Questions de mi-temps à mi-mandat

 Politique, élections régionales 2010, régionales, UMP,  PS, FN, ModemC'est une première mi-temps. Et ses résultats confirment les anticipations : le taux des abstentions, le score du Modem, celui du FN, peut-être plus surprenant toutefois. On pourrait se méfier de toute leçon générale tirée du résultat du premier tour d'un scrutin régional marqué par une si forte abstention. Quelques réactions, toutefois, placées sous la question du temps.

Quatrième scrutin en quatre ans

On peut broder sur la signification exacte de l'abstention. Désengagement, absence de perception des enjeux, rejet des orientations de l'exécutif, absence d'adhésion au bilan des régions. Et la lassitude des citoyens ? Les régionales sont le quatrième scrutin en quatre ans (si l'on excepte les législatives, qui se sont tenues de façon quasi-concomitante à la présidentielle). Les citoyens français développent-ils un intérêt suffisant pour la politique pour se mobiliser ainsi chaque année ? L'hystérisation de la politique, faite d'évocations répétées des heures sombres et d'appels à la résistance en détachent d'autres encore.

Du court-termisme en politique

La multiplicité des consultations pose une autre question : celle du court-termisme en politique et du rapport au temps. On connaissait le fameux "il faut laisser le temps au temps" de Mitterrand. On le jugeait anesthésiant. Depuis, le temps n'a plus le temps.

La politique a été frappée par son accélération comme tout autre domaine mais elle y a aussi mis sa touche propre : le passage au quinquennat a abrégé le temps politique et il faut ajouter, à ce raccourcissement du temps politique, cette succession de scrutins qui empêchent l'exécutif de développer son action sur un temps long, puisqu'il doit toujours prendre un scrutin qui s'annonce.

Par-dessus tout cela, on ajoutera les sondages, dont l'exécutif actuel est friand. Faut-il d'ailleurs s'étonner, dans ces conditions, que les sujets de la dette et des retraites ne soient envisagés que maintenant, alors qu'il n'y a pas de scrutins majeurs avant la prochaine présidentielle ? Cette situation est-elle bien saine, pour la conduite politique d'un pays ?

Le Modem paye le prix de sa contradiction ontologique

Retour aux régionales : ce scrutin aura vu le Modem payer le prix de sa contradiction ontologique. Girondin, parlementariste, le Modem n'est in fine qu'une écurie présidentielle. François Bayrou confirme qu'il ne vise que ce scrutin. Et ce soir a vu la réitération du scenario des municipales, quand les candidats Modem tentaient de valoriser leur apport de voix auprès du PS, qui n'avait pas besoin d'eux pour l'emporter. Ce soir, on n'entendait guère d'orateurs du PS vanter les vertus d'une stratégie d'alliance avec le Modem.

On aura une pensée particulière, également, pour Yann Werhling et Jean-Luc Benhamias, qui doivent regretter amèrement leur choix stratégique, lorsqu'ils se sont empressés de sauter sur un nouveau cheval, abandonnant les Verts à la veille de leurs plus gros succès électoraux.

Le PS relancé, mais jusqu'où ?

A gauche, le PS s'est également relancé. Certes, il ne s'agit que d'un scrutin, à la portée relative. Mais il s'agit du dernier scrutin avant les présidentielles, de la dernière consultation, figeant les rapports de forces avant les grandes manoeuvres de 2011-2012.

Au sein même du PS, les choses se sont peut-être encore compliquées. Martine Aubry sort confortée, mais Ségolène Royal peut se targuer d'un très beau score. La rivalité va perdurer, illustrée de façon un peu cocasse par cette volonté de Ségolène Royal d'enregistrer sa réaction au moment même où Martine Aubry s'exprimait.

FN : échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy

La bonne santé du Front National est une autre leçon de ce scrutin. On entendait Luc Chatel rappeler que le Front National n'était en fin de compte qu'à son niveau des dernières régionales. Mais c'est aussi souligner que la stratégie de Nicolas Sarkozy, déployée entretemps, n'aura eu aucun effet. Plus encore, on a la confirmation que ce débat sur l'identité nationale, lancé aussi pour contrer un FN ravigoté par les errements de la majorité de cet automne, n'aura pas permis de le contenir.

Aurait-il été plus haut encore ? Nul ne le sait. Mais il est, cette fois encore, en position de faire barrage à l'UMP. Comment ne pas y voir un échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy à son égard ?

Bientôt, la deuxième mi-temps... pour ouvrir sur une autre ère

On voit mal ce qui pourrait modifier ces constats d'ici la semaine prochaine. De retour aux vestiaires, les équipes vont se recomposer. Des tractations qui s'y dérouleront, entre Parti Socialiste et Europe Ecologie, qui devront céder sur des points essentiels (Iter en PACA, la LGV en Aquitaine), les électeurs ne sauront rien. Après la deuxième mi-temps de dimanche prochain, s'engagera un nouveau temps pour l'exécutif.

Le temps, peut-être, des réformes de fond. À autre temps, autres moeurs peut-être : Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il jouerait la partition de l'«apaisement pour pouvoir réformer».

également publié sur LeFigaro.fr
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42 comments

  • Tous ces présidents élus à droite qui passent leur temps à faire des mamours à la gauche, cela finit par lasser même les plus obtus.

    Le Carla était dans le fruit.

  • Les consultations sont, effectivement,fréquentes, globalement annuelles et, ce qui me frappe, largement contradictoires: Les européennes avaient vu les succès de l’UMP, d’Europe Ecolo, le mauvais score du PS: situation inverse cette fois, moins d’un an après… versatilité à mon sens inexpliquée !

    les médias, début 2009 voyaient en Bayrou et Besancenot les meilleurs opposants eu Président : les dés ont, depuis, roulé…

    il faut sans doute mieux structurer et rythmer les consultations électorales pour que les électeurs en comprennent mieux les enjeux: Elections locales regroupées dans un « mid-term », entre élections nationales , moindre personnalisation des scrutins…toutes les idées sont bonnes à prendre….

  • « Le temps, peut-être, des réformes de fond. À autre temps, autres moeurs peut-être : Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il jouerait la partition de l’«apaisement pour pouvoir réformer». »

    Si réformer au fond et à fond consiste à continuer la casse du service public (Santé, éducation, justice), merci bien.

    « Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il jouerait la partition de l’«apaisement pour pouvoir réformer». »

    A-t-on le doit de dire qu’il a annoncé devoir « se chiraquiser » ?

    PS Son « ouverture à gauche » est un leurre : si on peut me prouver qu’un Besson ou un Charasse sont de gauche, moi je suis la reine d’Angleterre. Elle a juste été un moyen de vouloir déstabiliser le ps. Et un fusil à un coup qui a craché sa balle par le mauvais côté du canon.

  • Ah Besancenot le burqa-compatible. Son score plus réduit qu’un string devrait, sauf si la stratégie du Château l’intègre encore dans les moyens de FNiser la gauche, lui interdire l’accès des émissions de Drucker et autres peopolitics business. Pas sûr, tant que cet idiot sera jugé utile.

  • Aristote, certainement pas ce qu’a montré le parcours opportuniste des ralliés.

    Je me garderais bien de « définir la gauche », j’essaie juste de vivre à gauche. Pas besoin d’être dans un parti pour ça.

  • @ PMB

    Politiquement je m’assume de droite (libéral modéré à la Aron), mais il ne me viendrait pas à l’idée de dire que j’essaie de vivre « à droite ».

  • Aristote, il ne me viendrait pas à l’idée de vous demander de vous définir, tant je prise peu les sommations sur internet.

    Aron, grand monsieur. Je viens de découvrir cette phrase de lui, remarquable d’honnêteté lucide :

    « Je l’ai su, mais je ne l’ai pas cru. Et parce que je ne l’ai pas cru, je ne l’ai pas su. »

    Mis par Lanzmann à la fin d’un texte présentant son Rapport Karski (17 mars sur Arte, 22h05)

  • Bonjour,

    Francis, je ne vois aucune inconstance des français dans les variations du taux de participation, du poids des différentes listes…

    Je vois au contraire que les votants semblent s’approprier le type d’élection auquel ils participent, personalisant leurs choix en fonction du scrutin et de l’enjeu.

    Parmi leurs choix, celui de voter ou non. Même si je suis contre l’abstention par principe, le premier constat est que les francais n’ont rien à cirer des régionales. Le constat plus général est que les français n’ont rien à cirer de toute autre élection que la présidentielle, et ça c’est un vrai problème institutionnel. Voter tous les ans c’est peut être trop, tous les cinq ans c’est certainement pas assez. J’ai soutenu le quinquennat et je commence à m’en mordre les doigts.

    Ensuite pour le poids des différentes listes… Les écolos talonnent le PS aux européennes, normal, les électeurs perçoivent bien que cette élection laisse un espace à l’expression de leur sensibilité. la constitution d’une majorité à Strasbourg, c’est loin, et ça ne doit pas les déranger au fond qu’elle soit consensuelle voire mou du genou. Ensuite, aux régionales, ils accordent une prime aux partis majoritaires (PS, UMP dans une moindre mesure) parce que ce sera plus raisonnable pour constituer des majorités stables dans ces conseils.

    La Gauche bénéficie vraiment de son bilan de gestion dans les régions. le cas Frèche devrait mettre la puce à l’oreille du PS parisien sur les limites que cela pose quant à sa popularité réelle.

    Le Modem ne sera mort que lorsque (et si) Bayrou se prend une douille aux présidentielles, vu que c’est la seule élection pour laquelle il est conçu. Inversement, j’ai été surpris par un sondage évoquant le premier tour des présidentielles plaçant Duflot sous les 5%…

    Un paquet d’exemples donc, qui a mon sens relativise largement cette « versatilité de l’électorat ». Cela veut aussi dire que l’on est non seulement à la mi-temps, mais à la mi-temps d’un match bien précis. Comme d’habitude, les gagnants oublieront ou feront semblant d’oublier cette règle élémentaire. Pas surpris que « le nouveau parti majoritaire » ne déroge pas à cette règle…

  • @Koz

    « Les citoyens français développent-ils un intérêt suffisant pour la politique pour se mobiliser ainsi chaque année ? »

    Aller au bureau de vote une fois par an, vous trouvez que c’est un effort considérable susceptible de « lasser » les gens? Si une partie des gens se soucie comme d’une gigne de la politique, je ne vois pas bien quelle sorte de suspens pourrait naître à leurs yeux de l’espacement des scrutins.

    « L’hystérisation de la politique, faite d’évocations répétées des heures sombres et d’appels à la résistance en détachent d’autres encore. »

    Quelquechose me dit qu’au contraire, l’hystérisation, ou du moins la dramatisation, tend à faire augmenter la participation. Par exemple, donnez le choix entre la peste et le choléra : Chirac/Le Pen, Sarkozy/Royal, et vous battez des records de participation. Dites que les présidents socialistes seront ré-élus dans un fauteuil, vous ne mobilisez pas les foules.

    Une autre analyse étrange entendue hier : le fait que les gens comprennent mal la région prouverait qu’il faut supprimer cet échelon. A ce compte là, il va falloir supprimer beaucoup de choses, à commencer par le Sénat et l’Assemblée Nationale.

    @PMB

    « Ah Besancenot le burqa-compatible. »

    Les mots ont un sens… Vous appelez ça une burqa?

    http://www.lesoir.be/mediastore/_2010/fevrier/hermes/ID2030380_04_npa_afp_124950_00T6H5_0.JPG.jpg

    @Aristote

    « N’en étant pas, je vous laisse le soin de définir la gauche. »

    Voilà un point intéressant! Dans la même ligne, on pourrait couper court à toutes les attaques contre la gauche ou la droite, dans la mesure où ceux qui attaquent n’en sont en général pas. Ca éviterait pas mal de débats circulaires.

    Avec un petit effort, on étendrait même le raisonnement aux débats théoriques sur le libéralisme…

    @Tous : Un petit jeu : saurez vous deviner à l’avance les « éléments de langage » de l’UMP après le second tour? Pour l’instant, je parie sur « ce n’est pas un désaveu de la politique de NS », « nous avons entendu l’inquiétude des francais ». A part ça, je sèche. J’ai l’impression qu’ils ont déjà tiré toutes leurs cartouches hier soir, mais je leur fait confiance : l’UMP repousse toujours plus loin les limites de l’absurde.

  • @ PMB

    Allons, allons, c’est vous qui aviez commencé en chassant les ralliés de la gauche… :-).

    Je connaissais la citation d’Aron, qui vient (de mémoire) de son livre d’entretiens avec Missika et Wolton.

  • Aristote, ravi de voir que vous me prêtez le pouvoir de « chasser »les ralliés de la gauche. Il y a beau temps qu’on m’avait prêté du pouvoir : ma fille, je crois, celui de réussir le riz au lait.

    Ils ne seront chassés que par les gens de droite si ceux-ci abandonnent la machine à perdre qu’est devenu NS. Je pense à des Devedjan etc., à tous ceux qui n’ont pas accepté ces ouvriers de la onzième heure.

    Le seul « rallié » pour qui j’ai du respect est Martin Hirsch. Pas vraiment apprécié lui non plus, d’ailleurs.

    Retourneraient-ils au bercail en cas de victoire du ps ? Ils chercheraient certainement à le faire, tant une bonne girouette sait où est le vent.

    Et il se trouverait certainement assez de cyniques au ps pour les accepter.

  • Ma réponse à Gatien a « bugué » (enfin, je crois…), je la refais en plus court :

    Dont acte, alors je vous la refais :

    « Ah Besancenot le foulard-compatible »

  • @PMB

    Je vous conseille la lecture de cette excellent billet d’autheuil http://www.authueil.org/?2010/03/15/1583-le-probleme-du-centre-droit

    C’est gentil donc de vous faire du souci pour Devedjan, mais il n’est pas le plus à plaindre de l’ex-majorité de Chirac par exemple. C’est juste que l’UMP n’a jamais été qu’un RPR gonflé aux stéroides présidentiels et que le soufflé est un peu retombé. Et l’ouverture ça ne remplace pas l’UDF.

    Si vous me permettez, Devedjan, c’est un peu la droite que la gauche aime bien : il y a plein de raisons de taper dessus. Ca évite de se poser des questions comme « Mais au fait, si la droite à la Devedjan n’est pas majoritaire, pourquoi c’est Sarkozy qui est élu à la fin et pas notre candidat? »

    Pour le coté « machine à perdre » de Nicolas Sarkozy, vous vous enfflammez un peu, même si je ne l’aime pas non plus. Je ne l’ai pas encore vu perdre une élection, moi.

  • Vivien me dit « Si vous me permettez, Devedjan, c’est un peu la droite que la gauche aime bien »

    Alors on va rassurer Aristote : voilà là preuve que je ne suis pas de gauche ! Parce que pour moi, il n’est pas le plus indigne dans ce camp. Parlez-moi plutôt de l’autre Patrick.

    Pour votre question « Mais au fait, si la droite à la Devedjan n’est pas majoritaire, pourquoi c’est Sarkozy qui est élu à la fin et pas notre candidat? » je ne connais pas assez la droite pour voir ce que je pourrais répondre. Je passe la main !

    NS n’a jamais perdu une élection, mais pourrait bien perdre une réélection, tant il a manqué aux promesses faites au gros de son électorat.

    Pour en revenir à l’article de l’ami :-) Koz : le FN est certes nourri par un électorat amer, effrayé ; mais aussi, égoïste.

  • Bonsoir,

    le FN est certes le parti d’une certaine droite extrême, mais c’est aussi le parti de certaines classes populaires qui subissent la plupart des grands chocs de notre société (chômage…), et qui ont peut-être trouvé seulement ce moyen-là de se faire entendre. Je n’associe pas en particulier le mot « égoiste » aux villes de mineur du Nord Pas-de-Calais.

    Vivien a dit

    Pour en revenir à l’article de l’ami :-) Koz : le FN est certes nourri par un électorat amer, effrayé ; mais aussi, égoïste.

  • Au moins dans cette morne mi-temps électorale, il y a quelque chose d’assez distrayant : les appels à voter Georges Frèches de la part des pontes du PS.

    Peillon (la gauche de ce Parti), Hollande (le centre mou de ce parti), Rebsamen (la droite de gauche du centre de ce Parti), Collomb (le centre pragmatique de ce Parti), mais il en viendra d’autres, n’en doutons pas… Quand même pas Fabius, si ?… déjà Aubry, ce n’est plus l’exclusion mais « faites comme vous voulez ».

    Avant le type il était raciste, anti-sémite, limite la gauche socialiste virant extrême droite, le fantôme de Deat plannait au dessus du Languedoc Roussillon ; aujourd’hui il est fièrement ancré à gauche de l’aveu même d’Aubry puisque le mot d’ordre est de faire barrage à la droite et à l’extrême-droite. Bon, je me gausse mais personne n’est surpris. Personne n’est surpris par ces magouilles politiciennes en fait. Par ces reniements. Par ces calculs. Par cette incohérence.

    Le pauvre Fabius qui a qualifié les propos de Frèches à son égard « d’anti-sémite » – il devient quoi ?

    C’est juste le côté, si vite, si soudain… Ca donne des frissons.

  • à eponymus…au premier tour on choisit, au second on élimine…

    ce ce que font aubry, le PS: leur prise de distance avec freches a été claire, leur volonté de ne pas laisser la région à la droite aussi. « entre deux mots… », je comprends et approuve….

  • @ francis

    Ben dame ! Et donc, une liste dont le leader profère (selon eux et Fabius en particulier) des injures anti-sémites à l’encontre d’un des cadres du Parti, c’est donc « la gauche » ? Et quand Peillon dit « la région si elle est dirigée par Frèche comptera dans le « grand chelem » du PS », c’est une prise de distance claire ? Je crois plutôt que le PS se dit qu’au premier tour on essaye d’éliminer et qu’au deuxième, ben finalement, on choisit…

  • @Francis

    Certes, mais tout de même. Voter Chirac pour éviter Le Pen, d’accord, je vois bien la différence. Mais voter Frêche pour éviter l’UMP ?? Je ne vois pas bien ce qui est pire. Le problème, c’est que c’est exactement ce que le PS a dit avant l’élection. Ce genre de revirement, et d’absence de courage, laisse des traces.

  • l’UMP en LR a souvent été proche, fait alliance avec le FN… oui, voter pour le moins pire, le moins loin politiquement des deux… c’est compréhensible, peu brillant, mais dans le jeu normal d’une élection… Freche n’est pas antisémite, personne ne l’a dit: il fait juste des réflexions populistes, de bas niveau, qui peuvent flatter une partie de son électorat par leur caractère sournois, à double sens, tabou…

  • @ Francis

    personne ne l’a dit

    http://www.metrofrance.com/info/fabius-juge-les-propos-de-freche-antisemites/mjba!tkwaCJiqbugrU/

    Tout d’abord comme le lien le confirme Fabius, le principal intéressé et concerné l’a affirmé haut et fort et deux, on n’est pas exclu du PS pour démagogie, populisme, sournoiserie, bas niveau et populisme – ni, ceux qui soutiennent l’auteur menacés d’exclusion pour ces motifs – sinon les rangs seraient assez clairsemés.

  • @Eponymus

    Fabius l’a dit… et vous y croyez? « Pas très catholique », c’est antisémite vraiment?

    Il m’a souvent semblé que l’on faisait dire à Frêche ce qu’il ne disait pas. En particulier, il n’a jamais rien dit sur les harkis.

    L’appareil du PS a essayer de déboulonner un mandarin régional et a utiliser pour celà sa dernière sortie, clairement pas la pire.

    Sur le fond, il est logique que la difficulté à le soutenir face à l’UMP soit proportionelle à la gravité du motif d’exclusion : pas très grande.

    Parler de Frêche en se bouchant le nez et le traîter de Le Pen de gauche n’est pas faire preuve d’une grande lucidité. Et ce n’est pas très chrétien…

  • en LR, l’UMP est à 19%, et le FN à 11. Frêche a pris 10% à l’UMP, et 20% au PS, qui se retrouve avec les 8 de Mandroux. C’est ce mélange UMP/PS qui craint, parce qu’il ne peut tenir que sur du clientélisme et de la corruption. Et sur ce que vous appelez le populisme et la sournoiserie. Rien qui ressemble à la gauche là-dedans.

  • à eponymus. on n’est pas exclu du PS pour démagogie, populisme, etc…dites vous. Je vous rassure: Freche a été exclu du PS depuis plusieurs années pour des propos jugés à l’époque insultants, discriminatoires, racistes…

    à gatien : ce que freche a dit aux harkis qu’il avait en face de lui ce jour là est indigne. je comprends que certains l’aient très mal pris.

    après des propos peu dignes (juger quelqu’un sur « sa tronche »), le PS national a décidé de ne plus soutenir la liste où il figurait, et d’en présenter une autre. Opération basée sur une conception exigeante de ce que doit être la politique, mal comprise localement, fustigée comme « parisienne ».

    Il eut mieux valu qu’Hélène Mandroux dise d’elle -même qu’elle ne pouvait soutenir un septuagénaire vulgaire, mégalomane, fut-il septimane, et parte ainsi à la bataille.

  • à gatien : ce que freche a dit ce jour là aux harkis qu’il avait en face de lui est indigne. je comprends que d’autres l’aient très mal pris.

  • Peu importe la hauteur des vagues, je reste dans le bateau UMP. En fait, je supporte assez bien le mauvais temps, mais je m’assure de ne pas manger des saucisses trop grasses quand la météo promet une traversée mouvementée. Je n’ai pas beaucoup d’estime pour ceux qui quittent le bateau dès la moindre petite vaguelette. Cela ne m’empêche pas de regarder ce qui se passe sur les autres bateaux.

    Le MoDem a coulé sous la ligne des 5%, ses électeurs ont fini par comprendre que Bayrou ne menait nulle parte. Ils sont passés du MoDem à Europe Ecologie, par défaut, dont le personnel politique à la barre est assuré par les Verts. Les listes PS et EE (et autres gauches qui ont eu plus de 5% au premier tour) vont fusionner au deuxième tour. L’électeur de centre-droit va donc voter PS et le PS et les Verts vont rafler les postes dans les régions. C’est marrant comment on devient propriétaire des votes du centre sans que le premier intéressé s’en aperçoive. Le FN se maintiendra au deuxième tour là où il a pu flotter au-dessus de la ligne des 10%. Dans des conditions pareilles, il était très difficile, voire impossible, pour les droites de mettre en place une stratégie pour faire basculer des régions. L’électeur de centre-droit se rendra compte d’ici quelques mois qu’il n’a pas tout à fait tout compris. Ségolène Royal ayant restée calme pour être sûre de ne pas se louper aux régionales, va bientôt relancer le spectacle de cirque au PS. Il y aura du boulot pour les analistes politiques et on a pas fini de rigoler d’ici à 2012.

  • Pingback: Premier tour des élections régionales | franc belge

  • Tiens, il reste encore des gens qui pensent à l’UMP et qui osent s’aventurer hors des « éléments de langage » définis par le chef et consistant à nier l’évidence. Exemples.

    Alain Juppé : « Une réflexion s’impose désormais sur le rythme des réformes, la méthode selon laquelle elles sont lancées et préparées, la concertation qui les accompagne, la façon dont elles peuvent être mieux comprises et acceptées par une opinion que la crise déboussole ». Le maire de Bordeaux plaide pour « un réexamen de notre système fiscal » face au « déficit de justice que ressentent beaucoup de Français ».

    Pierre Méhaignerie : « Il faut un gouvernement resserré, avec des dépenses resserrées. Il faut envoyer un message aux agriculteurs et aux ouvriers en abandonnant la taxe carbone qui va pénaliser les agriculteurs et en maintenant pour les ouvriers la retraite à soixante ans. Enfin, il faut des dispositions fiscales qui combattent la démesure de certains revenus. »

    Mais Sarkozy peut-il revenir sur le bouclier fiscal, qui reste la seule vraie mesure emblématique de la première partie de son quinquennat ? On imagine avec gourmandise les éléments de langage qui accompagneraient un tel revirement… Non, ça sent plutôt l’impasse et une deuxième partie de mandat très « longue »…

  • score final d’après libé ce matin: 32% pour PS et apparentés! j’avoue que le coktail un tiers (ou presque) de l’électorat votant socialiste, un tiers des précédents écologiste, une moitié des écologistes pour le front de gauche, tous partenaires potentiels, la moitié du FDG pour le NPA puis un peu pour LO, suivant une régle claire: plus on s’éloigne de l’alliance avec le PS, plus on perd des électeurs, me semble à déguster avec plus de plaisir que de modération.

    seules ombres: l’abstention, en particulier jeune et populaire, le FN au dessus de 10%, le modem en dessous de 5%, et freche qui triomphe en son pays…

    attendons le second tour pour espérer boire un deuxième verre de ce mélange roboratif, et se donner du courage pour la suite…

  • @Francis

    C’est vous qui qualifiez ceux d’en face de harkis, pas Frêche. Il semble bien qu’ils étaient aussi militants de l’UMP locale. Alors, qui Frêche insultait t’il? Des harkis, des militants UMP, ou juste des gens qui manifestaient leur opposition?

    C’est le même mécanisme que pour Fabius : quelqu’un est attaqué directement, et il représente d’un coup tout un groupe. C’est de la manipulation.

    Il y a suffisament de bonnes raisons de critiquer Frêche pour ne pas en inventer de fictives il me semble.

    Il est probable que le PS avait de bonnes raisons de l’écarter, mais avouez que le coup de l’antisémitisme était franchement grossier.

    La candidature de Mandroux était courageuse et avait un intérêt : mesurer si les électeurs votaient PS malgré Frêche, ou s’ils votaient simplement Frêche. On a la réponse : ils votent Frêche. N’étant pas languedocien, j’hésite à conclure : Frêche est il un fin populiste, un bon président de région, les deux à la fois?

  • à gatien. je ne sais si cette polémique passionne les foules. qu’ils soient vus comme des harkis ou des militants UMP, ma conception de la politique est qu’on ne traite pas les gens de sous-hommes, particulièrement depuis l’utilisation de ce terme durant WW2. oui, quand on attaque quelqu’un son « groupe », sa « communauté » se sent bien souvent attaquée, de même quand on l’encense…tout politique sait cela par cœur. freche tient sa région,et se fiche de solferino, il vient de le démontrer : le drian va sans doute faire de même en bretagne, ségolène l’a aussi démontré à sa manière avec ses listes ouvertes,…

    conclusion: les présidents de région ont du pouvoir localement, même si on se plait à dire qu’ils sont méconnus…

  • Personne ne parle de l’union du PS et des Verts, comme le dit élégamment Mme Duflot, c’est une « connerie » de ne pas la trouver naturelle; certes, l’on pouvait s’y attendre mais comment un parti comme le PS qui se veut un recours contre l’honni N. Sarkozy peut-il s’associer avec les écolos qui prônent la décroissance, la grève du troisième ventre (suppression des allocations pour le 3eme enfant) qui ne veulent ni le TGV , ni les jeux olympiques etc……

  • Navré de ne pas partager du tout vos analyses à tous, mais vous est-il venu à l’idée de comparer les régionales 2010 avec les régionales 2004 ?

    En 2004, le FN était à 14,7% ; en 2010, 11,7. En 2004, le FN pouvait se maintenir dans 17 régions métropolitaines ; en 2010, seulement 12. En région PACA, que je connais un peu, et où le FN est historiquement très enraciné : 26,8% des voix en 1998, 23% en 2004, 20% en 2010.

    Qui voit un rebond du FN quelque part ? Par rapport aux européennes ? Aux présidentielles ? Et pourquoi pas aux cantonales pendant qu’on y est ? Ou au score d’Obama ?

    Idem avec le PS : le Parti socialiste avait obtenu 33,5% des voix en 2004 ; il tombe à 29,4% en 2010. Certes, cette fois-ci, il est parti seul, sans le PCF. Mais justement : ce sont ses alliés qui réalisent de bons score aujourd’hui : le Front de Gauche a réussi à siphonner l’extrême-gauche et à faire rebondir le PCF à 6,5% des scrutins (la bourde du NPA avec le voile de sa candidate a pu décontenancer) et surtout c’est Europe Ecologie qui gagne 10 points par rapport aux 2,5% des Verts en 2004. Ce sont là les grands vainqueurs du scrutin : les partenaires du PS, pas le PS lui-même.

    Quant à l’UMP, les régionales 2004 avaient été catastrophiques, les régionales 2010 sont meilleures : l’UMP augmente son score de 21,6 à 26,1% des voix. Certes, c’est au prix de l’union avec l’UDF, et le gain n’atteint pas les 12% du parti centriste d’hier. Et ça pose la question des réservoirs de voix, lorsque le score n’est pas suffisant pour enclencher une dynamique de victoire sur la base de son avance propre.

    Mais au final, les enseignements à tirer de ce scrutin sont très différents de ce qu’en disent les pseudos analystes politiques qui n’ont pas même été capables de prendre du recul pour aller chercher (comme c’était difficile) les chiffres des précédentes régionales.

    Quant à l’abstention, elle est le signe d’un désintérêt réel et d’une méconnaissance des enjeux régionaux : même s’ils s’en défendent, les électeurs ont voté sur une perception nationale, d’autant que la plupart d’entre eux ne connaît pas le rôle et les compétences des Régions. La plupart des présidents de Régions sortant n’ayant d’ailleurs pas fait campagne sur leur bilan ou sur des thématiques régionales : la proximité de la présidentielle prochaine a déjà surdéterminé toutes les sujets abordés.

    Jusqu’à la caricature : en PACA, le président de Région sortant a refusé de débattre avec ses concurrents. Il leur avait déjà fait le coup en 2004. En PACA, on ne réfléchit pas, on vote comme on vous dit de le faire : contre Sarkozy.

  • je vous rassure azerty, les écologistes qui, pour leur grande majorité ne pronent pas la décroissance mais une certaine modération dans l’accumulation de biens matériels, trouvent beaucoup plus de compréhension et d’écho au PS que dans une UMP liberale, productiviste et capitaliste…

    l’alliance PS-Verts est donc bien naturelle, d’ailleurs pas mal de militants, d’électeurs, cheminent entre ces partis…

  • Qui a dit : « Nicolas est entouré par des autistes ou des béni-oui-oui qui le confortent dans son refus de voir la réalité. On paie plein pot les conneries de Besson. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir tiré la sonnette d’alarme. » ?

    François Fillon, en privé, en apprenant les résultats du 1er tour des régionales, selon Le Canard Enchaîné.

  • OK: bon, alors, la réduction des déficits, ça commence quand ?

    Est-il réellement nécessaire de se poser des questions compliquées quand l’électeur propulse une droite dure libérale avec une majorité absolue dans les deux chambres pour constater 4 ans après que les ministères ergotent toujours sur l’importance capitale de l’enseignement de la sociologie au lycée.

    Sans même parler des milliards foutus en l’air pour la grippe : ça, c’est pas signé Sarkozy…

    Avant de parler des autistes qui entourent Sarkozy, Fillon ferait peut-être bien de s’interroger sur l’idéologie des personnels des cabinets de ses ministres.

  • Elargissons un peu le propos et quand on est catholique, mettons nous à l’écoute de l’enseignement de l’Eglise. On se souviendra du mot que le cardinal Barbarin confiait à propos des dernières élections présidentielles : « Je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc », dès lors que ce choix n’est motivé ni par la négligence ni par le désintérêt. « Les catholiques ne peuvent pas se désengager de l’action politique, même si les circonstances rendent cet engagement périlleux du point de vue éthique. » (Cardinal Ratzinger) Le Concile Vatican II et à sa suite le pape Jean-Paul II, notamment dans son encyclique Christifideles laïci, ont développé l’enseignement rappelant la nécessité de la mobilisation des catholiques en politique. Le devoir électoral en fait partie mais il n’en est qu’une dimension extrêmement limitée et éphémère. Et la réflexion attentive autour du suffrage qui conduit à marginaliser ce monde décadent n’a rien d’un désengagement. Cette attitude cohérente revêt au contraire un caractère prophétique : « Il est nécessaire que des chrétiens, convenablement formés et compétents, soient présents dans les diverses instances pour concourir (…) au bien commun. » (Jean-Paul II). Voter en chrétien : http://www.citeetculture.com/article-voter-en-chretien-2-2-43175569.html

  • « Je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc », dès lors que ce choix n’est motivé ni par la négligence ni par le désintérêt. »

    Voilà : mon abstention de demain sera posée. Ce ne sera pas par désintérêt ni par négligence, mais un acte posé:

    • impossible de voter pour un parti, fusse aux « Régionales » qui refuse de comprendre le message reçu au premier tour

    • impossible de voter PS et Martine et Consorts. Ce parti, non content de nous avoir mené à la déchéance économique sous Mitterand, Jospin et les autres, continue sous Sarkosy à mettre des bâtons dans les roues pour les moindres réformes (et surtout les réformes en Régions, régions qui leur permettent de gagner leur croûte sans trop en faire, hormis dans la populo-démagogie payée par nos taxes locales.)

    • impossible de voter pour les écologistes. Ils sont trop marqués à gauche. Ce que je ne comprends pas. On peut aimer la nature et la protéger sans être de « gauche ». Nombre de gens de droite sont protecteurs de la nature. la différence avec les écologistes est qu’ils ne la ramènent pas dans les médias. Un tort, sans aucun doute.

    • impossible de voter FN. Fille de résistants, petite fille de résistants, je ne puis voter un jour pour un parti qui nie encore aujourd’hui les faits probants de la dernière guerre.

    —> Alors, que me reste t il?

    Rien.

    De toute façon, voter ou non ne changera rien au décor. Ma Région sera à gauche comme depuis des lustres, avec les impôts locaux en conséquence pour aucune amélioration d’une des Régions qui possède des départements parmi les plus pauvres de France. La Région voisine – quelques kms- est arrivée à avoir une ligne TGV inutile, grâce à l’inénarrable Ségolène, et nous, n’avons que des bus roulant un jour sur deux, à des horaires de retraités, pour rejoindre une gare, dont les lignes sont otages de syndicats toujours en grève (au moins un tiers de l’année), même si on n’en parle pas.

    Alors… La seule façon de montrer mon désaccord est de ne pas rentrer dans le rôle de mouton qu’on veut me faire jouer.

    Peut être aurons nous des candidats honnêtes -et capables de braver les gaucho-conservateurs- en 2012.

    L’espoir fait vivre!

  • @ Tara: ce que je trouve intéressant dans votre commentaire, c’est l’explication de l’échec probable de l’appel aux abstentionnistes de la part de l’UMP. Leur réaction aux résultats du premier tour a été parfaitement contradictoire et va, à mon avis, leur coûter fort cher:

    D’un côté, Fillon, Bertrand, etc. prétendent contre toute évidence que leur défaite n’est pas si lourde que ça.

    De l’autre, ils appellent à l’aide les électeurs de droite qui ont choisi de rester chez eux dimanche dernier: ceux-là mêmes qui ont décidé de leur « envoyer un message » exprimant leur déception.

    La seule réaction logique des abstentionnistes de droite est de répéter le message, en plus fort, puisque le destinataire semble avoir les oreilles bouchées.

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