Le blogueur politique est-il une quiche versatile ?

Ou : exposition publique de délibérations internes. Ou encore : ça pisse pas loin mais vous aurez pas mieux pour aujourd’hui.

Prenez Christophe Ginisty. Christophe Ginisty s’est fait connaître sur le Net, avec des aventures telles que Pointblog et Netizen. Durant la campagne présidentielle dernière, après avoir montré une inclination grandissante pour François Bayrou, il le rallie avec force éclat et annonce sur son blog. Probablement déçu de constater que le grand soir démocratique et parlementariste ne commençait même pas par une joyeuse veillée en interne, il l’a annoncé : exit le Modem, en toute amitié bien sûr.

« Ce qui s’est passé en 2007 était incroyable et stimulant. (…) Le principe de réalité a eu raison de cet espoir. Point de politique autrement mais une bonne vieille série de recettes et de combines d’autrefois maladroitement dissimulées derrière des discours qui deviennent pathétiques à force de se répéter. Des dirigeants qui ne respectent pas leurs propres cadres, une structure qui ne respecte pas ses propres statuts, qui se moque du fait démocratique comme de sa première chemise, qui recrée un système oligarchique fait de complaisance et de courtisanerie. Des nominations à la tête du client et des abus de pouvoir en pagaille au service d’un seul et unique objectif. »

Cette dernière déclaration, récente puisqu’elle ne date que de la semaine dernière, m’en a rappelé d’autres…

Voyez Quitterie Delmas. Forte de l’effet qu’elle faisait aux hommes, cette jeune femme dynamique était l’égérie de François Bayrou sur le Net. Avec moultes hyperboles et le soutien putatif de quelque substance hilarante, elle décrivait, enthousiaste, un avenir meilleur : les hommes un jour sauraient la vérité, le lion s’étendrait près de l’agneau, nous fondrions les perches pour des faux, les sabres pour des herses et voterions pour François Bayrou. Las, la vérité était ailleurs, et elle l’annonçait publiquement sur son blog. Il y eut des pleurs et des grincements de dent.

« Je refuse de porter sur mes épaules l’image d’une classe politique dont je n’attends plus rien moi-même. Pas tous évidemment, mais ce que le système en a fait. Je ne veux pas devenir comme eux. Je ne veux pas cautionner leur système, je ne veux pas être un alibi jeune dans un milieu qui méprise, depuis 30 ans, notre génération et celles qui arrivent. Eux qui décident à notre place, à qui nous avons délégué bien trop, et qui fatalement nous déçoivent tellement. »

Prenez Dagrouik. On connut d’abord Dagrouik comme un troll d’Embruns. Mais il s’accrocha, guerroya, et mis sur pied l’un des sites soutiens à Ségolène Royal les plus visibles. Il pourfendait vaillamment le sarkozyste, ne reculant pas devant la violence de l’attaque. Mais l’homme avait un coeur, il découvrait sa part féminine en soutenant les fumisteries participatives. Eh bien, il ne s’est pas dérobé : paf, Royal, un coup de pelle, il l’a enterrée d’un billet au titre explicite, « DA 2006-2009 RIP« .

« Voici en une capture d’écran un bilan, d’un truc qui a donné de l’espoir et fait croire en l’avenir à des milliers de militants. Nous avons été l’objet de quolibets de la part de pénibles, et désormais cela s’accentue. Il parait aussi qu’il faut que je m’achète une éthique. J’en ai gros sur la patate. »

Voyez Thomas Lecourbe. Ancien militant de Désirs d’Avenir, salarié de la Netscouade, qui a géré la stratégie Internet de Ségolène Royal, Thomas Lecourbe, a connu récemment une petite renommée, et la home du figaro.fr, en mettant publiquement sa flamme sous le boisseau. C’en était fini de Ségolène. Le désamour. « Un beau gâchis« .

« Incapable de se créer des loyautés, car peu loyale elle même, elle se retrouve isolée assez justement par tous ceux qui un jour ont cru en elle. Il s’agit de ses soutiens politiques certes, volages, mais surtout de son entourage proche. Ce second entourage est plus révélateur, car on ne saurait suspectés ceux là d’être attirés par la lumière à laquelle ils n’ont d’ailleurs jamais prétendu. Cette distance, au delà d’une attitude parfois ingrate, est surtout provoquée par un autre facteur : depuis deux ans, elle ne travaille pas. »

Vous me direz qu’il en manque…

Des blogueurs sarkozystes, peut-être ? Eh bien, c’est que ça ne se bousculait pas au portillon, à l’époque de la campagne. Ce fut un inconvénient, non dirimant1, c’est aujourd’hui un avantage : il n’y en a pas 12 pour claquer la porte. Moi ? Je n’oublie pas mon soutien, ni ne le renie, pas plus que je ne contesterais ma tiédeur actuelle sans concéder pour autant une désaffection véritable. Certains sauront, d’ailleurs, se souvenir de quelques billets critiques. Mais là n’est pas le propos.

Notez tout de même que, s’il est dans la nature des choses que les rangs des soutiens au pouvoir se clairsèment au fur et à mesure de l’accumulation inéluctable des difficultés, il est tout de même plus original que des opposants, dans la posture facile qui est la leur, suscitent la déception.

*

Du coup, ça m’a interpellé : est-ce que, par hasard, nous ne serions pas fiables ?

L’idée m’est venue, sous la douche, que l' »opération blogueur » pourrait paraître trop risquée et la matière, instable. Oui, j’ai pensé à Christophe Ginisty sous ma douche. A Quitterie Delmas, aussi. Je me suis figuré les politiques, échaudés par ces défections bruyantes.  Et je me suis laissé aller à quelques généralités. Tant pis pour les singularités de chacun : j’ai pas que ça à foutre.

Ces blogueurs n’ont-ils simplement pas obtenu les postes qu’ils espéraient ? Se sont-ils tout bonnement cassés les dents sur le principe de réalité ? On ne peut pas ignorer la fraîcheur ou la naïveté, réelle ou affectée, qu’ils mettaient en avant pour expliquer leur engagement. François, Ségolène, étaient le « renouveau« , ils « cassaient les codes« . On allait instaurer une nouvelle démocratie. « Plus rien ne sera comme avant » pouvait-on même lire, textuellement, chez certains. Et ouais, on allait « changer le monde« . Alors que tous les gens raisonnables savent que, pour ça, il faut voir  Obama.2

Alors, pourquoi ces reflux bravaches ? Serait-ce le lot de tout engagement en politique, l’exaltation, figure imposée du jeune militant, ou serait-ce propre au militant numérique venant insuffler un peu du vent de folie et de l’imagination impétueuse du web dans un monde politique figé ? Ou est-ce que leur enthousiasme leur a masqué la réalité de deux apparatchiks simulant la puberté politique ? Ces défections ne sont-elles que la marque d’un reflux classique post-présidentielles ? La partie visible d’un phénomène plus large mais habituellement anonyme ?

Tiens, ça me souvient3 de cette vieille polémique : août 2006, l’UMP invitait des blogueurs politiques à son Université d’Eté. Parce que les blogs se nourrissent de polémiques, ils se sont agités longuement sur cette OPA présumée. Je note déjà que bien peu d’entre eux ont effectivement succombé à la gratitude servile en faisant ensuite une bruyante retape pour Nicolas Sarkozy. Voilà qui invaliderait les critiques sur l’absence d’indépendance, de distanciation des blogueurs.

Tant que j’y pense, je pense aussi aux blogueurs marketing, business. Finalement, tout ce que les agences de com’ expliquent aux marques sur l’instabilité – au sens explosif – du blogueur, pourquoi ne s’appliquerait-il pas aussi aux blogueurs politiques ? A plus long terme, peut-être, parce qu’on s’attache plus à un politique qu’à un téléphone. Tiens, d’ailleurs, au moment où les blogueurs marketo-geeks s’affolent sur leur pratique du billet sponsorisé, on notera qu’il est plus malaisé de s’attacher un blogueur politique.

Et puis tiens, je me dis aussi que le blogueur politique, s’il a une audience, a goûté d’une autre agora. Et comme il s’est créé seul, qu’il a patiemment monté son blog avec force bouts de codes et réflexions personnelles, il se trouve bien moins dépendant, dans son appétit de politique, d’un parti.

Peut-être, alors, le blogueur politique n’est-il pas versatile. Comme ça, là, vite vu, il pourrait paraître un poil changeant. Mais il serait fidèle à sa nature profonde. Celle d’une personne singulière, éprise de débat public, mais qui a fait le choix d’une prise de parole en dehors des appareils. Alors, si sa nature le porte à l’orée de l’engagement politique, ce ne sera qu’avec, en lui-même, la nostalgie de sa parfaite indépendance.

Peut-être. Ou pas.

Ce qui ne l’empêche pas, le cas échéant, d’être une quiche.

crédit photo : Gilmoth

  1. « dirimant » », c’est pour enrichir le vocabulaire des gauchistes []
  2. Ceci étant écrit, je me précipite sur mes archives pour vérifier dans quelle mesure je n’ai pas proclamé que nous allions passé de l’ombre à la lumière, comme un certain Laignel, en votant Sarko. Mais non. []
  3. si je veux []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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57 commentaires

  • Ou peut-être que le blogueur en a marre d’être pris pour une quiche ? Peut-être qu’il en a marre de s’investir, de sacrifier son temps libre bénévolement pour ne rien recevoir, même pas un simple merci ? Peut-être le mépris pour Internet et les NTIC, que les hommes politiques, de droite, de gauche et du centre, ne cachent pas, voire exhibent fièrement, peut-être ce mépris a-t-il fini par avoir un goût trop amer ?

    Il ne faut pas prendre les blogueurs de l’An neuf pour des canards sauvages.

    Quand les hommes politiques comprendront Internet et son potentiel, on les verra ramper pour obtenir les faveurs des blogueurs. Reste à savoir s’ils pourront encore les séduire…

  • « Notez tout de même que, s’il est dans la nature des choses que les rangs des soutiens au pouvoir se clairsèment au fur et à mesure de l’accumulation inéluctable des difficultés, il est tout de même plus original que des opposants, dans la posture facile qui est la leur, suscitent la déception. »

    Je ne crois pas que ce soient les difficultés qui clairsèment les rangs des soutiens du pouvoir, mais plutôt les facilités dans lesquelles il verse.

    Par ailleurs, je me permets de rendre à César : ce n’est pas Laignel, mais Lang qui nous avait fait rire avec son histoire d’ombre et de lumière. Laignel, c’était le « politiquement minoritaire => juridiquement tort », ce qui était beaucoup moins drôle…

  • « Mais il serait fidèle à sa nature profonde. »
    Et pourquoi pas, au fond?
    ça pourrait même constituer une source d’unité plus stable -bien que moins facile- que les semblants d’unité imposés par les partis actuels! Unité « autour de » plutôt que « sous »

  • Ginesty dit : « Point de politique autrement mais une bonne vieille série de recettes et de combines d’autrefois maladroitement dissimulées derrière des discours qui deviennent pathétiques à force de se répéter. Des dirigeants qui ne respectent pas leurs propres cadres, une structure qui ne respecte pas ses propres statuts, qui se moque du fait démocratique comme de sa première chemise, qui recrée un système oligarchique fait de complaisance et de courtisanerie. Des nominations à la tête du client et des abus de pouvoir en pagaille au service d’un seul et unique objectif. »

    C’est pas bien de dire du mal de la Sarkozie !

  • Un blogueur manque à l’appel : un certain Loic™, très porté à droite, n’a-t-il pas dévoué son blog à La Cause avant de s’en défaire une fois la victoire (pourtant) remportée ?

  • PMB a écrit:

    « Point de politique autrement mais une bonne vieille série de recettes et de combines d’autrefois maladroitement dissimulées derrière des discours qui deviennent pathétiques à force de se répéter. Des dirigeants qui ne respectent pas leurs propres cadres, une structure qui ne respecte pas ses propres statuts, qui se moque du fait démocratique comme de sa première chemise, qui recrée un système oligarchique fait de complaisance et de courtisanerie. Des nominations à la tête du client et des abus de pouvoir en pagaille au service d’un seul et unique objectif. »

    J’ai pensé à la même chose que PMB : un repenti du sarkozysme !

  • Pas d’accord, Xav, pour comptabiliser Loïc. Il s’est certes désengagé mais il n’a pas publié de billet « rageur/vengeur ». Le point commun des quatre blogueurs qui ont initié mes divagations, c’est le côté fol enthousiasme / coup de pelle.

    @Hervé. Chic, le fan-club… Vous auriez pu noter qu’il y a un brin de facétie dans mes descriptions. Comme il y avait aussi des étincelles coupables dans le regard des garçons qui lui parlaient.

    @Hub. Question de perspective. Mais peut-être sont-ce en fin de compte les compromis inévitables qui alimentent les déceptions.

    @Delphine. Nous verrons. Aujourd’hui encore, je suis incapable de dire le poids des blogueurs politiques. S’ils en ont ou s’ils ne sont qu’une divertissante caisse de résonnance, dont les échos ne deviennent sérieux que qd les vrais medias s’en saisissent.

  • Bonsoir Koz,

    beaucoup de ceux qui s’engagent en politiques croient à un moment avoir trouvé la formule magique, et vivent un dur retour à la réalité: les hommes et les idées ont leurs limites, et évoluent.

    Je pense que l’on peut être heureux si cette prise de conscience arrive suffisamment tôt dans la vie pour consacrer le reste, non pas à la recherche illusoire de la formule magique mais au lent et douloureux travail de recherche du meilleur compromis pour les circonstances.

    Ceci est vrai pour le particulier qui discute politique tous les week-ends pendant le repas familial comme pour l’éditorialiste de grand quotidien, ou pour son intermédiaire, l’éditeur de ce « fanzine » électronique qu’est un blog.

  • //J’ai pensé à la même chose que PMB : un repenti du sarkozysme !//

    Inexcat : moi j’ai pensé que les reproches faits à FB (que je ne discute pas) pouvaient pour une bonne part être faits à NS.

  • Pendant la présidentielle, je me suis dit: pour comprendre, je vais interviewer des blogueurs militants. J’en ai interviwé trois: un PS, un UMP et un UDF.
    Et quelques mois plus tard le PS s’est retrouvé au Modem (à la veille du premier tour il a essayé de me persuader de voter Bayrou). L’UDF a quitté le Modem assez vite. Et l’UMP, après un passage par le Modem, est devenu un écolo.

    Bref, n’étant pas militant, je regarde ces gens-là avec étonnement.

    Bon, il faut être franc: militer dans un parti, ça doit être une façon comme une autre de chercher un job.

  • J’ai toujours aiméles réactions instinctives, tripales que suscite l’évocation de Quitterie Delmas.

    @ Eric: non, je ne pense pas et je ne réduirai pas l’engagement militant à cela. Parce qu’après tout, nous, qu’apportons-nous ? Allons-nous nous satisfaire de la péroraison ? Ensuite, oui, certains font leur marché, identifiant les partis où il semble y avoir le plus de place et adaptant leur discours à la nouvelle donne. Mais il y a aussi une force certaine dans l’engagement militant, et je garde l’espoir que certains le font avec un certain goût de l’intérêt général.

  • La vache ! Je viens d’apprendre deux choses insensées : que je suis peut-être une quiche et que tu penses à moi sous la douche; Je dois dire que je ne m’en lasse pas.

    Plaisanterie mise à part. Je crois que ce n’est pas le blogueur qui est à mettre en avant dans cette analyse mais le citoyen tout court. Qu’il soit blogueur ou non ne change rien à l’affaire. En bloguant, il devient juste un citoyen « bruyant » et visible.

    Je crois que la question posée par cette note est finalement de savoir si les formations politiques actuelles sont capables d’attirer et garder les citoyens qu’ils ont mobilisés et qui ne sont pas des « professionnels de la profession ». Derrière un « Ginisty » qui claque bruyamment la porte, il y a des dizaines de milliers de gens qui l’on fait sans avoir le même écho, mais qui l’on fait quand même.

    Le net amène des gens nouveaux à la politique. Mais si la politique n’est pas prête à les accueillir, ces gens nouveaux s’en vont aussi vite qu’ils sont venus. Et nous les blogueurs, nous ne sommes qu’une infime partie émergée d’un gigantesque iceberg citoyen. Nous ne sommes pas spécifiques, nous sommes comme nos concitoyens.

  • Koz,

    Votre analyse est juste… mais ne doit pas s’appliquer au « blogueur-politique-catholique ». C’est justement là que ce situe la différence avec le blogueur politique lambda. Parce que le catholique n’obéit à aucune idéologie, mais bien à une doctrine rationnelle, parce qu’il doit être capable de dépasser ses conditionnements modernes, ses réflexes de classe et de culture, qu’il n’est pas soumis à tous les vents. Il avance sur le seul bateau qui ne change pas de route.

    C’est ce qui me fait m’étonner qu’on ait, même parmi des blogueurs normalement informés puisqu’ils informent, des catholiques capable de soutenir publiquement des partis de gauche ou des partis de droite en France. Il n’y a qu’une chose à défendre, pour un catholique qui fait de la politique, c’est la doctrine sociale de l’Eglise. Et dès lors qu’un parti politique est rattaché à une autre idéologie : 1/ il est facile de montrer que ses principes sont généralement contraires à la DSE et 2/ cela fait de ce parti une idole et du chrétien un idolâtre. La DSE le dit, la congrégation pour la doctrine de la foi le rappelle encore. Et si les possibilités d’orientation politiques vous semblaient encore flou, voyez ce que disait Paul VI dans sa lettre apostolique Octogesima Adveniens :

    Aussi le chrétien qui veut vivre sa foi dans une action politique conçue comme un service, ne peut-il, sans se contredire, adhérer à des systèmes idéologiques qui s’opposent radicalement, ou sur des points substantiels, à sa foi et à sa conception de l’homme : ni à l’idéologie marxiste, à son matérialisme athée, à sa dialectique de violence et à la manière dont elle résorbe la liberté individuelle dans la collectivité, en niant en même temps toute transcendance à l’homme et à son histoire, personnelle et collective; ni à l’idéologie libérale, qui croit exalter la liberté individuelle en la soustrayant A toute limitation, en la stimulant par la recherche exclusive de l’intérêt et de la puissance, et en considérant les solidarités sociales comme des conséquences plus ou moins automatiques des initiatives individuelles et non pas comme un but et un critère majeur de la valeur de l’organisation sociale.

    Je suis donc toujours très étonné de voir de fervents catholiques soutenir l’UMP et notre président. Notamment lorsque, fidèle à lui-même (il a certes cette qualité) il rappelle les points majeurs de sa campagne sur le bouclier fiscal (rappelons que ce qu’on appelle impôt peut aussi s’appeler « solidarité sociale »), ou encore sur l’immigration où la loi française pose de graves problèmes de considération sur la dignité humaine et là encore sur la solidarité… Je ne parle pas des choses qui font débat au sein même de la majorité, mais de ce qui est intrinsèque à l’idéologie libérale et ce pour quoi les électeurs de N. Sarkozy ont voté en conscience.

    Après je suis tout autant étonné de voir des catholiques soutenir les partis de gauche et leur militantisme mortifère pour le droit à l’avortement par exemple, leur laïcisme prononcé, ou leur tout-relativisme dont la plus belle expression est la théorie du gender.

    Je ne comprends pas comment un catholique peut soutenir l’extrême-droite qui annonce de but en blanc dans son programme vouloir le retour de la peine de mort, nier les problèmes écologiques que notre Saint Père nous rappelle encore et encore, ou encore témoigner d’une fermeture totale à l’immigration contraire à l’ouverture même de l’universalité chrétienne et dont l’application est contraire au respect de la dignité humaine.

    Bref, le blogueur devrait, je pense, être « catholique », avant d’être « politique » et n’aurait donc aucun soucis d’étiquette politique dès lors que son message est clair et cohérent. Cela dit, il n’est pas besoin de remplacer l’étiquette politique par « catholique ». Car les valeurs sociales promues par l’Eglise sont des valeurs naturelles, et il n’est en rien besoin d’être catholique pour s’y retrouver. Je cite à cet égard, le cardinal Tarcisio Bertone :

    « Le christianisme promeut des valeurs que l’on ne devrait pas étiqueter comme ‘catholiques’ et, donc, ‘partisanes’, acceptables uniquement par ceux qui partagent cette foi », car « la vérité de ces valeurs réside dans le fait qu’elles correspondent à la nature de l’homme et, donc, à sa vérité et dignité. Par conséquent, si une personne les soutient, cela ne veut pas dire qu’elle aspire à un régime confessionnel, mais qu’elle est tout simplement consciente du fait que la légalité trouve son enracinement ultime dans la moralité et que cette dernière, pour être pleinement humaine, ne peut que respecter le message qui provient de la nature même de la personne, car dans cette nature est également inscrit ce qu’elle doit être ».

    Par contre le catholique a, lui, besoin de s’informer et de bien connaitre l’enseignement de son Eglise si il veut agir ou penser le politique. Et lorsqu’il le fait, il me semble qu’il peut difficilement continuer de soutenir telle ou telle grande boutique, sur le marché du politique en France. Chacun des partis peut certes faire surgir des idées allant dans le sens du vrai bien commun, mais tous portent en eux des idéologies très largement corrompues dans leurs fondements.

  • Pneumatis : si je vous lis bien, le citoyen catholique n’a pas d’autre choix que de voter blanc aux élections. Comment surmonter cette contradiction ?

  • Praxis a écrit:

    Pneumatis : si je vous lis bien, le citoyen catholique n’a pas d’autre choix que de voter blanc aux élections. Comment surmonter cette contradiction ?

    En attendant j’ai bien peur que oui, mais pas seulement : parallèlement il faut oeuvrer de toutes nos forces, je pense, à restaurer une véritable alternative démocrate chrétienne sur le terrain politique. C’est en tout cas l’option que je me reconnais et qui m’a fait notamment m’associer au jeune parti politique Solidarité – Liberté, Justice et Paix. C’est ce qui fait que d’autres vont par exemple s’engager sur le terrain aux côté de Christine Boutin, par exemple, sans toutefois soutenir l’UMP comme elle a fait l’erreur de le faire.

  • Je me garderais bien d’avoir un discours un peu trop général et normatif sur l’attitude que doit adopter un catholique en politique. Oui, fort heureusement, et c’est pour cela que je l’apprécie, la Doctrine Sociale de l’Eglise a l’avantage de n’être d’aucun camp, et de secouer autant l’un que l’autre. Elle a sa cohérence et sa singularité. Et c’est cela que j’apprécie chez elle, parce que, quand bien même vous êtes engagé ou culturellement de gauche ou de droite, si vous acceptez de l’entendre, alors elle ne peut que vous interdire de céder à une caricature de votre propre camp.

    Mais souvenez-vous aussi, si vous tenez à envisager la question sous l’angle catholique que l’Eglise demande souvent aux catholiques de s’engager en politique. Alors, faut-il s’engager dans les partis existants, avec leurs limites, leurs défauts, en coexistant, en chacun d’eux avec des personnes dont on ne partage absolument pas certaines convictions fondamentales (un peu comme on le vit dans la société, soit dit en passant) ? A vous lire, il ne le faudrait pas. Devrions-nous refuser tout engagement sous le prétexte qu’il n’est pas rigoureusement conforme à la Doctrine de l’Eglise ?! Et, comme le souligne Praxis, un catholique, s’il l’est véritablement, devrait-il donc s’abstenir ? Voter est bien une forme individuelle de l’engagement et du soutien, et pourtant, l’Eglise nous appelle chaque fois à voter (sans pour autant donner de consigne). Ignorerait-elle alors qu’aucun des choix qui s’offre à nous n’est parfait ?

    Faudrait-il alors créer ou rejoindre un parti catholique ? A lire le cardinal Bertone, il ne semblerait pas.

    A le lire, d’ailleurs, il ne semblerait pas non plus nécessaire d’invoquer le catholicisme à tout bout de champ, afin de nécessairement labelliser une démarche comme étant « catholique ». Vivons-le, avant tout.

    En tout état de cause, il me semble qu’en termes politique comme religieux, il n’y a pas une seule attitude possible, de direction unique, et qu’il faut se garder des explications trop uniques.

  • Koz a écrit:

    Peut-être, alors, le blogueur politique n’est-il pas versatile. Comme ça, là, vite vu, il pourrait paraître un poil changeant. Mais il serait fidèle à sa nature profonde. Celle d’une personne singulière, éprise de débat public, mais qui a fait le choix d’une prise de parole en dehors des appareils. Alors, si sa nature le porte à l’orée de l’engagement politique, ce ne sera qu’avec, en lui-même, la nostalgie de sa parfaite indépendance.

    Belle réponse a cette question posée. J’espère que tout le monde aura pris la peine de lire ta note jusque là.

    Pour le reste, je ferai seulement une petite distinction supplémentaire. Les exemples de blogueurs que tu cites sont tous des bloggeurs encartés, ce qui induit un degré d’implication supplémentaire par rapport au statut de « simple blogueur politique ». Le blogueur encarté a des liens plus ou moins souples avec son parti. Il relaie les évènements, les thèmes, anime les débats qu’impose l’agenda du parti plus ou moins fidèlement. Il met aussi à sa disposition toute ou une partie de sa ligne éditoriale. C’est un corset, une contrainte que ne connait pas le blogueur politique non encarté (même quand celui ci affiche très officiellement sa sensibilité). Je crois que c’est ce corset qui explique parfois la virulence des revirements, elle n’est que proportionnelle à la force de l’engagement et aux contraintes qu’il impose, et ne se compare pas forcement à d’autre type d’engagements citoyens.

  • @ Pneumatis:

    Le problème du catho n’est pas de trouver un parti politique qui soit « catho », ni de chercher à émigrer au Vatican.

    Un UMP catho ne se dit pas meilleur catho qu’un PS catho, il essaie de témoigner du christianisme au sein de l’UMP, tout comme le PS catho essaie de le faire au sein du PS. Tout comme le paroissien moyen essaie de le faire au sein de son quartier.

    Et sur chacun des thèmes que vous mentionnez, de la fiscalité à l’immigration, des personnes de bonne foi partageant les valeurs de l’Église peuvent diverger sur leur analyse des situations concrètes.

  • A mon avis, les (micro-)événements dont vous parlez posent en fait plus de questions sur les partis politiques que sur les blogueurs. Séduits par un parti, quand ils sont à l’extérieur, dans l’effervescence d’une campagne, ceux-ci découvrent finalement, quand ils y rentrent, que c’est « tout pourri » à l’intérieur. C’est plutôt l’incapacité des partis à se renouveler et à intégrer de nouvelles personnes, enthousiastes au départ (blogueurs ou non, comme le dit Christophe Ginesty), qui est à mon avis en cause (ainsi que la confrontation de l’idéal à la réalité et le cortège de compromis, voire de compromissions, et la perte d’indépendance qui vont avec). Et dans ce domaine, je ne crois pas, malheureusement, qu’il y ait d’exception… Les quiches ne seraient donc pas forcément là où l’on pense.

    Imaginez une seconde, Koz, que vous ayez suivi cette voie et que vous soyez obligés de réciter aujourd’hui les « éléments de langage » du parti, y compris ceux allant contre vos convictions profondes… Mais vous le saviez à l’avance et c’est sans doute pourquoi vous n’avez pas été tenté par cette « aventure »…

  • Koz a écrit:

    Mais souvenez-vous aussi, si vous tenez à envisager la question sous l’angle catholique que l’Eglise demande souvent aux catholiques de s’engager en politique.

    Je pense que nos derniers messages se sont croisés, certainement… Oui, tellement elle le demande tellement souvent qu’elle le demande clairement dans le compendium de la DSE, qu’elle le demande par les mots de Paul VI dans la même lettre que je vous ai cité plus haut, et qu’elle le demande encore dans l’encyclique Evangelii Nuntiandi (sur la nouvelle évangélisation) toujours par Paul VI. Enfin elle le rappelle encore et toujours quand nos évêques nous appellent à aller voter massivement, elle nous le rappelle via la congrégation pour la doctrine de la foi, en la personne de Joseph Ratzinger, alors pas encore Benoit XVI.

    C’est simple : c’est un devoir du laïc, d’investir le champs de la politique au service de l’évangélisation.

    Après, oui la DSE ne nous dit pas pour qui nous devons militer ou voter, mais par contre elle nous dit assez clairement ce que nous ne pouvons pas faire. Il nous faut alors en tirer des conclusions et agir en conscience.

    Entre autre, nous ne pouvons pas faire de compromis avec notre foi. Pour répondre aussi à Aristote, vous avez lu cette lettre de Paul VI que je vous ai cité dans mon précédent message, vous pouvez y ajouter cette note doctrinale de Joseph Ratzinger et Tarcisio Bertone, de la congrégation pour la doctrine de la foi en 2002, intitulé l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. On y trouve notamment ceci :

    La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique.

    L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun. Les catholiques ne peuvent pas non plus songer à déléguer à d’autres l’engagement qu’ils ont reçu de l’Évangile de Jésus Christ, pour que la vérité sur l’homme et sur le monde puisse être annoncée et atteinte.

    Il me semble dès lors que voter pour un parti libéral ou gauchiste, si on se réfère en cela à la définition qu’en donne Paul VI, est contraire à l’enseignement de l’Eglise. S’engager à son service pour faire changer les choses de l’intérieur peut se faire bien sur, à condition de ne pas cautionner de son idéologie, ni par son soutien, ni même par son témoignage.

    Car tout le problème du chrétien est là : sa vie c’est d’être témoin. Ce n’est pas tant de changer le coeur des hommes, laissons cela à Dieu, mais de rendre un témoignage, par notre existence. Il faut alors s’interroger pour savoir quel témoignage nous rendons, en tant que catholique, quand nous nous associons à une idéologie politique que dénonce l’Eglise et qui s’oppose fondamentalement à la foi chrétienne. C’est très délicat, car peut-être de l’intérieur pouvons-nous bien agir, mais de l’extérieur, sur le plan démocratique en votant notamment pour tel parti, nous rendons un témoignage en faveur de cette idéologie au regard du peuple. Peut-être pour le comprendre, faut-il songer au scandale du faible sur lequel nous enseigne Saint Paul.

    Koz a écrit:

    lors, faut-il s’engager dans les partis existants

    Si vous avez lu mon précédent message, vous verrez que non. Il n’y a pas un nombre figé de parti politique, et c’est aux chrétiens d’inventer les alternatives politiques là où il n’y en a plus. J’ai trouvé un parti politique qui a pour raison d’être de respecter en tous points la DSE, et de la faire vivre dans l’espace démocratique, pour rendre témoignage à la Vérité qu’elle contient. Si je ne l’avais pas trouvé, j’ose espérer que j’aurai eu la volonté de le créer.

    Koz a écrit:

    Faudrait-il alors créer ou rejoindre un parti catholique ? A lire le cardinal Bertone, il ne semblerait pas.

    A le lire, d’ailleurs, il ne semblerait pas non plus nécessaire d’invoquer le catholicisme à tout bout de champ, afin de nécessairement labelliser une démarche comme étant « catholique ». Vivons-le, avant tout.

    Attention à ne pas confondre les idées : ce que dit ici le cardinal Bertone est ce qu’on trouve aussi dans la DSE, qu’il reprend fidèlement, à savoir que les principes de la DSE ne sont pas confessionnels. En ce sens, on peut adhérer à la DSE sans être chrétien. Comme je le disais d’ailleurs dans mon précédent message : il ne s’agit pas de brandir l’étiquette catholique. Même surtout pas : il faut porter cette vérité naturelle que l’Eglise dans sa grande sagesse nous apprend à voir et la porter, la partager, avec tous nos frères. La politique, pour le catholique, ce n’est pas d’être partisan de l’Eglise, mais de profiter du parfait enseignement qu’il reçoit de l’Eglise pour inspirer la vie politique.

    Il ne s’agit donc pas non plus de créer le parti de Dieu, ni le parti de l’Eglise. Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il s’agit par contre de pouvoir voter et s’engager dans la vie politique sans contredire sa foi, et pour que ce soit possible il faut en créer les moyens quand ils n’existent pas ou ne suffisent pas. Nous ne pouvons pas contempler un trésor comme la DSE, et la laisser sous le boisseau. Pour reprendre le titre du discours du cardinal Bertone que j’ai déjà cité : la politique a besoin du christianisme.

  • Aristote a écrit:

    Et sur chacun des thèmes que vous mentionnez, de la fiscalité à l’immigration, des personnes de bonne foi partageant les valeurs de l’Église peuvent diverger sur leur analyse des situations concrètes.

    C’est justement pourquoi l’Eglise vivante continue au quotidien de nous éclairer. Pour reprendre les exemples que vous donnez, sur la fiscalité, vous avez tous les éléments de réflexion nécessaire et on ne peut plus actuel dans la dernière encyclique de Benoit XVI, Caritas in Veritate. Solidarité, gratuité… Concernant l’économie, la spéculation et toutes les dérives dont témoigne la crise mondiale aujourd’hui, c’était déjà dans les textes de Paul VI et de Jean-Paul II. Concernant l’immigration, non seulement la DSE est assez claire, mais vous avez en France la conférence des évêques de France et la pastorale des migrants qui sont là aussi pour guider les catholiques que nous sommes. Son enseignement est clair : nous avons le devoir moral de leur prêter assistance, même si en cela nous contrevenons à la loi française. Et il est inacceptable que nous posions comme condition d’accueil de l’étranger des preuves de sa future intégration, ou que nous limitions la solidarité à des questions d’identité nationale. Je vous laisse aller sur le site de la conférence des évêques de France pour en prendre connaissance.

    Si vraiment nous souhaitons être fidèles à l’Eglise, je vous promets, il est difficile de rester perdu très longtemps. Encore faut-il s’informer sur ce qu’elle nous enseigne. D’autant que l’Eglise a en général 50 ans d’avance pour anticiper les problèmes et dérives éventuelles du monde dans lequel nous vivons. Ainsi, quand Benoit XVI insiste aujourd’hui à ce point sur l’écologie, nous avons tout intérêt à lui emboiter le pas très sérieusement, parce qu’à nous petits pays occidentaux, cela pourrait faire beaucoup plus mal que ce naufrage économique sur lequel l’Eglise nous alerte depuis déjà 50 ans.

  • Dîtes, Pneumatis, et sans vouloir le moins du monde vous guider dans vos développements, vous n’avez pas le sentiment que l’on s’éloigne très très très sensiblement du sujet du billet ? On ne peut tout de même pas partir d’un billet sur les blogueurs politiques et revisiter la Doctrine Sociale de l’Eglise !

  • Koz a écrit:

    Dîtes, Pneumatis, et sans vouloir le moins du monde vous guider dans vos développements, vous n’avez pas le sentiment que l’on s’éloigne très très très sensiblement du sujet du billet ? On ne peut tout de même pas partir d’un billet sur les blogueurs politiques et revisiter la Doctrine Sociale de l’Eglise !

    Vous avez tout à fait raison… je vous prie de bien vouloir m’excuser.

  • à Jeff: le problème n’est pas tant que ce soit « tout pourri à l’intérieur », la nature humaine étant ce qu’elle est peut donner lieu à quelques …disons , accomodements. Là où cela devient franchement incommodant, c’est quand sur cette putréfaction collectivement assimilée, on se permette de donner des leçons au badaud ébahi.D’où tout l’intérêt du blogueur politique et indépendant qui continue de s’interroger.

  • Effectivement, l’avant-dernier post de Pneumatis n’est pas à sa place ici.

    Par contre, il serait bien sur la note consacrée au suicide sur les lieux de travail…

  • Bonsoir,

    La fidélité à l’église catholique est d’abord la fidélité à une organisation. Cette organisation a une doctrine politique varie avec le temps.

    Il ne faut pas à mon avis comparer la doctrine catholique à celle des partis politiques (souvent véhicules de fortune au service d’ambitions personnelles), mais aux autres grands courants de pensée politique: les libéraux et le sociaux démocrates. Ces deux grands courants ont aussi leur cohérence et leur singularité, et je croient qu’ils permettent autant que la doctrine sociale de l’église d’identifier les petits travers de la gauche et la droite politique française.

    Koz a écrit:

    Je me garderais bien d’avoir un discours un peu trop général et normatif sur l’attitude que doit adopter un catholique en politique. Oui, fort heureusement, et c’est pour cela que je l’apprécie, la Doctrine Sociale de l’Eglise a l’avantage de n’être d’aucun camp, et de secouer autant l’un que l’autre. Elle a sa cohérence et sa singularité. Et c’est cela que j’apprécie chez elle, parce que, quand bien même vous êtes engagé ou culturellement de gauche ou de droite, si vous acceptez de l’entendre, alors elle ne peut que vous interdire de céder à une caricature de votre propre camp.

  • @ uchimizu:

    uchimizu a écrit:

    La fidélité à l’église catholique est d’abord la fidélité à une organisation.

    désolé de revenir juste sur ce point mais de mon coté j’avais appris que la fidélité et l’attachement à l’Église, ce qui fait que l’on est Catholique est avant tout un attachement et une fidélité au Christ. Au delà de toute idée de valeurs ou d’organisation. C’est avant tout la personne du Christ qui réunit les Catholiques.

    Après sur un plan politique, à chacun d’évaluer si le discours tenu par tel ou tel parti est conforme avec l’enseignement du Christ. La liberté individuelle reste un composante non négligeable (ce qui explique que certains cathos votent FN et d’autres PCF).

  • Emmanuel a écrit:

    de mon coté j’avais appris que la fidélité et l’attachement à l’Église, ce qui fait que l’on est Catholique est avant tout un attachement et une fidélité au Christ. Au delà de toute idée de valeurs ou d’organisation.

    C’est un truc que j’avais entendu dire aussi. Mais nous sommes catholiques, ce qui rend notre vision du catholicisme peu pertinente.

  • Koz a écrit:

    C’est un truc que j’avais entendu dire aussi. Mais nous sommes catholiques, ce qui rend notre vision du catholicisme peu pertinente.

    Tu es ironique là?
    Parce que quand je vois les monceaux de c… que certains disent sur l’Eglise (au hasard: tous les prètres sont pédophiles…) je me demande alors qui peut avoir une vision claire l’Eglise catholique: les autres confessions? Elles ont aussi un prisme déformant…

    @pnrumatis: ce que vous dites est très intéressant… il faudra que je regarde, en particulier sur l’immigration.

  • Koz a écrit:

    Soit ironique, soit très con.

    et comme l’une des options est moins crédible que l’autre … je suis heureux que la question soit enfin posée.

  • zeyesnidzeno a écrit:

    Je crois que c’est ce corset qui explique parfois la virulence des revirements, elle n’est que proportionnelle à la force de l’engagement et aux contraintes qu’il impose, et ne se compare pas forcement à d’autre type d’engagements citoyens.

    Tout à fait d’accord. En fait, il y a une notion qui s’impose vis à vis de la parole politique dans le cadre d’internet : le client vs le militant.

    Le client lui attends d’être séduit. Il est doté d’une certaine sensibilité qui lui est propre. Il exprime une demande. Il a des intérêts particuliers qu’il aimerait bien voir satisfaits. Un client peut être fan et tout à fait enthousiaste pour un temps. Mais il suffit que la qualité baisse, que le SAV ne réponde pas à son attente et le client va voir ailleurs ou intègre en tout cas à sa pensée l’expérience vécue. Le client peut être versatile mais opére sur la base de ses propres convictions et besoins. Passer de l’une à l’autre boutique – voire même picorer dans une boutique puis une autre, ne le gène pas. Et il n’en fait pas tout un cas.

    Le militant opére exactement comme le décrit Zeyes à quoi il faut aussi ajouter l’auto-censure, ce biais qui fait qu’on ne peut pas nuire outre mesure à l’image de son organisation quoi qu’on en pense sur le fond. Il y a un phénomène d’appartenance et de fidélité qui fait qu’on ne peut pas trahir la parole donnée. Ce corset, est constitué de liens plus ou moins élastiques. Mais chacun le sait, à force de trop tirer sur l’élastique, celui-ci finit par se rompre. Et qui dit rupture dit souvent fracas. On se trouve vite les seins à l’air, dégagée du carcan mais dans une position un peu ridicule (à noter que je ne dis pas ça pour Quitterie, hein). D’où probablement le côté quiche.

  • Comme souvent sur la toile, les commentaires sont plus intéressants que le billet initial!

    J’aime bien la discussion sur le vote chrétien. A mon avis, accrochez-vous à vos chaussettes, il n’y a pas un vote catho mais des votes cathos. En effet, l’extrémiste Breton (par exemple) ne vote pas comme le catho éclairé! Fort heureusement d’ailleurs. C’est aussi toute l’illustration de la diversité des gens qui pratiquent cette religion… S’il y a une tendance qui m’amuse, c’est l’affranchissement progressifs des cathos qui m’entourent du centralisme papal. On arrive à un catholicisme individuel, ou chacun pioche ce qu’il lui plaît. Ce sera d’autant plus fréquent que les orientations du big boss sur des sujets comme l’abstinence, la fidélité, l’égalité homme-femme, l’homosexualité, (etc etc) sont hélas complètement arriérées et conservatrices. C’est d’autant plus frappant que la proximité des médias achève de lever le voile qui historiquement nimbait le pape d’une aura divine (bulles papales, choisi par dieu etc). Il apparaît bêtement humain, sans rien transpirer de sacré : on ne croit plus au caractère divin de sa fonction et cela remet beaucoup de choses en question. L’on obéit moins aux hommes qu’aux Dieux…

  • @ BlopBlop:

    « On arrive à un catholicisme individuel, ou chacun pioche ce qu’il lui plaît »

    Moi je « vois » plutôt deux familles de chrétiens, ceux qui veulent faire revivre cette tradition qui voit dans le Pape le « chef » d’une doctrine qu’il est interdit de discuter et une autre famille qui pense que les chrétiens sont habilités de par la liberté que Jésus leur donne à réfléchir et à faire part de leur réflexion au risque d’apparaître comme incontrôlables.

  • A BlopBlop et Hervé,

    En réalité il y a un seul catholicisme, celui qui professe le Credo jusqu’au bout, comprenant : je crois en l’Eglise, une sainte, catholique et apostolique.

    Donc non à BlopBlop, on n’est pas catholique quand on fait sa propre cuisine. Et non Hervé, les catégories de catholiques ne se définissent pas non plus comme vous le décrivez. Je dirai qu’il y a plutôt :

    • Ceux qui ont foi dans le Christ et dans la tradition qu’il a divinement institué, et qui font l’effort de recevoir en leur intelligence l’enseignement de cette tradition, et de la comprendre pour être à l’oeuvre au service du Bien. Ils croient, comme on l’apprend en mathématique et en logique, que la partie ne peut objectiver le tout, et donc qu’une intelligence humaine ne peut objectiver l’absolu transcendant qu’est la Vérité. Ils croient donc que c’est par de la seule transcendance, laquelle institue les moyens incarnés de se révéler à l’homme, que peut provenir le discernement et la grâce.

    • Et il y a ceux qui se croient plus intelligents et plus inspirés que 2000 ans de théologiens, philosophes et saints hommes, et qui se croient capable d’une certaine objectivité pour discerner la Vérité lors même que c’est un absolu qui les transcende et qu’ils ne peuvent contempler. En fait d’être, comme ils le croient, véritablement libre-penseur, ils sont des protestants qui s’ignorent, incapables d’affronter cette réalité tandis qu’ils sont prisonniers d’un orgueil qui leur interdit de contempler Dieu en vérité, c’est-à-dire en faisant le sacrifice sur la croix de leur « moi » ; sacrifice que le Seigneur attend pourtant pour mieux le ressusciter dans sa gloire.

    Désolé de le présenter si sèchement, en particulier à tous les protestants qui eux le sont par tradition (ce qui est encore autre chose), mais le dernier commentaire m’a un peu énervé.

    Saint Augustin (et avant lui Saint Anselme) disait Credo ut intellegam (je crois pour comprendre). La deuxième catégorie que je décris a du oublier qu’avant de comprendre quelque chose du monde ou d’eux-même, ils ont du faire confiance à leurs parents et leurs professeurs. Ils ont du écouter et apprendre avant de comprendre. Ou alors ont-ils oublier que dans la foi nous sommes tous des enfants, enfants de Dieu, et que si nous appelons le prêtre mon père, ce n’est pas un hasard. Nous devons faire confiance à l’enseignement de l’Eglise, non pas par fidéisme (condamné par l’Eglise) mais pour grandir et comprendre cette extraordinaire révélation sur l’Homme et sur Dieu qu’elle nous transmet, de la part du Seigneur.

    Désolé de m’être à ce point éloigné du sujet, mais les deux derniers messages me posaient un petit problème du genre : « préjugés bête et méchant qu’on entend un peu tous les jours sur les catholiques de la part de gens qui se croient très supérieurs aux autres ».

  • BlopBlop a écrit:

    Ce sera d’autant plus fréquent que les orientations du big boss sur des sujets comme l’abstinence, la fidélité, l’égalité homme-femme, l’homosexualité, (etc etc) sont hélas complètement arriérées et conservatrices. C’est d’autant plus frappant que la proximité des médias achève de lever le voile qui historiquement nimbait le pape d’une aura divine (bulles papales, choisi par dieu etc). Il apparaît bêtement humain, sans rien transpirer de sacré

    En réalité, si vous preniez la peine de vous informer, vous verriez que les positions du pape sont nettement d’actualité. Nos médias et bien-pensant occidentaux se sont crus intelligents de le descendre à propos du préservatif, par exemple, alors qu’il n’a fait que relayer le discours étouffé par la masse de la communauté scientifique. Celle-là même qui clame haut et fort que pour éradiquer le SIDA, il faut surtout changer les moeurs, et arrêter de propager cette idée d’une sécurité pleine et entière du préservatif, qui déresponsabilise les gens et ne fait qu’augmenter la pandémie. Ce n’est pas le pape qui pense cela tout seul, ce sont les plus grands laboratoires épidémiologiques du monde. Les occidentaux bien-pensants auraient eu l’air moins bêtes et pédants aux yeux du reste du monde si ils avaient pris la peine de s’informer au lieu de vouloir à tout prix imposer leur modèle de moeurs aux africains… ceux-ci n’étaient d’ailleurs pas dupe. Par contre on peut déplorer que personne n’ait relayé les appels du pape à rendre gratuit les antirétroviraux… évidemment ça fait moins vendre.

    Pour ce qui est des points de vue conservateurs que vous citez, je me permets de vous rappeler que ces points de vue sont partagés aussi par le dalaï-lama, qu’on considère pourtant beaucoup plus comme une idole en France. C’est aussi le point de vue de tout ceux qui n’ont pas adhéré les yeux fermés à cette théorie moderne du gender qui postule de manière totalement arbitraire et contraire à l’évidence que le genre (sexuel) est une pure construction culturelle et non un état de nature. C’est tout simplement nier que nous ne naissons pas asexués. De là, la théorie du gender s’impose à ces mêmes moutons qui accusent les catholiques de suivre bêtement le pape sans réfléchir, alors qu’ils n’ont eux-même pas pris le temps de réfléchir cinq seconde au vide métaphysique abyssale sur lequel s’appuie leur théorie si moderne et si évolué.

    Voilà, pour remettre une tout petit peu les choses au clair.

  • @ Pneumatis:

    Vous mal lu, je n’ai pas écrit « catholique », j’ai écrit « chrétien».

    Je n’ai pas envie de polémiquer.

    Votre propos me fait penser aux théories sur l’éducation parentale.

    Certains pensent que bien éduquer consiste à transmettre des principes strictes, des règles de politesse, enseigner ce qu’il faut dire et ne pas dire, maintenir la tradition de la lignée et faire attention de rester dans son « monde».

    D’autres pensent que bien éduquer consiste à apprendre à être autonome, à penser par soi même, à être ouvert aux différentes cultures tout en étant fidèle aux valeurs fondamentales.

  • Hervé a écrit:

    Certains pensent que bien éduquer consiste à transmettre des principes strictes, des règles de politesse, enseigner ce qu’il faut dire et ne pas dire, maintenir la tradition de la lignée et faire attention de rester dans son « monde».

    D’autres pensent que bien éduquer consiste à apprendre à être autonome, à penser par soi même, à être ouvert aux différentes cultures tout en étant fidèle aux valeurs fondamentales.

    Et vous constaterez aisément, si vous lisez un peu l’enseignement de l’Eglise, que c’est exactement dans cette seconde catégorie d’éducation qu’elle se situe, en ce qui concerne l’enseignement sur la foi. Lisez, pour mieux vous en rendre compte, l’encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II, par exemple, ou encore Dignitatis Humanae, ou… le Catéchisme de l’Eglise Catholique, pourquoi pas. Ca ne demande qu’un minimum de prise de connaissance avant de poser comme ça des opinions au milieu d’un dialogue.

  • @ Eponymus

    Très juste votre commentaire, mais vous oubliez une catégorie: « le citoyen qui a de l’expérience », qui n’est plus client mais qui n’est pas militant.

    Le Net, selon moi, est peuplé avant tout de « clients » à la recherche d’une boutique qui répond à leur jeune idéalisme inexpérimenté. On y trouve donc beaucoup plus de polémiques au raz de pâquerettes qui s’adressent aux jeunes sans expérience et sans réflexion. Quitterie est un bon exemple pour illustrer le client qui devient militant puis s’aperçoit petit à petit ( il devient adulte … 🙂 que la boutique n’est pas à la hauteur de ses souhaits, de ses aspirations profondes, que la boutiques a une façade publicitaire idéale, mais une gestion désastreuse.

    Les vieux citoyens qui ont de l’expérience, qui ont connu d’autres gouvernements, d’autres façades publicitaires ne sont plus, pour la plupart, des « clients » à la recherche d’une boutique, d’une famille politique. Il connaissent bien leurs propres aspirations profondes. Ils savent que toutes les boutiques ont leur façade publicitaire et que ce qui compte n’est pas la façade mais si la boutique est gérée par des gens compétents, quel programme et quelle stratégie elle offre. Ils ne font pas partie de la façade publicitaire (militants) de leur boutique préférée, mais ils défendent leur choix. Même si certains articles exposés dans la boutique ne leur conviennent pas, ils ne changeront pas de crémerie…

    Les journaleux ont bien compris à qui s’adresser pour faire monter la mayonnaise (leur chiffre d’affaires) : les « clients ». Ils se mettent donc à monter des histoires destinées à enflammer ceux qui n’ont pas l’expérience, la réflexion et la mémoire nécessaire pour trouver un recul suffisant avant de se laisser entraîner dans une spirale hystérique.

    Quant aux blogueurs, il reflètent toutes les tendances mentionnées ci-dessus avec néanmoins une prédilection à vouloir s’identifier aux journaleux 🙂

  • C’est moi, ou ce billet n’avait pas spécialement pour obejt de refaire l’Eglise ?! Dois-je rappeler ce qui figure dans la charte d’utilisation et notamment le fait qu’un formulaire de commentaire est fait pour commenter. Sinon, on appelle ça un forum.

    Les sujets religieux me semblent suffisamment nombreux sur koztoujours par ailleurs.

  • @ Pneumatis:

    Quelles sont selon vous les points de divergence importants entre protestants et catholiques en terme de foi ?

    Personnellement, j’ai du mal à les identifier, je vois bien quelques différences mais elle me paraissent relever plus de la forme que du fond.

  • @ Hervé: Pour ne pas polluer plus le billet de Koz, je vous invite à vous rendre sur ce forum : http://www.cite-catholique.org/index.php sur lequel vous trouverez largement les réponses à ce genre de questions, et si vous ne les trouvez pas, vous pourrez toujours la poser.

    En fait de problème de forme, vous vous rendrez compte que les protestants, pour la plupart, nient la présence réelle du Christ dans le pain et le vin de l’eucharistie, ne reconnaissent pas l’autorité de l’Eglise en tant qu’institution divine (ce qui est beaucoup plus un problème de fond que de forme, puisque cela rompt totalement la dialectique objectivité/subjectivité dans l’ordre de la connaissance et ramène la Vérité absolue et transcendante à un vague sentiment relatif au coeur de chacun). Ca pose aussi des gros problèmes de cohérence, quand on pose par exemple comme référentiel le texte biblique, qui pourtant n’est pas descendu du ciel, mais a été composé par l’Eglise, et qui a encore été trié (séparation des textes canoniques et des textes apocryphes) par l’Eglise.

    Bref, j’arrête là, si vous voulez approfondir la question, vous pouvez vous rendre sur le forum indiqué.

  • L’analyse est très intéressante, mais elle me semble omettre le contexte politique de 2007.

    Les élections présidentielles de 2007 ont été l’occasion d’un débat démocratique sans précédent, qui s’est traduit par une très forte participation de l’électorat. Les raisons en étaient multiples, et concernaient l’ensemble de la classe politique:

    • A droite, Nicolas Sarkozy proposait une vision infiniment plus dynamique de la société que le chiraquisme vieillissant, avec une communication professionnalisée à l’extrême et un discours volontariste qui promettait des réformes profondes que le pays savait nécessaire

    • Au centre, François Bayrou offrait une alternative séduisante en équilibrant rigueur financière et humanisme, une espèce de « barrisme » humanisé pouvant séduire un électorat inquiet par la personnalité de Nicolas Sarkozy ou effrayé par la nouveauté Ségolène Royale

    • A gauche, il fallait effacer le traumatisme de 2002, en soutenant une femme originale, antithèse du trop sérieux Lionnel Jospin, dans une dynamique novatrice.

    Ces circonstances très particulières furent à l’origine d’un débat intense et passionnant en France, où pour la première fois la communauté internet s’engageait et jouait un rôle important. Dans la foulée, une vague d’adhésion considérable à des trois partis politiques avait lieu, triplant le nombre respectif de militants de ces partis, mais entrainant aussi une exigence nouvelle envers les partis et leurs responsables.

    Deux ans et demi après, la déception et l’amertume sont à la mesure de l’espoir sucité:

    • A droite, les sympathisants ont découvert que Nicolas Sarkozy n’avais pas été formé à l’école des Hauts-de Seine pour rien, que son volontarisme était principalement affaire de spectacle, et que le cynisme gouvernait sa politique. Logiquement, il n’est plus majoritairement populaire que dans la population âgée, ce qui l’entraine à envisager un changement de mode de scrutin pour les futures élections afin de pouvoir conserver le pouvoir malgré un score minoritaire.

    • Au centre, le MoDem a été la victime du défaut pourtant bien connu de son président en matière de management d’équipe, même s’il n’a jusqu’ici pas trahi sa vision ou son engagement politique. Cette absence de professionnalisme politique, parachevé par l’echec des élections européennes, a découragé une majorité de nouveaux militants venus pour changer la pratique politique.

    • A gauche, l’union sacrée contre Ségolène Royal lui a été fatale, comme ses propres erreurs en matière d’inconstance, et les militants socialistes ont à faire face à une lutte interne déprimante qui étouffe toute tentative de redressement idéologique.

    IL n’y a donc rien d’étonnant à ce que les blogueurs engagés, souvent nouveaux dans le monde politique, aient subi la même désillusion, et l’expriment publiquement.

    Il faut ajouter à ce triste paysage politique la montée éclaire d’Europe Ecologie, portée par des préoccupations légitimes, mais dont je pense que la reprise en main par les Verts fera retomber le soufflet de printemps tout aussi rapidement, et la rigidité politique du NPA qui rend caduque tout renouvellement de l’extrême gauche.

    Tout cela n’est pas bon pour la société, car un pays démocratique a besoin de partis et d’instances politiques vivaces et dynamiques. La désaffection des blogueurs témoigne de façon visible du malaise de notre société dans sa représentation institutionnelle. Faute de prise de conscience, 2012 sera morne, et les années qui suivront seront socialement agitées si l’espoir n’est pas incarné par un(des) projet(s), un(des) parti(s) ou un(e-s) homme(s)femme(s).

  • @Hervé

    Ni les uns, ni les autres…
    Beaucoup de blogeurs, comme d’électeurs, pêchent par naïveté. Ils attendent trop, et sont déçus.
    Je trouve que Mme Royal s’est améliorée sur le fond depuis 2007, mais elle aura du mal à remonter la pente et son inconstance est un handicap certain. Mr Bayrou a le mérite de la constance dans son projet de société mais son manque de professionnalisme organisationnel lui ferme actuellement la porte du pouvoir. Le cas de Mr Sarkozy est différent, puisqu’il a lui été élu, et que la déception est à la mesure de l’espoir, mais son passé aurait dû éclairer ses électeurs.

    Les blogeurs devraient prendre du recul dans leurs analyses politiques, qui sont trop souvent épidermiques, et entraienent forcément des déceptions. La politique rend les responsables inhumains; critiquer leur personne ou leur comportement (sauf quand celui-ci est contraire à l’éthique ou au droit) me semble futile. Ils devraient être davantage jugés aux actes, au projet de société qu’ils défendent, et, quand ils sont élus, à ce qu’ils ont effectivement réalisé.

  • Pour qu’il n’y ait pas qu’Hervé sur cette affaire, je viens faire un petit tour :

    – d’accord avec toi, sur le fond : les blogueurs, c’est comme les gens que les politiques tirent de la société civile de temps en temps. Ce doit être terrible, cette plongée dans la politique à un très haut niveau, tout à coup. Ils se mettent à croire que leur charisme personnel, etc, etc… Et du coup, ils sont incapables de supporter de n’être pas autant mis en avant hors période de campagne. (je pense que les sportifs sont mieux à même de résister)

    • Le cas de Quitterie est différent. Elle m’a souvent pas mal agacée, mais il y a dans son départ, la façon dont ça s’est passé et les raisons qu’elle en donne quelque chose de beaucoup plus honnête et profond que ce que tu avances pour les autres.
      C’est pas pour ça qu’elle faisait pas pétiller les yeux des hommes, entendons-nous bien.

    – Tous ces gens posent la question de l’engagement en politique. Tu y crois, tu t’engages, tu écris, tu distribues des tracts, tu essayes de comprendre le mouvement… et puis, tu te rends compte rapidement qu’il faut une autre passion que celle de la vérité ou du bien public.

    Je vous salue bien, tous! (et moi, je suis restée dans le sujet

  • Je reconnais que mon propos peut être par trop généralisant. J’avais d’ailleurs précisé ceci :

    Et je me suis laissé aller à quelques généralités. Tant pis pour les singularités de chacun

  • pour info: pierre joxe, ce matin, sur france-inter voyait dans les blogs, richesse des points de vue et des commentaires, un des facteurs d’optimisme sur l’évolution de notre démocratie…
    c’est réjouissant par rapport à la relation « tendue » qu’ont certains politiques avec le net.

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