La haine de soi

Ainsi donc, au Parti Socialiste, on a conçu l’idée qu’il serait de bon calcul d’aller s’engager à faire repentance en Algérie. Je ne vous ferai pas l’injure d’expliquer longuement que la soudaineté de cette position en pleine campagne électorale – et en dehors de toute actualité spécifique – répond à l’évidence à une volonté de s’attacher les voix des français issus d’une certaine immigration.

Il me paraît moins évident que les français apprécient particulièrement qu’un candidat à la présidence juge utile, en pleine campagne, d’envoyer un émissaire dans un pays étranger afin de jeter de la boue sur le sien, sur le leur. Evidemment, nulle protestation contre les propos d’Abdelaziz Bouteflika et de ses ministres, qui n’ont pas hésité à comparer la colonisation à l’occupation nazie (vous retrouverez certains de mes billets à ce sujet ici). Il est bien connu que c’est ainsi que l’on gagne l’estime des autres, et notamment de ce type de régimes – de ceux qui ont, à n’en pas douter, des leçons de démocratie à donner à la France.

Pour faire bonne mesure, le « conseiller spécial » de Ségolène Royal a estimé nécessaire de promettre une nouvelle révision des manuels scolaires. Il est vrai qu’elle avait déjà promis à Aimé Césaire d’inscrire son Discours sur le colonialisme aux programmes, et que nous sommes donc dans la continuité. Mais les politiques français vont-ils se décider à intégrer le fait qu’une telle attention apportée aux programmes scolaires est le propre des régimes totalitaires ?

Il y a plus d’un an, des historiens renommés publiaient un appel, intitulé « Liberté pour l’Histoire« .

Il n’est pas inutile aujourd’hui d’en reprendre le texte :

« Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants : L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique. L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui. L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas. L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’Etat, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire. C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives ­ notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ­ ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique. »

Je précise à ceux qui ne manqueront pas de croire déceler une faille chez le vil sarkozyste – mais je prends le pari que cette précision ne les dissuadera pas, habitués que sont certains à ne pas lire les billets qu’ils « commentent » – qu’il ne m’a échappé ni que Ségolène Royal n’a pas affirmé qu’elle en passerait par la loi, ni que cet appel concernait l’inopportune loi du 23 février 2005.

Mais l’esprit est le même. Dans un régime démocratique, l’Etat ne dicte pas le contenu des manuels scolaires. Et il n’appartient pas aux politiques de réécrire l’Histoire. Surtout pas en période électorale. « L’Histoire n’est pas l’esclave de l’actualité« .

J’ai déjà quelques difficultés à comprendre les ressorts psychologiques intimes de ceux qui ressentent l’ardente obligation d’aller présenter – en vue des élections – la France en chemise et la corde au cou à un régime qui ne sera, de toutes façons, satisfait que lorsque nous aurons adopté sans conditions leur vision biaisée de l’Histoire. Mais je dois avouer que je vois véritablement rouge lorsque je constate que l’on n’hésite pas à tordre la vérité pour accuser son propre pays à l’étranger.

Ainsi le conseiller spécial de la candidate a-t-il osé affirmer que les manuels scolaires « présentent une histoire idyllique du colonialisme » ! Je peux écrire, sans crainte d’être contredit, que c’est un pur mensonge. Ces manuels scolaires, j’en ai quelques-uns, et de maisons d’édition différentes, à disposition. Je les avais ouverts lors de la précédente polémique. La majorité des documents proposés à l’étude insistent sur l’exploitation faite des colonies, les mauvais traitements, etc. A peine avais-je pu trouver des documents mentionnant malgré tout les efforts de construction, d’éducation qui ont été entrepris dans ces pays. La présence de ces quelques documents m’avaient pourtant fait renoncer à écrire que l’Histoire de la colonisation n’était présentée que sous un jour négatif.

C’est dire si affirmer que les manuels scolaires présenteraient une « histoire idyllique du colonialisme » est mensonger… Et que dire du fait de présenter une vision négative mensongère de son pays à l’étranger, lorsque l’on aspire à le représenter ?

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43 comments

  • Cette histoire m’inspire plusieurs réflexions.

    1-Ca me fait mal de le dire, mais je suis d’accord avec Le Pen sur ce sujet. La repentance me sort aussi par tous les trous. (Ce qui me sauve, c’est qu’il semble que je sois d’accord avec d’autres personnalités.) Elle s’exprime ici sur l’Histoire, mais se traduit également dans la limitation de la liberté d’expression. Tous les faits du passé sont constitutifs de ma condition de Français. Ce n’est pas parce que l’Etat s’excusera qu’il les effacera. Ni qu’il me rend moins coupable. Ou plus innocent.

    2- La réflexion de Koz sur le fait que la main-mise étatique sur l’Histoire est un élément constitutif des dictatures n’est pas assez martelée. Cela ressemble tellement au « Nous allons faire votre bonheur malgré vous ». Ca me fait peur. Mais peut-être suis-je trop sensible. « Les plus belles idées ont été appliquées dans un bain de sang » disait (à peu près) Romain Gary.

    3- Qui est donc Jack Lang ? Que représente-t-il ? De quelle outrecuidance s’arroge-t-il le droit d’aller parler de la sorte à l’étranger ? Jusqu’à plus ample informé, je ne l’ai pas élu. Son parti a suffisament de difficulté à faire entendre des propositions en France pour qu’il aille promettre la Lune ailleurs. J’ai toujours considéré cet homme comme le pire des opportunistes, le plus bas représentant de ce type de politiciens que je hais de tout mon être (il y en a à droite aussi). Je le trouve maintenant dangereux de surcroît.

    4- Sarkozy est accusé de promettre trop. C’est peut-être juste, sur certains sujets. Il est accusé de supercherie. C’est parfois juste également. Mais quel signal Royal nous envoie-t-elle ? « Demandez, vous aurez ? » Tous servis ? Quelle société nous prépare-t-elle en prenant cette pente glissante ? Car c’est, il me semble, le rôle du Président de la République. Les orientations, les impulsions pour la France de demain. Cette vision à moyen et long terme qui n’est que traduite dans les promesses et le programme. Ensuite, charge au(x) gouvernement(s) de réaliser cette vision, en gardant le pied dans la réalité (quitte à ne pas réaliser certaines promesses).

  • [quote comment= »2307″]1-Ca me fait mal de le dire, mais je suis d’accord avec Le Pen sur ce sujet. La repentance me sort aussi par tous les trous. [/quote]

    Le Pen, Le Pen… Ne pas accepter ce qui devient un syndrôme de la repentance ne te condamne pas à te penser d’accord avec lui. Il ne fait que dire la même chose que d’autres.

    Mais je préfère Henry Rousso, qui s’oppose à ce mouvement permanent de repentance (notamment dans on ouvrage « la hantise du passé« ). On ne peut guère le soupçonner d’être d’extrème-droite ni, étant juif, d’être révisionniste.

  • [quote post= »107″]Et que dire du fait de présenter une vision négative mensongère de son pays à l’étranger, lorsque l’on aspire à le représenter ?[/quote] Vous conviendrez que cette remarque pourrait également s’appliquer à Mr Sarkozy qui critiquait aux états-unis l’arrogance de la diplomatie française au début de la guerre en Irak, avant de se rétracter lors de son discours d’investiture… Ceci étant dit, il semble que les français d’aujourd’hui devront boire le calice de la culpabilité et de la repentance jusqu’à la lie, s’ils ne peuvent revendiquer leur appartenance à une l’une des communauté de victimes…

  • @Curious mind.

    Ouais, bof. La critique de l’arrogance Française, c’était pas non plus une attaque franche du collier. Sarko n’a fait que dire qu’il préférait le concret aux discours, égratignant subtilement Villepin au passage. Que les médias n’aient voulu retenir du discours que ce qu’ils voulaient, ou que certains politiques remplacent le paragraphe par une prétendue allégeance à Bush et une critique de la diplomatie française est un autre problème.

    Je vous reproduis le bout ici, afin de comparer la force des critiques et la subtilité.

    Je suis convaincu que nos relations souffrent de trop d’incompréhensions causées par un manque de dialogue et parfois, de la mauvaise foi. Je ne veux pas chercher de coupable, mais trouver des solutions. Nous devons rebâtir la relation transatlantique sur un socle de confiance et de responsabilité partagée. On doit pouvoir échanger, dialoguer sans être d’accord sur certains points. Il y aura de nouveaux désaccords, d’autres mésententes dans le futur. Elles sont inévitables, même entre alliés. Mais elles ne doivent pas se transformer en crises. Elles doivent au contraire être l’occasion d’un dialogue constructif, sans arrogance, sans mises en scène. On peut parfaitement avoir des désaccords, mais on doit se souvenir, dans l’expression de ces désaccords, que nous sommes amis depuis longtemps et pour longtemps. Je reconnais que la France n’est pas exempte de reproches : bien qu’il me semble que nos désaccords aient souvent été légitimes, il y a différentes façons de les exprimer. Il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés. J’ai toujours préféré l’efficacité dans la modestie plutôt qu’une grandiloquence stérile. Et je ne veux pas d’une France arrogante et pas assez présente.

    En tout état de cause, c’est pas comparable au mensonge qu’a dit Jack. C’est comme Ségo qui sait pas que les lycéens étudient le discours sur le colonialisme.

    Ca donne vachement confiance qu’ils racontent n’imp sans même consulter les manuels

  • [quote comment= »2310″]Vous conviendrez que cette remarque pourrait également s’appliquer à Mr Sarkozy qui critiquait aux états-unis l’arrogance de la diplomatie française au début de la guerre en Irak, avant de se rétracter lors de son discours d’investiture…[/quote]

    Son propos était probablement malvenu (à supposer qu’il ait véritablement été tenu tel qu’on l’a rapporté car on lui reproche aussi les termes de « grandiloquence stérile » qu’il avait pourtant, selon la correspondante du Monde, choisi de ne pas prononcer). Il me paraît pour autant moins grave dans le sens où il ne fait qu’imputer à deux responsables politiques un comportement politique (et je rappelle pour m’être penché sur le sujet qu’il affirmait déjà à l’époque qu’il avait été hostile à l’intervention en Irak, outre le fait qu’il a rappelé la nécessité pour la France d’avoir une position autonome). Dire que la politique française a pu faire preuve d’arrogance, ce n’est pas assurément objectivement faux (merci de relire le billet que j’ai lié avant de m’accuser de renier la position française), et ce n’est pas objectivement mensonger.

    Dans le propos de Jack Lang – dont je pense pouvoir penser qu’il a été tenu avec l’accord de Ségolène Royal – il y a non seulement la mise en accusation de nombreux français, mais un propos mensonger tenu contre la France à l’étranger.

  • Merci Koz d’avoir bien mieux que je le ne pourrais, décrit ce que je ressens depuis ces déclarations.

    Faut-il, comme moi, être plus française qu’un français de souche pour être choqué qu’un porte-parole d’une candidate à l’élection présidentielle fasse une telle sortie contre son propre pays ? S’aplatir devant un Bouteflika démagogue qui essaye de maintenir un semblant d’unité et à faire oublier l’état lamentable de son pays sur le dos de la France ! Combien d’algérien essayent de venir tous les ans chez l’ancien « colonisateur criminel » pour quitter la misère de leur pays ? Que l’on se crêpe le chignon en France à savoir s’il faut où pas faire repentance à ce sujet, soit, mais quand on est à l’extérieur on ne critique pas, on ne s’aplatit pas, on n’affaiblit pas son pays de cette sorte. Cela me paraît tellement élémentaire, aussi élémentaire que de ne pas critiquer les entreprises françaises pendant un voyage en Chine. Et aucune voix hypothétique gagnée par ce genre de déclaration ne peut justifier un tel manque de savoir faire ! C’est révélateur d’un esprit dogmatique totalement incompétent très loin des réalités et des forces en jeux. Honte sur J. Lang ! Lamentable !

  • Bravo Koz de ton analyse et de la mise en lumière de cette manoeuvre écoeurante et j’ose le dire anti-nationale de cet olibrius qui ne recule devant aucune bassesse.

  • Parce qu’il n’y a pas eu de crime pendant les 130 ans où l’Algérie a appartenue à la France? Outre les conflits eux même, que ce soit pour conquérir l’Algérie, pour mater les rébellions qui y ont eu lieu et pour finir la guerre d’Algérie elle-même, qui ont eu leur lot d’exactions, de crimes (tortures pendant la bataille d’Alger et le massacre de Sétif étant les cas les plus connus), la colonisation Algérienne a été un véritable pillage. Avant 1830 l’Algérie est un pays exportateur de denrées alimentaires; entre 1830 et 1860 la population Algérienne va stagner pour cause de famines à répétition. L’ensemble des terres agricoles utilisables en Algérie est de 8,5 millions d’hectares, à la fin de la colonisation 7,5 millions ont été donnés aux colons, soit des gros propriétaires (5.000 propriétaires terriens se partagent alors les trois quarts des terres agricoles non possédées par des grandes entreprises), soit des entreprises qui pratiquent de l’agriculture commerciale. Le peu de terrain restant est à moitié la propriété de quelques centaines de gros propriétaires algériens qui sont les lieutenants du régime de l’époque, laissant à 6 millions de petits agriculteurs (l’Algérie est encore très majoritairement rurale) 500.000 hectares à se partager. À la veille de la guerre d’Algérie, le revenu annuel moyen d’un Agriculteur Algérien est de 22.000 francs de l’époque, le revenu moyen d’un Agriculteur Européen est de 780.000 francs (à noter qu’à ce moment les agriculteurs représentent moins de 1% de la population pieds noire, plus urbaine et beaucoup moins riche que les gros propriétaires) et l’exode rurale en cours, poussé par la pauvreté des campagnes génère l’apparition de bidons-villes le long de la côte européenne. La politique d’agriculture commerciale a eu des effets dévastateurs: la production céréalière, dans la deuxième moitié de la période où l’Algérie est Française diminue de 20% alors que la population double, le tout au profit de la vigne, qui est plus rentable pour l’économie coloniale, mais qui ne suffit pas à nourrir la population locale.

    Alors on m’excusera, mais il y a bien eu des crimes commis, et cette histoire de repentance est un véritable foutage de gueule: il y a eu une énorme spoliation qui se rajoute aux exactions militaires qui se sont étalées sur 130 ans, et il s’agit bien de crimes, et ces crimes sont connus. Alors ou on reconnais l’existence de ces crimes (ce qui ne signifie pas que l’on doive s’aplatir devant le gouvernement algérien actuel, et d’ailleurs, à mon sens, la France a en grande partie racheté son honneur en refusant de participer à la guerre d’Irak), ou on fait comme s’ils n’avaient pas eu lieu, mais ça, ça s’appelle un mensonge, et il ne faut pas se plaindre si après coup on se fait traiter d’hypocrite.

  • koz,

    Sur le fonds, je suis d’accord avec vous, d’autant plus que je n’ai jamais aimé le mielleux J. Lang. Cette façon qu’il a de caresser tout le monde dans le sens du poil a le don d’hérisser le miens.

    Cependant, la portée de votre critique est fortement affaiblie par votre partisanisme. Car corrigez-moi si je me trompe, mais je ne vois nulle part dans votre blog une once d’indignation contre M. Sarkozy, qui s’est permis de critiquer à l’étranger la politique extérieure de la France. Ce qui de la part d’un Ministre d’Etat, – qui plus est du parti au pouvoir -, n’est rien moins qu’une faute grave.

    La critique sarkozyenne fut d’autant plus facile et lâche qu’elle flattait l’une des idées reçues les plus profondément ancrées dans les esprits de l’Amérique anti-française. En effet, savoir faire preuve d’indépendance est vue comme de l’arrogance par Washington, ces derniers ayant un peu trop souvent tendance à vouloir escamoter les Nations Unies et le siège permanent qui met à égalité les Américains et ces cons de Français.

    A cet égard, J. Lang n’a pas agi différemment vis-à-vis de M. Boutefflika: flattez bruyamment votre hote quitte à pratiquer un peu d’auto-flagellation et vous vous en faites un ami.

    A la différence près tout de même qu’en torpillant consciencieusement la diplomatie française, et ce pour de basses ambitions personnelles, M. Sarkozy a critiqué l’une des rares réussites dont peut s’ennorgueillir J. Chirac, qui est d’avoir évité d’envoyer nos soldats dans le bourbier irakien. Or outre le fait que ça nous aura évité une vague d’attentats meurtriers tels que l’on en a connus en Espagne et à Londres, ce refus français a sans doute plus contribué au rayonnement français dans le monde que 10 années de diplomatie à la petite semaine.

    Nul doute que l’atlantiste Sarkozy, qui déjà à l’époque d’avant-guerre prenait le contre-pied de la position française, aurait s’il avait été président, participé au désastre.

    Je constate d’ailleurs que le programme de l’UMP est remarquablement muet sur le domaine de la politique étrangère, ce qui est pour le moins inquiétant, quand on connait les positions de M. Sarkozy, et quand on sait que c’est le domaine réservé du chef de l’Etat.

  • Le discours de la repentance d’un côté, de la victime de l’autre…

    Quelques soient les exactions (ou les bonnes actions) de la France et de Français en Algérie, l’histoire est là: la France et ces Français ont été mis à la porte du pays. Et ce devrait être une sorte de fierté de ceux qui y sont parvenus.

    Au lieu de cela, plus de 40 ans plus tard, nous entendons ressasser ce discours de la victime qui tente de cacher l’incapacité des algériens à s’assumer comme un peuple responsable de son propre futur. Aujourd’hui, ce discours complaisant de l’Algérie victime ad vitam aeternam de la France évite toute remise en cause; à commencer par celle du pouvoir de quelques militaires.

    De même que les colons d’hier n’imaginaient pas les Algériens maîtres de leur destin, ces prédicateurs entretiennent les algériens dans l’esprit de l’asservi. Dommage qu’une partie des Algériens s’y laissent piéger.

    A quand le vrai sursaut? Ce sursaut qui n’attend pas la solution de l’étranger?

  • @ Laurent Weppe:

    Décidément, on vous retrouve partout….

    Les barbaresques, ça vous dit quelquechose ?

    Alger n’était pas un repaire de pirates qui mettait la Mediterannée à feu et à sang en 1830, peut-être? Mais non, il valait mieux les laisser nous piller, c’est vrai quoi, pourquoi faudrait-il qu’on se défende?

    Je constate que d’aprés vos propres chiffres, l’Algérie ne semble pas avoir été détruite par la France. Qu’il y ait eu des injustices, certes, des crimes, passe encore (quoique vous semblez oublier les atrocités du FLN, mais eux, ils avaient des excuses, j’imagine), mais que la France doive s’excuser, ça me semble déplacé.

    C’est curieux, vous n’indiquez pas la surface de l’ensemble des terres agricoles en 1830, et de nos jours, je suis certain qu’il y aurait de légers différentiels.

    Au fait, vous êtes au courant que l’on a perdu beaucoup plus d’argent que gagné sur cette colonisation? Economiquement ce fut un désastre, alors le refrain de l’exploitation, on l’a assez entendu.

    Et puis, les Algériens sont les premiers à reconnaître que leur situation n’est guère meilleure qu’au sortir de la décolonisation. Donc cette indépendance a effectivement beaucoup apporté, l’exploitation venant désormais des leurs, c’est en effet, une situation hautement préférable….

    @ le lecteur:

    Sauf que la critique de Sarkozy ne touche pas un héritage concernant tous les enfants des harkis et pieds-noirs, et qui, accessoirement, ne va pas monter les Français les uns contre les autres.

    Toujours ce besoin des socialistes de se battre la coulpe et de déclencher des débuts de guerre civile, comme s’il n’y avait que ce moyen-là pour discuter.

  • @ le lecteur Pouvez-vous nous prouver en citant un de ses discours ou écrits que NS a torpillé la politique de son pays. Quand on accuse quelqu’un il faut apporter des preuves en rapportant les paroles exactes prononcées ou des écrits.

  • Il y a une toute petite différence entre ce que Sarkozy peut dire à l’étranger et ce que Lang peut dire à l’étranger: Sarkozy fait partie d’un gouvernement issu des urnes.

    Il a donc une légitimité pour parler au nom de la France que n’a pas l’opposition.

    La gauche oublie commodément ce tout petit détail, dans cette mauvaise querelle, comme dans bien d’autres qu’elle cherche à Sarkozy.

    Par exemple celle du siège de campagne de Sarkozy, dont elle veut nous faire croire à tout prix qu’il n’a pas le « droit » de s’installer dans un quartier « populaire ».

    Alors que les immigrés clandestins qui y sont assez nombreux, semble-t-il, eux, auraient ce droit. On se demande d’ailleurs si là n’est pas la principale cause de cette crise d’eczéma gauchiste envers la localisation du QG de Sarkozy. Car qui dit concentration policière dit, forcément, gêne pour les clandestins qui craignent avant tout les contrôles…

    C’est une preuve de plus que la gauche française n’est pas vraiment démocrate. Ou bien seulement quand ça l’arrange.

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle est, aussi, violemment anti-libérale. Car le libéralisme est inséparable de la démocratie, contrairement à ce qu’affirment les faussaires intellectuels qui veulent nous faire croire que libéralisme signifie capitalisme financier mondialisé.

  • [quote comment= »2345″]@ le lecteur Pouvez-vous nous prouver en citant un de ses discours ou écrits que NS a torpillé la politique de son pays. Quand on accuse quelqu’un il faut apporter des preuves en rapportant les paroles exactes prononcées ou des écrits.[/quote] margit,

    Je pense pouvoir me dispenser de vous donner des « preuves » lorsque vous ne pouvez ignorer le fait que l’initiative absolument personnelle du ministre d’Etat a été relayée et condamnée à juste titre dans toute la presse, toute la classe politique et jusque dans son propre camp. C’est dire si elle a choqué. Au point que M. Sarkozy a dû faire marche arrière toutes auprès du président de la République lui-même, revirement assez significatif.

    Le problème avec M. Sarkozy, c’est que quelque soit le sujet, la position qu’il adopte est on ne peut plus ambigue. Il est impossible de dégager une position claire à partir de ses discours, tellement il dit tout et son contraire. D’ailleurs lui-même demande à être jugé sur les actes. La-dessus, je ne le contredirai point car on ne peut le juger sur parole. C’est donc une bonne idée. On découvre alors que la concordance entre les actes et les paroles sur certains sujets est plutôt faible.

    Prenons un exemple. Il me semble que le programme de l’UMP, qui est censé être celui de son candidat, indique qu’il soutiendra les initiatives communément nommées « class actions ». Je m’étonne que cette proposition ne soit pas encore supprimée (si oui, j’imagine que c’est un oubli…) du programme, étant donné que la loi sur les class actions, après avoir été repoussée au grand dam des associations de consommateurs, vient d’être enterrée par la majorité, le ministre-candidat s’étant dit « très réservé » (comprendre: c’est même pas la peine de lui en parler).

    Autre exemple: M. Sarkozy promet 4 milliards d’euros d’ici 2012 pour développer la recherche. Ce qu’il oublie de préciser, c’est que seulement 2 milliards seront destinés à la recherche publique, et encore, c’est faire abstraction de son passage aux phynances, qui fut de siniste mémoire parmis les chercheurs.

    Je suis sûr qu’en fouillant profondément dans son touffu programme, on peut trouver ce genre de pépites par dizaines.

  • Assez d’accord avec Erick : lisez vous-mêmes les discours en question.

    Cela étant, je ne vais pas répondre plusieurs fois à la même question : ceux qui veulent évoquer Nicolas Sarkozy se reporteront à ma réponse ci-dessus.

    Je vois en tout état de cause, à nouveau, quelques différences :

    (i) Nicolas Sarkozy a, apparemment, dit qu’il ne « voulait pas d’une France arrogante et pas assez présente« . Bien sûr, la critique est sous-jacente, mais elle n’est pas aussi directe que les opposants de Nicolas Sarkozy l’ont dit;

    (ii) cette position n’est pas objectivement fausse. Elle est critiquable, on peut l’estimer malvenue, mais elle recèle peut-être une part de vérité (puisque certains sont semble-t-il assez portés à mettre en cause le rôle de la France, qu’ils le fassent à tous égards : notre attitude dans cette crise a-t-elle été la plus efficace ? N’a-t-elle pas, éventuellement, été un peu surjouée ? Pas forcément, certes mais on ne peut pas l’exclure totalement). Le propos de Jack Lang est foncièrement mensonger.

    (iii) Nicolas Sarkozy n’a pas imputé de crimes aux français. Et, en admettant même que l’on puisse faire un parallèle, comme le fait « un lecteur », il aurait tout au plus conforter l’idée que la France peut-être arrogante, auprès des Etats-Unis, quand Jack Lang aura conforté l’idée que la colonisation s’est apparentée à l’occupation nazie… Certains semblent prêts à toutes les concessions sur l’honneur des autres.

    Enfin, il est hors de propos de me reprocher un quelconque partisanisme. D’une part, mon petit doigt me dit que vous avez vous-même choisi votre « camp ». D’autre part, lorsque, dans l’actualité immédiate, Lang fait une telle déclaration, il faudrait l’absoudre en évoquant la visite de Sarkozy aux US ? Désolé de ne pas me comporter en opposant de Nicolas Sarkozy.

    Pour finir, j’ai consacré un billet entier à la visite de Sarkozy aux Etats-Unis. Je vous invite à vous y reporter. Celui-ci n’y est pas consacré, et je ne vais pas répéter encore ici ce que j’ai dit à de multiples reprises.

    Si vous avez des commentaires à faire sur la visite de Jack Lang, en revanche… Je crois que c’est ke sujet du billet.

  • j’ai lu la partie de ce qu’avait dit Sarkozy à Bush de Curious mind. A aucun moment Sarkozy ne parle l’Irak, que nous ayons des relations quelque fois conflictuelles avec les Etats Unis, cela ne date pas d’hier, déjà sous le de Gaulle, ce n’était pas toujours le grand amour, et pourtant, il n’y avait pas la guerre en Irak. Si les Etats Unis ont quelque fois des propos antifrançais, il faut reconnaître que nous avons, de notre côté, souvent un antiaméricanisme primaire qui peut leur faire grincer les dents. Angela Merkel à rencontré déjà six fois W. Busb depuis qu’elle est au pouvoir (15 mois) et les Allemand ne disent pas qu’elle est américanisée. Ce sont les journalistes qui, c’est bien connu, lisent entre les lignes et font des analyses, à postériori, dans le sens qui leur convient. Ces derniers n’ayant pas une sympathie très marqués pour Sarkozy, cela n’a donc rien d’étonnant. Quant aux grandiloquences de Jack Lang, c’est sûr qu’il ferait mieux de se taire, et si il a eu l’assentiment de Ségolène Royal, c’est grave, car jusqu’à preuve du contraire, elle n’est pas encore élue, donc pour les leçons de politique étrangère, qu’elle reste calme. Quant aux Algériens qui critiquent la France sur ses exactions pendant la période coloniale, il serait peut-être bon qu’ils balaient devant leur porte lorsque l’on se rappelle les massacres qu’il ont eu lieu, il n’y a pas un siécle, entre les Islamistes et l’Armée, des civils qui ont été assassinés, même des religieux Français, cela on l’a oublié… En ce qui concerne Boutéflika, il se permet de critiquer la France, mais vient se faire soigner, et certainement à l’oeil, au Val de Grâce, on prend vraiment les gens pour des cons !!!…

  • @ un lecteur a dit « Je pense pouvoir me dispenser de vous donner des “preuves” lorsque vous ne pouvez ignorer le fait que l’initiative absolument personnelle du ministre d’Etat a été relayée et condamnée à juste titre dans toute la presse, toute la classe politique et jusque dans son propre camp. »

    Vous ne fournissez aucune preuve, aucun article, aucun écrit à l’appui de vos affirmations. J’aimerais bien connaître vos sources car l’ensemble de votre commentaire ne comporte que des ouïe-dires visiblement orientés. Pour moi il ne suffit pas seulement d’affirmer il faut prouver. Depuis plus d’un an je m’intéresse aux déclarations, livres et autres prestations directes des candidats en laissant soigneusement de côté les avis des journalistes et autres « spécialistes politiques » qui ne sont jamais vraiment impartiaux. Je vous conseille la même pratique pour vous débarrasser de vos oeillères dogmatiques.

  • dddjack lang a vraiment une grande stature d’homme d’état ,apres s’etre fait piégé par un micro laissé ouvert ,alors qu’il invitait julien Dray a faire sortir les lyceens dans la rue ,(ce qui a d’ailleurs été parfaitement executé et n’a jamais value la moindre opprobe à DjacKo ) ,il se répand lamentablement dans les basses oeuvres du comité de soutien de mme Royal.Ce môsieu est prêt à tout pour exister, il espère bien sûr une bonne recompense, il est chié, non Bien sûr on n’est absoluement pas dans la médiocrité puisque mme Royal en a horreur.

  • la reconnaissance que la colonisation entraîne la violence, la répression et donc des crimes commis par le colonisateur me paraît tellement évidente, facile à trouver dans tous les manuels d’histoire… cela s’applique de manière générale et pas seulement en algérie… est aussi évident, me semble t il que la colonisation a apporté aux systémes économiques, sociaux des pays colonisés des améliorations indéniables, que des infrastructures ont été créees dans presque tous les domaines, que la santé s’est améliorée… les deux points doiventils être mis sur le mêm plan? la réponse est personnelle et idéologique… depuis 50 ans les peuples ex-colonisés ont tranché: pluôt l’indépendance, même si elle doit se payer en difficultés économiques, confilts politiques, appauvrissement…. pas sûr que leur choix à lépoque aie été éclairé: les élites indépendantistes ont beaucoup plus promis que tenu… elles croyaient qu’il suffisait de prendre la richesse des colonisateurs, de la distribuer, mais la celle-ci ne se régénère pas toute seule, il y a ladessous travail et savoir-faire… dernier exemple en date, le zimbabwe de mugabe… peu-être, dans un désir d’avenir meilleur, via une coopération étroite, par exemple eurafrique, reprendrons nous nos échanges sur une base aussi équilibrée que possible, pour le bien des peuples et non le bien-être des élites, le passé et ses taches étant connu et assummé… FRANCIS

  • [quote comment= »2380″]Je pense pouvoir me dispenser de vous donner des « preuves » lorsque vous ne pouvez ignorer le fait que l’initiative absolument personnelle du ministre d’Etat a été relayée et condamnée à juste titre dans toute la presse, toute la classe politique et jusque dans son propre camp. C’est dire si elle a choqué. [/quote]

    De nombreux commentateurs se sont joints à Koz pour dénoncer ces accusations infondées à l’encontre de Sarkozy. J’ajoute ma pierre à l’édifice avec ce lien http://www.20minutes.fr/articles/2006/09/10/20060910-actualite-france-Sarkozy-a-New-York-pour-les-commemorations-du-11-Septembre.php

    Si on résume, Sarkozy à NYC a déclaré que 1. la guerre en Irak était une erreur des US ; 2. la menace du veto Français à l’ONU était inutile et a nuit aux relations entre les 2 pays. Bref, selon lui, Chirac-Villepin ont eu raison sur le fond et tort sur la forme.

    Maintenant, sur les raisons pour lesquelles la presse française de gauche (en ce compris le service public d’information) a choisi de résumer ce discours à une critique de « l’arrogance Française », je ne puis que m’interroger. On pourrait voir là une hostilité mal déguisée à Sarkozy mêlée à un anti-américanisme primaire. Quand Sarkozy dit qu’on ne doit pas donner l’impression de se réjouir des malheurs d’un allié, il doit mettre quelques journalistes mal à l’aise.

    Pour revenir à Lang, il s’agit de tout autre chose. La gauche voudrait nous faire croire que la France se grandit en rappelant constamment ses crimes et erreurs et en omettant systématiquement ses bonnes actions. Ce serait par amour de la France que Lang s’en est allé expliquer à Bouteflika tout le mal qu’il pense des actions de notre pays.

    Je vais peut être vous surprendre, j’aime la gauche. Je l’aime au moins autant qu’elle n’aime la France. Je l’aime tellement que je voudrais l’aider à se grandir en faisant sur son histoire ce travail de remise en question qu’elle souhaite pour la France.

    J’implore donc les responsables de la gauche française de rappeler publiquement les faits suivants :

    • La gauche française a défendu les régimes Soviétiques jusqu’à la chute du mur de Berlin et après;
    • la gauche française a nié le goulag, les déportations, l’anti-sémitisme et de façon générale les crimes des Soviétiques allant jusqu’à attaquer en diffamation les dissidents (Kravchenko…);
    • la gauche française a soutenu et encensé Mao, présenté comme un bienfaiteur de l’humanité;
    • la gauche française a nié ou relativisé les dizaines de millions de morts victimes de la révolution culturelle et du grand bond en avant;
    • Avant de commettre un des pires génocides de l’histoire au Cambodge, Pol Pot était étudiant militant communiste à Paris ; étonnamment la gauche française, en proposant récemment de criminaliser la négation du génocide arménien, n’a pas jugé utile de mentionner le génocide khmer;
    • la gauche française a encouragé et justifié les actions des « porteurs de valises » (entendre poseurs de bombes dans les lieux publics) en Algérie;
    • la gauche française a soutenu Fidel Castro (dictateur depuis bientôt 50 ans); on se rappelle la visite de Danièle Mitterrand dithyrambique sur le régime Cubain;
    • la gauche française dérape trop souvent dans la justification du terrorisme, dès lors qu’il vise des civils israéliens;

    Etc.

    J’encourage chacun à compléter cet inventaire à la Prévert. Nul doute que de nombreux exemples croustillants de compromissions pendant la guerre froide m’ont échappé.

    J’aime vraiment la gauche voyez vous. Il m’apparaît essentiel que les personnalités politiques de gauche présente publiquement leurs excuses aux Français pour appartenir à des partis qui se sont trompés et les ont trompés aussi gravement. La campagne électorale me paraît le moment idéal, cela aura d’autant plus d’impact. Bien sur, il faudra répéter l’opération régulièrement, disons tous les 3 mois. Sinon, on risque d’oublier…

    Il en va de l’honneur de la gauche, de sa capacité à se regarder dans un miroir. C’est en reconnaissant ses crimes qu’on construit son avenir.

  • Heuu koz…

    Sarkolâtre comme vous l’êtes vous me semblez occulter le voyage fait le 14 Novembre par Nicolas Sarkozy à Alger, où il a inauguré un monument dédié aux « martyrs de la guerre d’indépendance ». Et je ne me souviens pas qu’il ait vraiment fait grise mine à Bouteflika qui venait de parler de « génocide culturel » en parlant de la colonisation.

    Alors excusez-moi, si le geste de Jack Lang est répugnant, celui d’un membre du gouvernement et ministre d’état (et peut-être, ce qu’à Dieu ne plaise, président de la république) est autrement plus grave : je vous rappelle qu’il a fleuri ce monument dédié à des gens qui ont tué des masses de Français, civils et militaires !!

  • >boulu

    mmh… Et pourtant, vous remarquerez que l’on ne considère pas que l’Algérie serait plus grande si elle s’excusait pour ces « exactions ».

    Il y a eu une guerre, en Algérie. C’est officiel, le vocable « événements » ayant été abandonné. Les malheurs sont partagés. Sarkozy sur le monument des martyrs de l’indépendance, ce n’est pas une reconnaissance d’une prétendue occupation de type nazie, comme semblent l’entendre certaines personnes en Algérie. C’est une reconnaissance de la légitimité des algériens d’avoir combattu pour leur indépendance. C’est le souvenir que des hommes sont morts pour ce combat parmi les Algériens qui luttaient pour s’émanciper et parmi les Français qui combattaient pour conserver sur le territoire national ces départements d’Algérie. Toutes proportions gardées, c’est Mitterrand / Kohl à Verdun.

    Il y a eu un travail d’historien sur la colonisation, et sur la décolonisation. Un travail qui rappelle qu’il y a eu des mauvais traitements, qu’il y a eu de la torture, qu’il y a eu de l’exploitation. Mais aussi qu’il y a eu un travail de construction, de mise en valeur. Que la période coloniale a, comme toute période, ses zones d’ombre et ses bons côtés.

    S’excuser ? Je remarque aussi que ce genre de repentance n’est jamais soumise à une demande équivalente à l’autre partie. Cela ne changerait de toute façon rien dans ce que je considère comme une abérration.

    Et je reprends ce qui a déjà été justement dit sur l’écran de fumée de Bouteflika cherchant à masquer les carences de l’Algérie indépendante. 60 ans après, l’Algérie qui avait tout pour n’a toujours pas décollé, a traversé une guerre civile qui pèse toujours lourdement sur la société. Ce n’est pas la faute de la France.

    Enfin, boulu, je vous assure que votre commentaire n’aurait rien perdu à éviter « Sarkolâtre comme vous l’êtes ».

  • Le tort des socialistes et tout particulièrement de madame Royal est de vouloir plaire à tout le monde. Il n’y a pourtant pas de meilleure méthode pour finir par ne plus plaire à personne. Le devoir d’un candidat, c’est d’abord d’avoir des convictions, de s’y tenir et de les défendre. Chercher à savoir ce qui fera plaisir à tel ou tel n’est que stratégie électoraliste à court terme sans hauteur de vue. L’attitude de madame Royal me rappelle les pages les plus sombres de la démocratie Athénienne…

  • @ boulu http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article4231

    « Ce n’est pas faire injure au souvenir des morts que de dire que le système colonial est injuste et a fait beaucoup de souffrances et qu’à côté il y a des hommes et des femmes quelles que soient leurs origines qui ont également été victimes de cette injustice. Il n’y a pas de douleurs que d’un seul côté, mais des deux côtés », a-t-il déclaré dans la journée. Avant de souligner dans la soirée devant les Français d’Algérie : « J’ai dit au premier ministre Abdelaziz Belkhadem qu’on ne peut pas demander aux fils de s’excuser des fautes de leurs pères ». : N. Sarkozy

  • @jpe oui j’aurais pu éviter « sarkolâtre », mais je trouve que koz perd un peu de son recul ces derniers temps pour adopter l’aveuglement militant. Ce qui est tout à fait son droit d’ailleurs.

    @margit il est est quand même un peu délicat pour un candidat de se mettre à dos les harkis et les pieds-noirs, il doit donc ménager la chèvre et le chou, et ce discours s’inscrit parfaitement là-dedans. Du reste, M. Sarkozy réclame d’être jugé sur ses actes, et je persiste à trouver cet acte plutôt indigne.

  • Quelqu’un veut un cachou ? Non je dis ça car voussemblez bien énervés sur ce coup !

    Remarquez il y a matière…. au risque de decevoir Koz, il se trouve que je suis d’accord avec son propos, donc je ne m’étendrais sur la « mielitude repentance » de ce brave Djack et encore moins sur l’aspect incongru de sa démarche.

    Ce qui me chagrine c’est cette hypocrise sur la repentance. C’est un peu comme « non à la guerre » ou il conviendrait de dire plutôt « non à toutes les guerres ». En matière de repentance, j’opterais donc pour « oui à toutes les repentances ». Voilà une fois que l’on a dit ça, on a rien dit. Pourquoi vouloir réécrire l’histoire, pour se donner bonne conscience ?

    Nous marchons tous vers l’avenir alourdi par le fardeau du passé. Notre vie se situe quelque part, entre ces deux termes, dans une réalité étouffante qui m’amène à ce désir de passer à autre chose de plus joyeux, sans que régulièrement un « intello » en mal d’exister ramène sa fraise nous chanter le refrain de « c’est notre faute ». Oui mon pépère, t’as raison Djack mais n’oublie de dire que c’est aussi de la faute de l’autre. Il semble que certains éprouvent un malin plaisir à culpabiliser les générations à venir. L’histoire est truffée d’actes condamnables, c’est bon, on le sait. Le tout est de ne pas oublier pour éviter de reproduire les mêmes erreurs mais je refuse quelqu’un s’autorise à se repentir en mon nom pour des actes que je n’ai pas commis.

    Pour finir j’ai le souvenir d’une très bonne émission, en plusieurs volets, qui s’intitulait Algérie « l’ennemi intime » toute la partie documentaire historique était impartiale, dérangeante par les vérités exprimées et sans concession… comme peut l’être l’histoire.

    Cordialement

  • @ Boulu:

    Vous oubliez que Sarko a été le seul homme politique, à ma connaissance, à se rendre sur les tombes des moines de Tibhérine, et à les citer comme exemple dans son discours d’investiture….

    Je lui reconnais au moins ce mérite, et on peut trés difficilement dire que je suis un sarkolâtre…

  • Il me semble que, quoiqu’il soit loin d’être mon meilleur camarade, Bouteflika reste président de l’Algérie. Il y a de la marge entre le rencontrer et approuver tous ses propos, entre le rencontrer et abonder dans son sens comme le fait Lang.

    Que Sarko, Ministre de l’Intérieur, le rencontre, ne me paraît pas spécialement malvenu.

    Comme le dit jpe plus haut, fleurir le monument des martyrs de la guerre d’indépendance, ce n’est pas une caution donnée aux terroristes. Ce fut, effectivement, une guerre et l’on pourrait tourner la page. C’est plus ainsi, il me semble, qu’il faut interpéter la chose.

    Etant précisé que Sarkozy n’est pas précisément adepte des repentances. Cf ce que rapporte Margit.

    Par ailleurs, outre le fait que je ne pense pas que, lorsque je réagis aux propos de Jack Lang, il me faille passer en revue l’éventail des positions des divers candidats sur la question de l’Algérie, je tiens à préciser qu’il n’y a aucun changement de ton dans ce blog : j’ai toujours été partial, sommaire, et sans aucun recul. Ca ne change pas.

    [quote comment= »2432″]Le tort des socialistes et tout particulièrement de madame Royal est de vouloir plaire à tout le monde. Il n’y a pourtant pas de meilleure méthode pour finir par ne plus plaire à personne. Le devoir d’un candidat, c’est d’abord d’avoir des convictions, de s’y tenir et de les défendre. Chercher à savoir ce qui fera plaisir à tel ou tel n’est que stratégie électoraliste à court terme sans hauteur de vue. L’attitude de madame Royal me rappelle les pages les plus sombres de la démocratie Athénienne…[/quote]

    Vous aussi, vous ne pouvez vous empêcher de vous demander s’il convient de faire un lien entre le sondage donnant Sarkozy devant Royal dans les banlieues et ce voyage ?

  • Et s’il s’agissait nullement de repentance mais d’une opération de séduction éléctorale à l’attention des français d’orgine coloniale ? Je crois J. Lang trop intelligent et trop bon communicateur pour croire sa sortie innocencte … si mon doute s’avère exact, c’est grave, car il dresse encore plus de barrières entre les gens ! Grave … mais efficace !

  • opération de séduction éléctorale à l’attention des français d’orgine coloniale ? bof…

    Je subodore plutôt une provocation gratuite destinée à pour faire perdre quelque voix à Sarko et à en faire gagner à Lepen…(et sans toucher à l’electorat de Ségoléne).

    Bonne connaissance de la psychologie politique de l’électeur de base français. Trés bien joué, en 3 bandes.

  • Dans la catégorie « Haine de soi », le discours de Royal d’hier soir, par ailleurs assez bon pour remotiver des troupes qui en avaient bien besoin, se pose là.

    Je ne m’étends pas sur le sujet, je suis certain que Koz fera un billet sur ce discours. J’y reviendrai donc à ce moment-là.

    Un peu de teasing, un peu de pression, commentaire double-emploi.

  • [quote comment= »2587″]Je ne m’étends pas sur le sujet, je suis certain que Koz fera un billet sur ce discours. J’y reviendrai donc à ce moment-là.[/quote]

    Eh bien, je crains de te décevoir, en fait… Je ne suis pas certain que le déversement de propos caricaturaux, sommaires, et insultants méritent davantage que le mépris.

  • Dont acte. C’est d’ailleurs compréhensible.

    Ca m’a fait tiquer, tout de même, venant d’une candidate qui ne voulait pas d’une campagne de caniveau. Elle voulait un débat de fond, et elle l’a touché.

  • Dans la mêeme veine et avec un nouveau cafouillage entre SR et le PS :

    14 février 2007 14h08 :

    Afrique: le PS soutient Royal Le Parti socialiste reprend quasiment à l’identique la condamnation de la politique africaine de Jacques Chirac dans un communiqué. La candidate socialiste a en effet attaqué le président de la République dans un texte à paraître dans Témoignage Chrétien, alors que son directeur de cabinet a déclaré que la version n’avait pas été « validée » par la candidate.

    14 février 2007 10h05 :

    Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Ségolène Royal, a fait savoir hier soir que le texte sur l’Afrique qui devrait être publié demain dans Témoignage chrétien et dans lequel la candidate PS lance une violente attaque contre la politique africaine de Jacques Chirac avait été envoyé « par erreur ». Dénonçant une « coupable immobilité » de la politique africaine de la France, Royal accuse dans ce texte le chef de l’État d’avoir privilégié « systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général ». Selon Christophe Chantepy, la lettre « n’a aucunement été validée dans cette forme par Mme Royal », qui « s’est toujours gardée de toute attaque personnelle au cours de cette campagne ». « Je tombe des nues », a réagi hier sur LCI, Noël Bouttier, rédacteur en chef de l’hebdomadaire.

    Qui va se retrouver au placard pour 1 mois ?? 🙂 🙂

  • Meuh non. C’est la répartition des rôles classiques. Ségolène Royal s’affiche en tant que femme, douce et virginale (quoique – que les prudes jeunes filles ne lisent pas ce qui suit – l’hymen ait semble-t-il été rompu dernièrement, en tout cas symboliquement), qui ne fait pas d’attaques personnelles, et le PS, lui, frappe comme un sourd.

    La seule difficulté est d’attribuer l’attaque non à la personne qui l’a vraiment portée, mais à celle qui est censée l’assumer.

  • On notera que la répartition des rôles est identique à l’UMP (hymen excepté).

    Le problème est quand le pourfendeur se trompe de cible.

    D’ailleurs, petite question: combien de temps encore Montebourg (pour ne pas le nommer) devra commencer toutes ses interviews en parlant de l’humour qui permet de vivre ensemble ?

  • (addendum et apparté spécial mauvaise foi: à chaque fois, je ne peux m’empêcher de me dire « mais c’est donc que Royal et Hollande n’ont pas d’humour ? » Jamais encore un journaliste n’a essayé de le lui rétorquer.)

  • Mouais, va pour la répartition. Mais ma mauvaise foi naturelle me pousse à me dire que NS et l’UMP ne disent pas l’inverse histoire de jouer « le fusil à 2 coups »… 😉 Ah mais non c’est comme la justice chinoise, l’Iran , le Moyen Orient, les SNLE !! SR dit des bêtises pour prouver que le PS sait de quoi il parle ! Ou comme le service civil, les impôts où c’est le contraire !! kinekon ce NSI de ne rien comprendre à la realpolitik 🙂

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