « spontanément » lui remettre des « informations » sur monsieur soumaré.

    Ces policiers auraient donc illégalement communiqués des infos d’un fichier (le stic ?), vu qu’ils ne se sont pas fait payer on peut imaginer que soit ils l’ont fait pour défendre la morale soit par vengeance personnelle ( évenements de Villiers-le-Bel ? ) …

    Dans les deux cas c’est grave pour les libertés publiques, je sais bien que ce n’est pas la priorité de ce gouvernement mais quand même.

    Les deux dirigeants UMP n’ont pas pris la peine, j’espère qu’ils vont en prendre une lourde :D, de vérifier les informations obtenus ( illégalement ?) et ont tout balancé à la presse, le fait que monsieur soumaré ne soit pas joueur du psg explique-t-il ce peu de considération ?

    Un vrai SAC d’embrouille, certains à l’UMP seraient des nostalgiques ?

  • Malgré tout, je continue à remarquer, comme l’hôte de ces lieux, qu’ali soumaré a eu tort de ne pas parler de lui-même de ses démêlés passé et présents avec la justice, et qu’encore aujourd’hui sur son blog, il n’est pas clair: il ne parle que de celle de 1999, (d’ailleurs jugée en 2002 et non prescrite comme il le dit) et pas du tout des autres…

  • J’imagine maintenant, cher Koz, que vous allez nous expliquer que présenter un candidat comme un « délinquant multirécidiviste chevronné » en livrant au public un paquet d’informations dont une part importante se révèle inexacte ou erronée constitue une pratique politique saine et républicaine?

    Au passage, se mettre soi-même en position de faire face à des poursuite pour diffamation,recel de violation du secret professionnel et atteinte à la présomption d’innocence constituerait-il, si un juge entrait en voie de condamnation de la « délinquance chevronnée »?

  • A la lecture des commentaires, comme Koz, je ne peux qu’être surpris du manque de morale commune minimale.

    En effet, j’apprends que les condamnatiosn de Soumaré (plusieurs d’apres les attendus du dernier proces) sont de la politique de caniveau, qui détourne du débat de « fond », de la noble « politique ». Voici où est donc rangée la morale publique. Sachez citoyen, que la morale publique de vos dirigeants est du niveau du caniveau.

    Je suis perplexe quand je constate que nombre de français, pas forcement militant, se rangent comme des moutons derrière « leur » candidat, tout simplement parce que c’est « leur » candidat.

    Pourtant en démocratie, le patron c’est le peuple. Et si un employé ne donne pas satisfaction le patron le licencie, surtout quand il ya pléthore de candidats.

    Ici c’est le contraire: le citoyen se range à l’avis de son employé, malgré les turpitudes de celui ci, parce l’employé affiche superficiellement la bonne couleur politique.

    Ce communitarisme politico-ethnique se fait au détriment de la chose publique, de la compétence et du mérite, au profit d’une certaine aristocratie inamovible par le biais de ces dicrimations positives et négatives.

    Comment voulez vous conduire un pays, que se soit par des solutions de droite ou de gauche (elles fonctionnent toutes les 2), si les dirigeants sont corrompus et préférents leurs amis à leurs voisins, leur famille à leurs amis, et eux-mêmes à leur famille.

  • @thedarkdreamer vous dites « J’imagine maintenant, cher Koz, que vous allez nous expliquer que présenter un candidat comme un « délinquant multirécidiviste chevronné » en livrant au public un paquet d’informations dont une part importante se révèle inexacte ou erronée constitue une pratique politique saine et républicaine? « 

    Je réponds oui. une des grandes forces de la démocratie et du pluralisme, c’est que les candidats se surveillent l’un l’autre.

    Beaucoups font d’habitude bien moins la fine bouche quand les journalistes balancent des infos « sensibles » et « confidentielles ». Et au contraire, ces gens « s’émeuvent » quand la police perquisitionne les rédactions des journaux pour essayer de déterminer la source de ces fuites.

    Que nos moralisateurs de circonstance viennent nous dire quelle a été leur réaction sur l’affaire Dray par exemple, ou les « casseroles » de Chirac tel que les comptes occultes au Japon. Ce sont ils levé comme maintenant, pour dénoncer une odieuse chasse à l’homme relevant de la politique de caniveau ?

    Deux poids 2 mesures ? mais diantre pour quelle raison ?

  • Bon, puisque cela resort à toutes les sauces… On en a rien à faire de cette histoire de presciption!

    M. Soumaré n’et pas plus inéligible que n’importe qui, mais le but en démocratie est justement de ne pas voter pour n’importe qui.

    Le PS a toujours voulu faire de M. Soumaré un symbole : celui du médiateur qu’il a été à Villiers le Bel, avec une autre vision « des quartiers », et de la manière de régler leurs problèmes, nottament de violence. Ce passé, surtout s’il n’est pas avoué, transforme le carosse en citrouille. Le symbole devient celui du copinage avec « les grands frères », où un condamnation pour vol aggravé, c’est vraiment une broutille, hein, pas de quoi fouetter un chat avec « une connerie de jeunesse » (Il est vieux M. Soumaré?).

    Pour reprendre l’expression de certains néo-commentateurs un peu à la masse (à bon? j’ai 80 commentaires de retard?), le vrai problème démocratique est que ce ne soit pas un problème démocratique. Vous croyez que ça me réjouit quand le camp d’en face est incarné par M. Charatte?

    Alors, les termes de droit à tort et à travers… La Morale ne doit pas faire le Droit. Mais ensuite que l’on se contente d’utiliser le droit ce pour quoi il est fait fait : condamner ce qui est condamnable, autoriser tout le reste. Ensuite on va pouvoir faire de la politique.

  • @Cyd

    De mieux en mieux.

    J’apprends donc que s’indigner du fait qu’un élu se permette des affirmations largement inexactes et erronées sur un rival politique, le tout en mentant effrontément sur la manière dont elles ont été obtenues, s’indigner de cela serait donc un « manque de morale commune »?

    Faut-il en déduire que la calomnie et la démagogie sécuritaire seraient conformes à cette exigence de « morale commune »?

  • Je crois comprendre, hein, sans vouloir m’avancer, que ce que Cyd relève, et ce que j’ai relevé à l’origine, c’est l’indignation unilatérale. Si l’on reprend la chronologie des faits et ce que l’on savait au moment de la rédaction de ce billet, donc, samedi et dimanche, politiques et medias ne s’indignaient que d’une chose : le fait que des condamnations soient révélées. Les condamnations ? Où ça ? C’est important ? Pffff. Comme si les électeurs avaient besoin de savoir que le candidat avait été condamné deux fois.

    Ben désolé de ne pas partager cet avis : si, cela participe de la personnalité du candidat. A lui de faire avec après, de montrer qu’il a changé, à lui de l’exposer aux électeurs en l’intégrant à son parcours. Mais les électeurs ont le droit de le savoir. Il n’était pas gagné, ce week-end, que l’on aurait un jour des infos à cet égard.

    Après, on entend beaucoup de choses nouvelles : on n’aurait pas le droit d’évoquer des condamnations de plus de cinq ans, parce qu’il y aurait réhabilitation. Dîtes, les mecs, va falloir prévenir tout le monde, et la presse y compris, parce qu’évoquer des condamnations passées, et certaines bien plus vieilles que 5 ans, c’est un chouya banalisé.

    Quant à la condamnation en première instance, c’est aussi nouveau d’entendre qu’on n’a pas le droit de l’évoquer. Sauf à prétendre qu’elle serait devenue définitive, je ne vois pas ce qui interdit de le faire, en mentionnant, donc, qu’elle est soumise à appel.

    Le fait que les méthodes de Delattre soient condamnables – au demeurant, si c’était Libé ou le Canard qui avaient sorti sur un candidat de droite, personne n’y aurait trouvé à redire mais soit, soyons justement rigoureux – n’enlève rien au fait que, jusqu’à vendredi, Ali Samouré avait caché des éléments essentiels de son parcours, libre à chacun, ensuite, d’en faire sa propre appréciation.

  • Delattre et Poniatowski sont indignes de représenter les électeurs d’un pays auquel ils n’ont à l’évidence rien compris.

    La France est un pays néo-féodal ou tout, absolument tout est affaire de privilège, monopole ou corporation.

    Ainsi la délation est le privilège des journalistes.

    Eux seuls ont la légitimité et le droit d’acquérir ou fabriquer des informations de quelque manière que ce soit sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit.

    C’est ce qui explique l’hostilité unanime de la presse envers nos 2 pieds nickelés. Les journalistes défendent jalousement leur privilège comme toute autre profession réglementée. Avisez vous de transporter un client dans votre voiture, de prêter de l’argent ou de vendre de l’aspirine et vous subirez les foudres des taxis, des banquiers ou des pharmaciens (liste très, très loin d’être exhaustive)

    La façon civilisée de procéder quand vous êtes un élu local qui veut salir son adversaire est de passer par un représentant assermenté de la caste des délateurs qui transformera votre basse manoeuvre en triomphe de la démocratie. Bien entendu, la politesse veut que ce service soit convenablement rétribué. Par chance, les élus locaux ont été eux-mêmes largement pourvus par la nature en privilèges de toute sorte. Notre journaliste complaisant pourra donc piocher dans un catalogue allant du logement social à la place de crèche en passant par le permis de construire et le soutien à l’association de son choix.

    A contrario, Ali Soumaré a parfaitement compris la façon dont notre pays fonctionne. Il est parvenu à convaincre tout le monde que ses démêlés avec la justice doivent être considérés avec bienveillance. Il a donc démontré toutes les qualités requises pour faire un bon élu local.

    Je lui prédis une longue carrière.

  • @thedarkdreamer Votre indignation est certes tout à fait justifiée. vous avez juste oublié de vous rendre compte qu’elle est partagée par tout le monde ici.

    Le problème est surtout qu’elle me semble légèrement sélective. Démocratiquement, une turpitude unanimement condamnée et limitée à l’UMP val d’oisien (vous n’aurez pas manqué de remarqué la prudence de la tête de liste UMP Mme Pécresse à ce sujet?), est moins dangereuse qu’une autre escamotée par l’ensemble de « ceux qui pensent bien » dans ce pays.

    Je vous épargne les réflexions sur la comparaison morale des délits de recel de secret professionel et de vol aggravé de violence (ou délit d’initié, hein M. Huchon?), je vous laisse lire le code pénal pour voir ce qu’en pense le législateur.

  • à koz

    d’accord avec vous sur l’essentiel, pour cette fois mais faites gaffe, à la dernière ligne, il s’appelle Ali Soumaré. Ecorcher son nom pourrait vous faire traiter facilement de raciste.

  • C’est pas l’UMP qui il n’y a pas si longtemps nous disait que « la transparence absolue, c’est le totalitarisme » ?

    C’est pas grave le ministre concerné va bien nous pondre une loi pour obliger tout candidat à un mandat électif ou non de bien vouloir rendre public son casier judiciaire…

    😀

  • @koz : « libre à chacun, ensuite, d’en faire sa propre appréciation. » -> c’est vraiment la découverte de ces éléments qui vous a convaincu de ne pas voter pour la liste PS ?

  • Non, d’autant que je ne vote pas dans le Val d’Oise.

    Mais si je n’écrivais que pour moi, je me contenterais d’un cahier à spirales, je ne tiendrais pas un blog.

  • « Si l’on reprend la chronologie des faits et ce que l’on savait au moment de la rédaction de ce billet, donc, samedi et dimanche, politiques et medias ne s’indignaient que d’une chose : le fait que des condamnations soient révélées. Les condamnations ? Où ça ? C’est important ? Pffff. »

    Les médias, homme de paille récurrent…

    Nous avons donc des UMP qui montent une opération de calomnie semi-barbouzarde. Comme toute bonne propagande, il y a du vrai et du faux. Le faux permet de bien dresser le portrait d’un délinquant multi-récidiviste de banlieue remplaçant au PSG, un plan com au petit oignons. Le vrai permet que la polémique ne retombe pas comme un soufflé.

    Face à ça, Koz et beaucoup de commentateurs font de la philosophie. Je suppose donc qu’à chaque fois qu’une personne sera violemment diffamée, ce sera l’occasion pour vous de redire l’importance de la transparence en politique en général, et de demander des comptes au calomnié du jour en particulier.

    Surtout, ne reconnaissez jamais que vous vous êtes fait avoir, ça fait mal aux fesses. Chargez plutôt les médias ou les politiques, ces malhonnêtes qui refusent de poser les bonnes questions.

    « Mais les électeurs ont le droit de le savoir. Il n’était pas gagné, ce week-end, que l’on aurait un jour des infos à cet égard. »

    En effet, les électeurs de toute la France savent maintenant qu’un candidat, vers Paris, a fait 6 mois de zonzon pour vol, et plaide l’erreur de jeunesse. La démocratie a fait un pas en avant décisif!

    A tous les adeptes de la publication des CJ des candidats, je pose la question : n’est il pas beaucoup plus urgent de conserver des juges d’instruction indépendants? Que vaut le CJ d’un politique si son parti contrôle la justice?

  • Ça fera sentencieux et donneur de leçon, mais ce genre d’affaire aussi nette qu’un cocktail à la chaussette, c’est un peu comme dans les conflits : il vaut toujours – mais alors toujours – mieux attendre que les canons se soit tus et la poussière retombée avant d’aller aux résultats, et de pouvoir compter autre chose que des chefs d’œuvre de faits tronqués, bidon, manipulés, ou simplement nettement plus ambigus que leur présentation initiale ne le laisse supposer.

    Trouver de la morale là dedans est au mieux ambitieux. Nous voilà dans l’arrière-cuisine des campagnes électorales. L’électeur qui se fera un choix sur ces seules bases est bien parti pour mal finir.

    C’est vrai qu’on aurait aussi pu se poser des questions sur le bilan politique de Huchon ainsi que les programmes évanescents et les déclarations ineptes – je pèse mes mots – de nombre de candidats qui, en Ile-de-France (ailleurs, je sais pas), ne maîtrisent manifestement rien des questions de logement et de transport.

    Ce qui, comme chacun sait, ne sont que « broutilles » en matière de compétences régionales, et n’a aucun effet structurant sur l’économie en général et la vie des gens en particulier.

    Bref, à n’en pas douter, voilà une bien belle campagne qui nous promet des votes parfaitement avisés. Et encore merci d’y avoir contribué.

  • J’arrive un peu tard mais certains ont-ils envisagé la possibilité d’une fuite organisée par le ps mélangeant le vrai et le faux afin d’affaiblir l’accusation ? Le candidat et le ps ont le beau rôle en affirmant que les affirmations sont fausses (pour l’essentiel) ce qui limite le risque de voir l’affaire mieux exploitées par l’UMP (ce que l’on pouvait penser impossible à éviter ; le ps prend les devants en pourrissant le dossier). Il me semble avoir lu quelque chose d’approchant quelque part… Il reste que le débat, une fois la réalité des condamnations (et pas seulement des procédures…) établies, il faudra se demander si cela relève pas tout de même de la vie privée. Cela me fait penser à un arrêt de la CA de Paris du 5 déc. 1997 sur la divulgation de l’internement psychiatrique d’un candidat aux élections municipales dont j’ai parlé hier à mes étudiants. Les juges parisiens avaient retenu la violation de la vie privée…

  • @ Gatien

    Je suppose donc qu’à chaque fois qu’une personne sera violemment diffamée, ce sera l’occasion pour vous de redire l’importance de la transparence en politique en général, et de demander des comptes au calomnié du jour en particulier.

    Je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle ce commentaire avec ce que vous avez dit plus haut :

    Chirac est arrivé au pouvoir par la fraude institutionalisée

    En fait, si vous aviez à défendre cette phrase devant les tribunaux, je n’aurais plus qu’à vous souhaiter bonne chance.

    des juges d’instruction indépendants

    Au passage, il y a beaucoup de relativité dans cette affirmation. Il y a de tout en fait. Des juges d’instruction indépendants, des juges d’instruction militants, des juges d’instruction dépendants ou aux ordres, des juges d’intruction dans certaines affaires qui instruisent avec la presse, etc. Le fait d’être juge d’instruction ne garantit en rien une réelle indépendance par rapport à un camp ou à un autre.

    @ Lib

    Bien vu. Quand on pense au tombereau de « off », de « confidentiels » balancé par le Canard par exemple chaque année, les indignations actuelles font rêver.

    Juste un exemple, pendant la campagne le fameux « ordre donné par Sarko d’actualiser le dossier de RG de Rebelle » révélé sur la base d’un mystérieux témoignage. L’enquête révéla plus tard que le mystérieux « témoignage » provenait d’un ancien syndicaliste de Sud Police qui avait depuis peu adhéré à un autre syndicat de policiers dont le dirigeant était un des principaux soutients de Royal et que c’était un bidonnage complet.

  • @thedarkdreamer

    Encore une fois, le fait que vous ne vous indigniez pas du casier de votre candidat, que vous vous focalisiez sur vos adversaires politiques, montre un discours partisan et partial.

    Vous illustrez à merveille les 2 messages que j’ai posté. 1) vous vous rangez comme un bon petit soldat derrière votre Parti. Vous n’êtes pas un citoyen, qui essaie d’embaucher le meilleur administrateur possible, mais un client qui essaie de promouvoir son chef de clan

    2)vous avez les principes à géométrie variable du moi d’abord. Où sont vos réponses sur les cas Dray, Chirac voire Clearstream ?Répondez donc plutot que de surjouer votre indignation

    Enfin je réitere mon affirmation, l’une des grandes forces du pluralisme, c’est que les candidats se surveillent l’un l’autre, pour le plus grand profit du « patron », le citoyen de base.

    Si ici le procédé manque d’élégance, il n’y a pour l’instant pas de malversation prouvé. Et comme vous pardonnez volontier les petites broutilles de votre candidat (6 mois fermes + 2 mois fermes compte-tenu DES condamnationS ultérieureS), j’aurez à coeur que vous me détrompiez sur votre compte, en pardonnant AUSSI à son adversaire.

    Adversaire qui a pu prouver par un document publique que Mr Saoumaré est bien un « multirecidiviste ». Pour l’homonymie, il pourra plaider la bonne foi, qui est un argument juridique dans les cas de diffamation.

  • Cette campagne des régionales est nulle, elle ne donne pas envie d’aller voter.

    Tout n’est que basses polémiques attisées par les journaleux pour vendre du papier ou des infos jetables.

    Mais quels sont les réels enjeux du vote pour une région ?

    Quelle que soit sa couleur, elle prélève des impôts et les dépense.

    Qu’est-ce que cela change vraiment qu’elle soit dirigée à droite ou à gauche ?

    Voilà à mon avis le sujet qui devrait faire l’objet d’un débat.

  • Epo a écrit :

    Ton raisonnement est parfait à un détail près. Julien Dray n’a pas été « blanchi ». Il a fait l’objet d’un rappel à la loi qui est une peine alternative conçue pour éviter d’engorger les tribunaux – une sorte de premier avertissement – lorsqu’une violation de la loi a été constatée. Autrement dit, Dray a violé la loi, ensuite il a fait l’objet d’un rappel à la loi, et c’est définitif puisqu’il ne peut même pas faire appel.

  • @ Lib

    Ainsi la délation est le privilège des journalistes.

    On ne reproche pas à MM.Delattre et Poniatowski la délation (ce qui ne serait pas illégal), mais la diffamation, ainsi que la violation et/ou le vol de secret professionnel.

    La façon civilisée de procéder quand vous êtes un élu local qui veut salir son adversaire est de passer par un représentant assermenté de la caste des délateurs qui transformera votre basse manoeuvre en triomphe de la démocratie.

    Vous faites dans l’ironie et le second degré, mais en fait je suis assez d’accord avec le premier degré. Fouiller les poubelles est le boulot des journalistes. Ça sent mauvais, mais on ne leur demande pas d’être exemplaires… contrairement aux élus. La réponse correcte, pour un élu qui reçoit des informations puantes (fournies spontanément par des policiers, paraît-il) est qu’il n’a pas à s’en mêler et que l’informateur peut par contre aller voir la presse s’il a des choses à dire.

    @ Gatien

    En effet, les électeurs de toute la France savent maintenant qu’un candidat, vers Paris, a fait 6 mois de zonzon pour vol, et plaide l’erreur de jeunesse. La démocratie a fait un pas en avant décisif! A tous les adeptes de la publication des CJ des candidats, je pose la question : n’est il pas beaucoup plus urgent de conserver des juges d’instruction indépendants? Que vaut le CJ d’un politique si son parti contrôle la justice?

    Jolie diversion en deux temps: un, on minimise, deux, on change de sujet. Vous devriez faire de la politique: vous avez visiblement des dispositions.

    C’est une constatation banale, mais les jugements tels que le vôtre et celui de Lib (et la grande mnajorité des commentaires ci-dessus) sont déterminés par des préférences politiques préétablies. L’indignation unilatérale est largement partagée: il n’y a que le côté visé qui change.

  • En tout cas joli coup pour l’UMP ! Comme quoi quand on est uniquement motivé par l’information légitime des citoyens, on est forcément récompensé ! Elégance, professionnalisme, respect de la loi, transparence, union… Cette initiative porte haut toutes les valeurs de l’UMP ! Cela donne vraiment envie de voter pour la liste Pécresse contre les « délinquants multirécidivistes chevronnés » du PS. Grâce à cette inspiration lumineuse, la droite paraît désormais bien placée pour reprendre enfin la région Ile-de-France. J’espère que les Delattre, Meurant et autre Poniatowski, qui honorent la vie politique française par leur civisme et leur désintéressement, seront récompensés à leur juste valeur. Quant à Valérie Pécresse, en chef d’orchestre virtuose, elle vient à coup sûr de se tailler un destin de premier ministre. Sarkozy doit être ravi.

  • @Eponymus

    Vous êtes parfois un grand champion de la mauvaise foi!

    « Je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle ce commentaire avec ce que vous avez dit plus haut : Chirac est arrivé au pouvoir par la fraude institutionalisée »

    Vous avez tort. Chirac est (était) par définition intouchable (par la justice). Dès lors, il n’y a d’autres solutions que de s’appuyer sur des présomptions, et les concepts juridiques sont inopérants (« présomption d’innocence », « défendre devant les tribunaux »,…). Quoique… Tout ce que j’affirme à propos de Chirac est en vente libre chez votre libraire (écrit par des gens sérieux, pas des politiciens en campagne, cf. notamment « La Francafrique » et « Noir Silence »), et il n’y a eu aucune condamnation pour diffamation. La justice a même eu l’occasion de se prononcer sur certains de ces écrits (plaintes de Pasqua, procès pour offense à chef d’Etat,…). J’ai le droit de citer des textes publiés je pense? Soumaré, en revanche, n’a pas l’air d’être au dessus des lois.

    « Des juges d’instruction indépendants, des juges d’instruction militants, des juges d’instruction dépendants ou aux ordres, des juges d’intruction dans certaines affaires qui instruisent avec la presse, etc. Le fait d’être juge d’instruction ne garantit en rien une réelle indépendance par rapport à un camp ou à un autre. »

    Si ça continue, vous allez m’expliquer que des juges aux ordres du gouvernement seront plus indépendants que les juges d’instruction actuels…

  • @Gwinfrid

    « Jolie diversion en deux temps: un, on minimise, deux, on change de sujet. Vous devriez faire de la politique: vous avez visiblement des dispositions. »

    Vous fréquentez ce blog depuis longtemps il me semble. Vous auriez pu remarquer que la corruption de nos dirigeants politiques (pas tous) et la Francafrique – qui va largement avec, sont des sujets centraux pour moi. Il ne s’agit donc pas de diversion mais de recentrage, de mon point de vue.

    Ou bien, il faut considérer que la discussion sur la publication des casiers judiciaires des candidats (point de départ de mon propos) est aussi une diversion.

    Et puis, votre accusation de parti pris partisan, c’est bien gentils, mais si vous relisez, vous verrez que je suis tout à fait d’accord pour taper sur Huchon. Ce que je souhaite, c’est que la justice fasse son travail. Point à la ligne.

  • Juste pour ma gouverne : Koz, vous, à titre personnel, vous ne voteriez pas par pour quelqu’un qui a fait 6 mois de prison en 1999 ? Vous considerez que c’est redibitoire, ad vitam eternam ? (sans utiliser de comparaison avec d’autres élus qui ont fait de la prison ou ont été condamnés, pour lesquels vous n’avez sans doute pas voté car hors de votre circonscription).

    Si, oui (c’est à dire si vous refuseriez de voter pour lui), est ce que vous considerez qu’il ne devrait pas se presenter, ou juste qu’il devrait le dire clairement, pour que l’électeur puisse choisir en connaissance de cause (et donc metre les CJ sur les affiches)

    Si non, est-ce parce qu’il a été condamné pour rebellion que vous ne le feriez pas (en prenant pour hypothèse que la police a été humaine, et qu’il s’est mal comporté ou bien, en l’absence d’information, vous attenderiez d’en savoir plus sur cette rebellion ?) ?

    Sinon, il parait indispensable que les personnes qui ont fait état de fausses condamnation soient poursuivies, juste pour limiter le recours à ces méthodes et forcer ceux qui les utilisent à vérifier 3 fois leurs informations avant de les balancer dans la nature…

  • @ Gatien

    Il n’est pas question de juges ici mais du parquet. Je ne pense pas que vous vous soyez informé réellement de la réforme envisagée, donc on va arrêter là.

  • Je suis assez d’accord pour dire que l’on est allé trop vite sur le cas Soumaré. Sauf Mme Pécresse, qui a bien fait d’être prudente sur ce coup là.

    Cela me renforce dans l’idée que l’on passe à côté du vrai débat, celui qui concerne Huchon. Les faits sont établis, la condamnation est définitive, le lien entre la faute et les fonctions est au centre de l’affaire, il est difficile de plaider l’erreur de jeuness: qu’est-ce qu’on attend pour interpeller M. Huchon, les responsables de son parti, les militants qui tractent pour lui, les futurs ralliés du second tour?

    Est-ce là le président qu’il nous faut ? Quels sont les contrôles qui ont été mis en place pour que cela ne se reproduise pas ? Est-ce qu’il envisage de nommer un opposant à la tête de la commission des finances du conseil régional ?

    Je trouve Mme Pécresse beaucoup trop prudente de ce côté ci. A moins qu’elle en parle et que les médias ne la relaient pas ?

  • @ Gatien

    Vous auriez pu remarquer que la corruption de nos dirigeants politiques (pas tous) et la Francafrique – qui va largement avec, sont des sujets centraux pour moi

    Troisième temps de la diversion: la vraie question, ce n’est pas le sujet du billet, c’est ce qui est central pour moi.

    Ou bien, il faut considérer que la discussion sur la publication des casiers judiciaires des candidats (point de départ de mon propos) est aussi une diversion.

    Non, ça c’est dans le sujet. La diversion consiste à dériver sur l’indépendance des juges.

    mais si vous relisez, vous verrez que je suis tout à fait d’accord pour taper sur Huchon

    Dont acte. Je comprends, dans ce cas, que le cas Soumaré soit secondaire de votre point de vue. Je suis d’ailleurs d’accord sur ce point, car une malversation dans l’exercice de ses fonctions est électoralement plus grave qu’un délit sans lien avec les responsabilités publiques.

  • @Eponymus

    En effet, j’aurais dû écrire « des juges inexistants plus indépendants que les juges actuels » (d’instruction, les juges). Mais il est clair que je ne suis pas juriste, et que si nous continuons Koz va nous taper sur les doigts.

  • Avant hier, je découvre le communiqué contre les profanantions d’églises dans lequel Mgr Dubost s’étonne d’un deux poids deux mesures des indignations politiques et médiatiques. Hier je surprends une chanson de Jean-Pax Méfret sur radio Notre-Dame (Santa Cruz, je crois). Aujourd’hui je m’aperçois que Koz publie sur causeur, le site qui fait vomir Voynet, le site épinglé par le rapport du MRAP pour sa « ligne éditoriale (…) très à droite, proche des thèses néo-conservatrices ».

    Mon Dieu, les tradis vont finir par être à l’aise dans l’Eglise-qui-est-en-France.

  • Vous prenez de bons exemples de sectarisme ordinaire, mais minable, Gerald. Sur Voynet, vous lirez Miclo. Sur ces andouilles du MRAP, vous lirez Lévy et Leroy.

    A défaut de lire vraiment Causeur.

    Mais je ne voudrais pas vous bousculer dans vos habitudes et vos affinités.

  • “Tout cela montre que Valérie Pécresse connaît mal le terrain. Elle n’aime pas les gens, elle a eu une réaction ’sociale’ face à Ali Soumaré. Elle a tort. S’il gagne, elle va le croiser tout le temps à l’assemblée régionale, elle devra lui serrer la main. Il sera peut-être même vice-président ! Mais pour avoir les voix des gens, il faut les aimer. Valérie [Pécresse] ne comprend pas cette France-là. Elle incarne la droite rétro”

    C’est signé de qui ?

    D’Éric Raoult !!!

    Quelle poilade cette campagne sur Soumaré quand même ! Hein, avouez qu’au moins, la majorité présidentielle, sur ce coup là, waouh !

    Du coup comme le mot est lâché par Éric, je pose la question, Etait-ce là une réaction « sociale » ?

  • Et voilà comment cela fini, dans l’édito du Monde :

    « Elles (les accusations) témoignent, enfin, chez ces responsables de l’UMP, d’amalgames et de préjugés inacceptables : noir de peau, de père malien, habitant un quartier difficile de Villiers-le-Bel, Ali Soumaré ne pouvait être, à leurs yeux, qu’un délinquant. Après les dérapages nauséabonds provoqués par le débat sur l’identité nationale, cette affaire dit trop bien la tartufferie d’une partie de la droite quand elle plaide en faveur de l’intégration des jeunes issus de l’immigration. »

    Ça frappe fort.

  • @ Tom Hagen: un type exemplaire, ce Raoult.

    @ Praxis: faut-il rappeler à Fottorino que son propre journal pointait des velléités d’évoquer le passé judiciaire de Soumaré émanant… des socialistes eux-mêmes ? http://bit.ly/5cEWcr

    Je cite

    Sauf que, depuis qu’il a fait acte de candidature et obtenu le soutien de la direction locale du parti, les chausse-trappes se sont multipliées. Certains, au sein du PS, ont fait courir des rumeurs sur son antisémitisme supposé. En cause, une altercation avec un militant du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), six ans auparavant. L’accusation – fausse – l’a secoué. Il a dû menacer de porter plainte pour diffamation pour faire taire les bruits.

    D’autres « gentils » camarades se sont aussi interrogés, plus ou moins discrètement, pour savoir s’il n’avait pas un casier judiciaire défavorable, ce qui n’est pas le cas, faut-il le préciser. « Ces sous-entendus, c’est très dur à vivre. C’est parce que je suis noir qu’on se pose ces questions sur moi ? »

    Evoquer le racisme est peut-être vrai. Je ne suis pas dans l’esprit de ses accusateurs. Une autre explication serait peut-être que certaines choses se savent, localement, et remontent assez vite. Le fait est qu’il n’était pas aberrant de s’interroger sur l’existence d’un casier…

  • C’est génial cette histoire. Une allégorie de la confusion mentale dans la France de 2010.

    Tout retombe sur la gueule de Pécresse qui est la seule de toute la bande (Soumaré, Delattre, Huchon) à n’avoir jamais enfreint la loi.

    Priceless.

  • Mais quels sont les réels enjeux du vote pour une région ? Quelle que soit sa couleur, elle prélève des impôts et les dépense. Qu’est-ce que cela change vraiment qu’elle soit dirigée à droite ou à gauche ? Voilà à mon avis le sujet qui devrait faire l’objet d’un débat.

    Ah, voilà une question intéressante. Dans d’autres régions, je suis moins au courant, mais puisqu’ici on parle de l’Ile de France, il faut savoir que les transports sont le principal enjeu de cette élection, puisque l’une des deux compétences (avec les lycées) les plus importantes de la région.

    Et en l’occurrence, la situation des transports en commun est catastrophique. Le programme de Jean-Paul Huchon en la matière est en 2010 un copié-collé de celui de 2004 (si vous ne me croyez pas, constatez-le vous-mêmes), reconnaissant ainsi que rien n’a été fait en ce domaine, d’où la décrépitude actuelle. Des « transports publics sans défauts », c’était l’engagement d’il y a six ans…

  • @Xerbias,

    Dépenser plus dans les transports, pourquoi pas, mais combien, et sur quel poste dépenser moins en égale valeur ?

    Rien à voir, un simple état d’âme personnel que j’ai envie de partager. Je ne me sens pas à l’aise quand se mélangent sur un même média la promotion d’une religion et la promotion d’un camp politique.

  • Sujet complexe. Sur le principe, aller chercher dans le casier judiciaire d’un adversaire politique pour trouver de quoi le couler ou le déstabiliser ne m’apparait guère glorieux ou digne.

    De là à parler de diffamation, clairement pas, du moins si les faits sont avérés. Si ce monsieur a effectivement commis des actes répréhensibles et qu’il a été condamné pour cela, alors il doit l’assumer, même si encore une fois ce genre de méthode dansle combat politique est moralement contestable. Surtout que les actes commis, s’ils ne sont pas totalement anodins, ne m’apparaissent pas graves au point qu’ils pourraient constituer un obstacle pour devenir élu de la République.

    En revanche il me semble que :

    Un élu de la République se doit d’être irréprochable durant son mandat. Aussi je serais favorable à ce que tout acte délictueux commis durant un mandat, pour les cas de malversations financières, prise illégale d’intérêt ou abus de biens sociaux, devrait être suivi d’une éligibilité à vie. Cela peut paraitre un peu exagéré, mais cela aurait au moins le mérite d’afficher clairement la couleur pour ceux qui seraient tentés de succomber à la tentation et d’éviter que des types comme Balkany puissent être encore des représentants de la Nation après tout ce qu’ils ont fait. En plus du fait de mettre un peu en avant la notion d’exemplarité qui fait cruellement défaut : moraliser le capitalisme pourquoi pas. Moraliser la vie publique, c’est aussi bien, et cela permettrait aussi peut-être aux français de retrouver un peu de confiance dans ceux qui les représentent.

    Je ne suis guère favorable au fait qu’on puisse accéder au casier judiciaire de nos élus ou candidats, si du moins l’énigibilité à vie sanctionne toute personne qui profite d’un mandat pour son profit ou celui d’autres. Les fautes commises qui ne remettent pas en cause la capacité à devenir représentant du peuple relèvent selon moi de sa vie privée. Chacun peut commettre des erreurs, les regretter ou les expier, et il me semble qu’on peut souhaiter un droit à l’oubli pour ce genre de faits.

  • @Epo

    Oui, donc je disais ! Je te remercie de me donner l’occasion de rappeler ce que l’affaire Dray a révélé : Julien Dray n’est ni coupable d’enrichissement personnel, ni à la tête (ni membre) d’un « système » comme le laissaient croire les rapports Tracfin largement diffusés dans la presse. Quant a « l’alternative conçue pour éviter d’engorger les tribunaux », moi je dis : en voila une riche idée ! Je ne l’avais pas vu sous cet angle spontanément, mais a bien y réfléchir, on comprend qu’après 12 longs mois d’investigation, dans laquelle sont impliqués des enquêteurs de la brigade financière et le procureur de Paris, durant laquelle on s’offre le luxe de procéder à des perquisitions, on ait soudainement eu envie d’arrêter les frais. Réduisons la voilure ! Cherchons une procédure plus légère ! Choisissons de clore ce dossier « accablant » par un simple rappel à la loi. Non pas parque le dossier est vide, non… afin de désengorger les tribunaux…

    Concernant la justice qui se doit d’être publique, l’affaire Delattre révèle qu’elle ne l’est pas, en l’état, tant que ça, et qu’une multitude de procédure viennent encadrer l’accès aux éléments judiciaires relatifs a une personne a posteriori (alors que la plupart des audiences sont publiques, obtenir une information sur une affaire jugée s’avère nettement plus compliqué), n’en déplaise au menteur multirécidiviste chevronné qu’est Mr Lefebvre. Je me désole, à ce propos, de voir Bertrand et Lefebvre épouser la ligne Delattre / Poniatosky plutôt que celle de Valerie Pecresse qui elle, se désolidarise – ce qu’a titre personnel je salue- des méthodes de nos deux bras cassés du Val d’Oise. Pour le reste, il y a cette note de Jules qui me semble bien résumer la situation, à froid : http://bit.ly/d17kmo

    Et pour finir, reste l’affaire Soumaré : Même si la diffamation et la volonté de nuire sont patentes, il n’en reste pas moins que Mr Soumaré a eu affaire a la justice a 2 occasions. Pour une première affaire datant de 99, qui bien qu’il ne soit plus permis de la mentionner (cf principe de réhabilitation décrit par Jules) a bel et bien existé, et cette affaire en cours de jugement (pour laquelle Mr Soumaré bénéficie de la présomption d’innocence) pour avoir « résisté avec violence » à une interpellation, « en l’espèce en se débattant » – comme le révèle Koz qui a eu le jugement sous les yeux – dont on ignore encore tout du contexte. Voila les deux seuls éléments qui peuvent s’apparenter véritablement à « l’information du citoyen ». Reste a voir si le citoyen informé accablera Mr Soumaré pour avoir dérapé par le passé, ou si, conformément a l’esprit de nos lois, il est attaché au principe de réhabilitation. Réponse le 14 et 21 mars.

  • Et en l’occurrence, la situation des transports en commun est catastrophique. Le programme de Jean-Paul Huchon en la matière est en 2010 un copié-collé de celui de 2004 (si vous ne me croyez pas, constatez-le vous-mêmes), reconnaissant ainsi que rien n’a été fait en ce domaine, d’où la décrépitude actuelle. Des « transports publics sans défauts », c’était l’engagement d’il y a six ans…

    Chut malheureux, c’est un débat de fonds ça, ça n’intéresse aucun journaliste !

  • ben voilà la lefebvrie du jour, il veut que les candidats présentent leur casier et qu’ils « soient rendus inéligibles s’ils ont été condamnés pour des actes de « violence contre des personnes »…

    pour cet umpiste il y a les bons délinquants et les mauvais, j’imagine que pour lui un bon délinquant porte un col blanc, c’est sur un lobbyste comme lui, il ne faudrait pas qu’il soit touché par sa proposition, la démocratie y perdrait tant 😀

  • @zeyesnidzeno

    Pour les éléments relevant de l’information du citoyen, j’ajouterai aux deux éléments que vous citez le mensonge caractérisé qui a consisté a nier tout passé judiciaire, quitte à faire traiter ses accusateurs de racistes. (cf l’article du monde de novembre 2009 déterré par Koz)

    Le mensonge (et la manipulation du sentiment anti-raciste) n’est evidemment pas condamnable pénalement, mais tant que l’électeur ne se montrera pas un peu plus tatillon sur le sujet, il n’aura que ses yeux pour pleurer.

    Ensuite, il y a toujours des mensonges qui vous choquent plus que d’autres, et c’est l’électeur qui décide… Pour celui là malheureusement, il aura du mal à se prononcer en connaissance de cause vu la tournure prise par la polémique.

    Par ailleurs, merci de souligner la prudence de Mme Pécresse, salie dans cette affaire par des accusateurs qui n’ont pas pris les mêmes précautions qu’elle vis à vis des faits (cf la prétendue déclaration de Poniatowski sur son prétendu accord quant à cette attaque contre M. Soumaré).

  • @Vivien

    Je n’ai pas lu l’article que vous mentionnez (auriez vous un lien?) mais si, en effet, Soumaré, en novembre dernier, a instrumentalisé un sentiment raciste non avéré a son égard, je me joins évidement a vous pour le condamner.

    « Pour celui là malheureusement, il aura du mal à se prononcer en connaissance de cause vu la tournure prise par la polémique. »

    J’ai, personnellement, peu de doute sur la nature illégale des moyens mis en œuvre pour obtenir des informations sur le passé judiciaire de Soumaré.

  • Entendu Delanoë ce matin sur France Inter, interrogé par un auditeur sur la condamnation d’Huchon. Selon BD, JP Huchon est une personne très honorable et il n’y a eu aucune volonté de malversation. ça m’a laissé sur ma fin et bien sûr je n’ai pas pu compter sur le journaliste de service (Demorand ?) pour relancer et obtenir des précisions sur cette alchimie qui fait qu’on peut prendre illégalement un intérêt sans vouloir s’enrichir et tout en étant parfaitement honorable.

    Sur un autre registre, BD a annoncé qu’il s’appliquerait à lui-même cette règle selon laquelle deux mandats exécutifs à la suite sont bien suffisants. Très bien. Mais alors comment peut-il soutenir Huchon qui brigue son troisième mandat ?

    Pour finir, je suis totalement ecoeuré par l’édito du Monde cité par Praxis (n°138). Tout d’abord M. Soumaré est un délinquant. Ensuite l’UMP a eu tort de le traiter de multirécidiviste. Mais pourquoi convoquer le racisme ou les préjugés anti-jeunes dans ce débat ? Quel responsable de l’UMP a laissé entendre que le casier judiciaire de M. Soumaré aurait un rapport avec son origine, ou pire (comme le laisse entendre l’édito), que ses origines le conduiraient nécessairement à avoir un casier ? Absolument personne ! Ces amalgames sont le fait de l’éditorialiste lui-même. Ou comment créer un malaise là où on ne fait que réclamer un débat démocratique ouvert sur ce que sont les candidats, en particulier, s’agissant du PS, concernant leur passé judiciaire.

    Quant à Eric Raoult, c’est (au moins) la deuxième fois en 6 mois qu’il embarrasse son propre camp par des déclarations qui font le miel de l’opposition. Je rappelle la précédente: son appel à ce que le Goncourt muselle ses récipiendaires, là où il fallait seulement stigmatiser la bêtise et le mépris des propos de Marie NDiaye.

  • @ Vivien : « le mensonge caractérisé qui a consisté a nier tout passé judiciaire »

    Vous pouvez citer vos sources ? L’article du monde cité par Koz ne fait pas état d’une négation par Mr Soumaré d’un passé judiciaire, mais d’une affirmation du journaliste qu’il n’a pas de « casier judiciaire défavorable ». Et je ne joue pas sur les mots.

    Mais il est clair que certains des commentateurs (dont le maitre des lieux) souhaiteraient qu’une personne qui a fait de la prison devienne inneligible à vie. De façon explicite (dans la loi) ou implicite (obligation de publier son casier judiciaire), ce qui reviendrait plus ou moins au même, de fait.

    Pas de problème avec ça, c’est votre droit. Mais soyez clair : une personne qui a fait de la prison (ou qui a été condamné) n’a plus le droit de se présenter à une élection – jamais.

    Et ne vous cachez pas derriere le choix des électeurs, qui ne trouveront jamais un candidat qui remplisse tous les critères et qui doivent toujours voter pour le moins mauvais, ou le plus proche de leurs convictions.

  • @Vivien (2)

    Quant à Soumaré qui aurait déclaré avoir un casier vierge en novembre dernier, légalement, notre droit national le permet. Explications issues de la note de Jules à consulter ici : http://bit.ly/d17kmo

    le principe de la réhabilitation est posé à l’article 133-12 du Code pénal :

    Toute personne frappée d’une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle peut bénéficier, soit d’une réhabilitation de plein droit dans les conditions prévues à la présente section, soit d’une réhabilitation judiciaire accordée dans les conditions prévues par le code de procédure pénale.

    Qu’est-ce que la réhabilitation ?

    Il s’agit de rétablir le condamné dans son honneur et sa probité en effaçant rétrospectivement une condamnation dont il a pu faire l’objet.

    Quel est le fondement ?

    Il s’agit du pardon. Une fois la peine accomplie, le condamné peut prétendre à ce que la dette qu’il a acquitté ne subsiste pas dans la mémoire administrative et judiciaire.

    Quelles en sont les conditions ?

    Pour la réhabilitation légale3 il faut que la peine prononcée ait été exécutée et qu’un délai ait été prescrit sans qu’une condamnation nouvelle soit intervenue. Pour ce qui concerne la condamnation de six mois de prison4 infligée au candidat du parti socialiste en 1999, il est ainsi nécessaire que cinq années se soient écoulées sans nouvelle condamnation. Ce qui est le cas.

    Quels sont les effets de la réhabilitation ?

    Ils sont, aux termes de l’article 133-16, semblables à ceux de l’amnistie prévus aux articles 133-10 et 133-11. Il est ainsi interdit de faire état d’une condamnation qui aurait fait l’objet d’une réhabilitation.

    Il est interdit à toute personne qui, dans l’exercice de ses fonctions, a connaissance de condamnations pénales, de sanctions disciplinaires ou professionnelles ou d’interdictions, déchéances et incapacités effacées par l’amnistie, d’en rappeler l’existence sous quelque forme que ce soit ou d’en laisser subsister la mention dans un document quelconque. Toutefois, les minutes des jugements, arrêts et décisions échappent à cette interdiction.

    Première conséquence, la condamnation est effacée du casier judiciaire et le juge ne saurait en tenir compte pour la détermination d’une peine lors d’une condamnation ultérieure.

    Mais je lis a l’instant que Soumaré n’a jamais déclaré avoir un casier vierge. La question donc ne se pose plus.

  • @ Zeyes : le lien est dans le commentaire de koz

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/24/ali-soumare-generation-quartiers_1271341_3224.html

    @ Vivien : la manipulation du sentiment anti raciste est, dans cet article, assez ténue : il aurait été accusé faussement d’antisémtisme (et donc de racisme). Le fait qu’il s’interrroge sur l’origine de cette accusation et d’autres croche-pieds(éventuellement lié à sa noiritude, ou à son absence de diplome ) est ce vraiment de la manipulation de sentiment anti raciste ?

    Mais bon, si vous avez décidé que c’était un méchant, et que grace aux purs chevaliers de l’UMP la vérité vraie a enfin éclatée sur ce criminel, je ne vous ferait pas changer d’avis.

  • @ un autre: deux choses. La première, c’est que je n’ai pas à répondre à vos interpellations capricieuses. La seconde, c’est que je vous remercie de ne pas travestir bêtement mes propos.

    @ zeyesnidzeno: je ne saurais dire si Ali Soumaré a instrumentalisé un sentiment raciste non avéré ou si le sentiment raciste était bien une motivation des socialistes dans les faits que rapportaient Le Monde.

    Sinon, pour ce qui est de la réhabilitation, c’est beau. Mais je ne suis pas sûr que l’on trouve beaucoup de volontaires pour l’appliquer dans toute sa rigueur. Parce que, tiens, par exemple, moi, je ne soutiendrais pas que celui qui rappellerait les condamnations Patrick Balkany violerait la loi, par exemple. Parce qu’il a été condamné en définitivement en 1997…

    Attention, je vais remonter la file des commentaires et mettre une croix en face des pseudos des vilains qui l’ont mentionnée (bon, y’a moi, déjà, ça fait une croix).

  • Voici le lien. Excusez-moi, je pensais que Koz l’avait déjà posté en commentaire.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/24/ali-soumare-generation-quartiers_1271341_3224.html

    Comme ça tout le monde pourra se faire une idée. le passage que j’ai du mal à avaler :

    « D’autres « gentils » camarades se sont aussi interrogés, plus ou moins discrètement, pour savoir s’il n’avait pas un casier judiciaire défavorable, ce qui n’est pas le cas, faut-il le préciser. « Ces sous-entendus, c’est très dur à vivre. C’est parce que je suis noir qu’on se pose ces questions sur moi ? »

    @ un autre

    Alors il y a effectivement moyen de pinailler. Pour moi (si les propos du Monde sont exacts), on quitte l’absence de mention au passé judiciaire pour rentrer dans le mensonge par ommission. Quant à la manipulation du sentiment anti-raciste, elle me parait patente. Que le racisme ait été une motivation ou pas, les faits reprochés (avoir un passé judiciaire) sont vrais, alors il y a au moins une autre raison que le racisme de se poser des questions.

    Je ne vous en veux pas pour le pinaillage, c’est votre droit d’estimer que en faisant cette déclaration, M. Soumaré ne se fout pas de votre gueule.

    Ne croyez pas avoir le monopole du choix du moins pire candidat, je suis centriste et ne me souviens d’avoir pu une seul fois dans ma vie voter pour le même candidat au premier et au second tour d’une élection. je n’aimerai pas voter dans le Val d’Oise parce qu’un moment, il faudra essentiellement choisir entre M. Soumaré et M. Delattre…

    Mais évitez de me faire dire l’inverse de ce que je dis. Au contraire, la présence d’un passé judiciaire ne me parait pas rédhibitoire. C’est même dangereux d’interdire les candidatures comme on a pu l’exposer plus haut, puisque cela incite à l’instrumentation de la justice.

    je confesse juste : – une aversion particulière pour les délits violents – des doutes sur la symbolique de la candidature de M. Soumaré dans « les quartiers » où la violence est un problème – Un dégout pour les gens qui me prennent pour un con – Une certaine notion de la chronologie, si on veut assumer quelque chose, c’est avant que les fait sortent et plus de quelques semaines avant les élections.

  • @ Koz. Bien sûr que vous n’avez pas à y répondre. Mais cela ne m’empeche pas de les poser, sans me faire d’illusions : j’ai déjà remarqué que vous refusiez quasi systématiquement de répondre à ce type d’interpellation, d’où quelles viennent, et je le comprends et le respecte tout à fait. Vous auriez même le pouvoir de supprimer mon commentaire, mais comme ce ne serait pas tres élégant, vous ne le faites pas, et je vous en sait gré.

    Donc j’use de la possibilité que vous me donnez, dans un but (raté à chaque foi) de clarification de ma pensée, en la confrontant à celle des autres commentateurs..

    PS : ce commentaire inutile peut être supprimé.

  • « Donc j’use de la possibilité que vous me donnez, dans un but (raté à chaque foi) de clarification de ma pensée »

    J’aime bien ce côté sisyphéen. Je dois être masochiste.

    @Gwinfrid

    Je vous lis avec retard.

    « discussion sur la publication des casiers judiciaires des candidats […] une diversion. – Non, ça c’est dans le sujet. La diversion consiste à dériver sur l’indépendance des juges. »

    Vous pensez sérieusement que l’on peut discuter l’usage des casiers judiciaires sans s’interroger sur l’indépendance du système qui les produit? Non, je pense que vous avez votre idée fixe à vous : je suis partisan et je fais diversion. Vous êtes objectif.

  • J’ai trouvé un petit jeu très amusant. Soit la réhabilitation interdit d’évoquer une condamnation passée (parce que ce serait de la diffamation), soit elle ne l’interdit pas. Donc deux hypothèses :

    • soit on peut parler de la condamnation d’Ali Samouré;
    • soit on ne peut pas parler de la condamnation de Patrick Balkany.

    Bon visiblement, ces issues semblent désagréables aux mêmes personnes. Allez comprendre, ce n’est que le Droit.

  • @Koz (136)

    « Sur Voynet, vous lirez Miclo. Sur ces andouilles du MRAP, vous lirez Lévy et Leroy.

    A défaut de lire vraiment Causeur.

    Mais je ne voudrais pas vous bousculer dans vos habitudes et vos affinités. »

    Mais mon cher Koz, vous ne comprenez pas l’ironie. Je suis un lecteur assidu de causeur. Et je suis un grand amateur du regretté Muray. Disons que Daniel Lindenberg aurait dénoncé causeur dans son pamphlet si ce site avait été actif en 2002.

    Est-ce le fait que je laisse entendre que les tradis pourraient se sentir un peu plus à l’aise qui vous met dans cet état ? Vous savez, les tradis ne sont pas le diable incarné. Certes ce ne sont pas des catholiques aussi respectables que Jacques Barrot qui déclare au Monde « j’ai toujours été un chrétien très ouvert, j’ai voté la loi sur l’avortement », mais quand même, ils ne passent pas leur journée à casser du pédé devant Notre-Dame.

    Enfin, ce que j’en dis… je ne voudrais pas vous bousculer dans vos habitudes et vos affinités.

  • L’ironie est un art difficile, Gerald. Sans le plus maigre indice d’une ironie quelconque, vous vous assurez juste de l’incompréhension de votre interlocuteur.

  • Partons du principe qu’on a le droit d’en parler pour les deux (MM Souaré, et Balkany), puisque manifestement, c’est l’usage.

    ça change quelque chose à la discussion, sur la légitimité de Mr Souaré à se présenter ? et sur le coté desagréable (sur la forme) de la façon d’avoir fait connaitre ce fait, jusque là ignoré de beaucoup (le procés Souaré ayant été moins médiatisé à l’époque que le procès Balkany, allez savoir pourquoi) ?

    Il me semble en revanche qu’il ne soit pas autorisé d’attribuer à quelqu’un les condamnations d’un autre, surtout quand elles sont confidentielles, et de les mettres sur la place publique. Mais c’est un autre sujet… ?

  • @ Gatien

    Vous pensez sérieusement que l’on peut discuter l’usage des casiers judiciaires sans s’interroger sur l’indépendance du système qui les produit?

    Bien entendu : il suffit de se souvenir que la France est un État de droit qui fonctionne, certes avec de graves imperfections, mais dans l’ensemble correctement. On peut aussi partir de l’hypothèse inverse, suivant laquelle les juges sont à la botte du pouvoir, auquel cas toute la discussion ci-dessus est sans objet : on est bien dans la diversion.

    Non, je pense que vous avez votre idée fixe à vous : je suis partisan et je fais diversion. Vous êtes objectif.

    Je n’ai pas cette prétention. J’ai bien un parti pris, tout ce qu’il y a de plus subjectif: je trouve que les électeurs sont souvent beaucoup trop indulgents face aux magouilles en tout genre, et dans le cas présent je souhaite sans trop y croire que ceux du Val-d’Oise sanctionnent aussi bien l’UMP que le PS. C’est pour cela que je suis d’accord avec Koz quand il dénonce l’unitaléralisme dans l’indignation chez certains commentateurs – tendance qui me paraît équitablement répartie entre les commentateurs de gauche et de droite.

    @ zeyes

    la condamnation est effacée du casier judiciaire et le juge ne saurait en tenir compte pour la détermination d’une peine lors d’une condamnation ultérieure.

    Intéressant. Cela veut dire que la condamnation pour les faits de 1999 n’est pas concernée dans l’expression du tribunal, « compte tenu des condamnations déjà prononcées », citée plus haut. Ali Soumaré n’est pas sorti de l’auberge.

  • Hé, j’ai failli rater le dérapage raciste magistral de l’édito du Monde, aimablement rapporté par Praxis (138):

    « Elles (les accusations) témoignent, enfin, chez ces responsables de l’UMP, d’amalgames et de préjugés inacceptables : noir de peau, de père malien, habitant un quartier difficile de Villiers-le-Bel, Ali Soumaré ne pouvait être, à leurs yeux, qu’un délinquant.

    Sauf que le gars Soumaré a bien été condamné pour des faits remontant à 99 et a une autre affaire en cours (pour laquelle il est présumé innocent).

    Pourquoi donc faire comme s’il n’avait jamais enfreint la loi? Pourquoi surtout introduire artificiellement ses origines dans le débat précisément à ce stade-là?

    Cet édito témoigne, dans une certaine gauche, d’amalgames et de préjugés inacceptables : noir de peau, de père malien, habitant un quartier difficile de Villiers-le-Bel, Ali Soumaré ne peut être, à leurs yeux, qu’innocent.

    En fait, c’est pire.

    Ali Soumaré étant noir de peau, de père malien, habitant un quartier difficile de Villiers-le-Bel, la question de savoir s’il a enfreint ou non la loi ne peut être, à leurs yeux, qu’indifférente.

  • On vous reconnait bien là. Mais pourquoi laissez-vous de côté la première remarque du maire de je ne sais pas où sur ce candidat noir? Il l’a pris (sérieusement où ironiquement? je me demande ce qui est le plus moche pour lui…) pour un joueur de l’équipe réserve du PSG. noir=foot, et sinon, noir=délinquant: ça réfléchit grave chez les candidats UMP.

  • Oui, je pense que c’est aussi l’addition du fait que pour M. Delattre un noir des quartiers qui fait de la politique ressemble plutôt à un joueur remplaçant de l’équipe réserve du PSG et de la diffamation « délinquant multirécidiviste » qui conduit l’éditorialiste à formuler cette thèse, pas vraiment osée, selon laquelle les préjugés de M. Delattre relèvent bel et bien du racisme ordinaire.

  • Un quotidien d’information, pas un mensuel! Et puis si c’est gratuit, ça s’achète où?!

    Blague à part, merci pour la suggestion, je ne connais pas.

  • Je préfère vous prévenir que si vous répondez « La Croix », la question suivante sera de savoir si La Croix est moins à gauche que Le Monde, ou plus tendre avec l’UMP…

  • @niamreg et Praxis, c’est terrible les ravages de l’essentialisme. Non, Ali Soumaré n’est pas un noir des quartiers, il est un être humain qui se trouve avoir la peau noire.

    Peut être que Delattre a dit ce qu’il a dit en fonction des origines de Soumaré, mais le doute n’est pas permis s’agissant du Monde.

    @Gatien, quotidien : The New York Times; hebdo : The Economist. Pour la France, Google News, les dépêches d’agences et les blogs de qualité suffisent largement.

  • Vous pensez vraiment être crédible en conseillant de lire des blogs plutôt que Le Monde, Lib? Vous qui aimez parler de confusion mentale, vous en donnez une bonne illustration. Au moins, il est plaisant de vous tendre des pièges : vous y sautez à pieds joints!

  • Je pense que pour éclairer cette affaire, il manque une dimension, qui la ramène paradoxalement à un fait divers médiocre dévoilant des pratiques politiques très habituelles en période de campagne.

    Car la liste Huchon héberge un Francis Delattre de gauche qui s’est empêtré dans une affaire incroyablement similaire à l’affaire Soumaré.

    Lors de la campagne de législatives de 2007, le maire PS d’Asnières avec qualifié un jeune beur, candidat concurrent, de « caïd » aux multiples condamnations.

    Lors du procès en diffamation qui a suivi, diverses pièces sont apparues, semblant provenir du dossier administratif du prétendu caïd, par ailleurs employé municipal. Peine perdue, le maire d’Asnières a été condamné il y a quelques mois pour ces propos.

    Outre son importance dans le dispositif de campagne de M. Huchon (coordonnateur de la net-campagne et 3e de liste dans les Hauts-de-Seine), le sel de cette affaire est que le maire d’Asnières était dans le passé président de SOS Racisme 92.

    La seule différence, au fond, c’est qu’à ce jour le socialiste ne s’est pas excusé. Mais l’UMP étant au coeur d’une tempête médiatique, il est difficile de savoir si la contrition est spontanée, ou cordialement encouragée.

    Deux articles de référence sur cette autre affaire :

    L’Humanité : Zouhair, « caïd » : les mots qui disent la stigmatisation… http://www.humanite.fr/article2759300,2759300

    Libération : «Caïd», le mot qui coûte cher à l’élu. Le maire PS d’Asnières, condamné pour des propos tenus contre un médiateur. http://www.liberation.fr/societe/0101578728-caid-le-mot-qui-coute-cher-a-l-elu

  • Sur le coup, je suis plutôt d’accord avec Lib. A une époque où l’on peut lire les dépêches d’agences classées gratuitement sur le web, un journal doit apporter une vraie « valeur ajoutée » pour mériter d’être lu. Et une vraie valeur ajoutée, ce n’est pas rajouter sans analyse les lieux-communs et les préjugés du moment, qui me fatiguent plus qu’autre chose.

    Donc je préfère souvent passer du temps sur les blogs, entre autres celui-ci, qui proposent au moins des réflexions originales, même s’il y a aussi du déchet, ce que je suis prêt à accepter.

    Et je cherche toujours le titre de la presse française qui me convaincra de l’acheter, alors que j’ai parfois fait deux heures de métro aller-retour, pour ne pas rater un numéro de « The Economist ».

    Gatien a dit

    Vous pensez vraiment être crédible en conseillant de lire des blogs plutôt que Le Monde, Lib? Vous qui aimez parler de confusion mentale, vous en donnez une bonne illustration. Au moins, il est plaisant de vous tendre des pièges : vous y sautez à pieds joints!

  • @ Koz

    J’ai trouvé un petit jeu très amusant. Soit la réhabilitation interdit d’évoquer une condamnation passée (parce que ce serait de la diffamation), soit elle ne l’interdit pas. Donc deux hypothèses :

    soit on peut parler de la condamnation d’Ali Samouré; soit on ne peut pas parler de la condamnation de Patrick Balkany.

    Bon ben Peillon a tranché cet épineux dilemme.

    « La fin nous apprend que ces deux jeunes avaient volé une Simca 1000, volé des moteurs de bateaux, avaient des papiers d’identité faux, des plaques d’immatriculation fausses, avaient avec eux un pistolet 6,35 et avaient fait courir la police », a poursuivi l’ex-lieutenant de Ségolène Royal.
    « J’ai cherché les noms et c’est finalement une jolie anecdote, on a deux noms : MM. Alain Madelin, Patrick Devedjian.. », a laché M. Peillon. »

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/02/25/01011-20100225FILWWW00817-peillon-ironise-sur-le-cas-soumare.php

  • @ Koz : je pensais que la phrase exacte était « joueur remplaçant de l’équipe réserve du PSG ». En fait non. Mais c’est déjà largement insupportable comme degré de connerie crasse.

  • <

    blockquote>Mais c’est déjà largement insupportable comme degré de connerie crasse.

    C’est sur, mais j’imagine à peine s’il avait dit « joueur de l’équipe réserve de Lorient ». Voire de Chateauroux. L’horreur.

  • Internet ce n’est pas « les blogs ».

    J’apprends beaucoup de choses sur le blog de Koz, mais certainement pas la même chose qu’en lisant les dépêches d’agences ou Le Monde (ou quelques autres journaux).

    La preuve? L’info de la semaine, ici, c’est Ali Soumaré… dont je me fiche assez. Et puis il n’y a pas la météo (que ceux qui on t déjà lu la météo dans un journal papier lèvent la main).

    L’ennui, c’est si citer Le Monde chez Koz revient à se désigner comme la cible des quolibets. Je considérais plutôt ça comme une tendance de l’extrême gauche jusqu’ici. Ce serait le signe d’une certaine dérive.

    J’ai dit beaucoup de mal du Monde sur certains sujets, mais je continue à le lire assez souvent, sur internet ou en papier. Il n’y a pas beaucoup d’équivalents. Je conchie le Figaro de Dassault, mais contrairement à certains, je n’enverrai jamais paître quelqu’un qui en citerait un article sans avoir lu l’article en question.

    La mode « les journalistes sont nuls, on peut très bien se passer d’eux avec les blogs et twitter », ça me fait rire (jaune).

    The Economist, donc? A essayer.

  • Bonsoir,

    certes, mais il peut très bien arriver qu’une génération dans un métier dans un pays soit d’assez faible niveau.

    Cela peut être simplement le manque de talent (cela arrive), mais peut-être plus une génération « formée de travers »: en fait, je suspecte beaucoup de journalistes français de la presse écrite nationale actuelle d’avoir été formés, non pas à la rigueur et au travail de l’analyse, de l’investigation, mais à l’idéologie (qu’elle soit d’ailleurs de gauche ou de droite).

    J’exclus de cette analyse la presse économique, qui est souvent plus technique, et qui à mon avis échappe à cette dérive idéologique.

    Et je préfère honnêtement les faits bruts des dépêches d’agence à une analyse idéologique prévisible et peu intéressante.

    Gatien a dit

    La mode « les journalistes sont nuls, on peut très bien se passer d’eux avec les blogs et twitter », ça me fait rire (jaune).

  • Oser révéler qu’un politique à un passé judiciaire important, provoque une incroyable polémique… où le débat ne se situe pas sur ce fameux «passé judiciaire» mais sur «est ce normal de parler du passé judiciaire d’un politique?» et « comment ont ils eut ces documents?» Comme pour le débat sur l’identité national, le sujet est détourné, on accuse on sermonne on sous-entend… oser parler d’identité est stigmatisant pour ce qui ne sont pas desouche… pire c’est un acte de racisme… Haro sur l’identité Française! Haro sur le passé judiciaire des politique! Oups excusez moi! Haro sur le passé judiciaire quand vous êtes Noir, musulman, et banlieusard… et Socialiste of course! Oui car qui voudrais nous faire croire que jusqu’à maintenant personne ne s’intéresse au passé des hommes ou femmes politiques… Avant Soumaré les politiques était des anges? Non bien sur! Combien de fois n’a t’on pas lut et entendu des «histoires», «affaires», concernant nos politiques que cela soit prouvé ou non! Les comptes de Chirac… Pasqua… Bédier, Madelin, devedjian, dray, strauss kahn, balkany, Huchon, cambadelis, leguen, fabius, carignon, mitterand… Bref presque tous ont un jour été accusé à tort ou a raison, avec ou sans preuves, judiciaire ou non! Donc dans cette affaire, qu’est ce qui pose probleme? qu’on s’intéresse à son passé? Non car on s’intéresse toujours aux passé des politiques! et pas seulement les délits judiciaires, mais aussi les délits d’opinion! qui eux ne sont pas judiciairement condamnable! Untel est un ancien maoïste, ou trotskiste, l’autre faisait partis de la mouvance «Occident»… on a toujours dénoncé le passé judiciaire des politiques… on à toujours fait des polémiques à partir de faits plus que douteux… (le frère d’untel à fait ceci ou cela, il aime les belles montres, elle aime les vêtements de marques…) On à toujours fait des polémique sur des délits d’opinion, même quand il date de plusieurs décennies… (ancien Trotskiste, ancien maoïste, ancien Fn, ancien Occident, franc maçon, libéral(oui c’est une insulte en France!…) Alors quand quelqu’un est condamné à 6 mois pour vol… Je viens à l’instant de découvrir que Peillon à été chargé une affaire d’il y’a 50 ans contre Madelin et devedjian… LOL il y’a donc prescription pour un fait de 2002, mais elle n’existe pas pour quelqu’un qui à volé il y’a 8 ans! trop fort! Donc si l’argument du «passé» n’est pas valable… Pourquoi une tel polémique? Soyons honnêtes, Il est noirs, musulman, banlieusard, socialiste! Que les socialistes se défendent, soit dans la polémique, l’invective… ok! même si ce n’est pas glorieux, Mais Que dire de l’attitude des médias? Car ce sont eux qui font la (les) polémique(s)! Ou est le travaille d’investigations? Les maires UMP auraient ils eut besoin d’en parler si les journalistes faisaient leurs boulots? Quand on voit le ramdam fait par de vrai/fausses polémiques du type la douche du président, le scooter du fils, la rolex du président, les rolex de dray, le yacht de bolloré, lipdub, le site desirs d’avenir… Tabou! Oui les minorités visibles sont tabous! euh excusez moi, en fait les minorités visibles de gauches sont tabou! car Dati, amara, yade, ne sont pas épargnés en comparaison! vaut mieux être un noir, délinquant et icône des défenseurs de délinquant,multi-récidivistes qu’une surdiplomé maghrébine, d’origine modeste qui à le tort d’aimer les beaux vêtements de marque… Mais bon elle est de droite! scandale! Traitresse! Nous vivons dans une dictature médiatique et idéologique, tenus par des journalistes, sociologues, pédagogue, ethnologue, soit-disant intellectuels, bobo, gauchistes… Ils croient lutter pour le bon «vivre ensemble», ils pensent lutter pour l’anti-racisme, ils ne font que renforcer le communautarisme, et donc développé le racisme! l’antiracisme sera le communisme/fascisme du 21e siecle à prédit Alain finkielkraut…

  • Juste quelques mots pour clarifier le contexte, en essayant de ne tomber ni dans l’antiracisme aveugle, ni dans l’anti-anti-racisme (qui semble se répandre sur ce blog), ni dans le racisme bien sûr (même si cela ne suffit pas à faire une philosophie, c’est quand même mieux l’anti-racisme que le racisme, non ?).

    Delattre, qui n’est sans doute pas un « vrai » raciste, aurait-il néanmoins parlé à propos de son concurrent politique de « joueur de l’équipe réserve du PSG » s’il n’était pas noir et s’il ne s’appelait pas « Soumaré » ? Evidemment non. Vous voyez Huchon dire : « Pécresse ? J’ai d’abord cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG » ? Non, vous voyez bien, ça le fait pas.

    Dans les délits ensuite, il convient à mon avis de distinguer, au moins en première approximation, les actes de petite délinquance (petits vols, violences limitées…) des actes de délinquance en col blanc (abus de biens sociaux, corruption, etc.). Car le profil des auteurs et leur position dans la société sont généralement très différents. Dans un réflexe de classe, l’inénarrable Lefebvre, quand il demande l’obligation pour les candidats de publier leur casier judiciaire, prend d’ailleurs bien soin de préciser qu’il ne s’agirait que des faits impliquant des violences contre les personnes. On peut d’ailleurs parfaitement estimer que celles-ci sont les plus graves… Mais aussi penser, dans certains cas, que la « bêtise » d’un jeune de 18 ans qui a payé pour son écart et s’est ensuite rangé est moins grave que celle du pourri professionnel qui a toujours piqué dans la caisse. Dans tous les cas, le qualificatif de « délinquant multirécidviste » utilisé par les pieds nickelés de l’UMP s’appliquait, lui aussi, plus « naturellement » (dans l’imaginaire populaire) à un jeune noir issu des quartiers qu’à un Balkany par exemple.

    Tout cela, on ne peut, il me semble, raisonnablement le nier (d’où l’édito du Monde qui dénonce logiquement cette mécanique nauséabonde utilisée ici par l’UMP ; même si j’ai préféré celui de Joffrin dans Libé, qui concluait notamment pas le fait que Delattre serait bientôt peut-être lui-même un « déliquant multirécidiviste chevronné » puisqu’il risquait d’être condamné trois fois : pour diffamation, violation du secret judiciaire et violation de la présomption d’innocence).

    Enfin, sur les représentants de la diversité en politique. Là aussi, il faut clairement distinguer une Rama Yade (que j’aime bien par ailleurs) d’un Ali Soumaré. Certes, la couleur est la même, mais l’origine sociale n’a rien à voir. Rachida Dati, c’est encore autre chose : issu des quartiers mais évoluant dès son plus jeune âge dans les hautes sphères (elle n’a pas fait ses classes comme animatrice de quartier ou dans une association). A la limite, le profil d’Ali Soumaré se rapprocherait plus de celui d’une Fadela Amara (qui a d’ailleurs immédiatement pris sa défense).

  • Pour info, le prochain billet de Koz s’intitule « Sarkozy a-t-il nommé ministre un voleur de Simca 1000 ? », avec en contrepoint ce commentaire « Il s’est en effet présenté dans ma circonscription et, je le confesse, en toute ignorance et de ma bonne foi abusée, j’ai voté pour lui ». Préparez vos argumentaires 🙂

  • « Pour ce qui est de l’Ile de France, une vingtaine de policiers appartenant à l’UMP ont reçu mission de fouiller illégalement les fichiers, le STIC et d’autres, pour tous les candidats de gauche et du Modem. Il est probable que les mêmes procédés ont été utilisés en province mais je n’ai pas d’informations précises sur les autres Régions. »

    http://www.politis.fr/Des-policiers-de-l-UMP-ont-fouille,9717.html

    Si cela est vrai cela me semble très très grave, monsieur Koz pour vous la fin justifie les moyens ?

  • @jean, avant de défendre quoiquesoit on va attendre que ce genre de rumeur soit confirmé par des faits. Néanmoins, il serait naïf, à mon avis, de penser que le PS n’utilise pas son réseau de militants pour obtenir des données « sensibles ». Par exemple , le cas Rebelle pendant la campagne 2007.

    Enfin, dans certaine limite, je n’y vois rien à redire que les politiques se surveillent les uns les autres, aussi bien au niveau de la qualité des personnes, que des politiques menées même par des procédés peu élégants

    Sinon qq citation de Libé sur le cas rapporté par sostartuffe (com175). Les similitudes avec le cas actuel sont flagrantes, avec une nuance de taille, le banlieusard en question n’avait pas de casier du tout, contrairement à Mr Soumaré.

    J’attend avec impatience le choeur des vierges effarouchées, les pétionneurs patentés, les manifestants professionnels devant la Mairie d’Asnière

    (…)le candidat socialiste, aujourd’hui maire d’Asnières, écrit sur son skyblog : «Depuis des années, je dénonce la politique des « caïds » du Maire. El Chetounani ne doit pas être un exemple pour nos enfants.»

    (…) Selon lui, il a «des problèmes avec la police et la justice», est «régulièrement interpellé par la police à Asnières», a été «arrêté pour possession de chien dangereux», se serait fait retirer «son permis de conduire […] pour de multiples infractions.»

    (…)Plus loin : «Il n’est pas normal qu’un proche du maire ayant ces multiples condamnations puissent [sic] exercer des fonctions publiques et politiques au nom de la municipalité. Une fois de plus, c’est l’image d’Asnières qui va encore être salie…»

    (…)Zouhair Ech-Chetouani a un casier vierge, n’a jamais été condamné, n’a plus de chien depuis des années, ne serait pas régulièrement interpellé par la police.

    (…)En mars 2008, d’opposant, Sébastien Pietrasanta devient maire. Ech-Chetouani, employé par la mairie, se retrouve à servir la purée dans une école maternelle, avec 500 euros de salaire en moins. «J’ai été mis au placard.» Selon Ech-Chetouani, le maire le convoque à plusieurs reprises dans son bureau et lui propose un deal : s’il retire sa plainte, il retrouve son poste. Il refuse. «Je lui ai répondu que s’il me reprenait cela devait être pour mes compétences.» Des affirmations que le maire nie,

  • Devedjan ne devrait pas s’indigner que Peillon rappelle son passé de jeune racaille chicos.

    Car enfin, il est la preuve qu’on peut avoir été et ne plus être, que la rédemption ça marche (oui, bon, il a bien un peu rechuté en traitant de « sal.pe » une personne aussi respectable qu’Anne-Marie Comparini).

    Pour Ali Soumaré le vrai, si les électeurs lui appliquent la jurisprudence Balkany, c’est une belle carrière politique qui s’ouvre devant lui.

    Qui sait, avec sa couleur de joueur du PSG, peut-être deviendrait-il Monsieur Afrique de l’Elysée. On a bien mis Marie-Luce Penchard à l’Outremer.

  • @ Yogui: ben, il ne s’est pas présenté dans ma circonscription.

    Sinon, j’aurais pu voter pour lui. Comme je ne dis pas que le passé judiciaire de Soumaré doive automatiquement interdire de voter pour lui. Je dis que l’on a le droit d’en être informé.

    Maintenant, j’avoue que je ne sais plus quoi penser. J’avais cru comprendre, de la bouche même d’un membre du conseil national du parti socialiste, avocat de surcroît, qu’évoquer le passé judiciaire d’une personne réhabilitée était scandaleux. Moi, ça me surprenait, puisqu’il ne m’avait pas semblé que cela ait arrêté qui que ce soit dans le passé, et notamment pas ceux qui ont évoqué cette affaire datant de près d’un-demi siècle, il y a quelques semaines. Et puis là, je vois un de ses copains, membre du même courant, qui évoque la condamnation de deux personnes réhabilitées depuis près de quarante ans. Je me trouve tout décontenancé.

  • @cyd c’est tout aussi répugnant je suis d’accord avec toi

    après on peut dire quand même que le réseau de la droite remonte jusqu’au président de la république et que donc elle a un manche plus long.

    En plus dans ce cas précis il semblerait qu’elle est travaillée en « bande organisée » avec préméditation car monsieur axel p. se serait vanté en décembre d’avoir de quoi plomber monsieur ali s. 😀

  • Bonjour,

    Si j’ai bien compris le message et les nombreux commentaires, Rachida Dati se met au diapason de Koz :

    *) Il n’est pas choquant que les électeurs connaissent la vie des candidats (elle précise hors intimité) dont le passé judiciaire éventuel.

    *) Cela étant il faut faire la part des choses et savoir reconnaître les éventuelles erreurs de jeunesse qui ne doivent plus prêter à conséquence.

    *) Ce ne soit pas être l’exclusivité ni même la majeure partie du débat.

    http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2010-02-26/passe-politique-dati-on-peut-s-expliquer-sur-une-erreur-de-jeunesse/917/0/428287

    La manière dont l’UMP a fait part du passé du candidat, que ce soit pour les faits avérés ou non, peut être sujette à caution, mais je suis d’accord avec Koz, il est normal de connaître aussi les côtés sombres des candidats.

    Chacun est ensuite libre de voter en connaissance de cause pour qui il souhaite.

    Le débat devient alors si cette connaissance peut ou doit être systématique, et comment l’encadrer pour éviter mensonges ou erreurs de bonne foi trop proches des élections pour pouvoir être démentis. La réponse n’est pas simple.

    Luc

  • @ Koz

    Et puis là, je vois un de ses copains, membre du même courant, qui évoque la condamnation de deux personnes réhabilitées depuis près de quarante ans. Je me trouve tout décontenancé.

    Attends ! Tu vas voir comme tu vas être totalement décontenancé et à quel point la Gauche est dans cette histoire LE modèle de la plus haute vertu républicaine :

    En fait, cette histoire Devadjean/Madellin, a été publié sur des sites officiels dans le Sud du Parti Socialiste AVANT les déclarations de Delattre. C’est une info que le PS diffusait déjà donc, AVANT leur indignation à propos du cas de Soumaré. De plus, depuis plusieurs mois, ces infos font l’objet d’une campagne virale par e-mails où l’article est envoyé avec les commentaires adéquats en demandant de relayer. Plusieurs autres sites de gauche signalent l’info ça et là depuis des mois que dure cette campagne. Et puis j’adore Peillon : « j’ai cherché les noms ». Il aurait donc fait comment pour les « chercher » les noms ? Tiens on va reprendre l’Edito de Joffrin : « un futur candidat socialiste potentiel à la Présidence de la République bientôt délinquant mutirécidiviste » ? Ca a une autre gueule qu’un petit Delatre que personne ne connaissait avant cette histoire, non ?

    Comme l’ironisait Lib sur Le Monde, compte tenu de la couleur de peau de Madelin, de son lieu de naissance à Paris, il ne peut être qu’une « racaille chicos » (dixit PMB). A part ça, il est fils d’ouvriers – mais un Libéral non, ce ne peut être qu’une « racaille chicos ».

    J’adresse aussi le pompon à Jeff, nominé pour le César de la mauvaise foi :

    « (Dati) issu des quartiers mais évoluant dès son plus jeune âge dans les hautes sphères (elle n’a pas fait ses classes comme animatrice de quartier ou dans une association) »

    Très hautes sphères en effet !! Il n’y a qu’à voir le parcours de son frère pour avoir à quel point sa famille était sauvegardée par ces « hautes sphères ». Et puis dans sa biographie : « Pour compléter ses revenus, Rachida Dati travaille l’été ou le dimanche, notamment comme vendeuse, standardiste, veilleuse de nuit, ou faisant le ménage ou comme faisant fonction d’aide-soignante ». C’est sur que nettoyer la merde des autres, laver des malades grabataires c’est quand même moins glorieux qu’animatrice de quartier. Ca c’est un boulot honnête, p’tin ! Alors que vendeuse, standardiste et surtout, surtout pour une femme, « veilleuse de nuit », ça c’est la marque des hautes sphères – payée à rien foutre en gros. Pratiquement la Grande Bourgeoise – la Noblesse même – côté ancillaire mais bon. Et son père maçon ! Un batisseur de cathédrales pour ainsi dire. Un artisan c’est presque un grand patron déjà, non ?

    En fait tout ça, c’est bien l’illustration parfaite de la lutte des classes, moi je dis.

  • Merci, Eponymus, pour le « César de la mauvaise foi » ; compte tenu de la concurrence, c’est vraiment méritoire. Et toutes mes excuses aux fans de Rachida Dati : j’avoue que l’expression « dès son plus jeune âge » était exagérée, je la remplace par « assez jeune » et je maintiens mes propos (qui se voulaient purement « sociologiques » sans porter aucun jugement de valeur). Je remarque également que c’est le seul point d’attaque que vous avez retenu, alors qu’il ne constituait qu’une toute petite partie de mon argumentation, mais passons…

    Où en est-on sur le fond ? Cette basse manoeuvre est revenue comme un boomerang dans la tête mal faite de leurs auteurs. Plusieurs personnalités de l’UMP l’ont déjà désavouée publiquement : Jouhanno, Raoult, Amara, Pécresse… En attendant Sarkozy mardi. Et là, quand le chef aura parlé, même Lefebvre et Bertrand feront profil bas. Certains sur ce blog continueront-ils à soutenir cette initiative pour le moins malheureuse au nom de « l’information légitime des citoyens » ? Suspense…

  • Pour certains emplois il nous faut fournir à l’employeur un extrait de casier judiciaire.

    De même pour un mandat public cela semble normal que le candidat soit transparent. Les électeurs sont assez grands et responsables ensuite pour évaluer la gravité d’une ancienne condamnation et l’éventuelle «rédemption» du postulant.

    Ce qui me choque dans cette histoire c’est que des informations graves non vérifiées à l’encontre d’un homme aient été propagées, même si ces informations se sont révélées en partie vraies (en partie fausse aussi).

  • @ Jeff

    Vous êtes juste nominé. Mais en continuant vous avez toutes vos chances.

    Certains sur ce blog continueront-ils à soutenir cette initiative pour le moins malheureuse au nom de « l’information légitime des citoyens » ? Suspense…

    Non, non, non…. vous passez à côté de la vraie question… La vraie question est :

    La campagne virale et sur le web de la Gauche consistant depuis des mois à ressortir l’affaire Madellin/Devedjan est elle une initiative heureuse au nom de « l’information utile des citoyens » alors que les déclarations de Delattre concernant Soumaré sont-elle indignes et diffamatoires ?

  • Pour moi la vraie question est : Vais-je arriver à me remettre de la crise d’hilarité causée par le fait d’imaginer Madelin et Devedjian en voleurs de Simca 1000 ? Ah les pères-la-rigueur ! Ah les donneurs de leçons ! Ah les partisans de la Loi et l’Ordre ! 😀 😀

    Autant leurs 400 coups au GUD me faisaient flipper, autant le vol de Simca 1000 les fait sombrer dans les profondeurs du ridicule.

    Bon par ailleurs c’est très instructif en droit : on serait donc passible de diffamation pour avoir rapporté des faits exacts ? Ou alors on peut rapporter des faits mais pas des condamnations prescrites (auquel cas il me semble que Peillon évite cet écueil) ? La suite va être instructive.

    Autre chose Eponymus : je comprends qu’un tel passé criminel puisse évoquer la bonne ville de Medellin, mais Madelin pour sa part n’a qu’un « l » … sauf quand il a récupéré les deux ailes d’une voiture mmmppfffououaahhaha …. 😀

  • Didier Porte a assez bien résumé l’unanimité des politiques sur le cas Soumaré dans sa chronique de jeudi matin…

    Depuis, Peillon et Dati en ont rajouté une couche.

    Au début, quand j’ai lu les titres sur Peillon je me suis demandé quelle mouche l’avait piqué. Je suis ensuite allé lire le texte exact de ce qu’il avait déclaré, assez différent dans l’esprit des reprises que j’avais lues. Visiblement, il avait voulu illustrer le fait que, malgré des erreurs de jeunesse similaires, les deux personnes en question avaient fait une belle carrière politique et qu’il souhaitait la même à Soumaré. Ce n’était pas très malin, car le propos est ambigu, et il était évident que tout résumé le déformerait.

    Si tel était bien le propos, il devrait pouvoir plaider la bonne foi en cas de plainte pour diffamation, ce que Delattre et Ponia auront, eux, du mal à faire. Il aurait cependant pu s’abstenir de reparler de cette histoire, mais c’est vrai que Devedjian retrouvé au petit matin, les pieds en sang, après avoir pris la fuite toute la nuit après le vol de la Simca fait plutôt rire.

    Dati n’a finalement pas dit autre chose : « On a une justice indépendante qui peut vous donner une deuxième chance dans la vie. On n’est pas dans un pays qui vous marque toute votre vie au fer rouge parce que vous avez eu une condamnation à un moment de votre vie. » Souhaitons que la justice reste indépendante…

    Reste à savoir s’il faut rendre publique la liste des condamnations de tout candidat, sans limite de temps. La loi nous dit, actuellement, qu’il y a des limites, l’amnistie, la réhabilitation, cette durée de dix ans qui invalide l’exception de vérité (mais pas l’exception de bonne foi)… Je reste convaincu qu’il ne faut pas changer cette limite. Il restera toujours des lanceurs de boules puantes, des fouilleurs de poubelles ou de fichiers STIC. Mais on voit que finalement cela ne paye pas.

    Je vois des commentateurs qui s’interrogent sur la diffamation. D’après mon expérience en la matière, c’est à la charge de la défense de prouver soit l’exception de vérité, soit l’exception de bonne foi. L’exception de vérité n’est valide que pour des faits de moins de dix ans, et les preuves produites doivent intégralement recouvrir les propos incriminés. Pour l’exception de bonne foi, il faut établir la légitimité du but poursuivi, l’absence d’animosité personnelle, la prudence et la mesure dans l’expression et le sérieux et la fiabilité de l’enquête. Jouable pour Peillon, ça me semble plus délicat pour les autres !

    Hélas, la campagne des régionales semble maintenant enlisée dans ces débats qui font oublier tout autre enjeu.

    Allez Koz, j’attends ton prochain billet avec impatience pour changer de sujet !!

  • Epo a écrit:

    « La campagne virale et sur le web de la Gauche consistant depuis des mois à ressortir l’affaire Madellin/Devedjan est elle une initiative heureuse au nom de « l’information utile des citoyens » alors que les déclarations de Delattre concernant Soumaré sont-elle indignes et diffamatoires ? »

    Je comprends que l’envie de rebondir soit grande après ce triste épisode, et que le besoin d’accabler le PS soit vif… mais pas au prix d’un nouveau mauvais procès:

    1) de quelle campagne virale parles tu ? Pour me rendre régulièrement sur le blogs des sympathisants/militants PS, je n’avais jamais entendu parler de cette coupure de presse avant la triste, lamentable, contre-productive, imbécile initiative de Peillon.

    2) Tu noteras que Aubry a eu exactement la même réaction pour Soumaré que pour Devedjian/Madelin : Erreur de jeunesse, principe de réhabilitation. Fermez le ban. Je ne crois pas (a l’exception de Mme Jouanno, Mme Amara et, bien que tardivement, Mme Pecresse) qu’on ait trouvé d’élus UMP capables d’une telle constance.

    3) Peillon, contrairement aux bras cassés de Delattre et Poniatoski a su, lui, citer ses sources, ce que nos elus UMP du Val d’Oise peinent encore a faire 1 semaine après avoir envoyé copie du CJ a toutes les redactions.

    Le mieux, finalement, et pour tout le monde, c’est de tourner la page, non ?

  • Ah, j’étais mieux dans le Queyras à faire de la raquette pendant une semaine, c’était tout blanc de poudreuse fraîche…

    Un parallèle possible, celui du « mariage de Lille », où un nouvel époux avait obtenu en première instance l’annulation de son mariage au motif que sa fiancée l’avait trompé en lui assurant qu’elle était vierge, ce qu’elle n’était pas. Le motif n’était pas qu’elle n’était pas vierge, mais qu’elle avait menti sur son état, alors qu’elle savait l’importance que celui-ci avait pour son fiancé, à tort ou à raison mais ce n’était pas la question.

    La cour d’appel en a décidé autrement, jugeant qu’un ou une fiancé(e) avait à s’engager dans les liens du mariage sans que le passé sentimental de son futur lui importe le moins du monde. Mentir sur ce passé n’avait donc aucune importance. On connaît les raisons réelles de ce jugement.

    Pari passu, on finira par imposer aux électeurs de voter pour des candidats dont ils ignoreront le passé…

  • @ Zeyes

    Pour tourner la page, personnellement, je n’ai rien à tourner. Delattre m’indiffère totalement ; Devedjan, je ne peux pas l’encaisser ; Madelin (merci Yogi) je ne connais pratiquement pas à part son passage assez éclair dans un gouvernement dont je n’ai que peu de souvenirs. J’ai des opinions et des avis très précis sur certaines choses politiques, j’ai/j’ai eu beaucoup de contacts dans ce milieu surtout à gauche, mais je n’ai jamais été et je ne serais jamais un militant d’un parti.

    Je trouve que si l’info de Peillon est confirmée, elle est sommes toutes intéressante. Ce n’est pas sur que cela soit vrai d’ailleurs.

    Ce qui par contre m’exaspère, c’est que cette campagne virale et sur les sites web de gauche (ça va de la LDH Toulon jusqu’aux sites d’extrême gauche type « étoile rouge » en passant par le Parti de Gauche de Mellanchon) lancée bien avant la sortie de Delattre n’a pas fait l’objet d’une protestation indignée des élus.

    Ce n’est pas parce que tu ignores quelque chose que ça n’existe pas. Le sujet doit faire environ 500 000 entrées sur Google dont bien la moitiée n’est pas liée à la déclaration de Peillon mais à un buzz sur le net daté de novembre 2009. La presse du Sud s’en était d’ailleurs fait lécho en Décembre. Plus, comme je le disais, la campagne d’e-mails.

  • @ Eponymus,

    Si vous ne répondez pas à ma question (Même quand Sarkozy lui-même l’aura désapprouvée (au moins implicitement) mardi, après plusieurs autres personnalités de l’UMP, certains sur ce blog continueront-ils à soutenir cette initiative pour le moins malheureuse au nom de « l’information légitime des citoyens » ? Suspense…), je vais m’efforcer de répondre clairement à la vôtre (La campagne virale et sur le web de la gauche consistant depuis des mois à ressortir l’affaire Madelin/Devedjian est-elle une initiative heureuse au nom de « l’information utile des citoyens » alors que les déclarations de Delattre concernant Soumaré sont, elles, indignes et diffamatoires ?).

    Je n’étais pas au courant de cette campagne virale, mais j’ai vu la sortie de Peillon. Et logiquement, je la désapprouve. Il dit qu’il a voulu montrer que l’on peut faire une belle carrière politique même si l’on a été condamné pour une erreur de jeunesse. Je suis évidemment d’accord avec ce message, également exprimé par Dati et Aubry. Mais cette « initiative malheureuse » de Peillon donne aussi l’impression d’un fâcheux « oeil pour oeil, dent pour dent » qui n’élève pas le débat. Et surtout, on peut estimer que cela revient aussi, d’une certaine façon, à utiliser les mêmes méthodes indignes que l’on dénonce chez l’adversaire. Pour toutes ces raisons, qui ne vous ont pas échappées, je désapprouve donc clairement.

    On remarquera néanmoins quelques différences qu’il faut prendre en considération : – Madelin et Devedjian ne sont pas en campagne (contrairement à Soumaré), l’un a pris sa retraite politique et l’autre n’en est pas si loin… Il ne s’agit donc pas ici de tenter d’abattre un adversaire direct dans le cadre d’une campagne politique. – Peillon n’a pas utilisé les fichiers de la police, auxquels on n’a normalement pas accès à moins d’une complicité professionnelle qui pose question (c’est un euphémisme), mais une coupure de journal. – Concernant la campagne virale à laquelle vous faites allusion, elle n’avait manifestement pas franchi le périmètre des initiés et n’avait pas été reprise (jusqu’à l’épisode Peillon) par une personnalité politique du PS, alors que les pieds nickelés de l’UMP (ils sont au moins trois élus impliqués) ont envoyé un communiqué à la presse. Ce n’est pas, vous l’avouerez, tout à fait comparable.

    Qu’elles viennent de droite (en l’occurence, c’est le cas) ou de gauche (je ne suis ni naïf ni aveugle, je sais malheureusement que cela peut aussi arriver), je trouve que ces attaques sur le passé (je dis bien sur le passé) des candidats sont détestables. Et quand elles sont portées grâce à un accès illégal à des fichiers policiers, elles posent en plus un problème grave sur le fonctionnement de nos institutions. Je veux croire qu’une enquête sera menée sur ce sujet et que les coupables seront logiquement sanctionnés.

  • @ Jeff

    Encore faut-il s’entendre sur le passé. Vingt ans après, ce n’est pas la même chose que six mois après…

  • Jeff a écrit:

    Madelin et Devedjian ne sont pas en campagne (contrairement à Soumaré), l’un a pris sa retraite politique et l’autre n’en est pas si loin…

    Ben justement, je ne vois pas en quoi cela plaide en faveur de Peillon. Au moins, dans un cas, il paraît légitime de savoir à qui on a affaire.

    @ Aristote: 45 ans, même pas 20…

  • Campagne virale…

    Moi, j’ai des prétendantes russes qui me harcèlent par email, je crois que c’est un complot de l’UMP pour me pousser à la faute et obtenir un moyen de chantage.

    Je pense que si, un jour, quelqu’un vient ici reprocher à « la droite » une campagne internet dont on trouverait des traces sur des sites style « salon beige », il sera assez mal reçu. Avec raison. Ce doit être l’approche des élections (ou du printemps?) qui fait refleurir les passes d’armes entre « la droite » et « la gauche »…

    « 45 ans, même pas 20… »

    Oui, mais avec port d’arme à feu! 😉

  • C’est mignon, ce petit concours de qui c’est qu’est le plus vilain. À ma droite, la campagne virale : y a même pas de vaccin contre ça. À ma gauche, les fichiers de police et les juges aux ordres. Bouh, bouh, et re-bouh.

  • Sur Libé.fr, ce jour : «Multirécidiviste» au casier vierge

    «Néant»: Voilà ce qui s’inscrit sur le bulletin n°2 du casier judiciaire d’Ali Soumaré, tête de liste (PS) du Val-d’Oise, que le Canard Enchaîné publie ce mercredi. (…)

    voilà voilà… beaucoup de bruit pour rie, au final, et un pétard mouillé qui risque de faire bien du dégât à la liste UMP en IDF.

  • Etonnant surtout que les attendus de la dernière condamnation mentionnent d’autreS condamnationS.

    Lequel des 2 papiers ment ? Celui qui est public ou celui qui ne l’est pas ?

    Evidement, il se peut aussi qu’il y ait une raison technique à cette dychotomie.

  • @ Pikpik: ce qui est logique. L’une des deux condamnations, datant de 1999, n’est plus mentionné au casier, en raison de ladite réhabilitation. L’autre condamnation, de 2009, ne le sera que si elle est confirmée en appel.

    Disons que le casier judiciaire « ne fait pas mention » de ces condamnations.

  • comment le canard s’est-il procuré ce casier?

    n’y a t il pas viol de la vie privée de ali soumaré à le publier, sauf s’il a donné avant son accord…

    heureusement, pour la presse, il y a la confidentialité des sources…

  • Il s’avère que le casier judiciaire d’Ali Soumaré est vierge. Mince ! On avait trouvé un Julien Coupat noir, histoire de rameuter un peu plus quelques lepenistes. Ça tombe à l’eau. Ah, la droite décomplexée a bien du mouron à se faire si les pétards qu’elle essaie de glisser lui claquent dans les mains. Faire de la politique autrement, avait dit le gourou.

  • Au debut, je pensais que le 1er devait être privé d’election et que les 2 autres meritaient d’etre poursuivis en justice. Après 1 mois de reflexion: « Ha ha ha ha ha! » Et je maintiens: il y en a qui devraient rendre des comptes à la justice et à Soumaré !

  • Feuilleton des voleurs de Simca 1000 : Devedjian débouté de sa plainte.

    « Patrick Devedjian a donc porté plainte en diffamation contre les trois quotidiens locaux pour avoir évoqué ces faits prescrits. Il leur réclamait 50 000 euros de dommages et intérêts et la publication du jugement dans leurs colonnes. Mercredi 12 mai, la justice a donné tort au ministre de la relance. Il a été débouté des trois recours engagés, et condamné à payer les frais de justice aux trois titres, soit 1 000 euros pour chacun. Dans son jugement, la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a estimé que « le grand nombre d’articles mis en ligne (…) évoquant des faits commis par un homme politique ayant des responsabilités politiques importantes et exerçant notamment des fonctions ministérielles, justifiait que le public soit informé du fait d’actualité que constituait ce ‘buzz médiatique' ».

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