A Lourdes, coeur englouti

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Photo : Sanctuaires de Lourdes

Au début de ce mois, il m’a été proposé d’écrire un court texte sur Lourdes, pour les 140 ans du Pèlerinage National à Lourdes. Question de moment, d’idée, de tempérament, d’inspiration, je n’ai pas pu. Il a fallu que Lourdes soit blessée une seconde fois pour que me revienne du fond du cœur ce que je veux lui dire. Pardon à Robert Migliorini, auquel j’ai fait défaut pour la deuxième fois.

Je suis allé à Lourdes pour la première fois entre 13 et 15 ans, avec ma marraine. Trop jeune ou pas disponible pour appréhender la dimension spirituelle du lieu et de ma visite, je n’ai vu que l’alignement des échoppes, vendant des Jésus-Marie en 3D, sous des néons qui me semblaient comme autant de détournements : la Visitation, l’Assomption etc. etc. Je n’ai pas vu que nous franchissions les portes du Sanctuaire, je n’ai pas vu la différence, je n’ai pas vu que j’entrais dans un autre monde.

Nous sommes arrivés devant la grotte. A cette époque, on accrochait encore les béquilles des pèlerins reconnaissants. Je suis resté froid.

Lourdes n’était pas spontanément le temple de ma foi. A chacun sa vie spirituelle  : les miracles, même ceux du Christ, ont plutôt tendance à me mettre mal à l’aise. Pardon à ceux que ces mots désoleraient : il en est de même des apparitions. Je les laisse vivre dans un espace personnel réservé au mystère, tel que l’Eglise l’entend.

Je suis retourné à Lourdes à 21 ans, avec des amis, toujours aussi réticent face à la marchandisation de la foi, toujours aussi réservé face aux apparitions et aux miracles. Mais le prêtre qui nous accompagnait, Sylvain Gasser, a eu la délicatesse de nous faire entrer dans les Sanctuaires par la maison des Sœurs Assomptionnistes, loin des commerces.

Cinq années de suite, je me suis occupé d’enfants lors du Pèlerinage National (les ballons et les casquettes jaunes, sur le site du Pélé, c’était nous). Mais je n’oublierai jamais Paul, que j’ai connu en 1996 lors de ma première participation. Petit Paul avait huit ans. Il avait subi un accident cardiaque, et une réanimation prolongée. Il était entièrement paralysé, aveugle, muet, il respirait par une trachéotomie, il était nourri par une sonde gastrique. Il fallait souvent procéder à une aspiration mécanique, par sa trachéotomie, des sécrétions qui l’empêchaient de respirer. Ca me dégoûtait. Heureusement, l’une des animatrices était infirmière et s’en chargeait. Le premier jour, je tâchais de regarder ailleurs et de m’éloigner imperceptiblement. Au fur et à mesure, je suis resté parce que Paul avait bien besoin de présence et de tendresse dans cette opération qui était surtout difficile pour lui. Je lui tenais la main. Et c’est par la main que l’on percevait ses émotions, juste par le contact de sa petite main dans la mienne, quand il la serrait plus fort. Par son sourire aussi quand les autres enfants l’entouraient. Quand on le faisait rire, aussi, il nous serrait la main. Je ne l’ai revu qu’une fois après notre pèlerinage. Dépassé par l’ampleur des soins dont il avait besoin, et pris par ma jeunesse peut-être égoïste, je ne suis pas revenu le voir et j’en ai un peu honte. Peut-être Paul est-il aujourd’hui dans des bras consolateurs. Son visage est en moi.

Il y en a bien d’autres, de ces visages. Je pense à Vincent et à Louis, atteints de trisomie. Vincent qui nous accompagnait presque comme un animateur. Louis, huit ans, qui faisait craquer le pélé. Des visages de malades et de valides. Malades pour une fois entourés. Et entourés par des personnes, dont beaucoup de jeunes, qui prennent une semaine de vacances pour brancarder des malades, leur apporter des soins dans les différents accueils, les accompagner dans les processions, les baigner, prier avec eux, les écouter. Il y avait des malades rayonnants, et des valides parfois blessés, non pas physiquement mais intimement. Pour eux, pour tous, Lourdes est un moment de lumière, un moment d’espérance dans l’année. Pour certains malades, c’est le seul de l’année.

Je garde aussi l’image d’un évêque, seul, dans la nuit, en prière devant la Vierge.

Un visage est aussi resté plus présent, et pour cause : c’est celui de ma femme. Rencontrée quelques jours plus tôt, c’est à Lourdes que j’ai fait sa connaissance, avant d’enchaîner sur les JMJ de Paris. Commencer une vie à deux parmi les malades, dans le service, la joie et l’amitié aussi, la foi, la prière, cela vous pose des fondations. Comme si notre couple était bâti sur le roc de Lourdes.

On parle des Sanctuaires de Lourdes. Lourdes est vraiment un sanctuaire, un sanctuaire de foi. Une fois passées les grilles du Sanctuaire, c’est la foi en prière et en acte qui s’y vit. C’est la fraternité, et la communion.

Petit à petit, j’ai mieux approché Lourdes. La beauté du message transmis par le choix de Bernadette, frêle et si pauvre, mais si droite. Avez-vous remarqué que les apparitions ne concernent jamais les riches, les trop comblés ? Petit à petit, j’ai aussi perçu Lourdes comme une allégorie de la foi. Le monde était au-delà des portes du Sanctuaire. J’étais dans le monde, mais je n’étais pas du monde. A l’intérieur était mon cœur, et la foi, qui doit irriguer le monde. Les commerces ne me gênaient plus : ils étaient la marche du monde, le plus temporel qui soit, mais ce monde de l’argent était bien incapable d’atteindre ma foi, et ce qui se vivait dans son Sanctuaire. J’ai aussi appris à dépasser mes a priori et jugements à l’emporte-pièce, pour avoir une perception plus juste des commerçants eux-mêmes, souvent profondément croyants et sincères.

Cette semaine, ce cœur battant a été dévasté, englouti, et tous ceux qui l’ont connu, comme moi, sont touchés. Les Sanctuaires, déjà frappés en 2012 seront restaurés, c’est certain, et ce cœur rayonnera encore, pour le monde, pour les malades, pour un Paul, un Vincent ou un Louis, pour moi, et pour vous.

*

Mais les Sanctuaires ne se relèveront pas sans nous

Pour toute aide, nous pouvons appeler le 05.62.42.82.22 ou faire directement un don en ligne ou par virement.

 

 

Photo(s) : Sanctuaires de Lourdes

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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49 commentaires

  • Merci +++++ Magnifique texte très émouvant! Je me suis replongée, par ce texte, dans mes souvenirs de Lourdes aussi et ces mêmes Jésus en 3 D qui m’avaient fait halluciner lors de mon premier séjour… et ces mêmes malades qui m’avaient fait chavirer le cœur de petite ado brancardière que j’étais lors de mon deuxième séjour…
    Lourdes est vraiment un endroit où il fait bon se souvenir que nous sommes petits.
    Les images de Lourdes dévastées sont terribles, d’autant plus, que comme tu le dis, c’est très souvent pour les grands malades LE voyage de l’année, ou de leur vie… Alors on pense très fort à eux, priant pour que la Vierge vienne les consoler et les assurer qu’ils iront tout de même lui rendre visite…
    Espérons que la générosité soit grande et que les travaux remettent très vite en ordre le Sanctuaire et la ville.

  • Merci pour ce texte magnifique.
    Je m’y retrouve aussi : la difficulté à traverser le côté commercial, mais aussi le côté surnaturel du miracle, pour voir enfin le miracle permanent de Lourdes : l’Amour qui porte les malades et les hospitaliers, la grâce de la disponibilité des uns pour les autres, le mieux-être de ces malades qui remettent tout à Marie. La vie de Bernadette, redécouverte l’an dernier avec tout ce qu’elle porte du message du Christ pour les pauvres.
    Je suis née non loin de Lourdes, j’y suis donc allée au moins une fois par an depuis mon plus jeune âge. J’ai pourtant mis près de 20 ans à être touchée, et pas loin de 35 à comprendre pourquoi il y a toujours tant de monde…

  • Merci pour ce beau billet. En effet, en franchissant les grilles on quitte le Monde pour entrer dans le Royaume, et l’un des signes les plus marquants à mes yeux, c’est que Lourdes (et encore plus au moment du National, peut-être) est ce lieu où ce qu’il y a de fort dans le monde (des jeunes gens en pleine santé dont certains plutôt aisés) vient servir les plus pauvres. Les servir très concrètement : nourrir le paralysé, laver le grabataire, porter l’enfant malade, écouter la pensionnaire de maison de retraite qui n’a personne à qui parler pendant le reste de l’année.

  • Merci beaucoup pour ce très beau texte.Il nous force à rester dans l’Espérance qui elle ne sombre jamais et n’est jamais noyée…..

  • Merci Koz,

    j’en ai presque les larmes aux yeux… Que d’émotion en voyant ce sanctuaire ravagé par les flots, que de souvenirs et de joies j’ai pu rapporter de Lourdes.

    Même si chacun vit Lourdes de façon différentes, au final, on vit la même chose. Je me retrouve dans ces descriptions. Concernant le Pélé 8-14 ans (qui n’existe plus maintenant) il est possible que nous l’ayons fait ensemble, mais moi comme enfant car en 1996 je n’avais que 12 ans…

    je continue à me rendre à chaque National (sauf l’an dernier ou j’ai été empêché car préparant mon mariage) et j’avoue que quand j’ai entendu que le National était peut être remis en cause, ça m’a fait quelque chose…

    je fais tourner ce billet!

  • comme il est bon de se retrouver à parler de Lourdes , comme les membres d’une même famille qui aiment partager les souvenirs qu’ils ont vécus en commun , de l’adolescence à l’age adulte ;Nous conservons Lourdes dans notre coeur , présence éternelle , immuable .pensions nous .!.Or le solide rocher vient d’être touché , ébranlé , le gave en charriant ses boues , dévaste le sanctuaire : ce que nous voyons sur les images ,ce n’est pas l’eau qui donne la vie, celle qui purifie et guérit mais bien celle qui détruit: et on se dit que c’est la nature .. Et que l’homme serait bien inspiré de s’en souvenir lui le grand apprenti sorcier qui cherche à la défier ..il a fallu un évènement d’une ampleur suffisante pour être médiatisée pour que le chef de l’Etat s’y déplace et y serre quelques mains complaisantes ; sans doute au fond de lui même a-t-il pensé sortir une petite blagounette du style :  » il n’y a pas eu de miracle cette fois ci  » (un conseiller l’en a sûrement dissuadé ) il s’est juste empressé de rappeler les enjeux économiques et touristiques du lieu …un peu de compassionnel ne nuit pas à l’image !.Comme tout cela est triste , pour ne pas dire affligeant !quelque chose au fond de moi , sans doute irrationnel me donne à penser qu’il faut y voir un signe et que la Dame de Lourdes à travers ces images de désolation ,nous envoie un message ….

  • Je commente ici et pas sur FB 😉

    Ce billet est doublement, triplement, émouvant pour moi, tu imagines. Lourdes est tout ce que tu dis (bien), ce lieu des mystères, du mystère. Le lieu où l’on arrive à dépasser nos peurs et le regard de l’autre, où l’on se sent porté par plus petit que soit. Un lieu vraiement évangélique.

    Merci d’avoir reboosté mon aprème, ça me change des interviews sur l’économie russe !!

  • Merci pour ce témoignage magnifique!
    Cette année malheureusement ma fille et moi-même n’iront pas en tant qu’hospitalières à Lourdes,j’ai en effet fait une promesse à Saint Joseph d’y venir en famille avec mon mari et nos quatre enfants,avec l’espérance que mon époux ouvre enfin son coeur à Jésus.
    Lourdes est un endroit fort en émotion tant avec les personnes malades,les accompagnateurs et le recueillement devant la grotte où s’élève notre Sainte Maman du ciel.

  • Magnifique de sincerité et d’honnêteté. L’émotion à Lourdes ne se commande pas, elle est. Chaque fois que je pénètre ds le Sanctuaire elle m’envahit je la laisse faire; elle purifie.

  • On a tous dans le coeur quelque chose de Lourdes: vous c’est Paul, moi c’est Antoinette, grabataire, qui venait tous les ans depuis 42 ans… totalement dépendante, elle demandait plusieurs fois par jour à la jeune femme que j’étais alors si elle était bien coiffée: rester belle, c’était si important! Son sourire est resté gravé. « Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des Cieux est à eux » et Lourdes aussi.

  • J’avais 20 ans et une foi « contes de fées »..Il suffisait d’y croire . Alors découvrir tous ces malades…le ciel m’est tombé sur la tête. L’accueil où j’ai atterri, je ne sais comment, boule de violence, presque de haine (j’avais été trompée). Le religieux, Frère Bernard, écoutant mes élucubrations. J’ai fait « bande à part »…trop de tout…Non, je n’aimais pas Lourdes….Revenue à Rennes, j’ai gardé contact avec le Père Henri, accompagnateur de ce pélerinage diocésain. Bien sûr, je réalisais que les miracles de Lourdes n’étaient pas que physiques ; j’évitais d’y penser. Quarante après, en retraite dans ce lieu qu’un ami a comparé à un prieuré, tant il est calme, dans la solitude acceptée, j’ai enfin compris que tout avait débuté à Lourdes : J.O.C., C.C.O., A.S.T.I….Les « miracles » de Lourdes, les plus nombreux, se font dans les coeurs. Merci Erwann, de l’avoir rappelé.

  • Merci pour ces mots qui décrivent si bien ce que j’ai ressenti les premières années où je suis allée comme jeune brancardière à Lourdes. C’est bien longtemps après, quand la vie et ses épreuves étaient passées par là, que j’ai vraiment compris le « miracle » permanent de Lourdes…
    Merci aussi pour tous vos beaux commentaires qui dépeignent les « miracles » de vos vies !

  • Je vois de nouveaux noms, comme commentateurs, j’en suis heureux, bienvenue. Nombre de vos commentaires sont des témoignages, qui n’appellent pas de réponse, n’imaginez pas que je ne les lis pas pour autant.

    Henri a écrit ::

    Concernant le Pélé 8-14 ans (qui n’existe plus maintenant) il est possible que nous l’ayons fait ensemble, mais moi comme enfant car en 1996 je n’avais que 12 ans…
    je continue à me rendre à chaque National (sauf l’an dernier ou j’ai été empêché car préparant mon mariage) et j’avoue que quand j’ai entendu que le National était peut être remis en cause, ça m’a fait quelque chose…

    Le 8-14 a changé de nom quand j’y étais encore. Il est devenu le « pélé soleil » et il existe encore sous ce nom, il me semble.

    Pour le pèlerinage national de cette année, il n’est en fin de compte pas remis en cause, mais vous avez dû voir ça.

    Et si vous avez fait le pélé en 97 et 98, vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, mais ce n’est pas bien compliqué : j’étais l’un des 4 « coordinateurs » (2 garçons, 2 filles) 😉

    Charles a écrit ::

    Lourdes (et encore plus au moment du National, peut-être) est ce lieu où ce qu’il y a de fort dans le monde (des jeunes gens en pleine santé dont certains plutôt aisés) vient servir les plus pauvres. Les servir très concrètement : nourrir le paralysé, laver le grabataire, porter l’enfant malade, écouter la pensionnaire de maison de retraite qui n’a personne à qui parler pendant le reste de l’année.

    Oui, même si parfois, le côté un peu sociologiquement homogène des hospitaliers du National (même si j’en suis quelque part) a pu me faire faire tiquer. Mais on peut se dire aussi que c’est une jeunesse aisée qui a le sens du service, quand d’autres, d’une autre jeunesse dorée, passeraient leurs vacances tout autrement.

    @ doenerth : voyez, quand on m’a demandé d’écrire ce qui m’avait touché à Lourdes et continuait de me faire vivre aujourd’hui, je n’ai pas réussi à l’écrire. C’est la peine que j’ai ressentie en voyant le Sanctuaire dévasté qui l’a fait remonter.

    Olivier a écrit ::

    Ce billet est doublement, triplement, émouvant pour moi, tu imagines. Lourdes est tout ce que tu dis (bien), ce lieu des mystères, du mystère. Le lieu où l’on arrive à dépasser nos peurs et le regard de l’autre, où l’on se sent porté par plus petit que soit. Un lieu vraiment évangélique.

    Oui, Olivier, j’imagine très bien ce que tu veux dire et je perçois très bien aussi ce que tu dis sur le fait de se laisser porter par plus petit, plus faible, que soi.

  • C’est de loin ces textes là que vous écrivez le mieux, Koz.
    Juste une remarque prosaïque : il n’y a vraiment pas moyen d’anticiper les inondations, de réguler, je ne sais pas, pour éviter ce genre de çatastrophe ?
    Un gros bisou au petit Paul, en vous ou hors de vous.

    • Je ne désespère pas que l’un de ses proches lise ce billet. Je ne sais pas du tout ce qu’il est devenu et si on a pu l’aider.

      Pour le reste, je fais confiance aux gens du lieu, qui ne se priveraient pas s’ils pouvaient se protéger des inondations.

  • Votre texte me bouscule. Et vous pouvez considérer que c’est un petit exploit car, de mes préjugés ou de mes convictions contre les apparitions et les guérisons, je ne sais pas encore faire le tri. Votre propos, et d’autres parmi les commentateurs, me donne peut-être des clefs qu’il me manque pour ouvrir certaines portes et en fermer d’autres. Tout en moi crie contre la notion d’apparition ou de guérison miraculeuse, et même la Providence. Tout en moi se révolte à entendre que la guérison d’un tel est oeuvre divine (car alors la non guérison des autres est de quel ordre?) , tout en moi hurle contre la nécessité de trouver des miracles pour faire de Jean Paul II un saint. Mais tout en moi dit, infiniment moins bien que vous tous, que sans Lourdes, il y aurait moins d’amour. Il faut que je prenne ma part de ce mystère et toutes ces réflexions vont m’y aider. Merci.

  • Pas sûr, malheureusement; si les gens avaient la maîtrise de leur destin où que ce soit aujourd’hui, ça se saurait. Un peu de recul de l’état là dedans ne m’étonnerait qu’à moitié.
    Bonne nuit à vous.

  • @ Bruno Lefebvre : je me « méfie » parfois de ceux pour lesquels les apparitions, les guérisons miraculeuses, mais oui, mais ce serait bien sûr. Évidemment pas de tous, mais disons qu’en tout cas, votre réserve ne me choque pas. Pour le reste, faites un bon chemin… 😉

  • Très bel article Koz, merci!
    Je ne suis jamais allée à Lourdes, mais je pense tout de même que votre article donne vraiment le pouls de cet endroit béni et exceptionnel, du moins comme je le voyais d’après la description des chanceux qui y ont déjà mis les pieds. Évidemment, la dimension « invisible » est de loin la plus importante et la Vierge Marie se sert de cet endroit pour répandre Ses grâces en quantité inimaginable. S’il m’est donné la chance dans les prochaines années de traverser l’Atlantique (je suis québécoise), c’est certain que Lourdes figure en tête de liste des endroits où je tiens à me rendre.
    Lectrice occasionnelle de votre blog depuis quelques années, je voulais aussi vous remercier pour votre engagement de catholique dans la sphère publique française. Notre monde a grandement besoin de gens qui ont des convictions et qui osent le dire et le montrer même en dehors de l’église. Plusieurs de mes compatriotes pourraient avantageusement prendre des leçons du « Réveil Français »…

  • MERCI de mettre en mots et en belles phrases ce qui flotte dans ma tête et que je ne sais pas exprimer. Lourdes est tout çà pour moi.

  • Merci Koz pour ce magnifique témoignage. J’en avais les larmes aux yeux tant c’est émouvant.
    Je crois que je ne pourrais plus aller à Lourdes sans penser à vous tenant la main de Paul.

  • Comme tous vos commentateurs, j’ai lu ce texte avec grande émotion, avec un mouvement du coeur, qui adhère, partage, compatit. Comme vous, comme beaucoup, j’ai retrouvé le souvenir de mes réticences, de mes méfiances, de mon malaise. Mais au-delà, Je crois que vous mettez en lumière un point important: la toujours fausse, toujours artificielle séparation entre piété populaire et piété supposée intelligente, argumentée (et argumentable). Il y a un secret discernement par la prière, qui ne passe pas forcément par la connaissance de saint Thomas d’Aquin, ou de la théologie spéculative. Il faut le répéter: aucune hiérarchie, aucune condescendance ne sont permises, celles à laquelle nous cédons si facilement, en grinçant parfois, dans le secret de notre esprit. Enfin il n’est évidemment pas indifférent que ces lieux de prière fervente, collective, répétée, où le petit moi de l’orant se fond vraiment dans une communauté, une communion, une Eglise, où sa propre douleur est emportée par des douleurs plus grandes, où la passion de soi cède le pas, est déportée dans un sentiment plus vaste, plus beau et nécessaire, la compassion, soient le plus souvent dédiés à la Sainte Vierge. Et en ces tristes heures, je pense à la Vierge de la Salette, « celle qui pleure ». Léon Bloy, dans son style propre (dont il est devenu de bon ton de s’offusquer) parlait de « l’abîme des larmes de Marie » invoquant « l’abîme de nos propres larmes ». Et il ajoutait: Marie « nous provoque à cette effusion comme son Fils, du haut de la Croix, la provoquait amoureusement Elle-même à l’effusion totale de son incomparable Coeur brisé. »

  • Votre billet m’a beaucoup touchée et voir Lourdes sous les eaux m’a rappelé certains souvenirs de ce lieu que j’ai découvert a l’occasion du Frat (oui, les babouins qui déboulaient en nombre, en gênant tout le monde et en faisant du bruit, c’était nous). La violence des dégâts a beaucoup contrasté avec la paix qui règne dans le sanctuaire. Le silence qui peux y régner. En particulier lors d’un temps de priere, dans la nuit, en silence, face a la grotte, vers minuit 1/2. Ce qui m’a frappé à Lourdes c’est le contraste entre la ville et le sanctuaire. Surtout le soir, quand dans le sanctuaire ne résonne pas un bruit et la ville, bouillonnante de monde, (surtout dans les bars).

  • Lourdes est une honte. Comprenez moi bien, la honte n’est pas dans l’existence de Lourdes mais dans le fait qu’il faille un lieu comme Lourdes pour que des malades et des invalides soient entourés, choyés, écoutés, aimés.

    Lourdes, quelque part est MA honte. Je connais la maladie, j’ai connu les hôpitaux, j’ai vu des proches faiblir, s’allonger pour ne plus se relever, souffrir puis disparaitre. Je n’ai pas toujours été présent, j’ai fui aussi parfois.

    Lourdes me fait peur. Pas envie de me retrouver dans ce lieu que je perçois come sinistre, pas envie de me retrouver immergé dans cette misère corporelle ou psychologique, pas envie de baigner dans une atmosphère où le compassionnel a pris toute la place. Je me trompe sur Lourdes ? Sans doute, je n’y suis jamais allé. Pour toutes ces raisons, réelles ou imaginaires.

    Tu le sais Koz, je ne suis pas catho. Pourtant, je retrouve dans ce que tu écris certains moment de ma vie, aussi lumineux que terrifiants, ces moments où tu as dans ta main une autre, celle d’une personne dont la vie est à ce point fragile qu’elle ne renonce plus à aucun moyen de la partager, y compris par ce simple contact qui fait passer tellement de choses, ces choses que les mots ne savent pas dire.

    Si Lourdes est telle que tu le dis, je ferais bien d’aller y faire un tour un jour. Quitte à me faire démolir par ce que j’y vivrai. Par le fait de voir toute cette misère qui n’a que ce lieu comme refuge dans un monde qui regarde toujours ailleurs. Par le fait aussi de voir peut être que d’autres malades, eux aussi tellement abandonnés au quotidien, n’y sont pas. Les malades du SIDA par exemple, sont ils à Lourdes ? Leur absence me terrifierait. Et me renverrait là où je suis, à l’écart de cette foi qui est la tienne.

    Oui, Lourdes est une honte. La honte d’une humanité si égoiste. Ma honte …

    • Juste un mot, Manuel, sur les malades du SIDA : ils ne viendraient à l’idée de personne, à Lourdes, de faire le tri entre les malades et les maladies.

      Par ailleurs, sur place, ce n’est pas spécialement « la misère » que l’on perçoit.

  • Merci, c’est vrai que Lourdes ne laisse personne indifférent, mais pas forcément à la première visite… Moi, ce fut en 1991 avec le pèlerinage de Foi et Lumière. Julie, ma fille trisomique avait tout juste trois ans, et j’ai été très blessé de voir plusieurs milliers de personnes handicapées, plus agées, plus atteintes que Julie, toute mignonne du haut de ses trois ans ! Mais j’ai compris qu’elle avait une mission, un peu celle de la petite Bernadette, celle de me faire découvrir mes propres pauvretés, celle de ma conduire sur la route de la prière où elle avait déjà pris de l’avance sur moi… Monseigneur Jacques Perrier nous a dit que Foi et Lumière faisait partie du code génétique de Lourdes, mais la réciproque est vraie ! Alors j’y reviens régulièrement, et je me sens chez moi devant la grotte. Et ça me fait mal de voir ces torrents de boue qui déferlent au sanctuaire, ça me fait mal de voir ceux qui devraient prendre de la hauteur, avoir de la compassion (= souffir avec), déverser eux-mêmes des torrents de boue en se moquant méchammen du sort de ceux qui vivent de l’accueil des pèlerins. On peut avoir été choqué des Jésus en 3D, mais quand je vois des personnes ayant un handicap repartir de Lourdes avec un grand sourire parce qu’elles vont garder de leur passage à la grotte un souvenir concret comme une carte postale, un chapelet ou une Sainte Vierge lumineuse (comme celle que Julie a sur sa table de nuit), je suis très ému…

  • Koz a écrit :

    « Oui, même si parfois, le côté un peu sociologiquement homogène des hospitaliers du National (même si j’en suis quelque part) a pu me faire faire tiquer. »

    Bien sûr, il y a parfois une part de mondanité, c’est vrai et un peu irritant.

     » Mais on peut se dire aussi que c’est une jeunesse aisée qui a le sens du service, quand d’autres, d’une autre jeunesse dorée, passeraient leurs vacances tout autrement. »

    Je crois surtout que, souvent sans s’y être vraiment attendus, ils vivent une expérience vraiment évangélique au service des malades et que cela reste profondément gravé en eux. Même s’ils croient revenir pour les soirées du Roi Albert 😉

  • Merci Koz pour ce billet dans lequel je me retrouve également. De mon côté, ma première (et dernière expérience…) de Lourdes remonte à une vingtaine d’année. J’y ai accompagné un groupe de FRAT. J’ai eu bcp de mal à me « poser » vraiment au delà de tout le marketing qui y règne et qui m’a bcp gênée. Mais je garde cependant un « souvenir » émue des moments partagés avec les malades.
    Il faudra que j’y retourne un jour….

  • Lourdes est un trésor de l’Eglise.
    Il faut se rendre compte que pour beaucoup de malades abandonnés dans des hospices, Lourdes est la sotie de l’année ! « ici je suis quelqu’un » me disait un jour un malade à Lourdes.

    Lourdes est vraiment un lieu d’espérance ! Croire par les faits : venez et voyez !

  • Merci Coz de ce beau témoignage. Moi je ne connais que le pelé de Vezelay 🙂 celui des pères de famille que je crois tu connais aussi – mais il va bien falloir que je me décide, surtout apres un aussi beau texte ! Jean-Yves

  • Que du vrai ! Etant « jeune » (21 ans) hospitalier, je confirme que c’est une aventure exceptionnelle que de pouvoir participer à un pèlerinage à Lourdes en accompagnant des personnes malades et handicapées ! Là bas la phrase  » j’ai reçu bien plus que ce que j’ai donné  » prend tout son sens ! C’est amusante le coté « fric » et marchandisation des objets de piété est un aspect de Lourdes auquel je ne fais pas attention quand je suis là-bas. Il faut dire que les journées des hospitaliers sont chargées ( de 7h à 21h30 avec les pelerins) font que les temps libres à vaquer dans les rues pleines de boutiques sont rares, mais l’aventure humaine et « chrétienne » est tellement plus forte que l’aspect financier (et matériel) me semble totalement éclipsé.

  • Depuis 20 ans j’accompagne mon épouse gravement handicapée au Pèlerinage National. On y allons chaque année ou presque pour y prier. Deux choses à dire : les malades sont vraiment au centre et comme je loge du côté des malades et handicapés, on ne sent pas du tout ce commerce qui se situe hors du sanctuaire. Cela ne nous concerne pas.

  • D’avance je vous prie de m’excuser pour la longueur de ce commentaire.

    Je connais « Koz » parce que votre blog est devenu « presque » incontournable sur la planète de ceux qui ont quelque chose à dire. C’est peut-être un peu creux comme introduction mais il fallait bien trouver une porte pour entrer.

    Me voilà donc, j’ai poussé la porte et peu à peu j’ai été pris par le témoignage. Mon histoire, qui n’a pas d’intérêt particulier, ne passe pas par les mêmes réticences initiales sur Lourdes et son histoire. Elle n’est pas non plus passée par l’expérience de l’accompagnement des malades. Lourdes a été pour moi un rendez-vous très tardif, dans le parcours (presque) naturel d’une vie de pratique religieuse (catholique) sans vagues d’hésitations ni de doutes insurmontables, mais ce fut tout simplement un premier rendez-vous pour célébrer un anniversaire personnel, celui du passage d’une personne pour qui Lourdes a représenté le passage vers la liberté au cours de la guerre civile qui a ensanglanté l’Espagne.

    Mon premier souvenir de la ville et de son contexte remonte à mon enfance : j’avais un jour reçu, cadeau de ma grand-mère maternelle, un petit livre, à la couverture bleu ciel, dont le titre était « La Dame de Massabielle ». Je découvrais un « univers » dont personne ne m’avait parlé jusqu’alors et qui est resté encore dans l’ombre pendant de longues années. Une dévotion mariale vraie n’est venue que plus tard avec la maturation de la vie intérieure et qui fut vraiment une découverte de mes premières années d’étudiants. Pendant longtemps, et je ne pense pas être une exception, la pratique religieuse, sincère et sans césure pourtant, fut une habitude de tradition héritée d’une famille aux racines religieuses authentiques mais peut-être trop habituelles et pas assez enracinées dans la vie. D’ailleurs, je suis, dans ma famille, une pièce devenue unique … les autres ont abandonné toute pratique. Et pourtant nous avons reçu les mêmes fondamentaux de la foi. Mystère de la liberté et de la Grâce !

    Mon contact avec la maladie est quant à lui tout professionnel (je suis médecin). Il va sans dire que je n’aborde pas la maladie de la même façon que vous ni comme toute personne pour qui elle est une rencontre que je qualifierais, sans être péjoratif, « sentimentale » ou « caritative ».

    Je n’ai jamais eu l’occasion d’accompagner des malades à Lourdes, ni dans aucun contexte spirituel de ce type. En revanche dans ma pratique, je n’ai jamais perdu de vue que le malade n’est pas seulement « un cas » mais une personne dont je connais seulement la partie visible et lisible par le regard du médecin. C’est sans doute ce qui m’a sauvé dans un univers technique et technologique de plus en plus accentué au point qu’aujourd’hui il devient vraiment difficile de voir une âme dans un corps malade. Je le dis avec beaucoup de tristesse car si l’on « soigne » aujourd’hui bien mieux qu’on ne le faisait quand j’ai commencé la pratique médicale, combien de malades sont dramatiquement, … tragiquement, abandonnés entre les mains de super-techniciens, sourds et aveugles aux vraies interrogations existentielles de ceux qui se confient à eux, interrogations qu’eux-mêmes ne se posent même pas.

    Lourdes… Que de fois j’ai entendu mes collègues sourire à l’évocation d’un pèlerinage, de l’eau que les malades ou leur famille ont ramenée de la cité au bord du Gave. Ils sont bien trop sûrs de leurs méthodes même quand ils doivent en arriver à la conclusion que l’on ne peut plus rien . Quand ils ne peuvent plus rien, la plupart passent à autre chose … et les malades succèdent aux malades comme l’eau qui roulent sur les galets du Gave, là-bas, à Lourdes ….
    Comme vous j’ai fait ce constat que Notre Dame n’est jamais apparue aux grands de ce monde : à Lourdes, à Fatima, à Guadalupe, à La Salette, à Pontmain … Marie s’est adressée à des enfants ou à des adultes au cœur d’enfant.

    Dans notre monde trop rationnel, qui a encore assez d’ouverture du cœur (et par cette voie-là de l’esprit) pour croire autrement qu’avec les mots qu’il veut bien accepter de prononcer à condition qu’il ne lui pas demandé de renoncer à ce qu’il croit être ?

    Je vous invite à découvrir un livre, sans doute pas assez connu. « Le chant de Bernadette » a été par Franz Werfel. Fuyant l’Europe et surtout l’Europe centrale plongée dans l’horreur du nazisme avec Alma Mahler, veuve du compositeur Gustav Mahler. Il doit passer quelques semaines dans les Pyrénées avant de passer en Espagne et de là gagner les Etats Unis, vers la liberté.

    Franz Werfel est autrichien et juif. Il a entendu dire qu’à Lourdes, non loin de l’endroit où il est momentanément reclus, il s’était passé un phénomène extraordinaire dont il ne sait pas grand-chose et qui lui est plutôt étranger. Il s’informe et, percevant qu’il y a là un « mystère » qu’il ne comprend pas mais qui le séduit, il a l’audace de s’engager à écrire un livre sur les événements qui se sont déroulés là, s’il parvient à quitter l’Europe pour échapper à un sort auquel nombre de ses coreligionnaires n’échapperont pas. Il en tira, non pas une biographie au sens propre, mais comme l’exprime vraiment le titre de son livre : un chant, celui de Bernadette et aussi le sien, celui d’une âme qui cherche avec sincérité la lumière qu’il a entrevue.

    Je vous livre cette courte recension personnelle rédigée à la lecture du livre, à l’occasion du 150° anniversaire des apparitions.

    « Il ressort de ce livre une « peinture » transparente, d’une pureté diaphane, de Bernadette, comme si la vision qui s’est renouvelée 18 fois devant elle l’avait transfigurée pour toujours. Sans se livrer à des interprétations psychologiques hasardeuses, le récit dessine de la voyante un portrait de la plus transparente simplicité.

    Il s’en dégage une image fidèle au portrait que les photographies nous ont gardé. Son regard n’est pas « ailleurs », il est transporté dans un au-delà qui n’est pas de l’ordre du mythe imaginé par un esprit impressionnable mais l’image réelle de la vision qui 18 fois s’est imprimée sur sa rétine. Au fil des apparitions Bernadette reste toujours Bernadette, mais la sublime beauté de La Dame opère dans son âme, spirituellement préparée par les épreuves de sa vie d’enfant pauvre, une transformation qui n’est pas l’une des moindres causes du long parcours dont l’aboutissement sera la reconnaissance de la réalité des apparitions confirmant le dogme de l’Immaculée Conception solennellement proclamé 4 ans plus tôt.

    Le soleil reste toujours le soleil et tous les objets reçoivent la lumière mais ils la réfléchissent diversement selon leur degré d’absorption. Bernadette a reçu cette lumière et l’a totalement absorbée au point d’en être transfigurée. Franz Werfel écrit : « Lourdes est, sur cette planète, le lieu géométrique où se croisent les routes qui mènent à l’enfer où au Ciel ».

    Dans la grotte de Massabielle et à partir de ce lieu originellement sans grâce, la Dame a combattu pour l’enfant pauvre du cachot de la rue des Petits-Fossés

    Dès le premier jour le plus grand et le plus beau miracle de Lourdes aura toujours été celui de la Grâce qui n’a pas trouvé le moindre obstacle vers son âme pour que des milliers d’autres éprouvées par la vie, laissent cette Grâce transfigurer leur propre âme qui reste souvent l’ultime force vibrante dans un corps détruit par la maladie et la souffrance.

    L’autre miracle, celui de Bernadette, sera pour toujours de faire tomber par sa simplicité les gigantesques montagnes de l’orgueil dont est capable l’esprit humain, plongé dans sa pauvreté et sa misère, quand il refuse d’emprunter le chemin qui conduit vers Dieu. Et ce miracle passe par le cœur de celle qu’il a choisie, l’«Immaculada Counceptiou» pour être la Mère de son Fils.

    Le plus difficile pour l’homme qui cherche sincèrement la vérité n’est pas de ployer le genou devant un Dieu tout-puissant mais de le faire, sans autre prétention que de Lui rendre hommage, devant les petits qu’il a toujours choisis pour entrer dans le cœur de ceux qui n’aiment rien d’autre qu’eux-mêmes. Une fois vaincu son orgueil, l’ennemi premier de l’homme racheté, parce qu’il est l’ennemi de Dieu, il reste à emporter son cœur. Et sur ce chemin un jour ou l’autre il rencontre « La Dame », Marie, la Mère de Dieu. Et là il mesure son impuissance.

    Pour ouvrir à Dieu un chemin vers son âme il faut à chaque personne forcer celui de son cœur. Bernadette nous donne aussi un exemple très actuel : celui de la souffrance reçue non pas comme un paquet anonyme de douleurs mais comme le lien le plus étroit et le plus fort que chaque personne entretient avec Jésus sur la Croix.

    1858-2008 Deux époques que rassemble le même rationalisme sectaire hermétique à la dimension spirituelle qui se donne bonne conscience sous l’étiquette très consensuelle de la laïcité… Quand celle-ci n’est rien d’autre qu’un vieux réflexe d’anticléricalisme primaire

  • J’ai été très touchée de lire votre billet sur Lourdes. Comme beaucoup, je connais bien ce lieu, j’y ai vécu les plus belles pages de ma vie de foi, à un moment où elle n’en était qu’à ses débuts. J’y ai rencontré mon mari, comme vous dans le service auprès des malades, des personnes âgées. Je m’y suis « construite », j’y ai fait mes « armes » d’adolescente puis de jeune femme. Comme vous, j’ai été très touchée aussi de voir ce sanctuaire dévasté.
    Tous ceux qui sont passés par Lourdes, qui y ont servi leurs frères, gardent sans doute un Paul ou un Louis, ou un Vincent en leur coeur. Les miens s’appellent Farid, Nicolas, Antoinette ou Adrienne… Hospitaliers et malades, parce que comme vous le dites si bien, même ceux qui sont « valides » portent leur part de blessures et de souffrance. Leur présence à Lourdes dans le service est souvent aussi vécue dans l’espoir d’une guérison… Merci pour ce beau billet !

  • @ Manuel Atréide:
    Lourdes est un lieu où des personnes valides accompagnent d’autres personnes malades. Ce partage d’humanité est bénéfique aux uns comme aux autres et réchauffe tous les coeurs. Il existe aussi des associations non religieuses qui organisent des partages et des rencontres entre des biens portants de bonne volonté, croyants ou non, et des personnes touchées par la maladie. Ces associations oeuvrent discrètement à moins grande échelle mais elles sont nombreuses, alors Manuel, restons positifs !

  • Merci de traduire en mot ce que j’ai pu vivre à Lourdes encore adolescente.
    Des visages resteront marqués à vie, des instants d’éternité où la vie est du pur concentré dans un corps abîmé.
    Entre deux aller-retour, on partageait nos larmes dans les escaliers avec un autre jeune qui avait aussi besoin de convertir son cœur pour accueillir l’amour en barre qui jaillissait d’une personne malade. Quel apprentissage de l’humilité et de la confiance ont-ils pu nous transmettre !
    Tous ces pèlerins ne manquaient pas de nous dire et redire que ces quelques jours leurs permettaient de tenir toute l’année et que nous étions leur rayon de soleil, ce qui, à Lourdes est une vaste blague !

  • merci – je ne suis pas mystique mais je me demande quand même si vous n’avez pas été touché par l’Esprit, une grâce ou autre ..Kozez kozez encore de si belles reflexions! je en savais pas comment présenter Lourdes à mes ados maintenant si! on peut y aller

  • Merci pour ce beau texte.
    J’ai découvert Lourdes à l’age de 11 ans en pélé diocésain avec mon père il y a bientôt 50 ans.
    Je ne comprenais pas tout à l’époque mais je ne peux pas oublier ce moment très fort.
    J’y suis à nouveau allé à plusieurs reprises et j’ y retournerai encore.
    Oui il y a le commerce des marchands mais c’est accessoire.
    L’essentiel est dans le sanctuaire ou se cotoient la ferveur les souffrances le dévouement les peines les émotions la foi l’espoir…

    merci encore

  • Cher Koz,
    comme beaucoup j’ai découvert Lourdes Jeune, comme vous je connais le petit chemin qui de chez les soeurs permet de descendre directement au sanctuaire, comme certains je continu d’y aller avec femme et enfants, comme pas mal j’ai eu les larmes aux yeux en voyant les images de la grotte sous l’eau, comme tous ici j’ai beaucoup aimé votre texte, comme presque tous je vous en remercie.
    Et, comme chaque année, je vous y attends au bord de la piscine ou j’officie en tant que maitre nageur, du 11 au 16.
    Merci Koz.

  • Je n’ai jamais encore mis les pieds à Lourdes. Et sûrement que le côté apparitions ne m’a jamais plus branchée que ça.
    Mais… ton billet sonne tellement juste et beau que je regarderai de plus près les prochaines propositions qui se pointeront 😉

    Enfin, peu importe. Merci Koz.

  • Ah Koz, mon vieux copain de pélé, que soient bénies toutes les étapes qui t’ont conduit à être aujourd’hui ce porte-voix…
    Pour moi Lourdes c’est une terre de contraste entre la jeunesse dorée, les casquettes jaunes, les ballons multicolores, l’insouciance des vacances et ces instants d’humilité -Bernadette mangeant de l’herbe sous les sarcasmes, les corps et les esprits blessés des pélerins, la nudité dans les bains- dont le sens m’est venu tout doucement. C’est cette étonnante catéchèse de la souffrance des innocents, que je vis tous les jours avec ce petit bonhomme tout cassé qui nous a été confié, et pour qui je me fais tour à tour casquette jaune, brancardière, hospitalière, piscinière. Et parmi ces contrastes il y aura la joie profonde que j’aurai quand je l’y emmenerai avec ses petits frères et où il aura la première place, et le sourire narquois qui me viendra quand je reverrai les marchands du temple, le kitsch des basiliques et le Roy Albert…

  • Docteur Housse, présente dès 1996… Embrasse bien ce petit bonhomme tout cassé, de la part d’un inconnu barbu qui pique.

  • La boue du monde venue d’en haut, de la montagne, s’est déposée aux pieds de la Vierge.
    Les bénévoles d’en bas l’ont repoussée dans le gave.
    On peut à nouveau prier devant Marie.
    Cela s’appelle la Miséricorde.
    Qui peut comprendre la portée métaphorique de ce message divin ?

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