Le pari de Benoît (XVI)

J’étais sur le point de me lasser de cette discussion sur le Motu Proprio (disponible aussi ici pour les puristes, vous m’en direz des nouvelles), dont j’ai bien conscience qu’elle paraît profondément ésotérique à certains – ce qui ne manque pas d’ailleurs de lui conférer un certain charme – mais il y a une analyse possible que je ne lis pas suffisamment pour la cantonner aux commentaires.

Car, quoique puissent en penser ceux qui, si loin de toute foi, ne peuvent comprendre l’intérêt de telles controverses – ce qui n’empêchera pas, parmi eux, les linuxiens d’invectiver les windowsiens, lorsque ce ne sont pas les macistes – je pense que nous nous situons à une période véritablement charnière de l’Histoire de l’Eglise, une période que l’on étudiera peut-être dans plusieurs siècles, comme on en étudie d’autres de la même teneur aujourd’hui. Puisque nous ne serons pas là pour étudier cette Histoire-là, étudions le présent. Et, si je conçois quelque reproche à l’encontre de Benoît XVI, ou plutôt de la Curie, sur la formulation d’un autre texte, je suis reconnaissant à Benoît XVI de ce qu’il tente aujourd’hui, pour l’Eglise.

Nous avons la chance d’accueillir, sur koztoujours, un vrai « traditionaliste« , en la personne de Polydamas. Il n’y en a pas tant que l’on puisse s’abstenir de prendre un moment pour s’en féliciter. Plus sérieusement, sa présence nous offre le bonheur de la contradiction. Que Dieu en soit loué, allelulia, allelulia.

C’est la réponse que Poly me fît qui m’amène à vouloir formaliser mon propos et l' »intuition » selon laquelle Benoît XVI fait un pari, et un peu plus, au nom sacré de l’unité.

Les protestants et orthodoxes m’objecteront non sans quelque raison que la Curie semble s’être moins préoccupée de l’unité lorsqu’elle a publié l’autre texte, évoqué plus haut, mais j’ai tendance à y voir davantage – dans un premier temps – un vrai problème d’adaptation de la forme à la large diffusion du texte, mais guère plus. Je l’ai dit chez Authueil, j’ai parfois l’impression que le Vatican réussit la prouesse, en abandonnant le latin, de continuer à parler Hébreu même lorsqu’il parle français (lire, pour ceux qui veulent comprendre, l’interview du Frère Mallèvre).

J’en reviens à Summorum Pontificum, et au débat qu’il a suscité en ces colonnes.

Voilà que Polydamas me dit donc, notamment, et je crois en cela sa réaction assez emblématique de celle de nombre des siens :

« Mgr Lefebvre, bien avant les sacres, a été suspendu en 1976, pour avoir ordonné des prêtres sans autorisation épiscopale, parce qu’il refusait de dire la nouvelle messe, l’ancienne étant prétendument interdite. Aujourd’hui, Benoit XVI lui donne raison. Qui donc était légitime ? »

Une première observation : il faudrait savoir s’il a été suspendu pour avoir ordonné des prêtres sans autorisation épiscopale, ou parce qu’il refusait de dire la nouvelle messe. Parce que je ne me fie pas nécessairement à une seule version, je lis ceci :

« La mésentente entre le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale St-Pie X trouve ses racines dans le Concile Vatican II (1962-1965). Le fondateur de la Fraternité, l’évêque français Marcel Lefebvre, avait alors condamné avec virulence l’œcuménisme, la liberté religieuse et la réforme liturgique, issus du Concile œcuménique. Ainsi, après le Concile, en 1970, Mgr Lefebvre fonda, à Fribourg, en Suisse, une fraternité de prêtres, suivant le rite dit ’tridentin’ (issu du Concile de Trente au XVIe siècle), avec l’accord diocésain. C’est la création, sans autorisation de Rome, du séminaire d’Ecône, en Suisse, et l’ordination illicite de prêtres qui le conduisirent à sa suspension a divinis en 1976, lui enlevant ainsi le droit de célébrer les sacrements. »

On notera au passage que les 1 500 ans d’existence de la messe revendiqués par Polydamas sont rapportées des deux tiers, et que ce sont divergences doctrinales profondes qui ont provoqué le conflit, non le seul fait d’avoir vouloir rester fidèle à l’ancien rite, devenu, comme l’écrit Benoît XVI, un « signe distinctif extérieur » (non, pas un pin’s).

Surtout, la réaction de Polydamas soulève, pour moi, le problème de la réaction des traditionalistes, au-dessus de laquelle il faut certes accepter de passer au nom de principes supérieurs mais que l’on aimerait tant qu’ils nous épargnent.

Ainsi, le fait que Benoît XVI ait eu à coeur, par souci d’unité, de faire un pas majeur vers les traditionalistes/intégristes, n’est pas interprété par eux comme une main tendue, ou comme une quelconque générosité, mais comme une victoire, comme la reconnaissance de ce qu’ils « avaient raison« … L’Eglise cède, elle revient à la Vérité. Ce type de réactions intransigeantes n’est pas sans m’en rappeler d’autres.

Qu’en est-il, à mon sens ?

Benoît XVI reconnaît que Vatican II a donné lieu à des excès : l’autorisation de créativité vécue comme une obligation, et donnant lieu à des dérives, et il a raison.

Mais il faut lire ce qu’écrit le Pape :

« Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. « 

Benoît XVI se montre intensément soucieux de l’unité et, pour avoir lu l’Histoire du Catholicisme que m’a offerte Dang, je comprends très bien ce qu’il veut dire lorsqu’il écrit que, lorsque l’on regarde les siècles passés, on peut avoir le sentiment que tout n’a pas été tenté pour maintenir l’unité. C’est en cela que la période me paraît historique.

Les termes sont forts : il parle des « divisions qui ont lacéré le corps du Chris », c’est dire s’il le voit comme une souffrance. Probablement même comme une souffrance personnelle.

Par ce passage, Benoît XVI me semble vouloir signifier que peu importe ce que cela peut coûter personnellement, l’exigence d’unité impose de tendre la main tant qu’il est encore temps, tant que la plaie peut encore cicatriser, tant que le schisme n’est pas irrémédiable.

Et si chacun prend la peine de relire ce qu’écrit Benoît XVI, ce qui n’est pas complètement con à supposer que l’on veuille sincèrement comprendre, chacun pourra relever que s’il prend la peine, pour que la main soit sincèrement tendue, de ne viser explicitement personne – et si certains parmi les « progressistes » peuvent à bon droit se sentir concernés – il lance un défi, aux traditionalistes et aux intégristes : si, réellement, vous désirez l’unité, alors, venez. Regardez, nous faisons les efforts nécessaires, nous vous tendons la main. Vous êtes libre de la saisir, et de démontrer que oui, l’unité vous importe.

Bref, il accepte de prendre le risque des troubles suscités par son Motu Proprio parce que l’unité est une exigence primordiale, supérieure. « Ut unum sint !« , là aussi. Comme le rappelle cette encyclique de Jean-Paul II, « à l’heure de sa Passion, Jésus lui-même a prié « afin que tous soient un » (Jn 17, 21)« . L’exigence d’unité est donc incontournable, certes avec l’ensemble des autres chrétiens, mais avant cela au sein des catholiques.

Après cela, aux traditionalistes de se montrer identiquement soucieux d’unité.

Et, si là aussi Benoît XVI n’a visé nul « courant » au sein de l’Eglise, si d’autres doivent se sentir concernés, je ne crois pas inutile que tous, au nombre desquels il convient donc également de compter traditionalistes et intégristes, relisent – voire méditent, si le sens ne leur paraît pas évident à la première lecture – cet extrait de la Seconde Epître de Saint Paul aux Corinthiens (l’une des églises qu’il avait fondée) :

« Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens ; notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous ; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi !« 

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33 comments

  • Je suis étonnée que ce MP qui a été fait pour rassembler divise. Problème de mode de communication, problème de réception, je n’en sais rien mais comme le dit Mgr Ricard

    « chacun a une part du chemin à faire ».

    et Poly quand vas-tu enfin positiver ! regarde ce qui est bien et sois vigilant sur ce qui te tient à coeur. Tu sais c’est mieux pour le moral 🙂

  • Merci Koz de cette tribune, je n’en demandais (et méritais) pas tant.

    Je tiens à dire que je ne parle qu’en mon nom propre et ne représente aucunement la fraternité St Pie X, ou l’une ou l’autre communauté traditionnaliste.

    Plusieurs précisions néanmoins.

    1) On peut dater grossièrement le rit tridentin de 1500 ans mais il a été figé tel quel dans le marbre, au moment du concile de Trente en effet. Bien des passages de la messe remontent aisément au premier siècle. A la différence de Vatican II, le concile de Trente n’a aucunement eu l’idée de créer un rit à partir de rien. Il n’a fait que figer une forme qui existait depuis un bon millénaire.

    2) Les prêtres sont l’enjeu majeur. Sans prêtre, toute congrégation est condamnée à disparaître.

    Donc au début, on désobéit pour avoir des prêtres avec le rit tridentin, puisque celui-ci est interdit, et on en vient mécaniquement, quand l’évêque est proche de la tombe, à ordonner un ou plusieurs évêques, pour là encore, préserver et conserver des prêtres dans le rit tridentin. Donc, c’est bien la défense du rit qui pousse les prêtres à désobéir.

    Si on ne se met pas dans le contexte de l’époque selon lequel le rit tridentin était interdit, on ne comprend donc pas la réaction de Mgr Lefebvre.

    J’affirme juste que, 40 ans plus tard, le pape vient nous dire que ce rit n’était pas interdit. Très bien, mais pour le défendre, il a fallu justement passer outre les ordres de l’époque, sinon le rit aurait peut-être disparu.

    3) Quant aux problèmes doctrinaux, en effet, là encore, les différents sont nombreux mais depuis mardi dernier, et le texte que tu as cité, les choses s’améliorent…

    Sinon, je suis d’accord avec toi sur l’union, mais Dang le dit mieux que moi, il y a plusieurs demeures dans la maison du père….

    Last but not least, c’est quelle histoire du catholicisme que tu as parcouru ?

    [quote comment= »36627″]et Poly quand vas-tu enfin positiver ! regarde ce qui est bien et sois vigilant sur ce qui te tient à coeur. Tu sais c’est mieux pour le moral :-)[/quote]

    Ah mais moi, je suis hyper content du MP ! 😀

  • [quote comment= »36633″]A la différence de Vatican II, le concile de Trente n’a aucunement eu l’idée de créer un rit à partir de rien. [/quote]

    Vatican II ne crée pas un rite à partir de rien, qu’est-ce que vous racontez ? Le rite Vatican II prétend (à tort ou à raison) revenir aux origines du christianisme où, semble-t-il, la célébration se faisait face aux fidèles (et en langue vernaculaire).

    Et puis d’ailleurs, on ne « crée » pas un rite.

  • Tiens non, je ne m’en doutais pas. Ainsi le « milieu tradi » sait rire de lui-même ? Et bien je vais me coucher avec un préjugé en moins !

  • [quote]J’étais sur le point de me lasser de cette discussion sur le Motu Proprio (disponible aussi ici pour les puristes, vous m’en direz des nouvelles), dont j’ai bien conscience qu’elle paraît profondément ésotérique à certains – ce qui ne manque pas d’ailleurs de lui conférer un certain charme – mais il y a une analyse possible que je ne lis pas suffisamment pour la cantonner aux commentaires.

    Car, quoique puissent en penser ceux qui, si loin de toute foi, ne peuvent comprendre l’intérêt de telles controverses[/quote]

    Esotérique, c’est tout à fait ça. J’ai tenté en vain de comprendre le billet précédent. Je poserais bien des questions pour essayer de comprendre, mais je ne sais pas par quel bout prendre la question. Tout cela m’échappe joyeusement dans sa totalité.

  • [quote comment= »36652″]Tiens non, je ne m’en doutais pas. Ainsi le « milieu tradi » sait rire de lui-même ? Et bien je vais me coucher avec un préjugé en moins ![/quote]

    C’est plus parcequ’on prend vraiment la chanson au premier degré.

    On a peut-être tort, remarquez… 😉

  • [quote comment= »36654″]Tout cela m’échappe joyeusement dans sa totalité.[/quote]

    Je comprends bien. Déjà que, globalement, ce qui touche à l’Eglise échappe de plus en plus à de plus en plus de monde, ce genre de questions internes… Le problème, c’est que l’ignorance n’empêche pas un certain nombre de personnes de se prononcer tout de même, et doctement. Enfin… J’imagine que ça doit malheureusement m’arriver aussi de temps en temps sur certains sujets.

  • En fait, c’est comme l’eau de la douche.

    C’est d’abord trop chaud, puis trop froid, avant d’être pile poil comme il faut (mouais, ça fait un peu boucles d’or).

    Si j’avais personnellement, sans vouloir offenser personne, du mal déjà avec la multiplication, dans certaines paroisses, de prières en latin, avec cette impression que peu comprenaient vraiment ce qu’ils annonaient, je suis heureux de cette décision. Elle montre que l’Eglise est résolument tournée vers l’avenir, et ne nourrit pas de rancoeur.

    Ce n’est pas un réflexe nouveau. Le concile de Trente, déjà, parlait aux Réformistes (ou -ateurs ? je sais pas).

    Et sinon, Koz, ta métaphore informatique, elle doit quelque chose à Umberto Eco ? Je crois que c’est dans « Comment voyager avec un saumon » qu’il s’amuse à expliquer en quoi Mac est catholique et Windows protestant.

  • Jean Paul II fût le Pape le plus mortifère de l’histoire de l’Eglise, en exceptant les Borgia et les Médicis bien entendu. Il est heureux de constater que nous avons désormais un Pape Catholique.

  • Yann a écrit :

    [quote post= »406″]Jean Paul II fût le Pape le plus mortifère de l’histoire de l’Eglise, en exceptant les Borgia et les Médicis bien entendu. Il est heureux de constater que nous avons désormais un Pape Catholique.[/quote]

    On aimerait bien qu’une affirmation aussi hasardeuse et péremptoire soit étayée sur un minimum d’arguments.

  • [quote post= »406″]On aimerait bien qu’une affirmation aussi hasardeuse et péremptoire soit étayée sur un minimum d’arguments.[/quote]

    Je ne sais pas, Dang. tel que c’est parti, on ferait peut-être mieux d’en rester là…

  • [quote comment= »36681″]Jean Paul II fût le Pape le plus mortifère de l’histoire de l’Eglise, en exceptant les Borgia et les Médicis bien entendu. Il est heureux de constater que nous avons désormais un Pape Catholique.[/quote]

    Ce n’est pas parceque vous êtes en désaccord avec Rome qu’il faille utiliser des termes similaires. En outre, concernant la liturgie, Paul VI eut une influence beaucoup plus négative que JPII, si toutefois on peut se permettre de « classer » les pontifes.

  • … dans le cadre d’une démonstration scientifique, selon Laplace. Soit. Mais je ne vois pas, précisément, le rapport avec le billet, si ce n’est qu’il évoque un sujet religieux.

    [quote comment= »36683″]Je ne sais pas, Dang. tel que c’est parti, on ferait peut-être mieux d’en rester là…[/quote]

    Ca me semble plus sage. Certains aiment bien faire une petite provoc bien péremptoire (par nature) pour susciter des réactions.

  • Vous vous félicitiez de recevoir sur votre blog un « traditionnaliste » en la personne de Polydamas. Sans doute serez-vous étonné d’en trouver un autre, un pur et dur, et même… fidèle de la Fraternité Saint-Pie-X.

    Les commentaires que j’ai parcourus révèlent la méconnaissance qu’ont les gens – même les catholiques – de nos milieux. Nous avons souvent été décrits par les médias, ou par d’autres personnes malententionnés et nous souffrons des étiquettes qui nous sont attribuées : « intégriste », « traditionnaliste », etc. J’ai un peu l’impression d’être la jolie charolaise que vous exposez au-dessus, tatouée à sa naissance et placée dans une rubrique…

    Pour nous, le Motu Proprio constitue un grand moment d’espérance dans la mesure où il marque la fin des condamnations systématiques tous azimuts. Nous avons en Benoît XVI un pape qui paraît nous comprendre.

    Pour vous, les années 80 et 90 ont sans doute été celles des JMJ, pélés, sessions. Moi-même j’ai connu ça dans les collèges et lycées par lesquels je suis passé. Mais le dimanche, c’était la condamnation. Obsèques dehors, pélerinages devant des portes qu’on vous a fermées au nez, quolibets : schismatiques, excommuniés… Vous savez quand vous avez 10 ans, ça marque un enfant !

    A l’enterrement de ma grand-mère, il y a deux ans, l’évêque avait donné son autorisation mais il a fallu que le curé de la paroisse vienne au micro nous dire que nous étions hors de l’Eglise, que le rite que nous célébrions était interdit, etc., bref les signes de la charité… La confiance est à reconstruire… des 2 côtés…

    Certes, il peut y avoir quelques agités dans nos rangs, comme il y en a dans les vôtres. Mais grosso modo, nous avons des assemblées homogènes : jeunes et vieux, pacifiques et excités, incultes et formés. Ni plus, ni moins.

    Alors, certes, ce Motu Proprio nous remplit de joie. Cette messe, nous l’avons célébrée clandestinement, nous avons été condamnés pour avoir continué à la célébrer. Eh bien, il y a une reconnaissance officielle aujourd’hui pour nous dire que ce pour quoi nous avons résisté était un trésor de l’Eglise. Pas de triomphalisme, certes, juste des conclusions.

    Maintenant, il y a des points de divergence doctrinale. Mais, nous avons le même Evangile, la même Foi, la même Eglise, la même Tradition. Pourquoi craindrions-nous de discuter des points de doctrine ? J’ai un peu envie de dire : « N’ayez pas peur ! »

    D’ailleurs, les positions de la FSSPX que vous entendez dans la bouche de votre clergé ou des médias sont presque toujours caricaturées. La Fraternité a par exemple des projets en matière de liberté religieuse ou d’oecuménisme. Certes, elles divergent de celles des évêques de France. Mais qui sait cela ? Pas grand monde.

    Enfin, je tiens à tordre le cou à une idée fausse, répandue partout, selon laquelle l’ancien rite ne remontrait qu’au concile de Trente et à saint Pie V. J’ai entre les mains un livre des années 1950 de Daniel-Rops (académicien admirateur de Vatican II) qui reprend chaque partie de la messe de l’époque et qui montre, à chaque fois, que cette messe était stabilisée depuis le VIIe siècle, et que la plupart de ses parties étaient déjà attestées aux IIe et IIIe siècles. C’est dire si c’est un momument. Les théologiens préfèrent d’ailleurs l’appeler messe grégorienne. D’ailleurs, ce livre est préfacé par Mgr Montini, qui est devenu quelques années plus tard, Paul VI, le pape du nouveau rite…

  • @Côme : je trouve votre témoignage d’intégriste d’autant plus intéressant que les contacts que j’ai pu avoir avec des tenants de cette mouvance ne m’ont pas laissé un parfait souvenir de sérénité, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faudra de toute façon finir par se parler et mieux se comprendre un jour. Ce sera d’autant plus facile que la bonne volonté sera réciproque.

  • « et par ailleurs, on ne crée pas un rite » ( Pablo)

    Les rites se créent, si. Quelques exemples ( parmi tant d’autres ) : – les fleurs sur le bord des routes pour marquer le souvenir des tués dans un accident – les cérémonies effectuées dans les funérariums lors des incinérations ( dans des salles où des symboles archétypiels sont partout afin que chacun s’y retrouvent )

    Certaines fêtes, certaines « incivilités » ( voitures brûlées à certaines dates par exemple ) sont des rites.

    L’Homme a besoin de rites pour se rassurer. c’est un fait reconnu par nombre de « psy »

    Tout dépend de la définition qu’on fait du rite. – Soit il est simplement « un ensemble de règles et de cérémonies qui se pratiquent dans une religion », soit il il est considéré « comme un cérémonial quelconque », soit comme « un acte magique », « soit comme « une tradition »

    C’est peut être de la différence de compréhension de la définition du rite que viennent les désaccords entre traditionnalistes et progressistes ?

    Hormis ce point de sémantique, je ne participerai pas vraiment aux débats. Je fais partie de ceux qui comprennent mal pourquoi on peut être attaché à un rite ( ou un rituel ) vieux de 1500 ans, rituel au demeurant curieux, car j’ignorais que Jésus parlat en latin. J’ai souvenir, du temps où j’allais au cathéchisme, des dimanches où j’assistais à la messe ( obligatoire autrefois ) et où je suivais méthodiquement le rite en lisant la traduction française et en essayant de ne pas être en retard sur le déroulement de la cérémonie. ( et pourtant j’ai étudié le latin dès la 6eme )

    Cependant, si je comprend mal, je l’accepte totalement. L’important , à mes yeux, est, non pas le rituel en soi , mais ce qu’on y trouve au niveau de sa foi. Si un traditionnaliste se trouve réconforté, proche de Dieu et en cohérence avec soi même après un rite tridentin, tandis qu’un progressiste ressent la même harmonie intérieure avec un rite en français, quelle importance ?

    La foi n’est elle pas à l’intérieur et non à l’extérieur?

    Merci de tous vos commentaires qui me permettent d’approcher vos convictions profondes, moi l’hérétique incapable de suivre quelque rite que ce soit sans le passer à la moulinette de mon intellect. ( même si je vais encore de temps en temps à la messe et aime entrer dans une église le temps d’une méditation )

  • @ »@Côme : je trouve votre témoignage d’intégriste d’autant plus intéressant que…. » et moi je trouve votre apostrophe d’autant plus injurieuse que… (bref, discréditer le témoin en l’attaquant ad personam avant d’examiner ce qu’il a dire m’évoque une référence que j’éviterais de citer pour éviter le point Godwin 🙂 )

    @Polydamas : « J’affirme juste que, 40 ans plus tard, le pape vient nous dire que ce rit n’était pas interdit. Très bien, mais pour le défendre, il a fallu justement passer outre les ordres de l’époque, sinon le rit aurait peut-être disparu. » Il n’aurait surement pas disparu (en France peut etre, mais au regard de l’Eglise, non). La FSSPX est simplement un des – principaux – outils de la Providence pour maintenir le rite grégorien/tridentin.

    @Koz : oui c’est une main tendue, qui effacera en partie 40 ans d’ostracisme (j’ai vécu aussi les messes dans les hangars, les réunions de famille tournant au pugilat, la division meme dans la famille la plus proche).

    Mais il ne faut pas oublier qu’en 2000, quand la FSSPX, au début des discussions avec Rome, avait publiquement déclaré qu’aucune discussion n’était possible sans deux préalables : la restauration officielle de la messe grégorienne comme rite permis par l’Eglise (toute la finesse jésuitique des grands de l’Eglise depuis Paul VI étant de dire que la messe concilaire était la seule permise, ne pouvant explicitement dire que la messe tridentine était interdite puisqu’ils seraient tombés directement sous le coup de l’excommunication de la bulle de Pie V *) d’une part, et la levée des excommunications d’autre part (les quatre eveques de la FSSPX étant considérés comme excommuniés late sententiae suite à leur sacre, jugé comme illicite par l’Eglise concilaire à l’époque, et considéré comme licite par la FSSPX car inspiré par un état d’extreme besoin.

    Quand la FSSPX avait exprimé ses deux souhaits, on leur avait dit « vous ne voulez pas de l’unité », « vous etes trop exigeants », « vous allez supprimer tout espoir de discussion ».

    7 ans et un pontife après, publication du Motu proprio Summorum Pontificum… what’s next ?


    extrait de quo primum tempore, pie V, promulgation du l’Ordo Missae (rite dit tridentin) : « Et même, par les dispositions des présentes et au nom de Notre Autorité Apostolique, Nous concédons et accordons que ce même Missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité. Et, d’une façon analogue, Nous avons décidé et déclarons que les Supérieurs, Administrateurs, Chanoines, Chapelains et autres prêtres de quelque nom qu’ils seront désignés, ou les religieux de n’importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la Messe autrement que nous l’avons fixé, et que jamais et en aucun temps qui que ce soit ne pourra les contraindre et les forcer à laisser ce Missel ou à abroger la présente instruction ou la modifier, mais qu’elle demeurera toujours en vigueur et valide, dans toute sa force, nonobstant les décisions antérieures et les Constitutions et Ordonnances Apostoliques, et les Constitutions Générales ou Spéciales émanant de Conciles Provinciaux et Généraux, pas plus que l’usage des églises précitées confirmé par une prescription très ancienne et immémoriale, mais ne remontant pas à plus de deux cents ans, ni les décisions ou coutumes contraires quelles qu’elles soient.. »

    +

    « La bulle Quo primum de saint Pie V n’était pas abolie par ces décrets : son abolition éventuelle n’aurait pu être qu’explicite, elle ne peut être implicite. Par cette bulle, saint Pie V avait codifié, en 1570, la messe traditionnelle.

    Juridiquement, donc, la nouvelle messe de Paul VI ne peut être considérée que comme une dérogation particulière aux prescriptions non abrogées de la bulle Quo primum. » http://www.amdg.asso.fr/formation/format_15ansdeguerre_itineraire.htm

    sur l’historique de la messe tridentine : ? « Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se différenciait que par d’infimes détails de la première édition imprimée du Missale romanum publiée juste cent ans plus tôt » (Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape sous le nom de Benoit XVI : La célébration de la Foi, p. 84 – chez Téqui, 2003)

    sur le motu proprio, le site de l’eglise de nanterre, toujours à la pointe de l’actu (je n’ai pas vérifié le contenu en profondeur) http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/messe_tridentine.htm

  • @Dang »@Côme : je trouve votre témoignage d’intégriste d’autant plus intéressant que…. » et moi je trouve votre apostrophe d’autant plus injurieuse que… (bref, discréditer le témoin en l’attaquant ad personam avant d’examiner ce qu’il a dire m’évoque une référence que j’éviterais de citer pour éviter le point Godwin 🙂 )

    @Polydamas : « J’affirme juste que, 40 ans plus tard, le pape vient nous dire que ce rit n’était pas interdit. Très bien, mais pour le défendre, il a fallu justement passer outre les ordres de l’époque, sinon le rit aurait peut-être disparu. » Il n’aurait surement pas disparu (en France peut etre, mais au regard de l’Eglise, non). La FSSPX est simplement un des – principaux – outils de la Providence pour maintenir le rite grégorien/tridentin.

    @Koz : oui c’est une main tendue, qui effacera en partie 40 ans d’ostracisme (j’ai vécu aussi les messes dans les hangars, les réunions de famille tournant au pugilat, la division meme dans la famille la plus proche).

    Mais il ne faut pas oublier qu’en 2000, quand la FSSPX, au début des discussions avec Rome, avait publiquement déclaré qu’aucune discussion n’était possible sans deux préalables : la restauration officielle de la messe grégorienne comme rite permis par l’Eglise (toute la finesse jésuitique des grands de l’Eglise depuis Paul VI étant de dire que la messe concilaire était la seule permise, ne pouvant explicitement dire que la messe tridentine était interdite puisqu’ils seraient tombés directement sous le coup de l’excommunication de la bulle de Pie V *) d’une part, et la levée des excommunications d’autre part (les quatre eveques de la FSSPX étant considérés comme excommuniés late sententiae suite à leur sacre, jugé comme illicite par l’Eglise concilaire à l’époque, et considéré comme licite par la FSSPX car inspiré par un état d’extreme besoin.

    Quand la FSSPX avait exprimé ses deux souhaits, on leur avait dit « vous ne voulez pas de l’unité », « vous etes trop exigeants », « vous allez supprimer tout espoir de discussion ».

    7 ans et un pontife après, publication du Motu proprio Summorum Pontificum… what’s next ?


    extrait de quo primum tempore, pie V, promulgation du l’Ordo Missae (rite dit tridentin) : « Et même, par les dispositions des présentes et au nom de Notre Autorité Apostolique, Nous concédons et accordons que ce même Missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité. Et, d’une façon analogue, Nous avons décidé et déclarons que les Supérieurs, Administrateurs, Chanoines, Chapelains et autres prêtres de quelque nom qu’ils seront désignés, ou les religieux de n’importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la Messe autrement que nous l’avons fixé, et que jamais et en aucun temps qui que ce soit ne pourra les contraindre et les forcer à laisser ce Missel ou à abroger la présente instruction ou la modifier, mais qu’elle demeurera toujours en vigueur et valide, dans toute sa force, nonobstant les décisions antérieures et les Constitutions et Ordonnances Apostoliques, et les Constitutions Générales ou Spéciales émanant de Conciles Provinciaux et Généraux, pas plus que l’usage des églises précitées confirmé par une prescription très ancienne et immémoriale, mais ne remontant pas à plus de deux cents ans, ni les décisions ou coutumes contraires quelles qu’elles soient.. »

    +

    « La bulle Quo primum de saint Pie V n’était pas abolie par ces décrets : son abolition éventuelle n’aurait pu être qu’explicite, elle ne peut être implicite. Par cette bulle, saint Pie V avait codifié, en 1570, la messe traditionnelle.

    Juridiquement, donc, la nouvelle messe de Paul VI ne peut être considérée que comme une dérogation particulière aux prescriptions non abrogées de la bulle Quo primum. » http://www.amdg.asso.fr/formation/format_15ansdeguerre_itineraire.htm

    sur l’historique de la messe tridentine : ? « Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se différenciait que par d’infimes détails de la première édition imprimée du Missale romanum publiée juste cent ans plus tôt » (Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape sous le nom de Benoit XVI : La célébration de la Foi, p. 84 – chez Téqui, 2003)

    sur le motu proprio, le site de l’eglise de nanterre, toujours à la pointe de l’actu (je n’ai pas vérifié le contenu en profondeur) http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/messe_tridentine.htm

  • >Dang « >Côme : je trouve votre témoignage d’intégriste d’autant plus intéressant que…. » et moi je trouve votre apostrophe d’autant plus injurieuse que… (bref, discréditer le témoin en l’attaquant ad personam avant d’examiner ce qu’il a dire m’évoque une référence que j’éviterais de citer pour éviter le point Godwin 🙂 )

    >Polydamas : « J’affirme juste que, 40 ans plus tard, le pape vient nous dire que ce rit n’était pas interdit. Très bien, mais pour le défendre, il a fallu justement passer outre les ordres de l’époque, sinon le rit aurait peut-être disparu. » Il n’aurait surement pas disparu (en France peut etre, mais au regard de l’Eglise, non). La FSSPX est simplement un des – principaux – outils de la Providence pour maintenir le rite grégorien/tridentin.

    >Koz : oui c’est une main tendue, qui effacera en partie 40 ans d’ostracisme (j’ai vécu aussi les messes dans les hangars, les réunions de famille tournant au pugilat, la division meme dans la famille la plus proche).

    Mais il ne faut pas oublier qu’en 2000, quand la FSSPX, au début des discussions avec Rome, avait publiquement déclaré qu’aucune discussion n’était possible sans deux préalables : la restauration officielle de la messe grégorienne comme rite permis par l’Eglise (toute la finesse jésuitique des grands de l’Eglise depuis Paul VI étant de dire que la messe concilaire était la seule permise, ne pouvant explicitement dire que la messe tridentine était interdite puisqu’ils seraient tombés directement sous le coup de l’excommunication de la bulle de Pie V *) d’une part, et la levée des excommunications d’autre part (les quatre eveques de la FSSPX étant considérés comme excommuniés late sententiae suite à leur sacre, jugé comme illicite par l’Eglise concilaire à l’époque, et considéré comme licite par la FSSPX car inspiré par un état d’extreme besoin.

    Quand la FSSPX avait exprimé ses deux souhaits, on leur avait dit « vous ne voulez pas de l’unité », « vous etes trop exigeants », « vous allez supprimer tout espoir de discussion ».

    7 ans et un pontife après, publication du Motu proprio Summorum Pontificum… what’s next ?


    extrait de quo primum tempore, pie V, promulgation du l’Ordo Missae (rite dit tridentin) : « Et même, par les dispositions des présentes et au nom de Notre Autorité Apostolique, Nous concédons et accordons que ce même Missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité. Et, d’une façon analogue, Nous avons décidé et déclarons que les Supérieurs, Administrateurs, Chanoines, Chapelains et autres prêtres de quelque nom qu’ils seront désignés, ou les religieux de n’importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la Messe autrement que nous l’avons fixé, et que jamais et en aucun temps qui que ce soit ne pourra les contraindre et les forcer à laisser ce Missel ou à abroger la présente instruction ou la modifier, mais qu’elle demeurera toujours en vigueur et valide, dans toute sa force, nonobstant les décisions antérieures et les Constitutions et Ordonnances Apostoliques, et les Constitutions Générales ou Spéciales émanant de Conciles Provinciaux et Généraux, pas plus que l’usage des églises précitées confirmé par une prescription très ancienne et immémoriale, mais ne remontant pas à plus de deux cents ans, ni les décisions ou coutumes contraires quelles qu’elles soient.. »

    +

    « La bulle Quo primum de saint Pie V n’était pas abolie par ces décrets : son abolition éventuelle n’aurait pu être qu’explicite, elle ne peut être implicite. Par cette bulle, saint Pie V avait codifié, en 1570, la messe traditionnelle.

    Juridiquement, donc, la nouvelle messe de Paul VI ne peut être considérée que comme une dérogation particulière aux prescriptions non abrogées de la bulle Quo primum. » http://www.amdg.asso.fr/formation/format_15ansdeguerre_itineraire.htm

    sur l’historique de la messe tridentine : « Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se différenciait que par d’infimes détails de la première édition imprimée du Missale romanum publiée juste cent ans plus tôt » (Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape sous le nom de Benoit XVI : La célébration de la Foi, p. 84 – chez Téqui, 2003)

    sur le motu proprio, le site de l’eglise de nanterre, toujours à la pointe de l’actu (je n’ai pas vérifié le contenu en profondeur) http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/messe_tridentine.htm

  • oups… worpdress m’a fait deux erreurs de suite,et je croyais avoir finalement publié le commentaire à la troisieme tentative… et bah non 🙂

    merci de supprimer deux des trois commentaires, et celui ci par la meme occasion !

  • @Soldat Louis : vous trouvez que je suis injurieux envers Côme? Que je discrédite le témoin? Que j’attaque Côme? J’aimerais avoir l’avis de Côme lui-même. En ce qui me concerne je pense avoir dit exactement le contraire. Côme se présente comme intégriste, je ne le suis pas. Le ton qu’il emploie me donne envie de dialoguer avec lui et d’échanger des idées entre blogueurs chrétiens de bonne volonté. Je ne sais pas ce qu’il se passe sur les blogs en ce moment mais je trouve les gens facilement agressifs. Ils voient des attaques là où il n’y en a pas.

  • Tara a écrit plus haut :

    [quote post= »406″]C’est peut être de la différence de compréhension de la définition du rite que viennent les désaccords entre traditionnalistes et progressistes ?[/quote]

    Ce n’est pas uniquement un désaccord entre tradis et progressistes. Je ne suis pas du tout progessiste et pas tradi non plus. Vous me demanderez peut-être ce que je suis? Je suppose que je pourrais me définir comme étant proche de la tendance JPII.

    Tara a ajouté :

    [quote post= »406″]Je fais partie de ceux qui comprennent mal pourquoi on peut être attaché à un rite ( ou un rituel ) vieux de 1500 ans, rituel au demeurant curieux, car j’ignorais que Jésus parlat en latin.[/quote]

    C’est vrai que l’adoption du latin à la place du grec qui lui-même avait remplacé l’araméen fut probablement une petite révolution en son temps. L’Eglise a toujours utilisé la langue vernaculaire pour être aussi proche que possible du peuple. C’est pourquoi par exemple l’arabe est largement utilisé dans les églises orientales. En tout cas le souhait des pères conciliaires de célébrer la liturgie dans la langue du peuple partait d’une idée maintes fois appliquée dans le passé. L’usage du latin ne doit pas en être condamné a priori pour autant. Il a un double intérêt : sentimental d’une part et théologique d’autre part. Sentimental parce que il est émouvant, par exemple, de savoir que le Gloria fut composé en latin par l’un des tout premiers papes et que la formule a été chantée sans discontinuer dans la plupart des églises d’occident pendant près de 2000 ans. Théologique parce que en se figeant le latin a évité tous les problèmes pouvant surgir d’une mauvaise traduction. L’évêque Melkite de Damas me disait qu’il n’y aurait pas eu autant de schismes et d’hérésies dans les premiers siècles du christianisme si les pères conciliaires de l’époque avaient tous parlé la même langue. Le problème actuel porte sur le fond (le Concile) et sur la forme (la traduction de la messe du latin en français et la nouvelle liturgie). On a traduit trop hâtivement, sans trop se préoccuper du style, ni même probablement de la rigueur des formules employées. On a aussi pensé qu’il n’était pas urgent de créer une nouvelle liturgie alliant le beau et le sacré, ce qui était une erreur. Comme le dit Koz on se cherche depuis 40 ans. Il serait grand temps d’atteindre un nouvel équilibre. Il faudrait simplement le vouloir (la messe n’est pas un spectacle certes mais chanter c’est prier deux fois). Des recherches sont encourageantes comme celles du Père Gouze à l’abbaye de Sylvanès dans l’Aveyron. On devrait s’en inspirer.

  • @ Tara à mon sens, les fleurs déposées sur le lieu d’un accident de voiture ne constituent pas un rite. Tout au plus pourrait-on parler de « rite social » mais ce serait une notion large et floue qui pourrait tout aussi bien englober le repas en famille du dimanche ou l’apéro du soir.

    Le rite est institué puis répété : dans le cas du christianisme, le rite central est la consécration de l’eucharistie, au cours duquel le prêtre qui, par l’ordination, a reçu le pouvoir d’opérer la transsubstanciation, transforme le pain et le vin en corps et sang du Christ, et répète ainsi ce qu’a effectué Jésus lors de la cène. Il n’y a aucune « création » là-dedans.

    À noter que ce rite qui est au centre de la célébration n’a aucunement été affecté par les dispositions liturgiques de Vatican II. L’essentiel a donc parfaitement été préservé et c’est une des choses qui me navrent chez les intégristes que cette incapacité à distinguer ce qui relève du rite et ce qui relève de la liturgie laquelle a en somme pour fonction de préparer mentalement et spirituellement le fidèle a recevoir la communion.

    C’est avant tout cette incapacité à distinguer le noyau de l’écorce qui, pour moi, disqualifie un Mgr Lefebvre comme autorité spirituelle (outre que son opposition frontale au successeur de Saint Pierre le disqualifie comme autorité pastorale).

    Le rite n’est pas un acte magique. Tout au plus pourrait-on le qualifier de « théurgique » si ce mot n’avait été trop galvaudé par des occultistes et autres allumés : la définition qu’en donne wikipedia le démontre tristement.

    Les « psys » peuvent bien dire que c’est rassurant, ils passent une fois de plus à côté de la plaque. Accomplir les rites est un des devoirs premiers du fidèle (lequel est toujours libre de ne pas faire son devoir, par ailleurs).

    Et tordons le cou à cette absurdité trop serinée selon laquelle la Foi serait « rassurante ». Personnellement, je me sentirais sûrement beaucoup plus tranquille si je pensais qu’il n’y a rien après la mort et que je peux déconner allègrement sans que ça tire à conséquence dans l’au-delà.

    @Dang Le problème des traductions que vous soulevez est effrayant. L’un de mes proches a commencé il y a des années d’étudier l’hébreu pour lire l’ancien testament dans le texte et il en resté consterné à découvrir par là à quel point les traductions qu’on utilise aujourd’hui sont déficientes. Outre le fait que l’absence de langue sacrée dans le christianisme (qui est une curieuse « anomalie » qu’il ne partage qu’avec le bouddhisme) le prive des possibilités d’une exégèse basée sur la symbolique des lettres ou leur valeur numérique que le judaïsme a brillament développé.

  • @Côme : Il est évident qu’en écrivant « témoignage d’intégriste » je ne voulais nullement porter un jugement de valeur sur ce que vous avez à dire, au contraire. Désolé si je vous ai froissé.

  • [quote comment= »36897″]@Côme : Il est évident qu’en écrivant « témoignage d’intégriste » je ne voulais nullement porter un jugement de valeur sur ce que vous avez à dire, au contraire. Désolé si je vous ai froissé.[/quote]

    Rassurez-vous, je n’ai nullement été froissé. Le mot intégriste je l’ai utilisé, en riant, il est vrai. C’est juste un mot, un code. Il n’y a pas à s’en formaliser. Il est vrai qu’on ne court pas derrière ce mot qui est, dans le langage courant, davantage une insulte car il stigmatise les poseurs de bombes. Ce n’est pas trop mon genre. Ma spiritualité est davantage celle de sainte Thérèse que celle de l’ami Oussama.

    Pour revenir au latin, il est évident qu’il ne s’agit que d’un élément des litiges avec les traditionnalistes et qui, seul, n’aurait pas pu justifier les dissensions. Néanmoins, le Concile de Vatican II en a fait la langue officielle de la liturgie et a demandé aux fidèles d’y recourir le plus souvent possible. L’application de la réforme liturgique est en cela une magnifique entrave au Concile.

    Quant à la langue latine en elle-même, il y a tout de même belle lurette qu’on ne la parle plus. 99 % des Français ne la parlaient pas au début du XXe siècle, même aux XIXe, XVIIIe,… Allez disons que le commun des mortels ne la parle plus depuis le IVe siècle… Il n’y a que l’orgueilleux individu du XXe siècle pour affirmer que les gens du passé sont tous incultes et idiots.

    Mais, rassurez-vous les Chrétiens sont plus malins qu’on ne le pense. Un bon missel et tout va bien. Les peuples francs, italiens, polonais, africains, chinois, latino-américains se sont adaptés au rite grégorien. Il n’y a pas besoin d’avoir inventé la poudre pour le comprendre, pour s’en imprégner. Vous dites bien Kyrie Eleison. Inutile de suivre 20 ans de grec pour comprendre, non ?

  • @ Pablo à propos des définitions du mot rite que j’ai données précédemment. En effet, je ne regarde jamais Wiki, mais me sert de mon bon vieux Larousse, d’où elles sont extraites. Néanmoins, vos remarques et vos définitions m’ont permis de rafraîchir ma mémoire grâce aux recherches que j’ai refaites avec plaisir dans les ouvrages des différents auteurs étudiés autrefois. Je vous en remercie.

    http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=SOC&ID_NUMPUBLIE=SOC_073&ID_ARTICLE=SOC_073_0051 Vous trouverez ici un article explicitant les travaux de Deney Jeffrey, et de M. Hanus sur les rites et leur intérêt dans la prise en charge du deuil. Il y est nettement fait part du rôle du rite ( et des mytes et symboles sur lesquels il s’appuie ) pour exprimer la violence des émotions d’une « façon saine pour soi et pour les autres », lorsqu’on ne peut pas l’exprimer avec la parole.

    Il y est également confirmé qu’une croyance ( foi ) en une vie post mortem ( point commun de toutes les religions ) apporte un réconfort psychique.

    Vous trouverez ici un résumé de ce que sont les rites http://www-umb.u-strasbg.fr/UserFiles/File/Kaempf.B.-Merite_des_rites27.mai%2005(2).pdf Le rite y est décrit comme « ce qui articule parole et corps, passé et présent, corps et cosmos, individu et communauté, visible et invisible »

    Là où cet article vous rejoint , c’est lorsqu’il indique la différence entre un geste symbolique et un rite, tout en précisant que ces gestes peuvent devenir rite lorsqu’ils sont répétés régulièrement et deviennent significatifs ( porteur de sens ) Le rite est considéré comme ayant une fonction sociologique, psychologique, religieuse et structurante . L’auteur ( B Kaempf, Pr à la fac de théologie de Strasbourg ) aborde le rite et la liturgie en précisant que « les transformations dans le rituel ne peuvent se faire efficacement que dans la concertation », en faisant précisément référence au sujet du post ici débattu.

    Pour la partie « psy », je me suis référée tout bêtement à la théorie de Freud ( Totem et Tabou et de son article « Actions compulsionnelles et exercices religieux »écrit en 1907) http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=25&id_article=5305 Là encore, on peut y lire que les rites et rituels religieux apaisent les angoisses des croyants.

    Je me référais également aux œuvres du philosophe Levinas et de l’anthropologue Louis Vincent Thomas, que j’ai jadis étudiées.

    Enfin je pourrais rajouter que dans l’exercice de mon métier ( soins Palliatifs ), si j’ai effectivement rencontré certains croyants paniqués par la mort et des non croyants sereins, il me semble ( je n’ai pas fait de statistiques ) néanmoins , que les croyants, de quelque religion que se soit , ont une attitude plus paisible face à leur mort. Et ici, un rite , un rituel , une prière effectués ensemble semblent leur apporter du bien être.

    @Dang Merci de vos précisions sur l’utilisation du latin . j’ai effectivement lu plusieurs traductions de la Bible et ai noté certaines différences. Néanmoins, elles ne me semblaient pas toutes fondamentales.

    Je suis d’accord totalement avec vous sur le fait d’une nécessaire alliance entre le beau et le sacré. L’homme a besoin d’émerveillement ( au sens noble du terme ) pour donner sens à sa vie. Ceci dit , il y a de la beauté dans les langues vernaculaires. J’adore ce passage :  » élevons notre coeur – Nous le tournons vers le Seigneur » Il y a à là un mélange de sacré et de beau, une poésie alliée au symbolisme des mots qui me parle, beaucoup plus que « sursum corda – habémus ad Dominum »

    Toujours d’accord avec vous :  » chanter c’est prier deux fois »

    Sur le fond, je suis incapable d’argumenter et vous crois donc sur paroles.

    Merci de vos échanges à tous

    PS = je n’ai pas encore compris comment placer un lien. Merci à Koz de m’en excuser .

  • Bonjour, êtes vous toujours « reconnaissant à Benoît XVI de ce qu’il tente aujourd’hui, pour l’Eglise » après ce qu’a publié la Congrégation pour la doctrine de la foi (dont il avait, alors cardinal, la présidence) : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2308672&rubId=1098

    Je ne veux pas être mesquin, mais je me demande si vous écririez cet article avec le même regard aujourd’hui.

    Bien, mais ce post date, je vous souhaite de bonnes vacances..

  • [quote comment= »37014″]Bonjour, êtes vous toujours « reconnaissant à Benoît XVI de ce qu’il tente aujourd’hui, pour l’Eglise » après ce qu’a publié la Congrégation pour la doctrine de la foi (dont il avait, alors cardinal, la présidence) : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2308672&rubId=1098

    Je ne veux pas être mesquin, mais je me demande si vous écririez cet article avec le même regard aujourd’hui. [/quote]

    Vous reprochez quoi à l’Eglise ?

    D’être catholique, et de réaffirmer cette primauté ?

    En effet, je comprends que ça choque, on ose dire qu’on détient la vérité, on ose combattre le relativisme.

    Dans notre société, il faut qu’on soit gonflé pour l’affirmer haut et fort. Et bien, je suis désolé de vous attrister mais il faudra vous y faire.

  • Dans une tribune du Figaro publiée le 16 juillet, le père André Gouzes fait part de sa crainte de voir le « motu proprio » semer la zizanie dans les paroisses. Le formidable travail de renouveau liturgique entrepris par le père Gouzes à l’abbaye de Sylvanès m’amène à considérer ses propos avec le plus grand intérêt. Le danger existe c’est évident si les tradis reviennent avec un esprit revanchard. Si au contraire ils reviennent dans le giron de l’Eglise avec un esprit d’ouverture, de dialogue et de charité, les préventions du père Gouzes ne seront pas avérées et un schisme aura été évité. La balle est dans le camp des tradis.

  • Piouh! Comme d’hab, ne faisant que des sauts irréguliers sur ton site, mon cher Koz, j’ai de la lecture à rattrapper! Je n’ai pas lu toutes les réactions de la première partie : trop long! Tout d’abord, merci d’avoir fait un mot sur cette actualité ecclésiale. Tu t’es bien renseigné, comme toujours.

    Je voudrais juste faire le tri dans tout ce qui a été dit, car ces « axiomes » me semblent essentiels pour commencer à réfléchir : 1) La Messe n’a jamais cessé d’être en latin et orientée (dos au peuple, pour faire bref) : Paul VI ne l’a pas supprimé ! Brassens partait d’un constat sur le terrain, pas des textes officiels… Le débat n’est pas Face/Dos au peuple ni Français/Latin, mais Rite de Paul VI / Rite de St Pie V. Qu’on s’en convainque!!! 2) Ceux qui croient donc que le rite tradi (St Pie V) n’est réclamé que pour cela (orientation et latin) se plantent :il y a bien un (vaste) enjeu doctrinal derrière… (sinon, pensez bien que le théologien Ratzinger ne se s’y serait pas intéressé) 3) Au Concile, les pères conciliaires, à l’unanimité (Mgr Lefebvre compris!), ont souhaité et voté une réforme liturgique. Le rite de 1962 strictement appliqué n’est donc pas le dernier mot de l’Eglise. 4) Ratzinger a toujours été passionné de liturgie. Il reconnaît que la réforme de 1970 est davantage une construction intellectuelle (avec des éléments anciens retouchés, donc pas une création ex nihilo) qu’un fruit de l’histoire (croissance organique). Et c’est bien là son problème majeur… 5) Néanmoins (et là la Frat St Pie X a raté le virage), ce rite rénové ne peut pas être dit mauvais. « Moins bon », ou plutôt « moins explicite » est admis ; mais pas « mauvais ». Si Rome reste intransigeante là-dessus, c’est que cela touche à la doctrine de l’inerrance de l’Eglise. Eh oui… 6) Bon à savoir aussi, JP2 a rappelé dans les rubriques de 2002 (PGMR) que les gestes et attitudes du prêtres étaient à comprendre « selon l’héritage légué du rite romain ». « Herméneutique de la continuité et non de la rupture », comme dirait Benoît XVI…

    Mon avis perso maintenant, concernant ces points: 1) Cet abus d’orientation s’est introduit dans les années 40, pour que le bon peuple voie et comprenne. Le latin ne sera jamais totalement supprimé (on n’a jamais traduit en latin le Kyrie grec, alors peut-être pourrait-on garder le Pater en latin? La liturgie est faite de symboles…). Pour info, le Cardinal Arinze a demandé récemment que les traductions françaises soient refaites! L’Eglise entend donc garder du français aussi… mais avec des formulations romaines et catholiques!

    3&4) J’ose poser la question cruement : le rite de 1970 est-il ce que le Concile a souhaité? N’y aurait-il pas eu, par hasard, quelques changements d’optique inopinés? Le rite de 70 serait-il le dernier mot de l’Eglise, ne pouvant être (lui non plus) critiqué? Ne peut-on repartir de 1962 pour faire la réforme souhaitée par le Concile?

    5) Il est regrettable de constater que, tout en usant de termes de « carences » (soit!), l’abbé de LA ROCQUE (Lettre à nos frères prêtres, de Juin) en vienne à dire « la Fraternité St Pie X ne reconnaît pas la supposée ‘valeur’ ou ‘sainteté’ du nouvel Ordo Missae lui-même ». Vous n’allez pas tout faire foirer par orgueil? On ne vous demande pas de déclarer le rite de 70 « meilleur » et « plus saint », mais « non hérétique » et « permettant l’accès à Dieu ». Après, on peut le dire moins bon tant qu’on veut. Ce même abbé demande si l’on peut faire du moins bon en toute bonne conscience. Du mauvais, non, OK. Mais du moins bon? Une fois en passant (comme Rome l’exige)? Je pose la question à cet abbé (et à vous, lecteurs chéris!!!) : l’imperfection est-elle un péché? Je vais le lui demander par courrier, rassurez-vous!

    Et enfin, car sinon j’aurais été bref, ce qui n’est pas mon habitude, mes constats et pronostiques:

    La querelle législative qui s’achève concernant le statut du rite traditionnel est, même pour moi (ministre officiel de l’Eglise), choquante. 40 ans pour trancher, c’est beaucoup, et, plus exactement, 21 ans pour oser dire ses conclusions, c’est énorme. J’ai des envies d’appel à la repentance! Maintenant, il faut bien voir ceci : le ton désinvolte avec lequel cette reconnaissance est faite s’adresse peut-être moins aux tradis qu’aux progros (progressistes). Lue ainsi, la phrase devient savoureuse! Ensuite, à quoi aurait servi de le dire plus tôt? On ne peut parler que quand les gens écoutent. Nos évêques n’écoutent que depuis peu, et encore, pas tous! La Frat St Pierre ou Institut du Christ-Roi sont « légitimes » depuis longtemps et pas encore acceptés… Car, avouons-le (j’enfonce une porte ouverte), le problème est Français : se sont les évêques de France qui ont retardé la publication du MP, et c’est à eux qu’est adressée une lettre explicative. On ne change malheureusement pas un état d’esprit par un décret. Maintenant, par un décret, on peut le condamner (ou le rendre caduque): c’est déjà ça!

    La « libération » du rite ancien va permettre aux fidèles de ne plus être frappés d’ostracisme. Ce n’est pas par plaisir, malgré les apparences (!), que les gens font 30 minutes de bagnole pour aller à la Messe, ni que les prêtres font 100Km pour répondre à une demande de baptême. Si leur curé se montre aussi ouvert qu’il le prône, ils pourront bientôt faire comme tout le monde, sans renoncer à leurs « légitimes aspirations » (JP2).

    Je pense que cette pratique du rite romain sous ses deux formes permettra aux prêtres de reparler de liturgie, non pas de façon livresque uniquement (ce qui est nécessaire mais non suffisant), mais aussi expérimentalement (avec du vécu, quoi… : en célébrant, ils sentiront bien ce qui passe et ce qui ne passe pas). Célébrer dans l’ancien rite fera peut-être (et même sûrement) comprendre aux prêtres non-tradis le fond de doctrine qui se cache la-dessous et qui a poussé « un évêque bien sous tous rapports » au schisme (sans vouloir légitimer une grave désobéissance, il faut bien admettre que Mgr Lefebvre pensait avoir des motifs proportionnés à l’acte ; ce qui fait un gros motif!). Les fidèles tradis voudront bien souffrir encore un peu que leurs prêtres de paroisse écorchent le latin pour commencer, ou mettent un peu trop de français pour s’y retrouver eux-mêmes… C’est pour la bonne cause, à long terme, me semble-t-il. Je pense aussi que, en retour, la « libération » du rite ancien et son application dans les paroisses permettra un début de réforme du rite de 62 : je vois mal un curé préparer deux sermons tout cela parce qu’il n’a pas le même lectionnaire. Et cette autorisation, Rome la donnera facilement. Car quand Rome dit « rite de 62 », elle ne dit pas « rite de 62 strictement mis en pratique », mais « rite de 62 comme base ».

    Voilà, pour ces 3 raisons (en plus de la réintégration des prêtres de la Frat St Pie X), je trouve que le MP est le bienvenu. Benoît XVI ne me demande pas mon avis, je sais. Mais il ne m’interdit pas de le remercier non plus… A lui aussi il faut que j’écrive! Bon, alors j’ai du boulot : ciao!

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