Ségolène, pleine de grâce

Jacques Le Goff n’est pas n’importe quel imbécile. Et pourtant. Il est des fois où même un historien d’exception paraît écrire plus vite qu’il ne réfléchit. Ainsi celui-ci a-t-il commis une ébahissante tribune de soutien à Ségolène Royal, dont on préfèrerait qu’elle soit parodique mais dont, relecture après relecture, on est bien obligé d’admettre qu’elle est sérieuse.

Après avoir rappelé ses états de service militants, et fustigé de « pseudo-intellectuels« , « un quarteron de soi-disant intellectuels qui laissent entendre aux Français qu’ils ont une pensée politique » – comprenez : ceux qui ont fait le choix politique inverse du sien – Le Goff signe une tribune d’une assez rare vacuité qui ne paraît pas le qualifier particulièrement pour énoncer de telles appréciations.

Elle est autoritaire ? Tant mieux. Elle est inexpérimentée ? C’est pas vrai. Elle n’a pas de stature internationale ? Ca changera. Et puis en économie, elle a des conseillers.

Elle s’intéresse à l’enseignement ? Bien… Jacques Le Goff, médiéviste renommé, devrait peut-être, pour sa part, s’intéresser à conception de l’Histoire de France véhiculée par sa championne1. Je doute qu’il se satisfasse de bonne foi de ce manichéisme.

Jacques Le Goff assène finalement un argument décisif : c’est une femme. Et, figurez-vous que… « ce serait bien qu’un des grands pays européens ait à sa tête une femme qui ne soit pas de droite« . Bah oui. Une femme. Et puis pas de droite. Pourquoi serait-ce bien ? Parce que ce serait bien.

Mais le tableau ne serait pas complet si l’on ne citait sa conclusion. Lorsque, après avoir évoqué la « France véritable » (celle qui ne ment pas ?), Jacques Le Goff à genoux se livre :

Il faut qu’une majorité de Français l’élise pour pouvoir lui dire soit, familièrement, « Je vous salue Ségolène« , soit, respectueusement, « Je vous salue, je vous suis et vous soutiens, Mme Royal ».

Les références successives à la vraie France et à la femme providentielle, autoritaire de surcroît, laisse pensif.

Mais, assurément, une telle lecture finit de vous persuader que Jacques Le Goff a l’autorité pour moquer ce « quarteron de soi-disant intellectuels qui laissent entendre aux Français qu’ils ont une pensée politique« …


  1. question d’époque []

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31 commentaires

  • Hier, un riposte très intéressant sur les intellectuels et la campagne présidentielle. Enfin les intellectuels s’expriment. Je suis d’accord, on ne leur donne pas suffisamment de place.

    Phillippe Sollers a également défendu Ségolène de manière totalement romanesque, sans jamais s’exprimer sur le fond. C’était drôle, mais pas très productif. Benjamin Stora l’a fait mieux que lui.

    Jean-François Kahn pour Bayrou, très bien, mais ayant du mal à crédibiliser l’après victoire éventuel.

    Enfin, Minc et Finkelkraut (qui ne votera pas Royal mais ne veut pas dire qu’il soutien Sarkozy) qui sont de puissants repoussoirs. Ils doivent faire perdre des milliers de voix à Sarko : élitistes, méprisants, anti-populistes (ils choisissent Sarko, incompréhensible…) et qui n’ont rien compris au phénomène Royal ou même Bayrou.

    Caricaturaux à l’extrême… (je ne voterai pas pour le nihilisme au sourire béat) Comme s’ils n’avaient aucune analyse politique, ils font là du café du commerce…

    Désespérant, mais plutôt rassurant quant à la probable victoire de Ségolène.

  • Encore deux mois c’est long! Pas de polémique à se mettre sous la dent, m’est avis que pendant 2 3 semaines les médias vont ronronner, chaque candidat labourant le terrain avant le sprint final…
    En temps médiatique 2 mois c’est vraiment long, çà fait 8 épisode d’une saison de Despérate Houswives ou autres Losts…

  • Oui, cette chronique de Le Goff est assez représentative du « deux poids, deux mesures » de la gauche. Il suffit à un intellectuel de se prononcer pour la gauche, puisque la gauche, par définition, c’est le Bien.

    Nul n’est besoin, de surcroît, de se fatiguer à fournir des arguments. Il lui suffit de déposer son Nom aux pieds de la Mère de tous les Français.

    Demande-t-on aux syndicats d’expliquer pourquoi ils font grève? Non. Ils font grève parce qu’il sont en colère. Parce qu’ils sont inquiets. Parce qu’ils sont solidaires. Parce que.

    Le détail des revendications, la question de savoir si elles sont justifiées ou pas, est tout à fait secondaire. D’ailleurs, des revendications, dans les grèves de la fonction publique, il n’y en a souvent pas. Ce sont des grèves de principe. Comme ça. Pour faire chier. Parce que.

    Demande-t-on à un fonctionnaire du métro parisien d’expliquer pourquoi son guichet est fermé, alors que lui, visiblement, est parfaitement vivant derrière la vitre? Lui demande-t-on de prévenir à l’avance à quelle heure il va le fermer, son putain de guichet? A quelle heure il va le rouvrir?

    Vous plaisantez, je suppose. Ou plutôt: vous méprisez les fonctionnaires. On sent bien, chez vous, l’élitisme forcené de l’ultra-libéral, du néo-con (ah! quelle merveille que cette expression américaine! les gauchistes français, qui ignorent et méprisent la langue anglaise, n’ont pas hésité à reprendre ce mot, qu’il auraient été bien en mal d’inventer eux-mêmes).

    Alors, vous pensez, quand un Intellectuel de Gauche qui est Quelqu’un se prononce en faveur de la future Reine de France, dont la victoire est « probable », comme nous l’annonce Jani-Rah qui a sans doute une ligne directe avec Dieu par l’intermédiaire de Tonton, il n’a pas besoin, en plus d’expliquer pourquoi.

    En revanche, quand un intellectuel dévoyé, qui a, en réalité, toujours été à droite dans son for intérieur, comme l’aurait dit Bourdieu s’il était encore parmi Nous, ose insinuer qu’il n’est pas forcément anti-sarkozyste, là, il a intérêt à avoir des arguments en béton… et à se blinder contre le terrorisme intellectuel dont il sera l’objet jusqu’à la fin de ses jours.

    C’est ce qu’on appelle la démocratie, à gauche.

  • J’ai regardé « ripostes » hier et franchement les seuls sensés à parler des véritables enjeux et problèmes de la France dans le monde d’aujourd’hui ce sont bien Finkielkraut et Minc.

    Les pires sont pour moi Sollers, ce vieux libertaire, qui on le sent bien, bave devant un jupon et en perd tous ses moyens intellectuels, s’il en à jamais eu… 🙂 ; et l’autre c’est JFK qui s’excite tellement qu’il en devient ridicule.

    Je ne parlerai pas des autres, Dan Franck, Bejamin Stora, bons petits soldats de gauche, qui s’essaient maladroitement à la désinformation en déformant les propositions de NS.

    Quant à J. Le Goff, il devrait rester dans sa spécialité médiéval, car visiblement ce brave chrétien socialiste a été touché par la grâce et a oublié de réfléchir au rôle du futur président avant de se pâmer d’un « Je vous salue Marie Ségolène, pleine de grâce » …

  • Où est le problème exactement ? Un médiéviste retraité apporte son soutien sympathique à Ségolène Royal. Et après ? Il aurait dit du mal d’intellectuels qui professent à la télévision ? Et ?

    Il y a, dans les blogues, à la TV, tout un tas de personnes sans doute compétentes dans leur profession qui tiennent des propos définitifs (sympathiques ou non) sur la politique qu’ils connaissent moins. Il y a même des avocats spécialistes en droit des affaires. C’est la campagne électorale, ma foi, c’est un sujet de conversation pour lequel on a le droit de dire autant d’approximations qu’en football.

    Il n’y a pas de quoi se relever la nuit. Pas comme pour le carnaval de Bâle qui commençait ce matin à quatre heures. J’en profite pour saluer les Bâlois, les Alsaciens, et les Papi médiévistes qu’on ne lit pas assez.

  • Qu’avez-vous contre le « coup de foudre » ?

    Contre ceux qui ont la foi ?

    Espèce de matérialiste, va ;-))

    Miux vaut sourire ; et reprendre un petit coup de l’anti-spam du jour !

  • C’est vrai que cette tribune de Le Goff est vraiment vide de tout contenu. C’est très impressionnant!
    Il aurait au moins pu dresser un parallèle entre Jeanne d’Arc et Ségolène…

  • [quote comment= »5978″]Où est le problème exactement ? Un médiéviste retraité apporte son soutien sympathique à Ségolène Royal. Et après ? Il aurait dit du mal d’intellectuels qui professent à la télévision ? Et ?[/quote]

    Et ça me fait réagir. De la manière qui figure dans mon billet. Ni plus. Ni moins.

  • Lucas, vous détournez le sujet. Chacun a la droit de dire ce qu’il veut, là n’est pas la question.

    Un universitaire retraité a parfaitement le droit de clamer son envie d’être materné. Un économiste surdoué est tout à fait libre de parler de ses cauchemars. Un écrivain libertaire peut ouvertement s’effacer devant sa libido. Un blogueur peut citer ses visions prophétiques…

    Mais on a aussi le droit d’être interloqué par le refus de la plupart des soutiens de Royal à la défendre sur le fond. Une fois qu’ils ont rappelé qu’elle est une femme, ils sombrent vite dans la diabolisation de Sarko et le dénigrement de ses propres soutiens.

    En tant que père, je m’insurge contre l’utilisation de la maternité comme argument électoral.

  • @ Liberal

    Pour le soutien de Le Goff, il est vraiment anecdotique. Pas plus d’influence que vous ou moi qui dans nos entourages respectifs affichons nos préférences. Tout aussi maladroit que nous lorsque nous plaidons avec trop d’insistance auprès de nos amis.

    Pour la maternité, observez que Nicolas Sarkozy a lui aussi mis en scène sa paternité. Ségolène Royal est une mère de famille c’est une composante de sa personnalité. Je n’ai pas d’idée sur la question ni pour l’un ni pour l’autre.

    [quote comment= »5987″]
    Mais on a aussi le droit d’être interloqué par le refus de la plupart des soutiens de Royal à la défendre sur le fond. Une fois qu’ils ont rappelé qu’elle est une femme, ils sombrent vite dans la diabolisation de Sarko et le dénigrement de ses propres soutiens.
    [/quote]

    Ce que vous pointez là est général aussi bien à droite qu’à gauche (réciproque donc), et c’est lié aux préoccupations des médias et de leurs lecteurs, auditeurs… Un plus grand attrait pour l’anecdote, et une difficulté pour saisir les grandes lignes des projets. A mon sens nous en pâtissons aussi bien à droite qu’à gauche, parce que cela n’aide pas à différencier la droite de la gauche et cela profite à Le Pen et Bayrou. J’ignore où nous en serons dans deux mois.

  • On peut difficilement centrer la campagne du candidat conservateur sur les supposées « bourdes » de la candidate de la gauche et se plaindre après qu’on ne parle pas du fond. Il faut choisir !

    Si vous voulez parler du fond, je vous livre une des raisons qui me font préférer Ségolène Royal à Nicolas SArkozy : l’Alliance pour la planète qui regroupe ~70 organisations (Greenpeace, WWF, fondation Nicolas Hulot) vient de rendre ses notes sur les programmes des différents candidats

    Ca donne cela :

    Dominique Voynet : 16.5/20
    Ségolène Royal : 13/20
    François Bayrou : 9/20
    Nicolas Sarkozy : 8.5/20
    De Villiers/Le Pen : 5/20
    PCF/LO/LCR : de 5 à 9/20

  • Bien sûr, un universitaire de haut vol a le droit d’être aussi bête qu’un blogeur de base. Aussi midinette qu’une groupie de quatorze ans.

    Mais enfin, on a le droit de s’étonner que le quotidien-de-référence-des-intellectuels-français-qui-sont les-plus -intelligents-du-monde accepte la publication d’un point de vue de l’un de ces intellectuels dépourvu du moindre argument.

    Et on a le droit de s’étonner que ce dernier le soumette à publication.

    Et on peut, aussi, y voir un signe de plus du déclin de l’intelligence française, de la dramatique vacuité de la vie intellectuelle française, comparé à ce qui se passe dans de nombreux pays, et notamment l’Angleterre et les Etats-Unis.

    Oui, oui. Chez ces gros cons incultes et ultra-libéraux, le niveau du débat est infiniment supérieur.

  • Autre chose, Lucas : vous lisez ce billet nécessairement dans l’optique « Ségolène ». Je le lis avant tout dans l’optique « Le Goff- avant de penser son cas souffre l’élargissement – m’étonne pour le moins qu’un universitaire de sa trempe soit aussi léger dans ce qui lui tient lieu d’analyse.

    Mais au-delà de ça, il est vrai que je suis assez sidéré par le délire de certains qui donnent à plein dans le mythe Royal. C’est une femme, alors c’est bien. Et, de surcroît, c’est la réincarnation de la Vierge Marie. Certains se sont efforcés de dire qu’à droite, il y avait un culte de l’homme providentiel. Quand je lis un historien a priori au fait de ses références (même si elles sont plutôt médiévales) réclamer son soutien de la « France véritable », terminer sur un « Je vous salue Marie Ségolène », négliger tant de lacunes dont il paraît pourtant conscient, je suis attérré. Et je crains qu’il ne soit effectivement représentatif d’un certain nombre…

    [quote comment= »5991″]On peut difficilement centrer la campagne du candidat conservateur sur les supposées « bourdes » de la candidate de la gauche et se plaindre après qu’on ne parle pas du fond. Il faut choisir ![/quote]

    Nous ne nous convaincrons pas, c’est certain. Mais je répète que les « bourdes » n’airaient pas pris tant de place si, parallèlement, du fond était proposé, si Ségolène Royal, depuis la rentrée 2005, n’avait pas TOUT joué sur l’apparence.

  • En tant que père, je suis convaincu que l’affirmation de ma paternité a permis d’occulter le fait que cette phrase est totalement dénuée de propos.

    🙂

  • Il semble bien que oui. Comme quoi, tout peut passer 😆
    Ce doit être le signe que tu bénéficies d’une présomption de compétence. Toi.

  • Ce que je trouve dommage c’est que pour quelqu’un qui voulait parler de projet contre projet, on voit surtout passer des billets sur la vacuité de tel ou tel soutien. Merci à jmfayard de fournir des métriques sur les différents projets.
    Oui je reconnais que le projet de SR est plus un catalogue de premier ministre qu’une réelle vision pour la France. Mais NS n’a pas mieux à ce jour et ses propositions sont plus de donner des libertés aux possedants, a eux de faire en sorte que la collectivité s’en porte mieux. Voilà qui est un peu court pour l’avenir de notre vivre ensemble.
    Bayrou restant dans les généralités, ses principales critiques portent sur « avec qui va t il gouverner ? ». Mais n’est ce pas là l’essence de la 5ème et du choix du président au suffrage universel ? On choisit une personnalité pour donner une direction au pays et ensuite a elle de construire sa majorité. Libre a elle de se retirer si elle n’a pas ce qu’elle demande pour faire ce qu’elle veut. Ainsi a fait de Gaulle.
    Alors à quand des billets pour exposer la vision que portent les candidats, les defendre ou les attaquer ?
    J’ai le regret de voir que la personnalité vers qui j’inclinais le plus n’expose pas cette vision. Mais j’ai peut être des choix de rechange.
    Là va se jouer l’élection. Discutons clairement de l’avenir et non des recettes pour y aller. Les recettes ne servent à rien si on ne sait pas où aller et c’est un des problèmes politiques actuels : nous n’avons que des recettes qui en plus ne marchent pas bien !!!

  • Ce qui nous déroute peut-être autant ce que pour la première fois nous avons affaire à une élection où pour certains, mêmes intellectuels d’un certain niveau, l’irrationnel, le phantasme semble prendre des proportions importantes.

    Ceux qui, comme Sollers ou P. Le Goff, et beaucoup d’autres sont aveuglés par leur préjugé favorable face à une jolie femme et ne réfléchissent plus.
    Très étonnant de constater qu’il y a d’autres femmes candidates pour ces élections qui ne provoquent pas les mêmes envolées lyriques et les mêmes arguments de certains de ses supporters. A-t-on jamais entendu un militant, sympathisant communiste ou des verts mettre en avant la féminité de leur candidate ?

    Avant nous n’avions que deux catégories d’électeurs :

    Ceux qui trouvaient toujours les qualités nécessaires à un candidat, même s’ils connaissaient toutes ses lacunes et son jeu, pourvu qu’il ait une chance de remplir leur marmite idéologique ou réelle.

    Ceux qui, soucieux de l’avenir de leur pays dans le monde d’aujourd’hui, cherchaient chez chaque candidat, homme ou femme, la bonne compréhension des problèmes, un bon programme adapté à la situation et les compétences nécessaires pour diriger et défendre la politique du pays dans le concert des nations.

  • Comme souvent, je trouve, avec Séglène Royal, on est beaucoup dans l’affectif. Lorsque l’on utilise le terme de « Madone » pour la caricaturer, on se fait taxer de sexisme, mais force est de constater que ses partisans finissent par nous donner raison.

  • [quote comment= »6006″]Ce que je trouve dommage c’est que pour quelqu’un qui voulait parler de projet contre projet, on voit surtout passer des billets sur la vacuité de tel ou tel soutien. [/quote]

    (i) Nous sommes dans la catégorie minibillets

    (ii) Comme signalé jeudi, l’auteur de ce blog a quelque activité professionnelle…

    (iii) En regardant dans les billets précédents, et sans remonter très loin, il me semble avoir consacré deux billets au projet de Ségolène Royal et un billet à François Bayrou, pour lequel il était plutôt difficile d’évoquer les propositions économiques et sociales avant qu’il ne les ait formulées…

    (iv) Je suis vraiment navré de décevoir vos attentes. Mais je me réjouis que vous en ayez.

  • Koz, je ne vous jette pas la pierre, mais si sur ce site est beaucoup dénoncé la vacuité des listes de courses telles que proposées par les candidats, sauf celui que vous soutenez ;-), je n’ai peu vu, idem dans les commentaires d’expression sur le style de société que ces énumérations dessinent, quelques fois en creux.
    N’ y a t il pas là matière à discussion moins oiseuse ?
    FB Pose quelques jalons et surtout une méthode pour affronter les difficultés actuelles.
    SR promet de s’occuper de tout après nous avoir demandé notre avis.
    Pour l’extrème gauche, les riches payeront, comment ce n’est que broutille.
    Pour JMLP, chassons tous ceux qui ne sont pas Français, quitte a déchoir certains de leur nationalité, et tout reviendra dans l’ordre.
    NS veut lacher la bride à « ceux qui agissent ». Ceci sera t il plus profitable au petit entrepreneur ou au gestionnaire de grosse structure ? Nul ne le sait. Mais la conscience citoyenne de ces acteurs est la garantie de la sauvegarde du « vivre ensemble ».
    Ces visions vous semblent elles pas trop biaisées ? Les partagées vous et cela renforce t il votre adhésion aux projets dédits tenant ?
    Merci pour les réactions de chacun. Et bon courage pour la tenue de ce blog.

  • [quote comment= »6024″]Koz, je ne vous jette pas la pierre[/quote]

    Le genre de choses qui vont sans dire, mais qui vont mieux en le disant, hein ?

    [quote comment= »6024″]Mais si sur ce site est beaucoup dénoncé la vacuité des listes de courses telles que proposées par les candidats, sauf celui que vous soutenez[/quote]

    Je suis bien petit pour « soutenir » un candidat. Il a ma préférence, il est vrai. Et puis-je me permettre de suggérer que, si j’étais convaincu de la « vacuité » de ses propositions, il n’aurait pas ma préférence.

    Bref, non, je ne suis pas un observateur neutre et impartial…

    Et le Net regorge de sites affichant fièrement un label « anti-sarko ». Vous y trouverez « peu » de critiques de Ségolène Royal.

  • [quote post= »151″]Mais la conscience citoyenne de ces acteurs est la garantie de la sauvegarde du “vivre ensemble”.[/quote]

    Je pense que notre « vivre ensemble » a terriblement souffert de la vision conservatrice du monde du travail qui a habité la France depuis 30 ans. Cette attitude craintive face au changement a conduit notre société à se crisper sur l’existant au détriment du « à créer ». Chacun se recroqueville sur ses privilèges et essaie d’exploiter le système ce qui justifie aux yeux des autres de l’exploiter à leur tour. Ce cercle vicieux naît du fait que notre société ne donne pas l’impression qu’on peut s’élever par son travail, son talent, son enthousiasme.

    Lisez cette interview de Phelps dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],36-875877,0.html. Ce type n’est pas un idéologue ultra libéral, c’est un humaniste qui a compris à quel point le besoin de se sentir utile est essentiel.

    Oui, je suis convaincu qu’il faut casser les rigidités qui étouffent « ceux qui agissent ». Je suis convaincu que tout le monde peut faire partie de « ceux qui agissent ». Tout le monde ne va pas créer une entreprise mais chacun peut se prendre en main et devenir le héro de sa propre vie. Et cela se ressentira sur notre « vivre ensemble ».

    Royal dit aux Français : « tout va bien se passer, je vais m’occuper de tout ». Sarko leur dit « je vais faire en sorte que vous puissiez vous occuper de vous ». Dans les 2 cas, il y a une forme d’acte de foi. Mais ça n’a rien à voir.

    La vérité, c’est que depuis des années, les politiques expliquent qu’ils vont aider les Français. Et c’est un mensonge. Quand vous êtes dans la difficulté, la personne la mieux placée pour y remedier, c’est vous-même. Ca ne veut pas dire que vous êtes toujours responsable de vos problèmes. Ca ne veut pas dire que la société ne doit pas vous aider et amortir les chocs. Ca veut dire que la solution viendra de vous. Pas de l’Etat. Et le fait de vous en être tiré vous rendra la dignité que vous auront détruite des heures de queue aux assedic et à l’anpe.

    Bien sur, on pourra toujours dire que libérer les énergies va accroître les inégalités et bénéficier aux riches. C’est peut être vrai. Mais ce sont là des jalousies mesquines qui replongent la société dans son marasme auto-destructeur. Si quelqu’un s’enrichit, tant mieux pour lui tant que chacun a sa chance de vivre debout.

  • Quand ce quelqu’un s’enrichi en appauvrissant les autres, permettez moi de ne pas être d’accord. Car le commerçant qui achète a un producteur en le forçant à rogner ses marges et qui vend à des clients « captifs » avec une marge de x%, est ce acceptable pour vous ?
    Si oui, le programme de NS est pour vous sinon…
    Mais avec difficultés des circuits parallèles se mettent en place, by passant ces intermédiaires qui se sont transformés en parasites.
    Ainsi certains agriculteurs prévendent directement leur production à ds familles, ainsi certains artistes ne comptent plus que sur la diffusion de leurs oeuvres sur le net et les ventes directes lors d’évenements en public. Et comment réagissent les intermédiaires ?
    Je vous laisse le soin de répondre.
    Personnellement je suis pour que l’Etat lutte contre ces situations de monopoles de fait et agisse pour que le libéralisme au sens premier soit mis en place et non cette caricature que nous vivons aujourd’hui.

  • [quote comment= »6057″]Quand ce quelqu’un s’enrichi en appauvrissant les autres, permettez moi de ne pas être d’accord. Car le commerçant qui achète a un producteur en le forçant à rogner ses marges et qui vend à des clients « captifs » avec une marge de x%, est ce acceptable pour vous ?
    Si oui, le programme de NS est pour vous sinon…
    [/quote]

    Pas d’accord. Nicolas Sarkozy est bien plus un « volontariste » qu’un libéral. Il ne se prive pas d’intervenir, loin de là (pour des exemples, voir la cas Alsthom, et le cas des négociations distributeurs / fournisseurs).

    Pour le reste, et avec ta « nuance », je partage grandement le point de vue exprimé par Liberal.

  • [quote comment= »5968″]Hier, un riposte très intéressant sur les intellectuels et la campagne présidentielle. Enfin les intellectuels s’expriment. Je suis d’accord, on ne leur donne pas suffisamment de place.

    Phillippe Sollers a également défendu Ségolène de manière totalement romanesque, sans jamais s’exprimer sur le fond. C’était drôle, mais pas très productif. Benjamin Stora l’a fait mieux que lui.

    Jean-François Kahn pour Bayrou, très bien, mais ayant du mal à crédibiliser l’après victoire éventuel.

    Enfin, Minc et Finkelkraut (qui ne votera pas Royal mais ne veut pas dire qu’il soutien Sarkozy) qui sont de puissants repoussoirs. Ils doivent faire perdre des milliers de voix à Sarko : élitistes, méprisants, anti-populistes (ils choisissent Sarko, incompréhensible…) et qui n’ont rien compris au phénomène Royal ou même Bayrou.

    Caricaturaux à l’extrême… (je ne voterai pas pour le nihilisme au sourire béat) Comme s’ils n’avaient aucune analyse politique, ils font là du café du commerce…

    Désespérant, mais plutôt rassurant quant à la probable victoire de Ségolène.[/quote]

    Jean François Kahn est un intellectuel?! La notion d' »intellectuel » doit être relative selon, très certainement, le niveau intellectuel de chacun… D’ailleurs moi je pense qu’intellectuellement on a rarement fait mieux que le professeur Choron ou Guillaume Durand.

    Tu es supris du choix de Finkielkraut? S’il y avait un intellectuel, un seul, à cette table, il s’agissait bien de Finkielkraut; et en tant qu’intellectuel et donc personne intelligente, il ne pouvait que choisir de soutenir Sarkozy. M’enfin, il s’agissait vraiment du choix le plus prévisible le concernant! Es-tu certain de connaître Finkielkraut?!?!

    En ce qui concerne Alain Minc, ce libéral de gauche, intellectuel qui plus est! ne peut que se tourner vers Sarko étant donné l’inconséquence de la Royal. M’enfin, il s’agit d’un intellectuel tout de même!

    En somme, il me paraît parfaitement logique que les intellectuels choisissent Sarko plutot que Ségo. D’ailleurs, s’ils choisissent Ségo, ils démontrent simplement qu’ils ne sont pas des …. »intellectuels ».

  • [quote comment= »6057″]Personnellement je suis pour que l’Etat lutte contre ces situations de monopoles de fait et agisse pour que le libéralisme au sens premier soit mis en place et non cette caricature que nous vivons aujourd’hui.[/quote]
    Tout à fait d’accord avec vous pour libéraliser le commerce en France. Mais, n’ayons pas une foi absolue en l’Etat, il arrive souvent que ses actions aient plutôt un effet contraire. La loi Raffarin par exemple, sensée protéger le petit commerce, a surtout empêché la libre concurrence et bénéficié aux grands groupes de distribution au détriment des consommateurs.

    Le reste de votre post repose malheureusement sur une perception assez biaisée de la réalité.

    [quote comment= »6057″] Mais avec difficultés des circuits parallèles se mettent en place, by passant ces intermédiaires qui se sont transformés en parasites.
    Ainsi certains agriculteurs prévendent directement leur production à ds familles, ainsi certains artistes ne comptent plus que sur la diffusion de leurs oeuvres sur le net et les ventes directes lors d’évenements en public. [/quote]
    Ces circuits parallèles, dont certains existent depuis longtemps, sont une forme de concurrence tout à fait bienvenue. Ils représentent cependant des volumes marginaux. Et cela changera peu à mon avis car je pense que les intermédiaires (pour la plupart) ne sont pas des parasites mais fournissent une valeur ajoutée difficilement remplaçable en matière de sélection, qualité et surtout logistique. Si je me trompe, tant mieux, les réseaux de distribution existants s’effondreront et on verra l’émergence de nouveaux circuits plus directs, plus efficaces. Vive le libéralisme et la concurrence !

    [quote comment= »6057″]Quand ce quelqu’un s’enrichi en appauvrissant les autres, permettez moi de ne pas être d’accord. Car le commerçant qui achète a un producteur en le forçant à rogner ses marges et qui vend à des clients « captifs » avec une marge de x%, est ce acceptable pour vous ? [/quote]
    Il y a très peu d’exemples de clients captifs en France, hormis bien sur les monopoles d’Etat. Si vous faites référence à la grande distribution, il y a généralement sur une zone de chalandise donnée 2 ou 3 enseignes qui ne se font pas de cadeau. Oui, la loi Raffarin a induit une petite distorsion de la concurrence, mais la situation n’a rien à voir avec un monopole. Je vous invite par ailleurs à consulter les comptes de sociétés comme Carrefour, vous réaliserez que leurs profits n’ont rien d’exceptionnellement élevés (résultat opérationnel entre 4% et 8% du CA selon les années)

    [quote comment= »6057″]Si oui, le programme de NS est pour vous [/quote]
    Vous parliez de caricature ?

  • UNe personne qui n’a pas de voiture et un super marché en bas de chez lui n’est peut être pas captif ? Je reconnais que mon propos est un peu forcé, mais je crois qu’il faut reconnaitre que les personnes ne sont pas toujours en mesure de faire jouer la concurrence au vu des contraintes physiques des implantation et de l’organisation des transports. Alors dire qu’il y a peu de clients « captif » permettez moi de ne pas souscrire. Un autre marché de client captif est celui de l’eau. Le décisionnaire de l’acte d’organisation du marché n’est qu’un délégué des clients. Ceux-ci sont ensuite « captif ». A voir les affaires autout de ce marché, on ne peut pas dire que la concurrence soit la plus transparente ni la plus facile.
    Donc la France, même hors monopole d’Etat où la qualité est la même pour tous, médiocre je le reconnais, mais la même, est loin d’être le marché « parfait » hypothèse première des thèses libérales….
    Alors vaut il mieux un marché imparfait et non réglementé ou un marché imparfait et fortement réglementé ?
    Pour revenir au résultat des distributeurs, quel est celui de leur fournisseur, depuis le petit producteur jusqu’au gros industriel ? Car le résultat d’un intermédiaire se fait au détriment du client final et du résultat de ses fournisseurs, sinon il ne peut vendre…

  • [quote comment= »6072″](…)loin d’être le marché « parfait » hypothèse première des thèses libérales….
    Alors vaut il mieux un marché imparfait et non réglementé ou un marché imparfait et fortement réglementé ? [/quote]
    Personne ne prétend que le marché est parfait. Ce que je dis c’est que dans la majorité des cas, la libre concurrence induit de l’efficacité et une répartition juste de la valeur. Je vous rejoins tout à fait sur le marché de l’eau où la libre concurrence ne joue pas. Notons que la forte régulation de ce marché et la forte implication des pouvoirs publics au travers des collectivités locales n’a pas l’air d’empêcher les « affaires ». La question n’est donc pas s’il faut ou non réglementer mais comment bien réglementer. Un exemple de bonne régulation du marché est l’ouverture du marché de la téléphonie fixe à la concurrence. Le rapport qualité/prix des offres d’accès internet haut débit est incomparable avec ce qui se fait dans d’autres pays.

    [quote comment= »6072″]Pour revenir au résultat des distributeurs, quel est celui de leur fournisseur, depuis le petit producteur jusqu’au gros industriel ? [/quote]
    J’ai fait une recherche rapide sur le web en me limitant aux sociétés du CAC40 fournissant des biens de consommation courante. Quand Danone vend pour 100€, il réalise un profit opérationnel (ie avant intérêts sur ses emprunts et impôts sur les bénéfices) de 13€. Quand L’Oréal vend pour 100€, son profit opérationnel s’élève à 16€. Quant à Pernod-Ricard, 100€ de vente donnent 20€ de profit opérationnel. Pour mémoire, quand Carrefour vend pour 100€, son profit opérationnel se monte à 4€.
    J’espère que ces comparaisons permettront de tordre le cou à l’image du méchant commerçant qui accule ses fournisseurs à la faillite. Les distributeurs sont très loin d’être des enfants de chœur et il y a peu d’expériences professionnelles plus ingrates que de tomber entre les mains d’un de leurs acheteurs. Mais on peut gagner très bien sa vie en les ayant comme client.

    [quote comment= »6072″]Car le résultat d’un intermédiaire se fait au détriment du client final et du résultat de ses fournisseurs, sinon il ne peut vendre…[/quote]
    Je suis désolé mais c’est complètement faux. Un intermédiaire, revendeur, grossiste, distributeur fournit toujours à ses clients et fournisseurs un service au moins égal à la marge qu’il retient. Sinon il est immédiatement court-circuité. Ceux qui s’insurgent contre l’écart entre le prix de la salade chez Leclerc et le prix payé à l’agriculteur n’ont jamais été confrontés à la complexité d’une chaîne logistique de produits frais.

    Pour finir et revenir un peu au sujet, Koz a raison de souligner que Sarkozy est beaucoup plus interventionniste que libéral. Son initiative pour s’immiscer dans les négociations tarifaires entre producteurs et distributeurs a d’ailleurs fait hurler à peu près tous les économistes de France, même les moins libéraux.

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