Retraites : l'égalité des sexes se mord la queue

escargotC’est ce qu’on appelle le coup de pied de l’âne : les femmes voulaient être les égales des hommes, et elles en paient les pots cassés. Les femmes… Certainement, mais pas seulement elles. Avec cette affaire de retraite des mères de famille, on tombe dans une application cocasse de la manie égalitariste. Et les petits supplétifs de la gauche royaliste croient pouvoir fanfaronner. Mais qu’ils se reprennent, qu’ils se reprennent ! La responsabilité, ils la portent là, sur le front, en lettres capitales. Ils ont beau esquiver, se retourner, elle est là, elle les suit. Bien sûr, on peut concéder une contamination rampante. Ce ne sont pas les socialistes qui ont créé la Halde1, pas eux qui, au pouvoir, additionnent les déclarations ambigües sur la politique familiale.

La Halde barde

La gardienne des égalitarismes. Pavée de bonnes intentions, elle n’en finit pas de chasser2. Le 11 décembre 2008, la HALDE adopte un rapport spécial d’une indigente brièveté au regard des enjeux. Pourtant, elle avait des faits précis. Au moins ce père-là avait-il élevé seul ses deux enfants. Mais ça n’a pas empêché la HALDE de se prononcer de façon définitive et indifférenciée (c’est une manie, je vous dis)3.

Et pourtant, on a le droit de ne pas être convaincu par sa position de la Halde. A deux égards.

Car la Halde paraît quelque peu pressée de conclure dans un sens que l’on craint d’imaginer pré-établi. Ainsi, elle croit pouvoir déduire directement de l’article D.351-1-7 du code de la sécurité sociale4 que les avantages accordés aux femmes ne viennent « donc » pas compenser les divers désavantages qu’elles subissant et que « le traitement différencié des hommes et des femmes n’apparait donc pas justifié au regard de l’objectif de la mesure qui est de prendre en compte une période d’inactivité liée à l’éducation de ses enfants ».

Pour corser le tout, la Halde publie un communiqué de presse dans lequel elle affirme demander « que les pères de famille qui ont élevé leurs enfants bénéficient de la même majoration que les mères pour le calcul des retraites du régime général« . Cela ne correspond pourtant même pas à sa propre délibération, dans laquelle elle se contente de demander la modification de l’article l’article L 351-4 du code de la sécurité sociale, sans en préciser la direction.

Défausses en cascade

Alors crions-le, puisqu’on nous la sert sur un plateau, avec insistance : halde-là !5 Non seulement on aimerait que la Halde se conforme à ses propres décisions mais la défausse généralisée commence à agacer. C’est le pouvoir politique qui, n’assumant pas le rôle qui lui est donné par le peuple et confortant un soupçon de partialité à son encontre, se défausse sur des autorités administratives indépendantes. Et c’est l’autorité en question qui, en retour, fait preuve de la plus parfaite irresponsabilité et démagogie, car il est bien facile de renvoyer au pouvoir politique lorsque l’on n’assume pas la décision finale. Car la Halde ne peut ignorer que, dans la situation actuelle du système de retraites, et alors que l’on se trouve contraint d’allonger la durée d’activité, il n’est guère envisageable d’accorder à l’ensemble des pères qui ont élevé des enfants jusqu’à deux ans d’assurance supplémentaire.

Des revendications culottées

Mais pourquoi, au juste, se retrouve-t-on dans cette situation ? Nous y sommes parce qu’un certain Monsieur Griesmar, ayant élevé ses enfants, a entendu solliciter le bénéfice de la bonification accordée aux femmes ayant élevé leurs enfants. Le Conseil d’Etat, saisi de cette question, transmit à la Cour de Justice des Communautés Européennes, qui estima que le principe communautaire de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes s’y opposait. Et le Conseil d’Etat exigea de l’Etat qu’il procède à la revalorisation de la retraite de M. Griesmar.

Et puisque ce n’est pas parce que l’on n’est pas fonctionnaire qu’on n’a pas des idées, M. Griesmar n’a pas tardé à être imité. C’est ainsi qu’en dernier lieu, un M. Jean Kierzkowski a vu sa demande de bénéficier de la majoration de la durée d’assurance prévu à l’article L.351-4 du code de la sécurité sociale consacrée par la Cour de cassation (par un arrêt du 19 février 2009). Oh, pour le coup, ce Monsieur Kierzkowski ne manque pas d’audace. Car voici ce qu’il a expliqué à La Croix :

« Avec ma femme, nous travaillions chacun dix-huit heures par semaine, donc nous nous partagions les tâches ménagères et les sorties pour conduire les enfants à leurs activités. Pour moi, ce n’est pas la maternité qui doit être prise en compte mais l’éducation, à laquelle j’ai amplement participé. Et je pense aussi qu’aujourd’hui les hommes peuvent s’arrêter pendant au moins deux mois pour permettre à leur épouse de reprendre le travail. »

Voilà, se dit-on, un homme cohérent. Un homme qui a, mis en pratique ses conceptions égalitaires et travaillé autant que sa femme, pour s’occuper autant qu’elle de ses enfants.

Eh bien, vous n’y êtes pas et, vous allez voir, c’est tordant : Monsieur Jean Kierzkowski était professeur. Il était « maître enseignant dans des établissements privés sous contrat », comme le précisait la CPAM en appel. Et, vous parlez d’une coïncidence : dix-huit heures, c’est un temps plein, pour un enseignant.

Monsieur Kierzkowski a bénéficié des avantages d’une profession6 qui permettent de concilier vie professionnelle et vie familiale, puis il est venu réclamer le bénéfice de dispositions spécialement créées pour pallier les difficultés rencontrées à cet égard, et il le fait en mettant en avant une égalité de temps de travail avec son épouse qui ne résulte aucunement d’un choix personnel responsable. Il a eu gain de cause, et c’est notamment grâce à des personnes telles que lui que les retraites des mères sont aujourd’hui en péril.

Le ver égalitariste

Qu’est-il donc possible de faire aujourd’hui ? Elargir le dispositif aux pères ? Voilà une proposition que, au vu de l’état de notre système de retraite, seuls quelques irresponsables sont susceptibles de faire. La CFTC propose qu’on accorde le bénéfice de « cette majoration de durée d’assurance aux personnes qui s’arrêtent de travailler pour donner naissance à un enfant ». Dans la mesure où, à tout le moins à brève échéance, nous pouvons avoir une certitude que cela ne concernera que les mères, cela pourrait fournir un critère objectif. Mais il y a de quoi rester perplexe : tout ça pour ça, alors ? Juste pour un léger changement de fondement ? Il suffira donc – et c’est possible – que cette mesure soit pleinement intégrée dans une politique familiale, nataliste, pour qu’elle soit acceptée ?

Au-delà, on ne peut pas s’empêcher de sourire devant les conséquences de cet égalitarisme fou, qui vient précisément nuire aux mesures destinées à compenser un peu l’inégalité inhérente entre les hommes et les femmes dans le travail, en s’inspirant en outre d’une négation de la différence entre les sexes. D’un idéal légitime d’égalité, on verse dans l’égalitarisme, aiguillonné par une mentalité revendicatrice et, in fine, égoïste par ceux qui se consacrent à gratter tous les bénéfices possibles au mépris des conséquences de leurs revendications. Alors, au supplétif précité, mon camarade Romain, qui croit pouvoir crier haro sur « la droite », je ne peux qu’adresser cette interrogation : es-tu certain que la mentalité sous-jacente est bien une mentalité « de droite » ?


  1. présidée on le sait par Louis Schweitzer, auquel on prête de sérieuses amitiés royalistes []
  2. c’est le pavé : c’est glissant []
  3. « Le Collège de la haute autorité adopte le rapport spécial annexé ci-après relatif aux réclamations de pères de famille ayant élevé seuls leurs enfants et relevant le caractère discriminatoire de l’article L 351-4 du code de la sécurité sociale en ce qu’il ne réserve qu’aux mères, le bénéfice de majorations de durée d’assurances dans le calcul des pensions de retraite. » []
  4. « Pour le bénéfice de la majoration prévue à l’article L. 351-4, il est attribué un trimestre d’assurance à compter soit de la naissance de l’enfant, soit de son adoption ou de sa prise en charge effective si elle est postérieure à la naissance. Il est en outre attribué, dans la limite de sept trimestres pour chaque bénéficiaire de la majoration de durée d’assurance et jusqu’au seizième anniversaire de l’enfant, un trimestre d’assurance supplémentaire, à chacune de ses dates anniversaires, ou pour chaque période d’un an à compter de son adoption ou sa prise en charge effective. Pour l’application du présent article, sont considérées comme ayant élevé un enfant les assurées qui ont assumé sa prise en charge effective et permanente au sens de l’article L. 521-2 » []
  5. crédits à Causeur, pour le badge []
  6. qu’il soit bien noté ici que je suis bien placé pour ne pas mépriser tout ce que cette profession demande comme travail autre que le temps passé en classe []

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50 comments

  • Je note que de l’aveu même de l’un d’entre eux, les professeurs ne travaillent bien que 18 heures par semaine et non 30 ou 35 comme ils l’affirment régulièrement sous prétexte de corrections de copies ou de préparations de cours. Intéressant.

    Question subsidiaire : comme ils ont activement soutenu la loi pour les 35 heures, faut-il leur donner 17 heures de cours supplémentaires à assurer chaque semaine ?

  • Comme pouvait le laisser penser ma note n°6, ma femme est professeur. J’ai donc de bonnes raisons de ne pas te suivre sur ce point, et de t’inciter à fréquenter des professeurs pour mieux appréhender leur travail effectif. Ces 18 heures sont effectivement un simple temps de présence en classe et le travail d’un professeur ne s’y limite pas, loin de là.

  • De passage, je confirme les propos de koz sur les professeurs. Mon père était enseignant, ma mère cadre en entreprise.

    Dans ces conditions, c’était bien papa qui s’occupait le plus des enfants à la maison et en dehors. Difficile, mais gérable. 18 h de présence, ça veut juste dire que le temps de travail nécessaire restant, on peut le caser où l’on veut. Y compris après 22h.

    L’autre conséquence, c’est d’avoir toujours eu l’habitude de voir le père faire la plupart des tâches ménagères. Du coup, même petit, j’ai toujours trouvé les publicités pour les lessives sexistes.

  • La perversité de cet égalitarisme forcené est sans limite.

    Pour ma part, je n’ai aucun problème à ce que ma femme (i) gagne plus que moi, (ii) ne s’occupe pas plus des enfants que moi et (iii) bénéficie d’une retraite bonifiée et pas moi.

    On vit plus heureux quand on ne regarde pas dans l’assiette du voisin. J’ai appris ça de mes parents (un homme et une femme).

  • He bien, moi je soutiens ce genre d’initiative. Mesdame veulent l’égalité, he bien, appliquons le…. intégralement !

    Fini les entrées gratuites en boite de nuit, c’est sexiste, fini les petits avantages sociaux appelés galanterie qui permet de ne jamais payer le resto alors que l’égalité des salaires est acquise.

    Fini aussi d’aller demander à Mr de tondre la pelouse ou changer l’ampoule alors que Mme ne veut plus (ne sait plus) faire la cuisine

    Et c’est pareil pour tous les chantres de l’égalitarisme, les CGTistes et les autres Cheminots.

    Et comme on pourrra pas étendre leur privilèges, ils devront s’aligner sur nous, sur le bas.

    Et pour moi, ca ne changera rien, je n’ai aucun acquis social à défendre. Et sur le long terme, peut être que mes impots, à défaut de baisser, serviront à préparer l’avenir de mes enfants (à défaut du mien)

    Ne me voyez pas comme pourfendeur des acquis sociaux, mais comme un exaspéré de ceux qui prônent l’égalité avec les plus riches et la liberté de ne pas assumer les revers dela médaille, en faisant porter le fardeau à d’autres sous la menace de greve, en s’assurant des places de pouvoir usurpées voire par la condamnation bien-pensante

    Quant aux profs, si je ne doute pas un instant que Mme Koz, avec sa charmante mais désuète conscience professionnelle travaille bien plus que 18h (tout comme ma mère), j’en doute fortement pour un certain nombre de profs que j’ai pu cotoyé

  • Et pourquoi ne pas réserver cet avantage au parent qui diminue effectivement son volume horaire de travail l’année de la naissance du premier enfant ? Ca doit pouvoir se calculer facilement ? Sinon honnêtement je ne vois pas la raison de cet avantage sexiste. Je m’occupe de mes enfants autant que ma femme, j’aménage mes horaires pour. De plus, je gagne plus d’argent, mais il sert à entretenir toute la famille !

  • « supplétif de la gauche royaliste ».Mazette. Que d’être nommé comme ça quand on est strausskiste !Ce que le ps voulait dire, simplement, c’est qu’aujourd’hui les femmes et les hommes participent de l’éducation des enfants. On regrette donc l’équation purement comptable du gouvernement. Petit paradoxe par contre que cette jsute revendication d’égalité quand certains des mêmes ont voté l’absurde parité.

  • @ Bull Au fait, vous avez pris combien de kilos pendant votre grossesse ? Et vous avez eu une sciatique ? Des varices ? Et vous avez eu une césarienne ? et des fausses couches, vous en aviez eues ? Et vous avez allaité vos enfants combien de mois ? Vous n’avez jamais eu d’abcès ? Et vous avez été anémié ? Au bout de combien de temps pouviez-vous remonter les escaliers sans être essoufflé ? Et vous avez eu combien de grossesses ? Et quand vous repreniez le travail, c’était sur le même poste ? Et vous avez eu beaucoup d’avancement dans votre carrière ? Et c’était agréable d’entendre de la bouche de votre conjoint que vous étiez « entretenu » ?

  • @Christine: Si ça vous emmerdait autant, il fallait adopter, c’est long mais vous gardez votre corps de jeune fille. Nous ne sommes pas là pour indemniser votre « calvaire » personnel, que vous avez volontairement choisi et dont vous devez assumer volontairement les conséquences

  • Bob de Normandie a écrit:

    Nous ne sommes pas là pour indemniser votre « calvaire » personnel, que vous avez volontairement choisi et dont vous devez assumer volontairement les conséquences

    choisir est bien le problème: il ne faudrait pas dissuader les femmes de faire des enfants: avec la durée de cotisation, la décote et le prix des logements, 80% des femmes qui auront eu des enfants ne pourront plus vivre que dans la rue! ou chez leurs enfants, qui accessoirement vivront peut-être déjà avec quelqu’un d’autre… Tout ça à cause de quelques pingres qui auront voulu abuser du système, c’est un peu disproportionné, non? C’est aussi lire la lettre des lois, pas l’esprit. On doit pouvoir repenser ça en termes d’arrêt effectif de travail, pas en terme de répartition des tâches ménagères…

    Ou alors, comme le propose Le député des Verts Yves Cochet, faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» (non, non, je rigole même pas! http://www.liberation.fr/societe/0101560404-yves-cochet-pour-la-greve-du-troisieme-ventre ).

    C’est vrai, quoi, les enfants, ça devrait être tout bonnement interdit: ça pollue, ça grouille, ça surpopulationne, et si on compare la masse d’excréments rejetés avec la masse musculaire produite, c’est franchement contre-productif!

    Enfin une solution efficace contre les problèmes dans le monde: que des vieux qui se poussent dans des chaises roulantes jusqu’à ce que les derniers n’aient plus de force et qu’ils dépérissent sur place, comme ça notre planète sera toute belle et toute égalitaire!

  • au fait, l’enseignant qui affirme n’avoir travaillé que 18h par semaine pour élever ses enfants alors qu’il touchait un salaire correspondant à un temps plein pour s’occuper de ses élèves, ne devrait-il pas plutôt être poursuivi pour escroquerie à l’éducation nationale?

  • Sauf que toutes les enquêtes sérieuses prouvent le contraire… 27% de moyenne de salaire en moins, je n’ai pas retenu les chiffres pour le partage des tâches, mais c’est pire, retraite moindre… et combien de familles pauvre monoparentales dont le seul parent est une femme ??? Alors si égalité il faut, allons donc jusque là et ne prenez pas votre cas particulier – et encore, je préfèrerais que votre épouse confirme !! – pour une généralité !

    @ romain blachier:

  • @ Bob de Normandie C’est un point de vue, mais si vous voulez le défendre avec cohérence, vous devez refuser la retraite qui sera financée par mes enfants, et d’ailleurs toute indemnité si vous tombez malade ou devenez invalide. Et comme les règles, minimales ou maximales, de solidarité dans une société doivent être les mêmes pour tous, si les femmes qui ont des enfants ne sont pas soutenues collectivement, leurs enfants n’ont pas à aider les autres vieux, chacun pour soi, plus de crèches, mais plus de maisons de vieux, plus de charges assumées pour les autres par solidarité. L’unique placement devient… la famille.

  • On voit bien là l’effet pervers de cet égalitarisme qui engendre la crispation, la jalousie, le conflit.

    Chaque situation a ses avantages et ses inconvénients. A vouloir tout égaliser, on incite les gens à ne voir que les inconvénients.

    Etre une femme comporte pourtant un certain nombre d’avantages sérieux. 7 ans d’espérance de vie supplémentaires, un lien privilégié avec les enfants, la garantie quasi-absolue d’obtenir la garde des enfants en cas de divorce (qui est, pour le coup, un pur scandale) …

    Attendre de la société qu’elle compense les différences naturelles entre les catégories d’êtres humains ne peut qu’aboutir à créer des conflits inextricables sur l’inventaire et l’évaluation de ces différences.

  • Je me contenterai de dire pour ajouter au débat que, en toute objectivité, la halde barde, ça c’est de l’intertitre.

  • @ Christine: complètement d’accord! Il n’y a pas de raison pour que celles qui ont eu des enfants en s’arrêtant de travailler afin qu’ils grandissent sans ce mal-être intérieur dû aux modes de garde (collectifs et souvent sans affection suffisante) et deviennent des adultes solides non assistés, se retrouvent sans rien alors que des sommes disproportionnées seront versées à ceux et celles qui n’ont jamais pensé qu’à leur pomme.

    Je ne parle pas de ceux qui n’ont pas pu avoir d’enfants alors qu’ils en voulaient, évidemment, mais de ceux qui n’en ont pas voulu ou ceux qui ont fait passer l’argent avant l’éducation et dont les enfants finissent par être des poids pour les autres tellement leur mal-être est précoce et profond; je sais que ça peut heurter, mais franchement, pénaliser des femmes qui déjà se privent d’un salaire pour que leurs enfants soient en meilleure santé psychologique, c’est suicidaire pour un pays!

    Bien sûr, j’en entends déjà dire que ces femmes avaient de la chance d’avoir un mari qui gagnait assez pour deux; mais j’en connais, et ce n’est pas toujours si net: un seul salaire, même correct, n’a souvent rien à voir avec deux salaires. Ces familles roulent rarement sur l’or, sans compter que dans la majorité des cas, la femme ne travaille que pas ou peu parce qu’elle ne trouve que des emplois à temps partiels, justement à cause de ses enfants, et que bien souvent elle est seule pour les élever! Qu’on n’aille pas invoquer la grande bourgeoisie pour faire passer des lois qui vont mettre des milliers de petites vieilles à la rue et dissuader les plus jeunes d’avoir des enfants …ce qui est le but de certains, n’en doutez pas : selon un député vert français, il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» http://www.liberation.fr/societe/0101560404-yves-cochet-pour-la-greve-du-troisieme-ventre (déjà, rien que le terme, on voit bien le mépris pour les femmes).

    Et on s’étonne d’être un pays de vieux!

  • @ Christine: alors là, complètement d’accord! Il n’y a aucune raison pour que les enfants payent une retraite souvent disproportionnée à des gens qui n’ont pensé qu’à leur pomme, en laissant leur mère vivre dans un taudis ou pire? (car ils ne pourront pas entretenir à la fois tous les retraités sans enfants et leur mère et faire vivre leur famille).

    Mais il y a des idéologues (pseudo-écolos en tête) qui pensent que la planète porte trop d’êtres humains, et qui nous pondent des idées comme celle-ci: « il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» qui inverserait l’échelle des prestations familiales » (d’un député Vert: Yves Cochet), et je ne suis pas sûre que ces gens ne fassent pas tout pour empêcher les français(es) d’avoir des enfants.

    @ Liberal: il s’agit aussi de prendre du temps avec ces enfants afin qu’ils soient des adultes en bonne santé mentale: ne comptez pas sur les délinquants, sur la mafia, ou sur les adultes dépressifs pour payer votre retraite! Les parents qui ne font pas de sacrifices pour prendre du temps avec leurs enfants les exposent plus que les autres à une vie difficile. Les mesures qui permettaient une meilleure gestion de la petite enfance (congé parental, facilités pour l’allaitement, AGED, retraites…) fondent comme neige au soleil, et les conséquences seront profondes et durables. Et la garde pour la mère, ce n’est plus un absolu; les chiffres viennent uniquement des pères qui ne veulent pas s’encombrer de leurs enfants, aujourd’hui et la garde alternée est généralement accordée si les parents ne sont pas déficients. Je suis d’accord pour ne pas vouloir tout égaliser, mais je trouve qu’il faut établir un minimum pour protéger les plus faibles et éviter de dissuader les gens de fonder une famille.

  • @do Un peu malhonnête votre pique sur les écolos. Pour réfléchir à des solutions à la hauteur d’un défi comme celui-ci, comme dans tout processus créatif, il faut s’autoriser une phase de brain storming où on est encouragé à sortir des sentiers battus, privilégier la qualité sur la quantité, mettre en veilleuse l’esprit critique, ne pas s’auto-censurer, etc…

    C’est une façon très efficace de produire des hypothèses qui peuvent ensuite (mais ensuite seulement) être passé au crible de l’évaluation critique. C’est d’ailleurs exactement ce qui a été fait, la proposition d’Yves Cochet est très largement réfutée chez les écolos depuis.

    http://lipietz.net/spip.php?page=blog_forum&id_breve=341&id_forum=3306 Contre la « prohibition du 3è ventre ».

    je dois dire que je serais totalement hostile à cette proposition si elle devait être prise à la lettre, ce qui me semblerait procéder d’une double erreur scientifique étonnante chez un homme comme Yves Cochet.

    L’empreinte écologique d’une population donnée (sa pression sur l’écosystème planétaire) est le produit de l’empreinte de l’individu moyen par le nombre d’individus. Le taux de croissance de l’empreinte est la somme des deux taux de croissance. Il faut donc choisir une combinaison raisonnable de ces deux méthodes (diminuer l’emprunte individuelle, diminuer la croissance de la population), pondérée par la différence énorme de cout qu’il y a, en termes d’autonomie, entre demander à une femme de ne plus avoir d’enfant et lui demander de mettre un pull plutôt que pousser le chauffage. Or quelles sont les enjeux pour chacun des deux taux ?

    Le taux de croissance de la population devient progressivement négatif quand les femmes font en moyenne moins de 2,1 enfants sur l’ensemble de leur vie (le 0,1 vient de la différence garçons-filles à la naissance). Ce 2,1 par femme, c’est ce qu’on appelle la descendance finale correspondant au taux de renouvellement des générations. Actuellement, sauf les USA où l’on immigre encore massivement, ce taux n’est plus atteint par aucun pays « développé ». Tous les pays développés ont donc ou vont bientôt commencer à voir décroitre leur population. La France est proche du « taux de renouvellement » (2,01) mais reste en dessous. Dans le scenario central de l’ONU (à tendance inchangé), la population mondiale continuera à croitre (donc : uniquement dans le tiers monde) jusqu’en 2050, où elle se stabilisera à 9 milliards de personnes. A ce moment, il y aura 2,02 enfants par femme : donc le monde entier aura amorcé son déclin démographique. De toute façon l’explosion démographique est terminée, elle fera encore sentir ses effets pendant quelques décennies, car les filles qui seront mère d’ici 2050 sont largement déjà là. Mais le fait qu’elles aient 1 ou 3 enfants dans leur vie ne peut plus changer grand chose pour les 10 années qui viennent, ultime « fenêtre de tir » pour limiter le changement climatique à + 2° C, selon le rapport du GIEC.

    En revanche, le taux de croissance de l’empreinte écologique peut et doit, selon Von Weiszacker et son équipe, décroître dans le monde « développé » d’un facteur 4 d’ici 2050, en utilisant les techniques déjà connues ! On se bat au Parlement européen pour faire décroitre la seule production de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2020. On n’est pas dans le même tempo que Yves Cochet.

    La seconde erreur d’Yves est de confondre résultante statistique et norme a priori. Supposons même que nous fassions de la stabilité de la population un objectif écologiste. Cette stabilité implique 2,1 enfants par femme EN MOYENNE. Cela veut dire que les femmes qui en ont plus de 2 compensent celles qui n’ont que 0 ou 1. Si nous limitons autoritairement les naissances à 2 enfants par femme, comme Yves semble le proposer, le taux de « descendance finale » tombera nettement en dessous de 2,1, par exemple 1,1 voire 0,9 (comme en Italie, où les femmes ayant plus de deux enfants sont une espèce en disparition). Dès lors, la population ne se stabilise pas : elle vieillit, puis se réduit, puis disparait.

    Le taux français actuel de 2,01 conduisant à terme à une quasi stabilité puis à une légère décroissance de la France est donc le résultat de dizaines de millions de choix de vie qui aboutissent à faire 0, 1, 2, 3, 4 enfants, résultat que viendrait perturber une mesure autoritaire comme celle que semble proposer Yves. A moins que son vrai choix ne soit celui d’une population diminuant et vieillissante, mais alors qu’il le dise.

    Evidemment, il est tentant de dire  » s’il y avait moins de monde, il y en aurait plus pour chacun ». Cette idée de limiter ses efforts individuels, en comptant sur la démographie des autres, je l’appelle, depuis le Sommet de la terre à Rio 1992 (où déjà le tiers monde a dû repousser les accusations de faire trop d’enfants) le « syndrome du Capitaine Haddock ». (Haddock, en route pour la lune, voulait débarquer les Dupondt sur une étoile déserte pour pouvoir continuer à fumer sa pipe). Plus concrètement, c’est la motivation des couples qui en Occident se limitent désormais à 1 ou 2 enfants : ils cherchent à préserver leur niveau de vie, car le troisième enfant coute beaucoup plus cher. Mais on peut dire à l’inverse que, tant que chaque Américain aura une empreinte cinquante fois plus grande que celle des Nigériens, les Nigériennes auront le droit de faire 50 fois plus d’enfants…

    Pour la part je considère que la stabilisation progressive de toutes les populations du monde est raisonnable. Elle conduit à un monde de 9 milliards d’habitants, où la question principale ne sera pas tant la diminution de l’empreinte écologique du tiers monde que le repartage de notre empreinte (c’est à dire de la part des richesses naturelles que nous nous adjugeons) en direction du tiers monde. C’est la voie exigeante mais… savoureuse que nous propose Natalie Gandais-Riolllet . Elle a raison.

  • Bonsoir Koz,

    je me demande si ton ami Jean ne serait pas plutot instituteur (maitre des ecoles), une profession ou l’on fait plus d’heures de presence, mais ou il y a aussi moins de preparation. Il est donc fort possible qu’il s’agisse d’un reel temps partiel.

    Pour le reste, sans connaitre les details, je pense que la politique familiale est plutot bonne en France, puisque l’on a un taux de natalite autour de 2 qui est sans doute ideal (la population n’augmente plus, et les generations sont a peu pres remplacees).

    Je crois que la cle d’une politique familiale, c’est de permettre de concilier travail et enfants, en particulier pour les femmes. Dans les pays ou c’est mal fait (Japon, Allemagne, Italie, Espagne), les couples font tout simplement la « greve des ventres »: les femmes qui souhaitent avoir un travail et les couples qui preferent deux salaires n’auront tout simplement pas d’enfant.

    Sur le fond, et dans le cadre de la politique nataliste francaise, si ce sont toujours les femmes qui sont enceintes, et s’il me semble normal qu’elles soient compensees pour cela, je trouve aussi assez normal que si c’est le pere qui arrete de travailler pour eduquer ses enfants (je connais de telles situations), ce soit lui qui recupere la bonification prevue a cet effet. Il ne me semble pas chocant que dans un couple ou la femme a le meilleure situation, elle continue a travailler et l’homme se charge de l’education des enfants. D’autant qu’il existe aussi des femmes qui sont aussi maternelles qu’un berger allemand (c’est il est vrai plutot une exception) et des hommes qui s’acquitent tres bien des taches educatives.

    Sur un autre sujet, je crois qu’il ne faut pas avoir peur de dire que la surpopulation peut-etre un vrai probleme qui s’est souvent traduit historiquement par des famines ou des guerres. Personne ne sait actuellement comment les techniques vont evoluer (et en particulier les techniques agricoles), mais il y a une vrai possibilite que l’on arrive a la limite de la planete, et que nos societes doivent s’adapter pour eviter les guerres sus-mentionnees.

  • Beau post jmf. Je me permets de le compléter, si tu veux bien.

    En fait l’empreinte écologique de l’individu moyen peut elle-même être vue comme le produit de deux facteurs : le niveau de vie moyen et l’empreinte écologique de chaque euro de richesse produite. Ainsi, l’empreinte écologique est elle le produit de trois facteurs : la population, le niveau de vie moyen et l’empreinte d’un euro de richesse produite.

    L’élément encourageant, est que ce dernier facteur décroît dans le temps sous l’effet du progrès technique, de l’amélioration des rendements des procedés industriels et agricoles, de la mise en oeuvre de normes environnementales. Malheureusement, il ne décroît pas assez vite pour compenser l’accroissement du niveau de vie et de la population.

    Mais c’est bien la décroissance de ce facteur et de lui seul qui devrait être l’objectif légitime des écologistes. Ceux qui militent contre la croissance du niveau de vie commettent la même erreur que ceux qui prônent la décroissance de la population.

    Puisque, comme tu l’expliques bien, la population mondiale devrait naturellement se stabiliser dans un avenir proche, l’équation n’aura bientôt plus que 2 facteurs : le niveau de vie et le coût écologique de la production d’un euro. L’humanité est donc placée devant un choix assez simple. Elle pourra augmenter son niveau de vie à hauteur de sa capacité à produire plus pour un coût écologique donné.

    Et c’est pour ça que je suis assez optimiste. Car s’il est une chose pour laquelle on peut faire confiance à notre société (post)industrielle, c’est bien sa capacité à améliorer la productivité.

    Les hommes savent comment produire plus de richesse avec moins de travail, moins de matière première, moins d’énergie. Il suffit juste qu’ils intègrent l’impact écologique comme facteur à optimiser, et ils y arriveront.

    C’est à cela que peuvent (et doivent) servir les écologistes.

  • Petite pierre à gros édifice.

    Je suis une femme. Je ne compte pas avoir d’enfant. La simple idée d’être une femme au foyer me glace le sang. Je suis pourtant fonctionnaire et il me serait facile d’avoir des enfants sans me soucier de mon retour à l’emploi et de l’aménagement de mon temps de travail si nécessaire. J’ai en outre un chef de service hors norme qui adore voir ses subalternes fonder des familles, malgré le fait que nous oeuvrons dans un corps de métier à 80% féminin. Une vraie politique nataliste à lui tout seul (il faut dire, il est un peu catho). D’une famille traditionnellement pauvre et de gauche depuis des générations, les mères qui la composent ont toujours travaillé et élevé leurs enfants en même temps, certaines par nécessité, d’autres par besoin de faire autre chose que de tenir leur foyer. Je suis donc pour une politique nataliste qui offre un réel choix aux mères et aux pères entre travail et/ou enfants. J’aimerais que soit encouragées les entreprises qui investissent dans un système de garderie etc etc. Et je pense effectivement qu’un père qui a pris un congé parental et qui a aménagé son temps de travail à 50 ou 80 % pour s’occuper de ses enfants a tout autant le droit à cette fameuse bonification qu’une mère. L’attribuer à une femme juste parce qu’elle porte une jupe relève de la même stupidité que d’estimer qu’elle a l’équivalence d’un diplôme niveau licence lorsqu’elle a élevé trois enfants.

    En résumé : on ne devrait pas avoir à choisir entre travail et enfants. On devrait peut être aussi faire un petit peu évoluer les schémas sociaux de notre civilisation moderne.

    Je reviendrai un instant sur les superbes trois avantages qu’ont « les femmes », selon Liberal. Ces avantages whouwhou sont « réservés » pour deux d’entre eux aux femmes qui ont choisi d’être mères et sont pour le coup plus que contestables comme l’a remarqué un post ultérieur. Le dernier, ma foi, étant fumeuse…

    J’adore mon genre mais si j’avais eu le choix, je pense quand même que j’aurais pris « homme ». Par sécurité, au cas où je ne renaitrais pas dans ma famille, mon époque et ma société actuelles. Contrairement à Liberal, par contre, j’aurais peut être pris l’option « réfléchir plus loin que le bout de son…nez ».

    Messieurs, Mesdames, Mesdemoiselles, bonsoir.

  • la différence entre égalité et égalitarisme est idéologique – si la première est intouchable (pourquoi d’ailleurs ?) la seconde serait pernicieuse (je file la métaphore du ver) – plutôt que réelle. En effet, vous ne montrez nulle part pourquoi il faudrait préférer l’un à l’autre : vous supposez que l’égalitarisme serait mauvais (« fou ») en tant que dégénérescence de l’égalité comme heureux idéal. C’est une posture fort habituelle : déprécier un terme pour valoriser l’autre (qui est comme par hasard celui qu’on défend). En restez comme que vous le faites au niveau de la métaphore organique sinon décadentaire revient à lester l’égalité de réflexes que vous seul lui attribuez (gauchissement ? perversion ?). Au point qu’aujourd’hui il est de bon ton pour être élu à la Présidence de la République de se déclarer hostile à l’égalitarisme – car l’égalité c’est bien beau, mais ça a des limites ! entendre : « je ne suis pas contre l’égalité mais… »

    ps : dans cette affaire, si l’égalité est bien visée, son moyen est biaisé : ce n’est pas la condition féminine qui est à redresser par des avantages mais l’absence de cotisation induite par la grossesse et l’élevage de la marmaille. Dès lors, le critère doit être révisé : plutôt que sexuel c’est le retrait de la vie professionnelle qui est recherché.

  • @Liberal, vous écrivez :

    « L’élément encourageant, est que ce dernier facteur décroît dans le temps sous l’effet du progrès technique, de l’amélioration des rendements des procedés industriels et agricoles, de la mise en oeuvre de normes environnementales. […]

    Mais c’est bien la décroissance de ce facteur et de lui seul qui devrait être l’objectif légitime des écologistes. Ceux qui militent contre la croissance du niveau de vie commettent la même erreur que ceux qui prônent la décroissance de la population. »

    Celà me semble contradictoire.

    Une norme environnementale, c’est quoi? C’est quelquechose qui rend un procédé industriel plus cher pour le même résultat (ex. l’industriel paye plus cher qu’avant pour traiter ses déchets).

    Une norme environnementale est donc forcément liée à une modération de la consommation (les 4×4 coûtent plus cher ces temps çi, du fait de quelques normes anti-pollution…). On ne peut pas dissocier les deux.

    Vous dites :

    « Les hommes savent comment produire plus de richesse avec moins de travail, moins de matière première, moins d’énergie. Il suffit juste qu’ils intègrent l’impact écologique comme facteur à optimiser, et ils y arriveront. »

    La question est donc : qu’est-ce qui est prioritaire? L’optimisation du système de production du point de vue de l’impact écologique, ou l’augmentation de la production. Si les deux sont prioritaires, alors il n’y a plus rien de prioritaire…

    Autre question, les libéraux ne sont-ils pas la plupart du temps les plus réfractaires à toute tentative par les états d’influencer l’économie (si favoriser les entreprises les moins polluantes n’est pas une entorse à la libre concurrence…)?

  • Gatien,

    Je vais essayer de présenter ça sous un autre angle. Il faut considérer l’environnement comme une ressource qu’il s’agit d’économiser.

    Les gains de productivité générés par le progrès technique peuvent être alloués comme on veut : pour produire plus et/ou consommer moins de ressources (travail, matières premières, énergie…). Si chaque année, on réalise des gains de productivité de 3%, on peut par exemple choisir de les répartir en +2% de revenu et -1% de travail.

    Si on décide d’ajouter un 3e curseur (l’impact environnemental), on peut aussi. Il faudra seulement partager les gains de productivité entre 3 bénéfices au lieu de 2. Pas besoin d’établir une prioritét au sens tout pour un et rien pour les autres.

    Gatien a écrit:

    Autre question, les libéraux ne sont-ils pas la plupart du temps les plus réfractaires à toute tentative par les états d’influencer l’économie (si favoriser les entreprises les moins polluantes n’est pas une entorse à la libre concurrence…)?

    La présence d’externalités est une condition bien connue d’inefficacité du marché. Un libéral voit donc d’un bon oeil que l’Etat mette un prix sur ce que le marché ne peut pas valoriser. Si ce prix est le même pour tout le monde, ça n’affaiblit pas la concurrence, au contraire.

  • Gatien a écrit:

    Une norme environnementale, c’est quoi? C’est quelquechose qui rend un procédé industriel plus cher pour le même résultat (ex. l’industriel paye plus cher qu’avant pour traiter ses déchets).

    L’industriel s’en fout si ses prix augmentent… en même temps que ceux de ses concurrents.

    Petite subtilité tout de même : on est dans une économie globalisée. S’il suffit de produire hors d’Europe pour échapper aux règles européennes, les industriels produisant en Europe seraient effectivement très pénalisés par rapport aux autres : on aurait une distorsion de concurrence entre les industriels (incités à être) vertueux et ceux qui feraient du dumping sur le dos de mère Nature. C’est justement pour que cela qu’on a conçue une loi majeure comme REACH (sur les produits chimiques) pour qu’elle s’applique aux produits consommés en Europe, qu’ils soient produits en Europe ou non.

    Le salarié a par contre tous lieux de s’en réjouir : chaque unité produite incorpore une quantité de travail et une quantité d’énergie et de matière première. La tendance de l’industrie moderne était de produire toujours plus par unité de travail en faisant un usage toujours plus intensif de l’énergie. Si on incorpore les coûts environnementaux (aujourd’hui « externalisés », c’est à dire payés par les contribuables, présents et futurs), la donne change en la faveur du salarié: la production devient de moins en moins intensive en énergie, et donc de plus en plus intensive en travail.

    En théorie c’est clair, en pratique ça l’est tout autant : il faut nettement plus de paysans pour produire une tonne d’agriculture bio qu’une tonne d’agriculture « FNSEA » ; il faut employer quatre fois plus de bras (source: commission européenne) pour mieux isoler suffisament de maisons pour économiser 1 GW d’électricité, que pour construire et opérer une centrale nucléaire produisant 1 GW d’électricité.

  • @ jmfayard:si toutes les personnes impliquées dans l’écologie avaient votre honnêteté et votre façon de procéder, je voterais encore pour eux. Mais même si je sais bien que la base est comme vous (je connais des écologistes et ils m’ont convertie, avant qu’une autre conversion ne vienne achever le processus), je vois poindre des extrémismes et c’est pour faire remarquer cette dérive que je dis parfois des choses qui peuvent sembler marginales: oui, elles sont marginales, mais ces gens là savent où agir pour être efficace, et quand on voit ce qui est passé à Rio en 1992 et à Pékin en 1995, on sent une poussée qui ne respectera pas la base mais qui imposera des modes de vie dont personne ne veut et qui ne présentent aucun avantage. Mais on ne pourra rien. Et ça me fait mal par avance. Si cela vous intéresse, quelqu’un de plus compétent que moi a étudié ces dérives, et je pense qu’il ne se trompe pas:

    http://www.final-age.net/Une-nouvelle-ideologie.html

    http://www.final-age.net/Ecologie-profonde.html

    http://www.final-age.net/Gaia.html

    je préfère une forme plus ordinaire de l’écologie, mais plus réaliste, qui régule, sans suivre aveuglément des utopies: « Considérée en elle-même, la technique est ambivalente. (…) on assiste à la naissance d’idéologies qui nient (…) l’utilité même du développement, qu’elles considèrent comme (…) exclusivement facteur de dégradation. (…). C’est (…) une grave erreur que de mépriser les capacités humaines de contrôler les déséquilibres du développement(…). Absolutiser idéologiquement le progrès technique ou aspirer à l’utopie d’une humanité revenue à son état premier de nature sont deux manières opposées de séparer le progrès de son évaluation morale et donc de notre responsabilité. » (caritas-in-veritate)

    Bardamu a écrit:

    ce n’est pas la condition féminine qui est à redresser par des avantages mais l’absence de cotisation induite par la grossesse et l’élevage de la marmaille. Dès lors, le critère doit être révisé : plutôt que sexuel c’est le retrait de la vie professionnelle qui est recherché.

    je crois aussi que c’est la solution juste.

  • do a écrit:

    Et la garde pour la mère, ce n’est plus un absolu; les chiffres viennent uniquement des pères qui ne veulent pas s’encombrer de leurs enfants, aujourd’hui et la garde alternée est généralement accordée si les parents ne sont pas déficients.

    C’est une généralisation abusive. Je ne pense pas que 80% environ des pères divorcés ne veuillent pas s’encombrer de leur enfant ou soient déficients. (source : ministère de la justice) Pourtant c’est bien dans cette proportion que l’enfant est confié à la garde de la mère (et non en garde alternée).

  • @ Jib:peut-être parce que la garde alternée est récente; les enfants qui ont été confiés à leur mère avant que ce mode de garde ne se généralise sont bien sûr très nombreux! Mais maintenant, je vois pas mal de divorces du fait de mon métier, et je vous assure que la plupart du temps, c’est le père qui trouve trop lourd de s’occuper de ses enfants en alternance, notamment s’ils ont moins de 6 ans (en général parce qu’il a une compagne qui n’est pas d’accord, le compagnon de la mère, plus rare, étant moins concerné). Lorsqu’il le demande, il l’obtient.

    Les chiffres que vous citez ne mentionnent pas le nombre de pères qui réclament la garde de leurs enfants. Un site (moins officiel, j’en conviens) en fait état, ce qui semble aller dans le même sens que ce que j’observe:

    « Attention ! Encore une idée reçue : on dit souvent que les femmes obtiennent la garde des enfants dans 80% à 85% des cas, et que la justice penche trop en faveur des mères. Ce chiffre cache une autre réalité : moins de 30% des pères réclament la garde des enfants au moment du divorce, et la justice tranche en leur faveur dans 60 à 70% des cas.  » « Dans 95 % des cas, la garde alternée est demandée par les 2 parents, ce qui prouve qu’elle concerne très largement des séparations non conflictuelles dans lesquelles les parents conservent de bonnes relations. Il s’agit de couples plutôt jeunes, travaillant tous les deux, avec une pratique de partage des  » tâches  » à la maison. Les deux parents sont souvent très investis dans l’éducation des enfants. »

    http://www.parent-solo.fr/modules/smartsection/item.php?itemid=118

    Cela dit, ce n’est pas une critique des pères: ils ont souvent des emplois plus prenants, moins de relations qui peuvent les aider, et c’est plus difficile pour eux d’envisager de s’occuper de leurs enfants sur le temps de la semaine. Souvent, ils optent pour un week-end élargi, ce qui se rapproche de la garde alternée, même si la résidence habituelle est chez la mère. Mais on en revient au fait que les femmes ont des emplois moins prenants, plus de temps partiels, des horaires plus disséminés (grande distribution et nettoyage industriel, santé), et qu’elles ont donc un handicap du point de vue de la retraite. Souvent, elles ont fait ce choix dès le début de leur vie professionnelle, justement pour être disponibles à la maison, ce qui explique que ce soit plus facile pour elles d’envisager de garder leur progéniture seules.

    Cela dit, elles ont peut-être bien raison de privilégier leurs enfants en bas âge, et les hommes ont peut-être raison de privilégier leur travail! Par exemple, je vois des enfants en bas âge dont la mère travaille dans une autre ville, et ne revient que le week-end: c’est rare, je ne ferais pas de statistiques (j’aimerais bien en trouver), mais au vu du résultat, je ne conseillerais ça à personne!

    Je trouve qu’on ne devrait pas inciter la femme à travailler plus, mais permettre un choix aussi libre et éclairé que possible. Pourquoi pas un salaire de garde d’enfants, avec cotisations sociales, que touche celui qui garde les enfants sur les heures ouvrables: mère, père, …ou nourrice!

  • Bonjour,

    ce sujet mele deux themes bien differents. Au sujet de l’ecologie, j’aimerais souligner qu’il y a plusieurs contraintes a respecter, et pour certaines, la limite de notre planete est clairement l’agriculture, pas l’industrie: Il y a un surface finie de terre ensoleillee propice a l’agriculture et de ressources en eau douce. C’est sans doute entre autres pour cela que le bio n’est qu’une niche de luxe: il utilise beaucoup plus de terres pour le meme rendement. De plus, il n’est pas toujours vrai que les moyens « naturels » en agriculture sont moins polluants que les moyens industriels. Le bois est par exemple tres cancerigene dans certaines utilisations.

    D’une facon generale, l’ecologie n’est pas toujours une science intuitive. C’est pour cela que l’indigence intellectuelle d’une grande partie de l’ecologie politique m’inquiete beaucoup.

    Sur l’autre sujet, il y a un point auquel je tiens beaucoup quand on parle de protection sociale: je pense que l’Etat n’a pas a sponsoriser les « choix de vie ». Ainsi, si je decide d’habiter dans un endroit recule, je pense que ce n’est pas a l’etat de payer le surcout de connection aux reseaux d’electricite et de telephone.

    De meme, je pense qu’au dela de 3 ou 4 enfants, les familles nombreuses sont un choix de vie dont le surcout financier devrait largement etre porte par les individus, pas par la collectivite. Et il me semble que consacrer plus de temps que le strict necessaire a l’education de ses enfants est aussi un choix de vie qui devrait etre principalement porte par les individus, pas par la societe.

  • Je ne savais pas que le fait d’avoir des enfants permettait de partir plus tôt à la retraite.

    Je ne comprend pas du tout cette mesure. Et sexiste en plus ! Autant je comprends bien les allocations. Le congé parental, très bien. Et tout ce qui pourrait faciliter l’éducation et la prise en charge des enfants quand ils sont jeunes, je dis bravo par avance. Mais l’age de la retraite, je ne vois pas du tout le rapport. Les mères sont-elles vraiment plus exténuées que les autres à la soixantaine ? C’est non seulement injuste par rapport aux hommes, mais aussi par rapport aux femmes qui n’ont pas pu avoir d’enfants.

    Et après tout, la première utilité d’une retraite, c’est de pouvoir en profiter, et il me semble qu’en terme statistique, les hommes ont une espérance de vie bien plus basse que les femmes; voila une injustice dont on entends pas beaucoup parler.

  • @Liberal

    « Les gains de productivité générés par le progrès technique peuvent être alloués comme on veut »

    Qui est « on »? Vous n’êtes décidément pas du tout libéral… Ce n’est pas un reproche.

    « Si on décide d’ajouter un 3e curseur (l’impact environnemental), on peut aussi. Il faudra seulement partager les gains de productivité entre 3 bénéfices au lieu de 2. Pas besoin d’établir une priorité au sens tout pour un et rien pour les autres. »

    L’équation est même toute trouvée. -1% de travail, +1% de production, -1% de pollution. Vous rigolez j’espère? Même dans un système communiste ce serait impossible.

    L’Etat ne peut que pencher dans un sens ou dans un autre.

    « Si ce prix est le même pour tout le monde, ça n’affaiblit pas la concurrence, au contraire. »

    Et voilà que vous devenez internationaliste maintenant?! Décidément, vous êtes un militant vert qui s’ignore.

    @JMFayard

    « C’est justement pour que cela qu’on a conçue une loi majeure comme REACH (sur les produits chimiques) pour qu’elle s’applique aux produits consommés en Europe, qu’ils soient produits en Europe ou non. »

    C’est en effet un bon moyen d’éviter la distorsion de concurrence.

    A part çà, votre post tend bien vers l’idée d’une modération de la production. Dans le cas de l’agriculture bio et de l’isolation, il faut bien quatre fois plus de main d’oeuvre pour produire le même consommable (une tomate ou un GW). Ce qui veut dire qu’il faudra consommer moins.

    @domi

    Vous mélanger durée de cotisation et âge de la retraite, non? A durée de cotisation égale et sans bonus, les femmes qui ont eu des enfants devraient partir à la retraite à un âge plus avancé que le reste des fancais. Pourtant, pour reprendre votre argument, il ne me semble pas que les mères ont une espérance de vie plus longue que les femmes sans enfants…

  • @ domi:Il y a une mesure de retraite anticipée qui ne concerne que quelques catégories de fonctionnaires femmes, qui ont élevé 3 enfants pendant 9 ans minimum, et qui peuvent « toucher » leur retraite dès 45 ans si elles ont travaillé 15 ans dans la fonction publique. Mais en pratique, c’est très largement boudé, car on ne part absolument pas avec une retraite complète, mais avec une retraite très maigre, et qui n’augmentera pas à 60 ans. Je crois que ça visait surtout à inciter les fonctionnaires à quitter leur emploi pour diminuer les coûts. C’est un peu à rapprocher des avantages des militaires, avec une justification, j’en conviens, plus discutable! Je crois qu’avec ce type de retraite, on peut continuer à travailler en plus, et c’est ce que font les gens apparemment, mais franchement, connaissant une dame qui l’a fait, ce n’est pas intéressant, elle a beaucoup regretté ensuite de ne pas plutôt être restée à mi-temps. C’est intéressant si l’on a un autre projet auquel on tient mais qui est périlleux, comme reprendre un commerce, et ça correspond un peu aux chèques d’incitation au départ des entreprises du privé.

  • @ romain blachier:ben oui, je sais bien! c’est pour ça que je dis que ce monsieur qui a dit (pour obtenir des années de cotisation retraite) qu’il a élevé ses enfants en travaillant 18h par semaine, soit il était à mi-temps et c’est ce qu’il aurait dû dire, soit il ment et il travaillait le soir tard comme les autres enseignants en gardant ses enfants la journée, soit il ne faisait pas son boulot correctement! De toutes façons, ce qui importe, c’est si oui ou non il a perçu un salaire où son employeur cotisait pour sa retraite ces années là.

    Par ailleurs, dans la fonction publique, on peut cotiser ce qui manque pour la retraite si on est à temps partiel. C’est très cher, mais ça permet d’avoir une retraite complète. ça pourrait être généralisé à tous quand c’est pour garder des enfants en bas âge, et éventuellement subventionné en partie pour les salaires trop bas, en complément du congé parental.

  • @ jmfayard « L’industriel s’en fout si ses prix augmentent… en même temps que ceux de ses concurrents. »

    Vous oubliez un impact qui est celui à la hausse sur les prix, qui conduit les consommateurs à réduire leur consommation du produit en question, contractant le marché. Toute norme a un coût économique porté par la société, reste à savoir si on veut l’assumer ou pas.

  • @Gatien,

    « On », c’est le marché, bien entendu. L’Etat est nécessaire pour mettre un prix sur la pollution, ce que le marché ne peut pas faire (c’est la définition d’une externalité). Après, chaque acteur économique arbitre entre travail et profit (incluant la pollution par le biais du prix). Il ne faut surtout pas que l’Etat se mêle de micro-management. En revanche, il est très important que le prix de la pollution soit correctment estimé. S’il est sur-évalué, la société subira un sous-développement économique injustifié. C’est en cela que les extrémistes écolos (et « décroissancistes ») sont dangereux.

    @jmfayard,

    Pas sûr qu’imposer des normes environnementales transnationales aille dans le bon sens. Le prix de la pollution n’est pas le même pour tout le monde, notamment en fonction du niveau de développement économique. Ce n’est pas pour rien que la préoccupation écologique ne s’est véritablement développée en occident que depuis un demi-siècle. Bref un Chinois préférera plus d’argent et plus de pollution quand un Français choisira moins des 2.

    Bien sûr, cela crée une distorsion mais pas tant que ça car la pollution est surtout locale. Avant d’augmenter la température du globe, les hauts fourneaux de Chengdu rendent surtout l’air de la ville irrespirable. Et les dispositifs destinés à réduire la pollution locale tendent aussi à réduire la pollution globale. Bref, les Chinois ONT DEJA une préoccupation environnementale parce que leurs villes sont très polluées. Ils intègrent et intègreront des normes environnementales à leur rythme, en fonction de leur développement économique et de la pollution de leur pays. Il n’y a pas de raison de croire qu’ils sont plus cons que nous. Vouloir leur imposer des contraintes aux normes occidentales risquerait d’être contreproductif.

    Pour finir, tu commets, je pense, une erreur de raisonnement en te réjouissant de la hausse des besoins de main d’oeuvre. Le travail humain est une ressource qu’il convient d’économiser et non de gaspiller. Toutes choses égales par ailleurs, utiliser 4 personnes pour produire ce qu’une seule pourrait produire revient à employer 3 personnes à creuser des trous et à les reboucher. Cette méthode, massivement utilisée depuis des décennies par l’administration française pour lutter contre le chômage, atteint sans surprise l’objectif contraire.

    Je réalise que cette discussion n’a strictement rien à faire sous ce billet. Heureusement que Koz a d’autres chats à fouetter en ce moment 🙂

  • do a écrit:

    Ce chiffre cache une autre réalité : moins de 30% des pères réclament la garde des enfants au moment du divorce, et la justice tranche en leur faveur dans 60 à 70% des cas.

    Ces chiffres sont surprenants, cela voudrait dire que les pères obtiennent la garde dans environ 20% des cas (60%-70% x 30%) or le chiffre réel est d’environ 8%. Je pense qu’il faut lire « moins de 30% des pères réclament la garde alternée… ». Le fait que votre source considère la garde alternée comme un jugement « en faveur » du père est révélateur d’un certain état d’esprit.

    Il faut noter également un phénomène d’autocensure. Les pères sachant qu’ils ont très peu de chance d’obtenir la garde ne la demandent pas.

    Par ailleurs, la garde alternée nécessite des revenus assez élevés pour entretenir 2 appartements capables de recevoir les enfants. Egalement, beaucoup de gens considèrent que la garde alternée est perturbante pour les enfants, qui n’ont pas de véritable « chez eux ». Les pères ont donc le choix entre demander la garde alternée aux dépens du bien être de leurs enfants, ou faire ce qui est le mieux pour les enfants et concéder la garde à la mère.

    Enfin, garde alternée signifie domiciles proches. Il faut que les enfants puissent aller à l’école, voir leurs amis, pratiquer leurs activités sportives et culturelles. Il suffit à la mère de déménager dans une autre ville (ou une autre banlieue autour de Paris) pour rendre impossible la garde partagée et donc garantir de facto la garde pour la mère (c’est arrivé à un de mes amis).

  • @ liberal: je profite que le papa soit avec son dernier pour répondre: Tu es optimiste concernant les chinois, c’est bien, mais je trouve quand meme qu’on est les seuls à se bouger pour l’écologie et j’en aie MARRE. Investir la meme quantité d’argent chez nous économise une tonne chez nous pour au moins 100 en Chine. Alors pourquoi on le fait chez nous (on est le pays du monde qui fait le moins de pollution: ça sert plus à rien mais les discours continuent pour nous, mais alors rien pour les chinois! Et me dites pas que c’est un pays pauvre ou qui peut pas faire un effort!)

  • Les royalistes sont pour l’égalité des droits certes et d’ailleurs personne ne se plaint du congés de paternité. Ils ne sont pas pour la suppression des droits de l’un pour donner à l’autre mais de donner autant à l’un qu’à l’autre par le haut !

  • Ca, c’est juste une jolie petite démagogie d’opposition. Evidemment, les royalistes affirmeront également et dans le même temps être terriblement concernés par l’état des finances publiques.

  • Paul a écrit:

    Vous oubliez un impact qui est celui à la hausse sur les prix, qui conduit les consommateurs à réduire leur consommation du produit en question, contractant le marché. Toute norme a un coût économique porté par la société, reste à savoir si on veut l’assumer ou pas.

    Non, je n’oublie rien du tout !

    Les regulations environnementales ont effectivement un cout, mais, si elles sont bien faites, pour la societe ce n’est pas un cout supplementaire ! Car ce cout est a comparer avec le cout qu’engendreraient les pollutions si on ne faisait rien. Ce qui se passe est donc qu’on rend explicites, en application du principe « pollueurs-payeurs », des couts qui etaient autrefois implicites, externalises, c’est a dire payes par les contribuables d’aujourd’hui ou les generations futures, en argent comptant ou en degats collateraux sur l’ecosysteme et la sante des gens.

    Ca revient donc a assumer de facon transparente les couts economiques de la pollution au lieu de laisser chacun avoir interet a les faire porter par les autres.

  • @ Liberal:non, je ne crois pas qu’il faille lire ça: ils n’écrivent pas ça… cela dit, selon les milieux, on peut en avoir une perception différente: mais allez travailler de nuit ou avec un roulement, ou des déplacements toute la semaine, ou dans un boulot de responsabilités ou vous rentrez chaque jour à 20h30, avec un enfant de 3 ans à la maison et un bébé! Même une semaine sur 2, c’est vraiment impossible. Je pense qu’il n’y a que les fonctionnaires et les hommes qui habitent près de chez leur mère qui puissent demander cela, …alors que les femmes ont des réseaux de copines.

    Et je crois que c’est par là qu’il faudrait prendre le problème, et demander autant d’aides pratiques pour les hommes que les femmes ont d’aides matérielles. (emplois de maison, par exemple, à des prix acceptables et subventionnés)

    mais effectivement, je suppose que le mouvement s’équilibre des gardes à 80% chez la mère vers plus de gardes alternées sans passer par les gardes à 80% chez le père.

    « Les pères sachant qu’ils ont très peu de chance d’obtenir la garde ne la demandent pas. » : euh… ça, c’est plutôt une façon de renverser les causalités. à la limite, même si c’est vrai, c’est une forme de démission quand même.

    « Enfin, garde alternée signifie domiciles proches. Il faut que les enfants puissent aller à l’école, voir leurs amis, pratiquer leurs activités sportives et culturelles. » : Oui, c’est vrai, la garde alternée est à ce prix pour les enfants, et ça demande un vrai investissement des parents pour qu’ils n’en souffrent pas trop; mais il faut relativiser: quand l’enfant ira chez le psy à 40 ans, on ne lui demandera pas quel sport ou activité culturelle il a pratiqué, mais quelles étaient ses relations avec ses parents; il vaut donc mieux, à mon avis, choisir sans complexes la garde alternée avant les copains;

    « Il suffit à la mère de déménager dans une autre ville… pour rendre impossible la garde partagée et donc garantir de facto la garde pour la mère  » : ça a failli arriver à quelqu’un de ma famille, ça ne s’est pas fait parce qu’une amie juriste nous a avertis qu’il y avait une jurisprudence là dessus (à Lille, je crois): une mère qui s’est éloignée sans raisons suffisantes, la garde a été donnée au père parce qu’elle s’était mise dans son tort en entravant les relations de l’enfant avec l’autre parent. (je ne suis pas précise, ça fait 8 ans, mais vous devriez le dire à votre ami, après vous être plus documenté pour voir si ça peut correspondre à son cas. cela dit, ils peuvent choisir de ne pas re-changer l’enfant pour ne pas le perturber, maintenant, mais ça vaut la peine d’essayer, ça peut avoir du poids par la suite). Donc même ça, c’est pris en compte.

    Mais c’est un vrai drame, ces divorces. Je ne le sais que trop bien (et vous ne savez pas à quel point!). Néanmoins, la justice cherche en général le bien de l’enfant, ce qui est déjà important, et les parents cherchent la même chose en général. Personnellement, je trouve que jusqu’à 5 ans, les enfants, surtout les garçons, ont plus besoin de leur mère, et qu’après, jusque vers 10-12 ans, ça s’inverse; Puis à l’adolescence, leur avis est pris en compte. Je pense que ça peut être une bonne solution de faire évoluer le mode de garde vers l’entrée au CP ou CE1, puis en CM2-6ème, et ne pas hésiter à ne pas faire pareil avec tous les enfants en même temps. Mais on peut aussi envisager de modifier sa vie professionnelle pour être plus présent, si on le peut, tout en gardant un logement assez grand, ce qui est acrobatique dans les grandes villes.

    On peut aussi, faute de quantité, compenser par la qualité du temps passé ensemble, en commençant chaque « retrouvaille » par une activité commune au parent et aux enfants (piscine, bibliothèque, repas, …) d’une façon très ritualisée, pour réduire à 1 heure le douloureux temps d’adaptation qui peut à lui seul manger tout le week-end, et en passant vraiment tout ce temps centrés sur la vie de famille « réduite » (les copains, ils ont 40 h par semaine pour les voir à l’école).

  • Pingback: Retraite des mères : quand sortira-t-on de la logique comptable? « Pensées d’outre-politique

  • « négation de la différence entre les sexes »

    Quelle est cette différence dans le domaine qui nous intéresse ici (celui des retraites et de l’éducation des enfants) ?

    « Monsieur Kierzkowski a bénéficié des avantages d’une profession6 qui permettent de concilier vie professionnelle et vie familiale, puis il est venu réclamer le bénéfice de dispositions spécialement créées pour pallier les difficultés rencontrées à cet égard »

    Pourquoi protestez-vous contre l’octroi d’avantages aux seuls hommes qui sont dans la même situaiton que M. Kierzkowski, et non contre l’octroi de ces avantages aux femmes qui sont dans la même situation ?

    @christine: il est question d’éducation d’un enfant (éventuellement adopté), non de grossesse. D’ailleurs je ne pense pas que l’avantage soit accordé en cas de grossesse conclue par une fausse couche.

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