"FMI oui oui !" ou "Français, on vous ment, on vous spolie"

60% des français considèreraient la politique économique « mauvaise« . Cette information doit être relativisée pour trois séries de raisons, classées de l’ordre de la plus con à la plus pertinente.

Je commence pas la plus con : non, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Vue la patouille actuelle, 60%, c’est tout de même de l’ordre de la bonne perf.

Ensuite, il faut évidemment prendre ce sondage pour ce qu’il est : la photographie d’une simple perception. Je dois concéder que, pour ma part, je n’accorde qu’une confiance relative à ma perception d’une politique économique. J’ai été intellectuellement traumatisé par mes cours d’économie de seconde. On nous y démontrait l’obtention inéluctable d’un résultat donné (par exe, la baisse du chômage) via un enchaînement de causes et d’effets, selon une certaine école, avant de nous démontrer l’obtention toute aussi inéluctable du même résultat par un enchaînement de causes et d’effets radicalement opposés… Je me souviens aussi, en terminale, d’avoir refusé de fournir ma propre appréciation du budget de l’Etat, comme demandé, compte tenu de mon incompétence patente, préférant agencer subtilement1 les analyses recueillies de part et d’autre.

On arrive donc à la troisième raison : les français disposent-ils d’informations complètes ?

Le Parti Socialiste s’est fendu d’une réaction indignée à la réaction du gouvernement sur les prévisions de croissance du FMI. Celui-ci, en effet, table sur 1,5% de croissance, alors que le gouvernement table toujours sur 2%2. C’est, pour tout dire, assez logique de la part d’un parti d’opposition.

Ca ne l’est pas de la part d’organes d’information.

Le Monde, pour sa part, a consacré un article à ce sujet. Cet article fait part de la réévaluation de la croissance à 1,5%. Un sous-titre donne déjà le ton : bien visible, en gras comme il se doit, il mentionne une « détérioration de la compétitivité française »… quand il est écrit, dans l’article : « Les administrateurs du FMI ne s’inquiètent pas trop de la détérioration de la compétitivité de la France exprimée par l’aggravation de son déficit commercial »…

Surtout, il n’y a pas eu un mot (voir les articles mentionnant « FMI ») sur une dépêche qui fournissait d’autres éléments d’appréciation du FMI. J’évoque Le Monde, parce que tout le monde sait qu’il s’agit du « quotidien de référence », mais c’est la même chose pour Le Figaro. On commence à en trouver trace dans Les Echos, toutefois partiels et auquel ce n’est pas faire injure que de dire qu’ils ne sont pas massivement lus par le grand public.

Que disait cette dépêche ? Quelle était l’appréciation qualitative des mêmes personnes qui ont ramené la prévision de croissance de 2% à 1.5% ?

« Il y a le sentiment fort qu’avec les réformes ambitieuses entreprises par le gouvernement, la France est en mouvement« , a déclaré Alessandro Leipold, directeur adjoint du département Europe au FMI et chef de la mission.

Rendant compte, lors d’une conférence téléphonique, des délibérations du conseil d’administration du FMI à l’issue de la mission, Leipold a expliqué que les administrateurs avaient été « unanimes à considérer que ces réformes, plutôt qu’un coup de pouce de courte durée aux revenus, étaient le meilleur moyen pour augmenter durablement le pouvoir d’achat qui, comme vous le savez, est au centre du débat politique en France ».

À cet égard, le FMI prend bonne note des mesures pour assouplir les 35 heures, de l’accord conclu par les partenaires sociaux pour rationaliser les contrats d’emplois et accroître la flexibilité du travail, et de la réorganisation des services publics de l’emploi.

LE FMI SÉDUIT PAR LE RAPPORT ATTALI

Dans le document, les administrateurs insistent sur la nécessité de poursuivre les réformes, « notamment pour réduire la compression de l’échelle des bas salaires en évitant à l’avenir des coups de pouce au salaire minimum, en assouplissant encore les dispositions sur le temps de travail et en prenant des mesures plus fondamentales pour améliorer la flexibilité des contrats à durée indéterminée ».

De même, le FMI estime que les réformes du marché des biens et des services offrent « de vraies possibilités d’accroître sensiblement la production et d’augmenter le bien-être des consommateurs« . Les administrateurs se félicitent ainsi des mesures visant à libéraliser le commerce de détail et « attendent avec intérêt le projet de loi (de modernisation de l’économie) qui doit reprendre au printemps les recommandations de la Commission Attali ».

Les administrateurs du FMI se sont en revanche montrés divisés sur les questions budgétaires.

[… passage plus critique, donc, mais moins unanime …]

Lors de sa conférence téléphonique, Alessandro Leipold a pris acte des incertitudes économiques et des inquiétudes soulevées par les réformes en France, mais il s’est dit convaincu de la volonté du gouvernement d’aller de l’avant.

« Si les réformes annoncées sont mises en œuvres de manière ambitieuse, et si la consolidation fiscale reprend, l’expérience montre que les deux actions vont de pair et que la France en tirera un grand bénéfice« , a conclu le responsable du FMI.

La question n’est même pas de savoir si le FMI a raison ou non, si son appréciation doit, ou non, être retenue.

On pourrait toutefois faire valoir que, si le PS veut accorder du crédit aux positions du FMI, alors il doit en accorder à l’ensemble de ses positions.

Non, la question, c’est de savoir si les français sont seulement susceptibles d’avoir une vision équilibrée de la politique économique lorsque de tels éléments d’information – en particulier sur le pouvoir d’achat – sont occultés.

Et merci au Remplaçant d’avoir attiré mon attention sur cette dépêche

*


  1. tout de même []
  2. au passage, je me souviens que nous avions relevé, en terminale, c’est-à-dire il y a seize ans, l’habitude générale qu’ont les gouvernements de s’en tenir mordicus à des évaluations trop optimistes, mais passons, puisque c’était « au passage » []

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24 commentaires

  • Oui, voilà une autocensure qui fera moins de bruit que le bulletin de vote de Cécilia ex-Sarkozy ne tombant pas dans l’urne.

    Sans doute parce que ça s’inscrit dans une rhétorique très confortable :

    1. Le FMI est une institution ultra-libérale inféodée aux puissances de l’argent et aux Américains.

    2. Si le FMI dit quelque chose d’utilisable politiquement, c’est repris massivement sur le thème « Si même le FMI, institution ultra-libérale inféodée aux puissances de l’argent et aux Américains le dit, c’est que ça doit être vrai »

    3. Si le FMI prend une position contraire, c’est tout simplement ignoré ou utilisé comme preuve supplémentaire que c’est une institution ultra-libérale inféodée aux puissances de l’argent et aux Américains.

    Très malin.

  • Effectivement, je ne crois pas que ce sondage nous apprenne quoi que ce soit sur la pertinence de la politique économique actuelle : il reflète simplement un certain nombre d’inquiétudes et renforce l’impression qu’il y aura un vote sanction aux municipales.

    Quant au Monde, c’est vrai que ce journal est navrant et, malheureusement, cela ne date pas d’hier…

    La lecture de la dépêche m’a donné l’impression que le FMI était partagé entre l’espoir et le doute : espoir quant aux différentes réformes structurelles qui sont annoncées (cela dit, le journaliste des Echos avait malicieusement souligné l’optimisme du représentant du FMI) et doute quant aux perspectives budgétaires.

    Et là, il est clair que la controverse sur la prévision du taux de croissance pour 2008 (entre 2 et 2,25 % selon le gouvernement alors que le FMI prévoit 1,5 %, la Commission européenne prévoit 1,7 % et les instituts de conjoncture autour de 1,6 %) ne peut que renforcer ces doutes.

    Je pense donc que le PS a donc bien raison de souligner ce point. Evidemment, s’il était capable de proposer un programme économique alternatif qui soit crédible, ce serait tellement mieux…

  • Euh je sais, la réponse c’est ‘non, les français ne sont pas capables d’avoir une vision équilibrée de la politique économique’. J’ai bien suivi? 🙂

    Sans même parler du niveau d’info fournie aux français, on pourrait juste regarder le nombre de français ayant le niveau intellectuel et ayant reçu l’éducation économique minimale pour comprendre les mécanismes en jeu et juger de leurs impacts.

    Je pense qu’on tombe à des pourcentages de l’ordre du 0,5% de la population.

    Et ce n’est encore pire lorsque l’on rend l’accès à l’information difficile ou partielle voire partiale.

    Je pense que c’est la question du sondage elle-même qui est biaisée. On ne doit pas demander à un français son ‘jugement’ sur la politique économique. Le peuple élit certes le président de la République mais cela ne le rend pas soudain omniscient.

    En revanche, demander aux français leurs ‘perceptions’ a un sens puisque cela aide à mieux comprendre les comportements économiques qui en découlent (ex: épargne vs. consommation). Ou bien leur demander s’ils ont noté une hausse de leur pouvoir d’achat dans les x derniers mois en détaillant ce que l’on entend par là voire en divisant la question en 2: augmentation du salaire/aide/etc et baisse des prix.

  • Le Remplaçant > ben, de rien.

    Authueil > en tout cas, les sondeurs le supposent.

    Liberal > yeap. cela dit, le FMI est aujourd’hui dirigé par un socialiste…

    sébastien > Le sondage est seulement là pour illustrer la suite.

    En quoi est-ce malicieux de souligner l’optimisme du représentant du FMI ? A la lecture de la dépêche, il me semble que ce n’est que l’exact transcription de la réalité.

    Pour ce qui est du PS, je n’attendais évidemment pas d’eux qu’ils relèvent les éléments positifs de la réaction du FMI.

    L’analyse du FMI n’est pas unanimement positive, mais le silence de tous les medias sur ses aspects pour le moins positifs – dire que les réformes ambitieuses engagées par le gouvernement sont le meilleur moyen d’augmenter durablement le pouvoir d’achat, ce n’est pas rien tout de même – est préoccupant.

    Je me fous de savoir si c’est délibéré. Je constate seulement que les éléments positifs sont occultés. Seule la baisse de 2% à 1,5% est évoquée. Comment, dès lors, se faire une opinion ?

    Quant au gouvernement, son évaluation est « proche de 2%) ».

    marko > à vrai dire, le sondage, je m’en fous un peu. Ce qui m’atterre, c’est l’information biaisée qui nous est donnée.

  • Mais de toute façon, n’importe quel sujet est bon en ce moment pour crier à la catastrophe. Tous les titres sont rendus volontairement négatifs pour le gouvernement même quand le contenu de l’article est nuancé.

    C’est tellement criant en ce moment que cela en est écoeurant. Il n’y a jamais eu de volonté d’objectivité dans la majorité de la presse française mais, en ce moment, c’est ‘danse avec les loups’.

    J’imagine que bcp de journaux de seconde zone finisse par hurler dans le même sens parce que le thème du ‘ça coince pour Sarkozy’ est devenu un thème ‘people’. Pas uniquement pour les aspects people de Sarko mais maintenant sur tous les domaines. L’homme appartient aux people, son gouvernement le devient donc, et les mesures aussi.

    C’est un peu le reproche qu’on peut lui faire à Sarko, c’est d’avoir laissé nos bons journalistes peopliser son action gouvernementale.

  • ah ben si Koz s’en fout du sondage, pourquoi Ducros se décarcasse à écrire.
    ok sur l’info biaisée – toujours énervant mais pas surprenant de voir ce phénomène.
    mais biaiser une question de sondage c’est du même acabi et d’une certaine conséquence. Quels titres ressortent en gras dans les journaux? ‘le FMI dit que’ ou ‘60% des français jugent que’.

  • 1/En quoi est-ce malicieux de souligner l’optimisme du représentant du FMI ? A la lecture de la dépêche, il me semble que ce n’est que l’exact transcription de la réalité.

    Voici que ce nous dit Véronique Le Billon dans l’article des Echos : « En expliquant, toutefois, que  » les administrateurs et les services du FMI attendent beaucoup de la loi de modernisation de l’économie qui devrait mettre en oeuvre de nombreuses recommandations de la commission Attali  » sur les freins à la croissance, Alessandro Leipold paraît optimiste ».

    Personnellement, en lisant cela, j’ai l’impression que le journaliste n’y croit qu’en partie. Cela dit, il est vrai que ce n’est que son avis, et nous verrons bien ce qu’il y a dans le projet de loi.

    2/ L’analyse du FMI n’est pas unanimement positive, mais le silence de tous les medias sur ses aspects pour le moins positifs – dire que les réformes ambitieuses engagées par le gouvernement sont le meilleur moyen d’augmenter durablement le pouvoir d’achat, ce n’est pas rien tout de même – est préoccupant.

    Je me fous de savoir si c’est délibéré. Je constate seulement que les éléments positifs sont occultés. Seule la baisse de 2% à 1,5% est évoquée. Comment, dès lors, se faire une opinion ?

    C’est toujours l’histoire des journalistes qui préfèrent parler des trains qui arrivent en retard. De là à parler d’autocensure…

    3/ Le taux de croissance prévu pour 2008

    Le projet de budget pour 2008 est bien sur une hypothèse de croissance située entre 2 et 2,5 % (et non 2,25 % comme je l’ai dit imprudemment en me basant sur ce que disaient les échos, comme quoi…) : voir par exemple page 2 du document suivant : http://www.budget.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plf2008/chiffres_cles2008.pdf (navré, pas fichu d’insérer un lien hypertexte…).

    Si le Premier ministre envisage désormais une croissance « de l’ordre de 2 % », qu’en conclure ? Soit on reste dans la fourchette initiale, soit on entend désormais un taux un peu inférieur à 2 % ; mais tant qu’il n’y a pas de collectif budgétaire, cela reste sans portée.

  • Ben précisément, je dis que je me fous de savoir si c’est volontaire ou non. Donc je ne dis même pas qu’il s’agisse d’autocensure. Je ne l’exclus pas. Mais ce n’est même pas mon « point ».

    Le problème, c’est simplement que, sur la même réaction de la même institution, l’info passe sur les éléments négatifs mais pas sur les éléments positifs.

    (Marko : désolé 😉 )

  • La perception des Français sur la politique économique actuelle n’est ni plus ni moins pertinente que celle qu’ils ont porté sur les candidats et leurs programmes lors de la dernière élection présidentielle. Avec le choix que l’on sait… et le résultat que l’on sait. C’est la loi du suffrage universel et celle de la démocratie d’opinion. Les Français ont même élu Chirac face à Jospin en 2002, c’est dire.

    Par ailleurs, comme vous le dites, Koz, on ne peut pas demander aux Français de trancher entre les positions – quasiment toujours contradictoires – des différents spécialistes de l’économie. L’économie est loin d’être une science exacte (est-elle seulement une science ?). Le problème, c’est que les économistes – en particulier libéraux – se comportent de plus en plus comme s’ils détenaient une vérité incontestable que les pauvres ignorants que nous sommes devraient accepter sans protester, même si leur bon sens leur dit que certaines tendances ne sont pas très « normales » (du type l’entreprise qui licencie alors qu’elle fait des bénéfices au nom de sa compétitivité future, ou des chefs d’entreprise qui bloquent les salaires de leurs employés mais s’augmentent de 40% et distribuent des dividendes toujours plus élevés à leurs actionnaires, ou des pouvoirs publics qui font des cadeaux fiscaux aux plus riches en disant que c’est le seul moyen pour que les pauvres soient moins pauvres, ou encore de ces spécialistes qui affirment que faciliter les licenciements, c’est bon pour l’emploi, etc.).

    Je crois que les Français, dans leur grande majorité, fondent leur opinion dans ce domaine sur leur situation personnelle (pouvoir d’achat, chômage, caddie de la ménagère, etc.) et sur ce qu’ils voient de la situation de personnes plus favorisés financièrement (bénéfices des entreprises du Cac 40, salaires des grands patrons, etc.). C’est sans doute assez partiel comme vision, mais c’est ainsi. Et aujourd’hui, dans une large majorité, ils ne sont manifestement pas satisfaits de leur situation (stagnation des salaires + inflation). D’autant que pas mal d’entre eux avaient cru que leur nouveau président, celui qui leur avait dit qu’il serait « le président du pouvoir d’achat », allait vraiment changer la donne grâce à son volontarisme légendaire. Manifestement ce n’était pas aussi simple…

  • « Le problème, c’est simplement que, sur la même réaction de la même institution, l’info passe sur les éléments négatifs mais pas sur les éléments positifs ».

    Il faut dire aussi que les propos du FMI restent assez prudents : d’un côté, on prend note de mesures concernant le marché du travail (mais on devine qu’il est encore trop tôt pour en évaluer l’effet), d’un autre côté, on a des mesures qui – si elles étaient adoptées – généreraient un « grand bénéficie ».

    Je veux croire que le jour où le FMI constatera que telle mesure aura été prise et qu’elle aura eu des effets positifs bien documentés, les journalistes en feront état.

  • Jeff, d’accord sur la quasi-intégralité de votre commentaire. Sur sa conclusion, je me dois de rebondir : précisément, les membres de la mission du FMI ont été unanimes à considérer que les réformes engagées étaient « plutôt qu’un coup de pouce de courte durée aux revenus, étaient le meilleur moyen pour augmenter durablement le pouvoir d’achat« .

    C’est une information, parmi d’autres, certes. Mais elle mériterait au moins d’être donnée. Les français pourraient peut-être alors comprendre que le volontarisme, ce n’est pas nécessairement l’immédiateté.

    Sébastien, il me semble difficile de ne pas voir ce que cette dépêche mentionne comme éléments positifs. Mais vous y parvenez. Par ailleurs, en l’occurrence, les medias ne se privent pas de faire part d’une prévision de croissance. Voyez que, quand il le faut, ils n’attendent pas qu’ils s’agissent d’un fait constaté.

  • Ah ca, les sondages, quelle belle invention…

    Demander à des gens ce qu’ils pensent d’un truc auquel il ne comprenne rien à rien, c’est le genre de chose qui m’a toujours fait hurler…

    Quel intéret de demander aux français moyen ce qu’il pense des politiques économique de la France, quand celui ci ignore même de quoi il s’agit ? Qui sait ce qu’est une balance commercial, à quoi correspond un PIB, la nuance avec le PNB, la mesure d’un taux d’inflation, ce qu’est en fait l’inflation, etc, etc etc…

    Et c’est pas nos médias tout naze qui informeront et doneront aux gens des clés pour comprendre tout ca… Exemple qui me vient à l’esprit : la balance commerciale, dont on nous balance chaque année les chiffres, sans bien sur expliquer un minimum de quoi il en retourne…
    Autre exemple : L’affaire Kirvien, présenté bien vite comme ayant détourné 5milliards dans sa poche, avec des slogans classe qui font vendre, du genre « le casse du siècle », vu sur le figaro.fr… D’accord, la semaine suvante, une fois qu’on leur ait réxpliqué de quoi il en retournait, ils expliquaient ca un peu mieux, mais bon, trop tard ! Demandez autour de vous : Kirvien est pour l’immense majorité un malfrat ayant détourné aux iles Caiman les 5 milliards…

    Tout ca pour dire : mais pourquoi on demande ca aux gens, alors qu’on sait qu’ils n’y pipent que dalle ?? Je vois même pas l’intéret !

  • Bon, j’ai p’t’être, au vu du nombre de coms, un autre début d’explication au silence des medias : ça ne passionne pas les foules…

  • et bien si, ça m’interesse, et même plus que les malheureuses paroles ou faits et gestes de nos politiciens menteurs ou opportunistes.

    Pour ma part, sans connaître beaucoup l’économie ou même la politique, la vision qu’offre les médias de l’économie (et de la politique d’ailleurs) est faussée de deux manières :

    – les termes utilisés renvoient souvent à des images négatives qui impliquent une réaction immédiate du lecteur. Exemples:
    * prix du baril augmente : l’essence coûte cher, limitons nos déplacement
    * bourse baisse : réduisons nos dépenses, planquons nos maigres économies
    * croissance peine : mot magique qui signifie que le véhicule de l’emploi est au point mort voire en marche arrière et que les entreprises ne vont pas pouvoir investir

    – les infos données portent en elle le plus souvent quelque chose de négatif :
    on lit plutôt des titres du style : 1000 licenciements dans telle entreprise ou pertes gigantesques pour tel organisme financier. Les articles qui parlent de l’embauche de x salariés suite à la création de telle entreprise sont rares. Toutes les créations de mini entreprises sont passées sous silence sauf dans certains journaux assez confidentiels comme ceux des CR ou des chambres de commerce,( hors contexte economique aussi, les réflexions sur le grenelle de l’insetion, on en entend pas parler.)
    exemple :hier dans le figaro économie on pouvait lire en page de garde « croissance en baisse, prix en hausse, l’Etat peine à réagir »

    Notre vision étroite de lecteur capte des infos et les confronte à la vision que l’on portait de l’action à entreprendre au moment où l’on a voté et à la réalité actuelle sur le terrain. Et là je dois dire que je suis un peu paumée. Ma vision en tant qu’électeur était celle d’une frappe volontariste de remise en ordre remettant au gout de jour le travail certes et la fermeté pour réformer. Ma vision sur le terrain me laisse perplexe. Et puis les chiffres que veulent-ils dire ?(outre l’influence des organismes et les critères retenus). Celui sur le chômage par exemple, seul chiffre qui semble positif pour le gouvernement mais qui autour de moi ne semble pas se vérifier. Meilleur chiffre mais obtenu comment en radiant de nombreux bénéficiaires ? Je n’en sais rien…

    Je viens de lire le bloc notes de JC Guillebaud dans « la vie » (sur papier). Il s’interroge de manière générale sur le dévissage de NS dans les sondages. Pour résumer, il dit que l’action du gouvernement est devenue illisible. Il prend plusieurs domaines, Europe, pouvoir d’achat etc et voici ce qu’il dit sur l’économie :
    « Concernant l’économie, la position très libérale affichée durant la campagne avait valu au candidat l’appui marqué du patronat. Aujourd’hui, elle laisse la place à un interventionnisme étatique et un colbertisme très français qui déconcertent à droite…(ex Mittal)…. « A Bruxelles, la Commission a froncé les soucils. Le patronat confesse sa surprise ».

    Outre, l’info partielle et/ou orientée qui nous est donnée de lire, la confusion dans la communication du gouvernement, je pense tout simplement qu’il est difficile de se faire une idée plus précise tout simplement par manque de temps. Je parle sans doute pour moi mais la vraie vie est d’aller au boulot tous les jours, de se palper les travaux ménagers et est faite avant tout de relations familiales et amicales. Après lorsque l’on a du temps on peut s’engager, faire du sport ou vaquer à d’autres loisirs et à la lecture, (la lecture professionnelle venant en premier). Pour ma part, certains jours mon information ne sera que superficielle, radio ou gros titres de journaux par manque de temps ou hierarchisation de priorités. Je le déplore mais c’est ainsi et si on m’interrogeais pour un sondage sur ma vision de l’économie, je serais certainement dubitative !

  • Assez dans la ligne du commentaire de Thaïs.
    Et pour les progrès en nombre d’emplois, je pense qu’on est assez nombreux à penser qu’une nouvelle façon de comptabiliser pourrait favoriser la confiance (donner le nombre de cotisants supplémentaires plutôt que la baisse d’un taux de chômage)

  • si les français st suffisamment stupides pour ne lire que ce qui les arrange alors ils faut admettre qu’ils ont été suffisamment stupides pour élire un type comme NS qui dit vouloir aller chercher la croissance avec les dents.

    Qui peut encore croire qu’une croissance de 3% est possible ? La France n’est pas à l’abri des soubresauts de la conjoncture internationale qui n’est pas joyeuse.

    Le ralentissement aux US ne fait que commencer, la crise des subprimes n’a pas atteint son point culminant, le gros des dégâts reste à venir . Sarkozy aura beau s’agiter il n’a pas les moyens d’arrêter l’inévitable, commission attali ou pas.

  • Pour lire autre chose que ce qui les arrange, encore faudrait-il qu’il leur soit effectivement possible de lire autre chose. Cette dépêche n’a été reprise nulle part.

  • La dépêche ne peut pas être reprise :

    1) L’objectif de la presse n’est pas d’être objectif mais de vendre.
    2) Les médias français sacrifient la réflexion à la mode du « titre réducteur » qui fait tilt. Il n’y a guère plus qu’en France qu’on cite le monde comme un journal de référence ou de réflexion.
    3) Il est vraisemblable que les actions de l’équipe Sarkozy améneront des résultats si son chef arrête de se prendre pour Moise. Il sera alors facile de faire à nouveau des gros titres sur l’éventuelle divine surprise ou la malheureuse contre performance, donc d’augmenter le tirage.

  • La France ne sortira de l’ornière que lorsqu’elle réformera ses structures actuelles pour réduire son train de vie.
    Le nombre de fonctionnaires n’a cessé d’augmenter ces dernières années et après les municipales, le rythme sera encore soutenu.
    Les départs en retraite seront compensés pas encore plus d’embauches puisque la masse salariale pourra rester constante.
    On invoquera la décentralisation encore une fois et le manque de moyens transférés par l’Etat.
    Il n’y aura eu aucun débat sur cette grande réforme nécessaire.
    La proposition d’Attali sur la suppression des départements : balayée du revers de la main !
    A t-on réfléchi aux missions fondamentales de l’Etat, des Régions et des groupements de communes qui devraient être la base moderne de la démocratie de proximité : NON, NON
    Dieu insuflera peut-être un vrai esprit de rupture à celui qui la proclame sans cesse ?

  • Vercaud, à vrai dire, à la rigueur, même s’il se prenait pour Moïse, ou continuait de se prendre pour tel, cela aurait-il un effet sur les réformes ? Il semblerait qu’elles se poursuivent, quel que soit l’écume produite.

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