Une rage nationale

rage3Dans ce climat détestable de crise politique et institutionnelle, et de menace terroriste directe, difficile d’évacuer la rage qui me ronge devant les menées tactiques de la droite et de la gauche.  Réponse tactique qui remplace vision et projet, qui monopolise leur attention. La question a définitivement cessé d’être l’élaboration d’un projet, celui qui serait « bon pour la France », la priorité est passée à l’observation de l’état supposé de l’électorat pour s’efforcer d’y coller – voire le manipuler, pour y parvenir. Eux songent à leur carrière, leurs postes de dans dix ans, nos vies ne sont que l’instrument de leurs ambitions.

Depuis des années, on nous serine la fin du clivage droite / gauche, appelée de ses vœux par des intérêts divers. Clivage dans lequel je me reconnais déjà difficilement, tant les positions de certains socialistes (certes pas les plus médiatiques, mais je pense à Dominique Pottier ou encore Jo Spiegel) rejoignent davantage ma conception du bien commun que celles de nombre de politiques de droite. Mais cette prétendue prophétie n’est-elle pas auto-réalisatrice ? Et dans quelle mesure ne traduit-elle pas simplement la recherche absurde et effrénée du clivage, le vrai clivage, celui qui marquerait la véritable ligne de fracture, la ligne jaune qui mettrait définitivement la moitié des Français d’un côté et l’autre moitié de l’autre, celui qui diviserait bien et irrémédiablement les Français ? Oh bien sûr, on perçoit bien l’intérêt des politiques : ils clarifient, divisent et excommunient. Mais est-ce notre intérêt, à nous Français ? Est-ce l’intérêt du pays ? Ils ont oublié la vocation du politique, oublié l’ambition de rassembler, non pas pour trouver un consensus creux mais parce que si nous formons un pays, une nation, nous devons nous efforcer, avec toutes nos différences, de marcher ensemble. Après les attentats du 13 novembre, et dans la perspective évidente de nouveaux attentats, de nouveaux massacres, qui flingueront des Français bien réels, bien charnels, feront d’autres orphelins et blesseront une fois encore tout un pays, il est odieux et insupportable de les voir parler encore de politique tacticienne ! La dignité n’a duré qu’une semaine, le temps d’une suspension de campagne.

Car c’est bien à cela que nous assistons, et probablement y-a-t-il aussi une culpabilité générale à ne pas interpeller avec plus de virulence les politiques non sur leurs tactiques mais sur leurs visions, non sur leurs alliés de circonstance mais sur leur capacité de rassemblement.

Inutile de rappeler les mouvements tactiques de ce dimanche, qui ne vont pas tous dans le sens de la clarification et du respect des électeurs. Mais à plus long terme, se lève le soupçon d’une volonté commune, à droite et à gauche, d’une recomposition tacticienne du paysage politique.

Et que proposent-ils en remplacement, sinon une hystérisation du clivage droite / gauche actuel ? Un clivage libertaire / autoritaire ? Valls – Le Maire d’un côté, Le Pen – Sarkozy de l’autre ? Il n’y a guère moins d’autoritarisme chez le premier que de libertarisme chez ce dernier. Un clivage souverainisme / mondialisme ? Croit-on vraiment que cela dessine une ligne ?

A droite, Nicolas Sarkozy caresserait le projet d’un virage à droite, d’une campagne « très à droite ». La répétition du mot d’ordre frise le ridicule. Combien de virages à droite est-il donc possible de prendre sans tourner en rond ? Combien de fois va-t-il trouver dans la droitisation supposée de l’électorat une excuse pour justifier sa ligne ? Combien de scrutins a-t-il perdus en psalmodiant « droitisation » comme un mantra, depuis 2007 ? Tous. Et aujourd’hui le Front National est devant Les Républicains. Peut-il aller plus à droite encore une fois sans fusionner avec le Front National, ou quelques transfuges ? Qu’est-ce qui distingue encore les deux ? Les subventions au Planning Familial, qu’il a brandies de façon incompréhensible devant David Pujadas ?! A supposer que l’électorat se soit droitisé, il n’est pas sans responsabilité dans cette droitisation. Parce qu’il est toujours plus facile de crier plus fort que de parler plus juste. « Si ça n’a pas marché, c’est qu’on n’en a pas fait assez ». J’attends d’un vrai leader politique qu’il dessine le projet dont il estime dans son intime conviction qu’il est bon pour le pays, pour ensuite s’efforcer de rassembler loyalement sur celui-ci. Et je vous fiche mon billet qu’un leader politique décidé à déployer son talent et son énergie à recentrer l’électorat – ou, plus qu’à recentrer, ce qui paraît toujours suspect à certains, à rassembler – il y parviendrait.

A gauche, François Hollande et surtout Manuel Valls ne portent guère moins de responsabilité et ce dernier fait preuve de plus de cynisme encore. Je l’avais évoqué il y a bientôt un mois, ce funeste 13 novembre, dans ce billet : Valls avec Marine. Manuel Valls sait pertinemment qu’il ne pourra jamais être le candidat de la gauche dans sa configuration actuelle. Lui qui a toujours été minoritaire au parti socialiste n’emporte pas davantage l’adhésion aujourd’hui. Alors, oui, j’apporte un certain crédit aux velléités de recomposition artificielle qu’on lui prête. Valls contre Le Pen, c’est sa seule chance. Et tant pis pour moi, tant pis pour nous, tant pis pour les Français, tant pis pour la France. Il en a tiré son parti, quitte même à favoriser l’installation du Front National par la déclaration insensée qui justifiait mon billet, sur l’éventuelle fusion de listes, dès la mi-novembre. Aujourd’hui, dans l’un de ses excellents contrepoints, Guillaume Tabard pose plus franchement la question :

Peut-être est-ce finalement l’objectif caché du premier ministre : préparer cette fluidité électorale entre la gauche et la droite, ou du moins entre le PS, les Républicains et les centristes. Valls pense déjà à 2017 et à l’après-2017.

Je ne suis ni totalement béotien ni parfaitement naïf et je conçois parfaitement que la politique ne se passe pas de réflexions tactiques. Je refuse d’en être le pion complaisant, et j’ose cet élémentaire rappel : c’est la tactique qui est au service des convictions, pas l’inverse. Ou l’électeur fait crédit à celui qui parait en avoir, quelles qu’elles soient.

Auteur

Monoépoux, multipère, et fidèle à plusieurs titres. Également avocat (associé fondateur BeLeM Avocats) et auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015, éd. du Cerf)

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44 comments

  • Tout à fait d’accord avec vous, Koz. Pour moi, cette montée des extrémismes date de 2002, quand la majorité des Français a voté à plus de 80% pour Jacques Chirac , pour contrer Jean- Marie Le Pen, mais qui n’ont pas été pris en considération par la suite. Il aurait fallu , à ce moment faire un gouvernement d’union nationale, avec des gens compétents de part et d’autre de l’échiquier politique….mais non, là encore, c’est la logique des partis qui a prévalu. Pourquoi n’arrive-t-on pas dans le domaine politique, à rassembler des Hommes de bonne volonté, dans la seule optique de penser d’abord au vivre ensemble de tous nos compatriotes ? On y arrive bien à l’échelon local et régional !

  • S’agissant des subventions au planning familial brandies bêtement par Nicolas Sarkozy, puisque l’on parle de la région PACA, voici le lien du planning familial de Marseille: que lit on en bas de page à la rubrique: ‘Soutien à la caisse de solidarité des avortements hors délai » « Quand, en France, une femme ne veut pas poursuivre sa grossesse et qu’elle dépasse le délai légal de 12 semaines de grossesse, elle a encore la possibilité de se rendre dans un autre pays d’Europe où la législation est différente et les délais plus longs, comme l’Espagne, l’Angleterre ou les Pays-Bas. Encore faut-il pour cela qu’elle soit informée de cette possibilité et qu’elle en ait les moyens financiers et matériels. Si l’IVG est depuis peu remboursé à 100% en France, un avortement à l’étranger coûte entre 600 et 2000 euros selon l’avancée de la grossesse ; il faut rajouter à ce montant le prix du trajet et parfois un hébergement. Au Planning Familial 13, nous recevons certaines de ces femmes, les écoutons, les orientons et parfois les accompagnons. Trois ou quatre fois par an, nous rencontrons une femme qui ne dispose pas de la somme requise pour avorter à l’étranger. Nous l’aidons à hauteur des dons que nous recevons. Cette caisse de solidarité pour les avortements à l’étranger a besoin d’être alimentée. Car c’est dans l’urgence que cet argent doit être récolté Parce que tant qu’il existera des délais, des femmes se retrouveront hors de ces délais. Parce qu’il est inacceptable que l’avortement soit une question d’argent. Parce que tant que nous ne disposerons pas de nos corps librement cette caisse de solidarité sera indispensable. » http://www.leplanning13.org/ Nous soutenons donc à fonds publics, une association qui propose de contourner la loi française sur l’avortement . Et il faudrait que nous fermions les yeux? Marion Maréchal Le Pen appartient à un parti qui a effectivement beaucoup de tares et qui charrie de nombreuses scories. Mais elle a le mérite de mettre le doigt sur des situations réellement odieuses, avec la complaisance insensée de la gauche et d’une grande partie de la droite. Et bien si j’habitais en PACA et contrairement à KOZ, je prendrais le risque de voter pour MMLP car en politique, le personnel a rarement de l’intelligence et du courage. En général c’est l’un ou l’autre. Mon cher KOZ, en PACA, je jouerais.

  • Je constate que les événements et notre réflexion personnelle nous font être en accord. Sans doute est-ce lié à notre recherche réciproque de cohérence.

  • Je te rejoins, Koz. Et suis frappé par ta dernière phrase: « c’est la tactique qui est au service des convictions, pas l’inverse. Ou l’électeur fait crédit à celui qui parait en avoir, quelles qu’elles soient. » J’ai effectivement l’impression que la tactique a remplacé tout le reste. Que le moyen est devenu un finalité, si tant est que cela soit possible.

    Ceci me parait s’appliquer également aux discours du FN, tant chaque candidat de ce parti semble avoir son propre programme, sa propre interprétation. Beaucoup semblent ne pas s’en apercevoir. Ou l’oublier… Sans même parler du programme dans son ensemble.

    Se trouvent mises face à face deux hémiplégies : – Celle de si nombreux politiques, capables de tout dénoncer, selon les circonstances, mais aussi de tout défendre, à droite comme à gauche, extrêmes inclus. (nombreux sont les exemples ces derniers mois, sur tant de sujets). – Et celle de chacun de nous, électeurs ou pas. Tentés à chaque instant de débrancher une partie de son cerveau. En se focalisant sur le point clivant qui lui convient, et en rejetant tout argumentation en dehors de ce sujet. Comme si la cohérence ou la pertinence d’un programme se jugeait sur un seul critère.

    Dur de réfléchir et naviguer dans ces conditions…

  • Merci de réagir, comme d’habitude, quasi instantanément, mais avec du recul. C’est cette capacité d’analyse qui fait que je vous lis avec beaucoup d’intérêt, malgré parfois des divergences, relatives, dans les conclusions

  • @ de Fonton, on me dit souvent « je ne suis pas toujours d’accord avec vous, mais…« . Le fait est que je n’attends de personne qu’il soit toujours d’accord avec moi. Qu’il le soit, souvent, ça me plaît assez. Que j’arrive à le convaincre s’il ne l’était pas spontanément, c’est pas désagréable. Mais au-delà de ça… 😉

    @ de germiny : avez-vous bien saisi mon propos ? Je n’en suis pas certain. Sarko dénonce la position de Marion Maréchal Le Pen. Je ne suis pas certain que j’en aurais fait une priorité mais ce n’est pas ce que je fais. Et je ne comprends pas la sortie de Sarko.

    @ Cécile Gravrand : je ne saurais dire. Car on ne peut pas non plus dire que les gouvernements de Chirac étaient spécialement « droitisés ».

    PVimic a écrit :

    J’ai effectivement l’impression que la tactique a remplacé tout le reste. Que le moyen est devenu un finalité, si tant est que cela soit possible.

    Il y a un manque de respect de l’électeur. Certes, le militant n’est pas toujours brillant, mais il y a ce sentiment qu’on en fera ce qu’on voudra. Et comme il n’y a de toutes façons plus de conviction fondamentale, rien ne sert de se fâcher pour cela alors que l’on peut procéder à un ajustement tactique.

    ==

    Et tenez, à l’instant, je relève « les calculs de Hollande face au désastre« , renommé « Hollande compte bien rester muet face au désastre ». Et que lit-on ?

    « Le scénario, c’est de construire l’échec de la droite, diagnostique un conseiller ministériel. On a considéré que trois régions étaient perdues et que, perdues pour perdues, mieux valait les laisser au FN qu’à la droite en insistant sur la défaite de celle-ci. » Les nécessités tactiques imposent de se montrer ouvertement cynique. La victoire de Marine Le Pen, en Nord Pas-de-Calais-Picardie, nonobstant le choc, présenterait pour le camp présidentiel un indéniable avantage tactique : concrétiser durablement la figure de l’épouvantail électoral susceptible de polariser, autour de lui.

  • S’il doit y avoir une recomposition politique, je ne crois pas qu’elle viendra d’une manipulation de l’électorat par les politiciens. Leur influence ne va pas si loin: la société change sous l’effet de tendances économiques et sociales auxquelles ils ne peuvent pas grand-chose. À preuve, le phénomène FN a ses équivalents dans la majorité des pays occidentaux (vous trouvez affolant l’extrémisme à la française? Écoutez donc Donald Trump deux minutes).

    Le fait est que dans notre tradition politique, il y a deux camps au bout du compte; c’est l’effet du mode d’élection autant que de la culture de 200 ans de batailles et de débats. Il n’est que de voir la faciilité avec laquelle les EELV, PS et PdG qui le pouvaient ont fusionné leurs listes. Ils ne sont pas d’accord sur grand-chose, certes, mais ils n’avaient pas vraiment le choix: c’est leur appartenance à un camp qui détermine cette décision, plus fondamentale que toutes les prises de position.

    Or, actuellement, nous avons trois partis de force comparable. Situation instable, qui conduit les uns et les autres à des choix incohérents dans le temps (d’une élection à l’autre) et dans l’espace (d’une région à l’autre), ce qui est intenable à terme. On le voit quand le débat principal à gauche comme à droite porte sur les ralliements, retraits, fusions, etc.

    La recomposition est une issue logique. Une autre serait la marginalisation de l’un des trois camps en présence. Les politiciens ne peuvent pas tirer toutes les ficelles de ces mouvements, alors ils cherchent à se positionner dans ce paysage changeant. Manuel Valls est celui qui l’a fait avec le moins de finesse, car sa position est parmi les plus fragiles. Nicolas Sarkozy, étonnamment pauvre en imagination, essaie de revenir à ce qui a marché en 2007 en visant une marginalisation du FN par absorption de ses idées, mais cela le conduit à annoncer un virage de plus; après tous ceux qu’il a déjà faits et qui ont eu peu de succès, ce n’est plus crédible.

    Mais d’autres, aux convictions plus affirmées, sont aussi en train de se positionner pour une recomposition: Jean-Pierre Raffarin appelle cela une « refondation » mais c’est à peu près la même idée. Alain Juppé, qui va tenter de gagner la primaire en agrégeant des électeurs de droite, du centre et même un peu de gauche, est dans le même esprit – un esprit qui n’est pas nécessairement celui du clivage.

  • Je partage une bonne partie de votre analyse pour ne pas dire la totalité, notamment et je le relève avec plaisir l’appréciation du député Pottier et de sa réflexion. l’ayant entendu à l’AN dans le cadre d’un colloque sur la fin de vie, je m’étais dit à l’époque, en l’écoutant, que bien qu’étant « de droite » je me verrais sans difficulté voter pour D Pottier, pour son discours mesuré, que je ne partageais pas forcément en totalité, mais dont j’appréciais la mesure et un vrai sens de mettre en œuvre une politique concrète en partant de ses convictions.

    J’étais ressorti de ce colloque particulièrement optimiste sur le personnel politique! las, le temps a passé, et ce que vous mentionnez, l’absence de recherche de sens et d’envie de créer un projet véritablement « national » et non des petits projets répondant, conjoncturellement, à chaque demande catégorielle ou communautaire ont rabougri cet enthousiasme…

    Pourtant plein cœur de cible des électeurs actifs (intégré socialement, professionnellement, culturellement, intéressé à la vie politique, éduqué sur ces questions), je me force à aller voter, je me force à faire un choix alors que par deux fois depuis deux ans j’ai voté blanc. J’imagine alors parfaitement l’apathie d’une partie de l’électorat qui ne croit plus que les élections puissent avoir un impact sur leur vie au jour le jour. ou bien la colère ou la désillusion d’une autre partie qui peut voir un gouvernement (et pas que depuis 2012) dont la principale activité semble se partager entre la communication à voter des lois « marqueur de gauche » pour faire croire qu’on a encore des convictions et le travail à définir les éléments de langage justifiant la baisse que représente une énième hausse du chômage.

    Les seuls contents d’aller au bureau de vote sont mes enfants puisqu’il y a des bonbons près de l’urne !

    Nous avons choisi d’aller pied au plancher vers l’individualisme (je lisais encore ce matin l’abstentionnisme montant chez les moins de 40 ans) pour fuir les errements des grands rêves collectifs qui se sont transformés en cauchemar… au final nous restons hébétés devant notre société creuse et en voie d’aseptisation qui ne suscite l’adhésion de plus grand monde.

    Alors,oui, on a envie de croire des Pottier, des Fromatin… et d’autres surement, mais il est tentant de désespérer tant ils sont peu audibles.

    Merci en tout cas à vous de participer au maintien d’une réflexion et d’un débat vivant. Ayant de ce que je crois comprendre à peu près la même structure familiale que vous, je suis impressionné de votre action et perçois le cout qu’elle peut avoir sur la vie familiale (merci dc aussi à Mme Koz).

  • 1.Le nombre d’inscrits sur les listes électorales est de + ou – 45 millions. Le nombre de non inscrits est entre 5 et 6 millions. Le total des non-inscrits, des bulletins blancs et nuls, des personnes qui n’ont pas voté représente 57% du corps électoral possible. Cela signifie que le PS, l’UMP, le Font National pèsent moins chacun de + ou – 15% du corps électoral maximum possible. Difficile alors de dégager une majorité pour gouverner. Notre système politique peut-il alors continuer à fonctionner ainsi encore longtemps ou non? 2.Pendant longtemps le ciment des diverses composantes de la droite a été l’anti-communisme. Anti-communisme qui était aussi une ligne de fracture au sein des socialistes et de certaines composantes de l’extrême gauche. La fin du communisme soviétique a mis fin à tout cela. Le Gaullisme n’a pas d’équivalent dans d’autres pays d’Europe. La fin du Gaullisme historique a modifié les équilibres politiques de notre pays. La 5 ième République sans De Gaulle peut-elle continuer d’exister encore bien longtemps? 3.Il n’y a pas dans notre pays de parti centriste de masse. Il n’y a pas non plus de parti démocrate chrétien de masse. Alors que va-t-il se passer dans les années à venir? Personnellement je n’en sais rien… Je compte sur les intervenants sur ce blog et sur d’autres pour m’éclairer.

  • Hollande vise un second tour contre Marine. Mais est-il si certain de gagner dans cette configuration ? La même question peut être posée à Sarkozy.

  • Il est pénible de constater que le principe de définition du courant politique aujourd’hui passe essentiellement par la contradiction des autres programmes, sauf là où lesdits programmes semblent fonctionner… pour ramener l’électorat à soi. S’ensuit une évidente perte de repères puisque « tous se valent! » Pourtant je persiste à croire qu’une voix correspondant dans l’ensemble à mes convictions puisse s’élever.

    Au vu du panorama politicien actuel cela ne semble pas si certain…

    Petit point de situation: aucune des fractures fictives que vous listez, Koz, ne paraissent en effet caractériser la configuration (ou reconfiguration?) de ces derniers temps. Mais alors, vers quelle bannière tourner son regard pour porter haut les couleurs de la France? Mon malaise vient de fait qu’en levant la tête je ne vois personne qui brandisse l’étendard de notre pays pour être suivi en avant. Soit, comme l’ont signalé nombre d’entre vous, parce que leurs voix sont désespérément inaudibles, soit au contraire parce leurs voix servent seulement à crier plus fort que les autres dans une mêlée confuse et fratricide. Bon sang, à moins d’un mois des attentats, faisons au minimum preuve de décence pour opposer une figure fière et digne de la France à la barbarie qui rôde. Et par pitié arrêtons de lui faciliter la tâche de division interne qu’elle cherche à réaliser!

    Il me semble que ce billet fait directement écho à « Que voulons-nous sauver? » puisqu’il s’agit de la position des Français quant à la direction à suivre, comme peuple et plus comme personnes individualisées. Alors bien sûr, loin de moi l’idée de poser une opinion dite chrétienne, pourtant les chrétiens auraient intérêt à s’entendre pour peser ensemble dans le sens de ce qui en a vraiment. Quitte à avoir trois courants principaux, pourquoi ne pas en pousser un quatrième qui soit mû plutôt par la conviction de ses soutiens que par une mesquine lutte tacticienne?

  • Bonsoir Koz,

    Je me permets de faire une remarque sur le « virage à droite » que prendrait Nicolas Sarkozy. Vous dîtes qu’à chaque fois qu’il l’a fait, il a perdu les élections. C’est faux. En 2007, il a tenu des discours sur cet angle piquant parfois des idées du FN. Il a été élu avec 53.5 % des voix. Seulement, une fois au pouvoir, il s’est dégonflé. Il ne les a pas mis en application et son comportement n’a pas été à la hauteur d’un président de la République. Il essaye de refaire le coup en 2012. Il échoue de peu, à 48.5 %. Notons que nous sommes en pleine crise économique et qu’en Europe tous les gouvernements en place se sont fait balayés d’un revers de main par les électeurs en raison de la politique d’austérité qui les frappaient. Nicolas Sarkozy était sur la défensive de son bilan mais il savait que les Français sont attachés à l’identité de leur Nation. Ce ne sont pas les discours qui font peur aux Français mais l’agacement de ne pas les voir se concrétiser.

    J’en veux pour preuve que s’il était réellement à droite, alors il ne mettrait pas les candidats centristes en bonne place pour les listes électorales. Il a calculé qu’en raison de la montée du Front national, il pouvait récupérer un électorat déçu par la gauche. Mais c’était une profonde erreur car il méprise les militants du parti les Républicains qui sont proches du FN sur les questions d’immigration et de sécurité. La différence entre eux étant l’Union européenne et l’euro, quoique le FN n’a jamais propose de sortir de l’UE et de la monnaie commune (il suffit de lire son programme).

    Nicolas Sarkozy a eu les Français deux fois sur le discours droitier mais pas deux car ils savent que c’est un opportuniste qui vendrait père et mère pour être au pouvoir. Peu importer les idées, pourvu que le poste soit bon.

  • @ Cécile Gravrand: Le gouvernement d’Union nationale, c’est comme l’Etat d’exception ou d’urgence, cela doit être limité à un moment de passage limité à quelques mois (par exemple le gouvernement d’union à la suite de l’appel de de Gaulle en 58, le temps de faire une constitution et de prendre les premières mesures).

    Sinon c’est complètement adémocratique, voire anti-démocratique et dictatorial, car cela retire la possibilité à l’électeur de faire pression avec son vote. Vu qu’il n’y a plus d’alternative possible, le vote des urnes devient une farce, et l’assemblée devient une ONG sans clivage politique majeur.

    Si cela dure au-delà d’une année c’est la bombe nucléaire de la démocratie représentative. Après plus rien ne repousse sauf un Président qui pourra s’installer à vie, car il se placera en tant que garant de cette union nationale qui justifiera son rôle indéfiniment.

  • Merci de ce billet, il résume ma pensée de puis longtemps. Quand aurons-nous un véritable projet porteur de sens et d’avenir pour notre pays, au lieu de l’empilement de mesurettes sans aucun lien entre elles. Je serais en revanche moins optimiste sur la capacité d’un homme politique porteur de ce genre de projet d’émerger en France. Les appareils des partis sont la pour l’empêcher…

  • @ Antoine : comme je l’ai dit et répété suffisamment souvent, on suppose que cela a fonctionné en 2007. Admettons. Je ne suis pas du tout certain que cela soit si vrai, et certainement pas suffisant. Je n’ai assurément pas voté pour lui à l’époque en raison de son positionnement droitier, mais malgré celui-là. En 2007, il apportait surtout un vent nouveau, de l’énergie, une ambition d’ouverture, de libéralisation et de reconquête – au demeurant, pas franchement ce que le FN offre aujourd’hui. Comme moi, d’autres ont pu imaginer que le discours droitier était circonstanciel, mais c’est devenu la figure la plus récurrente de son discours.

    Et toutes les élections suivantes ont été menées sur une stratégie droitière. Toutes ont été précédées de débats (mosquée, burqa, identité nationale etc.) destinés à les placer sous l’angle droitier. Toutes ont été perdues. On ne refait pas l’Histoire, et le fantasme selon lequel il aurait pu gagner s’il y avait eu deux semaines de plus est non seulement un fantasme qu’agite tous ceux qui perdent l’élection présidentielle, caressant le doux rêve qu’en réalité ils avaient raison, il leur avait juste manqué un peu de temps. Surtout, s’il avait continué dans cette veine, continué dans la veine de son clip de campagne d’entre-deux-tours, clip que l’on aurait cru réalisé par le FN (avec son fameux panneau de douane figurant une frontière entre un pays de langue arabe et la France), alors il aurait perdu des électeurs, soit pour l’abstention, soit mais moins probablement pour Hollande.

    Qu’importe les mesures effectives : il a toujours fait les mêmes choix tactiques.

    Antoine a écrit :

    J’en veux pour preuve que s’il était réellement à droite, alors il ne mettrait pas les candidats centristes en bonne place pour les listes électorales.

    Vous parlez d’une preuve… La droite a toujours fait alliance avec le centre, y compris lorsqu’il s’agissait du RPR de la grande époque, qui faisait naturellement alliance avec l’UDF. Assumez être d’extrême-droite, ne prétendez pas parler pour la droite.

    Aristote a écrit :

    Hollande vise un second tour contre Marine. Mais est-il si certain de gagner dans cette configuration ? La même question peut être posée à Sarkozy.

    La question peut en effet se poser.

    dljsouris a écrit :

    Alors bien sûr, loin de moi l’idée de poser une opinion dite chrétienne, pourtant les chrétiens auraient intérêt à s’entendre pour peser ensemble dans le sens de ce qui en a vraiment. Quitte à avoir trois courants principaux, pourquoi ne pas en pousser un quatrième qui soit mû plutôt par la conviction de ses soutiens que par une mesquine lutte tacticienne?

    Malheureusement, je crains que « les chrétiens » n’aient récemment fait la démonstration du fait qu’ils ont aussi des divergences politiques fondamentales entre eux.

    L. Boitouzet a écrit :

    Juste analyse Koz, et en terme de projet et de vision pour la France, que penses tu de celle de François Fillon?

    Je regarde, avec un certain intérêt. Guère d’enthousiasme, d’autant que j’ai des griefs précis à lui faire, mais dans l’offre actuelle, il a une certaine tenue et constance. Il lui faudrait prendre plus d’ampleur.

    @ Damien ROGER : je vous comprends. Il y a quatre ans, [j’ai voté nul](http://www.koztoujours.fr/jai-vote-nul-et-je-ne-veux-pas-que-ca-se-reproduise%5D. Maigre révolte : c’était pour des cantonales. Je relis mon billet et je désespère un peu, j’avoue. Rien n’a bougé, rien n’a changé. Nous nous sommes juste enfoncés un peu plus.

    Gwynfrid a écrit :

    Mais d’autres, aux convictions plus affirmées, sont aussi en train de se positionner pour une recomposition: Jean-Pierre Raffarin appelle cela une « refondation » mais c’est à peu près la même idée. Alain Juppé, qui va tenter de gagner la primaire en agrégeant des électeurs de droite, du centre et même un peu de gauche, est dans le même esprit – un esprit qui n’est pas nécessairement celui du clivage.

    En lien avec le billet que je cite plus haut. Oui, à un moment donné, il va peut-être falloir scinder cette UMP, quitte à passer des alliances préférentielles. Je crains de ne pas me sentir totalement représenté non plus s’il fallait que l’axe Raffarin-Juppé abandonne certaines valeurs auxquelles je tiens, certains axes (tels la réflexion sur l’identité) que je crois malgré tout nécessaires. Mais quand je vois la situation présente…

  • Il est vraisemblable qu’Hollande vise effectivement le duel avec le FN : quelle dérision ! Quoiqu’il arrive Dimanche, les trois partis aujourd’hui leader pavoiseront mais il y aura deux gagnants : le FN , cela indépendamment du nombre de régions gagnées, et le PS qui échappera vraisemblablement à la bérézina socialiste que tout le monde pronostiquait il y a peu. Et il y aura un perdant, Sarkozy que certaines tètes de liste régionales du parti républicain doivent déjà tenir à distance pour espérer l’emporter. Sarkozy, qui aura le plus grand mal à s’approprier un succès des listes L.R. Un Hollande stratège pourrait en profiter pour basculer le combat de 2017 en lançant Vals ou Macron à la tète d’un « mouvement social démocrate moderne » dont il serait le père spirituel. Il n’est sans doute pas prêt à une telle manœuvre mais ce serait la seule voie réaliste pour opposer à une nouvelle droite conservatrice en construction un mouvement alternatif d’ampleur capable de gagner des élections sans la gauche marxiste ( qu’elle soit communiste ou repeinte aux couleurs écologistes ) afin d’adapter la France à un monde extérieur qu’elle croit encore pouvoir influencer. Et pourtant, même si cela n’a jamais marché dans notre pays encore trop imprégné de la lutte des classes et de la drogue étatique, il n’y a « en face » qu’un parti en pleine guerre des chefs sans aucun jeune disponible pour tenter cette démarche ( trop tôt ). Il n’y a en face qu’un Sarkozy qui a trop viré à droite pour etre crédible dans la fonction, un Juppé pas assez flexible pour rameuter large et trop agé pour incarner le renouveau, un Fillon qui ne parvient pas a etre pris au sérieux faute de charisme. Et pourtant……………….

  • Koz a écrit :

    Je regarde, avec un certain intérêt. Guère d’enthousiasme, d’autant que j’ai des griefs précis à lui faire, mais dans l’offre actuelle, il a une certaine tenue et constance. Il lui faudrait prendre plus d’ampleur.

    Bien sûr. Mais le charisme de Juppé n’arrive pas à me réveiller et j’ai encore plus de griefs précis contre lui. Si on ne veut pas de Sarkozy comme candidat des LR en 2017, il faut quelqu’un qui soit plus que Juppé capable de siphonner les sarkozystes qui finiront par comprendre que NS les mène à l’échec.

  • @ Koz: Moi être extrême droite ? Ça dépend des idées que je défend. Si vous entendez pas être extrême droite défendre les racines chrétiennes de la France et les conceptions traditionnelles de la Vie et de la Famille alors je l’assume complètement et j’en suis fier. Vous noterez quand même que cette conception de la France est partagée par un grand nombre de Français. En ce cas, je ne vois pas en quoi je serai un fasciste. Mais passons.

    Si vous dîtes qu’il s’agit de faire sortir la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, je vous arrête tout de suite. Comme je l’ai dit dans mon commentaire précédent, le FN ne l’a jamais proposé. Il suffit de lire son programme. Certes, il fait des critiques qui sont salutaires sur l’état de l’UE, de la monnaie unique et de la politique otanienne mais il ne propose pas d’en sortir. A la place, il propose la formule ambiguë de l’Europe des Nations qui est la même chose que celle de « l’Autre Europe ». Je suis un sympathisant de l’Union Populaire Républicaine (http://www.upr.fr) fondé par François Asselineau qui est le seul parti qui propose aux Français de sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN. Par ailleurs, nous ne pouvons être classé à l’extrême droite car le Ministère de l’Intérieur nous a classé dans la liste divers. Il a reconnu que la question de la sortie de l’UE touchait tous les Français quelles que soient leurs idées.

    Je pense que le qualificatif d’extrême droite est surtout instrumentalisé à toute les sauces pour désigner n’importe qui ne partagerait pas ses idées. Ça donne le niveau médiocre des débats politiques en France. Elle est utilisée pour essayer de déstabiliser l’opposant politique. Si elle pouvait fonctionner pendant un temps, elle est totalement caduque aujourd’hui. C’est vrai, le RPR a toujours fait alliance avec l’UDF face au FN mais il faut voir que son discours comme en 1995 était très proche de ce parti. Les mouvements de la droite classique ont surtout changé en fonction des intérêts des dirigeants, au détriment de la base militante qui se retrouve un peu déboussolée. La question qui se pose est la suivante: le nombre (les centristes étant les plus nombreux) ou la qualité (les idées étant partagées par beaucoup de Français) ?

  • Marine Le Pen a déclaré au micro de Jean Jacques Bourdin son intention de pourrir la vie au gouvernement à partir de lundi prochain. C’est de bonne guerre. Ses électrices et ses électeurs veulent une opposante qui s’oppose et pas d’un vrai faux opposant (Sarko?) Bon soit. Mais je m’imagine mal De Gaulle ou Pompidou se présentant à des élections pour pourrir la vie au gouvernement de leur pays.

  • Koz,

    Ne pensez-vous pas que, plus que l’individualisme, un des maux de nos sociétés modernes est la place que l’Etat y occupe? L’apathie ne vient-elle pas d’une bureaucratisation de nos vies plus que d’un individualisme forcené, aisé à dénoncer mais qu’on retrouve fort difficilement dans la réalité?

    Voyez les programmes des candidats, les dépêches, les interviews, les articles. L’étatisme, le conformisme (fut-il « rebelle »), l’égalitarisme ne sont-ils pas très présents? C’est là une impression que j’ai, et que ce climat (qui m’est très pénible) a une conséquence dramatique, à savoir que nos libertés reculent -chaque semaine une nouvelle interdiction, limitation, taxe-.

    Malgré ce constat, j’essaie d’être optimiste. L’incompétence crasse de nos élites se voit chaque jour un peu plus (cf Bartolone, à titre d’illustration). L’idée finira bien par germer dans la tête des gens : en quoi avons-nous besoin d’eux (politiques/journalistes)? En rien. Pondre dix-huit procédures ne remplacera jamais la bienveillance, la décence, l’écoute. C’est d’avoir oublié cela que la France crève. On pourra déverser des tombereaux d’argent, créer de nombreuses obligations et d’encore plus nombreuses procédures, sans ces qualités essentielles, tout sera perdu. C’est votre blog qui m’a fait comprendre cela : l’action peut être et doit être individuelle, écouter autrui avec bienveillance est une nécessité fondamentale, la liberté religieuse est la première menacée (ou est, en tout cas, un bon thermomètre du climat antilibéral en France).

    Bref, sans faire de vous le porte-parole des chrétiens, je suis curieux de savoir si vous considérez que le libéralisme (au sens strict) est soluble dans le christianisme? Peut-être ne partage-t-on pas le même diagnostic, ou que nous n’en tirons pas les mêmes conséquences.

  • @ Koz: J’entendais par là définir une base non négociable de positions à défendre pour se faire entendre en tant que chrétiens, avec le message que cela comporte. Ceci étant dit, je comprends votre remarque puisque la discussion actuelle engendre de fait des prises de position diverses… Dans la mesure où la dilution des opinions ou leur radicalisation diabolisée menace, faut-il en conclure qu’un point de vue résolument chrétien ET traditionnel (au sens où l’entend Antoine) ne puisse être défendu?

  • @ Antoine: Notez quand même que j’ai beaucoup de mal avec les « cathos milis » du FN parce que la discussion est toujours bloquée. Je suis issu d’une famille traditionnel mais pas traditionnaliste…

  • Et je rejoins largement Koz à propos de l’aveuglement volontaire (comment l’expliquer autrement) de certains catholiques sur les idées résolument incompatibles avec la foi chrétienne du FN. Je ne joue pas, comme il était dit il y a quelque temps.

  • @ dljsouris: Je peux le comprendre. Vous faîtes sans doute référence à l’accueil de l’immigré, entre autres. Après, il faut se dire aussi que certains prennent un malin plaisir à accuser de xénophobie et de racisme quiconque ne serait pas d’accord avec eux sur l’immigration. Je pense que chacun à un effort à faire des deux côtés. On peut être contre l’immigration en ayant une certaine manière de le dire comme on peut être pour en arrêtant d’insulter ses opposants. C’est surtout ça qui hystérise le débat comme ça l’a été sur les autres sujets (Union européenne, mariage et adoption pour les couples de même sexe, avortement, etc.). Le problème principal vient de l’impossibilité de débattre calmement sur des thèmes sans que cela parte en vrille.

  • Bonsoir,

    même avant les résultats de l’île de France et de la Normandie, je vois un énorme vainqueur à cette élection: Manuel Valls, et un énorme vaincu: Nicolas Sarkozy.

    Le gouvernement réussit l’exploit d’avoir le haut du pavé moral (en s’étant désisté au Nord et au Sud), et en remportant un nombre plutôt important de régions pour un parti au pouvoir.

  • Effectivement, force est de constater que le débat est souvent grippé des deux c^otés. Cependant, n’étant pourtant pas tout à fait pour l’immigration, je suis souvent traité de catholique tiède par ceux qui parlent de certains étrangers (pourquoi pas de tous?) comme d’une menace pour une France « pure ». Et ce point de vue au nom de la religion me semble une contradiction essentielle…

  • @ dljsouris: Tout dépend du contexte dans lequel vous l’avez été et de la manière dont on vous l’a dit. Néanmoins, le but maintenant est de relever le débat pour vaincre la médiocrité bien présente en politique comme cela l’a été dans la campagne électorale.

  • @ Antoine: Je ne pense que ça dépende du contexte et de la formule employée, le fond révèle une méprise profonde du message de l’Évangile: en aucun cas, la position de catholique ne peut justifier le refus et le rejet de l’autre, en aucun cas. Cette opinion soi-disant bien pensante, rebute plus d’une personne ouverte au dialogue raisonné avec les tenants du FN et je le comprends très bien. Cependant vous avez tout à fait raison en suggérant d’élever le débat à un niveau national pour permettre à l’instrument politique d’être réellement utile.

  • Il me semble que la vraie question est: nos hommes politiques se soucient-ils encore des français ? Ne sommes-nous pas, nous citoyens frustrés, face à une caste politico-médiatique qui est prête à tout pour conserver le pouvoir et les avantages sonnants et trébuchants qui vont avec ? Plus de projet pour la France ? Mais ce n’est pas parce que nos politiques manquent d’idées ! C’est tout simplement parce qu’ils s’en foutent et que le projet (le vrai) est ailleurs: il est dans la dissolution progressive et programmée de l’Etat-nation. Et cette dissolution est déjà bien entamée. C’est là, sous nos yeux (même si certains ne veulent pas voir), en train de se faire (ou plutôt défaire). Cela fait plus de 30 ans que le FN sert d’épouvantail et est instrumentalisé (spécialement par la gauche). Un vent de panique a quelque peu soufflé devant cette montée du FN. Mais tout cela ne sont que péripéties de surface, remous (certes agités par nos médias) apparents. Le mouvement de fond reste et demeure la fin programmée de l’Etat-nation. Ils se foutent des peuples, aussi bien des français que des portugais. Rappelons-nous ce qu’ont subi et subissent encore les grecs. Nous changeons de paradigme et c’est cela qu’il faut analyser, parce que nos n’avons plus le choix. Une des prochaines étapes sera de casser le système de protection sociale français. Le chômage n’a jamais diminué. La précarité du travail est en train de devenir la norme. Les identitaires s’indignent d’autant plus qu’ils savent que leur fin est proche. ET nous allons subir encore et encore les sempiternels débats droite/gauche, pour ou contre la réduction de l’aide sociale, etc pendant que la décomposition se poursuit: échelon local (eurorégion), échelon supra national (les états-unis d’europe) et tout ce qu’il y a entre les deux devra disparaître. Plus de citoyens mais des consommateurs (c’est déjà le cas !!!), ne le voyez-vous pas ?

  • C’est curieux cet argument que tu ressors tout le temps selon lequel la « droitisation » serait un mauvais positionnement puisqu’elle a fait perdre les élections à Sarkozy.

    Le pouvoir en place perd toujours les élections intermédiaires en France (au moins en nombre de voix), quelle que soit la stratégie adoptée. Invoquer des défaites lors d’élections intermédiaires me paraît donc un peu léger pour condamner une stratégie ou une autre.

    S’agissant de la présidentielle de 2012, la victoire de Hollande avec 51,6% représente le 3e score le plus serré de l’histoire de France (2e score le plus serré de la Ve république). Dans un contexte où nous étions au milieu d’une grave crise économique et où la « droite » était au pouvoir sans discontinuer depuis 17 ans, il me paraît difficile d’arguer de cette élection pour blâmer définitivement la stratégie suivie, quelle qu’elle soit.

    Sinon, je me demande quelle stratégie il faudrait définitivement enterrer à la suite de la défaite de Ségolène Royal en 2007 (contre 53% à un candidat en place sans bilan particulièrement brillant) ou celle de Lionel Jospin en 2002 (absent du second tour alors que nous profitions alors d’un boom international).

    Enfin, la situation actuelle montre que la « droitisation » est une stratégie payante puisque François Hollande et Manuel Valls viennent de gagner 20 points en instaurant l’état d’urgence permanent, le contournement systématique de la constitution, le rejet des migrants, la déchéance de nationalité, la surveillance généralisée, le contrôle des media, les emprisonnements pour délit d’opinion et les perquisitions sans mandat du juge chez les arabes…

    Bien sûr, il y a une autre hypothèse, c’est que plus nos chefs échouent à nous protéger, plus nous leur abandonnons volontiers nos libertés. Elle est malheureusement plus crédible et plus effrayante que celle de la stratégie « droitière » de Sarkozy.

    Sinon, il y a une analyse statistique des élections intéressante chez h16.

  • Oui, oui, j’ai bien noté que nous sommes en désaccord persistant sur ce sujet, et il y a peu de chances pour que cela s’arrange. Mon propos est surtout de dire que Nicolas Sarkozy ne peut se prévaloir d’aucun succès sur sa stratégie de droitisation depuis 2007 et que, dans ces conditions, dire « on continue comme ça et on y va plus fort encore » me semble bien singulier.

    Cela fait plus de dix ans qu’il la suit, la poursuit, nous la sert et nous la ressert. J’ai retrouvé dernièrement le billet que j’avais écrit lors de l’épisode « racailles ». Il fallait à l’époque se dire que les écarts de langage de « racaille » ou « kärcher » étaient là pour parler le langage de la vérité et qu’il fallait abandonner ses pudeurs, quand on avait connu le 21 avril, et aller chercher l’électorat FN. Et depuis, nous avons dû tout accepter.

    A chaque fois, il faut trouver une excuse pour expliquer pourquoi il a perdu. Ce sont d’abord les élections intermédiaires. Puis c’est le fameux et sempiternel « ah si seulement j’avais eu quinze jours de plus » que ressortent tous les perdants aux élections pour ne pas démordre de leur stratégie. Mais la réalité brute est qu’il n’y a aucun succès. Sur la présidentielle, on peut se rassurer sur le score de Hollande. Mais est-ce dû à la brillante campagne de Sarko ou à la nullité déjà perceptible de Hollande ?

    Parce que les seuls faits sont les suivants : (1) et je me répète, il n’a aucun succès à son actif pour nous démontrer la justesse du positionnement et (2) après dix ans de cette stratégie, le Front National est avec 27,73% devant Les Républicains avec 26,65% au premier tour.

    Alors, il faudra se lever de bonne heure pour m’expliquer que la stratégie du siphon est une stratégie gagnante. Je crois bien davantage que Sarkozy apporte les électeurs au Front National sur un plateau par paquet de mille, plutôt qu’il ne les siphonne.

    Et cela fait dix ans qu’au lieu de se concentrer sur une offre politique qui lui soit propre, il a pour seule ambition et stratégie de bouffer le FN. Cela fait dix ans que c’est l’alpha et l’omega de la pensée sarkozyste.

    Quel effet cela peut-il produire autre que de se dire (i) qu’il doit bien y avoir du vrai au FN et (ii) que les positions qu’il adopte ne sont pas des convictions mais de simples menées tactiques ? Il a toujours un handicap à ce jeu-là, c’est que ce sont les autres que l’on crédite de la sincérité, et lui du jeu politicien.

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    p>Si, au lieu de ce petit jeu, il avait cru en la politique et joué le rôle d’un vrai leader politique, élaborant son propre corpus doctrinal, je pense que nous aurions eu une bonne chance d’éviter cette première place au FN. Pour tout dire, je trouve la démarche assez primaire : « Ca marche ? Alors on va dire comme eux_ ».

  • @ Koz:

    Cela a marché en 2007, NS a effectivement siphonné les voix du FN.

    Ce que je n’ai pas compris, c’est pourquoi à peine élu il a tout fait pour rendre furieux les électeurs du FN qui l’avaient rejoint. L’ouverture à gauche, aller chercher Kouchner et Frédéric Mitterrand, défendre Polanski, bref la jouer bobo alors que les bobos pissent du matin au soir sur les Français qui votent FN, sans parler du Fouquet’s ou du yacht de Bolloré…

    On prétend qu’il est intelligent, j’ai des doutes.

    Mais mon vrai problème avec NS, ce n’est pas la dérive droitière, mais son incapacité à sortir des oeillères du social-corporatisme à la française.

  • Lib a écrit :

    Le pouvoir en place perd toujours les élections intermédiaires en France (au moins en nombre de voix), quelle que soit la stratégie adoptée. Invoquer des défaites lors d’élections intermédiaires me paraît donc un peu léger pour condamner une stratégie ou une autre.

    Pas toujours, mais en effet, c’est le cas la plupart du temps. Mais il faut pousser le raisonnement plus loin: la norme, c’est que le pouvoir en place perde les élections intermédiaires et que l’opposition les gagne. Or, depuis 2012, le pouvoir perd… et l’opposition perd également. On peut voir une demi-victoire, tout au plus, pour l’UMP/LR dans les résultats des dernières départementales et municipales. Pour les régionales, c’est une défaite, qui accompagne la défaite encore plus lourde du PS. Les européennes, de même. Quant à rêver d’une quasi-victoire de Nicolas Sarkozy en 2012… D’abord, il y a le chiffre: 51,64%, à comparer à celui de François Mitterrand en 1981: 51.76%, score que personne n’a jamais prétendu étriqué. Autour de 52% au second tour, c’est un score normal pour une présidentielle française. Avec 53% ou plus, on appelle ça une raclée. Par ailleurs, le discours sous-jacent « j’avais presque gagné » rappelle étrangement la réaction de Mme Royal en 2007…

    Lib a écrit :

    Enfin, la situation actuelle montre que la « droitisation » est une stratégie payante puisque François Hollande et Manuel Valls viennent de gagner 20 points en instaurant l’état d’urgence permanent, le contournement systématique de la constitution, le rejet des migrants, la déchéance de nationalité, la surveillance généralisée, le contrôle des media, les emprisonnements pour délit d’opinion et les perquisitions sans mandat du juge chez les arabes…

    Dans ta liste, je ferais une exception: François Hollande n’a pas remis en cause l’accueil des réfugiés (les Américains ont noté, avec surprise, que la France ne bougeait pas sur ce principe). Ensuite, et malheureusement, le coup de barre sécuritaire n’est pas un coup de barre à droite: la gauche a aussi sa tradition de surveillance et de fichage. Seul le point sur la déchéance de nationalité est une vraie, grave concession aux pires aspects de l’esprit droitier.

    Aristote a écrit :

    Ce que je n’ai pas compris, c’est pourquoi à peine élu il a tout fait pour rendre furieux les électeurs du FN qui l’avaient rejoint. L’ouverture à gauche, aller chercher Kouchner et Frédéric Mitterrand, défendre Polanski, bref la jouer bobo alors que les bobos pissent du matin au soir sur les Français qui votent FN, sans parler du Fouquet’s ou du yacht de Bolloré…

    Nous avions eu ici, il y a déjà un moment, une discussion sur les valeurs de la droite et leur abandon par Nicolas Sarkozy, une fois arrivé au pouvoir (je n’ai pas retrouvé le billet en question). Je suis d’accord avec vous, mais je voudrais élargir votre remarque: il s’est fait élire sur des valeurs de droite respectables, telles que le travail, la patrie et l’ordre. Ses actions au pouvoir n’ont pas été conformes à ces valeurs – ni sur le plan personnel, ni sur le plan politique, ni même sur le plan de la communication. Il est donc disqualifié: le siphonnage de 2007 était, dans une métaphore que nous devons à Koz, un fusil à un coup. Il pourrait tenter de réinventer entièrement son personnage et ses positions, mais il a déjà essayé par le passé, et le naturel est à chaque fois revenu au galop.

  • J’ai 62 ans et j’ai participé à bien des campagnes électorales dès mon adolescence dans le cadre de feu « l’union de la gauche ». Je dois avouer que je me suis toujours planté sur les candidats de gauche que j’ai soutenus. Par contre Nicolas Sarkozy s’est révélé être à l’usage ce que j’avais tout de suite perçu de lui. J’en ai tiré la leçon suivante: chaque fois que nous voyons quelqu’un comme nous voudrions qu’il soit parce que nous l’aimons, que nous avons de la sympathie pour lui, pour ses idées, parce que nous avons envie de le voir gagner, nous avons toutes les chances en faisant ainsi de nous planter et d’aller de désillusions en désillusions. Ce qui ne nous arrive pas avec quelqu’un que nous n’aimons pas, en qui nous ne nous reconnaissons pas. Nous le voyons avec plus de lucidité. Je voudrais aussi rappeler aux lecteurs de ce blog que la défaite de Valéry Giscard d’Estaing n’est pas due à une victoire de la gauche mais au désir d’une partie de la droite de l’époque de faire tomber celui qui avait fait tomber De Gaulle. La victoire de la droite après Mitterrand n’est pas une victoire de la droite mais une défaite de la gauche qui s’est divisée. Idem pour la victoire de Nicolas Sarkozy. Et sa défaite n’est pas une victoire de la gauche. Elle est le fait de la division de la droite au fur et à mesure de la disparition du péril communiste. Le Front National me donne souvent l’impression d’en vouloir d’avantage à la droite qu’à la gauche. Nous votons souvent « contre », nous votons souvent pour sortir le sortant. Cela manque tout de même de panache non? Et pour ce qui est de Nicolas Sarkozy, la première fois oui des femmes et des hommes sympathisants Front National ont voté pour lui mais aussi des sympathisants PCF et PS. Et à sa deuxième candidature non. Je ne vois pas de majorité se dessiner pour gouverner notre pays. Je me trompe encore?

  • @ Aristote : vous choisissez tranquillement les sujets. Vous oubliez les mosquées, la burqa, les cantines, l’identité nationale, le discours de Grenoble etc. Assurément le type de gars voué aux bobos.

    Mais l’un de ses vrais problèmes est bien là : il ne convainc guère de sa sincérité, à force de faire le grand écart. Aucun bobo ne lui fait crédit de l’ouverture. Et les droitistes ne lui font pas crédit des débats qu’il a lancés pour eux.

  • Koz a écrit :

    vous choisissez tranquillement les sujets

    En 2007, la période à laquelle je me réfère, il a bien fait le bobo. S’étant ensuite rendu compte qu’il se tirait une balle dans le pied, même si cela faisait plaisir à Carla, il est reparti à droite toute et a pris les initiatives que vous mentionnez. Il a été obligé d’en rajouter car il avait déjà perdu beaucoup de sa crédibilité vis-à-vis de la partie de l’électorat FN qui avait contribué à sa victoire.

    Vous avez j’espère compris que je ne suis pas un partisan de NS, dont je souhaite qu’il renonce le plus vite possible.

  • J’ai tendance à considérer aussi que tout cela n’était que moulinets qui n’avaient que bien peu de chances d’avoir un effet quelconque. A long terme, son grand écart entre les discours identitaires et les ministres d’ouverture ne fait que lui faire perdre le bénéfice de la crédibilité (lui aussi). Tout apparaît comme purement tacticien et plus personne n’est convaincu. Ni ceux qui aimaient l’ouverture, ni ceux qui aimaient l’identitaire.

  • Koz a écrit :

    Oui, oui, j’ai bien noté que nous sommes en désaccord persistant sur ce sujet, et il y a peu de chances pour que cela s’arrange.

    Mais si, il y a un terrain d’entente évident. Sarkozy perd parce qu’il est mauvais, pas à cause de sa stratégie. En politique, comme en business, comme à la guerre, la stratégie est « overrated ». Le plus important c’est l’exécution.

    Gwynfrid a écrit :

    Dans ta liste, je ferais une exception: François Hollande n’a pas remis en cause l’accueil des réfugiés

    Fortement aidé en cela par les réfugiés eux-mêmes qui ne veulent surtout pas aller en France. Oui, voilà où en est notre pays qui fut envié et fier.

    Pour le reste, je ne dis pas que la défaite de Sarko a été étriquée. Je dis que compte tenu de l’usure du pouvoir et de la crise économique, une telle défaite (encore une fois, la deuxième plus serrée de la 5e république) ne suffit pas à disqualifier la stratégie employée ni même le candidat. Bon sang, il y a suffisamment de bons arguments pertinents contre Sarkozy pour ne pas avoir besoin d’aller en chercher des foireux.

  • @ Lib: Je suis d’accord pour dire que parmi les nombreux reproches qu’on peut adresser à Nicolas Sarkozy, celui-ci est loin d’être le plus grave. On peut noter, cependant, que les multiples « virages à droite » ont, sinon causé, du moins conforté et accompagné le mouvement de l’opinion publique vers l’obsession identitaire / sécuritaire dont on voit aujourd’hui les effets sur nos libertés et notre cohésion sociale.

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