Face à une catastrophe annoncée, peut-on se permettre l'inconnu ?

Qui, parmi vous, n’est pas conscient de l’immensité du défi que représente l’avenir des retraites en France ? Qui peut encore se permettre d’ignorer aujourd’hui que notre régime de retraite est condamné, sauf à se réfugier dans l’idée que « l’Etat trouvera bien une solution » ?

Ce défi-là ne surgit pas de nulle part. Comme le rappelle notamment Bernard Spitz dans son livre « Le Pay Krach« , le drame est annoncé. Je me souviens de ma professeur d’éco, en seconde, soit il y a seize ans, qui l’évoquait déjà. Et pas parce qu’elle était spécialement en avance.

La catastrophe est inscrite dans notre démographie. Si je me permets – et je le fais – de m’auto-citer citant Spitz,

« En 2030, “une personne sur trois aura 60 ans ou plus, contre “seulement” une sur cinq en 2000. En 2050, le nombre des 60 ans aura doublé par rapport à aujourd’hui”. Comme le pointe Bernard Spitz, ce vieillissement n’est pas une spécificité française. Non, notre exception, c’est “notre incapacité à l’anticiper et par conséquent la violence des corrections qu’il faudra mettre en oeuvre et l’injustice qu’elle va provoquer aux dépens des nouvelles générations”. »

Face à cela, nous avons l’ultra-gauche, qui ne connaît qu’une solution aux problèmes sociaux : les entreprises paieront. Taxons les profits. Nous avons la droite, avec Nicolas Sarkozy et François Bayrou, qui semble disposée à affronter la situation et à ne pas masquer le problème aux français. Puisque c’est la dernière actualité programmatique, je citerais le discours de François Bayrou lors de la présentation de son projet de « social-économie » :

« Je veux vous rappeler que, en 1950, il y avait cinq actifs pour un retraité en France et que, aujourd’hui, nous allons vers un temps où il y aura très vite un actif pour un retraité et, assez vite, d’ici vingt ans, on aura plus de retraités que d’actifs dans notre pays. Ceci, nous le savons tous, est insupportable. Il n’est pas imaginable que les actifs acceptent ainsi de porter une charge qui sera largement au-dessus de leur force. »

S’ensuivent des propositions dont je reconnais une certaine communauté d’insipiration avec Nicolas Sarkozy. Et puis, nous avons le camp socialiste. Un camp qui doit assumer son inaction totale, son refus persistant d’assumer ses responsabilités face à un dossier impopulaire… La droite le traitera.

Et nous avons le projet socialiste, dont l’une des grandes ambitions – excusez du peu – est l’abrogation de la seule loi qui ait été prise, des seules dispositions prises dans le sens d’une résolution du problème, et dont pourtant chacun reconnaît le caractère incomplet.

Et nous avons le Pacte Présidentiel ! Magnifique Pacte Présidentiel qui consacre à cette question – marginale, peut-être ? – une seule et unique proposition (si l’on exclut celle qui consiste à augmenter les petites retraites),

« 47. Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur : > la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC, > la revalorisation des petites retraites, > la prise en compte du travail pénible et des charges de famille, > l’augmentation de l’emploi des seniors, > le mode de financement des régimes spéciaux, > la remise à niveau du fonds de réserve des retraites »

Et nous avons un discours, à Villepinte, qui n’aborde même pas cette question, fort désagréable il est vrai, de la réforme des retraites.

Et nous avons Ségolène Royal, lors de l’émission de TF1, qui fournit une réponse que j’hésite à qualifier. Simplement parce que j’espère ne pas en avoir perçu la finesse cachée.

Christine Picasso, 46 ans, conseillère en économie d’impôts à la retraite lui pose une question qu’il serait coupable de la part de Ségolène Royal de ne pas avoir préparé. Sa question s’achève ainsi :

« Donc je voulais savoir qu’est-ce qui était prévu, qu’est-ce que vous aviez prévu de faire pour compenser ce manque à gagner qu’il va y avoir dans les années à venir et pour éviter d’alourdir la dette pour nos enfants ?« 

Et la réponse de Ségolène Royal, longue, alambiquée, ivre de détours et circonvolutions, est la suivante :

« Alors non monsieur, je ne crois pas qu’il faille repousser l’âge de la retraite à 70 ans. Pourquoi ? Parce qu’il y a déjà beaucoup de chômage chez les personnes de plus de 60 ans et même de, pardon de plus de 50 ans et notamment beaucoup de femmes au chômage. Et ça rejoint la question que vous posiez madame, c’est-à-dire en effet que la relation entre le nombre d’actifs qui donc cotisent pour le nombre d’inactifs est trop faible en France. Pourquoi ? Parce que nous avons à la fois le taux de chômage le plus élevé chez les jeunes, 23 % des jeunes en France sont au chômage. Et le taux de chômage le plus élevé chez les plus de 55 ans, et même chez les plus de 50 ans et ça c’est le vrai scandale du blocage d’une machine économique qui doit absolument repartir. Alors bien sûr il faut abonder le fonds de réserve des retraites, mais il faut le faire à partir de quoi ? A partir de la relance de la croissance. Et c’est pourquoi quand je vous parle de revalorisation des petites retraites et donc de défense du pouvoir d’achat, ça fait partie d’un projet global et cohérent qui vise à faire une France plus juste et qui répartie mieux à la fois les fruits de la croissance mais qui aussi fait en sorte de relancer la machine économique. C’est ça que je propose aujourd’hui de relancer la machine économique, de donner confiance à nouveau à notre pays, de relancer les petites et moyennes entreprises qui sont celles qui embauchent le plus aujourd’hui. Et comment le faire ? En investissant essentiellement dans la formation professionnelle. Vous savez pour lutter contre le chômage des jeunes, puisque ça rejoint très directement, il faut plus d’actifs pour cotiser et certainement pas faire travailler jusqu’à 70 ans, si vous me le permettez, puisqu’à ce moment là on augmentera aussi le chômage. Et donc je crois qu’il faut être cohérent par rapport à cela et la proposition que je fais dans mon pacte présidentiel, c’est qu’il n’y ait plus un seul jeune au chômage pendant plus de six mois, plus un seul jeune au chômage pendant plus de six mois. D’autres pays du Nord de l’Europe ont réussi à le faire, pourquoi pas nous. Pourquoi pas nous ? Moi, je serais la présidente de la République qui se battra avec acharnement contre le chômage des jeunes parce que je pense que c’est ça qui déstabilise un pays comme le notre, qui gaspille des talents. Et je pense au potentiel des jeunes diplômés, des jeunes formés qui ne trouvent pas d’emploi, ce sont les petits frères et les petites sœurs ensuite qui sont découragés, parce qu’on leur dit “ travailles à l’école, tu vas avoir un emploi ”, et s’ils voient le grand frère ou la grande sœur qui a fait un effort à l’école, qui a une qualification, qui a une formation et qui se trouve au chômage alors c’est toute la société qui vacille et moi je veux remettre debout la maison France en lui redonnant ses principes fondamentaux. Alors certains se moquent de moi en disant, mais ce n’est pas de la politique, mais si c’est de la politique, de remettre debout les choses, là où elles doivent être, que la famille fonctionne bien, que l’école fonctionne bien, que quand un jeune a une qualification, une formation, il trouve un travail, et il soit correctement rémunéré, que le travail soit correctement payé, que les gens soient sécurisés dans leur emploi. Et je pense qu’il n’y a pas d’incompatibilité et c’est ça qui est le regard nouveau sur la société entre la sécurisation professionnelle et la compétitivité des entreprises. Il y a un autre modèle qui pense qu’il faut précariser les salariés pour rendre l’entreprise compétitive, je pense tout le contraire, autrement dit je pense que la France a besoin d’un changement profond, qu’on regarde les choses différemment et sur les sujets que vous posez, je crois qu’il y a des solutions nouvelles.

Vous l’aurez compris : l’essentiel du propos de Ségolène Royal consiste à ne pas répondre à la question posée, question pourtant fondamentale. Elle insiste, et répète, et revient… sur quoi ? Une proposition d’une démagogie achevée : qu’il n’y ait plus un seul jeune au chômage pendant plus de six mois. Et cela au nom de ce qui devient un pur paradigme : le modèle scandinave. Le jardin d’Eden.

L’ensemble du dernier paragraphe n’est qu’un laïus électoral, perclus de bonnes paroles… sans rapport avec le problème des retraites. Car la réponse est là : comme Lionel Jospin avant elle, Ségolène Royal se refuse à affronter le problème des retraites.

Alors, relisez sa réponse : comment compte-t-elle financer les retraites ? Par la croissance. Splendide invocation, magnifique incantation. Mais qui y croit ?

Qui croit que, parce qu’elle aurait trouvé la solution miracle au chômage des jeunes – un décret pour l’interdire ? – elle créera les conditions de la croissance ? Qui croit vraiment que les vieux prennent les emplois des jeunes ?Qui croit que l’on puisse se permettre de s’en remettre à « la croissance » pour résoudre le problème du financement des retraites ?

A supposer même, soyons optimiste, que la France connaisse une situation de vrai plein emploi, la résorption du nombre de chômeurs sera-t-elle seulement susceptible de compenser le bouleversement démographique que l’on va connaître ? Peut-on vraiment penser qu’en mettant tous les jeunes au travail, on compensera le fait que, répétons-le en 2030, « une personne sur trois aura 60 ans ou plus, contre seulement une sur cinq en 2000″ ?

Si « c’est de la politique, de remettre debout les choses », Ségolène Royal pourrait-elle faire de la politique sur les retraites ?

Sauf à sombrer dans l’irresponsabilité la plus totale…

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40 comments

  • Là, D’accord. 10 fois d’accord.

    J’ose espérer un peu de courage chez les gens pour qui je vais voter. Même si elle a raison d’impliquer sur le dossier le marche global du travail qui est le nerf de la guerre, on est sûr et certain de devoir faire des sacrifices à un endroit ou à un autre…

    Si on doit raquer 1 point de CSG en plus, ça m’ennuie pas plus que ça. Mais il faut le dire aux citoyens, Bord… !

    Mais en l’état du pacte et des promesses, on est partie pour perdre cinq ans sur une deuxième réforme difficile et nécessaire. Et franchement, ça m’emm…

  • Bien sur qu’il y a une solution toute trouvée au déséquilibre démographique. Les politiques le savent bien. Ils peuvent donc jouer de la peur des retraites (quand vous serez vieux, vous serez pauvre) pour attirer les voix (mais moi je vous protégerai) à moindre coût. Le problème démographique est un problème de déficit des naissances. Les adultes de demain, c’est les enfants d’aujourd’hui, et les générations se renouvellent péniblement en France tandis que les vieux vivent de plus en plus vieux (perso je m’en réjouis, j’ai l’intention d’être le premier bicentenaire). Donnée majeure du problème : on ne peut faire naître de bébés rétroactivement. Les bébés qui ne sont pas nés en 2006 ne naitront pas plus tard. Donc il faudrait trouver un moyen de faire apparaître en France des jeunes adultes, prêts à travailler, donc à cotiser, pour prendre la place des retraités et au passage créer leurs propres besoins donc leurs propres domaines économiques. Biologiquement, c’est impossible. Economiquement, c’est très facile.

    Voyons. Où diable peut-on trouver un réservoir de millions de jeunes gens, qui n’ont qu’une envie, c’est de venir travailler en France ?

    Vive l’immigration.

  • Bon … OK, Ségolène ne propose rien. Soit. Mais quid de Sarko ? Oui … parce que je ne vois rien dans ce billet qui y fasse référence, mis à part : [quote post= »153″]S’ensuivent des propositions dont je reconnais une certaine communauté d’insipiration avec Nicolas Sarkozy.[/quote] … ce qui est assez maigre comme opposition.

    Je ne dis pas que Sarko ne propose rien ou que ce qu’il propose ne répond pas au problème, mais j’aimerais bien savori ce qu’il a de génial dan la poche … 😉

  • Je cite : « Vous savez pour lutter contre le chômage des jeunes, puisque ça rejoint très directement, il faut plus d’actifs pour cotiser et certainement pas faire travailler jusqu’à 70 ans, si vous me le permettez, puisqu’à ce moment là on augmentera aussi le chômage. « 

    Je m’étonne que personne n’aie relevé le grave défaut de logique dans cette partie du discours… S’il faut plus d’actifs, cela doit se jouer des deux côtés de la population active. D’un côté, garder les seniors au boulot le plus longtemps possible. Ils continueront ainsi à cotiser et à créer de la valeur dans l’économie française. De l’autre côté, il faut faire en sorte que les jeunes entrent sur le marché du travail le plus vite possible, de façon à accroitre la part des français en activité. En aucune façon faire travailler les gens jusqu’à 70 ans ne crée du chômage, sauf à croire qu’une loi économique (ou politique ? 🙂 ) stipule que le % de personnes en activité est fixe…

  • l’important à propos des retraites est que les choses soient dites, mais qu’elles le soient sans supercherie.

    Le credo Fillon était déjà « travailler plus », à l’époque. le problème est que ce n’est pas en reculant l’âge de la retraite qu’on travaille plus.

    Au contraire, ça a surtout pour effet de « chomer plus », d’avoir des carrières incomplètes, et au final des retraites au rabais.

    quand il est dit qu’on finance en travaillant plus alors qu’en réalité ce sont les retraites qui ne sont pas au niveau prévu, ça agace!

  • La mondialisation peut nous aider à résoudre ce problème des retraites. Si on capitalise dans des fonds de pension qui investissent en Chine, ce seront les travailleurs Chinois qui participeront à nos retraites. Mais bon, ce n’est pas populaire, alors je sors.

  • pffff! et depuis 5 ans qui est au pouvoir pour avoir été élu pour quoi faire aussi? Avoir pris le pouvoir pour dire, ah! l’insécurité, et maintenant on va vous dire ce qui est important, franchement, quelle étude ici, les bons, et puis les…. autant lire le dernier livre de Jacques Attali…. ouf? Vrooouuummm

  • jpe

    Pas vive l’immigration qualifiée. Faut arrêter avec ce qualificatif. Ca ne veut rien dire, et en plus on peut te balancer des contres-arguments à la gueule (suivant ce qu’on met derrière le mot). En plus, il me semble que tu roules pour sarko, et à ce que je sache il n’y a pas de restrictions sur le fait d’être qualifié ou pas (et je renvoie à l’article L313-10 http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/VisuArticleCode?commun=&code=&h0=CENTGERL.rcv&h1=3&h3=16 )

    Sans vouloir faire état d’un esprit partisan qui me ferait raconter n’importe quoi, ton « vive l’immigration qualifié » donne des munitions à une certaines caricatures d’un certain bord politique.

    Vive l’immigration, tant que l’immigrant entre légalement et qu’il se débrouille pour faire valoir ses qualités dans l’économie française et se trouver une place où vivre.

    On peut l’appeler concertée, choisie, maîtrisée etc… ou simplement immigration légale, peu importe. Dans que ces conditions sont remplies, il n’y a aucun problème.

    Donc, comme Eolas, je dis : Vive l’immigration

  • P411 : « pour financer les retraites, il faudra alors soit retarder considérablement l’âge de la retraite, soit doubler l’impôt sur le revenu d’ici 2020, soit doubler la TVA d’ici 2040, soit intégrer 500000 étrangers chaque année. Ou bien encore espérer que la natalité redémarre aussi promptement qu’elle a baissé. » J. Attali, Une brève histoire de l’avenir. Faites vos jeux…

  • Eolas et frigobus ne précisenet pas qu’il ne serait peut-être pas inutile d’encourager notre propre démographie….

    Et vous ne dites pas s’ils auront envie de s’intégrer, à savoir abandonner leurs coutumes locales, adopter nos moeurs, etc.

    Parceque l’on ne peut pas dire qu’on arrive à intégrer convenablement tous les nouveaux arrivants, pour le moment. Déjà qu’on a du mal avec les enfants des secondes générations, qu’est ce que ça va être si il faut encore accueillir du monde…

    D’ailleurs personne n’évoque le sort des pays dont on aura pompé la force vive… Ils font comment, eux, pour se développer, si on leur prend toute leur population en âge de travailler?

    Donc, non, le « vive l’immigration » peut être sujet à caution…

  • > frigobus

    désolé, je me suis fourvoyé: j’ai encore oublié de préciser que je plaisantais (et en plus, ce n’était même pas drôle. Ca m’apprendra à commenter malade). C’était une réaction brutalement premier degré au (bon) commentaire d’Eolas, sur le thème dangereux du « bah oui, mais il faut que l’immigré travaille » (parce que le non-immigré, il en est dispensé ?)

    il est vrai que je ne fréquente pas depuis suffisamment longtemps ces lieux pour pouvoir avoir fait montre de mes croyances dans ce domaine. Et comme de plus, je ne suis pas friand des smileys, il arrive que mes propos portent à confusion.

    Donc je présente mes plus plates excuses à tous ceux que j’aurais pu heurter, je retire, et je ne reformule même pas.

    Et j’ajouterai que je m’inscris totalement dans ton commentaire, avec en sus des interrogations personnelles (qui a dit « inavouables pour un pro-Sarko » ?) sur le sort des illégaux. Interrogations qui restent pour le moment sans réponse.

    Bref, je retourne à mes médicaments.

    Les antibiotiques, c’est pas automatique.

  • >Polydamas

    C’est justement le rôle de la République que de faire en sorte que l’intégration soit réussie. Il ne faut pas rejeter la faute sur les immigrés.

    Enfin, il me semble, mes pensées sont encore un peu brumeuses.

  • @ JPE:

    Oui, cependant, il y a un moment où la République ne peut plus faire face, les immigrés sont les premiers à le dire….

    Si c’est pour avoir des haines qui se développent entre premiers arrivés et derniers immigrants, ce n’est pas la peine. En outre, puisque vous êtes prêts à ce que l’etat les accepte, je vous inviterai à participet à l’effort national en les accueillant chez vous. On verra comment vous réagirez.

  • Donc, pour finir, on ne peut pas accueillir tout le monde, et si, cependant on accueille, il faut s’efforcer de faire en sorte que les immigrés soient de notre sphère de civilisation, ça sera déjà une base de départ pour mieux les intégrer.

    Sinon, il ne faut vraiment pas s’étonner que la situation dans les banlieues aille en empirant.

  • [quote comment= »6016″]Bon … OK, Ségolène ne propose rien. Soit.[/quote]

    Ah. « Soit ». Parce que toi, sur un défi de cette ampleur, incontournable, tu as une candidate à la présidence qui ne propose rien et tu dis « soit ». Bon. Soit. Mais arrêtons-nous une seconde sur ce constat : elle ne propose rien. Et je trouve cela grave.

    [quote comment= »6016″]Je ne dis pas que Sarko ne propose rien ou que ce qu’il propose ne répond pas au problème, mais j’aimerais bien savori ce qu’il a de génial dan la poche … ;)[/quote]

    De génial ? Je doute qu’il y ait quelque chose d’absolument génial à proposer quand la France a tant tardé à prendre les choses en main.

    Mais il a au moins une chose « dans sa manche » : si elle n’a pas réglé le problème, au moins la droite a-t-elle tenté de le faire. Ce fut le cas avec Balladur. Sans grand succès si je me souviens bien.

    Ce fut surtout le cas de Fillon. Ok, une réforme insuffisante. Mais au moins a-t-il affronté l’impopularité pour faire ne serait-ce que ce petit pas.

    Voir ce qu’il en dit ici, en septembre dernier, lors d’une interview avec Apathie :

    « ‘ J’ai d’ailleurs toujours dit que les régimes spéciaux – vous pourrez retrouver les discours que j’ai faits au moment de la réforme des retraites – seraient réformés dans la législature suivante. Comment accepter que les salariés du secteur privé soient obligés de travailler plus longtemps, et des retraites moins élevées, pour pouvoir financer le départ à 50 ans de professions qui n’ont plus aucune raison de partir à cet âge-là ? Je veux dire que c’est une telle évidence que tous ceux qui parlent avec autant de violence sur le sujet feraient bien de réfléchir un peu. Et si c’est une telle évidence, F. Fillon, pourquoi vous n’avez pas réformé les régimes de retraite spéciaux en 2003 ? Je l’ai toujours dit : par tactique et par prudence. Nous avions été bloqués, en 95, par la CGT des cheminots. On se souvient du résultat de la réforme de 95. Ce blocage a eu pour conséquence de repousser de quasiment dix ans la réforme des retraites. On ne pouvait pas se permettre le même échec. Et donc, j’ai toujours dit, de manière la plus transparente qui soit : on fera les régimes spéciaux après parce qu’on ne peut pas tout traiter en même temps. Aujourd’hui, ma conviction c’est que le pays est prêt à faire cette réforme qui d’ailleurs, n’est pas une réforme brutale. C’est une réforme qui fera l’objet naturellement de négociations avec les organisations syndicales. Vous n’aurez pas d’accord des organisations syndicales, vous le savez ? Oui, enfin, ça n’empêche pas d’essayer d’en obtenir un, d’essayer de parler. Oui. Pour amuser la galerie. Qui aurait pu penser que la CFDT nous soutiendrait dans la réforme des retraites, monsieur Apathie ? Et puis, deuxièmement, la réforme n’aboutit pas à harmoniser totalement tous les régimes de retraite. Il y a des spécificités, il y a des métiers pénibles. La question de la pénibilité peut être discutée. Mais, ça doit aboutir, en tout cas, à des règles de justice, et la règle de justice, c’est que les durées de cotisations soient à peu près les mêmes pour tout le monde et qu’il n’y ait pas des régimes qui financent les autres. Cette volonté de réforme des régimes spéciaux, ça identifie votre politique de rupture ? C’est un des aspects de cette politique de rupture. Il y en a d’autres. C’est pour ça qu’il faut que tous ceux qui n’ont pas les nerfs solides, s’habituent à ce que tous les mois ou toutes les semaines, nous ayons des propositions qui défraient la chronique parce que le débat, c’est justement faire des propositions qui suscitent des réactions dans notre pays, parce que notre pays n’a pas fait les réformes suffisamment tôt. « 

    Alors, Sarko, dans sa poche, il a un peu de la crédibilité de ceux qui ont au moins tenter de se le cogner, le dossier.

    Ensuite, quelles propositions de Bayrou m’évoquent celles de Sarkozy ? Prise en compte des régimes spéciaux (voir, après une brève et perfectible recherche, ici ou , de tous les régimes spéciaux, liberté pour chacun de choisir l’âge de départ à la retraite, prise en compte de la pénibilité.

    Tu peux trouver des éléments dans le dossier de la Convention Social, dont les propositions sont résumées ici, dont les suivantes :

    3 – Permettre à chacun de choisir l’âge de son départ à la retraite, y compris dans la fonction publique, en laissant aux mécanismes de surcote et de décote le soin de réguler les conséquences de ces choix sur le financement des régimes de retraite. 13- Conserver et conforter la loi Fillon sur les retraites, car elle est la seule loi qui permet de sauver le régime des retraites par répartition. 14 – Réformer les régimes spéciaux de retraite dans un souci de justice et d’équité et fixer l’âge du départ à la retraite à taux plein en fonction de la pénibilité des métiers.

    (dans lequel on voit d’ailleurs que les propositions formulées aujourd’hui par Bayrou, l’ont été à l’UMP en mars 2005).

    Bref, il y a, de son côté, matière à creuser. Mais j’imagine que tu t’étais déjà un peu renseigné toi-même avant de poser la question.

    [quote comment= »6017″]Je m’étonne que personne n’aie relevé le grave défaut de logique dans cette partie du discours… S’il faut plus d’actifs, cela doit se jouer des deux côtés de la population active. D’un côté, garder les seniors au boulot le plus longtemps possible. Ils continueront ainsi à cotiser et à créer de la valeur dans l’économie française. De l’autre côté, il faut faire en sorte que les jeunes entrent sur le marché du travail le plus vite possible, de façon à accroitre la part des français en activité.[/quote]

    Indeed.

    [quote comment= »6020″]pffff! et depuis 5 ans qui est au pouvoir pour avoir été élu pour quoi faire aussi? Avoir pris le pouvoir pour dire, ah! l’insécurité, et maintenant on va vous dire ce qui est important, franchement, quelle étude ici, les bons, et puis les…. autant lire le dernier livre de Jacques Attali…. ouf? Vrooouuummm[/quote]

    Cyrille, la règle est la même pour toi que pour les autres : chacun commente sous son pseudo.

    Au demeurant, tu évoques l’insécurité. Nous parlons des retraites. Et je n’ai pas entendu dire que cela ait fait partie des attributions de Nicolas Sarkozy. Ni que Dominique de Villepin ou Jacques Chirac n’ait souhaité qu’une chose : mettre ne pratique les idées de Sarkozy.

    Cela étant, même réponse que précédemment : certains ont au moins touché au dossier.

    Je note que SR ne formule aucune proposition sur les retraites, et je trouve cela effrayant.

  • Ce n’est pas une mesure mais un train de mesures que l’on devrait exiger de tout nouveau gouvernement.

    Rapidement et simplifié tel que je vois les projets de SR et de NS :

    La vision de SR est totalement faussée par la vieille croyance gauchiste que le travail est un gâteau d’une dimension bien définie qu’il faut partager.

    Elle compte remettre la machine économique en route en augmentant la redistribution, les bas salaires et les petites retraites. Mais cette redistribution augmentera soit le déficit national, soit les charges de ceux que l’on obligera à la co-financer, fera fuir ceux qui trouveront des cieux plus cléments ailleurs et ceux qui resteront augmenteront les prix pour répercuter les charges supplémentaires ou investiront moins ou dépenseront moins. Les seuls gagnants à la fin de cette histoire risquent d’être les pays comme la Chine d’où on importera davantage.

    La vision de NS est basée sur le fait que si les gens travaillent plus et plus longtemps (à la carte) ils remettront la machine économique en route en gagnant plus, ils dépenseront plus ce qui activera l’investissement (par exemple l’achat d’un logement) et la production, qui embauchera davantage, donc plus de gens au travail qui gagnent plus etc. etc.

    Conjointement il faut assouplir les règles pour permettre à tous ceux qui sont déjà retraités d’exercer une activité rémunérée, supprimer toutes les règles stupides qui alourdissaient les charges des entreprises qui licenciaient un salarié en fin de carrière (ce qui les incite à ne pas les embaucher), rendre moins attrayantes les règles de la préretraite, le maintien au chômage ; promouvoir l’apprentissage pour mettre au travail ceux que l’on traîne actuellement péniblement jusqu’au bac, avec des passerelles et des alternances possibles pour néanmoins leur permettre d’évoluer (la moitié des apprentis deviennent patrons dix ans après) etc, etc, etc. …

    Plus de monde au travail = plus de cotisations = plus de financement des retraites.

    Au même temps il faudra lutter pour limiter les immigrations clandestines, qui favorisent le travail au noir, l’économie parallèle, qui n’apportent aucune cotisation et fabriquent des assistés à court et à long terme.

    L’immigration choisie : des immigrants dont l’économie a besoin, que cela soit dans l’agriculture, le bâtiment, la production ou les services, des immigrants qui ont un contrat et qui cotisent.

    Et last not but least développer enfin des fonds de pension pour tous les français en oubliant l’idéologie.

  • Pendant ce temps, nos amis Allemands lancent la réforme qui fait passer l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. http://www.lefigaro.fr/retraite/20070227.FIG000000084_retraite_a_ans_l_allemagne_se_lance.html Je vous donne le sous-titre du Figaro : « Le texte, sur lequel la coalition d’Angela Merkel est très soudée, a entamé hier la navette parlementaire qui devrait durer un mois. « 

    C’est ce genre d’article qui fait réaliser à quel point la gauche française est marginalisée en Europe. La coalition à laquelle participe le SPD Allemand est très soudée sur un texte proposant de passer l’âge de la retraite à 67 ans. Le PS français en est encore à refuser de parler du problème.

    Qu’avons nous fait, nous Français, pour mériter une telle malédiction? Pourquoi notre gauche nie-t-elle les réalités? Pourquoi, au lieu d’engendrer un Blair, un Schroeder, un Prodi, un Gore, un(e) Clinton ou un Obama, le PS étouffe-t-il un Besson?

  • >Polydamas

    [quote comment= »6029″]Oui, cependant, il y a un moment où la République ne peut plus faire face, les immigrés sont les premiers à le dire….

    Si c’est pour avoir des haines qui se développent entre premiers arrivés et derniers immigrants, ce n’est pas la peine. En outre, puisque vous êtes prêts à ce que l’etat les accepte, je vous inviterai à participet à l’effort national en les accueillant chez vous. On verra comment vous réagirez.[/quote]

    Je ne sais trop comment réagir.

    D’abord parce que je suis d’accord avec la première partie, et c’est ce qui est notamment à l’origine des interrogations dont je faisais état auparavant. Ensuite parce que j’ai parfois usé du second membre de l’argumentation, tout en en soupçonnant le caractère spécieux.

    Comme vous le voyez, je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Ne pas renoncer à faire de la France une terre d’accueil. Ne pas renoncer à accueillir même les plus indigents, confiant dans l’idéal d’une République dont ses enfants pourraient être fiers, qu’ils soient Français sur le tard ou Français par hasard.

    Mais ne pas renoncer tout court non plus. Se montrer capable de rester accueillant, dans ce que la novlangue appelle la dignité (je n’ai pas la force de trouver le terme plus exact).

    C’est un vaste débat, dans lequel je serais heureux de connaître les points de vue et les éléments. Mais pas pour le moment, d’abord parce que je n’en ai pas la force, ensuite parce que nous dérivons déjà trop du sujet du billet, et la tolérance de notre hôte pourrait atteindre ses limites.

    Peut-être réfléchira-t-il à la question pour nous laisser la bride au cou plus tard.

  • koz « les propositions formulées aujourd’hui par Bayrou, l’ont été à l’UMP en mars 2005 »

    hum … elles l’ont été par F. Bayrou en 2002 … et de façon très visible puisqu’il s’agissait du débat sur … la réforme des retraites.

  • 73% n’ont pas étaient convaincus par S. Royal lundi Le site du Figaro a sondé les internautes au lendemain de l’émission. Le résultat sur plus de 36000 personnes (les sondages habituels prennent en compte une centaine) sont sans appel. 73% n’ont pas été convaincus.

    http://www.lefigaro.fr/ouinon/20070219.WWW000000660_segolene_royal_vous_a_t_elle_convaincu_.html

    Pourquoi?

    Avant tout parce qu’elle n’a pas répondu aux attentes des participants et des téléspectateurs, de notre pays. En effet, la compassion dont elle nous a gratifiée n’a fait que mettre en évidence ses lacunes et faiblesses sur le fond, sur l’essentiel.

    J’ai mieux compris le résultat de ce vote et les innombrables commentaires des votants en lisant l’étude approfondie réalisée par le sociologue Denis Muzet (La croyance et la conviction, éditions L’aube). M. Muzet qui dirige l’institut Médiascopie mesure l’impact des discours des politiques auprès du public. Il nous délivre ici une analyse fouillée de la compréhension et de la perception du public vis-à-vis de Mme Royal:

    « Avant d’être une pensée, la dame du Poitou est d’abord image, visage pour papier glacé desmagazines et des JT des chaînes télé. Des propos qu’elle a eu l’occasion de tenir dans les journaux et les émissions politiques, il ne reste, fin 2006, pas grand-chose. (…..) Le pays de Ségolène, tel que les lecteurs le dessinent dans les réunions de groupes projectifs, est un monde de carton-pâtte, entre Club Med, kibboutz et phalanstère, régi par des femmes, où se mêlent bruits de sources, chantsd’oiseaux et chants patriotiques. Un monde idéal et séduisant, un grand jardin d’enfants, mais un monde à part, sans grande volonté ni initiative, interdit aux ambitieux, qui fait fi du désir de se dépasser et ne tarde pas à susciter l’ennui. Un monde dans lequel, pour reprendre la formule de Jean-Christophe Cambadélis, l' »ordre juste » annoncé serait réduit à « juste l’ordre », mais un « ordre doux », sans armée ni police, sans autre contrainte que celle d’un vivre ensemble rendu quasi obligatoire, tel une règlée, une norme de vie différente: contraignante, mais douce comme comme de la laine. »

    Que dire? C’est en prenant le temps de réfléchir, de parler de décortiquer que l’on voit à quel point le choix qui se présente à nous est crucial. Parlons-en ensemble.

    Laurent http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

  • DEBAT. La politique des «petits pas» a échoué, celle du passage en force «à la Thatcher» est peu crédible. Deux économistes proposent une troisième voie: racheter les privilèges. Article extrait du journal « Le Temps » du 27 février 2007. Pour en finir avec les rentes, il faut payer, écrivent Charles Wyplosz et Jacques Delpla. Trois exemples de leur méthode.

    1. Les taxis Le problème:Paris et sa banlieue comptent 15000 taxis, 10000 de moins qu’en 1925! La faute au système des «autorisations de stationnement», en fait une pénurie sciemment entretenue pour préserver la valeur de ces licences qui se négocient en moyenne à 150 000 euros. La proposition:autoriser la libre entrée dans le marché des taxis, moyennant un examen de qualification, la fixation de prix maximum et l’accès payant aux couloirs réservés. Les licences seraient rachetées par l’Etat à leur valeur actuelle et détruites, une dépense totale de 4,5 milliards d’euros. Le financement se ferait par un emprunt qui serait remboursé sur quinze ans, par le prélèvement de 0,5 à 1 euro par course.

    2. Le plein-emploi Le problème:Le taux de chômage (8,6%) est élevé, la législation sur les licenciements dissuade les entreprises qui voudraient engager du personnel, tandis que le sentiment de précarité touche même ceux qui ont un contrat à durée indéterminée (CDI), protecteur dans les faits. La proposition: Introduire un contrat unique et une liberté complète d’embauche et de licenciement. En contrepartie, l’assurance chômage est portée de 73% à 90% du dernier salaire et étendue à tous, avec une forte incitation à chercher du travail. Ce modèle de «flexisécurité» à la danoise facilite la mobilité et diminue le sentiment de précarité. Innovation centrale de ce dispositif: l’abandon du privilège que représente le CDI est compensé par le versement anticipé – dès l’entrée en vigueur de la réforme – d’un crédit personnalisé d’assurance chômage. Chaque employé reçoit un crédit initial de un mois de chômage par année de travail restant jusqu’à sa retraite, rechargeable sous forme d’heures supplémentaires ou de vacances cédées. Les plus de 50 ans bénéficient d’un statut spécial compensant le handicap de l’âge. Cette réforme, dont le coût se monte à 70 milliards d’euros, est financée par des transferts des fonds de formation professionnelle financés par les entreprises et l’emprunt. Elle devrait créer 400000 places de travail par an grâce à la souplesse accrue, ce qui rend l’opération globalement bénéficiaire au bout de quinze ans. A titre de comparaison, l’Etat dépense aujourd’hui 63 milliards d’euros pour l’assurance chômage plus 20 milliards pour la formation professionnelle, dont une partie en pure perte, estiment les auteurs.

    3. La fonction publique Le problème:Un Français actif sur cinq est fonctionnaire, avec emploi garanti à vie et souvent une promotion à l’ancienneté plus qu’au mérite. Ce système supprime les incitations classiques au progrès et à l’adaptation. Il engendre un mauvais rapport efficacité/coût. La proposition:Si les fonctionnaires sont appelés à devenir des employés comme les autres, il faut compenser intégralement le risque de chômage qui fait irruption dans leur carrière, mais aussi les probables réductions d’effectifs qui interviendront dans certains secteurs de l’administration. En plus, renoncer à la sécurité de l’emploi à vie représente un sacrifice qui, aux yeux des auteurs, justifie le doublement des indemnités précitées. Au total et à titre d’exemple, le fonctionnaire de 30 ans qui gagne 2000 euros par mois reçoit, dès l’entrée en vigueur de la réforme, une somme de 12 000 euros. Il est libre ou non d’accepter ce contrat s’il est déjà en fonction, tandis que les nouveaux venus y sont automatiquement soumis. Au total, cette réforme coûterait 78 milliards d’euros en visant une réduction de 10% des effectifs sur dix ans. Les auteurs ne cachent pas qu’un des objectifs des contrats individuels compensant la perte de rente est de passer par-dessus les syndicats, dont l’opposition aux réformes est parfois devenue la principale raison d’exister.

    «La fin des privilèges – Payer pour réformer». Par Jacques Delpla et Charles Wyplosz. Ed. Telos/Hachette littérature. 216 p.

    DEBAT

    Que pensez-vous de ce principe? Personellement, je le trouve original et à priori efficace. Les suisses, comme souvent les anglo-saxons, ont une vision beaucoup plus pragmatique de la gestion d’un pays. En France, on a gardé une vision très émotive de notre relation à l’état et au bien public, peut-être est-ce un héritage de 1789? En tous cas, seule une approche plus froide et rationelle de nos difficultés nous permettra d’envisager l’avenir avec sérénité, même si cela passe par le rachat des privilèges, il en vaut le coup d’essayer.

    Laurent http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

  • Imaginez que le PS soit enfin officiellement une branche de la SNCF. Alors, Ségolène, Fabius, Strauss-Kahn, Jospin, Lang, Holland, Aubry, Kouchner, Emmanuelli, Mauroy, Delanoë, Guigou, Ayrault, Bianco, Chevenement, Taubira et bien d’autres seraient les heureux bénéficiaires d’un régime de retraite spécial pour lequel beaucoup d’entre nous seraient enfin heureux de cotiser !!! Resteraient alors, Montebourg, Dray, Peillon, Valls … Les meilleurs quoi !!! Ca c’est de la relève … Un ordre juste pour une France debout … 35 heures par semaine !

    Koz, est-ce que demain tu parles du programme de SR concernant les handicapés ?

    😉

  • Pourquoi donc la France a voté NON à l’Europe (entre autre) Parce qu’elle a peur d’ouvenir la fenêtre et découvrir ce que nos voisins ont fait :

    La retraite à 65 voire 67, sans parler de toutes les réformes associées comme par exemple l’augmentation de la durée hebdomadaire du travail, VW ou (en Belgique) faire payer votre visite aux urgences avant de rencontrer le premier toubib……..

    Les mauvais élèves ont toujours été au fond de la classe……….

  • [quote comment= »6037″]koz « les propositions formulées aujourd’hui par Bayrou, l’ont été à l’UMP en mars 2005 »

    hum … elles l’ont été par F. Bayrou en 2002 … et de façon très visible puisqu’il s’agissait du débat sur … la réforme des retraites.[/quote]

    Il faudra donc faire une recherche intensive d’antériorité, et éventuellement s’intéresser à ce qu’avait tenté de faire Balladur… en 93. Mais Bayrou faisait partie du gouvernement, alors…

    Mais cela mis à part, quelle synergie, Frédéric, non ? De quoi s’interroger sur la « guerre perpétuelle » de l’UDF contre l’UMP.

    😉

  • la lettre de l’IFRAP

    Pour les retraites, comment ne pas dire aux Français qu’il est désormais inéluctable qu’ils travaillent plus longtemps comme dans tous les autres pays européens, alors que bientôt un retraité vivra sur un seul actif ? Comment ne pas dire qu’il faut réformer les régimes spéciaux (SNCF, EDF…) dont les bénéficiaires partent toujours à la retraite à 50 ou 55 ans après 37,5 annuités seulement ? Comment ne pas dire aussi que l’ensemble de la fonction publique constitue encore un « régime spécial » quand leur retraite est calculée sur les 6 meilleurs mois au lieu des 25 années dans le privé ? Entretien D.Leclerc

    La réforme que nous proposons est simple: progressivement la durée de cotisation passerait à 40 puis 42 ans et le calcul des prestations se ferait sur la base des 25 meilleures années, pour tous les Français. Les seules exceptions seraient liées à la pénibilité des métiers, mesurée objectivement par l’espérance de vie à la retraite.

    Angela Merker met en route une réforme pour porter l’âge de la retraite, en Allemagne, à 67 ans, c’est à dire tout le contraire de ce que l’on fait en France, Cocorico…

  • Ouais, c’est le pay krach!

    Royal fait ainsi sur tous les sujets les plus importants : je réunirai des états-généraux, j’organiserai une grande consultation… Douste, sors de ce corps!

  • [quote comment= »6042″]Alors, Ségolène, Fabius, Strauss-Kahn, Jospin, Lang, Holland, Aubry, Kouchner, Emmanuelli, Mauroy, Delanoë, Guigou, Ayrault, Bianco, Chevenement, Taubira et bien d’autres seraient les heureux bénéficiaires d’un régime de retraite spécial [/quote]

    Nombre de personnes évoquées dans ses propos sont effectivement à la retraite. La réforme des retraites de la fonction publique mise en oeuvre par l’équipe de M.Raffarin a été suivie d’une très nombreuse liste d’arrêtés ministériels de mise à la retraite de nos grands hommes politiques. Arrêtés ministériels correspondant au point de départ de droits acquis pour des hommes et des femmes généralement issus de l’Ena et n’ayant que très peu acté au sein même de cette fonction publique (ah les joies des disponibilités, mise à disposition, détachement…).

    De ce fait, il est assez dérangeant d’imaginer que ces mêmes personnes soient capables d’en demander plus à d’autres sans se remettre elles-mêmes en question.

    Pour en revenir au pb des retraites, la difficulté est de trois ordres : ** Corriger l’iniquité de nombre de régimes spéciaux actuels (sncf, ratp, la poste, edf, assemblée nationale, sénat,…), ** S’assurer une source de financement pérenne.

    Sur le deuxième point, il est illusoire de parier sur le retour d’une croissance. Toutefois, il est tout aussi illusoire de croire que les générations actives paieront pour les mêmes conditions de retraite qu’aujourd’hui pour un ensemble grandissant de retraités. Si après tout le déséquilibre se fait si cruellement sentir, c’est aussi que les retraités d’aujourd’hui n’ont pas fait assez d’enfants, voire ne leur ont pas transmis un monde du travail où tout le monde trouve sa place (d’où un élargissement de l’assiette des cotisations). Loin de moi de vouloir rendre la génération du papy-boom responsable de tous les maux qui frappent notre France d’aujourd’hui, mais il serait temps que les joyeux lurons de 1968 finissent par devenir responsables.

  • [quote post= »153″]Article extrait du journal “Le Temps” du 27 février 2007. Pour en finir avec les rentes, il faut payer, écrivent Charles Wyplosz et Jacques Delpla. Trois exemples de leur méthode. 1. Les taxis Le problème:Paris et sa banlieue comptent 15000 taxis, 10000 de moins qu’en 1925! La faute au système des «autorisations de stationnement», en fait une pénurie sciemment entretenue pour préserver la valeur de ces licences qui se négocient en moyenne à 150 000 euros. La proposition:autoriser la libre entrée dans le marché des taxis, moyennant un examen de qualification, la fixation de prix maximum et l’accès payant aux couloirs réservés. Les licences seraient rachetées par l’Etat à leur valeur actuelle et détruites, une dépense totale de 4,5 milliards d’euros. Le financement se ferait par un emprunt qui serait remboursé sur quinze ans, par le prélèvement de 0,5 à 1 euro par course. [/quote] le principe du rachat des « avantages acquis  » est en effet celui qui permet au mieux de faire passer des réformes difficiles sans trop de « casse sociale » et en ayant une position « moralement défendable « et « juridiquement acceptable » en terme de modofication des termes du contrat initial… elle est pratiquée en permanence par les DRH ( j’en suis). Au delà du cas des taxis cité ici auquel on pourrait adjoindre un inventaire à la prévert: les notaires, phamaciens, greffiers des tribunaux de commerce, huisssiers,etc…. toutes professions où on entre par rachat d’une charge limitée en nombre, et non d’un fonds de commerce, pas de porte dont la valeur éco est liée auxstocks, aux futurs profits et non à la rareté créée artificiellement… elle s’applique surtout me sembletil très bien aux régimes spéciaux de retraite…. bascule vers le régime standart, acec un dédommagement bien calculé qui permet à ceux qui le veulent de partir « presque » aux anciennes conditions …la compensation étant plus faible pour les nouveaux embauchés…. d’ailleurs ce principe se rapproche de la retraite « à la carte avec un choix capital/rente »dont l’idée est très en vogue dans les milieux économiques, comme solution au probléme d’emploi des plus de 50ans, et un boost à la création d’entreprise… je lirai le bouquin de wyplosz, merci pour la référence

    @koz par ailleurs je trouve dangereux de dire que chaque régime de retraite doit trouver son équilibre…le systéme a au contraire été créé pour que les emplois en croissance cotisent pour les secteurs en décroissance.. agriculteurs, fonctionnaires, etc…

  • nous léguons à nos enfants (j’ai 50ans) à la fois une dette publique importante et des actifs privés forts (le taux d’épargne en france est un des plus élevés des pays de l’OCDE), l’un étant la contrepartie, au moins en partie, de l’autre

    comment utiliser au mieux cette particularité me paraît un point de réflexion majeur en utilisant au mieux les droits de succession , le financement sur la richesse personnelle des soins de fin de vie (j’ai lu quelque part que la moitié de ce que je dépenserai en santé sera aprés ma retraite ….), ces points me semblent peu abordés…

    la solution dans l’immigration ?? en partie certainement, mais cela pose tellement de problémes (intégration, lien avec les pays d’émigration, influence sur les salaires, la société,chômage,…)

  • ce qui me fait halluciner dans ce dossier des retraites (en dehors de l’absebce de programme de Mme Royal sur ce sujet) c’est que les premiers qui crient aux loups quand on parle de l’introduction d’une partie de retraite par capitalisation sont les syndicats. Ceux-là mêmes qui en 1967 se sont réunis pour créer la PREFON caisse de retraite complémentaire des fonctionnaires (qui constituent la majorité des syndicalistes faut-il le rappeler) fonctionnat sur le principe de la capitalisation …………..cherchez l’erreur.

  • @jms

    la prefon est vraiment un point marginal dans le dossier retraites la difficulté de la acpitalisation est qu ‘elle demande un nouvel effort d’épargne aux salariés en plus de la répartition.. et que si elle est déductibe fiscalemnt, elle prive l’etat et les regimes de retraite de ressources…

    ce sujet retraites est bien peu animé… les débats de fond y sont difficiles

  • je ne aprlais aps de l prefon pour la prefon mais pour l’état d’esprit des syndicalistes toujours prompts à ne pas appliquer ce qu’ils revendiquent………..en l’occurence ils refusent la capitalisation mais n’ont pas hésité à créer une caisse de retraite basée sur cette même capitalisation

  • DEBAT. La politique des «petits pas» a échoué, celle du passage en force «à la Thatcher» est peu crédible. Deux économistes proposent une troisième voie: racheter les privilèges.

    http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

    Article extrait du journal « Le Temps » du 27 février 2007. Pour en finir avec les rentes, il faut payer, écrivent Charles Wyplosz et Jacques Delpla. Trois exemples de leur méthode.

    1. Les taxis Le problème:Paris et sa banlieue comptent 15000 taxis, 10000 de moins qu’en 1925! La faute au système des «autorisations de stationnement», en fait une pénurie sciemment entretenue pour préserver la valeur de ces licences qui se négocient en moyenne à 150 000 euros. La proposition:autoriser la libre entrée dans le marché des taxis, moyennant un examen de qualification, la fixation de prix maximum et l’accès payant aux couloirs réservés. Les licences seraient rachetées par l’Etat à leur valeur actuelle et détruites, une dépense totale de 4,5 milliards d’euros. Le financement se ferait par un emprunt qui serait remboursé sur quinze ans, par le prélèvement de 0,5 à 1 euro par course.

    2. Le plein-emploi Le problème:Le taux de chômage (8,6%) est élevé, la législation sur les licenciements dissuade les entreprises qui voudraient engager du personnel, tandis que le sentiment de précarité touche même ceux qui ont un contrat à durée indéterminée (CDI), protecteur dans les faits. La proposition: Introduire un contrat unique et une liberté complète d’embauche et de licenciement. En contrepartie, l’assurance chômage est portée de 73% à 90% du dernier salaire et étendue à tous, avec une forte incitation à chercher du travail. Ce modèle de «flexisécurité» à la danoise facilite la mobilité et diminue le sentiment de précarité. Innovation centrale de ce dispositif: l’abandon du privilège que représente le CDI est compensé par le versement anticipé – dès l’entrée en vigueur de la réforme – d’un crédit personnalisé d’assurance chômage. Chaque employé reçoit un crédit initial de un mois de chômage par année de travail restant jusqu’à sa retraite, rechargeable sous forme d’heures supplémentaires ou de vacances cédées. Les plus de 50 ans bénéficient d’un statut spécial compensant le handicap de l’âge. Cette réforme, dont le coût se monte à 70 milliards d’euros, est financée par des transferts des fonds de formation professionnelle financés par les entreprises et l’emprunt. Elle devrait créer 400000 places de travail par an grâce à la souplesse accrue, ce qui rend l’opération globalement bénéficiaire au bout de quinze ans. A titre de comparaison, l’Etat dépense aujourd’hui 63 milliards d’euros pour l’assurance chômage plus 20 milliards pour la formation professionnelle, dont une partie en pure perte, estiment les auteurs.

    3. La fonction publique Le problème:Un Français actif sur cinq est fonctionnaire, avec emploi garanti à vie et souvent une promotion à l’ancienneté plus qu’au mérite. Ce système supprime les incitations classiques au progrès et à l’adaptation. Il engendre un mauvais rapport efficacité/coût. La proposition:Si les fonctionnaires sont appelés à devenir des employés comme les autres, il faut compenser intégralement le risque de chômage qui fait irruption dans leur carrière, mais aussi les probables réductions d’effectifs qui interviendront dans certains secteurs de l’administration. En plus, renoncer à la sécurité de l’emploi à vie représente un sacrifice qui, aux yeux des auteurs, justifie le doublement des indemnités précitées. Au total et à titre d’exemple, le fonctionnaire de 30 ans qui gagne 2000 euros par mois reçoit, dès l’entrée en vigueur de la réforme, une somme de 12 000 euros. Il est libre ou non d’accepter ce contrat s’il est déjà en fonction, tandis que les nouveaux venus y sont automatiquement soumis. Au total, cette réforme coûterait 78 milliards d’euros en visant une réduction de 10% des effectifs sur dix ans. Les auteurs ne cachent pas qu’un des objectifs des contrats individuels compensant la perte de rente est de passer par-dessus les syndicats, dont l’opposition aux réformes est parfois devenue la principale raison d’exister.

    «La fin des privilèges – Payer pour réformer». Par Jacques Delpla et Charles Wyplosz. Ed. Telos/Hachette littérature. 216 p.

    DEBAT

    Que pensez-vous de ce principe? Personellement, je le trouve original et à priori efficace. Les suisses, comme souvent les anglo-saxons, ont une vision beaucoup plus pragmatique de la gestion d’un pays. En France, on a gardé une vision très émotive de notre relation à l’état et au bien public, peut-être est-ce un héritage de 1789? En tous cas, seule une approche plus froide et rationelle de nos difficultés nous permettra d’envisager l’avenir avec sérénité, même si cela passe par le rachat des privilèges, il en vaut le coup d’essayer.

    Laurent http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

  • Le silence est d’OR

    http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

    Ironiquement bien sur, car le moins que l’on puisse dire, c’est que le(s) silence(s) de Mme Royal sur les aspects techniques, concrets et financiers liés à notre avenir sonnent encore comme un écho de son incompétence à gérer notre pays. Certes, il n’y avait pas que des mauvaises choses, il faut le reconnaître. Je pense que la première partie consacrée à la compassion de « maman Royal » aux malades et handicapés a pu montrer qu’elle maîtrise le « oui vous avez raison » ou encore « c’est une question importante ». J’ai même été un instant admiratif par le magistral « cette question je la réglerai! ». La question, c’est COMMENT Mme Royal? Plus sérieusement, l’exercice est particulièrement difficile pour tous les candidats et je trouve que Mme Royal s’en est bien tirée tout comme N. Sarkozy et J-M Le Pen. Je suis curieux de voir la prestation de M. Bayrou la semaine prochaine. Je retiens quelques lacunes qui vont lui coûter cher en terme d’opinion et d’image:

    • elle n’a quasiment pas répondu aux questions un peu techniques et centrales:

    ? La santé? « on va (re)faire des états généraux ». ? L’emploi? « j’organiserai une conférence tout de suite » ? Le financement et la dette? « ……………………(rien!)…… »

    • ensuite, lorsqu’elle fut timidement attaquée, il n’y a eu aucune capacité de réponse, juste des « oui vous avez raison ». • pire, durant les 4 dernières minutes, on a assisté à un lynchage de la classe politique (« vous y compris Mme Royal » disaient les personnes) avec des mots très durs (fumistes) et là encore: « oui vous avez raison ».

    Bref, je conviens que certaines choses n’étaient pas mauvaises, mais dans l’ensemble, je pense que cette prestation ne va pas lui permettre de nous convaincre. A vos commentaires ! Laurent

  • 73% n’ont pas étaient convaincus par S. Royal

    http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

    Le site du Figaro a sondé les internautes au lendemain de l’émission. Le résultat sur plus de 36000 personnes (les sondages habituels prennent en compte une centaine) sont sans appel. 73% n’ont pas été convaincus.

    http://www.lefigaro.fr/ouinon/20070219.WWW000000660_segolene_royal_vous_a_t_elle_convaincu_.html

    Pourquoi?

    Avant tout parce qu’elle n’a pas répondu aux attentes des participants et des téléspectateurs, de notre pays. En effet, la compassion dont elle nous a gratifiée n’a fait que mettre en évidence ses lacunes et faiblesses sur le fond, sur l’essentiel.

    J’ai mieux compris le résultat de ce vote et les innombrables commentaires des votants en lisant l’étude approfondie réalisée par le sociologue Denis Muzet (La croyance et la conviction, éditions L’aube). M. Muzet qui dirige l’institut Médiascopie mesure l’impact des discours des politiques auprès du public. Il nous délivre ici une analyse fouillée de la compréhension et de la perception du public vis-à-vis de Mme Royal:

    « Avant d’être une pensée, la dame du Poitou est d’abord image, visage pour papier glacé desmagazines et des JT des chaînes télé. Des propos qu’elle a eu l’occasion de tenir dans les journaux et les émissions politiques, il ne reste, fin 2006, pas grand-chose. (…..) Le pays de Ségolène, tel que les lecteurs le dessinent dans les réunions de groupes projectifs, est un monde de carton-pâtte, entre Club Med, kibboutz et phalanstère, régi par des femmes, où se mêlent bruits de sources, chantsd’oiseaux et chants patriotiques. Un monde idéal et séduisant, un grand jardin d’enfants, mais un monde à part, sans grande volonté ni initiative, interdit aux ambitieux, qui fait fi du désir de se dépasser et ne tarde pas à susciter l’ennui. Un monde dans lequel, pour reprendre la formule de Jean-Christophe Cambadélis, l' »ordre juste » annoncé serait réduit à « juste l’ordre », mais un « ordre doux », sans armée ni police, sans autre contrainte que celle d’un vivre ensemble rendu quasi obligatoire, tel une règlée, une norme de vie différente: contraignante, mais douce comme comme de la laine. »

    Que dire? C’est en prenant le temps de réfléchir, de parler de décortiquer que l’on voit à quel point le choix qui se présente à nous est crucial. Parlons-en ensemble.

    Laurent http://laurentpoujol.typepad.com/laurents_blog/

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