Le pape François a une odeur de brebis

lepapebergerImaginez un berger. Il est dans la montagne, avec ses brebis, des brebis qui le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne répondent d’ailleurs qu’à la sienne et ne suivraient pas un étranger. Ce berger a un beau troupeau. Une centaine de bêtes. Un jour, il en perd une, dans le désert. Quel bon berger ne va pas laisser ces quatre-vingt dix-neuf brebis pour aller chercher celle qui s’est perdue ? Ce berger prend certes un vrai risque, pour lui et pour ses brebis, car il y a des bêtes, dans le désert mais c’est ainsi : il aime ses brebis et il est hors de question qu’il en laisse une toute seule. De vous à moi, je pense aussi qu’il a peut-être un chien, ou deux, qui pourront veiller. Quand il a retrouvé sa brebis, il revient avec elle sur ses épaules, exultant de joie, il rassemble ses amis et il fait une grande fête.

Cet exemple n’est pas de moi, et les habitués n’ont pas tardé à le reconnaître. Se souviennent-ils aussi bien de la conclusion ?

Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.

Et que dire si un jour, le berger trop confiant se retourne et ne voit plus qu’une brebis, une seule, bien blanche certes, bien peignée, une brebis de concours agricole, mais tout de même, une seule. Ce n’est pas une brebis qu’il a perdue : il en a perdu quatre-vingt dix-neuf. Celui-là, et même s’il l’aime beaucoup, cette brebis, serait bien idiot de ne pas la laisser là pour aller chercher le reste de son troupeau. Non ?

J’avais entrepris d’écrire ce qui précède, persuadé comme souvent que ce rapprochement avec le bon pasteur venait de moi, avant de réaliser que, très précisément, le pape avait repris explicitement cette figure du bon berger, dans un discours remarqué en juin 2013, dans laquelle il appelait aussi les chrétiens à être « révolutionnaires » (ce qui n’est certes pas l’équivalent de marxistes). J’ai surmonté cette cruelle déception. Et lu le texte.

Il est bien dans le style de François. Imagé et remuant. Et exigeant, surtout avec les plus proches : les cardinaux, les prêtres et les baptisés. Et quoi ? Devrions-nous en être surpris ? « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage » (Luc 12,48). Sommes-nous si faibles, si fragiles,  qu’il faudrait absolument nous parler gentiment, nous brosser dans le sens du poil ?

C’est exactement ce que François refusait dans ce discours du 17 juin 2013 : « il est plus facile de rester à la maison, avec cette unique brebis ! Cela est plus facile de rester avec cette brebis, la peigner, la caresser… ». Sur les bancs de nos églises, combien sommes-nous à nous satisfaire d’être des gens biens, puisque nous sommes à la messe tous les dimanches ? Et combien sommes-nous à ne pas trop aimer que le prêtre nous secoue, dans son homélie ? On aimerait qu’il nous peigne, qu’il nous caresse, dans le sens du poil. Pourtant, nous ne sommes même pas des justes. N’avons-nous aucune conscience de nos imperfections, de nos faiblesses ? N’avons-nous aucune ardeur ?! Combien de temps allons-nous rester dans nos églises, entre nous, à compter les chaises et les crânes grisonnants ? A rechercher la meilleure organisation paroissiale possible ? Le meilleur maillage ? « Le berger qui s’enferme n’est pas un véritable pasteur, mais un « peigneur » qui passe son temps à faire des frisettes au lieu d’aller chercher de nouvelles brebis ». Merde aux frisettes ! Sortons, le reste viendra en surplus.

Au tout début du conclave qui devait l’élire pape, il y a deux ans aujourd’hui, le cardinal Bergoglio avait eu cette image extrêmement parlante de Jésus demandant qu’on le laisse sortir : « dans l’Apocalypse, Jésus dit qu’il est à la porte et qu’il frappe à la porte. Évidemment, le texte se réfère au fait qu’il frappe depuis l’extérieur pour pouvoir entrer… Mais je pense aux moments où Jésus frappe de l’intérieur pour que nous le laissions sortir ». On l’aura compris : il ne suffit pas, pour répondre à cette exhortation, de ressortir nos bannières de procession. Mais il faut sortir. Nous en sommes capables. Je suis surpris de voir des réserves émerger chez les plus ratzingériens. Nous avons aimé ce pape dont le programme répondait à cet mission, donnée aux évêques français en septembre 2008 : « affermis tes frères dans la foi ! ». Comme le disait doucement le Cardinal Sarah devant moi, en regardant son portrait à la Nonciature : « il nous a fait beaucoup de bien ». Mais n’avons-nous pas été suffisamment affermis par Benoît XVI ?! Ne sommes-nous pas des baptisés adultes ? Avons-nous besoin de biberonner encore un peu et d’être encore câlinés – s’il vous plaît mon Père ? C’est un étrange hommage rendu à Benoît XVI, une bien piètre fidélité, que de ne pas répondre à l’envoi en mission que François ne cesse inlassablement de nous adresser. Benoît XVI aurait donc failli dans son pontificat, si nous ne sommes pas assez affermis.

Le pape a encore livré une clé évidente du sien, dans une homélie prononcée il y a moins d’un mois devant les cardinaux :

Il y a deux logiques de pensée et de foi : la peur de perdre ceux qui sont sauvés et le désir de sauver ceux qui sont perdus.

L’allusion aux frilosités perceptibles chez certains est transparente lorsqu’il disait juste avant, dans la même homélie :

Jésus répond à la supplication du lépreux sans hésitation et sans les habituels renvois pour étudier la situation et toutes les éventuelles conséquences ! Pour Jésus ce qui compte, avant tout, c’est de rejoindre et de sauver ceux qui sont loin, soigner les blessures des malades, réintégrer tous les hommes dans la famille de Dieu ! Et cela scandalise certains ! Et Jésus n’a pas peur de ce type de scandale ! Il ne pense pas aux personnes fermées qui se scandalisent même pour une guérison, qui se scandalisent face à n’importe quelle ouverture, à n’importe quel pas qui n’entre pas dans leurs schémas mentaux et spirituels, à n’importe quelle caresse ou tendresse qui ne correspond pas à leurs habitudes de pensée et à leur pureté rituelle. Il a voulu intégrer les exclus, sauver ceux qui sont en dehors du campement (cf. Jn 10).

Ce n’est pas en peignant la doctrine, en lui faisant des frisettes et des dentelles, que l’Eglise « réintégrera tous les hommes dans la famille de Dieu ». Car, bien sûr, faisons concret : sur un axe qui va de Rambouillet à Paris VII, en passant par Versailles et par chez moi1, des réserves se feraient jour. Eh oui. On passerait notre temps à essayer d’être des parfaits, et le pape passerait le sien à sortir du campement. Le synode sur la famille avive des inquiétudes : le pape va-t-il bazarder la doctrine ? De fait, le pape est parti dans le désert chercher 99 brebis et la démarche est risquée : je crains fort que la moindre ouverture scandalise les uns, et que ceux qui espèrent une libéralisation ne se leurrent sur le synode et ne soient tristement déçus à sa conclusion. La tournée du Cardinal Sarah en France est là pour nous rappeler à raison que l’Eglise n’est pas l’affaire des Européens. Elle n’est pas davantage l’affaire de quelques cardinaux Allemands ou Autrichiens. Elle est aussi l’affaire de l’Afrique, où les enjeux relèvent davantage du refus de la polygamie que des divorcés-remariés. Cette équation est complexe, et François prend un vrai risque en ne laissant pas la poussière sous le tapis mais au moins, il essaie d’ouvrir les portes et les fenêtres et de faire entrer de l’air !

Ces réserves sont encore surprenantes, au regard des positions déjà exprimées par le passé par celui qui était le cardinal Bergoglio. Croit-on vraiment qu’il soit disposé à jeter la doctrine par la fenêtre ? Que la vérité lui importe si peu ? Non, s’il est obsédé par ces 99 brebis, ça ne signifie pas pour autant qu’il maltraite celle qui reste. Avec François, je peux dire : « il est vrai qu’en descendant dans la rue, on risque, comme n’importe qui, d’avoir un accident. Mais je préfère une Eglise accidentée plutôt qu’une Eglise malade ».

Et en deux ans, quelles réalisations ! Quel souffle ! Comme l’avait écrit Time en le choisissant comme Man of the Year : « he did not change the words, but he changed the music ». S’il n’a pas introduit la joie dans l’Eglise, grâce à lui, elle est rendue visible. En deux ans, comme on me le faisait remarquer, les discours sur une Eglise en crise, forcément en crise, ont grandement disparu. Grâce à lui, nombreux sont ceux qui découvrent qu’un chrétien peut être un homme heureux (une femme aussi). L’Evangile, la joie, la joie de l’Evangile, la rencontre, l’amour de l’autre, l’essentiel en somme – au regard duquel le reste est bien accessoire. Voilà ce que nous lui devons, en seulement deux ans. Voilà ce que nous devons porter nous-mêmes, en même temps que, au lieu de la naphtaline, l’odeur de brebis2 !


  1. ajoutons quelques arrondissements lyonnais et la rade de Toulon []
  2. pour en savoir plus sur l’étrange inclination obsessionnelle pour le parfum des brebis qui semble irriguer ce billet, voir au point 24 de ce texte []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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53 commentaires

  • IL faut apprendre à faire confiance à ceux qui sont sauvés, aux brebis ramenées au bercail. Il faut apprendre à faire confiance : on peut les laisser seules, elles sont devenues fortes et capables de tenir tête aux malfaisants de tous ordres, poils et plumes. Il faut leur expliquer ce qu’on attend d’elles pendant nos absences et leur dire, au retour, combien nous sommes fiers de leur sagesse.

    Merci pour ce texte et pour les réflexions qu’il entraîne.

  • Et comme en confirmation de mon billet, cette interview du pape, retranscrite ici, qui souligne notamment les « attentes démesurées » à l’égard du synode. Il serait temps que ceux qui entretiennent une mauvaise petite musique à l’encontre du pape s’arrêtent et entrent à leur tour dans la démarche proposée.

  • Le francais frondeur par nature saura-t-il s’arreter ? Il faut diffuser vos articles sur facebook, c’est une bonne vitrine – dangereuse pour les naifs, don’t vous n’etes pas.

  • J’aime ce Pape ! J’aime ce qu’il nous enseigne ! J’aime l’exemple qu’il nous montre! Mais je suis une blessée de l’Eglise. Blessée par l’Eglise locale. L’Eglise concordataire alsacienne. Je ne me sens pas assez forte pour sortir alors que déjà je ne sens pas le côté hôpital de campagne que j’aurais besoin de trouver dans l’Eglise. Je n’y suis restée que par fidélité au Christ. Mais je rêve de transformer l’Église en hôpital de campagne avant d’y attirer les coeurs parce que pour le moment j’ai le sentiment qu’ils la fuiraient à peine retrouvée. J’aimerais que le souffle et l’odeur de brebis dont le Pape nous parle vienne jusqu’à notre Église locale. Que notre Église s’en inspire et se transforme en véritable hôpital de campagne accueillant, qui prend soin de chaque brebis avec amour. Qu’elle soit nouvelle ou ancienne. Voilà ce qui m’habite. Je voulais quitter l’Alsace pour trouver une Église qui vivrait de l’Esprit-Saint. Il se trouve que la vie m’y installe encore plus fermement. Alors, avant d’aller chercher les brebis à l’extérieur, je voudrais leur préparer une Église accueillante qui ne les fasse pas fuir par son légalisme et ses scandales masqués.

  • Ce que j’ai remarqué c’est que dans notre paroisse qui couvre un vaste secteur géographique d’une petite partie du Lot-et-Garonne lorsque le prêtre convie à un repas simple et sympa toutes les personnes qui font quelque chose au sein de l’église locale nous sommes 103. Mais celles et ceux du CCFD Terre Solidaire connaissent plus ou moins bien celles et ceux qui s’occupent du caté qui connaissent plus ou moins bien celles et ceux qui s’occupent du Secours catholique qui connaissent plus ou moins bien celles et ceux qui visitent les malades etc…etc… Et souvent nous n’échangeons pas assez entre nous sur qui est qui et qui fait quoi et sur ce à quoi nous pourrions participer ou soutenir en dehors de ce qui nous attire dans les différents mouvements d’Eglise. Sur les blogs du journal La Croix je mesure aussi combien les cathos peuvent être différents entre eux, s’opposer, se critiquer, s’ignorer, se combattre, combien il est difficile de faire avec les autres, y compris au sein de l’Eglise. Pour mon récent anniversaire j’ai eu pour cadeau le livre « François parmi les loups » de Marco Politi, traduit par Samuel Sfez. Je n’ai pu en lire que les premières pages. Dès que quelqu’un rentre à la maison et le voit, il ou elle me dit: « Tu me le prêtes? » Il tourne donc de mains en mains. Revient à la maison un moment et repart vivre sa vie de livre. Je finirai bien par le lire un jour…

  • Oui, le message de l’Evangile est toujours aussi radical. Merci pour ce message qui nous rappelle que, même bien peignés, nous ne sommes pas propriétaires de l’Eglise mais propriétés du Christ..

  • Joyeux anniversaire Francois ! Merci de nous secouer comme ça et merci Koz de nous le rappeler de temps en temps…

  • Excusez-moi d’apporter une note un peu discordante : ce que fait ou va faire le pape François ne se jugera qu’au trébuchet des années. Il est bien trop tôt pour juger de ce qu’il fait ou pense (mais le sait-on ? : nos journalistes sont bien trop préoccupés à cataloguer les bons d’un côté et les méchants de l’autre ; pour faire simple, la curie, tous des pourris ; de l’autre les gentils, notre pape et ceux qu’ils présentent comme étant ses séides,).
    Alors, les jugements positifs ou négatifs n’ont tout simplement pas lieu d’être pour l’instant. Qu’a-t-il fait de si révolutionnaire, de si conservateur ? Les structures de la curie ont-elles été réformées ? Pas pour le moment… Par contre, on n’arrête pas d’en parler, à tort et à travers !

  • Ne vous trompez-vous pas de François ? Un pape n’est pas un homme politique dont on attendrait quelques « réformes concrètes ». Il disait lui-même, dans son interview donnée aux revues jésuites, que les réformes institutionnelles sont une chose mais que « la première réforme, c’est la manière d’être ». Que l’on puisse apporter un souffle nouveau à l’Eglise en changeant sa manière d’être n’est pas forcément grand-chose en soi, mais le fait qu’il ne faille pas grand-chose pour apporter un souffle nouveau est déjà une grande chose.

    Il ne s’agit pas ici de dresser un bilan, mais il n’est pas interdit à ceux qui le suivent, l’écoutent et le lisent, d’avoir un avis.

  • @ Koz:
    Ben, non, je ne risque pas de me tromper de François, tant l’autre m’insupporte 🙂 Excusez-moi, mais pourquoi parler de souffle nouveau ? C’est un pléonasme : être chrétien, c’est précisément se laisser renouveler par l’Esprit Saint. De plus, cela laisserait accroire que ses prédécesseurs n’auraient « pas fait le job » ? Chacun à leur manière, ils ont servi le Christ, tout comme le fait le pape actuel. Bien évidemment qu’il n’est pas interdit d’avoir un avis sur notre pape, mais je pense qu’il est un peu tôt pour s’en faire une idée précise. Je me défie autant de la « papamania » que de son contraire. Cela permet d’avancer en confiance, sereinement.

  • Bonjour Koz,

    j’imagine que je fais partie des brebis en vadrouille puisque, moi même baptisé, j’ai décidé avec mon épouse de ne pas faire baptiser mes enfants. La principale raison n’est pas ma foi vacillante, coincée entre un athéisme intellectuellement séduisant et le foisonnement sympathique du polythéisme japonais.

    C’est surtout parce que je pense que l’église, en tant qu’organisation, est à côté de la plaque, et parce que je n’apprécie, en général, pas la compagnie des « brebis à serre-tête » du Chesnay que j’ai décidé de tenir mes enfants à l’écart de l’église, bien que cela peine ma mère, et que je doive probablement me préparer à un grand numéro de claquettes si j’ai un jour besoin d’inscrire mes enfants à une école privée sous contrat.

    Je pense que le pape François a bien identifié le problème d’une église repliée sur les élites « conservatrices » en Europe, ce qui la détacherait de plus en plus définitivement du reste de la population (qui est suspicieuse, parfois hostile, envers toutes les élites et encore plus de celles qui prétendent au haut du pavé moral).

    Je suis favorable à ce que l’église catholique retrouve un public plus large, car je pense que les rites sont importants, et je pense aussi qu’une dimension morale est importante à une vie équilibrée: l’évangile contient une des meilleurs bases pour organiser cela. Je pense qu’il est plus simple et moins dangereux de réformer l’église que de construire d’autres rites et une autre morale en partant d’une feuille blanche en occident.

    Le changement de ton est certainement remarquable, et, sans bien connaître le sujet, me semble une évolution radicale par rapport à Benoit XVI. Reste à savoir dans quelles conditions le reste de la population s’engagera avec l’église plus profondément que mettre François, comme avant lui l’abbé Pierre, entre JJ Goldmann et Mimie Mathy au classement des personnalités préférées des français.

    A mon avis, il y a deux points durs pour réellement progresser.

    D’abord, pour accueillir une population plus large dans l’église, il faudra à mon avis absolument que certains pratiquants et certains ecclésiastiques changent leur manière d’être: je trouve qu’une forme de « snobisme moral » (ou de pharisaïsme) est tout simplement insupportable. Ainsi, lors d’un mariage récent, nous avons eu droit, lors du discours traditionnel du père de la marié, à 10 minutes sur le thème: « dans notre société où tout fout le camp, nous sommes fiers que nos enfants choisissent une vie ‘comme il faut’ bien catholique et bien française ». Ce discours était juste insupportable pour tous ceux qui, pour des raisons bonnes ou mauvaises, avaient choisi une autre voie. Ce n’est pas du tout systématique: un autre mariage dont je me souviens, d’une famille encore plus pratiquante (mais d’un niveau social plus modeste), n’avait pas du tout cet état d’esprit, et personne n’a trouvé à redire au mariage religieux, si ce n’est la chaleur dans l’église. L’Eglise doit à mon avis être très consciente de la façon dont son message moral peut être détourné par certains pour leur propre autosatisfaction, et combattre cela énergétiquement. Si appliquer les bases du savoir vivre ne sera, je pense pas polémique, je pense aussi que pour avoir une chance avec les brebis éloignées, l’église et les croyants devront aussi limiter leurs actions politiques à un niveau raisonnable: ainsi, tout le monde aurait compris la « manif pour tous » s’il n’y avait eu qu’un seul défilé, mais la mobilisation prolongée sur le sujet a, je pense, été contre-productive. Si l’église veut être universelle, elle doit aussi selon moi faire preuve d’un « savoir-vivre politique » calibré avec soin.

    Je crois aussi que l’église devra adapter une partie de sa doctrine « familiale » au monde développé, qui, dieu merci, concerne maintenant de plus en plus de monde, et même probablement, l’Afrique et l’Inde, dans une ou deux générations. L’abondance que permet le développement a pour moi un effet principal: celui de permettre matériellement à des gens qui ont un époux abusif de s’en séparer, et de souhaiter reprendre une vie de couple par la suite. L’église devra donc à mon d’abord adapter l’incompréhensible traitement que subissent les divorcés remariés par rapport à ceux qui ont fait toute sorte d’autres bêtises si elle veut être audible. Elle devra aussi proposer des conseils utiles au mode de vie réel de la population.

    C’est un changement douloureux, mais pour moi, cela ne remet pas en cause les fondements de la foi chrétienne, et je pense que cela ne remet pas en cause l’importance de la famille. Car l’ennemi véritable de la famille comme clé de voute de la société, ce n’est ni le couple homosexuel qui a adopté, ni le couple d’étudiants qui forme un foyer provisoire pour quelques années, ni le divorcé remarié, car tous tentent justement de construire une « famille » et sont convaincus de son importance.

    Je crois que l’église n’a pas le choix, car c’est le pasteur qui doit aller chercher les brebis où elles se trouvent. Le pasteur ne peut pas juste attendre devant la prairie la plus verte en se répêtant qu’il a raison. Dans nos sociétés modernes, les divorcés remariés, et leurs proches, ne supporteront pas beaucoup de « discriminations ».

    Je ne sais pas quelle est l’opinion du pape François. Soit il est vraiment convaincu que l’on ne peut aller aussi loin sur la réforme de la doctrine familiale car il pense que cela remettrait en cause les fondements de la doctrine. Soit, et c’est mon opinion, il pense qu’une vraie réforme est nécessaire, mais il a une opinion réaliste sur ce qu’il peut atteindre pendant son pontificat, et choisit, comme tout politique habile (et un jésuite l’est forcément ;-), de ne pas mener de batailles inutiles.

  • Cher uchimizu 🙂
    Quand le Christ allait rejoindre la brebis égarée, la samaritaine avait eu quelques maris, le pater familias Romain avait droit de vie ou de mort sur ses enfants, l esclavage était le fondement économique de la société etc.

    J entends bien que nos contemporains trouvent la voie étroite et difficile nous ployons tous sous le fardeau.mais rejoindre la brebis égarée ne veut sans doute pas dire rester sur place avec elle, mais bien la ramener au bercail.

    J avoue que le bruit autour des divorces remariés m énerve un peu, a l échelle de la planète catholique, si diverse. Est ce que nous nous rendons compte des autres soucis pastoraux sur les autres continents? Nous rendons nous compte qu en Europe du taux de suicide des jeunes dans les familles? Si ce sujet n est pas un sujet familial, celui la….

    A vous lire, priver un enfant des richesses de la Foi pour une affaire de serre tête me paraît un peu surréaliste .l église est diverse, variée, nous pouvons presque avoir des paroisses à la carte avec les facilités de déplacement .j habite une grosse ville de province, et il m arrive de prendre l air dans d autres paroisses, c est normal. Mes enfants aussi choisissent des autres façons de pratiquer la liturgie et cela fait partie des richesses à partager.

    C est bien sûr difficile de parler de cette intimité de la foi sans se connaître et j espère ne pas vous blesser.

    Mais le message du Christ est exigeant, et l Église, par ses pasteurs qui nous entourent de leur charite nous en adoucissent la rudesse sans l affadir

  • @ Uchimizu:
    Votre témoignage est effectivement quelque chose qui revient dans les débats « chez nous » mais je me demande si cela fait partie des préoccupations de l’Eglise d’Amérique du Sud, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie?

  • @uchimizu

    en fait, je me suis encore exprimée comme une gourdasse 🙂

    Pensez juste à la bouffée d’air frais que VOUS vous représenteriez pour les dames à serre tête. n’hésitez pas! il me parait peu probable, à votre lecture, que ce soient elles qui déteignent sur vos enfants 🙂

  • François a écrit :

    Excusez-moi, mais pourquoi parler de souffle nouveau ? C’est un pléonasme : être chrétien, c’est précisément se laisser renouveler par l’Esprit Saint.

    Vous confondez, me semble-t-il, le chrétien que le Christ demande à chacun d’être et le chrétien réel; ce denier s’installe bien volontiers dans son confort moral. Le souffle de l’Esprit lui est grandement nécessaire, comme il est nécessaire à l’Église. C’est un souffle nouveau, parce que le souffle de l’Esprit est toujours nouveau, notamment si on l’entend pour la première fois.

    François a écrit :

    De plus, cela laisserait accroire que ses prédécesseurs n’auraient « pas fait le job » ? Chacun à leur manière, ils ont servi le Christ, tout comme le fait le pape actuel.

    Ils ont fait le job, mais cela n’empêche pas que la façon de faire le job avait besoin d’être renouvelée. Cela n’a rien de surprenant: Jean-Paul II avait innové énormément dans la manière. Quant à Benoît XVI qui avait pu donner le sentiment de revenir à des modes anciens, il a apporté l’innovation la plus révolutionnaire de tous, en se retirant: un geste dont l’impact se révélera, je crois, immense sur le long terme.

    @ Uchimizu:
    Il y a des moments où mon sentiment n’est pas éloigné du vôtre, voyez-vous. Je n’ai pas la solution miracle sur les problèmes pastoraux que vous soulevez, mais je sens plus ou moins confusément, par exemple, qu’une approche nouvelle serait nécessaire pour ;es divorcés, sans pour autant remettre en cause la nature fondamentale du mariage chrétien. J’apporterai, toutefois, deux nuances de taille: D’abord, François n’est pas là simplement pour s’occuper de l’Occident traditionnellement chrétien; ensuite, si vous n’aimez pas (moi non plus) la façon qu’ont les chrétiens à serre-tête (plus généralement, ceux qui se regroupent dans une droite conservatrice parfois pénible) de juger le monde contemporain, ils n’en méritent pas moins autant de respect et de tolérance de votre part que vous en demandez de la leur.

  • @ Gwynfrid:
    Confort moral dites-vous ! Il n’y a pas plus inconfortable que la situation d’un chrétien, du moins tant que celui-ci se conforme au message des Évangiles (« Mon enseignement n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé. » Jn, 7, 16) Nous n’annonçons pas des théories ou une opinion privée, mais la foi de l’Église dont nous ne sommes que des serviteurs, des avortons pour reprendre une expression bien connue. Mais qu’est-ce donc que l’Église ? Une réalité mystique, le lieu de la réception du mystère de Dieu. À ce titre, qu’a-t-elle à apprendre du monde ? C’est plutôt le monde qui a tout à apprendre d’elle, non ?
    Quant à réduire Benoît XVI à sa renonciation, c’est que visiblement vous n’avez pas lu « Caritas in veritate ». Sans Vérité, l’amour devient une coque vide…

    PS : Je m’excuse par avance du ton polémique qui est le mien. Sans doute, un vieux relent de l’athée con-vaincu que je fus durant trop longtemps. Vaincu, je le suis désormais devant l’Évidence, mais pour le préfixe, j’ai encore des progrès à faire.

  • jfsadys a écrit :

    @ Uchimizu:
    Votre témoignage est effectivement quelque chose qui revient dans les débats « chez nous » mais je me demande si cela fait partie des préoccupations de l’Eglise d’Amérique du Sud, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie?

    Bonsoir,

    je pars de l’hypothèse que l’Amérique du Sud, l’Asie et les autres seront des pays développés à l’échelle d’une ou deux générations. Pour l’Asie de l’Est, c’est en grande partie déjà fait.

  • François a écrit :

    @ Gwynfrid: Confort moral dites-vous ! Il n’y a pas plus inconfortable que la situation d’un chrétien, du moins tant que celui-ci se conforme au message des Évangiles

    Encore une fois, vous me décrivez le chrétien idéal que je m’efforce d’être, alors que je vous parle du chrétien réel que je suis trop souvent, et que je vois chez bon nombre de mes contemporains.

    François a écrit :

    Quant à réduire Benoît XVI à sa renonciation, c’est que visiblement vous n’avez pas lu « Caritas in veritate ». Sans Vérité, l’amour devient une coque vide…

    Là, par contre, c’est vous qui réduisez abusivement mon propos. Je n’aurais garde de prétendre résumer Benoît XVI.

    En ce qui concerne votre ton: je ne le trouve pas tellement polémique, pour ma part. Ne vous inquiétez pas, vous avez sur ce blog le droit d’exprimer un désaccord sans vous en excuser 🙂

    Uchimizu a écrit :

    je pars de l’hypothèse que l’Amérique du Sud, l’Asie et les autres seront des pays développés à l’échelle d’une ou deux générations. Pour l’Asie de l’Est, c’est en grande partie déjà fait.

    Hum. Vous partez surtout de l’hypothèse, infiniment plus audacieuse, que ces pays une fois développés auront la même mentalité que l’Europe.

  • Gwynfrid a écrit :

    Hum. Vous partez surtout de l’hypothèse, infiniment plus audacieuse, que ces pays une fois développés auront la même mentalité que l’Europe.

    Bonsoir,

    effectivement, l’échantillon des cultures des pays développés me semble suffisamment large (latins catholiques, protestants scandinaves, japonais et chinois plus ou moins thaoistes, boudhistes et taoistes, slaves d’Europe de l’est). Je pense que dans tous ces pays, la proportion probablement inévitable de personnes dans un mariages raté (allez, je lance un chiffre, 15 à 25%) préférera divorcer et refaire sa vie.

    Allez, quelques chiffres sur le taux de divorce: Arménie 17%, Brésil 21%, Irlande 15%, Liban 17%, Turquie 20%, Iran 14%, Arabie Saoudite 21%, Afrique du Sud 17%. Mongolie 32%, Pologne 27%, Thailande 25%.

    En fait, on y est déjà.

  • Exile a écrit :

    J entends bien que nos contemporains trouvent la voie étroite et difficile nous ployons tous sous le fardeau

    Bonsoir,

    j’aimerais préciser certains points. D’abord, toute situation personnelle est complexe, et certainement, mes propres limites et défauts ont une part dans les décisions que j’ai prises.

    Je ne conteste pas que l’église doive proclamer une morale, par rapport à laquelle nous sommes tous amenés à faire des écarts. Le divorce, qui peut être dramatique, est certainement un écart important, comme l’est aussi la cohabitation pendant plusieurs années dans un foyer où l’ambiance est délétère.

    Toutefois, la distinction entre le divorce et toutes les autres fautes que l’on peut commettre est le point qui me choque: c’est à mon avis un anachronisme doublement obsolète, car l’église n’a plus nulle part, même dans le tiers monde, le pouvoir de faire que cette interdiction soit dissuasive (surtout en Afrique animiste où la mode n’est pas en plus au régime religieux), et car le rôle de « sécurité sociale » limitée que procurait l’interdiction du divorce est largement obsolète.

    Il est réducteur de réduire l’église à ce sujet des divorcés remariés, mais la difficulté de progresser sur ce point est pour moi un symbole qui ne me donne pas envie d’aller chercher beaucoup plus loin.

    Pour conclure sur les milieux « conservateurs », je n’ai pas de mal à avouer une vraie « incompatibilité d’humeur » avec l’attitude d’une majorité d’entre eux, qui fait que je ne souhaite pas fréquenter les cercles où ces milieux sont très présents, car je m’y sens terriblement mal à l’aise, et j’ai l’impression que cet inconfort n’est pas fécond (alors qu’il peut l’être par exemple, bizarrement, avec mon voisin de bureau communiste).

  • Bonjour Gwynfrid

    Merci de votre réponse, mais vous venez de me donner raison. L’inconfort du chrétien vient précisément de ce delta entre ce qu’il faudrait faire et ce que nous faisons réellement. Et ce n’est pas parce que nous nous réfugions de temps à autre dans une routine protectrice que notre conscience est au repos. L’âme reste aux aguets, attentive, y compris et j’allais même dire surtout chez ceux qui semblent perclus de certitudes. Ce n’est souvent qu’une façade, un masque qui ne cache que très imparfaitement nos doutes, nos remords, nos peurs.

    Un exemple qui n’a rien de religieux (quoique). J’étais, il y a peu, militaire. À ce titre, j’ai côtoyé la mort (celle que l’on donne et/ou celle que l’on reçoit). J’ai toujours été frappé par certains de mes camarades (un très petit nombre) qui se vantaient de ne pas en avoir peur. Quand vous creusez un peu, vous vous rendez très vite compte que ce n’est qu’un moyen de défense car, quand vous discutez avec leurs épouses, ils ont, comme moi, un sommeil parfois agité…

    Bref, ce n’est pas parce que vous allez à la messe coiffé d’un serre-tête et vêtue d’une jupe plissée à carreaux que vous avez moins de doutes que celle ou celui qui y va en jean – baskets.

  • @ Uchimizu:Merci de votre commentaire. Je comprends le malaise que vous éprouvez et que vous exprimez dans vos commentaires suivants. Il m’est arrivé de le ressentir dans l’Eglise mais aussi quand j’étais au PCF. Je suis divorcé non remarié.

  • @uchimizu

    Pas d’accord: le divorce (ou la séparation) surtout quand il y a des enfants a encore un cout social extrêmement élevé. Il n’y a qu’à voir le nombre de femmes seules élevant des enfants sous le seuil de pauvreté dans nos sociétés pour s’en rendre compte. et paradoxalement, ce sont souvent les femmes qui demandent le divorce.

    Sans compter les conséquences psychologiques à long terme, sur plusieurs générations parfois. j’en discutais encore hier avec un ami, un « arbre généalogique » à faire peur du coté de son épouse fait de séparations, remariages, demi frère et oncles à la fois beaux frères (si si) dans un milieu cultivé, aisé et pourtant beaucoup de fragilités chez sa femme qui enrichit le psy chaque semaine.

    Je ne crois pas qu’il faille voir dans l’interdiction du divorce une volonté « dissuasive » mais plutôt, lors de la préparation des époux au mariage religieux, l’occasion de réflexions fécondes sur la voie proposée par l’Eglise.

    La préparation au sacrement, tout est là, à mon sens. Et l’usage des sacrements, tout au long de la vie maritale, qui permettent de puiser dans les grâces reçues tant au baptême qu’à la confirmation. Nous avons reçu le don de Force, puisons y!

    Beaucoup de mariages « religieux », d’ailleurs, pourraient être l’objet de nullité, tant l’ignorance des conditions de réception de ce sacrement est grande.

  • Curieux ces gens qui voudraient peut-être, on sait jamais, après réflexion, bien rentrer au bercail, mais à condition que l’Eglise oublie le Christ. C’est là qu’effectivement le pape François a raison de dire qu’il va y avoir des déçus.

  • @ Courtlaïus:A travers mon expérience personnelle et en écoutant les personnes cathos avec qui je travaille encore je peux vous affirmer qu’il y a aussi des personnes cathos qui ne demandent pas à rentrer au bercail et qui ne demandent rien à l’Eglise. Ce qui n’enlève rien bien entendu à votre remarque parfaitement vraie elle aussi.

  • Bonsoir à tous,

    Courtlaïus a écrit :

    Curieux ces gens qui voudraient peut-être, on sait jamais, après réflexion, bien rentrer au bercail, mais à condition que l’Eglise oublie le Christ.

    je ne suis pas forcément armé pour une grande discussion théologique, mais il me semble que les deux points que je mentionne plus haut ne sont pas foncièrement incompatibles avec les évangiles. Ainsi, l’exclusion des divorcés remariés de la communion est un point de procédure fortement lié à l’ancien rôle historique de l’Eglise dans l’état civil en Europe, qui est loin de découler directement de l’enseignement du Christ, et d’ailleurs sur lequel les opinions des différentes obédiences chrétiennes diffèrent. Je mets dans le même lot des questions comme l’ordination des femmes ou le mariage des prêtres.

    Le second point, sur la façon d’être, en particulier des communautés « conservatrices » me semble encore moins liée aux évangiles.

    Il me semble que la fidélité aux évangiles sert souvent de prétexte pour justifier des
    choix plus terrestres qui n’ont pas de rapport direct.

    exilé a écrit :

    Il n’y a qu’à voir le nombre de femmes seules élevant des enfants sous le seuil de pauvreté dans nos sociétés pour s’en rendre compte…

    C’est vrai, un divorce avec des enfants n’est jamais anodin, mais j’ai quelques réserves. D’abord, on doit choisir entre deux mauvaises situations: une cohabitation dans une mauvaise humeur permanente et une séparation. Le premier choix n’est pas du tout idéal. Ensuite, le taux de pauvreté est relatif (je crois que c’est la moitié du salaire médian): il ne s’agit pas de misère, et on peut donc de façon rationnelle préférer une existence modeste à supporter dans un confort relatif une situation de tension et de conflit permanente.

  • François a écrit :

    Bref, ce n’est pas parce que vous allez à la messe coiffé d’un serre-tête et vêtue d’une jupe plissée à carreaux que vous avez moins de doutes que celle ou celui qui y va en jean – baskets.

    Il se peut. J’ai connu, pour ma part, des contre-exemples. Ou, plus exactement, des personnes chez qui le sentiment d’imperfection n’empêchait guère les regards et jugements définitifs vis-à-vis du reste du monde (attitude qui repousse les personnes comme Uchimizu).

    exilé a écrit :

    Pas d’accord: le divorce (ou la séparation) surtout quand il y a des enfants a encore un cout social extrêmement élevé. Il n’y a qu’à voir le nombre de femmes seules élevant des enfants sous le seuil de pauvreté dans nos sociétés pour s’en rendre compte. et paradoxalement, ce sont souvent les femmes qui demandent le divorce.

    Cette façon de mettre l’accent sur les désordres sociaux (indéniables) causés par le divorce me gêne un peu, compte tenu du contexte qui est celui du mariage religieux. Les objections de l’Église contre le divorce vont infiniment au-delà des coûts sociaux.

  • @ Gwynfrid:
    Il est aussi une règle non écrite mais assez facilement vérifiable qui dit que, quel que soit le groupe humain considéré, la proportion d’imbéciles est la même partout. Ce qui varie dans cette loi, ce sont les manifestations de la bêtise, certaines sont très visibles, d’autres beaucoup moins. Néanmoins, je ne suis pas certain que les secondes soient les moins dangereuses.

    NB : il va sans dire que l’imbécile que je suis parfois essaye de se soigner, mais on n’a pas encore trouvé de remède miracle.

  • @Gwynfrid je répondais à cette phrase d’Uchimizu disant  » le rôle de « sécurité sociale » limitée que procurait l’interdiction du divorce est largement obsolète »

    l’Eglise n’est pas désincarnée! elle regarde le mariage certes sous l’angle des époux, mais aussi sous l’angle de la structure sociale. Et de ce point de vue, le divorce est un fléau.

    Pour répondre encore à Uchimizu , mais cette fois ci sous l’angle mariage chrétien (et donc divorce dans un couple chrétien) : J’ai la faiblesse de croire que tant qu’une situation de rupture n’est pas définitive, les grâces du sacrement peuvent, si les époux les demandent, éviter « une cohabitation dans une mauvaise humeur permanente »
    J’en veux pour preuve autour de moi les couples formés depuis 50 ans, voire plus, et qui témoignent des orages passés, des chutes et des remises sur pied…et ma propre expérience qui n’est pas un long fleuve tranquille.

    Après, il reste des situations où effectivement, la séparation de corps est indispensable, pour la santé physique ou mentale du conjoint et/ou des enfants. Et nous avons un rôle important d’accompagnement, nos prêtres ont des grâces de conseil, et il y a des mariages qui sont annulés aussi….des actions d’ordre pastoral, comme pour bien d’autres sujets..

    Laissons donc à nos prêtres le soin de prendre soin des brebis, aidons les, plutôt que de critiquer sans cesse l’enseignement moral de l’Eglise qui n’est que la conséquence des deux grands commandements (cf Mc 12,28-34) « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.
    Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. « 

    Et desserrons les serre-têtes en amenant dans les paroisses des gens venus d’horizon différents! les enfants notamment, sont de sacrés bousculeurs d’idées reçues ! Et qui fermerait sa porte à un enfant? organisons des parrainages, ouvrons nos mouvements scouts, aidons Le Rocher, les vacances du secours catholique, que sais je encore….
    Aimons /Aidons nous les uns les autres!

    PS : j’ai les cheveux courts, mais je trouve qu’un serre tête, c’est bien pratique parfois 🙂

  • Uchimizu a écrit :

    je ne suis pas forcément armé pour une grande discussion théologique, mais il me semble que les deux points que je mentionne plus haut ne sont pas foncièrement incompatibles avec les évangiles. Ainsi, l’exclusion des divorcés remariés de la communion est un point de procédure fortement lié à l’ancien rôle historique de l’Eglise dans l’état civil en Europe, qui est loin de découler directement de l’enseignement du Christ, et d’ailleurs sur lequel les opinions des différentes obédiences chrétiennes diffèrent. Je mets dans le même lot des questions comme l’ordination des femmes ou le mariage des prêtres.

    Non, en effet, vous faites même en sorte d’exclure toute discussion théologique. Il serait tout de même bon d’étayer un minimum des arguments tels que « l’exclusion des divorcés-remariés de la communion est lié à l’ancien rôle de l’Eglise dans l’état civil ». On peut tenir pour rien la Bible et les paroles du Christ, le magistère, la tradition, la théologie et la foi, ramener l’Eglise à un système de contrôle social, dont il conviendrait de s’extraire parce que des petites filles portent des serre-têtes mais, à un moment donné, il faut faire en sorte que cela sorte de la théorie personnelle pour s’appuyer sur une réalité quelconque.

    Sur les serre-têtes au demeurant, je trouve d’une légèreté guère compatible avec les idées catégoriques développées par ailleurs, d’expliquer que vous vous êtes éloigné de l’Eglise à cause des « brebis à serre-tête du Chesnay ». L’Eglise en France est suffisamment diverse pour offrir d’autres perspectives, même si j’ai bien conscience que nombre de paroissiens aiment qu’on leur apporte la becquée à la maison. C’est non seulement léger mais parfaitement méprisant. Ces personnes, avec leurs travers – comme s’il existait des groupes sociaux qui en soient dépourvus – méritent également le respect. Peut-être, si vous aviez persisté, auriez-vous appris à discerner chez l’autre, chez tout autre, ce qu’il peut aussi porter de bon – et à faire la part des choses avec vos traumatismes personnels et autres discours de mariage ratés.

    Vous avez en outre une vision parfaitement desséchée de la foi, comme de l’Eglise, ramenée à un organe administratif. Je vois mal à quelle analyse fondée cela peut conduire.

    Au demeurant, pour rester dans le concret, vous faites preuve d’une étonnante ignorance de ce qu’est l’enseignement catholique – outre le fait que je comprends mal votre obstination à vouloir y placer vos enfants : soyez donc cohérent avec vous-mêmes. L’accueil y est large, ouvert aux non-croyants et autres confessions, et ne nécessite aucun prétendu « numéro de claquette », ce qui relève de la médisance. Et en matière d’enseignement privé, je crois avoir une certaine expérience, depuis 30 ans que je le fréquente.

    exilé a écrit :

    Pour répondre encore à Uchimizu , mais cette fois ci sous l’angle mariage chrétien (et donc divorce dans un couple chrétien) : J’ai la faiblesse de croire que tant qu’une situation de rupture n’est pas définitive, les grâces du sacrement peuvent, si les époux les demandent, éviter « une cohabitation dans une mauvaise humeur permanente » J’en veux pour preuve autour de moi les couples formés depuis 50 ans, voire plus, et qui témoignent des orages passés, des chutes et des remises sur pied…et ma propre expérience qui n’est pas un long fleuve tranquille.

    En effet. Uchimizu ne fait que nous renvoyer un propos bien convenu sur le sujet. Sans même parler de grâce, les couples qui ont tenu par volonté de tenir, et de respecter leur engagement, et ont ainsi passé un cap difficile, ne sont pas rares. Les couples qui se séparent un peu facilement sur la base d’une « mauvaise humeur [dite] permanente », sans avoir ni préparé leur mariage au préalable ni forcé leur talent pour le sauver ensuite, ne le sont pas non plus.

    Courtlaïus a écrit :

    Curieux ces gens qui voudraient peut-être, on sait jamais, après réflexion, bien rentrer au bercail, mais à condition que l’Eglise oublie le Christ. C’est là qu’effectivement le pape François a raison de dire qu’il va y avoir des déçus.

    Pas mieux.

    Et cette focalisation sur la question des divorcés-remariés – que l’on retrouve dans les commentaires ici – est absurde. C’est un sujet, et un sujet auquel je suis sensible. Mais aborder l’Eglise par la morale est le point commun des pharisiens et des incroyants. Je leur laisse cette perspective.

    Avec le pape, je suis évidemment convaincu que la réponse essentielle passe par l’annonce de l’Evangile, la compassion et le soin des plus fragiles, et la joie de la foi. Le reste n’est qu’une approche stérilisante, un prétexte ou une lâcheté (c’est plus confortable de décréter qu’un idéal est inatteignable que de se lever pour essayer de l’approcher).

    Il est assez vain de s’enquérir auprès des non-croyants de ce que serait la bonne démarche pour l’Eglise. Je préfère m’en tenir à la vision du pape, porteuse d’un autre dynamisme.

  • jfsadys a écrit :

    je connais des personnes cathos qui ne demandent pas à rentrer au bercail et qui ne demandent rien à l’Eglise.

    Bonjour jfsadys,

    C’est là que ces personnes se trompent objectivement: on ne peut être catholique tout seul dans son coin en mode selfie, telle une monade auto-suffisante. On est catholique qu’en communion avec la communauté ou ecclesia de l’ensemble des catholiques ; comme dirait saint Paul : le pied peut-il dire à l’oeil « je n’ai pas besoin de toi ? » Et le moyen de recevoir les sacrements, et donc d’être catholique, sans l’Eglise ? Ces catholiques se sont baptisés tout seul ? L’humilité de la médiation, c’est là sans doute l’origine de tout leur problème.

    A partir du moment où le catholique est nécessairement « membre de qqch », il faut que ces membres se reconnaissent tels d’un corps, d’où le credo qu’ils réaffirment sans nulle contrainte avec force chaque dimanche que Dieu fait. Or nous y affirmons que nous croyons à l’Eglise, une, catholique, et apostolique. Si donc ces personnes rejettent cet article, elles s’excluent elles-mêmes de la communauté des croyants catholiques, et par honnêteté devraient cesser de s’appeler catholique. Naturellement l’organisation sociale de l’Eglise (ou la « hiérarchie ») n’est pas toute l’Eglise, néanmoins c’est aussi l’Eglise telle qu’elle s’incarne ici-bas. On ne vit pas dans un monde d’idéaux platoniciens.

    En résumé un catholique hors de l’Eglise c’est une antinomie. Il est de facto et de jure autre chose que catholique, ; probablement une brebis perdue. Un catholique est nécessairement du bercail ; ou encore, selon le propos de Jeanne d’Arc : « si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y garde. »

  • Des divers, en vrac: L’appareil de l’église catholique est ce qui permet ce foisonnement spirituel en son intérieur.
    La brebis est plus difficile, car, à mon observation, parmi les personnes qui ont eu une éducation chrétienne catholique sans extrêmes ni excès, nombreux sont ceux qui, en fin de compte, ne se sentent pas à jouer la brebis derrière un prêtre dont ils ne mesurent que trop, et surtout plus que ce dernier, les limites, l’immaturité, les faiblesses.
    Dans notre paroisse bigarré du 78, où il y en a de toutes les couleurs, de toutes les modes vestimentaires et de maintes goûts liturgiques, et où, hourra, les cabossés et accidentés sont l’objet d’attention du curé, quelle place pour les normaux? Je sais que le Christ est venu pour les malades etc… mais faut-il pour autant être marginal?

  • Je comprends votre sentiment, d’autant que je l’ai expérimenté il n’y a pas si longtemps. Impression que l’Eglise consacre beaucoup d’énergie pour les nouveaux, pour les convertis mais néglige ceux qui sont là. De fait, à ce moment-là, et pour de multiples raisons dont le fait que je me permette d’avoir des avis publics en matière religieuse, j’ai souhaité rencontrer régulièrement un prêtre. J’ai demandé au curé de la paroisse à la sortie de la messe, il m’a dit oui tout de suite, a pris son agenda et nous avons fixé notre premier rendez-vous. Bref, je ne suis pas certain que ce sentiment soit si fondé.

    J’ai surtout le sentiment que les prêtres passent un temps fou – tout leur temps – à s’occuper des paroissiens, allant de réunion en réunion, et de tâche administrative en tâche administrative. Autant de tâches que les laïcs devraient assumer davantage – mais ils se heurtent à une question de légitimité.

    Au bout du compte, même si je trouve votre sentiment compréhensible, je pense que nous sommes trop souvent dans une attitude passive voire même, en forçant le trait, de créancier : « après tout, nous, nous sommes dans l’Eglise alors, si elle ne veut pas que ses paroisses se vident, qu’elle s’occupe de nous ! ». Je ne parle évidemment pas de vous, je ne vous connais pas, mais c’est un état d’esprit qui ne me semble pas inexistant, de façon certes plus subtile que ce que je viens d’énoncer.

    A nous, aussi, avec nos imperfections, avec nos lacunes théologiques, avec notre foi branlante, de prendre la parole, d’être témoins, en mission, et les choses s’arrangeront pour tout le monde. Si seuls les saints peuvent prendre la parole, malheureusement on entendra pas grand-monde.

    Et puis, peut-être, aussi, être un peu plus bienveillant envers les prêtres…

  • @ Courtlaïus:
    Je suis globalement d’accord avec ce que vous avez écrit. Je me suis mal expliqué. Je vais essayer d’être plus clair et précis. J’ai réagi à votre commentaire suivant: « Curieux ces gens qui voudraient peut-être, on sait jamais, après réflexion, bien rentrer au bercail mais à condition que l’Eglise oublie le Christ.  » J’ai réagi par agacement intérieur. Parce que j’ai pensé à trois personnes que je rencontre régulièrement. Deux sont divorcées vont à la messe régulièrement et ne communient pas même quand elles sont dans une église où personne ne les connaît. Elles ne demandent rien à l’Eglise et ses serviteurs. Elles assument leurs divorces. La troisième a été religieuse de 1958 à 1968. Elle m’a raconté ses années dans un couvent. Tout a été fait pour… qu’elle n’y reste pas. Elle ne demande rien à l’Eglise et ses serviteurs. Elle va régulièrement à la messe. Elle communie. Mais je la sens toujours blessée par ses années difficiles au couvent. Je n’ai pas envie de me lancer dans une critique de l’institution et des cathos. Mais il y en a parfois qui font le vide autour d’eux. Eux sont bons cathos, les autres pas. Personnellement dans l’Eglise et hors de l’Eglise je fais ce que l’on me demande de faire si je peux le faire. J’ai eu la chance jusqu’à présent d’avoir affaire à des cathos bienveillants à mon égard. Mais j’ai appris qu’il y en a qui ne sont pas toujours bienveillants avec celles et ceux qui ne sont pas tout à fait comme eux. Mais tout le monde n’est pas capable d’être le Christ. Et effectivement il peut souvent être oublié. Et pas seulement par celles et ceux qui se retrouvent aux marges de l’Eglise.

  • je relis l’article, je relis les commentaires, et ne me vient que cette phrase :  » Nous devons, TOUS AUTANT QUE NOUS SOMMES redevenir humbles de coeur et d’esprit. C’est urgent « 

    Parce que nous sommes tous pécheurs, tous fautifs. Nous avons tous marché dans la marge un jour ou l’autre. Aucun de nous n’est parfait, nous n’avons pas le droit de nous croire mieux, meilleurs, et au-dssus des autres. Qui sommes-nous pour juger ?
    Concernant le divorce, j’en reste à ce qui a ete rapporté par les Apotres dans les Evangiles : tu ne sépareras pas ce que Dieu a uni  » c’est pourtant simple. Ca fait mal ; je suis divorcée, remariée. et maintenant veuve de mon premier mari. Techniquement, donc, je pourrais considerer mon second marriage comme admis par l’Eglise, mais non. La faute est là, quoique nous voulions en dire et en discuter : la seule chose, c’est de croire en l’absolu amour du Christ, en l’absolu pardon, et se dire que Lui seul peut comprendre les pourquoi et les comment qui nous font aller à droite ou a gauche.

    Et puis, on ne marchande pas avec Dieu, il me semble : la ligne a été tracée il y a des milliers d’années. Nous pourrions peut-etre revenir à une plus grand simplicité.

  • François a déclaré qu’il voulait une Eglise comme un hôpital de campagne.Belle image assurément.Cependant sur un champ de bataille les blessés se savent blessés et sont bien entendu ravis lorsqu’on vient à leur secours.De même la brebis égarée se sait égarée et elle aussi est ravie qu’on vienne la chercher.
    Il me semble que le problème qui se pose à nous c’est que dans la plupart des cas personne n’est disposée à se reconnaître égarée et encore moins à se reconnaître blessée.
    Lorsque le malade refuse de se reconnaître malade que peut faire le médecin?

  • @ dominique bargiarelli:
    Désolé, mais cette comparaison m’a laissé pantois, pour la simple raison qu’en cas de pertes massives, il est une règle intangible : on trie les blessés. Pour faire court, on laisse mourir les incurables pour se focaliser sur ceux qui ont une réelle chance de survie (c’est bien plus compliqué que cela, mais ce n’est pas le lieu de décrire en détail la gestion de l’afflux saturant de blessés).

    Or, au regard de l’état de nos sociétés et du faible nombre de « personnel soignant », on a dépassé depuis longtemps nos capacités d’accueil. Cela pose d’ailleurs un certain nombre de problèmes moraux : quels critères prendre en compte, etc. ? Sans compter la fatigue morale et physique de ceux qui se dévouent. Je sais bien qu’on est pas là pour se plaindre, mais l’usure est vite là…

  • @ H2O:
    Face à l’accueil fait à son prodigue de frère, le fils fidèle de la parabole a eu la même réaction que vous.

  • Ok sur votre point de vue sur l’hôpital de campagne,mais compte tenu de cet avis je ne vois décidément pas en quoi l’Eglise pourrait ressembler à ce genre d’établissement,car justement l’Eglise me semble-t-il n’a jamais le droit de considérer que quelqu’un est incurable puisque nous devons trouver dans chacun une image de Dieu.

  • @H2O et @Gwynfrid :
    J’ai longtemps buté sur la parabole du fils prodigue… jusqu’à ce que je m’occupe de catéchumènes : et là, je me rends compte de tout ce qu’ils apportent à la paroisse tout au long de leur chemin jusqu’à leur baptême dans la nuit de Pâques : la foi forte, affirmée, de ces « fils prodigues » qui reprennent le chemin de l’Eglise bouscule et interroge les « cathos d’élevage » que nous sommes, au regard de notre petite foi confortable, et nous remet en marche : ainsi, l’Eglise, en s’occupant de ces « brebis perdues » agit finalement bien plus pour nous qu’en continuant à nous peigner… et d’ailleurs, dans la paroisse, quasiment personne pour jouer le fils aîné, et râler contre l’attention portée à ces catéchumènes : ils sont accueillis avec joie et chaleur, peu importe la façon dont ils ont dilapidé leur héritage, on est juste content de les voir arriver ou revenir, parce qu’on leur est reconnaissants de nous faire ressentir, par leur longue démarche ( 2 ans !), la valeur de ce qu’on possédait sans parfois s’en rendre compte … du coup, j’aime bien imaginer l’après-parabole du fils prodigue, avec le fils aîné qui se mettrait à regarder d’un autre oeil tout ce dont il a bénéficié de la part de son père….

  • @ dominique bargiarelli:
    C’est bien pour cela que la comparaison avec l’hôpital de campagne est très discutable : personne n’est incurable, même si les « traitements » sont d’une longueur très variable. Maintenant, nous ne sommes que des hommes, avec tout ce que cela implique…

  • @ Koz:
    Cher Monsieur,
    En fait, les personnes ordinaires auxquelles je me référais sont des personnes qui ne viennent plus et que j’ai du mal à convaincre de venir puisque leurs arguments sont justes. Je suis de ceux qui s’inquiètent moins des personnes qui se font musulmans car ils ont besoin d’un carcan plus solide mais de ceux qui se font athées, souvent vaguement orientalisants. Qui ne sont pas prêts à déposer à l’entrée tout ce qu’ils savent des connaissances scientifiques modernes et, je dois leur donner raison, font observer que le peu de compréhension de l’économie et de la chair que manifeste le Curé devrait l’inciter à une modestie sans faille en ce domaine plutôt que de semer la zizanie bien-pensante.
    Je pense que la relation au prochain que commande le plus haut commandement et la promesse du pardon fondée dans la mort et la résurrection du Christ sont trop merveilleux pour les confiner à une Eglise préoccupée de petits Jésus et de l’hymen de Marie.
    Non pas une modernisation du culte (le slide show de représentations de bon goût de la nativité en guise de veillée de Noël l’est suffisamment, trop pour moi, mais je ne suis pas le seul membre de la paroisse), non pas l’acceptation de toutes les possibilités de la technique moderne pour la vie de l’homme, mais une place pour l’homme moderne, pour qui les 10 commandements valent toujours (à condition de prendre 9 et 6 verbis, soit une interdiction de l’infraction aux droits d’autrui, en occurrence de son propre époux et de ceux qui sont les époux de quelqu’un d’autre, et non pour y fourrer un manuel précis des manières de commun une femme et son mari maintiennent leur amour qui lui a aussi un soutien charnel).
    Désolée pour ce coté un peu « je vide mon sac »
    Bien cordialement

  • La parabole de la brebis égarée me gêne toujours énormément car comment sans orgueil se considérer comme faisant partie des 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion et alors tomber du côté de l’autre parabole celle du Pharisien et du Publicain?
    Ne sommes-nous pas tous plus ou moins des brebis égarées,?

    • Bien sûr que si mais toutes les paraboles ou presque nous laissent cette latitude d’interprétation, en même temps que la faculté de, parfois, les retourner, et se découvrir nous-mêmes pharisiens et égarés.

  • jfsadys a écrit :

    j’ai appris qu’il y en a qui ne sont pas toujours bienveillants avec celles et ceux qui ne sont pas tout à fait comme eux. Mais tout le monde n’est pas capable d’être le Christ. Et effectivement il peut souvent être oublié. Et pas seulement par celles et ceux qui se retrouvent aux marges de l’Eglise.

    J’entends bien ces cas particuliers ; mais j’ai l’impression que vous confondez l’église du quartier et tel ou tel paroissien avec l’Eglise. Il y a tout de même une différence d’horizon entre ces deux réalités, et me semble-t-il, il n’est pas possible à un catholique de ne pas souhaiter ardemment être au bercail, c’est à dire en communion, plutôt qu’au dehors. L’un des ouvrages de J Ratzinger sur la question de l’Eglise justement, s’appelle « appelés à la communion – comprendre l’Eglise d’aujourd’hui. » Très saine lecture pour ces journées grisailleuses de mars, à l’approche de Pâques. En plus il a le bon goût de faire bref et clair.

    Avec une idée claire de ce qu’est l’Eglise et sa mission on éviterait probablement de multiples fausses routes, et la perte d’énergie chez bien des catholiques qui se battent ainsi contre des moulins à vent.

  • @ Courtlaïus: C’est exact vous avez raison. Je n’ai que l’expérience de l’Eglise locale que je fréquente depuis 1981. Je lirai le livre que vous m’indiquez. Des lectures de Benoît XVI m’ont aidé par le passé. Merci de vote commentaire.

  • Gwynfrid a écrit :

    <

    blockquote>@ H2O: Face à l’accueil fait à son prodigue de frère, le fils fidèle de la parabole a eu la même réaction que vous.

    <

    Non, chez moi, ou bien le fils fidèle s’en est allé ou bien le fils prodigue a monté son petite affaire qui ne marche pas trop mal et a fondé une famille.
    ‘Donc question: Pourquoi s’en occuper?

    Pour la permanence de la pensée chrétienne sur le prochain et sur l’acceptation du monde au delà des réguliers, que ce soit dans l’espace ou dans le temps.
    Est-ce que père et grand frère pourraient ils être heureux de se voir une fois par an à Noel, sachant qu’on fait toujours partie de la même famille et en cas de coup dur, on saurait y aller?

    J’ai un collègue juif, dont la compagne est une goité, catholique, et qui m’a dit : « Chez nous, quand quelqu’un revient à la synagogue après 15 ans, tout le monde est content qu’il repasse, chez les catholiques, on lui fait des reproches de ne pas être venu auparavant. Pourquoi? » Bien oui, pourquoi?

  • @ H2O:
    Pour faire ce commentaire je suppose que vous n’avez que l’expérience d’une toute petite ville où tout le monde se connait et où il règne une mentalité plutôt déprimante à mon goût en tout cas ,et il ne faut pas en faire une généralité me semble-t-il

    • En effet. Et c’est surprenant le nombre de généralités et d’idées reçues conservées sur l’Eglise et les catholiques.

  • @ Uchimizu:
    Bonjour Uchimizu,
    Dés le début vous annoncez clairement, je cite :
     » j’imagine … brebis en vadrouille … baptisé… ne pas faire baptiser mes enfants. »
    Bien sûr, c’est votre choix ! mais par ce choix vous avez affirmé ne plus croire au Baptême,
    Baptême qui fait de nous des Enfants de Dieu !
    Vous essayez de justifier négativement vos raisons :
     » La principale raison n’est pas ma foi vacillante, coincée entre un athéisme intellectuellement séduisant et le foisonnement sympathique du polythéisme japonais.  »
    Et là, vous exposez les principales causes de la perte de la Foi !
    Ensuite, tout votre discours consiste dans les banalités!
    qui découlent, dégoulinent ! de ces causes ! vraiment négatives et opposées à Jésus-Christ !
    Si vous cherchez Le Chemin, La Vérité, La Vie ! relisez les premières lignes de l’ Evangile de Saint Jean :  » Au commencement était Le Verbe, et Le Verbe était Dieu, et Le
    Verbe était auprès de Dieu ! … »

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