France. Si j'ose.

Oh putain. Fidèle à ce que je me suis promis, je dois m’efforcer de ne pas sombrer dans le travers courant qui consiste à radicaliser, sous l’effet de la contradiction, son propre discours. Mais pourtant voilà, on m’a agacé. Nicolas Sarkozy a prononcé Vendredi à Nice un discours dans lequel il revenait tant sur sa conception de l’exercice de la fonction présidentielle et de la vraie nature d’un rassemblement, que sur l’identité nationale…

Vous connaissez mes réserves sur sa dernière proposition de ministère. Je l’ai écrit, je le maintiens. J’ai d’autres réserves sur ce que propose Nicolas Sarkozy dans ce discours. Vous me ferez la grâce, bon gré mal gré, de me croire sur parole car j’ai bien l’intention de laisser à ses talentueux détracteurs la primeur – sinon l’exclusivité – des critiques, qu’ils sauront faire acerbes.

Mais voilà. Jean Quatremer, que j’ai lu plus pondéré – quoique journaliste de Libération – a publié hier un billet d’une certaine outrance. Il n’est qu’à en juger par le titre, La nausée, et la qualification du discours de Nicolas Sarkozy de «resucée du discours lepéniste». Rien de moins.

Ici même, un commentateur a pu croire justifié – le temps, certes, d’un commentaire – de voir dans la délation, la dénonciation, « une invention bien française« .

Et je ne peux m’empêcher de penser à un professeur d’Histoire que j’ai connu et avec lequel les relations furent délicates, professeur en prépa et en faculté, qui n’avait de cesse d’enseigner contre toute évidence, en se fondant sur les travaux de Zeev Sternhell, que l’antisémitisme lui-même était une invention française de la Belle Epoque…

Professeur, pourtant. Une grande responsabilité. Et si cela, ce n’est pas enseigner, inculquer, la détestation de soi…

Revenons à Jean Quatremer, qui isole quelques passages de ce discours. Ainsi est-ce dans celui-ci qu’il trouve une « resucée du discours lepéniste » :

« Le 22 avril et le 6 mai, (les citoyens) auront à choisir entre ceux qui ne veulent plus entendre parler de la Nation et ceux qui veulent qu’on la respecte. Je veux que l’on respecte la Nation. Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France. Français au sang mêlé, qui doit tout à la France, je suis fier d’être Français. Je veux redonner à tous les Français la fierté d’être Français. Je veux leur dire qu’ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l’Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu’ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux ».

Jean Quatremer voit là l’incarnation d’un : « La France, on l’aime ou on la quitte ». C’est, vous en conviendrez, une lecture pour le moins étonnante de ce passage. Jean Quatremer est certainement trop fin observateur pour ne pas comprendre qu’il y a là, à l’évidence, une volonté de « dramatisation » propre à toute campagne électorale – dont il ne se prive pas lui-même en voyant en Nicolas Sarkozy un suppôt de Le Pen et de Napoléon – et de mise en relief du choix proposé au vote des français.

Plus simplement, où lit-il donc un quelconque « la France, on l’aime ou on la quitte » ? En outre, si, peut-être, même cette formule est évitable, il faut être singulièrement dépourvu du sens de la nuance, ou singulièrement pourvu d’une volonté de caricaturer l’autre, pour ne pas saisir la différence entre une telle position et celle de Nicolas Sarkozy, qui revient à dire : la France, si tu la niques, tu n’es pas obligé d’y rester.

Dans un second passage, Nicolas Sarkozy affirme :

« Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l’Homme et elle est le pays du monde qui s’est le plus battu pour la liberté (…) Je veux dire que durant la guerre tous les Français n’ont pas été pétainistes, qu’il y a eu aussi les héros de la France libre et de la résistance, que si certains Français ont dénoncé des Juifs à la Gestapo, d’autres, beaucoup plus nombreux, les ont aidés au péril de leur vie, que des mères ont caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants. Je veux dire que dans les colonies, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs, qu’il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux qui avaient travaillé dur toute leur vie, qui n’avaient jamais exploité personne, qui avaient construit des routes, des hôpitaux, des écoles, qui avaient enseigné, qui avaient soigné, qui avaient planté des vignes et des vergers sur un sol aride, qui ne devaient rien qu’à eux-mêmes, qui avaient beaucoup donné à une terre où ils étaient nés et qui un jour n’ont eu le choix qu’entre la valise et le cercueil. Ils ont tout perdu. Je veux qu’on les respecte. Je veux dire que si la France a une dette qu’elle n’a pas réglée, c’est celle qu’elle a vis-à-vis de ceux qui en Indochine et en Algérie se sont battus pour elle et ont du quitter leur pays pour ne pas être assassinés. Je veux que la France reconnaisse sa dette, vis-à-vis des harkis et des supplétifs d’Indochine et qu’elle l’honore. C’est une question d’honneur et l’honneur pour moi c’est encore une vertu cardinale pour un homme comme pour une nation ».

Commentaire de Quatremer : « Là, on atteint l’insupportable. Envoyer à la face des Allemands, en 2007, le génocide des juifs, il faut oser ! ». En conclusion de son billet, il estime que l’on aurait franchi une étape : « après le « plombier polonais », revoici le « boche génocidaire » !

Oh, je sais bien que les allemands sont susceptibles d’avoir vent de ce discours. Mais dire qu’il leur envoie à la face le « boche génocidaire » procède d’un singulier raccourci, regrettable de la part de celui qui se pose en analyste. Il le fait en 2007 ? Oui, c’est vrai, mais précisément parce qu’il évoque le passé, et l’Histoire.

Et puis, comme je le lui ai indiqué, Nicolas Sarkozy affirme aussi dans le même mouvement que la France n’a jamais lâché la bombe nucléaire. Il le disait en mai 2006, dans son discours de Nîmes, et personne alors n’a songé à lui reprocher d’envoyer à la face des américains, en 2006, Hiroshima et Nagasaki… ou Pol Pot à celle des Cambodgiens !

Allez, reprenons Nîmes :

« Quand je me suis engagé en politique, la fierté d’être français allait de soi. Il est stupéfiant de voir comment une sorte de pensée politiquement correcte, a abouti à laisser à l’extrême droite le monopole de l’usage du mot patrie. Je me sens profondément Français et pourtant je ne me reconnais en rien dans les discours xénophobes, haineux, racistes de tous ces extrémistes qui donnent une bien triste image de notre démocratie. L’histoire de France, comme celle de tous les peuples, est faite de gloire et de moments d’ombre, d’actes admirables et de grands crimes. Mais nous avons bâti une nation dont nous n’avons pas à rougir. La France a créé des souffrances, mais elle n’a enfanté ni Hitler, ni Staline, ni Pol-Pot. Elle a résisté à toutes les tentations totalitaires. Elle n’a rien engendré d’équivalent aux camps d’extermination nazis, au goulag stalinien, ni aux procès de Moscou. Elle n’a envoyé le feu nucléaire sur aucune ville. Pour s’en tenir au XXème siècle, ce n’est déjà pas si mal. La France a pratiqué la traite négrière et l’esclavage. C’est une barbarie, un crime contre l’humanité. Mais elle n’a pas été la seule. Faire de l’esclavage l’unique visage de la France, c’est rayer d’un trait tous ceux qui ne l’ont pas pratiqué ou qui se sont élevés contre. Faire de toute la colonisation une entreprise criminelle, c’est commettre une faute à l’égard de la multitude des petites gens qui ont travaillé dur toute leur vie dans les colonies sans jamais exploiter personne ou qui de bonne foi y ont implanté des valeurs auxquelles ils croyaient. L’histoire de France a des zones d’ombre, mais la France au fond a toujours triomphé du mal. Mieux, elle a reconnu ses erreurs. Jacques Chirac a eu raison de reconnaître le rôle de Vichy dans les persécutions nazies et il n’était que temps. Nous avons eu raison d’appeler « guerre » les évènements d’Algérie. Nous avons eu raison de reconnaître la monstruosité de la traite et de l’esclavage. Ces zones d’ombre cependant ne doivent pas cacher ce qui fait que la France a aussi été une lumière pour les peuples et une fierté pour les Français. Les femmes protestantes enfermées sur ordre du Roi de France non loin d’ici à Aigues-Mortes, n’écrivaient pas sur les murs de leur prison : « Mort à la France ». Elles écrivaient : « Résistez ! ». Ces Polonais, Arméniens, Espagnols ou Italiens qui prirent les armes de la Résistance, ils n’avaient pas toujours été bien traités par la France, loin de là. Mais pas un instant ils n’hésitèrent, parce qu’ils savaient que la France, « la vraie France, la France en réserve, la France profonde… qui coule selon les pentes propres de son histoire séculaire » (Marc Bloch) était au-delà de ces fièvres passagères. »

Revenons encore à Quatremer, parce que sa parenthèse exclut deux phrases, qui ne rallongeaient pourtant guère la citation, et qui ne manquent pas de sens :

« Je suis convaincu que pour un Français, haïr la France, c’est se haïr lui-même. Je suis convaincu que la haine de soi est le commencement de la haine des autres. »

J’ai pensé un moment qu’en disant cela, il allait trop loin. Qui, donc, hait vraiment la France ? A la vérité, il serait allé encore plus loin en affirmant, ce qui ne serait pourtant pas absolument dénué de pertinence, que ne pas aimer la France, c’est déjà un peu ne pas s’aimer soi-même.

Je voudrais souligner trois choses, à la lecture de ces deux discours :

  • la cohérence du propos, de Nîmes à Nice;
  • le fait que, effectivement, il y a encore si peu de temps, la fierté d’être français allait de soi, et cela ne faisait pas des français d’ignobles fascistes;
  • enfin, que, comme il le souligne, la lucidité sur notre Histoire, ce n’est pas de n’en donner à lire que les pages sombres.

Ce qui est en cause, c’est une disposition d’esprit. Celle qui permet à certains de trouver bien français un certain nombre de travers, mais les empêche en revanche de trouver bien français un certain nombre de qualités, parce que ce serait déplacé et nationaliste.

Celle qui amène tant de personnes à se montrer incapables de comprendre que l’on peut aimer son pays, son Histoire, trouver qu’il y a des raisons d’être fiers de ce que les générations précédentes ont construit en pensant, souvent, aux suivantes, avec le secret espoir qu’elles seraient, elles, fières de ce que leurs pères et leurs mères ont accompli en songeant à eux… et ne pas être, pour autant, nationalistes, et ne pas, pour autant, dénier aux autres pays, leurs plus belles réalisations, et certaines singularités dont nous sommes en revanche moins pourvus.

C’est cette disposition qui amène certains à ressentir sans mal de la honte d’être français, tout en estimant inenvisageable une quelconque fierté. Être fier de quoi ? D’être « né quelque part » ? De ce que d’autres ont fait et auquel nous n’avons pas pris notre part ? Vous n’y pensez pas ? Mais avoir honte d’être né ici, avoir honte de ce que d’autres ont fait, et auquel pourtant nous n’avons pas pris part, en revanche…

C’est cette disposition d’esprit qui, sous prétexte de lucidité, n’entretient que la mémoire des heures funestes.

C’est cette disposition qui amène la France à réussir l’étonnante performance d’être perçue comme orgueilleuse à l’extérieur, tout en développant en son sein la contrition permanente. C’est bien risible, lorsqu’on y songe…

Je suis, enfin, parfaitement d’accord avec Nicolas Sarkozy lorsqu’il dit que l’on ne construit rien sur la haine de soi. Même, on ne construit rien sans amour de soi. C’est valable pour une personne, c’est valable pour un pays. On ne peut avoir un pays dynamique lorsque l’on dénigre systématiquement ce qui constitue son histoire commune. On ne peut avoir un pays solidaire si l’on voit sans cesse, dans le premier mouvement de fierté, nationalisme et xénophobie larvés.

Et l’on ne pourra jamais envisager seulement de prononcer avec quelque sérieux le mot d’intégration si l’on n’offre pas à ceux que l’on se propose d’intégrer la conscience d’un destin commun. On pourrait même s’interroger sur la volonté réelle d’intégration de certains pour lesquels l’identité de l’autre mérite plus d’égards que la sienne propre.

Enfin, je pense profondément légitime d’évoquer auprès de nombre d’électeurs1 ces raisons d’être fiers de faire partie de ce pays. Je pense nécessaire de rappeler cette fierté, si l’on ne veut pas que – parce qu’elle correspond à un réel besoin – elle ne soit récupérée par d’autres. Pour une fierté apaisée.

* * *

Et, pour conclure, je vous livrerai un motif de fierté, parmi d’autres…

Il y a dix ans, un prêtre, le Père Philippe Maillard racontait lors d’une rencontre que, lorsqu’il se trouvait en Afghanistan, il avait toutes les peines du monde à faire comprendre aux populations locales qu’il n’était pas médecin. Et ce, pour une seule raison : pour les afghans, à l’époque, si un anglo-saxon était nécessairement journaliste, un français était nécessairement médecin…


  1. et je laisse à d’autres la responsabilité d’imaginer qu’il s’agirait d’une masse non éduquée et livrée aux pires pulsions []

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76 comments

  • J’ai eu la même réaction en lisant les propos outranciers (comme à son habitude dès qu’il parle de la France) de Jean Quatremer, et j’ai donc rédigé un commentaire à son billet, qui était le premier en ce sens.

    Il reste, cher Koz, que l’on peut se demander si la haine de la France n’est pas de temps en temps présente à Bruxelles (cf. les titres réguliers Bruxelles attaque la France… car elle n’a pas appliqué assez vite la directive libéralisation du navet), et si Sarko ne joue pas la carte Amour sacré de la patrie d’autant plus fortement qu’il est le seul à vouloir faire passer le TCE sans référendum…

    Bien cordialement.

  • Une remarque au passage : s’alarmerait-on autant des propos de ceux qui disent « haïr la France » s’ils en restaient aux paroles ?

    Ce qui, à mon sens, tend à crisper les positions des uns et des autres, candidats politiques et commentateurs journalistes, de quelque bord qu’ils se trouvent, c’est que ce qui paraît innaceptable (haïr la France) le serait beaucoup moins en l’absence de violences ; je pense bien sûr aux événements de la gare du Nord.

    Si ceux qui « haïssent la France » s’en tenaient à imprimer des tracts sans casser d’abribus, ces questions identitaires nous paraîtraient en définitive beaucoup plus marginales et peu conséquentes.

  • Je suis d’accord avec vous sur une bonne partie de votre propos Koz, mais à force de passer son temps à nous parler de la fierté de la France du passé, on en oublie de nous dire ce que l’on compte faire pour nous rendre fiers de la France du présent.

    C’est bien beau les droits de l’Homme, mais la date de leur écriture commence à dater… moi j’attends du Président de la République qu’il me rende fier de la France de maintenant, pas de celle d’hier.

    D’ailleurs, que je suis fier ou non de la France d’avant, cela ne regarde que moi, et personne d’autre, surtout pas les politiques, cette fin de campagne me déplait de plus en plus.

  • Quand Sarkozy parle de la detestation de la france de ses adversaires politiques, ne verse t’il pas dans la caricature ? Ettonament,je me reconnais plus dans l’analyse de Quatremer que l avotre. Non pas que ‘jaime lire les provocations et autres détournements de celui-ci, mais plus parce que le discours de Sarkozy en lui-même (et je vous remercie de me l’avoir fait découvrir, j’ai plus trop le temps en ce moment) ne me rassure pas du tout. Ou plutot si, je sais encore mieux après cette lecture pourquoi je ne veux pas voter pour lui. Avoir des mots aussi maladroit sur le genocide juif, ce n’est pas rassurant pour un eventuel président. Lier l’idée de la solution finale à l’idée de nation,que cette idée ai émanée d’une nation(je préfère être clair), car c’est bien ce qu’il fait dans sa phrase surement malgré lui d’ailleurs. Mais quand même. De même quand il parle de l’Algérie. Il aurait voulu réveillé les vieux fantômes de cette époque, il n’aurait pas pu mieux s’y prendre. Bref, maladroit, enfin je l’espère. Et je me répete, mais tenir de tel discours à quelques jours du premier tour, c’est vraiment qu’il veut faire vivre le débat de l’identité nationale pour pas avoir à parler d’autre chose.

  • Les rodomontades et injonction de prise de positions positions sur le principe « aime ou déteste » semblent assez peu propices à l’apaisement, justement.

    Ceux qui s’en foutent n’ont pas le droit d’exister ? (ou font-ils plus simplement parti de ceux qui détestent, à ne pas ostensiblement aimer) ? Cette rhétorique constante en noir et blanc est assez délétère, à force. (oué, il y a les méchants et les gentils !)

  • Si Nicolas Sarkozy ne le dit pas, ne peut pas le dire, je rappelerai que M. Chirac a pris la digne succession de F. Mitterand, voire en pire pour donner mauvaise conscience à la France. L’on dit que ce président ne s’aime pas et il faut dire que ses « mes chers compatriotes de début et ses Vive la France de fin » étaient dépressifs, sans convictions et sans chaleur. A force l’on a fait des générations de français à la réputation de coqs prétentieux à l’étranger et de pénitents à l’intérieur. Libération ne fait que traduire la technique marxiste qui consiste à « donner mauvaise conscience » c’est une technique de base que l’on apprenait dans tous les bons manuels du KGB, de la Stasi de Pol Pot. Quand on vit une vie de bourgeois bobos , cette mauvaise conscience que l’on donne aux autres, cela vous donne une si bonne conscience à vous même !!! C’est clair ? Je l’espère !

    Merci Sarko !

  • Koz,

    Quatremer n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans sa dénonciation comme en témoigne la photo de Birkenau qu’il a choisie pour illustrer son article. Cependant je souscris davantage à son analyse qu’à la vôtre pour une raison toute simple : je ne supporte plus que l’on déduise mon identité de ma nationalité. C’est là le reflet d’une histoire particulière (je n’ai connu la France qu’à partir de l’âge de 6-7 ans et les retrouvailles ne se sont pas très bien passées, je vis d’ailleurs aujourd’hui à Bruxelles et y trouve l’atmosphère plus légère qu’à Paris) mais pourtant de plus en plus banale, ma génération (je suis né en 79) compte de plus en plus de gens écartelés entre origines différentes, ayant grandi dans divers pays et pour qui l’appartenance à un collectif culturel autre que l’espèce humaine ne va absolument pas de soi. Je connais la France par coeur, mes ancêtres y vivent depuis un millénaire, j’ai lu la plupart de ses grands auteurs et apprécie la culture culinaire et de contestation politique vigoureuse qui y prévaut; il ne me vient cependant pas à l’esprit d’avoir honte ou d’être fier de cela, j’y suis attaché comme à quelque chose ou quelqu’un que je connais intimement avec tout ce que cela veut dire d’amour et de détestation ordinaire. Et tout cela change et évolue avec le temps. Mais voir Sarkozy ressusciter des frontières nationales pour moi anachroniques et artificielles pour le simple motif qu’il a les yeux plus gros que le sens de la responsabilité politique, je ne peux le supporter…

  • Beau billet, Koz…

    Ça donnerait envie de voter pour Sarko. Au second tour, naturellement. 😉

    @ JB et GM:

    Qui nous parle d’Aussarresses à longueur de journaux, en oubliant l’activisme d’un Boudarel?

    Qui nous parle d’esclavage à longueur de temps ? Qui rappelle tous les méfaits de la colonisation en évitant soigneusement d’évoquer ceux qui l’ont initié?

    N’est ce pas la gauche, ou ses séides? Qui est la meilleur pour entretenir et gangréner toutes nos divisions? N’est-ce pas la gauche?

    N’a-t-on refusé de commémorer Austerlitz alors que pour Trafalgar, il n’y avait pas de problèmes?

    Vous trouvez que de la part d’un état digne de ce nom, c’est une attitude normale?

    Last but not least, en quoi n’est ce pas rassurant?

    La fierté de ses origines n’implique pas le rejet des étrangers. Il faut avoir une vision simpliste des choses pour le supposer une seule seconde….

  • Ce qui est cependant génant dans les discours de Sarkozy c’est cette appropriation de la notion de patrie. Si je ne m’abuse, je ne connais pas grand monde à gauche qui hait la France ou qui hait la patrie ?

    Le candidat UMP me fait l’impression d’être à la fois pompier et incendiaire. Il crie au scandale et se présente comme le sauveur… d’un mal qu’il crée tout à fait artificiellement.

  • Le discours de Jean Quatremer est probablement un peu exagéré. Mais, encore une fois, j’ai bien peur que Nicolas Sarkozy n’ait SCIEMMENT tendu le bâton pour se faire battre. « Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France. » Ecrire ça, dire ça, c’est reprendre exactement les termes du slogan du FN : la même opposition amour/haine, la même expression d’un choix à faire face au constat de cet amour ou de cette haine, et la même globalisation, la même personnification de la France, comme si cette idée était aussi claire et définie qu’une personne qu’on connait.

    Tout ça, c’est de la chanson. C’est encore pour bétonner sur sa droite, enrayer une possible montée de Le Pen, solidifier son socle de voix. Mais ça ne me plaît pas. Je pense qu’il n’y avait pas besoin de faire ça. Je finis par me demander si la plus grande crainte de Sarkozy n’est pas finalement que les votes Le Pen l’excluent LUI du second tour. Après tout. Il s’est peut-être axé trop sur sa droite, et l’apparition d’un centre crédible l’empêche d’aller plus loin. Je n’arrive pas à comprendre autrement cette insistance sur ces thèmes.

    Décidément, je préfère la stratégie de Bayrou. (ça alors)

    Au passage : je lui fais de moins en moins confiance pour remettre en route la dynamique européenne. Des « petites phrases » comme celles-là, ça vous pourrit en profondeur les relations avec un pays, même avec un pays ami. Et si j’étais allemande, je nous trouverais TRES mal placés pour donner des leçons aux autres. Les allemands sont encore très sensibles sur cette période. Et pourtant, ils ont fait un travail en profondeur sur cette question. Je ne crois pas que nous soyons allés aussi loin dans la réflexion. Les débats d’historiens entre les tenants du fascisme français, de Vichy-bouclier du nazisme, ou bien passoire, voire accélérateur, sur la nature même du régime de Vichy (parenthèse ou continuité démocratique), tous ces débats datent il me semble des années 80-90 chez les historiens, et ne sont pas encore vraiment passés dans l’opinion.

    Ce n’est vraiment pas le discours d’un homme d’Etat…C’est même irresponsable, dans le contexte actuel.

  • @W.Nepigo

    Les frontières nationales anachroniques ? Pourtant n’est ce pas tout ce qui nous permet de délimiter le chant d’application de la loi votée au nom du peuple français? Si les frontières n’ont plus de sens alors les lois non plus et par contagion le peuple non plus.

    Si le peuple et la nationalité n’a plus de sens, nous tombons dans un néant civique.

    La Révolution a inventé l’idée de citoyen détenteur de la souveraineté nationale et participant au contrat de la Nation. Ce contrat est l’acceptation d’une règle commune pour pouvoir vivre ensemble.

    Vous invoquez l’espèce humaine comme nouvelle communauté, cela n’a aucun sens et témoigne d’une vision complètement faussée par une vie personnelle sans aucun doute très riche mais ayant peu à voir avec la vie de la majorité des gens.

    Pas de généralités s’il vous plait sur le mode « Ma génération blablabla…. » je suis né en 77 et moi la France, son peuple et la citoyenneté, les frontières, la Nation ça me parle. Ce sont mes racines qui nourrissent mon regard au monde qui me permettent de vivre avec l’autre.

    Considérer que nous sommes tous des grains de sable volant au gré des vents sans barrières et sans racines, c’est le début de la fin.

  • Détricoter le discours de Sarkozy n’a pas de sens, de même que détricoter la critique de ce discours.

    Reste une impression d’ensemble, un vocabulaire, une posture, qui effectivement est dangereuse, repoussante…

    Cela ne suffit pas à disqualifier totalement le personnage, mais vous le sentez vous même, cela n’aide pas. Il y a de l’excés chez Quatremer, et de la mauvaise foi chez Koz.

  • W.Nepigo, personne ne déduit votre identité de votre nationalité. Si l’on me demande de me définir, je ne commencerai pas par dire que je suis français. Possible, même, que j’oublie de le mentionner (en tout cas, si ce sont des français, et dans un cadre national, qui me posent la question). Mais, en revanche, c’est à l’évidence l’une des composantes de mon identité.

    Lisette, une fois de plus, je n’ai entendu aucun américain, aucun russe, aucun cambodgien s’alarmer de ce que Sarkozy ait évoqué l’holocauste nucléaire, les goulags, ou Pol Pot. Leur existence, comme celle de la Shoah, est un fait, mais il ne faudrait pas l’évoquer ? On est dans un débat sur notre Histoire, que nombreux sont ceux qui semblent avoir pour obsession de dépeindre en noir. Il prend des exemples dans l’Histoire des autres pays.

    Après, parce que nous arrivons en fin de campagne, certains prennent des airs effarouchés et vous-même, comme jb, vous brodez sur l’idée d’un discours irresponsable de la part d’un candidat à l’Elysée, mais ça reste du cinéma de fin de campagne.

    La gauche de Blogitic : Ségolène Royal dépeint ses adversaires de droite comme disposés à saborder le droit du travail et à s’acoquiner avec le capitalisme sauvage pour mettre à bas les droits des salariés (sans parler du tableau sur la droite fasciste)… et se présente en sauveur. François Bayrou dépeint une France en crise, d’une crise due au système, aux médias, et aux institutions… et se présente en sauveur. Il y a dans chaque discours une part sincère et une part d’exagération.

    Il y a bien sûr une part de procédé rhétorique, dans le discours de chaque candidat, mais il reste du fond intéressant à examiner.

    GM, on peut bien évidemment s’en foutre. Cela devient plus difficile lorsque, je le répète, sous couvert de lucidité, certains (à gauche, donc) ne traitent de l’Histoire de France que pour en soulever les pages sombres.

    Au final, tout cela est-il bien nécessaire ? Je le pense. Parce que, comme il le dit, depuis trop longtemps, « la droite républicaine a laissé la République à la gauche et la Nation à l’extrème-droite« . Qu’un pays, comme une personne, a besoin de racines, de fondations. Que l’on a besoin d’un destin commun. Que l’on est effectivement les héritiers de générations de françaises et de français qui ont agi en pensant à la France qu’ils lègueraient à leurs enfants. Qu’il y a un tel besoin de s’identifier que certains cultivent l’identification régionale… ou sportive. Qu’il n’y a pas de honte à être fier de son pays, et qu’à laisser effectivement la fierté nationale aux mains de certains (suivez mon regard), alors, oui, pour le coup, la fierté nationale devient le chemin vers la xénophobie.

    Et qu’on n’intègre rien à du gloubi-boulga.

  • Je suis toujours effarée de la violence et de la puissance de la haine anti-Sarkozy. Nicolas Sarkozy a des défauts, son programme a des défauts, on peut bâtir une opposition raisonnée et sérieuse. Mais on n’assiste à rien de tout cela.

    Quelques intellectuels ont lancé une fatwa anti-Sarkozy, il est nommé le « cancer de la société » ou « honte de la France », etc… Ce qui est curieux, c’est que nombre de ces appellations sont typiques de l’extrême-droite. On voit la qualité de l’insulte…

    Le pire, ce n’est pas tellement cette haine, c’est ce qu’elle montre. Sarkozy est désigné comme « solide » et les autres n’ont rien d’autre à proposer que sa défaite. On ne peut avoir pour projet de détruire un concurrent, il faut vouloir construire, progresser, avancer, pas se concentrer sur un obstacle.

    La démocratie est en danger, oui ! Mais ce n’est pas Sarkozy qui la menace, ce sont ceux qui oublie de chercher des solutions et ne font que chercher à nuire à Sarkozy. La gauche dit « il faut battre Sarkozy ». Ok. Et quand il sera battu, quoi ?…

  • Bien sur évidemment, chaque candidat a tendance à grossir le trait des points qu’il souhaite changer.

    Le problème c’est que lorsque S. Royal s’attaque « au capitalisme sauvage » ou que F. Bayrou se lamente sur la « crise des médias », cela n’a pas pour effet de regarder d’un mauvais oeil une partie de la population.

    Le mélange des notions de patrie, nation, immigration, fierté… est un cocktail explosif. Faire campagne de la sorte est très dangereux.

    D’ailleurs, à bien y réfléchir, un tel discours ne peut être que populiste. Peut on réellement être fier d’être Français alors que nous le sommes pour la grande majorité par le simple fait d’être nait sur le territoire français de parents français ? On peut être heureux d’être français, s’avouer chanceux de l’être, mais fier…

    Et il ne faut pas croire que mon propos est partisan. Lorsque S. Royal nous explique qu’il faudrait que chaque Français ait un drapeau et qu’il le sorte le jour du 14 juillet, je fais des bonds. Car, si le « bon » français se doit d’agir ainsi, a contrario, ceux qui ne le font pas ne sont pas des « bons » français et sont donc de « mauvais » français.

    Mon docteur m’appelle et me demande de me calmer…

  • Tiens à la lecture de ce billet (un peu rapide, je suis obligé de l’avouer), une question me vient que je souhaiterais te poser: pour toi est-ce que les notions de nation et de fierté sont des choses importantes (et concernant la fierté, tant celle de faire partie d’un groupe dont on serait fier, que d’être fier de soi-même)?

    De mon côté, je ne suis pas bien sûr. Je crois que concernant la nation je dirai que ça n’a aucune importance, et concernant la fierté, je suis un peu réservé, mais à priori sans trop y avoir réfléchis, je crois que ma réponse serait assez similaire. Il faudrait que j’y pense un peu. Et toi ? Je suis vraiment curieux de ton avis sur ce point.

  • Laurent : plusieurs choses dans ce que vous me dites.

    [quote]Les frontières nationales anachroniques ? Pourtant n’est ce pas tout ce qui nous permet de délimiter le chant d’application de la loi votée au nom du peuple français? Si les frontières n’ont plus de sens alors les lois non plus et par contagion le peuple non plus.[/quote]

    Le « peuple »? Qui vous dit qu’il existe en-dehors de la vision de ses dirigeants? Ce que vous appelez peuple français dans ce contexte territorial moi je l’appelle l’Etat français : allez demander à un breton ce qu’il en pense.

    [quote]Si le peuple et la nationalité n’a plus de sens, nous tombons dans un néant civique.[/quote]

    Non, on sort juste du champ d’application de ce civisme-là, rien n’empêche d’en inventer d’autres plus appropriées si l’on veut.

    [quote]Vous invoquez l’espèce humaine comme nouvelle communauté, cela n’a aucun sens et témoigne d’une vision complètement faussée par une vie personnelle sans aucun doute très riche mais ayant peu à voir avec la vie de la majorité des gens.[/quote]

    Cela a contraire beaucoup de sens à l’heure où nous sommes devenus collectivement si puissants que chacune de nos actions influe sur les autres (réchauffement climatique, dégradation écologique etc), de sorte que ce qui était auparavant un pb local (exemple : chaque ménage chinois peut-il avoir accès à un crédit pour une voiture?) devient un problème global. Et je n’ai pas le sentiment d’être si différent.

    [quote]Pas de généralités s’il vous plait sur le mode « Ma génération blablabla…. » je suis né en 77 et moi la France, son peuple et la citoyenneté, les frontières, la Nation ça me parle. Ce sont mes racines qui nourrissent mon regard au monde qui me permettent de vivre avec l’autre.[/quote]

    Ok pour les généralités, désolé! D’accord avec vous sur les racines… tant qu’on ne se massacre pas pour en défendre des visions instrumentalisées/actualisées (c’est la même chose, toute histoire n’est qu’interprétation).

    [quote]Considérer que nous sommes tous des grains de sable volant au gré des vents sans barrières et sans racines, c’est le début de la fin.[/quote]

    La fin de quoi? De la morale qui existait antérieurement? Est-ce si nécessaire, la morale, le sens?… Je n’ai pas la réponse à cette question mais si Nietzsche scandait « Dieu est mort » voilà déjà plus d’un siècle ce n’est sans doute pas pour rien. De plus les grains de sable peuvent s’agglomérer sous l’action de facteurs extérieurs (humidité, autres substances…)… Si votre commentaire se voulait une condamnation de l’individualisme à outrance je suis d’accord avec vous.

  • [quote comment= »11869″]D’ailleurs, à bien y réfléchir, un tel discours ne peut être que populiste. Peut on réellement être fier d’être Français alors que nous le sommes pour la grande majorité par le simple fait d’être nait sur le territoire français de parents français ? On peut être heureux d’être français, s’avouer chanceux de l’être, mais fier…[/quote]

    [quote comment= »11871″]Tiens à la lecture de ce billet (un peu rapide, je suis obligé de l’avouer), une question me vient que je souhaiterais te poser: pour toi est-ce que les notions de nation et de fierté sont des choses importantes (et concernant la fierté, tant celle de faire partie d’un groupe dont on serait fier, que d’être fier de soi-même)?[/quote]

    Bon, j’ai un peu épuisé mon crédit-temps-blog pour aujourd’hui, alors, je vous soumets une question en retour : n’avez-vous pas foncièrement le sentiment d’entendre bien souvent confesser une « honte d’être français », à propos d’évènements passés ou actuels ?

    Cela ne vous étonne pas que l’on puisse ainsi, en France, affirmer sans problème ressentir une telle honte, mais que l’on se fasse des noeuds au cerveau pour savoir s’il y a une légitimité quelconque à ressentir de la fierté ?

    Pourtant, les deux sentiments sont de la même veine. Si l’on s’autorise à ressentir le premier, on ne devrait pas avoir de mal à accepter de ressentir le second.

  • …tout comme il devient difficile d’adhérer quand, sous couvert de courage, on associe perpétuellement immigration, identité nationale et délinquance (difficile d’adhérer en ce qui me concerne, du moins)(et j’espère que cette opinion ne fait pas de moi un « haïsseur » de la France)(désolé pour le barbarisme)(je me demande si on devrait pas envisager de suspendre ma nationalité quelques temps, pour un truc pareil)(bon, oui, j’arrête le troll)…

    Il me semble qu’une campagne électorale est certainement le plus mauvais moment pour parler de ça, le moment et la façon ne sont singulièrement pas propices à l’apaisement, précisément. Oui, il y a des choses dont on peut être fier. Oui il y a des choses dont on peut avoir honte. Et tout ça, même en étant de gauche. Et puis ?

    De quoi on pourra être fier, dans 20 ans, dans 30 ans ? Quel est donc le destin commun qui est devant nous ? Et puis même, plutôt que de se demander qui donc a les plus belles oeillières pour regarder derrière, quelle est donc (l’image de) la France de demain ?

    Juste, pour finir et pour sortir un peut du petit bout de la lorgnette du cas particulier de Sarko, ce qui me frappe dans cette campagne, c’est de voir à quel point tout le monde semble avoir envie d’en découdre, presque violemment. Ca ressemble assez au référendum pour le TCE de ce point de vue. Et c’est assez flippant.

  • La « honte d’être français » dont vous parlez procède souvent, en termes médiatiques, de l’affrontement entre le vieux récit national et l’idéologie des droits de l’homme (cf l’interview de pierre nora dans le monde à ce sujet). Cela se traduit par exemple par la condamnation d’historiens coupables d’avoir minimisé les « méfaits » de la colonisation, ce qui est évidemment inique : la justice ne devrait rien avoir à faire avec l’histoire, qui est relecture perpétuelle, interprétation. On touche là à la limite du paradoxe : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » tel qu’il a été défini au cours des années 90 pour combattre la montée de l’extrême-droite en Europe. Je préfère largement Voltaire quand il dit « je ne suis pas d’accord avec vous mais je ferai l’impossible pour que vous puissiez défendre votre position »… La liberté d’expression est complète ou n’est pas, c’est mon point de vue.

    Pour répondre à votre question je pense que le simple fait d’assimiler des sentiments personnels à une identité collective n’est qu’une supercherie et une manoeuvre de pouvoir de la part de l’auteur de cette même identité collective. C’est terrible, ce qu’on peut faire faire à une foule… Pour citer à nouveau Voltaire : « que les héros meurent les premiers »!

  • @Koz : je ne pense pas que Sarkozy soit irresponsable, c’est vrai que j’ai joué un peu la facilité. Je pense qu’il est prêt à tout pour empêcher la montée du FN, et que c’est sans doute une bonne chose pour tout le monde. Je pense que pour ça il est prêt à courir un certain nombre de risques (comment jouer le rassemblement au second tour? comment aller faire ses amitiés à Angela après?) Risques que je trouve trop grands. (oui, en fait si je trouve que c’est un peu irresponsable. C’est hyper prétentieux de ma part, mais je me demande s’il mesure les risques. Genre je vais me substituer à un staff d’énarques. En même temps, c’est ça être citoyen, aussi)

    Concernant l’Allemagne, je maintiens qu’il y a un problème. Ca m’étonnerait d’ailleurs qu’ils ne s’en émeuvent pas dans les jours qui viennent. On a des relations spéciales avec l’Allemagne, comme avec tous les pays européens, on est pas censés leur faire ce genre de tacle gratuit, pour des raisons de stratégies électorales. Et sur le coup de l’holocauste, on est quand même assez mal placés pour dire quoi que ce soit, dans la mesure où on avait un régime de collaboration. Alors bien sûr, on a pas « engendré » ces abominations. Ouf, on l’a échappé belle. C’est quoi qui a engendré Hitler? Le traité de Versailles? Ce serait une question de nature de la France, si on avait évité ces écueils? (évité, c’est une interprétation…) Et puis au nom de quoi on ferait une hiérarchie des horreurs? C’est bien ce qu’il fait là… Bon ok, on a fait des grosses conneries, mais les autres ils ont fait pire. Alors là, Simone Veil elle va plus du tout aimer.

    Tu parles de cinéma de fin de campagne. C’est vrai : mais c’est Sarkozy qui le fait, son cinéma. Il sait très bien à quoi s’attendre en parlant comme il le fait. C’est un coup médiatique. La French Pride. Ouaiiis

    N’importe quoi. Je préfère aller flinguer l’ENA, au moins c’est marrant, et ça débouche sur qqch.

  • Effectivement, la honte d’être Français est sans doute le pendant de la fierté…

    Pour ma part, je reste convaincu qu’il n’y a ni honte ni fierté à avoir. On est Français, ou on ne l’est pas. Je ne ressens ni honte, ni fierté. C’est un état depuis ma naissance : je suis Français.

    Ai je honte d’être Français pour des actes commis par l’état Français ? Non. Par contre, j’ai honte pour les gens qui ont commis ces actes. Cette honte est d’autant plus forte que des actes atroces aient pu être commis au nom de la France et des Français.

    Je vis pour ma part dans le Sud de la France. Qu’est ce qui me différencie d’un espagnol ? Quelques kilomètres. Parce que né d’un coté des Pyrénées, je devrais être fier d’être Français alors que né de l’autre coté, je serai fier d’être espagnol ?

    Je trouve ces notions dépassées, d’une autre époque. Je me sens bien plus proche d’Aznar qui est espagnol que de JM Lepen qui est Français. Je suis un euroconvaincu car je pense que ces fiertés auront tendance à disparaitre et avec elles je l’espère la haine de l’autre.

  • [quote comment= »11881″]Je préfère aller flinguer l’ENA, au moins c’est marrant, et ça débouche sur qqch.[/quote]

    Vous avez raison. Dézinguer l’ENA est nettement plus productif que de s’interroger sur notre rapport à l’Histoire. Mais, si c’est marrant, alors…

  • [quote comment= »11855″] Si je ne m’abuse, je ne connais pas grand monde à gauche qui hait la France ou qui hait la patrie ? [/quote]

    Quand je vois Besancenot essayer de ridiculiser tout sentiment nationaliste par tous les moyens possibles, on pourrait dire que cela se retrouve dans votre définition.

    Quand certains gauchistes affirment préférer l’Internationale à la Marseillaise et dans le même temps, vouloir en changer ses paroles, genre la lutte finale on la fait avec des fleurs, on rigole.

    En fait, vous avez complètement tort.

    Car depuis Mai 68, rien que l’idée de structure (qu’elle soit morale, nationale, sociale, économique) est abhorrée chez ces gauchistes. D’où la franche antipathie pour tout ce qu’ils n’auraient pas installés eux-même.

    @ Lisette:

    Arrêtons de pinailler, l’Allemagne n’a pas inventé les génocides, ils sont pratiqués depuis la nuit des temps. En utilisant la solution finale, les nazis ont industrialisé la chose. La seule chose qui change, c’est l’échelle du massacre.

    Les génocides ont toujours existé, les Allemands n’ont pas à prendre celà comme une attaque personnelle, ça n’en est pas une.

    [quote post= »224″]Juste, pour finir et pour sortir un peut du petit bout de la lorgnette du cas particulier de Sarko, ce qui me frappe dans cette campagne, c’est de voir à quel point tout le monde semble avoir envie d’en découdre, presque violemment. Ca ressemble assez au référendum pour le TCE de ce point de vue.[/quote]

    Réveil !

    Nous sommes en guerre civile larvée depuis au moins deux siècles….

    A croire que la révolution est le seul moyen qu’ont trouvé les Français pour bouger.

  • Moi je préfère avoir honte d’être français.

    Parce que j’aime les gens et je ne supporte pas qu’on aggresse les faibles.

    Or la France a colonisé des pays pauvres qui ne demandaient rien, la France a collaboré en temps de guerre et livré des juifs. Napoléon a fait la guerre à tous les pays par ambition personnelle, et Louis XIV exploitait les paysans tout en faisant des fêtes très couteuses avec sa cour. La France catholique a en plus participé fortement aux guerres de religion et tuer au nom d’un dieu.

    Je ne suis pas non plus fier de la France parce que je sais que nous ne sommes qu’un petit pays, insignifiant au regard du monde. Notre langue est un vestige du passé et est aujourd’hui très peu parlé. Notre poids international est symbolique. Notre poids économique est lui aussi très faible, écrasé que nous sommes par l’euro et la mondialisation, et disposant de pseudo fleurons comme Airbus qui finalement ne se portent pas bien.

    Enfin, je vois bien que Le Pen ou Villiers brandissent drapeaux et marseillaise dans un but raciste, pour faire sentir aux immigrés ou à leurs enfants qu’ils ne sont pas d’ici. Ce patriotisme n’est qu’une sclérose conservatrice.

    Je suis donc né en France mais je suis contre les violences que nous avons fait aux autres, je suis conscient de la petitesse de notre nation et j’abhore le patriotisme, guerrier et raciste.

    Sarkozy, en parlant de la nécessité d’être fier d’être français, ne fait là qu’un appel du pied aux Lepénistes & autres. Personne ne demande à être fier d’être français sauf les extrémistes.

    La seule chose dont je sois fier est la révolution française où le peuple a aboli les privilèges et montrer aux autres nations comment se diriger vers les valeurs de liberté, égalité et fraternité.

    Enfin, je dois dire que j’admire encore moins des pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre ou autres, qui ont opprimé et continuent à opprimer les peuples de manière encore plus importante que la France.

    Je me définis donc par mon caractère, ma psychologie, mon histoire, mon travail ou mes hobbies, et surtout pas par ma nation de naissance.

  • En fait, c’est toujours pareil avec Sarkozy, il y a ce côté manichéen de la France tout à fait insupportable (pour moi). Je suis du côté de la france de ceux qui [à choisir] (et qui sont les gentils) et contre la France de ceux qui […] (les méchants). Je sais bien qu’une campagne n’est pas un épisode des bisounours, mais quand même ne peut-on pas espérer un peu plus nuance?

    PS: Perso, j’ai honte ou au contraire suis fier d’être français alternativement en fonction des actes qui sont commis en mon nom par ceux qui me représentent. Je ne saisi pas très bien l’intérêt d’être fier d’être Français si on s’interdit d’en avoir honte, je ne comprends pas l’intérêt d’être fier d’être Français si ce n’est qu’un devoir. La fierté n’est pas et ne peut être un devoir. Evidemment, je n’ai pas honte aujourd’hui que la France ait jadis commis des exactions, je suis même plutôt fier qu’elle est pris les mesures de ce passé afin qu’il ne se reproduise pas. Par contre, non, il y a aujourd’hui en France des choses dont je ne suis pas fier, et je ne comprends pas pour quelle raison il serait préférable de les taire.

  • [quote post= »224″]La seule chose dont je sois fier est la révolution française où le peuple a aboli les privilèges et montrer aux autres nations comment se diriger vers les valeurs de liberté, égalité et fraternité.[/quote]

    Dans votre catalogue de honte, c’est curieux, vous avez oublié la Terreur, et ses dizaines de milliers de morts, au nom des droits de l’homme.

    Vous voyez, même de ça, vous ne pouvez pas être fier.

    Et rien ne vous oblige à demeurer dans un pays dont vous abhorrez les racines.

    J’ai pas le temps de développer, mais on relèvera le catalogue d’inepties historiques et économiques de votre discours.

  • J’aime la France. J’aime passionnément la France. La Commune et les Côtes du Rhône. Louise Michel et Guy Debord. Mai 68 et Bourdieu. J’aime son esprit anticlérical, ses manières de Gavroche, la République dépoitraillée sur les barricades défiant les Ultras. J’aime la France que des étrangers n’ont eu de cesse de grandir : Rousseau, Le Corbusier, Godard. J’aime le France, ses manies festives et paillardes qui la jetèrent dans des débordements neigeux en décembre 95. La France des idéaux, bien que trop souvent pétitions de principe, la France des cafés, bien que trop souvent de comptoir, la France des manifs, bien que si souvent vaines. Cette France-là, je crains que Nicola Sarkozy ne l’aime guère. Est-ce à dire qu’il faille le ranger du côté de ceux qui méprisent la France, la détestent et finalement la déshonorent ?

  • [quote comment= »11871″]

    Cela ne vous étonne pas que l’on puisse ainsi, en France, affirmer sans problème ressentir une telle honte, mais que l’on se fasse des noeuds au cerveau pour savoir s’il y a une légitimité quelconque à ressentir de la fierté ?

    Pourtant, les deux sentiments sont de la même veine. Si l’on s’autorise à ressentir le premier, on ne devrait pas avoir de mal à accepter de ressentir le second.[/quote]

    Ah mais je ne pose pas du tout la question de la légitimité de se sentir fier. Il n’y avais pas de sous-entendu dans ma question. En général je n’use pas de cette méthode de communication. Elle est très répandue chez les commentateurs politiques et je comprends que tu ais eu ce réflexe, mais pour ma part je ne fonctionne pas comme ça.

    Pour répondre à ta question, oui je suis d’accord que les deux sentiments sont de la même veine. Je ne vois pas bien l’intérêt de se flageller en ce qui concerne le passé. Il est important qu’un pays reconnaisse ses erreurs du passé, mais se repasser les plats amers à chaque repas est étrange. Et je reste aussi dubitatif sur l’idée d’être fier de l’histoire de son pays. Je me demandais juste ce que tu en pensais de ton côté.

  • Ainsi donc « le candidat de la droite décomplexée » a osé dire  » la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. »

    Et nos amis allemand dont les ancêtres ont commis de tels actes acceptent cette façon de faire Sarkozienne ?

    J’adresse un mail à Angela illico

    Il n’est pas question de rougir de son histoire ou de s’extasier devant la grandeur de son pays. Il s’agit de TIRER LES LECONS DE L’HISTOIRE, pour que demain soit meilleur qu’hier. Et ce sans rien maquiller et sans rien occulter.

    Les Allmands parce qu’ils regardent leur passé en face n’ont en rien à rougir. L’UMP elle refuse de regarder l’histoire de la colonisation française en face. Donc ceux qui ont à rougir, hien…

  • [quote comment= »11893″] Par contre, non, il y a aujourd’hui en France des choses dont je ne suis pas fier, et je ne comprends pas pour quelle raison il serait préférable de les taire.[/quote]

    Personne ne te le demande. Je te renvoie au passage de mon billet relatif à la « disposition d’esprit ». Et, également, au passage du discours de Sarko sur les pages sombres de l’Histoire de France.

    [quote comment= »11898″]Ah mais je ne pose pas du tout la question de la légitimité de se sentir fier. Il n’y avais pas de sous-entendu dans ma question. En général je n’use pas de cette méthode de communication. Elle est très répandue chez les commentateurs politiques et je comprends que tu ais eu ce réflexe, mais pour ma part je ne fonctionne pas comme ça.[/quote]

    Disons que, si tu entendais m’interroger sur la notion de fierté de façon parfaitement déconnectée du débat en court, alors, peut-être n’était-ce pas précisément le meilleur moment pour éviter que je fasse un lien… avec le débat en cours. ,-)

  • Se fondant sur l’analyse des derniers scrutins (2002, 2005) et des nombreux sondages (qu’il affectionne), Nicolas Sarkozy pense que la France se droitise et que l’élection se gagnera à droite, bien à droite. D’où ses clins d’oeil répétés en direction de l’électorat du Front national, d’où l’accent mis dans la campagne sur l’identité nationale, jusqu’à sa proposition improvisée de ministère de l’identité nationale et de l’immigration…

    Faut-il que notre pays soit en crise et doute de lui-même pour s’interroger à ce point sur son identité et pour s’apesantir ainsi sur son passé plutôt que de regarder l’avenir ? (quand on est bien dans ses baskets, on n’a pas besoin de faire référence toutes les 5 minutes à son identité) Faut-il que Sarkozy soit cynique pour caresser ainsi une frange de l’électorat dans le sens du poil, malgré tous les dangers que cela représente ? (car si la haine de soi n’est assurément pas une bonne base pour l’amour des autres, le nationalisme exacerbé n’est souvent pas loin du racisme, de la xénophobie et de la guerre)

    S’il y a une morale dans cette élection assez surréaliste, on peut espérer qu’avec cette stratégie, il perdra autant de voix dans l’électorat de droite modérée (au profit de Bayrou au 1er tour et de Ségolène Royal au 2nd) qu’il n’en gagnera à l’extrême droite…

    PS : je ne me sens pas particulièrement fier de la France agressive (celle qui dit : aimez-la ou quittez-la) que s’emploie à représenter Nicolas Sarkozy. Et, toute proportion gardée, je ne suis pas très fana non plus, à vrai dire, du drapeau français aux fenêtres de sa concurrente socialiste.

  • Koz vous passez bien vite sur cette phrase de NS: « Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France. »

    Qu’il sache que ce n’est pas la France que je déteste, c’est le portrait d’une France de l’égoïsme étriqué, revanchard et boutiquier, dont Sarkozy fait la promotion, c’est ça que je déteste. Ce hold-up sur l’identité nationale m’exaspère, d’autant qu’il ne s’agit que de réduire la France à une vision dégradée. Plus aucune trace de Liberté, d’Egalité et de Fraternité là-dedans, plus aucune trace de la Déclaration des Droits de l’Hommes et du Citoyen, plus de Marseillaise ni de cocarde nationale, non il n’y plus rien de tout ça dans le discours de Sarkozy. Or pour moi, la France, c’est exactement ça.

  • Très bien, le discours de Sarkozy. Rien à redire. C’est un discours de bon sens, réaliste, raisonnable, modéré, centriste, généreux, rassembleur, ouvert sur l’avenir sans renier le passé.

    Faut-il que la gauche soit tombée dans des abîmes de corruption morale pour qu’elle s’en indigne!

    Evidemment, quiconque s’éloigne de la ligne du parti gauchiste est un facho. Quiconque ne se limite pas à dire: tout ce qui ne va pas est la faute de l’Amérique, sauf ce qui est dû au colonialisme et à l’esclavagisme des Français, dont ils doivent se repentir jour après jour jusqu’à la fin des temps.

    En revanche, les immigrés sont des saints, et quiconque touche à un seul de leurs cheveux est un nazi.

    Un Français sur deux qui pense comme ça.

    Grosse fatigue.

  • [quote comment= »11912″]PS : je ne me sens pas particulièrement fier de la France agressive (celle qui dit : aimez-la ou quittez-la) que s’emploie à représenter Nicolas Sarkozy. [/quote]

    Avez-vous lu mon billet, sur le « aimez-la ou quittez-la » ?

    [quote comment= »11916″]Plus aucune trace de Liberté, d’Egalité et de Fraternité là-dedans, plus aucune trace de la Déclaration des Droits de l’Hommes et du Citoyen, plus de Marseillaise ni de cocarde nationale, non il n’y plus rien de tout ça dans le discours de Sarkozy. Or pour moi, la France, c’est exactement ça.[/quote]

    Avez-vous lu les discours de Nicolas Sarkozy (Nice et Nîmes) ?

  • C’est effarant de voir le nombre de personnes qui semblent authentiquement incapables d’imaginer qu’on puisse aimer son pays sans haïr les autres.

    Les notions mêmes de nation ou de patrie suscite des réflexes conditionnés extrêmement hostiles chez beaucoup de monde. Notre Education Nationale (arf), que n’étouffe pas le devoir de réserve, a bien fait son boulot.

    Car en pilonnant la nation, en l’accusant de tous les crimes du 20e siècle, on élude le fait que derrière ces crimes, il y avait aussi et surtout la politique. Et que la politique derrière les charniers du 20e siècle était souvent socialiste.

    Car Sarkozy a tort sur un point dans son discours. C’est quand il dit « [la France] n’a enfanté ni Hitler, ni Staline, ni Pol-Pot. » Pol Pot a été étudiant communiste à Paris entre 49 et 53. C’est là qu’il a découvert les délices du marxisme qu’il a plus tard appliqué à son pays, avec les résultats que l’on sait (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol_Pot). Si on n’avait l’habitude de ce type de cécité volontaire, on s’étonnerait que Quatremer n’ait pas bondi sur cette monumentale erreur factuelle dans le discours de Sarkozy.

    Nos amis américains ont eu une autre lecture que nous de cette période de l’histoire. Ils n’ont aucun problème avec le patriotisme mais c’est contre le communisme qu’ils sont vaccinés.

  • Ah ben voui c’est pas faux ta remarque. Donc effectivement, ma question était plutôt déconnectée du débat en cours. (notes que cela t’aura valu 3, euh non 4 commentaires de plus particulièrement brillants sur ton blog 😉 )

  • [quote comment= »11906″][quote comment= »11893″] Par contre, non, il y a aujourd’hui en France des choses dont je ne suis pas fier, et je ne comprends pas pour quelle raison il serait préférable de les taire.[/quote]

    Personne ne te le demande.[/quote]

    “Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France.” « Que ceux qui n’aiment pas la France, ne se gênent pas pour la quitter » « Je veux leur dire qu’ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l’Histoire de France et les adeptes de la repentance » (Chirac comme représentant de l’anti-France!) Je ne veux pas choisir. Je veux pouvoir ET assumer les heures noires de notre histoire (et pour ces moments je suis un « adepte de la repentance ») ET aimer mon pays pour tout ce qu’il a de bon dans son histoire et dans son présent. Je veux pouvoir avoir honte des conneries monumentales que ne manquera pas de faire la France (et j’espère que l’Etat saura demander pardon en pareil cas) ET me réjouir de tout ce qu’elle fera de bien. Je suis français. Je n’ai absolument aucune raison de quitter mon pays même si des cons en faisaient n’importe quoi…. au pire, je peux essayer d’exiger le retour d’Avignon dans le giron des Etats Pontificaux 🙂 et créer un Front de Libération Nationale du Comtat Venaissin (on a un super Palais pour accueillir le Pape et une vielle expérience) C’est quoi ces conneries!

  • [quote comment= »11919″][quote comment= »11912″]PS : je ne me sens pas particulièrement fier de la France agressive (celle qui dit : aimez-la ou quittez-la) que s’emploie à représenter Nicolas Sarkozy. [/quote]

    Avez-vous lu mon billet, sur le « aimez-la ou quittez-la » ?

    [quote comment= »11916″]Plus aucune trace de Liberté, d’Egalité et de Fraternité là-dedans, plus aucune trace de la Déclaration des Droits de l’Hommes et du Citoyen, plus de Marseillaise ni de cocarde nationale, non il n’y plus rien de tout ça dans le discours de Sarkozy. Or pour moi, la France, c’est exactement ça.[/quote]

    Avez-vous lu les discours de Nicolas Sarkozy (Nice et Nîmes) ?[/quote] et bien oui, justement.

  • @ Jak:

    Ce n’est pas qu’il faut les taire, c’est qu’il faut à la fois remettre dans le contexte et voir aussi l’autre versant, qui a été parfois positif.

    Cette cécité à sens unique est pour beaucoup la seule règle qui vaille. C’est là que ça pose problème. Ça ne me dérange pas d’évoquer les aspects négatifs si et seulement si on est un minimum honnête intellectuellement, c’est à dire si on tente d’inclure le contexte dans la réflexion, chose que beaucoup, notamment à gauche, ne font pas.

    @ Liberal:

    Je n’osais pas parler de Pol-Pot qui est une créature de la gauche française, en effet, on a suffisamment de raisons d’avoir honte, on ne va pas en rajouter… 😉

  • @ Tardif:

    Ne confondez pas la république française et la France, ce sont deux choses, deux notions différentes.

    J’ai la faible impression que pour vous, c’est du pareil au même. La France ne se résume pas aux droits de l’homme, etc, c’est plus que cela..

  • Hi hi, il est vraiment trop fort ce Koz. Arriver à nous faire croire à tous que l’objectif de Sarko, c’était d’interroger notre rapport à l’histoire. Elle est bien bonne celle-là.

    Je maintiens : à cette date, dans ces circonstances, étant donné l’état de la France et de l’opinion, ça n’a aucun intérêt. Sauf pour le candidat Sarko.

    En revanche, le mode de recrutement de la haute administration, oui, c’est important. Parce que derrière tout ça il y a tout un système sclérosé.

    Mais en vérité, tout cela c’est du vide intersidéral. Le contenu ne passe pas. Rien à faire.

    Heureusement qu’on a internet, quand même.

  • Polydamas, il est assez fort aussi. Il nous fait tous croire qu’il est français alors qu’il partage sa vision de la France avec lui-même.

  • Qui a reçu la francisque ? Qui a sorti Le pen du placard ? Qui dînait avec Bousquet ? Qui a travaillé à l’Elysée à ses côtés ?

    On peut refaire l’Histoire et assimiler NS à un Le Pen light. On peut aussi accuser SR de néo-pétainisme.

    Quand on veut tuer son chien, il suffit de l’accuser de porter la rage.

    Pour reprendre la formule de SR : vous connaissez Quatremer ? Et Libération ? ce n’est pas un canard financé par le Grand Capital qui cherche à s’en sortir faute de lecteurs ?

    Ce qui intéresse la France non blogueuse c’est : La dette, l’emploi, la croissance, le pouvoir d’achat, l’éducation, la sécurité, l’Europe, la situation internationale.

    Tout le reste n’est que balivernes.

    Heureusement qu’il n’y aura pas de débat sur internet car plus de 70 % de français n’y auraient pas accès.

    La France réelle attend du concret.

  • @ Lisette:

    Mort de rire…

    Parceque vous croyez que France = République française?

    Il n’y a pas comme un problème ?

    Et je crois que je suis loin d’être le seul à penser ainsi, ne vous en déplaise…

  • Cher Koz Merci de réduire ma « délation , invention bien française » … « au temps, () d’un commentaire » (qui ne cherchait qu’à participer à l’animation d’un autre de vos billets). Nos archives sembleraient toutefois confirmer l’existence de cette pratique en france, à grande échelle, à ce moment de notre histoire (que bien sûr je ne réduit pas à cela)

    Comme vous, je partage l’idée qu’il faut cesser de pratiquer un dénigrement systématique de notre histoire qui tient lieu de bonne conscience facile et paresseuse. Mais sans oublier qu’il existe aussi ,d’un autre côté, une exaltation très partisane et limite mensongère de notre histoire .

    En fait, l’histoire de France est très constratée et suffisamment variée pour qu’on puisse lui faire ‘avouer’ , par le jeu des ombres et des lumières, des conceptions presque antinomiques. Et on est perpétuellement sommé de prendre parti dans ce tango réducteur. Peut-on prendre la France comme Clemenceau la révolution, ‘en bloc’ ? Bon mais si l’on me contraint je vote Sarko plutôt que Quatremer, c’est sûr.

    L’éxégèse des discours de Sarkosy ne me gêne pas trop si ce n’est cette sorte d’obligation ‘globalement positive’ qu’il aurait à être fier de son pays et la manière dont il y arrive.

    En effet, il reconnait nombre de nos points obscurs mais il ne les contre-balance puerilement que par le fait que la France n’a pas fait ceci cela … (Génocide/Solution Finale/Hitler/Staline/Pol-Pot/tentations totalitaires/camps d’extermination nazis/goulag stalinien,/procès de Moscou/feu nucléaire) . Parfois Nicolas ose aller plus loin , ainsi effectivement , il admet ‘la traite négrière et l’esclavage’ mais la France ‘n’a pas été la seule’ (ouf) . Quant à ‘la colonisation’ , non seulement on n’était pas les seuls’ (Sauvé!) mais c’était ‘de bonne foi’ et avec ‘des valeurs auxquelles ils croyaient’. (Sans compter qu’ils ont ‘travaillé dur toute leur vie’.

    Bref : « c’est pas nous qu’on a fait les plus grosse bêtises , et puis d’abord on n’était pas les seuls , et puis on croyait bien faire ». Un peu simple, un peu court , un peu leger, finalement peu glorieux. Avec quelques formules très inélégantes Même si pas faux. C’est tout. Sans parler que tout cela peut se discuter quand on remonte le fil des responsabilités ‘indirectes’ .

    Bon ça ne m’empêchera pas de voter pour le ‘gentil’ Sarko . Au second tour, naturellement. 😉

    Pour le reste je me sens assez proche des opinions de Lisette que je m’imagine -je ne sais pas trop pourquoi- comme une soubrette pleine de bon sens sortie d’une comédie de Marivaux.

  • [quote comment= »12136″]Cher Koz Merci de réduire ma « délation , invention bien française » … « au temps, () d’un commentaire » (qui ne cherchait qu’à participer à l’animation d’un autre de vos billets).[/quote]

    « Le temps d’un commentaire », parce qu’au commentaire suivant, vous avez estimé que le terme était mal choisi. C’est tout. Et aucunement une façon de dénigrer votre participation.

    [quote comment= »12136″]L’éxégèse des discours de Sarkosy ne me gêne pas trop si ce n’est cette sorte d’obligation ‘globalement positive’ qu’il aurait à être fier de son pays et la manière dont il y arrive.[/quote]

    Il me semble, pour ma part, que le contrepoint est nécessaire. On développe tant la repentance qu’un peu de fierté ne ferait que rétablir l’équilibre.

  • [quote post= »224″]Pour le reste je me sens assez proche des opinions de Lisette que je m’imagine -je ne sais pas trop pourquoi- comme une soubrette pleine de bon sens sortie d’une comédie de Marivaux.[/quote]

    Voilà une phrase qui va éclairer ma journée.

    A propos du deuxième tour : en ce qui me concerne, je vais ici et sur des blogues du PS pour m’aider à faire mon choix du deuxième tour en cas d’échec de Bayrou. J’ai décidé que je refusais de voter blanc : je me suis engagée dans cette campagne, j’assume jusqu’au bout et je ferai un choix, quoi qu’il m’en coûte.

    Et il m’en coûte. Tant, que je sais de moins en moins ce que sera mon second choix.

  • @ Lisette

    [quote comment= »12136″] Pour le reste je me sens assez proche des opinions de Lisette que je m’imagine -je ne sais pas trop pourquoi- comme une soubrette pleine de bon sens sortie d’une comédie de Marivaux.[/quote]

    Malheureusement, je crois que « bon sens » est de trop.

    Vous me faites furieusement penser à une autre militante UDF, Quitterie Delmas.

    Allez petit florilège pour se faire plaisir:

    [quote post= »224″] »La politique, c’est cool. Il suffit d’écouter (et surtout de regarder) Quitterie Delmas pour en être convaincu.

    Dans le bureau de Quitterie, il y a plein de chics filles aux dents très blanches qui se marrent en pianotant sur leurs ordinateurs blancs immaculés. Dans le bureau de Quitterie, on adore « faire mille choses intéressantes, mais à fond, tu vois ». Dans le bureau de Quitterie, on ne part pas coller des affiches le soir, non, dans le bureau de Quitterie, on rédige des posts sur des blogs, c’est mille fois plus hype. Dans le bureau de Quitterie, on n’a pas de coup de sang, ni de coup de flippe, on a seulement des coups de coeur. Dans le bureau de Quitterie, l’avenir vous sourit, et il a un très joli déhanché. Dans le bureau de Quitterie, la naïveté épouse l’élégance. Kandidatür adore Quitterie. Mais Kandidatür ne comprend toujours pas ce qu’elle fait avec ce plouc de François Bayrou. »[/quote]

    😀

  • @ Polydamas

    Bon ne me melez pas à votre discours amoureux avec Lisette!

    D’ailleurs, je ne pensais pas particulièrement à vos échanges mais à son 1er rebond –> Lisette, le 03.04.07 à 16:23 Ca me parait bien exprimer toute les réserves qu’on peut émettre.

    Maintenant l’exploitation par libé et la gauche m’écoeure profondément et me confirme dans l’idée qu’aller dans le détail c’est chouette mais qu’il faut garder les mises en perspectives des grandes lignes sinon c’est n’importe quoi.

    Encore qu’on pouvait s’y attendre et que, dans une certaine logique électoralo-militante cela ne soit pas ‘scandaleux’ .

    Je souhaite une droite decomplexée sur d’autres bases . Et une droite humaniste (avec toutes les confusions et ambiguïtes de ce terme) mais là je pense qu’on est d’accord.

    Je ne sais si ressembler à Delmas est injurieux … mais j’espère que je ne vous rappelle pas celui de Versac pour lequel j’éprouve grande répulsion (eau tiède dirait koz -même ‘bénite’ par ‘le monde’)

  • Polydamas, tu te perds… je préfère ne pas répondre à ces dernières phrases.

    Je ne suis pas d’accord avec toi sur l’héritage de la révolution française. Nous ne nous connaissons pas, il se trouve que je suis d’accord avec toi sur quelques points, mais que dans l’ensemble je crois que l’idée que tu te fais de la France est fausse.

    C’est mon opinion, et je la partage. Je veux dire par cette phrase un peu facile que je ne crois pas que nous puissions arriver à discuter de cette question à cet endroit. De la même façon qu’une certaine vision de l’humain que nous partageons nous fait parvenir à des points d’accords, nos points de vue divergents sur l’idée de nation française nous empêchent d’y arriver sur d’autre points. Je sais bien que tu n’es pas seul à penser ainsi… mais tu es largement minoritaire en France. Ce qui conduit à se demander comment on peut penser un lien social aussi peu fédérateur. La république… moi, je suis née après le rerum novarum, je sais pas quel âge tu as. 🙂 Peu importe : il y a des oppositions irréductibles, et même une centriste peut l’admettre. Je crois qu’on en touche une.

    Mais tu as raison : C’est à toi que Sarkozy parle dans le discours que reprend Koz dans ce post.

  • @ Lisette:

    [quote comment= »12164″]Polydamas, tu te perds… je préfère ne pas répondre à ces dernières phrases. [/quote]

    Désolé si vous trouvez mon ton un peu vif, mais on a bien le droit de rigoler, et la politique est une affaire sérieuse qui nécessite qu’on réponde à des arguments précis.

    Vae victis, comme disait nos ancêtres…

    [quote comment= »12164″] Je ne suis pas d’accord avec toi sur l’héritage de la révolution française.[/quote]

    Qu’est ce que vous savez de ma position sur ce point? Je n’ai fait que parler de l’aspect noir, je n’ai pas dit qu’il ne fallait voir que cela…

    [quote comment= »12164″]Nous ne nous connaissons pas[/quote]

    Encore heureux. Manquerait plus que je devienne centriste.

    😀

    [quote comment= »12164″]C’est mon opinion, et je la partage.[/quote]

    Il y a effectivement intérêt à ce que vous partagiez votre opinion avec vous-même…

    😀

    [quote comment= »12164″]dans l’ensemble je crois que l’idée que tu te fais de la France est fausse.[/quote]

    Qu’est ce que vous savez de mon opinion de la France? Je ne crois pas avoir développé ce sujet ici, je n’ai fais que retoquer d’autres intervenants…

    [quote comment= »12164″]Je sais bien que tu n’es pas seul à penser ainsi… mais tu es largement minoritaire en France.[/quote]

    Mais de quoi parlez vous? Je ne comprends rien à votre discours.

    [quote comment= »12164″]De la même façon qu’une certaine vision de l’humain que nous partageons nous fait parvenir à des points d’accords, nos points de vue divergents sur l’idée de nation française nous empêchent d’y arriver sur d’autre points.[/quote]

    Si vous pouviez éviter les circonvolutions et autres ratiocinations, pour argumenter directement sur le sujet, peut-être que je pourrais vous répondre.

    Pas un moment vous n’avez répondu à ma question, pour vous la France est-elle synonyme de République française?

    Oui ou non ?

    A moins, que justement, vous n’ayez pas de réponses, ce qui serait encore plus grave….

    [quote comment= »12164″]Ce qui conduit à se demander comment on peut penser un lien social aussi peu fédérateur.[/quote]

    De quoi parlez vous, de monarchie, de régime respectant la doctrine sociale de l’Eglise, d’une théocratie, d’une dictature, d’un régime autoritaire, d’une république ?

    Au fait, c’est quoi un lien social? Vous êtes lié où, vous?

    [quote comment= »12164″]Peu importe : il y a des oppositions irréductibles, et même une centriste peut l’admettre. Je crois qu’on en touche une.[/quote]

    Ah ben moi, je la cherche, j’ai toujours pas compris de quoi on parlait…

    [quote comment= »12164″] Mais tu as raison : C’est à toi que Sarkozy parle dans le discours que reprend Koz dans ce post.[/quote]

    Pourquoi ?

    Il ne devrait pas? On ne devrait pas me parler, à moi?

    Tout ça pour dire qu’il n’y a pas que l’ahuri du Béarn qui évolue dans le brouillard total, certains de ses supporters sont aussi pommés que lui…

    Le centre, le royaume du flou….

  • Je me permets de trouver assez manipulateur de définir la France par ce qu’elle n’a pas fait… La France n’a pas organisée les pogroms… La France n’a pas voté de loi interdisant aux étrangers de sortir le soir, etc. Super mon cher !

    Cette définition par le négatif cache bien sur toutes les actions où l’état français contemporain fut impliqué, de l’Indochine au Rwanda en passant par le Rainbow Warrior, etc. et dont les habitants de France n’ont pas vraiment à être fiers.

    Quand des milliers de Français et habitants sont ainsi accusés de ne pas aimer « la France », la question reste : vous qui accusez et prétendez être « la France », de quel droit vous accaparrez-vous « la France » ?? Pourquoi devrais-je aimer le colonialisme français sous peine d’être classé dans le camp de la détestation de la France ? Quel sera ma punition pour ne pas aimer les bonnes choses en France ?

    Tout cela augure mal des intentions du ministère de l’identité nationale.

    Je suis français, et au contraire de Sarkozy je n’en suis pas « fiers » vu que c’est une condition et non un acte. Peut-on être fiers d’une condition ? Molière était français, je suis français : youpi, que je peux être fiers…. Molière était droitier, je suis fiers d’être droitier. Bref…

    Quelle triste facilité pour les médiocres à qui ils ne restent que la nationalité comme fierté. Cela leur évite de faire quelque chose, il leur suffit d’être pour avoir une raison de se croire exceptionnels.

    Je suis français, et oui, je déteste la France du colonialisme que cherche par ses discours à réhabiliter Sarkozy. Je choisis ce que j’aime ici, et ce n’est certes pas un ministre ou un président qui me dictera ce que je dois admirer.


    Ah, soit dit en passant je vois pas en quoi un abribus représente « la France » comme indiqué dans les premiers commentaires. Casser un abribus c’est haïr « la France » ? Ou juste de la bétise excitée ?

  • [quote comment= »12192″]Cette définition par le négatif cache bien sur toutes les actions où l’état français contemporain fut impliqué, de l’Indochine au Rwanda en passant par le Rainbow Warrior, etc. et dont les habitants de France n’ont pas vraiment à être fiers.[/quote]

    Passons à la rigueur sur l’Indochine. Sur le Rwanda, cher faz, je pense que vous vous référez avec une facilité aux ouvrages les plus critiques sur l’attitude de la France. Sauf à ce que vous me justifiez d’une connaissance personnelle, je vous dirai que je trouvce cela bien présomptueux et révélateur d’une faculté à accuser la France de tous les maux. Après avoir lu un livre censé être terrible pour la France, celui du Général Dallaire, et un autre écrit par le Colonel Hogard (présent sur place), en plus d’un certain nombre d’articles, je trouve étonnant d’avoir une opinion tranchée sur un sujet aussi disputé et chargé d’idéologie. Vous avez fait le choix d’accorder plus de crédit aux thèses condamnant l’attitude de la France, permettez-moi de trouver cela quelque peu révélateur.

    A notre niveau, j’ai du mal à trouver justifiée une autre position que la plus parfaite circonspection.

    Quant au Rainbow Warrior, qui donc vous a jamais demandé d’être fier du Rainbow Warrior ?

    Votre commentaire est véritablement très révélateur : parce qu’il y aurait des pages noires dans l’Histoire de France, nous devrions raser les murs ?

    Eh bien ce que dit Nicolas Sarkozy me convient assez : comme tout pays, nous avons dans notre Histoire des périodes moins glorieuses que d’autres (relisez donc ces discours, à aucun moment il ne le nie) mais nous ne sommes pas des monstres, nous n’avons jamais engendré d’idéologies totalitaires (même si nous avons fort malheureusement collaboré avec l’une d’entre elles, sans qu’il faille toutefois oublier que nombre de français se sont aussi dressés contre elle).

    Alors, il y en a marre de ceux qui n’ont de cesse de soulever, dans notre Histoire, de nouvelles occasions de nous expliquer que décidément, la France devrait battre sa coulpe, ceux qui n’ont de cesse de réclamer, au nom d’une prétendue lucidité, que la France reconnaisse tel ou tel fait, parce que cela l’aiderait à avancer.

    J’entendais Sarko au Grand Jury et je suis assez d’accord, encore une fois, avec lui : qui songe à reprocher aux martiniquais de se reconnaître, avec Césaire, une identité martiniquaise ? Qui trouve scandaleuse l’identité bretonne ou alsacienne ? Et quoi, dès lors que l’on parlerait d’identité française, alors on devrait se faire tout petit, parce qu’on serait sur la voie de la xénophobie ?

    Le terme « fierté » est peut-être ambigu mais l’idée est là : je suis français, et ça me plaît. Et je sais ce que cela évoque de positif dans nombre de pays, sans pour autant m’illusionner sur les griefs. Et je n’en suis pas mécontent. Et ça ne fait pas de moi quelqu’un qui hait l’étranger.

  • Je répondrai à Polydamas en privé.

    Quelques réponses : D’après son blog, Polydamas est catho. Moi aussi. Donc il se trouve que je suis d’accord avec lui sur le fond quand il est question d’euthanasie et d’avortement : nous avons probablement la même conception de l’être humain. En revanche, pour moi, oui, aujourd’hui, la France c’est la République Française. Héritière d’un passé et la synthèse a mis plus de 100 ans à s’accomplir, mais c’est fait. Plus que cela : pour moi, la France c’est à la fois la République et l’Europe. Nous avons déjà eu quelques échanges, et je sais que ce n’est pas ton opinion : je ne crois pas que ce soit conciliable.

    Je n’ai jamais dit que Sarkozy n’avait pas raison de te parler à toi (je maintiens le tutoiement). Je pense même exactement le contraire.

  • [quote comment= »11895″] J’ai pas le temps de développer, mais on relèvera le catalogue d’inepties historiques et économiques de votre discours.[/quote]

    Pfiouuuuu y’a des têtes qui gonflent ici, non?

    Pour sarkozy et son discours, tres bien écrit par ailleurs, le côté manichéen est effectivement trés dérangeant. Il semble n’exister aucune nuance. Avec ou contre.

    Et ce qui complique encore la compréhension, c’est qu’il fait précéder la vision d’une Nation-France, coupée entre ceux qui l’aime et ceux qui la déteste, de SA propre morale et SA vision de la politique.

    Vous y verrez peut être un esprit partisan mais j’ai du mal avec quelqu’un qui me donne sa vision pour ensuite me dire que ceux qui ne sont pas d’accord sont vilains… ça ne le fait pas trop, désolé.

  • En passant encore, on peut être fier et honteux de son pays, dire que l’on vit dans le passé lorsque l’on dit avoir honte de l’attitude de la France durant la guerre d’algérie ou des français qui ont collaboré est d’une morne imbécilité.

    Mais vous pouvez continuer a voir le monde en noir et blanc, moi je le préfère en couleur, question de goût.

  • @ frednetick:

    Sur le commentaire auquel je fais référence, considérez vous que les propos sur Airbus, sur Louis XIV, sur la colonisation sont crédibles une seule seconde ?

    [quote comment= »11892″]Moi je préfère avoir honte d’être français.

    Parce que j’aime les gens et je ne supporte pas qu’on aggresse les faibles.

    Or la France a colonisé des pays pauvres qui ne demandaient rien, la France a collaboré en temps de guerre et livré des juifs. Napoléon a fait la guerre à tous les pays par ambition personnelle, et Louis XIV exploitait les paysans tout en faisant des fêtes très couteuses avec sa cour. La France catholique a en plus participé fortement aux guerres de religion et tuer au nom d’un dieu.

    Notre poids économique est lui aussi très faible, écrasé que nous sommes par l’euro et la mondialisation, et disposant de pseudo fleurons comme Airbus qui finalement ne se portent pas bien.

    Je suis donc né en France mais je suis contre les violences que nous avons fait aux autres, je suis conscient de la petitesse de notre nation et j’abhore le patriotisme, guerrier et raciste.

    La seule chose dont je sois fier est la révolution française où le peuple a aboli les privilèges et montrer aux autres nations comment se diriger vers les valeurs de liberté, égalité et fraternité.

    Enfin, je dois dire que j’admire encore moins des pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre ou autres, qui ont opprimé et continuent à opprimer les peuples de manière encore plus importante que la France. [/quote]

    « Parce que j’aime les gens et je ne supporte pas qu’on aggresse les faibles. « 

    Rarement vu autant de sagesse dans ce propos, avec autant de méchants et de gentils.

    Considérez vous ces propos comme autre chose que de l’histoire idéologisée ? Votre réponse m’intéresserait.

    Ensuite, on a tous un boulot, un employeur et donc, du temps limité. Et il se trouve que sur ce blog, on a déjà apporté des réponses à nombre de ces arguments, voilà tout.

    @ Lisette:

    Si il y a une règle à laquelle je tiens avec les intervenants que je ne connais pas, c’est le vouvoiement…

    Enfin, pour vous révéler le fond de ma pensée, la France, pour ma part, c’est un héritage, une histoire, des coutumes, des usages, des caractères, des manières de penser, ce n’est pas un système politique, qu’il soit national ou supranational.

  • Pour info, connaissant quelque peu ledit Marko, il faut prendre la phrase « parce que j’aime les gens et je ne supporte pas qu’on aggresse les faibles » comme l’indice du fait que l’ensemble du commentaire est à prendre au second degré. Maintenant, ledit Marko est un plaisantin qui utilise le second degré d’une manière telle que, sans le connaitre, on peut difficilement le savoir…

  • @ Koz:

    J’avais pensé à cette hypothèse mais si il n’a pas de blog pour qu’on puisse vérifier, comment est-ce possible de s’en sortir ? 😀

    Bon, ben, désolé pour le troll.

    @ Lisette:

    Si l’on vous suivait, on devrait changer le nom de notre pays en République française.

    @ Frednetick:

    Il ne s’agit pas de vivre dans le passé mais d’éviter de porter des oeillères. Sinon pour le monde en couleurs, j’ai pu constater que le patriotisme est un des sentiments les plus répandus et naturels qui soient.

    Il n’y a qu’en France que cela devient une tare.

  • Oui j’avoue, j’ai voulu joué le troublion. Et finalement ma version 2ème degré du français honteux n’a choqué que peu de monde, j’ai même sûrement des supporters.

    Désolé pour le temps perdu! mais tout de même joli exercice.

  • Le Marko, je le connais très bien. Je savais donc que la phrase que tu as relevé ne pouvait être sérieuse de sa part. Mais dans la mesure où nombreux sont ceux qui sont susceptibles d’affirmer sérieusement tout ce qu’il dit dans son commentaire, ça rendait la détection malaisée…

  • Koz je vous signale que votre façon de répondre à faz sans lui répondre tout en n’ayant pas tort est tout à fait révélatrice d’une certaine dialectique purement ‘kozienne’ et permettez-moi de trouver cela quelque peu révélateur. J’ai dit.

    PS qui n’a rien à voir / Peut-on aimer la France sans avoir l’intention de voter Sarko ?

  • [quote comment= »12220″] Il n’y a qu’en France que cela devient une tare.[/quote]

    Le problème n’est pas tant LE patriotisme que la version imposée de celui-ci que voudrait nous faire adopter NS…

  • Etonnant qu’un point aussi rhetorique que celui de savoir si il faut ou non etre fier d’etre francais declanche autant de passion.

    Polydamas souleve (le veut-il ?) la bonne question: avant de savoir si on doit ou non etre fier, ne devrait-on pas definier ce qu’on entend par France, ou dans son rapport a l’individu, l' »etre francais » ?

    Je suggere ici une definition de l' »etre francais », ni historique ni politique:

    Etre francais c’est se retrouver dans les oeuvres francaises, les oeuvres en francais.

    Je vous passe la ribambelle d’auteur incontournables, de vers dont on se souvient 20 ans plus tard, de lectures qui donnent le frisson, de monuments qui imposent leur majeste…

    Definir un pays par sa production intellectuelle, philosophique et artistique, c’est le donner a tout ceux qui veulent le rejoindre.

    Pour etre Francais, il faut adherer a la culture et aux oeuvres francaises et en francais. C’est un effort et une demarche. Et cette demarche rend fier, incontestablement.

  • La culture et les oeuvres françaises? Faut-il donc avoir lu l’intégrale de la pleiade ?

    Je crains qu’il ne faille chercher ailleurs (ce n’est qu’un avis), tant la culture personnelle de chacun est différente.

  • Alors, La France, pour retrouver (l’a t-elle perdue ?) sa Fierté et sa Grandeur, doit cesser de se rédimer pour son passé. Mais y parviendra t-on en instaurant une sorte de competition entre les histoires nationales singulières où le vainqueur aura commis « moins de mal » que ses voisins ? Car, ce que sous-entend NS, et on peut tourner sa phrase dans tous les sens, c’est que la France, certes, n’est pas immaculée, mais, en comparaison avec sa voisine immédiate et les autres, c’est quand même mieux. NS s’aperçoit-il que son attitude introduit un regard procédurier, évaluateur et moralisateur que pourtant il dénonce ? Et à ce jeu-là, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis pourraient prétendre à un bilan encore plus flatteur (heu, attendez, non, on n’a pas génocidé d’Indiens). NS oublie également que le rôle collaborationniste n’est pas reproché à la France en permanence depuis 45, mais que le mythe de la Resistance globale a été éclaté par Paxton dans les années 70’s. Et sur tant d’autres sujets, la France ne s’est pas distinguée par sa lucidité ou son esprit critique, cause justement de le climat de repentance ou victimisateur qui s’est installé. Le binational franco-allemand que je suis est fort peiné de la tournure de cette élection.

  • @ Drafi Deutscher

    La bi-nationale franco-autrichienne et fervente européenne que je suis a parfaitement compris le cheminement de la pensée de NS et le pourquoi de son discours sur l’identité française.

    Contrairement à d’autres pays européens la France est un patchwork de régions et d’anciennes colonies qui ont été agglomérées petit à petit pour former l’Etat français. La politique de régionalisation, la mondialisation et l’immigration posent la question sur la future cohérence de cet état.

    Il s’agit de trouver le moyen d’assurer la cohésion nationale (l’Europe est malheureusement encore loin de fournir une alternative), le socle commun du vivre ensemble et de traduire cette recherche en langage simple et frappant, campagne électorale oblige. Il ne s’agit en aucun cas, à mon avis, « d’installer une compétition entre histoires nationales singulières »…

    Il s’agit de sortir d’une situation de dérive des dernières décennies vers un communautarisme revendicateur favorisé par trop de laxismes sociétales et de repentances exagérées, une spirale vicieuse activée par Le Pen, identifiant parfaitement ces problèmes de cohérence nationale mais dont les outrances des positionnements ont entraîné des contre-réactions tout aussi ineptes de la « bien-pensance ».

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