

Mettez cela sur le compte d'une expérience qui ne vous aura pas échappé : sur certains sujets, la compétence est politiquement inutile. L'opinion publique ne peut pas, ou ne veut pas, comprendre. Elle veut entendre ce qui l'apaise, ce qui la conforte. Alors, l'idée qu'il n'existerait pas de contrainte financière, pensez-vous... La France est en déficit ? Nous avons une dette bientôt insurmontable ? Qu'importe, il y aura bien de l'argent magique et nous foutrons au feu la dette. Nous aimerions tous y croire autant que, si je n'étais pas déjà marié, l'empressement inconvenant d'Anne Hataway de retour d'Ithaque.
Alors voilà, concrètement, j'ai lu ce que j'ai pu. J'ai vraiment lu ce qu'en disait Olivier Blanchard. J'ai lu ce qu'en dit Thierry Breton. J'ai lu d'autres spécialistes de la finance et lu des développements certainement très élégants mais férocement inaccessibles au grand public. Au mieux, les uns et les autres éduquaient quelques élites, au pire ils exposaient joyeusement au grand monde leur virtuosité. Mais l'électeur, que comprend-il ? Il lui faut des images concrètes, simples, du bon sens, pour répondre à la séduction facile d'une proposition populiste.
Alors non, ce billet n'est pas un billet économique, certainement pas une synthèse de lectures savantes, arides et sitôt oubliées. Une chronique politique, juste. Comme il se doit.
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