Espoirs et désespoir des "petits blancs" de Sarkozy

On nous l’a dit, répété, et c’est sûrement vrai. Pour se faire élire, Sarkozy est allé pêcher dans les eaux de Jean-Marie Le Pen. Pour beaucoup, c’est une honte, un peu comme si les électeurs du Front National n’étaient pas des français comme les autres. Sous la plume de certains, ces électeurs-là deviennent des « petits blancs ».

Sarkozy a donc été élu grâce au vote des « petits blancs ».

Dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950 ou dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, les petits blancs étaient des blancs pauvres installés non loin des ghettos noirs et scandalisés de voir autorités gouvernementales ou municipales se préoccuper de plus en plus des noirs et de moins en moins d’eux.

Lorsque certains journalistes parlent des petits blancs de Sarkozy, l’allusion à leur racisme est évidente. Ces petits blancs habitent dans des banlieues défavorisées comme le 9-3, là où les immigrés sont nombreux. Ouvriers, employés, petits commerçants, artisans, souvent à la retraite, ils ont travaillé dur. Les plus chanceux ont réussi à acheter, à faire construire ou à construire eux-mêmes, un pavillon en meulières avec une marquise en verre armé sous laquelle ils s’abritent quand il pleut pour contempler leurs deux ou trois cents mètres carrés de jardin.

Pour la plupart c’était leur rêve du bonheur. Sauf que depuis une vingtaine d’années la vie est devenue difficile à cause de l’insécurité ambiante.

Un grand nombre d’autres petits blancs habitent encore dans les barres d’immeubles construits à la hâte dans les années 1960 pour loger les rapatriés d’Algérie ou les habitants des bidonvilles d’après-guerre. Ces grands ensembles si décriés étaient pour eux, à l’époque, une sorte de terre promise après de années de galère pendant lesquelles on faisait sa toilette dans une cuvette sur l’évier de la cuisine, quand il ne fallait pas aller chercher l’eau sur le palier.

L’arrivée massive de familles de travailleurs immigrés dans ces immeubles n’a pas toujours été perçue comme une menace. Les pères étaient d’honnêtes travailleurs, les femmes étaient timides et discrètes, les enfants petits et mignons. C’est plus tard, quand ces enfants ont grandi que les incivilités ont commencé. La situation est devenue intenable. Il aurait fallu partir mais où aller avec de si faibles ressources ? Nul dans la société ne s’est vraiment préoccupé de ce que cette population ressentait. Les bobos n’ont eu que mépris pour eux. Pensez donc, ils étaient insensibles à la chance qui leur était donnée de s’enrichir au cœur d’une société devenue multiculturelle !

Ce n’était pas la première fois que ces classes populaires se sentaient abandonnées, voire rejetées. Bien avant les problèmes de cohabitation avec des minorités ils s’étaient sentis en dehors du jeu politique. Souvent ils avaient voté communiste sans rien entendre évidemment à la dialectique marxiste, et sans rien en obtenir hormis la promesse d’un avenir radieux ou d’un grand soir. En 1956 les plus embourgeoisés, artisans et petits commerçants, s’étaient massivement ralliés à Poujade. Cette explosion de populisme avait fait entrer quelques dizaines de petites gens au parlement. Les classes populaires avaient été très fières de voir pour la première fois depuis longtemps des petits, des gens jeunes, dont le niveau d’études était faible mais qui n’avaient pas manqué d’ardeur au travail, pouvoir se faire entendre dans l’hémicycle. Cela ne dura pas longtemps. Une vingtaine de députés poujadistes sur cinquante furent invalidés dans des conditions douteuses et le système politique de la IVe République ne leur donna qu’un pouvoir de nuisance. En 1958 l’arrivée de De Gaulle changea tout. Nombreux furent les prolétaires à se jeter dans les bras du gaullisme. L’un des premiers gestes forts du Général fut d’ailleurs de remettre la légion d’honneur à cent ouvriers lors d’une grande cérémonie à la Bastille. Le gaullisme conservera jusqu’aux années Chirac une partie non négligeable de cet électorat populaire à qui De Gaulle avait su redonner de la fierté. Âprement disputés par le parti communiste ces électeurs finirent par voter pour Le Pen. Est-ce à dire que ces anciens communistes, anciens poujadistes, parfois anciens gaullistes étaient devenus subitement d’affreux fascistes comme d’aucuns voulaient le faire accroire qui n’avaient pas de mots assez durs pour ces beaufs d’extrême-droite, ces racistes, ces dupont-lajoie en puissance.

On n’avait tout simplement pas perçu la souffrance de cet électorat, le mal de vivre dans les banlieues où on ne se sent plus chez soi.

Le parti socialiste était vu désormais par les petits blancs comme un mouvement d’intellectuels coupés des réalités, du monde du travail, préoccupés par des problèmes de société situés à des années-lumière des soucis des classes laborieuses. Les socialistes parlaient de mariage gay, d’avortement, d’homoparentalité quand les gens auraient voulu qu’on leur parle de sécurité et de seuil de tolérance. Françoise Gaspard, maire socialiste de Dreux avait d’ailleurs répondu : « je ne veux pas entendre parler de seuil de tolérance dans les HLM ». Ce à quoi ses électeurs lui avaient rétorqué « venez y habiter » avant de voter pour Stirbois, le numéro 2 du FN. Le parti communiste n’était plus considéré comme un recours, empêtré qu’il était dans ses contradictions : soutenir son électorat beauf traditionnel ou miser sur les immigrés devenus français. Chirac, alors Premier Ministre eut un temps le désir de rester l’homme providentiel de ces petits. C’est l’époque du discours sur les odeurs. Outre la maladresse de l’approche du problème il pécha surtout par son manque de volonté politique. Il aurait fallu revoir le problème des banlieues dans son ensemble. Il n’en avait ni les moyens ni l’envie. Et ce n’est pas Giscard avec ses allures de grand bourgeois fasciné par l’aristocratie qui pouvait les séduire, pas plus que Mitterrand, trop hautain pour s’intéresser à la plèbe, ou Chirac devenu un président champion de l’immobilisme. La droite traditionnelle autant que la gauche apparaissait incapable de mettre fin aux petits trafics en tous genres, à la resquille si irritante dans le train ou le métro, aux faux chômeurs, faux Rmistes…

Alors quand Sarkozy leur parle de sécurité, de mérite, de travail…ils entendent les paroles qu’ils attendaient depuis toujours. Lorsqu’il tient un langage de fermeté contre ce qu’ils estiment être des privilèges, ils ne peuvent qu’être séduits. Beaufs racistes pour les uns, quantité négligeable pour les autres, l’électorat populaire est à reprendre au Front National où il s’est réfugié parce qu’il ne voyait pas d’autre havre.

Sarkozy l’a compris. Il a su tenir le langage qu’il fallait. Il s’est emparé des couches populaires. Ils lui ont permis de gagner.

Le plus difficile sera peut-être de garder ces électeurs réputés versatiles. Ils sont frondeurs, râleurs. Ils ont trop souvent été bernés pour ne pas être méfiants. Ils sont d’accord pour revaloriser le travail. Ils ont horreur des paresseux et des profiteurs. Encore faut-il que cela se traduise en pouvoir d’achat. Quand le chef de l’Etat s’appelait Charles de Gaulle, leurs parents chantaient non sans malice « des sous Charlot, des sous ». Il s’en faudrait de peu pour qu’à leur tour ils réclament « des sous Sarko, des sous ». Parler de plan banlieue ne peut que leur plaire, à condition que le corolaire en soit la sécurité. Si on leur donne l’impression de ne s’intéresser qu’aux français issus de l’immigration ils retrouveront vite leurs réflexes de petits blancs frustrés. Ce sera le cas aussi si le pouvoir manquait de fermeté devant les intérêts particuliers. L’ouverture à gauche les a laissés indifférents ou perplexes, de même la nomination de personnalités venues de l’immigration. Ils ne sont ni pour ni contre. Ils s’en fichent du moment qu’on ne les oublie pas. Ils ont eu l’occasion de se faire entendre, ils ne sont pas décidés à retourner dans l’anonymat et la résignation, les espoirs ont été trop vifs.

Et si après tout ils s’étaient trompés sur le compte du président ? Si Sarkozy était plus un beau parleur qu’un décideur ? Le doute est en train de s’insinuer. Probablement à tort car le président a trop de sens politique pour prendre des risques avec ces électeurs à qui il doit tant. Il pense que la droite traditionnelle reviendra toujours vers lui mais qu’elle représente un nombre insuffisant de voix pour se maintenir au pouvoir, il ne se fait pas trop d’illusions sur ce que les progressistes du gouvernement peuvent lui apporter lors des grandes échéances électorales, il sait que les centristes se diviseront en parts presque égales pour et contre lui. Il sait qu’il ne doit pas s’aliéner le vote des petits blancs. Sur un plan purement politique il n’a encore rien fait qui pourrait justifier un tel lâchage. Il a néanmoins oublié que cet électorat est très sensible à l’image qu’il a de son président. La nuit du Fouquet’s où l’élu s’est entouré de personnes qui gagnent bien plus en une soirée qu’un prolétaire en un an a été mal perçue. Elle aurait été vite oubliée s’il n’y avait eu des vacances sur un yacht de milliardaire. Pire leur président ne se comporte pas comme un président. Il s’habille en jeans, il tutoie et se laisse tutoyer. C’est mal perçu par des gens qui se gardent bien de tutoyer en public l’ingénieur avec qui ils ont fait leur service militaire ou avec qui ils ont milité au syndicat ou ailleurs. Les familiarités envers le président les choquent comme ils sont choqués quand ils voient leur élu ravalé au rang des pipoles par la presse à sensation. Ils aiment les histoires de pipoles mais ils n’avaient pas imaginé un seul instant que l’homme du karcher en faisait partie. Le show-biz ce n’est pas leur truc. Ils savent trop ce que ces bourgeois friqués pensent d’eux. Pour la première fois depuis De Gaulle ils pensaient avoir élu un président qui leur redonnerait l’espoir. Ils se demandent s’ils n’ont pas été floués. Que le président convole en justes noces pendant son mandat, pourquoi pas ? Si c’est pour perdre du temps devant les journalistes cela passe moins bien, surtout lorsque l’heureuse élue de son cœur apparaît comme une grande bourgeoise de la gauche caviar.

Ils sont désappointés et désemparés les petits blancs de Sarkozy. Ils vont le faire savoir lors des municipales.

Nicolas Sarkozy devra travailler dur pour récupérer cet électorat qui ne lui appartient pas. Il devra casser son image devenue un peu frivole. Il se doit d’en tenir compte, à moins de ne pas avoir envie de se représenter dans quatre ans et trois mois.

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49 comments

  • Excellent le portrait des masses laborieuses qui votent communiste sans rien y comprendre ! C’est extrait de bravepatrie.com ?

  • et c’est sans compter sur les bourgeois liberaux qui vont s’abstenir à cause des grappes de retraites strategiques sur les reformes Attali !

    à force de retraites strategiques, sarkozy cmmence à ressembler à staline et sa vision de la profondeur de la plaine russe.

  • Et voilà, tu nous ressorts le couplet de l’électorat frontiste forcément pauvre, « populaire »…

    Cette façon de présenter les électeurs de Le Pen a il est vrai arrangé tout le monde: La droite qui pouvait affirmer ne pas choisir ses leaders dans les couches sociales produisant des électeurs lepénistes, l’extrême droite voyant dans cette présentation un moyen de se revendiquer d’une légitimité populaire, façon « parti des vrais gens » et une certaine gauche, trop prompte à se complaire dans l’idée d’être là pour faire le bonheur du peuple malgré lui, y voyait la « confirmation » que décidément, ses membres valaient plus que le commun des mortels.

    Sauf que cette présentation est quelque peu… comment dire… fausse.

    Je vais prendre pour exemple ma ville, Nice, connue pour les forts scores que le FN y a fait, à un point tel que le maire actuel est un transfuge du parti de Le Pen et que le candidat UMP pour les prochaine élections a en 98 appelé à une alliance du RPR avec le FN pour contrôler la région (maintenant il fait semblant d’avoir oublié).

    Nice n’est pas comme on se l’imagine trop souvent une ville « bourgeoise »: la catégorie socio-professionnelle majoritaire s’avère être celle des ouvriers et des employés à bas salaires, le revenu moyen par individu est dans certains quartiers inférieur au RMI, le PC y a longtemps était aussi puissant que la droite gaulliste en terme de voix (à tel point que sans trucage des élections par Jacques Médecin, le vainqueur des élections de 1977 aurait été un coco, hé oui) et c’est d’ailleurs des résistants communistes qui ont libéré la ville à la fin de la guerre.

    À priori, le portrait que je trace de ma ville confirmerait tes dires sur les petits blancs qui votent FN après avoir voté PC.

    Sauf que quand on gratte un peu, qu’on regarde dans le détail, ce n’est plus vraiment ça.

    Premièrement, les forts scores du FN à l’échelle de la ville s’expliquent par le fait qu’en règle générale, la participation est plus faible à Nice que dans le reste de la France: en gros, disons que quand 11% des inscrits à l’échelle Française votent pour le FN, la proportion à Nice tourne à 14%: c’est plus que la moyenne,, certes, mais avec la forte abstention locale, 15% pour Le Pen en France deviennent aisément 20-25% à Nice, à cause de cette abstention plus forte.

    Deuxièmement, et c’est là que ça devient intéressant, la proportion de vote FN a longtemps été plus forte dans les quartiers modestes de la ville, mais l’abstention y était beaucoup plus forte: le FN frisait les 30% dans des quartiers populaires, mais la participation y était souvent inférieure à 40%, alors qu’il effectuait des scores plus modestes dans des quartiers plus aisés, mais la participation y dépassait aussi les 70%. En proportion d’inscrits, le FN faisait les mêmes scores dans les quartiers pauvres et les quartiers riches. Pas de quoi décréter que le FN est un « parti de bourges », mais cela relativise quand même les choses. Et cela a d’ailleurs eu des répercussions: il a suffit d’une légère augmentation de participation ces dernières années dans les quartiers populaires pour que la gauche passe devant la droite aux élections régionales de 2004 (de 4.000 voix) et pour que la moitié des cantons (7 sur 14) soient pris par des candidats de gauche.

    Troisièmement, nous en venons aux présidentielles, c’est dans les quartiers modestes de la ville que: 1. Le Pen a fait ses meilleurs scores 2. Sarko a fait ses moins bons scores C’est à dire que c’est chez les « petits blancs » que le transfert de voix de Le Pen à Sarko s’est le moins fait.

    Il n’y a en fait pas de mystère à cela, et on peut le vérifier ailleurs en France (c’est dans les communes et les quartiers les plus modestes que le FN a le mieux résisté): tout simplement, les plus pauvres parmi les électeurs du FN ont continué à voter pour dire « fuck the system » alors que les personnes qui avaient plus de moyens se sont transférés sur Sarko au premier tour au lieu du second. L’ironie de l’histoire, c’est que maintenant, l’électorat du FN est sociologiquement beaucoup plus populaire… grâce à Sarko. Pas de quoi pavoiser, et pas de quoi théoriser sur le vote révolutionnaire à droite des petits blancs, le Sarko de 2007 n’a pas fait beaucoup mieux que le Chirac de 95, qui lui même, comme tu l’as dit, bénéficiait en plus du coup de la fracture sociale de l’inertie du vote gaulliste qui s’était maintenu même quand il n’y avait plus de De Gaulle.

  • @ l.weppe, je ne sais pas pourquoi, mais à te lire je soupçonne que tu n’habite pas aux moulins ? ceci étant partir du particulier pour contrer une vision globale,ne me parait pas la meilleure solution, globalement pour avoir vécu cette longue période je trouve l’analyse de dang on ne peut plus juste et de plus c’est quand même rafraichissant de lire en billet une « mise en garde » à l’égard de NS:)

  • Dang,

    J’ai été cuistot pendant 21 ans à 500 mêtres d’une citée, dont les ressortissant venaient de temps en temps chourrer les scoots des apprentis. Ma fille aînée (Mariée avec un Français de passeport et Algérien de coeur) habite dans une barre d’immeuble ou elle vit en parfait accord avec les familles (toutes exogènes) de son escalier à Cergy. J’ai épousé une Antillaise, on peut donc dire que je suis de famille black, blanc, beurre. De plus, je suis encarté au PS, tendance Malek Boutih.

    Alors vous devez vous dire que je vais vous insulter à propos de votre texte, ou bien ?

    Hé bien non! Bien au contraire j’admire votre lucidité en face des délires de la gauche/caviar. Votre propos est d’ailleurs assez proche de ce que dit JFK dans Marianne. Si l’on pouvait débarrasser mon parti de tous ces vieux fils de bourgeois que seul le fric de papa ont emmené à l’ENA et qui n’ont jamais travaillé de leur vie, des bobos parisianistes ! Quel service rendu à la France ! Je rêve d’un PS qui restaurerais enfin l’ascenseur social, qui se préoccuperait pour la 1ère fois depuis 1983 le monde du travail et des travailleurs pauvres, qui redécouvrirait la signification du mot « SOLIDARITE » au lieu de défendre les privilèges accordés par le pays d’Europe où les PLAFONDS des aides sociales sont les plus élevés et où les PLANCHERS sont les plus bas: Un social élitiste en somme.

    Merci Dang, l’objectivité non partisane est une denrée rare !

  • J’habite au quartier saint Maurice (il n’est pas difficile me localiser: il n’y a qu’un seul Weppe dans l’annuaire), déclaré « quartier bas de gamme peuplé par une population bas de gamme » par certains UMP (ce qui fait toujours plaisir à entendre), mais passons. Ceci dit, le quartier des moulins, je le connais quand même un peu, et les « petits blancs » (qui ont ont quand même réélu un conseiller général PS, malgré un petit accord de derrière les fagots entre Peyrat et le FN aux dernières élections) pensent plus aux problème d’éclairage du quartier et de circulation sur le boulevard qu’aux histoires d’immigration. Bien sûr tu trouvera toujours un cinglé rêvant de transformer le quartier en camp de concentration avec miradors et gardes armés chargés de tuer ceux qui tentent de sortir, mais il s’agit là en fait d’une quantité négligeable. En fait, une chose que Dang semble complètement négliger, c’est que les populations dont il fait la psychanalyse de groupe à l’arrache fréquentent les immigrés, et qu’en dehors de la minorité vraiment raciste et irrécupérable, savent bien mieux faire la part des choses que bon nombre de politiciens qui s’imaginent pouvoir les contrôler par discours interposés.

    À ce sujet, ça me rappelle une petite anecdote assez marrante: de son vivant, Marie France Stirbois qui était devenue, suite à un parachutage, la tête de liste FN à Nice a pris en conseil municipal la parole pour dénoncer la « peur » qu’éprouvaient les habitants du quartier libération (un quartier à la limite entre le centre de la ville et les quartiers du Nord de la ville, pour ceux qui passeraient et ne connaîtraient pas la ville) parce que des « populations émigrées » avaient pris d’assaut le jardin Thiole (situé dans ce quartier) et ce, en plein jour (ils doutent plus de rien ces arabes ma bonne dame). Sauf que, ces « populations émigrées » étaient en fait des petits vieux (par ailleurs tout à fait fréquentables) qui venaient au jardin prendre un peu de soleil et parler de leurs misères de santé. Et voilà comment en prétendant prendre la parole au nom des « petits blancs » une politicienne est allé faire comme si ceux-ci vivaient sous l’occupation d’une armée de chibanis.

    Pour finir, si j’ai pris l’exemple de chez moi, c’est évidemment parce que c’est encore la chose que je connais le mieux, mais les analogies entre le cas niçois et le reste de la France sont indéniables. Tout le raisonnement de ce billet se base sur l’idée que les électeurs les plus pauvres du FN auraient choisi de voter Sarko. Or, à partir du moment où c’est dans les quartiers où ils habitent que le FN a le mieux résisté, tout le beau raisonnement tombe à l’eau, puisque ces fameux « petit blancs qui votent pour l’extrême droite » sont ceux qui ont le moins changé leurs habitudes de vote.

  • Bonjour et merci de cet éclairage intéressant. J’ai toutefois quelques réserves.

    A lire votre billet, on a l’impression que l’essor du poujadisme serait la première expression du malaise né des problèmes des cités. Vu que Poujade a constitué son mouvement en 1953 et que celui-ci a connu ses premiers succès électoraux au milieu des années 50, je ne suis pas certain du lien : j’ai plutôt l’impression que ce mouvement avait exprimait des inquiétudes à l’égard des changements économiques alors en cours ainsi que de la colère à l’égard du fonctionnement des institutions de la IVème République.

    S’agissant de l’essor du FN à partir des municipales de 1983, outre les manoeuvres des uns et autres pour le faire grimper, j’ai tendance à le rapprocher du tournant pris par la gauche au pouvoir : alors que l’alternance de 1981 s’est en bonne partie appuyée sur un discours un peu onirique de la gauche, l’année 1983 a été celle du retour aux réalités. Il s’en est suivi un désenchantement à l’égard de la politique qui, combiné à l’aggravation du chômage, aux problèmes de cohabitation dans les cités et aux blessures mal refermées de la guerre d’Algérie a constitué un terreau fertile pour l’extrème-droite.

    On voit que la dynamique électorale du FN apparaît cassée, on y voit une corrélation avec les scores de Sarkozy aux présidentielles (effectivement assez nette en PACA) et on en tire une relation de cause à effet. Le discours de Sarkozy a sans doute joué, mais il ne faut pas non plus oublier le déclin lié à l’âge des talents oratoires de Le Pen.

    J’espère évidemment, comme tout le monde ici, que nous en avons fini avec le FN. Mais, il me semble que Sarkozy court le même risque que Mitterand : un discours très audacieux lors des présidentielles que l’on peine à traduire en acte, et donc des déceptions dont on ne sait pas encore très bien comment elles vont se traduire politiquement.

  • A chaque fois que Laurent Weppe fait un commentaire à propos du FN, c’est pour rappeler la différence entre les inscrits et les votants et évoquer les proportions réelles de ceux qui ont voté le Pen. C’est bon, on a compris…

    Donc si vous pouviez nous lacher cinq minutes sur le danger pour la démocratie et l’abomination de la désolation que ce parti représenterait, ça serait une bonne idée.

    D’autant que votre analyse est fausse si on regarde les chiffres en valeur absolue. Parce qu’entre le 21 Avril 2002, où le Pen a reçu 4 800 000 suffrages et le 22 Avril 2007 où il en a reçu 3 830 000, il y a environ 1 million de votes qui manquent à l’appel. Si l’on inclue les idées proches, comme Mégret (660 000 voix en 2002), et Villiers en 2007 (830 000 suffrages) le déficit reste à peu près semblable, il manque un million de personnes. Question: il est passé où ce million ? Pourquoi n’aurait-on pas droit de discuter de ce million de personnes ?

    Et encore, je n’ai pas fait d’analyse à partir des 5,5 millions de suffrages qu’a recueilli le vote le Pen au second tour en 2002. Si l’on fait le différentiel avec les votes 2007 pour le Pen et Villiers, il manque toujours 900 000 personnes, qu’on peut arrondir à un million.

    Conclusion, il y a bien une proportion non négligeable du vote qui avait été pour le Pen qui s’est reporté sur Sarko.

    Ah au fait, pour votre gouverne, vous avez constaté dans votre coin, que le vote FN perdurait. Perso, j’ai constaté, en banlieue parisienne, exactement le contraire, à savoir que beaucoup de gens ayant voté pour le Pen par le passé, ont changé de vote au moment de la droitisation de Sarkozy, histoire de lui laisser sa chance. Je ne les approuvais pas mais je les comprenais.

    Quant aux conneries de Stirbois, on pourrait certainement en trouver pas mal à gauche et à droite également, dois-je vous rappeler un certain Georges Frêche ?

  • Excellent post, Dang, très bien écrit ! Je partage ton analyse, et il convient que des commentateurs proches de Nicolas Sarkozy l’alertent sur les dérives qui peuvent être observées, cela reste encore le meilleur service à lui rendre.

  • La France vient de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Une nouvelle future république islamique au coeur de l’Europe, après la Bosnie… et une future « région » pour l’Albanie, cette « grande démocratie » qui, en 40, a fourni de nombreuses hordes barbares aux SS, comme la Bosnie et la Croatie, contre… la Serbie, fidèle aux Alliés et à la France. Je suis serbe d’origine. Aujourd’hui, j’ai honte d’être français. Vive l’Espagne ! Vive la Grèce ! Vive la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie !

  • Merci à chacun, par respect pour l’auteur du billet, pour le billet lui-même et… par principe, de rester dans le sujet, ou d’utiliser le chat. Je modèrerai, sinon.

  • A la place de N.Sarkozy, je me méfierais plus de la bourgeoisie de droite style D. de Villepin que de cet électorat populaire présenté dans ce billet d’une manière un peu caricaturale.

    Les » petits blancs  » aux idées rigides qui refusent la mariage gay, l’avortement et l’homoparentalité, qui votaient communiste sans savoir pourquoi et qui sont susceptibles de retrouver leurs réflexes de petits blancs frustrés si le président ne casse pas son image frivole, le portrait n’est pas flatteur…

    Il y a eu sans doute une population ouvrière déçue par la gauche mais je ne crois pas que l’électorat de J.M. le Pen était si homogène qu’il soit possible d’en parler comme une entité remontant aux années 50 Si N.Sarkozy a attiré une partie de cet électorat, c’est aussi en parlant d’identité nationale et il ne devrait pas y avoir frustration sur ce point, par ailleurs il est arrivé quand J.M. le Pen déclinait, et le FN c’est d’abord J.M. le Pen

    Pour les réactions négatives face au mariage, au divorce, à la médiatisation etc… les réserves existent aussi largement dans une population de droite plus bourgeoise et traditionnelle.

    Ramener le résultat des municipales à une déception de cet électorat populaire, non, je ne vous suis pas.

  • Le problème, c’est que les « petits blancs » cela fait longtemps que PS et UMp les prennent pour des c… et ce pour des raisons différentes. Le PS, c’est pire que tout, et cela a culminé avec le détestable Jospin, c’est par un déni de réalité : chaque fois qu’il y a une agression, mais non mais non, bonnes gens, c’est un fantasme. Et l’UMP en prenant ces mêmes électeurs comme chair à canon électorale, c’est à dire qu’on leur promet la sécurité avant les élections, on fait des opérations coup-de-poing médiatisés pour se rappeler à leur bon souvenir, mais dans le quotidien, il y a toujours autant de délinquance. Et au lieu d’affecter la police à la lutte contre cette délinquance, on demande du chiffre sur les reconduites à la frontière ou le stationnement.

    Il faut mener une politique de répression contre la délinquance, mais une vraie répression, complète et discrète (il ne s’agit pas de faire venir les caméras à chaque fois). Et quand c’est une bande qui est coupable, ce n’est pas le leader qu’il faut mettre sous les verrous, mais toute la bande, avec leurs complices. Il faut donc aussi augmenter les moyens de la justice et construire plus de prison de manière à ce que cette dernière soit rédemptrice.

    Seulement, voilà : depuis Miterrand, on est dans la dénégation (Socialos) ou le spectacle (Sarkozy).

  • La lepénisation comme résultante d’une dégradation des conditions de vie suite à l’arrivée d’immigrés ? Le vote FN comme vote de victimes de l’immigration ?

    Immigration = problème = insécurité est l’équation frontiste reprise sans vergogne par Sarkozy pour se faire élire.

    Est-il possible de le regretter ? Est-il possible de ne pas être d’accord avec cette équation ?

    Ou bien faut-il au contraire encourager l’UMP à prendre des mesures issues du programme du FN pour que les 3 millions de voix frontistes restantes se reportent sur l’UMP ?

    Faire disparaître le FN en lui prenant ses « idées » n’est pas faire disparaître les petits blancs.

    Faire disparaître le vote FN ne passe pas forcément par limiter l’immigration et tracasser les migrants. C’est pourtant la voie qui est prise par Sarkozy

    Et trouver des excuses au vote FN ne le fera pas reculer. Le vote FN repose sur des bases racistes, qui puisent dans le quotidien des banlieues de quoi se nourrir. Oui, les quartiers sensibles sont peuplés d’immigrés, oui les jeunes qui zonent sont souvent des enfants d’immigrés, oui les prisons sont pleines d’enfants d’immigrés… Mais oui aussi le taux de chômage explose dans ces quartiers, où tous les indicateurs sociaux sont au rouge vif : niveau d’éducation, niveau d’études, ressources, santé, etc. La conclusion que c’est l’immigration qui est la source de ces problèmes est une erreur. Mais c’est une erreur qui paye tellement politiquement auprès des petits blancs…

    Le point intéressant de ce billet se trouve dans sa conclusion : où iront les voix des petits blancs déçus de Sarkozy ? Premiers indices lors des municipales.

  • Oui, carredas je pencherai aussi, comme vous. L’électorat dont NS devrait se méfier le plus sont les bourgeois coincés qui admirent les envolées lyriques, la langue de bois et la fauchtonnerie … « Les petits blancs » seront davantage sensibles aux progrès de la sécurité, de la chasse aux glandeurs et du marché du travail.

    @ l’hérétique Le lobby des juges est puissant et majoritairement endoctriné par la gauche dans les écoles de la magistrature. Tant que les politiques n’exigeront pas d’eux une stricte application des lois enfin votées et leur mise en responsabilité personnelle toutes les armées de policiers ne suffiront pas. C’est le nœud du problème. …

  • @ YR:

    « Le vote FN repose sur des bases racistes, qui puisent dans le quotidien des banlieues de quoi se nourrir. »

    C’est vrai, j’avais oublié que la France était un pays raciste.

    Continuez ainsi à traiter les petits blancs de tous les noms, et on verra leur réaction…

    @ Margit:

    Ouais mais non, le syndicat de la magistrature n’excuse pas tout. OK, je suis pas objectif, (j’ai une amie à l’ENM) mais tout de même, il me semble que si on accordait un minimum de moyens à la justice, et que l’état accomplissait correctement ses fonctions régaliennes, on aurait moins de problèmes. La place pour l’idéologie personnelle est faible, les juges appliquent la loi en fonction de leurs moyens. Et ceux-ci sont très faibles. Donc il faut plutôt mettre l’accent sur les moyens que sur les juges eux-mêmes.

  • La thése de Dang -que je partage en tous points, naturellement- me rappelle beaucoup celle contenue dans l’un des passages majeurs (p. 237) de Petit frère, d’Éric Zemmour dont je viens d’achever la lecture, sur le mépris indéfectible de la gauche caviar et de ses relais médiatiques pour ces « petits blancs » :

    « Parfois je cherchais la cohérence de notre action. Celle du ressentiment historique peut-être. Nous n’avions pas pardonné aux ouvriers français d’avoir préféré en Mai 68 des augmentations salariales à la Révolution, leurs médiocres congés payés dans leurs minables Renault 4 plutôt que le Grand Soir. Nous avions pris au pied de la lettre les conseils ironiques de Bertolt Brecht qui avait proclamé : « Le peuple refuse le communisme ? Il faut dissoudre le peuple. » Nous avions dissous le peuple français. Il avait été submergé par la vague innombrable et inépuisable des nouveaux damnés de la terre. Parce que nous avions échoué à changer l’homme, nous avions changé les hommes. »

  • Non, pas d’accord Polydamas.

    Les moyens supplémentaires ne remplaceront jamais le fait que certains juges n’appliquent pas les peines nécessaires pour qu’il y ait « punition ». Comment ne pas rigoler et recommencer, quand on est « seulement sermonné » pour un n ème vol ou violence et repart tranquillement du tribunal…

    Mais nous sommes HS là 🙂 il me semble. Pardon Dang.

  • Que les petits blancs ou d’autres gonflent le volume d’électeurs du FN était un coussin de confort pour le PS & consorts. Ca leur permettait de laisser globalement de 13 à 19 % de voix non utiles de coté, et obtenir ainsi soit des triangulaires favorables, soit un amoindrissement à droite. Dans le même temps, ils ne ne gênent jamais pour rallier vers eux les « petits rouges », tout autant extrémistes, aux deuxièmes tours des élections.

    En 2002 ils ont tellement fait la part belle au FN qu’il leur sont passé devant… 😉

    Depuis mai 2007, ils sont devenus « orphelins » de ce coussin de confort, et, de fait, ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes pour remonter leurs catastrophiques scores, idées et programmes.

    Diantre ils ont du boulot maintenant, ça les change.

  • Laurent Weppe,

    Si c’était aussi simple que vous le dîtes, même les membres de la bobocratie auraient compris.. ou bien ? Il me semble qu’a part les partisans con-vaincus d’un parti (ceux qui ne réfléchissent plus depuis longtemps, mais répètent comme des perroquets), la frontière est extrêmement mince entre voter pour le fascisme de droite et voter pour le fascisme de gauche. Ainsi j’ai eu, pour les dernières élections, des copains socialistes et communistes qui ont voté Bayrou, un copain Chevènementiste voter De Villiers et nombreux sont les communistes partis chez Le Pen. Il y a m^me des millions de Français qui ont préféré voter Le Pen (sans en partager les idées) dans un vote contestataire contre la caviar-bobocratie du PS ! C’est peut-être surprenant mais il existe encore quelques militants objectifs… bien que cela sonne comme un oxymore.

  • Dang,

    Je suis d’accord avec le fond de ton billet avec une réserve majeure. Je pense que tu as tort de parler de « petits blancs ». Parce que les petits blancs ne sont pas tous blancs. Le commentaire de Ozenfant l’illustre bien. Les petits blancs, ce sont aussi des immigrés qui ont bossé, se sont insérés, et se sont retrouvé englués dans des cités livrées à elles mêmes.

    Quelque part, YR a raison de pointer l’équation immigration = problèmes = insécurité. Ce postulat n’est pas nécessaire pour établir ta démonstration. Les pauvres de notre pays ont été trahis par une gauche boboïsante et abandonnés par la droite qui ne s’est jamais vraiment intéressée à eux. Sarkozy a réveillé un espoir qui risque de retomber.

    L’immigration et le racisme sont périphériques.

    De même qu’est périphérique le débat de savoir si les électeurs du FN sont racistes. Pendant les débats de la présidentielle, je me souviens avoir entendu Marine Le Pen expliquer que le FN gagnait du terrain parmi les immigrés. Je crois qu’elle avait raison.

    J’ai essayé d’imaginer ce que serait vivre dans ces quartiers où les racailles font la loi. Devoir baisser les yeux quand je les croise. Partir travailler en me disant qu’ils peuvent s’en prendre à ma femme et mes enfants en mon absence. Vivre la peur au ventre, raser les murs, céder aux intimidations. Voir l’incompréhension puis le mépris dans les yeux de mes enfants. Me dire qu’ils vont peut être devenir comme eux…

    Et pendant ce temps, que disaient les politiques? La droite, rien. La gauche, du pipeau boboïsant. L’extrême gauche, du pipeau de lutte des classes. Bref, il ne restait que Le Pen, indépendamment de savoir s’il était populiste ou raciste.

    Sarkozy a compris cela. Il s’est positionné en alternative au FN en promettant le retour de l’ordre dans les cités. Je pense qu’il a eu raison. Mais il a fait naître un espoir autrement plus fort et légitime que celui du pouvoir d’achat.

    Mais de grâce laissons la couleur de la peau en dehors de tout ça. Les racailles sont black-blanc-beur et les habitants sont black-blanc-beur. Introduire la donnée ethnique ne sert que les partisans du statu-quo.

  • « L’immigration et le racisme sont périphériques. » Disons qu’ils sont au-delà du périphérique…

    Sérieusement, parler de « petits blancs » ne me paraît pas du tout laisser de côté la question ethnique.

    Tout comme immigration = insécurité ne me paraît pas être une équation absente de la parole présidentielle.

    Ce qui est curieux, c’est que quand l’un parle de « racailles », d’autres comprennent « beurs ». De là à penser que l’un dit une chose pour que les autres en comprennent une autre…

  • @Laurent Weppe : tu nous donnes une photographie fort intéressante de la sociologie de l’électorat de Nice et je suis certain que nombre de lecteurs seront surpris d’apprendre que Nice n’est pas seulement une ville bourgeoise et qu’il y a des quartiers populaires autres que l’Ariane. Une amie niçoise me fait cependant remarquer qu’il y a aussi à Nice une importante communauté de pied-noirs plutôt aisés qui est majoritairement acquise au FN et qui ne saurait être confondue avec les « petits blancs ». J’aimerais savoir ce que tu en penses. On peut aussi supposer que Jacques Peyrat, s’il était resté au FN ne serait jamais devenu maire de Nice et sénateur. De toute façon je me garderai bien de parler d’une ville si éloignée de chez moi. En revanche j’étudie depuis longtemps la ceinture rouge de Paris et je constate que certes à la dernière présidentielle Le Pen arrive pratiquement toujours devant M.G. Buffet dans les communes de la banlieue rouge mais qu’il fait tout de même nettement moins bien qu’en 2002. Polydamas a donc raison de se demander sur qui se sont portées les 900 000 voix qui manquent.

    @Ozenfant : merci pour votre témoignage qui me conforte un peu plus dans ce que je pense.

    @Sébastien : Je me suis mal exprimé si j’ai laissé entendre que le poujadisme des années 50 a quelque chose à voir avec un mal des banlieues semblable à celui dont on parle tant aujourd’hui. Ce que j’ai voulu dire c’est qu’il y a toujours eu des « petits blancs » qui se sont sentis abandonnés, méprisés, floués par les grands partis et que toutes les flambées de populisme ont été alimentées par le vote de ces électeurs-là. En fait les petits blancs ont en commun non pas une répartition géographique mais un mal-être dû à la frustration de ne pouvoir influer politiquement sur le cours de leur vie, sur une amélioration de leur existence. Ces ouvriers, employés, artisans et petits commerçants ont en commun un faible niveau d’études d’une part et l’attachement à certaines valeurs d’autres part : le travail, le refus de profiter de tout passe-droit ou autre aide jugée indigne, le refus de la resquille (sauf dans le cas des artisans et petits commerçants pour l’impôt jugé injuste et compliqué, pur produit de l’imagination des technocrates). Dans les années 50 les petits blancs sont courtisés par le parti communiste, y compris les petits commerçants. Ce sont surtout ces commerçants et artisans qui votent Poujade en janvier 1956. Même s’ils n’ont pas voté de la même façon, les prolétaires seront plutôt fiers de voir leur petit épicier ou plombier du coin entrer au Palais Bourbon. C’est la première fois depuis longtemps qu’autant de petites gens, qu’autant de jeunes, sont élus. La disparition du mouvement poujadiste sera perçu comme une victoire de « l’establishment » (mot qu’affectionne Le Pen) par nombre de ces « petits ». Ce que je voulais donc dire c’est qu’il existe une communauté d’esprit entre tous ces mouvements populaires et populistes, des années 50 et d’aujopurd’hui, un même rejet des élites incapables à leurs yeux hier et maintenant de traiter efficacement de leurs problèmes.

  • @Carredas : vous écrivez que je fais un portrait peu flatteur et caricatural de l’électorat populaire. Peut-être, mais est-il inexact? Par ailleurs, dites-moi si j’ai mal compris votre commentaire, mais vous me donnez l’impression de penser qu’en disant que les « petits blancs » se fichent totalement du mariage gay, de l’homoparentalité et autres problèmes de société,je ne suis pas très sympa avec eux, un peu comme si il allait de soi que les gens sensés soient sensibles à ces débats. D’ailleurs je ne suis même pas sûr qu’ils soient contre l’homoparentalité ou me mariag gay, ils s’en fichent, c’est tout, alors que le parti socialiste a donné l’impression d’en faire son fonds de commerce. Pour les municipales il sera intéressant de comparer les résultats entre l’élection présidentielle et le scrutin du 9 mars pour voir ce qu’il en est d’un éventuel mouvement d’humeur des couches populaires, mais toutes les enquêtes d’opinion montrent que c’est d’abord dans cet électorat que Sarkozy a perdu de la popularité, même si d’autres milieux ont suivi.

    @Libéral : Je suis tout à fait d’accord avec toi, le terme « petits blancs » est impropre. Je l’ai utilisé car on commence à le voir dans la presse, et il n’est peut-être pas innocent sous la plume de certains de disqualifier cet électorat en utilisant des termes à connotation raciste ou fascisante. Il est bien évident que beaucoup d’immigrés intégrés, ou de fils d’immigrés, raisonnent de la même façon que les petits blancs, ont les mêmes peurs, les mêmes angoisses, les mêmes frustrations. L’analyse des résultats des élections dans les villes à forte concentration d’immigrés montrent d’ailleurs que certains d’entre eux votent Le Pen. Je crois donc que l’on peut dire « petits blancs » (si on persiste à conserver cette expression faute d’en trouver une autre mieux appropriée) pour un ensemble de populations black-blancs-beurs partageant les mêmes ressentiments, les mêmes craintes, les mêmes espoirs depuis l’élection de Sarkozy. Et puis tout dépend des quartiers où l’on se trouve et des populations qui y habitent. Récemment à St Denis, où les noirs sont nombreux, la serveuse antillaise du restaurant où je déjeune me dit : « on en a marre des jeunes beurs arrogants et racistes (oui elle les voit comme étant racistes anti noirs), les arabes seront crédibles quand ils mettront leurs voyous au pas, nous on est français, eux ils ne savent pas ce qu’ils sont ». Mais le chauffeur de taxi marocain qui me ramène à Paris me dit « le problème dans ma ville ce sont les jeunes africains, ils refusent toute discipline, leurs parents sont dépassés, ils sont incapables de s’intégrer, il n’y a rien à en tirer, ils veulent gagner beaucoup d’argent en devenant footballers ou acteurs ». Et il ajoute avec fierté que son fils et sa fille viennent d’intégrer l’école des gardiens de la paix.

  • @Dang

    Il y a quelque chose qui m’a dérangée dans votre démonstration, c’est vrai, une réduction des personnes à des schémas peut-être ( travailleur, peu instruit, avec des principes ) et surtout, je revendique mon appartenance d’origine à cet électorat populaire et votre description me déplait, qui peut se regarder avec plaisir dans le miroir que vous offrez…

    Mes parents habitaient Paris, n’ont jamais rêvé d’un pavillon en meulière et n’ont jamais voté extrème-droite, mais ils étaient du  » peuple « 

    Quand vous évoquez l’électorat populaire de N.Sarkozy, vous décrivez une population de banlieue urbaine votant extrème-droite, peut-être faudrait-il s’entendre déjà sur l’expression  » électorat populaire « 

    Pour ce qui concerne le mariage gay etc… je vous ai mal compris. Ce que vous dites, c’est que ces questions ne les concernaient pas vraiment alors que j’ai cru comprendre qu’ils y étaient hostiles selon vous.

    Après avoir compris pourquoi votre billet m’a déplu, je l’ai relu différemment et avec moins de résistance.

  • @Carredas : loin de moi l’idée de porter un jugement de valeurs négatif sur l’électorat populaire. Je déplore plutôt le mépris dont il fait l’objet de la part des bobos et c’est bien ainsi que plusieurs lecteurs l’ont compris. Quant au pavillon en meulières c’est bien sûr une image symbolique du rêve des « petits blancs ». Elle date des années 60, on y ajoutait à l’époque le frigo, la télé et la dauphine.Je n’ai pas dit non plus que cet électorat votait forcément à l’extrême-droite, j’ai même insisté sur le gaullisme populaire. Ce qui m’intéresse surtout c’est que Sarkozy a largement bénéficié de ces voix et que c’est dans cet électorat que les premiers agacements se sont fait sentir devant la pipolisation du président de la République. Un dernier point : je connais bien ces milieux populaires, je n’en parle donc pas de façon abstraite et je me garde bien de dire qu’ils pensent mal ou qu’ils ne votent pas comme il faut, ce qui serait plutôt l’attitude de la gauche caviar (« champagne left » en anglais) que je critique.

  • @Carredas,

    Je crois que Dang, à bien capté le fait que les français d’en bas sont moins politisés que ne l’imagine la bullocratie. Aussi que les affres psychiques des minorités gays ne les empêchent pas de dormir. Par contre, comme le dit d’ailleurs Emmanuel TODD, le peuple a conservé tout son bon-sens, ce est rarement le cas des ses élites… au mieux intellectualistes au pire parisianistes. Par exemple, il n’a rien contre le mariage gay… il le trouve juste un peu « cul-cul », sans jeu de mot. Et en ce qui concerne l’adoption s’il n’a aucune hostilité de principe, il se demande quand même, dans le cas d’un couple de mecs, comment ils résisteront à la tentation quand le petit enfant se transformera en appétissant jeune homme. Car le bon sens populaire c’est penser avec des faits, pas avec des idéologies. Comme le disait Lao Tseu: « Être humain : c’est aimer les hommes. Être sage : c’est les connaître. »

  • @Ozenfant

    Je n’ose pas comprendre votre allusion sur l’adoption chez un couple homosexuel. Parce qu’ils sont homosexuels, ils seraient incapables de faire ce que fait n’importe quel père vis à vis de sa fille, une totale et claire séparation entre l’amour filial et l’amour sexuel ( ce que ne fait pas le père incestueux ) Le père homosexuel serait incestueux de nature ? Si c’est ça le bon sens populaire, pas pour moi, merci.

  • @ Dang

    Bien d’accord sur bien des points avec toi.

    En fait, on parle de Sarkozy et ses tentatives pour « faire revenir cet électorat dans le giron de la démocratie » comme on dit, mais on oublie Ségolène Royal.

    Bien sur, la pratique du grand écart dans son cas est beaucoup plus casse gueule, et cet équilibre précaire lui est revenu comme un boomerang à la figure lorsque les premières révélations sur l’ISF sont tombées ou lorsqu’elle a tenté de recoller les morceaux avec son autre base électorale effectivement plus bobo. Echoué aussi parce que ce qu’elle dénonçait intuitivement, elle en est directement issue.

    Mais si on regarde bien ce que beaucoup considère aujourd’hui comme une des raisons de ses succès (qui, comme je viens de le dire, ne pouvaient être que relatifs) :

    • rupture avec les élites, le « jospinisme » dont tu parles
    • revalorisation du travail
    • revalorisation des valeurs républicaines, le drapeau, la marseillaise
    • discours sur la « vie chère »
    • jury de citoyens
    • démocratie participative
    • service civique obligatoire
    • délinquants encadrés par l’armée

    etc.

    Toutes ces mesures visaient bel et bien le même électorat – la tentative de récupération d’une opinion populaire versatile parce qu’au fond très peu politisée, parce que très peu concernée par les grandes analyses sociétales. Ceux qui pouvaient voter Marchais parce qu’il ne portait pas de cravate à la télévision ou qui pouvait dire « Lilianne, fais les valises, on rentre à Paris » et qu’il pourrait toujours compter sur lui. Ceux qui pouvaient voter Le Pen sans avoir lu une ligne de son programme mais en étant certain qu’il « disait tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ».

    C’est juste que pour eux, le poids du PS, l’énorme doute sur la sincérité de la dame ont fait que la ficelle était trop grosse.

  • Eponymus, Je suis d’accord avec la majorité de vos idées, mais pas cette phrase là:

    « la tentative de récupération d’une opinion populaire versatile parce qu’au fond très peu politisée, parce que très peu concernée par les grandes analyses sociétales. »

    Il me semble que le mot « versatile » est terriblement réducteur… Et s’il s’agissait simplement d’un faculté d’adaptation que les « élites » ont finis par perdre ? A. Frossard disait « Les gens intelligents sont ceux qui changent d‘avis les premiers ».

    Les « analyses sociétales » pondues récemment par les intellectuels de mon parti (le P.S.), sont à des années lumières de la réalité, n’est-il pas ? Oz.

  • @Carredas,

    Il ne s’agit pas ici de faire valoir une idéologie ! Il s’agit ici de réalisme. Si j’ai bien compris votre pensée. 1° Dans les couples hétéros, il existe des beaux pères qui abusent de la fille de leur conjoint ou de leur fille adoptive. C’est un fait admis et même plus que courrant, puisque l’on admet que largement moins de 10% de ces actes de « mammifères » ne débouchent sur des plaintes officielles. 2° Dans les couples homosexuels mâles, cette opportunité n’est pas encore offerte, et vous semblez le regretter.

    Vous devez certainement faire partie de ces purs esprits qui font toujours passer leur doctrine avant l’intérêt supérieur des enfants. Les gens du peuple NON ! Justifieriez vous aussi le génocide du Darfour, parce qu’ils est inférieur en victimes à celui du Rwanda ?

    Ou plus simplement n’aviez vous jamais pris le temps de vous pencher sur le problème ?

    « Être humain : c’est aimer les hommes. Être sage : c’est les connaître. » Dit Lao Tseu. Apparemment la caviar/bobocratie aime les hommes et la sagesse populaire les connaît !

  • @ l’Hérétique > « Il faut mener une politique de répression contre la délinquance, mais une vraie répression, complète et discrète (il ne s’agit pas de faire venir les caméras à chaque fois). Et quand c’est une bande qui est coupable, ce n’est pas le leader qu’il faut mettre sous les verrous, mais toute la bande, avec leurs complices. Il faut donc aussi augmenter les moyens de la justice et construire plus de prison de manière à ce que cette dernière soit rédemptrice. »

    On ne s’est même pas encore posé sérieusement, dignement, la question de la cause de cette violence, et tu nous parles déjà de solution finale ?

  • @yann : je ne veux pas répondre à la place de l’Hérétique, mais les causes sont si nombreuses qu’on aura bien du mal à les éliminer toutes rapidement. Victor Hugo disait « quand on ouvre une école, on ferme une prison ». A l’époque on y croyait. On sait aujourd’hui que ce n’est pas si simple. Ce que les petites gens qui sont exposés tous les jours au problème de la délinquance veulent ce sont des actions rapids et efficaces. Ils veulent du concret tout de suite. Ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’il faut refuser de trouver des solutions à long terme s’attaquant aux racines du mal, et dans cette perspective vous avez raison sans que l’Hérétique ait tort.

  • Et ces « petites gens », il faudrait s’empresser de satisfaire leurs exigences « versatiles » ?

    Il faudra aussi m’expliquer quelles sont les vertus rédemptrices de la prison, et quelles sont les vertus de la rédemption. C’est un terme qui sonne lourd de foi chrétienne obscure. Si, pour changer un criminel en un honnête citoyen responsable, il faut le traiter bien, alors traitons-le bien. S’il faut le traiter mal, traitons-le mal. Mais c’est ce que nous faisons depuis toujours et les fruits de cette méthode demeurent obstinément absents. On punit pour éduquer, pas pour se venger, et encore moins pour punir. La punition n’est pas une fin en soi. Cela n’a pas de sens, j’espère que l’Hérétique a bien cela clair dans son esprit. La prison devrait être un espace où on soigne les criminels, où on leur donne la possibilité de prendre un autre chemin.

  • @Yann : sur les exigences des petites gens, je pense bien sûr à ceux qui habitent dans des quartiers où règne l’insécurité, l’exigence de pouvoir vivre tranquillement, c’est à dire en sécurité, là où on habite, me semble tout à fait légitime.Je me demande qui pourrait soutenir le contraire. Quant à l’efficacité douteuse de la prison le débat est ancien. La prison a trois objectifs : dissuader, réformer, protéger la société. Le premier objectif peut encore tenir même si de plus en plus d’individus se moquent d’être incarcérés, au moins tant qu’ils n’ont pas tâté de l’enfermement.Le deuxième objectif est malheureusement tombé en désuétude depuis bien longtemps, faute de volonté politique et de moyens sans doute. C’est plutôt le troisième point qui retient l’attention en ce moment. Je pense qu’il est normal que la société soit protégée. Toutes les études démontrent que tous les tueurs en série ont récidivé. n’est-il pas normal que la société les mette à l’écart? Cette protection de la société ne passe pas forcément par l’emprisonnement, le bracelet électronique pourrait certainement éviter des récidives. Et il y a probablement d’autres moyens, il suffirait d’un peu d’imagination. Je suis bien d’accord pour dire qu’un monstre est davantage un grand malade qu’un être comme les autres, mais ce n’est pas une raison, justement, pour le relâcher sans aucun contrôle.

  • @Dang: « Toutes les études démontrent que tous les tueurs en série ont récidivé. »

    Pas besoin d’études pour démontrer ce point 🙂

  • @Gwynfrid : vous m’aviez compris : « toutes les études démontrent que tous les tueurs en série qui ont été libérés ont récidivé ».

  • @Dang : non, j’avoue que je m’étais arrêté au premier degré. Merci pour la correction.

    Bon, votre nouvelle version va quand même loin dans la généralisation. Je serais bien en peine de trouver une seule étude sur le sujet spécifique des tueurs en série libérés. Pouvez-vous citer une source (je veux dire, une source qui aille au-delà de la citation d’une demi-douzaine d’exemples épouvantables) ?

  • @Gwynfrid : l’étude a été réalisée aux Etats-Unis et a été citée dans plusieurs journaux dont Le Figaro puis à C dans l’air sur la 5 par Xavier Raufer. Mais franchement je ne crois pas que l’on ait besoin d’une étude pour douter de la récidive potentielle d’un tueur en série. Lors d’un reportage sur la prison de Clairvaux où l’on purge de longues peines, les journalistes avaient interrogé le plus vieux prisonnier de France qui avait déclaré avoir noyé sa première femme puis épousé une visiteuse de prison qu’il avait étranglée quelques années plus tard, épousé une infirmière de la prison qu’il avait tuée quelques mois après sa libération et après avoir passé en tout plus de 20 ans en taule il avait convolé avec une femme recrutée par petites annonces qu’il avait aussi étranglée. Ce type est de toute évidence un grand malade et son histoire est plus édifiante que toutes les études que l’on peut lire. Je voudrais ajouter que dans l’état actuel de la réglementation Guy Georges sera libérable après ses 22 ans de sûreté car l’une de ses visiteuses en prison a donné ou va donner naissance à un enfant de cet individu.

  • @Dang: il y a une différence entre « l’étude » et « toutes les études », ne trouvez-vous pas ? Je retrouve aussi dans votre réponse un aspect très caractéristique de ce débat: vous vous lancez immédiatement dans la description d’un exemple affreux, qui rend très difficile toute réponse raisonnée. Mais en fait, je cherchais non pas à vous contredire, mais juste à comprendre sur quoi vous fondez vos arguments.

    Je n’irai pas plus loin dans la discussion, car ni vous ni moi n’avons compétence pour dire si ces gens sont d’abord des malades ou d’abord des criminels, s’ils seront ou non dangereux toute leur vie quoi que l’on fasse, etc.

    Je vous recommande par contre l’article de Frédéric Rolin, qui apporte un éclairage très intéressant sur les vrais enjeux, et sur les objectifs réels du système pénitentiaire français: http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2008/02/26/retention-de-surete-ne-laissons-pas-les-polemiques-occulter.html

  • à Yann

    J’ai la plus grande défiance envers le positivisme. Vous invoquez des « causes » comme si elles étaient efficientes et externes à l’individu ! Pour ma part, je préfère voir en première cause avant toutes choses la responsabilité individuelle, à l’exception des fous.

  • @Gwynfrid : vous aimez jouer sur les mots? Oui j’ai bien écrit « toutes les études » parce que c’est le terme qui a été utilisé par Xavier Raufer dont la compétence ne saurait être mise en doute. Dans la même émission il a cité plus particulièrement « une étude » (la dernière) qui était celle dont j’ai lu les résultats dans Le Figaro. Certes j’avoue bien humblement n’avoir aucune compétence pour parler de ce sujet mais si le citoyen que je suis doit exhiber un cerificat de compétence pour s’exprimer sur des problèmes de société qui le touchent forcément de près, nous ne sommes plus en démocratie. Si c’est l’idée que vous défendez nous ne pouvons vraiment pas nous rejoindre ce qui expliquerait peut-être votre brusque décision de mettre fin à la discussion.Je pense cependant que votre présence sur ce blog ne peut qu’infirmer cette impression.

  • @Dang: je me suis sans doute mal exprimé. Mon intention n’est pas de refuser le débat sous prétexte de manque d’expertise (sinon, comme vous le dites fort correctement, ce serait inutile de commenter sur un blog).

    Par contre, je réagis négativement face à des exposés en apparence péremptoires comme « toutes les études montrent que tous les criminels… » ainsi qu’à l’aspect émotionnel de certains arguments, qui me semblent tuer le débat. Je suis aussi inquiet que n’importe qui à la perspective de croiser le chemin d’un tueur en série ou d’un terroriste. Mais quand le débat tourne autour de la peur, on arrive à des absurdités telles que « si vous n’êtes pas d’accord vous êtes du côté des assassins » et il ne reste plus rien d’utile à échanger.

    Bon, je vais essayer de trouver 5 minutes pour me documenter sur les écrits de Xavier Raufer, ça m’instruira un peu. Merci!

  • @Dang: merci pour la référence à l’interview sur BFM. Malheureusement je n’ai rien trouvé à ce sujet sur leur site.

    J’ai googlé le nom de Stéphane Bourgoin, et ce que j’ai trouvé me laisse un peu circonspect. Je ne veux pas dire qu’il soit sans intérêt. Mais son rôle ne peut certainement pas être de fournir des études scientifiques sur le sujet. On est plutôt dans le domaine du témoignage. C’est respectable mais ce n’est pas la même chose.

  • @Gwynfrid : je n’ai aucune opinion sur Stéphane Bourgoin dont je n’ai jamais entendu parler. Je l’ai mentionné uniquement parce qu’il a parlé de l’étude à laquelle je faisais allusion et qui avait déjà été citée par Xavier Raufer.

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