3 commentaires

  • Bonjour (je ne sais comment vous appeler, car même si une proximité intellectuelle existe de mon coté, vous ne me connaissez pas, a part un court échange à Vézelay il y a quelques années dont je doute que vous vous rappeliez),

    J’ai lu votre chronique il y a un moment maintenant. j’avais prévu de le faire ms elle me fut en outre recommandée par mon épouse. Je trouve enfin le temps de vous remercier, peut être de vous témoigner de choses que vous savez déjà par votre pratique. Mon père est mort chez les Augustines de Malestroit qui animent l’un des deux centres de SP du Morbihan. Il était médecin, convaincu par les SP, il m’a fait découvrir Ricot ; Et pourtant il a pleuré le jour ou l’équipe médicale de l’hôpital impuissante devant sa douleur a recommandé le départ vers les Augustines de Malestroit. Son passage en SP ne fut pas forcément un long fleuve tranquille, le dosage des antalgiques a eu parfois des effets déstabilisants sur sa psyché, mais nous avons eu, lui et nous, de grand moment de bonheur, une Toussaint merveilleuse, ou il avoua à ma mère après le départ de ses enfants et de leur famille, « être un homme heureux », alors que deux semaines auparavant je l’avait vu, à l’hopital en hémato se tordre de douleurs, priant très fort pour que s’arrêtent ces moments insupportables pour lui et pour nous.

    J’ai pleuré en lisant votre chronique, me rappelant l’infini délicatesse des infirmières, aides soignantes, médecins, bénévoles (mais pas tous les bénévoles… mon père en appréciait certains plus que d’autres … tout le monde ne peut pas être bon ou bien ajusté tout le temps 😉 ) et une ou deux augustines. J’ai revécu en vous lisant, ce moment, ou sortant de la chambre de mon père qui perdait peu a peu sa conscience le dernier we, j’ai croisé cette infirmière qui, me voyant passablement secoué, m’a dit, en me regardant droit dans les yeux, avec une infinie douceur : « c’est dur de voir partir celui qu’on aime », cette phrase qui pourrait sembler dure m’a marqué pourtant, et ce moment me revient souvent, car il n’était plus question de se mentir, il ne l’a jamais été d’ailleurs, mais de regarder la vérité en face et pour lui et pour nous. J’ai vu chez ces soignants une attention permanente au bien être du patient, mais également une attention aux proches, s’effaçant quand il le fallait, discutant quand il le fallait, souriant avec nous, restant présents face à la souffrance de mon père ou face à notre tristesse; j’ai été souvent surpris pendant ce mois et demi de voir mes enfants pas rebutés à l’idée d’aller à Malestroit voir leur grand-père dans une ambiance qui pourtant n’était pas des plus carnavalesques. J’ai vu une infinie humanité, parfois en recherche, tâtonnante médicalement (échouant parfois, et acceptant cet échec) et humainement. Le service nous a invité à un petit évènement qu’ils font chaque début juillet dans le service pour tout ceux qui, proches ou patient (plus rarement) y sont passé dans l’année. Ma mère a pu y aller avec ma sœur, j’étais à Vézelay avec mon frère pour la première fois ou nous pouvions faire le PPDF tous les deux. Mais j’ai pu retourner pendant l’été, pour les remercier, passer un moment. Ils ont pris le temps de me recevoir, alors que tout était fini, et qu’ils avaient surement d’autres choses à faire ; mais je n’ai pas revu cette infirmière qui probablement, par son regard, sa voix et ses paroles, m’a fait accepter cette mort que je ne voulais pas voir mais que je savais inéluctable.

    La tentation du bénévolat en SP comme vous le faite me travaille, mais le manque de temps (et pourtant j’imagine que vous êtes assez occupé de votre coté) et la peur peut être de certaines blessure non refermées ou d’une difficulté à gérer mes émotions m’ont empêché de sauter le pas… mais j’y viendrais surement.
    Encore un profond merci pour votre engagement, et pour votre témoignage. ce fut éprouvant à lire car cela remua certaines choses, mais apaisant, un peu comme les SP…
    Damien R
    ps : je suis l’un des guignol qui vous suit sur twitter; nous avons pu échanger parfois. (@macareuxA)

    Répondre

Répondre à Damien Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.