Il n’y a pas de Buddhas à Mossoul

croixorientaleIl y a des matins de soleil tristes. Des matins où l’on a tout pour être heureux : une femme et de beaux enfants, un bel appartement avec un petit jardin qui abrite le chant des oiseaux. Et de la tristesse tout de même. Tristesse inutile qui ne changera rien pour eux, et l’on se répète simplement qu’il faut à plus forte raison savoir apprécier ce que l’on a, et auquel ils aspirent. Oui. Jusqu’à ce que cela ne soit qu’une raison pratique de se complaire dans la léthargie des opulents.

En ce moment, des vieillards, des hommes, des femmes, des nourrissons sont sur les routes d’Irak, fuyant Mossoul prise par les islamistes. Eux n’ont plus rien. En 2003, il y avait 35.000 chrétiens à Mossoul. Ce 12 juin 2014, il n’y en a plus aucun1. Et nous serons, au regard de l’Histoire, la génération qui aura vu et laissé faire l’éradication du christianisme en Orient. Dans une indifférence délibérée. Indifférence des lâches, des minables et des idéologues. Nous serons, nous sommes déjà, au regard de l’Histoire, de cette génération de la honte.

Ce n’est pas faute de connaître la situation des chrétiens d’Orient. Il y a sept ans, Dang en parlait ici. Il y a quatre ans, je mêlais quelques mots impuissants, juste solidaires. Il y a quatre ans, déjà, les chrétiens d’Orient mourraient au mauvais moment. Un remaniement était en prévision. Alors vous pensez, pas aujourd’hui. Pas aujourd’hui qu’il est urgent de se préparer à parler de football pendant trois semaines. Tenez, je relis mon billet de l’époque : je parlais déjà d’Asia Bibi. Chrétienne également, ailleurs. Oubliée aussi.

Le christianisme n’est pas rien en Irak. L’Irak est le berceau du christianisme. Ils étaient chrétiens avant nous. Chrétiens avant l’islam.

2.000 ans de christianisme et puis nous.

Nous qui détournons le regard. Nous qui nous cachons derrière des prétextes amers. L’an dernier, j’assistais à une conférence de l’Aide à l’Eglise en Détresse, à l’Assemblée Nationale. Un représentant du Quai d’Orsay nous expliquait que la diplomatie française se refusait à intervenir spécialement pour les chrétiens parce que c’était les désigner comme complices de l’Occident. Je suis sûr que l’on peut se convaincre de la justesse de cet argument. Il m’avait moi-même pas mal convaincu. Mais c’est négliger qu’ils meurent précisément pour cela : parce qu’ils seraient nos alliés, qu’on le veuille ou non. Eux peuvent bien regarder vers nous, ils n’en recueillent que le mépris d’ici pour les chrétiens. Et les explications diplomatiques ne sont au final qu’une raison commode pour se taire. J’ai honte d’être de cette France-là, j’ai honte d’être de cette époque-là. Lâche et opulente. Hypocrite et suffisante.

Que peuvent-ils bien attendre de nous ? Que peuvent-ils bien attendre d’une France, fille aînée du mépris ? Une France officielle qui ne lève qu’un sourcil distrait quand des chrétiens sont crucifiés en Syrie ? Imaginent-ils qu’ils sont assimilés par nos doctrinaires aux puissants et aux obscurantistes, eux, misérables, héritiers d’une lignée qui a beaucoup apporté à la région, en butte aux islamistes ? Imaginent-ils qu’ils tournent le regard vers une France qui a rejeté ses racines chrétiennes ? Imaginent-ils seulement que le fait qu’ils soient chrétiens, loin de susciter la solidarité, est un handicap ? Passe encore que la Mairie de Paris organise une « nuit du ramadan » tout en oubliant de saluer les chrétiens à Noël ou à Pâques, mais imaginent-ils qu’il a fallu interpeller tant et tant la ministre des droits des femmes pour qu’après trois semaines, elle se fende d’un tweet en faveur de Meriam, quand d’autres causes suscitent une réaction immédiate ? On me jurera que cela n’a rien à voir avec le fait qu’elle soit chrétienne, comme le fait que Manuel Valls, alors ministre des Cultes, mette trois semaines à réagir à l’agression par les Femen à la Madeleine n’avait rien à voir avec le fait que ce soit une église. Mais on ne me forcera pas à le croire.

En 2010 – quatre ans déjà – Jacques Julliard, pas l’archétype du catholique intégriste, évoquant un « génocide religieux », écrivait ceci :

« ayant passé la plus grande partie de ma vie militante à défendre des populations musulmanes (Tunisie, Algérie, Bosnie, Darfour), j’ai pu constater que, chaque fois qu’il fallait le faire pour des chrétiens (Liban, Sud-Soudan), on voyait, à quelques exceptions près (Bernard-Henri Lévy Bernard Kouchner), les professionnels des droits de l’homme se défiler. »

Rien n’a changé. Parce que nos professionnels des droits de l’homme confondent encore droits de l’homme et marxisme, ils ne disent rien pour les chrétiens. Rien quand les chrétiens sont crucifiés en Syrie. Rien quand les chrétiens sont persécutés au Pakistan. Rien. Dans le meilleur des cas, ils estiment que puisqu’il y a des chrétiens ici, c’est à eux de le faire. Juste avant de moquer une défense communautariste quand les chrétiens s’avisent de le faire.

Et des chrétiens se laissent prendre à ce jeu pervers. Parce qu’ils revendiquent un universalisme généreux, ils ne veulent pas défendre ces persécutés-là plus que d’autres parce qu’ils sont chrétiens. Dans le même temps, ces persécutés-là sont abandonnés plus que d’autres parce qu’ils sont chrétiens.

Il faudrait des Buddhas à Mossoul. La destruction des Buddhas de Bamiyan avait suscité un concert de protestations immédiat. Il n’y a pas de Buddhas à Mossoul, juste des hommes, des femmes, des enfants, porteurs de 2.000 ans de tradition, d’histoire, de patrimoine et de foi.

« Enfin, dans l’immédiat, la prise de Mossoul aura un effet limité sur les exportations pétrolières »2

Il reste à prier pour les chrétiens d’Orient. Prier et donner. Que ce soit à l’Oeuvre d’Orient, à l’Aide à l’Eglise en détresse ou encore à Fraternité en Irak, une association dont les jeunes membres se rendent régulièrement en Irak, et qui prévoient d’envoyer une tonne de médicaments.


  1. source : Radio Vatican []
  2. Le Point []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

47 comments

  • Votre conclusion rejoint ce que je pense : les chrétiens d’orient sont la variable d’ajustement de la politique d’approvisionnement pétrolière de l’occident.

  • Il ne faut pas oublier qu’on peut donner aux frères maristes d’Alep, qui font un travail extraordinaire dans cette ville régulièrement privée d’eau par les rebelles, distribuant des paniers de nourriture aux réfugiés quelle que soit leur religion, animant des formations pour les adultes, organisant la scolarité des enfants coinçés dans la guerre. Ils se dépensent sans compter, ils alertent comme ils peuvent sur la cruauté à laquelle ils font face dans cette ville. Merci de prier pour eux, témoins du Christ auprès de leurs frères victimes de la guerre.

  • Ma tristesse rejoint la vôtre. Bien que n’étant pas ni chrétien, ni croyant dans aucune religion, j’ai mené une enquête pendant huit ans sur les chrétiens persécutés dans le monde. Un livre est paru en 209 ou 2010, voyez je ne sais plus aux éditions Michel Lafon. L’ouvrage a surpris, étonné, qu’un non chrétien s’intéresse à 200 millions de gens qui sont dans le monde persécutés en raison de leur foi. Depuis, je cherche les moyens pour réaliser un grand documentaire. J’avais réussi à mettre à la même table, chrétiens et évangélistes. Les chrétiens sont partis prétextant qu’ils ne pourraient s’associer avec des évangélistes ou des protestants. Que dire après cela. je ne désespère pas de parvenir à trouver l’argent qu’il me faudrait. Mais croyez-le j’enrage du silence qui entoure cet ethnocide. Cordialement

  • Les chrétiens du Moyen-Orient (que je rencontre dans le cadre de Foi et Lumière, mouvement présent en Syrie, Jordanie, Liban, Egypte, Soudan) ne cessent de me dire : « vous en occident, vous avez une très grande responsabilité ! Soyez pleinement chrétiens, ne laissez pas votre bannière dans votre poche, notre sort en dépend. Nous chrétiens d’Orient, que nous le voulions ou pas, sommes associés à ce que l’on voit de vous : et ce qui est observé depuis nos pays, c’est plutôt la perte de sens, la décadence morale… donc la religion chrétienne, notre religion commune, présente en Orient depuis deux mille ans est aujourd’hui associée à la décadence des moeurs en occident. Alors, montrez et agissez en chrétiens convaincus de votre foi, montrez que vous y croyez ! »

  • Cher Koz, je partage totalement et parfaitement votre état d’esprit, à tout point de vue.

    Permettez les quelques remarques suivantes.

    1) Ce que vous dites m’a immédiatement fait penser à une autre situation, passée mais très similaire : les chrétiens du bloc communiste, « l’Eglise du silence ». Ces chrétiens persécutés dont l’Eglise n’a jamais cessé de porter la voix auprès des organisations internationales (OI) et Etats occidentaux pour les défendre, mais qu’on a eux aussi abandonné. D’une part, on les a abandonné COMME on a abandonné avec eux leurs concitoyens. Ils ont partagé le même sort, une commune destinée. En cela, ils ont vécu la fraternité de l’épreuve et la honte est plutôt, de manière assez globale, de n’avoir pas fait grand chose d’utile SUR LE MOMENT pour diminuer leur épreuve à court terme. D’autre part, les chrétiens occidentaux eux-mêmes, parfois les premiers, les ont abandonné, pendant leur épreuve comme après, car ils gênaient. Surtout dans ces années 60-70 où toute idée du martyr, de la solidité de la foi et de l’attachement à certaines pratiques cultuelles passaient par pertes et profits en Occident. cf le bouleversant livre de M. D. Rance « Un siècle de témoins ». Le XXe siècle aura été le siècle des martyrs à l’Est. le XXIe est bien parti pour être celui des martyrs au Proche-Orient et dans l’Extrême-Orient.

    2) Existe-t-il ainsi une particularité ou un problème propre de la défense des minorités, surtout religieuses, dans les pays islamiques, notamment au regard de l’éventuelle trahison des professionnels des droits de l’homme (DH) ? Je ne sais pas. Dans les dites années 60-70, bon nombre d’entre eux étaient marxistes ou « compagnons de route » et évitaient également toute action à l’encontre de ces régimes, au bénéfice de leur population, notamment chrétienne. Mais il s’en est levé aussi de nombreux pour critiquer, parfois fermement, ces violations des DH. C’est un peu pareil aujourd’hui me semble-t-il. Il existe des ONG qui font un travail remarquable en ce sens. Même s’il existe encore des lâches. pas pour les mêmes raisons certes : avant, on partageait l’idéologie critiquable ; aujourd’hui, on la craint. Au final, on fuit toujours devant ses responsabilités pour « ne pas se faire mal voir » de ceux qui compte (avant, idéologiquement, aujourd’hui, des dictateurs de la pensée ardent à défendre l’antiracisme mais toujours dans le même sens, ou tout simplement des intérêts économiques sonnants et trébuchants).

    2) Vous dîtes d’avoir honte de la France, de sa lâcheté. On compte beaucoup sur les Etats et les OI pour agir. Il est certain que rien ne se fera sans eux. Mais il faut aussi savoir aussi compter sur nous-mêmes ! Il existe des moyens d’agir, et éviter de se déresponsabiliser à bon compte ! « Tristesse inutile qui ne changera rien pour eux » dites vous. Mais non ! De la tristesse (et, j’ajoute personnellement, de la colère, devant l’injustice monstrueuse à laquelle on assiste) naît le désir d’agir ! Et c’est possible. Les « moyens pauvres », comme disait Maritain, sont même parfois plus féconds qu’on ne le pense. Il y a les ONG dont je parlais : on peut s’y engager. Il y a l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) et l’Oeuvre d’Orient : deux œuvres magnifiques, extraordinaires, qu’il est facile d’aider financièrement (notamment, et j’insiste sur ce moyen, en usant des intentions de messe, avec double effet génial : on a une messe pour l’une de nos intentions et on soutient financièrement un prêtre local !). Et il y a la prière. Ne la négligeons pas du tout. Une prière fervente pour nos frères martyrs, en union avec eux dans la communion des saints. Voilà l’Eglise véritable. C’est déjà se disposer à assumer pleinement, nous aussi, pour notre part, l’épreuve qu’ils vivent là-bas. C’est ainsi éviter l’exclusion que nos frères de l’Est ont subi de notre propre part durant leur persécution. En ce sens, votre petit § final en plus petite police devrait être en fait au coeur de l’article.

    3) Certes, il est impératif de dénoncer la lâcheté, l’hypocrisie. D’autant plus que le chrétien est plus lucide ici que ces soi-disant diplomates réalistes et politiciens. Le problème que vivent nos frères là-bas, si nous ne savons pas le gérer immédiatement, nous l’aurons vite ici, d’une manière ou d’une autre, et nous en paierons le prix fort, y compris en espèces bien sonnantes, bientôt ! cf le coût d’une intervention militaire pour « protéger nos intérêts » le jour où il y aura un effet pas du tout limité sur les exportations pétrolières par exemple ! La mondialisation et le village global, c’est pour le meilleur et pour le pire : on ne peut pas éternellement croire qu’on peut privatiser pas les gains sans, un jour où l’autre, mutualiser aussi les pertes ! Il faut donc crier à l’injustice, à l’infamie, et aussi à l’incohérence et à la stupidité d’un calcul à très court terme purement électoraliste mais non soucieux du bien commun. Et un autre aspect de cette lucidité, c’est que le chrétien sait bien que ses frères, dans des pays animés de profondes divisions, notamment religieuses, au bord de ou carrément en guerre civile, que le chrétien donc est un immense ferment d’unité et de réconciliation. Les voir disparaître, c’est assister à la destruction du seul mortier qui pourrait aujourd’hui permettre à des Etats multi-confessionnels de perdurer. On marche à grande vitesse vers la coexistence (non pacifique !) d’Etats uniconfessionnels (cf Israël et la Palestine…).

    Merci encore, donc, de nous rappeler encore et toujours cette ardente exigence intrinsèque de notre foi de compatir – spirituellement et activement – aux épreuves de nos frères. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. » (1 Co. 12, 26).

  • Très beau billet.

    Cette exception chrétienne est un mystère. Ce n’est pas une forme d’altruisme mal compris qui conduirait à s’interdire d’aider ceux qui nous ressemblent. Les journalistes n’hésitent pas à se mobiliser pour défendre leurs confrères emprisonnés ou assassinés, et ils ont raison. Les communistes montent au créneau quand un des leurs quelque part sur la planète est victime de violences (moins quand il est bourreau, ce qui arrive plus souvent).

    La seule explication que je trouve à ce mystère est celle que tu donnes en fin de billet : le marxisme. Cette idéologie du conflit et de la haine juge les catégories et non les individus ou les actions. Le chrétien, assimilé au colon blanc est donc un salaud ontologique, comme le patron, le riche, le mâle. Toute situation où les gens ne se comportent pas comme la théorie le prévoit est soit niée, soit rationalisée à l’absurde, soit ignorée.

    On a une parfaite illustration de ce mécanisme avec la situation au Venezuela depuis plusieurs mois. Un bolivariste ne peut pas être un salaud et un chrétien ne peut pas être une victime.

  • Tout d’abord, grand grand merci pour cet article. Du coup me viennent plusieurs questions. N’y-a-t-il pas de manière plus large une indifférence généralisée en France à tout ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient ? Cette indifférence ne se reflète-t-elle pas chez les catholiques ? Si la communauté chrétienne en France ne se mobilise pas, n’est-ce pas encore plus difficile de mobiliser le monde politique ? Est-ce que l’on croit véritablement à la force de la prière ? On a quand même vu en septembre qu’elle a permis d’éviter une intervention dramatique en Syrie. Enfin, dernière chose, comment faire part au peuple irakien, mais aussi palestinien, syrien etc. de notre soutien dans la prière ? Car c’est ce qu’ils demandent instamment dans leurs messages.

  • @ Natalie : les organisations que j’ai indiquées ne sont bien sûr pas les seules.

    @ Delpard : c’était en 2009, manifestement.

    Ghislain du Chéné a écrit :

    Les chrétiens du Moyen-Orient (que je rencontre dans le cadre de Foi et Lumière, mouvement présent en Syrie, Jordanie, Liban, Egypte, Soudan) ne cessent de me dire : « vous en occident, vous avez une très grande responsabilité ! Soyez pleinement chrétiens, ne laissez pas votre bannière dans votre poche, notre sort en dépend. Nous chrétiens d’Orient, que nous le voulions ou pas, sommes associés à ce que l’on voit de vous : et ce qui est observé depuis nos pays, c’est plutôt la perte de sens, la décadence morale… donc la religion chrétienne, notre religion commune, présente en Orient depuis deux mille ans est aujourd’hui associée à la décadence des moeurs en occident. Alors, montrez et agissez en chrétiens convaincus de votre foi, montrez que vous y croyez ! »

    Double paradoxe de les voir associés à nous qui, collectivement, nous moquons bien d’eux, et de voir associée notre foi à la « décadence » occidentale, à laquelle nous ne souscrivons pas.

    Louis-Damien Fruchaud a écrit :

    Les « moyens pauvres », comme disait Maritain, sont même parfois plus féconds qu’on ne le pense. Il y a les ONG dont je parlais : on peut s’y engager. Il y a l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) et l’Oeuvre d’Orient : deux œuvres magnifiques, extraordinaires, qu’il est facile d’aider financièrement

    Dont j’indique les adresses enfin de billet ;-)

    Lib a écrit :

    La seule explication que je trouve à ce mystère est celle que tu donnes en fin de billet : le marxisme.

    Oui. Ils ne sont pas dans le bon « camp » symbolique. Parce que chrétiens, ils sont du côté des oppresseurs, aussi oppressés soient-ils.

    Le Spirituel D\’abord a écrit :

    Est-ce que l’on croit véritablement à la force de la prière ? On a quand même vu en septembre qu’elle a permis d’éviter une intervention dramatique en Syrie.

    C’est assez subjectif, ça, tout de même. A-t-on « vu » que la prière l’avait empêchée ? Et pas l’action politique ?

    Le Spirituel D\’abord a écrit :

    N’y-a-t-il pas de manière plus large une indifférence généralisée en France à tout ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient ?

    Indifférence mélée de lassitude pour cause d’impuissance, c’est possible. Mais je considère encore que nous avons un lien particulier avec les Chrétiens d’Orient, et une responsabilité spécifique.

  • Merci Koz, d’avoir abordé aujourd’hui un sujet qui m’est cher. A tous ceux qui se demandent comment aider les chrétiens d’Orient, il s’agirait d’abord de savoir les accueillir dans notre pays ! Il y en a un certain nombre, il suffit d’avoir envie de les voir. Exilés, réfugiés politiques, ne parlant pas français et ayant beaucoup de mal à comprendre notre pays, habitant dans des HLM ou dans des foyers, sans boulot, planqués devant la télé libanaise, ayant peu confiance dans leur capacité à s’intégrer, eux qu’on considère comme des Arabes (qu’ils sont) et qu’on mêle sans chichi aux musulmans. Alors, comme souvent, avant de vouloir faire des choses pour le vaste monde, il s’agirait d’ouvrir les yeux pour agir à côté de chez soi…

  • C’est bien de crier son indignation, certainement mieux que se taire, si toutefois se taire est une indifférence et non le recueillement dans la prière…

    Mais concrêtement, que faire? 1. Nous apitoyer de notre impuissance 2. Prendre les armes et partir en croisade aux secours des victimes 3. Faire le siège de l’Assemblée Nationale, du Quai d’Orsay ou de l’Elysées jusqu’à obtenir: 3.a) de la France une prise de position officielle… pour quel résultat? 3.b) de la France une action aux Nations-Unis en vue de… de quoi au fait? Un mandat pour envoyer des casques bleux?

    Rien de tout cela n’est efficace! Pas plus de se morfondre que d’agiter des bras à la tribune des Nations-Unis. Alors que faire?

    Il y aurait la solution de ce monde, celle qui a fonctionné dans les Balkans ainsi qu’en 1944/1945: mettre le paquet de ressources militaires. Mais aucun état occidental n’a envie de mettre de l’argent la dedans. Et d’autre part, en tant que chrétien, cela me semble non conforme à l’enseignement du Christ (tend l’autre joue) ou tout du moins franchement borderline (légitime défense si toutes les autres alternatives sont épuisées).

    Qu’attend donc le Christ de nous en une telle circonstance?… Je l’ignore! Mais ensemble nous pouvons y réfléchir…

    Ses disciples les plus proches, ceux qui ont vécu à ses cotés et les chrétiens des premiers siècles, nous donnent une réponse par leur exemple. Les Actes des Apôtres nous relatent la répression qui est monté contre eux à Jérusalem, ils étaient persécutés, tués et que fut la réaction des disciples? Ils se retrouvaient en secrêt pour lire les écritures, pour prier, et ils ont fuit!… Et lors des massacres par l’empire romain, qu’ont fait d’efficace les grands saints: idem, ils se réunissaient en cachette pour étudier et prier, ils se sont cachés des oppresseurs, confrontés ils ont préféré la mort à l’apostasie ou à la guerre.

    Nos frères d’Orient agissent aujourd’hui en Saints!

    Et nous aussi qui lisont ce blog et sommes à l’abris des bombes, nous pouvons agir. Non à la manière de ce monde (drônes qui tirent dans le tas, discours impuissants d’hommes politiques qui s’en lavent les mains…) mais à la manière de disciples du Christ. Voici quatre idées qui me traversent l’esprit, la liste n’est certainement pas exhaustive, à chacun d’en proposer et agir selon son coeur et ses talents: 1) Prier : seuls, dans le secret de nos chambres 2) Prier : ensemble, dans nos Eglises 3) Partager: organiser et soutenir la logistique humanitaire: routes d’évacuation sécurisées, alimentation, soins, et à terme, aider ces réfugiés à reconstruire une nouvelle vie sur une terre d’accueil.

    Personnelement, je me concentrerai sur les points 1 et 2. Le 3 je l’aiderai de loin (financièrement mais sans mettre la main à la pâte), par paresse, par égoïsme, parce que je ne suis pas un saint, ou peut-être parce que j’agis là où je sens que j’ai un talent.

    Mais pour toi qui est doué pour crier ton indignation et te faire entendre, toi qui veut que la France que tu aimes se bouge et sauve ces gens, j’ai une suggestion:

    4) lance donc une pétition et fais pression pour que la France des droits de l’Homme ouvre ses portes à ces refugiés! Offrons à ceux qui partagent les valeurs de la République un passeport français et aux autres une carte de séjour comme réfugié politique! Si nous sommes vraiment chrétiens, apportons au Christ nos quelques pains et poissons confiant dans sa capacité à les multiplier si telle est sa volonté. Accueillons les réfugiés sur notre territoire, partagons avec eux le peu de logement dont nous disposons, le peu de travail que nous avons, ouvrons à leurs enfants les portes de nos écoles, nos hôpitaux à leurs malades, donnons une formation liguistique et professionnelle pour tous ceux qui en auront besoin pour les aider recommencer une nouvelle vie, collectons de l’argent pour financer leurs projets d’entreprises sur notre sol. Voila un exemple de ce que la France pourrait faire si elle avait la volonté d’être ce qu’elle prétend être.

    Et mine de rien, accueillir les réfugiés sur notre territoire et partager nos ressources sera bien plus efficace pour leurs vies et demandera bien plus de courage politique et de renoncement collectif de notre part que d’envoyer en Irak quelques centaines ou milliers de légionnaires et troupes de marine.

    Alors, on continue à se morfondre ou l’on passe à l’action?

  • @ Le Spirituel D\’abord: Cette indifférence est telle en effet, puisque les chrétiens d’Occident ommettent de prier pour les 90% des autres victimes du terrorisme et des guerres. L’esprit des Béatitudes et sa profusion d’Amour et de compassion est totale. Elle ne distingue pas une religion, une ethnie. Ne jouons pas malgré nous des différences identitaires politco-mafieuses locales, orchestrées par de mauvaises mains, dont TOUS les civils sont victimes. Ce n’est pas L’Homme chrétien qui doit nous intéresser en premier. c’est l’Homme souffrant.

  • Bonsoir Koz,

    une discussion ne serait pas intéressante sans une touche discordante.

    Je ne nie pas la longue agonie des chrétiens d’Orient dans leur pays d’origine. Les persécutions ne sont pas la seule raison: certains de ces chrétiens ont bénéficié, ou bénéficient encore de possibilités d’exil en occident que n’ont pas d’autres victimes de guerres civiles. Les départs sont parfois aussi économiques.

    Je suis sceptique en général sur la capacité des états à intervenir dans les guerres civiles, sauf à offrir, justement, l’exil à certaines victimes. L’indignation façon ‘intellectuel engagé’ n’est qu’une gesticulation. L’intervention militaire est exclue pour nous: même les Etats-Unis, qui ont fait le choix sociétal d’investir dans l’armée plutôt que dans le « confort social », n’ont pas pu faire grand chose en Irak et en Afganhistan malgré des moyens que nous n’aurons jamais. Reste la diplomatie, où nous avons fait a peu près tous les mauvais choix: il serait plus utile aujourd’hui pour aider les chrétiens d’Orient d’avoir de bonnes relations avec la Syrie, la Turquie ou l’Iran qu’avec Israel.

    Je pense que les chrétiens d’occident ont aussi une part de responsabilité dans l’indifférence des gouvernements. 90% de la population française est de culture chrétienne, mais les pratiquants sont une petite minorité. Et cette minorité a souvent une communication loin d’être consensuelle au sujet du reste de la population, et des institutions qu’elle choisit. C’est, dans un sens, respectable (le devoir de vérité…), mais cela fait passer une grande partie de la population de l’indifférence bienveillante au sujet du christianisme à une hostilité latente. Alors, dans ces conditions, la motivation pour aider, en particulier, les chrétiens de Mossoul, est plutôt faible.

  • Bien d’accord, l’occident a réagi très fort pour les Boudhas ; et nous avons mal mais… que s’est il passé après ? L’occident est intervenu, a essayé d’aider à construire la Paix : beaucoup de morts durant des années, l’occident repart et les assassins reviennent en force.

  • Merci d’avoir soulevé ce problème dont le générateur est commun. Aujourd’hui, les disciples du christ sont combattus partout par les mêmes forces, sous des formes variées. En orient brutalement, en occident, sournoisement. Le Pape me semble-t-il l’a bien compris. Le salut viendra de l’est. Plus que jamais, nous devrions devenir des catholiques orthodoxes.

  • Je voudrais réagir au commentaire de Le Spirituel D\’abord au sujet de « l’intervention dramatique en Syrie ». Cet un discours que j’ai souvent entendu dans la bouche des chrétiens depuis l’automne dernier. Je vous avoue que ça me gêne: se féliciter de ne pas agir est déjà un peu choquant. De plus, pensez-vous que le sort des chrétiens s’est amélioré grâce à cette non-intervention? Moi, je crois que non, Koz a mentionné les horribles crucifixions qui ont lieu là-bas. C’est vrai qu’une intervention militaire aurait été à haut risque pour tout le Moyen-Orient mais est-ce mieux aujourd’hui? Je ne crois pas.

  • @Albert Lavud

    Pour mieux comprendre pourquoi il ne fallait pas intervenir militairement en Syrie,je vous recommande la lecture du dernier livre de Frédéric Pichon, un excellent spécialiste de la Syrie http://frederic-pichon.com/

    « Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé »

  • Sans vouloir jeter la pierre à mes frères chrétiens d’occident, quand on regarde l’Histoire dans le long terme, le christianisme oriental a dût se battre sur deux fronts depuis un millénaire maintenant.

    La barbarie des hordes turco-mongoles islamisées à l’est. La voracité des occidentaux à l’ouest. Romulus tue son propre frère pour l’empecher de sauter par dessus le muret qui délimite son territoire. Mythe fondateur vorace et fratricide tupiquement occidental. N’oublions pas que ce sont les croisés qui ont planté les premiers le couteau dans le dos de Byzance. Tute quoque fili me.

    Aujourd’hui ce sont les protestants (version germano-saxone de la voracité) qui ont pris le relais, dechainant la violence antichrétienne par djihadistes imterposés en Irak ou en Syrie. Ou plus directement contre a Russie orthodoxe en Ukraine. Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

    Bref. Père, que Ton règne vienne, vite si c’est possible, car on commence à être débordé, là. Kyrie eleison.

  • Bonjour Koz, je partage votre tristesse et votre préoccupation, mais pas vos conclusions.

    Déjà, commençons par les Buddhas de Bamyan. Les talibans les ont fait sauter en mars 2001, suscitant l’indignation internationale. Comme suscitait déjà l’indignation le traitement qu’ils réservaient aux femmes. Les USA ne sont intervenus en Afghanistan qu’après les attentats du 11 septembre, en octobre.

    Les USA et leur alliés ne s’ont rentrés en guerre au Moyen-Orient que quand ils ont estimé que leur sécurité était menacé, à raison en Afghanistan, de manière plus fumeuse pour l’Irak. Aucune exception chrétienne ici. Il y avait des Buddhas à Bamyan, mais on s’en est foutu. Ou si, les gens se sont indignés, les chancelleries ont fait part de leur grave préoccupation, si vous vous payez encore de ça.

    Ensuite, plus important, je tiens à manifester comme Florent ma laicité en matière de souffrance et de violence. J’ai évidemment une solidarité spirituelle avec ces chrétiens d’Orient, pour toutes les raisons que tu invoques. Il y a surtout ce symbole d’un Orient multiconfessionnel sinon tolérant qui est en train de disparaitre.

    Mais c’est très douloureux à dire, quel qu’ait été le calvaire des chrétiens d’Orient, il n’a jamais été le problème principal dans les conflits récents que nous avons connus. Combien de chrétiens dans les morts de la guerre civile irakienne du début des années 2000 ? Beaucoup, mais moins que de Chiites. Combien parmi les 150 000 et quelques du conflit syrien ? Parmi ces foules qui fuient à pied Mossoul aujourd’hui ?

    Je ne vois, malheureusement, aucune indifférence spécifique vis à vis des chrétiens d’Orient. Pour tous ceux qui n’y sont pas spécifiquement sensibilisé (et Uchimizu a raison de souligner que n’est plus la majorité en France), leur souffrance se noie simplement dans les flots de sang qui inondent la région. Et si l’offensive de EIIL est actuellement accueillie par un silence gêné, c’est plus par peur que par indifférence, à mon avis. Les occidentaux, USA les premiers, sont terrorisés à l’idée de devoir engager une 3ème guerre d’Irak. C’est un sentiment que l’on peut comprendre.

    Dernier point, peut-être le plus délicat : les chrétiens d’Orient sont nos frères en religion, mais ce sont aussi les acteurs d’un conflit multiethnique qui lui, nous est étranger. Si la solidarité et la compassion nous poussent à choisir un camp et donc à rajouter de l’huile sur le feu, elles nous jouent un très mauvais service. Pour prendre des exemples différents, notre catholicisme aurait dû nous pousser à un soutien sans partage aux croates, à tous les croates dans les conflits des balkans ? Aux milices maronites durant la guerre au Liban ?

    Pour moi, cette solidarité mal comprise a déjà participé à la paralysie des gouvernements occidentaux en Syrie, où Assad a très bien su prendre en otage le christianisme d’Orient, parfois avec la complicité des chrétiens eux-même. Cette paralysie est entre autre responsable du chaos actuel, mortel pour tous, et pas seulement les chrétiens.

  • Les interventions militaires et diplomatiques occidentales ont systématiquement dégradé la situations des chrétiens orientaux, depuis le partage de l’empire ottoman par les puissances européennes. L’exil est souvent la seule alternative au génocide. Si les Grecs Pontiques ont eu moins de morts que les Armeniens en Turquie c’est que la Grèce a mobilisé sa flotte marchande pour les évacuer et sa diplomatie pour que des pays (Australie, USA) accueillent les réfugiés qu’elle ne pouvait recueillir elle-même.

    L’Arménie était alors inexistante (coupée entre URSS et Turquie) et nul pays n’a bougé le petit doigt pour les Arméniens. Les Grecs ont embarqué ceux qui ont fuit avec les populations Grecques de Turquie mais les Arméniens des autres régions ont été liquidés dans l’indifférence générale.

  • @Exilé

    Je ne sais pas si c’est un lapsus, mais nous ne sommes justement pas intervenus en Syrie. Et nous avons la situation actuelle. Alors, heureux ?

  • @ Vivien:Quasiment entièrement d’accord avec vous, Vivien. Maintenant, je ne pense pas qu’Assad ait pris les chrétiens syriens en otage. Quand la seule solution pour échapper à la charia imposée dans les villes et villages où il y a des chrétiens en Syrie et à l’impôt qui va avec pour les chrétiens, c’est d’attendre que l’armée régulière reprenne le terrain, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment le choix…

  • Merci pour cet article que je découvre après une nuit très agitée pendant laquelle j’ai rêvé que ce qui se passe là-bas était arrivé jusque chez nous. Où trouverions-nous refuge? Voilà qui ce matin m’a permis d’avoir compassion. M’y voilà confrontée par un cauchemar. Je n’y suis pas indifférente. Me voilà émue aux larmes devant leur triste sort. Voilà qui me donne le désir de prier pour eux avec eux. Voilà qui me donne le désir fort d ‘agir, de les aider, à mon échelle, avec les moyens qui sont en ma possession.

  • @Natalie

    Je pense que l’on est d’accord aussi sur ce point. Le terme « pris en otage » vise justement à dire qu’Assad a su très bien oeuvrer à attacher le sort des minorités religieuses à celui de son régime. Jusqu’à aboutir à la situation actuelle où les islamistes sont dominants parmi les rebelles et où les chrétiens n’ont effectivement plus forcément d’autre choix que d’espérer la victoire des troupes régulières.

  • Problème : les chrétiens font partie des minorités de ce pays qui, depuis de longues années (outre les problèmes politiques) se déchire entre « sunnites » et « chiites », tout comme l’ont fait, en Europe, « catholiques » et « protestants ». Un grand nombre a d’ailleurs fui le « vieux monde » pour le « nouveau monde » (Amérique!). Une mise au point a été faite par « ALETEIA » (organisme très catho !) reçue ce jour. Extrait :  » Le père Anis Hana, jésuite faisait parvenir une lettre « Contrairement à ce qui a été dit par quelques-uns, aucune église, aucun monastère n’est tombé dans les mains des terroristes. Les terroristes ne sont pas non plus entrés dans la ville de Quaracoche. Les terroristes ne cherchent pas tuer ou éliminer la population selon la déclaration de leur commandant, mais seulement à prendre le pouvoir militaire et civil dans le gouvernorat de Mossoul et dans d’autres grandes villes pour créer un État islamique sunnite. »(…)une photo représentant une église de Mossoul en flammes a circulé sur Facebook. La source étant sérieuse, nous l’avons donc relayée. Mais nos amis d’Aleteia en langue arabe viennent de nous avertir que, selon le témoignage d’habitants de la ville, ce n’était pas l’église qui brûlait mais un poste de police situé juste à côté, ce qu’un examen approfondi de la photo permet de le confirmer.(…)Selon l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Amel Shamun Nona, l’église du Saint Esprit de Mossoul a été pillée peu après la prise de la ville par les militants de l’EIIL, « mais les familles musulmanes résidant dans les environs ont appelé les miliciens islamistes, qui sont intervenus, mettant fin au saccage. Ces mêmes familles musulmanes nous ont téléphoné pour nous faire savoir que, maintenant, elles surveillent elles-mêmes l’église et qu’elles ne permettront pas le retour des pilleurs ». Par contre le même archevêque s’étonne (!) de la vitesse à laquelle militaires et agents de police ont quitté la ville, abandonnant matériel et armes !!! Titre de l’article « Irak : Mossoul brûle-t-il? »…

  • Merci, Koz de ce billet bouleversant et tellement vrai ! Ma famille était de ces chrétiens de l’Eglise du silence abandonnée aux athées, soutenue par l’AED qu à mon tour je soutiens comme aussi l’Eglise d’Orient. Que vous dire ? C’est votre cri, votre honte, votre tristesse qui efface quelque chose du crime de complicité don se rend de plus en plus coupable l’Occident apostat ! Les martyrs sont Bienheureux, à nous la honte au visage comme je l’avais écrit il y a peu sur mon blog devant le calvaire de Meriam (pour qui des Messes sont dites et une chaîne de prière organisée : je dis cela pour vous consoler un peu. C’est peu en nombre mais « une âme qui s’élève élève le monde ». Seigneur souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume !

  • Affreuse question de points de vue, et d’intérêts… Dans un tout autre registre, ça me rappelle une phrase intéressante : « Quel dommage que les arbres ne produisent pas de WiFi : on en planterait des millions; dommage qu’ils ne produisent que l’oxygène nécessaire à notre survie. »

  • Ok, pour le moment ils joiuent les gentis, plus exactemét, ils ont autre chose à faire. On verra dans quelques temps, quand les femmes chrétiennes revenues à Mossoul seront obligées de se voiler pour aller acheter leurs légumes et que la dimi s’imposera à leurs maris.@ doenerth:

  • Les marxistes ne sont pas responsables de la chute du shah d’Iran. Les marxistes n’ont pas mis l’Afghanistan à feu et à sang ni le Liban ni la Syrie ni l’Irak. Les Marxistes n’ont pas fait imploser l’ex-Yougoslavie. L’Histoire qui s’écrit actuellement ce ne sont pas les marxistes qui l’écrivent.

  • @Vivien : ca me fait mal au bide de l’écrire, mais oui : mieux vaut Assad que le chaos. Et une intervention militaire aurait fait pire que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie. Aligner notre politique étrangère là bas (si tant est qu’on puisse parler de politique étrangère dans cette affaire où les diplomates français se sont ridiculisés notamment par l’improvisation) sur celle de nos » amis » quataris , jouer les va-t’en guerre au nom des bons sentiments -Ah la « démocratie » des printemps arabes !(à hurler de rire quant on voit les saoudiens envoyer leurs chars à Manama pour soutenir la dynastie sunnite de Bahrein) n’a fait que mettre de l’huile sur le feu.

    On est en Orient. La parole engage bien peu, et on va surement voir le Quatar reprendre son rôle d’intermédiaire, Erdogan se rabibocher avec son « petit frère » Bachar. Pour moi, l’inconnue de l’équation, c’est l’Arabie saoudite qui perd du terrain avec le désengagement des USA localement. Ce qui se passe en Irak est peut être le signe que l’Arabie veut reprendre la main. Israël n’avait pas grand chose à craindre de la Syrie. Aujourd’hui, , les armes et les combattants circulent. La suite nous échappe.

  • La « famille Assad » avait stoppé les persécutions contre les chrétiens et leur exode à son arrivée au pouvoir. Involontairement les chrétiens sont donc doublement liés à Assad et concrètement, sur le terrain , ils ne sont évidemment pas le soutien des Islamistes. Le dilemme est donc simple ; soutenir un tyran sans scrupules ou laisser les chrétiens se faire éradiquer. La démarche imposerait donc de comparer les tyranismes locaux plutôt que de soutenir des choix orientés par  » l’information des émotions bancables » des chaines d’information continue.

    Sans vouloir l’admettre, nous avons choisi la tyrannie des idéologies plutôt que la tyrannie de l’individu, vieux réflexe français, tant pis pour les chrétiens……………….

  • Uchimizu a écrit :

    Je pense que les chrétiens d’occident ont aussi une part de responsabilité dans l’indifférence des gouvernements. 90% de la population française est de culture chrétienne, mais les pratiquants sont une petite minorité. Et cette minorité a souvent une communication loin d’être consensuelle au sujet du reste de la population, et des institutions qu’elle choisit. C’est, dans un sens, respectable (le devoir de vérité…), mais cela fait passer une grande partie de la population de l’indifférence bienveillante au sujet du christianisme à une hostilité latente. Alors, dans ces conditions, la motivation pour aider, en particulier, les chrétiens de Mossoul, est plutôt faible.

    Donc, et c’est plus ou moins ce que disait Koz : les chrétiens d’Orient sont (en partie) maltraités là bas parce qu’assimilés à l’Occident et sa culture dévoyée, et ignorés ici -voire soumis à une « hostilité latente » – à cause de ceux qui essaient, justement, de jouer leur rôle de Chrétiens en Occident…

    Terrifiante situation … et quelle horrible conclusion de votre part : en se mettant en travers des desseins de nos gouvernements et en n’allant pas dans le sens du poil de l’opinion publique, les cathos français contribuent à l’oubli de leurs frères d’Orient….

    Par ailleurs, en ce qui concerne la communication « non consensuelle » , soyez honnête, et interrogez vous sur la part de responsabilité des transmetteurs de cette communication.. il y a plein de domaines où le message de l’Eglise pourrait faire consensus : par exemple sur son action envers les pauvres, les malades, les handicapés, les vieux, les SDF, les réfugiés, les femmes abandonnées, les jeunes en déshérence, les prostituées, les populations des pays en guerre, : QUI en parle ?… on préfère, comme par exemple au moment des manifestations MPT, gloser à l’infini sur ces-cathos-qui-descendent-de-leurs-beaux quartiers-pour-manifester-contre les-droits-des-autres-et-contre-l’égalité-alors-qu’ils-ne-vont-jamais-dans-la-rue-pour-des-causes-« plus-justes » : n’importe quel journaliste qui se serait intéressé à ces gens aurait été stupéfait de constater la proportion parmi eux, notamment parmi les jeunes, de bénévoles engagés dans des associations d’aide aux autres, du temps, de l’argent et l’énergie qu’ils consacrent aux plus pauvres, aux isolés, aux marginalisés… cela ne me semble pas moins important pour le bien de la société que de descendre dans la rue en criant « no pasaran », mais ça n’est apparemment très vendeur au niveau comm…

  • Beaucoup trop jeune pour avoir la moindre responsabilite dans le triste destin de nos frere d’orient, mon proces s’arrete la : je suis innocent. Vous par contre -vous m’avez convaincu- vous etes bel et bien cette generation coupable et ce billet me semble dans la parfaite continuite de votre attitude coupable. Rien n’a change et si tout etait a refaire, ce serait pareil. Ainsi fait la bien-pensance catholique : Elle suit gentiment, condamne les symptomes mais ignore les causes si cela doit la remettre en question, se repend puis continue comme avant. Caricature ? pas sur. Votre billet sur lampeduza etait du meme acabit : apres les l’emotion, plus rien. Vous etes la generation catho-UMP et les Patrice de Plunkett y sont trop rares helas. Votre du billet du 16 mars 2011 illustre parfaitement mon propos : vous y plaidiez pour l’interventionnisme en Libye. Just drop It ! Vous etes cette generation qui a cru aux bombardements humanitaires, tout est dit.

  • @éxilé

    Je comprend un petit peu mieux… La conjonction de « il ne fallait pas intervenir en Irak » et de « L’occident s’est trompé » m’a fait penser que vous estimiez que l’occident était intervenu. Ca m’aurait paru assez excessif pour qualifier les vélléités des Occidentaux en la matière.

    Ensuite, nous ne sommes evidemment pas d’accord, mais au moins avez vous l’honnêteté de dire que cela vous fait « mal au bide » de devoir soutenir Assad, alors que tous n’y mettent pas ces pudeurs.

    Ce qui me dérange le plus, c’est le caractère auto-réalisateur de ce faux dilemme, « Assad ou les islamistes ». Plus les choses évoluent, plus j’ai l’impression d’assister à un remake de la guerre d’Espagne.

    En 2012 ou même en 2013, l’Occident tergiverse, par indécision et par peur des islamistes. Les loyalistes sont soutenus sans vergogne par l’Iran et les Russes. Le soutien que l’opposition reçoit, il vient du monde islamique.

    En 2014, on me dit « on vous l’avait bien dit, les non-islamistes sont marginalisés, c’était Assad ou les islamistes, depuis le début ». Comme la prise en main par Moscou des Républicains espagnols avait en son temps été présentée comme inévitable. Et bien non, sauf à considérer notre inaction comme une fatalité.

    Quant à l’Orient compliqué, qui justifierait une realpolitik à mesure ou les notions de droits de l’homme et de démocratie seraient évacuées, je suis près à entendre l’argument. Mais tachons que cela ne nous serve pas d’indulgence envers notre propre tentation pour la duplicité.

  • @Vivien : si dès le départ de la crise syrienne, l’occident avait eu une realpolitik claire, je ne serai pas à écrire avec rage qu’Assad vaut mieux que le chaos, car nous aurions sans doute pu obtenir autre chose en nous appuyant sur une vraie diplomatie, soucieuse de constater que l’opposition syrienne était multiforme. Comment a t-on pu entretenir l’illusion que les aspirations démocratiques des syriens pouvaient être soutenues par les saoudiens et les qataris, quand on connait ces pays sur le plan des droits humains?

    On a privilégié une opposition d’émigrés syriens de longue date(CNS) et volontairement ignoré en septembre 2011 des gens comme Michel Kilo, un opposant historique qui refuse à la fois la violence et l’ingérence étrangère. On a refait le coup du CNT lybien, sans faire émerger une opposition crédible.

    La France avait parié sur un écroulement rapide du régime, et a saboté toute médiation ou conférence qui aurait pu faire baisser la tension (juin 2012, mai 2013) favorisant un soutien indirect à la frange la plus extrémiste, approfondissant la fracture entre le monde chiite et le monde sunnite.

    Et maintenant, il faut jouer les pompiers, face à la menace des candidats internationaux au djihad. La diplomatie n’est pas une affaire de bons sentiments. Elle doit être capable de parler à tout le monde, surtout au Proche Orient où la France avait encore la réputation d’avoir des liens de tous les côtés des diverses barrières.

  • @Vivien : Vous pensez que l’occident n’a pas agi dans ces pays ? Mais rassurez vous, ca a ete fait, discretement et surement par le couple Us/Israel quand ce n’etait pas au grand jour. Demandez vous simplement a qui profite le chaos actuel, vous verrez, ce sera tout de suite plus clair.

  • Koz a écrit :

    C’est assez subjectif, ça, tout de même. A-t-on « vu » que la prière l’avait empêchée ? Et pas l’action politique ?

    On peut relire les événements comme on veut. Il est évident que l’action politique a eu son rôle, puisqu’il y a eu en effet entre autres la lettre du pape à Poutine. On peut alors parler de coïncidences heureuses que l’on aimerait voir se multiplier.

    Indifférence mélée de lassitude pour cause d’impuissance, c’est possible. Mais je considère encore que nous avons un lien particulier avec les Chrétiens d’Orient, et une responsabilité spécifique.

    Tout à fait d’accord, il en va de notre responsabilité

    @Albert Lavud Je pense que la prière permet de soutenir l’action. Prière, action, réaction (cf.http://www.lespiritueldabord.com/actualite/priere-action-reaction/)

  • Et dire que les responsables indirects de tout cela (George W Bush et ses conseillers néonconservateurs qui ont allègrement déstabilisé le moyen-orient) portaient leur foi chrétienne en bandoulière… Dramatique ironie de l’Histoire

  • Béatrice a écrit :

    Terrifiante situation … et quelle horrible conclusion de votre part : en se mettant en travers des desseins de nos gouvernements et en n’allant pas dans le sens du poil de l’opinion publique, les cathos français contribuent à l’oubli de leurs frères d’Orient….

    Bonjour,

    vous avez raison de souligner que dans les valeurs chrétiennes, il y a beaucoup de choses consensuelles, mais ce dont on parle, ce sont les sujets de moeurs. Et là-dessus, je pense que la responsabilité est largement partagée entre des médias pas toujours bienveillants, et aussi la priorité mise par l’église catholique sur ces sujets. C’est une évidence que le seul sujet visible ces 18 derniers mois dans l’opinion publique a été la manif pour tous, tout simplement parce que c’était le plus gros engagement de la « communauté chrétienne ». La seule fois où beaucoup feront connaissance avec les idées de l’église, c’est quand on leur refusera de se remarier à l’église après un divorce.

    Alors c’est peut-être terrible, mais il faut comprendre aussi le point de vue de la majorité de la population. Ils ont mis au point un mode de vie (la petite copine, la famille recomposée…) qui leur semble la façon la moins mauvaise de gérer la complexité des rapports humains, et ils estiment que leur point de vue est aussi valide qu’un autre. Certains chrétiens rappellent en permanence combien cela est mal, et dans certain cas, devraient être interdit. Beaucoup trouvent cela très condescendant, et insupportable. Alors, si ensuite ces mêmes chrétiens viennent demander d’utiliser l’armée que la majorité paie pour leur cause préférée, il ne faut pas s’attendre à une réponse enthousiaste.

    D’une façon générale, d’ailleurs, j’ai souvent constaté que l’on arrivait à collaborer seulement avec des personnes que l’on estimait, et dont on essayait de comprendre le point de vue. La posture du « donneur de leçons » ne donne jamais rien, si ce n’est un mépris mutuel.

  • Uchimizu a écrit :

    Alors, si ensuite ces mêmes chrétiens viennent demander d’utiliser l’armée que la majorité paie pour leur cause préférée, il ne faut pas s’attendre à une réponse enthousiaste.

    Ah, cette obsession du denier public… Mais, tout à votre empressement à mettre une fois encore la faute sur le dos des chrétiens, au prix d’un raisonnement qui vaut son pesant de ridicule (c’est parce que les catholiques ont manifesté contre la loi Taubira qu’on en a rien à talquer des chrétiens d’Orient), vous sautez allègrement une étape : qui a demandé le recours à l’armée ? Non, juste une action et une considération à la hauteur. Mais avec des gens qui considèrent que c’est bien fait pour eux, les cathos avaient qu’à être pour le mariage gay, c’est sûr, ils peuvent crever la gueule ouverte.

  • Uchimizu a écrit :

    La seule fois où beaucoup feront connaissance avec les idées de l’église, c’est quand on leur refusera de se remarier à l’église après un divorce.

    Euh, avant de se remarier, on s’est marié, et on a eu l’occasion de faire connaissance avec les idées de l’église.

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  • Heureusement il y a des yazidis… Je suis frappé à quel point lorsqu’ aujourd’hui on parle d’aider les chrétiens d’orient il faut immédiatement ajouter sans prendre de respiration « et les yazidis cette minorité religieuse mal connue » ou  » et les autres musulmans, les premières victimes ». Mais bon, comprenez moi bien, c’est très bien d’aider tout le monde !

    Ce qui m’insupporte c’est le fait qu’un chrétien ne puisse être conceptuellement aidé tout seul; sinon c’est culpabilisant. trop proche de nous. C’est comme se faire une fleur à soi : la morale réprouve. Mais si on colle quelqu’un d’autre à côté, tout change !

    C’est un peu le contraire certaines religions se tapent dessus, même si les chrétiens « n’en sont pas « , il faut toujours que le journaliste lamba qui tient le micro ajoute une pincée de chrétien…. Pensez-donc ma brave dame : ils ne valent pas plus cher que les autres, si ce n’est pire…. Mais bon, ils feintent, on évitent… nous on râle, on ironise…. Eux, ils meurent.

  • Perso aussi , un truc m’insupporte c’est la facilité avec laquelle dans nos clochers on rappelle avec une délectation sucrée que le sang des martyrs est semence des chrétiens… Ils devraient aller y faire un tour là-bas : nous aurons peut être une meilleure moisson, qui sait ??? Depuis le temps que les chrétiens se font trucider là bas, ce qu’on voit, c’est qu’il n’y en a maintenant pour ainsi dire plus.

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