

Photo de Aaditya Ahluwaliasur Unsplash
Guère de "coulisses" sur cette chronique, les mots que j'ajoutais revenant à redire en somme ce qu'elle contient. Alors j'opte pour une petite redite : une chronique est un exercice contraint. Je sais qu'il est tentant, en le commentant, de dire "l'auteur aurait pu dire..." ou "pourquoi ne pas parler de...". Le fait est que l'auteur fait des choix, en fonction de ses priorités ou de ce qui a déjà été beaucoup dit, beaucoup écrit, beaucoup lu. En 3.800 signes, on ne fera jamais le tour d'un sujet.
Et puis tenez, j'ajoute une anecdote un peu rigolote : j'ai découvert sur le site de La Croix une pratique que je n'aurais pas cru possible. Un lecteur y publie des commentaires... rédigés par IA. La structure du commentaire, sa longueur, son vocabulaire, et le caractère distancié me l'avait fait penser, le détour par des détecteurs d'IA renforce clairement la suspicion. Etrange pratique alors même que ce commentateur ne signe que d'un prénom, bien impropre à rallier une communauté, contrairement à ce qui se faisait parfois sur les blogs. Dans l'ancien temps.

Je ne suis pas toujours d’accord avec ce que vous écrivez, mais là vous tapez juste. Cette proposition du RN est totalement… folle. Une balle dans le pied, qui risque de fédérer contre lui tout un « ventre mou » de l’électorat d’ascendance maghrébine. Franchement je ne comprends pas l’intérêt pour lui d’une telle prise de position, alors que c’était jusqu’à présent son silence sur beaucoup de sujets clivants qui assurait son ascension.
Votre billet souligne l’inanité de la position dite « réactionnaire ». Par définition, le passé n’est plus et il en faut faire le deuil. Je pense à l’évêque Sidoine Apollinaire qui, après avoir entendu une femme barbare beuglant sous ses fenêtres, à Montpellier, avait déclaré, en substance, « ces gens m’ont enlevé le goût de vivre ». Et pourtant, le « baptême de la France », ce sera celui d’un … barbare.
Cela fait souvent hurler quand je dis ça mais je le redis quand même : je crois que bientôt – si ce n’est pas déjà le cas- un chrétien de France aura plus de points communs avec un compatriote (ou même un étranger) musulman, en termes de droit naturel, de conception de la famille, .. qu’avec un « souchien » qui ne croit en rien. Quand je croise dans la rue (chez moi, c’est quasiment la moitié de la population… qui ne se gêne pas pour parler arabe ou un idiome subsaharien dans l’espace public) un couple dont la femmes est voilée, je me dis que ce sont peut-être les grands-parents du Bernard de Clairvaux du XXIIème siècle.
Sincèrement, je crois qu’il faut abandonner ce fantasme de la remigration. D’ailleurs, on peut pas déclarer à quelqu’un qu’il est « inassimilable » par essence, tout en lui reprochant de ne pas s’intégrer. Ceci étant dit : on peut comprendre que quelqu’un refuse de s’assimiler à une « civilisation » dont les marqueurs les plus forts sont ceux de la culture de mort .
Le redressement de notre pays ne passera pas par un repli sur un passé et une « identité » fantasmés. Je pense sincèrement que la France, une « idée de Dieu » (d’un Dieu vivant ! ) n’ a pas une identité, mais une vocation. Plus précisément: que son identité, c’est sa vocation.