Le Notre Père vaut mieux qu’une chronique grossière

« C’est au sacré que l’on touche ici », vous êtes-vous écrié ce matin, M. Enthoven, sur Europe 1, et vous avez eu cent fois raison. C’est au sacré que vous avez touché. A la prière qu’un chrétien adresse à Son Père quand il est dans le désespoir, quand il le remercie, quand il le loue, quand il le chante. Ce sont ces mots qui nous viennent, les mains ouvertes vers le Ciel, en chœur ou en silence.

C’est au sacré que vous avez touché et nous aurions aimé que vous ne le fassiez que d’une main tremblante. Nous aurions apprécié que, conscient de toucher à ce qui nous est intime, vous ne le fassiez qu’avec conscience, avec rigueur.

Vous affirmez, et vous l’avez confirmé dans notre échange sur Twitter, que la nouvelle traduction du Notre Père aurait été adoptée par « marketing politique », par une « islamophobie » qui « crèverait l’oreille » – et peut-être êtes-vous sourd d’ailleurs. Les fidèles « ânonneront quotidiennement à mots couverts : chez nous, Dieu ne soumet pas, nous ne sommes pas du tout des musulmans, c’est librement qu’on croit ». Il n’y a pas d’islamophobie dans ce changement, M. Enthoven. En revanche, nous avons bien perçu votre mépris envers ces fidèles qui « ânonnent ». Ces ânes. Et vous concluez, satisfait, pensant peut-être nous apprendre la valeur de notre prière : « une prière vaut mieux qu’un message subliminal ».

M. Enthoven, les chrétiens ne sont plus surpris depuis longtemps du mépris qu’on leur témoigne sur les ondes et canaux divers, ni de l’ignorance satisfaite et suffisante des commentateurs. Mais vous êtes allé au-delà, et votre chronique suscite en moi plus encore que de la colère et de l’indignation : de l’effroi, aussi. Cest au sacré que vous avez touché, c’est à la vérité que vous avez attenté, et c’est aussi au pays et à sa paix que vous préjudiciez.

J’aimerais que vous compreniez, et avec vous ceux qui me liraient et ne sont pas croyants, pas chrétiens, que votre propos est grave en ce qu’il est tout à la fois faux, odieux et dangereux.

Votre propos est faux : la discussion sur la traduction du Notre Père est antérieure à l’Islam.

Nous ne sommes pas, M. Enthoven, dans un temps où l’on peut se permettre de mépriser la vérité, pour quelque souci de positionnement ou d’audiences de matinale. Chacun, dans sa profession, doit chercher la grandeur de sa vocation. C’est vrai en tout temps mais aujourd’hui plus encore, alors que les sables sont mouvants. Journalistes, chroniqueurs, vous avez un grand privilège et vous savez ce que l’on dit, à raison : les grands privilèges impliquent de grandes responsabilités.

Vous auriez pu éviter l’indignité de votre chronique. Ce seul article, sur le site du diocèse de Paris, 3ème résultat de Google pour « traduction notre père », vous rappelait que la traduction actuelle n’a qu’une cinquantaine d’années, vous rappelait les termes de la controverse autour de cette traduction, vous rappelait les enjeux d’unité des chrétiens et de fidélité à Dieu. Non, nous ne voyons pas en Lui un Dieu qui soumettrait les Hommes à la tentation, par quelque caprice.

Vous évoquez l’épître de Saint Paul aux Corinthiens, vous négligez Saint Jacques (1, 13). Vous lancez, sûr de votre fait, que « dans les Évangiles, Jésus lui-même a connu la tentation ». Est-ce donc par Son Père ? Je ne veux pas spoiler l’affaire : vous trouverez la réponse dans les premières lignes du chapitre 4 de l’Évangile selon Saint Luc, la première phrase du chapitre 4 de l’Évangile selon Saint Matthieu.

Un minimum de rigueur vous aurait encore conduit à vous interroger sur les autres traductions de ce texte. Vous auriez lu que la traduction espagnole est : « no nos dejes caer en la tentacion », soit littéralement « ne nous laisse pas tomber dans la tentation ». Vous auriez peut-être imaginé qu’il n’est pas indifférent aux catholiques que, de par le monde, la prière enseignée par le Christ ait tout simplement le même sens.

Depuis votre chaire radiophonique, vous vous permettez de tenir pour rien quarante années de recherches universitaires sur cette traduction – mais que valent aujourd’hui des universitaires face à un chroniqueur ? En deux minutes et trente secondes d’antenne radio, M. Enthoven, vous avez estimé que cette modification « ça ne change rien du tout« , quand cela fait plus de dix-sept siècles que le sujet occupe les plus éminents théologiens – mais que valent ces théologiens, contre votre intuition ? Tout à votre complotisme matinal, vous vous moquez d’ignorer que « la sixième demande du Notre Père était ainsi formulée dans le Catéchisme du Concile de Trente : « ne nous laissez pas succomber à la tentation » et non pas, comme depuis 1966, « ne nous soumettez pas à la tentation » (source : Que signifie la sixième demande du Notre Père ? Revue Théologique de Louvain, 1995, Raymond J. Tournay – merci à Joël Sprung pour l’information). Le Concile de Trente s’est achevé en 1563, c’est vous dire la perspective historique, c’est vous dire aussi si l’islam n’est pas le sujet.

Le Père Tournay rappelle encore et surtout que Tertullien, Cyprien, Saint Augustin, Denys d’Alexandrie, Saint Ambroise, débattaient déjà de la juste formulation de cette demande. C’était aux IIIème et IVème siècles. C’est, M. Enthoven, trois siècles avant l’apparition de l’islam.

Voilà pour votre thèse fantasmagorique d’une adaptation de la prière chère à tous les chrétiens par islamophobie.

Votre propos est odieux : il s’attaque à une Église de martyrs par amitié pour les musulmans.

Me revient une image, celle de Benoît XVI chantant pour la paix, avec un imam, un rabbin, et bien d’autres représentants des diverses religions. Je pense encore à François qui ne cesse de porter le dialogue avec l’islam, sous la vindicte des extrêmes de toutes parts, François recevant rabbins et imams dans le jardin du Vatican.

Vous avez dû tenir votre chronique, M. Enthoven, à peu près au moment où, sur le quai de la gare de Strasbourg, avec un frère Domincain, nous évoquions l’islam et le cycle de conférences qu’il organise (c’est en page 2). Et nous nous souvenions ensemble de Monseigneur Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné par des islamistes le 1er août 1996. Monseigneur Pierre Claverie a dit ainsi : « Le maître mot de ma foi est aujourd’hui le dialogue, non par tactique ou par opportunisme, mais parce que le dialogue est constitutif de la relation de Dieu aux hommes et des hommes entre eux ». Il a été assassiné au nom de ce dialogue possible, que tous les fondamentalistes refusent de voir.

Nous évoquions encore la mémoire des sept moines trappistes de Tibhirine. Avez-vous lu le Testament de leur prieur, Christian de Chergéadressé aussi à celui qui lui ôterait la vie, « l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais » ? Évoquant son assassinat probable, il écrivait :

C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut- être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam. Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.

Je pense encore au Père Jacques Hamel, assassiné « en habit deservice », par deux terroristes islamistes il y a à peine deux ans. Il était curé de cette paroisse, Saint-Etienne-du-Rouvray, qui avait cédé une part de son terrain aux fidèles musulmans qui n’avaient pas de lieu de culte.

Je pense enfin au Père Paolo Dall’Oglio, disparu depuis quatre ans, et que l’État Islamique affirme avoir exécuté. Il se disait « amoureux de l’islam, croyant en Jésus », il se battait pour tous indistinctement, chrétiens et musulmans.

Et c’est cette Église-là, Église francophone, que vous accusez de changer sa plus grande prière en haine des musulmans ? C’est le sang de ces martyrs que vous foulez au pied. Jacques, Pierre, Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin, Paul, tous français : qui croyez-vous donc être, à côté de ceux qui ont donné leur vie ? Que vaut, à votre avis, votre impression matutinale, à côté de leur témoignage ?

Votre propos est dangereux : il menace prêtres et fidèles.

Politiques, chroniqueurs et journalistes ont toujours une responsabilité éminente. Elle est plus grande encore dans la période que nous traversons. Personne ne peut se permettre la légèreté de votre démarche. Si vous imaginez que quelques mots ne font pas une menace, pensez que, même sans eux, le Père Jacques Hamel a été égorgé.

Cette menace n’est pas fantasmée, elle est est réelle, elle est présente.

Qui sait ce que vont croire les musulmans demain ? Qui sait ce que pourrait entreprendre un musulman psychotique ou islamiste, convaincu contre toute réalité que chaque dimanche, et même chaque jour, les chrétiens récitent un Notre Père modifié par haine de l’islam ? Si un tel événement devait se produire, et personne ne peut le juger suffisamment improbable, assumerez-vous votre propos de ce jour ?

Ce ne sont que des mots ? Il y a une semaine jour pour jour, vous avez à juste titre rediffusé le texte de Riss, dont vous avez extrait ce passage : « La Une de Charlie Hebdo fait partie d’une campagne générale de guerre aux musulmans » En prononçant cette phrase, Edwy Plenel condamne à mort une deuxième fois Charlie Hebdo.»

En sortant de Charlie Hebdo, juste après avoir massacré la rédaction, les islamistes ont hurlé : « nous avons vengé le Prophète !» En entrant dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, juste avant d’égorger le Père Hamel, les islamistes ont crié : « Vous les chrétiens vous nous supprimez ! ».

En prononçant cette chronique, qui condamnez-vous à mort une deuxième fois ? Quel fidèle, quel prêtre ?

Votre propos de ce matin est de la même inconscience, il est de la même gravité.

*

M. Enthoven, j’aimerais me contenter de vous dire qu’il n’y a pas de honte à reconnaître son erreur. Mais nous sommes au-delà de la honte, car nous sommes dans un pays où des extrémismes mettent toute leur ardeur à créer les conditions de la confrontation. Un pays sous une menace islamiste renforcée par le retour des djihadistes.

Qu’il y ait de la honte ou non n’est plus le sujet, il est de votre devoir de le faire.

C’est aussi celui de votre rédaction de rectifier votre propos.1

[Mise à jour du 23 novembre] Raphaël Enthoven a consacré sa chronique d’aujourd’hui à un « mea culpa », reconnaissant qu’elle était à la fois « mauvaise » et « malhonnête ». Comme je l’explique dans ce statut sur Facebook, je reconnais volontiers qu’un tel mea culpa est assez exceptionnel et doit être salué, mais il souligne un autre désaccord : l’enjeu ne s’arrête pas à « permettre ou non le débat », l’enjeu, c’est la vérité.

[Mise à jour n°2 du 23 novembre] Raphaël Enthoven a également répondu aux questions de La Croix. Il reconnaît avoir « dit des conneries », il a su entendre les objections, il en reconnaît le bien-fondé. Je prends cela comme la reconnaissance de la fausseté du propos initial. Je dirais même qu’il nous offre en plus une belle morale en montrant que l’on se grandit par humilité. « Qui s’abaisse sera élevé ».

 


  1. Accessoirement, il y a un mois tout juste, vous imaginiez déjà un skinhead entrant dans un restaurant casher en récitant des psaumes. Deux fois, en droit, c’est une habitude. Faut-il considérer que le christianisme sera votre variable d’ajustement habituelle dans votre rapport à l’islam ? []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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65 commentaires

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  • S’il vous plait ! Demandez un droit de réponse ! Votre article fera l’affaire 🙂

    En anglais : and lead us not into temptation

    Cette volonté d’attiser les haines inter-religieuses est édifiante et appelle les chrétiens à ”ânoner” patiement en éduquant les foules et en répétant clairement la Vérité.

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      • A la réflexion, il vaut mieux ne pas lui offrir la joie d’un buzz. Pour ma part j’ai envoyé un message à europe 1, pas à lui, sur le danger de trouble à l’ordre public et l’illégalité de son affirmation d’islamophobie et son incitation à la haine par des propos mensongers.
        Je crois que la nature religieuse de ce scandal ne les touche pas franchement.
        A nous au quotidien, là où nous nous trouvons et inlassablement, de répendre la paix et la fraternité avec tous afin que ce genre de propos ne soient jamais crédibles.

  • A première vue, la bêtise crasse des propos de M. Enthoven pourrait nous faire tout simplement hausser les épaules. J’avoue que cela a été mon réflexe, tout d’abord. Mais vous avez trouvé les mots justes pour mettre en évidence ce qu’ils ont de dangereux. Merci.
    Reste à savoir ce que cherche M. Enthoven. A faire l’intéressant sans se soucier des conséquences possibles (à Dieu ne plaise) de ses pitreries ? Après tout, c’est ce que résume le sot vocable de « buzz ».

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  • je m’étais abonné à votre compte tweeter..me voilà abonné à votre blog …grâce à votre papier sur le Notre Père spécial « je me documente avant de parler »…merci encore merci pour cette mise au point…puisse-t-elle être largement reprise et diffusée !

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  • Enthoven développe et prêche depuis toujours une philosophie qui, implicitement le plus souvent , est contraire à l’anthropologie chrétienne.
    J’ai cessé de l’écouter.

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  • Merci Koz de nous défendre aussi bien. De défendre Notre Père et nos convictions.
    La chronique d’Enthoven sur ce sujet du Notre Père est non seulement blessante mais également d’un « Donald Trump level » comme on dit par chez nous… Même assurance dans le grotesque.
    J’espère qu’il va se rattraper et je l’invite à rencontrer quelques chrétiens avant de parler de sujets qu’à l’évidence, il ne maitrise pas du tout. Très déçue.

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  • Pour moi Enthoven est un Trissotin qui s’abrite derrière l’écran de fumée de sa philosophie de Café du Commerce. Je le compare à Tariq Ramadan sur mon profil Chantal-Paule Duronnet
    Pour le sens et l’euphonie je ne me suis jamais soumise à la nouvelle traduction, et comme un grand nombre je continue à dire Ne nous laissez pas succomber à la tentation
    Avec la nouvelle traduction, cela permettra de mieux superposer les phrases et évitera de scandaliser mes voisins.
    Chantal

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  • Excellente réponse à la chronique d’Enthoven. Bravo et Merci ! Concernant l’allusion à la Première aux Corinthiens, je me demande si Enthoven ne voulait pas faire référence à I Co 7,5. L’Apôtre dit aux époux : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre, sauf d’un commun accord et temporairement, afin de vous consacrez à la prière; puis retournez ensemble, de peur que votre incapacité à vous maîtriser ne donne à Satan l’occasion de vous tenter » (TOB, 2004). Voilà qui va tout à fait dans votre sens et confirme que le malheureux Enthoven n’arrive pas bien à distinguer ce qui vient de Dieu (les épreuves) et ce qui vient du Diable (les tentations). Il n’a manifestement rien compris au débat qui a amené l’Eglise à modifier sa traduction du Notre Père.

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    • D’après ce qu’il dit, je pense qu’il vise ce passage, au chapitre 10:

      Aucune tentation ne vous est survenue, qui n’ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter.

      Je n’ai pas voulu m’engager sur ce terrain, n’ayant pas le temps de m’assurer davantage de l’interprétation (contrairement à d’autres, et avec une moindre responsabilité, j’essaie de dire le moins de bêtises possible). Mais il me semble que, précisément, dans ce texte, Paul exclue que la tentation vienne de Dieu et même, bien au contraire, Dieu empêchera que la tentation – humaine – ne dépasse nos forces.

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      • La difficulté vient du fait que le mot grec πειρασμός (peirasmos) peut être traduit aussi bien par « épreuve » ou par « tentation » (cf. les travaux de Jean Carmignac).

  • Vous visez juste, comme d’habitude. Et heureusement que vous êtes là pour rétorquer, mais l’inconséquence de ces grand-z-intellectuels médiatiques qui sont capables de pondre un cours de philo chaque matin avec le ton le plus condescendant possible et sous les applaudissements du Maître de cérémonie matinale, n’est plus à démontrer. Malheureusement, ce qu’on entend d’une oreille distraite en 2 minutes à la radio, peut donner l’impression d’avoir pénétré les grands mystères de la pensée humaine sans effort. Quelque chose comme la philosophie pour les nuls en condensé.
    Cher Koz, je ne crois pas ce Monsieur capable de reconnaître sa bêtise ni même sa possible éventuelle méprise. Il faudra lui pardonner en espérant que ce que vous craignez n’arrivera pas.

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    • Je ne veux pas encore exclure qu’il le fasse, ni que la rédaction d’Europe 1 s’efforce de limiter les dégâts mais il est vrai que lui s’obstine de façon incroyable sur Twitter. Je n’exclue pas qu’il s’obstine d’autant plus qu’il est conscient de son extrême légèreté sur un sujet sensible.

      Mais comme vous le dites, c’est effarant comme on peut ainsi lancer des propos définitifs avec l’aura de l’intellectuel, alors que ses bases textuelles sont mal comprises et que le reste n’est qu’un fantasme de sa part.

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  • « Voilà qui va tout à fait dans votre sens et confirme que le malheureux Enthoven n’arrive pas bien à distinguer ce qui vient de Dieu (les épreuves) et ce qui vient du Diable (les tentations). »

    Ça s’appelle le péché contre l’Esprit Saint. Pauvre Raphaël.

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  • Je ne peux m’empêcher de citer les tontons flingueurs: « les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait!! »
    Puisque Europe1, pour faire le buzz à tout prix, laisse ce « philosophe » tenir des propos aussi ridicules, il suffit déjà de ne plus écouter cette radio en perte de vitesse.

    BOYCOTTONS Europe1!!

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  • Merci Koz, pour ce texte précis et étayé qui défend la vérité. Je reste triste à l’idee que ce tissu de mensonges rapide, sans réaction du journaliste (goguenard ?) et surtout écouté par des milliers de gens puisse pénétrer les esprits et contribuer aux idées fausses diffusées sur notre foi. Cela pourrait nuire à l’annonce de l’Evangile et concerne personnellement chaque chretien. L’Esprit Saint y remédie on dirait
    Merci.
    PS: si Enthoven répond … je le lirais volontiers, comment se sortir de ce genre d’infamie ? Ça m’interesse.

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  • Merci Koz, comme d’habitude si juste.

    Et le meilleur dans tout ça, le sophisme incroyable qu’il a publié derrière :
     » La virulence des réactions, les arguments d’autorité et l’obstination sotte à exhiber des textes sur le « sens véritable » du « Notre père » commencent à me faire penser que j’ai visé juste.  »

    Demain je vais faire une chronique pour affirmer que la Terre est plate, on va me sortir tout un tas d’arguments pour tenter de me prouver que je raconte n’importe quoi, on va me traiter d’imbécile, d’aveugle, d’obstiné, et ce sera bien la preuve que j’ai visé juste !

    Quel raisonnement absurde, quel entêtement. Si c’est ça le niveau je comprends les problèmes d’Europe 1…

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  • Très bon billet, très bien écrit. 2 remarques périphériques.

    La première a trait à l’islam. Je réalise que les islamistes sont en train de gagner. Plus personne ne parvient à traiter l’islam et les musulmans comme les autres. Ici comme pour l’affaire Charlie/Mediapart, il est presque impossible de ne pas tomber dans un camp. Soit ceux qui considèrent que les musulmans sont les victimes archétypiques de nos sociétés. Soit ceux qui les voient comme des gouttes de nitroglycérine prêts à exploser à la moindre contrariété.

    L’objectif stratégique de Daech est paraît-il de faire disparaître la zone grise entre les musulmans et les autres. Je pense que l’objectif stratégique des gens civilisés (musulmans ou pas) doit être de faire disparaître la zone grise entre les islamistes et le reste du monde (musulmans inclus). A cet égard, je pense que la faute de Plenel ou d’Enthoven est moins d’avoir mis Charlie ou les cathos à risque que d’avoir augmenté la confusion entre islamistes et musulmans. Et d’une certaine façon, en insistant sur le risque on tombe dans le piège, on attaque la mauvaise zone grise.

    La deuxième a trait au catholicisme. La chronique d’Enthoven est tout ce que tu en dis, mais j’ai trouvé la réponse publique des catholiques assez… commune. C’est sans doute l’époque qui veut ça et les réseaux sociaux qui nous inculquent une forme d’agressivité un peu tribale et tripale. C’est sans doute aussi la lassitude d’être si souvent du coté des moqués, face à la meute des commentateurs qui rend jouissive la situation inversée. Mais j’espère qu’il s’est trouvé quelques cathos proches d’Enthoven pour lui expliquer avec bienveillance et surtout en privé pourquoi il se trompait, non dans le but de gagner une joute, de lui faire « rendre gorge », mais dans celui de l’aider. Je pense qu’il y en a eu et qu’il a compris. Au fond, malgré ses défauts, je ne pense pas qu’Enthoven soit le même type de crapule maléfique que Plenel. Inutile de le pousser du coté obscur.

    Bon, en même temps, je suis le premier à prendre la mouche et à me friter avec des gens pour un bout de phrase. Donc la paille la poutre tout ça.

    PS. C’est dommage que la prévisualisation aie disparu, j’aimais bien, s’il y a des fautes d’orthographe, c’est la faute de Koz 🙂

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    • Il est quand même important, au-delà de notre philosophe de salon, que les musulmans entendent que les chrétiens ne sont pas du tout d’accord avec le dit philosophe.

      Cela suppose de faire un peu de bruit.

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  • Chapeau bas! Merci de tout coeur à vous! Deo gratias!
    Vous avez visé plus juste que jamais, et ce n’est pas peu dire.
    (Entre parenthèses, un texte comme celui-là dans le mois où nous célébrons le centenaire de la mort de Léon Bloy, c’est un réconfort peu banal.)

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    • Prenons garde toutefois : « Léon Bloy devant les cochons » (et en particulier « la vraie « réparation » ») pourrait passer aux yeux de certains pour une attaque islamophobe ; ils risqueraient de voir dans la réédition de ce texte (parmi d’autres) parmi les « essais et pamphlets » parus cet automne une preuve de plus d’un vaste complot…
      (Naturellement, je ne vise pas par ces propos M. Enthoven, dont la rétractation d’aujourd’hui est mieux inspirée que ses propos d’hier.)

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  • Un seul bémol à votre légitime réaction à la chronique de Raphael Enthoven ;

    Oui cette chronique d’Enthoven fait preuve d’ignorance, de préjugés et d’irresponsabilité et vous avez raison de la dénoncer. Mais elle n’est pas critiquable comme vous le dites au début de votre réaction parce qu’elle touche au sacré des catholiques , mais parce qu’elle touche au seul sacré qui nous est commun: le respect de l’autre .
    Dans un pays de liberté , on doit pouvoir avoir le droit de prendre de la distance avec le sacré de l’autre et, toutes les religions et options philosophiques doivent peuvent être caricaturées .

    Ce qui est choquant dans la chronique d ‘Enthoven ce n’est pas qu’il s’en prenne à ce qui est sacré pour les catholiques (et qui ne l’est pas pour d’autres), mais c’est, outre que son propos soit faux et signe d’une inculture crasse, qu’ils fasse preuve d’un mépris profond à travers le verbe ânonner envers une liberté légitime qui est celle des catholiques d’exprimer librement leur foi. Liberté d’expression qui doit être respectée et garantie.

    La chronique d’Enthoven n’est pas critiquable parce qu’il s’en prend à ce qui est sacré pour les catholiques, elle est indigne parce qu’elle foule au pieds les valeurs communes fondatrices de notre contrat social : liberté , égalité et fraternité.

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  • Bonjour
    J’écoutais Europe 1 hier matin et la Chronique de R. Enthoven m’à mise dans une colère terrible. Elle me résonnait dans la tête tout le long du trajet vers mon travail. Comment pouvait-il être si ignorant d’abord, agressif et insultant ensuite ? J’ai écrit un mail à Europe 1 pour leur dire mon indignation mais je me sentais bien seul et peu éloquente. Quelle ne fut pas ma joie, le soir même, de voir votre billet ! Tellement juste !

    J’ai 32 ans et suis en école de théâtre (après reconversion professionnelle). Je dois bientôt défendre un texte de mon choix sur scène. La consigne était la suivante : « prendre un sujet dans la presse qui vous révolte et le défendre sur scène. » Il y avait le choix. J’ai voulu parler du choix de Anne Bert. L’empathie générale que créait sont discours me donnait la nausée. Mais comment parler de l’euthanasie avec justesse, comment raisonner et parler en vérité face à la déferlante d’émotivité, surtout face à mes camarades d’école ? Et voilà que vous en parler. Vous en parler mieux que toutes mes tentatives. Alors j’ai envie defendre votre texte si vous êtes d’accord. Je ne sais pas quand l’exercice se fera. En attendant je me prépare.
    Et je vous raconterai.

    Merci en tout cas de nous faire profiter de votre talent pour écrire et questionner le sens.

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  • Bonsoir. Merci pour votre réponse qui met en mots l’indignation que j’ai ressentie à l’écoute de cette intervention d’une inconscience et d’une irresponsabilité coupable de la part d’un intellectuel français. Son obstination à maintenir ses propos est scandaleuse selon moi.
    Pour information, j’ai repéré un message sur Mediapart qui se veut également très critique:
    https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/221117/raphael-enthoven-la-pensee-paranoide-d-un-freudolatre
    J’espère que Europe 1 aura la lucidité de présenter des excuses, ce dont je doute.
    Bien coridalement. Sylvain

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  • Le notre Père a été créé par Jésus-Christ lui-même. Et il l’a recommandé aux hommes. C’est une prière parfaite. Nul n’a le droit de la modifier. Et puis il ne faut pas confondre christianisme et catholicisme. Demandez aux évangélistes ce qu’ils pensent de ce « nouveau Notre père », car eux aussi sont chrétiens.

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  • C’est qui ce Enthoven qui se croit quoi , au fait? Philosophe? Commentateur ? Redresseur de tords? Comment toucher à la prière de tous ces chrétiens de par le monde qui sont morts pour leur Foi et qui ont ouvert tout grand leurs bras et leurs églises au musulmans et faire dire à cette même prière des choses qui n’y sont pas ? C’est pour faire un article? Pour qu’on parle de lui? Commencez d’abord à vous instruire sur le sujet que vous traitez, à mon avis vous ignorez tout du Christianime . Le malheur c’est que ce sont des gens comme vous qui créent de l’incomprehension entre les chretiens et les musulmans et creusent le fossé qui les sépare. Vous êtes Nul !!! Vos propos sont indignes , je vous plains

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  • En plus, il est un peu à côté de la plaque. « Islam veut dire soumission ». C’est un raccourci de traduction arabe-français, et donc un peu inexact. Mais bon. C’est surtout une réalité centrale de l’Islam et des musulmans (je généralise, je sais, mais ça donne l’idée), dont ils sont en général fier et heureux, car elle n’a pas la signification brutale qu’on comprend en français aujourd’hui ; (et d’ailleurs que voulait dire soumission au temps où on a choisi « ne nous soumets pas à la tentation »? Après tout on se soumet aussi à un examen médical ou à un entraînement intensif en vue des JO…) Une réalité source d’infinies questions personnelles et communautaires, d’ouvrages, de débats (parfois virulents), « comment je vis la soumission à Dieu dans ma vie? Qu’est-ce que cela veut dire pour moi ? Comment vivre cela dans le monde moderne? Comment expliquer cette idée (dans son acception en Islam) dans notre société ? Qu’en disent le Coran, les hadiths ? Tel ou tel penseur? « . C’est un peu l’équivalent du très chrétien « mettre Dieu au coeur de ma vie qu’est-ce que cela veut dire pour moi »? Bref, un concept complexe, un cheminement d’une vie.

    Bref, cela n’a rien à voir avec le Notre Père, et il n’y a rien d’islamophobe à dire que oui chrétiens et musulmans ont une vision différente de la relation entre Dieu et ses fidèles, c’est un fait, cela comporte son lot de difficultés, de méprises, d’incompréhensions et d’inconciliable, mais aussi de possibles enrichissements, découvertes, fraternité.
    Mais Mr Enthoven est en fait aussi loin du Notre Père que de la Shahada, et surtout de toute notion de compréhension mutuelle ou de fraternité.

    On ne peut pas faire comme si de rien n’était (de toute façon, « ils protestent = « y a que la vérité qui blesse » = j’ai raison ; ils ne protestent pas = ils n’ont pas d’argument à m’opposer = j’ai raison ». Au niveau cour de maternelle, on ne peut pas gagner. Et l’enjeu n’est pas là, il est de faire connaître le sens du Notre Père. Merci donc pour votre réaction.

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    • C’est éminemment dangereux de s’aventurer en des domaines dont on ignore tout . Cette prière essentielle demandait à être précisée dans nôtre langue faite de tant de nuances .

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  • et pourquoi n pas écrire à Europe N °1 pour leur dire que nous n’écouterons plus leur radio et que ce message sera diffusé
    Que la chaine fasse sa « police »
    D’autres l’ont fait récemment et ça marche

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  • Enthoven est tellement peu convaincu de l’importance de ce qu’il dit qu’il débite sa chronique à une vitesse qui la rend inintelligible, et c’est très bien comme cela. Ton discours Enthoven est une nuit veuve de lune et d’étoiles, mais si ton esprit veut cacher les belles choses qu’il pense, dis-moi Enthoven qui peut t’empêcher de te servir du silence?

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  • Je découvre votre blog à la faveur de la polémique sur le Notre Père lancée par R.Enthoven et je tiens à vous remercier de la réponse que vous y publiez, à vous remercier pour les arguments que vous y développez dont chacun peut faire son miel, vous remercier « d’avoir été là » tout simplement comme vous le dites dans votre présentation du blog. J’espère que votre commentaire sera largement diffusé. Pour ma part j’ai l’intention de le faire connaître autour de moi. Encore un grand merci d’avoir cherché les arguments et trouvé les mots.

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  • La prière de Jésus dans Matthieu 6/9-13 précise selon les textes Hébreux et Grecs « majoritaires » :
    « ….. ne nous induis pas en tentation, mais délivre nous du mal ». Donc rien à voir avec les missels catho. Ce qui veut dire que la tentation existe mais que comme nous devons marcher comme le Christ, nous devrions combattre la tentation comme lui l’a combattue.
    2°) Se baser sur le concile de trente est une erreur fondamentale. Certes, l’église catho voulait répondre aux demandes de martin LUTHER sauf qu’ils ont gardé des théories qui sont tout à fait discutables et contraire au message de Jésus-Christ et des Apôtres. Ex : le culte des saints, la transsubstantiation (la sainte cène est devenue un rituel sacré à partir du Concile de Nicée en 325). A cette époque, Constantin avait été interpellé par les désaccords survenus entre les évêques. Finalement pour les mettre d’accord, il s’est autoproclamé à la tête de l’église pour gérer le conflit. Quand tous les apôtres sont morts, ces évêques ont commencé à écrire des livres qui n’ont rien à voir avec la Sainte Doctrine. Il se sont complètement éloignés du message apostolique.

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  • Je vous rejoins tout à fait lorsque vous dites que toute tentation est humaine et j’ajoute, « nécessaire » en quelque sorte Mais Dieu ne nous pousse pas et ne permet pas une tentation au-delà de nos forces, Il veut nous laisser libres de Le choisir et de progresser vers le Bien, sans tentation pas de choix possible Aussi vais-je continuer à dire « Ne nous laisse pas succomber…à la tentation.-
    Merci d’oser défendre les chrétiens et de ne pas laisser passer des énormités qui circulent dans certains médias corrompus

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  • Bravo pour cet article riche et bien ecrit qui remet à sa bonne place le sujet dans le vrai contexte! Il clarifie et apporte de la consistance -même vieille de plusieurs siècles!- afin de ne pas sombrer dans la haine et la petitesse d’esprit et d’âme…trop facile d’accès.

    Ps: moi j aimais bien « mais ne nous laissez pas succomber à la tentation » que nous faisait réciter notre maman:-) on aurait pu en rester là au lieu de changer…et éviter les pires réactions stupides et trop rapides..comme celle de M. Enthoven basée sur la haine au lieu de l’amour du prochain…
    Pour que les hommes retrouvent la Paix dont nous avons besoin. Merci Koz que je découvre par cet article…ici dans le Michigan!

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  • Mon emploi du temps ne me permet pas, pour le moment, de répondre davantage.

    J’attire en revanche votre attention sur les deux mises à jour de ce billet, à la suite de la nouvelle chronique de Raphaël Enthoven, « Mea culpa », et de son interview dans La Croix.

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    • Je dois à la vérité de dire que son interview dans « La Croix » est beaucoup plus convaincante que son mea culpa sur Europe 1 et aborde les vraies questions de fond sur les enjeux d’une juste traduction de la 6ème demande du Notre Père, et pas seulement la méthode employée à l’antenne.

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  • Tiré de l’interview dans La Croix:

    Le débat public repose sur un immense malentendu : nous prétendons tous utiliser notre raison, mais en réalité nous souhaitons surtout avoir raison de l’autre. On prend à tort l’humilité pour une faiblesse.

    Chapeau bas. De la part d’un personnage public, ceci est extrêmement rare: non seulement il reconnaît sans ambiguïté avoir eu tort, mais il démonte la posture classique du chroniqueur médiatique qui prétend parler au nom de la raison, et il la remplace par un acte d’humilité explicite. À mon sens, M.Enthoven sort grandi de cette histoire.

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  • La traduction en breton est :
    « n’hon lezit ket da gouezhañ en temptadur met hon diwallit diouzh an droug »
    c’est une traduction ancienne qui signifie mot à mot :
    « ne nous laissez pas tomber dans la tentation, mais protégez nous du mal »
    Et j’ai toujours entendu dire que la traduction bretonne du Notre Père était plus fidèle au texte d’origine… Déjà, quand je l’avais appris en breton, il y a de cela 20 ans, un prêtre bretonnant m’avait expliqué la discussion qui avait déjà cours (et ce j’imagine depuis plusieurs années, voire dizaines d’années précédemment…) chez les théologiens catholiques.
    C’est pâ fin-fin son truc, mais il a au moins eu le courage de le reconnaître… faute avouée à moitié pardonnée ! (je ne connaissais pas, pour ma part, cet énergumène !)

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  • Merci! Monsieur Erwan le Morhedec pour cet excellent billet. Je n’écoute pas Europe 1, mais je crois que Monsieur Enthoven a présenté des excuses…
    Bien Cordialement.

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