De la démocratie ordinaire dans les universités françaises

Vous serez certainement surpris d’apprendre que les faits décrits par cette vidéo se sont produits il y a plus d’une semaine, et que vous n’êtes pas au courant. Ce ne peut être que la faute à la grippe puisque, ordinairement, medias et blogueurs n’auraient certainement pas manqué d’informer le public.

Si, par extraordinaire, vous étiez passés à travers ce raz-de-marée de diffusion, permettez-moi de vous proposer de visionner cette vidéo.

Elle donne une assez bonne idée de la façon dont fonctionne la démocratie dans nos universités, et de la confiance des « bloqueurs » dans le résultat des scrutins qui y seraient organisés1. Ces pratiques sont malheureusement emblématiques de ce qui se passe classiquement dans les universités à chaque mouvement, de la façon dont les AG sont détournés et les scrutins empêchés.

A ce jour, malgré un vote favorable à la reprise à plus de 80%, la fac de Lyon 2 est toujours fermée, mais cette fois, pour raison administrative. L’usage de la force a raison de l’Etat de droit. Belle leçon.


  1. Pour être complet, j’ai découvert cette vidéo réalisée par les Jeunes Populaires via @maximepisano, qui a opportunément attiré mon attention sur le billet de Criticus, dont je ne partage certes pas le propos [le billet a été amendé depuis, dans un sens moins « émotionnel »]. Dans l’hypothèse où quelqu’un douterait de la véracité de cette vidéo, Marc Landré, journaliste au Figaro, a contacté les services généraux de Lyon 2, qui les a confirmés, comme il le rapporte sur son blog []

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61 comments

  • Le problème des universités mérite mieux que cette réduction du mouvement étudiant et enseignant à une récupération violente du conflit par l’extrême gauche. S’il faut déplorer et condamner les images que tu relaies, il faut aussi se demander si ce n’est pas un acte isolé. Si c’est le cas, dirais tu que tous les autres blocages sont légitimes ?

  • On peut effectivement se le demander. Mais une certaine habitude des mouvements universitaires, le souvenir des épisodes passés, et la connaissance personnelle de trois facultés « parisiennes » (outre ce que m’ont rapporté des amis issus d’autres facs) laissent penser que le respect de la démocratie n’est pas ce qui prime dans nos facs.

  • Parce que vous avez réellement cru une seconde aux AG « démocratiques et libres » ? C’en est touchant de naïveté, mon cher Koz…

    Retenons tout de même que de nombreuses facs sont au point mort à cause des enseignants, histoire de ne pas non plus délégitimer un mouvement qui a des causes tout à fait concrètes et justifiées. L’extrême-gauche agit selon ses codes, point c’est tout.

    Vous remarquerez que l’extrême-droite aussi, avec un Roman Bernard qui glapit sur son blog et appelle incessamment à la créations de milices privées (vous sentez ce fumet rance ?) puisque le « monopole weberien de la sécurité publique » a failli. Astuce : pour dire des choses malsaines, utiliser si possible des figures vous plaçant comme un sachant, ça évite de passer pour un « con de facho » , et vous positionne comme « réactionnaire cultivé ».

    CSP est également fier de ce genre d’évènements, et serait même réjoui que Roman Bernard réussisse à créer des milices, voyant en cela la possibilité de leur mettre des coups de bottes. Totalitarisme contre totalitarisme, je ne suis pas certain que les démocrates en sortent gagnant…

  • @ Liberal:

    Légalité et légitimité sont des choses bien différentes…et cette dernière dépend plus que tout autre valeur de l’évolution des évènements. C’est l’Histoire qui décide ce qui était illégitime ou non, laissez-lui cela. Pointer l’illégalité ne vous suffit pas ?

    Par ailleurs, n’oubliez pas que dans de nombreuses universités les professeurs sont en grève, blocage ou pas. Il n’est pas sûr qu’un déblocage signifierait automatiquement une reprise des cours. Et que je sache, la grève, elle, à défaut d’être légitime ou non, est du moins tout ce qu’il y a de plus légal.

  • Bonjour,

    Libéral, pour généraliser ton propos, tout « travailleur » (à savoir toute personne ayant un emploi contre un salaire, un traitement, une rémunération, … pour gagner sa vie) a le droit de grève.

    Tout blocage (piquet de grève, occupation d’usine, séquestration de dirigeants, etc…) est à la fois illégal et illégitime (n’en déplaise à Moktarama, je maintiens bien les deux termes illégal et illégitime).

    De plus, un étudiant n’étant pas un travailleur, comment peut-il être en grève ? Cette possibilité n’est ouverte qu’aux enseignants, personnels administratifs, etc. de l’université.

    Luc

    PS: je copie ici les définitions du dictionnaire de l’Académie Française. Cela montre que les deux font référence à la loi. Légitime, par extension, peut avoir un sens de « admissible ». Or toute action remplaçant la loi par la force ne peut être admise.

    légal :

    (47)LÉGAL, -ALE adj. (pl. Légaux, -ales). XIVe siècle. Emprunté du latin legalis, « relatif à la loi ». Qui est conforme à la loi ; qui a été institué par la loi. User de moyens légaux. Agir par voie légale. Actes légaux. Cela n’est pas légal. Pour ester en justice, votre fils n’a pas encore atteint l’âge légal. Le dépôt légal, voir Dépôt. Le cours légal d’une monnaie, voir Cours. Heure légale ou Temps légal, voir Heure. Médecine légale, branche de la médecine qui, mettant les connaissances médicales en relation avec certaines questions de droit, a pour objet d’aider à l’application des textes législatifs et règlementaires et à la résolution de divers cas de procédure civile ou criminelle. Un certificat de médecine légale. Chaire de médecine légale. Expr. Le pays légal, l’ensemble des personnes qui jouissent de l’intégralité des droits civiques (notamment dans un pays où n’existe pas le suffrage universel). Le pays légal et le pays réel. Spécialt. RELIG. JUIVE. Qui se rapporte à la loi que Dieu a dictée à Moïse. Les cérémonies, les observations légales. Viandes légales. Impureté légale, voir Impureté.

    légitime :

    (73)LÉGITIME adj. XIIIe siècle. Emprunté du latin legitimus, « légal, légitime ». 1. Qui est fondé en droit ; qui présente les conditions, les qualités requises par la loi. Pouvoir légitime. Autorité légitime. Mariage légitime. Spécialt. Souverain légitime, souverain qui règne en vertu d’une dévolution conforme à la loi de son pays. DROIT. Enfant légitime, né de parents unis par le mariage. Filiation légitime, voir Filiation. Épouse légitime. 2. Par ext. Qui est conforme au bon droit, à la raison, à l’équité ; qui se justifie, qu’on peut admettre, excuser. Cette rébellion pouvait paraître légitime. Une légitime indignation. Vos prétentions sont des plus légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre de vous. Il est légitime de soutenir cette hypothèse. Légitime défense, voir Défense.

  • Moktarama a écrit:

    Totalitarisme contre totalitarisme, je ne suis pas certain que les démocrates en sortent gagnant…

    franchement, avec ce genre de dialectique, en pointant les « fumets rances » on tombe aussi dans le nauséabond ; celui qui tente de donner mauvaise conscience à ceux qui voudraient agir pour une certaine idée de l’avenir et de la liberté ne fait que coller des étiquettes sur des gens et c’est toujours plus confortable pour se donner des raisons de ne rien faire… Si la démocratie n’étaient composée que d’ânes qui braient, il n’y aurait plus beaucoup de richesses à redistribuer ?

  • Moktarama a écrit:

    Parce que vous avez réellement cru une seconde aux AG “démocratiques et libres” ? C’en est touchant de naïveté, mon cher Koz…

    Ben mon ptit Moktarama, un souci ? Où avez-vous lu que j’y ai cru ? Quelque chose vous rend soudainement agressif, ce matin ?

    Moktarama a écrit:

    Vous remarquerez que l’extrême-droite aussi, avec un Roman Bernard qui glapit sur son blog et appelle incessamment à la créations de milices privées (vous sentez ce fumet rance ?) puisque le “monopole weberien de la sécurité publique” a failli

    Roman Bernard a ses idées mais, à dire vrai, puisque je le connais, j’ai encore quelques doutes sur le fait qu’il aurait basculé du côté sombre de la force. Après un échange sur facebook, il a préféré modifier son billet, en ôtant l’essentiel de ce que je désapprouvais.

    Le fait que ce soit lui qui ait fait état de cette vidéo dans un billet initialement bien excessif ne change rien à la vidéo. Maintenant, si vous voulez discuter des idées de Roman, je vous invite à aller sur son blog.

    En ce qui concerne mes idées, je n’appelle évidemment pas à un quelconque totalitarisme, et ne pense d’ailleurs pas avoir à m’en justifier. J’appelle juste à l’Etat de droit (c’est excessif ?), et à ce que, précisément, l’Etat fasse en sorte qu’il soit respecté.

    Quant à la grève des profs, puisqu’elle a l’air de vous tenir à cœur, nous aimerions certes savoir ce qu’il en est. Nous ne le pourrons pas, grâce à ce type d’évènements que les profs eux-mêmes devraient dénoncer, pour ne surtout pas paraître se satisfaire du renfort opportun des l’extrème-gauche.

  • Je n’ai encore pas vu la video (petits soucis informatiques) mais, en ce qui concerne la démocratie dans les universités, j’ai perdu les quelques illusions que je pouvais avoir après qu’une amie m’a fait suivre le « feuilleton » de ce qui se passait dans sa fac…

    Un épisode, en particulier, m’a marquée.

    Un vote est organisé, sur une journée, afin de savoir si le blocage (laissons de côté le fait qu’il soit illégal) doit continuer ou non. Environ 800 étudiants votent, et, avec quelques dizaines de voix d’avance, le blocage est levé.

    Sauf que… les tenants du blocage, décidant que le nombre de votants était trop faible par rapport au nombre total d’étudiants (dans les 3000), décident de n’appliquer la décision que sur une semaine, soit jusqu’à la prochaine AG.

    AG où seront présents 150 étudiants environ, et où, avec moins de dix voix d’écart, le blocage est à nouveau voté (à main levée et, si j’ai bien suivi, « à la louche »)… mais là, curieusement, personne ne s’indignera du faible nombre de votants…

  • @Luc :

    Je reprends la définition que vous avez vous-même donnée :

    2. Par ext. Qui est conforme au bon droit, à la raison, à l’équité ; qui se justifie, qu’on peut admettre, excuser. Cette rébellion pouvait paraître légitime. Une légitime indignation. Vos prétentions sont des plus légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre de vous. Il est légitime de soutenir cette hypothèse. Légitime défense, voir Défense.

    Dans le cadre des mouvements contestataires, il me semble que c’est bien ce second sens qui amène à l’utilisation du mot de légitimité. Par exemple, c’est l’Histoire qui a amené à considérer la création de la France Libre comme légitime…sur le moment, celui-ci n’était absolument pas considéré ainsi, y compris par les Alliés.

    Utiliser la légitimité pour juger d’une action ne me semble donc pas vraiment pertinent. Je conçois toutefois parfaitement qu’on voie les choses autrement.

    @Le Antoine :

    Tout d’abord, je ne pense pas que le choix se résume à braire ou appeler à la violence. Or CSP et Criticus me semblent appeler à la violence : pour le premier, ça apparait évident aux lecteurs de ce blog, pour le second, l’appel à la création de milices privées me semble être un signe fort.

    Je vais toutefois rectifier un point : les extrêmes ne sont pas forcément totalitaristes. L’appel à la violence (forcément aveugle) , par contre, lui, l’est.

    @Koz : je me suis un peu emballé, il est vrai 😉 Vous savez qu’il m’arrive d’être plus péremptoire que ce que j’aurais voulu.

    Vous seriez favorable à la création de « milices d’auto-défense » ? Vraiment ? Vous ne le désapprouveriez qu’à la marge ?

    L’arme absolue de langage qu’est l’accusation de totalitarisme ne vous était en aucun cas destinée. Ma virulence doit être due au fait que je venais de lire le billet de Criticus, pardon si vous l’avez pris pour vous.

    La grève des profs est tellement complexe et éparpillée qu’il est très dur de se faire une idée de la situation, ceux-ci possèdent en fait la même « unité » que les syndicats, c’est à dire que la chose est quelque peu paralysée par recherche de consensus à minima.

    @Pimprenelle :

    Rien à ajouter, je confirme votre commentaire. Un vote à bulletins secret lors des AG serait le premier pas, mais soulever ce point vous attire les foudres du mouvement, même si vous êtes identifié comme « de leur côté ». La démocratie, c’est le risque de voir ses idées rejetées, et nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à prendre ce risque.

  • Je suis étudiant à l’univ Lyon2, et précisément à la fac de Sciences Eco d’où viennent ces images. Voici quelques points qui peuvent être utiles à la compréhension des évènements.

    -toutes les semaines, des AG se rassemblent sur le campus. Elles votent sur la question du blocage notamment. Il y a quelques semaines, l’AG s’est prononcée majoritairement pour le déblocage du campus. Quelle a été la réaction des bloqueurs ? Ils ont débloqué le campus et les cours ont repris comme convenu jusqu’à l’AG suivante, la semaine d’après. Ensuite, le blocage a été revoté suite à une démobilisation des anti-bloqueurs, moins nombreux en AG. Ils ont donc rebloqué le campus. Les bloqueurs ont ainsi fait la preuve qu’ils respectaient les décisions votées en AG, qu’elles aillent dans leur sens ou non.

    -concernant le vote qui a si mal tourné (c’est ce que montre la vidéo), il a été décidé par la Présidence de l’université et a tout de suite était jugé illégitime par les bloqueurs et certains syndicats/groupes du CA. Concernant ce vote contesté du début, une AG a décidé de « bordéliser » le vote, pour éviter qu’il ne se déroule dans de bonnes conditions, sans toutefois préciser où s’arrêtait la limite (la gène ou la violence physique ?). Ainsi, certains bloqueurs ont franchi la ligne jaune en s’en prenant à des étudiants, des profs, des vigiles, qui ont répondu par des gaz lacrymos.

    -un nouveau vote en AG a lieu aujourd’hui. Il décidera de la suite à donner au mouvement. Si les anti-bloqueurs se mobilisent massivement pour ce vote comme ils l’ont fait il y a quelques semaines, leur vote contre le blocage sera très probablement entendu et respecté. Mais on ne le sera vraiment que dans quelques heures.

    A bientot, Zelittle

  • Le pire, c’est qu’on assiste aussi de plus en plus à ce genre de comportements dans les lycées. En témoigne les lycées bloqués dans le courant des mois de décembre et janvier. Les bloqueurs n’étaient pourtant pas tous lycéens, certains étaient même adultes, encartés très à gauche.

    Tizel

  • Bonjour,

    Je passe sur les félicitations pour votre blog que je consulte régulièrement sans toutefois poster de commentaires.

    Je sors d’une licence à la faculté du Mirail à Toulouse, l’une des plus extrême à ce niveau-là. J’ai partiicpé l’année scolaire précédente (cette année je me suis tourné vers une école privée), à un vote du même type, où des bloqueurs cagoulés en grand nombre sont venus « interceptés » les urnes en brutalisant votants et personnels.

    Outre le fait que leurs actes sont classiques (toutes les années c’est comme ça), j’ai toujours été sidéré par l’attitude du président de faculté, qui, si mes informations sont exactes, est le seul à pouvoir faire intervenir les forces de l’ordre sur le terrain de la faculté. Celui-ci n’avait prévu aucun service de sécurité, pris aucune mesure contre cette éventualité, qui dépassait pourtant le cadre de l’éventualité puisque c’est toujours la même chose (le président du Mirail a été investi en 2006, mais était professeur auparavant, et ne peut pas dire qu’il n’était pas au courant de ces pratiques). Du coup, bien évidemment, le vote a été annulé par le président.

    Récemment, des manifestants et sans doute bloqueurs ont tenté de bloquer la plus respectable université de Toulouse-I et même… l’ESC Toulouse. Ils ont eu droit aux lacrymos, et nous d’avoir cours normalement. Quel luxe… Pour la petite anecdote, les gens ayant tenté de bloquer l’ESC criaient « arrêtez de nous voler vos emplois », ce qui prête à sourire quand même…

    En 3 années, on y a toujours eu droit aux blocages et aux AG « souveraines tant que les bloqueurus sont majoritaires » à Toulouse-II. D’ailleurs, certains sont pratiquement en « licence (voire master) bloquage » et sont littéralement incrustés dans le personnel de la faculté au même titre que le Conseil. Et avec ça, les communiqués de la présidence vont pratiquement jusqu’à encourager les bloqueurs à poursuivre le mouvement.

    D’un autre côté, les inscriptions au Mirail sont en chute libre ces dernières années là où celles de Toulouse-I sont en augmentation, on pourrait assimiler ça à la sélection naturelle d’une certaine façon, et finalement dire que les bloqueurs vont dans le sens du gouvernement en poussant les futurs étudiants à aller dans des voies plus professionnelles ou mieux encadrées…

  • @Zelittle : et pourquoi ce vote était-il jugé « illégitime » ?

    Nan, parce que moi, bêtement, si on me présente deux types de vote, l’un à bulletin secret qui permet de faire voter un maximum d’étudiants, et l’autre à main levée dans un amphi qui ne peut contenir qu’un nombre donné d’étudiants, j’aurais tendance à dire que celui qui est illégitime, c’est le second…

    Auriez-vous l’amabilité de m’éclairer ?

  • @ Zelittle: on a donc eu droit à un débloquage magnanime d’une semaine ? Il faut voter toutes les semaines pour décider du blocage ou du débloquage ? C’est comme ça qu’on s’assure que les moins mobilisés se lassent (par définition) ? Et qu’est-ce qui permet aux « bloqueurs » et à « certains syndicats » de décider qu’un vote à bulletin secret, organisé comme un organise n’importe quel scrutin sérieux, est illégitime, au profit de ces votes en AG – à main levée et sous la pression du genre de personnes que l’on voit sur la vidéo – dont on sait trop ce qu’ils donnent ?

  • @Pimprenelle,

    Je ne suis pas particulièrement proche des bloqueurs donc je ne peux me faire leur porte-parole. Mais le vote organisé par la Présidence était illégitime, selon eux, car : i) il va à l’encontre des nombreux votes en AG (or, c’est traditionnellement en AG que se font les décisions dans tout mouvement social) ; ii) la question posée (Êtes-vous favorable à la levée du blocage?) n’interrogeait pas sur la suite à donner à la grève (êtes vous favorable à la grève contre les réformes actuelles ? faut-il reprendre les cours normalement ou mettre en place un système plus souple ?), mais seulement sur la question du blocage avec un résultat dont tout découle (déblocage -> reprise normale des cours -> examens normaux dans quelques semaines).

  • Zelittle a écrit:

    Mais le vote organisé par la Présidence était illégitime, selon eux, car : i) il va à l’encontre des nombreux votes en AG (or, c’est traditionnellement en AG que se font les décisions dans tout mouvement social)

    Ils en connaissaient le résultat à l’avance, pour décider qu’il allait à l’encontre des votes en AG ? On ne peut pas leur retirer qu’ils sont lucides, au moins.

    Quant aux votes en AG, il ne faut pas être naïf : c’est bien parce qu’ils sont en mesure de contrôler un vote en AG et pas un vote à bulletins secrets qu’ils ne veulent pas de ce dernier.

    Zelittle a écrit:

    ii) la question posée (Êtes-vous favorable à la levée du blocage?) n’interrogeait pas sur la suite à donner à la grève (êtes vous favorable à la grève contre les réformes actuelles ? faut-il reprendre les cours normalement ou mettre en place un système plus souple ?), mais seulement sur la question du blocage avec un résultat dont tout découle (déblocage -> reprise normale des cours -> examens normaux dans quelques semaines).

    Il semble assez logique que ceux qui veulent la reprise des cours veuillent également que les examens se déroulent. Les étudiants ne sont pas stupides. Par qui faut-il faire préalablement avaliser les questions posées ?

    Quant au blocage de la fac, je rejoins assez Liberal : il reste assez hallucinant qu’il faille voter pour décider de la légitimité ou non d’une action qui bafoue la liberté de la majorité !

  • Ils en connaissaient le résultat à l’avance, pour décider qu’il allait à l’encontre des votes en AG ? On ne peut pas leur retirer qu’ils sont lucides, au moins.

    Ce que je voulais dire, c’est que l’organisation d’un vote par la Présidence va à l’encontre de la logique des mouvements étudiants dans lesquels ce sont les AG qui décident de la suite à donner mouvement.

    Quant aux votes en AG, il ne faut pas être naïf : c’est bien parce qu’ils sont en mesure de contrôler un vote en AG et pas un vote à bulletins secrets qu’ils ne veulent pas de ce dernier.

    Je le répète : lorsque l’AG a voté le déblocage, le résultat a été respecté par les bloqueurs et les cours ont repris dès le lendemain matin.

  • Zelittle a écrit:

    c’est que l’organisation d’un vote par la Présidence va à l’encontre de la logique des mouvements étudiants dans lesquels ce sont les AG qui décident de la suite à donner mouvement.

    C’est une très bonne chose, d’aller contre cette logique-là. Ca va dans le sens de la démocratie, et c’est pas si con, comme idée.

    Zelittle a écrit:

    Je le répète : lorsque l’AG a voté le déblocage, le résultat a été respecté par les bloqueurs et les cours ont repris dès le lendemain matin.

    Passons sur le fait que j’aimerais en être certain – il y a une convention qui veut qu’on accorde le bénéfice d’une certaine confiance – il ne faut pas être dupe du procédé qui consiste à organiser un nouveau vote chaque semaine, histoire que le gros des étudiants se démobilise (outre le fait qu’on peut s’offrir une semaine de reprise des cours pour faire joli dans le paysage). Il faudra d’ailleurs m’expliquer comment un vote tel que celui que la présidence a organisé débouche sur 80% de votes favorables à la levée du blocage, alors que les votes en AG reconduisent le blocage. On parlerait de 51%, à la rigueur, mais là…

    Ah, au fait, ils l’ont mise à quelle heure, cette fois-là, l’AG ? Comment ont-ils prévenu ? Avec quel délai ? Les syndicats étudiants sont aussi les pros des AG publiques et démocratiques annoncés de façon à ce que personne ne puisse y assister.

    En tout état de cause, cette vidéo donne une idée suffisante de l’attachement de certains aux processus démocratiques.

  • Pour préciserZelittle a écrit:

    ii) la question posée (Êtes-vous favorable à la levée du blocage?) n’interrogeait pas sur la suite à donner à la grève

    Rien n’empêchait de débloquer, de laisser ceux qui voulaient avoir cours et donner des cours le faire… et de décider d’actions constructives à côté, de réfléchir, sans qu’un blocage soit mis en place, à un possible assouplissement des cours et/ou des modalités d’examen…

    Je persiste à penser -comme Koz, apparemment- que si les bloqueurs estiment un vote « illégitime », c’est parce qu’ils savent qu’on ne les suivra pas.

    Zelittle a écrit:

    Ce que je voulais dire, c’est que l’organisation d’un vote par la Présidence va à l’encontre de la logique des mouvements étudiants dans lesquels ce sont les AG qui décident de la suite à donner mouvement.

    AG, qui , bien entendu, sont organisées par des étudiants neutres et impartiaux, qui ne cherchent aucunement à biaiser les débats et sont rigoureux dans le comptage…

    Soyons sérieux, je ne vois pas en quoi l’organisation du vote par l’administration serait anti-démocratique, bien au contraire…

    Dire que « les AG décident », c’est dire qu’une minorité auto-désignée qui n’a pas de légitimité à parler au nom de tous les étudiants… le fait malgré tout.

  • @Koz

    Je suis étudiant à Lyon 2, contre les réformes et plutôt en faveur du déblocage et pour une reprise aménagée des cours : je ne suis ni bloqueur ni porte-parole, donc quand j’explique que les cours ont repris après le vote du déblocage en AG, c’est vrai.

    Ensuite, les AG ont toujours eu lieu toutes les semaines, quelque soit le résultat précédent… Quand, dans les premières semaines, les bloqueurs gagnaient le vote, ils ne profitaient pas de cette victoire pour bloquer pendant plusieurs semaines avant de faire un nouveau vote : la semaine suivante, le mardi à 11h, un nouveau vote avait lieu, quelle que soit la situation. De plus, il n’y a aucun problème d’horaire ou de manque d’information sur le tenue des AG, elles ont toujours lieu le mardi à 11h (sauf une) et tous les étudiants le savent très bien. D’ailleurs, les bloqueurs pratiquent une vraie transparence à ce niveau-là (ils écrivent les horaires des AG sur les tableaux des salles, diffusent des messages d’info papier), donc aucun problème de ce côté-là.

    Enfin, si les AG ont pour l’instant plutôt penché du côté des bloqueurs, c’est avant tout parce que les anti-bloqueurs ne sont pas mobilisés dans les AG et le sont de moins en moins avec le temps. Beaucoup de profs d’éco (très souvent contre le blocage) incitent justement leurs élèves à aller massivement aux AG pour faire entendre leur voix mais une grande partie des anti-bloqueurs, même les plus mécontents (qui peuvent en venir aux mains parfois avec les bloqueurs), ne se déplacent pas aux AG.

  • Cher Zelittle, le problème est que l’état « normal » d’une fac n’est pas d’être bloquée. Que cela soit fait à un moment, passons, que cela soit reconduit, passons encore… mais à partir du moment où une majorité souhaite revenir à la normal, il me semble illégitime de continuer à poser la question du blocage (du moins, disons, sans éléments nouveaux). Mais le blocage ne peut être qu’exceptionnel. Si il est. Il y a d’autres moyens de protester – légaux, ceux là…

    Koz a écrit:

    il ne faut pas être dupe du procédé qui consiste à organiser un nouveau vote chaque semaine, histoire que le gros des étudiants se démobilise

    Zelittle a écrit:

    Enfin, si les AG ont pour l’instant plutôt penché du côté des bloqueurs, c’est avant tout parce que les anti-bloqueurs ne sont pas mobilisés dans les AG et le sont de moins en moins avec le temps.

    Et c’est bien le souci : les bloqueurs SAVENT qu’ils peuvent manipuler les AG… et que si, une semaine, la majorité est contre eux, ils la retrouveront la semaine suivante… après tout, un amphi ne compte que quelques centaines de places, il suffira donc d’arriver plus tôt…

    Ce n’est pas normal que la majorité qui souhaite travailler se fasse confisquer cette liberté par une minorité d’agitateurs. Ce n’est pas normal que cette minorité prenne la liberté d’organiser des AG quand ça lui chante, parce que ça lui chante, et continue de les organiser alors que la majorité des étudiants s’en passerait bien…

    L’avantage d’un vote de toute la fac, et pas en AG, est qu’il permet clairement de démontrer la volonté de la majorité des étudiants à travailler. Or, une telle modalité semble exclue par les organisateurs des blocages…

  • Tiens voici un autre compte rendu, mais réalisé par « l’aile marxiste du PCF » ( ?) http://www.lariposte.com/Violence-policiere-a-l-universite-de-Lyon-2-1211.html

    Un bel exemple de pravda. A comparer avec la vidéo

    Le plus flagrant est ce moment de bravoure « L’assaut a cessé dès que les vigiles ont relâché les deux camarades » Sur la vidéo, c’est bizarre j’aurais juré voir un « 22 vla les flics » ou bien un « courage fuyons »

    J’aime bien aussi le « lundi 27, aux environs de 14h30, les étudiants mobilisés ont décidé d’investir pacifiquement le bureau de vote du site berges du Rhône et de verser de la javel dans les urnes. À cette fin, deux étudiants sont entrés dans le bureau de vote sous prétexte d’aller voter, avec l’intention d’aider leurs camarades à y pénétrer. Aussitôt, les vigiles privés embauchés pour l’occasion par la présidence ont sorti des bombes lacrymogènes, ont aspergé les étudiants à la porte et ont agressé nos deux camarades restés à l’intérieur (…)

    Ayant assisté à cette agression à travers l’une des fenêtres, les étudiants mobilisés – pris d’une légitime fureur – ont tenté de porter secours à leurs camarades en attaquant la porte à l’aide d’un bélier improvisé (en l’occurrence, une barrière mobile) »

    Sinon on y apprend, sur les origines du malentendus, que « l’issue de l’Assemblée Générale du mardi 21 avril, qui a décidé la reconduite du blocage pour une semaine et a repoussé très majoritairement l’organisation d’un vote à bulletin secret sur cette question, un petit groupe d’étudiants opposés au blocage est sorti de l’AG pour aller faire pression sur le président de l’université, Olivier Christin. Celui-ci leur a assuré qu’en dépit de la décision de l’AG, un vote à bulletin secret serait organisé par l’équipe présidentielle, le lundi 27 avril. Informée, l’assemblée générale s’est prononcée pour le boycott et la perturbation du vote. »

  • Perso, je trouve ça super cool de balancer tout ce qu’ils balancent dans la gueule de leurs camarades injustement retenus par les vigiles privés. Entre l’extincteur qu’ils vident par la porte, et les pétards qu’ils balancent à l’aveugle, brrr

    Sinon, comme par hasard, on a la confirmation que les « bloqueurs » étaient opposés à un vote à bulletin secret. La main levée, ça a toujours été tellement démocratique.

    Pour ce qui est de la presse, ce sont des infos locales. L’article de 20Minutes, par ailleurs, annonce le vote, mais est antérieur aux faits.

  • je me demande qui peut etre rellement surpris par ce genre de choses.

    Personnellement je n’ai jamais vu une AG en fac sans « service d’ordre » chargé de « sortir » et de passer a tabac les contradicteurs. Les rares cas ou ils ne passent pas a l’action sont quand ils sont trop minoritaires.

    ne parlons meme pas de tentatives pour distribuer des tracts anti-greve ou anti-blocages dans les fiefs de l’extreme-gauche. Certains de mes amis ont deja finis aux urgences dans ce genre de circonstances, l’un frappe a coup de barre de de fer.

  • @Jean et @Koz à titre d’information : l’AG de cet après-midi a revoté le blocage, sans contestation de la part des anti-bloqueurs, dans un amphi plein, après de longues heures de prise de parole. Il n’y a pas eu la moindre violence.

  • Génial. Et vous avez une explication qui permette de comprendre comment on passe d’un vote favorable à la levée du blocage à 80% dans un scrutin à bulletin secret à un vote favorable à la poursuite du blocage dans une AG, à main levée ?

    Accessoirement, après ce que démontre la vidéo, ça ne vous gêne pas non plus un peu de dire, benoîtement, qu’il n’y a pas eu de contestation des anti-bloqueurs ?

    Vous m’avez l’air aussi défavorable au blocage que je suis la Reine d’Angleterre.

    Jean, en fait, c’est un peu un enseignement de ce « fil » : personne n’est vraiment surpris, à part Zelittle, qui nous explique que ce n’est arrivé qu’une fois, une toute petite, que ça ne s’est pas reproduit et peut-être même, en poussant un peu, qu’ils ont pas tapé fort.

  • Roman Bernard n’est pas d’extreme droite, il est libéral, et il y a des libéraux qui estiment que c’est aux milices privées de faire le boulot de la police. J’ai pas trop d’avis sur la question, mais à voir la permissivité avec laquelle les gauchistes évoluent, on en vient rapidement à souhaiter les milices privées.

  • @Koz, Vu le contenu de votre article et les raccourcis qui sont faits par certains, j’ai cru utile d’expliquer quelques points sur la situation dans mon université, tout en restant à mon sens objectif et honnête. Je le répète, je ne suis pas favorable au blocage. Simplement, la vidéo ci-dessus ne montre qu’une facette de la réalité. L’autre facette, ce sont des AG qui se passent relativement bien, dans lesquelles il n’y a pas de violence, qui votent pour ou contre le blocage et dont le vote est respecté. Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais l’université n’est pas pour autant le lieu anti-démocratique que vous décrivez. Merci enfin de ne pas en remettre 3 couches sur mes prétendues amitiés avec les bloqueurs, vous faites fausse route.

  • @Polydamas :

    Si vous voulez, tout cela est surtout affaire de sémantique. Même si j’ai du mal à concevoir le rapport entre libéralisme et milices privées quand ces dernières sont vantées par quelqu’un qui veut « rétablir » (et donc imposer) des valeurs définies très étroitement (ce qui est par ailleurs quasiment conssubstantiel des groupes sociaux restreints comme…les milices privées/de quartier).

    Par contre, vous dites ne pas avoir d’avis sur la question des milices privées, mais vous exprimez quelques mots plus loin ce qui semble bien être un avis, malgré les précautions oratoires qui l’entourent. Vous ne « comprenez » pas, vous « en venez rapidement à souhaiter » leur autorisation.

  • Moktarama,

    Quelle différence faites vous entre les sympathiques jeunes gens qu’on voit sur la video et des milices privées?

    Moi j’ai vu des gens (i) organisés, (ii) qui usent de violence, (iii) pour imposer un ordre privé.

    Mais sur le fond, je suis d’accord avec vous et pas avec Polydamas. Milices privées et libéralisme ont peu en commun. Au contraire, presque tout les oppose. Le libéralisme a besoin de l’Etat de droit, les milices privées constatent sa disparition.

  • Zelittle a écrit:

    L’autre facette, ce sont des AG qui se passent relativement bien, dans lesquelles il n’y a pas de violence, qui votent pour ou contre le blocage et dont le vote est respecté.

    Le problème, c’est que ces AG sont tout sauf démocratiques. Par construction… C’est une minorité organisée qui décide d’imposer la remise en question de la continuité des cours…

    Que le blocage soit voté ou refusé, et que cette décision soit ou non appliquée n’est même pas la question.

    Ce qui est anormal, c’est qu’on puisse sans plus de façons décider de le mettre en question… alors qu’on est minoritaire.

  • Ce type de violences est fréquent pendant les périodes de « mouvement social » dans les facs depuis plusieurs années. L’information est que pour une fois elles aient été enregistrées.

    Au delà de la vidéo, la question se pose fondamentalement sur tout le concept de blocage. Pourquoi bloquer les facs ? Pour empêcher les autres d’aller en cours. Pendant une grève, le principe c’est de ne pas aller travailler, c’est un engagement qui n’engage normalement que soi. Les étudiants mobilisés pourraient décider de ne plus aller en cours, s’ils étaient nombreux, il n’y aurait plus personne dans les amphis. Là, s’ils bloquent, c’est bien qu’ils savent qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux pour vider les amphis.

    Depuis quand il y a-t-il un droit au blocage ? Je ne vois pas en quoi une AG d’étudiants à la composition particulièrement douteuse peut en décider, a fortiori à main levée. Ce n’est pas étonnant que le vote à bulletin secret fasse peur à ces gens-là, qui n’ont aucune conviction démocratique.

    Cyd a écrit:

    « Ayant assisté à cette agression à travers l’une des fenêtres, les étudiants mobilisés – pris d’une légitime fureur – ont tenté de porter secours à leurs camarades en attaquant la porte à l’aide d’un bélier improvisé (en l’occurrence, une barrière mobile) »

    « Légitime fureur » ? Tous ceux qui sont impliqués dans ce genre d’actes n’hésiteraient pas à mettre « légitimement » à feu et à sang le pays si l’occasion leur était donné. L’extrémisme est encore d’actualité, et à gauche pas moins qu’ailleurs.

    Zelittle a écrit:

    @Jean et @Koz à titre d’information : l’AG de cet après-midi a revoté le blocage, sans contestation de la part des anti-bloqueurs, dans un amphi plein, après de longues heures de prise de parole. Il n’y a pas eu la moindre violence.

    Voté… à main levé ? Quelle blague !

  • @ Liberal:

    Une différence existe bien, pourtant, car les protagonistes de la vidéo veulent imposer (au moins temporairement) le désordre, tandis que les milices privées sont vouées à imposer (ou « rétablir ») l’ordre.

    Après, dans les modalités, nous sommes d’accord : c’est blanc bonnet et bonnet blanc, tous deux aboutissant à des violences arbitraires bien plus sûrement que les structures de police d’un état de droit (ce qui ne signifie pas que ces structures soient forcément irréprochables, loin de là) .

  • L’AG s’est déroulée dans un amphi plein : voilà une information impressionnante, sensée probablement nous montrer l’importance de l’adhésion des étudiants

    Mais c’est quoi un amphi plein? 200 personnes? 400? Je présume qu’on choisit la taille de l’amphi pour qu’il soit plein!

    Pour mémoire, la fac en question compte environ 28 500 étudiants! Alors un amphi plein c’est selon sa taille 1 ou 2% des effectifs… Allez, imaginez que l’amphi compte 1000 places ! on arriverais à 4% ! Waouh !

  • Je suis moi aussi assez gêné avec ces AG prétendument démocratiques, mais aussi, je dois le dire, avec ces votes à bulletins secrets qui ne sont pas nécessairement beaucoup plus démocratique (il faudrait connaitre les conditions d’organisation du vote pour pouvoir juger). A vrai dire, l’illégalité ne me parait justifiée que dans des cas rares, mais je ne veux pas m’éterniser sur la discussion légitimité/légalité.

    Je trouve surtout que c’est appréhender ce qui se passe dans l’enseignement supérieur et la recherche par le petit côté de la lorgnette. Les réformes menées par Sarkozy transforment profondément ce milieu, ce qui a conduit au plus important mouvement de grève des enseignants-chercheurs depuis …. on ne sait pas bien, parce que c’est plus qu’en 68. Les chercheurs sont mobilisés depuis encore plus longtemps. Pour prévenir les critiques, je précise que les mêmes chercheurs ont fait une série de propositions en 2004 pour réformer ce qui ne marche pas. La réponse du gouvernement à cette mobilisation est clairement l’épreuve de force: aucune négociation sérieuse, aucune réflexion sur le fond du malaise, aucune concession, le tout culminant avec le discours du 22 janvier, insultant et méprisant. Dans ces conditions, et connaissant le milieu étudiant comme la plupart d’entre vous semble le connaître, il ne faut pas s’étonner qu’on en arrive là (vous ne semblez pas surpris, d’ailleurs).

  • niamreg a écrit:

    La réponse du gouvernement à cette mobilisation est clairement l’épreuve de force: aucune négociation sérieuse, aucune réflexion sur le fond du malaise, aucune concession, le tout culminant avec le discours du 22 janvier, insultant et méprisant.

    Aucune concession ? Le gouvernement a annulé les suppressions de postes prévues à l’université pour les deux ans qui viennent, la réforme du concours des futurs enseignants a été reportée, le décret sur les enseignants chercheurs a été réécrit deux fois en étant moins ambitieux… La loi LRU avait fait l’objet d’une vaste concertation qui en amoindrit grandement la portée, et fut même acceptée par l’UNEF. Et dans tout cela, on n’a même pas abordé les vrais questions qui fâchent, comme la sélection à l’entrée du premier cycle !

    Les réformes menées par Sarkozy transforment profondément ce milieu dites-vous, si c’est le cas je ne suis pas sûr que ce soit une mauvaise chose.

  • ton article est réducteur koz. La vidéo se passe à Lyon, d’ou la moindre médiatisation et si il y a eu vote, il a été boycotté par un peu totu le monde et imposé par la présidence de la fac dans un délai peu acceptable pour les grévistes.

  • Admettons que tu aies raison. Ca ne change rien aux faits que présente cette vidéo. Est-ce une réduction ? Tu m’excuseras de considérer que de tels faits, trop fréquents, ne sont pas négligeables et ne peuvent être balayés d’un revers de la main.

    Le blocage des facs n’est simplement pas une modalité d’action acceptable. Elle est, par nature, une modalité d’action de ceux qui savent que leur action est minoritaire.

    On doit garantir la liberté d’étudier de chacun. Libre aux opposants de manifester.

    Sinon, il me semblait que Lyon était la capitale des Gaules.

  • @ xerbias: Je suis convaincu, comme vous, que certains pensent que ces transformations radicales vont dans le bon sens. Ne pas voir que la réaction des personnels est le signe d’une rupture à long terme entre la droite et l’enseignement supérieur et la recherche, justement sur ce point, me parait impossible. Il s’agit donc bien d’un refus de prise en compte de l’opinion des chercheurs, des enseignants-chercheurs, etc…, ce que j’appelle une épreuve de force, sur le fond et dans la forme.

    Il est possible que le gouvernement gagne cette épreuve de force. Mais la rupture sera durable, et se retournera contre la droite, qui apparait pour ce qu’elle est: avide de pouvoir et de pognon, et se contrefoutant du savoir et de la culture.

  • Mmmh… les jeunes pop’…

    C’est pas ceux qui ont qualifié un lancer d’oeuf d’acte terroriste, et qui en ont mouillé leur culotte jusqu’à aller chercher le chef X.Bertrand à la rescousse contre deux-cents dangereux gauchisssses ?

    Ah ouais, forcément, super objectif, comme toujours, hein 😉 Et au passage, n’oubliez pas que cette grève est initiée par les professeurs d’Université ainsi que les maîtres de conférences… les étudiants ne font que soutenir. Professeurs d’Université, maîtres de conf’… c’est seulement du niveau post-doc pour les uns, et ingénieur pour les autres, à part ça, des incultes dangereux et fourbes…

    Au passage, en sciences, un cas spécifique ne tient pas lieu de généralité, pour des questions d’éthique et d’épistémologie notamment. On doit garantir la liberté d’étudier de chacun. La majeure partie du travail universitaire se fait dans les bibliothèques, pas dans les amphis. Ils sont donc libres de travailler. Mais il est vrai que ne rien faire en amphi se voit moins, ça fait illusion, et pis on s’est déplacé, histoire de se donner bonne conscience… Y’en a vraiment qui n’utilisent le mot liberté que quand ça leur chante… On parle des gens amoureux qui n’ont pas la liberté de se marier parce qu’un préfet joue les cire-pompes ? Ca en discute chez Eolas…

    Y’a-t’il un défenseur des Koz perdus ? 🙂

  • Vince a écrit:

    C’est pas ceux qui ont qualifié un lancer d’oeuf d’acte terroriste, et qui en ont mouillé leur culotte jusqu’à aller chercher le chef X.Bertrand à la rescousse contre deux-cents dangereux gauchisssses ?

    Cela change quoi que ce soit aux faits que relate cette vidéo ?

    Vince a écrit:

    Au passage, en sciences, un cas spécifique ne tient pas lieu de généralité, pour des questions d’éthique et d’épistémologie notamment.

    Toutes mes félicitations pour l’emploi de mots compliqués. Je ne suis pas certain toutefois que l’épistémologie soit vraiment en jeu, ici.

    Quant à la spécificité de ce cas, elle est seulement d’avoir, enfin, été filmée. On est tous (enfin presque) passés par la Fac, on sait comment ça se passe et si ceci est anecdotique ou récurrent.

    Vince a écrit:

    On parle des gens amoureux qui n’ont pas la liberté de se marier parce qu’un préfet joue les cire-pompes ? Ca en discute chez Eolas… Y’a-t’il un défenseur des Koz perdus ?

    Ce cas est grave également, c’est bien vrai. Pour autant, comme vous le soulignez, il ne manque pas de gens pour le dénoncer, quand aucun blogueur parmi les nombreux que je suis n’a jugé utile de relayer cette vidéo, qui n’aurait pas manqué de sauter de blog en blog si les protagonistes avaient été différents.

  • @GDB

    Koz a écrit:

    (enfin presque)

    M’enfin bon, au pire, on a tous des proches qui sont passés par la fac, et par eux on sait comment ça se passe… 😉

  • c’est édifiant!! Un article du nouvelobs papier était consacré à Lyon II cette semaine. Parlant de « Gérilla à la Fac », ils épinglent l’assemblée générale étudiante soit disant «souveraine, seule instance démocratique». Par contre, ils ne faisaient pas allusion a cette vidéo.

  • Bonsoir,

    Je ne suis pas passée par la prépa ou les grandes écoles mais bien par la fac de Nantes, il y a maintenant quelques années. Fermeture de filières, augmentation du prix de l’année etc etc… J’ai donc moi aussi subi mon lot d’AG enfumées (oui, même si c’était déjà illégal de fumer dans les amphis, mais bon, vous connaissez les jeunes gauchistes) où un jeune mal coiffé avec un keffieh autour du cou, en 1ère année depuis 3 ans, venait m’expliquer ce qu’était la Liberté, la Démocratie, tout ça après m’avoir empêché d’assister à mon cours. Oui, ces jeunes sont, en plus d’être mal coiffés, parfois emmerdants. Et pontifiants. Et récupérés par l’extrême gauche. Pour autant, je n’ai jamais vu la violence ou la coercition dont certains font témoignage ici.

    Alors qu’est ce à dire ? On peut généraliser la violence en fac lors de mouvements sociaux à partir d’une vidéo ou de témoignages mais on ne peut pas défendre la thèse inverse ? On peut parler de récupération d’un mouvement par l’extrême gauche mais pas dire que les jeunes UMP récupèrent cette vidéo pour leur intérêt ? Je ne suis pas de l’extrême gauche (parce essentiellement, je suis bien coiffée). Je n’ai jamais porté de keffieh. J’ai déjà manifesté mais n’ai jamais appartenu ni à aucun parti, ni à aucun syndicat. Je trouve que le blocage est contre productif et va à l’encontre de la liberté d’apprendre. Pour autant, je comprend aussi qu’un blocage peut être décidé toutes les semaines. Je trouve plus démocratique de décider chaque semaine que d’attendre deux mois de blocage avant de le remettre en cause. Quant à la motivation des étudiants qui s’érode, laissez moi vous dire que quand j’étais étudiante, mon diplôme était assez motivant pour que je me déplace pour voter.

    En bref, je ne me permet pas de dire ce qui se passe dans les facs, parce que je n’y suis plus depuis une bonne dizaine d’années. Et surtout, c’est pas une vidéo ponctuelle d’une AG dans une ville qui va m’aider à m’en faire une idée générale. Je vous transmet juste mon point de vue et mon témoignage passé. Pas des « on m’a dit que », « il parait que ».

    Le péril jeune, c’était surtout un film marrant des années 90, pas une histoire qui fait peur à raconter le soir aux jeunes UMP.

  • Si je peux ajouter mon expérience…

    Je suis étudiant (en droit) à l’université de Pau, qui a connu sa part d’évènements révolutionnaires estudiantins. L’an dernier, nous avions été bloqués, de mémoire, un mois et demi, cette année pareil, mais au deuxième semestre histoire de varier. Pour la suite de l’histoire, il vaut mieux savoir que l’université de Pau compte trois UFR,distants d’environ 500 mètres situés sur le même campus, un de lettres un de sciences un de droit, et que c’est un peu la lutte des abrutis de classe, ponchos en poil de lama contre petite serviette, en gros, UNI contre FSE (syndicat que je connaissais pas avant, anarcho-libertaire-tagada-tsointsoin. Donc ils ont bloqués après un vote à mains levés réunissant grosso modo 1000 personnes (sur je crois 9000 étudiants), sachant que la moitié des étudiants en droit étaient en vacances. Après la litanie des AG, deux par semaine, toujours les mêmes qui parlent pour dire les mêmes conneries (alors là on a lutté donc contre Pécresse, mais aussi contre les délocalisations, contre le président de l’université, contre la baisse du pouvoir d’achat, contre la société libérale, enfin contre tout quoi). Les petits contre-révolutionnaires de l’UNI eux s’agitaient beaucoup, ça s’attrapait par le col la nuit sur le campus, ça faisait pas mal n’importe quoi. Le blocage a été levé deux fois, une première fois normalement, une deuxième fois après deux votes, puisque le premier était vicié du fait que les étudiants en droit s’étaient massivement déplacés juste pour voter et n’avaient pas écouté l’AG. Ah oui et le président de l’université a collé une torgnole à un des bloqueurs, et c’est parti en début de pugilat. Si tout ça c’est de la démocratie… Maintenant il faut bien voir aussi que les instances dirigeantes de l’université font vraiment n’importe quoi. L’an dernier ils n’avaient rien fait, jusqu’à ce qu’au bout de cinq semaines ils convoquent tous les juristes sur le parvis de la fac de droit, et quelle ne fut notre surprise lorsque nous vîmes six fourgons de CRS, venus très nombreux afin de faire face à la masse terrible des 10 bloqueurs qui les attendait…Pourquoi diable avions-nous été convoqués, avec force formules menaçantes du style « les cours ET les TD, où la présence est obligatoire, seront assurés » (il n’en a bien sûr rien été, et ça n’avait jamais été prévu, le but étant de faire nombre, manipuler les étudiants pour faire une démonstration de force, ça c’est un peu la classe). Cette année avant même que le blocage soit effectif (encore une fois ils bloquent toute l’université à 20, y’a pas de quoi être terrifié) ils ont décidé de « respecter le vote de l’AG, dont nous rappelons qu’elle est illégitime » (sic) ils ont fermé l’université, comme ça, pouf, pour ensuite nous reprocher de pas assez nous mobiliser contre le blocage et donc de nous sanctionner une fois l’université débloquée (en gros, en lettres, pas de deuxième session, en droit, pas de décalage du calendrier d’examens). On s’est amusés à compter: sur les trois UFR, y’a au moins quatre décisions qu’on aurait légitimement pu attaquer devant le TA, et gagner. Tout ça pour dire qu’effectivement, les imbéciles qui se cherchent une cause chaque année, pour bloquer chaque année et se donner des frissons post-68 ont vraiment des méthodes douteuses, mais qu’en face, l’administration fait généralement n’importe quoi, en tous cas dans ma fac. Si les AG sont illégitimes, pourquoi diable leur donne t’on une légitimité?

  • Deïdara a écrit:

    mais qu’en face, l’administration fait généralement n’importe quoi, en tous cas dans ma fac.

    Il serait intéressant d’avoir une perspective sur les motivations de « l’administration », pourquoi ce qui ressemble, dans la plupart des cas, à une démission, pourquoi certaines sont plus courageuses…

    La réforme du statut des enseignants, je veux bien, mais c’est comme cela tous les ans, et on ne réforme pas le statut des enseignants tous les ans.

    Merci à ceux qui sont plus près que moi du terrain de partager leurs hypothèses.

  • Aristote a écrit : « Il serait intéressant d’avoir une perspective sur les motivations de “l’administration”, pourquoi ce qui ressemble, dans la plupart des cas, à une démission, pourquoi certaines sont plus courageuses… »

    Tout dépend dans quel état d’esprit politique sont ces « instances dirigeantes » … Et on s’étonne comment un principe de base qui veut une stricte neutralité politique du corps d’enseignants puisse être bafoué à tous les niveaux. Quand on pourra licencier illico presto les enseignants prenant leurs élèves pour des militants politiques au service de la défense de leurs privilèges sous couvert d’idéalisation d’un service public totalement obsolète les choses se calmeront sans aucun doute.

    Qui osera enfin exiger la responsabilisation des profs, des instances dirigeantes des facs ?

  • Evidemment, il s’agit d’Alain Juppé. Pour autant, on aura remarqué qu’il conserve une certaine liberté de parole. Or, il n’est pas intéressant de constater, à la lecture de son billet que le gouvernement a fait un certain nombre de concessions, chose que l’on semble un peu trop oublier.

  • Je veux pas trop trop m’avancer, mais il ne me semble pas qu’il existe un quelconque principe de neutralité politique de l’enseignement universitaire. En tous cas il existe un principe de liberté de l’enseignement, qui implique qu’ils disent ce qu’ils veulent, et peuvent même inciter leurs étudiants à faire grève. Ce qui n’est pas excessivement le cas, me semble t’il, quant à l’irresponsabilité des instances dirigeantes, c’est autre chose, qui à mon avis n’est pas politique, mais bien plutôt psychologique.

  • Mais évidemment qu’il y a un principe de neutralité politique, crévindiou! Non mais quoi, on va faire des facs un forum de harangue ?? l’étal de la poissonnière ?? et pourquoi n’autoriserait on pas alors le port du voile/kippa/croix « ostensible » aux enseignants, je vous le demande?? Oui, vous avez compris: c’est la fonction publique, soit la neutralité (des enseignants et des fonctionnaires, s’entend. Quant aux étudiants, ils sont libres car adultes). La fac est un lieu d’échanges et de discussion, pour peu qu’on la respecte. Et ceux qui croient, comme en mai 68, que la fac est leur petit domaine de révolution en conserve, ils ne provoque qu’une chose: l’effondrement de la fac.

    Pas étonnant que les grandes écoles et écoles privées raflent de plus en plus d’étudiants ! Ceux qui se permettent de bloquer la fac comme c’est arrivé dernièrement ne sont que des gosses gâtés qui sont en train de casser un cadeau que leur fait la Nation.

  • Léon a écrit:

    Ceux qui se permettent de bloquer la fac comme c’est arrivé dernièrement ne sont que des gosses gâtés qui sont en train de casser un cadeau que leur fait la Nation.

    Il y a une corrélation inverse entre le coût des études et l’irresponsabilité des étudiants. Moins c’est cher, plus ils s’en foutent. Il n’y a pas besoin d’être docteur en économie pour comprendre pourquoi.

  • Les adultes payent énormémément d’impôts pour financer les études des jeunes, l’état s’endette aussi et une partie de ces jeunes gachent la chance qui leur est offerte, excités qu’ils sont par des manipulateurs qui profitent de la situation pour être payés à ne rien f… C’est attristant ! Une solution serait de faire payer le service d’éducation à son prix de revient et d’attribuer des bourses, peut-être que les jeunes prendraient conscience de la valeur des choses.

  • Je vis actuellement une expérience universitaire, peu importe où, laquelle, ou pourquoi.

    J’ai plusieurs observations à faire concernant cette vidéo.

    • D’abord, il me semble que le ou les types qui forcent le bureau de vote ont été entraînés ou préparés à faire ça, ce n’est pas un étudiant ordinaire qui a les capacités de mener ce genre d’action de type « guérilla urbaine » … D’ailleurs dans ma fac j’ai repéré au moins deux étudiants qui pour moi n’en sont pas…le fait n’est pas nouveau.

    • La description de ce que font les bloqueurs en université correspond tout à fait au modèle soviétique, cela a été décrit par Soljenitsyne, Sakarov, Furet, Druon et tant d’autres : forte pression, d’où réunions fréquentes, et nombreuses occupations politiques prévues pour toute la semaine, pour garder son monde sous la main et l’endoctriner,(manifs, discussions, films…) manipulation de ceux qu’on essaie d’endoctriner, d’où changements fréquents de salles, d’horaires pour les AG, essai d’intimidation, d’où vote à main levée, sans oublier les essais de résister au vote secret…etc etc

    • ce que j’observe dans ma fac : il n’y a quasiment plus cours depuis la mi-janvier, pas besoin de bloqueurs puisque ce sont les profs qui ne font pas cours, les profs essaient d’ organiser des examens totalement bidons car ils se sont engagés à mettre à tous entre 15 et 20 et la forme de ces exams est édifiante (style recopier chez soi une page de polycopié, et un étudiant gréviste pourra remettre à un prof gréviste un devoir sur la…grève !…) exams organisés pour ne pas se mettre à dos les étudiants et ne pas trop mécontenter le rectorat. Les étudiants ne sont pas dupes et trouvent le procédé humiliant, ils ne disent pas ce qu’ils pensent tout haut car ils sont terrifiés par les profs et les grévistes…et certains sont plus que dégoûtés. Très peu d’étudiants vont en AG car ils ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent, les profs sont là et les étudiants ont peur d’être collés s’ils disent leur désaccord…d’autant plus que les profs s’imaginent réellement ou font semblant de croire que tout le monde les soutient.

    • ce que je pense : les profs ne croyaient pas qu’on en arriverait là, mais ne veulent pas perdre la face, certains sont totalement déconnectés de la réalité, croient encore au grand soir et le disent, quelles que soit la justesse de certaines de leurs demandes cette grève est politique et les profs n’ont pas le droit ni moralement ni légalement de cesser de faire cours au point de sacrifier un semestre et de donner des diplômes sans valeur.

    Ils sabotent le service public de l’éducation qu’ils disent défendre. Ils scient la branche sur laquelle ils sont assis, car il y aura tôt ou tard une réaction. enfin ils démoralisent une génération d’étudiants, ce qui est très grave…

  • Cette situation est symptomatique du délitement des valeurs qui affecte toutes les couches de la société.

    Autrefois, l’instituteur présentait l’image de la rigueur morale républicaine, il arrivait ainsi par son comportement à transmettre des valeurs éthiques à ses élèves.

    Aujourd’hui, quelle image projette sur les jeunes ces enseignants universitaires qui depuis des mois ne font pas cours et sont malgré tout rétribués alors que leur pays connait la crise ?

    Celle de profiteurs inconséquents.

  • Juste pour signaler qu’il reste encore une faculté où les cours n’ont pas repris (du moins, ils n’ont pas repris à plus de 5%), encore et toujours l’université du Mirail de Toulouse.

    Sauf que cette fois-ci, les CRS ont (enfin) été invités à empêcher tout reblocage intempestif pour que des cours puissent y être dispensés d’ici jusque début juillet (et aussi parce-que les bloqueurs, dans leur infinie sagesse, ont détruit du matériel à la Maison de la Recherche, un symbole fort, certains professeurs faussement grévistes perdant du coup leur machiné à café, cf. http://www.youtube.com/watch?v=hrmJO3MUe94&feature=related).

    Mais ça n’empêche pas des AG (toujours « souveraines », n’est-ce-pas) de se tenir et de réclamer toutes sortes de choses loufoques (de la crêche intégrée à la fac en passant par la démission des professeurs contre le blocage), en mettant surtout en avant la nécessité de ne pas pénaliser les bloqueurs lors d’éventuels examens.

    Les rats ont commencé à quitter le navire, pour enfin démarrer leurs révisions. Mais ceux qui sont restés commence à sentir la menace de ne pas avoir son année (même au rabais) et tente donc d’obtenir une invalidation du semestre (s’ils ne peuvent l’avoir, autant entraîner les autres dans leur chute) en revotant, parfois à 100 (donc la moitié n’ont même pas le statut étudiant), le blocage.

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