La droite que nous voulons

droite2Au-delà des déceptions, des désillusions, des oppositions et, aussi, de la médiocrité, l’UMP, même amputée de l’UDI voire de l’Alternative proclamée, a encore aujourd’hui une vocation naturelle à rassembler une large majorité de la droite.

Et pourtant pas nombreux ceux qui trépignent à l’idée de prendre leur carte.

Des libéraux renâclent à l’idée d’y trouver des gaullistes, des sociaux d’y trouver des fachos, des « mariage pour tous », des « manif pour tous » et certains de ces derniers d’y côtoyer des libertaires.

Oui, l’UMP, en se créant « pour une majorité » plus que sur des idées, a  structurellement viré à l’auberge espagnole invertébrée (une auberge invertébrée : l’image est audacieuse, certes). Mais elle garde une puissance politique indéniable. Faut-il s’en passer ?

Mardi dernier, des vertébrés bien connus ont lancé une initiative qui a agité mon landerneau : #LaDroiteQueNousVoulons. Un manifeste pour donner une vision globale de la droite, à tout le moins celles que « nous voulons » – je dis bien « nous » car, malgré de légères réserves, je l’ai signé, leur manifeste.

L’initiative a suscité quelques piques. Logique. « Si vous voulez de la gratitude, élevez des chiens ! » (Churchill, sur la vie politique). Elle a aussi soulevé des questions plus légitimes.

Revoilà venue l’antienne connue de l’engagement des chrétiens en politique1. Depuis le temps que la question est soulevée, il faut croire que la réponse n’est pas évidente. Je me souviens même d’avoir assisté, il y a de longs mois, à une réunion de messieurs aussi qualifiés qu’expérimentés sur le sujet. Je les suspecte d’en débattre encore.

Ils présument votre naïveté. Ils présument de leur lucidité.
Je dis « la question » mais elle est multiple. Et l’on devrait en faire un inventaire. Il serait utile car, dès que le sujet revient dans le flux, certains vous les ressortent triomphalement, croyant dissiper votre naïveté, qu’ils présument, tout comme ils présument de leur lucidité.

Faut-il seulement se présenter comme chrétien en politique ? Ne le faut-il pas parce que, outre le fait que cette démarche puisse être mal perçue, le catholicisme vise un bien commun, précisément universel, et non celui d’une communauté ou faut-il l’assumer pour justement souligner la portée générale du message ? Faut-il se présenter sous une étiquette exclusivement chrétienne dans un parti chrétien, façon de privilégier la « pureté » du message, le préserver des perturbations, des atténuations, des compromissions ? Ou faut-il s’intégrer à un plus grand ensemble, au risque de la dilution et de l’instrumentalisation ?

Certains ont déjà essayé de bosser dans l’UMP, c’est vrai. Sans grands succès. Avaient-ils choisi la bonne méthode ? Avaient-ils les bons représentants ? Bénéficiaient-ils du bon moment ? Du même soutien ?

Et puis ils en sont sortis. Pour quel bénéfice, finalement ? Quels gains électoraux ? Quelle influence ? Si la participation fait courir le risque de la dilution, l’indépendance vire, elle, à l’isolement.

Il faut que je reste cohérent avec ce que j’écrivais plus haut : je n’ai pas la réponse définitive à la question du bon mode d’engagement. Mais, pour convaincre, il faudrait que ceux qui clament l’avoir puissent faire état de quelque succès que ce soit.

Il y aurait, disent-ils, des gens hostiles, à l’UMP. Ne le dîtes à personne mais, dans la société, aussi.
Face aux jeunes de Sens Commun, qui ont déjà, à deux reprises, surpris par le succès numérique de leurs réunions, d’aucuns ont opposé les orientations floues de Jean-François Copé, promis l’échec (sans avoir pourtant de succès à leur actif ), pointé les oppositions internes, souligné l’hostilité de bien des cadres UMP aux idées de Sens Commun. Dans un splendide isolement, ils se parent parfois bien vite des atours du chevalier blanc. Je reconnais Mais, dîtes-moi, où est la noblesse à abandonner le terrain ? Ainsi donc, parce que le milieu serait hostile, il faudrait se retirer sur des bases fortifiées et homogènes ? Dans ce cas, quand donc allons-nous aussi nous retirer de la société tels des Amish locaux ? Parce que, fondamentalement, l’UMP, c’est la société . Dans la société comme à l’UMP, nous rencontrons des hostilités. Dans la société comme à l’UMP, nous vivons des compromis. Bref, le premier terrain d’action voire, s’il faut employer ces mots-là, de reconquête, c’est bien le parti. Comment s’étonner qu’il ne nous représente pas, si l’on s’en retire ? Comment s’étonner que ses cadres ne portent pas nos idées, si l’on renonce à les y faire entendre, à y prendre part aux votes ?

Et je refuse en outre d’accepter que l’on me repousse dans un tel ou tel recoin d’un échiquier politique, en particulier vers les identitaires vers qui certain(e)s draguent si ostensiblement. Stat crux dum volvitur urbis. Je n’ai pas changé : c’est le monde qui tourne. Et, dans l’éventail ouvert des sensibilités de l’UMP, il y a la place pour la nôtre. Les noms d’élus favorables et courageux ne manquent pas, et je ne m’abstiens d’en citer que par crainte d’en oublier. Pas de raisons de se laisser bouter hors du jeu, d’abandonner précisément la place et la puissance à l’adversaire intérieur.

Stat Crux. Moi aussi.
Ces militants de Sens Commun ne sont pas naïfs sur les écueils : dilution, récupération, étouffement. Mais face à cela, ils opposent leur élan, leur enthousiasme, leur générosité. Ils ont aussi une colonne vertébrale, des racines, et des ailes. Cette colonne vertébrale qui manque à tant de militants – et à tant de militants UMP – si  prompts à prendre la suite des temps qui courent, ou à laisser leur tête tourner au premier discours d’un tribun qui passe. C’est cet ancrage profond qui permet d’espérer qu’un petit nombre cohérent et motivé accomplisse de grandes choses. Déjà, leur manifeste sonne comme autant de rappels à une droite qui s’égare.

La droite que nous voulons. C’est assez de protester, il faut exposer. Signer le manifeste et tenter le jeu. Compléter, même  partiellement.

La droite que je veux, c’est celle dont je manque. La droite que je veux met l’Homme devant et ne s’arrête pas là. Elle ne se gargarise pas de « mettre l’Homme au centre de toute chose », elle donne une substance à l’expression. La droite que je veux ne prend pas les outils pour la finalité. Elle ne met pas de valeur au-delà du bien (commun de préférence). Si elle ne célèbre pas béatement l’égalité, elle ne sacrifie pas le bien à une liberté individuelle idolâtrée.

La droite que je veux remise le culte de la performance, elle n’efface pas la faiblesse. Elle n’efface pas l’enfant à naître mais elle donne les moyens à la mère d’élever l’enfant. Elle n’efface pas la personne handicapée, la cachant loin des centres villes, jusqu’à  un exil honteux pour la France. La droite que je veux n’efface pas les personnes âgées, elle les insère dans la société. La droite que je veux n’efface pas la personne en fin de vie, elle met les moyens pour assurer sa dignité dans la vie.

La droite que je veux ne se soulage pas à bon compte mais prend les faiblesses à bras le corps avec humanité.

La droite que je veux ne réduit pas les dépenses par dogmatisme. Elle le fait pour recentrer l’action publique sur les missions essentielles d’une vie en société. Parce que nous ne pouvons pas continuer à être cette cinquième puissance économique mondiale qui n’assure correctement ni la police, ni l’armée, ni la justice, ni l’enseignement, ni la santé et qui rogne sur l’humanité au nom du budget.

La droite que je veux prône la responsabilité et l’initiative individuelle, non par crainte du collectif mais parce qu’elles confèrent la dignité.

La droite que je veux a bien des choses à dire à celle qu’elle a.

 Photo de : moi (licence)


  1. étant souligné que Sens Commun n’est aucunement confessionnel, mais porte une vision fort compatible []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

45 comments

  • Je partage ton avis (et ta vision de la droite que tu veux). Il faut investir les partis politique et aujourd’hui est le moment ou jamais : le grand élan des Manifs pour tous a réveillé toute une partie de la population qui partage nos valeurs. Qu’il puisse servir à féconder les partis politiques.

  • Un billet complet sur la droite et l’engagement chrétien, sans malheureusement citer le Parti Chrétien Démocrate !

    Ce parti répond cependant à votre soif d’engagement, de responsabilisation, de morale. Il est chrétien dans le plus pur sens du terme (je le sais, j’en suis). Il abrite des sensibilités diverses, puisque certains sont même en faveur de l’Union Civile de Frigide Barjot.

    Rejoignez-nous, Koz. Nous avons besoin de vous.

  • @ Charles Vaugirard : c’est probablement l’étincelle et la démonstration qui manquaient par le passé, en effet.

    Émeric a écrit :

    sans malheureusement citer le Parti Chrétien Démocrate !

    En êtes-vous bien certain ?

    Émeric a écrit :

    Il abrite des sensibilités diverses, puisque certains sont même en faveur de l’Union Civile de Frigide Barjot.

    On peut dire que vous savez comment me parler, vous…

  • Vrai enjeu, bien posé. Exister malgré la médiocrité ambiante ou s’en retirer au risque de ne pas être entendu. J’espère sincèrement que tu arriveras à te faire vraiment entendre et que cette initiative ne sera pas victime de la machine partisane. Je suis moi-même trop échaudée par le fonctionnement de l’UMP pour avoir envie d’y remettre les pieds pour le moment, mais je trouve vraiment louable de prendre son courage à deux mains et d’y faire son trou. J’espère que ça durera, et en tous cas que ça ne te dégoûtera pas d’avoir essayé !

  • Comme Emeric je n’ai pas lu la moindre mention du Parti Chrétien Démocrate. L’expression « parti chrétien » doit sans doute en tenir lieu, d’après votre réponse : on pouvait souhaiter une mention plus explicite, je comprends sa remarque.

    L’UMP est un géant aux pieds d’argile. Géant car il a les élus, les électeurs et l’argent. D’argile car il n’a points de convictions (normal, pour une auberge espagnole invertébrée) mais en revanche une débauche de chefs (ou chefs putatifs).

    Il faudrait peu de chose pour que le géant s’effondre. Mais il tient, vaille que vaille, quand bien même tout le monde annonce son effondrement.

    Le PCD, pour sa part, tente donc une stratégie différente de celles de Sens commun (dedans), ou Philippe de Villiers (dehors), lequel a payé sa liberté au prix de son isolement (et je ne parle pas de DLR car le billet concerne l’engagement chrétien).

    Le PCD est à la fois dedans et en dehors de l’UMP. Stratégie à laquelle j’adhère mais est-elle la bonne ? Certains en doute et actuellement les bénéfices en termes d’influence sont effectivement mitigés (Madame Boutin ministre du logement, est-ce bien, est-ce assez, est-ce cher payé ?). Cela donne un peu plus de liberté de paroles qu’en étant dans l’UMP, mais pas autant qu’en étant dehors. Ça donne aussi quelques moyens financiers – en principe car aujourd’hui l’UMP est fauché !

    Mais au moins, le PCD permet aux chrétiens qui le souhaitent de s’engager en politique sans renoncer à leurs convictions. Un certains nombres d’élus municipaux PCD ont été élus en mars dernier, souvent sur les listes de maires officiellement UMP (ou sans étiquette). C’est une première étape et ce n’est déjà pas si mal aujourd’hui. En attendant plus, voire bien plus demain.

  • En ce qui me concerne, je suis loin d’être certain de m’y engager. J’ai signé le manifeste mais n’ai adhéré nulle part. Je m’interroge. Disposant d’une position particulière, je ne suis pas certain d’être plus utile en tant qu’adhérent de Sens Commun et de l’UMP qu’en restant ce que je suis aujourd’hui, et en restant fidèle au fait de n’adhérer nulle part depuis le début de ce blog, mais en donnant ce que j’espère être des « coups de main » à ceux qui me convainquent (où qu’ils soient d’ailleurs). Tout le monde n’est pas dans la même position, mais je voulais surtout (i) répondre (certes sans détailler) aux attaques dont Sens Commun a fait l’objet et (ii) soutenir leur démarche.

  • Merci pour ce beau billet, comme d’hab très pertinent et très bien écrit. J’étais l’autre soir à la réunion de Sens Commun, et j’ai été très agréablement surpris par le nombre et l’enthousiasme des participants et par la richesse des contributions. Je voudrais compléter par deux remarques : La première porte sur l’engagement et la participation. La doctrine sociale de l’Eglise nous rappelle que nous sommes tous acteurs de la création et que nous sommes donc invités à participer à la recherche du bien commun. Celle-ci peut passer par des engagements religieux, associatifs, caritatifs, syndicaux ou politiques…Il est donc légitime de s’investir dans le champ politique, et si nous ne portons pas nos valeurs dans les partis ou par le biais de mandats, d’autres ne se gêneront pas pour promouvoir leurs propres idées, que celles-ci soient compatibles ou opposées à nos valeurs. Ainsi, pour ma part, je suis adhérant « dormant » de l’UMP depuis plusieurs années (un peu déçu par certaines orientations et certaines pratiques de cette formation), et la création de « Sens Commun » pourrait contribuer à « réveiller » mon engagements. La seconde porte sur la nature de l’engagement. Faut-il s’investir dans une formation se réclamant explicitement de ces valeurs comme le PCD ou investir en masse (dans une démarche typiquement trotskiste !) une grande formation pour les porter au pouvoir. Je privilégie cette voie. Je respecte les militants et élus du PCD, mais j’ai pas mal de réticences à rejoindre cette formation pour trois raisons. D’abord, et il faut le dire, en raison de la personnalité de sa fondatrice qui, quoique courageuse, par ses outrances, son manque de recul et ses emballements, nuit aux causes qu’elle défend ; elle mérite mieux que d’être la caricature qu’elle est devenue. Ensuite, j’ai peur que cette démarche quasi communautariste ne contribue à enfermer les cathos désirant s’investir dans un « guetto » méritant mais sans avenir politique. Enfin, pour reprendre la distinction de Jacques Maritain, je privilégie, dans le domaine politique, un engagement « en chrétien », plutôt qu’un engagement « en tant que chrétien ». C’est pourquoi, je privilégie la démarche engagée par « Sens commun » au sein de l’UMP ou par les « poissons roses » au PS. Comme le dit koz, le pari est risqué (dillution , opposition, récupération…), mais il mérite d’être tenté.

  • @ Olivier Rueil Malaison : je ne veux pas « taper » sur le PCD. J’y ai rencontré des personnes de très grande qualité, avec de fortes convictions auxquelles j’adhère. J’ai également beaucoup d’estime pour Jean-Frédéric Poisson. Et, comme je le dis, je n’ai pas de certitude définitive sur la bonne stratégie à retenir. J’ai toutefois rencontré, la semaine passée, une assurance bien excessive de la part de certains qui se sont lâchés contre Sens Commun, alors que je ne vois pas quels succès les autorisent à être aussi sûrs d’eux.

    Si je ne mentionne pas explicitement le PCD, c’est aussi que son positionnement n’est pas des plus clairs à l’égard de Force Vie. Or, c’est essentiellement de cette dernière que les attaques sont venues. Aujourd’hui, je note que Force Vie est créditée de moins de 0,5% des voix. Nous sommes à 15 jours du scrutin, le seul espoir possible pour Force Vie réside dans une erreur des sondeurs, mais la situation ne sera pas renversée. Ce 0,5%, de surcroît, est obtenu dans une période où l’électorat visé par Force Vie devrait être exceptionnellement mobilisé. En 2007, Christine Boutin (pour laquelle j’avais voté au premier tour, histoire de…) a fait à peine plus de 1% des voix. Elle a au moins eu la sagesse de se retirer en 2012. Mais à quoi cela rime-t-il de « se compter » pour, scrutin après scrutin, donner au monde politique le sentiment que nous ne représentons rien ?

    Bref, bien sûr, intégrer l’UMP est un chemin rempli d’embûches. Mais il y a un moment qu’il faut peut-être bien savoir saisir. Je ne crois pas, non plus, que cela suppose de renier ses convictions. Il y a bien sûr des cadres et des élus aux positions diamétralement opposées aux nôtres, mais il y en a peut-être autant qui les partagent. Et certains ont su le faire de façon visible et courageuse.

    Dernière chose : je crains, tout de même, que la stratégie du dedans et dehors à la fois ne soit pas ce que l’on peut faire de plus lisible.

  • Je pense que cette initiative ne marchera pas, parce qu’elle est trop éloigné de la vision d’une bonne partie de l’UMP, ce parti est gangrené par l’électoralisme et le carriérisme de bien trop de cadors, et que bon nombre de votants UMP ne pensent pas comme sens commun. Alors je pense que votre raisonnement ne marche pas, nos idées n’y sont pas assez représentées, il est normal de le fuir, et de chercher à construire une politique vraiment différente ensemble. Mon souhait le plus profond pour que nous puissions avancer pour plus de 5 ans, c’est qu’enfin on sorte de cette politique manichéenne droite/gauche, qui ne fait que nous enfoncer toujours plus bas. Alors non je ne pense pas qu’il faille faire le jeu de l’UMP en s’y insérant, mais que nous ayons, nous chrétiens, à montrer un exemple, et à chercher une vraie autre voie, une voie qui puisse rassembler…

  • Et l’UDI ? Certes, tu cites à raison des repoussoirs, dont certains ne sont là que parce que leur carrière politique se trouvait dans une impasse à l’UMP, mais m’est avis qu’ils sont loin d’être représentatifs de leurs sympathisants, que le centre fédère naturellement des familles certes pas forcément toujours d’accord, mais pas incompatibles (démocrates chrétiens, libéraux modérés, etc.)… et que des personnalités comme JF Fromantin n’attendent peut-être que l’engagement un peu plus bruyant de certains d’entre nous pour émerger et remettre le centre-droit à la place qui est la sienne… Et puis, l’UDI n’est-elle pas plus facile à prendre que l’UMP ? Ne vaut-il mieux pas un bastion plus modeste mais plus facile à prendre ? Bref, je me questionne aussi…

  • Tim a écrit :

    et à chercher une vraie autre voie, une voie qui puisse rassembler…

    Bon, pardonnez ce clin d’oeil. Mais vous ne précisez pas vraiment de quelle voie il pourrait s’agir. Si l’on s’en tient à l’action politique (parce qu’il y a bien d’autres engagements possibles dans la Cité), cela passe par un parti de type chrétien (démocrate-chrétien, I presume) ou par un parti existant. Je ne vois pas beaucoup d’autres possibilités. Et je ne crois plus au parti chrétien.

    Tim a écrit :

    ce parti est gangrené par l’électoralisme et le carriérisme de bien trop de cadors, et que bon nombre de votants UMP ne pensent pas comme sens commun.

    Disons qu’à l’UMP, le carriérisme a l’excuse de pouvoir envisager de déboucher sur quelque chose. Vous trouverez, ailleurs, le même carriérisme mais sans perspectives.

    Quant aux votants UMP, je ne partage pas votre avis. Sans compter que, si c’est votre avis, cela n’est guère optimiste sur les chances de succès d’un parti chrétien présenté comme tel.

    Et quand je pense aux Retailleau, Mariton, Gosselin, Le Fur etc., je me dis qu’il reste du monde à l’UMP, sans compter ceux qui, flottants, seront incités à aller flotter dans le bon sens, si un groupe déterminé s’y met. D’autres groupes l’ont fait, avec succès, alors qu’il était loin d’être promis à l’origine. Avons-nous besoin, pour notre part, de notre petit cocon douillet, où chacun pense comme nous – et encore : vous verrez qu’on est bien foutus de se foutre sur la gueule – pour ne pas trop nous heurter au monde réel ?

    @ Henry le Barde : il y a effectivement à l’UDI bien des repoussoirs particulièrement médiatiques (Jégo, Yade, Jouanno, Létard, Lagarde, pour n’en citer que quelques’uns) même s’il y a en revanche des personnalités dont je suis proche dont, tu le sais, Jean-Christophe Fromantin. Mais l’UDI ressemble fort aussi à un marigot de petites ambitions recuites (qui vont se déchirer d’autant plus que Borloo a disparu) et vit avec une composante, les Radicaux, qui nous est historiquement et radicalement hostile. Il y a, enfin, à l’UMP un certain nombre de cadres et d’élus qui sont proches de centre-droit, voire même en sont des héritiers directs.

    Enfin, dernière interrogation : faut-il dépenser toute cette énergie pour, au bout du compte, obtenir… l’UDI ?

  • Edouard G a écrit :

    La seconde porte sur la nature de l’engagement. Faut-il s’investir dans une formation se réclamant explicitement de ces valeurs comme le PCD ou investir en masse (dans une démarche typiquement trotskiste !) une grande formation pour les porter au pouvoir. Je privilégie cette voie. Je respecte les militants et élus du PCD, mais j’ai pas mal de réticences à rejoindre cette formation pour trois raisons. D’abord, et il faut le dire, en raison de la personnalité de sa fondatrice qui, quoique courageuse, par ses outrances, son manque de recul et ses emballements, nuit aux causes qu’elle défend ; elle mérite mieux que d’être la caricature qu’elle est devenue. Ensuite, j’ai peur que cette démarche quasi communautariste ne contribue à enfermer les cathos désirant s’investir dans un « guetto » méritant mais sans avenir politique. Enfin, pour reprendre la distinction de Jacques Maritain, je privilégie, dans le domaine politique, un engagement « en chrétien », plutôt qu’un engagement « en tant que chrétien ». C’est pourquoi, je privilégie la démarche engagée par « Sens commun » au sein de l’UMP ou par les « poissons roses » au PS. Comme le dit koz, le pari est risqué (dillution , opposition, récupération…), mais il mérite d’être tenté.

    Votre commentaire m’avait échappé, c’était hautement regrettable.

  • J’ai longtemps compté sur une recomposition de la droite avec, au bout, une retour à l’équilibre RPR/UDF… Je pensais que la défaite de Sarko et l’absence de leadership à l’UMP pourraient permettre au centre-droit de revenir (bon, j’attendais autre chose que Jouanno et Yade comme transfuges…). D’où l’idée que l’UDI pouvait être appelée à redevenir autre chose que le petit village centriste qu’elle est maintenant.

    Après, le hold-up de la Droite forte l’an dernier (et, également, celui de Hollande lors de la primaire PS) montre qu’effectivement, avec du culot, le bordel généralisé peut constituer une bonne opportunité de prendre du poids dans un parti…

  • Bonjour Koz, Qu’est ce que vous entendez par « La droite que je veux remise le culte de la performance, elle n’efface pas la faiblesse »?

  • Bonsoir Koz,

    Je pense comme toi qu’un engagement politique utile se fait dans un des deux grands partis de majorité, tout simplement car le vote est à la fin, un choix binaire, et la finalité de la politique est pour moi l’action, par le théatre.

    Cependant, le principal enjeu du vote est de virer une équipe quand celle-ci a pris de mauvaises habitudes ou est fatiguée. C’est l’alternance, et c’est déjà beaucoup.

    Sur le plan des idées, nous sommes compagnons de droite (et il serait d’ailleurs intéressant de réfléchir pourquoi nous sommes plutôt à droite qu’à gauche), mais je pense que nous ne partageons pas beaucoup d’idées.

    La droite que je veux traite l’individu comme un adulte responsable, et a une méfiance naturelle envers les grandes organisations pour les abus de pouvoir, la désorganisation et l’infantilisation qu’elles engendrent. Elle prend par dessus tout soin de l’économie du pays car la richesse conditionne tout le reste, y compris notre sécurité (*) et notre culture. Elle traque sans relâche les gâchis et les acquis sociaux qui ne sont que des privilèges. Elle laisse enfin à l’état seulement les missions qu’il est le seul à pouvoir assurer, tout ceci en s’inspirant de ce qui se fait ailleurs, car, s’il y a une exception française, elle est plutôt négative.

    (*) il semble que ce qui a enfin décidé le Japon a se réformer, après 20 ans de stagnation, c’est la prise de conscience que le pays devait être prospère pour se payer une armer capable de se défendre contre son voisin chinois.

  • Personnellement et même si cela n’a pas grande importance, je n’ai jamais eu la gauche que je voulais. J’appartiens à la génération « union de la gauche » et je regrette les divisions de la gauche. Et le comportement des socialistes dès qu’ils sont élus. J’ai pris le parti de ne plus avoir de parti. J’ai pris le parti de passer la main aux jeunes. Et le plus souvent je me tais. Je vote encore. J’écris encore un peu de temps en temps. De moins en moins. Historiquement en France et pour des raisons que je ne connais pas on n’arrive pas à avoir un parti démocrate chrétien de masse. Certains penseront peut-être tant mieux et montreront du doigt les partis démocrates chrétiens de masse ailleurs qu’en France qui n’ont pas été bien terribles non plus. Alors pour celles et ceux qui veulent s’engager en politique, s’ils sont cathos, restent les partis traditionnels… Peut-être que s’il y avait la proportionnelle les choses seraient autrement? Ou une autre constitution, une autre république? Le plus souvent en politique les coups les plus durs que l’on reçoit personnellement viennent souvent des personnes, des partis, dont on voudrait être proche… La vie associative peut aussi apporter des satisfactions que l’on ne trouve pas toujours en politique.

  • @ Koz: Koz, j’ai beaucoup ri pour la référence tintinesque, j’avais peur que vous en jouiez, j’en suis désormais réjoui ;) Bien sûr qu’il y a du monde à l’UMP qui ne soit pas pourri et qui veut le bien commun, mais ce parti va mourir c’est certain. Quand je parle des votants UMP, je le dis parce que j’ai le malheur d’avoir des proches ( même catholiques ) balançant entre le FN et l’UMP, voulant d’une « droite forte », des personnes chez qui la charité n’a aucune importanc dans leur vie malheureusement… Et non, je ne pense absolument pas qu’un parti démocrate-chrétien soit la solution, parce que tout simplement définir un parti comme chrétien exclurait toutes les personnes non-chrétiennes qui peuvent aussi vouloir le bien commun. C’est justement comme ça que nous pouvons et devons sortir de notre cocon comme vous dites. L’UMP ne nous représente plus, et a déjà perdu la confiance de beaucoup. Nous devons, en tant que chrétiens, proposer une voie ( je dois vous couper la tête ) qui rassemble ( au risque de me répéter…) Et justement, ce qu’attend la France, je le crois sincèrement, c’est ce que nous pouvons proposer, en tant que chrétiens de tous bords, acceptant de sortir d’un clivage gauche/droite stérile…

  • @Tim : en Allemagne la « CDU » (= parti Chrétien Démocrate) rassemble largement plus que les chrétiens. Il faut dire qu’il date de 1945, il a eu le temps de s’installer dans le paysage politique.

  • Lisant à la suite votre article et le manifeste cité me laisse une impression bizarre.

    Ce manifeste me semble en effet rassembler les problèmes : une accumulation de mots clefs, une reconstruction fantasmée de l’adversaire, des contradictions non résolues se faisant passer pour de l’équilibre. Surtout rien de concret, même pas une promesse de moyens comme chez vous. Ce texte est philosophique, identitaire, idéologique ; il n’est pas politique. Les auteurs décrivent leurs affects, ils ne préparent pas l’action. Vous dites « vison globale », je dis slogan.

    Votre article me donne plus d’espoir sur l’émergence d’un nouvel engagement politique. Vous exposez avec structure un problème complexe, vous déjouez par avance les pièges rhétoriques, vous ne vous arrêtez pas après avoir rappelé vos convictions mais vous donnez « de la substance à l’expression ». Vous faites de la bonne politique, celle qui réfléchit et prépare.

    Je crois qu’on a besoin d’une scolastique de l’engagement du chrétien. Peut-être arrêter d’être de droite pour penser à droite. Laissons à la gauche (l’ancienne) la fierté risible d’être de. Le chrétien n’a pas besoin d’un complément d’être, ça n’est pas pour ça qu’il doit s’engager en politique.

  • Si le PCD, Force-vie et Sens commun s’écharpent, c’est à pleureur. Et c’est aussi la droite dont nous ne voulons à aucun prix !

    Je souhaite plein succès à Sens commun pour faire un beau sillage bien rectiligne. Mais les partis ne sont que des outils et, pour le scrutin de mai, l’UMP mise dans ma circonscription sur des candidats pour lesquels, en conscience, je ne peux voter. Je suis donc, malgré moi, contrainte à un certain isolement, étant au moins satisfaite de trouver une offre compatible…

    Une précision concernant Force-vie : à la date du sondage, ce mouvement était totalement inconnu, ce qui me semble chaque jour un peu moins le cas…

  • Question épineuse en effet. Et je suis assez d’accord sur le principe de base, pragmatique, qu’il y a plus de chances d’arriver à une puissance d’action concrète en partant d’une force existante (UMP) qu’en tentant de construire quelque chose à côté (un hypothétique parti chrétien qui semble difficilement installable ab initio en France aujourd’hui). Donc la démarche de sens commun (a-confessionnel et ça me convient, mais manifestement inspiré par des valeurs catho-compatibles, ce qui me convient très bien aussi !) me parle ; et j’adhère au manifeste.

    Toutefois, une nuance liée au contexte : nous sommes à quelques jours d’élections européennes. Or si, cher Koz, je me trouve en accord avec vos billet sur une immense majorité de sujets, je crains d’être nettement plus euro-sceptique que vous. Et le caractère particulier d’un scrutin de liste à un tour sur un sujet non strictement national est à prendre en compte. Et comme un Henri Guaino, je n’envisage pas de voter pour une liste UMP qui défend une vision de l’Europe en continuation de l’actuelle, à laquelle je n’adhère absolument pas. Sauf que j’ai envie que mon vote soit utile.

    Autant j’ai approuvé comme vous la sagesse de Mme Boutin de se retirer de la présidentielle (être là juste pour « se compter » quand on est sous 3% est plutôt vain), autant sur le sujet particulier des européennes, l’absence de vision alternative à « on continue dans la même direction avec des ajustements à la marge seulement » m’inquiète. Non, je vous rassure, pas au point de me donner envie de donner du pouvoir à MLP. Mais plutôt de guetter les sondages en espérant qu’une autre voie, peut-être portée par Force Vie, aura des chances d’avoir plus d’effet qu’un vote nul.

  • Pour moi, le problème de l’UMP c’est le parachutage de personnes dont la compétence et l’expérience politiques sont loin d’ évidentes: en quoi un ancien champion de lutte japonaise est-il apte à administrer et représenter un département français, de surcroît acquis à son camp politique? N’y a-t-il pas des personnages locaux qui ont préparé et soigné le terrain? C’est du mépris du personnel politique, des électeurs et de la France.

  • J’ai lu ce manifeste et me pose la question : « En quoi ce qui est ici proposé est de « droite » ? » Personnellement je suis d’accord avec beaucoup sinon toutes les propositions énoncées. Et pourtant je me considère « de gauche ». Alors ? Ce manifeste n’est il pas plus un appel à recentrer la politique sur la vie de la cité en lieu et place du carriérisme qui existe aujourd’hui ? Je pense vraiment qu’aujourd’hui la différence entre gauche et droite porte plus sur le chemin à prendre pour atteindre une cible largement partagée que sur la définition de la dite cible. Ensuite il y a des chemins qui semblent aller plus vite au but et il y a surtout beaucoup de chemin que les individus et les organisations s’interdisent de prendre…

  • J’espère que la cohabitation de Sens Commun dans le loft UMP va bien se passer. Je crois que c’est la bonne démarche. Tout dépendra si SC est capable de faire des concessions et de se comporter de manière irréprochable vis-à-vis de l’UMP. Je pense qu’il y aura des frictions, mais tout le monde a beaucoup à bénéficier de cette synergie. Je souhaite beaucoup de succès à SC. Il faudra faire le point dans une année.

  • La droite que je veux, c’est celle pour laquelle je pourrais voter. Ce qui ne m’est pas arrivé depuis, euh, pas mal de temps (c’est passé drôlement vite). Celle que ce manifeste représente, oui, je pourrais en théorie voter pour elle, sans doute. Reste bien sûr à savoir quel comportement elle aura lorsque des choix difficiles seront à faire: les alliances, les primaires, etc. Mais c’est un début. Pour ce qui est du débat microcosmique, dans ou en dehors de l’UMP… sur le plan des idées c’est sans intérêt aucun. Mais sur le plan de l’action, le choix est clair. Les groupes minuscules autour de Mme Boutin et autres n’ont guère de levier pour faire changer les partis et le sdécidurs de droite. Sinon, bien sûr, à négocier leur ralliement, sur le modèle que Christine Boutin n’a jamais vraiment cessé d’incarner: tout en alliances plus ou moins contraintes, en menaces de démission, en critiques à l’égard d’autres ténors, etc, jusqu’à ce que l’essentiel finisse dans l’oubli.

    egdltp a écrit :

    J’ai lu ce manifeste et me pose la question : « En quoi ce qui est ici proposé est de « droite » ? »

    Je n’irai pas jusqu’à dire ça, mais votre observation est bien vue. Au moins la moitié de ces déclarations de principes auraient leur place dans un manifeste « la gauche que nous voulons » écrit par à peu près n’importe quel sympathisant PS. D’un côté, on peut regretter le manque de précisionmet l’aspect incritiquable de nombreux points. Par contre… s’il en était autrement, il y aurait lieu de s’inquiéter de la profondeur de nos divisions. Comme cela se trouve, les modérés de droite et de gauche peuvent se retrouver sur plusieurs principes, ce que je trouve bon signe.

  • « L’UMP a structurellement viré à l’auberge espagnole invertébrée », écris-tu. Et la suite de ton papier consiste en quelque sorte à dire « N’empêche que… » A mon avis, le principe de non-contradiction est ici lésé. Si l’UMP est vraiment « structurellement » ce que tu décris, alors justement cela « empêche ». Comment peut-on être « structurellement invertébrée » et « garder une puissance politique indéniable » ? On ne peut être « structurellement invertébré » et avoir une puissance d’action politique en vue du bien commun. Le bien commun sans colonne vertébrale, ça n’existe pas. Je pense donc que ce que tu nommes « puissance politique » se réduit à une « puissance électorale », ce qui est différent. Que sont les partis ? Ce sont : 1. Des distributeurs à grande échelle d’étiquettes (investitures) et donc de places, ce qui leur assure la fidélité de ceux qui y sont intéressés. 2. Des fédérations de clans concurrents au service de l’ambition personnelle de ceux que l’on nomme « présidentiables ». Mais en termes de contenu, il n’y a rien, aucune cohérence. Que l’on mette des particules de contenu à l’intérieur de « l’auberge », ce contenu peut servir le marketing électoral : rabattre tel segment d’électeurs. Et la France dans tout ça ? Elle sombre à mesure que la chose publique – la res publica – sombre. Le système des partis est un oligopole (monopole partagé) qui confisque la chose publique en faisant croire qu’il est indispensable à la démocratie alors qu’il l’abîme chaque jour davantage. Je pense donc qu’il te reste à répondre à la question : « Un puissance politique » (électorale) pour quoi faire ?

  • Pardonnez-moi, je suis un petit poussin tombé du nid…

    Partons du début : C’est quoi, La Droite ? C’est quoi, La Gauche ? En quoi sont-elles métaphysiquement opposables ? Pourquoi voudrait-on La Droite ou La Gauche ?

    Tout le reste en découle. Merci donc d’éclairer ma lanterne.

  • @PMalo, la Gauche c’est ceux qui ont voulu la mort du Roi et sa tête, la Droite ceux qui la voulaient pas, avec quelques exceptions dans chaque camp. La Gauche c’est la Commune de Paris, la Droite c’est ceux qui l’ont réprimée. La Droite c’est 1871, 1917 et les fusillés pour l’exemple. La Gauche c’est 1936 et le Front populaire, la Droite c’est 1940. La Gauche ce sont les premiers maquis de républicains espagnols continuant le combat sur le sol de notre pays occupé, ce sont ceux et celles de l’affiche rouge. La Droite c’est l’arrestation et la déportation de Geneviève Antonioz de Gaulle. La Gauche c’est l’indépendance des colonies françaises. La Droite l’attentat au fusil mitrailleur sur le Général de Gaule. La Gauche Mai 68. La Droite la manif gigantesque sur les Champs Elysées en 1969. Ou la tuerie d’Auriol. Etc…etc… Et tous ça fait de très bons Français. :+)

  • La droite que je voudrais (la gauche aussi d’ailleurs) mettrait vraiment l’humain au centre de tout. En érigeant comme principe d’airain le respect des droits naturels fondamentaux : liberté, propriété, résistance à l’oppression.

    Elle n’opposerait pas liberté et égalité mais reconnaîtrait que ces deux valeurs sont indissociables si on redonne à l’égalité son vrai sens, celui d’égalité devant la loi. Pas de liberté sans égalité devant la loi, pas d’égalité sans liberté. Elle abolirait coercition et privilèges, qui sont les deux faces de la même pièce.

    Elle saurait qu’une société harmonieuse ne peut reposer sur la force. On n’obtient pas l’amour par la force, on obtient la haine et ça s’appelle un viol. On n’obtient pas la générosité par la force, on obtient la haine et ça s’appelle un vol.

    Elle est totalement compatible avec un engagement chrétien. Les chrétiens savent depuis longtemps que la vertu ou l’amour de Dieu ne s’imposent pas par l’épée, qu’ils sont leur propre récompense. Ce n’est pas un hasard si les principes humanistes ci-dessus sont nés dans le monde chrétien.

  • Lib a écrit :

    La droite que je voudrais (la gauche aussi d’ailleurs) mettrait vraiment l’humain au centre de tout.

    Le problème avec ce genre de phrase, c’est le même que celui de ce genre de manifeste: il est difficile de ne pas être d’accord. De même que personne ne vote pour le chômage, la pauvreté, etc., personne ne votera contre l’humanité. Du coup, il est bien difficile de tirer une conclusion politique.

    PMalo a écrit :

    Partons du début : C’est quoi, La Droite ? C’est quoi, La Gauche ? En quoi sont-elles métaphysiquement opposables ? Pourquoi voudrait-on La Droite ou La Gauche ?

    Là, désolé, mais je ne vais pas pouvoir vous aider tellement. Ce billet se base sur une prémisse, à savoir: le vocabulaire politique de base est acquis par le lecteur. Le débat sur la nature profonde de la droite et de la gauche est rarement fructueux, donc je ne me lancerai pas dans une explication. Contentez-vous de remplacer « la droite » par « le groupement politique dont l’auteur se sent naturellement le plus proche », cela devrait suffire pour les besoins de la discussion.

  • @ Koz:

    Tout ceci me renvoie aux discussions sans fin du déjeuner dominical. Il y a ceux qui pour qui il vaut mieux soutenir un candidat à 1% qui tiendra toujours vent-debout contre toute compromission, et il y a ceux qui pensent que peser même petitement dans une machine à gagner aura toujours plus d’effets. Je suis de la deuxième catégorie. Et j’emmerde mon beau-frère :)

  • Pour ceux qui se demandent comment la droite en est arrivé là, un petit livre paru en poche chez Tempus, 11 € : « Histoire intellectuelle des droites » de François Huguenin. Très pédagogique.

    La droite « libérale », fascinée par le mythe du progrès, finit par sacrifier le bien commun et même la liberté au « démocratisme « , la droite « réactionnaire » fantasme les mérites des temps anciens et substitue la nation au monarque.

    La France n’a jamais eu un vrai parti « conservateur » alliant souci de la liberté et méfiance devant les innovations sociales, et dans le meilleur des cas, avec une sensibilité sociale souvent portée par des chrétiens.

  • Kaiser a écrit :

    Il y a ceux qui pour qui il vaut mieux soutenir un candidat à 1% qui tiendra toujours vent-debout contre toute compromission

    Ceux-là partent du principe qu’on peut compter sur le candidat en question pour ne pas se compromettre. J’imagine qu’ils ne parlent pas de Mme Boutin.

    Aristote a écrit :

    La France n’a jamais eu un vrai parti « conservateur » alliant souci de la liberté et méfiance devant les innovations sociales, et dans le meilleur des cas, avec une sensibilité sociale souvent portée par des chrétiens.

    Très juste. Nous avons une tradition réactionnaire, malheureusement associée au catholicisme si on remonte assez loin dans le passé. Les autres grandes démocraties (Allemagne, US, Royaume-Uni) ont, elles, une tradition conservatrice, qui nous manque.

  • Bonsoir, Pour mettre un peu de concret (si l’on veut) dans ces débats théoriques, il pourrait être utile d’évoquer la campagne en cours.

    Je viens de visionner les campagnes des différents partis pour les européennes. Celle de l’UMP m’a sidéré. (1) L’entrée en matière: « ces élections sont importantes pour la France ». (2) Le seul message: « non à l’europe passoire: il faut exclure de l’europe les pays aux frontières poreuses, et exclure de Schengen la Bulgarie et la Roumanie ».

    Si (1) n’est qu’un signe de nombrilisme, (2) prends les électeurs pour des billes en confondant ennemi de l’extérieur et ennemi de l’intérieur (excusez, je tente une sympathie).

    Sur cette base, je serais tenté de demander en quoi l’entrisme chrétien à l’UMP est moins voué à l’échec que l’entrisme chrétien au PS.

  • Bonjour,

    Je voudrait revenir sur un point de votre message : le catholicisme vise un bien commun, précisément universel

    Votre démonstration découle en grande partie de cette supposition, hors je suis loin d’être convaincu qu’il est possible d’obtenir une majorité sur celle-ci. Un grand nombre de valeur portées historiquement par le catholicisme sont partagées par une majorité de la société, mais dire que le catholicisme porte des valeurs universelles c’est à mon sens aller droit vers des conflits de civilisations, voir des systèmes de valeurs propre à la société occidentale (libéraux, athée, communiste, nationaliste, …)

    Le seconds point est le socle sociale que vous défendez, quel différence entre vouloir une « juste » redistribution des richesses vers les plus pauvres et pour prendre un exemple extrême le communisme. Il me semble important, non seulement de parler de valeur, mais également des moyens à mettre en œuvre (et ce que l’on ne mettra pas en œuvre…) pour l’atteinte de ces objectifs. A mon sens c’est la différence entre le personnelle politique qui s’expose au réalité et ceux qui reste idéologique (parti de gouvernement vs parti d’opposition). Il est possible d’influer à la marge avec un parti d’opposition, mais pour influer sur l’ensemble des sujet de société, il est nécessaire de passer à l’étape suivante, ce qui nécessite professionnalisme, investissement professionnelle (en devenant politique) et de réussir à fédérer des avis divers sur ces propositions … ce qui implique soit une conversion des populations cibles (j’aime pas le terme, mais je ne trouve pas le terme adéquats et qui soit neutre) soit des compromis (mais là on en revient à la problématique du contenue d’un programme catholique avec la cible et les variations acceptables)

    Cordialement

  • Je me suis toujours dit que si on ne votait jamais pour les partis minoritaires qui portent nos valeurs, ils n’auraient jamais aucune chance de devenir majoritaires et donc d’avoir une quelconque influence sur notre gouvernement.

    Quand vient le choix inévitable entre droite et gauche, d’abord il m’est impossible de voter extrême (droite ou gauche), ensuite me voilà obligée de décider d’une hiérarchie des valeurs, les prioritaires et les autres.

    Aux présidentielles de 2007, on avait le choix entre le rejet de la vie (euthanasie etc à gauche) et le rejet de l’étranger (à droite)… Difficile…

    Quand on nous demande si nous souhaitons conserver les acquis sociaux de la France, que répondre quand certains sont bons (protection des salariés, assurance maladie, allocations familiales, solidarité, etc) et d’autres mauvais (avortement, mariage pour tous, revendications marginales, etc) eu que la question ne fait pas la distinction?

    Côté PS, je me sentirais proche des Poissons Roses, mais de là à voter PS quand on voit que leurs principaux combats sont idéologiques…

    Côté UMP, je me sentirais proche de Sens Commun, mais de là à voter les franc-maçons locaux de l’UMP…

    Me voilà donc systématiquement dans un dilemme qui m’empêche d’adhérer à un parti et me fait bien souvent voter à contre-cœur, pour la moins mauvaise solution, vu de ma chapelle…

    Mon seul investissement politique est donc de décortiquer les programmes à chaque échéance électorale, d’inciter les gens à faire de même, à bien réfléchir en étant bien renseignés et de leur rappeler qu’on ne vote pas d’abord pour nos intérêts personnels mais pour le bien commun et l’intérêt général.

  • @ Olivier Rueil Malmaison: Et le CDU a le problème que dans certaines grandes villes, une bonne partie de son électorat « naturel »: honnête père de famille plutôt conservateur est…d’origine turc (donc très rarement chrétien)… Quoique je pense que l’ennui est moins l’étiquette

  • Cette tribune montre assez bien le problème de nos deux grands partis : tous les deux vivovent sur la rente d’une imposture : l’un revendiquant l’héritage socialiste, l’autre l’héritage gaulliste. La réalité n’a évidemment plus rien à voir, d’où la frustration récurrente des électeurs de l’un et l’autre parti – et le succès actuel d’un autre.

    Politiquement, la chute du mur de Berlin n’a jamais été assumé.

  • « Politiquement, la chute du mur de Berlin n’a jamais été assumé. » C’est vrai pour le moment mais ça peut changer. L’anticommunisme a été le ciment des droites françaises, et la ligne de démarcation des gauches françaises. La disparition du bloc communiste à l’Est de l’Europe a mis fin à l’ordre politique qui a existé dans notre pays depuis la Libération. Une nouvelle page de l’histoire de notre pays est en train de s’écrire. Dans l’hésitation et le flou pour le moment.

  • @ jfsadys: Bonjour, je me permets de compléter votre présentation de la droite et de la gauche car vous n’avez manifestement pas eu le temps de la terminer:

    -la droite, c’est l’opposition à la colonisation par respect de l’altérité et de la culture des peuples premiers, la gauche c’est ce devoir républicain de l’homme des Lumières, porteur des valeurs universelles de la République, d’éclairer le sauvage en retard sur le Progrès et qui n’est pas encore assez entré dans l’Histoire ;

    -la droite, ce sont des royalistes catholiques comme De Gaulle et Leclerc, portant la guerre en Italie fasciste à la tête de troupes d’Africains riches de leurs différences, la gauche, ce sont les pleins pouvoirs votés à Pétain par l’Assemblée Nationale du Front Populaire ;

    -la droite c’est l’acceptation d’une France comportant 10 millions de chances musulmanes et algériennes pour la France, la gauche, c’est le soutien au FLN et à son projet hautement pacifiste d’une nation ethniquement pure et religieusement homogène ;

    Je m’arrête là mais on pourrait continuer longtemps à se renvoyer à la figure la liste des exactions des uns et des autres… Sans rancune ;-)

  • @Pierrot, ce n’était pas un problème de temps. J’ai été volontairement provocateur et j’ai fait un choix arbitraire dans ce que j’ai écrit. Je m’attendais à me faire reprendre. Et votre commentaire je l’accepte sans rancune aucune de ma part.Toute la gauche, mais vous le savez, n’a pas voté pour Pétain. Pour le reste vous avez raison bien entendu. :+)

  • Quant aux votants UMP, je ne partage pas votre avis. Sans compter que, si c’est votre avis, cela n’est guère optimiste sur les chances de succès d’un parti chrétien présenté comme tel.

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