Haro sur l'ouverture

C’est encore l’une de ces idées dont il faut parler, mais qu’il ne faut pas mettre en œuvre. L’ouverture, évoquez-la, invoquez-la, oubliez-la. Feu nourri contre l’ouverture ! De la gauche, du centre et de la droite. François Hollande, cravate lâche, en était tout rouge sur Radio J, et ce n’est pourtant pas nos températures automnales qui le justifiait « Nicolas Sarkozy introduit de la confusion », « je ne laisserai pas faire »… On aimerait comprendre comment il entend l’empêcher. On se prend à penser que ce n’est qu’avec un projet, mobilisateur, qu’il pourrait s’assurer de colmater la digue. Et l’on ne voit guère poindre de projet avant 2008. En attendant, il apparaît toujours dans l’opinion comme celui qui « ne laissera pas faire » l’ouverture, ce qui est certainement un créneau porteur.

François Bayrou a comparé la stratégie de Nicolas Sarkozy au fait de jeter un piranha dans un bocal de poissons rouges. Il y a au moins une constante ces derniers jours : le bocal. Et les socialistes apprécieront-ils de passer de cornichons à poissons rouges. C’est un maigre progrès mais un progrès tout de même dans la voie de la conscience. Je n’ai toujours pas précisément compris en quoi, fondamentalement, la démarche qu’il prônait différait vraiment de celle que met en œuvre Nicolas Sarkozy, si ce n’est qu’il est plus difficile de rassembler sur une identité certaine que sur un certain affadissement.

Le plus amusant vient de la droite. Socialistes et extrème-droite s’efforcent de pointer les amertumes. Ainsi des militants qui s’en plaindraient. Faut-il redire qu’après une campagne présidentielle vécue dans l’affrontement, il est presque de la nature même du militant que de ne pas concevoir l’ouverture. Que cela fait peut-être même la différence entre le simple militant et le dirigeant ?

Mais il n’y a pas que les militants. L’accueil réservé à l’ouverture durant le discours de François Fillon au Conseil National de l’UMP témoignait du scepticisme évident de la majorité, et ce n’est pas, pour tous, la manifestation de l’amertume de ceux qui n’ont pas eu de « place ». Ceux qui ont vu l’extrait concerné l’auront remarqué. Quand François Fillon lance : « j’ai cru comprendre que la gauche n’aimait pas l’ouverture. Ca veut dire que vous avez toutes les raisons de l’approuver», seul un maigre applaudissement isolé vient rompre un silence glacial. C’est tout de même avec le sourire que François Fillon admet : « je vois qu’il faut encore vous convaincre »…

Alors, l’ouverture ?

Il est tout de même paradoxal de voir certains s’inquiéter de ce que soit menée une politique de gauche. Certes la critique ne vient pas des mêmes rangs mais, Nicolas Sarkozy ayant été également dépeint comme un ultra-libéral, un fasciste à peine dissimulé, le tenant d’une « droite brutale », chacun devrait apprendre à modérer ses ressentiments.

Il est également paradoxal de constater que les mêmes ont développé l’argument de l’ouverture lorsqu’ils faisaient campagne, et se montrent aujourd’hui tout surpris que le Président élu applique ses idées, comme s’il était évidemment bien compris entre tous que l’ouverture ne devait relever que de la stratégie électoraliste.

Certains encore – et je crois bien qu’il s’agit des mêmes – devraient aussi se réjouir de noter, comme Bernard Sananes , la vitesse à laquelle le refrain « sarkozy fait peur » a disparu des conversations. C’est peut-être aussi l’une des raisons qui fait tant suffoquer la gauche : rétrospectivement, les premiers jours de Nicolas Sarkozy ont tendance à jeter comme un discrédit sur les anathèmes de la campagne. Je me souviens avoir, en avril dernier, laissé poindre quelque agacement ( Mes fesses ! ) contre l’axe de campagne des socialistes et des « centristes ». Lorsque l’on voit certains socialistes répondre favorablement aux sollicitations de Nicolas Sarkozy, lorsque l’on en entend certains (Malek Boutih) se féliciter de ce qu’il accomplisse, en termes de diversité, ce que le PS n’a jamais réalisé, lorsque l’on entend un Jack Lang même fin de saison – pourtant pas le dernier à se dire inquiet – se déclarer « flatté et honoré » que le Président de la République pense à lui, on se dit que tout ceci se passe dans une ambiance républicaine fort courtoise, et qu’il faudra ajouter cette présidentielle à la liste qu’égrénait à l’époque Nicolas Sarkozy : De Gaulle accusé, en campagne, de vouloir instaurer une dictature militaire, la promesse des chars soviétiques en 81 et le prétendu fascisme de Jacques Chirac…

Il faut aussi, s’il ne s’agit pas non plus de se perdre dans une confiance aveugle, faire quelque crédit à Nicolas Sarkozy d’une compétence stratégique éprouvée. Chez ceux qui le critiquent, on trouve (de gauche à droite), le Premier Secrétaire d’un parti qui a perdu les présidentielles, le chef d’un autre qui a vu son groupe parlementaire disparaître et le nombre de députés qui le suivent réduits à 3, et puis le représentant d’un désormais groupuscule qui en vient à devoir envisager de sous-louer le siège de son parti. Cela ne fait pas un trio d’experts en stratégie politique. En face, on trouve quelqu’un qui a gagné contre tous les pronostics, contre toutes les vérités intangibles de la vie politique. Il est resté à l’Intérieur quand tout le monde lui conseillait depuis des mois d’en partir. Il a réussi à l’emporter dans un « camp » contre lequel les français montraient quelque lassitude, voire exaspération. Il a survécu à Jacques Chirac, et Dominique de Villepin… Il a fait campagne à droite, y compris pour le second tour, alors que l’on répète en boucle qu’« une présidentielle se gagne au centre ». Bref, on peut penser que, si nul n’est infaillible, il a en la matière moins failli qu’à son tour.

Il invoque au demeurant la perspective des municipales, perspective difficile lorsque l’on sait que les centres des grandes villes se boboïsent à mesure de la flambée de l’immobilier. Certains verront en cette perspective la preuve que son ouverture n’est que stratégique. Je ne peux pas me porter garant de sa sincérité absolue, pour ne pas avoir de Nicolas Sarkozy une connaissance intime. Mais il ne me semble ni stupide ni illégitime d’envisager sérieusement une telle échéance afin d’éviter qu’une défaite ne vienne effectivement briser le rythme de réformes, ces mêmes réformes que les quelques sceptiques de l’ouverture, à droite, veulent pourtant voir mettre en œuvre.

Enfin et surtout, on peut critiquer l’ouverture, mais il ne faut pas négliger que l’ouverture, ce n’est jamais que considérer qu’il n’y a pas 47% de la population française dans l’erreur absolue.

Alors, face à cette ouverture, on peut être vigilant, certes, mais aussi patient, voire quelque peu bienveillant.

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74 comments

  • ce bon hollande qui voudrait que NS demande la permission au PS avant de « debaucher »du personnel, tel le pere vigilant quant aux frequentations de son adolescente de fille ! finalement c’etait bien eux qui ont surtout utilise ce theme pour des raisons electoralistes. soyons donc comme tu le preconise, bienveillants, je sais que tu aimes ce concept.

  • [quote post= »402″]considérer qu’il n’y a pas 47% de la population française dans l’erreur absolue.[/quote] Si on parle de la population, c’est 26,5% dans l’erreur, 30% dans le vrai, le reste ne s’étant pas prononcé.

  • [quote post= »402″]En face, on trouve quelqu’un qui a gagné contre tous les pronostics, contre toutes les vérités intangibles de la vie politique. [/quote]

    Tu crois pas que t’en fais un peu too much ? Sarko a mené la campagne la plus professionnelle (c’est une vérité politique, les campagnes d’amateur n’arrivent à rien) qui soit, son élection est tout sauf une surprise…

    Tu as quand même l’air d’oublier qu’à l’Assemblée Nationale, la droite a perdu 50 sièges. Faut croire que lui aussi, ça lui arrive de se planter.

    Et on verra si il mettra vraiment en oeuvre ses réformes et si il réussira. C’est le seul point qui vaille, tout le reste n’est que péroraisons.

  • [quote comment= »35890″]Tu crois pas que t’en fais un peu too much ? [/quote]

    Non.

    Sa présence et son maintien à l’Intérieur devaient pourrir son image. Il s’y est maintenu contre l’avis de la plupart des « conseilleurs ».

    L’alternance était programmée. Les français étaient profondément lassés de Chirac et « donc » de la droite.

    La séquence de 2002, de 2005, et les thématiques en vogue devaient donner un avantage à la gauche.

    On disait également qu’il lui fallait nécessairement recentrer son discours.

    Il n’a pas fait une campagne précautionneuse et n’était pas logiquement le favori de la présidentielle.

    [quote comment= »35889″]Si on parle de la population, c’est 26,5% dans l’erreur, 30% dans le vrai, le reste ne s’étant pas prononcé.[/quote]

    Je pense que vous aurez saisi l’esprit de mon propos, qui est de considérer qu’il y a plus ou moins 50% de la population à droite, et 50% à gauche.

    Par ailleurs, il me semblait que la participation s’était établie à 85% ?

    [quote comment= »35888″]soyons donc comme tu le preconise, bienveillants, je sais que tu aimes ce concept.[/quote]

    Ah oui, tiens. C’était pourtant involontaire.

  • Pas du tout d’accord avec toi Koz. Sarkozy en ce moment mène l’ouverture pour l’ouverture, sans que son utilité soit prouvée. Il suffit de voir que la droite a perdu 50 sièges.

    D’autant plus que cette fameuse ouverture ne débouque que sur une politique économique de gauche basée sur des déficits creusés, des réformettes abandonnées immédiatement (et les frais de scolarité? Et la sélection?), et une politique sécuritaire. Tout ce que j’aime.. Elle est belle la droite décomplexée

    Allons dans le mur, mais tous ensemble!

  • kow a ecrit plus haut : »La séquence de 2002, de 2005, et les thématiques en vogue devaient donner un avantage à la gauche. » et cela aurait sans doute marche sans le choix on ne peut plus dramatique du challenger a gauche. oups coquille sur ton nom, desole c’est mon clavier UK ou le w est a la place du z, je laisse expres en hommage a ton logo.

  • C’est tout de même un post bien hagiographique, Sarkozy serait parfait, il ouvrirait le chemin de la vérité là ou tous les autres se sont trompés et continueraient de se tromper…

    Je n’ai pas encore de jugement définitif sur le personnage et sa politique, j’attends de voir. C’est une évidence qu’il s’agit d’un excellent tacticien et qu’il dégage un véritable charisme. Comme tu le dis jusque là il gagne, mais il gagne comme tous les pronostics le prédisent.

    Sur l’ouverture, moi j’y suis favorable, le gouvernement aurait tort de se priver des talents de la gauche et de tous ceux qui sont prêt à le rejoindre. Cependant ce n’est pas la même chose que l’ouverture selon Bayrou. Bayrou proposait un gouvernement d’alliance entre les trois grands partis, faisant en sorte de dégager un consensus sur certaines mesures entre UMP, Modem et PS. Ce n’est pas la même chose que de faire venir des personnalités déçues par leur parti et/ou souhaitant participer aux affaires. L’alliance impliquant les partis de Bayrou avait l’avantage de mettre ces partis devant leurs responsabilités, à confronter leurs visions de manière à avancer. Attirer des individualités est intéressant mais moins ambitieux.

    Maintenant j’attends de voir le gouvernement mettre ses réformes en oeuvre pour juger, mais la réforme de l’enseignement supérieur finalement bien moins ambitieuse que sur le projet Sarkozy me laisse sceptique, idem pour la TVA sociale, idem pour la réduction drastique de l’impôt sur les succession très conservateur (ou l’art d’installer de façon immuable une aristocratie… ).Une vie se construit, elle ne s’hérite pas! Il eut mieux valut supprimer clairement l’ISF pour encourager les plus dynamiques à rester et investir en France, et réduire l’impôt sur les vivants plutôt que sur les morts. Un bon point peut-être pour le bouclier fiscal, on verra…

    On a un président bonapartiste moderne, bonapartiste/conservateur, mais je cherche assez désespérément une pointe de libéralisme sincère dans tous cela (cf la libéralisation du marché de l’énergie complètement faussée qui risque de faire bien des déçus…). L’ouverture n’a pas encore montré ce qu’elle apporte à l’action du gouvernement au delà d’une question d’image et de perturbation de la gauche.

  • @ Paul L la libéralisation du marché de l’énergie n’est a mettre ni au debit ni au credit de NS, c’est un chantier europeen de longue date.

  • [quote comment= »35897″]C’est tout de même un post bien hagiographique, Sarkozy serait parfait, il ouvrirait le chemin de la vérité là ou tous les autres se sont trompés et continueraient de se tromper…[/quote]

    Non, vous devriez relire le billet. CE n’est pas un post hagiographique, c’est un post « à thèse », qui relève qu’avant de tirer à vue, notamment à droite, il y a quelques raisons de penser que le choix fait par Nicolas Sarkozy n’est pas forcément le mauvais, voire même qu’il serait bon.

    Quant à la démonstration de ce que l’ouverture peut apporter, n’oubliez pas, tout de même, que Nicolas Sarkozy a été élu il y a tout juste deux mois, et que le gouvernement, dans sa dernière mouture, n’est en place que depuis trois semaines. JE sais qu’ils ont l’air déterminés à aller vite, mais ce n’est pas trois semaines après que l’on va tirer un bilan.

  • Perso, j’ai plus tendance à partager le point de vue de Gai Luron:

    [quote]

    On a presque l’impression, très souvent, que s’il n’est pas de gauche, c’est parce qu’il ne supporte pas l’idée qu’il y ait des entités intouchables, des dogmes éternels, de la rigidité étouffante. Ni de tabous hallucinants. C’est l’anti-Chirac par excellence : Chirac était nulle part et y prenait soin d’y rester. Sarkozy est partout et aimerait faire plus encore. (…)

    La réalité, c’est que Sarkozy est en train de liquider l’idée même de « valeurs » ; le sarkozysme est a-heuristique, il se moque autant des valeurs de droite que des valeurs de gauche ; liquider l’héritage de 68, à ses yeux, c’est d’abord cela, liquider l’idée qu’il y ait des combats de valeur, des oppositions de principe heuristique.

    La gauche, qui est quasiment devenue en entier une gigantesque Valeur en soi, en est malade ; la droite qui, en raison d’une de ses composantes libérales, a déjà rompu avec cette idée, n’en souffre qu’à ses marges, ses extrêmes. [/quote]

  • Hollande/Royal et Bayrou se contrediraient s’ils criaient haro sur l’ouverture. Mais en l’occurence, ils crient haro sur l’« ouverture » !

    Parler d’ouverture sous-entend que c’est un fait, ce qui est contestable – et contesté. Le fait est qu’il y a une stratégie que son auteur appele : ouverture. Il s’agit donc d’une citation, ce que l’on signale en typographie française par des guillemets. Le Figaro lui-même parle d’« ouverture », ce qui montre bien qu’un point de vue idéologique assumé n’empêche pas le professionalisme.

    L’« ouverture » sarkozienne est elle une ouverture ?

    Prenons une analogie dans le domaine de l’Entreprise.

    Il y a quelques années, Microsoft et Apple signaient un accord en vertu duquel Microsoft s’engageait à porter Microsoft Office sur mac os et lui apportait du cash en rentrant très minoritairement dans le capital, tandis que – contre partie non avouée mais évidente – Apple servait de son côté de caution devant la justice américaine pour dire que, non, Microsoft n’a pas un monopole. Je crois qu’on est d’accord que ceci constitue une ouverture… Imaginons maintenant un autre scénario, lui aussi classique dans le monde de l’IT : Microsoft débauchant à tour de bras les meilleurs ingénieurs d’Apple dans le but pas trop dissimulé de couler cette boîte – en l’occurence, les débauchés ne sont pas forcéments les « meilleurs », mais tel en est du moins la présentation médiatique -. Pensez-vous que des observateurs indépendants de Microsoft appeleraient cela une « ouverture » ?

    Ce petit exemple assez simple nous permet de définir un critère clair pour juger de ce qui est ou non une ouverture : l’objectif est-il de construire quelquechose ensemble ou de couler l’adversaire ? Se met-on d’accord sur un programme avant de répartir des postes, ou se répartit-on des postes, la question programmatique passant à l’as ?

    Fort de ces critères, on peut analyser quelques exemples : * l’ « ouverture » de Mitterand en 1988 n’en était pas une. Certes Rocard avait une vraie volonté d’ouverture, mais les réticences à sa gauche et au centre ne l’ont pas permis et faute de mieux il a débauché Jean-Pierre Soisson * le contrat de gouvernement SPD-CDU sur la base duquel Angela Merkel est devenu Chancelière est un parfait exemple d’ouverture * l’accord PS-Verts préparant la victoire de 1997 qui enrichit l’ex-« programme commun » de l' »union de la gauche » avec des idées défendues par les écologistes (les 35h00, le PACS, la parité, loi sur le tiers secteurs, abandon de Superphénix et de l’absurde canal Rhin-Rhône ….) est une réelle ouverture

    Concernant l’ouverture de Sarkozy, il faut distinguer plusieurs cas : * la mission confiée à l’ex-président d’Emmaüs de mettre en oeuvre le Revenu de Solidarité Active défendu par la gauche (dont la candidate socialiste dans son programme) est une réelle ouverture * la présidence de la commission des finances : elle a été clairement attribuée à Didier Migaud en_tant_que_membre_de_l’opposition et non en tant que membre du gouvernement. De plus là aussi, c’était une idée défendue par Montebourg/Royal. C’est donc là aussi une réelle ouverture et même mieux, un progrès démocratique. * le ministère des affaires étrangères : Sarkozy le propose à Hubert Védrine, celui-ci refuse, il contacte alors Bernard Kouchner. Hors, on fait difficilement plus dissemblable que le théoricien de l’« hyper-puissance américaine » adepte de la Realpolitik d’une part, le partisan du « droit d’ingérance » (des pays puissants, l’autre sens étant impensable) et soutien célèbre de la Guerre d’Irak. Là à l’évidence, il s’agissait avant tout d’obtenir le scalp d’un socialiste connu.

    D’une manière générale, tous ceux qui sont membres du gouvernement à part entière (pas Martin Hirsch, pas Didier Migaud, pas DSK si celui-ci prend la tête du FMI) sont solidaires de l’ensemble de la politique du gouvernement. Or, Sarkozy a dit clairement qu’il appliquerait tout son programme. Donc non on ne craint pas que Sarkozy penche trop à gauche, simplement il y a plein de monde autant à gauche qu’à droite qui trouve très douteux qu’on fasse appliquer des mesures de droite par des gens soi-disant de gauche[1]. C’est comme si on faisait chanter « allumer le feu » de Johnny par des midinettes. Ca semble pas très cohérent.

    [1] autant je n’aime pas le sectarisme, autant là je ne vois pas comment on peut être à la fois de gauche et membre de gouvernement, c’est à dire solidaire de la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, la loi Dati réprimant les mineurs comme des adultes ou encore ces vraies mesures de gauche (humour) annoncée sur la fiscalité : suppression de l’impôt sur les successions, bouclier fiscal, déductibilité des intérêts d’emprunts immobiliers, défiscalisation des heures sup’ (valable uniquement pour les gens qui ont un job), …

    Conclusion : une ouverture cela ? Oui, si l’on parle de la volonté d’ouvrir une voie d’eau dans la coque du navire socialiste pour qu’il coule avant les municipales de 2008.

  • Je crains que vous n’ayez tendance jmfayard, dans votre analyse, à confondre alliance et ouverture. Le cas PS-Verts est d’ailleurs une bonne illustration. Voir une ouverture dans cette alliance est significatif. De même pour l’exemple allemand : la constitution du gouvernement de coalition n’est clairement pas une ouverture (ce d’autant plus qu’elle n’a pas véritablement été volontaire), c’est une alliance, une coalition.

    L’ouverture me semble se définir naturellement en ce qu’elle est opérée sur la base d’une identité claire, d’un positionnement précis.

    L’ouverture sera toujours, aux yeux de l’opposition, incomplète, parce qu’elle est, par définition, une ouverture minoritaire. Dès lors que vous négociez le programme, dès lors que des ministres en nombre sensiblement égal entrent dans le gouvernement, on n’est effectivement plus dans l’ouverture, mais dans l’alliance.

    Et c’est un fait : ce n’est pas l’alliance que propose Nicolas Sarkozy.

    Puisque vous m’avez donné le lien vers Le Figaro, ça me donne l’occasion de vous rapporter cette interview de Gérard Collomb, que j’avais manquée :

    LE FIGARO. – Que pensez-vous de la politique d’ouverture à gauche pratiquée par Nicolas Sarkozy ? Gérard COLLOMB. – Je trouve que c’est bien joué. Le fait de bousculer les lignes conforte Nicolas Sarkozy sur le plan national. C’est ce que Jacques Chirac n’a pas compris en 2002. Réélu à une très large majorité, grâce aux voix de la gauche, pour faire barrage au Front national, il aurait dû pratiquer l’ouverture à des personnalités de gauche, au lieu de rester figé sur son propre camp.

    Par ailleurs, même si ce n’est pas véritablement le sujet (au sens strict) sur le projet de loi de Rachida Dati, vous me semblez aller assez vite en besogne, c’est dommage.

    Le projet de loi ne prévoit que d’ajouter deux cas à la possibilité déjà existante de ne pas appliquer l’excuse de minorité :

    « 2° Lorsqu’un crime d’atteinte volontaire à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique de la personne a été commis en état de récidive légale ; « 3° Lorsqu’un délit de violences volontaires, un délit d’agressions sexuelles, un délit commis avec la circonstance aggravante de violences a été commis en état de récidive légale.

    Il ne s’agit pas du mineur qui vole un lecteur CD chez Auchan… Mais nous aurons, je crois bien, l’occasion d’en reparler très prochainement.

  • [quote comment= »35895″]Pas du tout d’accord avec toi Koz. Sarkozy en ce moment mène l’ouverture pour l’ouverture, sans que son utilité soit prouvée. Il suffit de voir que la droite a perdu 50 sièges.[/quote]

    Encore faudrait-il qu’il y ait relation de cause à effet. Tous les sondages publiés donnent une image constante d’approbation par 60 à 70% de la population, parfois plus.

    L’analyse doit être plus poussée pour comprendre la portée de cette ouverture à « gauche ». Quelques pistes de réflexion :

    1. Bockel : le plus libéral de tout le PS. Le seul Blairiste à gauche. Il n’est pas dans un ministère susceptible d’influencer la politique intérieure.
    2. Kouchner : totalement Sarko compatible en matière de politique étrangère. Il n’est pas non plus dans un ministère susceptible d’influencer la politique intérieure et se situant de plus sur un terrain très consensuel.
    3. Jouyet : Depuis longtemps séparé du PS, proche de Sarko. Lui non plus, peu susceptible de… bien que la politique européenne ait une influence mais dans tous les cas, NS y est très présent politiquement et personnellement.
    4. Amara à la politique de la ville – on pourrait dire sans euphémisme à la politique des cités. Que faire d’autre ? Nommer quelqu’un du FN ? La pénétration dans ces cités de la propagande de gauche est maximale ; c’est toujours une bombe à retardement. A qui d’autre donner pour mission de désenclaver les ghettos si ce n’est à quelqu’un qui en est issue. Quant au qualificatif de gauche, Amara a participé mollement à une municipalité tenue par le PS, point barre. Très indépendante. Est-ce qu’Amara est en position d’influer sur la politique économique plus ou moins libérale de la France, je ne le pense pas. Elle est de plus associée à Christinne Boutin que l’on soupçonne ma foi, assez rarement de briguer la direction de Lutte Ouvrière.
    5. Pour Besson, tout le monde s’accorde à dire que c’est un cas particulier mais qui n’est pas sans signification non plus. C’est quand même un ancien responsable de la politique financière du PS qui est censé produire l’étude de prospective et de faisabilité sur un des points les moins appréciés de la politique proposée, la fameuse TVA.

    Reste Hirsch. D’une part il n’est pas au gouvernement à proprement parler, d’autre part ses solutions dont corrects. Le libéralisme laisse forcément des éclopés sur le bord de la route. Un gouvernement qui ne s’en soucierait pas serait un gouvernement de barbares. Reste à savoir comment s’en occuper. La droite, oui la droite, préconisait le RMI, lui propose une solution allant vers l’incitation à la réinsertion dans le système collectif économique. C’est le pendant indispensable, justement, d’une politique libérale. C’est significatif, parce qu’il est impossible de justement construire une vraie solution libérale sans créer une soupape permettant de résoudre les îlots de pauvreté qu’un libéralisme pur et dur peut engendrer (j’allais dire, DOIT engendrer, pour être efficace).

    Vient maintenant les toutes dernières initiatives.

    La réforme des institutions. Deux grandes idées s’affrontent. On va simplifier pour mieux comprendre.

    La 6e République de Montebourg/Royal/Bayrou avec ses déclinaisons débats participatifs, jurys populaires, rassemblement de tous les partis jusqu’à ce qu’un consensus se dégage – entendez une solution unanimitaire (sinon c’est qu’une mascarade de rassemblement). Inutile de revenir sur les dangers de ces « idées neuves » séduisantes électoralement, d’autres l’ont fait ici même bien mieux que je le ferais.

    Ou une présidentialisation du régime (quand il s’agit de Sarko, il faut vite rajouter « hyper ») avec un parlement plus fort, mais également avec une hypocrisie en moins, avec une vraie responsabilité présidentielle, un PM coordinateur, un parlement où l’on débat, mais la garantie d’une certaine inflexibilité si besoin. Certains en soulignent également les dangers et justement, on en revient à l’ouverture.

    Ce type de réforme ne peut pas, mais alors vraiment pas, se faire sans la présence de l’opposition. La présence, d’abord parce que il n’est déjà pas envisagé de le nommer seul dans cette commission. Ensuite, choisit par hasard Lang ? Lang était le conseiller parmi les plus proches de Royal. De plus, sur ce plan, il est probablement la figure emblématique du PS la moins incompatible bizarrement, avec cette idée de présidentialisation. Comment éloigner le danger d’une 6e Rep. (qui ressemblerait à une 4e avec le populisme en plus) ? Une des réponses passe par la réussite de ce quinquennat mais également par la proposition d’une alternative crédible parce que l’opposition y participe.

    DSK pour le FMI… franchement, ceux qui se désolent à droite devraient reconsidérer la nature du poste. Ce n’est pas un ministère. C’est une organisation internationale au sein de laquelle il n’est pas obligatoire qu’il y règne un sarkozysme effréné. Et encore une fois pour relier cette intention à la politique intérieure, on peut difficilement préconiser une politique d’immigration dure sans une certaine contribution et influence sur les systèmes économiques des pays à l’origine des flux migratoires.

    Bon, ceci étant dit, on rajoute les points que Koz a développés dans son billet :

    . modification de l’image de Sarko . réponse à l’accusation de concentration des pouvoirs . tenir compte de l’ensemble des sensibilités et ne pas gouverner pour une majorité (ce qui doit être le fondement éthique principal de tous les gouvernements sinon il y a effectivement une dérive fasciste, celle-ci étant avant tout axé sur l’élimination des minorités) . tactique politique vis à vis de l’opposition, (que l’on pourrait développer) qui me semble oh combien redoutable

    Pour des premiers mois de gouvernance, c’est plutôt pas mal dans la balance côté POUR. Allez, soyons cruel… comparons ça à la dissolution de l’AN par Chirac sur une idée brillante de De Villepin en termes d’intelligence politique.

    Deux derniers points :

    Pour rappel, la campagne de Sarkozy n’était pas axée sur l’ultra libéralisme. J’ai clairement ouï (et j’ois assez bien) que Sarko s’était référé au blairisme, aux politiques menées en Scandinavie ou en Allemagne chez qui règne une coallition justement.

    Deuxièmement, dans quel sens est en train de se faire l’ouverture ? D’après le PS, il s’agit plus d’un ralliement de certaines personnalités au « sarkozysme » que le ralliement de Sarkozy aux thèmes socialistes. Au vue des déclarations de DSK, Lang et d’autres, je serais plutôt enclin à penser la même chose sans y inclure le côté caricatural de la remarque.

    Pour conclure, cette ouverture nécessite un effort d’explication à droite, un intense effort pédagogique qui ne peut se résumer en une boutade comme Fillon a essayé de le faire… mais franchement, vous voyez Fillon expliquer devant la presse avide, ce que je viens de développer ici (pour peu que mes argument vaillent quoi que ce soit d’ailleurs) ? Il est des décisions dont les motivations profondes doivent rester au moins discrètes. Pourquoi NS a rencontré Fabius sur l’Europe justement ces derniers jours ? Pourquoi lui et DSK dans ce jeu, ce dernier étant une des rares personnalités de gauche à avoir reconnu l’efficacité de NS sur ce terrain ? Quelle est la taille de l’enjeu européen ces temps ci ? Est-ce qu’un joueur d’échec annonce ses coups à l’avance ?

    Oui, comme beaucoup le disent ici et ils ont raison, seul l’avenir pourra confirmer si tout cela était nécessaire et bien joué. Nous ne connaîtrons l’issue de la partie que dans cinq ans. Un mat, un pat ou un roi renversé.

  • @jmfayard: vous rejoignez François Hollande qui disait ce matin en parlant des anciens socialistes qui fleurtaient à droite qu’ « ils étaient des soldats perdus de toute façon ». Ils apprécieront. D’autres au PS aussi… Et j’ai surtout retenu que son leit-motif maintenant, après son  » honorable défaite », est le « respect » dans le dialogue constructif. Comment peut-on prôner ce dialogue si ce n’est pas dans une ouverture d’esprit. Il est le premier à dire que « NS n’a rien inventé sur l’ouverture » mais le premier a critiquer et à ne rien proposer. Il a raison quand il dit que le dialogue ne doit pas être fait dans la confusion, ni la complicité (enfin je le comprends) mais entre complicité et ouverture d’esprit il y a un grand pas ! Il devrait aller faire un tour dans le privé lui, travailler sur des projets. Quand on travaille sur des projets, on ne travaille pas forcément avec des personnes qui pensent comme nous, qui travaillent comme nous. Mais comme on a besoin de multiples compétences on sait taire ses ressentiments, reconnaitre les atouts de ses « adversaires » pour faire aboutir le projet. Et là ce n’est pas de la complicité c’est faire taire son orgueil, son égo pour avoir une réelle volonté d’aboutir et sans renier pour autant ses convictions. Pauvre François il a du chemin à parcourir.

  • @Paul L – La proposition de Bayrou est une construction intellectuelle élégante et théorique mais inopérante dans le réél comme vous l’entendez. Entre son élection et les législatives, croyez-vous que la réunion ou l’entente des trois partis aurait permis de bâtir un corpus commun au PS, à l’UDF et à l’UMP quand Sarkozy et l’UMP a mis 2 ans et demi à établir son programme et que le PS avance par des synthèses accouchées douloureusement tous les 2 à 3 ans. Ou alors après les législatives (donc les électeurs votent sans savoir), on fait une plateforme de gouvernement. La mise en place peut durer quelques semaines à quelques mois pendant lesquels on ne fait rien ou alors on applique le programme de Bayrou (ce que les français n’ont pas voulu); ce qui n’est pas entièrement différent de ce que fait Sarkozy aujourd’hui. Autre postulat théorique, on suppose que les partis vont participer à l’élaboration de cette plateforme de gouvernement. Mon œil : dans la vie réelle ce serait comme maintenant, les individus intéressés pour bâtir une France moderne participeraient à l’aventure au grand dam de leur organisation respective, bien entendu. À la différence de vous, les français savent qu’ils ne peuvent être attrapé avec des constructions aussi instables.

  • « En attendant, il apparaît toujours dans l’opinion comme celui qui « ne laissera pas faire » l’ouverture, ce qui est certainement un créneau porteur. » (Koz)

    Hahaha! Vraiment très bon. Surtout, en effet, quand un certain nombre de socialistes non ralliés se permettent de reconnaître certains mérites à la politique sarkozyenne…

    « Il faut aussi, s’il ne s’agit pas non plus de se perdre dans une confiance aveugle, faire quelque crédit à Nicolas Sarkozy d’une compétence stratégique éprouvée. »

    En effet, c’est l’impression que ça donne. J’espère que cela se confirmera. Et, surtout, que cela ne se limitera pas à prendre le pouvoir et à le conserver, mais que cela servira à faire les réformes institutionnelles et économiques dont nous avons besoin.

    Et là, c’est pas encore gagné.

  • Non, non, je suis parfaitement d’accord avec toi, rien n’est gagné. Et on a davantage eu l’habitude, ces dernières années, d’être déçus que satisfaits. L’ouverture, en elle-même, ne préjuge de rien.

  • @eponymus : En clair il demande : Est-ce que voulez venir avec moi, dans mon gouvernement, avec vos idées, vos valeurs et votre imagination pour appliquer le programme que j’ai présenté aux français et sur lequel j’ai été élu ? Il ne pose pas la question aux partis car il n’a bien entendu pas l’intention d’amender le programme. Mais il pose la question aux individus. Des individus libres et autonomes dans leur décision, dans leur choix. Certains refusent librement, d’autres acceptent, je suppose, librement également. Que François Hollande et autres (qui n’ont surement pas été approchés car ceux qui l’ont été sont discrets) l’aient en travers de la gorge parce qu’ils n’ont aucune prise sur le sujet, je le comprends. Je le comprends d’autant mieux qu’un super grand politologue comme Olivier Duhamel, tout sclérosé qu’il est du fonctionnement des institutions depuis 25 ans à la mode Mitterand-Chirac, s’offusque de la façon de faire de Sarkozy et ne comprends pas que le Sarkozy a décidé une bonne fois pour toute, qu’Olivier Duhamel le veuille ou non (quelque fois Christophe Barbier aussi), de bousculer les habitudes et d’accélérer le mouvement. Du coup, ceux-là ne peuvent plus se contenter de commentaires ronronnant et doivent faire de vraies analyses avec de vrais changements de points de vue. Oui c’est une partie d’échec. Mais Sarkozy, c’est un blitz qu’il fait. Attention au zeitnot au PS

  • @cimendef Exactement, c’est ce que Koz explique plus haut sur les différences entre coallition, alliance et ouverture… il a besoin d’un input de la gauche comme on dit, pas que celle-ci lui dise comment gouverner. Les dernières années d’opposition à part la critique systématique pour toute contribution, les mots d’ordre syndicaux exécutés aveuglément pour pourrir une réforme, etc. n’ont rien apporté de concret, certainement pas des solutions. Et c’est exactement un blitz, d’où les grincements de dents à droite… la part de psychologie dans le blitz est très importante… le PS est déjà dans le zeitnot.

    Thais a raison – plus qu’une aventure présidentielle – il s’agit d’une approche managériale. Certains disent la France n’est pas une entreprise, moi je soutient le contraire – c’est juste une entreprise avec une culture et un fonctionnement très complexe.

    Barre a dit un jour que la France était un pays absolument impossible à réformer. Fallait bien essayer une nouvelle tactique, non ?

  • On pourrait aussi ne pas oublier qu’en un peu moins de deux mois, l’Europe est sortie d’une impasse que personne ne peut imputer à NS et que la première marche de la réforme de l’université souhaitée par tous est franchie.

  • « L’ouverture me semble se définir naturellement en ce qu’elle est opérée sur la base d’une identité claire, d’un positionnement précis », dites-vous, Koz.

    Là est toute la question. Si l’on admet que les programmes et les politiques de droite et de gauche ne sont pas identiques ou interchangeables, comment un homme de gauche peut-il participer à un gouvernment de droite ? (La réciproque se poserait dans les mêmes termes). L' »ouverture » à la mode Sarkozy, très proche de fait de l' »ouverture » à la mode Mitterrand, revient en fait à dire « rejoignez-moi sur mon programme » et non « travaillons ensemble et trouvons des consensus ou des compromis ». S’il n’y a aucune inflexion politique, peut-on réellement parler d' »ouverture », ou convient-il plutôt d’évoquer des « débauchages individuels » ?

    Dans ce contexte, le cas de Martin Hirsch est un peu à part puisque là, le deal serait plutôt « vous défendez l’idée du revenu de solidarité active ? OK je suis d’accord avec cette idée et je vous donne la possibilité de le mettre en place ». Tout homme d’action est effectivement tenté d’accepter, car s’il refuse, il se complaît dans une attitude vélléitaire. Et là, je serais assez d’accord pour employer le terme d' »ouverture ».

    Pour la plupart des autres membres de gauche du gouvernement, on a quand même l’impression qu’il s’agit plutôt d’une trajectoire individuelle. Un Kouchner par exemple, âgé de 67 ans, sans boulot (il l’a dit lui-même pour se justifier auprès de François Hollande), qui rêve depuis des années du quai d’Orsay, et dont la considération au PS n’est pas à la hauteur de sa popularité, se voit offrir une chance qui ne se reproduira sans doute pas…

    Alors « soldats perdus » ou pas, sur le fond, même si aujourd’hui il a sans doute le mauvais rôle et reste inaudible de l’opinion, François Hollande a sans doute raison.

    Dans tous les cas, je suis d’accord pour dire que c’est bien joué de la part de Sarkozy, mais je vois quand même ça plutôt comme une tactique de déstabilisation de l’opposition et un écran de fumée destiné à améliorer son image auprès de l’opinion. Mais je dois être sans doute trop cynique et je ne voudrais surtout pas entamer l’enthousiasme ambiant…

  • J’ajouterais qu’on ne peut pas ne pas remarquer la différence entre la posture du candidat de la droite décomplexée, séduisant l’électorat du Front national, et voulant balayer une bonne fois pour toutes l’héritage de mai 68, et celle du président de l’ouverture, qui accueille Hirsch, Kouchner et Amara dans son gouvernement. Le trait d’union ? L’habileté (là, nous sommes d’accord). S’il s’agissait de Ségolène Royal, on dirait sans doute ici la duplicité, mais chut, pour Nicolas Sarkozy, ce sont des mots que l’on ne prononce pas sous peine d’être accusé une nouvelle fois de diabolisation sectaire, intolérante et archaïque…

  • [quote]Je crains que vous n’ayez tendance jmfayard, dans votre analyse, à confondre alliance et ouverture. (…)

    L’ouverture me semble se définir naturellement en ce qu’elle est opérée sur la base d’une identité claire, d’un positionnement précis.

    L’ouverture sera toujours, aux yeux de l’opposition, incomplète, parce qu’elle est, par définition, une ouverture minoritaire. Dès lors que vous négociez le programme, dès lors que des ministres en nombre sensiblement égal entrent dans le gouvernement, on n’est effectivement plus dans l’ouverture, mais dans l’alliance.[/quote]

    OK, donc l’« ouverture » de Sarkozy n’est pas une alliance, et n’a rien à voir avec l’accord PS-Verts ou SPD-CDU.

    Quelle différences vous faites entre une alliance et l’« ouverture » ? * il y a un nombre de ministres minoritaires. Euh, dans le cas de l’accord PS-Verts, il y a avait UNE ministre écolo dans le gouvernment. Ca n’empêche pas qu’une réforme aussi majeure que les 35h provienne des verts. Mauvais argument, reste donc le second : * on ne négocie pas le programme.

    C’est aussi la définition qu’a donné Sarkozy puisqu’il a dit au moins 1000 fois que « tout ce que j’ai dit, je le ferais ». C’est aussi la votre (« elle se définit naturellement en ce qu’elle est opérée sur la base d’une identité claire, d’un positionnement précis »)

    Tout s’éclaire, l’« ouverture » de Sarkozy est donc un accord gagnant-gagnant entre lui et les heureux élus qui tient en 3 points : * les heureux élus gagnent une voiture de service, un chauffeur, un maroquin, un portefeuille, de la reconnaissance * Sarkozy gagne une occasion de tailler des croupières au PS et à l’ex-UDF * on ne change rien au fond, c’est tout le programme de Sarkozy et rien que le programme de Sarkozy qu’on applique

    Bon, je regarde la définition d’ouverture dans le « dictionnaire informatisé de la langue française » [quote]OUVERTURE : (…) Propositions nouvelles, par rapport à celles qui ont déjà été faites, présentées à quelqu’un en vue d’entamer un processus, de le relancer. Synon. avance, offre. Je crois savoir qu’une ouverture vous sera faite pour la traduction en Angleterre par M. Bentley (HUGO, Corresp., 1861, p.365). Le tsar témoignait sa surprise que l’Empereur eût accepté les ouvertures du sultan, sans en prévenir ses alliés (MÉRIMÉE, Hist. règne Pierre le Gd ds Journal des Savants, 1868, p.30).[/quote]

    Conclusion personnelle : si les mots ont encore un sens, il ne s’agit que d’une esbrouffe médiatique habituelle de la part Sarkozy. Non, il n’a pas aux exceptions près que j’ai cité (Migaud, Hirsch) mis en pratique la volonté d’ouverture que manifestaient Ségolène Royal et François Bayrou, il en a juste recyclé le packaging.

  • Cimendef,

    N ‘accablez pas trop Duhamel. Il a bien reconnu, à demi-mots, que lui aussi avait été approché pour faire partie de la fameuse commission « Institutions ». J’ ai cru comprendre que l’ orientation annoncée (présidentialisme accentué, augmentation des pouvoirs de l’ AN, …) n’ avait pas l’ air de lui déplaire.

    Pendant ce temps, Bayrou râle que Sarko lui vole « son » idée » aprés l’ avoir traité de fumiste. La différence, c’ est que Sarko la fait et ne la théorise pas et qu’ il la fait autour de son programme quand Bayrou en faisait un élément de son programme sans lui donner une application particulièrement attractive.

  • [quote comment= »35915″] Pour des premiers mois de gouvernance, c’est plutôt pas mal dans la balance côté POUR. Allez, soyons cruel… comparons ça à la dissolution de l’AN par Chirac sur une idée brillante de De Villepin en termes d’intelligence politique.[/quote]

    Heu, on m’aurait trompé ?

    La dissolution, c’est pas en 97, soit deux ans après l’élection de Chichi ? Attendons de voir deux ans, la France dans la rue, et on en reparle….

    Seul point où l’ouverture peut être utile: le passé a montré qu’un gouvernement un peu trop ferme et trop marqué à droite n’arrive à passer aucune réforme. Faire passer ça par des gens issus de la gauche, c’est effectivement habile.

    Au fait, dans votre liste, vous aviez oublié Rama Yade.

    Et concevoir un pays comme une entreprise me parait un peu délicat. Concevoir les comptes de l’état comme celui d’une entreprise, ok, mais un pays, non, non et non.

  • Je l’ai déjà écrit, je ne crois pas que ce soit un écran de fumée.

    Sarkozy pouvait difficilement reprendre tous les bras cassés des gouvernements Raffarin et Villepin, qui avaient fait la preuve de leur incompétence.

    Manifestement, il ne se faisait pas davantage d’illusions sur son entourage de campagne, puisque la moitié d’entre eux ne se sont vu confier aucune responsabilité.

    Il ne pouvait tout de même pas constituer un gouvernement uniquement avec des petits nouveaux, il avait donc intérêt à débaucher des personnalités de gauche.

    Maintenant ce serait bien qu’il aille au bout de cette logique.

    Ce n’est pas tout de constater qu’aucun économiste de droite n’aurait pu être sérieusement présenté par la France à la direction du FMI (depuis 5 ans de droite la désignation du ministre des finances est souvent une surprise, rarement heureuse).

    Il faudrait en tirer les conséquences au niveau des programmes. Sarkozy a eu assez de talent pour vendre aux Français un programme économique préparé par des conseillers de second ordre, il serait bien inspiré de reprendre aujourd’hui toutes les idées des bons économistes du parti socialiste.

    Ce sera toujours mieux que de changer les têtes de la droite, mais de reprendre les mêmes politiques économiques (en gros, diminuer tout ce qui s’apparente à un impôt progressif).

  • [quote comment= »35940″]il y a un nombre de ministres minoritaires. Euh, dans le cas de l’accord PS-Verts, il y a avait UNE ministre écolo dans le gouvernment. Ca n’empêche pas qu’une réforme aussi majeure que les 35h provienne des verts. [/quote]

    Je crains qu’il n’y ait que vous qui jugiez pertinent de voir dans les rapports PS-Verts une « ouverture ». On peut le penser lorsque l’on ne raisonne que dans l’univers clos de la gauche. Mais sinon…

    Pour la définition, vous avez aussi Jean-Claude Duss, qui dit : « je crois que j’ai une ouverture ». Mais ça n’a pas de rapport avec l’ouverture en politique. Comme les exemples mentionnés dans votre définition.

    [quote comment= »35942″]Au fait, dans votre liste, vous aviez oublié Rama Yade.[/quote]

    Raté. Pour certains, la diversité, c’est de l’ouverture. Mais, en l’occurrence, non. Rama Yade est à l’UMP…

  • @Jeff : Je ne sais pas si on a raison quand on est inaudible de l’opinion. Si ça se trouve MGBuffet a raison aussi. Ce sont effectivement des trajectoires individuelles, personnelles. Les personnes viennent (ou ne viennent pas) sur le projet présidentielle et y apporte leur expérience, leur vécu, leur sensibilité. Et je l’ai dit plus haut, ces personnes choisissent librement. Vous souhaitez que ces personnes viennent dans le cadre d’une négociation d’une plateforme gouvernementale. Je crois que Sarkozy ne négocie rien sur son programme et je crois également que le PS refuserait cela. Vous pensez que les personnes qui ont l’expérience, le vécu, la valeur, la compétence et ont des choses à apporter à la France mais qui refusent sont hautement honorable tandis que ceux qui acceptent tout aussi librement sont de misérables petits carriéristes.

  • Souhaiter et apprécier que sur le fond, des domaines tel que la réforme des institutions soit réfléchie par des personnalités d’idéologies politiques différentes ne me semble pas relever de l’enthousiasme mais bien de la raison. Que NS choisisse Lang plutôt qu’un autre socialiste inconnu, là, oui, c’est du calcul politique. Mais s’en offusquer serait oublier la réalité de la démocratie. Quant à cette idée que dès que l’on participe à un gouvernement, cela équivaut à cautionner chacune de ses actions, de ses prises de position est absurde. NS n’était pas d’accord avec le CPE et pourtant il était ministre du gouvernement qui le proposait, l’imposait même. Ou alors il faudrait développer le principe que tout actif doit être à 100% en accord avec la gestion, la politique de son employeur, de son supérieur ? Qu’est-ce qui compte le plus ? Agir et travailler ou rêver d’idéologie ? Demander à l’état de fonctionner autrement qu’humainement n’a pas de sens. Si une personnalité de gauche trouve intérêt à travailler avec NS, que le pays a tout à y gagner ou en tout cas pas grand’chose à perdre, et que NS y trouve politiquement des avantages, eh bien, ça veut tout simplement dire que c’est un bon deal.

  • @jmfayard [quote comment= »35940]Bon, je regarde la définition d’ouverture dans le « dictionnaire informatisé de la langue française » [quote]OUVERTURE : (…) Propositions nouvelles, par rapport à celles qui ont déjà été faites, présentées à quelqu’un en vue d’entamer un processus, de le relancer. Synon. avance, offre. Je crois savoir qu’une ouverture vous sera faite pour la traduction en Angleterre par M. Bentley (HUGO, Corresp., 1861, p.365). Le tsar témoignait sa surprise que l’Empereur eût accepté les ouvertures du sultan, sans en prévenir ses alliés (MÉRIMÉE, Hist. règne Pierre le Gd ds Journal des Savants, 1868, p.30).[/quote][/quote]

    Ah oui, mais pourquoi ne pas reprendre plutôt le b) et le c) : [quote]b) POL. Abandon d’une attitude d’hostilité, d’intransigeance ou d’ostracisme à l’égard d’un adversaire ou d’un partenaire politique (d’apr. GILB. 1980). L’ouverture à l’Est; contacts d’ouverture; ouverture sociale. Le début d’un véritable mouvement d’interpénétration bancaire entre l’Est et l’Ouest (…) est surtout le fait d’une certaine politique «d’ouverture» en matière bancaire qu’entend poursuivre (…) l’URSS (Les Informations, 18 déc. 1972, p.32, col. 3). Le limogeage de M. Castro Villacanas (…) s’explique, dit-on à Madrid, par l’hostilité de la presse du Mouvement à la politique d’«ouverture» du chef du gouvernement espagnol (Le Monde, 16 févr. 1975, p.1, col. 1). c) Vx. Occasion, possibilité offerte pour réussir. Synon. expédient. C’est une ouverture que je vous donne. Je ne vis aucune ouverture pour parvenir à mon but (Ac. 1798-1878).[/quote]

    Elle correspondent un peu mieux à ce qui se pratique. Il n’est point besoin de tordre la réalité à ce qu’on souhaite voir pratiquer.

  • Finalement l' »ouverture » c’est comme la « modernité ». De grands mots actuels qui deviennent presque vulgaires quand ils sont prononcés par des socialistes ou FB alors que quand on les met en oeuvre il n’y a pas besoin de les prononcer. Et tout le monde sait, que le principal ce n’est pas de dire mais de faire !

  • [quote comment= »35937″] Si l’on admet que les programmes et les politiques de droite et de gauche ne sont pas identiques ou interchangeables, comment un homme de gauche peut-il participer à un gouvernment de droite ? [/quote] En faisant évoluer la définition de ce qu’est une politique de gauche. Comme Sarkozy a fait évoluer la définition de ce qu’est une politique de droite.

    L’effroyable conservatisme de la France, qui est à l’origine de l’extrême difficulté à réformer, est justement à l’origine du fait que vous avez du mal à imaginer que le mot « gauche » désigne autre chose que ce qu’il a toujours désigné. Et autre chose, ça ne veut pas forcément dire « plus à droite ».

    Sarkozy a eu l’intelligence de comprendre qu’au lieu de regarder toujours derrière soi (on va faire comme on a toujours fait) ou sur les côtés (vais-je me mettre un peu plus à droite, ou un peu plus à gauche?), on pouvait aussi, tant qu’à faire, regarder devant (et changer le contenu de la politique, qu’elle soit de droite ou de gauche).

    Et même, que c’est la définition de la politique, et que si les gens en étaient tellement dégoûtés jusqu’à présent, c’est que tous les hommes politiques l’avaient commodément oublié.

    Et peut-être même a-t-il eu l’intelligence de penser que, vu l’atterrant bilan du passé, il ne perdait rien, et il avait même tout intérêt — et la France avait tout intérêt — à embarquer aussi la gauche dans son opération de rénovation.

    Dans cette optique, prendre des ministres de gauche, pour Sarkozy, ne consiste pas à les décaler vers la droite: ça consiste à les décaler vers l’avant. Vers le futur.

    C’est donc Sarkozy qui, en plus de rénover l’UMP, rénove le PS! Balèze le garçon.

    On comprend que ça mette la gauche traditionnelle absolument en fureur: Sarkozy n’arrête pas de faire à sa place ce qu’elle aurait dû, elle, faire depuis longtemps. C’est une démonstration en grandeur réelle de son incompétence. Elle peut difficilement s’en féliciter!

  • [quote comment= »35945″]

    Raté. Pour certains, la diversité, c’est de l’ouverture. Mais, en l’occurrence, non. Rama Yade est à l’UMP…[/quote]

    Toi, tu n’as pas lu les premiers paragraphes de l’article de Gai Luron que je t’ai indiqué plus haut. Je cite :

    [quote] Il est curieux de présenter Rama Yade comme un symbole de la diversité alors qu’elle incarne avant toutes choses quelque chose de l’ordre de l’ouverture à gauche ; certes, elle est encartée depuis peu à l’UMP, mais tout dans le parcours de cette jeune femme, dont la mère était proche du parti communiste et active dans une des courroies de transmission du PCF, à savoir le Secours Populaire, et le Père secrétaire du socialiste Senghor, témoigne de ce que l’on appelle pudiquement une « sensibilité de gauche ».

    Engagée activement auprès du Secours populaire, elle aussi, Rama Yade avait fait l’éloge de ce « communisme de proximité, non idéologique mais humaniste » (ce sont ses termes), dans ses jeunes années. (…) Rapidement, elle soutient les Black Panthers, prend Malcolm X comme idole, alors qu’elle est en hypokhâgne, échouant du reste à passer en khâgne et se réorientant vers Sciences Po.

    Rama Yade incarne tout ce contre quoi Sarkozy a fait campagne : la repentance, la dénonciation systématique des médias français censés présenter une image négative des immigrés, et c’est ainsi qu’en 2005 elle écrit une tribune on ne peut plus anti-sarkozyste dans le Monde, sous le nom d’Aminata Fall (pseudonyme tiré d’une grande chanteuse sénégalaise), où elle fustige l’attitude dela France à l’égard des populations immigrées, avant d’écrire un ouvrage vengeur, Noirs de France, les nouveaux neg’marrons[2], stigmatisant la police, les contrôles aux facies, la mémoire censée être tue de l’esclavage, et ressassant l’ensemble de la vulgate contemporaine à l’encontre des méchants Occidentaux. Le contre-pied parfait des thèmes de campagne de Sarkozy. [/quote]

  • J’avais omis également ce passage:

    [quote]Enfin, si Yade a rejoint l’UMP, c’est moins pour la pensée de droite à laquelle elle se dit étrangère que pour la personnalité de Nicolas Sarkozy auquel elle sait gré d’avoir supprimé la double peine ; elle s’est ainsi prononcée contre le TCE, le jugeant trop libéral, mais adhère à l’idée de discrimination positive défendue par Nicolas Sarkozy. Lors du discours d’investiture du 14 janvier 2007, elle a comme justifié le fait qu’elle ne soit pas, contre toute attente, militante PS ou PCF, en accusant la gauche et ses dirigeants d’être « sans projet, sans idées, sans vision »[4] et d’avoir créé une « République du guichet »[5] en accordant aux enfants de l’immigration « de la pitié plutôt que le respect »[6] ; bref, son horizon politique se trouve singulièrement réduit au sort réservé aux minorités, et son engagement auprès de Sarkozy relève de cette thématique, et non d’une adhésion à ce qu’il est convenu d’appeler les « valeurs » de la droite.[/quote]

    Je maintiens mes propos: c’est de l’ouverture…

  • Je maintiendrai que l’arrivé edans le gouvernement d’une ancienne Secrétaire Nationale de l’UMP peut assez difficilement passer pour de l’ouverture, quelles qu’aient été son évolution.

    Quant au dernier paragraphe que tu cites, il semble sous-entendre que l’attention portée aux minorités ne puisse pas relever des « valeurs » de la droite, de sorte que je m’interroge sur ce que ce Gai Luron entend par « droite ». Me goure-je en pensant qu’avec lui (que je ne connais pas), il y a beaucoup, beaucoup, de monde à gauche ?

    En l’occurence, tout ce que ce Gai Luron rapporte de son discours du 14 janvier 2007 me paraît au contraire relever, avec l’insistance propre aux campagnes électorales d’une optique de droite.

    Encore une fois, j’ai beaucoup de mal à voir dans le fait de se consacrer spécialement aux minorités – fussent-elles ethniques – la révélation de ce qu’elle ne partagerait pas les valeurs de la droite.

  • [quote comment= »35940″]il y a un nombre de ministres minoritaires. Euh, dans le cas de l’accord PS-Verts, il y a avait UNE ministre écolo dans le gouvernment. Ca n’empêche pas qu’une réforme aussi majeure que les 35h provienne des verts. [/quote]

    [quote comment= »35945″]Je crains qu’il n’y ait que vous qui jugiez pertinent de voir dans les rapports PS-Verts une « ouverture ». On peut le penser lorsque l’on ne raisonne que dans l’univers clos de la gauche. Mais sinon… [/quote]

    C’était une ouverture par rapport à la situation précédente : alors Waechter pronait en 1988 le « ni-droite ni-gauche », Voynet avait imposé une inflexion à gauche des verts dès 1992 – lors du référendum sur Maastricht en fait – mais tout en restant totalement autonomne du parti socialiste – elle n’a notamment pas appelé à voter pour Jospin au second tour de la présidentielle de 1995. Ce n’est qu’en 1997 qu’un accord a été scellé. Aujourd’hui ça peut sembler banal, mais à l’époque cette ouverture l’était aussi peu que les appels du pied de Ségolène Royal au modem et que l’annonce par François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle « qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy » qui ont tant fait grincer du côté de chez Jean-Luc Mélenchon et de la rue de la Boétie.

  • [quote comment= »35957″]Quant au dernier paragraphe que tu cites, il semble sous-entendre que l’attention portée aux minorités ne puisse pas relever des « valeurs » de la droite, de sorte que je m’interroge sur ce que ce Gai Luron entend par « droite ». Me goure-je en pensant qu’avec lui (que je ne connais pas), il y a beaucoup, beaucoup, de monde à gauche ? [/quote]

    Je pourrais le classer, sans grand risque de me tromper dans la droite conservatrice, réactionnaire, mais qui n’a jamais frayé avec l’extrême-droite.

    Le problème est ce que l’on fait des minorités. Je ne pense pas que la discrimination positive soit une valeur de la droite, c’est de l’efficacité, ok, mais ça ne me semble pas être une notion de la droite. Et j’ai du mal à voir en Rama Yade autre chose qu’une black de service…

  • « François Bayrou a comparé la stratégie de Nicolas Sarkozy au fait de jeter un piranha dans un bocal de poissons rouges »

    très cocasse!

    C’est certain, si le ps n’est plus qu’une caricature, c’est de la faute à Sarko qui fait le vilain . ça ne peut être que cela! en ce qui concernerait la fuite de »certains cerveaux » ne serait-ce pas, tout simplement l’instinct de survie (morale) qui a guidé, guide leurs pas, sous l’oeil narquois et habile de Sarkozy. Les 2 positions restent riches de possibilités.

    Quelqu’un pourrait-il me dire qques mots en ce qui concerne la réforme à venir des universités? Où en sommes t-on-je??

  • @Poly

    On peut toujours s’amuser avec les phrases :

    J’ai connu une femme de gauche qui « engagée activement auprès du Secours Catholique, elle aussi, avait fait l’éloge de cette « chrétienté de proximité, non idéologique mais humaniste » (ce sont ses termes), dans ses jeunes années. »

    Mais bref, s’il on doit considérer que la non reconnaissance de l’esclavage, le contrôle au facies, le laisser faire absurde vis à vis des populations issues de l’immigration, la discrémination soient des « valeurs de droite » alors je vais vite m’inscrire chez le facteur. Pareil pour la loi Dati, en quoi ne surtout pas réprimer les mineurs coupables de crimes en récidive est une valeur de gauche ? Je sature avec ces notions « de valeurs de gauche » et « de valeurs de droite » – et je ne suis surement pas le seul… Je crois même que l’enjeu de la future rénovation au PS repose justement sur la redéfinition de ces valeurs.

  • intéressant propos de jc cambadélis sur iTélé il y a quelques minutes:

    -question: on peut mener une politique novatrice au FMI? -jcc: on peut mener une politique novatrice, y compris au parti socialiste.

    J’avoue ne pas savoir s’il s’agit là d’un lapsus.

    Sinon, concernant la proposition faite à jack lang de participer à une comission sur la réforme des institutions, il s’agit ici, selon moi, d’un domaine précis où il est souhaitable de travailler de façon constructive avec l’oppostion, et donc d’avoir un interlocuteur mandaté par le PS, et non ce qui pourrait être perçu comme une tentative de débauche. Sauf si bien sûr l’on considère que l’opposition ne saurait être constructive.

  • Sarkozy fait de l’ouverture, « piquant » le programme de ses opposants, qui sont bien penauds retrospectivement, car les militants de droite peuvent retourner leurs anciennes promesses contre leurs protestations actuelles. Tant mieux pour Sarkozy, c’est un beau coup politique.

    Mais que sont devenus les arguments que les memes militants de droite, qui a l’epoque disaient que l’ouverture n’etait pas une bonne chose, luttant ainsi contre Bayrou – et dans une moindre mesure le PS ? Des arguments du genre, si l’on rassemble trop largement parmi les moderes, la lassitude previsible de l’electorat apres un certain temps, le poussera vers les extremistes, car il n’y aura plus d’autres alternatives.

  • Il me semble, tout de même, que chacun continue, sans grande difficulté, à associer spontanément le gouvernement et Nicolas Sarkozy à « la droite« , quand François Bayrou prônait une alliance effectivement susceptible de supprimer toute idée d’alternance. Dirais-tu que le Parti Socialiste est engagé par ce que font Sarkozy & Fillon ?

  • Mais en quoi cela aurait ete different, en pratique ? Il aurait recrute ce qu’il aurait pu a droite et a gauche, chacun aurait crie au debauchage, et les autres partis n’auraient pas ete plus engage que le PS ne l’est aujourd’hui par la politique gouvernementale. Et ce, d’autant plus si c’etait le PS qui avait fait alliance avec Bayrou.

    Je me fais un peu l’avocat du diable – mais il me semble qu’il y a pas mal d’hypocrisie, dans les deux (voir 3) camps. a droite a l’epoque, a gauche maintenant.

  • « En attendant, il apparaît toujours dans l’opinion comme celui qui « ne laissera pas faire » l’ouverture, ce qui est certainement un créneau porteur. »

    Il faudrait qu’il s’arrêtent de se tirer dans les pieds lol, ils n’ont plus de pieds.

  • [quote comment= »35934″]Thais a raison – plus qu’une aventure présidentielle – il s’agit d’une approche managériale. Certains disent la France n’est pas une entreprise, moi je soutient le contraire – c’est juste une entreprise avec une culture et un fonctionnement très complexe. [/quote]

    On oublie aussi que c’est un avocat, les avocats font quoi? Ils négocient …

    Je pense que l’Ena aussi a des soucis à se faire, le style Ena en a pris un coup aussi.

  • Sinon, concernant la proposition faite à jack lang de participer à une comission sur la réforme des institutions, il s’agit ici, selon moi, d’un domaine précis où il est souhaitable de travailler de façon constructive avec l’oppostion, et donc d’avoir un interlocuteur mandaté par le PS, et non ce qui pourrait être perçu comme une tentative de débauche.
    Sauf si bien sûr l’on considère que l’opposition ne saurait être constructive.[/quote]

    Il se trouve que c’est Lang le plus compétant ..; il est professeur de droit constitutionnel.

    C’est tellement plus drôle de les voir s’étouffer de leur connerie 🙂

    Il y en a marre d’entendre que de protéger les faibles contre des malfaiteurs est une valeur de droite. Ce sont des valeurs de toute personne civilisée. La gauche s’est boboîsé, il ne se passe rien dans ses beaux quartiers, donc elle croit que c’est pareil partout.

    Je suis tellement d’accord avec Yade, la gauche française veux nous donner à tous les « pauvres » de la charité d’état. Ca leur en bouche un coin que nous préférons travailler que de toucher leur aumône.

    Si un jour les immigrés ont le droit de vote en France, je pense que la gauche aurait une sacrée surprise.

    D’ailleurs, je suis prête à prendre le pari, si ça se fait, ça sera Sarko et pas la gauche.

  • [quote comment= »35968″] Je sature avec ces notions « de valeurs de gauche » et « de valeurs de droite » – et je ne suis surement pas le seul… Je crois même que l’enjeu de la future rénovation au PS repose justement sur la redéfinition de ces valeurs.[/quote]

    J’avoue, ces propos dans la bouche de quelqu’un de droite sont étonnants:

    [quote]’Au fond, ici (en France) tout est fait’, alors que ‘chez nous, (en Afrique) tout reste à faire. (..) Mais bon, on se bat parce qu’il faut se bagarrer, ce n’est pas drôle tous les jours, mais je le fais parce que j’aime ça, parce que j’ai ressenti le besoin de faire des choses pour les autres, parce que quoiqu’on en pense, mon image est celle de l’Afrique et si j’échoue, c’est l’Afrique qui échoue’.[/quote]

    Moi qui pensait que la droite, c’est un certain attachement, un enracinement à un pays, je trouve qu’au final, Malek Boutih est bien plus à droite que Rama Yade.

    Non, elle n’est là qu’à titre de black de service, rien d’autre.

  • Faudrait voir à arrêter avec ce « black de service », Polydamas. Tu aurais pu aussi citer le passage qui précède :

    « ‘Et donc j’ai toujours en tête, lorsque je suis en face d’un responsable politique ou d’un média, de me dire : quelque soit ce que je veuille ou que je fasse, ces gens-là me voient comme représentant de l’Afrique. Je suis obligé d’être correcte, je suis obligé d’être bonne, parce que je veux faire casser tous les préjugés que des personnes peuvent avoir sur ce continent et ses habitants' »

    Elle aurait pu ajouter que certains ne cesseront de la voir comme la « black de service, rien d’autre ».

  • [quote comment= »36010″] Il y en a marre d’entendre que de protéger les faibles contre des malfaiteurs est une valeur de droite. Ce sont des valeurs de toute personne civilisée. La gauche s’est boboîsé, il ne se passe rien dans ses beaux quartiers, donc elle croit que c’est pareil partout. Je suis tellement d’accord avec Yade, la gauche française veux nous donner à tous les « pauvres » de la charité d’état. Ca leur en bouche un coin que nous préférons travailler que de toucher leur aumône. Si un jour les immigrés ont le droit de vote en France, je pense que la gauche aurait une sacrée surprise.[/quote]

    Je trouve que c’est un peu short de se placer à droite uniquement parcequ’il n’y a pas de place ou de projet à gauche. Ce n’est pas parceque Mitterrand ou Chirac ont fait de même que c’est une raison valable.

    Quant à votre remarque, si je souhaitai être outrancier, je dirais que la notion même de civilisation est une notion de droite… 😉

    [quote comment= »36017″]Faudrait voir à arrêter avec ce « black de service », Polydamas.
    Elle aurait pu ajouter que certains ne cesseront de la voir comme la « black de service, rien d’autre.[/quote]

    Désolé mais Dati affiche un profil beaucoup plus cohérent, qui ne la fait aucunement passer, (en tout cas à mes yeux) pour une beurette de service. Pareil pour Boutih ou Amara, qui ont de vraies compétences.

    Yade est peut-être compétente mais tout son parcours la situe à gauche, avant un ralliement opportuniste d’avant-dernière minute à Sarko. C’est pour cela que je l’inclue dans la politique de l’ouverture.

    En outre, je te rappelle que pour un autre parti, cet argument des minorités de service a été abondamment employé, et tu voudrais que je ne l’utilise pas ?

    En fait, tout dépend si on prend la gauche droit de l’hommiste ou la gauche révolutionnaire. Pour la première ma vision est fausse, par contre pour la seconde je pense avoir raison.

  • [quote comment= »36017″]Faudrait voir à arrêter avec ce « black de service », Polydamas. Tu aurais pu aussi citer le passage qui précède :

    « ‘Et donc j’ai toujours en tête, lorsque je suis en face d’un responsable politique ou d’un média, de me dire : quelque soit ce que je veuille ou que je fasse, ces gens-là me voient comme représentant de l’Afrique. Je suis obligé d’être correcte, je suis obligé d’être bonne, parce que je veux faire casser tous les préjugés que des personnes peuvent avoir sur ce continent et ses habitants' »

    Elle aurait pu ajouter que certains ne cesseront de la voir comme la « black de service, rien d’autre ».[/quote]

    Surtout que dès qu’elle ouvre la bouche, on voit que c’est une jeune femme de grande talent.

  • [quote comment= »36019″]Je trouve que c’est un peu short de se placer à droite uniquement parce qu’il n’y a pas de place ou de projet à gauche. Ce n’est pas parce que Mitterrand ou Chirac ont fait de même que c’est une raison valable.

    Quant à votre remarque, si je souhaitai être outrancier, je dirais que la notion même de civilisation est une notion de droite… 😉

    En fait, tout dépend si on prend la gauche droit de l’hommiste ou la gauche révolutionnaire. Pour la première ma vision est fausse, par contre pour la seconde je pense avoir raison.[/quote]

    Je ne me place pas à droite, je me place pour le sens commun, la premières des libertés, c’est pouvoir descendre sa rue. C’est pas de ma faute si la gauche française à oublié le bon sens depuis des lustres. Je soutiens Sarko parce que j’estime qu’il est actuellement plus à gauche que le PS …

    La TVA sociale est une mesure profondément de gauche (y a qu’a voir la moue à l’UMP …)

  • poly a dit »Quant à votre remarque, si je souhaitai être outrancier, je dirais que la notion même de civilisation est une notion de droite… 😉 » la mon cher tu fait fort, mais quelque part je suis d’accord avec weemee, concernant le vote eventuel des immigres, quand on communique avec eux on est completement scotches par l’opinion qu’ils ont de notre pays et de la conduite de sa politique, etonnant le nombre de lepenistes et depuis le mois de mai de sarkozistes dans leurs rangs.

  • [quote comment= »36019″]Yade est peut-être compétente mais tout son parcours la situe à gauche, avant un ralliement opportuniste d’avant-dernière minute à Sarko. C’est pour cela que je l’inclue dans la politique de l’ouverture. En outre, je te rappelle que pour un autre parti, cet argument des minorités de service a été abondamment employé, et tu voudrais que je ne l’utilise pas ?[/quote]

    Je te trouve bien péremptoire. Un ralliement de dernière minute ? Qu’est-ce qui te permet de l’affirmer ? Tu connais son existence depuis quand ? Tu as suivi son parcours politique attentivement jusqu’ici ? Elle est membre de l’UMP depuis 2005, c’est ce qui te permet de parler de « ralliement de dernière minute » ?

    Quant aux minorités de service, oui, effectivement, quand le Front National met une « beurette » sur ses affiches, alors que l’immigration est le bouc-émissaire absolu désigné depuis plus de 25 ans, ça fait, comment dire… affichage ?

    Et je ne comprends pas bien la logique qui te fait dire que puisqu’on a utilisé l’argument à tort selon toi (enfin, j’imagine) contre le FN, il est logique que tu l’utilises, à tort, à ton tour.

  • Tu m’as lu trop vite….

    J’ai dit « avant-dernière minute » puisque je savais pertinemment qu’elle avait rejoint l’UMP en 2005.

    Concernant le FN, je dis juste que l’UMP obéit à la même logique. C’est à dire de déculpabilisation, par rapport à la gauche.

    Sauf que pour un Farid Smahi, dont l’engagement national n’a jamais failli, on trouve une Rama Yade qui a passé la majeure partie de sa vie politique à gauche…

    Je dirais qu’il y a des « immigrés de service » plus au service que d’autres.

    En outre, je te le répète, Dati et tous les autres ne sont pas des immigrés de service, à mes yeux tout du moins. Rama Yade, n’en fait malheureusement pas partie….

  • [quote comment= »36026″]poly a dit »Quant à votre remarque, si je souhaitai être outrancier, je dirais que la notion même de civilisation est une notion de droite… 😉 » la mon cher tu fait fort, [/quote]

    Vous avez lu la fin de mon commentaire ?

    Et qui affirme que toutes les civilisations se valent, que tous les comportements sont légitimes, que toute opinion (sauf le racisme des souchiens) est valable, etc, etc ?

    Ça serait pas la gauche, par hasard ?

    [quote comment= »36021″]

    Surtout que dès qu’elle ouvre la bouche, on voit que c’est une jeune femme de grande talent.[/quote]

    Sur ASI, j’ai pas trouvé qu’elle cassait des briques…

  • [quote comment= »35953″]Dans cette optique, prendre des ministres de gauche, pour Sarkozy, ne consiste pas à les décaler vers la droite: ça consiste à les décaler vers l’avant. Vers le futur.[/quote]

    Merci pour cette trouvaille sémantique : il n’y a plus de droite ni de gauche. Il y a seulement l’avant et l’arrière. Ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy vont « vers l’avant ». Et les autres « vers l’arrière »… Amusant.

    Le ministre de l’Identité nationale et de l’immigration, c’est « vers l’avant ». Le bouclier fiscal et la suppression des droits de succession, c’est « vers l’avant ». La défiscalisation des heures supplémentaires, c’est « vers l’avant ». La TVA sociale, c’est « vers l’avant ». Les peines planchers pour les récidivistes et l’abaissement de la majorité pénale, c’est « vers l’avant ».

    Et voilà que tout d’un coup, je ne sais pas pourquoi, je me sens partir en arrière… Vertige passager sans doute.

  • Je me demande si ce brouillage de carte n’a pas pour but de préparer à la présidentialisation du régime.

    Certes Nicolas n’est pas de Gaules et il me parait improbable qu’il obtienne une sixième (voir une cinquième république et demi) taillé pour lui.

    Mais si sa réforme des institutions permet au gouvernement et au président d’obtenir plus de pouvoir et de « diriger la politique de la nation » malgré une assemblée de gauche (comme aux états unis) avec les limites qu’une telle assemblée impliquera, les ministres de gauches pourrait servir de « caution » moral au président qui pourra sereinement dire « Vous voyez, je n’ai pas fait de la politique de la droite ligne dur, ces ministres en témoigneront » et lui permettra de jouer la carte « Je représente la France entière et pas seulement 53% d’entre vous, faites moi confiance ».

  • [quote comment= »36043″] Merci pour cette trouvaille sémantique : il n’y a plus de droite ni de gauche. Il y a seulement l’avant et l’arrière. Ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy vont « vers l’avant ». Et les autres « vers l’arrière »… Amusant.

    Le ministre de l’Identité nationale et de l’immigration, c’est « vers l’avant ». Le bouclier fiscal et la suppression des droits de succession, c’est « vers l’avant ». La défiscalisation des heures supplémentaires, c’est « vers l’avant ». La TVA sociale, c’est « vers l’avant ». Les peines planchers pour les récidivistes et l’abaissement de la majorité pénale, c’est « vers l’avant ». [/quote]

    Cette « trouvaille sémantique » est pourtant l’expression avec pratiquement les mêmes mots de la notion de « progrès » que la gauche a utilisée pendant des années.

    La remise à plat de la politique d’immigration afin de la contrôler et ne plus la subir peut être une politique de progrès. De ne plus adopter une politique favorisant une immigration anarchique et clandestine détruisant les efforts d’accueil d’un pays au détrimant des immigrés eux-mêmes peut être une politique de progrès. Que les immigrés prennent conscience qu’ils doivent adhérer à un système de valeurs minimales dès lors qu’ils sont accueillis dans un pays peut être un progrès.

    Limiter les prélèvements fiscaux à 50% de ce qu’une personne gagne comme principe peut être effectivement un progrès. Le fait de pouvoir devenir riche dans un pays, le fait de ne plus pouvoir prélever jusqu’à 70% ou plus du fruit du travail de quelqu’un peut être un progrès, le fait de favoriser les ambitions, les investissements, l’influx de capitaux dans l’économie peut être un progrès. Le fait de considérer que l’Etat doit fonctionner correctement et avoir pour ambition de prélever le moins d’impôts possible par une excellente gestion, en faisant « la chasse au gaspi », par une remise à plat du fonctionnement des administrations est une formidable politique de progrès. Le fait de ne pas considérer que la constitution honnête d’une richesse est un crime devant être pénalisé est un progrès.

    Le fait de redonner la possibilité à une personne de travailler au delà de 35 h par semaine sans que l’entreprise augmente ses charges, sans que cette personne soit pénalisée par un prélèvement fiscal plus lourd de se simple fait est effectivement un progrès surtout si ceux qui ne le souhaitent pas pour des raisons pratiques de vie quotidienne puissent continuer à ne travailler que 35 h.

    Trouver une solution à la réduction des charges sociales sur les entreprises comme l’ont fait certains gouvernement européens de gauche, (de progrès donc), peut être un progrès. Détruire les outils de productions par des prélèvements au détriment de la création de vrais emplois motivés par le dynamisme économique au lieu de gérer le chomage est une formidable regression sociale.

    Ne pas laisser des délinquants s’enfoncer dans la criminalité, de venir au secours de mineurs qui s’y engouffrent est un progrès social absolument évident. Surtout si ce changement d’attitude est également accompagné d’une réforme des conditions carcérales et du système des peines qui sera le prochain défi du Garde des Sceaux.

  • Eponymus a raison, Jeff : qui donc n’a de cesse de se faire appeler « les forces de progrès » ? Je comprends que la « trouvaille sémantique » de Robert Marchenoir vous agace, vu comme m’agace moi-même celle de la gauche.

  • à la suite d’éponymus :

    et prendre son bâton de pélerin pour convaincre que l’Europe doit avancer, même si c’est à petits pas, c’est quoi ?

  • Il ne fera rien, même si l’on ressent parfois chez lui une certaine envie de faire. Le seul pouvoir qu’il reste aux gouverneurs des provinces de l’état « Europe » c’est de faire semblant du mieux possible, des mesures cosmétiques, sociètales, çà oui vous en aurez, mais des réformes non, à moins de récupérer des frontières, une indépendance économique et des barrières fiscales. Je ne pense pas qu’il ai le courage de mordre la main de ceux qui l’ont soutenu, financé, plebiscité, tant au niveau National qu’international. Au sujet de l’ouverture, rien à dire, c’est du carnaval.

  • eponymus commente ainsi la « trouvaille sémantique « de marchenoir…[quote post= »402 »] Cette “trouvaille sémantique” est pourtant l’expression avec pratiquement les mêmes mots de la notion de “progrès” que la gauche a utilisée pendant des années. [/quote]

    la trouvaille sémantique consistant à placer les uns « en avant » , « dans le futur » suppose que l’histoire aie un sens déterminé, connu à l’avance… cela rappelle aux plus anciens de biens mauvais souvenirs le « sens de l’histoire » qui permettait au PC de trier le bon grain de l’ivraie sans beaucoup de précautions ou d’argumentations…

    le progrès (social, sociétal, environnemental, culuturel,…) comporte une différence cruciale: il peut être défini, évalué, contredit, soupesé…

    j’attache beaucoup de prix au progrès, et puisque nous sommes dans un blog avec une composante catho, j’ajouterai que « populorum progressio » est une encyclique qui il y a quarante ans, donnait la vision du pape Paul VI sur les dégâts causés par un capitalisme débridé

    je n’attache aucune importance à la notion de modernité utilisée pour camoufler une idéologie, voire une « pensée unique » comme aime le dire notre PR…

  • Je vois que tu as de saines lectures. Certains seraient en effet surpris de l’actualité de nombre de ces encycliques, voire même de certaines constitutions de Vatican II. On y retrouve des thématiques que certains agitent aujourd’hui comme des idées neuves…

  • [quote comment= »36135″] la trouvaille sémantique consistant à placer les uns « en avant » , « dans le futur » suppose que l’histoire aie un sens déterminé, connu à l’avance… [/quote] Mais non. Vous pensez bien que je ne vais pas reprendre à mon compte l’utopie marxiste.

    Cela suppose juste que les politiques pratiquées jusqu’à présent, par la droite et la gauche, étaient dramatiquement obsolètes par rapport au monde qui nous entoure.

    Etre « en avant » consiste donc à arrêter de vouloir diriger le pays comme si l’on était en 1960 ou en 1890, et à concevoir des politiques adaptées à leur époque.

    Que vous soyez de droite ou de gauche, vous ne pouvez pas gouverner à l’époque d’Internet et des hedge funds comme on le faisait à l’époque des 200 familles et de la machine à vapeur.

  • Ouverture pour quoi faire ? 3 ministres de gauche aux Affaires Etrangères : un de trop sans parler de Rama Yade dont on peut se demander à quoi elle servira réellement. Besson ? Claude Guéant est le vice président effectif et David Martinon, le porte parole. (Fillon et Wauquiez sont donc inutiles) Les ministres sont les porte-serviette de Nicolas quand il se déplace. (Les experts se trouvent tous au Palais)

    Il aurait pu supprimer tous les ministres et réaliser ainsi quelques économies puisqu’il fait leur travail. La dette continue à filer et tout est remis à 2012. Pour ma part, je ne vois que du centralisme élyséen, beaucoup de mousse et peu de vraies réformes pour l’instant. S’il pense vider le PS de sa substance pour préparer 2012, il oublie que la nature a horreur du vide et que de nouvelles oppositions verront le jour la ou il ne les attend peut-être pas : Au sein de sa majorité et la gauche radicale ?

  • [quote post= »402″]Que vous soyez de droite ou de gauche, vous ne pouvez pas gouverner à l’époque d’Internet et des hedge funds comme on le faisait à l’époque des 200 familles et de la machine à vapeur.[/quote]

    tout à fait d’accord mais cela n’indique pas où est le futur, qu’est qui doit être abandonné du passé…. le progrès doit être jugé sur pièces: oui il est préférable de travailler 35h que 48h comme au XIX eme, pour un niveau de vie plus élevé, non les mouvements spéculatifs des capitaux sur internet ne sont pas une bonne chose…

  • [quote comment= »36433″]

    « Que vous soyez de droite ou de gauche, vous ne pouvez pas gouverner à l’époque d’Internet et des hedge funds comme on le faisait à l’époque des 200 familles et de la machine à vapeur. »

    tout à fait d’accord mais cela n’indique pas où est le futur, qu’est qui doit être abandonné du passé…. le progrès doit être jugé sur pièces: oui il est préférable de travailler 35h que 48h comme au XIX eme, pour un niveau de vie plus élevé, non les mouvements spéculatifs des capitaux sur internet ne sont pas une bonne chose…[/quote] Je suis d’accord: il reste — et c’est beaucoup! — à définir la bonne politique pour aujourd’hui.

    Sur les deux points que vous évoquez, je pense qu’il faut être beaucoup plus nuancé que vous ne l’êtes. Aujourd’hui, il y a des gens qui travaillent 48 h par semaine, voire 50, voire 60, et qui en sont tout à fait ravis, et qui ne changeraient pour rien au monde. Donc: non, travailler toujours moins, par principe, n’est pas forcément souhaitable en soi.

    Je me garderai de rentrer à nouveau dans le débat des 35 h où tous les arguments, me semble-t-il, ont déjà été échangés.

    Quant aux « mouvements spéculatifs des capitaux sur Internet », c’est la même chose: s’ils n’existaient pas, vous ne pourriez pas les dénoncer ici, car Internet n’existerait pas, ni Google, ni Windows, ni Firefox, etc.

    Sans « mouvements spéculatifs de capitaux sur Internet », autrement dit: sans le capitalisme financier moderne, Amazon n’existerait pas, c’est absolument certain — pour ne citer que cet exemple.

    Et la baisse du temps de travail que vous appelez de vos voeux dépend, non pas de Martine Aubry ou de Nicolas Sarkozy, mais de la productivité de l’économie; et la capacité à mobiliser rapidement et facilement des capitaux importants est fondamentale pour améliorer cete productivité.

    Vous voyez donc que le capitalisme financier moderne (qui a certes de nombreux inconvénients, que je vous laisserai le soin de détailler) présente des avantages décisifs dont on ne saurait se passer… y compris pour le progrès social.

  • Robert j’aime assez vos interventions lorsque vous désconstruisez la « pensée de gauche ».

    Dans le cadre de l’élaboration de différentes alternatives politiques, il va falloir redonner aux mots leur sens premier que la propagande de gauche a redéfini depuis des décennies.

    Le travail n’est pas l’honteuse exploitation de l’homme par l’homme mais une activité économique en vue de produire quelque chose d’utile à la communauté. Le Capitalisme n’est pas le système tyrannique permettant l’exploitation d’une classe ouvrière par une classe dominante de privilégiés mais un régime économique principalement fondé sur la primauté des capitaux privés. L’argent est un symbole qui permet d’éviter le troc. Lorsque ces fondement seront réhabilités, il sera certainement possible de construire quelque chose de nouveau et de progressiste.

  • [quote comment= »36282″][quote comment= »36135″] la trouvaille sémantique consistant à placer les uns « en avant » , « dans le futur » suppose que l’histoire aie un sens déterminé, connu à l’avance… [/quote] Mais non. Vous pensez bien que je ne vais pas reprendre à mon compte l’utopie marxiste.

    Cela suppose juste que les politiques pratiquées jusqu’à présent, par la droite et la gauche, étaient dramatiquement obsolètes par rapport au monde qui nous entoure.

    Etre « en avant » consiste donc à arrêter de vouloir diriger le pays comme si l’on était en 1960 ou en 1890, et à concevoir des politiques adaptées à leur époque.

    Que vous soyez de droite ou de gauche, vous ne pouvez pas gouverner à l’époque d’Internet et des hedge funds comme on le faisait à l’époque des 200 familles et de la machine à vapeur.[/quote]

    Ceci me rappelle une conversation j’ai eu avec un camarade, sur la privatisation partielle d’EDF. J’ai listé la problématique (que je ne répèterais pas ici, sauf pour dire que les chiffres nécessaires pour rénover l’infrastructure dans les prochaines années donnent le tournis), et l’on m’a répondu que bon sang, le Général de Gaulle l’avait nationalisé en 45!

    Deux pensées me sont venues à l’esprit

    1) Je savais pas que de Gaulle était un parangon de gauche.

    2) 45, c’était il y a 60 ans … ce qui était bon en 45 ne l’est pas forcément en 200x

  • Ehh ben … !! vous avez des sacrés commentaires tous … quand on a fini de tout lire (c’etait long) on file au lit ouf , bravo à tous , malgré les desaccords ca fait toujours plaisir de voir que ce lieu (chez koz) ne change pas et reste toujours aussi « clean »

    [quote comment= »35888″]ce bon hollande qui voudrait que NS demande la permission au PS avant de « debaucher »du personnel[/quote] oui , il est marrant … parfois 😉

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